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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Publié par Dreuz Info le 20 janvier 2018

    Dreuz a décidé de publier cette prise de position parce que les médias restent très discrets sur les sujets abordés ici, et parce qu’un Français est toujours incarcéré au Qatar, sans motif valable, dans l’indifférence du gouvernement français.

    Dreuz n’a pas été mesure de vérifier la véracité des accusations qui sont portées ici, et laisse à chaque lecteur le soin de décider en toute âme et conscience.

    Alerte citoyenne et message de désespoir d’un père de famille totalement ruiné et détruit par la France du Qatar.

     

    Suite à la persécution de plus de six ans et à la répression que je subis encore par l’Etat français et par Me William Bourdon parce que j’ai été séquestré 18 mois par la kafala d’une autocratie, je n’ai d’autre choix que de dénoncer la France du Qatar.

    Elle est le contraire de celle des droits de l’homme, de celle de Victor Hugo et de Napoléon.

     

    Je demande à nouveau au Président de la République Monsieur Macron de faire cesser ces tortures.

    «Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux les moyens de vous faire taire» (Coluche)

     

     

    La carlingue du Qatar

    Le phénomène criminel nommé «la carlingue» a sévi de 1940 à 1944.

    «La carlingue» était le nom donné à une bande de criminels issus de la moyenne et grande délinquance française, et qui a intensément collaboré avec l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale.

    En 1940, la France a capitulé face au régime nazi d’Hitler. La voie de la collaboration est ouverte, et un groupe de personnes, installé au 93 rue Lauriston dans le 16e arrondissement de Paris, dirige les affaires intérieures d’une main de fer. Cette section française de la Gestapo, surnommée La Carlingue, sévira de 1941 à 1944, écrivant ainsi un des pans, pas très glorieux, de l’Histoire française.

    Au 93 rue Lauriston, des Français torturent d’autres Français, obéissant aux ordres d’Henri Chamberlin, dit Lafont, un truand notoire, et de l’inspecteur Pierre Bonny. Les 2 hommes sont à la tête d’une vingtaine de condamnés de droit commun, libérés à leur demande.

    Les bandits y côtoient les proxénètes, ou encore les mafiosi, dans une ambiance où la torture est chose commune. Plus tard, la Carlingue s’élargira, sur ordre des SS, et intégrera plusieurs factions, dont La Légion Nord-africaine.

    La rue Lauriston n’est heureusement plus en activité.

    Avec ancrage en France, la milice française est depuis quelques années déplacée au Qatar. Sa succursale locale est à l’ambassade de France, passage obligé des mouvements financiers de tous acabits et de la nébuleuse politique orpailleuse.

    Des ramifications judiciaires ont aussi été mises en place afin de condamner les ennemis que sont les Français victimes du «pays ami».

    A Doha, la milice française est aussi police politique. La collaboration y est beaucoup plus feutrée qu’en 41/45.

    Le principe reste le même. Collaborer lucrativement avec la puissance dominante, la rendre intouchable en faisant son éloge publique, en faisant barrage a toute action contre sa réputation et en outrepassant la justice.

    Quand le diable promet monts et merveilles, il est difficile d’y renoncer.

    Dans ce tableau idyllique, les Français victimes de la kafala Qatari sont des indésirables qu’il faut autoritairement mettre hors circuit en les livrant pieds et poings liés à leurs tortionnaires islamistes.

    C’est ce qu’a fait le ministre Alain Juppé dans son courrier du 9 mai 2012 au député Nesme.

    Les mesures de discrimination contre les Français victimes de la kafala sont prises par les autorités françaises sans pression directe des Qataris.

    Une démonstration flagrante de ce système est la déclaration de l’ambassadeur Peaucelle dans le Gulf-Times du 26 octobre 2013, deux jours après la diffusion d’Envoyé Spécial. Il y fait allégeance à l’émir, remet la sécurité de l’ambassade de France menacée entre les mains des autorités locales.

    Il y dénonce un a un les otages français du Qatar et compare leur drame avec un «évènement inférieur a un petit caillou dans la chaussure». gulf-times.com.

     

     

    Les sénateurs Houpert et Marini à Doha

    Le Qatar très critiqué pour les mauvais traitements infligés à ses travailleurs essayait de se refaire bonne réputation dans le Gulf-Times du 7 janvier 2015 : gulf-times.com.

    Avant et après cette date, aucun changement ne s’est opéré, le Qatar reste le pays du non-événement.

    Les sénateurs Houpert et Marini, cités dans l’article, s’étaient rendus à Doha le 26 mai 2014 pour présenter les excuses françaises au Qatar concernant les critiques à propos des médiocres conditions de travail.

    Ils y dénigrent ce qu’ils appellent l’extrême-droite française et font l’éloge d’une monarchie extrémiste : archive.qatar-tribune.com.

    Par une telle attitude, ces deux sénateurs trahissent leur pays au bénéfice d’une puissance étrangère et sont complices d’asservissement d’êtres humains.

    Dans son interview à France 24 du 23 juin 2014, le sénateur Marini juge normal que ses concitoyens soient offerts par la France a des kafeels esclavagistes afin qu’une petite élite française essaye de s’enrichir en s’attirant les faveurs d’une monarchie islamiste : france24.com.

    Cela ne rappelle-t-il pas le temps de la collaboration ?

     

     

    Jean-Pierre Marongiu, incarcéré à Doha sans procès depuis le 9 septembre 2013

    Jean-Pierre Marongiu est maintenu en prison par la volonté des autorités françaises qui font obstruction a toute action auprès des autorités du Qatar.

    Les services pénitentiaires français en sont l’illustration : au bout de 13 mois de tergiversation, le BEPI annule unilatéralement le transfèrement judiciaire de Jean-Pierre sans faire aucune proposition aux autorités carcérales/judiciaires du Qatar.

     

    Les points de presse du Quai d’Orsay l’accablent du fait du prince sans fournir de justificatif.

    Dans sa réponse au sénat du 20/11/2013, la ministre Helen Conway-Mouret ne remet pas en cause l’emprisonnent de plusieurs années de JP Marongiu.

    Bien au contraire elle y expose sa dévotion au Qatar, son mépris pour un citoyen en difficulté et y blanchit la diplomatie française en affabulant sur un prétendu avocat commis d’office et des employés d’ambassade sans compétence juridique qui auraient assisté à des audiences judiciaires en langue arabe. En réalité, les deux représentants diplomatiques ne se rendaient à la Cour que pour y chercher des éléments à charge contre leur compatriote : senat.fr.

     

     

    Yves Pendeliau, séquestré au Qatar par l’état français et condamné six fois par la justice milicienne française.

    Yves Pendeliau, au centre

    L’état français a torturé Yves Pendeliau durant 15 mois au Qatar en lui interdisant de quitter le pays par obstruction à la justice avec la complicité de l’aigrefin de l’ambassade Mathieu Faupin et de l’avocat parisien William Bourdon.

     

    Il faut conserver intacte la «collaboration» sans nuages avec une autocratie moyen-orientale, tout comme dans le passé avec l’occupant de la France, en rendant intouchables les bourreaux islamistes de nos concitoyens.

    Avec l’aide des ministres des Affaires étrangères, la milice du Qatar devait mettre les victimes de cette dictature hors d’état de nuire en les transformant en criminels.

    C’était la tâche du manipulateur Mathieu Faupin et de Me William Bourdon.

     

    L’absurdité de la méthode milicienne a contraint Yes Pendeliau à intervenir seul auprès du procureur du Qatar pour recouvrer ses droits bafoués et pour la survie de sa famille.

     

    Un article mettant en cause la gestion des autorités françaises dans le Journal de Saône et Loire du 10 octobre 2012 a mis en marche une campagne de répression française contre l’ennemi déclaré du Qatar.

    Utilisant Me William Bourdon comme instrument condamnatoire, le bâtonnier de Paris, la cour d’appel de Paris, la cour d’appel de Versailles et la Cour de cassation ont mis en place des simulacres de justice, transformant un cas pénal de séquestration de 18 mois en contestation d’honoraires de M. Bourdon qui n’est pas avocat au Qatar.

     

    Le TGI de Paris déclare que prendre en otage un français à Doha est une absence d’infraction.

     

    Le tribunal administratif de Paris blanchit Mathieu Faupin et accable la victime Yves Pendeliau.

     

    Yves Pendeliau accuse l’Etat français et ses deux exécutants de persécuter, de ruiner et d’assassiner sa famille à petit feu et de la pousser au suicide collectif.

     

    Qaptif ! Un Français, otage du Qatar*

    A lire aussi, Le chatiment des élites*, pour lequel Jean-Pierre Marongiu a reçu le prix littéraire plume de glace.

     

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Yves Pendeliau pour Dreuz.info.

    * En achetant le livre avec ce lien, vous soutenez Dreuz qui reçoit une commission de 5%. Cette information est fournie pour assurer une parfaite transparence des conséquences de votre action, conformément à la recommandation 16 CFR § 255.5 de la Federal Trade Commission.


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    21 janvier 2018

    GÉOPOLITIQUE INTERNATIONALE : LES ETATS-UNIS D' AMÉRIQUE ONT CHANGE COMPLÈTEMENT DE VISAGE DEPUIS L'ELECTION DE DONALD J. TRUMP

     

    La vision stratégique à long terme de Trump, par Hélios d’Alexandrie

     

     

    SOURCE : Publié par Hélios d'Alexandrie le 21 janvier 2018

    Lundi 18 décembre 2017 le président Donald Trump dévoilait les grandes lignes de son plan stratégique concernant la sécurité nationale des États Unis.

    Comme on pouvait s’y attendre les médias en majorité l’ont jugé négativement.

    Leur réaction ne relevait pas uniquement du réflexe pavlovien, elle exprimait leur opposition au changement radical de trajectoire que Trump est en train d’opérer sur les scènes nationales et internationales.

    Je me propose dans ce long article de dégager les idées maîtresses qui servent de base à sa pensée stratégique, ainsi que les orientations qu’il a pris pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés

    Pour comprendre la vision stratégique de Trump il est important de jeter un coup d’œil sur le rétroviseur, les huit années de la présidence Obama ont gravement miné les États Unis et aggravé l’insécurité sur la scène internationale.

     

     

    Obama ou le nivellement par le bas

    Dès son premier périple à l’étranger en 2009, Obama s’est fait un point d’honneur de ravaler l’Amérique à la place que les antiaméricains de tous poils lui souhaitaient de prendre. En ce qui concerne l’exceptionnalisme américain, Obama n’a éprouvé aucune gêne à déclarer que l’Amérique n’était pas plus exceptionnelle que n’importe quel autre pays! Entendre par là que ce n’est pas à elle de définir le rôle qu’elle doit jouer sur la scène mondiale, mais que la définition de ce rôle doit être le fruit d’un consensus le plus large possible.

    Mais pour Obama nier l’exceptionnalisme américain n’avait pas pour unique cause l’antipathie viscérale qu’il nourrissait envers l’Amérique, sa volonté de changer radicalement le pays y était pour beaucoup. Cependant cet exceptionnalisme n’était pas une vue de l’esprit, ses fondements historiques sont avérés: en moins de deux cents ans d’existence les États Unis ont accédé au leadership mondial et ils s’y maintiennent depuis plus de soixante-dix ans.

    L’effondrement de l’empire soviétique a eu comme conséquence l’avènement d’un monde unipolaire, avec l’Amérique comme unique superpuissance. D’aucuns, y compris dans les démocraties occidentales et particulièrement en France, y ont vu un déséquilibre inacceptable des forces en présence, d’autant plus que les nouvelles démocraties de l’Europe de l’Est se dépêchaient d’établir des accords de coopération avec l’Amérique, seule puissance en mesure d’assurer leur sécurité face à un éventuel retour de l’hégémonisme russe.

    Il était important pour Obama et la gauche de détourner les ressources consacrées à la défense pour mener à bien les projets de transformation de la société américaine.

    La crise économique en cours et la réduction des recettes fiscales ont incité l’administration Obama à accroître constamment le déficit budgétaire du gouvernement fédéral, jusqu’à multiplier par deux la dette du gouvernement fédéral, et à couper dans les programmes de la défense et de la sécurité intérieure. Parallèlement le poids du gouvernement et son impact sur l’économie ne cessaient de grandir: multiplication des règlements et des contrôles dans tous les domaines: politique hostile à la production et au transport d’énergies fossiles, règles environnementales étouffantes pour le développement de projets, intrusion sans précédent de l’État dans le champ de la santé etc.

     

    Tout a été fait pour aligner l’Amérique sur l’Europe occidentale en ce qui a trait à la place qu’occupe l’État tentaculaire dans la vie des citoyens et dans le remodelage de la société.

     

     

    Obama et le mondialisme

    Dans son projet de transformation radicale de la société américaine Obama a reconnu dans le mondialisme un allié naturel. L’idéologie mondialiste s’inspire étonnement de la gauche extrême, elle est hostile aux nations et à la préservation de leur identité.

    Cette hostilité se traduit dans les faits par la multiplication des identités à l’intérieur de la société; l’immigration de masse y joue un rôle important, mais également l’émergence récente de divers groupes identitaires qui s’activent à défendre leurs intérêts respectifs.

    Le mondialisme s’oppose à l’existence de frontières et à l’idée même de les défendre; il ne reconnaît pas aux peuples le droit de décider du type de société qu’ils veulent léguer aux prochaines générations.

    Mais son projet en apparence globalisant ne vise que les pays occidentaux de tradition judéo-chrétienne, il épargne le monde islamique la Chine, l’Inde et la majorité des pays sous-développés.

    L’idéologie mondialiste est essentiellement élitiste et « nomade » on pourrait même dire apatride, elle rejette l’enracinement dans une culture, dans une société, dans un pays.

    Elle s’évertue à homogénéiser les mentalités à travers un catalogue régulièrement mis à jour de prêts-à penser et une longue liste de licites et d’illicites.

    Elle exerce un pouvoir intellectuel proprement despotique qui impose la rectitude politique et se substitue au jugement des individus. Ceux qui osent s’émanciper ou ceux qui rejettent son pouvoir sont aussitôt stigmatisés et sévèrement punis.

     

    En cela elle ressemble étrangement à l’islam et ce n’est donc pas un hasard si elle fait preuve d’autant de sollicitude à son endroit, alors qu’elle cherche par tous les moyens à détruire le christianisme.

    Le mondialisme favorise les grands ensembles comme l’Union Européenne, il applaudit aux accords multilatéraux qui limitent l’indépendance des États dans tous les domaines: droit, économie, environnement, immigration, culture etc.

    Il crée des instances décisionnelles supranationales qui échappent au contrôle des élus et des électeurs, bref il s’avère foncièrement antidémocratique.

    Le mondialisme est de toute évidence incompatible avec l’exceptionnalisme américain. Le premier cherche à se substituer aux États-nations, le second à conserver à l’Amérique son statut de leader des pays démocratiques. Mais tout en œuvrant à l’affaiblissement de la nation américaine, Obama, de par les responsabilités qui lui incombaient comme président, n’avait d’autres choix que de marcher sur les traces de ses prédécesseurs. Il lui était plus facile de nier le caractère exceptionnel de l’Amérique que d’apporter des preuves concrètes de la justesse de sa thèse.

    Dénoncer l’interventionnisme de son prédécesseur était plus aisé que de limiter ses propres interventions.

    Cette incohérence fondamentale couplée à son antiaméricanisme, sont en partie responsables de ses échecs en politique étrangère. 

     

     

    Obama et l’islam

    Dès le début de son premier mandat Obama s’est engagé dans une politique d’ouverture à l’islam.

    Cette politique reposait sur une doctrine qui soutient que tout peuple musulman aspire à vivre sous un régime islamique; par conséquent seul l’islam politique détient une légitimité suffisante pour prétendre au pouvoir.

    D’après cette doctrine l’acceptation de cette « réalité » par les États Unis mettra fin à l’hostilité des islamistes et fera place à la paix, à la bonne entente et à la coopération, notamment dans le domaine de la sécurité; par conséquent le terrorisme qui carbure au ressentiment, finira par s’éteindre de lui-même.

    S’appuyant sur cette doctrine la nouvelle politique étrangère des États Unis envers l’axe chiite à fait la part belle à l’Iran, en lui faisant cadeau de l’Irak et en fermant les yeux sur ses intrusions en Syrie et au Liban.

    Du coup l’Iran s’est vu accorder un accès direct à la méditerranée et aux frontières d’Israël.

    Il était prévu que ce geste de bonne volonté devait convaincre les mollahs d’Iran de se montrer plus coopératifs et de renoncer à l’arme nucléaire, en échange de quoi les sanctions économiques visant leur régime seraient levées, leur permettant ainsi d’accroitre leur effort de guerre et de maintenir leur emprise sur le peuple iranien.

    Pour ce qui est de l’axe sunnite Obama a développé des liens étroits avec les frères musulmans, grâce à des ententes leur garantissant des relations privilégiées avec son administration et un accès facile au pouvoir.

     

    C’est ce qui s’est produit avec la chute des dictatures dites « laïques » en Tunisie, en Égypte et en Lybie.

     

    En ce qui concerne Assad dont il n’a pu provoquer la chute, Obama a encouragé et armé l’insurrection islamiste contre son régime.

    Parallèlement il a pris ses distances avec la monarchie saoudienne du fait qu’elle est réfractaire aux Frères Musulmans, et non parce qu’elle applique rigoureusement le wahhabisme et la charia en Arabie.

    Dans la même veine il a établi la Turquie et le Qatar comme agents facilitateurs de sa politique proislamiste, en particulier pour ce qui est de l’accès des Frères Musulmans au pouvoir partout où ils bénéficient d’une base populaire.

    Le scénario écrit par Obama a tourné court, pire il a eu des conséquences tragiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

    Bien qu’il ne soit que partiellement responsable des malheurs qui frappent la Syrie, l’Irak, le Yémen et la Lybie, son refus de prendre acte de la nature violente de l’islam l’a empêché de reconnaître et de corriger ses erreurs.

    Obama est parti de prémisses erronées, ils s’est convaincu que l’islamisme est un mouvement politique comme les autres, alors qu’il s’agit d’un fascisme dangereux.

    Mais il s’est également trompé quant à la possibilité de coexistence pacifique entre islamistes sunnites et islamistes chiites, il n’a pas prévu le déferlement de haine et de mort résultant de la confrontation des deux principales branches de l’islam.

     

     

    L’héritage d’Obama et du mondialisme

    Donald Trump a hérité d’un monde dangereux dû en grande partie au déclin de l’Occident et en particulier de l’Amérique.

    Bien avant son élection il avait pris acte des pronostics que les experts répétaient à l’envi, au sujet de la montée en puissance de la Chine dans tous les domaine, et de la transformation irréversible de l’Europe, due au déclin démographique et à l’immigration de masse.

    Pour ce qui est des États Unis l’horizon sur le long terme n’était pas moins sombre: les perspectives de croissance était faibles, l’administration précédente avait même jugé cette faiblesse comme structurelle et non temporaire.

    Le mouvement de délocalisation des industries manufacturières ne pouvait être stoppé et encore moins inversé. Même la supériorité technologique des États Unis ne semblait pas devoir durer longtemps, à cause, entre autres, du piratage des secrets industriels exercé par la Chine.

    Le taux élevé d’imposition des entreprises favorisait la délocalisation des usines à l’étranger, provoquant la perte d’emplois industriels rémunérateurs par centaines de milliers et leur remplacement en partie par des emplois à temps partiel et au salaire minimum.

     

    Il en a résulté une diminution marquée du pouvoir d’achat des particuliers, une réduction des recettes fiscales, un accroissement des dépenses en assistance sociale et une explosion des déficits publics et de la dette.

    L’immigration illégale à provenance d’Amérique Latine a aggravé le phénomène en contribuant à la baisse généralisée des salaires et à l’augmentation des dépenses gouvernementales pour l’aide sociale, les soins de santé et l’éducation. 

    Cette nouvelle réalité a eu comme conséquence un déséquilibre sérieux au sein de la fédération américaine.

    Des États naguère riches comme le Michigan et le Wisconsin ont vu leur poids économique diminuer au profit des États côtiers comme New York, et la Californie.

    Ce déséquilibre économique s’est doublé d’un déséquilibre politique, qui a fait passer les intérêts et les priorités des États côtiers avant ceux des États du Centre.

    On s’est retrouvé ainsi en présence de deux Amériques: celle des deux côtes, atlantique et pacifique d’un bord et de l’autre celle qu’il a été convenu d’appeler le « fly over country », le pays qu’on survole pour aller d’une côte à l’autre; cette Amérique meurtrie et oubliée allait peser lourd lors des élections présidentielles de novembre 2016. 

    Parallèlement à ce déséquilibre les tensions s’accentuaient entre ceux qui profitaient de la conjoncture et ceux qui en souffraient, la mondialisation favorisait les États côtiers mais elle était néfaste pour les États du Centre.

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    Le mondialisme dont Obama était un fervent partisan a été source de divisions, l’unité nationale s’en est trouvée sérieusement compromise.

    Mais malgré le travail de sape exercé par Obama et le mondialisme, les États Unis sont parvenu à tirer leur épingle du jeu sur un point d’une importance stratégique majeure: la production d’énergie. Le développement de l’industrie du gaz et du pétrole de schiste a permis au pays de devenir pratiquement autosuffisant et ce en dépit des efforts d’Obama pour bloquer la prospection, l’exploitation et le transport de pétrole et de gaz. Sa réglementation a presque tué l’industrie du charbon; sous son mandat tous les territoires et zones économiques sous juridiction fédérale ont été mis hors de portée de l’industrie pétrolière, et il a interdit deux projets majeurs de pipelines.

     

    En signant l’accord de Paris sur le climat il s’est engagé entre autres à réduire la production et la consommation d’énergie fossile.

    Mais cela n’a pas empêché les compagnies pétrolières et gazières d’exploiter les terres appartenant aux États et aux particuliers, il s’ensuivit un boom spectaculaire de la production de pétrole au pays et une réduction majeure du déficit commercial et de la dépendance au pétrole importé.

    Il en a résulté une abondance sur le marché mondial du brut qui a provoqué une chute des prix, et qui a eu pour effet de stimuler les dépenses de consommation, contribuant aussi à la croissance économique et à la baisse du chômage.

    Sur le plan militaire les restrictions budgétaires ont amené le Pentagone à réduire les effectifs et le matériel, en particulier dans la marine et l’aviation.

    Le remplacement des navires et des avions a pris du retard et leur nombre a été réduit.

    L’introduction de nouveaux systèmes d’armes avancées s’est fait au compte-goutte.

    Face à la montée en puissance de la chine et à sa politique agressive, l’Amérique semblait faire piètre figure, d’autant plus qu’Obama donnait l’impression d’y trouver son compte.

    Cette perte évidente de prestige devait se refléter dans le traitement humiliant réservé par les chinois au « leader du monde libre » lors de sa visite à Pékin.

     

     

    Trump et la renaissance sur le plan stratégique

    La stratégie de Trump se confond avec son slogan électoral: Make America Great Again (abréviation: MAGA).

    On peut résumer sa doctrine stratégique en quelques mots: tout ce qui contribue à la grandeur de l’Amérique est stratégiquement utile et tout ce qui peut l’affaiblir est stratégiquement néfaste.

     

    Trump a pris acte des effets délétères de l’idéologie mondialiste, non seulement sur l’économie des États Unis mais sur l’unité nationale et la psyché collective des américains.

    Ces effets sont encore plus désastreux en Europe où des peuples naguère puissants et fiers, ne sont plus maîtres chez eux et n’ont aucun contrôle sur leur avenir.

