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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Publié par Ftouh Souhail le 23 février 2018

    Surpris par l’ampleur d’une guérilla islamique dont ils n’avaient pas pris la mesure, les militaires français entreront probablement dans une phase de reconfiguration de leur dispositif sur le terrain au Sahel.

    L’utilisation d’explosifs plus puissants et surtout de bombes télécommandées à distance, sur le modèle employé dans les années 1990 par le Hezbollah au Liban-Sud, a surpris l’état-major français et causé des pertes en hommes et en matériel.

    Deux soldats français de l’opération Barkhane ont été tués et un autre blessé, ce mercredi 21 février 2018, dans une explosion dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger réputée servir de refuge à des groupes jihadistes que la force conjointe du G5-Sahel menée par la France s’est donnée pour mission de chasser.

     

    Un groupe musulman radical dirigé par Abou Walid al-Sahraoui, ex-responsable du Mouvement pour le jihad en Afrique de l’Ouest – Mujao -est responsable de cette attaque contre les forces françaises.

     

    Ce leader islamique a depuis un moment un nouveau titre, celui de premier responsable de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Selon plusieurs les médias locales, il serait tantôt au Mali, tantôt au Niger, recrutant au sein des populations et des djihadistes maghrébins.

    Au Mali, Iyad Ag Ghali, leader du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), et Abou Walid al-Sahraoui, émir de l’État islamique au grand Sahara (EIGS), ont entamé récemment un rapprochement.

    Leur alliance serait surtout effective dans la zone dite des trois frontières (Mali-Burkina-Niger), où la force conjointe G5-Sahel compte se déployer.

    Si l’Etat islamique du Grand Sahara considère la force Barkhane de l’armée française comme ennemie, il a dans cette partie du désert un autre adversaire : la force conjointe du G5-Sahel. Face à ces deux forces, les terroristes musulmans, qui évitent les affrontements directs, utilisent surtout la stratégie de l’attaque à l’engin explosif improvisé.

     

     

    Situation difficile pour l’armée française et la sécurité des soldats est en jeu

    L’armée française, qui est sur-engagée par rapport à ses capacités, reste partagée entre des opérations extérieures et une opération de sécurité renforcée sur le territoire français (gares, synagogues, écoles…). Elle n’est pas capable de déployer sur chacune de ses opérations les effectifs et les moyens nécessaires.

     

    Ce faisant, elle a du mal à parvenir à des résultats rapides et convaincants. On l’a vu au Mali et en Centrafrique, on le voit aujourd’hui dans les opérations Barkhane au Sahel.

    Le Sahel s’étend sur la zone qui inclut la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, et par extension une partie du Sénégal et du Burkina-Faso.

    Soit un ensemble plus vaste que la géographie de l’Europe. Dans cette une région  pullulent d’innombrables groupes terroristes musulmans.

    La difficulté de l’opération Barkhane est qu’avec 3000 hommes, dans cette zone qui est plus vaste que l’Europe, des dizaines d’années seraient nécessaires pour aboutir aux résultats recherchés, et des dizaines de soldats français seront sacrifiés. On compte déjà 22 morts. Paris ne semble pas avoir une stratégie de sortie envisageable. Elle veut encore participer directement à la défense de la sécurité des pays africains pour de nombreuses années.

    Beaucoup s’interrogent à l’occasion sur l’efficacité de la stratégie mise en place par l’armée française pour lutter contre le terrorisme au Sahel. 

    Cinq ans après le début de l’opération Serval et malgré son prolongement, l’opération Barkhane, l’insécurité et le terrorisme islamiste ne cessent de se propager et cela met en danger les troupes françaises.

    Le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a même démissionné en juillet dernier. La sécurité des soldats est en jeu à cause du manque de profondeur stratégique du président Emmanuel Macron. La colère gronde désormais dans les régiments et le président ignore les revendications de la communauté militaire. La guerre au Sahel commence à provoquer une surchauffe à tous les niveaux.

     

    Paris ne pourra pas compter sur la force supplétive des États-Unis

    A en croire la presse américaine, le département de la Défense envisage de réduire le nombre de missions au sol effectuées en Afrique de l’Ouest. suite à l’attaque au Niger qui a coûté la vie à quatre soldats américains, début octobre 2017, lors d’une embuscade tendue par des islamistes armés affiliés au groupe État islamique (EI) équipés d’armes automatiques, de grenades et de véhicules armés, le New York Times propose de réduire la présence militaire américaine en Afrique de l’Ouest tout en préconisant aux forces de l’Africom (forces américaines en Afrique, dont le QG se trouve à Stuttgart) de prôner une politique de prudence dans cette région.

     

    Selon des responsables militaires américains, ces nouvelles recommandations ne vont pas concerner la Libye et la Somalie, où Africom s’est engagé avec les forces locales à combattre plusieurs groupes terroristes, dont Al-Qaîda, les Shebab et l’organisation autoproclamée État islamique.

    L’enquête est encore en cours pour savoir les circonstances de cette tragédie.

    Pour Washington, le Sahel est donc un trou noir qu’il faut absolument éviter, surtout qu’on annonce le retour dans la région de milliers d’éléments de Daech.

    Cette hypothèse est d’ailleurs confirmée par le fait que le projet de rapport sur l’embuscade du Niger recommande instamment que les missions jugées risquées soient contrôlées rigoureusement par le Pentagone à Washington ou le commandement d’Africom à Stuttgart.

    «Les commandants militaires sur le terrain ne seront plus autorisés à mener de telles missions de leur propre chef», indique ce rapport cité par le New York Times.

    «La nouvelle stratégie pourrait être interprétée comme une volonté des Etats-Unis de privilégier l’engagement diplomatique et politique au Sahel dans un contexte de défis sécuritaires accrus et en l’absence de financements et de coordination pour la force militaire G5 Sahel, commentent des observateurs», ajoute la même source.

     

    Un rencontre placée sous l’égide de l’Union européenne et des Nations unies pour la force du G5 Sahel

    Une rencontre des pourvoyeurs des fonds du G5 Sahel débute ce vendredi 23 février 2018 à Bruxelles. Outre les chefs d’Etat des pays qui composent le G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad) y participeront la France, l’Union européenne, le représentant des Nations unies et une dizaine de ministres des Affaires étrangères.

    Cette rencontre du G5 élargi, qui peine à drainer les fonds (450 millions d’euros) nécessaires au fonctionnement de la force conjointe de ces pays africains, intervient au lendemain de la mort de deux soldats français, portant à 22 le nombre de soldats français de l’opération Barkhane tués au Mali.

    Cette force, dont la création a été décidée par la France, est encore paralysée en raison d’un manque de financements. Réunis en sommet les 6 et 7 février 2018 à Niamey, les chefs d’Etat du G5-Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) avaient d’ailleurs réitéré leur demande à la communauté internationale d’un soutien financier supplémentaire pour leur force militaire conjointe lancée début 2017 et qui devrait compter 5 000 soldats.

    Ces cinq pays, parmi les plus pauvres du monde, peinent en effet à payer.

    Pour l’heure, l’Union européenne en a promis 50 millions d’euros, la France 8 millions, surtout du matériel, et chacun des cinq pays fondateurs 10 millions.

    Il faut ajouter à ces sommes une contribution annoncée de l’Arabie Saoudite de 100 millions de dollars (80 millions d’euros) et une promesse américaine d’aide bilatérale globale de 60 millions de dollars (49 millions d’euros) aux cinq pays membres du groupe.

    La Grande-Bretagne se prépare à aider Paris avec des hélicoptères militaires pour lutter contre les islamistes au Sahel.

     

    Aggravation de la situation sécuritaire au Sahel après la chute de Khadafi

    L’effet domino de la déstabilisation, qui fait du Sahel une zone de tous les dangers, a commencé avec l’élimination du régime, longtemps présenté comme digue de stabilisation, de Mouammar Kadhafi, en octobre 2011.

    Le tsunami provoqué par le changement de régime en Libye déstabilise actuellement le Mali.

    Dans ce pays les gens considèrent que les responsables de la déstabilisation de la Libye et, par ricochet du Mali, sont non seulement Nicolas Sarkozy mais aussi Hussein Obama.

    Cela explique la colère de la population locale contre les soldats français. Ce constat est aussi valable dans toute cette région qui est composée de nombreux États faillis.

     

    Un panel d’experts soutient, dans un rapport remis au Conseil de sécurité de l’ONU, que l’instabilité qui caractérise la Libye est aggravée par l’intensification des activités des groupes armés tout au long des frontières avec le Tchad et le Soudan.

    Mauvaise gouvernance, États faillis et absence de cohésion nationale du fait du morcellement ethnique ont préparé les conditions du chaos de la région livrée aux organisations terroristes islamiques reliées à des agendas politiques des pays comme celle duQatar et de l’Iran .

     

    Les aléas climatiques, les épisodes de sécheresse extrême et un déficit hydrique qui ont eu raison de 90% des réserves du lac Tchad ont ravivé les querelles ancestrales entre nomades et sédentaires et imposé une fragilité structurelle qui n’attendait que les pyromanes islamistes pour attiser un immense brasier.

    L’incapacité des États sahéliens à garantir leur propre présence sécuritaire créent un vacuum, foyer de toutes les instabilités.

    La matrice idéologique djihadiste a donc planté profond ses racines.

    Dans cette région aux nombreuses fragilités, chaque nouvel épisode climatique extrême s’accompagne d’un cortège de malheurs et les ressources, lorsqu’elles ne sont pas pillées, ne sont pas disponibles pour être investies dans l’éducation et la santé.

    Ici on enregistre une mortalité infantile record de plus de 3,5% et un faible accès à la santé et à l’éducation.

    L’insécurité alimentaire est devenue la règle pour la majorité de la population, couplée à une forte explosion démographique, chaque bouche à nourrir devient fardeau et chaque désespéré candidat à l’exil.

     

    Les trafics en tous genres prospèrent ici avec des passeurs et des esclavagistes musulmans.

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.


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    Escalade en Syrie : jusqu’où les Russes peuvent-ils être poussés ?


    2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 16 février 2018 – Source The Saker

     

    Les événements se sont récemment clairement aggravés et il est de plus en plus évident que la force d’intervention russe est visée par une campagne systématique d’« attaques de harcèlement ».

     

     

    Tout d’abord, il y a eu l’attaque de drone et de mortiers (assez réussie) sur la base aérospatiale russe de Khmeimin.

     

    Ensuite, il y a eu le tir qui a abattu un SU-25 russe au-dessus de la ville de Maasran dans la province d’Idlib.

     

    Maintenant nous entendons parler de victimes russes dans le raid américain sur une colonne russe (avec des affirmation exagérées de « centaines » de Russes tués).

     

    Dans le premier cas, les responsables russes ont ouvertement fait part de leurs forts soupçons que l’attaque, si elle n’avait pas été planifiée et exécutée par les États-Unis, avait été au moins coordonnée avec leurs forces dans les environs.

    Dans le cas du SU-25 abattu, il n’y a eu aucune accusation ouverte, mais de nombreux experts ont déclaré que l’altitude à laquelle le SU-25 a été frappé suggère un MANPAD assez moderne d’un genre généralement pas vu en Syrie (l’allusion n’est pas du tout subtile étant donné que c’étaient des Stingers américains envoyés aux Kurdes par les États-Unis).

    Quant à la dernière attaque sur la colonne syrienne, ce qui se discute n’est pas qui l’a fait mais plutôt quelle sorte de personnel russe était impliqué, l’armée russe ou des combattants privés (cette dernière explication étant beaucoup plus probable puisque la colonne syrienne n’avait pas de couverture aérienne).

     

    Pris séparément, aucun de ces incidents n’est significatif, mais pris ensemble, ils pourraient indiquer une nouvelle stratégie américaine en Syrie : punir les Russes autant que possible avant une attaque américaine ouverte contre les forces russes.

     

    Cette hypothèse me semble plausible pour les raisons suivantes :

    Premièrement, les États-Unis et Israël sont toujours dans l’humiliation et la rage impuissante à cause de leur défaite en Syrie : Assad est toujours au pouvoir, Daech est plus ou moins défait, les Russes ont non seulement réussi dans leurs opérations militaires contre Daech mais aussi leur campagne pour amener autant de « bons terroristes » que possible à la table des négociations. Avec l’achèvement d’une conférence réussie sur la Syrie en Russie et l’accord général de toutes les parties de commencer à travailler à une nouvelle Constitution, il y a eu un réel danger que la paix éclate, une chose contre laquelle les Anglosionistes sont absolument déterminés à s’opposer (jetez un œil sur ce document apparemment piraté qui, s’il est authentique, énonce clairement que la politique américaine ne permettra pas aux Russes de faire quoi que ce soit).

     

    Deuxièmement, tant Trump que Netanyahou ont promis d’amener beaucoup de « victoires » pour prouver comment ils sont virils et forts (comparés aux lopettes qui les ont précédés). Commencer une guerre ouverte contre les Russes serait certainement une « preuve de virilité » mais serait très dangereux.

    Tuer des Russes « à la marge » pour ainsi dire, soit avec une possibilité de déni plausible soit tuer des mandataires russes privés est une option beaucoup plus sûre et par conséquent beaucoup plus tentante.

     

    Troisièmement, les élections présidentielles en Russie s’annoncent et les Américains continuent à tenir désespérément à leur seconde idée que s’ils créent des ennuis à Poutine (des sanctions ou des sacs mortuaires de Syrie) ils pourront d’une manière ou d’une autre influencer négativement sa popularité en Russie. (en réalité, ils obtiennent l’effet inverse, mais ils sont trop obtus et ignorants pour le comprendre).

     

     

    Enfin, et surtout, les Anglosionistes ont perdu depuis longtemps leur capacité de parvenir à quoi que ce soit, leur position logique de repli est de ne permettre à personne d’autre de réussir.

    C’est le but principal de tout le déploiement américain au nord de la Syrie : créer des difficultés à la Turquie, à l’Iran, à la Syrie et, bien sûr, à la Russie.

     

     

    Résultat : depuis que les Américains ont déclaré qu’ils veulent rester (illégalement) en Syrie jusqu’à ce que la situation se « stabilise », ils doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour déstabiliser le pays. Oui, il y a une sorte de logique perverse dans tout cela…

    Pour la Russie, toutes ces mauvaises nouvelles pourraient se résumer de la manière suivante : alors que la Russie a vaincu Daech en Syrie, elle est toujours loin d’avoir vaincu les Anglosionistes au Moyen-Orient.

    La bonne nouvelle, cependant, est que la Russie a des moyens pour faire face à cette situation.

     

     

    Première étape : encourager les Turcs

    Il y a une façon contre-intuitive mais à bien des égards idéale pour la Russie de contrer l’invasion américaine de la Syrie : impliquer les Turcs. Comment ? Pas en attaquant les forces étasuniennes directement, mais en attaquant les milices kurdes derrière lesquelles les forces américaines se « cachent » (au moins politiquement) actuellement.

    Pensez-y : alors que les États-Unis (ou Israël) n’auront aucun scrupule avant d’attaquer les forces syriennes ou iraniennes, attaquer de fait les forces turques entraînerait un immense risque politique : après la tentative de coup d’État soutenu par les États-Unis contre Erdogan et, pour ajouter l’insulte à l’injure, le soutien étasunien à la création d’un « mini-Kurdistan » en Irak et en Syrie, les relations américano-turques sont historiquement au plus bas et il ne faudrait pas grand chose pour pousser les Turcs à bout avec des conséquences potentiellement cataclysmiques pour les États-Unis, l’Union européenne, l’OTAN, le CENTCOM, Israël et tous les intérêts anglosionistes dans la région.

     

    Vraiment, il n’est pas exagéré de souligner l’importance stratégique de la Turquie pour l’Europe, la Méditerranée et le Moyen-Orient, et les États-Unis le savent.

    De là découle une conséquence très réelle même si elle peut comprise : les forces armées turques en Syrie jouissent fondamentalement de ce que j’appellerais une « immunité politique » contre toute attaque américaine, c’est-à-dire que peu importe (ou presque) ce que font les Turcs, les États-Unis n’envisageraient (presque) jamais de recourir ouvertement à la force contre eux, tout simplement parce que la conséquence, disons, d’une attaque de l’Armée de l’air américaine contre une colonne de l’armée turque serait trop grave.

     

    En fait, je crois que les relation entre les États-Unis et la Turquie sont si mauvaises et si unilatérales que je vois une attaque sur une colonne ou une position kurde (ou de « bons terroristes »)− où des forces spéciales américaines seraient intégrées − comme beaucoup plus probable qu’une attaque américaine contre une colonne de l’armée turque.

    Cela peut paraître contre-intuitif, mais disons que les Turcs ont attaqué une colonne ou une position kurde (ou de « bons terroristes » avec du personnel américain) et que des soldats américains sont morts.

    Que feraient/pourraient faire les États-Unis ? Des représailles ? Pas question ! Non seulement l’idée que les États-Unis attaquent un pays membre de l’OTAN est tout à fait impensable, mais cela serait très probablement suivi par une demande des Turcs que les États-Unis/OTAN se retirent complètement du territoire et de l’espace aérien turcs.

     

    En théorie, les États-Unis pourraient demander aux Israéliens de faire leur sale boulot à leur place, mais les Israéliens ne sont pas stupides (même s’ils sont fous) et ils n’auraient pas intérêt à entamer une guerre de tirs avec la Turquie à propos de ce qui est un problème créé par les États-Unis dans un « mini-Kurdistan » de peur que du « sang juif » sacré soit versé pour quelques goyim fondamentalement sans valeur.

