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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    L’armée syrienne est-elle tombée dans un piège tendu par les Etats-Unis ?  

     

    Par Moon of Alabama

    Publié le 8 Février 2018 sous le titre Syria – U.S. May Have Arranged « Self Defense » Attack On Syrian Government Forces

    Traduit par Dominique Muselet

     

    Hier soir, la force américaine qui occupe illégalement le nord-est de la Syrie a attaqué un groupe de soldats alliés au gouvernement syrien et leur soutien russe.

    L’incident s’est produit au Nord-Est de la ville de Deir Ezzor, à l’est de l’Euphrate.

    Les États-Unis affirment qu’ils ont tué une centaine de soldats syriens qui auraient attaqué leurs forces par procuration pour tenter de reprendre des champs pétrolifères.

    L’Euphrate sépare les zones du Sud-Ouest sous contrôle du gouvernement syrien de celles du nord-est de l’Euphrate sous occupation américaine.

    Mais plusieurs endroits autour de Manbij, Raqqa et Deir Ezzor ne font pas partie de ces zones et sont sous le contrôle de l’autre camp. Les États-Unis affirment qu’il y a un accord sur une « ligne de démarcation » le long de l’Euphrate. Le gouvernement syrien affirme que non.

    Une petite zone de l’autre côté de l’Euphrate, au nord-est de Deir Ezzor, a été reprise il y a plusieurs mois par les forces du gouvernement syrien.

    Elle est proche de champs pétroliers que les États-Unis ne veulent pas voir aux mains du gouvernement syrien.

     

     

     

    « Les États-Unis veulent garder la Syrie faible et pauvre », explique le professeur Joshua Landis.

     

    Selon lui, les États-Unis occupent le Nord-Est de la Syrie pour empêcher la Syrie d’accéder à son pétrole et à ses terres agricoles les meilleures. Ils veulent que la Syrie devienne un bourbier pour la Russie et l’Iran, au profit principalement d’Israël.

    Les précieux gisements de pétrole et de gaz sont actuellement entre les mains des tribus arabes locales qui étaient auparavant alliées avec l’État islamique et qui, selon les États-Unis, sont maintenant alliées aux Kurdes du YPG/PKK sous le nom de Forces démocratiques syriennes (FDS). Les FDS sont les forces locales par procuration des États-Unis pour maintenir leur occupation.

    Dans le camp du gouvernement syrien, à Deir Ezzor, il y a quelques troupes syriennes, des milices locales de la région, ainsi que des membres de l’entreprise militaire privée russe Wagner Group.

    Wagner aurait un contrat avec le gouvernement syrien qui lui accorderait environ 25 % de toutes les recettes provenant des champs pétrolifères qu’il pourrait récupérer et protéger.

     

    Hier soir, l’armée américaine a annoncé qu’elle s’était « défendue » contre une attaque des troupes du gouvernement syrien sur le sol syrien:

    Les forces syriennes pro-régime ont lancé sans raison apparente une attaque contre le quartier général des Forces démocratiques syriennes le 7 février.

    Les membres de la coalition chargés du conseil, de l’aide et de l’accompagnement, ont été regroupés avec nos partenaires des Forces démocratiques syriennes (FDS), pendant l’attaque, à huit kilomètres à l’est de la ligne de démarcation convenue le long de la rivière Euphrate.

    Pour défendre la Coalition et ses forces alliées, la Coalition a mené des frappes contre les forces attaquantes pour repousser l’agression contre nos alliés engagés dans la mission de la Coalition mondiale pour vaincre Daesh.

     

    Selon Reuters:

    Plus d’une centaine de combattants alliés du président syrien Bachar al-Assad ont été tués pendant la nuit lorsque la coalition américaine et les forces locales soutenues par la coalition ont repoussé leur attaque dans l’est de la Syrie, a déclaré jeudi un responsable américain.

    Les lourdes pertes humaines montrent l’ampleur de l’attaque menée, selon l’officiel américain, par environ 500 combattants ennemis, appuyés par de l’artillerie, des chars d’assaut, des systèmes de roquettes à lanceurs multiples et des mortiers. L’officiel a parlé à Reuters sous couvert d’anonymat.  […]

    Aucun soldat américain n’a été tué ou blessé au cours de l’incident, ont déclaré les autorités.

    Des soldats américains se trouvaient avec les forces démocratiques syriennes (FDS) dont le quartier général, situé dans la province syrienne de Deir al-Zor, était la cible de l’attaque.

    Un combattant des FDS a été blessé, a déclaré cet officiel.

    Les États-Unis affirment également qu’ils avaient observé des préparatifs avant le déplacement syrien et qu’ils avaient pris contact avec le commandement russe en Syrie bien avant :

    La coalition dirigée par les États-Unis avait alerté les responsables russes de la présence des FDS dans la région longtemps avant l’attaque repoussée, a déclaré l’officiel américain.

     

     

    D’autres sources indiquent qu’il y a eu des pourparlers entre Wagner et les Arabes locaux qui surveillent les opérations pétrolières et gazières de « Conoco » actuellement improductives près de la ville de Khisham.

    Hassan Hassan Hassan @hxhassan – 12:17 – 8 fév 2018-

    5-Il est intéressant de noter qu’il y a environ une semaine, des rapports locaux laissaient entendre qu’il y aurait un accord imminent pour rendre l’usine d’exploitation  au régime par le biais d’une faction arabe au sein des FDS.

     

     

    La traduction d’un article du média d’opposition Al-Etihad semble confirmer qu’un accord avait été conclu:

    Des militants ont déclaré que des forces d’Assad et des milices chiites se sont rassemblées près des villages de Bakkara Akidat, Dahla et Sabah, dans la banlieue est de Deir-ez-Zor (à l’est de l’Euphrate), près du champ gazier de Conoco qui est contrôlé par les forces kurdes.

    Les sources ont ajouté que les forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont informé les forces de la coalition dirigée par les États-Unis de cette évolution.

    La coalition a exhorté les combattants des FDS à ne pas résister aux forces du régime et à rendre la région. 

    Les militants ont ajouté que les FDS avaient déjà retiré des armes lourdes de leurs zones détenues par les factions arabes et turkmènes.

     

     

    Cette opération était-elle un piège? L’armée américaine savait que quelque chose allait se produire dans la région.

     

    Des accords locaux avaient été conclus entre le gouvernement syrien et les Arabes locaux qui détiennent les champs pétrolifères. Les États-Unis avaient demandé aux FDS de laisser faire.

    Mais lorsque les forces alliées du gouvernement ont commencé à reprendre le champ de pétrole, comme convenu, les États-Unis les ont bombardés.

    L’« attaque contre les forces de la coalition » qui sert aux États-Unis de justification pour leurs bombardements ne semble pas avoir eu lieu du tout.

    Comment expliquer autrement que l’attaque de tout un bataillon bénéficiant d’un fort soutien d’artillerie n’ait fait qu’une seule victime, un seul blessé, parmi les combattants ?

     

    La déclaration ultérieure de l’armée américaine à un journaliste ne brille pas par sa clarté :

    Après que 20 à 30 tirs d’artillerie et de chars ont atterri à moins de 500 mètres de l’emplacement du quartier général des FSD, les Forces démocratiques syriennes soutenues par la Coalition ont pris pour cible les agresseurs avec une combinaison de frappes aériennes et d’artillerie.

    L’armée américaine parle-t-elle de « l’emplacement des quartiers généraux des FDS » parce que le quartier général n’était plus là du fait que les FDS étaient partis ? E

    t depuis quand des tirs de char d’assaut atterrissant à 500 mètres de distance sont-ils considérés comme une attaque directe? Les munitions des chars peuvent s’écarter d’un mètre ou deux du leur trajectoire.

    Il est impossible que des munitions atterrissant à environ 500 mètres de distance aient été destinées à frapper l’emplacement du quartier général.

    Quoi que les forces syriennes aient ciblé, si tant est qu’elles aient ciblé quoi que ce soit, ce n’était pas l’emplacement du quartier général des FDS.

    L’histoire que l’armée américaine essaie de nous vendre sent très mauvais.

    Cet incident rappelle l’attaque non provoquée des Etats-Unis contre les troupes syriennes en septembre 2016. Cette attaque aérienne a tué 100 soldats syriens d’un petit contingent encerclé qui résistait aux forces de l’État islamique.

     

    Cela avait presque permis aux Takfiris d’éliminer cette dernière position du gouvernement syrien à l’est.

    Il y a eu récemment une série de provocations contre les forces russes et syriennes en Syrie. Deux attaques massives de drones ont ciblé le port aérien russe d’Hememim et sa base navale de Tartus.

     

    Cette semaine, des tirs de mortier en provenance de Ghouta-Est ont frappé avec précision la mission commerciale russe à Damas et l’ont gravement endommagée.

    Un point de distribution d’aide russe à Damas a également été attaqué juste au moment où des dirigeants d’organisations non gouvernementales russes s’y trouvaient en visite, un jet russe a été abattu avec un rare MANPADS dans le ciel d’Idleb.

    Ces trois opérations dépassaient les capacités matérielles et de renseignement des forces « rebelles ».

    La propagande ridicule sur « l’attaque au gaz chloré » revient en force pour nuire à la Syrie.

    Malgré un accord de désescalade russo-turco-iranien conclu avec la Turquie, Al-Qaïda et d’autres forces « rebelles » dans le gouvernorat d’Idleb semblent toujours bénéficier d’un approvisionnement illimité à travers les frontières turques.

    Israël attaque des cibles en Syrie et tente d’étendre son occupation du plateau du Golan.

    La guerre des États-Unis contre la Syrie et ses alliés se poursuit à plein régime, même si les États-Unis prétendent qu’il n’y a pas de guerre du tout.

    La volonté de créer le bourbier dont parle le professeur Landis se dissimule derrière des opérations clandestines, l’action « défensive », et le bla bla « humanitaire ».

     

    Les États-Unis feraient bien de se méfier.

    Ils ne sont pas les seuls à pouvoir jouer à ce jeu-là.

    Leurs troupes dans le nord-est de la Syrie ont des lignes d’approvisionnement étroites et ne sont pas bien protégées.

     

    Elles sont vulnérables aux activités clandestines de l’autre camp, tout comme les forces américaines en Irak.

     

    Je ne serais pas du tout surpris si elles recevaient bientôt une attention inattendue et très meurtrière.

    Moon of Alabama

    Article original: Syria – U.S. May Have Arranged « Self Defense » Attack On Syrian Government Forces

    Traduction : Dominique Muselet

    Source: https://arretsurinfo.ch/larmee-syrienne-est-elle-tombee-dans-un-piege-tendu-par-les-etats-unis/

     

     

    8 février 2018

    L'objectif de destruction de l'EI, avancé par Washington pour justifier sa présence en Syrie, ayant été atteint, le ministre russe des Affaires étrangères se demande ce que fait encore sur le sol syrien l'armée américaine. Et propose une réponse.

    «Il est très probable que les Américains désirent diviser la Syrie», a déclaré sans ambages le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le 7 février, lors d’une conférence à Sotchi, en Russie. «Ils ont tout simplement renoncé à leurs déclarations selon lesquelles leur présence en Syrie […] était destinée à vaincre l’Etat islamique et les terroristes. Maintenant, ils affirment qu'ils y maintiendront leur présence, jusqu'à ce qu'ils s'assurent qu'un processus stable de règlement politique en Syrie commence, en vue d'un changement de régime politique», a-t-il poursuivi.

    Par ailleurs, Sergueï Lavrov a averti que le financement américain des groupes rebelles armés de l’Armée syrienne libre (ASL) et des forces démocratiques syriennes (FDS, coalition incluant des combattants des YPG kurdes) pouvait avoir «des conséquences très dangereuses».


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    Comment la politique interne US a façonné la guerre de Corée

    Mémorial de la guerre de Corée –
    Crédit www.nationalparks.org

    Carol Duff, MSN, BA, RNPar Carol Duff  – Le 2 janvier 2018 –

     

    Source VeteransToday

     

    Comme dans toute guerre, la politique peut être une force motrice. Le militariste [stratège militaire, NdT] Carl von Clausewitz a dit que « la guerre est la poursuite de la politique par d’autres moyens. »

     

    La guerre de Corée n’était pas différente de toute autre guerre.

     

    De nombreuses décisions impliquant sa conduite ont été motivées par des considérations politiques, tant sur le front intérieur qu’à l’étranger.

    Inversement, la politique américaine a été affectée par la guerre de Corée.

     

    Les États-Unis ont été impliqués dans la relance économique de l’Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Cette assistance était intentionnellement dirigée, dés le début, contre la Russie communiste.

    La doctrine Truman promettait l’aide des États-Unis à tout pays qui cherchait à se protéger contre l’agression, extérieure ou intérieure, venant de pays – ou factions au sein de ces pays – qui épousaient le communisme.

     

    La doctrine Truman apportait un soutien économique à la Turquie et à la Grèce, mais elle était aussi une doctrine d’encerclement car elle incluait également l’Iran, le Pakistan, le Japon et la Chine. À cette époque également, les Français étaient de retour en Indochine et l’aide des États-Unis fut fournie à Chiang Kai-shek pour défendre sa cause nationaliste en Chine.

    Le plan Marshall a versé de l’argent dans la relance de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Les pays européens se sont félicités de l’aide américaine et ont cherché l’assurance d’une attention totale des États-Unis concernant leurs préoccupations. Les nations européennes ne voulaient pas que l’argent soit détourné au profit des Coréens alors que ces peuples luttaient pour leur liberté et leur réunification. Le Congrès s’est rangé du côté des pays européens.

    L’Europe voulait également obtenir l’assurance que les États-Unis l’aideraient à empêcher l’URSS d’entrer en Europe de l’Est.

    L’implication sur un second front, dans le Pacifique, pouvait fort bien diminuer le soutien des États-Unis sur le front européen.

    Avant l’engagement des États-Unis en Corée, le Parti républicain était composé d’internationalistes et d’isolationnistes. Les isolationnistes, sous prétexte de ne pas intervenir, soutenaient l’Allemagne nazie et craignaient que les politiques du New Deal de Franklin Delano Roosevelt ne soient socialistes.

    De plus, des républicains éminents avaient des relations d’affaires à long terme avec l’Allemagne nazie. Ces hommes d’affaires et ces entreprises ont utilisé des politiques isolationnistes pour tenter de faire pression sur le gouvernement afin qu’il continue à les laisser libres de soutenir les industries de guerre allemandes, malgré la loi sur la neutralité.

    Bien que les isolationnistes et les non-interventionnistes aient été qualifiés de conservateurs du Middle West, souvent d’origine allemande, ces groupes remplissaient un rôle primordial qui était d’influencer l’opinion publique pour entraver les efforts américains vers une intervention contre l’Axe à l’échelle mondiale.

    Le quatre-vingt-unième Congrès, dont Harry Truman (Parti démocrate) avait hérité après sa victoire présidentielle, n’avait pas l’intention de coopérer avec son nouveau commandant en chef en soutenant la doctrine Truman ou le plan Marshall.

    Les conservateurs ne partageaient pas l’enthousiasme de Truman ou du secrétaire d’État Marshall pour un programme de confinement du communisme. Les Républicains voulaient mettre fin à l’impôt progressif sur le revenu, supprimer les syndicats, le système de sécurité sociale, la législation antitrust et établir une politique étrangère fondée sur l’utilisation de la force militaire afin de défendre les intérêts économiques américains.

    Les démocrates conservateurs (Dixiecrats) voulaient continuer la restriction du droit de vote, la mise en place d’une force de police nationale dotée de larges pouvoirs de perquisition et de saisie, le contrôle de la presse, l’arrestation et la détention sans habeas corpus, la reconnaissance et la mise en œuvre d’une religion nationale chrétienne, protestante, évangélique et xénophobe avec des prières obligatoires dans les écoles et un soutien financier direct aux institutions religieuses, la création d’un niveau inférieur de citoyenneté fondé sur la race, la religion, l’origine nationale et des critères intellectuels, la restriction des droits des femmes et de leur admission à voter… C’est l’agenda républicain traditionnel.

    L’effondrement de la Chine nationaliste a donné des arguments aux Républicains contre les Démocrates. Les États-Unis ont écrit les Livres blancs sur la Chine pour exprimer leur attitude à l’égard de la guerre civile entre communistes et nationalistes en Chine.

    Ils ont nié toute responsabilité pour la perte de la Chine continentale entre les mains des communistes, mais les Républicains ont publié une déclaration selon laquelle les États-Unis refusaient de livrer des armes aux nationalistes chinois et mettaient l’Asie en danger d’être envahie par le communisme.

    Le Parti républicain voulait que Chiang Kai-shek [réfugié à Taïwan] retourne en Chine continentale et ne voulait pas que l’administration Truman reconnaisse la Chine rouge.

    Le Livre blanc de la Chine affirme que « les bouleversements sociaux et politiques en Chine ont livré le pays aux communistes ». Les Républicains ont reproché les résultats sur les pro-communistes dans les administrations Roosevelt et Truman et ont ensuite déclaré que ces groupes pro-communistes avaient donné la Chine aux communistes.

    Le sénateur Joseph McCarthy a attaqué le Département d’État et l’a accusé d’être pro-communiste et responsable de la victoire de Mao en Chine. McCarthy a dit : « À mon avis, le département d’État, qui est l’un des plus importants ministères du gouvernement, est infesté de communistes. »

    L’explosion de la première bombe atomique russe et la condamnation d’Alger Hiss[accusé d’être un espion russe] pour parjure, après avoir déclaré qu’il n’avait jamais été membre du parti communiste, ont accru la crainte ou la méfiance envers le communisme.

    Une élection du Congrès approchait pour novembre 1950 et les Républicains ont décidé que la façon la plus efficace pour obtenir plus de sièges au Congrès était de s’opposer à l’administration actuelle.

    Le Congrès était souvent divisé sur les politiques acceptables au sujet de la guerre de Corée. Ce corps politique prônait alternativement les positions opposées de retrait total de la péninsule coréenne ou de guerre totale contre la Chine. Une guerre totale à cette époque aurait signifié une guerre mondiale.

    Au cours de la période 1950-1953, les Républicains du Congrès furent sérieusement divisés sur la question de transformer l’unification de la Corée d’un objectif politique à un objectif militaire.

    David Rees, auteur de « Korea : The Limited War » déclare que « la décision coréenne était avant tout une décision politique dans la tradition jeffersonienne de l’idéalisme américain ».

