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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Trump et Assad sont du même côté à Afrine


    Par Andrew Korybko – Le 1er mars 2018 –

     

    Source Oriental Review

    Afrin Kurds

    La convergence des intérêts américains et syriens contre la campagne antiterroriste de la Turquie est une coïncidence et n’implique pas une « conspiration »  mais elle est également instructive dans la mesure où elle prouve qu’il est possible que le couple le plus improbable s’entende tacitement sur un sujet d’intérêt partagé, bien que cela soit prétendûment impossible selon le récit dominant des médias alternatifs.

     

    Battle for Afrin Feb 20, 2018
    Bataille d’Afrine le 20 février 2018

     

    Cela semble probablement absurde la première fois qu’une personne moyenne l’entend, mais les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine, malgré l’héritage de sept années de guerre hybride que les États-Unis ont mené contre la Syrie.

    Comme le dit le proverbe « il n’y a pas d’amis ou d’ennemis en politique internationale, seulement des intérêts » et cela n’est nulle part plus évident que dans l’interprétation similaire de Washington et de Damas sur la façon dont la résolution 2401 de l’ONU se rapporte à « l’Opération anti-terroriste Rameau d’olivier » de la Turquie contre les Kurdes « fédéralistes ».

     

    La position de la Syrie est bien connue.

    Toutes les troupes étrangères sur son territoire sans le consentement du gouvernement légitime sont des envahisseurs illégaux qui doivent quitter le pays immédiatement, mais celle des USA pourrait surprendre certaines personnes parce qu’il y a eu cette fausse idée circulant dans les médias alternatifs que les États-Unis et la Turquie sont toujours du même  « côté » malgré l’échec du coup d’État pro-américain contre le président Erdogan à l’été 2016.

     

    Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a définitivement condamné cette semaine son interlocuteur américain pour avoir « suggéré » avec condescendance que « la Turquie est plus que bienvenue à relire le texte exact de cette déclaration du conseil de sécurité de l’ONU » s’ils pensent qu’ils ne violent pas le dernier cessez-le-feu en poursuivant leur opération antiterroriste à Afrine.

     

    La réponse d’Aksoy a été que la « position » des États-Unis est sans fondement et indique qu’elle [Heather Nauert] n’a pas compris comment cette décision devrait être appliquée, ou qu’elle veut la déformer.

     

    La raison pour laquelle les États-Unis s’opposent à « l’Opération Rameau d’olivier » est qu’ils craignent que cette campagne empêche les Kurdes de jouer un tour à Damas et qu’un jour le gouvernement soutienne une offensive à venir contre la province turque contestée de Hatay que la Syrie revendique comme son territoire légitime, avec l’intention de déclencher une guerre conventionnelle turco-syrienne qui pourrait alors permettre aux Kurdes pro-américains d’étendre leur statut de « Rojava » de facto jusqu’à la côte de la Méditerranée orientale.

     

    La Syrie, d’un autre côté, considère la Turquie comme un « plus grand mal » que les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes à ce stade, c’est pourquoi elle a même envoyé des milices pro-Damas pour affronter les forces de son voisin du nord à Afrine.

     

    Elle a évité d’y envoyer l’Armée arabe syrienne (AAS) par prudence, car toute attaque contre elle, pourrait contraindre le gouvernement à réagir en fonction du scénario désastreux attendu que les Kurdes conspirent à créer.

     

    Malgré tout, Damas aurait pu faire une grave erreur en protégeant les mêmes Kurdes américano-sionistes que la Turquie considère comme des terroristes parce que le gouvernement est maintenant responsable d’assurer la sécurité dans cette région.

     

    Cela signifie que les YPG pourraient concevoir des attaques terroristes contre les Turcs depuis cette « zone sécurisée » et provoquer ainsi Ankara à frapper les milices pro-AAS et risquer dangereusement de catalyser un conflit d’État à État.

     

    Néanmoins, les autorités syriennes sont prises entre le marteau et l’enclume et les États-Unis le savent.

    Qu’importe les condamnations véhémentes de Damas au sujet des Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes dont même le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, assez favorable aux kurdes, a été forcé de reconnaître comme leur « quasi-État (…) les rives orientales de l’Euphrate » les acteurs tenant le terrain qui réalisent ce complot géopolitique sont toujours des citoyens syriens, et le gouvernement craint que l’utilisation de mesures énergiques pour les pacifier ou permettre passivement à la Turquie de les tuer ne déclenche par inadvertance une guerre civile arabo-kurde dans le pays.

     

    Non seulement cela, mais ce serait un aveu implicite que le YPG – un satellite du PKK, dont le dirigeant a été accueilli en Syrie de 1979 à 1998 – est en fait, à tout le moins, devenu une organisation anti-étatique, sans parler de son potentiel terroriste dénoncé par la Turquie.

    Cela pourrait alors involontairement faciliter l’interprétation « militarisée » de la décision de l’ancien président Hafez al-Assad d’accueillir le parrain YPG Abdullah Ocalan comme un moyen de « discréditer » son fils et successeur.

     

    Damas ne peut donc pas se permettre, au moins à ce stade et selon la façon dont ses dirigeants perçoivent actuellement la situation, de répondre directement ou indirectement aux Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes parce que cela pourrait « provoquer » une guerre civile arabo-kurde, minant la légitimité du gouvernement et détournant l’attention de la volonté collective de la nation cosmopolite d’expulser les troupes turques de leur territoire.

     

    Les calculs stratégiques de Washington sont beaucoup plus simples, comme expliqué ci-dessus, mais le curieux réalignement des États-Unis et de la Syrie d’une part, et de la Turquie et de la Russie d’autre part, est instructif car il prouve qu’il est possible que deux pays s’entendent tacitement sur un sujet d’intérêt commun, même si cela semble les placer du même côté que leurs « ennemis » ou dans le « camp opposé »à leurs « alliés ».

     

    La Turquie veut écraser les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes, et la Russie a passivement donné son feu vertà « l’Opération Rameau d’olivier » en retirant ses unités militaires d’Afrin en préparation de cette campagne.

     

    Il est beaucoup plus important pour Moscou de maintenir d’excellentes relations avec ses partenaires du Turkish/Balkan Stream à Ankara que de risquer de mettre en péril les perspectives de multipolarité dans le « Nouveau Moyen-Orient » pour des Kurdes non étatiques ou leurs partenaires syriens. Moscou estime que ces derniers sont « gérables » quoi qu’il arrive.

    Par ce dernier point, la Russie a essayé d’« encourager » la Syrie tout au long de l’année dernière à appliquer les « suggestions » de « décentralisation » qu’elle a écrites dans le « projet de Constitution » du pays car Moscou comprend qu’elles sont un « compromis » nécessaire qui pourrait simultanément amener la « solution politique » tant attendue à la guerre tout en permettant aussi à la grande puissance eurasienne d’« équilibrer » ses relations entre ses pairs au Proche-Orient en obligeant Damas à « officialiser » les « sphères d’influence » dans le pays comme attendu par la Russie.

    À cette fin et face à la résistance syrienne (polie mais ferme) à ce plan de la géopolitique typique de la Grande Russie du XIXe siècle, Moscou a pris la décision calculée de retirer la plupart de ses forces militaires de la République arabe afin d’envoyer à Damas le message qu’elle ne soutiendra pas ses efforts continus pour accomplir la promesse du Président Assad de libérer « chaque centimètre » du pays.

     

    En réponse, la Syrie se rapproche de l’Iran pour conserver ce qu’elle considère comme son « indépendance stratégique » ce qui explique pourquoi Damas et Moscou sont désormais « opposées » en ce qui concerne Afrine. Cela aligne de manière intéressante les intérêts de l’Iran sur ceux des États-Unis dans ce cas spécifique et ceux de la Russie sur ceux de la Turquie.

     

    Encore une fois, cela n’implique pas une « conspiration » mais fournit plutôt aux observateurs deux éléments constructifs.

    Le premier est que cela prouve que le concept d’intérêt personnel néo-réaliste joue effectivement un rôle de guide dans les actions de tous les acteurs de la guerre en Syrie, parfois avec des résultats curieux, et le second est que les récits maximalistes dogmatiques propagés par de nombreux médias alternatifs sur l’impossibilité supposée des présidents Trump et Assad d’être du même côté « contre » leurs homologues turcs et russes est catégoriquement faux à la lumière de la position commune des États-Unis et de la Syrie vis-à-vis de cette résolution 2401.

     

    Cela ne veut pas dire, comme ces mêmes médias alternatifs ont tendance implicite à le simplifier, que les lignes dans le sable ont encore changé ou que quelqu’un a « vendu » et « trahi » ses « alliés » (ce qui n’est même pas possible quand il s’agit des Kurdes) mais simplement que les complexités de la guerre du XXIe siècle sont caractérisées par des couches d’intérêts nuancés qui aboutissent à une « zone grise »à partir de laquelle il est parfois difficile de faire des jugements de valeur à propos du comportement de l’un ou de l’autre joueur à un moment donné, sans parler de maintenir constamment son évaluation initiale tout au long d’un conflit donné.

     

    En conséquence, ce « fait gênant » expose la superficialité de la plupart des récits des médias alternatifs contemporains sur la Syrie et les expose à juste titre comme de véritables médias de propagande pour les masses désespérées, façonnées de manière opportuniste selon la situation quotidienne pour soutenir le sens que « leur camp » est « toujours juste » et « toujours gagnant »évitant ainsi l’analyse réelle, pour favoriser la satisfaction des désirs diaboliques de leur auditoire en offrant un service narcotique de « bien-être » d’une « réalité alternative ».

     

    Que quelqu’un pense que c’est « bon », « mauvais » ou qu’il soit « indifférent »à la réalité objective de la situation, on ne peut pas contourner le fait indéniable que les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine et que toute cette agitation fébrile pour prouver le contraire n’est rien d’autre que de la propagande de guerre propagée par les responsables des médias alternatifs dans l’esprit de leur public naïf.

     

     

    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik.

    Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015).

     

    Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride.

    Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

    Source et Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    De la Ghouta à Londres:

    le club Atlantiste a déclaré la guerre à la Russie

    Publié par wikistrike.com sur 17 Mars 2018, 08:57am

     #Politique internationale

    De la Ghouta à Londres: le club Atlantiste a déclaré la guerre à la Russie

    Près de 12 000 civils ont pu fuir la barbarie des islamistes dans la Ghouta Orientale grâce aux corridors humanitaires mis en place et protégés par les armées syrienne et russe, contre les menaces occidentales.

     

    La réaction du bloc atlantiste ne se fait pas attendre, presses et institutions main dans la main: il est urgent de faire tomber Assad et la Russie doit se retirer « et la fermer », pour citer les paroles du ministre britannique de la Défense.

     

    Pourquoi cette hystérie? Et s’il s’agissait d’un projet beaucoup plus profond: remettre en cause l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale et garantir l’avènement de l’Atlantisme, support politique du globalisme. De la Ghouta à Londres, le but final semble être le Conseil de sécurité, qui entérinerait l’Atlantisme triomphant.

     

    De la Ghouta Orientale

    Après de longues et difficiles négociations, la Russie et le Gouvernement syrien légitime ont réussi à convaincre les terroristes de la Ghouta Orientale de laisser passer des civils. Hier, un flot continu de personnes harassées a pu s’enfuir de cet enfer et venir se réfugier dans les zones contrôlées par l’armée régulière.

     

    Bref, ils ne fuient pas « le régime d’Assad’, ils viennent trouver sa protection.

     

    11 700 personnes. Qui détaillaient devant les caméras les traitements qu’ils avaient dû subir par les « opposants modérés » de l’Occident, la violence quotidienne, les menaces, le régime de terreur. Plusieurs ont même déclaré que sans être spécialistes en armes chimiques, il n’y a eu aucune attaque chimique de la part de l’armée syrienne dans la Ghouta Orientale, aucune brûlure, aucun étouffement.

     

    Tout cela, selon leurs dires, n’est que de la propagande anti-Assad.

    Il faut dire que l’armée syrienne continue à avancer, et fait des découvertes intéressantes. Par exemple, un atelier clandestin de production de substances chimiques a été retrouvé dans le village de Cheïfounia, dans la Ghouta Orientale.

     

    Cela explique peut-être la réaction tant de la presse, que des Etats-Unis, qui voient leurs plans dévoilés.

    Ainsi, la presse française semble particulièrement désespérée de voir ces citoyens quitter les terroristes pro-occidentaux pour venir se réfugier « chez le tyran sanguinaire soutenu par un Etat-terroriste ». A la Une sur Google:

     

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    Une « fin tragique ». Pour qui? Le « régime » avance, les civils fuient … vers les terres contrôlées par Assad. Passons. La presse ne fait que soutenir la position officielle de la France, qui n’a plus de politique étrangère et suit bêtement et aveuglément les Anglo-saxons. Les déclarations plus radicales les unes que les autres de la porte-parole du Département d’Etat américain expliquent la position des médias « indépendants »:

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    La position américaine est totalement décalée de la réalité. Comme un scénario qui a déjà été écrit et qu’il faut mener à son but.

     

    Par ce discours, ils veulent réécrire la « réalité », une réalité augmentée à laquelle la dimension idéologique a été ajoutée.

     

    Dans cette réalité, la Russie est le mal, donc elle ne peut faire que le mal comme ceux qu’elle soutient, donc les civils les fuient, donc elle utilise des moyens inhumains – est-elle encore « humaine »?

    Au scandale de Skripal

    Ce décalage est aussi parfaitement visible au sujet du scandale, qui ne fait que monter en puissance, de l’empoisonnement de l’ancien espion retourné Skripal et de sa fille à Londres, on ne sait par qui, et finalement on ne sait comment – tous les jours de nouvelles versions plus fantaisistes les unes que les autres sont diffusées (dans la valise de la fille, par la future belle-mère non contente du mariage, etc).

     

    La séance au Conseil de sécurité a été très significative.

     

    Le représentant russe, Nebenzia, a un discours parfaitement logique:

    1) Si la Grande-Bretagne accuse d’avoir utilisé le produit chimique Novichok, cela signifie qu’elle en possède la formule, ce qui a permis son identification;

    2) L’usine soviétique de production des substances chimiques se trouvait dans la république soviétique d’Ouzbékistan et a été démontée par les Etats-Unis dans les années 90, qui donc sont en mesure de produire cette substance toxique.

    La Grande-Bretagne refuse de transmettre un échantillon à Moscou, comme l’y oblige la Convention internationale sur les armes chimiques, mais a directement saisi l’organe de contrôle des armes chimiques, en contournant Moscou, cet organe qui refuse de se déplacer en Syrie et suit les conclusions des Casques blancs. Les résultats promettent d’être sans surprise.

     

    La réaction des Etats-Unis, elle, montre le degré de conflit qui a été atteint.

     

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    Et Nikki Haley de déclarer en plein Conseil de sécurité de l’ONU, comme si le représentant russe n’avait pas expliqué que tant les Etats-Unis que l’Angleterre elle-même pouvaient produire cette substance, comme s’il était prouvé qu’Assad, aidé par la Russie, utilisait les armes chimiques contre son peuple:

    « If we don’t take immediate concrete measures to address this now, Salisbury will not be the last place we see chemical weapons used, » said Haley. « They could be used here in New York or in cities of any country that sits on this council. »

     

     

    Les hostilités sont ouvertes contre la Russie

    La Russie est l’ennemi, la Russie est le mal.

     

    Tant que l’affaire restait au niveau de Londres, il était possible de penser que les buts poursuivis étaient plus ciblés.

     

    De nouvelles sanctions, pour protéger l’hégémonie politico-économique atlantiste et attaquer l’unité du pouvoir en Russie. Conduire à boycotter le Mondial, afin que les citoyens ne puissent saisir la différence entre la propagande médiatique et la vie réelle en Russie.

     

    Réduire les relations diplomatiques, pour limiter les espaces de frictions et libérer l’espace de propagande, mais tout en gardant le lien – un lien de pression.

    L’attaque prend une tout autre dimension, le but final ne peut être aussi précis.

    Nous avons tendance à penser le droit international comme un élément stable. Celui que nous connaissons n’est que le résultat de la Seconde Guerre mondiale, qui a posé un rapport de forces stabilisées entre les Etats-Unis (avec le boc occidental) et l’URSS (avec le bloc socialiste).

     

    Le second n’existe plus, les Etats-Unis ne voient plus pour quelles raisons ils doivent partager le pouvoir.

    Tant que la Russie faisait profil bas, il n’y avait pas de problème. Maintenant, elle n’est plus tolérable.

     

    La Russie se trouve dans une situation délicate, comme nous l’avons plusieurs fois écrit, elle refuse de reconnaître le conflit, hésite à réagir et se confine dans une position légaliste accompagnée de réactions mesurées et asymétriques.

    Oui, les Etats-Unis violent le droit international et ils ne vont pas arrêter de le faire parce qu’on leur dit. Ils sont en position de force, ils utilisent cette force à leurs fins.

    Inviter les enfants des diplomates américains à l’arbre de Noel, s’excuser pour le dopage, continuer à rester dans le Conseil de l’Europe et justifier l’application des décisions de la CEDH, participer aux JO sous drapeau neutre, et je dois en oublier, est certes une preuve de grandeur d’âme. Mais qui est interprétée comme de la faiblesse par le clan Atlantiste.

     

    Insister à chaque fois sur la violation des règles est juste, cetes: il faut montrer la différence entre ce qui devrait être et ce qui est. Mais ce n’est pas suffisant.

     

    Et chaque nouvelle portion va plus loin. Frappe plus fort. cette position légaliste est un piège.

     

     

    Le droit, surtout international, ne fonctionne que lorsque le rapport des forces est stabilisé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

     

    Il faut reconquérir le terrain et ce ne sont pas les appels récurrents au droit qui sauvera la situation.

     

    Une réponse systématique, symétrique et plus forte est le seul moyen de mettre un terme à cette escalade. Seule la force arrête la force.

    Il serait naïf de penser que les guerres ne se mènent qu’avec des chars, entre deux armées étatiques.

     

    La guerre est déjà déclarée contre la Russie: soit elle se plie aux exigences atlantistes et pourra continuer à profiter de la globalisation, des nouvelles technologies et de tous les fantasmes du monde post-moderne, soit elle résiste mais ramasse le gant et cesse de le regarder avec un étonnement toujours renouvelé.

     

    Si dès le départ la Russie était sortie, par exemple, du Conseil de l’Europe, ils seraient venus à plas ventre implorer son retour.

     

    La Russie est un Etat fort, elle a existé et elle existera sans cette structure. L’on ne plie pas genoux devant plus faible que soi.

     

    Le Conseil de l’Europe ne peut exister sans les Etats, c’est sa faiblesse.

     

    Nier son importance, c’est le conduire à sa perte. De même pour le reste, tous les pions de ce système, qu’il s’agisse du CIO ou les pions étatiques de l’Atlantisme ont besoin que la Russie reste dans le jeu, sinon ils vont se transformer en club privé.

     

    Et ne pourront plus être globaux. C’est la faiblesse fondamentale de ce nouvel ordre totalitaire.

    C’est en acceptant le conflit, ce conflit qui de toute manière existe en dehors de sa volonté, que la Russie pourra éviter le pire. Et le pire est à venir.

    Ce qui s’est passé avec le Conseil de l’Europe ressemble à s’y méprendre à une répétition pour le Conseil de sécurité de l’ONU.

     

    L’URSS a payé sa place de 25 millions de morts. La position de la Russie est contestée, car objectivement plus faible que ne l’était l’URSS.

     

    Elle n’a pas de « clan » comme l’avait l’URSS et ses alliances sont conjoncturelles, plus qu’idéologiques puisqu’en tant que tel, elle ne remet pas en cause l’économie globalisée, elle y participe.

     

    Selon les règles actuelles, il est impossible de retirer à la Russie son droit de véto, son siège permanent au Conseil de sécurité. 

     

    Si la Russie devient l’incarnation du mal absolu, ne deviendrait-il pas légitime de modifier les règles du jeu? 

     

    Et ainsi de réécrire le droit international. Il existerait toujours, mais serait autre.

     

    Résultat de la nouvelle situation des rapports de forces, entériné par le Conseil de sécurité.

     

    Ce n’est pas pour rien que cette coalition autour de l’affaire Skripal concerne essentiellement les membres du Conseil de sécurité.

    Cette décision conduirait à une nouvelle période de déstabilisation majeure de l’équilibre mondial, déjà très mal en point, la Russie étant l’un des rares pays à éviter l’interventionnisme à tout crin des pays de la coalition atlantiste.

     

    Et c’est justement pourquoi la guerre est ouverte.

     

    Contre la Russie. Sur tous les fronts. Seul l’affrontement militaire direct fait encore peur.