    Trump est aussi conscient de la communauté de destin des pays de religion et de culture judéo-chrétiennes, il sait que l’Occident ne peut être sauvé à moitié et que la stratégie qu’il adoptera ne doit pas faire abstraction de l’Europe.

    Cependant pour sauver l’Occident il convient en premier lieu de redonner à l’Amérique toute sa grandeur.

    L’élection de Trump a provoqué un séisme de forte magnitude dans les hautes sphères politiques et intellectuelles à travers le monde. Jusque là le mondialisme avait le vent en poupe, le Brexit n’avait pas entamé sa confiance, son avancée inexorable semblait irrésistible et son triomphe final assuré.

    Avec le recul on réalise que les mondialistes aux États Unis et ailleurs s’étaient bercés d’illusions et avaient cru à leur propre propagande qui ne donnait à Trump que deux ou au maximum cinq pour cent de chance de gagner.

    Le nombre de voix qu’il a obtenu au collège électoral s’est avéré un choc, en fait un traumatisme dont ils ne se sont pas encore remis.

    Si Trump ne représentait pas un danger existentiel pour le mondialisme, son élection n’aurait pas été reçue aussi négativement.

    C’est parce qu’il constitue un obstacle majeur au projet mondialiste qu’autant de « résistance » s’organise contre lui.

    Dès son entrée à la Maison Blanche Trump s’est mis à la tâche de faire échec au mondialisme.

    Il a mis fin au projet de créer la zone de libre échange Asie-Pacifique et à fait part de sa volonté de renégocier les termes de l’accord de libre échange avec le Mexique et le Canada.

    Parallèlement il a proposé d’établir les accords commerciaux sur la base d’ententes bilatérales. Il envoyait ainsi un message clair à l’effet qu’il ne permettra pas que l’Amérique se fasse prendre dans la toile d’araignée d’accords commerciaux multilatéraux, qui la privent d’une partie importante de son indépendance économique et de sa liberté d’action.

    Quelques mois plus tard Trump annonçait sa décision de se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

    Il s’agissait là du deuxième coup majeur assené au mondialisme. Par cette décision il libérait l’Amérique de l’obligation d’établir un plafond à sa consommation d’énergie fossile et par le fait même à sa croissance économique et à la prospérité de ses habitants.

    Tout frein à la création de richesse devait être levé, c’est ainsi que la décision d’alléger considérablement la réglementation a été mise en application sans délai et a permis d’éliminer plus de vingt règlements existants pour chaque règlement nouvellement mis en vigueur.

    Trump a de cette façon donné un sérieux coup de pouce aux petites entreprises qui, au lieu d’engager du personnel productif, consacraient une part importante de leur temps et de leur capital à se conformer aux règlements et à noircir du papier.

    Les milliards de dollars qu’elles dépensaient en pure perte chaque année ont été ainsi épargnés et rendu disponibles pour l’achat d’équipement et la création de nouveaux emplois.

    Ces mesures qui n’ont rien coûté à l’État, ont produit une hausse marquée de la création d’emplois dans l’industrie manufacturière.

    Des mines et des usines fermées rouvraient leurs portes, d’autres ajoutaient de nouvelles lignes de montage et engageait du nouveau personnel, le taux de chômage baissait, le salaire horaire augmentait, l’optimisme et la confiance renaissaient dans nombre de villes et de villages naguère laissés pour compte.

    La hausse observée dans le niveau d’optimisme et de confiance des américains n’a cessé de grimper, il se trouve à présent à un niveau jamais atteint auparavant.

    La mesure statistique de l’indice de confiance sert à prédire la croissance économique.

    La réforme fiscale proposée par Trump et adoptée en décembre dernier par le congrès, réduit considérablement le fardeau fiscal de la classe moyenne et des entreprises.

    En réaction à la nouvelle loi, plusieurs compagnies ont octroyé des bonis substantiels à leurs employés et ont sensiblement augmenté les salaires. La confiance et l’optimisme se reflètent également dans les indices boursiers qui fracassent leurs propres records à chaque semaine.

    Nul ne sait quand cette euphorie prendra fin, chose certaine elle ne repose pas sur du vent.

     

     

    Le front intérieur

    En terme de stratégie cet optimisme et ce regain de confiance constituent un puissant atout pour ne pas dire une arme redoutable.

    En effet la déprime, les divisions internes et les conflits sociaux affaiblissent les États et servent la cause du mondialisme.

    Dans la mesure où Trump parviendra à augmenter la prospérité et à l’étendre à toutes les régions, les tensions sociales s’atténueront et la bonne entente règnera:

    Les gens heureux n’ont pas d’histoires.

     

    Trump compte rétablir l’unité au sein de la nation américaine en accordant à tous les laissés pour compte de la mondialisation, la possibilité d’améliorer leur sort et de regagner la fierté perdue, principalement la fierté d’occuper un emploi rémunérateur et de qualité.

    Mais les efforts qu’il déploie ne ciblent pas uniquement les groupes qui ont voté pour lui, en fait les noirs et les latinos qui votent démocrates ne sont pas moins touchés par les effets délétères de la mondialisation, de la pénurie d’emplois et de la baisse de revenu.

    En créant les conditions favorables à l’économie et à l’emploi Trump leur rend un immense service et leur permet de sortir du cachot identitaire où la gauche américaine les avait enfermés.

    Afin de réussir son pari Trump doit nécessairement mettre un terme à l’immigration clandestine, en effet les « illégaux », du fait qu’ils travaillent à très bas salaire, font concurrence aux travailleurs américains non spécialisés et contribuent ainsi à la baisse des revenus d’emploi.

    La volonté de Trump se heurte aux intérêts des uns et des autres: les patrons qui s’enrichissent aux dépens des employés à bas salaire, et les démocrates qui voient dans les clandestins un futur eldorado électoral.

    Il doit également se confronter aux différents lobbys pro-immigrants financés par les richissimes « philanthropes » mondialistes dont George Soros.

    Mais mettre un terme à l’immigration illégale c’est également faire échec au crime et en particulier à la contrebande de drogues.

    C’est par le fait même améliorer la sécurité à l’intérieur des grandes cités telles Chicago et Detroit, et permettre à leurs habitants de sortir du marasme économique et social qui les accablent depuis des générations.

     

     

    Le levier du pétrole

    La renaissance que Trump est en train de réaliser repose en premier lieu sur la prospérité économique et l’unité nationale.

    Ces fondements sont essentiels, ils constituent à la fois sa base de lancement et sa profondeur stratégique.

    Le combat qui l’oppose au mondialisme est sans merci, il se déroule sur plusieurs fronts dont celui de l’énergie. Trump a non seulement donné carte blanche aux producteurs d’énergie (charbon, pétrole et gaz) en les débarrassant des carcans règlementaires, il leur a également permis d’opérer sur toutes les terres appartenant au gouvernement fédéral, y compris en Alaska, ainsi que dans la zone économique au large des côtes américaines.

    Dès son entrée à la Maison Blanche il a donné le feu vert à deux projets majeurs de pipelines, le premier acheminera le pétrole produit en Alberta vers les raffineries du Texas, le second le pétrole de schiste extrait au Dakota.

    « Nous ne visons pas uniquement l’autosuffisance en énergie, nous visons la domination. »

    Cette déclaration Trump l’a répétée à plusieurs occasions, elle traduit sa volonté de faire des États Unis le joueur principal sur le marché mondial du pétrole et du gaz naturel.

    En novembre 2017 un article publié dans la revue Fortune fait état d’une augmentation imminente de la production américaine d’hydrocarbures.

    Basé sur les estimés de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) à Paris, ce boom pétrolier éclipsera de loin les records du passé. Les prévisions sont à l’effet que 80% de l’augmentation mondiale de la production de pétrole au milieu des années 2020 proviendra des États Unis, faisant d’eux des exportateurs nets de pétrole et le plus grand exportateur de gaz naturel liquéfié.

    « Les États Unis à l’échelle mondiale deviendront le leader incontesté du pétrole et du gaz pour les décennies à venir, » a déclaré Fatih Birol le directeur de l’AIE, et il a renchéri en signalant qu’autour de 2030 ils devraient plus que doubler leur production de pétrole, dépassant probablement les 31 millions de barils par jour.

    Mais si l’on s’en tient au court terme, pour le mois de janvier 2018, l’agence Reuters a rapporté des prédictions à l’effet que la production quotidienne dépassera le seuil des 10 millions de barils, un « exploit » qu’aucun expert croyait possible il y a à peine quelques années.

     

    Dans le champ de l’énergie Trump s’est assigné trois objectifs principaux:

    1. alimenter à prix raisonnable la croissance économique américaine
    2. augmenter l’exportation d’énergie fossile incluant le charbon.
    3. réduire le déficit commercial

    L’atteinte de ces trois objectifs aura des conséquences stratégiques à long terme soit:

    • Maintenir le faible prix du pétrole sur les marchés mondiaux
    • Réduire d’une façon permanente les revenus que les pays islamiques et la Russie tirent du pétrole
    • Réduire les débouchés et l’effet de levier politique du pétrole produit par ces mêmes pays
    • Affaiblir l’OPEP et l’obliger à se saborder
    • Permettre à l’Europe et au Japon de diversifier leurs sources d’énergie
    • Forcer les pays islamiques exportateurs de pétrole à renoncer à leurs ambitions planétaires en ce qui concerne la diffusion de l’islam
    • Les amener à remettre en question le type de société patriarcal et tribal qui freine leur évolution vers la modernité
    • Contrôler autant que faire se peut le pétrole importé par la Chine

    Il est possible de déceler d’ores et déjà les fruits de cette politique de suprématie dans le champ de l’énergie.

    L’Arabie Saoudite a amorcé des réformes substantielles de sa politique économique et sociale, d’exportateur de l’idéologie islamique wahhabite elle affiche à présent sa volonté de promouvoir un islam ouvert et respectueux des autres religions.

    Consciente qu’elle ne pourra plus contrôler le marché du pétrole, elle se place volontiers dans le giron américain, non seulement pour assurer sa sécurité face à l’Iran, mais également pour préserver ses parts de marché. `

    Les monarchies pétrolières à l’exception du Qatar s’ajustent rapidement à la nouvelle donne; sur le marché de l’énergie elle ne détiennent plus le gros bout du bâton, partant leur intérêt leur dicte de se placer dans l’orbite économique américaine et de peser de tout leur poids afin de résoudre le problème israélo-palestinien.

    La montée en puissance de la Chine est l’un des facteurs déterminants dans le choix que font les monarchies pétrolières de se placer à l’ombre du géant américain.

     

    L’appétit immodéré de la Chine pour le pétrole et l’expansionnisme économique dont elle fait preuve en Asie et en Afrique, leur ont fait prendre conscience de leur vulnérabilité. Trump y voit une occasion à ne pas manquer, celle de leur accorder la protection de l’Amérique en échange de leur coopération dans le contrôle du marché du pétrole; le but visé étant de mettre un frein à l’expansion chinoise.

     

     

    La restauration de la suprématie militaire

    Les forces armées américaines ont été passablement éprouvées par seize ans de conflits en Afghanistan et en Irak.

    Mais c’est au niveau du moral des troupes que l’épreuve s’est avérée particulièrement pénible.

    Le défaut de définir des objectifs clairs et de permettre à l’armée de les atteindre sans interférence politique, a fait en sorte que les militaires ont développé le sentiment d’avoir été utilisés et sacrifiés pour des résultats dérisoires.

    Si l’on ajoute à cela des règles d’engagement absurdes qui augmentent le risque d’être tué ou blessé, on se retrouve avec des soldats profondément mécontents et démoralisés.

    Toutes les branches des forces armées américaines ont vu leurs effectifs et leur équipement réduits.

    Au sortir de huit ans d’Obama les États Unis conservaient malgré tout leur suprématie sur le plan stratégique, cependant la Chine et à un moindre degré la Russie comblaient rapidement leur retard.

    D’aucuns voient dans la Chine la future superpuissance qui supplantera une fois pour toutes l’Amérique, ils s’en trouvent même qui se réjouissent à l’idée qu’un État non démocratique et oppressif accède au rang de leader du monde et contrôle ainsi le destin de la planète.

    « La Paix par la puissance » tel est le mot d’ordre de Trump qui résume sa vision sur le plan militaire.

    La paix mondiale est tributaire de la puissance américaine, à l’inverse la faiblesse relative de l’Amérique est source d’incertitudes et accroît les risques de conflits.

    En tant que gendarme du globe l’Amérique joue un rôle ingrat mais nécessaire, c’est par la dissuasion plutôt que par l’usage des armes qu’elle assume cette lourde responsabilité.

    Pour bien remplir leur rôle les forces armées américaines doivent être abondamment pourvues d’effectifs et de matériel de qualité, mais elle doivent également se prévaloir d’une doctrine bien articulée et sans ambigüité: l’objectif qu’on veut atteindre doit être clairement défini, les moyens nécessaires doivent être disponibles et rien n’est acceptable en dehors de la victoire.

    Fini le temps où les décideurs politiques se permettent de gérer quotidiennement l’effort de guerre à la place des officiers sur le champ de bataille.

    Le président et son équipe désignent l’objectif et s’en remettent aux militaires professionnels pour accomplir la mission. `

    Fini également le temps où on défendait au soldat d’ouvrir le premier le feu sur l’ennemi, ou de lui tirer dessus s’il se trouve des civiles à proximité.

    La suprématie militaire de l’Amérique vise également des objectifs secondaires dans la mesure ou elle rend futile la course aux armements.

    Elle est la seule nation ayant la capacité de maintenir et de rehausser son statut de superpuissance militaire sans pour autant compromettre sa prospérité.

    Toutes les autres incluant la Chine doivent imposer des privations à leur population afin de développer leurs forces armées. Il ne leur sert donc à rien de s’épuiser économiquement à concurrencer l’Amérique, d’autant plus que le fait de consacrer une part importante de leurs ressources à équiper leurs armées risque de ruiner leur économie.

    C’est ainsi que la défunte URSS s’est effondrée en tentant de relever le défi que le président Reagan lui avait lancé en accélérant la course aux armements. Trump cherchera-t-il, en ce qui concerne la Chine, à répéter l’exploit de Reagan?

     

    La Chine ou comment rabaisser son caquet

    La Chine d’aujourd’hui est le rejeton de la mondialisation. Par un pacte non écrit l’Occident lui a permis de se développer à marches forcées et ce dans l’espoir d’assurer la paix et la prospérité mondiale.

    Cette politique de portes grandes ouvertes a considérablement avantagé l’économie chinoise, des décennies de croissance fulgurante lui ont permis de se hisser au-dessus du Japon et de l’Allemagne.

    L’Histoire de l’humanité ne connaît pas d’exemple similaire où des « empires » bien établis et surpuissants, tels que les États Unis et l’Europe occidentale, aient contribué à susciter un rival de puissance égale à la leur.

    L’Occident s’est infligé des dommages économiques et sociaux quasi irréversibles en permettant à la Chine de vampiriser des industries entières, réduisant au chômage et à la précarité des dizaines de millions d’ouvriers occidentaux.

    La Chine n’est pas l’unique bénéficiaire de ce transfert manufacturier, l’Inde et plusieurs pays d’Asie ont également sauté dans le train en marche.

     

    La mondialisation a eu des effets bénéfiques, elle a permis la production et la mise en marché de divers produits à prix avantageux, améliorant ainsi le pouvoir d’achat des consommateurs.

    Elle a donné un travail rémunérateur à des centaines de millions de femmes et d’hommes du tiers-monde qui autrement n’auraient pas pu améliorer leur sort.

    Mais elle est aussi responsable de l’émergence de fortunes colossales en dehors du contrôle des États, ceux qui les possèdent ou les contrôlent jouissent du pouvoir d’influencer les politiques économiques et sociales d’un grand nombre de pays, particulièrement en Occident.

    C’est ainsi que la mondialisation se nourrit d’elle-même et cherche sans cesse à s’étendre.

    Les détenteurs des grosses fortunes issues de la mondialisation sont devenus les alliés objectifs de la Chine et les promoteurs les plus ardents du libre échange et de l’ouverture des frontières.

    Leur pouvoir à présent dépasse celui des urnes, à tel point qu’il est devenu presqu’impossible à la volonté des peuples de s’imposer.

    Les leaders politiques qui s’écartent du chemin tracé ne font pas long feu dans l’arène politique, leur intégrité est aussitôt attaquée par la machine médiatique et jetée en pâture à leurs adversaires.

    Tel était le sort qu’on réservait à Trump et qu’il a su habilement conjurer en appelant au peuple, et en lui proposant un programme bien étayé de retour à la préférence nationale et à la prospérité.

    La victoire de Trump et l’adoption de sa politique économique qui comprend entre autres la réforme fiscale, constitue une défaite décisive pour les promoteurs de la mondialisation; mais il s’agit aussi d’une première défaite pour la Chine.

    D’autres devraient suivre qui auront pour effet de tracer des limites à ses ambitions démesurées.

    En effet Trump a l’intention d’appliquer des pénalités aux importateurs de produits fabriqués à partir de transferts technologiques, de vols de brevets et de secrets industriels américains.

    La gamme de produits est très large et ces mesures auront pour effet de les rendre non-concurrentiels sur le marché américain. Elles auront aussi pour effet de réduire le déficit commercial avec la Chine et de revitaliser l’industrie américaine en combattant la concurrence déloyale des chinois.

    Trump sait que la Chine favorise le secteur de l’exportation et s’empare de parts de marché de plus en plus grandes, afin d’assurer sa croissance économique et son statut de superpuissance.

    Il s’agit pour les leaders chinois d’une course contre la montre car la menace qui guette l’industrie chinoise dans le futur provient de l’automation.

    Grâce à elle il n’en coûtera pas plus cher de fabriquer des produits aux États Unis, l’avantage que procure une main d’œuvre bon marché n’aura donc plus d’effet.

    Tout le secteur chinois de l’exportation en sera affecté ce qui risque de provoquer de graves secousses économiques et sociales.

    Pour se prémunir contre cette éventualité les leaders chinois n’auront d’autres choix que de développer leur marché intérieur en stimulant la consommation et en redistribuant une part substantielle de la richesse accumulée.

    Les remous sociaux pourraient les contraindre à accorder davantage de droits et de libertés à leurs sujets et à mettre sur pied des programmes coûteux de sécurité sociale et d’assurance maladie qui réduiront d’autant le budget de la défense.

    La politique de préférence nationale mise en place par Trump a donc de bonnes chances de profiter indirectement au peuple chinois.

    Les leaders despotiques de la Chine ont pris pour de la faiblesse la politique occidentale des portes ouvertes. Ils ont abusé de la mondialisation et en ont profité pour étendre leur hégémonie et se hisser au rang de superpuissance.

    Trump est bien décidé de les freiner, en attendant il négocie avec eux des ententes qui visent à réduire le déficit commercial américain.

     

     

    Le cas de la Corée du Nord

    Kim Yong Un est un instrument ou plutôt un épouvantail entre les mains des leaders chinois, il sert à détourner l’attention de l’Occident des problèmes autrement plus sérieux posés par la montée en puissance de la Chine.

    Il sert également de monnaie d’échange peu onéreuse dans les tractations entre les chinois d’un bord et de l’autre les américains et leurs alliés japonais et sud-coréens.

    Le lien de dépendance qui lie la Corée du Nord à la Chine permet à cette dernière de contrôler sans trop de risques son imprévisible satellite.

    La Chine a permis à la Corée du Nord de développer des bombes nucléaires et des vecteurs capables de les livrer à destination.

    Son but: augmenter le niveau d’anxiété des japonais et des occidentaux pour les amener à faire des concessions, en échange de quoi elle leur promet de ramener Kim Yong Un à la raison sans toutefois le contraindre à abandonner son programme nucléaire.

    Trump s’est promis dès le début de son mandat à renverser la vapeur en retournant contre les chinois leur stratégie de négociation.

    À renard renard et demi, au lieu de se laisser intimider par Kim Yong Un il a brandi la menace d’un face à face nucléaire et a menacé de rayer la Corée du Nord de la carte, si elle ne mettait pas au rancart ses bombes et ses missiles.

    Cherchant à faire grimper davantage la tension il piqua au vif l’amour propre de son ennemi pour l’amener à répliquer, ce que ce dernier ne manqua pas de faire en haussant le ton et en testant de nouveaux missiles.

    Trump joua à fond la carte de l’imprévisibilité, il joignit le geste à la parole et ordonna de déplacer ses porte-avions et ses bombardiers nucléaires à proximité de la Corée du Nord, de grandes manœuvres regroupant plusieurs systèmes d’armes se sont déroulés non moins des côtes Nord-coréennes.

    Du coup les chinois ont commencé à s’inquiéter sérieusement et, pour faire baisser la tension, ils serrèrent la vis à Kim Yong Un en réduisant drastiquement les échanges commerciaux, le privant ainsi de la presque totalité de financement.

    Mais Trump ne s’est pas arrêté en si bon chemin, il fit plus, il encouragea les japonais et les sud-coréens à s’armer massivement et laissa entendre qu’il ne s’opposerait pas à la nucléarisation du Japon.

    Avec ce dernier point il toucha une corde sensible chez les chinois, en effet ses derniers n’ont pas oublié les atrocités commises par les japonais durant la seconde guerre mondiale; apprendre que leur ennemi d’hier pourrait ranimer son esprit militariste et les menacer d’un cataclysme nucléaire, est de nature à les rendre extrêmement nerveux.

    Trump n’a pas encore obtenu le démantèlement de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord, mais il a largement pavé le chemin qui le conduit au but recherché.

    D’ores et déjà la tension a baissé de plusieurs crans entre la Corée du Sud et son frère ennemi. Kim Yong Un a baissé pavillon, non sans s’être vanté d’avoir eu le dessus, en cela il rejoint la longue liste de tyrans qui ont organisé des défilés de victoire afin de masquer leurs défaites militaires. 

     

     

    L’impérialisme des mollahs d’Iran

    Il est utile de souligner l’opposition du peuple iranien à l’impérialisme de ses dirigeants.

    Les mollahs se trouvent à présent pris entre le marteau de l’ennemi extérieur et l’enclume de l’opposition.

    Incapables et certainement non désireux de battre en retraite, ils n’ont d’autre option que la fuite en avant, soit l’intensification de leur effort de guerre en Syrie et au Yémen et la répression des opposants.

    Trump a décidé de leur faire subir le supplice de la goutte d’eau. Tout en reconduisant l’accord nucléaire pour les trois prochains mois, il a sommé l’Iran et les européens de rouvrir cet accord pour y inclure des mesures de surveillance plus strictes et l’abandon définitif du programmes de missiles vecteurs d’ogives atomiques.

     

    Il a par la même occasion imposé des sanctions économiques à plusieurs personnalités importantes du régime, les empêchant d’effectuer des transactions sur les places financières mondiales.

    Les exigences de Trump ont peu de chances de trouver un écho favorable auprès des européens et encore moins de la part des mollahs, qu’à cela ne tienne Trump réimposera les sanctions économiques levées par Obama, elles affecteront l’exportation du pétrole iranien et provoqueront ainsi une crise financière à un moment où l’Iran est engagé militairement sur plusieurs fronts.

     

    Dans le climat insurrectionnel qui sévit en Iran ces sanctions pourraient s’avérer fatales pour le régime.

    Trump ne cherche pas à provoquer l’effondrement rapide de la mollahcratie de peur de provoquer l’implosion de l’État, avec les conséquences catastrophiques qui en résulteraient pour le peuple.

    Le but est d’affaiblir suffisamment le régime pour permettre à d’autres forces politiques de prendre le pouvoir.