     

    Non, si les Turcs tuaient effectivement des soldats américains, il y aurait des protestations et une vague de « consultations » et autres actions symboliques, mais au-delà de ça, les États-Unis encaisseraient les pertes et ne feraient rien.

    Quant à Erdogan, sa popularité au pays n’en serait que plus forte. Ce que tout cela signifie concrètement, c’est que s’il y a un acteur qui peut sérieusement perturber les opérations des États-Unis au nord de la Syrie, ou même les contraindre à se retirer, c’est la Turquie.

     

    Cette sorte de capacité donne aussi à la Turquie beaucoup de pouvoir de négociation avec la Russie et l’Iran, dont je suis sûr que Erdogan usera à son profit. Jusqu’à présent, Erdogan n’a fait que menacer de donner une « claque ottomane » aux États-Unis et le secrétaire d’État Tillerson se rend à Ankara pour essayer d’éviter un désastre, mais l’exemple turc voulant que les États-Unis choisissent soit le côté turc soit le côté kurde dans le conflit limite sérieusement les chances de toute véritable percée (le lobby israélien étant à 100% derrière les Kurdes).

    Il ne faut jamais dire jamais, mais je soutiens qu’il faudrait quelque chose comme un miracle à ce stade pour sauver les relations américano-turques. La Russie peut essayer de capitaliser sur cette dynamique.

     

    La principale faiblesse de tout ce concept est, bien sûr, que les États-Unis sont encore assez puissants, y compris en Turquie, et qu’il serait très dangereux pour Erdogan d’essayer de se confronter ouvertement avec Oncle Sam et de le défier.

    Jusqu’à présent, Erdogan a agi avec audace et au mépris des États-Unis mais il comprend aussi les risques d’aller trop loin et, pour lui, envisager même ces risques doit comporter des perspectives d’avantages majeurs de sa part.

    Ici les Russes ont deux options de base : soit promettre aux Turcs quelque chose de très encourageant soit détériorer encore les relations actuelles entre les États-Unis et la Turquie. La bonne nouvelle est que les efforts russes pour semer la zizanie entre eux sont grandement aidés par le soutien américain à Israël, aux Kurdes et aux gulénistes.

     

    L’autre risque évident est que toute opération anti-kurde peut se transformer en une nouvelle partition de la Syrie, cette fois par les Turcs.

     

    La réalité, cependant, est que les Turcs ne peuvent pas rester longtemps en Syrie, en particulier si la Russie et l’Iran s’y opposent. Il y a également le problème du droit international que les États-Unis peuvent beaucoup plus facilement ignorer que les Turcs.

    Pour toutes ces raisons, utiliser les Turcs pour faire pression sur les États-Unis a ses limites. Pourtant, si les Turcs continuent d’insister pour que les États-Unis cessent de soutenir les Kurdes, ou s’ils continuent à faire pression militairement sur les milices kurdes, tout le concept étasunien d’un « mini-Kurdistan » soutenu par les États-Unis s’effondre et, avec lui, tout leur plan de partition de la Syrie.

    Jusqu’ici, les Irakiens ont rapidement traité le « mini-Kurdistan » soutenu par les États-Unis en Irak et les Turcs prennent maintenant les mesures nécessaires pour s’en occuper en Syrie jusqu’à ce que leur problème soit résolu.

     

    Les Turcs ne sont pas intéressés à aider Assad ni, d’ailleurs, Poutine et ils ne se soucient pas de ce qui arrive à la Syrie tant que leur problème kurde est sous contrôle.

     

    Cela signifie que les Syriens, les Russes et les Iraniens ne devraient pas placer trop d’espoir dans le fait que les Turcs se retourneront contre les États-Unis, à moins bien sûr que les circonstances adéquates ne soient créées. Seul l’avenir dira si les Russes et les Iraniens seront en mesure d’aider à les créer.

     

     

     

    Deuxième étape : saturer la Syrie avec des défense aériennes modernes mobiles à court et moyenne portée

    En ce moment, personne ne sait quel genre de systèmes de défense aérienne les Russes ont fourni aux Syrien ces dernières années, mais c’est la voie à suivre pour les Russes : fournir beaucoup de systèmes de défense aérienne modernes et mobiles aux Syriens.

    Comme ce serait cher, la meilleure solution serait de livrer autant de systèmes mobiles Pantsir-S1 Gun/SAM et de MANPAD 9K333 Verba que possible aux Syriens et aux Iraniens.

    La combinaison de ces deux systèmes compliquerait énormément tout type d’opération aérienne pour les Américains et les Israéliens, en particulier parce qu’il n’y aurait aucun moyen pratique de prédire avec certitude l’emplacement à partir duquel ils pourraient opérer.

    Et comme les États-Unis et Israël interviennent dans l’espace aérien syrien en totale violation du droit international tandis que les forces armées syriennes protégeraient leur propre espace souverain, une telle fourniture de systèmes de défense par la Russie à la Syrie serait impeccablement légale.

    Encore mieux, il serait absolument impossible aux Anglosionistes de savoir qui a effectivement tiré sur eux puisque ces systèmes sont mobiles et faciles à dissimuler.

    Comme en Corée, au Vietnam ou au Liban, les équipages russes pourraient même être envoyés pour manier les systèmes de défense aérienne syriens et il n’y aurait aucun moyen pour personne de prouver que « les Russes l’ont fait » lorsque les avions américains et israéliens commenceraient à tomber du ciel.

    Les Russes profiteraient de ce que la CIA appelle un « déni plausible ».

    Les Américains et les Israéliens se retourneraient bien sûr contre la partie plus faible, les Syriens, mais cela ne ferait pas vraiment de différence sur le terrain puisque le ciel syrien resterait insécure pour les forces armées américaines ou israéliennes.

     

    L’autre possibilité pour les Russes serait d’offrir des mises à niveau (logiciels et missiles) aux systèmes de défense aérienne syriens existants, en particulier pour leurs systèmes mobiles sur route 2K12 Kub et 9K37 Buk.

    Ces mises à niveau, en particulier si elles sont combinées avec le déploiement de suffisamment de Pantsirs et de Verbas seraient un cauchemar pour les Américains et les Israéliens.

    Les Turcs ne s’en préoccuperaient pas beaucoup puisqu’ils volent déjà généralement avec la totale approbation des Russes, de toute façon, et les Iraniens non plus qui, pour autant que je sache, ne mènent pas d’opération aérienne en Syrie.

    Une objection à ce plan serait que deux côtés peuvent jouer ce jeu et qu’il n’y a rien qui empêche les États-Unis d’envoyer des MANPAD encore plus avancés à leurs alliés « bons terroristes » mais cet argument évacue totalement un point : si les deux côtés font la même chose, le côté le plus dépendant des opérations aériennes (les États-Unis) risque de perdre beaucoup plus que le côté qui a l’avantage sur le terrain (les Russes).

     

    En outre, en envoyant des MANPAD en Syrie, les États-Unis s’aliènent un allié putatif, la Turquie, alors que si la Russie envoie des MANPAD et autres SAM à la Syrie, les seuls qui se plaindront seront les Israéliens.

    Si cela se produit, les Russes auront une réponse simple et véridique : nous n’avons pas commencé ce jeu, ce sont vos alliés américains qui l’ont fait, vous pouvez aller les remercier pour ce gâchis.

     

    Le principal problème en Syrie est le fait que les Américains et les Israéliens agissent dans le ciel syrien en toute impunité.

    Si cela change, ce sera un processus lent et graduel.

    D’abord, il y aurait quelques pertes isolées (comme récemment le F-16 israélien) puis nous verrions que l’emplacement des frappes aériennes américaines et/ou israéliennes passerait progressivement des centres urbains et des postes de commande centraux à des cibles plus petites et plus isolées (comme des colonnes de véhicules).

     

    Cela indiquerait une prise de conscience que les cibles les plus lucratives sont déjà trop bien défendues.

    Finalement, le nombre de sorties aériennes serait progressivement remplacé par des frappes de missiles de croisière et balistiques.

    À la base, il y aurait le passage d’opérations aériennes offensives à celles de protection des troupes qui, à leur tour, procureraient aux Syriens, aux Iraniens et au Hezbollah un environnement beaucoup plus facile pour intervenir.

    Mais la première étape nécessaire à tout cela serait d’augmenter considérablement la capacité des défenses aériennes syriennes.

    Depuis des décennies, le Hezbollah est intervenu avec succès sous une suprématie aérienne israélienne totale et son expérience de ce genre d’opérations serait inestimable pour les Syriens jusqu’à ce qu’ils aient suffisamment développé leurs capacités de défense aérienne.

     

    Conclusion : la contre-escalade est-elle vraiment la seule option ?

    Franchement, je commence à croire que l’Empire a décidé de tenter une « reconquista » de la Syrie, même Macronémet quelques bruits sur le fait de frapper les Syriens pour les « punir » d’avoir utilisé des armes chimiques (inexistantes).

     

    À tout le moins, les États-Unis veulent faire payer aux Russes un prix aussi élevé que possible pour leur rôle en Syrie. Les autres buts américains en Syrie comprennent :

    • L’imposition d’une partition de facto de la Syrie en prenant le contrôle de son territoire à l’est de l’Euphrate (nous pourrions appeler cela le « plan C version 3.0 ») ;
    • Le vol des champs gaziers situés au nord-est de la Syrie ;
    • La création d’une zone de transit contrôlée par les Américains à partir de laquelle les opérations des Kurdes, des bons et des mauvais terroristes pourraient être planifiées et exécutées ;
    • Le sabotage de toute négociation de paix soutenue par les Russes ;
    • Le soutien aux opérations israéliennes contre les forces iraniennes et du Hezbollah au Liban et en Syrie ;
    • S’engager dans des attaques régulières contre les forces syriennes tentant de libérer leur pays des envahisseurs étrangers :
    • Présenter l’invasion et l’occupation de la Syrie comme l’une des « victoires » promises par Trump au Complexe militaro-industriel et au lobby israélien.

     

    Jusqu’à présent, la réponse russe à cette stratégie en développement a été plutôt passive et l’escalade actuelle suggère fortement qu’une nouvelle approche pourrait être nécessaire.

    Abattre le F-16 israélien est un premier pas dans la bonne direction, mais il faut faire beaucoup plus pour augmenter significativement les coûts que l’Empire devra payer pour sa politique à l’égard de la Syrie.

     

    L’augmentation du nombre de commentateurs et d’analystes russes réclamant une réaction plus forte aux provocations actuelles est peut-être un signe que quelque chose est en gestation.

     

    The Saker

    Cette analyse a été écrite pour Unz Review

     

     

    Source et Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

     


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    Mali : quatre djihadistes présumés arrêtés dans une vaste opération de Barkhane

     
     

    Au lendemain de la mort de deux soldats français, la force Barkhane a interpellé quatre djihadistes présumés membres d'un groupe se réclamant de l'État islamique.

    L'opération a eu lieu à proximité de la frontière avec le Niger.

    La force française Barkhane a arrêté jeudi quatre djihadistes présumés dans le cadre d'une opération visant à «neutraliser» le groupe d'un important chef djihadiste actif dans le nord-est du Mali, à proximité de la frontière avec le Niger, ont indiqué des sources militaires malienne et étrangère.

    C'est dans cette zone des Trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) que deux soldats français ont été tués et un blessé mercredi dans l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur véhicule.

     

    » LIRE AUSSI - Deux soldats français de l'opération Barkhane tués au Mali

     

    Selon la ministre française des Armées, Florence Parly, l'incident s'était produit dans le cadre d'une «vaste opération de contrôle de zone» dans cette région du Mali réputée servir de refuge à des groupes djihadistes que la force conjointe du G5 Sahel s'est donnée pour mission de chasser.

    «Barkhane a arrêté jeudi quatre présumés jihadistes dans la région de Gao, près de la frontière Nigérienne, non loin d'une zone où le chef djihadiste Adnan Abou Walid Sahraoui est recherché», a déclaré une source militaire malienne s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

     

    Un groupe se réclamant de l'État islamique

    Le groupe d'Adnan Abou Walid Sahraoui, se réclamant de l'organisation État islamique (EI) et qui se fait appeler «État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), a revendiqué ces derniers mois une série d'attaques dans le Sahel, notamment contre Barkhane début janvier au Mali, et celle qui a coûté la vie à quatre membres des forces spéciales américaines et à quatre soldats nigériens le 4 octobre au Niger.

     

    Deux groupes armés signataires des accords de paix de 2015 au Mali, le Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental) et le Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA, ex-rébellion), «travaillent aux côtés des Français pour neutraliser ce chef djihadiste et ses hommes», selon la source militaire malienne.

    » LIRE AUSSI - Va-t-on vers la fin de l'opération «Barkhane» au Sahel?

     

    Les opérations en cours ont pour objectif de «neutraliser un chef terroriste et ses hommes dans la région de Gao, frontalière au Niger», a indiqué une source militaire étrangère, sans citer de nom. «L'armée française est déterminée, avec d'autres, à détruire la base de ce chef terroriste», a ajouté la même source, qui a confirmé les quatre arrestations.

     

    Source:   http://info.lefigaro.fr/international/2018/02/22/01003-


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    La Syrie ou quand des vautours s’arrachent le butin

    Publié le 23 février 2018 - par  

    Je me demande si Bashar-al-Assad réalise vraiment ce qui se passe à l’extérieur des murailles de son palais… Que se dit-il dans ses moments de solitude ? « Qu’ai-je fait ? Où est ma victoire ? Que reste-t-il de la Syrie ? Et surtout qu’adviendra-t-il de ce qu’il en reste ? Après moi le déluge… » Apparemment.

     

    C’est sa vengeance contre son peuple, contre les rebelles qui ont osé réclamer la démocratie, ou un brin de démocratie.

    Aurait-il agi différemment si, a priori, les résultats lui étaient connus ?

    Assad, monstre misérable, a fait de ses infortunés syriens, de la chair à canons pour tous ceux qui prétendument, ont accouru pour le soutenir, l’épauler et épargner sa chute…

    Plus d’un demi million de morts, et tant de millions de déplacés.

    Ils l’ont en effet maintenu sur le trône… et cela ressemble à s’y méprendre à une fable de la Fontaine – « Le corbeau et le renard ».  

    Ils l’ont d’abord flatté, lui promettant monts et merveilles, lui faisant céder ses droits, résigner ses bénéfices, pour enfin se retrouver nu et mendiant…

    Car c’est bien ce qui arrive à Assad et aux Syriens.

    La Syrie a cessé d’exister, elle n’est qu’un amas de ruines fumantes et Assad est une marionnette, contraint de se plier devant ceux qui, hier seulement, l’avaient attiré dans leurs mailles.

    La Russie s’est installée en Syrie et ne la quittera jamais, l’Iran de même, le Hezbollah aussi, mais ce n’est pas tout, Il y a Erdogan qui veut sa part du butin, et les Kurdes qui réclament leur dû, et les USA qui ne permettront jamais que cette étrange coalition se répartisse la dépouille de la Syrie, sans prendre en considération les besoins des américains dans cette région. Il y a aussi l’Iraq avec le Hezbollah irakien qui y a installé son fief.

     

    Puis, il y a Israël qui se sent menacée par tant d’ennemis, s’amassant sur ses frontières, les encerclant tout en promettant sa destruction, que dis-je, son anéantissement…

    La Palestine aux Palestiniens, quelle belle fable…

    La Palestine aux Iraniens et tout le Moyen-Orient d’un même élan… puisque plus au sud, le grignotement se perpétue au Yémen, au Sinaï et en Libye, pour atteindre l’Égypte et l’Afrique du nord.

    Les Iraniens sont si ambitieux, ils ne s’arrêteront pas avant d’achever leur programme qui se définit plus le temps passe. Demain ce sera l’Europe… les grumeaux y sont déjà installés.

    Pour Assad, un retour aux sources est impossible. Il sait que des russes sont morts pour le garder sur un trône inexistant.

    De même que pour les Iraniens et le Hezbollah, dont les visées sont beaucoup plus dramatiques, plus ambitieuses…

    Le Liban est la proie suivante et Israël l’aidera à y accéder, lorsqu’elle se verra dans l’obligation d’enrayer la menace du Hezbollah sur ses frontières… et ce faisant, elle portera atteinte au Liban, simplement parce que ce dernier est déjà subordonné au Hezbollah et que ses terrains sont gangrenés de roquettes, gracieusement offertes par l’Iran.

    Le printemps arabe syrien n’a pas été seulement un fiasco, il est devenu un désastre mondial, qui entraînera la chute de beaucoup de pays dans son sillage.

     

    Thérèse Zrihen-Dvir     https://ripostelaique.com/la-syrie-

    https://theresedvir.com/fr/

    http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

     


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    Hassan Nasrallah : comme la Syrie, le Liban doit riposter aux violations israéliennes

     

    Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2018, à l'occasion de la commémoration des dirigeants martyrs du Hezbollah (Cheikh Ragheb Harb, Sayed Abbas Mousawi, Hajj Imad Moghniyeh)

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/


    http://www.dailymotion.com/video/x6f90fw

     


    Transcription :

    [..] En ce qui concerne les violations quotidiennes de l'espace aérien libanais (par Israël), n'est-ce pas à l'Etat libanais (d'y faire face) ?

    Il n'est pas convenable, comme je l'ai remarqué durant les 2 ou 3 dernières semaines, que les déclarations libanaises officielles ne parlent que (des violations israéliennes) sur le territoire et la mer.