     

    source:  Karine Bechet-Golovko     http://www.wikistrike.com/2018/03/

     

    source:http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/03/de-la-ghouta-londres-le-club-atlantiste.html


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    Mexique Battle Of Churubusco2

    Honneur et Fidélité : Le bataillon de Saint Patrick au service du Mexique

     

    Auran Derien ♦
    Universitaire.

     

     

    Si les Irlandais fêtent la Saint Patrick le 17 mars, ils sont accompagnés, à travers le monde, par les hommages qu’ont mérité les Irlandais en luttant pour de justes causes.

    Au Mexique notamment, des Irlandais ont combattu contre les agresseurs lors de la guerre de 1846-1848 qui s’est terminée par l’amputation de la moitié du territoire mexicain au profit de leur voisin du nord, les États-Unis.

    Il convenait de rappeler cette geste car ce qui ne s’oublie pas peut renaître.

     

     

    Invasion  et famine irlandaise

     

    De manière unilatérale, le Texas avait été annexé par les américains du nord, ce qui provoquait des escarmouches permanentes car le Mexique n’avait pas reconnu ce vol. En 1846, les États-Unis décident d’employer la force et envahissent le Mexique.

     

    Deux armées se lancent à l’assaut. L’une, entrant par le nord-est, est commandée par le général Taylor. L’autre, par mer, a pour mission de s’emparer du port de Vera Cruz puis de marcher sur la ville de Mexico, comme l’avait fait Cortes. La direction en est assurée par le général Scott.

     

    A la même époque, l’Angleterre génocidait les Irlandais victimes de la famine. Une erreur grossière, de la part des Irlandais, avait été de confier leur vie à la monoculture de la pomme de terre. Lorsqu’apparut le mildiou, toutes les récoltes furent détruites et la famine s’installa (1).

    L’Angleterre ne fit rien pour aider, bien au contraire ; elle expulsait de leurs maisons et de leurs terres tous ceux qui ne pouvaient plus s’acquitter des redevances. A peu près un million d’autochtones moururent de faim, et quasi deux millions s’expatrièrent, tant au Canada qu’aux États-Unis.

    Une population arrivait, à laquelle les USA promettait revenu et nationalité si les hommes s’engageaient dans leur armée. Cependant, les Irlandais ainsi que de nombreux autres européens qui abandonnaient leurs pays soumis aux transformations de la révolution industrielle, ainsi qu’à une certaine augmentation de population, comprirent très vite que les financiers qui dirigeaient les USA n’avaient rien à envier, en matière de racisme, d’exploitation et de mauvais traitements de toutes sortes aux Anglais dont ils avaient eu à souffrir en Europe.

     

    Ainsi, beaucoup découvrirent qu’ils avaient plus de point commun avec les Mexicains qu’avec les gringos. Ils s’engagèrent tout d’abord dans la légion étrangère mexicaine qui offrait un revenu et des terres une fois le service accompli, puis constituèrent, sous la direction de John O’Reilly le bataillon de Saint Patrick qui comptera jusqu’à deux compagnies, soit 300 hommes.

     

    Trois actions d’éclat : Monterrey – La Angostura – Churubusco

    En souvenir des soldats irlandais et de leur chef John Riley

     

     

    Le bataillon participa avec éclat à la défense de la ville de Monterrey, dans l’État de Nuevo Leon. Puis, le 23 février 1847, il s’illustra lors de la bataille de Angostura au sud de la ville de Saltillo dans l’état voisin de Coahuila.

     

    De nombreux soldats du bataillon furent décorés de la croix de guerre et reçurent des promotions. Cependant, comme à chaque bataille dirigée par le général mexicain Santa Anna, celui-ci abandonnait le terrain aux américains.

     

    On sait aujourd’hui (2) que Santa Anna était sous l’influence de loges maçonniques et recevait de l’argent pour obéir aux intérêts américains.

    Pendant ce temps, fin mars 1847, l’armée du général Scott avait débarqué à Vera Cruz et marchait vers la ville de México. Scott rencontra l’armée de Santa Anna à Cerro Gordo le 18 avril 1847, et ce dernier se retira malgré les faits d’armes du bataillon de Saint Patrick.

     

     

    L’Ultime bataille à laquelle participeront les Irlandais eut lieu dans les faubourgs de Mexico, à Churubusco. Le bataillon fut divisé en deux groupes, dont l’un dût se replier dans le couvent fortifié. L’attaque des États-Unis se déroula le 20 août 1847 et, dans le couvent, ils se battirent jusqu’à ne plus posséder de munitions.

     

    Les soldats du bataillon furent tués ou fait prisonnier, sauf quelques-uns qui se replièrent sur la ville de Mexico qui se rendit le 13 septembre 1847 lorsque le drapeau américain flotta sur le château de Chapultepec.

     

    L’armée de Scott ne fit que 85 prisonniers du bataillon. 72 furent accusés de désertion et 50 furent pendus. Comme le chef O’Reilly, ainsi que d’autres Irlandais et Européens en général avaient quitté l’armée américaine, en faveur des Mexicains, avant le début du conflit, on les marqua au fer rouge d’un D (déserteur) sur la figure ou la hanche.

     

    Après la paix entre les deux pays, les survivants reformeront un groupe militaire au service du Mexique durant un an. Puis ils se dispersèrent. Quelques-uns repartirent pour l’Irlande, la plupart restèrent au Mexique qui leur donna une terre et une modeste pension. Ils se fondirent dans la population.

     

    Pour le Mexique, depuis cette époque, il est clair que le bataillon a lutté pour la justice. Certains historiens affirment qu’il y eut quasi 9.000 soldats US qui abandonnèrent l’armée américaine pendant le conflit mais seul le bataillon de Saint Patrick fut sanctionné par des pendaisons.

     

    Les héros ne meurent jamais

    Plaque en l’honneur des morts du bataillon de Saint Patrick

     

     

    Des plaques commémoratives marquent le souvenir de ces héros. Dans la ville de Mexico, elles se trouvent dans le quartier de San Angel où se déroula une première série de pendaisons, au couvent de Churubusco ainsi qu’au palais où se tient l’assemblée législative.

     

    Des rues portent leur nom et une ville côtière se nomme San Patricio dans l’État de Jalisco. En 1999, un film fut tourné par Hollywood sur le bataillon ( one man’s heros ).

     

    Le gouvernement mexicain a aussi offert une statue au peuple d’Irlande, en reconnaissance pour le courage, l’honneur et le sacrifice qui caractérisa le bataillon de Saint Patrick.

     

    La statue est érigée à Clifden, village natal de O’Reilly, et chaque année le 12 septembre le drapeau mexicai est hissé.

     

     

    L’écrivain mexicain Carlos Fuentes, décédé en 2012, avait fait allusion à cette guerre d’agression  en 1997 à Madrid.

    On lui laissera le dernier mot : «Il y a 150 ans, les États-Unis entraient à Mexico et occupaient la moitié de notre territoire.

    Aujourd’hui, Mexico et d’autres pays d’Amérique latine pénètrent de manière pacifique au sud des États-Unis et arrivent jusqu’au nord, jusqu’à Chicago et les grands lacs.

    La reconquête silencieuse est un phénomène enrichissant qui changera tant les USA que l’Amérique latine et contribuera à rappeler à l’Amérique anglo-saxonne l’existence d’autres cultures et à la libérer de son provincialisme tout-puissant».

    (1) Il est conseillé de lire sur ce sujet le roman de Liam O´Flaherty : Famine.

    (2) Lire en particulier, l’œuvre de Salvador Borrego : America peligra. Première édition, Mexico, 1964, puis nombreuses rééditions.

    Illustration : bataille de Churubusco

     

    Source:    https://metamag.fr/2018/03/26/


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    27 mars 2018
    Les Français disent non à la livraison d’armes à la coalition arabe

    75% des Français se prononcent pour l'arrêt des fournitures d'armes aux membres de la coalition arabe opérant au Yémen.

     

    Leur gouvernement entendra-t-il ce message?

    Trois quarts des Français souhaitent que le Président Macron suspende les livraisons d'armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, selon un récent sondage réalisé par YouGov.

     

    Au total, 88% des personnes interrogées estiment que la France doit cesser de fournir des armes à tout pays en cas de risque de leur utilisation contre les populations civiles. 75% des sondés se sont ainsi prononcés contre la livraison de matériel de guerre aux membres de la coalition arabe opérant au Yémen.

    «À l'occasion du troisième anniversaire du début de l'implication saoudienne dans le conflit yéménite, il est l'heure pour le gouvernement français d'entendre ce message», a déclaré Eoin Dubsky de l'ONG SumOfUs qui avait commandé l'étude.

    Certains pays européens, dont l'Allemagne, ont récemment pris la décision de restreindre leurs relations militaires avec la coalition arabe, mais la France, le Royaume-Uni et les États-Unis se sont abstenus de suivre leur exemple.

     

    La France est l'un des trois plus grands exportateurs d'armes dans le monde, l'Arabie saoudite et les EAU figurant parmi ses principaux acheteurs.

    En 2016, Paris aurait vendu pour 2 milliards de dollars d'armes à Riyad et Abou Dabi. Selon les estimations de l'Institut SIPRI, dans la période comprise entre 2013 et 2017, la France a été le deuxième fournisseur d'armes aux EAU et le troisième à l'Arabie saoudite.

    Le conflit yéménite a pour le moment fait plus de 10.000 morts, tandis que près de 3 millions de personnes ont dû quitter leur foyer.

    source


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    LA DISSOLUTION DU 1er REGIMENT ETRANGER DE PARACHUTISTES

    « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

    «L’Honneur est-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus d’abandonner des populations qui allaient être massacrées à cause de nous ?

    J’ai choisi selon ma conscience. J’ai accepté de tout perdre, et j’ai tout perdu. (…) Je connais des réussites qui me font vomir.

    J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié » (Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc (1er REP) - « L’aventure et l’espérance »)

    … 22 Avril 1961



    Une agitation anormale prenait naissance. On signalait des mouvements imprévus des véhicules de groupes de transport. Il était une heure du matin et les légionnaires du 1er REP, commandés par le Commandant, Elie Denoix de Saint-Marc, fonçaient sur Alger.


    Pouvait-on vivre chargés de honte? La France s’enfonçait dans les égouts, la France n’existait plus. A son secours volaient les légionnaires, prêts à verser leur sang si la légion le leur demandait, marchant de leurs pas d’éternité vers la vie, vers la mort, fidèles à eux-mêmes, aux pierres tombales qui jonchaient leur route, fidèles à l’honneur.

     

    Au même moment, d’autres « Seigneurs de la guerre » investissaient les grandes villes d’Algérie : le 1er Régiment Etranger de Cavalerie du Colonel de la Chapelle, le 5ème Régiment Etranger d’Infanterie du Commandant Camelin, le 2ème Régiment Etranger de Parachutistes entraîné par ses capitaines et le Commandant Cabiro, dès lors que son chef, le Colonel Darmuzai s’était lâchement désisté, les 14ème et 18ème Régiments de Chasseurs Parachutistes des Colonels Lecomte et Masselot, le groupement des commandos de parachutistes du Commandant Robin, les commandos de l’air du Lieutenant-Colonel Emery…

    Les fleurons de la 10ème et de la 25ème Division de Parachutistes.

     


    Et puis d’autres unités se rallient au mouvement : le 27ème Dragons du Colonel Puga, le 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens du Colonel Rafa, le 1er Régiment d’Infanterie de Marine du Commandant Lousteau, le 6ème RPIMA du Lieutenant-Colonel Balbin et le 8ème RPIMA du Colonel Lenoir, le 94ème RI du Colonel Parizot, le 1er RCP du Colonel Plassard, le 9ème RCP du Colonel Bréchignac… A noter aussi le ralliement immédiat des harkis du Commandant Guizien, basés à Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès.

     

    Au lendemain du cessez-le-feu, ils paieront très cher leur fidélité : Un millier de ces supplétifs, avec femmes et enfants, seront massacrés dans des conditions effroyables…

     


    Néanmoins quelque chose avait filtré du projet.

    Il n’est pas de secret que puissent garder tant d’hommes en marche vers leur mystérieux rendez-vous. De confuses alertes chuchotées de bouche à oreille avaient couru d’un bout à l’autre de l’Algérie, affolant par l’imminence d’un événement qu’ils pressentaient, de « courageux » officiers qui s’étaient ainsi rués dans l’une de ces échappatoires qui leur permettrait, plus tard, de pouvoir se disculper tant auprès des vaincus que des vainqueurs : Ils s’étaient fait mettre en permission pour éluder le choix et des quatre coins d’Algérie, des chefs étaient partis pour ne pas être présents quand se lèveraient les aurores difficiles…

     

    Pourtant, des années durant, sur les tombes des officiers tués au combat, ces mêmes chefs avaient limité leur oraison funèbre à un serment prêté sur les cercueils drapés de tricolore : « Nous n’abandonnerons jamais l’Algérie ! ». Qu’en était-il aujourd’hui ?

     


    Fallait-il dans ce cas employer la force? C’est dans de tels moments que bascule le destin des hommes… et c’est à ce moment-là que bascula celui de l’Algérie française…


    Parce que la fraction de l’armée qui s’était révoltée refusait de mener le même combat que celui du FLN, la bataille allait être perdue.

    Parce que les généraux (notamment le général Challe), avaient eu la naïveté de croire qu’une révolution se faisait sans effusion de sang et pouvait se gagner uniquement avec le cœur et de nobles sentiments, ils allaient entraîner avec eux dans leur perte les meilleurs soldats que la France ait jamais eus… et tout un peuple crédule et soumis.

     

    A l’évidence, ils négligèrent les recommandations d’un célèbre révolutionnaire : Fidel Castro, dont la doctrine était la suivante : « Pour faire une révolution, il vaut mieux un chef méchant que plusieurs chefs gentils ».

    25 Avril 1961

    Le général Challe prend la décision de mettre fin au soulèvement et de se livrer au bon vouloir de Paris. Ce faisant, il va consacrer la défaite des plus belles unités, livrer 20 ans de sacrifices et d’expérience. Ce qu’il remet à l’état gaulliste, c’est la force morale d’une armée qui retrouvait le goût de vaincre, c’est tout un capital jeune et révolutionnaire qu’elle avait amassé avec tant de souffrance pour la nation.

     


    … Et ce fut la fin… Les camions défilèrent un à un avec leur chargement de généraux, de colonels, de paras et de légionnaires. Les hommes chantaient une rengaine d’Edith Piaf : « Non, rien de rien… Non, je ne regrette rien »…

     

    Ainsi durant quatre jours et cinq nuits, des hommes valeureux avaient tenté de sauver l’Algérie. Son corps se vidait de son sang, tout sombrait. Leur dignité imposait de se conduire en Seigneurs, même s’ils étaient chargés de tout le désespoir du monde. Ne rien regretter ? Si ! D’avoir perdu.

     

    Et des camions qui roulaient maintenant dans la nuit profonde, toujours ce chant qui s’élevait encore plus vibrant :
    « Non, rien de rien
    Non, je ne regrette rien… »
    Je ne regrette rien ! Ce cri allait désormais devenir l’hymne de ceux qui avaient osé et qui avaient tout sacrifié… sauf leur honneur.

     


    C’étaient des hommes vaincus –provisoirement-, courageux et généreux qui connaissaient l’adversité. Les légionnaires se souvenaient pour la plupart de leurs combats pour la liberté en Pologne ou en Hongrie, pour d’autres, ceux des rizières du Tonkin, pour d’autres encore, de ceux de That-Khé, Dong-Khé, Cao-Bang, Diên Biên Phu qui furent les tombeaux d’unités prestigieuses telles que les 2ème et 3ème Régiments Etrangers et du 1er BEP -Bataillon Etranger de Parachutistes-, celui-là même dont les légionnaires du 1er REP étaient les fiers héritiers…

     

    Les appelés des 14ème, 18ème RCP et des commandos, trop jeunes pour avoir connu tant de gloire, demeuraient traumatisés par ces visions apocalyptiques qui les hantaient et qui représentaient ces visages lacérés où les yeux manquaient, ces nez et ces lèvres tranchés, ces gorges béantes, ces corps mutilés, ces alignements de femmes et d’enfants éventrés, la tête fracassée, le sexe tailladé.

     

    Mais tous à ce moment ignoraient le désespoir et savaient que demain la lumière brillerait à nouveau.

     

    C’étaient des révoltés à la conscience pure, des soldats fidèles, des Hommes… des vrais !


    Quel contraste étonnant cependant entre ces Seigneurs de la guerre que l’on montrait aujourd’hui du doigt sous le vocable fallacieux de « mercenaires » et de « factieux », ces soldats-loups à la démarche souple de félins accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, soldats perdus dont l’uniforme collait comme une peau de bête, acceptant le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil, dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants… et ces hommes flasques qui entonnaient de plus belle leurs incantations à la quille !…

     


    Au lendemain de la reddition des généraux, de Gaulle s’empressa d’épurer l’armée française. L’occasion était trop belle d’en finir avec les contestataires trop fidèles à leur idéal et à leur parole.

    C’est ainsi, qu’outre les centaines d’arrestations opérées dans les milieux militaires, policiers et civils, les régiments qui avaient constitué le « fer de lance » du putsch :

    1er REP, 14ème et 18ème RCP, Groupement des commandos Parachutistes et Commandos de l’air, allaient être dissous.

     

    Le 2ème RPIMA quant à lui, allait être expulsé de ses cantonnements. Dissoutes également, la 10ème et la 25ème Division de Parachutistes. Ne pouvant éliminer toutes les unités compromises sous peine de réduire à néant la force opérationnelle, seul leur encadrement serait sanctionné…

     


    C’est ainsi qu’au cantonnement du 1er REP, l’ordre vint, sec et cruel. Le régiment était aux arrêts ! Tous les officiers de cette prestigieuse unité devaient sur le champ se constituer prisonniers. Beaucoup de légionnaires refusaient de s’incliner ; ils voulaient livrer un ultime baroud d’honneur. Leur « Camerone » à eux, ils le souhaitaient, ils le désiraient. Mais toute résistance devenait désormais inutile.

     

    Leur sacrifice aurait été vain, l’Etat était trop puissant, la France entière était contre eux, elle les avait reniés et l’Algérie était d’ores et déjà condamnée. Les blindés de la gendarmerie mobile cernaient le cantonnement, prêts à leur donner l’assaut.

     

    La flotte était là à quelques encablures, ses canons pointés vers eux. Allons ! Il faut céder. C’en est fini du 1er REP…
    La population européenne tout entière se dirigea vers le camp de Zéralda où les légionnaires étaient cantonnés. Elle voulait dire adieu à « son » régiment, le saluer une dernière fois, lui dire encore et toujours : Merci ! Merci à « leurs » légionnaires.

     

    Les commerçants baissaient leurs rideaux, les jeunes filles portaient des brassées de fleurs. A eux, les portes du camp s’ouvrirent. Les journalistes furent interdits. « Vous ne verrez pas pleurer les légionnaires ! » leur lança un officier. Même les cinéastes du service cinématographique des armées furent refoulés.

    Pas question de filmer la mort du REP!

     


    Le silence se fit. Une ultime et bouleversante cérémonie aux couleurs, réunit autour du grand mât blanc, la population et ces valeureux baroudeurs, jeunes d’Algérie et vétérans d’Indochine.

     


    Soudain, de la foule en larmes, surgit une petite fille. Tel un ange de blanc vêtu, elle s’avança vers les rangs des légionnaires, une feuille à la main. D’une voix douce et faible elle en fit la lecture. C’était l’ultime hommage du petit peuple de Zéralda à « ses » enfants en reconnaissance de leurs sacrifices, leur courage et leur fidélité.

     

    Puis elle éleva sa petite main jusqu’à sa bouche et dans un geste empreint d’une infinie tendresse, leur adressa un baiser. A ce moment, les applaudissements crépitèrent et une pluie de pétales de rose tournoya dans les airs.

     


    Gagnés par l’émotion et la rancœur, des légionnaires parachutistes, le visage tendu, les yeux rougis, sortirent des rangs, ôtèrent leurs décorations couvertes d’étoiles, de palmes et de gloire et les jetèrent devant eux. L’assistance regardait avec une sorte d’effroi ces médailles qui jonchaient le sol. Des femmes les ramassaient et en les embrassant, les rendaient aux paras : « Si, si, reprenez-les ! » Des officiers pleuraient.

     


    Puis ce fut l’embarquement dans les camions. Certains criaient : « De Gaulle au poteau ! », d’autres « Algérie française quand même ! ». Sur leurs joues, des larmes coulaient.

    D’autres s’efforçaient de sourire à la foule venue en masse pour les saluer et qui s’époumonait à hurler sur leur passage : « Vive la légion ! », tandis qu’à la vue des képis blancs, les gendarmes mobiles s’effaçaient.