    ’intérêt des États-Unis pour la Corée allait au-delà du dégoût de l’invasion communiste d’un pays sans défense.

    Une guerre limitée est une guerre politique en ce sens que les revendications politiques du gouvernement à l’intérieur restreignent les forces armées. Les États-Unis ont parfois favorisé une guerre limitée, malgré les vœux des militaires pour une guerre totale.

    Les trois raisons pour lesquelles les États-Unis ont décidé de mener une guerre limitée étaient qu’ils ne voulaient pas provoquer l’entrée en guerre de la Russie, qu’ils ne voulaient pas trop s’étendre en Corée en laissant l’Europe vulnérable, et que les alliés américains étaient réticents à élargir la guerre.

    Le 80e Congrès, dominé par les Républicains, a réduit les dépenses militaires et retardé la mise à disposition de l’argent pour l’armée en 1949.

     

    C’est pourquoi les États-Unis se sont retirés de Corée du Sud en septembre 1947. Le Congrès a de nouveau refusé de verser 60 millions de dollars de plus en 1950 et 1951. Sans argent, les armées ne peuvent pas être maintenues.

    Au début de la guerre, les Républicains du Congrès ont approuvé les mesures américaines d’entrée en Corée. Le sénateur républicain Knowland a mis en garde contre un apaisement semblable à celui de Munich. Il a juré que si la Corée tombait aux mains du communisme, toute l’Asie serait menacée.

    Il a fait référence à l’apaisement comme à une reddition à crédit. Le Républicain Alexander Smith, du New Jersey, a déclaré : « Nous, les Républicains, sommes unis maintenant à l’administration, bien que nous ayons critiqué la politique passée en Extrême-Orient ».

    Alors que certains Républicains étaient derrière l’administration, McCarthy disait que tout échec de la politique étrangère était dû aux communistes au sein du département d’État.

     

    Finalement, les Républicains se sont ralliés autour de McCarthy et se sont joints à la rhétorique anticommuniste. Même les démocrates ont voté en faveur d’une législation anti-subversive. Il y avait une chasse aux sorcières contre les communistes aux États-Unis, y compris au département d’État.

    La demande publique d’une législature anticommuniste et antisubversive a encouragé les Républicains et les Démocrates à voter en faveur de ces mesures.

    La fanfare anti-communiste semblait jouer une musique appréciée à l’approche des élections de 1950. Les Républicains avaient prévu de déloger les Démocrates du Congrès.

    Les accusations républicaines de subversion dans l’administration ont coloré la politique étrangère en Extrême-Orient.

    À l’été 1950, Truman avait rejeté les efforts de paix de l’Inde et de l’Angleterre. Ensuite, l’administration a utilisé le conflit pour atteindre des objectifs politiques en Europe. Les efforts de paix de l’Inde et de l’Angleterre comprenaient l’acceptation de la République populaire de Chine au sein des Nations Unies ainsi que le règlement de la guerre de Corée.

    L’Angleterre voulait maintenir de bonnes relations avec la Chine pour des raisons économiques.

     

    Si l’administration avait manifesté sa volonté d’accepter la Chine communiste, les Républicains l’auraient utilisée pour prouver qu’il y avait des communistes au sein de l’administration et du département d’État. L’opinion publique américaine était contre l’initiative de paix proposée par l’Inde.

    En octobre 1949, les Républicains avaient consacré une somme énorme à l’aide militaire pour la Corée du Sud. Cet argent devait servir à construire l’armée coréenne, mais n’a jamais été utilisé à cette fin.

    Cela aurait été dû aux réserves de l’administration de donner à Rhee une armée qu’il aurait pu utiliser à sa discrétion.

    L’administration craignait que Rhee n’utilise cette armée pour attaquer la Corée du Nord, ce qui aurait amené la Chine et la Russie dans la bataille.

    Les Républicains avaient commencé à « jouer sur les craintes de l’électorat en temps de crise pour en tirer un gain politique ».

    Le groupe comploteur au Congrès a commencé à dire que les États-Unis avaient délibérément perdu la Mandchourie, la Chine, la Corée et Berlin, des zones stratégiques à travers le monde. Les Républicains ont joué sur la peur croissante du communisme aux États-Unis et dans le monde entier.

    Truman a demandé au Congrès de « … supprimer les restrictions sur la taille des forces armées… d’autoriser l’établissement de priorités dans l’allocation de matériel pour empêcher l’accaparement et la réquisition des fournitures nécessaires… augmenter les impôts et restreindre le crédit à la consommation… et l’allocation de dix milliards supplémentaire pour la défense ».

    Le pouvoir de contrôler les prix, les salaires et la distribution des biens de consommation au niveau du commerce de détail a conféré au Président un droit plus arbitraire sur la vie des Américains que toute autre législation passée ou présente. Les Républicains exigeaient une réduction des dépenses intérieures et protestaient contre l’augmentation des pouvoirs du Président.

    Le fait majeur que Truman n’ait pas consulté le Congrès avant d’engager des troupes en Corée a affecté les élections législatives de 1950. S’il l’avait consulté, espérant qu’il approuverait, ceux qui s’opposaient au déroulement du conflit n’auraient pas pu le blâmer et qualifier le conflit de guerre de Truman.

    Le sénateur républicain Taft a appelé à voter pour le Parti républicain (GOP) afin d’arrêter le communisme sur le front intérieur, le « socialisme rampant » ainsi que les impôts élevés et l’inflation.

    Le fait de pointer du doigt les démocrates signifiait essentiellement que ces derniers étaient à l’origine de ce problème avec le communisme et que c’était une bonne raison pour les chasser du Congrès.

    En 1950, les Républicains appuyaient l’intervention américaine en Corée et s’alignaient sur la mentalité de McArthur, qui prônait : « Pas d’autre choix que la victoire » tout en demandant parfois le retrait de Corée.

    Le Congrès a prétendu vouloir intervenir en Corée, mais a retenu les fonds nécessaires pour y maintenir une armée. Il est possible que Truman ait pensé aux conséquences politiques de ses actes, mais cela ne l’a pas empêché de faire ce qu’il pensait nécessaire.

    Les politiques ont changé de temps à autre et il semble parfois y avoir une certaine confusion quant à savoir quelle politique ou stratégie militaire était appropriée et serait efficace.

     

    Les Républicains ont utilisé le maccarthysme pour créer la peur du communisme afin de retourner le public contre l’administration.

    Cela a été fait uniquement pour des raisons partisanes et pour influer sur les élections.

    Dès l’élection présidentielle de 1952, la véritable intention du Parti républicain était visible. Bien qu’à un moment donné, ils voulaient, en même temps, d’une part que les États-Unis quittent la Corée et d’autre part appliquent la politique de guerre à outrance de McArthur, ils ont nommé un héros militaire [Eisenhower] qui n’avait aucun plan pour mettre fin à la guerre, même si son programme était parfois contre l’unification, et dans une politique militaire à outrance.

    Le Parti républicain n’était pas cohérent dans ce qu’il pensait que les États-Unis devraient faire, et ne présentait pas une alternative constructive, donc ce qu’ils ont fait n’était que de la manœuvre politique.

     

    La politique étrangère a exercé des pressions sur les États-Unis pour qu’ils abandonnent l’aide financière à la Corée dans sa lutte pour l’indépendance et la réunification.

    La politique américaine a eu un impact sur la guerre de Corée, mais pas autant que les Républicains l’auraient souhaité.

    Truman a pu mener la guerre comme il l’entendait.

    La politique intérieure a effectivement amené Eisenhower, un président républicain, à la Maison-Blanche, mais pas un président dont la politique était si différente de celle du président sortant.

     

     

    Par Carol Duff

    Références

    • Caridi, Ronald J. The Korean War and American Politics: The Republican Party as a Case Study. Philadelphie: University of Pennsylvania Press, 1968. pp. 3,5,11,12,15,21,29,55,98
    • Compte rendu du Congrès, 26 juin 1950, p. 9158.
    • Compte rendu du Congrès, 5 juillet 1950, p. 9666.
    • Registre du Congrès, 14 août 1950, p. 12400.
    • Registre du Congrès, 5 septembre 1950, p. 14214.
    • Duff, Gordon. Historien.
    • Goldman, Eric. La Décennie Cruciale et Après. New York, 1960. p. 142
    • Highman, Charles. Trading With the Enemy: The Nazi-American Money Plot 1933-1949. New York: Barnes and Noble Books, 1983. pp. XV-XiX. 7.
    • Kaufman, Burton I. La guerre de Corée: défis en temps de crise, crédibilité et commandement. New York: Alfred A Knopf, 1986. pp. 52,55
    • Rees, David. Corée: La Guerre Limitée. New York, 1964. p. 11
    • Reeves, Thomas C. Life and Times of Joe McCarthy. New York, 1982. pp. 305-314
    • The New York Times, 4 janvier 1950, pp. 1 & 6
    • Mémoires Truman II. p. 329,348

     

    source et Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 février 2018

     

    Ebloui par l’impressionnante exposition militaire lors du défilé du 14 juillet en France, que nous appelions ici « Bastille Day », Donald Trump a eu l’idée d’une parade militaire à Washington pour faire honneur à l’armée, le 4 juillet prochain, fête de l’indépendance des Etats-Unis.

    La presse française, furieuse de la réussite exceptionnelle de celui qu’elle a décidé de haïr, se retrouve en porte-à-faux entre le marteau et l’enclume : d’un côté, les médias de la gauche américaine qui sont leurs sources d’information anti-Trump insultent Trump pour vouloir un défilé comme le 14 juillet, mais de l’autre, ils ne peuvent pas critiquer le défilé français dont ils applaudissent et admirent la tenue.

     

    Le Membre du Conseil démocrate Charles Allen a déclaré au Washington Post que l’idée de Trump « ne sert qu’à nourrir l’ego d’un homme. »

    Jamais aucun média français, même Le Monde ou Libération, dont les idées marginales ne reflètent pas l’opinion publique, n’ont jamais écrit que le défilé des Champs-Elysées nourri l’ego d’Emmanuel Macron ou de François Mitterrand.

    Le député démocrate Keith Ellison a décrit l’idée de Trump comme étant « la dernière idée idiote et autoritaire du leader exalté ».

    Imaginez si Edwy Plenel écrivait que le défilé militaire du 14 juillet est l’idée d’un leader autoritaire et exalté ! (vous me direz, il le pense peut-être, le trotskyste de service).

    Mercredi, les médias dénonçaient en boucle que de tels défilés sont la marque de nations totalitaires comme la Chine, la Corée du Nord, et l’ex Union soviétique.

    Je n’ai pas souvenir d’avoir lu les médias français affirmer que le défilé prouve que la France est une dictature.

    La vérité est que si Joe Biden avait proposé d’organiser un défilé militaire sur Pennsylvania avenue, l’ensemble de la presse aurait applaudi sa brillante idée. Mais si l’idée vient de Donald Trump, elle les dégoûte.

    Mon ami gauchiste aveuglé par sa haine de Trump a même écrit sur sa page Facebook « donc Trump veut un défilé comme en France ? Moi j’aimerai un vrai président, comme celui qu’il y a en France ».

    Comme c’est désopilant : le « vrai président de France » est incapable de résorber le chômage, alors que depuis que Trump est élu, il vient d’atteindre son plus bas depuis 45 ans.

     

    Macron augmente les impôts, Trump les baisse.

    Macron ouvre ses frontières contrairement à la volonté des Français, Trump veut une loi pour supprimer le regroupement familial, pour imposer l’immigration selon les compétences et les besoins de l’Amérique, et il est soutenu en cela par 81% de la population.

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.


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    Ali Khamenei : Les USA sont plus barbares que Daech

     

    Discours prononcé le 8 février 2018 par l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution Islamique, lors d’une réunion avec les commandants et le personnel de l’armée de l’air de l’armée de la République Islamique d’Iran.

     

    La réunion s’est tenue dans la Husseiniya de l’Imam Khomeiny à l’occasion du serment d’allégeance historique des officiers de la Force aérienne à l’Imam Khomeiny le 19 Bahman 1357 [8 février 1979].

    Source: http://english.khamenei.ir/news/5466/If-possible-we-would-provide-Yemen-with-a-100-missiles-instead /

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    https://www.dailymotion.com/video/x6elmgk

    (cliquer sur CC pour activer les sous-titres)


    Transcription:

    [...] L’oppression de l’Arrogance (impérialisme) doit être publiquement dénoncée. Aujourd’hui, le régime le plus cruel et le plus oppressif du monde est le gouvernement américain.

    Il est plus oppressif que tous les autres. Vous avez vu à quel point Daech était néfaste, oppressif et sauvage.

    Le gouvernement américain est encore pire qu’eux. Le gouvernement américain est l’appareil même qui a créé les semblables de Daech – et pas seulement Daech. Il leur facilité les tâches. Il a agi comme cause.

    Ce n’est pas seulement nous qui l’affirmons, ils l’ont eux-mêmes reconnu. L’individu qui est actuellement le Président des États-Unis avait l’habitude de souligner constamment, durant sa campagne électorale, que la création de Daech était une mesure adoptée par les démocrates – le parti adverse.

     

    Il répétait cela incessamment et il avait raison. Il y avait beaucoup d’indices et de preuves soutenant cette affirmation. À l’heure actuelle aussi, il y a de telles preuves.

     

    Ce sont eux qui ont créé Daech. Ce sont eux qui l’ont renforcé.

    Ce sont eux qui ont offert à Daech armes et soutien financier, entre autres. Très probablement, ce sont eux qui lui ont enseigné certaines méthodes.

    Ces organisations américaines sauvages qui dépendent de l’administration américaine – comme Blackwater et autres – exécutent elles aussi les mêmes tâches. Ils connaissent ces méthodes à la perfection. Ils sont experts dans ces actes sauvages contre l’humanité.

    Très probablement, ce sont eux qui ont enseigné de telles méthodes à Daech.

    Sinon, comment tel misérable venant du fin fond du Caucase saurait-il comment torturer un individu, comment torturer les gens en les noyant graduellement (waterboarding) et comment les brûler petit à petit ? Probablement, ce sont eux qui leur ont enseigné ces méthodes.

    Malgré le fait que les Etats-Unis sont le gouvernement le plus cruel et le plus impitoyable du monde, ils se présentent, dans leur propagande, comme défenseurs des droits de l’homme !

    Des défenseurs des droits des opprimés, et même des défenseurs des droits des animaux ! Eh bien, ils devraient être marqués du sceau de l’infamie par le monde entier.

    Ces choses devraient être dites. Ces choses devraient être répandues au niveau international.

    Voyez l’oppression qu’ils ont commise contre la Palestine. À l’heure actuelle, les Palestiniens sont soumis à l’oppression et à la cruauté au quotidien.

    Cela fait maintenant une, deux, dix, vingt, soixante-dix années que cette oppression se poursuit et que les Américains la soutiennent. À l’heure actuelle, ils la soutiennent toujours. Eh bien, cela devrait être de notoriété publique.

    Un autre exemple est leur oppression contre les Yéménites.

    À l’heure actuelle, le Yémen est bombardé quotidiennement. Le peuple est bombardé, divers endroits sont bombardés, les marchés sont bombardés, l’infrastructure du pays est bombardée.

    Par qui ? Par les alliés des Etats-Unis, qui sont approuvés par les Américains.

    Ce sont les Américains qui leur fournissent des armes. Ce sont eux qui les aident. Ils regardent la scène avec délices et ils ne soulèvent pas la moindre objection, pas le moindre froncement de sourcils n’apparait sur leurs visages.

    Bien sûr, il y a des gens parmi eux – par exemple, des intellectuels – qui font des objections, mais l’administration américaine n’y prête aucune attention.

    Et ce tandis qu’ils vont exposer des morceaux de ferraille avec une totale impudence, prétendant que ces pièces viennent du missile donné aux combattants yéménites par l’Iran !

    C’est une affirmation dénuée de fondement. Les combattants yéménites et les moudjahidines sont assiégés. Il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit.

    Si c’était possible, nous leur donnerions des centaines de missiles – et pas seulement un ! Mais il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Ils sont opprimés:

    « Soyez un ennemi de l’oppresseur et un soutien de l’opprimé. » [Imam Ali, Nahj al-Balagha]. Si vous pouvez aider les opprimés, vous devez le faire. Nous sommes fermes sur la question de la Résistance.

     

    Les Américains ont décidé d’écraser la Résistance en Asie occidentale [Moyen-Orient] et ils étaient convaincus qu’ils accompliraient cette tâche. Nous sommes restés fermes et nous avons dit que nous ne les autoriserions pas à le faire.

    Aujourd’hui, le monde entier reconnait qu’ils voulaient le faire, mais ils ont échoué. Et ce que nous voulions faire, nous avons réussi à le faire. Le monde entier a compris cela.

    Il faut faire face à l’injustice. J’ai parlé de l’injustice des puissances étrangères, mais il en va de même pour l’injustice domestique (à l’intérieur de l’Iran), qui est peut-être une plus grande priorité pour plusieurs raisons. [...]

     

    Source et Traduction :   http://sayed7asan.blogspot.fr


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    Al Nosra abat un appareil russe à Idleb

     

    Par Antoine de Lacoste

     

    1456949215.png

    Pour la première fois depuis le début de l’intervention russe en Syrie (septembre 2015), les islamistes ont abattu un avion russe.

     

    Il s’agit d’un Soukhoï SU-25 piloté par le major Roman Filippov. Il a réussi à s’éjecter mais en pleine zone ennemie.

     

    Vite encerclé par plusieurs dizaines de djihadistes, il s’est courageusement défendu avec son pistolet.

    Sur le point d’être pris, il a préféré se faire sauter avec une grenade plutôt que d’être pris vivant et de soumettre la Russie à un odieux chantage.

     

    Son sacrifice n’est pas sans rappeler celui d’un autre officier, Alexandre Prokhorenko, mort en mars 2017 pour la reconquête de Palmyre.`

    Encerclé par des combattants de Daesh, il avait commandé à l’aviation russe une frappe aérienne pour mourir en tuant un maximum d’islamistes.

     

    Depuis cet incident, les Russes ont ordonné à leurs pilotes de voler au dessus de 5000 mètres, distance à partir de laquelle les missiles sol-air sont inopérants.

    Les Russes ont pu récupérer le corps de leur pilote, ce qui en a étonné plus d’un.

    L’explication est simple : c’est l’armée turque qui s’en est occupée, ce qui en dit long sur son implantation à Idleb et sur son influence sur les islamistes qui avaient récupéré le corps.