    En tant qu'Etat libanais, n'avons-nous pas un espace aérien ? Nous n'avons pas d'espace aérien ? Avons-nous renoncé à notre espace aérien et signé une reddition complète sur notre souveraineté là-haut, notre souveraineté aérienne, pour ne pas dire notre souveraineté céleste ? Eh bien, qu'en est-il de cette question ?

    Notre espace aérien est continuellement violé, sans aucune gêne, chaque jour, chaque heure, et des attaques sont menées contre la Syrie et d'autres pays voisins depuis notre espace aérien. Que doit-on faire face à cela ? Nous ne disons pas là qu'il faut...

    Pour que personne ne dise que le Sayed [Nasrallah] veut nous embourber dans la guerre en Syrie. Vous voyez bien que la Syrie se défend, elle.

     

    Je vais dire deux mots sur ce qui s'est passé la semaine dernière.

    La Syrie est capable de se défendre (toute seule). Ce qui s'est passé la semaine dernière est bien sûr un très grand exploit militaire (presque) inédit.

    Et en toute certitude, l'après ne sera pas comme l'avant (l'équation a changé radicalement). Et en toute certitude, à tout le moins, si on considère l'importance de cet événement de la manière la plus modeste, en ce qui concerne Israël, il ne peut plus tout se permettre sans inquiétude, exactement comme pour ce qui s'est passé (pour sa flotte) le jour où nous avons frappé (la corvette israélienne) durant la (guerre de) juillet (2006).

    Depuis ce jour, Israël fait très attention, et calcule au mètre près où ses navires peuvent s'approcher, où ils doivent s'éloigner, par où ils doivent passer dans leurs allées et venues, etc.

    En ce qui concerne les mouvements aériens, en toute certitude, cela aura une influence très importante sur les déplacements de la force aérienne israélienne.

    Les Israéliens eux-mêmes le reconnaissent. Ce n'est pas là mon propos. Je ne vais pas m'étendre sur les causes de cet événement, ses conséquences pour la Résistance et l'Axe de la Résistance, pour les luttes dans la région, etc. Non.

    Dans le sillage de mon propos initial, je veux dire que les dirigeants syriens, et ce depuis longtemps, depuis qu'ils sont largement rassurés quant à la situation interne, ils ont pris une décision : tout avion de guerre israélien qui pénètre dans l'espace aérien syrien doit être (systématiquement) pris pour cible par les défenses anti-aériennes. Il n'y a (lieu à) aucune discussion.

    Et même si des missiles sont lancés sur le territoire syrien (depuis Israël ou le Liban), les défenses anti-aériennes doivent riposter.

    Et cette décision est appliquée depuis plusieurs mois, mais ce qui s'est passé la semaine dernière, c'est que la confrontation était (particulièrement) âpre, et que Dieu le Très-Haut et l'Exalté a affermi et accordé le succès aux tirs (anti-aériens). « Lorsque tu as lancé [une poignée de sable en direction de tes ennemis, ô Prophète], ce n'était pas toi mais Dieu qui lançait. » [Coran, 8, 17]

     

    Eh bien, ce que je veux dire ici, après les falsifications qu'on a pu entendre depuis une semaine,– car vous savez que depuis des années, il y a un processus de dénigrement visant à rabaisser tout ce qui est syrien –, (falsifications selon lesquelles) la cause de cet affrontement et de cette escalade ayant mené à abattre l'avion israélien serait une décision iranienne, (ou) une décision russe : mais ce sont des propos vides de sens.

    La décision de riposter aux avions et aux missiles israéliens dans le ciel syrien est une décision syrienne, une décision des dirigeants syriens, une décision de Son Eminence le Président Bachar al-Assad, et personne d'autre.

    Les alliés de la Syrie (Iran, Russie, Hezbollah) ont seulement été informés de cette décision générale (sur tout le territoire syrien). Eh bien, (voilà pour) cette décision.

    Quant à sa mise en œuvre, du fait de la campagne de discrédit lancée contre l'armée syrienne, les armées arabes, les Arabes eux-mêmes, et que sais-je encore, qui aurait abattu l'avion (à en croire ces propagandistes) ?

    Qui se serait tenu aux commandes des défenses anti-aériennes et aurait abattu l'avion ? Les Iraniens ! Non, les Russes ! Puis (ces falsifications) se sont amoindries, et (on a prétendu que) c'est le Hezbollah.

    Non, mes chers. Ceux qui ont abattu l'avion et qui se tenaient aux commandes des défenses anti-aériennes en Syrie sont des officiers et des soldats de l'Armée Arabe Syrienne héroïque.

    Et durant ces 7 dernières années, nous nous sommes mêlés à eux bien plus que lorsqu'ils étaient au Liban (1976-2005). Lorsqu'ils étaient au Liban, nous n'étions pas très amis...

    Nous nous sommes mêlés davantage à eux, et nous avons trouvé chez les officiers et les soldats de l'Armée Arabe Syrienne un niveau de connaissance, de savoir-faire, d'expertise, d'intelligence, de courage et de précision qui les place à un très haut niveau.

    Pourquoi ce dénigrement, pourquoi ces calomnies dans la description d'une vérité dont nous devons tous être fiers, qu'on soit en accord ou en désaccord avec le régime syrien ?

    Partout dans le monde arabe et musulman, tous doivent être fiers de cet acte héroïque accompli par l'Armée Arabe Syrienne et ses défenses anti-aériennes après une décision de ses (propres) dirigeants.

    Cela doit être un objet de fierté.

    Bien sûr, nous adressons nos félicitations (à la Syrie) et nous exprimons notre fierté et notre joie face à cette intelligence, cet exploit et cet acte héroïque.

    Revenons à nous (le Liban) : ces violations (israéliennes) permanentes, jusqu'à quand vont-elles durer ?

    Lorsque (le Secrétaire d'Etat américain Rex) Tillerson est venu il y a quelques jours, ou plutôt hier, et avant lui (son adjoint David) Satterfield, peut-être que certains – pas nous évidemment, jamais de la vie – s'attendaient ou supposaient que les Américains venaient dire aux responsables libanais qu'ils étaient avec eux et à leurs côtés, qu'ils empêcheraient Israël de mettre à feu et à sang la situation sécuritaire au Liban, et ne permettraient pas à Israël de violer notre souveraineté, qu'ils accorderaient au Liban ses droits sur les eaux (territoriales libanaises), etc. Mais voyez donc ce que fait réellement le Pentagone.

     

    Combien a-t-il (récemment) demandé pour Israël ? Je ne sais pas si cela a été octroyé ou pas encore. Ils ont demandé une aide – militaire, car il s'agit du Pentagone – de 3,3 milliards de dollars pour Israël.

    Je peux me tromper sur les 300 millions de dollars (3 milliards 300 millions), disons donc seulement 3 milliards de dollars, sans les 300 millions, en aide militaire pour Israël.

    Quant à l'armée libanaise, les Etats-Unis l'aident, la soutiennent et la soutiendront (censément) à hauteur de combien ?

    40 millions de dollars. 50 millions de dollars. O mon frère, disons même 100 millions de dollars. 150 millions de dollars. De qui se moque-ton ?

     

    Les Etats-Unis donnent à Israël leur plus important avion militaire stratégique (le F-35), et quant au Liban, ce n'est pas qu'on ne lui donne pas d'avions, on ne lui donne même pas de défense anti-aérienne pour se défendre et protéger sa souveraineté.

    Quoi qu'il en soit, ce que je dis ici est qu'à ce stade, en ce qui concerne Israël, je ne pense pas que quiconque au Liban se dispute (encore).

    En 1982, entre le Hezbollah, le mouvement Amal, les mouvements politiques, les partis nationalistes et islamistes, beaucoup de voix s'élevaient et se disputaient sur la question de savoir si Israël était un ennemi ou non, avait des ambitions (territoriales) au Liban ou non.

    Mais aujourd'hui, c'est terminé. Aujourd'hui, après ce qui s'est passé et se passe encore (Israël prétend s'accaparer des gisements de pétrole et de gaz dans les eaux territoriales libanaises), y a-t-il un Libanais qui dispute les ambitions israéliennes au Liban ?

    Non. Je ne pense pas que quiconque remette cela en cause. Y a-t-il quelqu'un qui dispute le fait que sur la base de ces ambitions, il y a des menaces israéliennes contre le Liban ?

    Je considère que personne ne le remet en cause. Par Dieu, cela n'a rien à voir avec les armes du Hezbollah (dénoncées par l'alliance libanaise du 14 mars, opposée à l'alliance du 8 mars dont fait partie le Hezbollah)

    . Au lieu de remédier aux causes, les Etats-Unis prétendent remédier aux conséquences. Eh bien, pour faire face à ces ambitions et à ces menaces, nous avons un point de force (le Hezbollah), et ils s'efforcent d'en priver le Liban.

    Quoi qu'il en soit, sur cette question, de manière générale, nous devons rester vigilants et attentifs. Je ne dis pas que nous nous dirigeons vers une guerre comme le prétendent certains médias, analystes et déclarations. Pour ce qui est de (la possibilité d'une) guerre, je répète ce que j'ai toujours dit dans mes précédents discours : elle dépend de facteurs multiples.

    Bien sûr, cela ne veut pas dire que si Israël affirme ne pas vouloir la guerre, il faille nécessairement le croire sur parole.

    Peut-être qu'il veut la guerre, peut-être qu'il ne la veut pas. La seule chose qui empêche Israël d'entrer en guerre est son absence de certitude de la gagner.

     

    Et c'est là l'équation que nous ont léguée nos dirigeants martyrs (commémorés aujourd'hui). [...]

     

    Source et Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/


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    Nos cris d’indignation à propos du siège de Ghouta sonnent creux car nous ne ferons rien pour sauver les civils.


    Par Robert Fisk – Le 21 février 2018 – Source Chronique de Palestine

     

     

    Photo : ICRC

    Comment pouvons-nous protester alors que nous ne faisons rien contre l’opposition islamiste armée à Assad (je ne parle pas ici de l’EI) ou que nous n’essayons même pas d’organiser notre propre cessez-le-feu, même avec l’aide de la Russie ?

    Après tout, cela fait des années que nous armons ces gens-là.

     

    Voilà, ci-dessous quelques cruelles réalités à propos du siège de la Ghouta qui ont été enterrées sous de vrais décombres couverts de vrai sang, ainsi que sous d’hypocrites manifestations apocalyptiques d’horreur occidentales.

     

    C’est Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, qui a énoncé la première et la plus importante de ces réalités en déclarant lundi que Moscou et le gouvernement syrien « pourraient faire bénéficier [la Ghouta] de l’expérience acquise lors de la libération d’Alep ».

     

    Cette simple phrase – qu’on peut traduire par « il faut tirer les leçons d’Alep »– a été considérée par les rares personnes qui y ont prêté attention, comme un avertissement que la Ghouta allait être détruite.

     

    Mais pendant de nombreux mois, les Russes et les Syriens, ont tout tenté pour faire sortir les civils syriens de d’Alep-Est avant de la reprendre ;  après que les troupes syriennes ont énormément progressé dans la banlieue, il y a eu, en effet, un exode des innocents et des opposants armés au régime ont aussi pu partir.

     

    Beaucoup ont été escortés par des policiers militaires russes armés et en uniforme jusqu’à la frontière turque.

     

    D’autres ont préféré – sans doute sans avoir bien réfléchi – partir sous escorte, avec leurs familles, pour Idlib, le grand « dépotoir » de combattants islamistes qui est maintenant évidemment assiégé à son tour.

    Ce dont Lavrov voulait parler, c’est d’un accord similaire avec les rebelles armés de la Ghouta. Les Russes et les Syriens ont des contacts directs avec ceux qu’ils considèrent comme des « terroristes »– un mot cher à l’Occident lorsqu’ils attaquent les mêmes groupes islamistes de Nusra (al-Qaida) que les Russes ;

    C’est pourquoi, lorsque le siège du dernier district rebelle de Homs a pris fin l’année dernière, des soldats russes en uniforme ont escorté les islamistes armés et souvent encagoulés qui étaient autorisés à partir pour Idlib.

     

    J’ai vu ça de mes propres yeux.

     

    Les « rebelles » / « terroristes » / « islamistes » / « opposition armée »– choisissez le mantra qui vous plaît – sont, bien sûr, l’autre « réalité » du bain de sang de Ghouta que nous devons ignorer, passer sous silence, cacher, nier.

     

    Car les combattants de Nusra à Ghouta – qu’ils aient ou non exercé des pressions sur les civils de la banlieue pour qu’ils leur servent de « boucliers humains »– font partie du mouvement initial d’al-Qaïda qui a commis des crimes contre l’humanité aux États-Unis en 2001 et qui a  souvent coopéré en Syrie avec l’EI, la secte diabolique que les États-Unis, l’UE, l’OTAN et la Russie (ajouter ici tous les autres défenseurs habituels de la civilisation) ont promis de détruire. Les alliés de Nusra sont Jaish al-Islam, un autre groupe islamiste.

     

    C’est une situation très étrange. Personne ne doit douter de l’ampleur du massacre à la Ghouta. Ni de la souffrance des civils. Certes, on ne peut pas s’indigner quand les Israéliens attaquent Gaza (en utilisant le même argument de « boucliers humains » que les Russes d’aujourd’hui) et en même temps excuser le bain de sang à la Ghouta sous prétexte que les « terroristes » assiégés sont des islamistes d’al-Qaïda proches de l’EI.

     

    Mais ces groupes armés sont curieusement oubliés lorsque nous exprimons notre indignation sur le carnage de la Ghouta. Il n’y a pas de journalistes occidentaux pour les interviewer – parce que ces défenseurs de la Ghouta nous couperaient la tête (un fait que nous préférons aussi passer sous silence) si nous avions l’audace d’essayer d’entrer dans la banlieue assiégée.

    Et – fait incroyable – sur les images que nous recevons, il n’y a pas un seul homme armé. ``

    Cela ne veut pas dire que les enfants blessés, les enfants morts ou les cadavres ensanglantés – dont les visages sont dûment « floutés » par les sensibles chefs de rédaction de nos télévisions – ne sont pas réels ou que les films sont faux.

    Cela veut dire que les images ne montrent pas toute la vérité. Ces films – et ceux qui les font – se gardent bien de nous montrer les combattants d’al-Nusra qui sont à la Ghouta. Et il n’y a aucune chance qu’ils nous les montrent jamais.

    Sur les films archivés de sièges passés – Varsovie en 1944, Beyrouth en 1982, Sarajevo en 1992 – on voit les combattants qui défendaient ces villes, et on voit leurs armes. Mais quand on regarde les images de la Ghouta – où la quasi-totalité des films qui provenait d’Alep-Est – on dirait qu’il n’y a là aucun combattant armé. Je n’en ai pas non plus trouvé la moindre mention dans nos réactions sur les souffrances des civils dans les médias américains et européens, à part la mention que la Ghouta est « tenue par les rebelles ».

     

    Qui donc a tiré au mortier sur le centre de Damas et tué six civils – et blessé 28 autres − il y a 24 heures ?

     

    C’est peu de monde au regard de tous les morts de la Ghouta, c’est sûr. Mais ont-ils été tués par des fantômes ?

    Il s’agit là d’une omission d’importance, car pour en finir avec ce massacre de civils – il vient encore d’y avoir 250 morts de plus – il faut pouvoir établir de toute urgence un contact entre les assiégeants armés et les attaquants armés. Les déclarations de Lavrov des deux derniers jours suggèrent que les Russes avaient accepté de revenir au statut de « déconfliction » de la Ghouta, une manière bizarre de nommer un cessez-le-feu permettant d’envoyer de l’aide humanitaire à la Ghouta et de faire sortir les blessés. Mais – selon Lavrov, bien sûr – al-Nusra a rompu l’accord.

     

    Vrai ou pas, comment pouvons-nous nous plaindre alors que nous ne voulons pas nous occuper nous-mêmes de l’opposition islamiste armée à Assad (je ne parle pas ici de l’EI), ou que nous n’avons aucune intention d’organiser notre propre cessez-le-feu, même avec l’aide de la Russie ?

    Après tout, on les arme depuis des années ! Mais nous ne ferons rien de tout ça.

     

    Alors nous nous tordons les mains avec toujours plus d’hyperboles hypocrites.

     

    Au cours des dernières 48 heures, par exemple –  et j’attire votre attention là-dessus – nous avons entendu les États-Unis, des ONG et des médecins en contact avec les hôpitaux de Ghouta dire que la banlieue est le théâtre de « flagrants crimes de guerre de dimension épique » parler de « jugement dernier » de « massacre du XXIe siècle » de « violence hystérique »– qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire d’ailleurs ? – et même la pauvre ONU elle-même dire que cela « dépassait l’imagination » et que « les mots leur manquaient ».

     

    Encore une fois, oui, ce sont les Russes et les Syriens qui sont la cause des souffrances inhumaines, abominables et aberrantes des habitants de la Ghouta pour la seule bonne raison qu’ils se trouvent dans cet endroit de la Syrie pendant cette guerre. Mais les petits saints ridicules de la bureaucratie onusienne – qui, hélas, ne manqueront jamais de mots – et ceux qui décrivent le siège de la Ghouta comme « le jugement dernier » savent-ils au moins de quoi ils parlent ?

     

    Gardons le sens des proportions, malgré les atrocités.

    Auschwitz et l’holocauste juif et le génocide rwandais et l’holocauste arménien et les innombrables massacres du XXe siècle (on peut aussi ici rappeler discrètement les pertes de la Russie aux mains des hordes hitlériennes) étaient beaucoup plus proches du « jugement dernier » que la Ghouta. Comparer ce terrible siège aux crimes contre l’humanité du siècle dernier, c’est déshonorer les millions de victimes innocentes de crimes bien pires.