     


    La colonne traversa la petite ville où les Européens qui n’avaient pu se rendre au camp couraient sur les trottoirs, leur lançant un ultime adieu. Des mains jetaient des fleurs sous les roues des camions.

     


    Un à un, les lourds véhicules passèrent au milieu des cris, des larmes, des baisers envoyés à la volée. Alors, de la colonne, couvrant le grondement des moteurs, 1200 légionnaires, partagés entre la colère et le chagrin, entonnèrent un refrain aux lentes cadences, pathétique, triste, entrecoupé de sanglots :
    « Non, rien de rien,
    Non, je ne regrette rien… »

     


    Le convoi du 1er REP roulait sur un tapis de roses, de lilas et de pensées. Voie triomphale et triste. Et sous les baisers, les acclamations, les larmes et les fleurs, il disparut dans un dernier nuage de poussière, convoi de mariniers halé par une complainte grave, emportant avec lui les plus folles espérances…

     


    Pauvre régiment ! Si glorieux ! Que triste est ton sort aujourd’hui ! Et dans son sillage se traînait déjà, lamentablement, le fantôme déguenillé de l’Algérie française…

     


    Et tandis que les légionnaires roulaient vers leur destin, d’autres hommes, d’autres « Seigneurs de la guerre », braves et courageux, parachutistes et commandos des unités putschistes dissoutes assistaient, la rage au cœur, à l’amené du drapeau, de ce même drapeau qu’ils avaient eux aussi défendu au prix du sang dans les rizières d’Indochine et sur les pentes des djebels.

     

    La 10ème et la 25ème Division de Parachutistes avaient fini d’exister !…
    … Puis le « cessez- le- feu » fut proclamé. L’ennemi d’hier devint l’interlocuteur privilégié de l’état français… et ce fut la fin.

     


    Une nouvelle fois le drapeau tricolore fut amené. Une nouvelle fois l’armée française plia bagages poursuivie par les regards de douleur et de mépris et les cris de tous ceux qu’elle abandonnait. Le génocide des harkis commençait…
    Dans le bled –comme en Indochine- les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont, là, des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

     


    Et c’est de cette façon que mourut l’Algérie française… dans la honte, les larmes et le sang… Oui, c’était bien la fin!… la fin d’un monde… la fin d’une génération de soldats… la fin d’une épopée… la fin d’un mythe… la fin d’une race d’hommes… de vrais… celle des Seigneurs de la guerre !

     


    Et si ces hommes avaient choisi de se battre jusqu’au bout, s’ils avaient vomi le renoncement, c’était encore pour une certaine idée qu’ils se faisaient de la France, c’était pour l’Algérie française leur seul idéal, c’était pour le sacrifice de leurs camarades qu’ils ne voulaient pas vain, c’était pour ces milliers de musulmans qui avaient uni leur destin au leur, c’était pour ces « petits Français de là-bas » qui étaient les seuls à les comprendre et à les aimer et c’était aussi parce qu’ils avaient choisi de se fondre dans un grand corps aux réflexes collectifs, noués dans la somme des renoncements individuels et que par ce chemin, ils atteignaient à une hautaine dimension de la liberté.

     


    Mais le peuple d’Algérie, lui, n’exprimera jamais assez sa gratitude à ces « soldats perdus », à tous ceux qui, par sentiment profond, ont risqué leur vie, ont abandonné leurs uniformes, ont sacrifié leur carrière, ont été séparés de leurs familles –parfois durant de longues années- ont connu la prison, l’exil, le sarcasme de leurs vainqueurs et de ceux qui n’avaient pas osé, des lâches, des poltrons et des traîtres pour être restés fidèles à leurs serments et à leur idéal.

     


    Le temps passera, l’oubli viendra, les légendes fleuriront, mais jamais assez l’Histoire ne mesurera la grandeur de leur sacrifice.

    José CASTANO
    e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

    « J’ai choisi la discipline, mais choisissant la discipline, j’ai également choisi avec mes concitoyens et la nation française, la honte d’un abandon, et pour ceux qui, n’ayant pas supporté cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira peut-être que leur crime est moins grand que le nôtre » (Général De Pouilly)

    -o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

     



    Conférence sur : « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

    - De l’Indochine à l’Algérie, la Légion étrangère au combat
    - L’Odyssée et la fin tragique du 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie.
    Organisée par le Cercle Algérianiste de MARSEILLE, avec le soutien de l’Amicale des Anciens Combattants de la Légion Etrangère de Marseille, elle sera donnée Jeudi 5 AVRIL, 18h, Maison du Bâtiment et des Travaux Publics – 344, Bd Michelet - 13009 MARSEILLE


    Elle sera suivie d’un apéritif dînatoire copieux. Participation aux frais : Conférence et apéro : 15eur/pers.


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    Barkhane Mali

    Mali-Burkina : l’échec des forces supplétives. Faudra-t-il renforcer Barkhane ?

     

    Michel Lhomme ♦
    Philosophe, politologue.

     

     

    La France a récemment été visée au Burkina Faso où son ambassade à Ouagadougou et l’Institut français ont été attaqués par des hommes armés.

     

    Une semaine auparavant, ce sont deux soldats français qui avaient été tués et un blessé dans l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule blindé.

    L’opération Barkhane continue.

     

    Le 23 janvier, une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 janvier exprimait son impatience face aux retards dans la pleine mise en œuvre des principales dispositions de l’Accord sur la paix et la réconciliation au Mali.

    La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans le Centre du Mali marquée par une recrudescence des incidents.

    Depuis le début de l’année, on a tout de même dénombré 17 morts chez les forces de sécurité maliennes et une trentaine de civils tués.

     

    Une force internationale existe c’est la force « Opérations de sécurisation dans la zone des trois frontières  » qui est engagée dans des opérations de reconnaissance et de contrôle de la zone mais c’est toujours Barkhane c’est-à-dire les Français qui en sont les piliers.

    Des efforts avaient justement portés récemment sur la frontière entre le Mali et le Burkina-Faso, dans un secteur où sévit principalement Ansaroul Islam.

     

    Ils expliquent les représailles « terroristes » de Ouagadougou.

     

     

    Les conditions sécuritaires du centre du pays s’aggravent

    Effectifs de Barkhane

     

     

    Inévitablement, l’activisme croissant des groupes armés radicaux, multipliant attaques contre l’armée et représailles sur les civils, a généré des initiatives d’autodéfense non départies d’enjeux ethniques, tribaux et religieux, toujours explosifs en Afrique.

    Dans un horizon bouché et face à la terreur, les populations s’organisent puisque désormais, le quotidien des Maliens de la région est fait d’intimidations, de kidnappings, de violences, d’assassinats et d’explosions mortelles.

    La mainmise des groupes djihadistes sur certaines localités, dans les régions de Mopti et Ségou, ne cesse de heurter. Ils intensifient les attaques sur des positions de l’armée, s’emparant même souvent de leur matériel. Face à l’absence d’autorité de l’État, plongée dans un scandale de corruption autour de l’avion présidentiel, c’est la Katiba Macina, dirigée par Amadou Kouffa qui installe son règne.

     

    La charia est instaurée, les écoles fermées, des jeunes enrôlés et une justice sommaire exercée.

     

    Si l’on en parle si peu c’est que rares sont les personnes qui acceptent de témoigner, craignant des représailles.

     

    En plus des traditionnels litiges fonciers villageois, la présence de Peuhls dans les groupes djihadistes, n’arrange pas les affaires locales.

     

    Les Peuhls sont maintenant ouvertement accusés d’accointances avec la Katiba Macina, alors qu’eux accusent ces derniers de connivences avec l’armée.

     

    L’État malien est totalement impuissant, ne contrôle plus son territoire et le manque de perspectives ne laisse plus d’autre choix aux jeunes que d’intégrer les groupes criminels ou…. partir en France. « Les jeunes sont désœuvrés, il suffit de leur proposer quelque chose pour qu’ils fassent le sale boulot», admet un jeune de Youwarou.

     

    A cela s’ajoute une mauvaise campagne agricole.

    Un jeune qui intègre un groupe djihadiste ramène 500 000 francs CFA. Il fait vivre une famille de vingt personnes. C’est la triste réalité.

     

    Conscient, le gouvernement malien a mis en place un plan de sécurisation intégré des régions du centre censé prendre en compte sécurisation et développement de la région en même temps. Il est resté lettre morte. Les Français surveillent par drones.

    Cette aggravation de la situation ne remet-elle pas en question l’efficacité réelle de Barkhane ?

     

    En janvier 2012, le président Hollande déclenchait l’opération Serval ( « le plus beau jour de ma vie politique  » a-t-il même  affirmé). La France envoyait ses Rafale et ses ses troupes au Mali pour « stabiliser le régime » et « repousser les djihadistes  ».

     

    Les militaires de Serval ont ensuite été intégrés à l’opération Barkhane qui compte à présent environ 4200 soldats. Cette force d’occupation coûtant trop cher, de l’ordre de 800 millions d’euros par an environ, le Président Macron a initié très rapidement au tout début de son mandat la « Force conjointe – G5 Sahel » mais en réalité force est de reconnaître au bout de quelques mois qu’elle ne remplace nullement Barkhane comme sans doute Jean-Yves Le Drian et son successeur plus gestionnaire l’espérait.

     

    La Force conjointe-G5 Sahel est une force composée uniquement de soldats « locaux » de cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad) qui lutte officiellement contre les djihadistes mais ceux-ci ne sont que la couverture en réalité des trafics de drogue et  d’armes qui sévissent dans la région non sans lien avec l’ « invasion » africaine de l’Europe par la Libye et l’Algérie interposés.

     

    Pour l’instant, toutes les opérations guerrières de cette force conjointe ont été soutenues par les militaires français. Elle n’a jamais encore opérée de manière autonome.

    Officiellement, il y a en ordre de marche cinq bataillons (un par pays) de 750 soldats. Ils s’ajoutent aux militaires français de Barkhane .

    Cinq ans après, c’est la continuation de Serval.

     

    Pour le reste, Africains, réfugiés, musulmans ce sont les « forces supplétives » de la stabilisation nécessaire de ce pivot du Sahel devenu océanique puisque les unités rebelles naviguent dans la bande sahélienne comme sur la mer, se jouant des frontières et des États.

    Quand l’année dernière l’UE avait fournit des équipements flambants neufs à l’armée malienne, ces derniers se retrouvaient en vente la semaine suivante sur les marchés de Conakry en Guinée.

     

    La corruption à tous les niveaux des différents états sahéliens ne rend-elle pas illusoire de croire que les soldats français pourront renter et  qu’ils ne devront pas bientôt être renforcés si à cause du double jeu de l’Algérie, la question complémentaire et même centrale touareg se corse ?

     

    Source:    https://metamag.fr/2018/03/27


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  • 03/28/18--01:37: LECTURE: CEUX DU DONBASS !
  • LECTURE :

    CEUX DU DONBASS

    mercredi 14 mars 2018, par Michel Dantan

     

    Personne n’était mieux placé que l’écrivain russe Zakhar Prilépine pour évoquer la question du conflit du Donbass avec l’autorité intellectuelle et morale que requérait une telle entreprise.

     

    Dans l’ambiance d’hystérie anti poutinienne qui prévaut dans le landerneau politico médiatique de l’hexagone, les informations en provenance du Donbass ont quasi systématiquement été passées au filtre de la propagande anti russe (1)

     

    Les rumeurs concernant la présence massive de chars russes prêts à se porter au secours des insurgés, ou l’intervention effective de soldats russes à leurs côtés, n’ont cessé de nourrir le phantasme selon lequel la main de Moscou se cachait derrière cette guerre civile qui compte déjà plus de 10000 victimes.

     

    Ses véritables causes en revanche, identitaires, démocratiques et culturelles ont été passées sous silence.

     

    Ainsi par exemple, le projet d’ukainisation forcée des populations russophone de d l’Est et du Sud de l’Ukraine avec notamment dés février 2014 la suppression du russe en tant que deuxième langue officielle n’a été qu’effleuré.

     

    Une même chape de plomb a recouvert l’opération de détournement de la Révolution du Maïdan par les milices néo bandéristes qui s’en sont servi de levier pour déstabiliser le pouvoir en place et le remplacer par des hommes de pailles à la solde des intérêts de l’OTAN.

     

    Cette opération pourtant on le sait de l’aveu même de Victoria Nuland (2) la secrétaire d’état-adjoint américain pour les affaires européennes et eurasiennes en 2014, a été le résultat du travail de sape effectué pendant des années par la CIA, qui à coup de milliards de dollars s’est employée à subvertir de l‘intérieur les institutions ukrainiennes en diffusant par tous les moyens le virus de la russophobie.

     

    De même il n’a été que très peu question des épisodes les plus traumatiques pour la population russophone comme celui du massacre perpétré à Odessa par des nervis à la solde de la junte et qui mériterait pourtant de connaître un épilogue judiciaire devant un tribunal international qualifié pour juger les crimes contre l’humanité.

     

    Bref, le traitement médiatique réservé par la presse du système au conflit du Donbass, qui soit dit en passant n’est pas terminé, est demeuré cloisonné dans les limites du politiquement correct de sorte qu’aucune prise de conscience par l’opinion des vraies finalités de ce conflit soit rendue possible grâce à une information documentée et équitable.

     

    Dans un ouvrage de 400 pages, à partir de témoignages recueillis sur place auprès des habitants et des combattants dont certaines figures sont devenues des icones de la résistance face au nouvel ordre mondial, l’auteur de « Ceux du Donbass, chroniques d’une guerre en cours » (3) tout en rendant hommage à leur courage et à leur dévouement replace ce conflit dans sa véritable perspective, celui d’une guerre de civilisation contre la barbarie.

     

     

    A propos du sens qu’il convient de donner au combat des volontaires internationaux venus sur place en première ligne partager le sort de leurs camarades de la République populaire de Donetsk Zakhar Prilépine écrit ceci :

    « C’est parce qu’ils ont compris qu’ici se trouvait la première ligne de la résistance des temps nouveaux.

    Non pas une frontière entre le « monde russe » et « l’ukrainisation » fourvoyée, non !

    Mais la frontière entre d’un côté, le système global d’oppression militaire, économique et culturel de toute souveraineté nationale au nom des intérêts financiers, supra-ethniques et anti chrétiens de divers clubs, centres et corporations et, de l’autre, les peuples qui ont le droit de faire leurs propres choix ».

     

    Avec ce récit comme il est précisé à juste titre dans la préface de l’ouvrage,, la résistance face à la répression qui s’est abattue sur le Donbass a trouvé son mémorialiste.

     

     

    (1) A contre courant de la pensée dominante, dés 2014 TV Libertés a consacré au conflit dés son un reportage effectué sur le terrain.

    (2) Déclaration le 16/12/2013. Elle fera de courtes apparitions sur la place du Maïdan distribuant des gâteaux aux manifestants en compagnie de l’ambassadeur des USA,

    (3) Editions des Syrtes.

     


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    Le dernier carré islamiste de la Ghouta

     

     

    Par Antoine de Lacoste

     

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    L’armée syrienne a reconquis 90% du territoire de la Ghouta.

    Après avoir divisé le secteur islamiste en trois enclaves, elle a alterné assauts et négociations, sous la direction des Russes. Lorsqu’elle se heurtait à une fin de non recevoir ou lorsque Damas essuyait une nouvelle pluie d’obus, l’aviation russe intervenait avec l’efficacité qu’on lui connait.

    Un des tournants de cette délicate reconquête, fut la réussite des corridors humanitaires pouvant permettre la fuite des civils.

    Ces corridors furent très difficiles à mettre en place : les snipers islamistes tuaient impitoyablement les habitants qui essayaient de fuir, bravant les consignes de rester chez soi. De nombreux civils ont ainsi trouvé la mort.

    Profitons-en pour admirer encore l’incroyable désinformation dont nous gratifient nos médias : pas une fois, sur aucune chaîne, n’a été dit que tous les snipers qui tuaient les civils étaient islamistes…

    L’armée syrienne a alors entrepris de sécuriser ces corridors au prix de sanglants combats. Des dizaines de milliers de civils ont enfin pu s’enfuir et rejoindre les zones contrôlées par l’armée.

    Les vidéos disponibles montrant ces fuites d’habitants remerciant l’armée de les avoir  sauvés, ont eu des effets ravageurs sur le moral des combattants. Plusieurs se sont rendus, et d’autres ont finalement accepté de négocier.

    Les premiers étaient pourtant les plus durs : les djihadistes d’Ahrar al-Cham, successeurs d’Al Nosra. Environ 1500 combattants et leurs familles, soit 6000 personnes au total, ont été évacués par cars vers la province d’Idleb, la dernière aux mains des islamistes. Comme toujours, les combattants ont pu garder leurs armes légères et ont dû laisser le reste.

    La deuxième évacuation, qui a commencé samedi, concerne le groupe Faylak al-Raman, mouvement proche des Frères musulmans et soutenu par le Qatar. 7000 personnes seraient concernées par cette évacuation, qui se fait également en direction d’Idelb. Décidément, cette province est en passe de devenir un invraisemblable chaudron islamiste…

    Les négociations sont en cours avec le troisième et dernier groupe, Jaich al-Islam, d’obédience saoudienne. Bien qu’il compte plus de 10000 combattants, on voit mal comment ses chefs pourraient refuser une offre de repli, tant la victoire syrienne est maintenant certaine.

    C’est donc la ville de Douma, occupée par ce groupe qui sera la dernière libérée.

    Ainsi la reconquête de la Ghouta est en passe de s’achever, et ce sera un tournant militaire aussi important que ceux d’Alep et de Deir ez-Zor.

    La désinformation du burlesque OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme) sur les prétendues attaques chimiques de l’armée n’a cette fois pas fonctionné et les occidentaux n’avaient aucun prétexte pour intervenir malgré les menaces des Américains et du Président Macron.

    Toutefois, les Damascènes ne seront pas encore tout à fait hors de danger : il reste, au sud de Damas, une poche de Daesh, qu’il faudra anéantir. Une attaque surprise et nocturne jeudi dernier a surpris l’armée qui a eu plus de 50 tués.

    La tâche est loin d’être terminée pour l’armée syrienne.  

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    Barkhane : 30 jihadistes éliminés lors d’un accrochage avec les commandos parachustistes français et les forces maliennes

     
     
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    Un communiqué publié par le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) a fait état, le 2 avril, de deux accrochages sérieux avec des « malfrats » dans la région de Menaka, dont un dans les environs d’Akabar, près de la frontière avec le Niger.

    Et ces deux organisations pro-gouvernementales ont donné le bilan d’une vingtaine de tués parmi leurs assaillants.

    Ce 5 avril, l’État-major des armées (EMA) a donné des précisions au sujet des évènements du congé pascal.

     

    Ainsi, son porte-parole, le colonel Patrick Steiger, a parlé d’un accrochage sérieux ayant eu lieu dans la région d’Akabar, dans le cadre d’une « opération de reconnaissance et de contrôle de zone » menée depuis le 28 mars par un détachement de commandos parachutistes de la force Barkhane et les Forces armée maliennes (FAMa), en liaison avec les militaires nigériens et un « groupe d’autodéfense local ».

    « Le 1er avril, ils ont été confrontés à un GAT [Groupe armé terroriste, ndr] estimé à une soixantaine d’individus, à environ 90 km au sud de Ménaka et à 3 km de la frontière nigérienne », a ensuite précisé le colonel Steiger.

     

    La zone où ont eu lieu les combats est connue pour abriter les combattants de l’État islamique au grand Sahara (EIGS), le groupe responsable de l’embuscade ayant coûté la vie à 4 militaires des forces spéciales américaines au Niger, en octobre dernier.

    Au cours des combats, deux hélicoptères d’attaque Gazelle et deux Mirage 2000 ont été sollicités.

    Mais aucune frappe aérienne n’a été réalisée.

    Au total, 30 jihadistes ont été éliminés par les forces françaises et maliennes.

    Des « pertes » sont à déplorer « côté malien », a précisé le colonel Steiger, sans donner plus de détails.

     

    Cela étant, le communiqué du MSA et du GATIA parlait de 3 tués et de 5 blessés dans leurs rangs.

    Cet accrochage s’est produit alors que, trois jours plus tôt, une autre opération, menée cette fois dans la région de Tombouctou, visait Saïd Dagdag (alias Abdourahmane Al Maghrebi), un jihadiste d’origine marocaine présenté comme étant un « redoutable formateur dans le maniement d’armes lourdes et des explosifs. »

     

    Ce dernier a été tué par, d’après la presse malienne, lors de « violents échanges de tirs » avec les militaires français.