     

     

    La chute éventuelle des mollahs aurat des conséquences sérieuses et étendues.

    Le régime d’Assad en Syrie en sera ébranlé mais pas au point de tomber, principalement à cause de l’appui des russes et de la volonté des américains d’assurer une transition pacifique et ordonnée du pouvoir à Damas.

    Mais le Hezbollah se retrouvera en fort mauvaise posture; coupé de ses ressources en armes et en argent il n’aura d’autres choix que de baisser pavillon et de s’entendre avec les autres formations libanaises sur un nouveau partage des pouvoirs.

    La menace qu’il fait peser sur Israël fondra comme neige au soleil.

    En Irak les chiites perdront la puissance tutélaire qui les soutient, ils devront faire des concessions en faveur des sunnites et se résoudre à accepter l’autonomie des kurdes.

    La position de ces derniers s’en trouvera renforcée en Syrie, en Irak et en Iran, mais pas au point de leur permettre de créer un État indépendant; cependant rien ne les empêchera d’accéder à une autonomie leur permettant de se gouverner sans interférence du gouvernement central.

    Les houthis au Yémen se retrouveront sans appui et devront battre en retraite face aux forces supérieures appuyées par l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes.

    Le Hamas pour sa part sera privé d’une partie de son financement et de son armement en missiles.

    Il n’est pas avisé de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il est possible que le régime des mollahs survive; l’Histoire nous dit qu’ils ne reculent devant rien pour se maintenir au pouvoir, réprimer la révolte dans un bain de sang est certainement à leur portée, il faut donc user de prudence et de réserve à chaque fois qu’on émet un pronostic.

     

    Trump et la dérive mondialiste de l’Europe

    À plus d’une occasion lors de ses discours de campagne, Trump s’est désolé du sort fait à l’Europe, provoquant du coup des réactions indignés de la part des politiciens européens.

     

    Les commentateurs des médias n’ont pas manqué de s’esclaffer en réaction à ses déclarations, sans se donner la peine de les réfuter.

    Personne ne pris vraiment aux sérieux le diagnostic accablant que Trump a posé, et comme on lui accordait très peu de chances de gagner, nul ne se préoccupa, même après sa victoire de connaître sa vision des choses et encore moins les éléments de sa future politique européenne.

    Il n’est sans doute pas exagéré, à la lecture des analyses et des éditoriaux rédigés par des commentateurs professionnels et des politologues, de parler à leur propos d’aveuglement volontaire, voire de blocage mental.

    On reste sur l’impression qu’ils s’évertuent, non seulement à discréditer le président des États Unis, mais à ne pas prendre acte de sa vision et encore moins de son plan stratégique concernant l’Europe.

     

    Il s’agit là d’une attitude suffisante, qui découle de leur refus de voir la réalité au présent et d’anticiper les désordres à venir.

    " L’Europe est la proie du mondialisme gauchisant et son trophée de chasse le plus précieux.

    Les européens, particulièrement à l’Ouest, ont été dépouillés de leur volonté, ils assistent impuissants à la destruction de leur mode de vie et du modèle de société qui les a vu naître.

    Le virus du mondialisme a presque détruit leur système immunitaire, les rendant incapables de résister à l’invasion qui les rendra bientôt étrangers et sans défense dans leurs propres pays."

     

    Pire, le matraquage médiatique et l’endoctrinement qu’ils subissent les ont amenés à admettre comme allant de soi l’effacement de leur identité et de leur culture.

    Le mondialisme a remporté une victoire éclatante contre le patriotisme et le sentiment d’appartenance nationale, il a réussi à rendre les européens honteux d’être ce qu’ils sont face à l’envahisseur qui les agresse.

    Mais il a eu également d’autres effets désastreux sur la psyché collective des européens, en les amenant à penser et à agir contre leurs intérêts les plus élémentaires, il les a mis sur le chemin qui mène au suicide.

    Trump n’est pas indifférent au sort de l’Europe, il croit profondément à la communauté de destin qui l’unit à l’autre rive de l’Atlantique.

    Il craint à juste titre que le déclin et la chute de l’Europe n’entraînent à leur suite les États Unis.

    En cela il suit les traces de Franklin D. Roosevelt et de Winston Churchill, qui ensemble ont jeté les bases de l’alliance Atlantique, durant les heures sombres de la seconde guerre mondiale, alors que la presque totalité de l’Europe se trouvait sous la botte de l’Allemagne nazie.

    Un nouveau totalitarisme s’est emparé de l’Europe, certes il ne fait pas usage de la force physique, mais il contamine, manipule et terrorise les esprits, il ne tue pas le corps mais il tue moralement et socialement ceux qui lui résistent.

    Pour Trump il est impérieux de sauver l’Europe fut-ce d’elle-même, et pour y parvenir il y a lieu de ranimer la fierté, le patriotisme et l’instinct de conservation dans le cœur des européens.

    De passage à Varsovie le discours qu’il a donné ne recèle aucune ambigüité quant à sa volonté de lutter pour le salut de l’Europe:

    « Les américains, les Polonais et les nations de l’Europe valorisent leur liberté et leur souveraineté.

    Nous devons travailler ensemble pour faire face aux forces menaçantes, celles du dedans comme celles de l’extérieur, elles cherchent avec le temps à saper nos valeurs et défaire nos attaches à la culture, à la foi et aux traditions, lesquelles ont fait de nous ce que nous sommes.

    Si nous laissons faire, ces forces mineront notre courage, saperont notre esprit et affaibliront notre volonté de nous défendre individuellement et de défendre nos sociétés. »

     

    Et plus loin il posa cette question qu’aucun autre homme politique n’a osé aborder:

    «La question fondamentale qui se pose en notre temps est celle-ci: l’Occident a-t-il la volonté de survivre?

    Avons-nous suffisamment confiance en nos valeurs pour les défendre quel qu’en soit le prix?

    Avons-nous assez de respect pour nos citoyens pour protéger nos frontières?

    Avons-nous le désir et le courage de préserver notre civilisation face à ceux qui voudraient la subvertir et la détruire? »

     

    Trump se garde de courir deux lièvres à la fois, pour lui le redressement de l’Amérique est prioritaire, sans lui le sauvetage de l’Europe et de la civilisation occidentale ne se fera pas.

     

    Mais en attendant il aide à renforcer la résistance des européens dans les pays où elle s’exprime avec force et conviction.

    Le groupe de Visegrád composé par la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie oppose un front commun face à la Chancelière d’Allemagne et aux diktats des technocrates de l’Union Européenne.

     

    L’Autriche de son côté vient d’élire des hommes politiques soucieux de la préservation de sa culture et de la protection de ses frontières.

    Avec le retrait de l’Angleterre et la forte résistance du groupe de Visegrád et de l’Autriche, les tireurs de ficelles du mondialisme ont de quoi s’inquiéter, c’est pourquoi ils ne ménagent pas leurs menaces et font tout pour que les autres membres de l’Union ne soient pas tentés de les imiter.

     

    C’est aussi en traçant le chemin que Trump encourage les européens à secouer le joug du mondialisme et de la gauche.

    L’exemple d’une Amérique prospère, jouissant du plein emploi, libérée de l’immigration illégale et du carcan des organismes supranationaux, a de quoi faire réfléchir les européens qui souffrent et qui assistent impuissants à l’invasion programmée de leur territoire et à la mutilation de leur paysage socioculturel.

     

    On comprend mieux pourquoi les médias européens sont unanimes à honnir Trump et à le diaboliser, il est un danger mortel pour le mondialisme et son projet monstrueux.

    Mais la cabale médiatique dirigée contre Trump sera impuissante à occulter ses réalisations, déjà la hausse en flèche des indices boursiers et le rapatriement aux États Unis de centaines de milliards de dollars de bénéfices opéré par les géants informatiques, ont de quoi interpeller le public, le plein emploi et l’autosuffisance énergétique également.

     

    Dans peu de temps on assistera à un véritable exode de jeunes européens, qu’attirera une Amérique débarrassée de la grisaille et de la médiocrité de l’ère Obama.

    Ces départs vers la « terre promise » seront autant de votes de non confiance envers le mondialisme et un pied-de-nez à l’adresse des médias.

     

    Trump, Poutine et l’équilibre des forces

    Il existe une Russie qui n’a pas encore digéré la chute de l’URSS, c’est elle qui a mis Poutine au Kremlin et qui l’y maintient.

    Cette Russie nostalgique n’a aucune idéologie à promouvoir, mais elle se souvient du temps où elle mettait l’Occident sur la défensive et attirait les regards sinon la sympathie de nombreux pays du tiers monde.

    Cette Russie blessée dans son amour propre et qui peine à se hisser au rang de puissance économique, ne rate pas une occasion pour rappeler sa présence et faire parler d’elle.

    Dirigée de main de fer par Vladimir Poutine, elle cherche, sinon à récupérer, du moins à attirer dans son orbite les anciennes républiques soviétiques devenues indépendantes après l’effondrement de l’URSS.

     

    La Russie de Poutine n’a presque plus de « soft power », elle ne se distingue ni par son pouvoir économique ni par son rayonnement scientifique et intellectuel.

    Il lui reste certes de beaux vestiges de son passé tsariste et soviétique, mais peu de réalisations récentes qui suscitent l’admiration.

    Faute d’impressionner par son succès, elle doit faire usage de sa force pour signaler sa présence.

    La Tchétchénie, la Géorgie, l’Ukraine, la Crimée et la Syrie sont autant de champs de bataille où le génie stratégique de Poutine s’est déployé.

    En dépit de ses succès militaires et de ses visées impérialistes, la Russie de Poutine n’a pas encore trouvé sa voie, coincée entre son lourd passé et un avenir incertain.

     

    À l’égard de l’Amérique Poutine fait preuve d’ambivalence, certes le passage d’Obama lui a fourni nombre d’occasions de lui faire échec.

    Mais « à vaincre sans périls on triomphe sans gloire » et Poutine n’a pas trouvé en la personne d’Obama un adversaire à sa mesure.

     

    D’autre part l’islamophilie d’Obama et son mépris des américains suscitaient sa méfiance, en effet commun s’allier à un président qui voit l’Amérique avec les yeux de ses ennemis?

    C’est clair pour Poutine l’absence de patriotisme, même chez un adversaire, interdit l’idée même d’alliance.

    Cela explique aussi pourquoi il a exprimé publiquement son estime pour Trump durant la campagne électorale de 2016.

    Mais l’élection de Trump n’a pas pour autant produit une amélioration des relations entre les deux pays; de part et d’autres des obstacles se sont dressés, tant en politique intérieure qu’en politique étrangère: avant de quitter Obama avait copieusement miné le terrain, en expulsant plusieurs diplomates russes et en laissant filtrer un faux dossier, monté de toutes pièces par le FBI et le parti démocrate, suggérant une possible collusion de l’équipe électorale de Trump avec la Russie.

     

    Mais les nuages finiront un jour par se dissiper et Poutine sera obligé de faire un choix: renoncer à ses visées impérialistes et faire alliance avec Trump pour contrebalancer la Chine, ou bien poursuivre sa politique hégémoniste et se retrouver sans allié face au voisin chinois.

    Mais serait-on étonné d’apprendre que Trump de son côté a besoin de Poutine pour équilibrer les forces avec la Chine ?

    Les réalités de la géopolitique sont têtues et incontournables, la Russie et l’Amérique ont des intérêts vitaux communs qui les conduiront à imposer des limites à l’expansionnisme chinois.

    Pour le moment les deux adversaires se guettent et se jaugent. Poutine veut s’assurer de la capacité de Trump à concevoir une politique sensée et à l’appliquer, et il cherche en même temps à le tester pour éprouver sa détermination.

    C’est sur le théâtre syrien qu’il est loisible à Poutine et à Trump de s’éprouver l’un l’autre.

    `Il ne se passera donc pas beaucoup de temps avant que chacun des adversaires ne s’assure de la solidité et de la fiabilité de son vis-à-vis.

    Trump et Poutine auront l’occasion de négocier ferme.

     

    Poutine sait que Trump a des atouts dans sa manche, lui-même se garde de découvrir son jeu.

    Les négociations porteront sur la sécurité en Europe orientale, en effet la Pologne, l’Ukraine et les pays baltes sont menacés par la Russie; elles porteront aussi sur les sanctions économiques imposées à la Russie suite à son occupation de la Crimée et son incursion militaire au-delà de sa frontière avec l’Ukraine.

     

    Mais il y a d’autres éléments qui pèseront dans la balance, il s’agit des parts de marché qui seront consentis au pétrole et au gaz naturel russes.

    Trump mettra à profit le contrôle que l’Amérique exerce déjà sur le marché du pétrole pour amener Poutine à faire des concessions.

    Trump offrira donc à Poutine la prospérité en échange de la sécurité en Europe, et il n’y a pas de raison fondamentale qui pourrait empêcher Poutine de conclure un accord sur ces bases.

    L’offre de Trump si elle est acceptée permettra à la Russie de tourner la page de son passé soviétique.

    Accéder à la normalité, même sous un régime autoritaire, est de nature à libérer les énergies du peuple russe et lui donner l’occasion d’exceller et de contribuer au sauvetage de la civilisation occidentale.

    Mais la contribution de la Russie pourrait aller encore plus loin: pour avoir fait revivre leur foi chrétienne après soixante-dix ans de persécutions et d’athéisme imposé par l’État, les russes se présentent comme un exemple vivant de la résilience du christianisme et de la pérennité de ses valeurs.

    À notre époque caractérisée par la confusion, l’inversion des valeurs et la misère spirituelle, le renouveau spirituel russe ne peut faire autrement que nous interpeller.

     

     

    Conclusion

    Avec Trump au pouvoir deux courants puissants s’opposent: le mondialisme et le nationalisme renaissant.

    La donne a changé, la mondialisation et l’idéologie qui la soutient font à présent face à des vents contraires qui risquent fort de les faire chavirer.

    Le combat de titans est en cours et Trump, en tant que champion du nationalisme, a pris l’initiative et n’a pas l’intention de la laisser tomber.

    Ses objectifs stratégiques sont clairement définis et il a en main des moyens puissants.

    L’issue du combat est encore incertaine, mais tout indique qu’il a de bonnes chances de gagner.

    **************************************************************************

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    Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a choisi de passer par dessus la tête des gouvernements, pour s’adresser directement aux citoyens de toutes les nations du monde.

    Peu de commentateurs professionnels l’ont relevé, mais, à cette occasion, le président américain a changé totalement la donne.

    Son message est on ne peut plus limpide: tant qu’il sera au pouvoir, il tiendra compte, dans ses rapports avec les autres pays, non des intérêts défendus par leurs élites dirigeantes, mais de l’intérêt des nations elles-mêmes.

    Il est dans l’ordre des choses que Trump s’engage dans cette voie, car c’est de cette façon qu’il a réussi à convaincre suffisamment de citoyens pour se faire élire, malgré l’opposition unanime des médias, des grandes corporations, des élites académiques, de l’appareil de l’État fédéral et des partis politiques incluant le sien.

     

    Un exploit inégalé dans l’Histoire, que les médias d’un peu partout se sont évertués à occulter.

    Candidat du peuple, élu par le peuple, Trump a dit et répété à diverses occasions, qu’il n’a pas été élu pour prendre le pouvoir, mais pour rendre le pouvoir au peuple.

    Le cynisme né de décennies de manipulations et de mensonges n’a vu dans cette phrase remarquable qu’un exercice de rhétorique futile, propre à flatter ses partisans.

    Mais chez Trump l’entrepreneur pragmatique a longtemps caché le patriote, le vrai, c’est-à-dire l’homme prêt à s’exposer aux attaques les plus viles et sacrifier son bonheur personnel, non seulement pour remettre son pays sur la bonne voie, mais pour redonner à la démocratie tout son sens.

    «J’ai été élu non pour prendre le pouvoir mais pour redonner le pouvoir au peuple!»

     

    Cette belle phrase Trump l’a repris dans son discours. Il a évoqué par la même occasion les trois premiers mots de la constitution américaine: «We the People», «Nous le Peuple».

    Ce rappel qui n’a pas résonné dans l’esprit de ceux qui ont des oreilles mais n’entendent pas, est destiné, non seulement au peuple américain, mais à tous les peuples de la terre, pour leur rappeler que ce sont eux la source de la légitimité, et que c’est leur volonté et intérêts qui doivent animer leurs gouvernements:

    «Tous les leaders ayant le sens des responsabilités ont l’obligation de servir leurs propres citoyens.

    L’État-nation demeure le meilleur instrument pour élever la condition humaine.»

    Trump a une conscience aigüe de la misère démocratique des peuples européens

     

    Ce message, que d’aucuns qualifieraient de subliminal, s’adresse particulièrement aux nations de l’Europe occidentale, dont la volonté est désormais battue en brèche.

    Trump a une conscience aiguë de la misère démocratique des peuples européens; lui qui, non encore élu, a prédit et applaudi au Brexit, et n’a pas caché son souhait, de voir d’autres nations marcher sur les traces de l’Angleterre.

    Cette volonté des peuples et leur bien-être, Trump a choisi d’en faire le thème central de son discours.

    L’isolationnisme dont on l’affublait est aussi vide de sens que son supposé manque de subtilité.

     

    Son slogan de campagne America First (l’Amérique d’abord) a été intentionnellement déformé par les médias pour signifier America alone (l’Amérique toute seule ou l’Amérique isolée).

    Ce slogan Trump l’a repris au cours de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, mais pour le partager avec toutes les nations: l’Amérique d’abord, cela veut dire aussi que chaque

    gouvernement est dans son droit et dans son rôle, quand il accorde la priorité aux intérêts de sa nation.

    Du coup il dénonce les accords multilatéraux:

    «Pour très longtemps, le peuple américain s’est fait dire que les gigantesques accords commerciaux multinationaux, les tribunaux internationaux sans imputabilité, les puissantes bureaucraties mondiales étaient le meilleur moyen pour promouvoir son succès.

    Mais à mesure que ces promesses s’écoulaient, des millions d’emplois disparaissaient et des milliers d’usines fermaient leurs portes.»

     

    Sa dénonciation vise par le fait même les grands ensembles comme l’Union Européenne, qui dépouillent les États-nations de leur souveraineté et ignorent la volonté des peuples.

    Dans une critique à peine voilée de l’idéologie mondialiste et de la gauche multiculturaliste, Trump rappelle les bases sur lesquels l’ONU a été fondée:

    « Le succès de l’ONU est lié à la force et à l’indépendance de ses membres.

    Pour surmonter les périls du présent et réaliser les promesses du futur, nous devonsrevenir à la sagesse du passé.»

     

    Cette sagesse dont parle Trump est liée au respect des différences entre nations, c’est sur cette base qu’elles peuvent travailler ensemble et non sur la base d’une union artificielle qui les réduit à l’impuissance.

    Sans le dire explicitement il rejette l’idée chère aux mondialistes et aux multiculturalistes, de créer des entités post-nationales, en altérant profondément la culture des pays d’accueil, comme en Europe occidentale et au Canada:

    «Les puissantes nations souveraines laissent à leurs peuples le soin de s’approprier leur futur et contrôler leur destinée.

    Elles permettent aux individus de s’épanouir dans la plénitude de la vie selon le plan de Dieu.»

     

     Selon le plan de Dieu mais non celui des apprentis sorciers du mondialisme et de la gauche multiculturaliste.

    Et À ceux qui dénoncent l’impérialisme culturel américain il réplique:

    «En Amérique nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie à qui que ce soit, mais plutôt à lui permettre de briller en tant qu’exemple à tout un chacun.»

     

    Trump a dénoncé les forces à l’œuvre, qui sapent le système démocratique et les alliances, qui depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont permis au monde occidental de prospérer et de vivre dans la paix.

    Soixante-dix années sans conflit majeur en Europe sont le fruit d’un effort concerté dans lequel le plan Marshall a joué un rôle de premier plan.

    Il était alors admis que des nations souveraines, prospères, pacifiques et démocratiques allaient constituer la meilleure garantie de paix et de sécurité pour tous.

    Culturellement fortes et fières de leur identité, elles ne pouvaient imaginer qu’elles seraient un jour diluées dans un ensemble informe et sans âme, où des technocrates non-élus, inamovibles et surpuissants, organiseraient leur présent et décideraient de leur avenir.

    Adossées à leur Histoire multiséculaire, ces nations affichaient joyeusement leur confiance dans le futur et ne s’abstenaient pas de faire des enfants.

    Que deviendrait l’Occident sans les nations européennes dans vingt ou trente ans?

    Imperméable aux idéologies et gardant fermement les deux pieds sur terre, Trump a pris acte du mal sournois qui ronge l’Europe depuis quatre décennies.

    Que deviendrait l’Occident sans les nations européennes dans vingt ou trente ans?

    L’Amérique ne risque-t-elle pas de contracter la même maladie?

    Et qu’en est-il de la communauté de destin, celle-là même qui a poussé l’Amérique à voler au secours de l’Europe, deux fois dans la même génération?

     

    Est-il raisonnable de la laisser sur cette pente descendante qui la mène au suicide?

    N’est-il pas temps de tirer la sonnette d’alarme quitte à contrarier les élites qui président à son déclin?

    Les dangers qui menacent l’Occident et le reste du monde imposent de faire un choix:

    «Cela ne dépend que de nous, ou nous élevons le monde à de nouveaux sommets, ou nous le laissons chuter dans l’abîme sans espoir de retour.»

    Ce choix équivaut à une sévère mise en garde, le temps ne se prête plus au relativisme ni aux atermoiements, il y a lieu d’agir, mais au préalable les conditions gagnantes doivent être réunies:

    «Notre succès repose sur la coalition de nations fortes et indépendantes qui s’accrochent à leur souveraineté, pour mettre de l’avant la sécurité, la prospérité et la paix pour elles-mêmes et pour le monde.

    Nous ne prétendons pas que des pays divers doivent partager les mêmes cultures et traditions, ou le même système de gouvernement, mais nous nous attendons à ce que toutes les nations s’acquittent d’un double devoir souverain, soit le respect dû aux intérêts de leur propre peuple et celui dû aux droits de chacune des nations souveraines».

     

    Cette vision de la coopération internationale s’oppose à celle de l’Union Européenne et du mondialisme qui l’inspire.

    De son siège à Bruxelles, l’UE prétend parler au nom des États qui la composent, c’est-à-dire de pays dépouillés de leurs frontières et d’une part non négligeable de leur souveraineté.

     

    En tant qu’entité politique sans assises populaires, elle n’est pas représentative et ne peut être par conséquent une alliée crédible. Géante économique sans objectifs stratégiques, pauvre de surcroît en moyens militaires, elle s’applique à grignoter, miette par miette, la souveraineté de ses membres, sans se donner pour autant le statut de superpuissance.

    Abdiquant toute résistance face au mondialisme et au chantage islamique, elle a permis l’afflux de millions de migrants clandestins, dont une forte proportion est hostile et violente.

    Les nations européennes se voient imposer des quotas de migrants sans cesse plus nombreux et plus déterminés à enfoncer le ventre mou du vieux continent.

    Trump veut donner l’exemple, il n’a que faire des diktats de la mondialisation, qui au nom de «l’intérêt général» limite la liberté d’action des États et leur impose une forme de tutelle:

    «Aussi longtemps que j’occuperai ma fonction, je défendrai par-dessus tout les intérêts de l’Amérique…»

     

    Les nations du monde n’ont qu’à agir de même, elles n’ont pas besoin d’organismes supranationaux pour discuter entre elles.