     

    La vérité est que ces expressions d’horreur de « notre » camp sont des substituts. Pourquoi l’ONU n’a-t-elle pas été « à court de mots » la première année de la guerre ?

    De nombreuses victimes syriennes étaient à court de mots dès 2012, notamment parce qu’un grand nombre d’entre elles étaient mortes. Selon les statistiques que nous établissons, 400 000 civils sont piégés à la Ghouta.

     

    On peut se demander si c’est bien leur nombre réel.

     

    On nous avait dit, en 2016, que 250 000 personnes étaient piégées dans Alep mais on a appris ensuite qu’il y en avait plutôt environ 92 000.

     

    Mais c’était encore assez pour qu’on puisse parler de crime de guerre.

     

    Et si seulement 200 000 personnes étaient piégées à la Ghouta ? Bien sûr, cela serait aussi une catastrophe épouvantable.

     

    La réalité est que le siège de la Ghouta continuera jusqu’à la reddition et l’évacuation. Aucune des paroles que nous prononçons n’empêchera ce sombre scénario de se dérouler jusqu’au bout, et nous le savons tous – ou du moins les gardiens de nos plus hautes valeurs morales le savent. Rien sur le terrain ne changera.

     

    Et quand la Ghouta « tombera »– ou sera « libérée » comme ses assiégeants nous le diront sans doute – alors la destruction de la ville d’Idlib commencera. Et une fois de plus, ce sera le jugement dernier, une « violence hystérique » et le « massacre du XXIe siècle » (probablement pire que les sièges d’Alep et de la Ghouta).

     

    Aucune condamnation occidentale n’empêchera l’inéluctable. Nous sommes en faillite, nous crions notre indignation sans le moindre espoir – ni la moindre intention – de sauver des innocents.

     

    C’est cela, j’en ai peur, la triste histoire de la Ghouta telle qu’elle sera relatée par  les historiens.

     

    Et le pire, c’est qu’ils auront raison.

     

     

    Traduction : Dominique Muselet   http://lesakerfrancophone.fr

     


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    Mouvements autour d’Afrin en Syrie


    Assistance astucieuse à des alliés ou Armageddon en devenir ?


     

     

    Par Andrew Korybko – Le 20 février 2018 –

     

    Source Oriental Review

    Syrian army to enter Afrin

    La Syrie aurait accepté la demande de la milice « fédéraliste » du PYD-YPG kurde d’entrer dans Afrin et d’arrêter l’avance militaire des Turcs, bien qu’il reste à voir si Damas va réellement mettre en œuvre cette décision ou non.

    Il y a eu des rapports contradictoires sur ce sujet tout au long de la semaine dernière, mais l’Agence de presse officielle arabe syrienne (SANA) a confirmé que les Unités de Mobilisation Populaire (UMP) se déploieraient dans la région pour contrecarrer les Turcs, contredisant des affirmations antérieures selon lesquelles c’est l’Armée arabe syrienne (AAS) qui le ferait directement.

     

    Même ainsi, ce serait un développement très dangereux si cela se produisait réellement car cela pourrait rapidement amener l’Armée arabe syrienne (AAS) à entrer dans la mêlée pour soutenir ses partenaires pro-gouvernementaux et déclencher ainsi une guerre conventionnelle d’État à État avec la Turquie.

    La Syrie a le droit souverain de déployer ses propres forces et celles de ses alliés n’importe où sur son territoire, mais en prenant du recul par rapport à cet idéalisme de principe et en évaluant sobrement la réalité, cette décision n’est peut-être pas la plus sage.

    Syria situation map Feb 12, 2018
    Carte de la situation en Syrie 12 février 2018

     

    Le ministre turc des Affaires étrangères a averti dans des termes non équivoques que les forces militaires de son pays ne seraient pas arrêtées par l’AAS ou les UMP, son allié si elles intervenaient au nom des Kurdes « fédéralistes » du PYD-YPG qu’Ankara assimile au PKK désigné comme une entité terroriste.

     

    Il est très probable que l’armée syrienne, lassée par la guerre et complètement épuisée, pourrait être mise en déroute par les Turcs beaucoup plus puissants si « la pression venait à se faire sentir ».

    Non seulement cela, mais il est pratiquement impossible que la Russie s’engage à « sauver la Syrie » puisque son mandat militaire est strictement anti-terroriste et la plus proche conseillère du président Assad, Mme Bouthaina Shaaban, a confirmé que Moscou a retiré toutes ses forces terrestres sauf quelques avions.

     

    En outre, le Dr. Vitaly Naumkine – le premier expert russe du Moyen-Orient et l’homme qui joue un rôle crucial dans l’organisation des efforts de paix en Syrie – a écrit dans un document, prenant position et publié au début de la conférence de deux jours du Club Valdai : « Une partie de l’élite gouvernementale pourrait avoir de plus grands espoirs dans une victoire militaire que dans les dividendes que finiront par offrir les négociations. »

    C’est la déclaration la plus forte de l’impatience grandissante de Moscou face au refus de Damas d’entériner les « compromis » que le président Poutine a suggérés aux autorités d’accepter en novembre, afin de faciliter une paix négociée au niveau international.

    Qui plus est, Damas a rejeté les résultats du Congrès du dialogue national syrien la semaine dernière, ce qui a peut-être incité Naumkine à mettre en garde contre les soi-disant « partisans de la ligne dure » qui pourraient entraver le processus de paix.

    Gardant à l’esprit les paroles de ce haut responsable et le fait que la Russie a retiré la plupart de ses forces militaires de Syrie, ainsi que le mécontentement visiblement croissant de Moscou face aux tergiversations du gouvernement syrien sur la réalisation d’une « solution politique » il y a de fortes raisons de penser que la Russie ne soutiendrait pas l’AAS si elle entre en conflit avec les Turcs, amplifiant davantage le risque existentiel auquel Damas fait face si cela permet aux Kurdes de « jouer un tour à Damas » et que la Syrie tombe droit dans ce scénario désastreux.

     

    C’est peut-être pour cette raison que les autorités n’ont jamais concrétisé leur menace implicite d’envoyer des unités militaires conventionnelles à Afrin, réalisant, à contrecœur, après l’appel téléphonique du président Poutine avec le président Erdogan, que la Russie allait les « planter là » si elles initiaient ce qui pourrait constituer un « suicide national ».

    Néanmoins, la situation est encore très explosive à l’heure actuelle et une guerre de plus grande ampleur pourrait éclater à tout moment si la partie syrienne fait la moindre erreur, laissant le monde entier regarder la suite des évènements avec une impatience fébrile.

     

    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik.

    Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime 2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride.

    Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

    Source et Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    27 février 2018
    Yémen : Parly gênée par une question sur les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite (VIDEO)

    Interrogée sur la politique de la France au Yémen, la ministre française des Armées a montré une gêne manifeste.

     

    Entre livraison d'armes et appel à l'ouverture de corridors humanitaires, Florence Parly a préféré user de la langue de bois.

    Lors de l’émission Quotidien diffusée le 23 février, le journaliste Baptiste des Monstiers est revenu sur la guerre au Yémen, et notamment sur la position de la France dans le conflit.

    Photos à l'appui, et s’appuyant sur le rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d'armement de la France, où l'on apprend que l'Arabie saoudite était entre 2007 et 2016 le second client des fabricants d'armes français, il a alors rapporté que les armes vendues par Paris à l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui mènent des campagnes de bombardement au Yémen, étaient utilisées contre les populations civiles.

     

    A partir de ces informations, le journaliste a donc décidé d’interroger la ministre des Armées, Florence Parly, lors de son déplacement le 22 février sur la base aérienne d'Avord, près de Bourges.

    Alors qu’elle venait d’effectuer un discours, le journaliste l’a interpellée : «Compte tenu de la crise qui se déroule actuellement au Yémen, est-ce que la France peut continuer à livrer des armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats ?»

    Visiblement surprise et gênée par la question, la ministre des Armées s’est contentée de déplorer «une épouvantable crise humanitaire» et «un drame humain».

    Insatisfait de la réponse, le journaliste, insistant, lui a alors demandé s’il était nécessaire de «maintenir la pression sur l’Arabie saoudite et les Emiratis» afin de les contraindre à arrêter leurs opérations militaires, ou si la France devait «garder le silence et continuer à leur livrer des armes».

     

    Face à cette nouvelle tentative du journaliste, Florence Parly a une énième fois évité de répondre clairement, se bornant à affirmer que la France n’était pas silencieuse face à cette situation et qu’elle réclamait la mise en place de «corridors humanitaires».

    Une coalition de pays arabes dirigée par l'Arabie saoudite intervient militairement dans le conflit depuis mars 2015 afin de rétablir Abd Rabbo Mansour Hadi dans ses fonctions. 

    Les ONG humanitaires dénoncent depuis le début le caractère aveugle et meurtrier des bombardements réalisés par cette coalition, ainsi que de multiples violations des droits de l'homme.

    Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 8 750 morts, dont de nombreux civils et la situation humanitaire sur place ne cesse de se détériorer. 

     

    Une épidémie de choléra a déjà touché plus d'un million de personnes, d’après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

     Source:  http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/02/


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    HISTOIRE DE L’ALGÉRIE FRANÇAISE ( 1830-1962 ) : LA BATAILLE DE SIDI BRAHIM en septembre 1845

    LA BATAILLE DE

     

    SIDI-BRAHIM

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    « La seule défaite irréparable, c’est l’oubli» (Jean BRUNE)

    PAR JOSE CASTANO 

    Après la destruction de sa smala (16 mai 1843) par le duc d’Aumale, l’émir Abd el-Kader se réfugia au Maroc d’où il lança un nouvel appel à la guerre sainte contre les troupes françaises installées en Algérie.

    Au mois de septembre 1845, il entreprit de franchir la frontière et effectua avec l’aide des populations fanatisées de sanglantes insurrections qui, sous l’influence des passions religieuses, se propagèrent sur tout le territoire algérien.

    La garnison française la plus proche de la frontière algéro-marocaine, celle de Djemmâa Ghazaouet (appelé, plus tard, Nemours), forte de 600 hommes, était commandée par le lieutenant-colonel de Montagnac, soldat fougueux, violent, aventureux, mais fort courageux.

    Le 19 septembre 1845, un chef de tente de la tribu des Souhalia (que l’on croyait fidèle), le caïd Trari, vint, insidieusement, avertir Montagnac de la présence d’Abd el-Kader dans sa tribu dans le but de provoquer un soulèvement et demander, par conséquent, l’aide et la protection de l’armée française.

    Sans prendre le temps d’apprécier si le danger couru par la tribu était réel ou, s’il s’agissait d’un piège tendu par l’émir, Montagnac –contrairement aux instructions des généraux Lamoricière et Cavaignac qui lui enjoignaient de na pas s’aventurer en rase campagne avec un effectif aussi réduit que le sien- prit la décision de former une force expéditionnaire afin de s’opposer à la violation du territoire par l’émir.

    Le 21 septembre, à 22 heures, à la tête de cinq compagnies du 8ème bataillon de Chasseurs d’Orléans, sous les ordres du chef de bataillon Froment-Coste, d’un escadron du 2ème Hussards, commandé par le capitaine Gentil de Saint-Alphonse et de quatre escouades de carabiniers commandées par le capitaine Burgard, soit 421 hommes, Montagnac se porta au devant d’Abd el-Kader.

    Le 22 septembre, arrivé aux abords de l’oued Sidi-Brahim, l’officier décida d’établir son campement. Aussitôt, et durant toute la nuit, des coups de feu furent échangés avec des cavaliers arabes.

    Le 23 septembre, à six heures du matin, Montagnac refusant l’enlisement, décida de charger et de réduire l’ennemi. Laissant le bivouac à la garde du commandant Froment-Coste avec deux compagnies, il partit, en tête des hussards, suivi de trois compagnies de chasseurs.

     

    Parvenus au pied du Kerkour, à trois kilomètres du bivouac, les hussards chargèrent une centaines de cavaliers qui, aussitôt, se retirèrent, entraînant de plus en plus loin la charge… et les chasseurs à pied exténués par leur course poursuite. Soudain, un millier de cavaliers arabes cachés jusque là derrière un pli de terrain, surgirent et, dans un déluge de feu, sous le regard d’Abd el-Kader en personne, se ruèrent sur l’avant-garde française complètement désorientée. Très vite la plupart des officiers furent mis hors de combat y compris le lieutenant-colonel de Montagnac atteint d’une balle au bas-ventre.

     

    Pendant ce temps, les trois compagnies de chasseurs, épuisées par l’effort fourni pour tenter de rattraper l’escadron, étaient assaillies par des milliers de fantassins et de cavaliers.

     

    La mêlée était indescriptible, sauvage, impitoyable, sans merci. On frappa, on perça :

    Les soldats français de leur baïonnette, les cavaliers arabes de leur lance et de leur sabre. On trancha, on brisa, on mutila, on acheva. Le sang giclait de partout, ruisselait abondamment, aveugle.

    Des blessés étaient piétinés par les chevaux, d’autres se redressaient péniblement, hagards et ensanglantés, ils étaient aussitôt décapités pour la plupart.

    Les chasseurs étaient pris au piège, sans le moindre espoir de salut. En quelques minutes, leur carré fut anéanti.

    La résistance à l’ennemi fut sublime, mais le carnage épouvantable.

    Averti par une estafette, le commandant Froment-Coste accourut avec une compagnie de chasseurs et une section de carabiniers, ayant laissé le camp à la garde du capitaine de Géreaux, à la tête de la seconde compagnie de carabiniers.

    Arrivé sur le théâtre des opérations, le détachement fut aussitôt assailli par un ennemi trente fois plus nombreux et enivré de sang. Ce fut un massacre.

    Le commandant Froment-Coste et le capitaine Burgard furent tués ; le capitaine Dutertre, grièvement blessé, fut fait prisonnier.

    Seuls, deux chasseurs réussiront, de nuit, à s’extirper d’un amoncellement de corps atrocement mutilés et rejoindre une colonne française.

    Survivants de ce carnage, les quatre-vingt-deux carabiniers du capitaine de Géreaux demeurés au bivouac, firent retraite sur le marabout de Sidi-Brahim d’où, abrités par des murs de pierres sèches et de pisé, ils allaient pouvoir organiser plus efficacement leur défense.

     

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    De nouveau une horde hurlante –toujours sous le regard attentif de l’émir- se rua sur les défenseurs du fortin mais, cette fois, des coupes sombres éclaircirent les rangs des assaillants.

     

    Vainement, Abd el-Kader envoya des parlementaires pour obtenir la reddition des carabiniers. Alors, contre toutes les lois de la guerre, il présenta aux insurgés, le capitaine Dutertre, ensanglanté mais vivant.

    Celui-ci avait été prévenu que s’il ne parvenait pas à décider ses compatriotes à se rendre, il serait exécuté sur place.

    Le carabinier Tressy, l’un des rares rescapés de ce désastre racontera plus tard : « Entouré de six arabes, le capitaine est très pâle. A l’invite de ses gardiens, il refuse d’abord de parler puis, un pistolet braqué sur la tête, il crie d’une voix affaiblie : « Camarades, Abd el-Kader m’envoie vous demander de vous rendre… Mais moi, je vous engage à résister et à vous défendre jusqu’à la mort. Vive la France ! ».

    A peine eut-il parlé, qu’il fut abattu de deux coups de pistolet tirés à bout portant. Son corps entraîné un peu plus loin, fut décapité.

    Le bourreau prit aussitôt la tête par les cheveux et vint la montrer aux défenseurs du marabout. Il éleva le sanglant trophée en ricanant.

    Cet affreux spectacle fit frémir de rage les carabiniers : quatre coups de fusil partirent en même temps, et le fanatique tomba, foudroyé, lâchant la tête ensanglantée du capitaine qui roula sur le sol.

    Croyant alors les assiégés découragés et abattus, Abd el-Kader ordonna au clairon français prisonnier, Guillaume Rolland, de sonner la retraite, celui-ci n'en fit rien et sonna, au contraire, la charge.

     

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    Durant quarante huit heures, les défenseurs du fortin résistèrent aux multiples assauts.

    Sans eau, sans nourriture et les munitions s’épuisant, la situation devenait tragique.

    Conscient de la fin inéluctable qui serait la leur s’ils demeuraient dans cette position, le 26 septembre, avant l’aube, le capitaine de Géreaux et le lieutenant Chappedelaine, son second, décidèrent de tenter une sortie dans le but de rejoindre Djemmâa-Ghazaouet.

     

    Bénéficiant de la surprise, avec leurs hommes ils se projetèrent hors de l’enceinte et culbutèrent les premières lignes d’assaillants pour la plupart endormis.

    Vers 9 heures du matin, après une marche épuisante et de multiples harcèlements qui furent fatal au lieutenant Chappedelaine, ils atteignirent l’oued El Mersa.

    Là, ils se heurtèrent à une meute hurlante accourue des douars voisins pour la curée. Assoiffés, affamés, épuisés, sans munition, les soldats français combattirent avec bravoure à l’arme blanche.

    La lutte, bien qu’inégale, se montra inhumaine, féroce.

     

    Les hommes s’aggloméraient, se liant entre eux, s’embrassant et se perçant, l’œil dans l’œil, avec des petits cris d’animaux ivres, en roulant peu à peu dans la poussière.

    Ceux qui devaient là mourir tombèrent. Ceux qui devaient trouver là de l’honneur s’y montrèrent soudain grandis. Les mains entrèrent à leur tour dans la chair vive.