     

    Les spécialistes russes aimeraient aussi examiner les débris de l’avion afin de déterminer l’origine du missile : fabrication américaine, française ?

     

    Plusieurs hypothèses sont envisageables et il est important pour la suite des opérations militaires de connaître le type d’armement dont disposent les combattants islamistes.

    Les Américains se sont dits « préoccupés », expression diplomatique signifiant quelque chose comme « ça nous est complètement égal ».

    Ce sont pourtant bien eux qui ont, les premiers, armé des insurgés avec du matériel sophistiqué, par le biais de la CIA.

    La fiction des combattants « modérés » n’a pas longtemps résisté à l’épreuve des faits.

    La désinformation occidentale a même été jusqu’à inventer le concept d’ « islamiste modéré » ce qui ne manque tout de même pas de sel.

    Mais il a fallu attendre fin 2015 et le scandale des insurgés entraînés et armés à grands frais par la CIA, passés chez Daesh aussitôt envoyés sur le territoire syrien, pour que cessent les livraisons d’armes.

    Aujourd’hui, personne ne connait la quantité et la qualité des armes en circulation dans la province d’Idleb, mais on peut pressentir que l’élimination des islamistes du dernier territoire qu’ils détiennent en Syrie ne sera pas simple.

    Les progrès de l’armée syrienne, qui a lancé une grande offensive au sud-est de la province, sont d’ailleurs lents et les islamistes savent qu’après Idleb, il n’y a plus rien pour eux.

    Leur résistance sera donc farouche.

    Ce qui est sûr, c’est que, depuis la mort de leur pilote, les Russes ont accentué leur pression sur les groupes d’Al Nosra (ou Tahrir el Cham comme on dit maintenant).

     

    L’aviation pilonne sans cesse les positions islamistes et il est probable que la reprise de la province d’Idleb soit devenue un objectif majeur pour  les Russes et les Syriens.

    Mais pour cela, il faudra s’entendre avec les Turcs.

     

    C’est, entre autres, pour cela que les Russes ont laissé les Turcs attaquer les Kurdes à Affrin.  

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    Al Nosra abat un appareil russe à Idleb

     

    Par Antoine de Lacoste

     

    1456949215.png

    Pour la première fois depuis le début de l’intervention russe en Syrie (septembre 2015), les islamistes ont abattu un avion russe.

     

    Il s’agit d’un Soukhoï SU-25 piloté par le major Roman Filippov. Il a réussi à s’éjecter mais en pleine zone ennemie.

     

    Vite encerclé par plusieurs dizaines de djihadistes, il s’est courageusement défendu avec son pistolet.

    Sur le point d’être pris, il a préféré se faire sauter avec une grenade plutôt que d’être pris vivant et de soumettre la Russie à un odieux chantage.

     

    Son sacrifice n’est pas sans rappeler celui d’un autre officier, Alexandre Prokhorenko, mort en mars 2017 pour la reconquête de Palmyre.`

    Encerclé par des combattants de Daesh, il avait commandé à l’aviation russe une frappe aérienne pour mourir en tuant un maximum d’islamistes.

     

    Depuis cet incident, les Russes ont ordonné à leurs pilotes de voler au dessus de 5000 mètres, distance à partir de laquelle les missiles sol-air sont inopérants.

    Les Russes ont pu récupérer le corps de leur pilote, ce qui en a étonné plus d’un.

    L’explication est simple : c’est l’armée turque qui s’en est occupée, ce qui en dit long sur son implantation à Idleb et sur son influence sur les islamistes qui avaient récupéré le corps.

     

    Les spécialistes russes aimeraient aussi examiner les débris de l’avion afin de déterminer l’origine du missile : fabrication américaine, française ?

     

    Plusieurs hypothèses sont envisageables et il est important pour la suite des opérations militaires de connaître le type d’armement dont disposent les combattants islamistes.

    Les Américains se sont dits « préoccupés », expression diplomatique signifiant quelque chose comme « ça nous est complètement égal ».

    Ce sont pourtant bien eux qui ont, les premiers, armé des insurgés avec du matériel sophistiqué, par le biais de la CIA.

    La fiction des combattants « modérés » n’a pas longtemps résisté à l’épreuve des faits.

    La désinformation occidentale a même été jusqu’à inventer le concept d’ « islamiste modéré » ce qui ne manque tout de même pas de sel.

    Mais il a fallu attendre fin 2015 et le scandale des insurgés entraînés et armés à grands frais par la CIA, passés chez Daesh aussitôt envoyés sur le territoire syrien, pour que cessent les livraisons d’armes.

    Aujourd’hui, personne ne connait la quantité et la qualité des armes en circulation dans la province d’Idleb, mais on peut pressentir que l’élimination des islamistes du dernier territoire qu’ils détiennent en Syrie ne sera pas simple.

    Les progrès de l’armée syrienne, qui a lancé une grande offensive au sud-est de la province, sont d’ailleurs lents et les islamistes savent qu’après Idleb, il n’y a plus rien pour eux.

    Leur résistance sera donc farouche.

    Ce qui est sûr, c’est que, depuis la mort de leur pilote, les Russes ont accentué leur pression sur les groupes d’Al Nosra (ou Tahrir el Cham comme on dit maintenant).

     

    L’aviation pilonne sans cesse les positions islamistes et il est probable que la reprise de la province d’Idleb soit devenue un objectif majeur pour  les Russes et les Syriens.

    Mais pour cela, il faudra s’entendre avec les Turcs.

     

    C’est, entre autres, pour cela que les Russes ont laissé les Turcs attaquer les Kurdes à Affrin.  

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    Un plan américano-israélien de partage de la Syrie

    Publié par wikistrike.com sur 14 Février 2018, 07:38am

    Un plan américano-israélien de partage de la Syrie

    Cinq développements militaires confirment la présence d’un plan américano-israélien 

    Le Ministère des Affaires étrangères syrien peut légitimement considérer les raids aériens américains qui ont visé ses forces ainsi que des groupes armés lui étant fidèles et qui ont tué 150 personnes dans le gouvernorat de Deir Az-Zor comme un « crime de guerre » et un crime contre l’humanité.

     

    Les forces américaines présentes sur les terres syriennes et irakiennes sont venues sous prétexte de lutter contre le terrorisme, notamment « l’Etat islamique ».

    Pourquoi donc ne partent-elles pas une fois que ce prétexte n’est plus valable et que cherchent-elles à travers ces raids ?

    La réponse est très simple : elles veulent mettre en œuvre le projet américain de division de la Syrie et d’implantation de bases militaires américaines permanentes à l’Est de l’Euphrate, qu’elles veulent séparer des régions occidentales et centrales.

    Ces bases remplaceront la base aérienne turque d’Incirlik, où les avions américains ne sont plus les bienvenus, et constitueront un socle pour l’Etat kurde embryonnaire.

    La coalition internationale dirigée par les Etats-Unis a reconnu jeudi matin qu’elle avait mené des raids contre des « forces alliées au régime » après qu’elles ont mené une attaque « injustifiée » contre une base des Forces syriennes démocratiques à l’Est de l’Euphrate, dans le gouvernorat de Deir Az-Zor, limitrophe avec l’Irak.

     

    Cette intervention de la coalition en faveur des Forces syriennes démocratiques majoritairement kurdes confirme que les Etats-Unis veulent former une entité kurde indépendante à l’Est de l’Euphrate, prise sur la Syrie, qu’ils « protégeront » et qu’ils doteront d’une armée de 30 000 soldats, entraînés et équipés d’armes dernier cri.

    Ce plan ne sera pas accepté en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran. Les Etats-Unis et leurs alliés se retrouveront donc face à tous ces pays, unis pour la même cause et il n’est pas exclu que le « plan américain » soit en tête de l’ordre du jour du sommet tripartite d’Istanbul entre la Russie, l’Iran et la Turquie, qui se tiendra dans les prochaines semaines.

     

    Faire monter la tension en Syrie en prélude à son partage 

    La Syrie est actuellement sciemment visée par les Etats-Unis et Israël, qui veulent compenser les échecs qu’ils ont essuyés au Nord-Ouest et au centre de la Syrie ainsi qu’au Liban.

    Les manifestations de l’escalade américano-israélienne contre la Syrie sont les suivantes :

    Premièrement : le lancement de cinq missiles israéliens à travers l’espace aérien libanais, visant des cibles proches de la capitale syrienne avant-hier.

    Les défenses aériennes ont réussi à en intercepter quatre.

    L’occupation utilise des missiles pour bombarder le territoire syrien et non des avions comme c’était le cas durant les sept dernières années, car les défenses syriennes ont été modernisées et sont désormais capables d’intercepter les avions des assaillants.

    Deuxièmement : la réouverture par les Etats-Unis du dossier des armes chimiques. Ils accusent sans preuves les autorités syriennes d’avoir utilisé le chlore dans la Ghouta orientale.

    Ces accusations précèdent traditionnellement une agression américaine, comme ce fût le cas il y a plusieurs mois avec le lancement de plus de cinquante missiles Tomahawk sur l’aéroport d’Ach-Chayrate en réaction à l’utilisation d’armes chimiques à Khan Cheykhoun, dans la banlieue d’Idlib.

    Troisièmement : le bombardement de Damas et de régions voisines avec des missiles dernier cri lancés par les forces de l’opposition armée à des fins de déstabilisation.

    Quatrièmement : la fourniture, de manière directe ou indirecte, de lance-missiles Manpads ou Stinger à « Hayat Tahrir Ach-Cham » (anciennement « An-Nosra ») par les Américains.

    Un des ses lance-missiles a été utilisé pour abattre un avion russe Sokhoï 25 au-dessus de la commune de Saraqib, aux alentours d’Idlib.

    Il s’agit d’un message clair adressé au gouvernement syrien et à la Russie disant que l’espace aérien syrien n’est plus un espace sûr pour leurs avions.

    Cinquièmement : l’escalade israélienne au Liban incarnée par l’annonce de la construction d’un mur le long de la frontière côté libanais, afin d’imposer un fait accompli et de « légitimer » les appétits israéliens envers les champs de gaz des eaux régionales libanaises frontalières de la Palestine occupée.

     

    Pourquoi nous pensons que les jours à venir devraient voir une résistance encore plus acharnée que la résistance irakienne ?

    Il est évident que l’Amérique a pris nos frères kurdes comme alliés régionaux et veut les utiliser contre ces quatre pays : l’Iran, la Turquie, l’Irak et la Syrie.

     

    Mais les chances de réussite de ce plan sont comme celles de tous ses prédécesseurs : presque nulles.

    Les Etats-Unis vont abandonner leurs nouveaux alliés kurdes comme ils les ont abandonnés, eux et d’autres, dans le passé et les laisseront seuls face à leur destin douloureux.

    Les forces américaines en Syrie, en Irak et à Manbij seront une cible légitime pour ces quatre Etats, de manière directe ou indirecte, dans le futur proche.

    Il est probable que des cellules de résistance armée se constituent pour faire face à ces forces, comme cela s’est produit après l’occupation américaine de l’Irak en 2003, ce qui a poussé la Maison blanche à les retirer pour limiter les pertes matérielles et humaines.

    Il y a plus de 6 000 soldats américains en Irak et 2 000 en Syrie. Ils seront une proie de choix pour les nouvelles forces de résistance qui se préparent.

    Il ne serait pas étonnant que les forces de la Mobilisation populaire irakienne (Al-Hachd Ach-Chaabi) et des groupes armés syriens alliés à la Turquie en soient la colonne vertébrale, car les premières sont « au chômage » depuis la reconquête de Mossoul et les seconds changent leurs cibles selon les instructions de la Turquie.

     

    L’expérience afghane sera difficile à répéter

    Les Etats-Unis n’ont plus d’amis dans la région, à part certains de nos frères kurdes. Ils ont perdu la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran.

    Ils se mettent le doigt dans l’œil s’ils pensent qu’ils peuvent faire de la Syrie un nouvel Afghanistan et infliger une défaite aux quatre Etats, en plus de la Russie, en fournissant des lance-missiles Stinger aux groupes armés.

     

    Ces quatre pays sont des puissances régionales majeures bien enracinées et non des forces d’occupations passagères comme les forces soviétiques.

    De plus, le gouvernement syrien est intégré au concert régional et mondial des nations : il n’est pas, comme le régime communiste afghan, faible et assiégé de toutes parts.

    Les forces américaines vont prendre la place de « l’Etat islamique » comme cible des forces de résistance acharnée dans la région durant les semaines et les mois à venir.

     

    L’arroseur pourrait bien se retrouver trempé mais cela, seuls les jours à venir nous le diront.

     

    Abdelbari Atwan

    Rai Al Youm

    source:http://actuarabe.com/plan-americano-israelien-de-partage-de-syrie/

    envoyé par eva R-sistons


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    Plusieurs dizaines de combattants russes tués par des forces américaines en Syrie

    Par
    Auteur
    / Mardi 13 février 2018 à 18:0218
    Un hélicoptère russe volant au-dessus de la Syrie. Photo ©AP/SIPA
     

    Syrie. Plus de 200 mercenaires employés par Bachar al-Assad, principalement russes, seraient morts la semaine dernière dans un assaut raté sur une base américano-kurde.

    C’est peut-être l'affrontement le plus meurtrier entre des troupes américaines et russes depuis la fin de la Guerre froide.

     

    La semaine dernière, les États-Unis ont repoussé un assaut mené par les forces de Bachar al-Assad

     

    sur une base détenue par leur contingent et par l’armée kurde, dans la région riche en pétrole de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie.

    Plus de 200 mercenaires employés par le régime syrien, majoritairement de nationalité russe, seraient morts dans l’attaque.

    L’état-major de Russie affirme ne pas être impliqué dans cette opération, ce que les États-Unis semblent prêts à croire.

    Les soldats tués seraient pour une grande part des vétérans du conflit ukrainien.

    Sur le même sujet
     

    Plusieurs membres de l’opposition russe ont appelé le gouvernement de Vladimir Poutine à clarifier la situation et à déterminer le responsable de l’opération.

    https://www.valeursactuelles.com/monde

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    14 février 2018
    New York Times : « Travailleurs allemands, unissez-vous : le nouveau chant des sirènes de l’extrême droite »

    Guido Reil est mineur de charbon, comme l’étaient son père et son grand-père avant lui.

     

    Il est entré à 18 ans dans un syndicat et à 20 ans au parti social-démocrate de centre-gauche. […]

     

    Mais il y a deux ans, après l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés en Allemagne, M. Reil est passé au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne(AfD).

     

    En mai dernier, aux élections régionales, il était sur la liste de ce parti qui a obtenu 20 pourcent des voix dans la circonscription où il habite, pendant que les sociaux-démocrates perdaient 16 pourcent par rapport à l’élection précédente.

    « Ce sont mes anciens camarades », dit en riant M.Reil. « Ils m’ont suivi. »

    Comment un parti d’extrême droite parvient-il à attirer les votants du monde du travail, traditionnel bastion de la gauche ?
    […]

    L’AfD, a déclaré M. Pohl [député AfD], « est un nouveau parti populaire qui se soucie du petit peuple« .

     

    Comme certains députés de centre gauche s’esclaffaient, M. Pohl a montré du doigt les caméras de télévision.

    « Continuez de rire », a-t-il dit, « vos électeurs vous regardent ».

     

    Effectivement. L’AfD a déjà pris aux sociaux-démocrates la place de second aux élections dans une bonne partie de ce qui était autrefois l’Allemagne de l’Est.

    En Bavière, ils ne sont pas loin derrière.

    Mais M.Reil croit que son parti a le plus grand potentiel dans des endroits comme Bottrop, dans la Ruhr, naguère le cœur industriel de l’Allemagne de l’Ouest et bastion de longue date de la social-démocratie et des syndicats.

    […]

    Il y a des plans pour créer un nouveau mouvement national des travailleurs, dit M. Reil. Son nom sera le Syndicat alternatif de l’Allemagne. « La révolution », prédit-il, « se fera dans l’industrie automobile ».

    Les patrons des syndicats […] rejettent en public ces propos comme « marginaux ». Mais en privé, certains sont inquiets.

    « Les frontières ouvertes et l’État-providence ne vont pas ensemble. »
    […]

    À Bottrop, ce message passe bien.

    Les habitants se plaignent de ces réfugiés à qui on prescrit « des séances thérapeutiques d’équitation » et des cours pour apprendre à flirter, offerts par les contribuables, pendant que les écoles publiques sont en déclin.

    « Ils obtiennent les logements sociaux rénovés pendant que les Allemands attendent des années », dit Linda Emde, patronne d’un des rares bars encore ouverts.

    « Mais quand vous élevez la voix contre l’immigration, on vous traite de raciste. »

    Mme Emde a voté toute sa vie pour les sociaux-démocrates. Mais en septembre, elle et son mari sont passés à l’AfD.

     

     

    Katrin BENNHOLD

    New York Times

    via http://www.fdesouche.com/955207-new-york-times-travailleurs-allemands-unissez-nouveau-chant-sirenes-de-lextreme-droite


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    Mali.

    Un raid contre le groupe jihadiste Ansar Dine fait 10 morts

    • "C'est la base du chef du réseau, Iyad Ag Ghaly, à Tinzaouatène qui a été la cible principale de cette opération", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire étrangère présente au Mali.
      "C'est la base du chef du réseau, Iyad Ag Ghaly, à Tinzaouatène qui a été la cible principale de cette opération", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire étrangère présente au Mali. | Souleymane AG ANARA / AFP

    Au moins 10 jihadistes présumés ont été tués mercredi lors d'une opération aérienne et au sol des forces françaises visant le chef du groupe Ansar Dine, le Malien Iyad Ag Ghaly.

    Allié à Al-Qaïda, Ansar Dine fait partie des groupes armés qui ont contrôlé le nord du Mali entre 2012 et janvier 2013.

     

    Au moins 10 jihadistes présumés ont été tués mercredi dans le nord-est du Mali lors d'une opération aérienne et au sol des forces françaises visant le chef du groupe Ansar Dine, le Malien Iyad Ag Ghaly, a-t-on appris de sources sécuritaires concordantes.

    Un proche du chef jihadiste, un ancien colonel de l'armée malienne ayant fait défection, a été tué dans ce raid, ont indiqué dans la soirée les Forces armées maliennes (FAMa).

     

    "C'est la base du chef du réseau, Iyad Ag Ghaly, à Tinzaouatène qui a été la cible principale de cette opération", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire étrangère présente au Mali.