    À condition de garder l’œil sur le long terme, on ménage mieux l’intérêt de sa nation en privilégiant les négociations bilatérales:

    « …mais en nous acquittant de nos obligations envers nos nations, nous réalisons en même temps qu’il y va de l’intérêt de chacune d’œuvrer pour un futur où toutes les nations peuvent être souveraines, prospères et en sécurité.»

    On ne peut courir deux lièvres à la fois: servir les citoyens de son pays et leur imposer des changements dont ils ne veulent pas

    Il y va de l’intérêt de chaque nation de prendre en considération les aspirations et les intérêts de ses partenaires.

    L’art de conclure les affaires (the art of the deal) ne peut se passer de la règle d’or.

    On ne peut courir deux lièvres à la fois: servir les citoyens de son pays et leur imposer des changements dont ils ne veulent pas.

    Sans les nommer Trump apostrophe les leaders européens et à leur tête Angela Merkel:

    «Si nous désirons élever nos citoyens, si nous aspirons à l’approbation de l’Histoire, alors nous devons nous acquitter de nos devoirs souverains, envers le peuple que nous représentons fidèlement.

    Nous devons protéger nos nations, leurs intérêts et leur futur…

    Nous devons soutenir le respect de la loi, le respect des frontières, le respect de la culture et la participation dans les activités pacifiques qu’ils autorisent.»

     

    Couper l’herbe sous le pied du mondialisme et des élites qui lui sont inféodées implique de réfuter leurs arguments fallacieux à l’effet qu’il est du devoir moral des pays avancés, de se laisser envahir par les millions de migrants qui frappent à leur porte. En ce qui concerne les réfugiés le simple bon sens doit dicter la conduite:

    «Nous préconisons pour la réinstallation des réfugiés, une approche conçue pour secourir ces gens qui ont subi un traitement horrible, et permettre leur retour éventuel à leur pays, afin de participer à sa reconstruction.

    Pour le coût de la réinstallation d’un seul réfugié aux États-Unis, nous pouvons fournir de l’assistance à dix d’entre eux dans la région où ils se trouvent.»

    Trump sait que la crise des réfugiés et des migrants est artificielle, elle a été orchestrée par les ennemis de l’Occident chrétien

    Trump sait que la crise des réfugiés et des migrants est artificielle, elle a été orchestrée par les ennemis de l’Occident chrétien. Leur but, assener à la civilisation occidentale un coup dont elle ne pourra se relever.

    En homme pragmatique il choisit de trouver des solutions et ne perd pas son temps dans des polémiques stériles:

    « …nous adhérons aux récentes ententes conclues dans le cadre de la rencontre des nations du G20, qui consistent à héberger les réfugiés aussi près que possible de leur pays d’origine.

    Il s’agit là d’une approche sûre, responsable et humaine.»

    Et pour clouer le bec une fois pour toutes aux «humanitaires» de service, Trump a recours au gros bon sens:

    «Des décennies durant les États-Unis ont fait face aux défis de l’immigration ici dans l’hémisphère occidental.

    L’expérience nous a appris que sur le long terme, l’immigration incontrôlée est profondément injuste à l’égard, et des pays d’origine et des pays d’accueil.

    Pour les pays d’origine, elle réduit l’urgence de procéder aux réformes politiques et économiques nécessaires, et elle draine le capital humain qui doit motiver et mener ces réformes à bien.

    Pour les pays d’accueil, les coûts prohibitifs de l’immigration incontrôlée sont en grande partie à la charge des citoyens à faible revenu, dont les préoccupations sont bien souvent ignorées par les médias et le gouvernement.»

     

    Diplomatie oblige, Trump s’est abstenu d’évoquer les effets délétères de l’afflux de millions de migrants illégaux en Europe.

    Lors de la campagne électorale, il en avait abondamment parlé, et s’était publiquement désolé de la situation navrante de la France, de l’Allemagne et de la Suède; ses réflexions à «haute voix» avaient provoqué l’ire des leaders de ces trois pays.

    À présent qu’il détient le pouvoir exécutif de la nation la plus puissante de la planète, il n’a pas besoin de passer ce type de message à travers les médias.

    Sa façon de penser il l’exprime directement dans les rencontres au sommet, non pour contrarier ses partenaires, mais pour les amener à admettre que l’insécurité que produit leur politique migratoire, risque de s’étendre un jour à l’Amérique, et qu’il serait regrettable s’il fallait que les services de sécurité américaine, en viennent à classer l’Europe parmi les zones dangereuses.

    Plus près de l’Amérique, la misère, la répression et les atteintes aux droits humains que le marxisme cause partout où il s’installe sont nulle part plus évidentes qu’à Cuba et au Venezuela.

    Les souffrances de leurs peuples ne laissent pas Trump indifférent. Au Venezuela le risque de crise humanitaire s’accroît et cela pourrait amener les États-Unis à intervenir:

    «Les nations du monde doivent jouer un rôle plus important dans la promotion de sociétés prospères et sûres dans leur propre région…

    Les Vénézuéliens sont affamés et leur pays s’effondre.

    Leurs institutions démocratiques sont en voie de destruction.

    La situation est totalement inacceptable, et nous ne pouvons pas rester là à regarder. »

     

    Trump cherche à faire d’une pierre deux coups: accélérer la chute du socialisme en Amérique latine et affaiblir par la même occasion la gauche dans son pays.

    Dans la péroraison de son discours, le président américain est revenu sur son thème central, l’État-nation:

    «Si nous voulons saisir les opportunités du futur et surmonter ensemble les présents dangers, alors il n’y a pas de substitut aux nations fortes, souveraines et indépendantes, des nations ancrées dans l’Histoire et investie dans la poursuite de leur destin… des nations qui comptent des hommes et des femmes prêts au sacrifice pour leur pays, leurs compatriotes et pour tout ce que l’esprit humain produit de meilleur.

    En nous remémorant les grandes victoires qui ont permis la fondation de l’ONU, nous ne devons jamais oublier que les héros qui se sont battus contre le mal se sont battus aussi pour les nations qu’ils aimaient.

    Le patriotisme a amené les Polonais à mourir pour sauver la Pologne, les Français à se battre pour une France libre et les Britanniques à se tenir debout pour la Grande-Bretagne.

    Aujourd’hui, si nous n’investissons pas nos personnes, nos cœurs, nos esprits et nos nations, si nous ne créons pas des familles unies, des communautés sûres et des sociétés saines pour nous-mêmes, personne ne le fera pour nous.

    Alors que cette mission soit la nôtre et que ce message soit adressé au monde entier.

    Nous nous battrons ensemble, nous nous sacrifierons ensemble, et nous nous tiendrons debout ensemble pour la paix, pour la liberté, pour la justice, pour la famille, pour l’humanité et pour Dieu tout puissant qui nous a fait tous…»

     

     

    Conclusion

    Le projet de Trump se résume en quelques mots: la renaissance des nations en tant que joueurs clés sur la scène mondiale

    Trump a traité de bien d’autres sujets dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU: la Corée du Nord, l’Iran, le Moyen-Orient, le terrorisme islamique, la réforme des institutions onusiennes, etc.

    C’est d’ailleurs tout ce que la majorité des commentateurs ont retenu, sans doute parce qu’ils considèrent que l’État-nation est chose du passé qui ne mérite pas qu’on s’y attarde.

    Ce faisant ils ont manqué l’essentiel, à savoir le projet politique que Trump veut mettre de l’avant.

    Ce projet est ambitieux et il va bien au-delà des frontières des États-Unis; il se résume en quelques mots: la renaissance des nations en tant que joueurs clés sur la scène mondiale.

    À moins d’un réveil et d’un sursaut d’énergie, les nations occidentales continueront de s’étioler et finiront par disparaître. Pour l’humanité et pour la civilisation, ce sera une perte irréparable et une catastrophe sans précédent.

    C’est pourquoi Trump usera de tout son pouvoir et de tous les leviers disponibles, pour faire échec au mondialisme destructeur des identités.

    L’islam politique allié du mondialisme et de la gauche est aussi dans sa mire; le combat de Titans se prépare et Trump a tiré la première salve.

    Nous sommes dans l’attente de la suite, non comme spectateurs impuissants mais comme participants au sauvetage de la civilisation la plus achevée et la plus humaine depuis que le monde est monde.

    Cette civilisation judéo-chrétienne qui est la nôtre et dont nous sommes si fiers, nous a été confiée en dépôt, nous avons le devoir de la préserver et de la transmettre intacte à nos descendants.

     

     

    SOURCE : Reproduction autorisée avec la mention suivante :

    © Hélios d’Alexandrie pour Dreuz.info.

     

    helios-55


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    « Explosif », « choquant », « alarmant »…


    … le rapport de la FISA va secouer Washington DC et « va achever l’enquête de Mueller »


    Par Tyler Durden – Le 18 janvier 2018 –

    Source Zero Hedge

    L’enfer se déchaîne sur Washington D. C. après qu’un mémo de quatre pages détaillant les abus commis par les tribunaux de la FISA [la loi dite Foreign Intelligence Surveillance Act, NdT] a été mis à la disposition de tous les députés de la Chambre des représentants, ce jeudi.

    Selon la journaliste Sara Carter, le contenu du mémo est si explosif qu’il pourrait mener à la destitution de hauts fonctionnaires du FBI et du ministère de la Justice et mettre fin à l’enquête menée par Robert Mueller.

     

    Les sources affirment que ce rapport est « explosif » et déclarent qu’elles ne seraient pas étonnées si cela menait à la fin de l’enquête de Robert Mueller sur le président Trump et ses associés. –

    Sara Carter

     

     

    Une source proche de l’affaire a révélé à Fox News que « ce mémo détaille le travail d’audit du Comité du renseignement sur le FBI et le ministère de la Justice, y compris la controverse sur les fuites concernant la surveillance de la FISA ».

     

    Si l’on se fie à l’avis éclairé de tous ceux qui y ont prêté attention depuis un an, il est évident que le rapport révèle de nombreux abus de pouvoir et une collusion hautement illégale entre l’administration Obama, le FBI, le ministère de la Justice et le Comité de campagne de Clinton, tous contre Donald Trump et son équipe pendant et après l’élection présidentielle de 2016.

    Les législateurs qui ont vu le mémo appellent à sa publication immédiate, tandis que des mots comme « explosif », « choquant », « troublant »et « alarmant » ont tous été spontanément utilisés. Un membre du Congrès a même comparé les détails du rapport à l’activité du KGB en Russie. Jim Jordan, représentant républicain de l’Ohio, a déclaré à Fox News :

    « C’est tellement alarmant que le peuple américain doit voir cela. C’est troublant. C’est choquant » a déclaré Mark Meadows, représentant républicain de la Caroline du Nord. « Une partie de moi souhaite ne pas l’avoir lu parce que je ne peux pas croire que ce genre de choses puisse se produire dans ce pays, où je suis chez moi et que j’aime tant. »

     

    Le représentant républicain Peter King, a présenté une motion, ce jeudi, pour que le rapport établi par la majorité républicaine soit mis à la disposition des membres.

     « Le document montre une troublante ligne de conduite et nous devons rendre ce document visible au public » a déclaré un haut fonctionnaire du gouvernement, qui s’est exprimé à la condition que son anonymat soit respecté en raison de la sensibilité du document. « Une fois que le public le verra, nous pourrons tenir les personnes impliquées responsables, à plusieurs niveaux. »

    Le représentant du gouvernement a déclaré qu’après avoir lu le document il considère que « certaines de ces personnes ne devraient plus faire partie du gouvernement ». – Sara Carter

     

    Lee Zeldin @RepLeeZeldin

    #ReleaseTheMemo #FISAMemo & TOUS les documents pertinents qui s’y trouvent doivent être rendus public immédiatement. Tous les Américains doivent savoir la vérité !

    Nous ne révélerons pas de source et de méthode non autorisée ; seulement les mauvaises sources et les mauvaise méthodes sur lesquelles les fédéraux se sont appuyés.

     

    9 h 28 – 19 janv. 2018

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    Josh Caplan @joshdcaplan

    Le représentant républicain Jim Jordan hoche la tête d’un « Oui » avant de concéder qu’il ne peut pas parler des détails quand Sean Hannity demande si Comey connaissait les abus de la FISA. #ReleaseTheMemo

    14 h 58 – 19 janvier 2018

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    Lee Zeldin @RepLeeZeldin

    Je viens de lire le document classifié doc @HPSCI sur l’abus par la FISA. J’en appelle à sa diffusion publique immédiate avec les sources pertinentes. Le public doit y avoir accès dès que possible ! Transparence

     Lee Zeldin @RepLeeZeldin

    La publication de cette information classifiée ne compromet pas les sources et les méthodes. Elle révèle la dépendance du gouvernement fédéral à l’égard de mauvaises sources et de mauvaises méthodes.

    5 h 28 – 19 janv. 2018

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    Ron DeSantis @RepDeSantis

    Le rapport classifié compilé par le comité de la Chambre est profondément troublant et soulève de sérieuses questions sur le haut de l’échelle du ministère de la Justice d’Obama et du FBI de Comey, en relation avec l’enquête sur la soi-disant collusion.

    4 h 10 – 19 janvier 2018

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     Ron DeSantis @RepDeSantis

    Répondre à @RepDeSantis

    Bien que le rapport soit classé « top secret » je crois que le comité spécial devrait, conformément aux règles de la Chambre, voter pour que le rapport soit rendu public le plus rapidement possible.

    C’est une question d’importance nationale et le peuple américain mérite la vérité.

    4 h 10 – 19 janvier 2018

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    Le représentant républicain de Floride, Matt Gaetz, s’est fait l’écho de Sara Carter en disant que des gens pourraient perdre leur emploi si le mémo était publié :

    « Je crois que sa publication entrainera des changements majeurs dans les personnes qui travaillent actuellement au FBI et au ministère de la Justice » a-t-il déclaré, faisant référence aux fonctionnaires du ministère de la Justice Rod Rosenstein et Bruce Ohr.

    Rod Rosenstein

    Pendant ce temps, le républicain Matt Gatetz a déclaré que non seulement la publication de ce mémo provoquera des licenciements au ministère de la Justice, mais aussi que « certaines personnes iront en prison ».

     

    Ryan Saavedra @RealSaavedra

    Le républicain Matt Gaetz (R-FL) au sujet de mémo de la FISA : « Je pense que cela ne se terminera pas seulement par des licenciements, je crois qu’il y a des gens qui iront en prison ! » #ReleaseTheMemo

    13 h 45 – 19 janvier 2018

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    L’ancien agent des services secrets Dan Bongino dit : « Amenez-les au coffre, les documents du FBI/FISA sont dévastateurs pour les Démocrates. »

     

    Dan Bongino @dbongino

    Les documents du FBI et de la FISA sont dévastateurs pour les démocrates.

    Toute l’image d’un bienveillant Barack Obama qu’ils ont tenté de dépeindre de façon malhonnête est sur le point d’être détruite.

    Le vrai Obama, le narcissique vengeur, va être exposé à la vue de tous.

     

    7 h 24 – 19 janv. 2018

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    Dan Bongino @dbongino

    Mes sincères excuses pour les mots crus mais IL VA Y AVOIR DE LA MERDE PARTOUT.

    L’ancien gouvernement Obama va avoir beaucoup d’explications à donner. #Obamagate #

    8 h 16 – 19 janv. 2018

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    Selon un article publié ce mois-ci, le dossier a été utilisé en partie comme preuve pour obtenir un mandat d’arrêt contre certains membres de la campagne Trump.

    L’ancien espion britannique Christopher Steele, qui a compilé le dossier en 2016, a été engagé par l’entreprise Fusion GPS, actuellement en difficulté. Son fondateur est Glenn Simpson, un ancien journaliste du Wall Street Journal qui a déjà témoigné devant le Congrès au sujet du dossier.

    En octobre, le Washington Post révélait en avant-première que c’était le bureau de campagne d’Hillary Clinton et le Comité National Démocrate qui avaient financé le travail de Fusion GPS.

    Les membres du Congrès espèrent que ces informations classifiées pourront être déclassifiées et rendues publiques.

    « Nous obtiendrons probablement que ce mémo soit rendu public d’ici la fin du mois » a déclaré un membre du Congrès, qui a demandé à ne pas être nommé. – Sara Carter

     

     

    La publication de ce mémo nécessitera un vote du comité, a expliqué une source à Fox News, ajoutant que si c’est approuvé, il pourra être rendu public si la Maison-Blanche n’y fait pas objection dans les cinq jours.

    Les réactions des citoyens ont aussi été pertinentes :

     Imperator_Rex @Imperator_Rex3

    Le FBI d’Obama s’est associé au comité de campagne de Clinton pour détruire un candidat présidentiel, puis un POTUS élu et sa famille.

    C’est le plus grand scandale de l’histoire américaine et le public doit connaître la vérité. https://twitter.com/RepDeSantis/status/954083561350553600

    17 h 07 – 19 janvier 2018

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    Christopher G. Adamo @CGAdamo

    En réponse à @Imperator_Rex3

    Tout cela est bon à savoir. Et il est tout à fait compréhensible que les membres du comité de la Chambre soient outrés.

    Mais si le résultat final n’est pas une série d’actes d’accusation et de poursuites pour sédition criminelle flagrante, la corruption Obama / Hillary sera alors consacrée par la loi.

    5 h 10 – 19 janv. 2018

     10 10 Réponses 104 104 Retweets 189 189 189 j’aime

     

    Mike Tokes @MikeTokes

    Le marécage est profond et il est sur le point d’être MIS A NU. #ReleasetheMemo #Obamagate #Obamagate

    10 h 43 – 19 janv. 2018

     66 66 66 Réponses 1,627 1,627 1,627 Retweets 1,848 1,848 j’aime

     

    Kambree Kawahine Koa @KamVTV

    Lorsque vous avez des membres du Congrès à la télévision nationale qui déclarent que le mémo sur le renseignement qu’ils viennent de lire pourrait menacer notre démocratie, vous feriez bien de rendre public ce mémo.

    Le jeu d’ordure marécageuse à Washington a besoin d’être arrêté.

    7 h 37 – 19 janv. 2018

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    Même WikiLeaks a rejoint la mêlée, offrant une récompense en Bitcoin à tous ceux qui partageront le mémo :

    WikiLeaks @wikileaks

    #ReleaseTheMemo : Connaissez-vous quelqu’un qui a accès au mémo sur les abus de la FISA ? Envoyez-le ici : https://wikileaks.org/#submit

    WikiLeaks compensera les frais jusqu’ à concurrence d’un million de dollars envoyés à cette unique adresse Bitcoin : 3Q2KXS8WYT6dvr91bM2RjvBHqMyx9CbPMN

    ou ajoutez la mention « memo2018 » : https://wikileaks.org/donate

    10 h 53 – 19 janv. 2018

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    De tous les récents développements sur ces enquêtes en cours, celui-ci est sur le point de devenir un véritable événement.

    Tyler Durden

    Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

     


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    22 janvier 2018

    L’Agence américaine de logistique de la défense se propose d’étudier l’infrastructure de cinq voisins de la Russie pour rendre leur industrie mieux préparée au fonctionnement dans les conditions de guerre.

    RT a pris connaissance d'un document selon lequel l'Agence de logistique de la défense (DLA) des États-Unis avait l'intention d'étudier l'infrastructure de cinq pays européens voisins de la Russie (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Finlande et Pologne) eu égard à sa capacité à fonctionner dans les conditions de l'état de guerre.

    Cette étude serait nécessaire au Pentagone pour se faire une idée des réseaux logistiques de livraison de différents produits afin de préparer l'industrie des pays en question au fonctionnement dans les conditions de guerre et de situations d'urgence.

    L'objectif final est d'avoir des informations sur les sources régionales et locales d'approvisionnement en eau, vivres, combustibles, médicaments, équipements industriels et vêtements.

     

    Le Pentagone est également intéressé par l'obtention d'informations sur les matériaux de construction et les engins de chantier.

    En outre, les rapports doivent renfermer des données sur les capacités de production et de mobilisation locales, ainsi que sur l'infrastructure de transport des pays est-européens, plus particulièrement sur les ports, les voies ferrées, les routes, les aéroports, les ponts et les points de passage par bacs.

    source


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    Publié par Gaia - Dreuz le 24 janvier 2018
     

    Des volontaires américains, britanniques ou encore allemands qui ont combattu Daech avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) participent au combat pour repousser l’offensive de la Turquie, rapporte un responsable des FDS.

     

    Les forces turques et leurs alliés arabes ont attaqué samedi la région d’Afrine, bastion dans le nord-ouest de la Syrie des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par Washington.

    Des combats que la France souhaite voir s’arrêter.

    Des volontaires américains, britanniques ou encore allemands qui avaient combattu le groupe État islamique aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS) se trouvent dans la région d’Afrine pour repousser l’offensive de la Turquie, a déclaré mercredi un responsable des FDS.

     

    L’enclave kurde d’Afrine, située dans le nord de la Syrie, est visée par une intervention militaire turque depuis la fin de la semaine dernière.

    « Une partie des volontaires étrangers qui ont combattu à Raqqa et qui combattent à Daïr az Zour ont manifesté l’envie d’aller à Afrin », a déclaré le responsable des FDS, Redur Xelil.

    Diverses nationalités venues d’Europe, d’Asie et d’Amérique


    Selon lui, ces volontaires se comptent par dizaines.

    « Ils mèneront des batailles contre l’invasion turque », a-t-il déclaré.

    « Ce sont des Américains, des Britanniques, des Allemands, diverses nationalités venues d’Europe, d’Asie et d’Amérique. »

    Les FDS, soutenues par les États-Unis, sont majoritairement constituées des milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple), que la Turquie considère comme une extension du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et une organisation terroriste.

     

    Redur Xelil a également démenti un communiqué de l’armée turque selon laquelle l’État islamique est présent dans la région d’Afrine.

    « Le monde entier sait que Daech n’est pas présent à Afrine », a-t-il dit.

     

     

    Source : Ouest-france.fr

     

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    26 janvier 2018

    Les combattants du groupe la Force du Martyr Ahmed al-Abdo, entraînés par des Américains dans un camp près de la localité d’al-Tanf, possédaient des brouilleurs et des émetteurs d’origine européenne ainsi qu’un grand nombre de munitions et de la littérature djihadiste, affirment les militaires russes.

    L'armée syrienne a découvert des équipements de combat radio-électroniques d'origine européenne dans l'arsenal des terroristes éliminés près de la ville d'al-Tanf, a annoncé ce vendredi matin le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

    «Au cours de l'examen des lieux où ont été éliminé les terroristes, l'armée syrienne a localisé des équipements modernes de lutte radio-électronique de fabrication européenne (des brouilleurs et un poste émetteur), un grand nombre de munitions destinées à des armes d'artillerie ainsi que des livres faisant l'apologie de Daech», indique un communiqué diffusé par le centre.

    «Des drapeaux et des emblèmes du groupe d'"opposition" la Force du Martyr Ahmed al-Abdo ont également été découverts dans des voitures», poursuit le centre.

     

    L'organisation ajoute par ailleurs que les terroristes de la Force du Martyr Ahmed al-Abdo «sont entraînés dans le camp près de la localité d'Al-Tanf sous la direction des instructeurs des forces des opérations spéciales américaines en tant que «Nouvelle armée syrienne».

     

    La base militaire d'al-Tanf a été construite par le Pentagone en 2016 dans la ville d'al-Tanf, au sud-est de la Syrie à la frontière avec la Jordanie et l'Irak.

    source


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    Syrie: Deux conseillers militaires américains tués par une frappe aérienne turque

     Syrie: Deux conseillers militaires américains tués par une frappe aérienne turque

     

    Par  Inessa Sinchougova

    Des frappes aériennes de l’armée de l’air turque ont tué deux conseillers militaires américains en Syrie.