    Il se donna dans cette lutte, des coups de dents et de griffes à épouvanter la jungle indienne.

    De piton en piton, de crête en crête, la voix de la montagne emportait l’horrible fracas des armes, des hurlements sauvages, des cris inhumains, des plaintes, et on imaginait aisément ce que pouvait être ce corps à corps où nul ne faisait de quartier.

     

    Ô combat héroïque qu’eût chanté Homère et qui restera obscur et ignoré, comme tant d’autres de ces combats qui auront marqué la conquête de l’Algérie !

     

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    A un contre cent, ils vendirent cher leur vie, ces hommes jeunes ou  ces vieux guerriers, tous braves et vigoureux.

    Et alors que leur capitaine, atteint de plusieurs coups de yatagan (sabre turc à lame recourbée vers la pointe) avait succombé et qu’ils étaient sur le point de succomber sous le nombre, trois coups de canon partis du poste de Djemmâa, distant de 2700 mètres seulement, jetèrent le trouble chez les arabes qui s’enfuirent emmenant avec eux une quinzaine de prisonniers.

    Huit hommes seulement échappèrent au massacre et atteignirent l’entrée du poste.

    Sur la tragédie de Sidi-Brahim, Alexandre Dumas écrira en hommage à ceux qui firent le sacrifice de leur vie :

    « Un jour, on oubliera les détails de ce magnifique combat que nous pouvons opposer à tout ce que l’Antiquité nous a légué d’héroïque et de grand !... Jetons une page de plus à ce vent qui roulait les feuilles de la Sibylle de Cumes et qui emporte toute chose humaine vers l’obscurité, le néant et l’oubli ».

     

    Dans la nuit du 26 au 27 avril 1846, sept mois après leur capture, le cousin d’Abd el-Kader, Mustapha ben Thami, fit égorger les soldats français faits prisonniers lors de cette bataille.

    Dès lors, l’armée française conduite par le Maréchal Bugeaud, n’eut de cesse de traquer l’émir et de réduire le soulèvement des tribus fanatisées au djihad.

    Aculé à la fuite perpétuelle, abandonné par les tribus les plus fidèles, le 18 juillet 1846, Abd el-Kader se réfugia pour la seconde fois au Maroc d’où il ne put reconstruire une armée, se heurtant même à l’hostilité du Sultan.

     

    Le 23 décembre 1847, l’émir se décida à revenir en Algérie où il demanda l’aman (faire sa soumission) au colonel de Montauban représentant le général Lamoricière, à Sidi-Brahim, là, précisément, où il avait remporté une de ses plus grandes et plus cruelles victoires et fut exilé, à la demande de Louis-Philippe, à Pau puis au château d’Amboise.

     

    Le 5 janvier 1848, Victor Hugo écrivait :

    « Abd el-Kader a rendu son sabre au général Lamoricière dans le même marabout de Sidi-Brahim où se fit, en septembre 1845, la boucherie de Djemâa-Ghazouet.

    Lugubre victoire qu’il est venu expier au même lieu, deux ans après, comme si la Providence l’y ramenait par la main ».

     

    L’émir fut libéré en 1852 par Napoléon III qui le reçut à Saint-Cloud et le fit acclamer à Paris, à la veille de son départ pour Damas où il mourut en 1883, grand-croix de la Légion d’honneur.

     

    C’est une habitude de la France que d’honorer l’ennemi d’hier… même quand il a les mains tâchées de sang français.

    José CASTANO

    Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

     

    Fait de bravoure extrême, la bataille de Sidi-Brahim, reste dans la mémoire des chasseurs à pied. Chaque 3ème samedi de septembre, le château de Vincennes accueille la commémoration des combats de Sidi-Brahim dénommée « journée Bleu-Jonquille » (fête nationale annuelle des Chasseurs).

    C’est en effet à Vincennes qu’en 1838, le 1er Bataillon de Chasseurs à pieds a été créé et les Chasseurs, comme leurs camarades légionnaires pour « Camerone » ou les Marsouins pour « Bazeilles » n’ont de cesse de perpétuer cette gloire.

    Le capitaine Dutertre, autant que le clairon Guillaume Rolland, sont aussi grands que Regulus, et les combattants de Sidi-Brahim égalent en bravoure les compagnons de Léonidas qui tombèrent aux Thermophiles sous les forces d’un peuple barbare.

    En 1945, les restes des soldats tués à Sidi-Brahim ont été réunis dans un mausolée à Djemmâa-Ghazaouet appelé « le tombeau des braves ». En 1962, ils ont été transportés à Paris au Musée des Chasseurs, puis, en 1965, au vieux fort de Vincennes.

    Aujourd’hui, le 8e bataillon de chasseurs a succédé à son glorieux aîné, le 8ème bataillon de Chasseurs d’Orléans. Les Chasseurs arborent sur leur épaule avec fierté le nom de Sidi-Brahim.

    De plus une célèbre marche militaire s'intitule « La Sidi-Brahim ».

    -           Cliquez sur : La Sidi-Brahim

    -          Amicale de Sidi-Brahim - Courriel : amicale418@free.fr

     

    Cet épisode tragique de la bataille de Sidi-Brahim où l’héroïsme le dispute au sacrifice et bien d’autres encore –obscurs témoins de la conquête de l’Algérie- ont été relatés dans un ouvrage intitulé« Et l’Algérie devint française… »

     

     

    Pour en savoir plus, cliquez sur: « ET L’ALGERIE DEVINT FRANÇAISE… »

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    ET AUSSI

     

     

    HISTOIRE LA PRISE DE LA SMALA D'ABB-EL-KADER LE 16 MAI 1842 EN ALGERIE DEVENUE FRANCAISE AVEC LA PRISE D'ALGER LE 5 JUILLET 1830

    LA PRISE DE LA SMALA d’Abd-el-Kader

     

    « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »(Mark Twain)

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    Par José CASTANO

    Ecrivain-historin

     

                Après la prise d’Alger par les troupes françaises du général de Bourmont, le 5 juillet 1830, une longue et pénible campagne de pacification fut entreprise, marquée, entre autres anecdotes guerrières, par la fameuse bataille de la Smala d’Abd-el-Kader.

    On entend par smala, une réunion de tentes abritant un peuplement sous l’autorité exclusive d’un « chef de clan arabe ».

     

    Plus qu'un campement, la smala est une véritable capitale itinérante de quelque 30 000 personnes, composée d’hommes de toutes conditions, de femmes, d’enfants et de cinq mille combattants armés, fantassins et cavaliers.

    La smala avait passé la fin de l’hiver 1843 à deux journées de marche au sud de Takdempt.

    Instruite qu’on était à sa poursuite, elle erra pendant quelque temps et se trouva le 16 mai à la source de Taguin. Nommé gouverneur général de l’Algérie en décembre 1840, le général Bugeaud menait une politique de conquête totale et de colonisation de l’Algérie en n’ayant de cesse de poursuivre Abd-el-Kader, qui avait proclamé la « guerre  sainte » contre « l’occupant français ».

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    Bugeaud avait été informé de la présence de la smala aux environs de Boghar.

    Il donna ordre au général Lamoricière ainsi qu’au général de brigade, Henri d’Orléans, prince d’Orléans, duc d’Aumale, de se mettre à sa poursuite.

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    Ce quatrième fils du roi Louis-Philippe, né à Paris le 16 janvier 1822 était âgé de vingt et un ans.

     

    Il avait fait ses premières armes en 1840 comme chef de bataillon au 4e régiment d’infanterie légère, puis comme lieutenant-colonel au 24e de ligne.

     

    Quand il avait été mis sous les ordres du général Bugeaud pour la première fois, le duc d’Aumale lui avait écrit le 25 juin 1841 : « Je vous prierai, mon général, de ne m’épargner ni fatigue ni quoi que ce soit. Je suis jeune et robuste et, en vrai cadet de Gascogne, il faut que je gagne mes éperons.

    Je ne vous demande qu’une chose, c’est de ne pas oublier le régiment du duc d’Aumale quand il y aura des coups à recevoir ou à donner ».

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    A cela Bugeaud avait répondu non sans grandeur : « Vous ne voulez pas être ménagé, mon prince, je n’en eus jamais la pensée. Je vous ferai votre juste part de fatigues et de dangers, vous saurez faire vous-même votre part de gloire ».

     

    Le 13 mai 1843, le duc d’Aumale qui désirait se rendre digne de son frère aîné (décédé peu de temps avant) et des commandements que sa naissance lui avait fait donner, partit de Boghar avec 1 300 fantassins et 600 cavaliers commandés par les deux plus beaux sabreurs de l’armée, le lieutenant-colonel Morris et le lieutenant-colonel Yousouf (nommé à ce grade par le roi aux Spahis d’Oran), devenu chef des spahis indigènes.

    Trois jours après, il apprit que la smala se trouvait à 80 kilomètres au sud de Goudjila. Pour l’atteindre, il fallait franchir vingt lieues d’une traite sans une goutte d’eau.

     

    Alors que les soldats étaient à la recherche de la source de Taguin pour se désaltérer, le prince fut informé de la présence inattendue de la smala à cette même source et décida de s’y rendre avec sa seule cavalerie.

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    Abd-el-Kader était absent, ainsi que ses principaux lieutenants, mais leurs familles étaient là.

     

    Le 16 mai, les cavaliers français se présentèrent en vue de l’imposant campement.

    Qu’allait devoir faire le jeune duc ?

    Attendre l’arrivée des fantassins ou se risquer à engager, à six cents, le combat contre un ennemi redoutable et dix fois supérieur en nombre ?

    La tentation était cependant trop forte… Confiant en la qualité guerrière de ses hommes, il ne tergiversa point et s’écria : « En avant ! ».

    Et, le sabre au poing, il mit sa monture au galop, imité en cela par ses hommes.

    Toute la cavalerie s’élança alors, répartie en trois groupes :

    L’un à gauche, commandé par le lieutenant Delage, le second au centre, ayant pour chef le lieutenant-colonel Morris, le troisième à droite, sous les ordres du capitaine d’Epinay, le lieutenant-colonel Yousouf demeurant aux côtés du duc.

    Aussitôt le combat s’engagea avec les fantassins arabes.

    La cavalerie des Ilachems, tous parents de l’émir, se jeta à son tour dans cette mêlée confuse et meurtrière où l’on ne faisait pas de quartier.

    Enfin, le combat cessa dans une panique indescriptible et une fuite générale de la populace…

    Les arabes perdirent trois cents des leurs dans cette bataille épique et on dénombra neuf tués et douze blessés du côté français.

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    La smala d’Abd el-Kader, capitale mobile de l’empire nomade de l’émir venait d’être conquise.

    Outre le dépôt militaire, cela représentait une agglomération considérable vivant sous la tente et gardée par cinq mille soldats réguliers. I

     

    l y avait là toutes les richesses de l’émir, sa famille, son harem, ses archives, son trésor de guerre, ses ateliers de tous corps de métiers, ses provisions, ses armes, ses troupeaux, des otages de tous ordres et un nombre considérable d’esclaves pour servir et faire vivre un aussi gigantesque campement.

    Le peintre Horace Vernet, qui représenta la scène dans l’immense tableau du musée de Versailles, fit figurer Yousouf en bonne place.

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    Un des innombrables prisonniers dira à l’issue de la bataille : «  Quand nous pûmes reconnaître la faiblesse numérique du vainqueur, le rouge de la honte couvrit nos visages car si chaque homme de la smala avait voulu combattre ne fût-ce qu’avec un bâton, les vainqueurs eussent été les vaincus mais les décrets de Dieu ont dû s’accomplir ».

    Un des bons soldats d’Afrique, Charras, écrira à propos de ce hardi coup de main : « Pour entrer avec 600 hommes au milieu d’une pareille population, il fallait avoir vingt et un ans, ne pas savoir ce que c’est que le danger ou bien avoir le diable au ventre.

    Les femmes n’avaient qu’à tendre les cordes des tentes sur le chemin des chevaux pour les faire culbuter et qu’à jeter leurs pantoufles à la tête des soldats pour les exterminer tous depuis le premier jusqu’au dernier ».

     

    Cette fois, la guerre semblait finie.

     

    Le 31 juillet 1843, Louis-Philippe éleva Bugeaud à la dignité de Maréchal de France et nomma le duc d’Aumale gouverneur de la province de Constantine… avant qu’il ne succédât à Bugeaud comme gouverneur de l’Algérie.

     

    La prise de la smala eut une influence considérable sur la suite des opérations militaires contre l’émir.

    Elle condamna celui-ci à l’errance perpétuelle sur les confins algéro-marocains pour tenter d’échapper aux colonnes françaises… jusqu’au 23 décembre 1847, date à laquelle l’émir se décida à revenir en Algérie où il demanda l’aman (faire sa soumission) au colonel de Montauban représentant le général Lamoricière, à Sidi-Brahim, là, précisément, où il avait remporté une de ses plus grandes et plus cruelles victoires.

     

    Il fut exilé, à la demande de Louis-Philippe, à Pau puis au château d’Amboise avant d’être libéré et de partir pour l’exil.

     

    José CASTANO

    Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

     

    Mon précédent article intitulé : « La bataille de Sidi-Brahim » relatait l’épopée héroïque du 8ème bataillon de Chasseurs d’Orléans.

    Reconstitué sous l’appellation de 8e bataillon de chasseurs, il fut à son tour victime de la « purge militaro-administrative » et dissous le 7 mai 1999. Une amicale perpétue son souvenir :

    Amicale des Anciens du 8° Bataillon de Chasseurs à Pied

    Musée des Chasseurs - Château de Vincennes - Avenue de Paris –

    94306 VINCENNES Cedex

    Courriel : samc@bleujonquille.fr

     
    Source et Posté par DIACONESCO_TVà -

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    EXCLUSIF - L’armée de Terre russe à Damas

    Publié par wikistrike.com sur 1 Mars 2018, 07:36am

    Catégories : #Politique internationale

    Tous les commentateurs ont souligné au cours des quatre dernières années l’impossibilité pour la Russie de déployer des troupes terrestres face aux jihadistes en Syrie au risque de revivre leur défaite d’Afghanistan.

    Mais ce qui est vrai si Moscou s’affronte par proxies interposés à Washington, est faux si les deux Grands s’accordent sur l’avenir non seulement de la Syrie, mais de la région.

     

    Thierry Meyssan a été le premier au monde à annoncer l’arrivée de l’armée russe en Syrie, en 2015.

     

    Il est aujourd’hui le premier à annoncer le déploiement de son infanterie.

    Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

    Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

     

    Washington a décidé de reléguer le projet de destruction des États et des sociétés du Moyen-Orient élargi au second plan de ses préoccupations, et de concentrer ses forces pour s’opposer au projet chinois de route de la soie.

    C’est ce qui aurait été acté par le président Donald Trump et le Premier ministre australien (représentant les Britanniques) Malcolm Turnbull, le 24 février à la Maison-Blanche.

    Il ne s’agit pas simplement du conflit traditionnel entre l’Empire maritime anglo-saxon d’une part et le projet commercial terrestre chinois d’autre part.

     

    Mais aussi du danger que fait courir l’industrie chinoise à celle de l’ensemble du monde développé.

    Pour faire vite, alors que dans l’Antiquité, les Européens étaient avides des soies chinoises, aujourd’hui tous les Occidentaux craignent la concurrence des voitures chinoises.

     

    Beijing ayant renoncé à faire passer la route de la soie sur son tracé historique de Mossoul et de Palmyre, les États-Unis n’ont plus d’intérêt à sponsoriser des jihadistes pour créer un Califat à cheval sur l’Iraq et la Syrie.

     

    C’est également le 24 février que la Russie et les États-Unis ont présenté la résolution 2401 au Conseil de sécurité ; texte qui était déjà prêt depuis la veille et dont pas un mot n’a été changé tandis que l’on faisait mine de poursuivre des tractations.

     

    Prétendument adoptée en réponse à la campagne médiatique française pour sauver la population de la Ghouta, cette résolution traite en réalité de la solution pour presque toute la Syrie.

    Elle laisse en suspens la question du retrait des troupes turques et états-uniennes. Concernant ces dernières, il n’est pas impossible qu’elles rechignent à quitter l’extrême Nord-Est du pays.

     

    En effet, si la Chine décidait de faire passer la route de la soie par la Turquie, Washington soufflerait sur les braises pour créer un Kurdistan en territoire kurde (si l’on admet que l’Anatolie du Sud-Est n’est plus un territoire arménien depuis le génocide) et couper la route de Beijing.

     

    Moscou a déplacé de nouveaux avions sur sa base d’Hmeimim, dont deux avions furtifs Su-57 ; des bijoux de technologie que le Pentagone n’imaginait pas opérationnels avant 2025.

     

    Surtout, Moscou, qui jusqu’à présent limitait son engagement en Syrie à son armée de l’Air et à quelques Forces spéciales, a secrètement acheminé des troupes d’infanterie.

     

    Le 25 février au matin, l’Armée de Terre russe est entrée aux côtés de l’Armée arabe syrienne dans la Ghouta orientale.

     

    Il est désormais impossible, pour qui que ce soit, d’attaquer Damas ou de tenter de renverser la République arabe syrienne sans provoquer automatiquement de riposte militaire russe.

     

    L’Arabie saoudite, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni, qui avaient secrètement constitué le « Petit Groupe », le 11 janvier, afin de saboter la paix de Sotchi, ne pourront plus rien entreprendre de décisif.

     

    Les gesticulations des ministres britannique et français des Affaires étrangères, Boris Johnson et Jean-Yves Le Drian, ne peuvent masquer le nouvel accord entre la Maison-Blanche et le Kremlin ainsi que la légalité internationale de la présence militaire russe et son action en faveur des civils prisonniers des jihadistes.