    L'opération de mercredi s'est déroulée "à proximité de Inaghalawass, un oued distant de 900 mètres de la frontière algérienne, entre 04H40 et 05H20 (GMT et locales)", a précisé cette source s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

    Ansar Dine, allié à Al-Qaïda, fait partie des groupes armés qui ont contrôlé le nord du Mali entre 2012 et janvier 2013. En 2015, après que la force française Barkhane eut "neutralisé" (tué ou arrêté) plus d'une centaine de jihadistes dans le nord du pays, Iyad Ag Ghaly s'était réfugié à la frontière algérienne, selon des sources militaires.

    Un bilan provisoire fait état de 10 à 17 morts parmi les jihadistes, selon la source sécuritaire étrangère.

     

    "Plusieurs terroristes neutralisés"

    "Parmi les criminels abattus figure Malick Ag Wanasnat, un ex-colonel de l'armée malienne", qui était "un allié et un pilier d'Iyad Ag Ghali", précise le communiqué des FAMa. 

     

    "Plusieurs terroristes ont été neutralisés" et "trois véhicules ont été détruits", ajoute le texte.

    Malick Ag Wanasnat "avait fait défection en 2006, après avoir cassé et pillé le magasin d'armement à Ménaka (nord-est), avant d'orchestrer" des attaques, selon le communiqué, qui ajoute que Malick Ag Wanasnat "a participé à de nombreux autres actes criminels". 

     

    L'état-major français a partiellement confirmé ces informations, évoquant un bilan d'"une vingtaine de terroristes tués ou capturés".

    "L'opération a été menée par les forces françaises au Sahel", à la fois des forces spéciales et des troupes de Barkhane, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'état-major français des armées, le colonel Patrik Steiger.

    Cette opération, menée mercredi matin, "visait trois objectifs de groupes armés terroristes, entre Boughassa et Tinzaouatène, qui ont fait l'objet de frappes aériennes simultanées suivies d'assauts héliportés appuyés par des hélicoptères Tigre, puis d'engagements au sol", a-t-il précisé.

     

    Bilan provisoire

    "Selon un bilan provisoire, une vingtaine de terroristes ont été tués ou capturés", a-t-il affirmé, soulignant que "trois véhicules" avaient été détruits et des armements, ainsi qu'un "grand nombre de documents" récupérés.

    Aucune perte humaine n'est à déplorer côté français, d'après le colonel Steiger, selon lequel "l'identité des groupes armés visés reste à préciser".

     

    Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

    Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

     

    Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

     

    Source et Publication:   https://www.ouest-france.fr/monde/mali/


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    L’armée turque réalise un vrai djihad en Syrie (analyse kurde).

      Kendal Nezan, Président de l’Institut kurde de Paris :

    « Si les Occidentaux l’y autorisent, Erdogan promet de se lancer dans la conquête du Kurdistan syrien, dans un climat d’hystérie nationaliste.

    Ce qui n’augure rien d’autre que le retour en force de Daech et une déstabilisation plus grande encore de la région.

     

    L’opinion publique occidentale semble l’ignorer mais l’invasion turque du canton kurde syrien d’Afrin est qualifiée de «jihad» ou guerre sainte par la Diyanet, la plus haute autorité religieuse du pays, à la demande sans doute du président turc lui-même.

     

    La fatwa est serinée dans les 90 000 mosquées sunnites du pays où imams et prédicateurs, tous salariés d’un Etat supposé laïc, sont tenus de prier matin et soir avec leurs ouailles pour la victoire de l’armée de conquête turque et de leurs supplétifs syriens jihadistes.

     

    Mimant le cérémonial guerrier des sultans, Recep Tayyip Erdogan a fait accompagner son corps expéditionnaire des tambours de la fanfare militaire ottomane Mehter revêtue des costumes d’époque. Le cérémonial, retransmis par toutes les chaînes de télévision, est supposé rappeler aux Turcs leur passé glorieux et inscrire Erdogan dans cette lignée des grands conquérants.

    Voilà donc, après Selim le Cruel, conquérant de Syrie et d’Egypte et Soliman le Magnifique, dont les troupes avancèrent jusqu’aux portes de Vienne, Erdogan le Petit, postulant au titre de conquérant du petit canton kurde d’Afrin.

     

    Après la faillite de sa stratégie d’installer à Damas un régime islamiste pro-turc et les défaites récurrentes de ses protégés salafistes et jihadistes, Erdogan aura donc enfin trouvé une cible à sa mesure.

    Après la campagne d’Afrin et à sa suite, si son Dieu lui accorde la victoire et si Américains et Russes l’y autorisent, il promet de se lancer dans la conquête de tout le Kurdistan syrien.

    Ce plan, débattu depuis des semaines dans les médias turcs, est présenté comme un «combat national» contre une «menace existentielle» que constituerait l’émergence d’une région autonome ou fédérée kurde en Syrie.

    A l’en croire, les trois cantons kurdes qui se sont autonomisés au cours de la guerre civile syrienne menaceraient donc la bien fragile République turque, qui va bientôt fêter son centenaire et qui entretient la deuxième armée de l’OTAN.

    En fait, plus que l’hypothétique menace militaire, inexistante, c’est l’émergence d’une région autonome kurde qui inquiète Ankara car elle pourrait encourager les 18 à 20 millions de Kurdes de Turquie, actuellement persécutés et marginalisés, à revendiquer un statut similaire.

    La seule manière que le pouvoir turc a trouvée pour écarter cette menace est d’envahir d’abord le maillon faible d’Afrin, avec la complicité de Moscou, de Damas et de Téhéran, puis le restant du Kurdistan syrien jusqu’à la frontière irakienne.

    Pour «sécuriser sa frontière», la Turquie y installerait une zone tampon d’une profondeur de 30 km et y implanterait «les véritables propriétaires de ces terres» à savoir les réfugiés arabes syriens qu’elle accueille actuellement sur son sol en faisant fuir par diverses mesures de terreur les populations kurdes locales.

    En créant tout au long de sa frontière une «ceinture arabe» coupant les Kurdes de Turquie de ceux de la Syrie. Ankara réaliserait ainsi le vieux projet du Baath syrien lancé dans les années 60 et resté inachevé.

    Cela ne peut que combler le régime syrien et son protecteur iranien qui considèrent les combattants kurdes syriens comme des traitres car alliés à la coalition internationale contre Daech.

    L’armée turque prépare déjà les plans de la conquête de la ville d’Afrin. Ses forces spéciales, qui se sont tristement illustrées dans la guérilla urbaine dans les villes du Kurdistan de Turquie et en ont réduit en ruines une quinzaine, y compris la cité médiévale de Diyarbekir, sont mobilisées pour la bataille à venir d’Afrin.

    Les drones turcs ont déjà photographié la ville rue par rue.

    L’état-major fait savoir qu’il établira un «couloir humanitaire» pour permettre l’évacuation de la population civile avant les bombardements de la ville et les combats de rue.

    Les troupes turques et leurs mercenaires syriens sont idéologiquement préparés à ce jihad. Ils bombardent et attaquent les villages kurdes aux cris «Allahou Akbar ! Sus aux porcs athéistes» (kurdes).

     

    Les images du martyre de Barîn Kobané, la combattante kurde mutilée par un groupe de jihadistes pro-turcs diffusées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, donne la mesure de cette haine anti-kurde.

    Une haine attisée en Turquie même par le parti d’extrême droite MHP, allié d‘Erdogan, dont le chef Devlet Bahçeli promet d’envoyer 100 000 Loups Gris (Bozkurt), ces miliciens fascisants turcs de triste mémoire dont l’un, Mehmet Ali Agca, a attenté contre la vie du pape Jean-Paul II.

    Chauffés à blanc par les médias au service du pouvoir, les Turcs sont tenus à faire bloc derrière Erdogan, dans «ce combat national» sous peine d’être punis comme traîtres.

    Le principal parti d’opposition, CHP, qui tout en soutenant l’armée turque «héroïque» critique l’utilisation de «bandes terroristes et jihadistes syriennes» est qualifié par Erdogan de «principal parti de trahison».

     

    L’Union des barreaux de Turquie et l’Union des chambres de médecins de Turquie, qui émettent des réserves sur le bien fondé de cette guerre, sont sommées par le président turc à retirer les noms «Turquie», «Turc» de leur appellation car elles n’en sont pas dignes.

    Ce climat d’hystérie nationaliste anti-kurde, anti-américaine, anti-européenne, antisémite, est lourd de menaces pour le peuple kurde, pour la stabilité régionale mais aussi pour la sécurité européenne.

    Le risque de pogroms anti-kurdes en Turquie et des affrontements turco-kurdes en Europe est réel et celui d’une confrontation militaire turco-américaine ne peut être écarté.

     

    La défaite de la résistance kurde ne tarderait pas à favoriser le retour de Daech et d’autres mouvements jihadistes. Et un président turc conquérant d’Afrin sera de plus en plus arrogant, incontrôlable et dangereux pour ses voisins et pour l’Europe.

    Il disposera de deux armes de dissuasion massive vis-à-vis des Occidentaux : l’envoi vers l’Europe de nouvelles vagues de migrants et la manipulation par les services turcs de diverses factions jihadistes allant de l’ex-Front al-Nosra aux éléments recyclés de Daech et aux terroristes ouïgours pour commettre des attentats contre les pays hostiles à son régime.

     

    La défense d’Afrin n’est donc pas qu’une question humanitaire ou une obligation morale envers les alliés kurdes dans la guerre contre Daech.

    C’est aussi et surtout une urgence politique pour empêcher une plus grande déstabilisation régionale, pour prévenir le retour en force de Daech et pour mieux assurer la sécurité des citoyens européens.

    Il est grand temps de sortir des discours tièdes et ambigus, d’adopter au niveau européen une position commune et ferme exigeant le retrait sans délai des troupes turques d’invasion.

    Il est incompréhensible et immoral que le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a été saisi d’urgence pour l’installation de quelques portiques métalliques sur l’esplanade des mosquées, ne soit pas saisi et n’adopte pas une résolution sur une invasion militaire violant ouvertement le droit international, visant une population innocente et menaçant gravement la stabilité régionale.

     

    La France, qui a souvent eu le courage de dire le droit, s’honorerait de prendre l’initiative de mobiliser ses partenaires en Europe et à l’ONU pour arrêter l’agression turque en cours.

     

    Source:  http://islamisation.fr/2018/02/14/


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    Les grandes dates de l'histoire mouvementée du Kosovo

     
     

    CHRONOLOGIE - Le plus jeune État européen a déclaré son indépendance il y a dix ans.

    Le spectre de la guerre qui opposa à la fin des années 1990 l'Armée de libération du Kosovo et la Serbie, avant l'intervention de l'OTAN, plane toujours, sur fond d'accusations mutuelles de crimes de guerre.

    Il y a dix ans, le Kosovo proclamait son indépendance. Le plus jeune État des Balkans est encore loin de faire l'unanimité puisque 79 des 193 États membres de l'ONU n'ont pas reconnu l'existence de ce pays peuplé en majorité d'Albanais, mais qui fut longtemps rattaché à la Serbie.

    Ce territoire au cœur des Balkans, théâtre d'un violent conflit à la fin des années 1990, continue de susciter de nombreuses controverses.

    Nous revenons sur les grandes dates de ce pays qui est depuis sa création le plus pauvre d'Europe.

     

    » LIRE AUSSI - Le Kosovo fête ses 10 ans sans vraiment se réjouir

    ● Entre l'Empire ottoman et la Serbie

    1945: après la Seconde Guerre mondiale, le territoire kosovar, incorporé en 1941 dans une Grande Albanie sous tutelle de l'Italie fasciste, est inclus dans la Yougoslavie du Maréchal Tito comme province autonome de la République socialiste de Serbie, l'un des six États formant cette fédération communiste.

    Le Kosovo, peuplé d'une majorité d'Albanais et d'une grosse minorité serbe, avait déjà été rattaché au Royaume de Serbie en 1913 après la défaite de l'Empire ottoman, qui contrôlait ce territoire depuis le 14e siècle.

    Pour les Serbes, le Kosovo est leur berceau historique depuis le 11e siècle.

    Ibrahim Rugova, derrière le drapeau albanais en 1998.

    1989: le nouveau président serbe, Slobodan Milošević, réduit drastiquement l'autonomie de la province du Kosovo en modifiant la Constitution, ce qui déclenche un mouvement de révolte des Albanais, qui représentent alors près de trois quarts de la population. La même année que la chute du mur de Berlin, cette contestation est menée au départ sans violence sous l'impulsion d'Ibrahim Rugova, fondateur de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) et surnommé le «Gandhi des Balkans» pour son pacifisme.

    1992: après la dissolution de l'URSS fin 1991, les républiques du bloc de l'Est prennent leur indépendance.

    Si la Yougoslavie communiste, neutre depuis 1948, n'en faisait pas partie, elle n'échappe pas à ce mouvement et explose avec les déclarations d'indépendance de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine, ce qui donne lieu à plusieurs guerres meurtrières jusqu'en 1995. La Yougoslavie subsiste en tant que «République fédérale» jusqu'en 2003, mais ne comprend plus que la Serbie (dont le Kosovo) et le Monténégro, qui prend son indépendance en 2006.

    ● Les années de guerre

    Un bombardier américain B2 pendant l'opération «Allied Force».

    1996: c'est le début du conflit entre la Serbie et le Kosovo, avec la création de l'Armée de libération du Kosovo, plus connue par son sigle UÇK qui récupère en 1997 un grand stock d'armes venues d'Albanie.

    1999: après l'échec de négociations à Rambouillet, l'OTAN procède à une campagne aérienne de bombardement. L'opération Allied Force dure du 24 mars au 8 juin, date à laquelle les forces serbes se retirent du Kosovo.

    Le conseil de sécurité de l'ONU vote le 10 juin la résolution 1244 qui prévoit une opération de maintien de la paix par le biais d'une force internationale, la KFOR, contrôlée par l'OTAN, et de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo.

    Le Kosovo devient ainsi un protectorat international sous mandat de l'ONU. Lors de cette guerre, les pertes civiles ont été nombreuses, une étude internationale de 2008 établissant la liste de 13 472 victimes (dont 9260 Albanais et 2488 Serbes). Pour l'ONG Human Rights Watch, les frappes de l'OTAN ont tué environ 500 civils.

     

     

    ● Vers l'indépendance

    2005: l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari reçoit un mandat de l'ONU pour superviser les négociations entre Belgrade et Pristina.

    À partir du retrait des troupes serbes et de l'arrivée de la KFOR, le Kosovo vit sans véritable statut.

    La résolution 1244 crée des institutions provisoires sous tutelle internationale, mais répète son attachement à l'intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie (aujourd'hui Serbie), ce qui crée une confusion en droit international puisque cette résolution est toujours en vigueur.

    Par ailleurs, le nord du Kosovo, composé d'une majorité de Serbes, est de facto contrôlé par la République de Serbie.

    Le président et ancien premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi.

    2006: Ibrahim Rugova, président de la province kosovare depuis 1992, meurt d'un cancer du poumon, après avoir échappé à un attentat à la bombe l'année précédente.

    Leader de la LDK et partisan de la non-violence, il s'oppose au Parti démocratique du Kosovo (PDK), branche politique de l'UÇK, qui gagne les élections législatives de 2007.

    2007: Martti Ahtisaari soumet au Conseil de sécurité de l'ONU ses propositions sur le statut final du Kosovo, prévoyant de lui accorder le statut d'État indépendant «sous supervision internationale». Son projet est soutenu par les États-Unis, mais rejeté après le véto de la Russie et de la Chine.

    2008: le 17 février, le parlement de la province proclame l'indépendance du Kosovo, souhaitée par le premier ministre Hashim Thaçi, leader du PDK et ancien chef d'une organisation militaire criminelle, le Groupe de Drenica. Les États-Unis et plusieurs pays européens, dont la France, reconnaissent cette indépendance.

    L'Union européenne dépêche au Kosovo une mission de sécurité et de justice baptisée «Eulex».

     

    ● Des questions en suspens

    A 30 km de Tirana, cette maison aurait servi de «prison secrète» à l'UCK dans le cadre du trafic d'organes.

    2010: un rapport du Conseil de l'Europe estime qu'un trafic d'organes a été organisé entre 1999 et 2001 par certains membres de l'UÇK, notamment le groupe de Drenika, dirigé par Hashim Thaçi. Des prisonniers, pour la plupart serbes, auraient été kidnappés puis déportés et tués en Albanie, avant que leurs organes soient vendus. C'est également en 2010 que la Cour de justice internationale estime que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'est pas illégale.

     

    2012: le Kosovo accède à la pleine souveraineté, la tutelle internationale étant officiellement levée.

    2018: parmi les 193 États membres des Nations unies, 144 ont reconnu le Kosovo, néanmoins deux membres permanents du conseil de sécurité - la Russie et la Chine - y sont opposés, ce qui est également le cas de cinq pays de l'UE, notamment l'Espagne, en prise avec l'indépendantisme catalan.

    Cette année est aussi marquée par l'ouverture d'une cour spéciale ad hoc, placée sous l'autorité judiciaire du Kosovo, mais dont les magistrats sont des juges internationaux siégeant à La Haye.

    Pour pallier les manquements sur le dossier kosovar du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui a fermé ses portes en 2017, elle jugera les crimes commis pendant la Guerre, notamment ceux perpétrés par l'UÇK. Une telle initiative pourrait déstabiliser la classe politique jusqu'au plus haut niveau de l'État, puisque Hashim Thaçi, ancien chef du Groupe de Drenika, a été élu président de la République en 2016.

     

    http://info.lefigaro.fr/international/2018/02/17

     


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    17 février 2018
    Algérie : le coût de construction de la « mosquée Bouteflika » représente 75 % des exports hors hydrocarbures du pays

     

    120 000 fidèles, un minaret colossal, des milliards d’euros d’investissement : l’édifice est un vrai défi. Son chantier concentre tous les maux de l’Algérie. (…) « Ce projet est celui du président.

    Tous les moyens sont mis à disposition de ce chantier. Retards, coûts, polémiques, on gère, mais ce n’est pas important. Le plus important, c’est que le projet présidentiel avance… coûte que coûte» : un responsable du projet résume l’état d’esprit ambiant, balayant les couacs et les mésaventures du gigantesque chantier.