    Les médias syriens ont rapporté que dans l’enclave kurde d’Afrin, à la suite de la frappe aérienne d’avions militaires turcs, deux conseillers militaires des États-Unis ont été tués.

     

    Le Pentagone n’a pas encore commenté. 

    La Maison Blanche a eu une conversation téléphonique avec le président turc, au cours de laquelle la situation en Syrie a été discutée.

    Donald Trump a déclaré qu’il était préoccupé par l’escalade de la violence à Afrin et a appelé son collègue turc à limiter les actions des forces armées dans cette région.

     

    Ankara poursuit l’opération militaire contre les YPG des Forces d’autodéfense du peuple dans le nord du pays.

     

     Source : http://www.fort-russ.com/2018/01/syria-two-us-military-advisers-killed.html

    Traduction : AvicRéseau International


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    Les Kurdes face à leurs responsabilités

     

    Mikhail Gamandiy-Egorov | 25 janvier 2018

    Déchirés entre ceux qui souhaitent négocier avec le gouvernement syrien le périmètre de leur autonomie et ceux qui jouent la carte jusqu’au-boutiste avec les États-Unis, les Kurdes vont devoir choisir.

    L’offensive turque dans la région les met face à leurs contradictions, alors que le climat se dégèle entre Damas et Ankara.

    Nous avions abordé cette question en octobre dernier, alors que certains éléments kurdes de Syrie, se sentant pousser des ailes grâce aux livraisons massives d’armes étasuniennes, s’étaient crus en position de faire du chantage au gouvernement syrien.

    Une approche condamnée aussi bien par Damas, Moscou, que Téhéran.

    Sans oublier les dissensions évidentes en Irak voisin, où le gouvernement central avait dû démontrer toute sa détermination, avec le soutien de hauts militaires iraniens, pour forcer les Kurdes irakiens à reculer.

     

    En Syrie —un pays qui, pour mémoire, a massivement accueilli des Kurdes, notamment en provenance d’Irak-, le gouvernement privilégiait jusque-là les négociations, en parlant d’une large autonomie pour la partie nord du pays, peuplée majoritairement de Kurdes.

    Moscou a également insisté sur la présence de représentants kurdes dans le processus de paix d’Astana, bien qu’Ankara le vît d’un mauvais œil.

    Certains de ces représentants avaient bien compris l’intérêt de telles négociations, dans le cadre d’une Syrie unie et libérée des terroristes.

    Mais d’autres ont préféré, un peu comme en Irak, devenir de simples marionnettes de l’establishment étasunien. Ils seront vraisemblablement les grands perdants dans cette situation.

    Car après les annonces de la poursuite des livraisons d’armes américaines à ces groupes et à celle de la création par Washington d’une «Force de sécurité» à la frontière turco-syrienne, la Turquie hausse le ton et affirme qu’elle mettra tout en œuvre pour empêcher la création d’une telle «unité terroriste» à sa frontière.

    Des déclarations qui n’ont pas tardé à se traduire dans les actes avec l’opération «rameau d’olivier» en zone kurde. Une opération coordonnée au préalable avec la Russie, selon l’aveu même du président Erdogan, et confirmée par la visite à Moscou du chef de l’État-major et du chef des services de renseignement turcs.

     

    La Russie a donc choisi de ne pas bloquer la Turquie dans cette opération.

    Et ce pour une raison simple: le chantage d’une partie des élites kurdes sous pression étasunienne ne passera pas.

    La main tendue par Damas et Moscou en direction des Kurdes syriens était pourtant claire: une plus large autonomie au sein d’une Syrie unie, défense commune du territoire.

    Un scénario totalement indésirable pour les faiseurs de guerre étasuniens et donc pour leurs suiveurs locaux. Aucune raison donc d’être surpris des conséquences de leurs prises de position.

    Néanmoins, les représentants kurdes ouverts au dialogue sont toujours invités au Congrès des peuples de Syrie, voulu par les représentants syriens, russes, iraniens et turcs, dont les travaux de préparation sont déjà avancés et qui devrait avoir lieu très prochainement.

    Une étape très importante, peut-être même cruciale, pour la résolution politique de la crise syrienne, après l’anéantissement de Daech, celle d’Al-Qaida étant encore en cours.

    Fait important à noter: malgré l’animosité qui persiste dans une certaine mesure entre Damas et Ankara, pour la première fois depuis le début de la crise en Syrie, la Turquie a informé par écrit le gouvernement syrien, au même titre que la Russie, du lancement de son opération militaire «Rameau d’olivier» contre les Kurdes.

     

    Ce ne fut pas le cas lors de l’opération «Bouclier de l’Euphrate», qui s’était déroulée dans le Nord syrien entre août 2016 et mars 2017, lors de laquelle les Turcs s’étaient limités à coordonner leurs actions avec la Russie et l’Iran.

    Là est toute la différence.

    Ceci confirme une fois de plus que, malgré le manque de confiance évident et pour des raisons légitimes de Damas envers Ankara, on approche le moment où les gouvernements des deux pays devront rediscuter en vue d’une normalisation de leurs relations.

     

    Moscou et Téhéran y contribueront indéniablement.

    Source: Sputnik


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    « Qui a perdu la Turquie? »

    Le projet américano-kurde en Syrie menace l’OTAN

    Par Moon of Alabama

    Publié le 25 janvier 2018 sous le titre « Who Lost Turkey? » – The U.S.-Kurdish Project In Syria Endangers NATO

    Dans les années 1950, la sphère politique américaine a été empoisonnée par une campagne de dénigrement sans fondement contre des experts du département d’État accusés d’avoir perdu la Chine.

    Si l’administration de Trump poursuit sa trajectoire actuelle, elle sera peut-être bientôt accusée de quelque chose de similaire.

    Ceux qui seront accusés d’avoir « perdu la Turquie », seront une fois de plus les personnes qui ont averti du danger et non les véritables coupables.

    L’attaque turque contre le district syrien d’Afrin tenu par les Kurdes ne progresse pas aussi rapidement que les Turcs l’avaient espéré. L’infanterie est constituée de forces turques par procuration en Syrie.

    Ces Tchétchènes, Ouïgours, Turkestanes et autres Takfiris sont de la chair à canon dans les opérations, et non une composante bien intégrée de l’armée.

    Les Kurdes connaissent leur territoire montagnard, ils sont bien armés et prêts à se battre. Ils peuvent tenir un bon moment. Politiquement, ce sont encore eux qui perdront le plus dans le conflit.

    L’article dont j’ai donné plus haut le lien, indique les dirigeants kurdes du YPG/PKK ont rejeté l’offre des gouvernements syrien et russe qui aurait pu détourner les Turcs de les attaquer.

    L’offre existe toujours, mais plus les Kurdes tiennent, moins ses conditions seront favorables.

    Elijah Magnier vient de publier plus de détails sur cette offre ; voilà son analyse la situation stratégique:

    Les Etats-Unis observent avec intérêt l’armée turque et ils seraient heureux qu’Erdogan se brise sur les rochers des Kurdes d’Afrin et perde la face.

    De fait, les Etats-Unis ont livré des armes antichars, qui sont déjà utilisées par les Kurdes contre l’armée turque (beaucoup de chars ont été endommagés lors de l’attaque sur Afrin).  […]

    Les États-Unis ne comprennent pas qu’Ankara ne veut pas avoir un « État » kurde riche et bien armé à ses frontières, ni pourquoi il ne saisit pas l’offre tentante et généreuse des États-Unis [d’une  » zone de sécurité  » (voir ci-dessous)]. En fait, les États-Unis offrent un territoire qui non seulement n’appartient pas aux Américains, mais qui est en fait occupé par les forces américaines dans le nord-est de la Syrie.

    Les États-Unis seront l’un des perdants de cette bataille, quel que soit le résultat, car la Turquie poursuivra ses opérations jusqu’ à la défaite des Kurdes, que ce soit par la guerre ou par le retour d’Afrin sous le contrôle du gouvernement central [syrien].

     

     

    Je ne suis pas convaincu que la prédiction d’Elijah Magnier se réalisera. Il est encore possible que la Turquie change de camp et rejoigne (une fois de plus) l’opération américaine de « changement de régime » en Syrie.

    Cela dépend de qui sortira vainqueur du conflit qui, au sein de l’armée américaine, oppose des forces favorables aux Turcs et des forces favorables aux Kurdes.

    Si le camp pro-turc l’emportait, Erdogan pourrait se voir proposer un nouvel accord et conduit à changer à nouveau de camp en passant de sa position actuelle pro-russe (pro-Damas?) à une position pro-OTAN/États-Unis.

    (Il y a aussi une toute petite possibilité que la Turquie ait déjà un accord secret avec l’administration américaine, mais je n’en vois aucune indication).

    Dès le début du conflit en Syrie, la Turquie a travaillé avec les Etats-Unis, l’OTAN, les Saoudiens et les Qataris, contre le gouvernement syrien. Elle a soutenu la position saoudienne et américaine de « changement de régime », a laissé passer des dizaines de milliers de terroristes à travers ses frontières et a livré des dizaines de milliers de tonnes d’armes et autres fournitures aux forces combattant le gouvernement syrien.

    Finalement, la Russie est entrée en scène, a défait les Takfiris, a exercé une forte pression sur la Turquie et a offert de nouveaux accords économiques.

    Au même moment, les États-Unis ont tenté de « changer le régime » d’Ankara et se sont alliés au YPG/PKK kurde en Syrie et en Irak.

    Erdogan a, à contrecœur, changé de camp et il travaille maintenant avec la Russie (et la Syrie) pour mettre fin à la guerre. Le « changement de régime » à Damas est devenu un scénario improbable et il ne le soutient plus.

    En même temps, il est toujours prêt à investir de l’argent et des forces pour essayer de ne pas perdre complètement l’investissement qu’il a fait vainement dans la guerre contre la Syrie.

    Prendre Afrin et l’intégrer à une Turquie agrandie serait un moyen de le faire. Il est clair qu’il a toujours comme objectif d’élargir son territoire. Les États-Unis lui en offrent maintenant l’occasion sous la forme d’une zone de sécurité en Syrie:

     

    Ilhan tanir @WashingtonPoint – 19h50 – 24 jan 2018

    Cette carte est présentée toute la journée sur les télévisions turques comme la future zone de sécurité de la Turquie à la frontière syrienne.

    Il semble qu’elle ait été approuvée par le Secrétaire d’état Tillerson bien que personne du côté américain ne l’ait confirmé.

    Si les États-Unis ont effectivement offert cette « zone de sécurité », (Tillerson n’a pas démenti aujourd’hui avoir fait une telle offre), ils ont reçu une réponse assez froide:

    La proposition de Washington pour la création d’une « zone de sécurité » le long de la frontière turque de 911 kilomètres avec la Syrie a reçu une réponse assez froide d’Ankara ; le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlua suggéré aux États-Unis de faire les premiers pas pour « rétablir la confiance » entre les deux alliés avant de discuter de questions militaires. […]

    « Les États-Unis doivent cesser de livrer des armes aux YPG. Ils doivent obtenir que les YPG se retirent de Manbij s’ils veulent rétablir la confiance avec la Turquie… Nous verrons si ces demandes sont respectées « , a déclaré Mevlüt Çavuşoğlu

     

    C’est la création, soutenue par les États-Unis, d’un État kurde dans le nord-est de la Syrie, qui est le principal souci d’Ankara en matière de sécurité.

    Aucune « zone de sécurité » ne changera rien si l’armée américaine continue à construire et à ravitailler une « force frontalière » kurde capable de pénétrer dans le ventre sud-est de la Turquie aujourd’hui, demain ou dans dix ans.

    Si les États-Unis ne renoncent pas à leur projet et ne se retirent pas de la région, la Turquie continuera de se battre contre lui – par la force s’il le faut.

     

    Le peuple turc soutient la lutte contre les Kurdes aidés par les États-Unis et est prêt à en payer le prix. Les dirigeants kurdes des YPG ont des revendications illusoires car ils surestiment leur propre position politique. Les États-Unis ne peuvent pas tout avoir : la Turquie comme allié et un mini-état par procuration Kurde.

    Ils doivent choisir.

    Hier, le président Trump et Erdogan ont discuté au téléphone de la situation. Cela n’a rien changé. Le langage du compte-rendu diffusé par la Maison-Blanche de l’échange téléphonique est dur :

    Le président Donald J. Trump s’est entretenu aujourd’hui avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Trump a fait part de ses préoccupations quant à l’escalade de la violence à Afrin, en Syrie, qui risque de compromettre nos objectifs communs en Syrie. Il a insisté pour que la Turquie désescalade et limite ses actions militaires pour éviter les pertes civiles et l’augmentation du nombre de personnes déplacées et de réfugiés.[…]

    Le Président Trump s’est également déclaré préoccupé par la rhétorique destructrice et mensongère de la Turquie, ainsi que par les citoyens des États-Unis et les employés locaux détenus dans le cadre de l’état d’urgence prolongé en Turquie.

     

    La partie turque a nié avoir tenu ce langage et même discuté de ces questions :

    Le compte-rendu de la Maison-Blanche diffère de ce qui a vraiment été discuté entre les Présidents turc et américain pendant la conversation téléphonique de mercredi, selon des sources de l’Agence Anadolu.

    S’exprimant sous la condition de l’anonymat en raison des restrictions au droit de communiquer avec les médias, les sources ont déclaré que le président Donald Trump n’a pas évoqué sa préoccupation « d’une l’escalade de la violence à Afrin » au cours de l’échange téléphonique avec le président Recep Tayyip Erdogan.[…]

    Les sources ont également souligné que le Président Trump n’a pas utilisé les mots « rhétorique destructrice et fausse en provenance de Turquie ». […]

    Elles ont également déclaré qu’il n’y avait pas eu de discussion sur l’état d’urgence actuel en Turquie.

     

    Il est très rare de contester le contenu de ces comptes-rendus.

    Est-ce que c’est la Turquie qui essaie brouiller les pistes ou c’est quelqu’un à la Maison-Blanche qui a mis dans le compte-rendu des mots plus durs que ceux utilisés pendant l’échange ?

    Trump avait généralement de bonnes relations avec Erdogan et le langage du compte-rendu ne lui ressemble pas. La partie turque a également ajouté ceci:

    « En réponse à la demande pressante du Président Erdogan à Washington de cesser de fournir des armes aux terroristes PYD/YPG en Syrie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le Président Trump a déclaré que les Etats-Unis ne fournissent plus d’armes aux PYD/YPG », ont ajouté les sources.

    Déjà en novembre, les Turcs avaient dit que Trump avait promis d’arrêter les livraisons d’armes aux forces des YPG dans l’est de la Syrie.

    Mais la Maison-Blanche s’est montrée évasive sur la question et le commandement central militaire américain n’a pas respecté la promesse. Si ce que dit Magnier dans son article est correct,

    CentCom a également livré des missiles antichars aux Kurdes d’Afrique.

    Cela fait un certain de temps que je dis qu’il y a des avis différents à la Maison-Blanche, et surtout au Pentagone, sur la Turquie et les Kurdes.

    Les faucons réalistes et les pro-OTAN sont du côté de la Turquie, tandis que les forces néoconservatrices « libérales » sont du côté kurde. Hier, le NYT en a parlé :

    Mardi, la Maison-Blanche a envoyé un message pour calmer le président turc, qui suggérait que les États-Unis étaient en train de relâcher leur soutien aux Kurdes syriens.

    Ce message a été rapidement contredit par le Pentagone, qui a déclaré qu’il continuerait à soutenir les Kurdes, même si la Turquie envahissait le territoire qu’ils tiennent au nord-ouest de la Syrie.

     

    L’ancien directeur du Council of Foreign Relations, Richard Haass, est pro-kurde. Il dit à propos de l’article du NYT mentionné ci-dessus:

    Richard N. Haass @RichardHaass – 12 h 00 – 24 jan 2018

    Le Pentagone a raison ; les États-Unis devraient travailler avec les Kurdes en Syrie pour des raisons morales et stratégiques. Une rupture avec la Turquie d’Erdogan est inévitable, sinon sur ce désaccord alors sur d’autres. Il est temps que le Département de la Défense se prépare à remplacer la base d’Incirlik.

     

    Il n’y a pas que la base aérienne d’Incirlik qui est irremplaçable pour le commandement sud de l’OTAN.

    La Turquie contrôle également l’accès à la mer Noire et a donc son mot à dire sur les opérations potentielles de l’OTAN contre le sud de la Russie et la Crimée.

     

    Dans un article d’opinion sur Bloomberg, l’ex-commandant suprême des Etats-Unis d’Amérique de l’OTAN Stavridis adopte une position pro-turque:

    En ce moment, Washington essaie de naviguer entre deux eaux en soutenant d’une part ses anciens partenaires de combat kurdes et en essayant de ne pas détruire ses relations avec la Turquie. Mais la marge de manœuvre est de plus en plus étroite et il va falloir choisir. Que faut-il que les États-Unis fassent? […]

    Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de « perdre » la Turquie.  […]

    Les Turcs ont une économie forte et diversifiée, une population jeune et croissante, et ils sont restés fidèles aux États-Unis pendant la majeure partie de l’après-guerre. Leur importance à l’échelle régionale et mondiale continuera de croître au XXIe siècle. Oui, les responsables américains peuvent et doivent critiquer les actions turques lorsqu’elles violent le droit international ou les droits de l’homme – mais ils doivent le faire en privé, au moins à ce stade.  […]

    L’intérêt stratégique global des États-Unis est que la Turquie reste alignée sur l’OTAN et la communauté transatlantique. Ce serait une erreur géopolitique de proportion quasi épique que de voir la Turquie sortir de cette orbite et finir par s’aligner sur la Russie et l’Iran au Levant.

     

    On ne voit pas bien où se situe l’administration Trump dans cette compétition entre les positions pro-kurdes et pro-turques.

    Par exemple, de quel côté se trouve le secrétaire à la Défense Mattis et de quel côté se trouve le conseiller à la sécurité nationale McMaster?

    Cet extrait de l’article du NYT ci-dessus laisse penser qu’ils tirent dans des directions opposées:

    Pour sa part, la Maison-Blanche a désavoué un plan de l’armée américaine visant à créer une force dirigée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, auquel la Turquie s’est vivement opposée. […]

    Ce plan, a déclaré mardi un haut fonctionnaire de l’administration, a été élaboré par des planificateurs militaires de niveau intermédiaire sur le terrain et n’a jamais été sérieusement débattu, ni même officiellement présenté, aux échelons supérieurs de la Maison-Blanche ou du Conseil de sécurité nationale. […]

    Mais le Pentagone a publié sa propre déclaration mardi, confirmant sa décision de créer une force dirigée par les Kurdes. 

     

    Plusieurs « experts » occidentaux interrogés  sur les relations de l’OTAN avec la Turquie, pensent que la situation actuelle nuit à l’OTAN, mais aucun d’entre eux ne croit que la Turquie va quitter l’Alliance:

    L’OTAN a besoin de la Turquie et ne peut pas se permettre de la pousser davantage dans les bras de la Russie. Erdogan a aussi besoin de l’OTAN.

    Il a été trop loin en Syrie et dans sa lutte contre les Kurdes, et il est isolé dans l’UE.

    Ses relations avec Moscou sont problématiques et il ne veut pas avoir à affronter Poutine sans l’OTAN. C’est une alliance qui reste basée sur de réels intérêts stratégiques et qui se poursuivra longtemps après la disparition d’Erdogan.

     

    Peut-être, mais, moi, je n’en suis pas si sûr.

    La dernière chose que l’UE veut maintenant et/ou dont elle a besoin, c’est de la Turquie parmi ses membres. Les États-Unis ont perpétré un coup d’État contre Erdogan, et leur projet kurde menace les intérêts stratégiques de la Turquie.

    La pression continue de Trump pour que Jérusalem soit « retirée de la table » des négociations israélo-palestiniennes est une insulte à tous les musulmans.

    Une Turquie de plus en plus islamique ne l’acceptera jamais. L’approvisionnement en gaz naturel de la Turquie dépend de la Russie et de l’Iran.

    La Russie construit des centrales nucléaires en Turquie et va lui livrer des systèmes de défense aérienne capables de résister aux attaques américaines.

    La Russie, l’Iran, l’Asie centrale et la Chine sont des marchés pour les produits turcs.

     

    A la place d’Erdogan, je serais très tenté de quitter l’OTAN et de rejoindre une alliance avec la Russie, la Chine et l’Iran.

    À moins que les États-Unis ne changent de cap et ne cessent de soutenir les Kurdes, la Turquie continuera à dénouer ses liens avec l’ancienne alliance. L’armée turque avait jusqu’à présent empêché la rupture avec l’OTAN, mais désormais, il y a même des officiers anti-Erdogan qui sont d’accord avec lui.

     

    Si les États-Unis font une vraie offre à la Turquie et adoptent une nouvelle position, ils pourraient réussir à retourner la Turquie et à la ramener dans le giron de l’OTAN.

    Mais la Maison-Blanche de Trump est-elle capable de défier les voix pro-Israël/pro-kurdes et de revenir à une approche plus réaliste?

    Si elle n’en est pas capable, la bonne réponse à la question « Qui a perdu la Turquie? » ne sera pas difficile à trouver.


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    29
    Jan
    2018

    Nord de la Syrie : La nouvelle guerre de l’empire global … Par Richard Labévière

     

    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

    Nous avons encore eu droit à trois heures de propagande lamentable – mardi 16 janvier sur Arte -, avec la diffusion du documentaire des « journalistes » américains Michael Kirk et Mike Wiser –

     

    « La revanche de Poutine », présenté par une petite speakerine littéralement entrée en pamoison, puis commenté par Christine Ockrent, une grande amie connue de la Russie…

     

    Trois heures de Fake News et de délires complotistes sans contrechamp ni contradiction ! Bravo pour le mieux disant culturel et informatif… d’autant qu’Arte multiplie, depuis plusieurs mois, une présentation tout aussi unilatérale et propagandiste de la guerre en Syrie.

     

     

    En Syrie justement, les Etats-Unis et leurs alliés – pays de l’Union européenne et du Golfe, ainsi qu’Israël – ont perdu la guerre et bien perdu ! Ils ont échoué à démanteler l’Etat-nation syrien, comme ils l’ont fait de l’Irak et de la Libye, comme ils n’ont cessé de le faire en Afghanistan, dans d’autres pays d’Asie et d’Amérique latine.

     

    Comme l’explique Alain Joxe dans ses Guerres de l’empire global1 : sur le plan conventionnel, les américains ont perdu toutes les guerres qu’ils ont initiées depuis la fin de la Guerre froide.

    Mais ces défaites tactiques se sont transformées en autant de victoires stratégiques, multipliant les zones dites « d’instabilité constructive ».

    Ces « zones grises » sont devenues autant de puits sans fond pour les exportations d’armes et l’engagement de milices privées (générant des millions d’emplois et des milliards de dollars) ; des laboratoires de nouveaux systèmes de combat et de techniques asymétriques ; les nouvelles frontières d’une mondialisation sauvage où tous les coups sont permis.

    Nul besoin de revenir à Adam Smith et David Ricardo pour ausculter « la main invisible » de cette régression à l’état de nature, à la guerre de tous contre tous : l’objectif des guerres contemporaines ne réside plus seulement dans la maîtrise de l’espace, mais dans celle du temps.