     

     Source:   http://www.opex360.com/2018/04/05


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    9 avril 2018
    Le massacre de Douma : le dernier espoir pour la coalition américaine de ne pas perdre la Syrie
    La Syrie est quasiment libérée des groupes terroristes et extrémistes soutenus par la coalition américaine, une réunion des chefs d'Etat russe, iranien et turc prépare la paix, la Ghouta est libre à 95% et les terroristes quittent les lieux avec leur famille, les derniers ont passé un accord.
     
     
    C'est à ce moment plus que délicat pour la coalition américaine que soudain, sans aucune raison, une attaque chimique est soi-disant perpétrée le 7 avril dans Douma, encore gouverné par les terroristes pro-occidentaux. Quel intérêt pour Assad? Aucun.
     
    Mais toute la communauté internationale le condamne pour cette "possible" attaque. La machine est relancée. La Russie est aussi coupable. C'est le combat de la dernière chance avant l'échec total américain. Jusqu'où seront-ils prêts à aller pour sauver leurs intérêts? Leur peau?
     
    Dimanche, la machine est lancée. Une attaque chimique aurait été perpétrée à Douma en Syrie le 7 avril, dernier bastion extrémiste dans la Ghouta. La source de l'information est ... plus que fiable, d'une objectivité incontestable (voir ici le rappel des fakes de Idlib et la Ghouta).
    En plus des habituels Casques blancs, l'on retrouve des ONG proches de l'opposition à Assad et la très américaine Syrian American Medical Society. Mais pour garder toute apparence d'objectivité, l'on peut lire:
    L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, avec un réseau d’informateurs dans toute la Syrie, a assuré n’être pas en mesure de « confirmer ou démentir » ces allégations.
    Peu importe les faits, le doute et le soupçon sont suffisant pour ceux qui ont besoin ou envie d'y croire. La presse s'emballe:
     
    Même les vidéos diffusées sur le sujet laissent comprendre toute l'absurdité de l'accusation. Ecoutez Euronews, la voix de son maître:
     
     
     
    La journaliste enchaîne les éléments sans aucune analyse pour arriver à la condamnation d'Assad: Assad a repris la lutte contre le groupe Jaych al-Islam (qui n'est pas "rebelle" mais terroriste), faisant des victimes. Rappelons que justement les groupes islamistes se cachent au milieu des civils qu'ils utilisent comme bouclier humain. Passons.
    Un accord a été conclu avec eux pour que sous 48 h ils soient évacués et libèrent la population civile prise en otage. Donc, logique, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence lundi (avant les fatidiques 48 h) pour discuter de la situation. Mais il faut un prétexte: la lutte contre le terrorisme ne peut être condamnée ouvertement - encore. C'est dans ce contexte qu'une soi-disant attaque chimique a été faite par Damas ... Quelle est la logique? Les journalistes non plus ne la voient pas, en tout cas s'ils la voient ils n'en parlent pas.
     
    Les Etats-Unis lancent alors le combat:
     
     
    Evidemment, Macron entre dans la danse - ces derniers temps il réagit très et trop vite, comme nous l'avons vu avec le fantasmagorique Novitchok. Ici aussi, faisant de la France le chien fidèle d'intérêts étrangers, il promet une réponse commune avec les Etats-Unis après un coup de téléphone avec Trump.
     
     
     
    Les Etats-Unis envisagent une opération au sol. Ils sont déjà sur le sol syrien sans autorisation de l'ONu ni du gouvernement légitime syrien, mais c'est un détail. Comment la Russie, l'Iran et la Turquie vont réagir s'ils lancent véritablement une opération terrestre? Certains ont peur que cela n'ouvre la voie à un conflit militaire avec la Russie:
     
     
    En fait, les hostilités ont déjà commencé. Plusieurs fois, l'armée américaine a déjà bombardé des bases militaires syriennes, tué des soldats syriens pour protéger les groupes extrémistes notamment dans la région de Deir ez-Zor qui luttent contre Assad. Soit elle le fait elle-même, soit elle fait faire le sale travail par ses Etats satellites. 
     
    Pour mettre la pression avant la réunion du Conseil de sécurité d'aujourd'hui (en fait des réunions puisqu'en plus de celle demandée par les USA et leurs satellites, la Russie en a également demandé une), une base militaire syrienne a été bombardée cette nuit, près de Homs, la base T-4, faisant 14 morts. Des militaires, pas des terroristes. L'armée russe accuse l'armée israélienne d'avoir lancé 8 missiles téléguidés depuis le Liban, dont 5 ont été détruits.
     
    Pourquoi cette montée en puissance des hostilités, pourquoi cet empressement?
     
    Pour répondre à cette question, il faut replacer les derniers évènements, à savoir la nouvelle accusation de recourir aux armes chimiques alors que l'armée régulière avance et le bombardement d'une base militaire syrienne, dans un contexte plus général.
     
    Dans le rapport USA/Russie, visant à discréditer la Russie pour en faire un Etat paria si elle ne veut pas se plier aux règles du jeu atlantiste, l'opération Skripal fut un énorme échec, qui restera comme une tache sombre dans l'histoire britannique comparable à celle de Colin Powell à L'ONU secouant un échantillon de sucre en poudre.
    Non seulement la Russie n'en est pas ressortie discréditée, mais à l'inverse, sa crédibilité a été augmentée.
    Les Skripal vont être exfiltrés par la CIA aux Etats-Unis, où ils changeront d'identité et l'affaire s'arrêtera là, sauf quelques petits sursauts médiatico-politiques de temps en temps.
     
    Un bon scandale chimique à la syrienne permet de faire passer la pilule et tourner les projecteurs sur un autre objet: la diabolisation du "Boucher Assad" permettant d'accentuer celle de la "Russie de Poutine".
     
    Par ailleurs, la question syrienne, elle, risque d'échapper totalement aux Etats-Unis et ces provocations ont été annoncées depuis le mois de mars par les officiels russes.
     
     
    Cela a été rappelé par le Président russe il y a quelques jours, lors de sa visite officielle en Turquie:
     
     
    Et pourquoi tous ces bruits? Parce qu'en Turquie, s'est passé un évènement qui a perturbé les plans américains sur la Syrie.
     
    La Russie, l'Iran et la Turquie se sont réunies pour envisager la paix en Syrie, malgré leurs divergences.
     
    Sans les Etats-Unis, totalement isolés et impuissants. Impuissants à pacifier une région, tellement prompts à la détruire.
     
    Et le Washington Post l'a souligné:
    The leaders of Iran, Russia and Turkey met Wednesday for high-level talks on ending the Syrian war, cementing their influence on the outcome of the conflict and isolating the United States from the region’s most crucial diplomacy.

    Comment laisser passer un tel affront? Ce n'est pas possible. D'où cette attaque chimique qui tombe à point, les condamnations tombant avant même une enquête. Il est vrai que c'est devenu une habitude.

     

    Pour la Russie, aucune arme chimique n'a été utilisée et elle propose de faire venir des enquêteurs dès que la zone sera sécurisée.

    Qui croire? Ceux qui accusent sans preuves et sans enquête ou ceux qui proposent d'attendre que les faits soient établis pour tirer les conclusions?

    Finalement, que les Etats-Unis défendent leurs intérêts becs et ongles, c'est dans leur logique, celle de menacer de la politique de la terre brûlée ceux qui ne veulent pas se plier, leur faire peur et jouer sur leur culture pour qu'ils soient plus rationnels et se plient - et perdent.

     

    Mais que vient faire la France dans ce jeu qui ne la concerne pas? Dans un jeu qui se joue contre nos intérêts nationaux?

     

    source

     

     

    ET AUSSI

     

     

     

    Syrie - Nuit de préparation, les avions tous positionnés sont en attente du feu vert

    Publié par wikistrike.com sur 10 Avril 2018, 23:46pm

     

    Catégories : #Politique internationale

    Syrie - Nuit de préparation, les avions tous positionnés sont en attente du feu vert

    Rappel des deux blocs :

    Russie-Iran-Syrie-Chine vs USA-France-GB-Arabie Saoudite-OTAN

    -------------

    Des dizaines d'avions de la coalition ont pris position cette nuit.

     L'attaque massive vient d'Irak, de Jordanie et de la mer, mais nous avons surtout assisté cette nuit à un déploiement des forces armées.

     

    Des Rafale se sont posés à Chypre et ont été placés en piste à la base de Saint-Dizié. 

     

    L'armée US et la coalition attendent désormais le feu vert.

     

    Quelques premiers missiles auraient été tirés de la Méditerrannée vers la Syrie.

     

    Un vaste mouvement militaire aérien a été observé au-dessus du ciel syrien et jordanien et seules quelques frappes auraient touché la région d'Idblib.

     

    Des avions et hélicoptères russes ont par ailleurs eux aussi décollé pour rejoindre la zone de conflit. 

    Les administrations aériennes américaine FAA et russe Rosaviatsiya demandent aux compagnies civil d'éviter l'espace aérien syrien et l'est de la Méditerranée.

     

    Le Pentagone  s'exprimera aujourd'hui.

     

    Trump devait initialement s'exprimer la nuit dernière (FoxNews) mais il semble avoir eu un contre-temps, peut-être dû au décollage des avions et hélicoptères russes, l'armée de Poutine qui a reçu l'autorisation pour ses bombardiers lourds de se poser sur des bases iraniennes pour des ravitaillements.

     

    Hier au soir, le projet russe pour un mécanisme d'enquête sur les armes chimiques en Syrie avait été rejeté

     

    Joseph Kirchner pour WikiStrike


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    Debriefing de l'état-major général russe sur les frappes occidentales en Syrie

    Etat-major russe en Syrie : Londres a activement participé à la provocation chimique de Douma

    Déclaration de Vladimir Poutine suite aux frappes occidentales contre la Syrie

    Comment survivre à une guerre nucléaire : instructions de la TV nationale russe

    Conférence de presse de Maria Zakharova le 12 avril 2018

     

    Debriefing de l'état-major général russe sur les frappes occidentales en Syrie

    Le chef de la principale direction opérationnelle de l'état-major général russe, le général Sergei Rudskoy, a réalisé ce briefing le 14 avril pour les médias.

    Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171300@egNews


    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    https://vimeo.com/264772611

     

     

    Transcription :

    Bonjour.

    Les États-Unis et leurs alliés ont mené une attaque de missiles par leurs transporteurs aériens et navals ciblant des installations militaires et civiles de la République Arabe Syrienne le 14 avril dans la période de 3h42 à 5h10 (heure de Moscou).

    Les systèmes de défense aérienne russes présents sur la base aérienne de Khmeimim et de Tartous ont localisé et contrôlé en direct tous les lancements navals et aériens effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni.

    Les avions français annoncés n'ont pas été enregistrés par les systèmes de défense aérienne russes.

    Il a été signalé que des avions B-1B, F-15 et F-16 de l'aviation américaine ainsi que des avions Tornado de la Royal Air Force britannique au-dessus de la mer Méditerranée, ainsi que le destroyer USS Laboon et le porte-avions USS Monterey, localisés dans la mer Rouge, ont été utilisés durant l'opération.

    Les bombardiers stratégiques B-1B ont approché des installations sur le territoire syrien près d'Al-Tanf, illégalement occupée par les Etats-Unis, pour effectuer leurs frappes.

    Un certain nombre d'aérodromes militaires et d'installations industrielles et de recherche syriens ont subi la frappe de missiles.

    Selon nos informations, il n'y a pas de victimes civiles ni de pertes parmi l'Armée Arabe Syrienne. Des informations plus détaillées seront rendues publiques par la suite.

    Comme l'indiquent les données disponibles, 103 missiles de croisière ont été lancés, y compris des missiles navals Tomahawk ainsi que des bombes aériennes guidées GBU-38 tirées du B-1B. Les avions F-15 et F-16 ont lancé des missiles air-sol.

    Les avions Tornado de la RAF britannique ont lancé huit missiles Scalp-EG.

    Les systèmes de défense antiaérienne syriens, qui sont principalement des systèmes de défense antiaérienne fabriqués par l'URSS, ont contré avec succès les frappes aériennes et navales.

    Au total, 71 missiles de croisière ont été interceptés. Les systèmes de défense antiaérienne syriens S-125, S-200, Buk, Kvadrat et Osa ont été impliqués pour contrer l'attaque.

    Cela prouve la haute efficacité de l'armement syrien et les compétences professionnelles des militaires syriens formés par les spécialistes russes.

    Au cours des dix-huit derniers mois, la Russie a complètement restauré les systèmes de défense antiaérienne syriens, et leur développement se poursuit.

    Il convient de souligner qu'il y a plusieurs années, étant donné la requête pressante de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir de systèmes de défense anti-aérienne S-300 à la Syrie. Compte tenu de cet incident, la Russie estime qu'il est possible de reconsidérer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais également pour d'autres pays.

    La frappe a également visé des bases aériennes syriennes. La Russie a enregistré les données suivantes.

    Quatre missiles ont visé l'aéroport international de Damas, et douze missiles ont visé l'aérodrome d'Al-Dumayr : tous ces missiles ont été interceptés.

    Dix-huit missiles ont visé l'aérodrome de Blai, et tous ont été interceptés.

    Douze missiles ont visé la base aérienne de Shayrat, et tous ont été interceptés. Les bases aériennes n'ont pas été affectées par les frappes.

    Cinq missiles sur neuf ciblant l'aérodrome inoccupé de Mazzeh ont été interceptés.

    Treize missiles sur seize ciblant l'aérodrome de Homs ont été interceptés. Il n'y a pas de destructions sérieuses.

    Au total, trente missiles ont ciblé des installations près de Barzah et de Jaramana. Sept d'entre eux ont été interceptés. Ces installations prétendument liées au « programme chimique militaire de Damas » ont été partiellement détruites. Cependant, elles n'ont pas été utilisées depuis longtemps, et il n'y avait donc ni personnels ni équipements sur les lieux.

    Les systèmes de défense antiaérienne russes ont été alertés. Les avions de combat sont maintenant en patrouille aérienne de combat.

    Aucun missile de croisière n’a pénétré dans la zone de responsabilité de défense antiaérienne russe. Les systèmes de défense antiaérienne russes n'ont pas été utilisés.

    La Russie considère que les frappes constituent une réponse au succès des forces armées syriennes dans la lutte contre le terrorisme international et à la libération de leur territoire, plutôt que comme une réponse à la prétendue attaque chimique.

    En outre, l'attaque a eu lieu le jour où la mission spéciale de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) devait commencer à enquêter sur un incident survenu dans la ville de Douma où une attaque chimique aurait eu lieu.

    Il convient de souligner qu'il n'y a pas d'installations de production d'armes chimiques en Syrie, ce que l'OIAC a documenté.

    L'agression américaine prouve que les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à l'objectivité de l'enquête en cours et cherchent à détruire le règlement pacifique de la situation en Syrie et à déstabiliser l'environnement au Moyen-Orient, et tout cela n'a rien à voir avec les objectifs déclarés de lutte contre le terrorisme international.

    Actuellement, la situation à Damas et dans les autres lieux habités est jugée stable. Vous pouvez le voir en temps réel sur les écrans [derrière moi]. L'environnement est surveillé.

    Je vous remercie de votre attention.

    _______________________________________

    Déclaration de Vladimir Poutine suite aux frappes occidentales contre la Syrie

    Le 14 avril 2018


    Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/57257


    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    Le 14 avril, les États-Unis, appuyés par leurs alliés, ont lancé une frappe aérienne contre des cibles militaires et civiles de la République Arabe Syrienne. Un acte d'agression contre un État souverain qui est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU et en violation de la Charte des Nations Unies et des normes et principes du droit international.

    Tout comme il y a un an, lorsque la base aérienne de Shayrat en Syrie a été attaquée, les Etats-Unis ont utilisé comme prétexte une mise en scène d’attaque chimique contre des civils, cette fois à Douma, une banlieue de Damas. Après avoir visité le site de l'attaque chimique présumée, les experts militaires russes n'ont trouvé aucune trace de chlore ou de tout autre agent toxique. Aucun résident local n'a pu confirmer qu'une attaque chimique avait réellement eu lieu.

    L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a envoyé ses experts en Syrie afin d'enquêter sur toutes les circonstances des faits allégués. Cependant, en signe de mépris cynique, un groupe de pays occidentaux a décidé de prendre des mesures militaires sans attendre les résultats de l'enquête.

    La Russie condamne dans les termes les plus vigoureux l'attaque contre la Syrie, où des militaires russes assistent le gouvernement légitime dans ses efforts de lutte contre le terrorisme.

    Par leurs actions, les Etats-Unis aggravent la situation humanitaire déjà catastrophique en Syrie et infligent des souffrances aux civils. En réalité, les États-Unis flattent bassement les terroristes qui tourmentent le peuple syrien depuis sept ans, ce qui a entraîné une vague de réfugiés fuyant ce pays et la région.

    L'escalade actuelle autour de la Syrie est destructrice pour l'ensemble du système des relations internationales. L'histoire rétablira la vérité des faits, et Washington porte déjà la lourde responsabilité de l'outrage sanglant en Yougoslavie, en Irak et en Libye.

    La Russie convoquera une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter des actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés.

     

    _______________________________________
    Etat-major russe en Syrie : Londres a activement participé à la provocation chimique de Douma

    Briefing du Major-Général Igor Konashenkov, représentant officiel du Ministère de la défense russe, le 13 avril 2018

    Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171238@egNews

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    https://vimeo.com/264793119


    Transcription :

     

     

     

    Chers collègues, bonjour.

    Le Centre russe pour la réconciliation, conjointement avec les autorités syriennes, a achevé une opération humanitaire de grande échelle dans la banlieue de Damas de la Ghouta orientale. Au total, 170 152 personnes ont été évacuées lors de l’opération, dont 63 117 militants avec leurs familles. Tous les centres résidentiels de la Ghouta orientale sont actuellement sous le contrôle du gouvernement syrien. La police militaire russe a été déployée dans la Ghouta orientale afin de surveiller la situation et de maintenir l’ordre.

    Tandis que l’environnement se stabilise dans la banlieue de Damas, les habitants retournent chez eux. Au total, quelque 63 000 personnes sont maintenant rentrées chez elles, soit la moitié de ceux qui avaient quitté la région. Le gouvernement syrien travaille à la réhabilitation des infrastructures civiles détruites. Les systèmes d’alimentation en énergie et en eau ont été restaurés ; la reconstruction est en cours dans la région. Les habitants reçoivent une assistance médicale.

    Ainsi, la Ghouta orientale actuelle est loin d’être un « trou noir » où personne ne pourrait se rendre, mais une banlieue de la capitale retournant à une vie paisible.

    La situation est sous le contrôle des autorités légales qui prennent des mesures pour restaurer le commerce, ajuster les prix, assister les civils et réhabiliter les écoles. Toutes les conditions pour assurer la normalisation rapide de la situation dans la région sont établies .

    Pendant ce temps, les résidents de la Ghouta orientale qui ont subi des violations de la part des terroristes pendant de nombreuses années ont grandement besoin d’une aide humanitaire. La Russie a été la première à apporter cette assistance. Le Centre russe pour la réconciliation a livré 520 tonnes de vivres, plus de 50 000 litres d’eau embouteillée et 9 000 jeux de linge de lit, et a fourni des équipements lourds pour enlever les gravats.

    Aujourd’hui, un convoi transportant du matériel de construction, des camions, des tubes en acier pour le système d’approvisionnement en eau et l’équipement requis pour la révision des systèmes électriques est parti pour la ville de Douma. Cinq autres convois similaires doivent partir pour Douma la semaine prochaine.

    Il convient de souligner que tous les équipements de construction et les matériaux livrés par les convois à la Ghouta orientale seront remis aux représentants des Nations Unies en Syrie pour être ensuite distribués aux civils. Telle est la contribution de la Russie à l’aide humanitaire de l’ONU pour le peuple syrien. Il faut être attentif au fait que la Russie fournit une aide réelle aux véritables civils en Syrie, contrairement aux promesses creuses faites par certains pays occidentaux. La Russie exhorte la communauté mondiale à rejoindre la Russie et à fournir aux Syriens l’aide humanitaire nécessaire.

    Il est de notoriété publique que tout le monde n’est pas heureux face à ces progrès sur la voie de la restauration d’une vie paisible en Syrie. Les États-Unis et les pays occidentaux ont lancé contre le gouvernement légal syrien des accusations absurdes et sans fondement d’attaque chimique présumée contre des civils dans la Ghouta orientale. Environ une semaine plus tard, les Etats-Unis et certains pays européens n’ont toujours pas fourni la moindre preuve sur l’utilisation présumée d’agents toxiques par les troupes syriennes le 7 avril dans la ville de Douma.

    Le ministère russe de la Défense a des preuves accablantes qu’à Douma, le 7 avril, s’est tenue une provocation planifiée visant à tromper la communauté internationale. Son but initial était de provoquer des frappes de missiles des Etats-Unis contre la Syrie.