     

    Placée presque au centre de l’arc de la côte ceinturant la baie d’Alger, à l’embouchure de l’oued El-Harrach, la plus grande mosquée d’Afrique – et 3e au monde après celles de La Mecque et de Médine – repose sur une assise d’un peu plus de 27 hectares et pourra accueillir 120 000 fidèles.

    Son minaret – le plus haut du monde, qui culmine à 267 mètres de hauteur (60 de plus que celui de la mosquée Hassan-II de Casablanca) – abritera un musée sur l’art et l’histoire de l’islam en Algérie sur 15 étages.

     

    La salle de prière occupera 20 000 mètres carrés. Il y aura aussi une bibliothèque de 1 million de livres pouvant accueillir 1 800 personnes, un centre culturel (3 000 personnes), un institut La Maison du Coran et un parking de 4 000 places, sans oublier une salle de cinéma, une salle de conférence, des restaurants, des cafés, des boutiques d’artisanat…

    Dès la genèse du projet, les critiques ont fusé. (…)

    Autre épisode du feuilleton « grande mosquée » : la nature instable du terrain.

     

    L’alerte a été lancée par le président du Club des risques majeurs, le Pr Abdelkrim Chelghoum, qui s’inquiète des dégâts que pourrait provoquer un séisme.

    En particulier de la liquéfaction du sol, qui serait ici favorisée par la nature du site, sur une rive, et celle du terrain. En 2008, le ministre des Affaires religieuses de l’époque avait déjà tonné contre ceux qui s’opposaient au choix de cet emplacement : « Il n’est pas question de changer de terrain.

    L’étude du choix du site a été faite par des spécialistes et les autorités l’ont agréée.»

    Puisque c’est Bouteflika qui a choisi la maquette et le site, le débat est clos.

    Selon l’expert, si un séisme « superficiel » (qui a lieu dans les 100 premiers kilomètres de profondeur) de 7 sur l’échelle de Richter venait à secouer Alger, le minaret accuserait des dégâts très préjudiciables, avec un grand risque de basculement.

    Chez des compagnies d’assurances mondialement réputées, une plaisanterie circule déjà sur la « tour de Pise d’Alger» que personne ne voudrait assurer…

    Excédé, l’ex-Premier ministre Tebboune, qui avait suivi le projet, traitait les lanceurs d’alertes de « malades qui cassent tout ce qui est algérien».

     

    (…) Lors de la signature du contrat, en 2008, la CSCEC avait estimé le projet à 900 millions de dollars, avec un délai de réalisation de quatre ans !

    Dix ans plus tard, après plusieurs surcoûts et de nombreux délais non respectés, la facture s’est considérablement alourdie.

    Depuis 2016, les chiffres qui ont filtré sur le coût global (hors budget décoration) flirtaient avec les 2,2 milliards de dollars.

    « Vu la taille du projet, les matériaux et les technologies employés, nous estimons le coût global actuel entre 3,5 et 4 milliards de dollars», affirme un bureau d’études consulté par Le Point.

    « Son coût au départ aurait permis de construire vingt CHU. Dix ans après, je vous laisse imaginer le gouffre financier et tout le gâchis de temps et d’énergie pour la plus grande gloire d’un chef », regrette un opposant politique. .

     

    Le journaliste et écrivain Yassine Temlali tente aussi des parallèles : la mosquée et ses annexes devraient coûter 1,5 milliard de dollars, soit 2 % du total des revenus des exportations algériennes et les trois quarts des exportations, hors hydrocarbures.

    (…) Aujourd’hui, les travaux se poursuivent et les 17 000 ouvriers du chantier – 10 000 Algériens et 7 000 Chinois – s’activent autour du dôme d’acier gigantesque fabriqué en Chine et transporté depuis Shanghai par un cargo spécialement adapté.

     

    L’opinion et même les médias algérois, lassés par les retards accumulés et non assumés, se laissent à aller à la fatalité : la mosquée se terminera quand Dieu le voudra.

    (…) Le Point

    via http://www.fdesouche.com/956769-algerie-cout-de-construction-de-mosquee-bouteflika-represente-75-exports-hydrocarbures-pays


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    Des criminels de guerre en liberté


    Beaucoup de militaires et de responsables politiques occidentaux devraient être jugés et passer la fin de leur vie derrière les barreaux.


    Par Daniele Ganser – Le 13 janvier 2018 – Source rubikon.news via Les éditions DemiLune

    Kriegsverbrecher auf freiem Fuß

    C’est une idée fausse très répandue que les démocraties ne déclenchent pas de guerres d’agression ni ne mènent d’attaques terroristes.

    Les faits historiques pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, montrent une réalité totalement différente : au cours des 70 dernières années, des États démocratiques d’Europe et d’Amérique du Nord ont sans cesse participé à des guerres d’agression voire à des attentats terroristes.


    Il y a tant de cas qu’il est impossible de tous les énumérer ici.

     

    À titre d’exemple, j’ai sélectionné trois événements de décennies différentes :

    • L’attaque illégale de l’Égypte en 1956 par des démocraties européennes, le Royaume-Uni et la France ;
    • L’attaque terroriste contre le navire Rainbow Warrior de l’organisation écologiste Greenpeace en 1985 par la démocratie française ;
    • L’attaque illégale de la Syrie le 7 avril 2017 par le Président Donald Trump.

    La croyance erronée que les démocraties n’entament jamais de guerres et n’utiliseraient jamais la terreur comme un instrument politique, perdure obstinément dans la population, parce que les médias de masse des démocraties européennes ou américaines n’ont pas ouvertement abordé et critiqué ces crimes et aussi parce que, jusqu’à présent, les responsables politiques concernés n’ont pas été condamnés par un tribunal.

     

    « Des démocraties qui appartiennent à l’alliance militaire de l’OTAN, siègeant de manière permanente au Conseil de sécurité de l’ONU et disposant d’un droit de veto qui peut les absoudre d’une condamnation internationale, ont à plusieurs reprises attaqué d’autres pays. »

     

    Ceci est illégal. Parce que la Charte des Nations Unies de 1945 stipule dans l’article 2, paragraphe 4 :

    « Les membres de l’organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force (…) »

    La Charte n’approuve le recours à la force que si un État attaqué se défend ou si le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé l’intervention militaire. Dans tous les autres cas, l’Organisation des Nations Unies interdit les guerres.

    Les attentats terroristes sont également interdits.

     

     

    L’agression de l’Égypte en 1956

    Grâce au canal de Suez, l’Égypte est un pays stratégiquement important. Ouvert en 1869 et long de 160 kilomètres, il joue un rôle central dans l’approvisionnement en pétrole de l’Europe car il relie la mer Rouge à la Méditerranée et évite un contournement de l’Afrique aux navires qui vont du golfe Persique à l’Europe. Il est ainsi emprunté quotidiennement par des navires-citernes qui transportent du pétrole et du gaz naturel liquéfié vers le marché européen.

    Pour Gamal Abdel Nasser, Président de l’Égypte depuis 1954, le canal de Suez était le symbole honni du colonialisme européen. La longue et étroite route navale traversant le désert égyptien avait, en effet, été construite par les Français, et était ensuite devenue une possession privée de la France et de la puissance coloniale de l’Égypte, la Grande-Bretagne, sous la forme de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez.

    Pendant la guerre froide, Nasser renforça la coopération avec l’Inde et la Yougoslavie car il était inspiré par leur non-alignement, et développa une politique nationaliste et neutre. Pour éviter que le pays ne tombe sous l’influence de l’Union soviétique communiste, les Américains et les Britanniques lui promirent un prêt de la Banque mondiale à la fin de l’année 1955 pour la construction du Haut barrage d’Assouan. Son réservoir devait permettre à Nasser de réguler l’eau du Nil pour l’agriculture lors des crues annuelles et de produire de l’électricité renouvelable pour l’industrie nationale.

    Mais en juillet 1956, le Président Dwight Eisenhower changea d’avis et expliqua, après concertation avec Londres et la Banque mondiale, que l’Égypte ne serait pas solvable, parce que Nasser reconnaissait la Chine et qu’il aurait affirmé ouvertement son intention de détruire Israël. Exaspéré, Nasser décida de financer la construction planifiée du barrage d’Assouan avec les taxes prélevées sur le transport du pétrole utilisant le canal de Suez. Il nationalisa donc la Compagnie franco-britannique le 26 juillet 1956, au grand dam de ces deux pays.

    Choqué, le Premier ministre britannique Anthony Eden craignait que les Soviétiques n’étendent leur sphère d’influence. En avril 1956, peu avant la nationalisation du Canal de Suez, Eden avait explicitement averti le chef de l’État soviétique Nikita Khrouchtchev :

    « En ce qui concerne le pétrole, je dois vous donner mon avis de façon directe : nous sommes prêts à nous battre pour cela […] Nous ne pourrions pas vivre sans pétrole et […] nous n’avons pas l’intention de nous laisser étrangler. »

    Après la nationalisation, le secrétaire d’État US John Foster Dulles insista auprès des ministres des Affaires étrangères britanniques et français, estimant qu’une « possibilité devrait être trouvée […] pour que Nasser recrache le canal ». 1.

     

    Le Royaume-Uni, décida de recourir à des moyens militaires pour l’accès au pétrole du Proche-Orient. « Nous sommes réellement confrontés à un dilemme épouvantable » nota le chancelier de l’Échiquier britannique Harold Macmillan dans son journal :

    « Si nous agissons énergiquement contre l’Égypte, provoquant ainsi la fermeture du canal, l’interruption des pipelines du Levant et l’exploitation du pétrole ainsi que la déstabilisation du golfe Persique, alors la Grande-Bretagne et l’Europe occidentale seront ‘hors-jeu’. 

    Mais si nous essuyons une défaite diplomatique, si Nasser s’en ‘sort indemne’ et que les pays du Proche-Orient se mettent d’accord sur la nationalisation du pétrole […] alors nous serons également ‘hors-jeu’. Dès lors, avons-nous d’autres choix ? […] Notre seule chance se trouve dans l’action énergique, en espérant que nos amis au Proche-Orient nous resteront fidèles, que nos ennemis seront vaincus et que nous pourrons sauver le pétrole – mais c’est une décision capitale ».2. »

     

    Dans le cadre d’une conspiration – définie comme la concertation secrète de deux personnes ou plus pour la réalisation d’un but commun – de hauts représentants de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël se réunirent du 22 au 24 octobre 1956 dans une villa à Sèvres près de Paris, pour planifier la très secrète « Opération Mousquetaire ».

    La délégation britannique était menée par le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères John Selwyn Lloyd, la française par le Premier ministre Guy Mollet et l’israélienne par le Premier ministre David Ben Gourion. Les conspirateurs décidèrent qu’Israël devait attaquer l’Égypte et progresser militairement vers le canal de Suez par la péninsule peu densément peuplée du Sinaï. La France et la Grande-Bretagne lanceraient ensuite un ultimatum que Nasser ne pourrait accepter, créant ainsi un prétexte pour occuper le canal de Suez. Le but de l’action était d’en obtenir le contrôle et, comme l’espérait Israël, de renverser Nasser.

    Évidemment, ce projet de guerre était illégal, car il contrevenait à l’interdiction de la force inscrite dans la Charte de l’ONU. Mais les conspirateurs ne se souciaient pas du droit international. Le 29 octobre 1956, l’armée israélienne attaqua d’Égypte conformément au plan établi, et occupa la péninsule du Sinaï. Israël se rendit ainsi coupable du crime d’agression.

    Les États-Unis comprirent rapidement de quoi il s’agissait, et convoquèrent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité dès le lendemain. L’ambassadeur US Henry Lodge réclama l’arrêt immédiat des actions militaires d’Israël contre l’Égypte. Le représentant égyptien auprès de l’ONU, Omar Loutfi, condamna l’attaque d’Israël contre son pays de façon acerbe. « Des troupes israéliennes sont entrées sur le territoire égyptien en différents endroits » et cela constituait d’après lui « un acte d’agression très dangereux ».3.

    L’ambassadeur d’Israël Abba Eban ne nia pas l’attaque de l’Égypte par l’armée israélienne, mais souligna que cela constituait un acte de défense. L’ambassadeur français à l’ONU se rangea comme prévu aux côtés d’Israël. Selwyn lui, affirma que « l’impérialisme égyptien » tenterait de contrôler le vaste territoire qui va de l’Atlantique au golfe Persique et aurait pour objectif « la destruction d’Israël ». De plus, à l’encontre de toutes ses obligations légales, l’Égypte aurait saisi une infrastructure « indispensable à la vie des Nations ».

    Puis la France et la Grande-Bretagne posèrent comme prévu leur ultimatum et exigèrent que les forces armées de l’Égypte et d’Israël se retirent à une distance de 10 miles de la voie maritime et permettent aux troupes britanniques et françaises de contrôler les positions stratégiques sur le canal de Suez. « Nous attendrons seulement 12 heures pour obtenir une réponse » avertit l’ambassadeur britannique Sir Pierson Dixon, après quoi « les troupes britanniques et françaises interviendraient avec des moyens appropriés ». 4

    Bien sûr, cet ultimatum, inacceptable pour l’Égypte, devait servir de prétexte à la France et la Grande-Bretagne pour attaquer l’Égypte. Comme celle entreprise par Israël, l’offensive de ces deux pays de l’OTAN était naturellement illégale, car ils ne disposaient d’aucun mandat du Conseil de sécurité. Le complot qui existait avant l’attaque des trois pays est resté secret à l’époque et fut révélé seulement des années plus tard par les historiens.

    « Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour désamorcer la tension au Proche-Orient » déclara hypocritement l’ambassadeur britannique Dixon. « Et si celle-ci a augmenté, c’est que malheureusement ni Israël ni ses voisins arabes n’ont écouté nos conseils et ceux de nos amis. »

    Dixon conclut son discours mensonger en se disant « convaincu que la majorité des membres du Conseil de sécurité serait d’accord [avec lui] sur le fait que les actions de la France et de la Grande-Bretagne servent la paix et la sécurité ». 5

    Les États-Unis présentèrent une résolution au Conseil sécurité de l’ONU, condamnant l’attaque de l’Égypte par Israël et exigeant le retrait immédiat des forces israéliennes. Mais la France et la Grande-Bretagne, disposant du droit de veto, votèrent le 30 octobre 1956 contre la résolution, qui ne fut donc pas acceptée. Le Conseil de sécurité était complètement bloqué.

    Le lendemain, 31 octobre, les Britanniques et les Français commencèrent à bombarder des aéroports égyptiens. Une fois de plus, il s’agissait d’une guerre illégale d’agression, qui violait la Charte de l’ONU. Le Président Nasser, surpris et révolté par l’attaque, décida d’interrompre le flux de pétrole vers l’Europe.

    Le jour même, alors que les bombes britanniques et françaises tombaient sur l’Égypte, des commandos égyptiens coulèrent des douzaines de bateaux chargés de pierres et de ciment dans le canal de Suez, large d’environ 300 mètres, le rendant impraticable à la navigation. Étant donné que des ingénieurs syriens sabotèrent au même moment des pipelines en Syrie sur demande de Nasser, le flux de pétrole du Proche-Orient vers l’Europe s’interrompit en novembre 1956, ce qui créa une grande inquiétude en Europe occidentale.

    Les tankers vides en route depuis l’Europe vers le canal de Suez croisaient dans la Méditerranée pendant que les navires-citernes chargés attendaient, immobiles, en mer Rouge. Personne ne savait quand Nasser allait suspendre le blocus du canal. Au sein de l’OTAN, on commença à se disputer sérieusement.

    Le Président américain Eisenhower était outré par l’aventure coloniale des Britanniques, Français et Israéliens, car ils n’avaient pas fait part de leur conspiration aux États-Unis. Les USA refusaient d’aider l’Europe avec des livraisons de pétrole via l’Atlantique, alors qu’ils auraient pu le faire. Washington et Moscou exigèrent sous la forme d’un ultimatum que les Français et les Britanniques mettent un terme à leur guerre d’agression.

    Cela scella la défaite des Européens. Le 6 novembre, la France et la Grande-Bretagne firent taire leurs armes, et tous les soldats britanniques et français étaient rentrés chez eux pour Noël 1956. Les Européens étaient humiliés et perdirent la position dominante dont ils jouissaient jusqu’alors dans la région.

    Nasser triomphait, car il avait réussi à transformer sa défaite militaire en victoire politique sur deux grandes puissances européennes, devenant ainsi le leader du monde arabe. Les bateaux coulés par Nasser bloquèrent encore le canal de Suez jusqu’au printemps 1957, après quoi tous les dommages furent réparés et la voie redevint navigable. Les troupes israéliennes se retirèrent de la péninsule du Sinaï. Nasser construisit le barrage d’Assouan dans les années suivantes avec l’aide de milliers d’ingénieurs et d’architectes soviétiques, et l’ouvrage de prestige fut inauguré en 1971.

     

    L’attentat terroriste contre un bateau de Greenpeace en 1985

    Quand un pays démocratique comme la France commet un attentat terroriste à l’étranger, il le fait en secret et essaye d’effacer ses traces. Pour procéder à des opérations secrètes, les démocraties en Europe et en Amérique du Nord utilisent leurs agences de renseignement et des unités militaires spéciales, car cela n’est que peu supervisé par le Parlement et les médias. Beaucoup de ces opérations secrètes ne seront jamais révélées ou restent cachées pendant de longues années.

    Célèbre et connue dans le monde entier, la CIA, avec ses collègues britanniques du MI6, a renversé en 1953 le gouvernement de Mohammad Mossadegh, le Premier ministre démocratiquement élu en Iran, puis, 20 ans plus tard, le gouvernement démocratiquement élu du Président du Chili Salvador Allende. Les deux opérations étaient évidemment illégales.

    Le service de renseignement extérieur français est beaucoup moins connu que la CIA. Il s’appelle Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et son siège est à Paris. Les tâches de la DGSE se composent d’espionnage et de contre-espionnage à l’extérieur du territoire. Plus de 3 000 employés civils et 1500 militaires travaillent actuellement pour ce service de renseignement. La DGSE est subordonnée au ministère de la Défense.

    La France est une puissance nucléaire et a testé ses bombes atomiques dans le Pacifique Sud. Cela a entraîné la protestation des écologistes de l’organisation Greenpeace. L’endroit le plus célèbre pour les essais nucléaires français est l’atoll de Mururoa. Là-bas, la France a fait exploser 188 bombes atomiques de 1966 à 1996, un total de 41 dans l’atmosphère et 147 souterraines. Les essais à Mururoa ont cessé en 2000. L’atoll est une zone contaminée, où beaucoup de déchets radioactifs sont aujourd’hui stockés.