    Ainsi, la coalition anti-Dae’ch, conduite par les Etats-Unis, vient d’annoncer qu’elle compte former 30 000 combattants locaux qui se déploieront dans les régions du nord de la Syrie, en partie contrôlées par lesdites « Forces démocratiques syriennes », essentiellement composées de milices kurdes.

    Grâce à l’appui aérien américain et européen, cette alliance kurde a pu chasser, l’an dernier, les jihadistes de Raqqa – leur quartier général syrien -sur l’Euphrate et plus au sud en direction de l’Irak.

    Cette nouvelle force frontalière supplétive, que veut déployer Washington, a bien une double mission spatiale : contrôler les régions des principaux gisements pétroliers syriens et couper le « couloir chi’ite » entre l’Irak, la Syrie et l’Iran.

    Mais, comme souligné précédemment, sa mission la plus importante est d’imposer le calendrier d’un temps alternatif – distendu – qui comporte trois volets de rétention : reculer la fin des opérations militaires lourdes en cours et le début des reconstructions politiques et économiques d’un pays qui doit impérativement rester une « zone grise » (business oblige !) ; permettre le recyclage des unités jihadistes défaites de Dae’ch en de nouvelles milices « modérées, laïques et démocratiques » anti-syriennes ; enfin, perturber, sinon faire échouer le prochain sommet de paix organisé par Moscou à Sotchi en février prochain, sans parler d’un sabotage assumé des efforts du représentant spécial de l’ONU – Staffan de Mistura – qui gère la complexe négociation de Genève.

    Comme toujours, depuis le début de la guerre civilo-globale de Syrie, les grandes manœuvres commencent par la communication. Officiellement, Washington compte ainsi « empêcher la résurgence de Dae’ch» et poursuivre la guerre contre le terrorisme par d’autres moyens…

    Sont allègrement tressées les mêmes grosses ficelles de communication déjà usées en Irak, en Libye ou au Yémen avec le succès que l’on sait : lutter contre le terrorisme, changer le régime politique, installer la démocratie et les droits de l’homme pour le bonheur de l’humanité et du complexe militaro-industriel américain…

    Malgré leur claire défaite en Syrie, les Américains veulent à tout prix conserver une présence militaire à long terme. Encore la gestion du temps : ils disposent toujours de 2000 soldats de leurs forces spéciales engagées sur le territoire syrien et d’une demi-douzaine de bases interarmées dans le nord du pays, le long de la frontière turque, jusqu’à celle de l’Irak aux alentours de Kamechliyé et Hassaké.

    Vaincus tactiquement, mais toujours là stratégiquement, les Américains n’ont pas renoncé à faire éclater l’Etat national syrien pour imposer une « partition de fait » qu’ils appellent pudiquement la « solution fédérale », comme si on allait applaudir au dessin animé d’une Syrie transformée en Confédération helvétique à laquelle ne manqueraient plus que les chocolats, le coucou et les banques…

    En définitive, la constitution de cette force pro-américaine supplémentaire constitue clairement une nouvelle agression contre la souveraineté syrienne et les efforts du gouvernement de Damas pour restaurer son indépendance nationale, dans ses frontières historiques, en tant que l’un des 194 Etats membres à part entière de l’Organisation des Nations unies.

    Outre le fait que le droit international est parfaitement foulé au pied depuis le début de la crise syrienne ( illégitimité de l’ingérence/intervention de la coalition occidentale en Syrie), on voit Washington pousser et instrumentaliser les Kurdes dans une impasse où ils risquent – une fois de plus – d’être les dindons de la farce…

    D’un côté, ils restent en même temps soutenus par les Russes ; d’un autre, leurs députés qui siègent au Parlement de Damas ont entamé – depuis deux ans – des négociations avec le gouvernement syrien pour l’établissement d’un statut d’autonomie interne à la République syrienne.

    Alors que Moscou tente, depuis des mois, de convaincre Ankara d’accepter la participation des Kurdes aux prochaines négociations de Sotchi, l’initiative américaine tombe à point nommé pour mettre par terre cet espoir de constitution d’une délégation syrienne « plus inclusive », voulue à la fois par Moscou et les Nations unies.

    Ce faisant, Washington joue encore avec le feu, poussant toujours un peu plus Ankara dans les bras du Groupe de Shangaï2 au détriment de l’OTAN. Faut-il rappeler que la Turquie aligne la deuxième force armée de l’Alliance atlantique après celle des Etats-Unis ?

    Dimanche dernier, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a jugé « inacceptable » la constitution de cette « Force de sécurité aux frontières ». Ibrahim Kalin a conclu : « les États-Unis prennent des initiatives inquiétantes pour légitimer cette organisation et l’installer dans la région.

    Il est impossible de l’accepter ». En signe de riposte, Ankara a menacé de lancer « dans les jours à venir » une offensive sur Afrin, ville du nord de la Syrie tenue par ces forces kurdes.

    « Avec la volonté de Dieu, nous continuerons dans les jours à venir nos opérations lancées dans le cadre de l’opération Bouclier de l’Euphrate pour nettoyer nos frontières sud et débarrasser Afrin de la terreur », a ajouté le président de la Turquie dans une allocution télévisée : « le moindre trouble à la frontière sera, pour nous, un signal pour intervenir ».

    Aux dernières nouvelles, l’armée turque a engagé plusieurs séries de bombardements dans le nord de la Syrie (dans la région d’Afrin), tout en préparant une offensive terrestre d’envergure contre les positions des différentes milices kurdes. C’est exactement ce que cherchaient à provoquer les experts du Pentagone depuis la reconquête d’Alep (décembre 2016) par l’armée gouvernementale syrienne…

    Toutefois, afin d’apaiser Ankara, Donald Trump vient de passer un coup de fil à son homologue turc pour lui annoncer une grande nouvelle : l’arrêt de la livraison d’armes aux milices kurdes de Syrie !!! On n’y comprend vraiment plus rien parce que les propos téléphoniques manquaient visiblement de précision.

    La Maison Blanche a dû publier un communiqué relativisant un peu la décision en parlant « d’ajustements concernant le soutien militaire » à ces milices qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre Dae’ch. Samedi dernier, Ankara a réclamé que le président américain « tienne parole » sur cette question essentielle pour les relations entre les deux pays. C’est effectivement clair comme du jus de chique…

    En mai dernier à Washington, un bras de fer a opposé partisans et opposants aux forces armées turques ; un proche de Trump étant même impliqué dans des combines avec les services spéciaux d’Ankara… Surtout : le président Erdogan réclame toujours aux Etats-Unis l’extradition d’un prédicateur membre des Frères musulmans, soupçonné d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016.

    A cette salade turque, s’ajoute la Moussaka kurde qui n’a pas fini de compliquer la digestion des Mezze syriens… encore une question de temps et de patience.

    Pour ne pas conclure, répétons et soulignons encore l’importance de la gestion du temps dans cette nouvelle guerre de l’Empire global engagée dans le nord de la Syrie. D’expérience, les experts du Pentagone ressortent souvent des cartons les grands coups de leurs aînés. Au début des années 1980, les ingénieurs américains ont lancé la Guerres des étoiles3, un système d’armements inédit brandi par le président Reagan pour entraîner l’URSS dans une course aux armements sans fin.

    Plutôt foireux sur le plan opérationnel, cette initiative a parfaitement atteint son objectif sur le plan économique, obligeant effectivement Moscou a investir des moyens colossaux dans la recherche improbable d’un système similaire. Aujourd’hui, les meilleurs historiens de la Guerre froide considèrent que cette fameuse Guerre des étoiles a organiquement accéléré sinon provoqué la chute de l’URSS.

    Par conséquent, en inventant toujours de nouvelles guerres – géographiquement fluides et temporellement infinies -, sous-traitées et auto-financées, Washington poursuit toujours le même objectif : épuiser économiquement et financièrement ses concurrents.

    Dans cette compétition qui ne connaît aucun allié ni ami – les Européens en font régulièrement les frais4 et n’ont encore rien vu -, Washington cherche avant tout à reproduire son hégémonie économique et stratégique sans partage.

    La guerre de Syrie coûte cher à la Russie et impacte fortement son économie. Rappelons seulement que le budget russe de la défense est de 70 milliards de dollars, lorsque celui des Etats-Unis dépasse les 727 milliards… Et les fonds investis dans l’effort de guerre syrien constituent autant de moyens qui ne seront pas alloués à la modernisation d’autres secteurs vitaux de l’économie.

    La même équation vaut aussi pour l’économie iranienne, qui peine à sortir de l’austérité structurellement entretenue par des décennies de sanctions internationales. S’ensuivent inévitablement une inflation durable, l’appauvrissement des classes les plus fragiles, des manifestations, sinon des émeutes de la faim que nos médias mainstream qualifieront aussitôt de « révolutions » et de lutte pour la démocratie…

    Fort de son écrasante supériorité économique, l’Empire global cherche à ruiner les économies russe et iranienne, à déstabiliser ces pays de l’intérieur en y encourageant des mouvements sociaux violents dans la perspective de l’installation de régimes à sa convenance. Ses supplétifs – en l’occurrence Israël et l’Arabie saoudite – font de même au Yémen et au Liban.

    La dernière prise d’otage du Premier ministre libanais Saad Hariri par Mohamad Ben Salman s’inscrivait sans doute dans le cadre plus large d’un coup d’Etat en cours dans la monarchie wahhabite, mais avait aussi pour objectif d’empêcher le Liban ainsi déstabilisé de mettre en exploitation ses gisements gaziers off-shore, plus précisément les blocs 8, 9, 10 et 11 de ses eaux territoriales convoités par Tel-Aviv !

    Les experts pétroliers confirment cette évidence stratégique qui ne saurait être remisée au chapitre de la théorie du complot ou des Fake News… tellement pratiques dès lors qu’on veut justifier n’importe quelle guerre.

    Grand anatomiste des guerres de l’Empire global Alain Joxe écrit : « la guerre sans but politique menée contre une population, dont les prototypes contemporains sont fournis par celles conduites par Israël en Palestine ou par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, est ce qui définit le mieux la transformation d’une armée en police dans l’empire global.

    C’est ce qu’a confirmé, au-delà des apparences, la politique de Washington au moment des « printemps arabes » qui ont provoqué – début 2011 – la chute de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi. En Tunisie comme en Egypte et en Libye, faute de pouvoir préserver des régimes dictatoriaux, les Etats-Unis ont cherché à promouvoir des démocraties corrompues et policières comme systèmes locaux de l’ordre financier néolibéral, quitte à s’accommoder avec des partis islamistes conservateurs mais nullement hostiles aux avantages, pour les riches, de ces systèmes »5.

    Et Alain Joxe de conclure : « la gouvernance insécuritaire remplace l’Etat protecteur… »

    Merci Alain, nous y sommes !

     

    Richard Labévière
    22 janvier 2018

     


    1Alain Joxe : Les Guerres de l’empire global – Spéculations financières, guerres robotiques, résistance démocratique. Editions de la Découverte, 2012.
    2L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS ; est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays. Le 10 juillet 2015, l’OCS décide d’admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière. L’intégration de l’Inde et du Pakistan en tant qu’États membres est officialisée le 9 juin 2017.
    3L’Initiative de défense stratégique (IDS), dite aussi « Guerre des étoiles », était un projet de défense anti-missile destiné à la protection des États-Unis contre une frappe nucléaire stratégique par des missiles balistiques intercontinentaux et des missiles balistiques lancés par des sous-marins. L’initiative, rendue publique le 23 mars 1983 par le président Ronald Reagan, devait combiner des systèmes capables d’intercepter les missiles ennemis, depuis le sol et l’orbite terrestre.
    4Le démantèlement annoncé d’Airbus au profit de ses concurrents américains constituera un nouvel exemple emblématique de cette guerre économique et commerciale sans concession.
    5Les Guerres de l’empire global, ib. cit.

    Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018


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    Source : Paul R. Pillar, Consortium News, 02-12-2017

    En essayant de mobiliser l’hostilité américaine envers l’Iran, le directeur de la CIA Pompeo et d’autres responsables américains s’engagent dans le même genre de renseignements biaisés qui ont mené à l’invasion catastrophique de l’Irak, écrit l’ancien analyste de la CIA Paul R. Pillar.

     

    Bien que personne ne sache exactement où Donald Trump a l’intention d’aller avec sa campagne de recherche d’affrontement avec l’Iran, son gouvernement a déjà établi des parallèles déconcertants avec les techniques qu’un gouvernement américain précédent avait utilisées pour vendre son déclenchement d’une guerre contre l’Irak.

    Parmi ces techniques, il y a le tri sélectif du renseignement, non pas pour informer les décideurs politiques ou éclairer le public, mais plutôt pour inculquer de fausses perceptions au sein du public et, par conséquent, pour obtenir l’appui d’une politique déjà choisie.

    Mike Pompeo, maintenant directeur de la CIA, prononce une allocution au CPAC 2012 à Washington, D. C. Février 2012. (Flickr Gage Skidmore)

     

    Les parallèles sont devenus remarquablement proches depuis que l’administration Trump a essayé de faire croire aux gens qu’il existe une sorte de coopération et de volonté commune entre l’Iran et Al-Qaïda. Le Président a fait cette insinuation dans son discours sur l’Iran en octobre.

    Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, ordonna alors une ré-exploitation tendancieuse de documents déjà exploités, interceptés lors du raid d’Abbottabad, Pakistan, qui tua Oussama ben Laden.

    Cette fois, l’objectif était de trouver un lien possible entre le groupe de ben Laden et l’Iran. Pompeo a pris l’initiative très inhabituelle de faire jeter un premier coup d’œil sur les documents sélectionnés à une organisation de lobbying : la Fondation pour la Défense des Démocraties (FDD), leader du projet pour mettre fin à l’accord qui limite le programme nucléaire iranien.

    Le FDD a dûment fait sa part dans ces insinuations en mettant en avant un document unique qu’il a présenté comme suggérant une sorte d’assistance iranienne à Al-Qaïda.

     

    En dépit du fait que les documents d’Abbottabad, en ce qui concerne l’Iran, insistent sur le fait que Téhéran était en conflit, et non en coopération, avec Al-Qaïda. C’est le jugement des experts qui suivent de près le groupe terroriste.

    Même le document que le FDD a mis en avant ne disait pas ce que ceux qui le citaient soutenaient ce qu’il disait. Il ne contenait aucune preuve d’une quelconque assistance iranienne à Al-Qaïda.

    Toute cette tentative de manipuler les perceptions du public a été remarquablement similaire aux efforts des promoteurs de la guerre en Irak pour utiliser n’importe quelles miettes qu’ils avaient pu trouver pour suggérer qu’il y avait, selon les mots de George W. Bush, une « alliance » entre le régime irakien et Al-Qaïda qui n’ a jamais existé.

     

    Plus de sélection

    À présent, Colum Lynch et Dan De Luce, de Foreign Policy, rapportent que la Maison-Blanche, dans le dernier épisode de la campagne de tri sélectif, « insiste pour déclassifier les renseignements qui lient l’Iran aux attaques de missiles balistiques à courte portée des insurgés yéménites contre l’Arabie Saoudite ».

    Le secrétaire d’État américain Colin Powell présente une fausse fiole d’anthrax le 5 février 2003, lors d’un discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU, dans lequel il met l’accent sur le dossier américain selon lequel l’Irak possédait des stocks interdits d’ADM.

     

    Nous devons être extrêmement attentifs aux motivations et à la réalité qui se cachent derrière tout ce qui émane de cette tentative de manipuler les perceptions du public.

    Imaginez que, dans un univers parallèle où Donald Trump n’habiterait pas, la Maison-Blanche essayerait sincèrement d’aider le public à comprendre n’importe quel problème de politique étrangère en cause.

    Le problème dans ce cas-ci est la guerre civile yéménite, qui a pris naissance dans le mécontentement des tribus du Nord quant à la manière dont leurs intérêts ont été traités par le gouvernement central.

    L’éducation du public ferait remarquer que l’intervention à grande échelle menée par l’Arabie saoudite – qui a une longue histoire de conflit avec le Yémen et de préoccupations démographiques et sécuritaires à son sujet – a transformé la guerre civile en un carnage plus grand. Une attaque aérienne de l’Arabie saoudite et de son allié les Émirats arabes unis, conjuguée à un blocus imposé par les Saoudiens, a transformé le Yémen en une catastrophe humanitaire.

    Pendant ce temps, une partie de l’aide iranienne aurait été acheminée de l’Iran à la principale tribu du nord, connue sous le nom de Houthis. Selon toute vraisemblance, l’impact physique de ces aides est mineur par rapport à l’offensive militaire saoudienne.

    La leçon pour le public pourrait faire remarquer que les Houthis ont été parmi les plus farouches adversaires de la branche d’Al-Qaïda au Yémen. On pourrait également noter que les Houthis ont été alliés pendant la plus grande partie de la guerre avec l’ancien président Ali Abdullah Saleh, qui pendant plus de trois décennies au pouvoir est devenu connu comme l’homme de l’Amérique au Yémen.

    La guerre aérienne saoudienne a dévasté le Yémen.

    Est-il surprenant que ceux qui sont actuellement au pouvoir dans la capitale yéménite de Sana (c’est-à-dire la coalition dirigée par les Houthis) tentent de tirer quelques coups de feu contre l’Arabie saoudite en guise de réponse ?

    Devrions-nous même condamner cet essai de riposte, plus que les frappes beaucoup plus importantes dans l’autre sens ?

    Les efforts de l’administration Trump pour mettre en évidence cette facette d’une guerre beaucoup plus vaste servent deux de ses objectifs.

    L’une d’elles est de poursuivre sa campagne globale visant à rejeter sur l’Iran la responsabilité de tout désordre au Moyen-Orient. L’autre est de détourner le plus d’attention possible du soutien indéfendable des États-Unis (qui a commencé sous le gouvernement précédent) à l’offensive saoudienne contre le Yémen.

    Pendant ce temps, la sélection d’informations donne au public une fausse impression de ce qu’est la guerre au Yémen et de ce qui lui a fait prendre la forme qu’elle a .

    Lynch et De Luce rapportent que les efforts déployés par la Maison Blanche deTrump pour rendre publics des renseignements triés sur le volet concernant les missiles houthis ont pour but d’influencer non seulement un auditoire national, mais aussi l’opinion des Nations Unies.

    Voici un autre parallèle avec la vente de la guerre en Irak. Spécifiquement, il évoque la présentation faite au Conseil de sécurité en février 2003 par le secrétaire d’État Colin Powell, qui – contrairement à son propre jugement et contrairement à celui de la communauté américaine du renseignement – a exposé quelques miettes visant à persuader les gens que l’alliance inexistante entre l’Irak et Al-Qaïda existait réellement.

    Une telle utilisation abusive du renseignement signifie que la politique étrangère est menée sur la base de prémisses gravement erronées.

    Le travail de vente au public ne fait qu’aggraver l’incompréhension, à la fois parce que les malentendus sont infusés dans un public plus large et parce que les vendeurs fortement engagés dans leur cause – comme ce fut le cas avec les principaux promoteurs de la guerre en Irak – en viennent à croire leur propre propagande.

    L’usage abusif représente également une subversion du bon fonctionnement des services des agences de renseignement. Le renseignement est supposé informer les décideurs politiques pour les aider à prendre des décisions qu’ils n’ont pas encore prises. Les agences n’existent pas pour être des outils pour vendre publiquement la politique qui a déjà été décidée.

    L’administration Trump n’est pas la première à commettre un tel abus, mais l’abus correspond à la façon dont Trump a traité d’autres ministères et organismes gouvernementaux.

     

    Cette façon de faire, caractérisée par de nombreuses nominations à des postes de haut niveau à la façon du « renard dans le poulailler », consiste à détourner plutôt qu’ à exécuter la mission des agences.

     

    Paul R. Pillar, au cours de ses 28 années à la Central Intelligence Agency, est devenu l’un des meilleurs analystes de l’agence.

    Source : Paul R. Pillar, Consortium News, 02-12-2017

     

     

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    Publié par Gaia - Dreuz le 28 janvier 2018

    Le chef de la diplomatie turque a appelé les Etats-Unis a retiré les centaines de soldats qui sont déployés à Minbej, ville contrôlée par la milice kurde YGP classée comme « terroriste » par Ankara.

     

    Le chef de la diplomatie turque a appelé ce samedi les Etats-Unis à retirer « immédiatement » leurs militaires déployés à Minbej, ville du nord de la Syrie, pour aider les kurdes contre l’offensive d’Ankara.

     

    Des relations tendues entre Ankara et Washington.

    « Il faut qu’ils se retirent immédiatement de Minbej », a déclaré Mevlüt Cavusoglu, alors que le président Recep Tayyip Erdogan a menacé vendredi 27 janvier d’étendre à cette ville l’offensive qu’Ankara mène actuellement à Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, contre la milice kurde YPG considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par Washington.

    Les relations entre Ankara et Washington n’ont cependant cessé de se dégrader au cours des derniers mois.

     

    Le président américain Donald Trump devrait exprimer mercredi son inquiétude sur cette offensive lors d’un appel à son homologue Recep Tayyip Erdogan, selon des responsables américains. Washington a déjà appelé Ankara à « la retenue », tout en reconnaissant « le droit légitime de la Turquie » à se « protéger ».

     

    Une organisation classée « terroriste » par Ankara.

    Baptisée « Rameau d’olivier », l’objectif de l’opération est d’établir une « zone de sécurité » d’une profondeur de 30 km à partir de la frontière.

    La Turquie accuse les YPG d’être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

     

    Mais les YPG sont aussi l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie.

    Source : Europe1.fr


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    EXCLUSIVITE WikiStrike - Guerre en Syrie:

    Le projet occidental que l'on vous cache

    Publié par wikistrike.com sur 29 Janvier 2018, 10:18am

    EXCLUSIVITE WikiStrike - Guerre en Syrie: Le projet occidental que l'on vous cache

    Hormis la contrôle de la route de la soie, l'autre enjeu de la guerre en Syrie - et plus largement la déstabilisation du Proche-Orient et du Maghreb - est avant tout énergétique. Explications: 

    Par Joseph Kirchner 

     

     

    La Syrie a trouvé une solution malgré les nombreux morts entre soldats gouvernementaux et rebelles - presque 300 en une semaine et 170 en seulement deux jours – grâce un accord soutenu par les russes sur la destruction des armes chimiques qui devrait se déroulaient en mer, dans les eaux internationales.

    La Syrie était le blocage principal pour l’OTAN et l’UE dans la perspective de la création d’un gazoduc intercontinental.

    Celui-ci est construit en deux étapes :

    -La première déjà effectuée relie désormais l’Egypte, la Libye, la Tunisie pour remonter par voie sous-marine vers l’Europe et l’Italie.

    Le Printemps arabe est « étrangement » bien tombé.

    Grâce à l’appui des islamistes, les travaux ont fort avancé. Plus que le pouvoir offert par l’Occident, ils auront leur part.

     

    Notons que les islamistes ont pris la tête des pays suivants en une semaine: Libye, Tunisie, et Egypte.

    Cependant, ce dernier pays a vu le peuple et l’armée renverser les Frères Musulmans. Les Etats-Unis, via leur allié préféré dans le coin, la Turquie, tentent néanmoins de reprendre le contrôle de la situation.

    -La deuxième phase devrait prochainement relier la Tunisie à l’Algérie pour remonter vers l’Espagne et nourrir ainsi l’ouest de l’Europe en gaz.

    L’utilité du gazoduc est crucial, il permettra à l’Union Européenne de ne plus dépendre du géant russe Gazprom.

    Ce qui signifie que, grâce à lui, l’Europe acquiert une certaine indépendance énergétique, et par la même,  obtient quelques économies non négligeables en temps de crise, une crise que vous me direz inventée pour la seule raison qu’elle n’existe que dans le portefeuille des peuples.