    Il convient de rappeler qu’une vidéo tournée à l’hôpital de Douma où des personnes blessées auraient été amenées est la « preuve » clé de toutes ces accusations portées par les pays occidentaux. Cependant, nous sommes parvenus à retrouver ceux qui avaient participé directement à ces vidéos et à leur poser des questions. Aujourd’hui, la Russie diffuse une interview avec ces personnes.

    Les citoyens de Douma ont raconté comment une mise en scène vidéo avait été filmée, à quels épisodes ils avaient participé et quels rôles ils avaient tenu. De plus, ils nous ont montré des extraits de ces vidéos dans lesquels ils figuraient.

    Les deux personnes impliquées dans la vidéo ont un diplôme de médecine et travaillent au service des urgences de l’hôpital de Douma. Selon eux, les personnes qui ont été amenées à l’hôpital n’avaient pas de blessures causées par des agents chimiques.

    Alors que des civils recevaient les premiers secours, des individus non identifiés ont fait irruption à l’intérieur de l’hôpital.

    Certains d’entre eux avaient des caméras. Ils ont commencé à crier, à répandre la panique et à asperger les autres personnes présentes avec de l’eau. Ils ont crié que toutes les personnes présentes à l’hôpital étaient victimes de l’usage d’armes chimiques. Les patients et leurs proches ont commencé à s’asperger mutuellement avec de l’eau.

     

    Après que l’action a été filmée, les inconnus se sont immédiatement échappés.

    Comme on peut le voir, ces Syriens se montrent sur les images. Il faut bien noter que ces personnes ne dissimulent pas leurs noms. Ce ne sont pas des messages impersonnels sur les réseaux sociaux ou des déclarations d’activistes anonymes.

     

    Je souligne une fois de plus que ce sont des personnes qui ont participé directement au tournage de ces images. De tels faits constituent des preuves dans le monde civilisé, contrairement aux accusations infondées et irresponsables répandues dans le but d’étiqueter et de dénigrer les dirigeants d’autres pays.

    Plus tôt, la Russie avait lancé de nombreux avertissements à tous les niveaux sur des provocations d’utilisation d’armes chimiques organisées par des insurgés dans la Ghouta orientale. Aujourd’hui, il existe d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à l’organisation de cette provocation dans la Ghouta orientale.

    La Russie sait avec certitude que du 3 au 6 avril, les représentants des soi-disant Casques blancs ont été influencés par Londres pour la mise en œuvre rapide de cette provocation préparée à l’avance. Les Casques blancs ont reçu des informations selon lesquelles les militants de Jaysh al-Islam allaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie contre Damas du 3 au 6 avril.

     

    Cela provoquerait une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devront exploiter pour mener des provocations avec de pseudo-armes chimiques.

    Aujourd’hui, un groupe d’experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques arrive en Syrie. Le Centre de réconciliation russe est prêt à leur assurer la sécurité et les conditions de travail nécessaires dans la Ghouta orientale.

     

    La partie russe espère que le groupe de l’OIAC sera guidé non pas par les exigences de tiers et les pseudo-évidences anonymes des réseaux sociaux, mais mènera une enquête objective et indépendante pour établir la vérité.

     

    Le ministère russe de la Défense est convaincu que la position responsable de l’OIAC permettra de réduire le degré de tension dans la région et ainsi de préserver la paix fragile qui a été instaurée en Syrie.

    Tenant compte du fait que la vie paisible revient dans la Ghouta orientale, l’attention doit être attirée sur la catastrophe humanitaire en cours à Raqqa, qui a été libérée il y a cinq mois par les Etats-Unis et les pays de la soi-disant Coalition internationale. Le 10 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a préparé un rapport.

     

    Le document indique que les civils retournant dans la ville de Raqqa sont quotidiennement mis en danger par l’énorme quantité de munitions éparpillées et d’engins explosifs improvisés.

    Selon les experts de l’OMS, entre le 1er octobre 2017 et le 28 février 2018, plus de 660 Syriens ont été touchés et blessés à divers degrés de gravité. Plus de 130 personnes ont été tuées. Chaque jour, jusqu’à six explosions touchant des civils se produisent, dont les victimes sont le plus souvent des enfants et des adolescents.

    Selon l’OMS, il n’y a que deux hôpitaux à Raqqa. Ils sont surpeuplés et ne fournissent pas d’assistance à tous les blessés. Les experts soulignent que les habitants de Raqqa sont privés d’aide humanitaire en raison du manque de bureaux de représentation des organisations internationales dans la région et de l’incapacité des autorités locales à remédier à la situation.

    La situation épidémiologique à Raqqa est extrêmement grave. Jusqu’à présent, des milliers de cadavres se décomposent sous les ruines de la ville. La ville a été effacée de la surface de la terre à 70% du faits des bombardements de l’aviation américaine.

    Ce sont là les déclarations faites par des représentants d’organisations internationales.

    Contrairement à la situation [de cette ville « libérée » par la coalition américaine], il convient de rappeler que le travail des écoles, des hôpitaux et des institutions sociales a été restauré dans tous les territoires libérés des terroristes par les troupes gouvernementales. Il y a des marchés, des commerces et les logements sont en cours de restauration.

    Je vous remercie pour votre attention.

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    Comment survivre à une guerre nucléaire : instructions de la TV nationale russe

    Reportage Rossiya 24, 10 avril 2018

    https://vimeo.com/264728015
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    Conférence de presse de Maria Zakharova le 12 avril 2018

    Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 12 avril 2018

    Source : http://www.mid.ru/en/press_service/spokesman/briefings/-/asset_publisher/D2wHaWMCU6Od/content/id/3166721?p_p_id=101_INSTANCE_D2wHaWMCU6Od&_101_INSTANCE_D2wHaWMCU6Od_languageId=fr_FR


    Sur la situation en Syrie

    La situation en Syrie reste très tendue depuis une semaine.

    Parallèlement au succès des efforts de médiation visant à régler la situation dans la Ghouta orientale, qui ont permis de sauver des milliers de citoyens syriens, on constate une intensification considérable des extrémistes qui s'opposent à cette solution, et de leurs tuteurs, capables, comme la pratique le démontre, de lancer des initiatives très radicales afin de mettre en œuvre en Syrie leurs intérêts qui n'ont rien à voir avec les aspirations réelles du peuple syrien.

    On a enregistré le 8 avril une reprise inattendue des bombardements du centre de Damas, qui ont tué 8 personnes et blessé 40 civils.

    Les militaires syriens ont été obligés de lancer l'assaut de la ville de Douma, dernière localité de la Ghouta orientale encore sous le contrôle des djihadistes.

    Les forces syriennes ont frappé sur les QG et les points d'appui des groupes armés illégaux et ont réussi à pousser les combattants hors des banlieues sud et est de la ville.

    Un jour après, le 7 avril, certains militants, liés visiblement aux fameux Casques blancs, ont publié sur internet des messages indiquant que Douma aurait subi une attaque chimique des forces gouvernementales qui aurait tué, selon les premières données, des "milliers" de personnes. Un chiffre un peu plus raisonnable a été annoncé par la suite.

     

    Les matériaux diffusés par les sites d'opposition contenaient un grand nombre de divergences concernant le lieu et l'heure de l'attaque chimique présumée, sans parler du type de substance toxique utilisée.

    Tout cela n'a pourtant pas gêné les milieux politiques et les médias engagés de l'Occident, qui se préparaient depuis longtemps à une telle provocation (ou la préparaient eux-mêmes?) et avaient fait depuis fin février-début mars beaucoup de déclarations "préventives" (nous les avons mentionnées lors des conférences de presse précédentes).

     

    Aucun représentant de ces milieux n'a demandé d'enquêter immédiatement sur cette situation, n'a mis en doute la vidéo absurde des Casques blancs présentant des enfants et des adultes qui s'arrosaient d'eau, ce qui constituerait selon ces derniers une "preuve" de l'utilisation des "armes chimiques". Des agences de presse prétendument respectées ont cru également à un autre fake encore plus grossier montrant une bombe d'une demi-tonne sur un lit soigneusement fait devant des fenêtres "cassées" ayant pourtant leurs vitres intactes.

     

    Les opposants au pouvoir légitime syrien ont unanimement demandé à la communauté internationale, et notamment aux États-Unis, de s'ingérer pour punir le "régime" de Damas. Un scénario classique.

    On a constaté au sommet - de la part des présidents américain et français - la menace d'une réaction très ferme prévoyant le recours à la force contre la Syrie. Je voudrais souligner que la menace d'utiliser la force contre un pays membre de l'Onu est déjà une violation grossière de la Charte de l'organisation. Je voudrais également rappeler que l'ambassadrice américaine à l'Onu Nikki Haley y prend activement la parole, ce qui confirme la légitimité de l'Organisation.

     

    Sur le fond de tous ses propos, nous voudrions qu'on nous explique l'étendue de la légitimité de la menace de la force contre un État souverain. Nous n'évoquons même pas la lutte contre le terrorisme international et la protection de la souveraineté de la Syrie.

    Les Occidentaux refusent obstinément d'écouter les arguments de la Russie qui a appelé à une analyse critique des fake news, tout comme nos informations indiquant que les militaires russes, notamment les médecins et les experts en protection chimique, s'étaient rendus sur les lieux de l'incident prétendu de Douma mais n'avaient trouvé aucune trace de l'utilisation de ces armes ni aucune victime de cette attaque chimique mythique.

    Personne n'a toujours expliqué à la communauté internationale les raisons qui auraient pu pousser le Gouvernement syrien à utiliser les armes chimiques si les combattants restants de Douma étaient déjà bloqués et qu'on négociait les conditions de leur évacuation.

    En même temps, les principaux médias internationaux et les responsables des capitales mondiales gardent silence sur la découverte d'une quantité considérable de substances chimiques dans les dépôts des terroristes dans la partie libérée de la Ghouta orientale, ce qui est un fait réel. Ils ne dévoilent pas non plus le fait qu'on a enregistré depuis le début de l'année quatre cas d'utilisation par les combattants d'armes chimiques contre les positions des troupes gouvernementales près des localités de Sroudj et d'Al-Mchaïrfa.

     

    Ces attaques ont fait plus de 100 blessés parmi les militaires syriens, qui ont été hospitalisés.

    La Russie se prononce pour l'organisation immédiate d'une enquête objective de l'OIAC sur les accusations antisyriennes, qui restent toujours infondées. Nous défendons résolument cette position au Conseil de sécurité de l'Onu. Les militaires russes sont prêts à garantir les conditions de travail des experts sur les lieux en coordination avec le Gouvernement syrien.

    La situation en Syrie a encore été davantage déstabilisée par la frappe aérienne d'Israël contre la base aérienne syrienne T-4, située à 70 kilomètres à l'ouest de Palmyre, dans la nuit du 9 avril. La frappe contre T-4, ou sont stationnés les avions de combat qui participent aux opérations contre Daech à l'est de la Syrie, a coïncidé avec la recrudescence de l'activité des terroristes toujours présents dans la région.

    Washington tient de nouveaux propos militaristes et brandit la menace d'une escalade redoutable. Ses accusations ne concernent pas que Damas mais ciblent également la Fédération de Russie, qui "protège le régime de Damas et est donc responsable de ses crimes". Qui plus est, on entend notamment cela de la bouche du Président américain Donald Trump dont l'une des premières initiatives présidentielles était de lutter contre les fake news, c'est-à-dire contre les informations qui ne veulent pas informer mais désinformer.

     

    Compte tenu de la valeur réelle de ces fakes, on ne comprend pas comment on peut adopter des décisions cruciales concernant l'utilisation de la force contre un État souverain et menacer de recours à la force sur l'arène internationale sans voir le paysage réel des événements.

    Nous appelons tous les membres responsables de la communauté internationale à réfléchir sérieusement aux conséquences éventuelles de ces accusations, de ces menaces et surtout des actions planifiées. Personne n'a mandaté les leaders occidentaux pour qu'ils soient les gendarmes du monde, pas plus que leurs enquêteurs, procureurs ou bourreaux.

    Notre position est parfaitement claire et concrète. Nous ne voulons pas une escalade mais ne soutiendrons pas ces accusations mensongères. Nous espérons que nos partenaires feront preuve d'assez de bon sens pour revenir dans la sphère du droit et résoudre conjointement les problèmes existants comme le prévoit la Charte de l'Onu.

    Sur les déclarations de Tony Blair concernant les activités du Royaume-Uni en Syrie


    Nous avons remarqué les déclarations de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, qui est actuellement "consultant" et ambitionne de "revenir dans la grande politique": il a appelé le gouvernement britannique à se solidariser avec les USA et à lancer une nouvelle campagne militaire au Moyen-Orient. Selon lui, le premier ministre n'a pas besoin de l'approbation des membres du parlement pour frapper la Syrie.

    Nous sommes tous parfaitement au courant du "succès" et de l'"efficacité" de l'autre aventure de Tony Blair dans cette région. Combien de fois les représentants des milieux politiques mondiaux, les économistes, les chefs d'organisations humanitaires et les simples citoyens ont évoqué les conséquences provoquées par l'ouverture de cette "boîte de Pandore".

     

    Les Britanniques eux-mêmes ont dû le reconnaître: en juillet 2016, la commission britannique indépendante sous la direction de sir John Chilcot, qui a enquêté pendant sept ans sur la participation du Royaume-Uni à la campagne militaire en Irak, a annoncé ses conclusions: l'invasion de l'Irak était une "terrible erreur", et la décision du gouvernement de Tony Blair de s'impliquer dans cette aventure était "hâtive" et "basée sur des informations erronées".

     

    Tony Blair lui-même a reconnu que l'invasion de l'Irak avait été décidée "en s'appuyant sur des renseignements erronés", et que les actions de la coalition occidentale avaient contribué de facto à la naissance de Daech.

    Aujourd'hui encore nous cueillons les fruits de la guerre irakienne, l'une des plus sanglantes et épuisantes aussi bien pour la région que pour les pays qui avaient décidé d'intervenir pour "remettre de l'ordre". Je dis "nous" intentionnellement.

     

    La Russie n'a pas participé à cette intervention mais appelait ouvertement le monde à s'opposer à cette invasion, en citant des faits. Malheureusement, la situation a évolué de la manière que l'on connaît. Je répète que l'usage du terme "nous", quand je dis que nous cueillons les fruits de la situation en Irak, y compris nous en Russie, n'est pas un hasard. Le groupe terroriste Daech, contre lequel se bat si vaillamment le monde occidental aujourd'hui, est le fruit de leurs actions, ainsi que de la politique de force maladroite, stupide et illégale vis-à-vis de l'Irak et des pays voisins.

    C'est en Irak que des centaines de milliers d'innocents ont été tués. C'est de ce pays que les citoyens ont dû fuir en grand nombre à la recherche d'une vie meilleure.

    C'est en Irak que les terroristes en tout genre et de tout calibre ont perfectionné leurs techniques inhumaines d'intimidation et d'assassinat de la population. C'est en Irak qu'on a cherché en vain des armes chimiques, en revanche on a détruit toute l'infrastructure du pays et les grands monuments du patrimoine culturel mondial.

    La situation en Irak depuis 2003 est tellement catastrophique que les commentaires sont inutiles.

    Honnêtement, à la place de Tony Blair, un autre politicien, après ce qu'il a fait, aurait honte de sortir dans la rue. Or l'ancien premier ministre se permet même d'exprimer ses idées sur de nouvelles aventures et sur la nécessité de soutenir le recours à la force vis-à-vis d'un autre pays dans la région. Pousser tous les rivaux dans une aventure vouée à l'échec pour ensuite à nouveau faire parler de soi-même sur la scène politique? C'est un bon engagement pour un avenir politique.

    Sur la déclaration de l'Organisation mondiale de la Santé concernant l'"attaque chimique"à Douma

    Mercredi 11 avril, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a diffusé un communiqué concernant l'"utilisation supposée de substances chimiques toxiques à Douma". Il s'avère que la plupart des informations reçues par l'organisation ont été fournies par les fameux Casques blancs et la Société médicale américano-syrienne (SAMS).

    Est-ce que quelqu'un d'entre vous s'est demandé depuis: est-ce une guerre? Après tout, tout a été fait pour que cette décision soit prise. Moins d'une journée après, on découvre comment tout cela a été fabriqué.

    Par un étrange concours de circonstances, quand nous avons essayé de contacter la direction de l'OMS, le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus et son adjoint Peter Salama, cité dans le communiqué, n'étaient pas disponibles pour un commentaire et auraient même été absents de Genève.

    Nous avons seulement réussi à obtenir des collaborateurs de l'OMS des "sources d'information"à partir desquelles la déclaration a été faite. Sachant qu'ils n'ont réussi ni à nommer les fameux "partenaires du secteur de la santé" se trouvant à Douma et ayant un accès direct aux territoires et bâtiments concrets où des attaques chimiques auraient eu lieu, ni à préciser à quels établissements médicaux s'étaient adressés les prétendues 500 victimes, ni à dire qui comptait les prétendues victimes, qui établissait les diagnostics et les causes du décès.

    Bien que les représentants de l'organisation nous aient affirmé que les "sources de l'information méritaient la plus haute confiance" (nous connaissons la valeur de ces sources), nous considérons la déclaration de l'OMS comme une diffusion irresponsable d'informations infondées et sans preuves poussant à de nouvelles actions agressives ceux qui souhaitent attiser le conflit syrien.

    Nous appelons l'OMS à faire preuve d'une plus grande impartialité et à ne pas s'appuyer sur des sources engagées et discréditées dans la préparation de leurs rapports et déclarations, mais sur l'avis d'experts qui ne formulent des conclusions appropriés qu'après un travail sérieux et approfondi.

    Sur le bus de journalistes russes attaqué en Syrie

    Hier, mercredi 11 avril à environ 18:00, un bus de journalistes russes a été attaqué en Syrie. Un correspondant de la chaîne NTV, un cameraman de la chaîne Rossiya 1 et un cameraman de la chaîne Zvezda ont été blessés.

    Les journalistes revenaient à Damas depuis la Ghouta orientale où ils avaient réalisé un reportage sur l'établissement du contrôle de la ville de Douma par les forces gouvernementales syriennes et sur le début du travail des unités de la police militaire russe.

    Selon le Ministère russe de la Défense, l'aide médicale nécessaire a été apportée aux blessés. Leur vie n'était et n'est pas menacée. Selon les dernières informations, ils se sentent bien.

    De tout cœur nous leur souhaitons un prompt rétablissement et leur retour au travail pour que nous puissions effectivement recevoir des informations de Syrie de première main.

     



    Autour de « l'affaire Skripal »

    La campagne médiatique - ou plutôt la guerre - déclenchée par les autorités britanniques contre la Russie avec « l'affaire Skripal » n'est plus un secret pour personne. Toutes les forces et tous les moyens propagandistes ont été mis en œuvre.

    Je pense que nous n'avions pas vu depuis longtemps dans le monde une campagne antirusse si manifestement fabriquée de toutes pièces, de telle envergure et sans scrupule. Les autorités britanniques bafouent les normes du droit international, les principes et les lois de la diplomatie, les règles élémentaires de l'éthique humaine.

    Sur le fond du silence éloquent des organes britanniques compétents sur l'essence de l'affaire et de l'abondance de déclarations et de discours politiques dirigés depuis le début contre la Russie, apparaissent de nouvelles versions des faits, de nombreuses incohérences font surface, des intox et des désinformations flagrantes que personne n'a l'intention de réfuter au niveau des autorités britanniques.

     

    Au contraire, toute cette vaste campagne propagandiste avec l'usage de tous les types de médias s'inscrit parfaitement dans la stratégie antirusse du Royaume-Uni. Les autorités de ce pays ont déployé littéralement une campagne intentionnelle pour déformer la réalité. On comprend parfaitement dans quel but. Si les organes publics et les médias, notamment britanniques, cherchaient vraiment à comprendre les faits, remettaient en question les détails étranges, analysaient les incohérences dont déborde cette affaire, la certitude de la prétendue implication de la Russie ne paraîtrait plus si évidente aux yeux du public européen.

     

    Et tout le monde poserait à Londres la question qui s'impose depuis longtemps: que s'est-il passé à Salisbury?