    En protestation contre les essais nucléaires français, Greenpeace envoya le navire Rainbow Warrior dans le Pacifique Sud. Ceci causa un émoi dans le monde entier et agaça le président François Mitterrand, parce que la présence de Greenpeace empêchait la poursuite des essais nucléaires. Par conséquent, la démocratie française utilisa l’instrument du terrorisme et fit couler le navire avec une bombe.

    Le navire de Greenpeace était dans le port d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, quand il fut coulé peu avant minuit, le 10 juillet 1985 par deux engins explosifs. La DGSE baptisa (non sans justesse) « Opération Satanique » cette action terroriste commanditée par l’État.

    « La vérité est que la France a organisé cet attentat (…) Mitterrand a donné l’ordre »écrivit le journaliste Edwy Plenel alors au journal Le Monde. La recherche de Plenel a aidé à révéler l’opération secrète et obligé le ministre de la Défense Charles Hernu à démissionner. 6.

    Au total, une douzaine d’agents de la DGSE participèrent à l’opération. Tout d’abord, le voilier Ouvéa apporta les explosifs en Nouvelle-Zélande. Deux agents de la DGSE, Dominique Prieur et Alain Mafart, s’étaient rendu en Nouvelle-Zélande avec de faux passeports suisses en tant que couple Turenge en lune de miel, puis ont transporté par le port les explosifs du yacht dans une fourgonnette dans l’obscurité et les amenèrent sur un bateau pneumatique avec un équipage de trois agents.

    L’agent de la DGSE Gérard Royal approcha le canot du navire de Greenpeace. À  500 mètres de la cible, les nageurs de combat de la DGSE Jean-Luc Kister et Jean Cammas plongèrent et posèrent les deux mines à fusibles de temporisation sous la ligne de flottaison, sur la coque en acier du navire. Après l’explosion des deux bombes, le commando s’enfuit immédiatement avec le bateau gonflable.

    La première bombe explosa à 23h48 et ouvrit une voie d’eau. Le capitaine de Greenpeace et écologiste Peter Willcox, était à bord et dormait dans sa couchette. L’explosion l’a réveillé, après quoi l’équipage quitta le navire. « Le navire a coulé si rapidement que nous avons à peine eu le temps d’évacuer le navire » raconta plus tard Willcox.

    Le photographe de Greenpeace Fernando Pereira voulant sauver son matériel photographique et les images déjà prises, s’est trouvé coincé dans sa cabine par la deuxième bombe à 23h51 et s’est noyé. « Mon père a été assassiné » dit sa fille Marelle Pereira, qui était alors âgée de huit ans. Pour le capitaine Peter Willcox aussi, c’était clairement une tentative de meurtre. 7

    Bien sûr, l’explosion dans le port d’Auckland déclencha immédiatement une enquête. Les deux faux époux Turenge et vrais agents de la DGSE furent arrêtés par la police locale. À Berne, la police néo-zélandaise demanda si les passeports suisses étaient réels. Les autorités suisses répondirent que c’était des faux. Les deux agents de la DGSE Dominique Prieur et Alain Mafart ont été condamnés à 10 ans de prison pour homicide.

    Pour les historiens comme moi, l’explosion du navire de Greenpeace Rainbow Warrior est un domaine de recherche très délicat. Doit-on appeler les agents impliqués de la DGSE des terroristes ? Sans aucun doute, c’est assurément un attentat terroriste. De nombreuses années durant, on ne savait pas qui avait placé la bombe, et aucun des poseurs de bombes impliqués ne voulait parler. Tirer au clair un attentat terroriste prend de nombreuses années aux historiens.

     

    Aujourd’hui, nous connaissons la vérité. L’agent de la DGSE Jean-Luc Kister a brisé son silence en 2015, exactement 30 ans après l’attaque. À la télévision néo-zélandaise, il a déclaré :

    « Nous ne voulions tuer personne. La mort de Fernando Pereira était un accident. Je voudrais saisir cette occasion pour présenter mes excuses à Marelle Pereira et à sa famille (…) Je présente mes excuses aussi à Greenpeace. Et je tiens à m’excuser auprès de la Nouvelle-Zélande pour cette opération secrète injuste que nous avons effectuée dans un pays paisible (…) L’ordre est venu d’en haut (…) Nous étions soldats et devions obéir aux ordres. Maintenant, je suis à la retraite et dois seulement obéir à ma conscience. C’était mal. Vraiment mal. 8

    Suite au scandale, l’amiral Pierre Lacoste, directeur de la DGSE depuis 1982, a été contraint de démissionner le 12 septembre 1985. Toutefois, le Président François Mitterrand survécut à l’affaire du Rainbow Warrior. Fervent partisan des essais nucléaires français, il était aux affaires depuis 1981 et fut remplacé par le Président Jacques Chirac en 1995. Mitterrand n’a jamais admis qu’il avait donné l’ordre de l’attaque terroriste.

    La question demeure : pourquoi les agents de la DGSE étaient-ils prêts à attaquer des militants de Greenpeace et à couler leur bateau. « On nous disait que Greenpeace avait été infiltré par le KGB. C’est l’explication, qu’on nous avait donné » rappelle Jean-Luc Kister. Il a été implicitement suggéré que Moscou luttait contre les essais nucléaires de la France, ce qui n’était pas la vérité.

    Bien sûr, la France aurait pu faire exploser le navire de Greenpeace en pleine mer. Cela aurait été le moyen le plus sûr pour la DGSE, car alors aucune trace n’aurait pu être trouvée. Mais alors, tout l’équipage serait mort, et cela, on ne le voulait pas. Par conséquent, ils firent sauter le navire dans le port. La DGSE voulait faire évacuer les occupants avec la première bombe, et couler le navire avec la seconde.

    Pour moi, historien, la destruction du Rainbow Warrior par les services secrets français est clairement un attentat terroriste. Les agents impliqués ne veulent pas être qualifiés de terroristes et évitent le mot. « Ce n’était pas un attentat terroriste ? » a-t-il été demandé à Jean-Luc Kister. À quoi il a répondu :

    « Pour nous, c’était une opération de sabotage, rien de plus. » Qu’un innocent civil ait été tué, Kister le regrette beaucoup. « Ma femme était très choquée que quelqu’un ait été tué dans cette opération, parce qu’elle ne savait pas où je me trouvais. Et quelques années plus tard survint le divorce, comme chez beaucoup d’autres aussi. »9

     

    L’attaque illégale de la Syrie en 2017

    En janvier 2017, avec l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, les observateurs critiques demandaient combien de temps cela prendrait jusqu’à ce que les États-Unis bombardent de nouveau un autre pays. Dès le 7 avril, le Président Trump, commandant en chef des armées, attaquait la Syrie :

    « Deux navires de guerre américains dans la Méditerranée ont tiré 59 missiles de croisière de type Tomahawk du groupe de défense Raytheon sur l’aéroport militaire syrien Al-Chaayrat. »

     

    Les premières frappes américaines, contribuant à l’objectif défini par la Maison Blanche, volèrent à une vitesse de 800 km/h et à la très basse altitude de 15 à 100 m au-dessus du sol syrien, avant de frapper et d’exploser.

    Celui qui s’accroche encore à la croyance erronée que les démocraties européenne ou américaine n’attaquent pas des États souverains ignore l’histoire récente. Déjà, le prédécesseur de Trump, le Président Barack Obama, avait commencé en septembre 2014 à bombarder la Syrie. Mais les attaques d’Obama tout comme celle de Trump en Syrie étaient illégales, car les États-Unis n’ont pas de mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Comme je l’ai indiqué et abondamment illustré par beaucoup d’exemples dans mon livre « Les Guerres illégales de l’OTAN » la Charte de l’ONU ne tolère le recours à la force que si un État attaqué se défend ou si le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé l’intervention militaire. En l’espèce, ce n’était pas le cas. Le Président de la Syrie Bachar el-Assad n’ayant pas attaqué les États-Unis, ce n’était pas un cas de légitime défense. Et le Conseil de sécurité de l’ONU n’a donné de mandat, ni au Président Obama, ni au Président Trump, pour bombarder la Syrie. 10.

    « Il est devenu gênant d’être américain » a regretté l’Américain Paul Craig Roberts, très critique, au printemps 2017. « Trump a attaqué la Syrie avec les forces armées américaines et est devenu, dès le début de son règne, un criminel de guerre » dit-il en termes clairs. En 1939, Roberts en a beaucoup vu lui-même et a été le chef de la politique économique au département du Trésor sous la présidence de Ronald Reagan.

    Roberts sait que la Charte des Nations Unies interdit les guerres d’agression. Par conséquent, il a critiqué le Président Bill Clinton quand, en 1999, ce dernier a bombardé la Serbie sans mandat des Nations Unies ; quand en 2003 le Président George Bush junior a attaqué l’Irak, à nouveau sans un mandat des Nations Unies ; quand en 2014 le Président Barack Obama a bombardé la Syrie ; et quand maintenant le nouveau Président Trump, lui aussi, bafoue le droit international. « Notre pays a eu quatre présidents criminels de guerre de suite » dit Roberts dans une conclusion qui donne à réfléchir. 11.

    Parce que la Russie luttait aux côtés de l’armée syrienne contre la milice terroriste État Islamique en Syrie, l’attaque de Tramp faisait courir le risque d’une confrontation directe des deux puissances nucléaires que sont les États-Unis et la Russie. La base de Chaayrat frappée illégalement par Trump comportait aussi des installations pour les soldats russes et du matériel militaire russe.

    Peu avant l’attentat, Washington avait informé les militaires russes, afin qu’aucun de leurs soldats ne soit tué par les Tomahawks américains. Depuis que les systèmes de défense aériens russes S-300 et S-400 sont stationnés en Syrie, la confrontation indirecte entre puissances nucléaires menaçait dangereusement, ce qui rappelle de la crise des missiles de Cuba en 1962.

    « Il est déprimant que de plus amples dommages soit ajoutés à la relation déjà brisée entre la Russie et les États-Unis » a regretté le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. Et le porte-parole du Président Poutine, Dimitri Peskov a condamné « l’agression contre un État souverain » et la violation de la Charte des Nations Unies. 12.

    Dieter Deiseroth, ancien juge à la Cour administrative fédérale de Leipzig, estime également l’attaque de Trump contre la Syrie très dangereuse. « L’attaque était illégale » souligne Deiseroth et « attente gravement à l’intégrité territoriale de l’État membre de l’ONU qu’est la Syrie ». Conformément au principe de légitime défense en droit international, la Syrie aurait désormais le droit de se défendre ainsi que ses alliés (la Russie et l’Iran) contre l’attaque américaine.

    « La Syrie avait et a encore à l’avenir le droit, face à d’autres actions militaires américaines de même type, à l’autodéfense individuelle et collective et pourrait donc également demander de l’aide militaire à ses alliés – comme la Russie et l’Iran – et cela serait parfaitement légal. Il s’agirait alors de défense collective de ces pays contre les États-Unis » explique Deiseroth.

    Cela serait « une situation très explosive » parce qu’une confrontation directe des deux puissances nucléaires (États-Unis et Russie) aurait des conséquences importantes. 13.

    Deux jours avant l’attaque contre la Syrie, l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, se référant à l’attaque non élucidée au gaz chimique à Khan Cheikhoun le 4 avril 2017, annonça une action militaire, illégale et unilatérale :

    « Quand les Nations Unies échouent régulièrement pour se conformer à leur obligation d’entamer une action commune, il est un moment dans la vie des États où nous sommes obligés de lancer nos propres actions » a-t-elle averti. 14.

    Mais aucun des 193 membres de l’ONU n’a le droit de lancer des guerres d’agression, pas même les États-Unis. Le crime que représente l’utilisation sournoise d’armes chimiques doit être élucidé, mais ne justifie aucune violation du droit international par les États-Unis. Les mensonges de guerre du Président George Bush junior, qui fonda sa guerre illégale d’agression contre l’Irak en 2003 sur la prétendue prolifération des armes de destruction massive de Saddam Hussein, sont encore présents à l’esprit de tous.

     

    Conclusion

    Il est temps que les populations des démocraties d’Europe et d’Amérique du Nord discutent ouvertement de la spirale mondiale de la violence où nous nous trouvons.

    Bien sûr, ce n’est pas seulement les démocraties occidentales qui fomentent cette spirale de violence. Mais il me semble important qu’on parle de façon ouverte en Autriche, en Suisse, en Allemagne, en France du rôle de l’Occident dans cette escalade.

    Les crimes des pays de l’OTAN doivent être analysés honnêtement afin que les conclusions puissent être tirées. L’attaque illégale de la France et de la Grande-Bretagne contre l’Égypte en 1956, l’attentat terroriste illégal de la France contre le navire de Greenpeace en 1985 et l’attaque illégale des États-Unis en Syrie en 2017 sont trois exemples parmi tant d’autres qui montrent clairement que les démocraties entretiennent également la spirale de la violence.

    Nous voyons trop souvent la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le nôtre.

    Daniele Ganser

    Les Guerres illégales de l'OTAN

    Historien et irénologue, Daniele GANSER est un spécialiste de l’Histoire contemporaine depuis 1945 et un expert en politique internationale. Ses principaux axes d’étude sont la recherche pour l’énergie et la géostratégie, les mises en œuvre de guerres secrètes, les conflits pour les ressources et la politique économique.

    Il est le fondateur et le directeur du SIPER (Swiss Institute for Peace and Energie Research) à Bâle (www.siper.ch). Son précédent ouvrage en français est « Les Armées secrètes de l’OTAN ». Père de deux enfants, le professeur Ganser vit avec sa famille dans les environs de Bâle (en Suisse).

     

    Source et Traduit par Les éditions DemiLune

     
    1. Daniel Yergin, « Der Preis. Die Jagd nach Öl, Geld und Macht » Fischer 1991, p.605 et 608 ↩
    2. Daniel Yergin, p.609 ↩
    3. Conseil de Sécurité de l’ONU, 30 octobre 1956 ↩
    4. Ibid ↩
    5. Ibid ↩
    6. Edwy Plenel. Zitiert dans « French Secret Service Agent Who Led Fatal 1985 Bombing of Greenpeace Ship Breaks His Silence ». Democracy Now, 8 septembre 2015. Note du traducteur : en France, le premier journaliste à avoir écrit un article sur l’implication des services français dans l’attentat contre le Rainbow Warrior est M. Jacques-Marie Bourget, en août dans VSD « La DGSE a fait couler le Rainbow Warrior » ↩
    7. Ibid ↩
    8. Ibid ↩
    9. Ibid ↩
    10. Voir le chapitre sur la Syrie, dans le livre de Daniele Ganser : « Les Guerres illégales de l’OTAN. Une chronique de Cuba à la Syrie » Editions Demi-Lune, 2017 ↩
    11. Paul Craig Roberts : « A Government of Morons » 15 avril 2017, www.paulcraigroberts.org ↩
    12. « Diesmal präsentieren sie nicht einmal Fakten ».Tages Anzeiger, 7 avril 2017 ↩
    13. Marcus Klöckner : « Der von Trump angeordnete Raketenangriff ist eine schwere völkerrechtswidrige Straftat ». Interview de Dieter Deiseroth. NachDenkSeiten, 10 avril 2017 ↩
    14. « Trump im Syrien-Dilemma ».Die Welt, 7 avril 2017 ↩

     


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    Bataille d’Afrin: les Kurdes valsent avec Bachar

    Nouvelles alliances, nouveaux enjeux et jeu complexe

     
     

    Les grands regroupements géopolitiques qui s’esquissent en Orient sont instables ainsi qu’on le découvre depuis 24 heures en Syrie.

     

    Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis vs. Iran-Turquie-Russie

    En simplifiant à l’extrême, un bloc d’intérêts communs Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis s’est constitué face à un autre bloc aux intérêts nationaux et géopolitiques convergents, opposé au précédent : Iran-Turquie-Russie.

     

    Les critères de ces regroupements sont infiniment compliqués, et sur le champ de bataille syro-irakien, sont appelés à se renverser rapidement, de façon parfois en apparence illogique.

    Il est néanmoins aisé de voir que le régime syrien lutte pour sa survie avec l’aide décisive de la Russie, que l’Iran aide tout ce qui est chiite et anti-américain, et que la Turquie rejette tout ce qui ressemble de près ou de loin à une admission du fait kurde.

     

    L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens (souvent des ex-djihadistes), mène depuis un mois une offensive terrestre et aérienne au nord de la Syrie pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), milice considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis et équipée par eux dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie.

     
     

    Les Kurdes syriens s’allient à Assad…

    Or, les Kurdes du nord de la Syrie, en grand péril, ont passé un accord avec le gouvernement d’Assad, ce qui surprendra les imprudents commentateurs qui, il y a encore 24 heures, affirmaient mordicus qu’Assad voyait d’un bon œil l’invasion militaire turque sur son sol contre les autonomistes kurdes.

    A lire aussi: A Davos, Trump met fin au multilatéralisme absolu

     

    Le régime de Damas et les partis kurdes viennent d’affirmer hier que cet accord, conclu le 17 février, prévoit le déploiement d’unités de l’armée syrienne dans la région d’Afrin pour faire face à l’offensive turque.

    Un responsable kurde (Cheikho Bilo) a affirmé hier que l’armée syrienne pourrait se déployer à Afrin (menacée par l’avancée turque) à partir de ce lundi 19 février.

    Cette négociation qui s’est déroulée avec la participation de la Russie devrait différer les questions portant sur la gestion de l’enclave d’Afrin, actuellement dirigée par une administration autonome kurde, et sur le retour de l’administration centrale syrienne.

     

    …avec l’accord des Etats-Unis ?

    Citée par Reuters, l’agence officielle syrienne Sana indique que : « Les forces populaires vont arriver à Afrine dans les prochaines heures pour soutenir ses habitants contre l’attaque du régime turc », et vont « se joindre à la résistance contre l’agression turque », afin de« défendre l’unité territoriale et la souveraineté de la Syrie ».

    Mais on n’imagine pas que cela ait pu se faire sans l’assentiment au moins implicite des Etats-Unis dont l’implication au sol a été et demeure forte auprès des milices kurdes, décisives dans la lutte contre Daech.

    Les Russes font indirectement savoir à Recep Tayyip Erdogan qu’il doit arrêter sa guerre d’annexion… car on ne pense pas une seconde que Damas ait agi sans l’aval des Russes.