    De cette nouvelle source énergétique, évidemment, vous n’en verrez quoi que ce soit sur vos factures, le but n’étant pas de réduire celles-ci mais d’augmenter les richesses du privé et des politiciens corrompus jusqu’à la moelle.

    Nonobstant l’accord syrien sur les armes chimiques, la guerre se poursuit, l’UE continue à verser des sommes astronomiques aux grands pays totalitaires du Proche et Moyen Orient en échange d’hommes dans ce conflit.

    L’Arabie Saoudite ou le Qatar peuvent être cités en exemple.

     

     

    Pourquoi la Syrie est-elle si importante dans le projet de ce gazoduc américano-européen ?

    Parce qu’il prend pour origine la Syrie, sans elle, aucun gazoduc ne se peut ni donc aucune indépendance énergétique.

     

     

    Pourquoi continuer à guerroyer tandis qu’un accord a été trouvé ?

    Parce que la signature de cet accord n’a pour but que d’attendrir l’occident et l’Asie sur ce qui est une véritable tragédie humaine.

    Il fallait un « semblant d’accord » face aux images. Mais l’objectif reste inchangé pour l’Europe, virer Bachar al-Assad, et dévier ses richesses ; et le même pour Moscou, ne pas se laisser faire et asseoir sa domination gazière sur le vieux continent.

    Les menaces d’une intervention militaire ont certainement permis d’éviter le pire, ce qu’aucun parti ne souhaitait, mais révèle l’immensité des tensions entre russes et américains.

    Il faut dire que l’enjeu va de pair avec l’importance des menaces : navires de guerre, soldats déployés en Jordanie et en Turquie par l’UE et les USA,  et navires et menaces ukrainiennes, entre autres, brandit par la Russie.

    La signature, vous l’aurez compris, nettoie l’opinion publique, pourtant, la Syrie tombée dans l’oubli médiatique connaît un nombre record de morts dont les chiffres peinent à percer.

    Le combat pour la Syrie est toujours en cours.

     

     

    L’Algérie, prochaine cible 

    Si cela ne marche pas d‘un côté, on passe de l’autre. Ainsi, il est probable que l’Algérie soit le prochain pays sur la liste. Il ne fait aucun doute que ce pays approche de la guerre.

    Leur Président Bouteflika décédé, les USA et l’UE préparent en secret la guerre civile.

    Un gouvernement de transition a même déjà été créé en France il y a de cela trois ans.

    Le pays est par ailleurs encerclé par l’OTAN. Un commandement avancé des USA a été construit à la frontière avec la Libye, des GI ont pris place en 2013 à la fois dans le sud de l’Espagne et dans le sud de l’Italie.

     

    Les pions positionnés, il ne reste qu’à attendre…

    Mais pas trop longtemps, cela coûte cher.

    Le gazoduc en question est la SOURCE des évènements dans le nord-Afrique et en Syrie.

    La France, qui espère ne pas se laisser prendre la « nouvelle merveille » qui est le gazoduc, a pris ses marques au Mali.

    C’est évidemment pas demain que les soldats français quitteront ce territoire islamisé par la France elle-même, car c’est bien le Qatar qui a importé ces islamistes au Mali, en les payant pour déstabiliser la contrée et permettre l’envoi d’hommes tricolores.

    Les USA au nord, les français au sud, l’Algérie est sur la sellette.

    USA, Europe, Arabie, Qatar sont de faux amis, s’ils font la route ensemble grâce à l’OTAN d’un côté, grâce à la main d’œuvre et l’argent de l’autre, chacun voudra sa paie, reste à savoir comment se fera le partage.

     

    En politique, rien n’est hasard, tout est stratégie, la manipulation des masses pour patrie.

     

    Joseph Kirchner pour WikiStrike.

     

    "Si vous lisez ceci, c'est que vous êtes la résistance"


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    Les Princes d’Arabie saoudite en grève


    Un désastre en termes de relations publiques, mais pour qui ?


    Par Andrew Korybko – Le 16 janvier 2018 –

     

    Source Oriental Review

    Mohammed bin Salman 11 princes

     

    L’Arabie saoudite a arrêté 11 princes qui protestaient contre la récente décision du gouvernement de ne plus payer leurs factures. Riyad a mis en place un plan d’austérité modéré au début de l’année qui a également éliminé d’autres subventions d’État, comme pour le gaz, et introduit d’une TVA de 5% sur la plupart des biens et services.

    Dans le même temps, les fonctionnaires et les soldats sont maintenant payés mensuellement afin d’aider à compenser l’augmentation des coûts pour ces classes.

    Bien que controversée, cette politique s’aligne sur l’ambitieuse stratégie « Vision 2030 » du prince héritier Mohammed Bin Salman qui vise à transformer la monarchie, dépendante de ses exportations, en une économie « normale » au cours de la prochaine décennie grâce à une restructuration complète, aidée par les investissements chinois et le projet de ville du futur, NEOM.


    La suppression de certaines subventions saoudiennes à la famille royale est une partie inextricable des réformes de« Vision 2030 » pour compenser la baisse des recettes gouvernementales ces dernières années en raison du prix exorbitant de la guerre au Yémen et des prix du pétrole toujours très bas.

    L’approche claire et réfléchie du Royaume envers toute forme de protestation prédéterminée est maintenant affirmée.

    Les protestations de ces 11 princes étaient ainsi vouées à l’échec pour obtenir gain de cause.

    Cela soulève la question de savoir pourquoi ils ont décidé de protester ?

    On pourrait répondre en rappelant la guerre civile au sein de l’« État profond » du pays que Mohammed Bin Salman a entamée l’année dernière après avoir emprisonné des centaines de riches princes royaux au prétexte d’accusations de corruption.

    On peut prétendre que le coup des princes était délibérément destiné à échouer pour provoquer une révolte royale contre le prince héritier, mais si tel était le cas, non seulement il a totalement raté son but à cet égard, mais il risque aussi de se retourner contre ceux qui sont derrière en diminuant encore davantage l’attrait déjà faible de la famille royale parmi la population.

    Beaucoup de Saoudiens admirent Mohammed Bin Salman parce qu’il n’a pas peur de s’en prendre à cette famille royale méprisée. L’emprisonnement des 11 princes protestataires prouve, comme l’a déclaré le procureur général du pays, que « personne n’est au-dessus des lois ».

    Non seulement cela, mais cela semble confirmer la perception répandue que la famille royale est arrogante et cupide au point d’être incitée à sciemment enfreindre la loi pour se retrouver en prison juste parce que le gouvernement a arrêté les paiements des factures de ces personnes scandaleusement riches.

    Beaucoup pensent qu’elles devraient être en mesure de payer leurs propres factures compte tenu du montant d’argent qu’elles sont déjà censées récolter aux frais du public.

    Loin de discréditer Mohammed Bin Salman, l’arrestation de ces 11 princes par son gouvernement le rend plus sympathique aux yeux de son peuple, sans pour autant que les alliés occidentaux de son royaume l’approuvent.

    Certains d’entre eux pourraient même le condamner pour violations des « droits de l’homme »à cause de cela.

    Néanmoins, tout ce qui compte pour le Prince héritier est de préserver son pouvoir et de faire en sorte qu’il devienne le prochain Roi saoudien.

     

    Alors il se fiche de ce que dit Human Rights Watch ou le Département d’État tant qu’il réussit finalement son propre Game of Thrones, ce qu’il semble visiblement prêt à faire.

     

     

    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015).

     

    Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

    Liens

    La lutte pour le pouvoir au sein de la maison des Saoud pourrait virer au bain de sang

     

     

    Source et Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

    La lutte pour le pouvoir au sein de la maison des Saoud pourrait virer au bain de sang

    Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone


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    3 février 2018

    Le Premier ministre bulgare Borisov qualifie la politique d’immigration européenne d ‘«échec complet», ajoutant que l’incapacité des partis traditionnels en Allemagne à former une coalition était due à l’impuissance du gouvernement face à la crise des réfugiés apparue en 2015.

     

    « Nous devons admettre que le programme de quotas de migrants de l’UE est un échec total. Au lieu de discuter entre nous du nombre de migrants que nous devons accepter, nous devrions adopter une approche différente », a déclaré Borisov.

     

    Borisov a proposé d’améliorer et de renforcer les frontières extérieures de l’UE, en développant des critères clairs qui pourraient aider à distinguer les réfugiés et les migrants économiques à un point d’entrée, et améliorer les échanges de données entre les Etats membres pour mieux suivre les terroristes potentiels.

    L’initiative la plus controversée, qui a fait sensation dans l’auditorium, était la suggestion de Borisov que l’UE construise des installations de sécurité le long des frontières des pays déchirés par la guerre afin de traiter les données des migrants avant même de quitter leur pays d’origine.

    « Je ne comprends pas pourquoi nous devrions verser des milliards d’euros dans les économies des pays du Moyen-Orient tels que l’Afghanistan, la Libye et la Syrie et ensuite réparer les dégâts causés par quelqu’un d’autre. Nous devons réfléchir à comment préparer les gens de ces pays à rentrer chez eux et à réparer leurs propres économies. »

    New Europe

    via http://www.fdesouche.com/948981-premier-ministre-bulgare-juge-politique-quotas-de-migrants-decidee-lue-echec-total-estime-quil-faut-reflechir-retour-migrants-pays-dorigine

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    Temps orageux


    James Howard Kunstler – Le 29 janvier 2018 –

    Source kunstler.com

     
    -1.jpgTu rigoles ou quoi ?

    Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas des admirateurs du président Trump, il est encore plus douloureux de voir l’opposition démocrate sombrer dans la malhonnêteté prodigieuse de cette histoire de « collusion russe ».

    Quand l’intelligentsia de la nation perd sa capacité de penser – quand elle devient une « désintelligentsia »– alors il ne reste plus de guides de la réalité. Trump est déjà bien assez fou, mais la « résistance » entraîne le pays dans une folie encore plus dangereuse.

     

    Il est difficile de ne pas être impressionné par les preuves du dossier public montrant que le FBI s’est mal comporté lors de divers évènements liés aux élections de 2016.

    Et qui, à part Rachel Maddow, Anderson Cooper et Dean Baquet du New York Times, peut prétendre être impressionné par l’absence totale, jusqu’ à présent, de preuve d’une « ingérence » russe faite pour vaincre Hillary Clinton ?

    Je répète : jusqu’à présent. Cette histoire se déroule depuis un an et demi maintenant, et au fil des jours, il semble de moins en moins probable que le procureur spécial Robert Mueller ait des preuves concluantes en main.

     

    Pendant ce temps, tout et n’importe quoi fuite du FBI et de son organisme de tutelle, le ministère de la Justice, y compris des preuves tangibles embarrassantes montrant la débauche procédurale du FBI, et il est difficile de croire que le bureau de M. Mueller soit plus hermétique que le reste de cette administration.

    Si un procureur martien débarquait sur Terre et examinait les preuves déjà rendues publiques, il soupçonnerait probablement le FBI et le ministère de la Justice d’avoir collaboré avec le bureau de campagne de Clinton et le Parti démocrate pour faire dérailler le bon déroulement de la campagne Trump, puis d’avoir élaboré une « politique d’assurance » pour le détruire une fois au pouvoir.

     

    Puis, dans la foulée, pour annuler toute action potentielle en justice contre Clinton au sujet de son serveur de courriels ; contre ses actions avec le DNC pour subvertir la campagne primaire de Sanders ; pour l’utilisation du dossier Steele afin d’activer un mandat de la FISA et espionner le bureau de campagne de Trump ; contre les détournements de fonds de la Fondation Clinton (en particulier, les 150 millions de dollars de sources russes à la suite de l’affaire Uranium One 2013, quand Hillary était secrétaire d’État). Il y en a évidemment plus là-bas que dans le dossier « collusion avec la Russie » brandi par la « Résistance ».

    Je ne comprends même pas comment Robert Mueller a pu paraitre assez crédible pour présider cette enquête spéciale. Il est, après tout, l’ami intime et ancien mentor du personnage qui est très probablement le pivot de toute cette affaire contre Trump : James Comey, l’ancien directeur du FBI licencié par Trump – soi-disant pour faire obstruction à la justice, clé de voûte utilisée dans la tentative de destituer ce dernier.

    Je ne suis pas à l’aise de parler comme si j’étais un partisan ou un défenseur de Trump, mais je suis encore moins à l’aise avec l’apparition d’un organisme judiciaire malhonnête et devenu ouvertement politisé.

    Les bêtises, jusqu’ici mal expliquées, du FBI et du ministère de la Justice donnent une mauvaise image des autorités du pays – et en particulier de ceux qui prétendent être du côté de la justice.

    Il s’agit d’un problème beaucoup plus vaste que ce que le débat public ne semble le réaliser. Nous ne sommes plus loin du moment où personne ne pourra plus croire en quoi que ce soit venant d’officiels.

    Je demeure convaincu que ce cirque de scandales et de contre-scandales ne sera pas nécessairement résolu par l’appareil judiciaire, du moins pas dans un délai raisonnable qui permettrait à l’establishment politique de se sortir la tête du cul et de commencer à prêter attention à l’intérêt public.

     

    Au contraire, la tente du cirque va tout simplement s’effondrer dans une crise financière qui se dirige vers le continent américain avec la force d’une tempête.

    M. Trump est maintenant considéré comme le seul responsable d’un marché boursier asymptotique, d’un marché des obligations parcouru de frissons, d’une monnaie chancelante et d’un dilemme insoluble en matière de dettes.

    Ce sont des conditions qui peuvent réellement faire imploser une société.

     

    James Howard Kunstler

    source et Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone.


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    La Russie pourrait faire son Pivot vers l’Afrique avec des mercenaires


    Par Andrew Korybko – Le 18 janvier 2018 – Source Oriental Review

     

    Russian mercenaries

    L’avant-projet de loi visant à légaliser les compagnies militaires privées en Russie pourrait donner au pays un avantage concurrentiel sur ses rivaux en l’aidant à se tailler une place précieuse et très demandée en tant que fournisseur de sécurité fiable.

    Cela lui permettrait  de tirer profit plus tard de son avantage stratégique pour récolter des « récompenses »énergétiques, minérales, économiques et autres, en encourageant le Kremlin à entreprendre un « pivot vers l’Afrique ».

     

    RTa rapporté que des parlementaires russes vont soumettre une proposition de projet de loi dans les semaines à venir pour légaliser l’industrie du « mercenariat » officiellement dénommée comme des « compagnies militaires privées » (CMP), avec en point de mire l’idée que cette étape est attendue depuis longtemps.

    Cela reviendrait simplement à faire en sorte que la Russie suive le rythme des autres grandes puissances.

    Cela dit, cela ne manquera pas de susciter beaucoup d’attention de la part de la majorité des médias en Russie, avec des accusations de conspiration dans son sillage, au sujet de tentatives de rejeter la faute de tous les niveaux d’agitation mondiale de l’Afghanistan à l’Afrique sur les épaules des « mercenaires » russes.

    En admettant qu’il y aura probablement un flot de reportages négatifs et généralement inexacts sur ce sujet, il vaut beaucoup mieux se concentrer sur les aspects « positifs » de cette proposition de loi et ce qu’elle pourrait entraîner à long terme pour la grande stratégie de la Russie.

     

    Donner du sens au mercenariat

    La première chose à faire est que le lecteur abandonne ce qui pourrait être son aversion morale préexistante envers les « mercenaires » et reconnaisse que cet élément de projection de la force avec « un déni plausible » par les États fait maintenant partie intégrante du monde actuel, pour le meilleur ou pour le pire.

    L’industrie des CPM a longtemps été utilisée par les gouvernements pour exercer indirectement une influence dans des régions ou des contextes « sensibles »  s’appuyant sur le fait que c’est une entreprise « privée » qui faisait le travail pour éviter la responsabilité des actions des combattants si quelque chose « tournait mal », comme ce qui s’est passé avec les infamies de Blackwater en 2007 pendant l’occupation américaine de l’Irak.

    De plus, les gouvernements n’ont pas l’obligation de rendre compte publiquement des pertes subies par les CPM.

    Par conséquent, s’appuyer sur leurs services signifie qu’ils peuvent réduire le nombre de victimes « officielles » afin d’éviter d’inciter le public à s’opposer à cette opération. Cela n’est toutefois pertinent que dans la mesure où la campagne concernée est de notoriété publique, ce qui n’est parfois pas le cas.

    Outre le renforcement des capacités de combat des forces militaires déployées ouvertement dans un théâtre de conflit, les CPM jouent également un rôle très important lorsque lesdites forces armées participent indirectement à des missions à l’étranger qui n’ont pas été officiellement déclarées, que ce soit par les médias ou même aux propres citoyens du pays quelle que soit la procédure légale.

    Ce « flux de travail » est possible parce que de nombreux « mercenaires » sont d’anciens membres de l’armée de l’État, certains d’entre eux conservant un contact avec ce corps et pouvant théoriquement se coordonner avec lui, comme on l’a souvent suspecté.

    Non seulement cela, mais d’anciens agents du renseignement et d’autres agents de l’« État profond » sont parfois employés dans cette industrie, ce qui en fait une extension non officielle de l’appareil de pouvoir d’un pays s’il est « correctement » appliqué.

    Prises ensemble, les deux principales qualités susmentionnées des CPM en font des atouts souhaitables pour toutes les grandes puissances, ce qui explique pourquoi la Russie est finalement prête à utiliser cet outil de pouvoir national.

     

    L’angle africain

    Des « mercenaires » russes ont déjà été signalés en Syrie avant même que le pays ne commence officiellement son intervention anti-terroriste en 2015, et des revendications similaires sont récemment apparues en Bosnie et pourraient même être inventées pour l’Afghanistan à l’avenir afin de concocter un récit de fausses nouvelles « politiquement pratique ». L’article le plus pertinent sur lequel se concentrer dans le cadre de cet article est ce que Stratfor a récemment dit à propos de l’angle africain à ce sujet.

    Le cabinet de renseignement privé a allégué que le Kremlin avait envoyé le « groupe Wagner » au Soudan et en République centrafricaine.

    Cette assertion ne peut être vérifiée de manière indépendante, mais elle aurait en réalité une certaine logique, compte tenu des dernières décisions stratégiques de la Russie en interaction avec ces pays.

    Pour informer les lecteurs qui ne surveillent pas les relations russo-africaines, la Russie a été invitée par le Soudan à établir une base militaire sur la mer Rouge et le pays a également fait pression sur le CSNU pour lever partiellement son embargo sur les armes contre la République centrafricaine afin de faciliter les transferts d’armes de Moscou vers ce pays déchiré par la guerre.

     

    L’auteur a traité ces deux développements le mois dernier dans deux articles intitulés :

    Le désir de la Russie est d’établir une présence stratégique dans le pays indispensable le long de la Route de la Soie de la Chine et de jeter les bases de sa sécurité pour « équilibrer » les affaires continentales par le biais d’une implication future dans divers processus de paix.

    Ayant ces objectifs à l’esprit, il est parfaitement logique que la Russie ait envoyé des « mercenaires » dans ces deux États africains pour les aider, mais considérant que les CPM pourraient être légalisées, réglementées et même promues en Russie, il est très probable que ce ne soit que la première étape d’un « pivot vers l’Afrique » plus large qui se déroulera dans les années à venir et souhaite des dividendes beaucoup plus tangibles que celles déjà mentionnées.

     

    Récolter les « récompenses »

    Les militaires russes ont fait un travail incroyable en écrasant Daesh en Syrie, et leur renommée mondiale pourrait naturellement en faire des « mercenaires » très recherchés partout dans le monde, et en particulier dans les régions de l’Afrique riches en ressources.

    Bien qu’établir une présence stratégique sur une partie du continent et jouer un rôle dans les processus de résolution des conflits soient deux choses très importantes, elles n’apportent pas à elles seules des « récompenses » matérielles pour la Russie.

    C’est la raison pour laquelle cette grande puissance multipolaire va probablement tirer parti de son attirance pour les CPM pour plus de gains « terrestres » peut-être à prendre au sens littéral.

     

    En particulier, la Russie pourrait conclure un accord avec son partenaire mondial chinois pour protéger les routes de la soie, notamment celles en Afrique, en échange de contrats commerciaux lucratifs qui pourraient dans de nombreux cas déboucher sur des accords énergétiques ou miniers, menant à une présence russe plus forte et plus robuste sur le continent.

    Moscou, après tout, remplirait une fonction vitale pour Pékin en déployant « de manière informelle» ses muscles militaires dans cette partie du monde, la plus impactée par la guerre hybride.

    Il pourrait sembler condescendant que la Russie travaille en Afrique au travers de la Chine pour conclure des accords africains plutôt qu’avec les pays hôtes eux-mêmes, mais Pékin contrôle déjà une grande partie des industries extractives du continent et est donc l’acteur le plus logique pour Moscou pour s’engager sur ce front.

    Malgré cela, la Russie ne veut pas pour toujours être le « partenaire junior » de la Chine en Afrique, d’autant plus qu’elle devrait jouer un rôle disproportionné dans la protection de ses nouveaux actifs mondiaux de la Route de la Soie et son changement de paradigme global.

    C’est probablement le rôle de Moscou avec une politique globale basée sur les « mercenaires » dans un proche avenir, suite à la légalisation attendue de l’industrie des CPMS.

    Pour expliquer ce mouvement, la Russie est considérée comme la Grande Puissance la plus « neutre » intéressée par l’Afrique, et, à cette fin, ses services de « mercenaires » seraient déjà très demandés par principe, sans même prendre en compte leur valeur sur le terrain, testée récemment en Syrie et qu’elle pourrait fournir à tout client.

    Couplées avec la boite à outils russe de diplomatie « militaire » et « équilibrante »  les CPM pourraient transporter, garder et peut-être même employer les armements russes fournis aux États en proie à des conflits afin d’aider leurs gouvernements à façonner la situation sur le champ de bataille.

    Des solutions politiques médiatisées par la Russie peuvent être envisagées, peut-être même avec la mise en œuvre du « fédéralisme identitaire ».

    Tandis que Moscou prend la tête de chacun de ces mouvements géopolitiques ou y est impliquée dans une large mesure, alors la Russie pourrait rapidement jouer le rôle de « gardien de l’Afrique » en aidant à sauvegarder la paix et la sécurité de manière plus fiable que n’importe quel autre pays.

    La « récompense » ultime pour ces services serait que les gouvernements hôtes eux-mêmes favorisent les entreprises russes par rapport aux entreprises chinoises dans la distribution des futurs contrats, indépendamment de la sphère dans laquelle ils se trouvent, en vue de faire de Moscou un de leurs partenaires stratégiques afin de contrebalancer toute crainte réelle ou imaginaire d’être « dominé » par Pékin.

    Ce résultat gagnant-gagnant verrait la Russie et la Chine entrer dans une compétition multipolaire « amicale » et complémentaire entre elles en Afrique, qui profiterait à tous les partis en diversifiant leurs relations et en consolidant la stabilité sur le continent.

     

    Réflexions finales

    La Russie est au milieu d’une résurgence en tant que grande puissance qui voit son influence atteindre tous les coins du monde, ce qui inclut naturellement l’Afrique.

    Cependant, c’est sur ce continent que la domination russe est la plus faible après le repli stratégique que Moscou a entrepris dans les derniers jours de l’ère soviétique et dont elle ne s’est pas encore complètement remise.