     

    Ils ne peuvent espérer remettre cet accord en question comme leurs pays respectifs le firent en juillet 2012, tant les situations sur le terrain et dans le monde ont changé.

     

    Si nécessaire, nous feindrons tous de ne pas savoir que les deux principales factions armées présentes dans la Ghouta orientale (la pro-saoudienne et la pro-qatarie) dépendaient d’Al-Qaïda. Elles seront discrètement exfiltrées.

     

    Les officiers du MI6 britannique et de la DGSE française (qui agissaient sous couvert de l’ONG Médecins sans frontières) seront rapatriés.

     

     

    La guerre n’est pas terminée sur l’ensemble du territoire, mais elle l’est déjà à Damas.

     
     

    Source 
    Al-Watan (Syrie)

     

    ------------------------------- Document joint

    Al-Watan, #2847

    PDF 

    http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/28471.pdf

    http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/28471.pdf


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    Les Américains bombardent les Syriens à Deir ez-Zor

     

     

    Par Antoine de Lacoste

     

     

    Le siège de Deir ez-Zor fut un des hauts faits d’armes de la guerre qui ravage la Syrie depuis six ans.

    Après des mois de résistance acharnée, l’enclave loyaliste (un tiers de la ville) avait été libérée par l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe.

    Daesh était une nouvelle fois vaincue et devait abandonner sa dernière ville importante en Syrie.

    C’était en septembre dernier, sur l’Euphrate.

    Au-delà du fleuve, il y a les champs de gaz et de pétrole, jusqu’à la frontière irakienne.

    Les Américains sont alors entrés en scène et ont organisé l’occupation par les Kurdes de la rive Est de l’Euphrate.

    Ce territoire est exclusivement peuplé d’Arabes mais peu importe.

     

    Il s’agissait d’empêcher le régime de reconquérir trop de territoire et trop de ressources financières.

    Depuis, les choses étaient figées : l’armée syrienne à l’Ouest, les Kurdes et les conseillers américains à l’Est.

    Mais avec l’offensive turque contre l’enclave kurde d’Affrin (au nord-ouest du pays), plusieurs centaines de volontaires kurdes ont quitté la région de Deir ez-Zor pour rejoindre leurs frères attaqués.

    L’armée syrienne les a laissés passer.

    Damas a pensé alors, qu’affaiblie, la résistance kurde serait symbolique et qu’un déploiement de force au-delà du fleuve était possible.

    Plusieurs centaines d’hommes ont donc traversé l’Euphrate. L’aviation américaine (pudiquement appelée « aviation de la coalition ») est aussitôt intervenue massivement, tuant plusieurs dizaines de combattants.

    Parmi eux des chiites iraniens et afghans ainsi que des arabes de la région, membres des milices pro-Damas.

    Ce coup de poker se solde donc par un échec. Les Américains ont clairement indiqué qu’ils continueraient d’occuper cette partie de la Syrie, sans d’ailleurs le moindre mandat ni du régime syrien ni de l’ONU.

    Leur objectif principal est connu : il s’agit d’assurer une présence permanente par le biais des Kurdes afin d’empêcher une implantation durable de l’Iran, nouvel empire du mal pour Washington.

     

    Bien évidemment, l’offensive turque contre Affrin perturbe leur plan, car il a bien fallu lâcher son fidèle allié kurde dans cette bataille afin de ne pas heurter de front la Turquie, toujours membre de l’OTAN.

     

    Mais la région de Deir ez-Zor, loin de la frontière turque, n’intéresse pas Erdogan et les Kurdes, couverts par l’aviation américaine, peuvent continuer d’occuper ces territoires et d’engranger les recettes gazières…

     

    Il n’est toutefois pas certain que cette occupation se poursuive encore longtemps sans accroc dans une région de peuplement exclusivement arabe car chacun sait que Kurdes et Arabes vivent rarement ensemble pacifiquement.

     

    Pendant ce temps, dans Deir ez-Zor libérée par l’armée syrienne, SS Ignace Aphrem II Karim, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient de l’Eglise syriaque orthodoxe, célébrait une messe dans les décombres de l’église Sainte Marie.

     

    La première depuis six ans.  

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    1 mars 2018
    Alexandre Del Valle sur la Ghouta : «Les véritables criminels, ce sont les djihadistes» (VIDEO)

    Les groupes armés rebelles retranchés dans la Ghouta, tels Jaïch al-Islam, refusent aux civils la possibilité de quitter les zones de combats.

     

    Le géopolitologue Alexandre Del Valle rappelle que cette stratégie est celle du bouclier humain.

    «Aujourd'hui dans la Ghouta, on a un problème. C'est qu'on a des djihadistes liés à al-Qaïda, ex-Front al-Nosra [désormais] Fatah al-Cham, qui s'est noyé dans un groupe qui a changé de nom pour avoir l'air respectable, et encore d'autres groupes soutenus par l'Arabie saoudite qui ont refusé les termes de l'évacuation. On oublie de le dire.»

    Pour Alexandre Del Valle, professeur, écrivain et auteur de Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation des sociétés ouvertes (L'artilleur, 2016), la situation dans la Ghouta orientale n'est absolument pas celle qui est décrite dans une certaine presse ou par les dirigeants occidentaux.

    «[Ils] prennent des populations civiles en otage, un peu comme fait le Hamas quand Israël veut bombarder», continue-t-il, analysant la stratégie des rebelles de la Ghouta de la façon suivante :

    «On accuse l'ennemi [Damas] de faire des carnages mais soi-même on se cache exprès [parmi] une population qu'on empêche de partir pour être sûr qu'il y ait un carnage.»

    Et d'ajouter pour conclure : «Donc les véritables criminels qui sont à l'origine de la mort de ces civils, ce sont les djihadistes qui ont refusé les termes de l'évacuation et qui prennent leurs femmes, leurs enfants comme boucliers humains.»

    Ce sont des islamistes extrêmement radicaux

    Alexandre Del Valle s'attache également à nommer correctement ce que recouvre le vocable de «rebelle» : «Il faut quand même dire que la totalité des mouvements soi-disant rebelles – ça fait presque sympathique, "rebelles"– sont des djihadistes d'obédience salafiste ou Frères musulmans [...] ce sont des islamistes extrêmement radicaux.»

    source   http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/03/

     

     

     ET AUSSI

     

     

    Le troisième jour de trêve humanitaire dans la Ghouta orientale sous une pluie de tirs

    Publié par wikistrike.com sur 1 Mars 2018, 19:07pm

     

    Qui finance et qui arme ?

    Qui finance et qui arme ?

    Après deux premières trêves torpillées, les terroristes continuent d'empêcher l'observation du cessez-le-feu dans la Ghouta orientale. Ainsi, le troisième jour s'est également avéré infructueux, a affirmé un correspondant de Sputnik.

    La troisième trêve humanitaire dans la Ghouta orientale, terminée à 14h00, heure locale (13h00, heure de Paris), n'a toujours pas porté ses fruits.

     

    Les djihadistes continuent de retenir les habitants locaux et les empêchent d'emprunter le couloir humanitaire, menacés de mort, a précisé un correspondant de Sputnik.

    Au cours du troisième jour de trêve humanitaire, des groupes armés ont entrepris trois attaques contre le couloir dans la localité de Muhayam-al-Wafedin. Néanmoins, les attaques ont été repoussées par les troupes gouvernementales.

    Auparavant, le représentant du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, le général de division Vladimir Zolotoukhine, a affirmé que l'échec de la trêve était dû aux actions de groupes armés illégaux qui voulaient utiliser les civils comme boucliers humains, en se cachant derrière eux, ils ouvraient impunément le feu contre les quartiers résidentiels de Damas et contre les forces gouvernementales.

    De même, des extrémistes de la Ghouta orientale diffusent des affiches pour s'adresser aux locaux et les forcer à rester chez eux et à ne pas quitter la zone, les menaçant de mort.

    Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré lundi qu'à la demande de Vladimir Poutine une trêve humanitaire quotidienne serait instaurée dans la Ghouta orientale à partir du 27 février entre 9h et 14h, heure locale.

    Les deux premières trêves humanitaires ont également été torpillées par les groupes radicaux. Aucun civil n'a pu quitter le secteur.

     

    Les forces armées syriennes respectent toutefois le cessez-le-feu et ne réagissent pas aux provocations, a déclaré Vladimir Zolotoukhine.

     

    Source    http://www.wikistrike.com/2018/03/


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    Damas rejette une médiation perfide de Paris, accusant la France de soutenir le terrorisme

     

     

    La Syrie a rejeté, vendredi 24 février 2018,  une offre perfide de médiation de la France afin de sauver les groupes terroristes piégés dans la Ghouta orientale.

    Dans un langage plus diplomatique, Paris, en retard de deux révolutions et demi, se proposait de résoudre la crise syrienne.

    Voici quelle fut la réponse de la diplomatie syrienne:

    Les conditions requises pour une médiation française pour la paix en Syrie ne sont pas réunies. Damas n’en veut pas, car la France n’est pas à la hauteur d’un tel rôle…  Les politiques de la France prises, depuis le début du conflit, envers Damas, au Conseil de sécurité étaient toujours basées sur de fausses accusations et des mensonges.

     

    La France qui a été le porte-étendard du soutien aux groupes terroristes actifs en Syrie, dont et notamment le Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et ses groupuscules alliés, et cela dès les premiers jours du conflit, n’a pas les compétences d’une médiation pour la paix en Syrie

    Une réponse pour le moins cinglante. Damas considère officiellement la France comme un pays soutenant le terrorisme en Syrie.

    Les gouvernements français depuis Sarkozy ne s’en cachent pas d’ailleurs et ont ratissé toutes les banlieues malfamées de France et de Navarre pour recruter des racailles se découvrant subitement l’envie de mener le Djihad Otanien en terre syrienne contre le méchant Bashar, qui trucide les bons musulmans de la mythique Oumma (une notion très vague d’unité du monde musulman en dehors du concept d’Etat-Nation) ou encore en fournissant des armes, des munitions, des médicaments, de faux documents de voyage, des centaines de recrues et des tribunes médiatiques aux terroristes de Syrie.

    Ce soutien ne s’est pas limité à l’envoi de volontaires mais s’est traduit par le noyautage complet d’ONG comme Médecins Sans Frontières (MSF) au profit de la cause terroriste sans le moindre scrupule. Un manque de scrupule assumé par l’ex-Chef de la diplomatie française, Laurent Fabius (le type du sang contaminé) qui a finit par lâcher en public,  non sans un éternel rictus de hyène tachetée, que « le Front Ennosra (Al-Qaïda) faisait du bon boulot en Syrie ».

    La France n’est pas la seule à soutenir les terroristes en Syrie. Le Royaume-Uni, grand spécialiste en la matière, puisqu’il fut la première puissance à littéralement créer le radicalisme islamiste et à l’entretenir avant de l’exploiter, est trempé jusqu’au cou dans toutes les opérations clandestines et les coups fourrés au Levant.

    Damas estime que ni la France ni le Royaume-Uni ne sont à la hauteur pour jouer le rôle d’un médiateur compétent.

    Comprendre par là que ces deux pays ne sont que des seconds couteaux œuvrant pour des commanditaires plus puissants au détriment même de leurs intérêts dans la région.

    Suprême injure, la diplomatie syrienne a clairement laissé entendre que l’offre de médiation française du 7 février 2018 était motivée par l’appât du gain et en l’occurrence de futurs contrats d’exploitation de richesses fossiles ou de reconstruction.

    Entre les lignes, Damas veut assurer Paris et ses acolytes qu’ils auront « que dalle » le jour où il sera question de reconstruire la Syrie.

    source:https://strategika51.wordpress.com/2018/02/24/damas-rejette-une-mediation-perfide-de-paris-accusant-la-france-de-soutenir-le-terrorisme/


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    Ghouta Orientale: Sac de noeud et chèvre des néocons

    Ghouta Orientale: Sac de noeud et chèvre des néocons

      

    Les médias occidentaux pètent les plombs sur la situation en Ghouta Orientale. La propagande va crescendo et se vautre dans l’hystérie.

    Ou plutôt, elle est coordonnée pour préparer l’opinion publique à un type encore plus obscène d’intervention occidentale, à la mise en scène propagandiste endémique partout où on trouve ceux qu’on appelle « casques blancs ».

     

    Il n’y a pas le moindre reportage occidental en provenance d’Afrin, quotidiennement bombardée par les Turcs, alliés des Américains.

     

    Non, il n’est question que de la Ghouta, où les terroristes de l’Amérique et de l’OTAN sont en attente d’annihilation.Peu ou pas du tout d’informations non plus sur le carnage d’inspiration saoudienne au Yémen…

    Il est évident que les Forces du Tigre ne se lanceront pas à l’attaque tant que les groupes terroristes Al Qaeda, Hay’at Tahrir al-Cham, Jaych al-Islam, Faylaq al-Rahmane, et d’autres qui ne sont pas compris dans le cessez-le-feu négocié par Moscou, n’auront pas été pilonnés jusqu’à la déroute.

     

    On dit que le Major-Général Souheil al-Hassan a été démoralisé par le peu d’enthousiasme du Dr Assad de s’engager dans une victoire totale dans la Ghouta, certaines sources prétendant qu’il a été accueilli avec beaucoup d’affection par le Président, mais qu’on lui a dit de se retenir jusqu’à ce que l’atmosphère « politique » se soit améliorée. En réalité, rien de tout cela n’est vrai.

    On a laissé au général Al-Hassan toute latitude pour décider quand il convenait de lancer sa grande offensive, et il est évident qu’il a opté pour la continuation du processus de ramollissement, de manière à préserver ses propres acquis et la vie de ses hommes.

     

     

     

    Plus important encore, le général Al-Hassan est obligé de prendre en compte la vie des civils innocents, qu’on est en train de mettre dans des cages pour s’en servir comme boucliers humains. Mohamed « Allouche », criminel de guerre par excellence*, a donné l’ordre à ses gorilles de construire un millier de cages pour empêcher toute attaque aérienne.

    Sur la base d’informations que j’ai glanées chez mes propres sources, l’attaque a commencé comme manœuvre de sondage destinée à tester les défenses des rats retranchés.

     

    Certaines sources occidentales ont estimé le nombre des rongeurs enfermés dans la Ghouta à plusieurs milliers, un grand nombre d’entre eux ayant acquis des compétences non négligeables dans l’art de terroriser les populations. D’autres sources estiment que ces vermines sont moins d’un millier.

     

    Ma source ne peut pas se prononcer sur leur nombre mais estime qu’il est très « gérable ».

    Quoi qu’il en soit, si les lignes de défense sont aussi faibles qu’elles en ont l’air et si l’arsenal mis à la disposition des rongeurs a été épuisé avec peu de possibilités de réapprovisionnement du fait de l’encerclement de la Ghouta, alors, dans ce cas, l’opération ne devrait durer que peu de semaines et ce délai, à cause de la présence d’environ 400.000 civils.

    À en juger par les réactions à de nombreux d’articles des médias « mainstream », il est clair que personne ne croit aux contes occidentalo-sionistes. Presque tous les lecteurs qui postent des commentaires accusent les MM de diffuser des fables propagandistes.

    Si on se réfère au nombre de commentaires générés par la Syrie et si on les compare à ceux sur des sujets se rapportant davantage à la politique intérieure américaine, on peut en conclure que très peu de gens [aux USA, ndt] suivent les événements de Syrie.

    Ce que je veux dire, c’est que les MM ont misérablement échoué à sortir le public occidental de son apathie. Il semble qu’il ne trouve pas la Syrie aussi intéressante que le Super Bowl ou les massacres de Floride.

    Mohamed “Allouche” sait qu’il n’y a, pour lui, nul autre endroit où aller que l’enfer. Comme celles d’Abdullah al-Muhaysini, les traces de ses pas sont les marques sanglantes laissées par des milliers de civils innocents et de soldats gouvernementaux.

    Dès qu’ils seront morts, l’un et l’autre entreront dans l’oubli qu’ils méritent amplement et, au fur et à mesure que le temps passe, ils pourraient se mettre à soupçonner qu’Allah n’est pas du tout de leur côté et que peut-être… peut-être… l’Enfer plein de flammes promis aux pécheurs par le Coran ne demande qu’à être élargi pour les accueillir, eux et leurs sous-fifres.

    Les tanks T-72 font chauffer les moteurs et se préparent à entrer très bientôt en action, dans ce qui sera une avancée lente, étape par étape, et qui aura pour objectif de préserver au maximum les vies des civils et des soldats.

    Le dispositif de basculement anti-TOW a été énormément amélioré, rendant les plateformes anti-blindage de fabrication américaine inutilisables contre les tanks des Forces du Tigre. Les soldats syriens sont aguerris au combat et superbement entraînés sur le terrain où ils opèrent depuis près de sept ans. Voici venu le temps des comptes, où les cannibales qui infestent la Ghouta vont devoir se mettre à écrire leurs lettres d’adieu à leurs nuisibles parents de Tchétchénie, du Xinjiang ou d’Albanie, ou de n’importe lequel des pays qui les a engendrés – USA, France, Grande Bretagne, Allemagne ou Arabie Saoudite, entre autres.