     

    La Turquie, ennemi intérieur de l’Otan

    Erdogan, qui a abattu des aéronefs russes et menace explicitement les conseillers militaires américains, va se retrouver seul dans son aventure.

    Et sa position dans l’OTAN devient désormais un problème, ce qui soulève de surcroît la question de la nécessité de maintenir l’OTAN dans sa conception actuelle.

    A lire aussi: Israël-Iran: la guerre promise peut avoir lieu

    Dans ce contexte, il serait temps que la guerre des services américains (FBI, CIA, NSA) cesse et que les Démocrates laissent sa chance à l’administration Trump.

    Les Russes ont pris une position dominante en Orient mais les Etats-Unis ne seront pas de trop pour trouver les compromis vers une paix durable.

     

    Quant à la France, elle a oublié sa propre histoire, et notamment les belles pages du Levant français…

     

    Source:    https://www.causeur.fr/syrie-kurdes-assad-turquie-etats-unis-149632?

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    Source : IVERIS, Michel Rimbaud, 19-02-2018

     

    Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre.

    Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre.

     

    Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir.

     

    Le Lion de Palmyre, datant du 1er siècle avant Jésus-Christ, a été détruit par Daech à la pelle mécanique en 2015. Désormais restaurée, cette pièce maîtresse du musée de Palmyre est exposée dans les jardins du musée de Damas. (Photo IVERIS)

     

    Avec la complicité d’une soi-disant « communauté internationale» en trompe-l’œil, ils s’emploient maintenant à le priver, autant qu’il sera possible, de toute perspective d’avenir, en lui volant ses droits imprescriptibles : disposer de lui-même, décider, sans ingérence étrangère, de son destin et de son régime politique.

    Sans pudeur et sans vergogne, les mêmes assaillants ne cachent pas leurs velléités de replacer l’avenir, notamment constitutionnel, de la Syrie sous « tutelle onusienne», c’est-à-dire sous mandat, autant dire sous le joug colonial.

    Afin d’effacer l’empreinte géographique d’une Syrie mère de la civilisation (y compris la nôtre), peut-il y avoir un moyen plus efficace que de disperser un peuple et surtout de briser un Etat qui a commis le crime de lèse-majesté ?

     

    En effet, au final, l’entreprise est destinée à faire de ce qui fut jadis une grande Syrie un archipel de mini-entités, et de son peuple une mosaïque tribalisée ayant vocation à être vaporisée en une vaste diaspora : dans une première approche, ce crime inqualifiable mérite la double qualification de « politicide» – la dissolution d’un Etat qui dérange – et d’ethnocide – l’anéantissement d’un peuple qui résiste.

     

    C’est ce qui est inscrit dans le « grand dessein» néoconservateur. Ce dernier, notons-le au passage, reviendrait à infliger à la Syrie le destin réservé depuis 70 ans à la Palestine, pan de terre volé sous l’égide du colonialisme triomphant.

    Le sort des Syriens pourrait alors ressembler à celui des Palestiniens, irrémédiablement spoliés au nom d’une « mission divine ». Le sinistre destin des peuples amérindiens, éliminés de l’histoire, est là pour rappeler de quoi sont capables les colons venus d’ailleurs.

     

    Les dégâts sont immenses, se chiffrant en centaines de milliards de dollars, auquel il conviendrait d’ajouter – mais c’est leur problème – les millions, billions ou trillions dépensés par les « puissances » assaillantes pour conduire leurs batailles « pour la démocratisation».

    Il ne sert à rien d’invoquer les valeurs de la morale, naturelle ou religieuse, le droit international et la légalité onusienne, voire la simple décence, face à des agresseurs sans foi ni loi.

    On ne peut attendre d’Etats qui s’érigent en gendarmes de la planète tout en se comportant comme des régimes voyous une quelconque logique.

    Il est paradoxal, après tout ce temps, ces horreurs, ces massacres, ces actes de sauvagerie, cette barbarie, que l’on trouve encore dans le grand Occident « démocratique » tant de défenseurs de l’indéfendable, tant d’admirateurs des djihadistes présentés comme démocrates ou « modérés ».

    Les intellectuels sont piégés par leur aveuglement initial, les médias sont plombés par l’omerta, les politiques sont otages de leur doxa néoconservatrice, dans l’Hexagone comme dans tout le monde judéo-chrétien.

     

    Pourquoi un tel acharnement, une telle obstination dans le mensonge ? C’est que la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël.

    La Syrie historique est le centre de gravité du Proche-Orient, le lieu de naissance des trois religions révélées, le cœur battant de l’arabisme, symbole de l’islam moderne et tolérant, siège des premiers califes : un héritage très lourd à assumer, mais qui a assuré à ce « phare de l’Orient » un prestige indéniable auprès des Arabes et une aura de sympathie chez les Musulmans.

    Tolérante, multiconfessionnelle, moderne, républicaine, forte de son identité et de sa conscience historique, elle représente ce que les extrémistes de tout bord exècrent par-dessus tout.

     

    Depuis son indépendance et la création d’Israël, la Syrie n’a cessé d’apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne et est toujours apparue comme un Etat rebelle à l’ordre israélo-atlantique.

     

    Face au délabrement du monde arabe, la Syrie s’est inscrite dans l’axe de la résistance et elle résiste.

    Son armée nationale a tenu le coup seule contre tous durant quatre ans, puis, aidée de ses alliés, a entamé la reconquête, s’affirmant au passage comme le principal artisan de l’éradication de Da’esh, malgré les mensonges et prétentions des usurpateurs fanfarons.

    L’Etat syrien contrôle désormais les quatre cinquièmes du territoire national, ayant mis en échec, par sa résilience, les plans des agresseurs.

    Pour ceux-ci, la Syrie de 2018, après tant de batailles et tant d’essais non transformés, constitue une réalité impensable et intolérable.

    Il faut donc la faire disparaître de la carte, ne serait-ce qu’en l’ignorant.

    Il convient pour cela de délégitimer l’Etat, présenté systématiquement comme un « régime», ses institutions, sa constitution, son gouvernement, diaboliser son Président, ignorer les volontés de son peuple, les succès de son armée en les attribuant à ses alliés, voire à ses ennemis.

     

    Il faut dénier au Président et à son entourage tout pouvoir, tout rôle à venir, tout droit de véto, et faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de solution politique « syrienne» issue d’un dialogue national, sous l’égide de ses alliés et de ses amis.

    Il faut au contraire que son sort soit décidé par ses ennemis, par la « communauté internationale» aux aguets, par trois Etats représentant 470 millions de personnes soit 6 à 7% de l’humanité, lesquels pestent de ne plus pouvoir imposer leur loi au Conseil de Sécurité

     

    Décidément, le monde est tombé sur la tête puisqu’il n’y a plus de légalité internationale, plus de respect du droit onusien, censé être la bible des diplomates.

     

    Les faux gendarmes du monde qui en sont les fauteurs de désordre, les cambrioleurs qui crient au vol, les violeurs de la légalité qui crient au viol, les agresseurs qui s’indignent des agressions de l’armée syrienne, les pratiquants d’ingérences illégales qui s’indignent de l’intervention légale des alliés et partenaires de l’Etat, tout ce beau monde s’agite et manœuvre au grand jour.

     

    Exit les comparses et les forces écran, voilà que les commanditaires et les parrains véritables ont jeté le masque et s’emploient à réaliser ouvertement ce qu’ils ont échoué à faire par procuration durant sept ans. Israël au Sud, l’Amérique et ses affidés européens au nord–est en appui des forces kurdes portées aux nues, la Turquie au nord-ouest contre les projets des Kurdes et tous contre Bachar al-Assad.

    Le prétexte de la lutte contre Da’esh et le terrorisme apparaît maintenant pour ce qu’il était, une fumisterie que défendent les ennemis de la Syrie légale et à laquelle ne croient plus que les imbéciles.

     

    Jean-Yves Le Drian exige (sic) « le retrait de tous ceux qui n’ont rien à faire en Syrie». Il ose.

     

    Devinez qui sont pour lui ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ?

    Oui, vous avez gagné : l’Iran, le nouveau diable à la mode, le Hezbollah terreur d’Israël, la Russie, les forces « chiites » d’Irak.

     

    Vous savez donc quels sont les pays qui ont à y faire : les trois obsédés du bombardement humanitaire, ceux qui possèdent des armes de destruction massive, violent systématiquement le droit international, soutiennent le terrorisme quand ils ne l’ont pas créé, ceux qui souhaitent piller tranquillement les ressources pétrolières et gazières de la Syrie et de la région : en d’autres mots, l’Amérique et ses fidèles.

    Pour faire bon poids bonne mesure, ajoutons Israël, ami des « révolutions arabes» qui détruisent les Etats du même nom, la Saoudie, grande démocratie devant l’éternel et spécialiste en constitutions, en droits de l’homme et de la femme, et en tolérance religieuse, la Turquie membre éminent de l’OTAN, ennemie des turcs des montagnes, mais amie des séparatistes kurdes de Syrie ou d’Irak et soutien des djihadistes, le Qatar à condition qu’il continue à acheter tout et n’importe quoi dans notre pays en difficulté.

     

    Pour le reste, la Syrie a tenu bon pendant de longues années, son armée est capable de soutenir les assauts d’Israël et d’abattre les avions qui l’attaquent.

    Elle est solidement ancrée dans un axe de la résistance résolu et bien coordonné, soutenue par des alliés fiables, à commencer par la Russie.

    La Syrie n’est pas un figurant, elle est au centre d’une guerre globale. Combien d’Etats auraient résisté comme elle l’a fait ?

    Messieurs les « amis de la Syrie », ennemis de son « régime» et de son Président, vous avez maintenu la fiction d’un soulèvement populaire contre un « tyran massacreur».

    En quoi cela vous regarde-t-il ? Vous avez d’ailleurs tout faux et le savez bien puisqu’en réalité le pays qui vous obsède est avant tout victime d’une guerre d’agression qui met en danger son existence.

     

    L’Etat syrien a sûrement le droit de piloter les négociations qui décideront de son avenir et de récuser toute ingérence des agresseurs.

    Il a le droit de refuser vos ingérences, vos plans de partition et vos projets tordus.

    Les guerres de Syrie sont depuis belle lurette les composantes d’une guerre universelle en passe de devenir « mondiale».

    Si cette agression regarde la « communauté internationale», c’est selon les critères du droit international, codifiés par la Charte des Nations-Unies, qu’elle doit être considérée… Là, on comprendra très bien que cette approche, la seule envisageable, vous pose un léger problème.

    Ce problème n’est pas celui du pays agressé.

    Il est celui de l’agresseur que vous êtes et qui traite la Syrie comme un « pays ouvert » à toutes les aventures et à toutes les entreprises hostiles.

    Messieurs les agresseurs, n’oubliez jamais que votre présence en Syrie est illégitime et illégale, y compris s’agissant de vos barbouzes, de vos conseillers spéciaux ou de vos forces-au-sol.

     

    Et s’il y a une présence légitime par excellence, ce n’est pas la vôtre, c’est celle de l’Etat syrien, celle des alliés et partenaires du gouvernement de Bachar al-Assad, dont vous exigiez le départ.

     

    S’il y a un retrait qu’impose le respect du droit international, c’est celui des pays qui n’ont rien à faire en Syrie, vos pays.

     

    Michel Raimbaud
    Ancien ambassadeur
    Professeur et conférencier

    Source : IVERIS, Michel Rimbaud, 19-02-2018


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    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

     

     

    Conférence sur la sécurité – Munich, 17 février.

    Dans un anglais quelque peu familier mais précis, Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – rend compte dans un Télégramme diplomatique confidentiel (TD)1 du 12 janvier 2018 de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018.

     

     

    Dans ce TD de cinq pages, il dévoile le détail de la « stratégie occidentale » en Syrie : partition du pays, sabotage de Sotchi, cadrage de la Turquie et instructions adressées au représentant spécial de l’ONU Staffan de Mistura qui dirige les négociations de Genève.

    Un Non Paper (de 8 pages) accompagne ce TD en prévision de la deuxième réunion du « Petit Groupe ». Celle-ci s’est tenue à Paris le 23 janvier dernier, essentiellement consacrée à l’usage des armes chimiques et aux « consignes » adressées par le « Petit Groupe américain » à Staffan de Mistura.

     

    Assistaient à cette réunion du 11 janvier à Washington Hugh Cleary (chef du Département Proche et Moyen-Orient du Foreign Office) ; Jérôme Bonnafont (directeur ANMO/Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay) ; David Satterfield (Secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé du Moyen-Orient) ; le Jordanien Nawaf Tell et le saoudien Jamal al-Aqeel. L’Américain a ouvert la séance en précisant qu’une deuxième réunion aurait lieu à Paris le 23 janvier.

     

    David Satterfield a confirmé que le président Trump avait décidé de maintenir une importante présence militaire américaine en Syrie, malgré la victoire remportée contre l’« Organisation Etat islamique » (Dae’ch) ; le coût de ce maintien étant fixé à quatre milliards de dollars annuels.

    Il a précisé que cette présence militaire américaine devait prévenir toute résurgence de Dae’ch, mais surtout empêcher les « Iraniens de s’installer durablement et de s’imposer dans la recherche d’une solution politique ». En troisième lieu, il a insisté sur le fait que la première réunion du « Petit Groupe » devait aussi apporter un « appui matériel et politique important à Staffan de Mistura pour « consolider le processus de Genève ».

    L’ensemble des participants a accueilli très positivement cette mise au point afin de « réaliser des progrès substantiels en Syrie durant l’année 2018 » et de « répondre à la propagande d’une victoire russe ».

    Ensuite, les participants ont insisté sur le « désir russe d’aboutir à une solution politique » qu’il s’agissait d’utiliser pour rendre « plus opérationnels » les objectifs du « Petit Groupe ».

     

    CONSOLIDER LE PROCESSUS DE GENEVE

    Les Etats-Unis ont noté qu’ils ne participeraient plus aux réunions d’Astana, ayant réduit « leur participation à un niveau très bas, pour souligner leur engagement envers Genève » ; en des termes définitifs, il est décidé de « tirer un trait conceptuel sur Astana pour revenir à Genève ».

    Ils ont ensuite estimé que jusqu’à maintenant « Genève restait un échec, malgré les efforts de Staffan de Mistura ». Ils se sont montrés très prudents quant à l’inclusion du cessez-le-feu dans les discussions de Genève : « la vérité étant que nous n’avons tout simplement pas la capacité d’empêcher le régime de grignoter les poches de l’opposition restantes à Idlib et à l’Est de la Ghouta ».

     

    Le TD fait état de grands progrès « réalisés par l’opposition au cours des derniers mois », en soulignant qu’elle « devra encore faire preuve d’une plus grande souplesse pour s’assurer que le Régime ne quitterait pas Genève (…) alors que les Américains n’apportent aucun soutien à l’hypothèse d’un gouvernement de transition tel que le prévoit la résolution 2254 (du Conseil de sécurité des Nations unies) ».

    Le texte ajoute qu’il « serait tout de même utile que l’opposition puisse cesser d’agiter cette hypothèse à tout bout de champ… » Il a été aussi convenu que « l’opposition devait faire preuve de plus de flexibilité et arrêter d’agiter l’épouvantail d’un gouvernement de transition », les Américains ajoutant que, sans changer d’objectif final quant à la partition de la Syrie et au départ de Bachar al-Assad, il fallait d’abord « rester en mouvement en procédant à « une manipulation prudente » de l’opposition.

     

    Le représentant français – Jérôme Bonnafont – a posé le problème d’une éventuelle participation de Bachar al-Assad à de futures élections.

    David Satterfield a répondu que « l’objectif était de créer les conditions et des institutions qui permettraient des élections qu’Assad ne pourrait pas gagner ».

    Satterfield a ajouté « qu’il n’y avait pas de raison ‘flagrante’ pour empêcher Assad d’être candidat ».

    Dans ces conditions, il s’agissait surtout de tester les intentions de la Russie, notamment pour qu’elle arrive « à ce que le Régime soit amené à discuter d’une nouvelle Constitution, d’élections libres sous le contrôle des Nations unies et de la création d’un environnement susceptible de favoriser ces deux processus ».

     

    Accord sans restriction de tous les membres de la réunion du « Petit Groupe » pour « ne plus se satisfaire des propos mielleux de Lavrov, afin de mettre Moscou sous pression ».

    Pour Satterfield, il s’agit d’amener les Russes à lâcher Assad, « à travers des réunions du Conseil de sécurité et une large campagne de communication publique », estimant que la ré-élection annoncée de Vladimir Poutine fragilisait positivement la position russe…

     

    SABOTER ET INSTRUMENTALISER SOTCHI

    L’une des conclusions de cette première réunion du « Petit Groupe » est parfaitement claire : « revigorer Genève pour que Sotchi devienne hors de propos » ; la France réclamant plus de « transparence sur la position russe ».

    Mais il s’agit encore de ne pas s’opposer « frontalement » à Sotchi « présentant l’avantage de rassembler une part non négligeable de la société civile syrienne », pour en ramener les « apports les plus positifs à Genève, afin de renouveler et relancer ce format de Genève ».

    Les Saoudiens ont mis en garde contre un « risque de fragmentation des différents groupes de l’opposition et demandé de l’aide afin de maintenir la cohésion de celle-ci ».

    Satterfield a rétorqué que leurs représentants devraient « s’engager davantage dans la recherche d’une solution politique plutôt que de profiter de salaires mirifiques et de longs séjours dans des hôtels agréables ».

    La France a appuyé cette remarque en insistant sur « la communication ».

    A cet égard, le TD britannique dresse le commentaire suivant : « malheureusement, la Cinquième République française n’a pas vocation à financer cet effort », les représentants britanniques rappelant « que la communication de l’opposition a été financée en premier lieu par… le Royaume-Uni ».

    David Satterfield a, ensuite, expliqué que l’opposition turque aux « Unités de protection du peuple kurde (YPG) » empêchait les Kurdes de participer à Genève. Tout en comprenant la position d’Ankara, il a souligné « qu’on ne pouvait pas ignorer un groupe qui contrôlait le tiers de la Syrie (SIC) et qui avait pris la plus grande part à la lutte contre Dae’ch ».

    Il a expliqué que « les Américains cherchaient à établir un leadership multi-ethnique au nord-est de la Syrie afin de diluer l’hégémonie de l’ YPG ». Par contre, il s’agissait d’imposer les FDS (Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes et sous contrôle américain) dans le processus de Genève.