    Depuis deux décennies et demies, la Russie est loin derrière tous ses concurrents en Afrique, ce qui signifie que le seul espoir pour elle de rattraper son retard est de dévoiler une vision totalement nouvelle et ambitieuse qui répond à une demande importante et peut ensuite être exploitée pour des « récompenses » tangibles, d’où la politique consistant à utiliser des « mercenaires » pour stabiliser la situation dans de nombreux États, riches en ressources, et créer les conditions permettant à la Russie de récolter des contrats favorables par la suite.

    Contrairement à ses homologues américains, français ou britanniques, l’armée russe et ses rejetons ne sont pas considérés comme ayant des intérêts politiques régionaux qui « justifieraient » qu’ils prennent part à des mesures de déstabilisation ; Au contraire, les intérêts continentaux de la Russie sont entièrement liés à la stabilisation de l’Afrique et facilitent donc les contrats commerciaux, extractifs et de travaux publics pour ses entreprises.

    Cette dernière motivation en terme de realpolitik ressemble beaucoup à celle de la Chine, à une seule exception notable : Pékin est incapable de fournir le niveau d’assistance indirecte « mercantile  » autour de la sécurité que Moscou peut apporter, augmentant ainsi l’attrait de la Russie.

    En outre, la Russie possède déjà une vaste expérience diplomatique pour promouvoir un règlement « juste » et l’obtention de « compromis » lors de la guerre contre la Syrie, ce qui la distingue de toutes les autres grandes puissances et ajoute de la valeur à sa contribution lors de la résolution des crises du continent.

    Les États africains sont conscients que leur loyauté et leurs ressources sont contestées par l’Occident (principalement les États-Unis et la France dans ce contexte) et même la Chine, et ils sont impatients de trouver un troisième partenaire viable pour « équilibrer » les deux premiers et obtenir de meilleurs avantages de chacun d’eux.

    L’Inde et le Japon, qui se sont associés pour construire le Corridor de croissance Asie-Afrique (aussi connu sous le nom de « corridor de la liberté »), qui ne peuvent pas proposer des projets d’infrastructures en dur que la Chine commercialise, se rabattent sur des  infrastructures légères sous forme de services (soins de santé, écoles, formation professionnelle, etc.), ce qui ne les différencie pas beaucoup de la concurrence et les disqualifie donc en tant que « partenaires tiers » substantiels.

    La Turquie, tout en ayant un attrait unique principalement du fait de son modèle de gouvernance de type « démocratie islamique » et des investissements économiques importants, n’a aucune expérience de sécurité pertinente en Afrique en dehors de la Somalie et n’a pas les capacités de résolution de conflit de la Russie.

    Tout cela mène à la conclusion que la Russie est de loin la mieux placée pour jouer le rôle de troisième partenaire d’équilibrage des pays africains, plus que tout autre État, et que le rapprochement de ces gouvernements avec Moscou pourrait en réalité incarner une nouvelle expression au XXIe siècle du Mouvement des pays non alignés dans le contexte de la nouvelle guerre froide sur leur continent.

     

    Au lieu d’être fermement dans les « camps » occidentaux ou chinois, ces États pourraient chevaucher les deux en rejoignant la Russie et en bénéficiant de l’aide diplomatique et sécuritaire inégalée qu’elle peut offrir pour aider à trouver un « juste milieu » gérable.

    Cela est encore plus poignant à propos des pays sujets aux conflits y compris armés tels que le Soudan, la République centrafricaine et beaucoup d’autres, car ils ont plus que tout autre pays africain désespérément besoin de sécurité et de diplomatie, des services que seule la Russie peut fournir.

    Et la Russie a bien sûr besoin de ces partenariats comme première étape pour commencer activement son « pivot vers l’Afrique ».

     

     

    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015).

    Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

     

    Source et Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    L’Iran et le Grand Architecte

    L’Iran et le Grand Architecte

     
     

    Cette relation a été établie par la veuve du colonel Boumédiene, Anissa, dont on pouvait estimer, avec le bon sens propre au Grand Michel (comme on désigne la naïveté robuste traditionnelle  de ce que notre fabuliste qualifiait de  « paysan du Danube » ou   celle d’un Candide) qu’elle aurait plus spontanément évoqué Dieu ou Allah, maître des deux univers !

     

    Elle s’adresse ainsi à la cheftaine des dits « combattants du peuple » [Moudjahidines du peuple] qui sont une force offensive armée, notons le cependant, de type également révolutionnaire, islamico-marxiste, néo-bolcheviste  opposée à l’Etat iranien.

    Anissa Boumediène devant le CNRI (Moudjahidines du peuple), réuni en banlieue parisienne, en France, le 21 janvier 2018

    « Je suis prise au dépourvu car vous ne m’avez pas dit que je devais parler (…)

    Et je pense, si je pouvais émettre un vœu et que le Grand Architecte de l’univers m’entende, de dire eh bien oui, nous souhaitons la fin de ce régime en Iran et pour suprême gageure et suprême vengeance, nous aimerions que ce soit une femme qui le remplace et que ce soit, en particulier, Miryam Radjavi » (Anissa Boumedienne)

    Si le Grand Architecte entre dans la partie, c’est qu’une mobilisation interne et externe est prévue contre ce grand pays dont la République de 1979 a continué le développement engagé par le premier Châh d’Iran, Reza, qui entretenait de si fortes et aimables relations politiques et technologique  avec l’Europe nouvelle dressée contre le nouvel ordre du Traité de Versailles dessiné à la Conférence des Maçonneries des puissances alliées de juin 1917, tenue à Paris, qu’il fut renversé par une coalition anglo-soviétique en 1941.

     

    Reza Chah Pahlavi

    Une des conditions de pareil bouleversement  placé sous l’invocation de ce Grand Architecte de l’Univers, est le déracinement du patriotisme persan ou iranien, en le coupant de son passé, en le calomniant ou le caricaturant, et en cultivant au sein du peuple, entre nouveaux riches et classes appauvries par un blocus prolongé, une sorte de lutte des classes où triomphent les marchands d’illusion : pareil déracinement est sensible au sein d’une jeunesse nombreuse, majoritairement féminine, qui ne connaît du monde extérieur que l’image qu’en donnent les chaînes de télévision étrangères auxquelles elle a accès, et sans qu’un enseignement non pas religieux, mais moral et philosophique, ne lui ait été  prodigué qui l’armât suffisamment.

     

    Il est vrai, concédons le, qu’un mot a été lancé par le Guide religieux Suprême, mais qui demeure un concept vide sans mobilisation verticale de haut en bas, de la population, « d’économie de résistance ».

    L’idée est juste, et elle reprend la vieille idée allemande du philosophe et patriote Fichte, d’un « Etat commercial  fermé » : une nation doit pouvoir compter sur ses forces, sans songer uniquement à monnayer ses produits naturels.

     

    A cet égard un marché commun asiatique pourrait s’ouvrir, sauf à considérer, avec bon sens, que cette région d’Asie centrale est, en premier avec le Kazakhstan et sa capitale, Astana, ornée d’une pyramide due à un architecte anglais rénovateur de la City de Londres, une véritable loge maçonnique monumentale donnant ainsi à la veuve du Président Boumédienne cette lumière sur l’avenir et de l’Iran et de son pays frère, que chante l’épopée du Livre des Rois ou Châh Nameh, l’Afghanistan rongé par une lutte terroriste sans fin.

    « Palais de la Paix et de la réconciliation » construit en 2006 à Astana au Kazakhstan et dont l’inspiration maçonnique est évidente

    L’exemple de l’Iran, de sa reconstitution moderne, de son indépendance ruinée par l’Angleterre par deux fois en 1917 et en 1941, de la guerre avec l’Irak qui servit de point de départ à une destruction de ce pays qui pousse maintenant l’audace de l’Arabie wahhabite à viser directement l’Iran dans une lutte sans merci, est celui d’un pays qui dut chacune de ses renaissances 1 – à un chef autoritaire et plongeant les racines du peuple dans un passé mythique et enthousiaste, 2°- un écartement de toute division du pays, en mettant la Nation au dessus des intérêts particuliers, ce qui est le contraire de ce que diffuse l’idéologie actuelle d’assistance généralisée, 3°- une aide européenne efficace.

     

    Un aveu de  taille : le Dieu des printemps arabes et persans

    L’on dit que la vérité sort de la bouche des enfants, mais aussi que la bonne méthode de raisonner peut être, selon le mot de Descartes dans son Discours de la Méthode, entendue de tous, y compris des femmes et des Turcs, comme étaient de son temps entendus les Musulmans.

     

    C’est le bénéfice de cet entretien improvisé de la veuve du Président Boumédiene de nous révéler ce dieu des batailles qui ravage le Yémen, la Syrie, allume les canons du nouvel Ottoman très proche de l’Etat d’Israël, entre deux colères, et pousse enfin le monde au chaos en criant à la démocratie.

    C’est lui qui tire sur les Coptes d’Egypte, fit massacrer une quantité impressionnante d’Algériens, et permet aux fausses ambulances d’Afghanistan d’exploser !

     

    C’est un pareil dieu qui conduisait l’an dernier la justice britannique à approuver le commerce d’armes d’ Ilam Fox, ancien ministre écossais de la Défense, conservateur, promu secrétaire d’Etat, et partisan du Brexit, adversaire de la Défense européenne au profit de l’OTAN, ayant exporté près de 3,5 millions de livres sterlings d’armes en Arabie wahhabite, création, depuis le XVIIIe siècle, des intrigues britanniques visant à détruire les grands empires ottomans et perses.

    L’Arabie saoudite a mis le feu au Proche-Orient. À qui profite le crime ?

    Il faut aussi que ce dieu ait des charmes pour faire oublier que le Dieu de son enfance n’était pas celui qui trône en loge, qui a coupé la tête du roi-martyr, et quelques mois après, de notre reine qui écrivait à son frère Leopold, empereur d’Allemagne, en juin 1790, mort visiblement empoisonné par la secte :

    « Méfiez-vous là bas de toute association de francs-maçons. C’est par ce moyen que tous les monstres d’ici comptent parvenir dans tous les pays au même but. O Dieu garde ma patrie et vous-même de pareils malheurs » (Marie-Antoinette)

     

     

    Cette troupe de monstres est composée de plusieurs étendards, que les démons qui volent bas essaient de faire s’entrechoquer, et ce pour ne pas qu’on  s’aperçoive qu’un abîme final est ouvert, celui dans lequel les illusionnistes plongent les dupes ou les âmes naïves répétant des mots dont elles ne saisissent pas le sens.

    Cette étourderie de femme semi-savante enthousiasmée par le Grand Architecte est celle même de la raison contemporaine qui ne prend pas la peine d’abandonner ses distractions pour fixer la réalité.

     

    Le monde n’est point un chaos, mais un ordre qui a ses degrés, et tant que la duperie humaine préférera un dieu qui flatte à un qui juge, un dieu brouillon à un dieu sage, le vouloir-vivre aveugle à la sérénité d’une mort victorieuse, comme il s’en trouve la trace dans les vraies religions qui n’en font qu’une au crible de la philosophie, alors le compas d’architecte aura toujours la capacité de se transformer en fléau des peuples.

     

    Ce que montre le tableau de notre écroulement mondial.

    Pierre Dortiguier

    About Pierre Olivier     https://www.jeune-nation.com/geopolitique/


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    La Chine installe une base militaire en Afghanistan


    Par Peter Korzun – Le 30 janvier 2018 –

    Source Strategic Culture

    La province afghane du Badakhshan est limitrophe de la région autonome chinoise ouïgour, le Xinjiang. Elle faisait autrefois partie d’une voie commerciale reliant l’Orient et l’Occident, connue sous le nom d’ancienne route de la soie.

    Aujourd’hui, cette route est relancée dans le cadre de l’initiative chinoise One Belt, One Road(OBOR), qui prévoit la construction d’importantes infrastructures en Afghanistan et en Asie centrale, dans le but de stimuler l’intérêt de Beijing pour la province.

     

    L’Afghanistan abrite d’importants gisements de matières premières que la Chine pourrait importer. Pékin est en train d’investir 55 milliards de dollars au Pakistan et prévoit de construire un corridor économique s’étendant  jusqu’à la mer d’Arabie. L’OBOR dynamisera l’économie mondiale et profitera également à l’Afghanistan.

    La Chine est le principal investisseur et partenaire commercial de l’Afghanistan. La stabilité en Afghanistan est dans l’intérêt de la Chine, mais il y a peu d’espoir que les États-Unis puissent la fournir.

    Après tout, Washington n’a rien réalisé de substantiel allant dans ce sens depuis 2001.

    Il y a eu des attaques et des replis soudains, des changements de tactiques et de stratégies, et de nombreuses études sur la façon de renverser la tendance de cette guerre, mais les talibans sont toujours forts et l’économie afghane en ruine – le trafic de drogue étant le seul type d’entreprise qui y prospère.

    Jusqu’à présent, l’administration Trump n’a pas encore présenté sa stratégie tant attendue pour l’Afghanistan, même s’il y a au moins 8 400 soldats américains basés dans le pays.

    Et leur nombre va bientôt augmenter. Les relations entre les États-Unis et les autres acteurs concernés, comme le Pakistan, sont très tendues. Washington a récemment suspendu son aide militaire à ce pays.

    L’instabilité en Afghanistan menace le corridor économique sino-pakistanais, un élément important de l’OBOR. La Chine agit en tant que médiateur, essayant de concilier les différences entre les acteurs régionaux.

    Les relations afghanes et pakistanaises se sont détériorées en 2017 lorsqu’elles se sont accusé l’une et l’autre de fournir un soutien aux djihadistes opérant dans les zones frontalières.

    Pékin travaille d’arrache-pied pour améliorer ces relations bilatérales. Elle a mis en place une réunion tripartite entre tous les ministres des Affaires étrangères en 2017.

    L’un des résultats de ces discussions a été la création de groupes de travail pour promouvoir la coopération dans divers domaines d’activité. Une autre réunion devrait avoir lieu cette année à Kaboul.

    Le Mouvement islamique du Turkménistan oriental, un mouvement nationaliste et islamique ouïgour du Xinjiang, est actif en Afghanistan. Les militants acquièrent de l’expérience de combat en combattant côte à côte avec les talibans et d’autres groupes militants.

    Pékin ne veut pas que ces guerriers chevronnés reviennent et se livrent à des activités terroristes sur son territoire.

    La Russie et la Chine ont intensifié leur aide militaire aux États d’Asie centrale. Elles estiment que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) peut contribuer de manière substantielle à un règlement pacifique.

    Ces deux pays tentent de construire un réseau d’États régionaux. Moscou et Pékin sont motivées par leurs intérêts nationaux. Conscientes de leurs responsabilités en tant que grandes puissances, elles travaillent ensemble pour promouvoir la sécurité en Afghanistan et en Asie centrale.

    Ceci dit, la Chine pourrait penser que ses intérêts dans la région sont suffisamment forts pour justifier un engagement militaire à l’extérieur de ses frontières.

     

    Des représentants du gouvernement afghan ont indiqué que la Chine envisage de construire une base militaire au Badakhshan. Les discussions sur les détails techniques vont bientôt commencer. Les armes et le matériel seront chinois, mais l’installation sera dirigée par du personnel afghan.

    Les véhicules et le matériel seront acheminés par le Tadjikistan. Il ne fait aucun doute que des instructeurs militaires chinois et autres experts viendront également former et assister les missions.

    Le vice-président de la Commission militaire centrale chinoise, Xu Qiliang, affirme que la construction de cette base devrait être achevée en 2018.

    Grâce à quelques offensives puissantes menées en 2017, les talibans ont capturé temporairement les districts d’Ishkashim et Zebak et celui du Badakhshan.

    Le gouvernement afghan n’a pas réussi à assurer une présence militaire suffisante pour assurer la sécurité. Un accord avait été conclu avec les commandants locaux sur le terrain, qui leur avait donné une part de la production de lapis-lazuli là-bas, en échange d’une cessation des hostilités.

    Mais les chamailleries internes ont sapé la paix fragile entre les groupes locaux, et les talibans ont saisi l’occasion pour intervenir. La présence d’État islamique dans la province est particulièrement préoccupante.

     

    La sécurité des frontières est donc une question d’une importance primordiale pour Pékin.

    La question est : jusqu’où la Chine est-elle prête à aller ? Jusqu’à présent, elle a limité ses activités militaires à des équipes commandos patrouillant dans le corridor de Wakhan.

     

    Une base militaire au Badakhshan constituerait une étape importante démontrant que Pékin est prête à étendre sa présence dans le pays et remplacer les États-Unis.

    La Chine a un atout dont les États-Unis manquent – ses bonnes relations avec la Russie et le Pakistan. Pékin représente l’OCS, une grande organisation internationale qui comprend des acteurs tels que la Turquie, l’Iran, l’Inde, le Pakistan et les pays d’Asie centrale.

    L’année dernière, le président russe Vladimir Poutine a pris l’initiative de relancer les travaux du Groupe de contact de l’OCS sur l’Afghanistan.

    Ces activités avaient été suspendues en 2009.

     

    La Russie préconise d’ouvrir dès que possible des pourparlers directs entre le gouvernement afghan et les talibans. Pékin soutient également cette idée.

    Les deux nations sont dans le même bateau. Moscou a déclaré qu’elle était prête à accueillir une conférence sur l’Afghanistan.

    L’OCS peut transformer le processus de paix en un véritable effort multilatéral. Cela affaiblira le poids des États-Unis dans la région, mais renforcera les chances de trouver un règlement au conflit.

     

    La coopération et la diplomatie pourraient ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Afghanistan.

     

     

    Peter Korzun

    Source et Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

     


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    Syrie, la solution politique sabotée

     

    Par Lina Kennouche | 07.02.18 

    Seize jours après le début de l’opération militaire à Afrine (nord-ouest de la Syrie), Ankara peine à réaliser une avancée significative.

    Lancée le 20 janvier dernier, la vaste offensive militaire turque, qui se déroule sur six lignes de front dans une région enclavée comprenant 360 localités, a redoublé d’intensité avec le recours au «tapis de bombes».

    Depuis la prise de Jabal Barsaya des mains des forces kurdes le 31 janvier, la progression au sol des troupes de l’armée turque et des groupes auxiliaires est ralentie par le relief accidenté et l’épaisse couverture forestière des zones, qui empêchent un déploiement militaire massif et limite la mobilité et la manœuvrabilité des blindés.

    En dépit des pertes élevées dans les rangs des Forces démocratiques syriennes (FDS) soumises aux frappes aériennes et aux pilonnages d’artillerie, ses combattants parviennent à tenir leurs positions stratégiques à l’ouest d’Afrine.

    Cette offensive, qualifiée jeudi dernier d’«agression illégale» par le gouvernement syrien, semble désormais s’inscrire dans la durée en raison de la dureté des combats sur un terrain propice à la guérilla, et de la détermination turque à poursuivre la stratégie de bombardements intensifs pour déloger les FDS de ce secteur.

    Seul un accord avec Damas sur le retrait des forces kurdes pourrait aujourd’hui freiner les ambitions de la Turquie, qui multiplie les paris risqués.

    Prenant prétexte de l’intervention à Afrine pour nettoyer le secteur de la présence kurde, les Turcs avaient tenté il y a quelques jours une percée vers le sud d’Alep pour s’emparer de la colline stratégique de Tall El Iss qui surplombe l’axe routier reliant Alep à Damas.

    Cette attaque-surprise dans une zone nettoyée de la présence d’éléments djihadistes et située hors des territoires kurdes, sous le contrôle exclusif des forces iraniennes et du Hezbollah, témoigne de la volonté d’Ankara de chercher à réaliser des gains territoriaux dans le Nord.

    Ce clash avait fait dangereusement monter d’un cran la tension entre l’Iran (dont les forces sont engagées aux côtés du Hezbollah dans les combats pour défaire le siège des deux localités chiites de Foua et Kefraya dans la province d’Idleb) et la Turquie, mettant à mal l’accord conclu à Astana 6, le 15 septembre dernier, qui créé une quatrième zone de désescalade à Idleb, Lattaquié, Hama et Alep.

    La situation volatile sur le terrain a sans doute précipité l’«échec» du congrès de Sotchi, boycotté par le noyau dur de l’opposition et royalement boudé par les Kurdes.

    Malgré la participation de plus de 1500 représentants des différentes forces politiques et organisations civiles et religieuses le 30 janvier dernier et la caution onusienne apportée à l’initiative russe par la venue de Staffan de Mistura, le comité des négociations de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution proche de Riyad, des rebelles de l’ASL ainsi que l’acteur kurde engagé dans les combats à Afrine ont en effet refusé de prendre part au congrès du dialogue national syrien.

     

    Cette absence contrastait avec la surreprésentation de groupes de l’opposition proches des Russes à l’instar du Comité national de coordination pour le changement démocratique, dirigé par Hyatham Manaa, des délégués de la plateforme de Moscou et de la plateforme d’Astana, respectivement Qadri Jamil et Randa Kassis, ainsi que des membres du mouvement Al Ghad Al Souri du leader Ahmad Jarba.

    Alors que la Russie entendait assumer le rôle de maître d’œuvre pour la paix en redonnant un élan à un processus à la peine sur la base de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit «une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire» de transition, sans toutefois mentionner le départ d’Al Assad, dans le fond, Sotchi s’est bornée à refléter l’évolution du rapport de force sur le terrain et la volonté de Damas et Moscou de convertir leurs gains militaires en gains politiques.

     

    L’initiative a également été un révélateur du décalage persistant entre une opposition proche de Moscou, qui s’accommode d’une feuille de route déconnectant la question de la transition des priorités politiques et celle soutenue par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et la Turquie, qui insiste sur ce point central.

    Si pour de nombreux observateurs, la volonté des Russes et des Syriens de s’écarter de Genève et faire de Sotchi un prélude à une prochaine réunion à Damas semble avoir été tenue en échec, ce revers devrait, selon eux, favoriser la revitalisation du processus politique de résolution de la crise syrienne lancé à Genève.

    Cette analyse élude cependant deux points fondamentaux.

    Le premier se rapporte à l’évolution du rapport de force militaire : les Etats-Unis réclament avec insistance un retour à Genève alors même que les conditions sur le terrain ne s’y prêtent plus. Le président de la Commission syrienne de négociations (CSN, plateforme de Riyad) Nasser Al Hariri, absent à la réunion de Sotchi, s’est cependant déclaré en faveur des résultats de la réunion et de la mise en place d’une commission chargée de rédiger une Constitution, si celle-ci intervenait sous la supervision des Nations unies.

    Le second point est relatif à l’agenda de Washington en Syrie. Sous couvert de la nécessité de redynamiser le processus de Genève, les Etats-Unis entendent prolonger la guerre en Syrie pour maintenir une présence militaire dans le Nord.

    L’objectif américain est double : poursuivre la stratégie d’endiguement de l’influence iranienne et tenir en échec une médiation russe qui aurait des conséquences régionales dans un contexte de tension croissant avec Moscou.

    La présentation par le Pentagone de sa nouvelle stratégie de défense nationale, qui identifie une menace stratégique russe et chinoise, ainsi que la publication par le département américain du Trésor d’une liste d’officiels et d’hommes d’affaires russes, proches du président Poutine, visés par des sanctions signalent un durcissement de la confrontation avec Moscou.

    Washington craint également qu’une intervention de premier plan de la Russie dans la résolution de la crise syrienne ne favorise son implication dans une recherche de solution au Yémen et en Libye, confortant ainsi son rôle de force médiatrice, agissante et pragmatique.

    Lina Kennouche

    Source: http://www.elwatan.com/international/analyse-syrie-la-solution-politique-sabotee-07-02-2018-362082_112.php

     

    https://arretsurinfo.ch/syrie


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