    L’État d’Apartheid Sioniste, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la France, l’Angleterre et le Koweit sont atterrés à l’idée qu’ils vont perdre la Ghouta et qu’elle va tomber aux mains du gouvernement. Une fois la Ghouta délivrée de la puanteur des chimpanzés wahhabites, l’Armée Syrienne, qui compte maintenant près d’un demi-million de combattants (si on y comprend les milices) aura les mains libres pour s’occuper d’Idlib et y mettre à mort les plans de Bandar ben Sultan, dont la tête est littéralement mûre pour être cueillie.

     

    Les États-Unis sont de toute évidence à la manoeuvre et participent au bruit et à la fureur dont le but est de subvertir les plans de la Syrie pour extirper la menace terroriste. Pourquoi ?

    Parce que la Russie et l’Iran ont gagné. Pour l’Iran, c’est le gazoduc, le Croissant Fatimide et le libre accès au Hezbollah et à la Palestine.

    Pour la Russie, c’est le rêve d’un port sur la Méditerranée et d’une base aérienne à Humaymim. Malgré des décennies de loyauté syrienne envers Moscou, il n’y a jamais eu un gouvernement syrien qui ait été disposé à louer un port ou une base aérienne pour cent ans.

     

    L’échec de l’Amérique à ralentir la croissance de cette nouvelle alliance : Russie-Iran-Irak-Chine-Syrie et Liban, vole en cercles concentriques, comme un grand albatros, autour des têtes des néocons, ou leur pend dessus comme une épée de Damoclès.

    Les Sionistes s’obstinent à poursuivre une politique totalement désespérée qui soulagerait leur amertume. Ils n’acceptent tout simplement pas leur défaite et sont plus que jamais déterminés à brutaliser la CIA pour obtenir qu’elle s’enfonce dans une misérable aventure étrangère de plus.

    Incapables d’exciter les passions du public américain pour lui faire soutenir une autre guerre étrangère, ils ont pris le parti d’utiliser les médias en guise de substitut chargé de fantasmer de stridentes démonstrations et de pousser avec insistance à une action militaire susceptible de stopper l’inévitable ascension de la nouvelle alliance. Les défaites succédant aux défaites, on ne peut que supposer que les jours des terroristes de la Ghouta sont comptés.

    *En français dans le texte.

    Ziad Fadel

    Ziad Fadel est avocat depuis 35 ans, traducteur-juré et interprète (arabe-anglais) pour la Cour Suprême des États-Unis. Il est le rédacteur en chef de Syrian Perspective (The Real Syrian Free Press)

    Source : https://www.syrianperspective.com/2018/02/tangled-web-in-…

    Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

    via:http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2018/03/02/ghouta-orientale-et-jeuzo-d-hiver-8807743.html


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    Syrie: le régime a repris 10% d'une enclave rebelle dans la Ghouta orientale

     

    Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le , mis à jour à
    Un jeune Syrien regarde du balcon d'um immeuble endommagé les destructions dans la localité d'Aïn Tarma dans l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale.

    Un jeune Syrien regarde du balcon d'um immeuble endommagé les destructions dans la localité d'Aïn Tarma dans l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale.

    afp.com/Ammar SULEIMAN

     

    Les combats au sol se sont intensifiés après une campagne aérienne dévastatrice et meurtrière du régime et ses alliés.

    Les forces syriennes et leurs alliés ont repris le contrôle de 10% de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, à la faveur de combats au sol qui se sont intensifiés après une campagne aérienne dévastatrice et meurtrière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

     

    LIRE AUSSI >> Syrie: l'introuvable "Pax russiana" 

     

    Soutenu par son allié russe, le régime de Bachar al-Assad a accentué ces derniers jours les attaques au sol contre les rebelles dans les secteurs périphériques de l'enclave, aux portes de Damas.

    Après avoir reconquis plusieurs localités, le régime a repris le contrôle de 10% du secteur tenu par les insurgés, a rapporté l'ONG. Ces nouveaux territoires conquis forment un croissant allant de l'est au sud-est de l'enclave rebelle. 

    Auparavant, elles avaient notamment pris le contrôle des deux localités d'Otaya et Chifouniya, ainsi que deux bases militaires aux mains de Jaich al-Islam, l'un des groupes rebelles contrôlant l'enclave, selon la même source. 

    642 civils tués dont 152 enfants

    Le pouvoir syrien ne cache pas son intention de reconquérir l'ensemble de la Ghouta orientale après avoir dépêché des renforts mi-février autour de l'enclave rebelle, où quelque 400 000 civils sont assiégés depuis 2013. Les prorégime contrôlent déjà les deux tiers de la Ghouta, et les rebelles un tiers. 

    Évoquant "la progression de l'armée dans la Ghouta orientale", le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Ayman Soussane a assuré que "les terroristes goûteront à la défaite prochainement dans la Ghouta, comme ils l'ont connue à Alep", deuxième ville du pays. 

    Le scénario n'est pas sans rappeler ce qui s'est passé en 2016 à Alep, où les rebelles ont dû abandonner leurs quartiers, après un siège asphyxiant et des bombardements dévastateurs du régime et de son allié russe. 

    Les premières victimes de cette campagne restent les civils. Samedi, six civils ont péri, selon l'OSDH.

    Au total, 642 civils dont 152 enfants ont été tués dans la campagne aérienne d'une rare intensité lancée par le régime le 18 février. 

    Un couloir humanitaire censé permettre l'évacuation des civils, des malades ou des blessés de la Ghouta et l'entrée de convois d'aides, est resté néanmoins vide.

     

    Au grand dam des habitants assiégés qui souffrent de pénuries de nourriture et de médicaments. 

     

    Source et Publication:  https://www.lexpress.fr/actualite/monde/syrie

     


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    Syrie – Afrin, Idlib et la Ghouta orientale


    Moon of Alabama
    Moon of Alabama

    Par Moon of Alabama– Le 3 mars 2018

    Après un lent démarrage, l’attaque turque et djihadiste contre le canton d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie progresse.

    Malgré une connaissance intime du terrain et des années de préparation, les forces kurdes locales des YPK ont peu de chances de lui résister.

    Pour agrandir

     

    Les Kurdes sont écrasés par les avions de guerre et l’artillerie turcs qui soutiennent la force adverse qui les attaque. Les troupes terrestres que la Turquie utilise sont principalement des combattants de l’Armée syrienne libre islamiste dirigés par des officiers turcs.

    Il y a des forces spéciales turques sur le front pour organiser les attaques de l’artillerie et les frappes aériennes.`

    Pas plus tard qu’hier, les forces aériennes turques ont effectué plus de 30 missions de bombardement sur un front relativement étroit.

    Aujourd’hui, quelque 36 combattants ont été tués par des frappes aériennes turques.

     

    La semaine dernière, d’autres forces kurdes et des paramilitaires du gouvernement syrien sont venus renforcer les forces kurdes locales.

    Des groupes kurdes ont quitté les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis dans l’est de la Syrie, traversé un territoire tenu par le gouvernement syrien, et rejoint Afrin.

     

    Des groupes kurdes de la ville d’Alep ont confié le contrôle de deux des trois districts qu’ils détenaient au gouvernement syrien pour rejoindre leurs frères à Afrin.

    Un contingent de 500 combattants paramilitaires syriens venant de deux villes chiites près d’Afrin s’est également joint au combat.

    L’armée turque a tenté d’empêcher les convois qui venaient renforcer Afrin de passer mais la plupart des combattants ont réussi à atteindre la ligne de front.

     

    La Croix-Rouge syrienne a envoyé un convoi d’aide humanitaire au million d’habitants du canton.

    Les forces kurdes des YPG qui contrôlent Afrin ont un choix douloureux à faire.

     

    Le gouvernement russe et le gouvernement syrien sont prêts à leur apporter un appui total à condition que les Kurdes acceptent de se remettre sous le contrôle du gouvernement syrien comme tous les autres citoyens syriens.

    S’ils l’acceptent, les avions turcs disparaîtront immédiatement du ciel d’Afrin.

    Mais les Kurdes veulent absolument garder leurs propres forces militaires et policières ainsi que leur administration locale non élue.

    S’ils continuent comme ça, les forces turques vont envahir le district et tout sera perdu.  C’est l’un ou l’autre.

    Le gouvernorat et la ville d’Idlib sont tenus par divers groupes alignés sur la Turquie.

    Les plus grands de ces groupes sont al-Qaïda (alias Front al-Nusra ou HTS), Ahrar al-Sham et Zinki.

     

    Ce sont tous des extrémistes islamistes, mais seul Al-Qaïda/Nusra est sur la liste internationale des groupes terroristes.

    Un accord russo-turc fait d’Idlib une zone de désescalade que les forces gouvernementales syriennes se sont engagées à ne pas attaquer, à condition que la Turquie parvienne à contrôler les groupes qui s’y trouvent et à éliminer les terroristes d’al-Qaïda/HTS.

    Les troupes turques régulières ont mis en place quelques postes d’observation dans la région.

    Mais la Turquie soutient al-Qaïda/HTS depuis le début, et ce groupe, s’il est attaqué par les forces régulières turques, pourrait se livrer à des actions de représailles à l’intérieur même de la Turquie.

     

     À force d’insister, la Russie a fini par obtenir que la Turquie fasse enfin pression sur les autres groupes qu’elle contrôle pour évincer al-Qaïda/HTS des différentes villes que ce groupe contrôlait.

    L’opération a commencé il y a une semaine. Ahrar al-Sham et Zinki se sont unis avec quelques petits groupes sous le label commun de Jabhat Tahrir Souria (JTS).

     

    Ils ont attaqué les positions de HTS et ont réussi à leur en prendre immédiatement quelques-unes. HTS a simplement reculé.

    Pendant trois jours, il a semblé que l’opération ordonnée par la Turquie allait être couronnée de succès.

     

    Une trentaine de villes et villages sont tombés aux mains de JTS.

    Puis HTS a contre attaqué.

    Il a pris le principal dépôt d’armes d’Ahrar al-Sham, qui contenait plusieurs chars et canons d’artillerie.

     

    En attaquant JTS par l’arrière, il a repris les villes une à une.

     

    Une semaine seulement après le début de l’opération déclenchée contre lui, HTS est en meilleure posture que jamais.

    Pour agrandir

    HTS a gardé le contrôle de la ville d’Idlib.

    Le groupe contrôle désormais totalement la frontière avec la Turquie.

    Tous les postes d’observation turcs dans le gouvernorat d’Idlib sont maintenant encerclés par les forces de HTS. Les soldats turcs sont devenus des otages.

     

    Erdogan va-t-il être obligé de demander au gouvernement syrien de les sauver ?

     

    La vaste opération menée par le gouvernement syrien contre l’enclave de la Ghouta orientale dans la périphérie de Damas, la capitale, progresse bien.

     

    La région est tenue par divers groupes salafistes et wahhabites, dont un contingent d’Al-Qaïda de plusieurs centaines de combattants.

    Les lignes de défense de Jaish al-Islam, sur la frontière orientale de la zone de 10 kilomètres carrés, ont été enfoncées. Les larges fossés creusés pour empêcher les attaques de l’armée syrienne ont été franchisà l’aide de ponts militaires.

     

    La zone rurale est plate et peut être facilement prise par une force mécanisée. Un tiers de la Ghouta orientale est déjà entre les mains du gouvernement.

    La partie ouest de l’enclave est densément urbanisée et elle sera beaucoup plus difficile à prendre.

    Pour agrandir

    Dans l’est de la Syrie, au nord de l’Euphrate et le long de la frontière syro-irakienne, il y a encore une enclave importante de l’EI où se trouvent plusieurs milliers de combattants qui ne semblent pas intéresser les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis.

    Les gouvernements syrien et russe pensent que les États-Unis protègent ces terroristes pour pouvoir les utiliser un jour contre le gouvernement syrien.

    Selon le ministère russe de la défense, les États-Unis ont construit, au nord-est de la Syrie, une vingtaine de garnisons pouvant contenir plusieurs milliers de soldats.

    Un autre contingent américain tient le poste frontalier syro-irakien d’al-Tanf au sud-est de la Syrie.

     

    Il a récemment été renforcé par un contingent supplémentaire de soldats étasuniens.

     

    Tout près de là, il y a un grand camp de réfugiés contrôlé par des combattants alignés sur EI.

     

    Encore une fois, cela semble être une zone où les États-Unis bichonnent EI pour pouvoir ensuite le réutiliser comme force « rebelle » contre le gouvernement syrien.

     

     

    Source et Traduction : Dominique Muselet    http://lesakerfrancophone.fr/syrie-afrin-idlib-et-la-ghouta

     


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    Billet invités

    Un déluge de dénonciations, condamnations, indignations ! Une fois encore « Le boucher de Damas massacre son peuple, gaze sa population ».

    Derrière cet écran de fumée, le scandale, aux yeux des plaignants, est que l’Etat syrien reconquiert du terrain sur les groupes terroristes, indigènes ou exotiques, appuyés par « les occidentaux » et leurs alliés du Golfe

    https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/312-reveillonsnous_ils_sont_devenus_fous

    Militaires, conseillers spéciaux, humanitaires, journalistes s’entrecroisent, se congratulent, se consolent difficilement les uns les autres.

     

    Le citoyen ordinaire n’aura pas lu le texte du télégramme diplomatique annonçant ces opérations militaro-médiatiques occidentales https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere où le « smart power » combine savamment le « hard power» militaire terroriste et le « soft power » médiatique.

    La paisible Suisse n’est pas épargnée, au prétexte que l’échec programmé des négociations de Genève doit éclipser les efforts entrepris à Sotchi ou Astana.

    La directrice d’Amnesty international en Suisse vient dérouler au micro de la RTS le récit controuvé sur les origines de la « révolution syrienne » et sa violente répression, ignorant superbement et le projet de « remodelage (entendre charcutage) du Grand Moyen-Orient » et, après l’Irak et la Libye, sa mise en œuvre en Syrie, révélée – notamment – par Time du 19 décembre 2006 http://content.time.com/time/world/article/0,8599,1571751,00.html , soit cinq ans avant le début supposé des événements.

     

    Le témoignage de Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, ignoré par les tenants de l’histoire officielle, abonde dans le même sens https://www.youtube.com/watch?v=BMheTdcIcFw

     

    Le Temps du 28 février n’est pas en reste, qui titre « L’aide suisse piégée dans les filets de Damas ». Le plus beau est néanmoins le sous-titre validant le propos d’« islamistes modérés » : « Jaish al-islam ?

    Des enfants de la Ghouta » et, pour enfoncer le clou « On peut ne pas aimer Jaish al-islam, mais ce sont des enfants de la Ghouta, pas des djihadistes importés. » C’est donc une question de goût, comme aimer le Pepsi ou non.

     

    Il semblerait que les « importés soient les plus virulents et les plus nombreux mais passons. Les « locaux » sont « parrainés » (financés, formés, endoctrinés…) par les Saoudiens, comme l’indique l’article. Visant à dédouaner l’ingérence extérieure, l’argument reviendrait à vanter les mérites de la Milice pendant l’occupation de la France, entre 1943 et 1945.

    Ces « gars du pays » servaient de relais efficaces à la Gestapo et à l’appareil répressif allemand. Ils raflaient et torturaient en excellent français.

    Les terroristes de Bruxelles ou de Paris venant massacrer allègrement leurs voisins sont aussi « des enfants du pays. »

    Voilà qui est bigrement rassurant pour la suite !

    Nos journalistes à l’indignation sélective sont moins diserts sur les massacres à Mossoul ou au Yémen, où la France a vendu à l’Arabie Saoudite des chasseurs et des missiles qui, « à l’insu de son plein gré », massacrent des civils, enfants inclus.

    On ne les a pas entendu parler dans les mêmes termes de la prise et de la destruction meurtrière de Raqqa par la « coalition » à direction américaine, ni des victimes civiles des bombardements réguliers sur Deir Ezzor, toujours par la même coalition.

    On découvre depuis quelques jours les bombardements de routine de nos « rebelles modérés » sur Damas et sa banlieue (plus de 2000 tirs recensés depuis deux mois seulement) ciblant écoles et hôpitaux, faisant de nombreux morts et blessés… https://www.cath.ch/newsf/caritas-syrie-les-medias-ne-disent-pas-toute-la-verite-sur-la-realite-syrienne

     

    Une des questions concernant la trêve est le sort réservé aux terroristes survivants.

    Exfiltrés en cars ou en hélicoptères lors de situations précédentes, ils sont envoyés vers d’autres « théâtres d’opérations » pour continuer leur « job » de déstabilisation, remodelage ou « regime change ». A la Ghouta comme à Alep, les terroristes prennent la population civile en otage.

     

    La Syrie n’est pas le lieu d’un combat entre gentils et méchants, c’est le théâtre décisif d’une confrontation non seulement régionale mais globale, qui pourrait bien dégénérer en guerre mondiale.

     

    Gabriel Galice, Président du GIPRI, auteur de Lettres helvètes 2010 – 2014, Editions des Syrtes, 2016

    Richard Labévière, journaliste-écrivain, responsable du site http://prochetmoyen-orient.ch , auteur de Terrorisme, face cachée de la mondialisation, Editions pierre-Guillaume de Roux, 2016

    Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France, Conférencier, auteur de Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Ellipses, 2015/2017


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    Publié par Pierre Rehov le 14 mars 2018

    Qui veut tuer son chien, l’accuse de la rage. Cet adage n’a peut-être pas sa traduction en langue turque, mais cela fait plusieurs décennies que les Ottomans l’ont adapté à leur façon contre la population kurde.

    Pour Erdogan, cela ne présente aucun doute : afin d’éliminer librement cette minorité sans provoquer l’opprobre, il suffit de l’accuser de terrorisme.