     

    Commentaire de l’auteur du TD : « je comprends que les Etats-Unis vont nommer William (Bill) Roebuck, leur ex-ambassadeur à Bahreïn, comme représentant spécial des FDS. Je vais suivre, mais cela vaut la peine de rappeler – selon les discussions séparées que nous avons eues, par exemple avec Fiona Hill – que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie sont déjà mauvaises et ne risquent pas de s’améliorer.

    Par conséquent, les Américains ne sont pas les mieux placés pour faire – en solo – le gros boulot avec les FDS et Ankara ».

    L’objectif est clairement défini : « amener Staffan de Mistura à accepter à Genève une structure tripartite incorporant l’opposition, Assad et les FDS ».

    Du reste, le secrétaire d’Etat adjoint indique qu’un « Non-Paper – Reviving the Syrian Political Track in Geneva– sera communiqué à Staffan de Mistura avant la réunion du 23 janvier à Paris, « afin de mettre les Russes au pied du mur ». Ce document comporte : « une Feuille de route politique, les éléments d’une réforme constitutionnelle, la structure onusienne de supervision des élections et les directives pour l’établissement d’un environnement pacifié ».

     

    Pour leur part, les Jordaniens ont qualifié la session du « Petit Groupe » de « la réunion publique la plus secrète de tous les temps ».

    Et l’auteur du TD de conclure : « nous devons, pour le moment, garder un groupe constitué uniquement des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie.

    Les prochains à être invités devraient être l’Egypte et l’Allemagne (pour qui nous avons plaidé).

    La Turquie devrait également joindre le groupe, mais la discussion avec elle risque d’être empoisonnée par les Kurdes, ce qui rendra plus difficile la neutralisation d’Astana. Il n’y a donc pas urgence à intégrer ces trois derniers pays ».

     

    COMMENTAIRES BELLICISTES

    Les commentaires en conclusion de ce TD sont fort éloquents en ce qui concerne l’avenir de la stratégie occidentale en Syrie. Les trois conclusions essentielles soulignent « une vraie réaffirmation du leadership des Etats-Unis dans les coulisses… ».

    La deuxième perspective consiste à « maintenir la pression sur la Russie, même si celle-ci ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime comme nous l’espérions ».

    Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles civiles ». Enfin, conclut l’auteur du TD, « les Américains m’ont dit combien ils avaient apprécié notre contribution et notre soutien ces derniers mois alors qu’ils étaient en train de finaliser leur stratégie ».

    XXX

    Voilà qui n’augure pas d’une prochaine sortie de crise en Syrie dans un contexte marquée par quatre évolutions majeures des plus préoccupantes.

    1) Les Etats-Unis ont décidé de renforcer et de diversifier leur posture nucléaire.

    Le Pentagone vient d’annoncer qu’il va développer des armes nucléaires tactiques miniaturisées « pour s’adapter aux nouvelles menaces internationales ».

    Le président iranien Hassan Rohani a répondu : « comment quelqu’un peut-il parler de paix mondiale et en même temps annoncer qu’il développe de nouvelles armes nucléaires destinées à ses principaux ennemis ? »

     

    2) Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont entendus les 14 et 15 février derniers à Bruxelles sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance Atlantique. Cette « adaptation – la plus grande depuis la fin de la Guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg, est proposée par les militaires américains. Elle vise à rendre l’Alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, il s’agit de « mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie ».

    3) Aux lendemains de la destruction d’un chasseur israélien dans l’espace aérien syrien et, alors que la police israélienne demande l’inculpation du premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, Tel-Aviv accuse l’Iran de s’implanter en Syrie et menace de multiplier ses opérations militaires.

    Ce n’est pas la première fois que le premier ministre israélien – qui refuse de démissionner – utilise les regains de tension régionale pour consolider son pouvoir personnel et son alliance avec l’extrême-droite du pays.

    4) Enfin, le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie continue à provoquer l’Ire d’Ankara. La crise de confiance est consommée et l’axe turco-américain est au bord de la rupture.

    Deuxième contingent de l’OTAN, l’armée turque a dû accompagner le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de juillet 2016. Mission vient d’être donnée à un général aux tendances conservatrices et islamistes de restructurer l’armée turque dégarnie par les purges.

     

    En définitive, le TD britannique reflète parfaitement la stratégie occidentale en Syrie : saboter les efforts de paix de Sotchi, ajouter deux nouvelles guerres à la crise syrienne : celle des Turcs contre les Kurdes et celles des Israéliens contre l’Iran et le Hezbollah libanais.

    « Les Américains n’ont jamais admis leur défaite militaire en Syrie et ne veulent pas lâcher le morceau et surtout leur objectif stratégique principal », commente un haut diplomate français, « celui d’un démantèlement de la Syrie, du type de celui qui a été conduit en Irak et en Libye.

    Leur volonté est d’armer les Kurdes pour contrôler les régions pétrolières de l’Est syrien afin de pouvoir peser sur la reconstruction politique et économique du pays ».

     

    La paix n’est donc pas pour demain.

     

    Richard Labévière

    1Benjamin Norman/Foreign and Security Policy – Middle East/British Embassy – 3100 Massachusetts Avenue, NW/Washington DC/20008/USA. Phone : 202 588 6547/FTN : 8430 6547. Email : Benjamin.norman@fco.gov.uk

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    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018


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    Lincoln, une idole ? Vraiment ?


    Par Thomas Di Lorenzo – Le 12 février 2018 – Source lewrockwell

     

    Le politicien le plus déifié de l’Amérique fête son anniversaire aujourd’hui, célébré dans tout le pays, en particulier dans les think tanks néocon et les tabloïds.

    Je parle bien sûr de l’homme que l’aile straussienne du néoconworld appelle « le père », Abraham Lincoln.

     

    J’ai donc pensé offrir quelques suggestions de lecture dans le cadre de la célébration d’aujourd’hui.

     

    Lincoln était de loin le plus détesté, méprisé et insulté de tous les présidents américains au cours de sa vie, comme l’écrit l’historien Larry Tagg dans son livre « The Unpopular Mr. Lincoln : le président le plus détesté de l’Amérique ». Sa déification a été l’œuvre posthume de la machine de propagande du Parti républicain.

     

    Lincoln a été très prudent dans son expression quand il a expliqué au monde, dans son premier discours inaugural et d’autres discours, qu’il était disposé à inscrire explicitement l’esclavage dans le texte de la Constitution (avec l’Amendement Corwin) et qu’il envahirait tout État de l’union qui refuserait de percevoir la taxe tarifaire fédérale nouvellement doublée et d’en envoyer le produit à Washington, DC. Les soi-disant experts universitaires de Lincoln mentent effrontément à ce sujet, en d’autres termes.

     

    L’invasion des États du Sud par Lincoln – définis comme libres et indépendants dans la Déclaration d’Indépendance – était la définition même de la trahison en vertu de l’Article 3, Section 3 de la Constitution, qui définit comme seul motif de trahison l’engagement d’une guerre aux États-Unis, ou l’aide et le réconfort accordé à leur ennemi.

     

    Le mot « leur » désignant  l’ensemble des États, signifie que la guerre contre la Caroline du Sud, la Virginie etc., est une trahison.

     

    Lincoln était le plus grand ennemi que le premier amendement ait jamais eu, même pire que John Adams, il a mis en œuvre l’acte de sédition qui a fait qualifier son administration de criminelle.

    Adams a seulement emprisonné quelques opposants, alors que Lincoln a illégalement suspendu l’acte d’Habeas Corpus et a fait emprisonner par son armée des dizaines de milliers d’opposants présents dans les États du nord, tout en fermant plus de 300 journaux d’opposition.

    Il a emprisonné les propriétaires de journaux et les rédacteurs, le sénateur Clement L. Vallandigham de l’Ohio, son plus sévère critique au Congrès a été emprisonné, tout comme le maire de Baltimore, et il a déclaré que toute personne qui restait simplement silencieuse, pendant que son administration était mise en cause, était coupable de trahison.

     

    Tout au long de sa vie, sa rhétorique raciste et suprématiste blanche aurait fait rougir David Duke.

     

    Sans parler de son obsession permanente de déporter tous les Noirs hors d’Amérique (c’est-à-dire, la colonisation), et de son action diligente pour atteindre cet objectif à la Maison Blanche jusqu’à son dernier jour.

     

    Même les historiens adorateurs de Lincoln ont admis que si le Sud avait gagné la guerre, il aurait été justifié d’exécuter Lincoln et son haut commandement pour crimes de guerre et massacres en masse des civils sudistes, ici, ici et .

    Lincoln a promu et a soutenu généreusement les pires de ces meurtriers de masse, en particulier Sherman, Grant et Sheridan.

     

    Comme Lénine en Russie et Bismarck en Allemagne, il était le seul responsable de la création de l’État centralisé, monopolistique et dictatorial dont les Américains sont désormais esclaves, ainsi que de l’abolition du système américain de fédéralisme ou droit des États.

     

    C’est pourquoi il a été félicité outrageusement par son collègue centralisateur Hitler lui-même, et félicité aussi par Karl Marx de son vivant et par les fils et les filles politiques de ce dernier jusqu’à aujourd’hui.

     

    Lorsque le juge président de la Cour Suprême Roger B. Taney a émis une opinion selon laquelle la suspension de l’Habeas Corpusétait inconstitutionnelle (ce à quoi son propre procureur général a souscrit) Lincoln a émis un mandat d’arrêt contre le juge.

    Charles Adams a appelé cela « le grand crime de Lincoln ».

     

    C’est Lincoln qui a finalement imposé aux États-Unis le système britannique  pourri et corrompu du mercantilisme, avec le bien-être institutionnalisé des grands trusts et le capitalisme de copinage ; le protectionnisme comme une autre forme hideuse de capitalisme de copinage ; le monopole monétaire fédéral pour payer tout cela et pour finir le premier impôt sur le revenu et une myriade d’autres interventions économiques.

    Edgar Lee Masters, auteur de « Lincoln the Man » a appelé cela « du pillage et rien d’autre ».

     

    Dans ses derniers jours, lorsque de véritables abolitionnistes – Lincoln se distançait  toujours résolument d’eux – lui demandèrent son aide pour faire voter le Treizième amendement mettant légalement fin à l’esclavage, il refusa de les aider selon l’historien David Donald, dernier spécialiste éminent de Lincoln à à l’université de Harvard, appartenant à la dernière génération.

     

    Source et Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    La nouvelle politique militaire des États-Unis – attention – danger !

     
    US Danger

    La nouvelle politique militaire des États-Unis – attention – danger !

     

    Robert Bibeau ♦

    Qu’y a-t-il de nouveau dans la politique militaire et nucléaire américaine rendue publique par le Pentagone le vendredi 2 février dernier ? (1)

     

    Un accroissement des dépenses militaires américaines, du « Déjà vu ».


    Le développement de nouvelles armes nucléaires tactiques de faible capacité et de portée limitée.


    La menace d’utiliser ces armes nucléaires létales contre un État non nucléarisé.


    La menace d’utiliser ces armes létales le premier (et non plus en riposte à une attaque nucléaire) et contre n’importe quel pays où qu’il se trouve sur la planète.

     

    Quels pays sont visés par le gouvernement américain par cette nouvelle politique belliqueuse ?

    La Russie en tant que fournisseur d’énergie et bras armés de la superpuissance économique et financière chinoise, son alliée .


    La Chine en tant que première puissance concurrente de l’Amérique économique – financière – boursière et militaire.
    La Corée du Nord en tant qu’allié et terrain de confrontation par procuration entre les deux géants se battant pour l’hégémonie mondiale.
    L’Iran en tant que fournisseur d’hydrocarbure à la Chine et en tant qu’État récalcitrant tenant tête aux visées hégémoniques américaines. Ainsi l’Iran refuse de faire du dollar américain la seule devise de son commerce international.

     


    L’Union européenne alliée des États-Unis qui reçoit cet ultimatum « Vous êtes avec nous dans cette aventure belliqueuse nucléarisée ou vous êtes contre nous ! »

    Or, les États européens risquent d’être à nouveau sur la ligne de front comme lors des deux guerres mondiales précédentes et il n’est pas du tout certain que le Grand capital européen mondialisé souhaite jouer la tête de Turc à une troisième reprise.


    Tous les pays du monde grands et petits, alliés ou ennemis des États-Unis, que le Pentagone menace ainsi de représailles nucléaires s’ils osent résister à son hégémonie délétère.


    Le peuple américain lui-même, si jamais en réaction à sa misère grandissante il osait résister et se soulever contre ses geôliers.

     

    Pourquoi cette nouvelle politique militaire est-elle dévoilée à ce moment-ci ? Que cherchent aujourd’hui les États-Unis ?

    L’establishment financier américain, et un groupe important de généraux, sont aux abois, car ils sont conscients de l’effondrement économique de l’Amérique.

    Le dollar est menacé et à travers lui l’ensemble de l’échafaudage bancal de l’économie américaine.

    L’endettement est ahurissant, le déficit commercial titanesque et récurrent, le chômage réel est effarant et la pauvreté s’épand, les tensions sociales palpables et la société précarisée est sur le point d’éclater.

    Notre webmagazine publie une série d’articles décrivant la misère qui se répand

    http://www.les7duquebec.com/?s=effondrement

     


    Comme nous le disons depuis une année, Donald Trump n’est pas un isolationniste, mais un mondialiste.

    Les États-Unis renégocient présentement tous ses traités commerciaux avec ses partenaires et concurrents immédiats.

    Les forfanteries de Donald l’épouvantail ne visent qu’à conditionner les gouvernements concurrents.


    Cette annonce publique largement médiatisée d’une nouvelle politique belliqueuse, vise à intimider les bourgeoisies du monde entier afin qu’elles s’inclinent, conservent le dollar comme principale devise du commerce international, et se soumettent aux dictats commerciaux étatsuniens (exemple pour le Canada dans l’ALENA, qu’il renonce à la gestion de l’offre, etc.)

     

    Quelles peuvent être les conséquences de cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

    Cette annonce ne peut qu’encourager le camp adverse, Chine – Russie – Iran notamment, à se rapprocher et à se lancer dans une course aux armements, qui ne peut qu’être un gaspillage de ressources ce qui accentuera les problèmes économiques qu’engendrent toujours ces dépenses improductives (déficit budgétaire en hausse, endettement croissant, déplacement des investissements mondiaux de la sphère sociale vers la sphère militaire improductive, grève générale de protestation, etc.)

     

    Cette annonce a déjà eu l’effet d’encourager le réarmement des pays européens qui pour certains viennent d’annoncer la croissance de leur budget militaire.

    Sans compter que l’Alliance atlantique (OTAN) sera fragilisée suite à cette mise en demeure américaine aux chancelleries européennes qui ne sont plus dans la situation désespérée du Plan Marshall.

    L’Union européenne est de facto la première puissance économique et commerciale mondiale.

    Elle risque de se le rappeler et de se crisper face à un allié de plus en plus spoliateur (sic).

    De nombreux pays déjà nucléarisés, et d’autres pas encore nucléarisés seront poussés à s’équiper d’armes nucléaires de manière à se protéger dans l’éventualité d’un chantage américain à la nucléarisation d’une agression.

    Bref, comme nous le disons depuis un certain temps, par cette politique le monde se rapproche dangereusement d’une troisième guerre mondiale – en dépit des plumitifs pacifistes utopistes .

     

    Les États-Unis peuvent-ils atteindre leurs objectifs stratégiques par cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

    Aucunement. Cette politique de menace nucléaire est la suite logique de la politique de menace militaire que les États-Unis appliquent depuis la naissance de cette puissance au XVIIIe siècle.

    Il ne faut pas oublier que ce pays impérialiste est en guerre perpétuelle sur un continent ou sur un autre depuis son apparition.

    Les États-Unis n’ont pratiquement jamais été en paix.

    Certains pensaient qu’ayant été rossé via leurs mercenaires djihadistes stipendiés en Irak et en Syrie, le Pentagone aurait compris et aurait retiré son contingent de soutien aux pseudo islamistes de l’EI. L’administration américaine vient d’annoncer que ses troupes occuperont la Syrie un temps indéfini, comme en Afghanistan ou pourtant leurs soldats d’occupation sont confinés à un petit périmètre dans Kaboul, justifiant les tueries des talibans.

     

    Le budget de la « défense » des États-Unis est le plus important dans le monde, et ce depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et pourtant, depuis leur défaite au Vietnam (1973) les États-Unis n’ont pratiquement jamais gagné une guerre et ne parviennent qu’à tuer des civils en grand nombre et à s’enliser.

    Plus ils injectent d’argent dans l’armement moins ces dépenses sont efficientes. Le problème de l’armée américaine ce n’est pas son armement insuffisant, ce sont les soldats américains qui n’ont plus le cœur à se sacrifier pour les potentats de Wall Street.

    Bref, cette nouvelle politique nucléaire est le fruit de l’escalade du désespoir de la part de l’establishment financier américain qui constate l’effondrement éminent de son système économique et financier décadent et ne peut faire autrement que de résister à son essoufflement.


    Malgré les sacrifices que la classe capitaliste américaine impose au prolétariat américain, et mondial, l’économie de l’Amérique n’est pas concurrentielle et s’effondre alors que de nouveaux prétendants à l’hégémonie, économique d’abord, politique et militaire ensuite (Chine et ses alliés VS Union européenne) s’avancent pour les écarter.

     

    Conclusions

    Les États-Unis d’Amérique se retrouvent dans la situation ou se trouvait l’Empire britannique après la Seconde Guerre mondiale.

    L’Empire, sur lequel le soleil ne se couchait jamais, avait deux choix face à la concurrence de son allié américain : résister et le confronter, entraînant le monde dans une nouvelle guerre d’Apocalypse ; ou encore, plier, se ranger, négocier une position privilégiée dans l’économie mondiale post-britannique, ce qui donna la City.

    Malheureusement, contrairement aux Britanniques, il est peu probable que le Grand capital étatsunien se résigne à cette éventualité.

    Source : agora vox

     

    LU:   https://metamag.fr/2018/02/21

     

     

    1. « Les États-Unis veulent se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance en réponse notamment au réarmement de la Russie, selon la nouvelle « posture nucléaire » publiée vendredi par le Pentagone.
    2. Ces nouvelles armes, qui font craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflits nucléaires, représentent une « réponse à l’expansion des capacités [nucléaires] de la Russie », a indiqué à la presse Greg Weaver, responsable des capacités stratégiques à l’État-major américain.»

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