    Jugez vous-mêmes. Le 4 mars, l'ex-colonel du renseignement russe qui travaillait pour les services britanniques et résidait au Royaume-Uni depuis 2010, qui a purgé une partie de sa peine pour son crime en Russie, délivré de notre plein gré au Royaume-Uni dans le cadre d'un échange d'espions, et sa fille Ioulia, citoyenne russe, résidente permanente de notre pays, ont été, nous dit-on, empoisonnés"en plein jour" dans une ville britannique paisible où tous les voisins se connaissent et remarquent tous les détails, qui n'est pas un centre touristique ou lieu de pèlerinage fréquenté, par l'une des substances chimiques neuro-paralytiques appartenant selon la classification occidentale à la gamme "Novitchok". Depuis 2004, quand Sergueï Skripal a été condamné pour haute trahison, ni en Russie ni après son échange au Royaume-Uni, Moscou, à en juger par les accusations de Londres, n'aurait pas trouvé de meilleure période pour de prétendues "représailles" qu'à une semaine de la présidentielle et à trois mois de la Coupe du monde 2018.

     

    Personne n'a voulu prêter attention à ces faits. En revanche, la Russie a été immédiatement accusée des faits. Les déclarations officielles sont tombées à ce sujet bien avant le début de l'enquête.

     

    Bien évidemment, Moscou en a été écarté depuis le début. Apparemment, ils ont tiré des leçons de l'"affaire Litvinenko" quand la participation initiale de la Russie à l'enquête avait créé des complications "inutiles" pour l'enquête. Le 6 mars déjà, la chaîne BBC avait tracé des parallèles avec cette affaire.

    Dans le reportage du 6 mars, le correspondant de la BBC Gordon Corera a tracé un parallèle avec l'empoisonnement en 2006 au Royaume-Uni de l'ex-agent du FSB Alexandre Litvinenko. Il y a une sérieuse nuance: à l'époque nous avions au moins vu sa photo.

     

    Quant aux Skripal, jusqu'à présent (or cela fait plus d'un mois) personne ne les a vus, il n'y a aucun moyen d'établir un contact avec eux ni pour les médias ni pour les autorités russes, bien que nous ayons envoyé plusieurs notes à Londres pour que cette possibilité nous soit donnée.

    Néanmoins, évidemment, la Russie n'est pas restée à l'écart de la situation. Et si Londres reste parfaitement sourd aux nombreuses requêtes de la Russie sur l'"affaire Skripal" et ne veut pas nous laisser participer à l'enquête, nous devons au moins prendre conscience de l'ampleur de l'incohérence des déclarations et des appréciations des représentants officiels, l'absurdité absolue des incohérences, l'abondance de fuites absurdes. Même après une analyse superficielle des faits et des conclusions, il ne fait aucun doute que tout cela est une provocation planifiée et étrangement mise en œuvre, notamment du point de vue de la logique et de la logistique, contre la Russie.

    Cette affaire a permis d'effectuer un test complet de la nouvelle stratégie de guerre d'information basée sur les fake news incessants et les fuites douteuses. Remarquez la pénurie de déclarations des organes officiels chargés de l'enquête sur cet incident.

    On l'a souvent expliquée par le caractère très confidentiel et secret de l'enquête sous prétexte qu'elle était liée aux intérêts de "sécurité nationale". Mais pourquoi donc alors les médias en tout genre et de tous les niveaux présentaient-ils chaque jour de nouvelles versions des événements en citant des "sources proches de l'enquête"?

    Son caractère n'est donc pas si fermé que cela… Ou les collaborateurs des organes d'enquête britanniques ne connaissent-ils pas le sens du secret d'État? A mon avis, ils savent garder un secret. Les affaires précédentes ont montré que si des informations étaient classifiées, elles l'étaient sérieusement et pour longtemps.

    Nous avons donc toutes les raisons de reprendre notre première supposition selon laquelle ces fuites ont un caractère absolument prémédité. Qui plus est, personne n'a officiellement commenté ces fuites dans les médias malgré leur nombre très important. Il s'agit d'un autre trait caractéristique de cette affaire: le grand nombre de fuites de la part des structures prétendument officielles dans le contexte de l'absence totale de démentis par ces structures.

     

    Pourquoi parlons-nous donc d'une approche tout à fait nouvelle?

     

    Parce que les médias britanniques ont joué le rôle des services de presse des organes publics de cet État. On pourrait l'expliquer par un certain manque de professionnalisme, mais ce n'est pas du tout le cas. Nous savons tous parfaitement comment les Britanniques savent travailler, notamment dans le domaine médiatique. Nous avons constaté les déclarations claires et émotionnelles de la Première Ministre Theresa May au Parlement, les propos extravagants du Ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, y compris dans les médias.

    Mais où étaient les briefings et les conférences de presse des représentants des organes d'enquête qui auraient dû éclaircir un grand nombre d'incohérences et de fuites apparues dans la presse? Il n'y en a pas eu car ils n'étaient pas nécessaires. Il était tout simplement désavantageux pour Londres de mettre les points sur les i - ainsi que tous les signes de ponctuation dans cette phrase très compliquée.

    Le nombre des versions de ces événements présentées par les médias britanniques est en effet impressionnant.

    Le 5 mars, le Salisbury Journal a indiqué que les services d'urgence soupçonnaient un empoisonnement au fentanyl, une substance narcotique opioïde. Le restaurant Zizzi où les Skripal avaient déjeuné a été ceinturé. Le Telegraph a avancé une version similaire. Cet article a été plus tard supprimé mais il est resté dans la mémoire cache de Google. Pourquoi l'a-t-on supprimé? Quelles donnés fallait-il effacer d'urgence?

    Le 6 mars, on ne savait encore rien mais Boris Johnson a annoncé au Parlement de manière préventive que son pays "réagirait fermement"à toute preuve de l'implication de la Russie dans l'incident. La décision était donc déjà prise, tout comme les accusations politiques.

    Le 7 mars, Mark Rowley, chef du département antiterroriste de Scotland Yard, a annoncé que Sergueï et Ioulia Skripal avaient été empoisonnés par une substance neurotoxique. La police n'a pas précisé de quelle substance concrète il s'agissait.

    Le Daily Star a publié le même jour un article indiquant que l'assassin avait injecté lui-même le poison.

    Le 8 mars, Metro a supposé qu'on avait empoisonné la nourriture des Skripal.

    Le 10 mars, on indiquait que l'empoisonnement aurait pu se passer dans le pub Mill ou dans le restaurant Zizzi. On recommandait à ceux qui avaient visité ces établissements le jour de l'empoisonnement de "laver leurs vêtements". Ces recommandations ont été publiées sur le site du gouvernement britannique.

    On parle là d'une contamination possible par l'une des substances les plus dangereuses au monde, et les autorités proposent de laver les vêtements six jours après l'incident!

    Le Daily Mail a cité le même jour une source haut placée indiquant l'empoisonnement possible du bouquet de fleurs laissé par Sergueï Skripal au cimetière.

    Le 11 mars, le journal Express a présenté une nouvelle version des faits concernant un "paquet empoisonné" délivré par un service logistique.

    Le 12 mars, Theresa May a annoncé au Parlement que l'empoisonnement avait été causé par une substance neurotoxique militaire de type Novitchok, conçue, selon elle, en Russie. "Il est désormais clair que monsieur Skripal et sa fille ont été empoisonnés par une substance neurotoxique de combat d'un type conçu en Russie. Elle fait partie du groupe des substances neurotoxiques connues comme Novitchok. Sur la base de l'identification positive de cette substance… à Porton Down et en raison du fait que la Russie a produit cette substance par le passé et a toujours la possibilité de la produire de nouveau, ainsi qu'en tenant compte de tous les assassinats précédents financés par l'État russe et que, selon nos estimations, la Russie considère certains transfuges comme une cible légitime d'assassinat, le gouvernement a conclu que la Russie était très probablement responsable des actions visant Sergueï et Ioulia Skripal…

    Ainsi, il n'existe que deux explications vraisemblables aux événements du 4 mars à Salisbury: soit il s'agit d'une action directe du Gouvernement russe contre notre pays, soit le Gouvernement russe a perdu le contrôle de la prolifération d'une substance neurotoxique très dangereuse qui est tombée entre les mains de tierces personnes".

    Le 13 mars, le Mail online a présenté une nouvelle version des faits selon laquelle la substance toxique aurait été appliquée à la poignée de l'automobile.

    Le 14 mars, Theresa May a officiellement accusé la Russie d'avoir tenté d'assassiner les Skripal.

    Jonathan Allen, ambassadeur par intérim du Royaume-Uni auprès de l'Onu, a également indiqué qu'il n'y avait pas d'autre alternative à la version de la responsabilité russe dans l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille.

    Le 15 mars, un article du Guardian a cité Boris Johnson affirmant que le Gouvernement britannique avait des "preuves abondantes" de l'implication de la Russie dans l'empoisonnement des Skripal. Il n'a toutefois apporté aucune précision.

    Le Telegraph a publié le jour même un article qui citait des sources aux sein des services secrets indiquant que la substance ayant empoisonné Sergueï Skripal se trouvait dans la valise de sa fille. Selon le quotidien, le paquet contenant une substance neurotoxique se trouvait dans le bagage que Ioulia Skripal avait apporté à Salisbury depuis Moscou. On a alors émis l'hypothèse de l'empoisonnement des vêtements, du maquillage ou des cadeaux apportés par Ioulia.

    Le 17 mars, Boris Johnson a annoncé à BBC que l'incident de Salisbury avait été organisé personnellement par le Président russe Vladimir Poutine.

    Le 18 mars, le Daily Star a perpétué les meilleures traditions de science-fiction en supposant que les Skripal auraient pu être empoisonnés par un drone. Le Guardian a souligné le même jour que la substance toxique avait été dispersée à l'aide du système d'aération de l'automobile de Skripal. Je voudrais souligner l'absence totale de démentis de la part des structures publiques britanniques, des organes d'État ou des enquêteurs.

    Le 22 mars, la déclaration finale adoptée à l'issue du sommet de l'UE a confirmé la solidarité de l'Union européenne et souligné l'absence d'explication logique des événements à part celle de l'implication de la Russie.

    Le 28 mars, la police britannique a indiqué que les enquêteurs estimaient que les Skripal étaient probablement entrés en contact avec le Novitchok chez eux: la concentration la plus élevée de la substance toxique avait été enregistrée sur la poignée de la porte d'entrée de la maison de Sergueï Skripal.

    Le 29 mars, la page Twitter officielle du Ministère britannique des Affaires étrangères a accusé la Russie de disséminer de fausses informations en créant de nombreuses versions et théories des événements de Salisbury (c'est donc nous qui avons beaucoup de versions?!).

    Le 1er avril, le tabloïd The Sun a publié un article affirmant que la substance toxique aurait pu être apportée dans un paquet de sarrasin ou de laurier et d'épices que Ioulia Skripal n'avait pas pu prendre avant son vol eu Royaume-Uni et avait demandé à une certaine amie qui devrait se rendre à Londres avec son mari par un autre vol d'apporter. Il s'est avéré plus tard qu'il s'agissait d'un poisson d'avril. Est-ce normal, selon vous, de faire des blagues de ce genre dans cette situation? Ce n'est pas du tout amusant.

    Selon une autre version, le Novitchok aurait été appliqué à une plaquette publicitaire destinée aux Skripal.

    Le 2 avril, un article du New York Times a cité certains "fonctionnaires" et affirmé que l'application d'une substance toxique à la poignée d'une porte (ils ont visiblement préféré cette version) était si "risquée et audacieuse" qu'il s'agissait évidemment d'une affaire de super-professionnels, c'est-à-dire des Russes… Et le fait qu'on ne savait toujours pas si le Président russe Vladimir Poutine avait ou non ordonné personnellement d'éliminer Sergueï Skripal s'expliquait par sa capacité à "dissimuler les informations".

    Le 8 avril, le Sunday Times a publié un article de Boris Johnson indiquant que la Russie avait avancé 29 théories concernant l'empoisonnement des Skripal. Le 4 avril, il a présenté sur Twitter les "justifications" si attendues de la responsabilité de la Russie, accompagnant les fameuses preuves "exhaustives" sous la forme de six images:

    Le laboratoire de Porton Down a identifié la substance comme Novitchok;

    La Russie a étudié les moyens d'appliquer des substances neurotoxiques et disposait d'un stock limité de Novitchok dans le cadre de ce programme;

    La Russie avait un motif pour assassiner Sergueï Skripal.

    La chronologie des événements présentée sur la page Twitter officielle du Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson est assez curieuse. Des messages violents, grossiers et à la limite de l'acceptable concernant la Russie et sa responsabilité dans l'affaire Skripal s'entremêlaient avec des photos gentilles de Boris entouré de gens sympathiques et souriants. Suivis par des monstres en masque portant des moyens de protection chimique. Il s'agit d'une manipulation évidente de l'opinion publique: la Russie "terrible" s'est ingérée dans la vie paisible de l'Angleterre.

    Cette campagne d'information visant à discréditer la Russie demande visiblement beaucoup d'efforts aux politiciens britanniques. On ne sait pas s'ils n'ont plus assez d'arguments ou s'ils font face à une crise de nerfs.

     

    Citons par exemple la querelle de Boris Johnson avec le leader des travaillistes Jeremy Corbin, qui a accusé le Ministre d'induire en erreur l'opinion publique britannique par son interprétation trop libre des conclusions des experts de Porton Down. Boris Johnson a annoncé en réponse que le chef du Parti travailliste "soutenait le Kremlin" et "rendait sa propagande plus convaincante". Il est même allé plus loin en considérant Jeremy Corbin comme un "idiot utile du Kremlin". Il l'a fait pour qu'aucune force politique et aucun média du pays n'aient envie d'appeler à la raison et de mener enfin une enquête normale. Si l'on dit des choses de ce genre aux politiciens, de quelle manière de communiquer avec les médias peut-on parler?

    La thèse principale de cette polyphonie médiatique réside dans le fait que la position officielle britannique sur cette question n'exige aucune preuve et qu'il faut tout simplement lui faire confiance. C'est exactement la réponse des diplomates britanniques aux questions de leurs collègues concernant la présentation des preuves.

    Ils regardent leurs interlocuteurs dans les yeux et demandent: comment pouvez-vous ne pas nous faire confiance?

    Les insinuations sur l'origine du Novitchok méritent une mention spéciale. Comme nous l'avons déjà indiqué, Theresa May a pour la première fois annoncé l'utilisation de cette substance concrète le 12 mars. Personne n'a mis en doute cette affirmation depuis, malgré les nombreux appels russes à éclaircir la situation ou au moins à débattre des informations sur l'origine russe de la substance.

    A suivre…

    Merci Sayed Asan

     

    Source et Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    https://vimeo.com/264772611


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     Syrie  

    Par Antoine de Lacoste

     

    Que reste-t-il de Daesh en Syrie ?

     

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    L’Etat islamique est vaincu. Il a subi des pertes considérables et de nombreux volontaires venus de pays étrangers sont repartis. Certains vers leurs pays d’origine, d’autres vers de nouveaux points de conflits : Afghanistan, Mali, Libye.

     

    Ceux qui sont encore présents en Syrie tiennent quelques poches d’où ils parviennent à mener des raids meurtriers.

     

    La plus emblématique, et la plus restreinte, est celle de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas.

     

    A  l’origine c’est un camp de réfugiés palestiniens.

    Lorsque ces derniers ont été chassés de leurs terres en 1948, plusieurs dizaines de milliers ont trouvé refuge là. Au fil des décennies il est devenu une vraie ville comptant 250 000 habitants.

     

     

    Yarmouk a vu de nombreux combats depuis 2011 entre Palestiniens, islamistes et armée syrienne. Finalement, en 2015, c’est Daesh qui l’a emporté contre Al Nosra et les islamistes palestiniens, l’armée syrienne ne tenant plus qu’une partie du camp aidée par des palestiniens loyalistes.

     

     

    Depuis, c’était le statu quo. Il a été rompu lors de l’attaque syrienne contre la Ghouta. Daesh a profité du relâchement de l’armée dans son secteur pour attaquer de nouveaux quartiers faisant plusieurs victimes et étendant son territoire.

     

     

    Maintenant que la Ghouta a été vaincue, la reconquête de Yarmouk est à l’ordre du jour. Des troupes ont été déployées à proximité depuis quelques jours et seront épaulées par des Palestiniens bien décidés à prendre leur revanche.

     

    Ce ne sera pas facile tant le réseau de tunnels creusés par Daesh est dense et profond.

     

    Tout en pilonnant les positions islamistes depuis le 21 avril, Damas a ouvert des négociations afin d’obtenir une évacuation qui lui éviterait de lourdes pertes.

     

    Le deuxième territoire tenu par Daesh est plus vaste et plus mouvant. Il se situe tout à fait à l’est, à la frontière avec l’Irak.

     

    C’est une zone désertique, mais le terrain y est accidenté, permettant les caches. Nous sommes à l’est de l’Euphrate, là où l’armée américaine s’est installée avec ses alliés kurdes.

     

    Cela permettait aux Américains de combattre Daesh et de mettre la main sur les puits de pétrole syriens…

     

    Mais depuis que les Turcs ont attaqué les Kurdes à Affrine, ceux-ci, mécontents du lâchage des Américains, ont, pour beaucoup, quitté la région et rejoint leurs frères dans le nord afin les aider en cas de nouvelle attaque turques.

     

    La lutte contre Daesh a donc quasiment cessé, lui permettant de se réorganiser et de se déplacer à cheval sur les deux frontières.

     

    Malgré cela, les Américains interdisent toujours à l’armée syrienne de passer l’Euphrate pour le plus grand bonheur de Daesh qui s’est même permis une attaque éclair contre la ville de Mayadin il a quelques jours.

     

    Quelques centaines de combattants de Daesh se déplacent également dans le désert entre Palmyre et Mayadin, sans constituer un réel danger pour l’instant.

     

    L’Etat islamique constitue donc encore une menace et la libération de Yarmouk est donc incontournable. 

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    27.avril.2018 // Les Crises
     

    Syrie : après les ratés de l’armée française, “il y a une crise de crédibilité”

     

    Source : TV5 Monde, Antoine Fonteneau, 23.04.2018

    Ces tirs de missiles devaient faire entrer la France dans un cercle très fermé : celui des fabricants de MdCN (missiles de croisière navale).

    Mais les lancements de ces armes flambant-neuves vers la Syrie ont connu plusieurs ratés. Un signal “assez inquiétant” selon le journaliste Jean-Marc Tanguy.

    Pour lui, les négociations commerciales pour exporter les missiles français vont sérieusement se compliquer.

     

     

    Entretien avec Jean-Marc Tanguy, grand reporter à Raids Aviation, spécialiste des questions de Défense, réalisé le 22 avril 2018 :

    -TV5MONDE : Que s’est-il passé selon vos informations pendant l’opération Hamilton dans la nuit du 13 au 14 avril, lors des tirs de missiles de la France vers des sites chimiques syriens ?

     

    – Jean-Marc Tanguy : Deux types d’événements. Dans les airs, l’un des cinq avions Rafale en opération n’a pas tiré l’un de ses missiles par précaution. Il y a eu un imprévu lors du test effectué avant le largage. Finalement, le missile a été largué manuellement au dessus de la mer, comme le prévoit la procédure.

    Ce qui était moins prévu par la procédure, c’est ce qui s’est passé en mer, à bord de frégates multimissions (FREMM) de la Marine française.

    La première frégate, l’Aquitaine, n’a pas pu tirer ses missiles, puis sa doublure non plus.

    C’est donc la dernière frégate, celle de réserve, la Languedoc, qui a pu enfin tirer trois missiles de croisières navales.

    C’est un raté puisque c’était le premier tir opérationnel de ces nouveaux missiles de croisière navale (MdCN).

     

    -Ces ratés peuvent-il porter un lourd préjudice à l’image de l’armement de fabrication française ?

     

     

    – J-M. T. : Très clairement , il y a une crise de crédibilité. On ne sait pas à ce stade ce qui est en cause : est-ce que c’est le missile, la frégate qui porte le missile ou la relation entre la frégate et le missile via ce qu’on appelle le système de combat ?

    Tout cela est assez inquiétant et la seule réponse du ministère des Armées n’est pas satisfaisante puisqu’il oppose le secret défense.

    Or, ni le citoyen/contribuable français, ni les clients exports ne vont apprécier ce genre de réponse.

     

    – Précisement, est-ce que ces ratés peuvent handicaper les ventes de ces nouveaux missiles français à l’exportation ?

    – J-M. T. : Le missile de croisière navale (MdCN) était un élement différenciant des offres commerciales françaises à plusieurs pays. Notamment à la Pologne, où la France tente de placer des sous-marins face à l’Allemagne. Et l’Allemagne n’a pas d’équivalent du MdCN tiré depuis un sous-marin.

    Donc c’était un peu la botte secrète de Naval Group [NDLR : groupe industriel français, fabricant des frégates concernées] en Pologne. Cette proposition française sortait du lot, dans la mesure où Paris pouvait offrir à la fois des sous-marins performants et des MdCN qui étaient présentés comme performants.

    Comme la ministre de la Défense ne souhaite pas s’exprimer, il est évident que ça va compliquer un peu la prospection commerciale.