    Étant donné le peu de réactions de l’Occident, alors qu’au moment où sont rédigées ces lignes les forces turques, malgré leur démenti, se livrent à un nettoyage ethnique majeur autour d’Afrin, ville située au nord de la Syrie, il semble que la technique continue de faire ses preuves.

     

    Des centaines de vies innocentes ont déjà été perdues sous les bombardements et les opérations coups de poing des milices affiliées à l’armée d’Ankara. Les hôpitaux sont débordés et le nombre de blessés augmente chaque heure dans des proportions affligeantes.

    Pourtant, personne ne fait rien. Pas même l’ONU qui se contente, par la voix de son coordinateur humanitaire régional Panos Moumtzis, d’émettre des « rapports troublants ».

     

    Tragiquement, les Kurdes, peuple d’environ 34 millions d’âmes réparties essentiellement entre quatre pays, la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, ont déjà souffert plusieurs massacres. Notamment en 1988, sous le joug de Saddam Hussein, lorsque ce dernier chargea son cousin, Ali Hassan Al Majid, de leur « solution finale ».

     

    La tentative de génocide, connue sous le nom d’Anfal, dont le point culminant fut le bombardement au gaz toxique d’Halabja le 16 mars 1988, qui provoqua la mort de 100 000 à 180 000 civils selon les estimations, tous seulement coupables d’être Kurdes.

    Arrêté pendant l’intervention américaine, puis appelé à répondre de ses crimes devant la cour pénale internationale, Al Majid, surnommé « Ali le chimique » se serait emporté en entendant ces chiffres : « C’est quoi cette exagération ? 180 000 ? Il ne pouvait pas y en avoir plus de 100 000 ! »

    Seulement, si la majorité des médias ont couvert les deux interventions américaines en Irak pour réfuter l’hypothèse de la possession d’armes de destruction massives par Saddam Hussein lors de la seconde invasion, il est difficile de retrouver des unes scandalisées, de grands placards accusateurs ou des archives d’émissions consacrées à cette épuration ethnique, l’une des plus importantes depuis la Shoah.

    Pour comprendre la raison derrière les massacres à répétition des Kurdes de Turquie et maintenant de Syrie par le gouvernement d’Ankara, il faut remonter au début du vingtième siècle.

    La création d’un Etat Kurde est une vieille promesse, datant de la conférence de Paris de 1919 où une frontière proposée par la délégation kurde devait couvrir quelques morceaux de la Turquie et de l’Iran et empiéter en Irak et en Syrie.

     

    Une nouvelle limite territoriale, plus réduite, fut proposée l’année suivante au traité de Sèvres. Seulement l’espoir d’un Kurdistan indépendant fut immédiatement étouffé par le refus de Mustafa Kemal de signer le traité. En 1945, un second tracé, couvrant cette fois une plus grande partie de la Turquie, fut proposé lors de la première conférence des Nations Unies à San Francisco.

    Une nouvelle fois, non suivi d’effet.

    Le seul état véritablement kurde ne vit le jour que pendant quelques mois dans une toute petite partie de l’Iran, sous le nom de République de Mahabad, dirigée par Mustafa Barzani, avant d’être écrasée avec une brutalité effroyable par le régime du Shah.

    Malgré leur situation dramatique et le refus de reconnaître jusqu’à leur identité par leurs régimes turcs successifs, leur langue et leurs coutumes faisant même l’objet d’interdiction par Ankara, les Kurdes de Turquie n’ont commencé à se révolter qu’à partir des années soixante-dix avec la création du « Parti des Travailleurs Kurdes », le PKK, d’essence Marxiste-Léniniste.

    Mais même si leurs méthodes étaient issues de concepts révolutionnaires violents et dépassés, c’est leur velléité d’indépendance et leur idée de société calquée sur les valeurs humaines de l’Occident, notamment concernant l’égalité entre les sexes, qui représentaient le vrai danger pour Ankara.

    S’ensuivirent donc une guérilla et un cycle de violences soigneusement exploités par la Turquie qui a consacré des millions de dollars en communication jusqu’à obtenir l’inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes, en Europe et aux USA.

    L’étiquette « terroriste » appliquée aux dissidents kurdes permit aussitôt à la Turquie de se livrer sereinement à des purges visant tous les secteurs de la société sans recevoir la moindre condamnation. Il suffisait désormais à Ankara d’accuser un contestataire de « sympathie envers le terrorisme » pour le jeter en prison où il croupirait pendant des mois dans l’attente de l’ouverture d’un procès.

    En 1999, l’arrestation d’Abdullah Öcalan, leader du PKK permit l’établissement d’un cessez-le feu précaire jusqu’à l’élection d’Erdogan, déjà bien décidé à régner d’une main de fer et à étouffer toute forme de dissidence ainsi qu’il l’a prouvé depuis.

    Les hostilités ont repris en 2004, un an après son arrivée au pouvoir, la Turquie affirmant que 2000 combattants du PKK en exil avaient franchi la frontière tandis que l’organisation mise en sommeil reprenait son nom et accusait l’armée de ne pas avoir respecté la trêve.

    Les atrocités commises par le gouvernement turc contre sa minorité kurde ne sont pas sans rappeler le génocide arménien, nié jusqu’à ce jour par la gouvernement d’Ankara bien que largement documenté par des observateurs extérieurs et désormais reconnu par un grand nombre de pays occidentaux. La méthode est sensiblement la même : accusations sans fondement, procès expéditifs, épuration locale sans témoins, négation ou justification auprès de la communauté internationale.

    La cause kurde, trahie par Obama dès son arrivée au pouvoir malgré les promesses faites par son prédécesseur, trouva cependant un certain regain par sa participation à la lutte contre l’Etat Islamique à partir de 2014.

    Cela nous conduit à Kobane où hommes et femmes kurdes, armés seulement de kalachnikovs, résistèrent pendant des jours aux tanks et à l’artillerie de Daech pour remporter une incroyable victoire, célébrée dans le monde entier comme le triomphe du bien sur le mal.

    Les images désormais célèbres de ces femmes aux traits farouches et au regard fier, vêtues d’un vieux treillis, les cheveux dans le vent, sous fond de carcasses d’automitrailleuses et de tout-terrains carbonisés, inspirent le film en cours de production de Caroline Fourest, « Red snake » qui veut rendre hommage à leur courage exemplaire, contre la lâcheté et l’ignominie des combattants du califat.

    Malheureusement, les mêmes idées d’indépendance, de liberté et d’égalité sur fond de féminisme qui stimulèrent la résistance kurde contre l’obscurantisme génocidaire de Daech sont devenues les causes du carnage actuel, perpétré sous prétexte de lutter contre le « terrorisme » par le dirigeant turc.

    En s’attaquant à l’YPG et à l’YPJ (Les unités de protection des femmes et du peuple) qui avaient réussi à établir une enclave de paix relative dans la région d’Afrin, Erdogan, en passe de rétablir une forme de dictature islamique dans une Turquie pourtant moderne, envoie un message clair au reste du monde.

    Hors de question que des minorités non acquises à sa version de l’Islam puissent se targuer d’avoir obtenu la moindre victoire. Et surtout, aucune velléité d’indépendance ne saurait être tolérée par son gouvernement.

    L’YPG et YPJ étant soutenus, du moins logistiquement, par le gouvernement américain, le premier souci d’Erdogan est de faire passer sous silence les atrocités commises par son armée. Tandis que l’accès aux réseaux sociaux a progressivement été limité dans toute la Turquie, les arrestations des protestataires se multiplient.

    En janvier de cette année, des centaines d’universitaires du monde entier ont signé une pétition appelant le gouvernement turc à « arrêter le massacre ». La seule réaction d’Ankara a été d’arrêter trois professeurs de l’université d’İstanbul signataires de la pétition et de les faire condamner pour « propagande terroriste ».

    Alors, tandis que les tanks turcs encerclent Afrin et que l’armée de l’air pilonne les positions de l’YPG et de l’YPJ, sans se soucier du nombre de victimes civiles, des rapports signalant même l’utilisation du napalm, il reste à se demander combien de temps les alliés de la Turquie continueront à détourner un regard pudique des exactions commises par ce membre de l’OTAN.

    De son coté, frustré dans son incapacité à résoudre rapidement son problème kurde par une solution finale, Erdogan, que rien semble retenir dans sa volonté avouée de reconstituer l’Empire Ottoman, a été jusqu’à s’emporter contre ses alliés du l’Alliance Atlantique :

    « Nous sommes en permanence harcelés par des groupes terroristes à nos frontières. Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu une seule voix ou un seul mot positif de l’OTAN » s’est-il agacé.

    Erdogan ne connaît sans doute pas la phrase célèbre du politicien et philosophe Edmond Burke : « Pour que le mal triomphe, seule suffit l’inaction des hommes de bien ».

     

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Rehov. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.


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    Apocalypse

    Russie-OTAN: la fin du temps de latence

     

    Fernand Le Pic ♦

    La Russie a annoncé au monde qu’elle disposait d’armes qu’aucune armée du monde ne pouvait contrer. Face à cette information qui signifie un tournant géostratégique considérable, nos responsables politiques et médiatiques se taisent ou se gaussent. Est-ce bien raisonnable?

    Lors de son allocution annuelle devant le parlement fédéral russe du 1er mars dernier, le Président Vladimir Poutine a donc présenté de nouveaux types d’armements stratégiques, produits par les ingénieurs de son pays.

    Qu’ils soient destinés à se mouvoir dans l’atmosphère, à travers l’espace ou sous les mers, leurs performances sont hors normes:

    vitesse hypersonique, allant pour certaines jusqu’à 20 fois la vitesse du son, portée illimitée grâce à des propulseurs nucléaires miniaturisés, hypermaniabilité, furtivité, etc.

     

    De quoi rendre inopérants tous les systèmes de défense antimissiles en fonction à ce jour, en particulier américains.

     

    Le message est très clair: non seulement les Russes ont pris une longueur d’avance technologique sur les États-Unis, mais leurs armes ont des capacités offensives qui ne permettront pas à Washington de les parer en cas de guerre.

     

    Et pour bien marquer les esprits, Vladimir Poutine a fait projeter une animation dans laquelle une volée de ses missiles s’abat sur la Floride, et pas n’importe où.

     

    La cible qu’on y distingue très clairement se situe dans la région de Tampa, où sont installés plusieurs centres névralgiques vitaux du complexe militaire américain, tous regroupés sur la base aérienne de MacDill.

     

    Il s’agit en particulier du quartier général du CENTCOM (Commandement de la «région Centre»), c’est-à-dire l’état-major interarmes conduisant à distance les opérations militaires du grand Moyen-Orient.

    La zone en question s’étend, au sud, de l’Égypte au Kenya, et remonte en diagonale vers le nord jusqu’au Kazakhstan, c’est-à-dire aux frontières de la Russie.

     

    Elle inclut les théâtres des guerres ouvertes du moment au Yémen, en Syrie, en Irak et en Afghanistan, outre l’Iran et le Pakistan.

    Plus de 510 millions de personnes y vivent, réparties dans 20 pays, à la merci d’un ordre létal donné, demain, par le général quatre étoiles Joseph Votel, grand chef de ce CENTCOM.

     

    Celui-là même que le président turc Erdoğan avait accusé d’avoir soutenu le putsch avorté contre lui en 2016.

    MacDill abrite aussi le quartier général du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM) ainsi que le commandement central du Corps des Marines (COMUSMARCENT), outre une vingtaine d’autres unités allant de la cyberguerre aux prestations médicales, en passant par le génie civil et la gestion mondiale des carburants de l’US Air Force.

     

    Un chakra militaire anéanti

    Si ce véritable chakra militaire est présenté aussi ouvertement comme une cible acquise, il y a fort à parier que ce n’est pas du bluff.

    D’autant que Vladimir Poutine l’a dit mot pour mot, s’adressant directement aux États-Unis et à tous ses affidés: «Ce que je dis n’est pas du bluff, croyez-le, réfléchissez bien maintenant, cessez de perdre votre temps».

    Lui qui est si peu disert, surtout en matière militaire, ne mériterait-il pas d’être pris au mot?

     

    En ce 1er mars 2018, non seulement il expose mais il tance: «Personne ne voulait nous parler sur le fond, personne ne voulait nous écouter. Maintenant, vous allez nous écouter!»

     

    S’il dit vrai, si véritablement son armement de nouvelle génération est «unique au monde et n’est égalé par nul autre», son discours ne marquerait-il pas un tournant historique dans les rapports de forces géostratégiques? N’est-ce pas l’annonce officielle de la fin du temps de latence post soviétique?

    Si tel est le cas, comment peut-on s’expliquer le silence assourdissant des chefs d’État occidentaux ?

    Angela Merkel est la seule à s’être fendue d’un communiqué laconique, relatant sa brève conversation téléphonique (sur écoute de la NSA) avec Donald Trump, au cours de laquelle ils se seraient simplement dits «inquiets».

     

    Inquiets de quoi ? D’une attaque des Russes? Poutine a répété des centaines de fois et encore dans ce discours, qu’il ne prendrait aucune initiative offensive. Inquiets d’une contre-attaque des Russes alors ? Mais dans ce cas, qui les aurait attaqués en premier ?

    Les Américains seuls ou accompagnés d’une nouvelle grande armada de la « Communauté internationale » ?

    Mais quel résidu d’information tronquée le peuple aurait-il encore le droit de glaner à partir de cette énigmatique «inquiétude»? 

    N’est-ce pas le rôle de la presse d’aider le bon peuple à en demander des comptes précis à ses princes ?

     

    Quant à Emmanuel Macron, on aura beau chercher dans les communiqués officiels de l’Élysée: nada, rien, walou!

    Pas une ligne sur le discours de Moscou.

    Certes, Macron a bien eu, lui aussi, sa conversation téléphonique sur écoute avec Trump, mais pour évoquer la Syrie et le sort des Casques blancs, pas officiellement pour parler du discours de Poutine.

    Évoquer une telle «inquiétude» de la bouche de son président, serait-il déjà trop risqué pour la France? Serait-elle en passe de glisser en chambre de réveil, cette France depuis trop longtemps comateuse?

     

    Quant aux autres chefs d’État européens, idem: silence radio absolu. Pourtant, ils ne se privent pas d’entraîner leurs pilotes d’élite à des attaques nucléaires aériennes tactiques contre la Russie.

    Nom de code de ces exercices de fin du monde: «Steadfast Noon». Le dernier a eu lieu en octobre 2017. Y batifolèrent les forces aériennes stratégiques belges (depuis la base de Kleine Brogel), allemandes (depuis la base de Büchel, où sont justement stockées les bombes nucléaires tactiques américaines B61), italiennes, hollandaises et bien sûr américaines.

    On y a même aperçu des Gripen tchèques et des F-16 polonais.

     

     

    L’indice d’une guerre nucléaire de basse intensité

    Et si c’était justement cela, l’immonde cachotterie: une attaque nucléaire tactique de faible puissance, histoire de contaminer un no-man’s land, de débiter de fines cicatrices radioactives et bien infranchissables pour quelques siècles, dans le Donbass ou mieux, en Syrie ? Tiens donc !

    C’est justement contre cela que Poutine a le plus sérieusement mis en garde l’Occident: si une attaque nucléaire, même de très faible intensité, devait se produire contre un allié de la Russie, cela équivaudrait à une attaque nucléaire de pleine capacité contre la Russie elle-même et se traduirait par une riposte nucléaire immédiate.

     

    Voilà qui n’est pas rien, au moment même où le président de la Russie affirme que ses armes atteindront leur cible, ce qu’en fait on savait déjà.

     

    Eh oui, la Russie dispose de missiles hypersoniques opérationnels depuis 1997, les Topol-M. Leur dernière version trace déjà à 26 400 km/h !

     

    Les États-Unis ont bien tenté de développer des systèmes d’interception, comme le Ground-Based Midcourse Defense (GMD), censé intercepter ces missiles à mi-parcours depuis l’Alaska et la Californie. Mais ce joujou à plus de 40 milliards de dollars est loin d’être efficace.

     

    Il n’est équipé à ce jour que d’une quarantaine d’intercepteurs et leur taux de réussite est de 25 %. Autrement dit, il faut quatre intercepteurs pour un missile balistique russe (ou chinois). Par conséquent, la capacité réelle d’interception du GMD se limite à 11 missiles balistiques tirés sur les États-Unis.

    Or la Russie en possède plus de mille. Les États-Unis ne résisteraient donc pas à un tir de barrage.

     

    Et voici à présent que Poutine leur assène qu’avec un seul de ses nouveaux engins, par exemple le RS-28 Sarmat, il peut atteindre le même résultat: passer et toucher.

     

    De tout cela n’a émergé aucun débat public, aucune interpellation parlementaire, aucune demande de reddition de comptes sur les projets morbides des généraux américains et otaniens, tous plus étoilés les uns que les autres.

    Quant à accepter l’invitation de Poutine à négocier d’une nouvelle configuration sécuritaire, économique et culturelle pour l’humanité: vous n’y pensez pas, ma bonne dame!

    On se contente de persifler, de réduire cette allocution d’une importance capitale à de la propagande électorale en vue du scrutin présidentiel russe du 18 mars prochain, pourtant joué d’avance.

    On badine avec des analyses sémantiques d’entomologistes pour y trouver le sédiment d’un fond nostalgique soviétisant.

     

    Et si nécessaire, on organisera des effets de contre-annonce du type longueur de jupe de Madame Macron®, héritage de Johnny ou promenade à dos d’éléphant au pays des Maharajas.

     

    Au pire, une catastrophe naturelle, un attentat ou une chute boursière feront l’affaire.

    Source : Antipresse

    Illustration : Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.

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