    Il se trouve que pour l’instant, avec ce rideau de secret autour des ratés de l’opération Hamilton, il est vraisemblable que les Polonais ne vont pas considérer que le MdCN est l’élément différenciant que Paris met en avant.

    A un moment, il faudra une explication de texte de la part de la ministre des Armées mais entre temps, la crédibilité aura été perdue.

     

    Source : TV5 Monde, Antoine Fonteneau, 23.04.2018


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    28 avril 2018
    L'implication des forces de l'OTAN dans la guerre du Donbass: Opération UNIFIER
    Il est courant d'entendre parler de l'aide apportée par les pays de l'OTAN à l'armée ukrainienne, bien que l'Ukraine ne fasse pas partie de l'OTAN, bien qu'elle ait un conflit ouvert sur son territoire. Une aide en fournitures, vêtements, formation.
     
    Mais l'armée de DNR vient d'accuser les formateurs de l'OTAN d'avoir participé au tir à l'artillerie sur la ville de Yacinovataya. Il semblerait que beaucoup de lignes rouges soient franchies ces derniers temps ...
     
     
    Selon la Convention sur le Statut de l'OTAN, cette organisation bénéficie d'avantages impressionnants. Inviolabilité des locaux et des correspondances, ainsi que de tout document.
    Immunité des personnes, mais également des experts qui travaillent ponctuellement auprès de l'OTAN sur des missions concrètes. Interdiction de contrôle ou de réglementation concernant les fonds de l'organisation et leur circulation à l'intérieur des pays de l'OTAN.
     
    Exonération d'impôts, de taxes et de droits de douanes sur ces avoirs et revenus, également fonciers. Bref, l'OTAN est une entreprise qui marche, qui veut être un Etat dans l'Etat, avec ses règles qui ne peuvent relever de la juridiction nationale. Une super-structure qui suit ses règles et ses intérêts.
     
    C'est alors que l'on apprend qu'avec d'autres pays de l'OTAN, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne par exemple, le Canada est très actif en Ukraine. Dans le cadre d'un programme lancé après le Maïdan, qui s'appelle Opération UNIFIER:
    L’opération UNIFIER constitue la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les forces armées ukrainiennes en Ukraine. Cette opération vise principalement à leur offrir de l’aide en matière d’instruction militaire.
     
    Cela les aidera à améliorer et à établir leur capacité militaire. Les FAC coordonnent leur instruction avec celle offerte par les États‑Unis et par d’autres pays qui aident de la même façon. L’instruction militaire s’inscrit dans le soutien global du Canada à l’Ukraine. (...)
     
     L’intention est d’aider l’Ukraine à demeurer souverain, sécuritaire et stable.
    L'implication politique n'est pas cachée. Et sur Twitter, ces forces canadiennes sont très fières et très actives. L'on trouve ainsi le compte du Lieutenant-Colonel Fraser Auld. Cet individu a un parcours intéressant:
    His extra-Regimental postings have included tank and recce Tactics Instructor at the Armour School, Task Force Kandahar Tactical Plans Officer in Afghanistan, Base Operations Officer in Petawawa, Executive Assistant to the Deputy Commanding General of the NATO Training Mission in Afghanistan, and Director of Army Staff 2 at Canadian Army Headquarters.

    Lieutenant-Colonel Auld has deployed on four operational tours: in 2001 as a Reconnaissance Troop Leader in Bosnia-Herzegovina; in 2005 as the Second-in-Command of the Reconnaissance Squadron assigned to NATO’s Kabul Multi-National Brigade; in 2008-09 with Task Force Kandahar; and, in 2012-13 with the NATO Training Mission in Afghanistan.

     

    Sur son compte twitter, l'on trouve beaucoup d'informations. Ainsi, ces officiers canadiens participent à la mise aux normes de l'OTAN des champs de tirs. Pour un pays, je le rappelle qui ne fait pas partie de l'OTAN et a un conflit ouvert sur son territoire:
    Notre équipe travaillait pour s'assurer que les champs de tirs étaient sûres, avaient du succès et étaient au standards de pour les forces armées d’Ukraine.
    En commençant avec les compétences de base, nous nous assurons que les manœuvres complexes se dérouleront bien.
     
    Exemple parmi d'autres. Mais qui prend un relief particulier, lorsque l'on apprend que lors de manœuvres encadrées par des officiers de l'OTAN, des tirs d'artillerie ont touché la ville de Yacinovataya.
     
    Edouard Bassourine, vice-commandant des forces militaires de DNR, a accusé les forces de l'OTAN d'avoir utilisé l'artillerie de calibre 120 et 82 mm contre le village lors de la formation au tirs des soldats ukrainiens sur du matériel de tir AN/TPQ fourni par les Etats-Unis.
     
    Par ailleurs, ces complexes d'artilleries sont déjà installés non loin de Donetsk, sur les toits de plusieurs immeubles (civils) dans la petite ville de Avdeevka.
     
     
    Est-ce la manière dont le Canada envisage la protection de la souveraineté ukrainienne?
     
    Nous sommes assez loin des normes éthiques, morales, de la défense des valeurs démocratiques qui sont censées être les valeurs fondatrices de l'OTAN, cette volonté soi-disant marquée - tout au moins affichée - de privilégier le règlement pacifique des conflit. 
     
    La voie démocratique de l'Ukraine passe-t-elle par les tirs d'artillerie coordonnés par les soldats de l'OTAN contre les villes du Donbass?
     

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    L’image qui a trompé le monde


    Par Thomas Deichmann – Le 12 juillet 2015 –

     

    Source Serbian FBReporter

    La photo qui est apparu dans plusieurs tabloïds reproduits sur la page de garde est celle de Fikret Alic, un musulman bosniaque.

     

    Émacié et dénudé jusqu’à la taille, il semble apparemment emprisonné derrière une clôture de barbelés dans un camp des Serbes de Bosnie à Trnopolje.

     

    La photo a été prise à partir d’une bande vidéo réalisée le 5 août 1992 par une équipe de télévision britannique, primée, dirigée par Penny Marshall d’ITN.

     

    Marshall était accompagnée de son caméraman Jeremy Irvin, de Ian Williams de Channel 4 et du journaliste Ed Vulliamy du journal The Guardian.

    Pour beaucoup, cette image est devenue un symbole des horreurs de la guerre de Bosnie − « Belsen ’92’ », comme un journal britannique a sous-titré la photographie. 1. Mais cette image est trompeuse.

     

    Le fait est que Fikret Alic et ses compatriotes musulmans bosniaques n’ont pas été emprisonnés derrière une clôture de barbelés.

     

    Il n’y avait pas de barbelés autour du camp de Trnopolje.

     

    Ce n’était pas une prison, et certainement pas un « camp de concentration », mais un centre de transit pour les réfugiés.

     

    Beaucoup y sont allés à la recherche de sécurité et pouvaient repartir s’ils le souhaitaient.

     

     

    Les barbelés sur la photo ne sont pas autour des musulmans bosniaques, MAIS autour du caméraman et des journalistes.

     

    Ils faisaient partie d’une clôture en fil de fer barbelé qui entourait une petite enceinte située à côté du camp de Trnopolje. L’équipe de presse britannique a filmé de l’intérieur de ce complexe, filmant les réfugiés et le camp à travers la clôture.

     

    Aux yeux de ceux qui les ont vues, les images qui en ont résulté ont laissé la fausse impression que les musulmans de Bosnie étaient enfermés derrière des barbelés.

     

    Plan du site de Trnopolje, basé sur la photo satellite américaine, 2 août 1992, trois jours avant l’arrivée des journalistes britanniques.

     

     

    Quelles qu’aient pu être les intentions de l’équipe de presse britannique, leurs images ont été vues dans le monde comme la première preuve tangible des camps de concentration en Bosnie.

     

    « La preuve : derrière les barbelés, la vérité brutale sur la souffrance en Bosnie », annonçait le Daily Mailà côté d’une reproduction en première page de l’image de Trnopolje :

    « Voici le genre de scènes qui scintillent dans les films en noir et blanc sur les camps de concentration nazis il y a cinquante ans. »2 À l’occasion du premier anniversaire des photos, un article de The Independent pouvait encore utiliser les barbelés pour faire le lien avec les Nazis :

    « La caméra remonte lentement le long des os du torse du prisonnier.

     

    C’est l’image de la famine, mais ensuite nous voyons les barbelés contre sa poitrine et c’est l’image de l’Holocauste et des camps de concentration. »3

    Penny Marshall, Ian Williams et Ed Vulliamy n’ont jamais parlé de camp de concentration concernant Trnopolje.

     

     

    Ce texte est une traduction éditée d’un article paru dans le magazine allemand Novo, numéro de janvier/février 1997.

     

    Il a ensuite été publié en anglais dans le magazine britannique Living Marxism, numéro 97, février 1997.

     

    La chaîne de télévision britannique ITN a intenté un procès pour empêcher LM de publier l’article, demandant à son éditeur de retirer le numéro et de pulvériser chaque copie.

     

    LM fait maintenant face à une bataille juridique coûteuse pour insister sur son droit de publier la vérité.

     

     

    Thomas Deichmann est un journaliste indépendant qui écrit régulièrement pour le magazine allemand Novo.

     

     

     

    Source et Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

     

     

    Notes

     
    1. Daily Mirror, 7 août 1992 ↩
    2. Daily Mail, 7 août 1992 ↩
    3. Independent, 5 août 1993 ↩

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    5.mai.2018 // Les Crises
     

    La russophobie et la nouvelle Guerre froide, par Stephen F. Cohen

     

    Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 04-04-2018

     

    Stephen F. Cohen, professeur émérite d’études et de politique russes à NYU [New York University] et à Princeton, et John Batchelor poursuivent leurs discussions (habituellement) hebdomadaires sur la nouvelle Guerre froide entre les États-Unis et la Russie.

    (Les épisodes précédents, qui en sont maintenant à leur cinquième année, se trouvent sur TheNation.com.)

     

    Cohen a déjà expliqué pourquoi la nouvelle Guerre froide est potentiellement encore plus dangereuse que la précédente d’il y a 40 ans, citant des facteurs tels que la présence de l’épicentre politique aux frontières de la Russie, l’absence d’un code de conduite mutuel et la diabolisation sans précédent du dirigeant du Kremlin.

     

    Il n’avait pas beaucoup étudié le rôle de la russophobie parce qu’il pensait qu’elle n’avait pas été un facteur causal important, contrairement à l’anticommunisme, dans la précédente, se rappelant un épisode dans sa propre famille et, plus important encore, les paroles de George Kennan, l’architecte de l’endiguement, en 1951, sur le peuple russe : « Donnez-leur du temps, laissez-les être russes, laissez-les résoudre leurs problèmes internes à leur manière… vers la dignité et la sagesse dans le gouvernement ».

     

    Mais les déclarations russophobes frappantes de l’ancien chef des services de renseignements américains en 2017 ont amené Cohen à reconsidérer ce facteur : le directeur du renseignement national, James Clapper, qui a déclaré sur la chaîne de télévision nationale NBC, « les Russes, qui sont typiquement presque génétiquement poussés à récupérer, conquérir, gagner des faveurs » ; et le directeur de la CIA, John Brennan, qui a averti que les Russes « essaient de suborner des individus et qu’ils essaient d’amener des individus, y compris des citoyens américains, à agir en leur nom, volontairement ou non…

     

    Souvent, les individus qui empruntent le chemin de la trahison ne s’en rendent compte que lorsqu’il est trop tard ». L’ancien directeur du FBI James Comey a ajouté : « Ils en ont après l’Amérique».

     

    Et le sénateur John McCain a souvent cité la Russie comme étant « une station-service déguisée en pays ». De tels commentaires de la part de hauts responsables du renseignement, dont la profession exige une objectivité rigoureuse, et de personnalités politiques influentes, ont poussé Cohen à rechercher d’autres déclarations de ce genre de la part de leaders d’opinion et de publications. Il ne donne que quelques uns des nombreux exemples représentatifs.

    • L’élection présidentielle de mars, une sorte de référendum sur ses 18 ans à la tête du pays, a donné à Vladimir Poutine un appui retentissant, près de 77 %. L’élection a été largement caractérisée par les principaux médias américains comme une « imposture », ce qui dénigre, bien sûr, l’intégrité des électeurs russes. En effet, un fervent de la diabolisation de Poutine avait auparavant qualifié l’opinion publique russe « d’opinion de foule».
    • Un rédacteur de Rolling Stone va plus loin, expliquant que les « experts de la Russie » réfléchissent « beaucoup à ce qui passe pour la société civile dans la Russie moderne qui est, en fait, contrôlée par Poutine ». La société civile signifie, bien sûr, tous les groupes et associations non étatiques, c’est-à-dire la société elle-même.
    • On peut lire dans un récent éditorial du Washington Post ce qui suit : « Est-ce un crime d’adorer Dieu ? Selon la Russie, oui ». Il s’agit d’un pays où l’Église orthodoxe est florissante et où les Juifs sont plus libres qu’ils ne l’ont jamais été dans l’histoire de la Russie.
    • Un chroniqueur sportif du Washington Post, se référant à des accusations de dopage, qui pourraient s’effondrer, qualifie les médaillés russes de 2018 de représentants d’une « nation honteuse».
    • Un chroniqueur du New York Timesapprouve un chroniqueur du Post, un expert sur la Russie, pour avoir affirmé que « la Russie de Poutine » est « une puissance anti-occidentale avec une vision différente et plus sombre de la politique mondiale… [une] puissance violant les normes ».
    • Selon un expert de longue date de Fox Russia, qui a récemment démissionné, Poutine se comporte comme il le fait « parce qu’ils sont Russes».
    • Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des caricatures médiatiques omniprésentes qui dépeignent la Russie comme un ours menaçant et vorace.

    Comment expliquer cette russophobie omniprésente ?

     

    Trois livres importants mais peu remarqués fournissent beaucoup de recul historique et d’analyses utiles : The American Mission andthe « Evil Empire » [la mission de l’Amérique et « l’empire du Mal », NdT], de David S. Foglesong ; Russophobia d’Andrei P. Tsygankov ; et, plus récemment, de Guy Mettan Creating Russophobia [créer la russophobie, NdT], qui l’assimile à une « folie anti-russe ». Ils examinent de nombreux facteurs : les peuples ethniques (maintenant des États indépendants avec de grandes diasporas) avec des griefs historiques contre les empires tsaristes et soviétiques ; les évolutions historiques à partir du 19e siècle ; les besoins budgétaires du complexe militaro-industriel américain actuel d’un « ennemi » depuis la fin de l’Union soviétique ; d’autres lobbies anti-russes actuels aux États-Unis et l’absence de lobbies pro-russes ; ainsi que d’autres facteurs explicatifs.

     

    Tous doivent être pris en compte, mais pour Cohen, trois choses sont certaines : Les attitudes russes envers l’Amérique ne sont pas historiquement ou génétiquement prédéterminées, comme en témoigne la « Gorbymania » qui a balayé les États-Unis à la fin des années 1980 lorsque le président russe Mikhaïl Gorbatchev et le président américain Ronald Reagan ont tenté de mettre fin à la précédente Guerre froide ; la diabolisation extraordinaire de Poutine s’est associée à la Russie ; et la russophobie des élites politiques et des médias américains – bien moins parmi les citoyens ordinaires – est un autre facteur qui a rendu la nouvelle Guerre froide beaucoup plus dangereuse.

     

    Stephen F. Cohen est professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à l’Université de Princeton et rédacteur en chef de The Nation.

    Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 04-04-2018

     

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

    https://www.les-crises.fr


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    5 mai 2018
    Les États-Unis fomenteraient un nouveau conflit au Proche-Orient

    Face à l’affaiblissement des positions de leurs alliés en Syrie, les États-Unis tentent de mobiliser les restes dispersés des groupes radicaux et incitent les pays de la région à un nouveau conflit militaire au Proche-Orient, selon Hamide Yigit, l’experte turque qui a parlé à Sputnik.

    Dans un entretien à Sputnik Hamide Yigit, politologue turque et auteur de plusieurs études sur les crises au Proche-Orient, a signalé que Washington qui n'avait obtenu en Syrie aucun succès militaire tangible faisait feu de tout bois pour se maintenir dans la région.

    «Au fur et à mesure de l'affaiblissement des positions des pays occidentaux en Syrie, ils font appel à des stratégies différentes pour se maintenir dans la région.

    En témoignent la récente attaque conjointe menée contre la Syrie par lesÉtats-Unis, la France et le Royaume-Uni et leurs tentatives pour étendre leur présence sur le territoire syrien.

    Le message qu'ils avaient adressé à Damas par leur attaque était plutôt destiné à l'Iran et à la Russie.

    Il est notoire que pour jouer un rôle déterminant dans le règlement du conflit syrien, il faut avoir des positions fortes sur le théâtre des opérations militaires. Face aux importants récents succès des forces gouvernementales syriennes sur plusieurs fronts, les forces occidentales, plus particulièrement les États-Unis, doivent entreprendre quelque chose pour renforcer leurs positions.

    Ils veulent avoir un atout de poids et les mesures dirigées contre l'Iran peuvent être interprétées à partir de ce point de vue», a noté l'experte turque.

    Elle a signalé que dans l'ordre du jour régional, la menace de Daech* avait reculé au second plan et que les tensions entre les États-Unis et leurs alliés, d'une part, et l'Iran, de l'autre, apparaissaient sur le devant de la scène.

     

    «Si dans les débats précédents des Occidentaux et de leurs alliés sur la situation dans la région Daech* a été désigné comme la menace principale, à l'heure actuelle le "facteur iranien" est mis toujours plus activement au premier plan. Israël en parle constamment…

    Les Américains ont besoin d'étendre leurs positions à Raqqa et à Deir ez-Zor, notamment à l'est de l'Euphrate car le début d'une opération syrienne d'envergure dans cette région menacera la base américaine d'al-Tanf. Les États-Unis se rendent toujours mieux compte du rapprochement de cette menace.

    L'armée syrienne a déjà placé sous son contrôle plusieurs régions à Deir ez-Zor ce qui a provoqué une réaction immédiate de la part d'Israël: selon certaines informations, une attaque a été menée contre les forces iraniennes déployées dans une base militaire dans le nord de Homs.

     

    Cela permet de parler d'une agression directe contre l'Iran.

    Dès que les positions des alliés occidentaux en Syrie commencent à faiblir, les États-Unis font appel à leur rhétorique favorite incitant les pays de la région à un nouveau conflit et Israël organise une démonstration de force en effectuant des frappes ciblées», a expliqué Hamide Yigit.

     

    Elle a cependant déploré que les conséquences de cette politique de l'Occident et de leurs alliés seraient supportées par la population de la région.

    «Les États-Unis, qui jouent le rôle d'occupants sur le territoire syrien, souhaitent consolider leur présence et étendre leur sphère d'influence dans le nord de la Syrie.

    Des sources locales parlent de la probabilité du début prochain d'une importante opération des forces gouvernementales syrienne.

    Dans cette situation les États-Unis ne participeront pas directement aux combats, préférant confier la mission aux membres, peu nombreux d'ailleurs, des groupes radicaux et aux forces armées de pays régionaux qui subiront des pertes réelles en cas de combats acharnés.

    Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni envoient leurs forces en Syrie avec un grand enthousiasme, cherchant à montrer qu'ils sont les acteurs dont dépend le rapport des forces, mais en fin de compte les conséquences en seront supportées par les pays de la région.

    À mon avis, les actions des forces occidentales s'inscrivent dans la tactique visant à réunir les groupes djihadistes dispersés qui ont perdu leurs positions et les préparer à un nouveau conflit dans la région», a conclu Hamide Yigit.

    source


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    Discours du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine lors de la cérémonie de son investiture — Moscou, le 7 mai 2018

    Traduit par l'Ambassade de Russie au Sénégal


    https://www.dailymotion.com/video/x6j47f2

    Activer les sous-titres français dans le menu en haut à droite


    Transcription :

     

    Chers citoyens russes, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

    Je salue tous les citoyens de notre grande Patrie et tous nos concitoyens résidant à l'étranger, tous ceux qui regardent ou écoutent la retransmission de cette cérémonie solennelle, tous ceux qui sont présents ici, dans les salles historiques du Kremlin et sur la place déjà ancienne des Cathédrales.

    En ces instants, alors que je prends mes fonctions de Président de la Russie, je mesure avec gravité la responsabilité colossale qui est la mienne envers chacun d'entre vous, envers tout notre peuple multiethnique, envers la Russie, pays de victoires et de réalisations grandioses, envers l'histoire millénaire de l'État russe et envers nos ancêtres. Leur courage, leur travail inlassable, leur unité invincible, leur attachement sacré à leur terre natale sont un exemple éternel de dévouement à la Patrie.

    J'estime que mon devoir et le sens de toute ma vie sont de tout faire pour la Russie, pour son présent et son avenir, paisible et prospère, pour la protection et la continuité de l'existence de notre grand peuple, pour le bien-être de chaque foyer russe. Je vous assure que le sens de ma vie et de mon travail est encore et toujours d'être au service du peuple et de la patrie. C'est pour moi primordial.

    De tout mon cœur, je vous remercie, citoyens de la Russie, pour votre cohésion, pour votre foi en ce que nous pouvons faire évoluer beaucoup de choses en mieux.

     

    Je voudrais encore une fois vous remercier et vous dire merci pour le soutien sincère que vous, citoyens de la Russie, m'avez accordé lors des élections du Président de notre pays. Je le considère comme un énorme capital politique et un solide appui moral.

    Ce soutien est plein l'espoir et de la foi en ce que la Russie continuera à renforcer sa puissance et que ses habitants vivront mieux.

    Ce soutien est également fondamental pour défendre nos positions sur la scène internationale et pour agir de manière résolue pour parvenir à des changements profonds, positifs à l'intérieur de notre pays.

    La Russie doit être moderne et dynamique, doit être prête à relever avec audace les défis de notre temps, à y répondre d'une façon tout aussi énergique afin de renforcer progressivement notre leadership dans les domaines qui constituent traditionnellement notre force et à travailler avec assurance et patience, en faisant preuve de volonté commune, là où nous devons encore obtenir les résultats qu'il nous faut, là où ce qui a été fait est de toute évidence encore insuffisant.

    Avancer n'est jamais facile, c'est toujours une quête compliquée. Mais il y a certaines choses que l'histoire ne pardonne jamais : l'indifférence, l'inconséquence, la faiblesse et l'optimisme béat. Surtout aujourd'hui où nous vivons une période charnière, une époque de changements tourmentés partout dans le monde.

    Les tâches qu'il nous faudra accomplir, les décisions urgentes qu'il nous faudra prendre, sont, sans exagération aucune, historiques. Elles orienteront le destin de la patrie pour les décennies à venir.

     

    Il nous incombe de produire un travail acharné qui nécessitera la participation de la société russe dans son ensemble, une contribution active de chacun d'entre nous, de toutes les forces du monde de la politique et de la société civile responsables unies par une préoccupation sincère de l'avenir de la Russie.

    Il nous faut faire des percées dans tous les domaines. Je suis fondamentalement convaincu que de tels progrès ne peuvent être accomplis que par une société libre qui accepte tout ce qui est nouveau et offre des perspective, et qui rejette l'injustice, l'immobilisme, le conservatisme profond et la nécrose bureaucratique — tout ce qui entrave le développement de chacun, l'empêche de s'épanouir pleinement, de se réaliser, de trouver un champ d'application à ses talents et, donc, qui freine l'élan vers l'avenir de tout notre pays.



    Chers amis ! Cette année nous célébrerons le 25e anniversaire de la Constitution de la Fédération de Russie. Elle a souligné la valeur inconditionnelle, la primauté des droits et libertés civils. C'est dans l'unité harmonieuse d'un citoyen libre, d'une société civile responsable et d'un État puissant, agissant, démocratique que je vois les bases solides du développement de la Russie.

    Nous avons résolu des problèmes économiques et sociaux extrêmement difficiles, nous nous sommes rendus compte qu'en évoluant ensemble avec le monde nous ne pouvions pas nous couper de nos racines ni renoncer à notre histoire et à notre culture multiethnique. Nous avons compris que toute notre beauté et toute notre force se trouvaient dans notre identité et notre cohésion.

    Nous avons appris à défendre nos intérêts, nous avons restauré la fierté pour la Patrie, pour nos valeurs traditionnelles.

     

    L'expérience que nous avons acquise montre qu'aujourd'hui encore nous devons préserver nos acquis et, sur cette base, aller évidemment seulement de l'avant.

    Nous devons bien sûr accompagner les changements que connaît le monde, décider de l'agenda de notre développement spectaculaire afin qu'aucun obstacle et qu'aucune circonstance ne puissent nous empêcher de déterminer par nous-mêmes et seulement par nous-mêmes notre avenir, de réaliser nos projets et rêves les plus audacieux.

    Nous sommes toujours ouverts au dialogue. Avec nos partenaires, nous allons promouvoir des projets d'intégration, renforcer nos liens économiques, humanitaires, culturels, scientifiques. Nous prônons une coopération sur un pied d'égalité, mutuellement avantageuse, avec tous les États dans l'intérêt de la paix et de la stabilité sur notre planète.

    La Russie est un acteur fort, actif et influent sur la scène internationale. La sécurité et les capacités de défense de notre pays sont assurément garanties. Nous continuerons à accorder à ces questions toute l'attention qu'elles méritent.

    Nous devons mettre aujourd'hui en œuvre toutes les possibilités, en premier lieu pour atteindre les objectifs les plus urgents du développement intérieur de notre pays, pour réaliser une percée économique, technologique, pour élever notre degré de compétitivité dans les domaines qui déterminent l'avenir.

     

    Une nouvelle qualité de vie, le bien-être, la sécurité, la santé des habitants de notre pays, c'est là l'essentiel et c'est ce qui est au cœur de notre politique. Notre objectif est une Russie pour tous ceux qui la composent, un pays qui offrirait à tout un chacun la possibilité de réaliser son potentiel.

    Je suis profondément convaincu que les grands objectifs qui concernent la vie du pays à l'échelle nationale et la vie quotidienne de ses habitants sont fortement liés.

    Ce n'est qu'ainsi qu'il est possible de réunir les conditions sine qua non de l'édification et du développement et, ce qui est très important, de créer l'atmosphère de responsabilité réciproque, de soutien et de confiance à l'intérieur de la société.

    Chacun doit comprendre que notre participation active à la vie du pays est nécessaire pour produire l'énergie du renouveau, que personne ne fera ce travail à notre place, que nous, citoyens de la Russie, sommes la force motrice des réformes. Plus nombreux seront ceux, quels que soient leurs profession, statut social et niveau de prérogatives, qui prendront conscience de leur rôle dans l'amélioration de la vie, et plus nous avancerons de manière dynamique et efficace.

    Les autorités, au niveau local comme national, ont une responsabilité particulière. Les administrés voudraient à juste titre que leurs problèmes et soucis soient réglés sans atermoiements, que leurs initiatives, réclamations et exigences soient prises en compte avec toute l'attention qu'elles méritent, que la réputation, l'honneur, la compréhension, l'ouverture deviennent la norme de conduite des représentants à tous les échelons du pouvoir.

    Nous devons élargir l'espace de liberté pour les entrepreneurs et les scientifiques, pour les milieux artistiques, pour les citoyens actifs, pour tous ceux qui ne sont pas indifférents et aspirent au renouveau. C'est là, à mon avis, le préalable à notre stratégie et au développement stable de la Russie.

     

    J'espère que de nouvelles idées seront avancées, que nos jeunes feront preuve d'audace et seront capables de conduire les réformes, qu'ils seront fidèles aux valeurs de vérité et d'équité respectées pendant toute leur vie par les générations précédentes dont les connaissances, la fermeté, la sagesse et l'expérience seront sans aucun doute nécessaires.

    En unissant les efforts de tous ceux qui ne sont pas indifférents à notre pays, à son avenir, nous atteindrons nos objectifs, réaliserons des percées dans le domaine des sciences et des technologies, nous mettrons ensemble en œuvre les grands projets de modernisation de nos villes et villages, de développement de toutes nos régions. Nous appliquerons une politique sociale moderne, orientée vers les besoins de tout un chacun, de chaque famille russe, nous améliorerons la qualité de l'enseignement et de la santé.

    Nous accorderons une attention particulière au soutien des valeurs familiales traditionnelles, de la maternité et de l'enfance, pour qu'il y ait en Russie autant que possible d'enfants désirés, sains, intelligents et doués.

     

    C'est à eux, à nos enfants, qu'il incombera de continuer à développer notre pays, d'obtenir des victoires encore plus impressionnantes que celles obtenues par leurs parents, de respecter et de donner une suite à l'histoire de notre Patrie.

    Chers amis ! En tant que chef de l'État, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la Russie soit plus puissante, plus prospère et plus glorieuse, pour satisfaire les besoins de la société et répondre aux attentes des citoyens de notre pays.

    Nous savons que notre Patrie et nos citoyens ont enduré de très pénibles épreuves dans les années 1990 et au début des années 2000, lorsque des changements historiques qui avaient longuement mûri et étaient absolument nécessaires se sont produits.

    Beaucoup de choses ont été reconstruites, mais il reste encore beaucoup de travail à réaliser dans ce domaine, toutes les plaies historiques n'ont pas cicatrisé, toutes les pertes et difficultés n'ont pas été surmontées, et la vie nous lance constamment de nouveaux défis, nous fixe de nouvelles tâches complexes, et il faudra travailler dur pour les réaliser. Il n'y a pas de temps à perdre.

    Nous savons tous parfaitement qu'au cours de son histoire plus que millénaire, la Russie a souvent été confrontée à des périodes de troubles et d'épreuves, mais qu'elle a toujours su renaître de ses cendres, tel le phénix, qu'elle a toujours su surmonter les obstacles.

     

    La Russie atteignait de nouveaux sommets, inaccessibles aux autres, des sommets qui devenaient pour le pays une nouvelle base, un nouveau tremplin pour un nouveau bond en avant.

    Je suis convaincu qu'aujourd'hui encore nous réaliserons une percée, car nous sommes une équipe unie et puissante qui est en mesure de surmonter toutes les difficultés, même les plus complexes.

     

    Que l'amour de la Patrie, tout ce qu'il y a de meilleur en chacun d'entre nous, inspire nos quêtes, notre volonté de nous perfectionner, nos succès personnels, notre travail pour notre famille, qu'il nous pousse à produire un travail acharné au nom du bien-être de la Patrie.

    Nous réussirons sans aucun doute ! Je le crois ! Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour cela !

    Je vous remercie.


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    Le bruit des bottes : le porte-avion Truman en Méditerranée et le retour de l’Ukraine

     
    Truman Porte Avion

    MONDE EN BREF : Le porte-avions USA Harry S. Truman, parti de la plus grande base navale du monde à Norfolk en Virginie, est entré en Méditerranée avec son groupe d’attaque.

     

    Celui-ci est composé du croiseur lance-missiles Normandy et des torpilleurs lance-missiles Arleigh Burke, Bulkeley, Forrest Sherman et Farragut, plus sous peu deux autres, le Jason Dunham et The Sullivans.

     

    Est rattachée au groupe d’attaque du Truman la frégate allemande Hessen.

     

    La flotte représente plus de 8.000 militaires à bord et peut lancer plus de 1.000 missiles de croisière.

     

    Ceci participe de la montée en puissance générale des forces étasuniennes en Europe, sous les ordres du général italien Curtis Scaparrotti qui recouvre la charge de Commandant suprême allié en Europe.

     

    Dans une audition au Congrès, Scaparrotti a expliqué la raison de cette montée en puissance :

    il accuse la Russie de mener “une campagne de déstabilisation pour modifier l’ordre international, broyer l’Otan et miner le leadership USA dans le monde entier”.

    En Europe, les États-Unis ont déployé plus de 60.000 militaires dans des pays de l’Otan, ont renforcé ce déploiement par une brigade blindée et une brigade aérienne de combat, et ont constitué des dépôts pré-positionnés d’armements pour l’envoi d’autres brigades blindées.

     

    Ils ont en même temps redoublé le déploiement de leurs navires de guerre en Mer Noire.

     

    En Ukraine, les combats ont repris de plus belle. Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont réaffirmé le 27 avril leur consensus, en préparant une extension ultérieure de l’Otan à l’Est contre la Russie par l’entrée de la Bosnie-Herzégovine, de la Macédoine, de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’organisation.

     

    Michel Lhomme.     https://metamag.fr/2018/05/08/

     

     

    ET AUSSI

     

    Robot Soldat

    Robots tueurs: que seront les soldats de demain ?

     

     

     

    CULTURE EN BREF 

     

    Une soixantaine d’experts et de chercheurs dans le domaine de l’intelligence artificielle ont menacé de boycotter toute collaboration avec une célèbre université sud-coréenne.

     

    Ils  viennent de tirer la sonnette d’alarme en raison de leur inquiétude quant aux projets visant à développer une intelligence artificielle pour les armes, créant ainsi des robots tueurs ou des armes autonomes.

     

    Ils ont adressé en particulier une lettre ouverte au Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST), une célèbre université sud-coréenne, soupçonnée de vouloir mettre au point des «robots tueurs» après avoir signé un partenariat avec le fabriquant d’armes, Hanwha Systems.

    Si elles sont développées, les armes autonomes constitueraient la troisième révolution dans la guerre. Elles permettront à la guerre d’être plus rapide et menée à une échelle plus grande que jamais. «  Les despotes et les terroristes pourraient les utiliser contre des populations innocentes, en supprimant toute contrainte éthique. Cette boîte de Pandore sera difficile à refermer si elle est ouverte», poursuivent les chercheurs.

     

    Le président de l’Université en question, Sung-Chul Shin, a évoqué sa déception suite à l’apparition de ce mouvement de boycott.

    Nous recommandons sur le sujet le livre de Brice Erbland, Robots tueurs. Que seront les soldats de demain?, publié chez Armand Colin.

     

    Pour l’auteur, le terme est à la mode mais il fausse d’emblée toute réflexion sur le sujet car ces robots soldats qui combattront peut-être dans le futur, ne seront pas des exterminateurs de l’espèce humaine mais des machines qui combattront des machines.

    Pour cela, il faut qu’elles puissent demain agir au moins aussi bien qu’un soldat humain et qu’elles puissent donc « raisonner » d’elles-mêmes sur le plan moral. En d’autres termes, ces robots doivent être dotés selon lui d’une éthique artificielle.

    Brice Erbland analyse la psychologie humaine au combat afin de mieux proposer ce que pourrait être la programmation d’une éthique artificielle pour les futurs robots de combat.

     

    Une approche originale qui n’est ni celle d’un philosophe, ni celle d’un roboticien, mais celle d’un soldat.

     

    Michel Lhomme.

    Brice Erbland, Robots tueurs: Que seront les soldats de demain ?, Armand Colin, 2018 – 128 pages, 13.50€.


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    Propagande - Preuve par l'image: L'Iran n'a pas attaqué Israël, c'est la Syrie qui a riposté (vidéo)

    Publié par wikistrike.com sur 11 Mai 2018, 07:45am

    Catégories : #Politique internationale

    Propagande - Preuve par l'image: L'Iran n'a pas attaqué Israël, c'est la Syrie qui a riposté (vidéo)

     

    En anéantissant l’accord nucléaire avec l’Iran Trump a donné à Israël l’occasion de déclencher une guerre plus large avec la Syrie.

     

    Une simulation israélienne de la situation avait abouti précédemment à la conclusion que :

    La crise créée par l’administration américaine sur les failles de l’accord nucléaire pourrait être exploitée pour régler des questions plus urgentes pour Israël (principalement le programme de missiles de l’Iran et sa présence en Syrie).

    Le gouvernement israélien prétend que le soutien iranien à la Syrie menace son pays. C’est bien sûr faux.

     

    Le Premier ministre israélien Netanyahu se sert de la ’menace iranienne’ comme d’un épouvantail pour détourner l’attention d’autres questions comme les diverses affaires de corruption qui le menacent.

    Au cours des dernières années, Israël a attaqué les positions de l’armée syrienne plus de 100 fois, souvent pour soutenir les ’rebelles syriens’ alignés sur Al-Qaïda.

     

    La Syrie n’a pas riposté car elle était occupée à lutter contre l’invasion Takfiri à l’intérieur du pays.

     

    En avril, Israël a augmenté les enchères en attaquant la base T4, au centre de la Syrie, à partir de laquelle les forces russes et iraniennes soutiennent la lutte de la Syrie contre l’EI.

    Des soldats iraniens ont été tués dans l’attaque.

     

    La défense aérienne syrienne a abattu au moins un des avions à réaction israéliens F-16.

    On pensait qu’un nouvel équilibre se serait instauré, après la perte d’au moins un avion à réaction israélien, mais Israël a continué ses provocations.

     

    Mardi, quand Trump a annoncé la rupture de l’accord nucléaire, Israël a lancé une autre frappe en Syrie sur de soi-disant missiles iraniens qui visaient Israël.

     

    La frappe a touché un dépôt de l’armée syrienne. Quinze soldats, dont certains seraient des Iraniens, ont été tués.

     

    Même les médias israéliens ont eu du mal à trouver des excuses à cette attaque ’préventive’ illégale :

    Même si l’Iran n’avait pas l’intention de lancer des missiles sur Israël mardi, la frappe israélienne présumée a eu lieu et a transmis le message suivant aux Iraniens :

    Vous avez augmenté la probabilité d’une attaque contre Israël, de sorte que nous augmentons le niveau de menace, malgré les tensions.

     

    Ce n’est pas à l’Iran de répondre aux frappes israéliennes sur la Syrie.

     

    Le gouvernement syrien voulait riposter immédiatement à la frappe de mardi, mais il a été retenu par la Russie qui pensait que ces provocations israéliennes étaient un piège. Hier, Netanyahou était à Moscou.

     

    Le président russe lui a demandé d’arrêter les provocations. Netanyahou ne l’a pas écouté.

     

    La nuit dernière, Israël a de nouveau attaqué les positions militaires syriennes à al-Quneitra dans le sud-ouest de la Syrie.

    Cette fois, les forces de missiles syriennes ont répondu par un barrage de plus de 20 missiles contre les positions israéliennes sur le plateau occupé du Golan.

     

    Israël a encore accentué l’escalade en opérant 70 frappes de plus contre les positions syriennes.

     

    Des photos et des vidéos de Damas montrent que la défense aérienne syrienne en a intercepté un grand nombre.

     

    Israël se targue maintenant d’avoir éliminé la ’menace iranienne’ en Syrie :

    Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a déclaré que les forces israéliennes avaient frappé ’presque toutes les infrastructures iraniennes en Syrie’ et que rien n’avait été touché sur les territoires d’Israël.

     

    La revendication du succès est le signe qu’Israël ne veut pas aller plus loin :

    ’J’espère que nous avons terminé cet épisode et que tout le monde a compris’, a ajouté Lieberman, soulignant qu’Israël ne veut pas d’escalade, mais ’ne laissera personne nous attaquer ou construire une infrastructure pour nous attaquer à l’avenir’.

     

    Cette glorification propagandiste d’un succès israélien nous en rappelle d’autres.

     

    Le deuxième jour de la guerre de 2006 contre le Liban, Israël s’est vanté haut et fort d’avoir détruit ’tous les missiles à longue portée du Hezbollah’ au cours d’une campagne aérienne d’une durée de 34 minutes.

     

    Mais plus de 100 missiles par jour ont continué à frapper Israël et même Tel-Aviv, loin de la frontière libanaise.

     

    Trente et un jours plus tard, Israël a demandé la paix.

     

    Son invasion du Liban avait échoué. Sa frappe ’réussie’ contre les missiles à longue portée du Hezbollah avait touché principalement des positions désertes.

    La frappe israélienne en Syrie n’est pas beaucoup plus réussie que celle au Liban il y a douze ans.

     

     

    La Syrie va maintenant continuer à riposter aux attaques israéliennes.

     

    Cette fois, elle a limité ses frappes aux positions militaires situées sur le plateau occupé du Golan.

    Les prochaines frappes iront plus loin.

     

    Cette fois, Israël a envoyé la population du plateau occupé du Golan se mettre à l’abri dans des bunkers.

     

    La prochaine fois, peut-être qu’il faudra que la moitié d’Israël se terre dans des abris souterrains.

    Combien de temps Israël pourrait-il supporter cela ?

     

    L’Iran ripostera également en cas d’attaques contre ses forces en Syrie.

    Mais il n’a pas besoin de le faire à partir de la Syrie. Il y a d’autres options que l’envoi de missiles.

     

    Que la Syrie, après bien des souffrances, ait été en mesure de riposter aux frappes israéliennes, trace une nouvelle ligne dans le sable.

     

    Si Israël veut une guerre de plus grande ampleur, il en aura une.

     

    Les destructions dans les pays concernés du Moyen-Orient, Israël inclus, pourraient les ramener 100 ans en arrière.

     

    La Syrie, le Liban et l’Iran survivraient.   Il y a 100 ans, Israël n’existait pas.

     

     

    Moon of Alabama

    http://www.moonofalabama.org/2018/05/syria-sets-new-rules-for-israeli-…

    Traduction : Dominique Muselet

    source:https://www.legrandsoir.info/cette-fois-la-syrie-a-riposte-aux-frappes-israeliennes.html


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