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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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     » Je n’ai jamais croisé un seul journaliste étranger, mis à part ceux de RT »!

     
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    Carla Ortiz, célèbre actrice bolivienne vivant aux Etats-Unis, vient de passer huit mois en Syrie afin de tourner un documentaire. Présente à Alep lors des derniers jours de la bataille, son récit diffère sensiblement de celui des médias mainstream.

    Exécutions de masse, tortures, viols et autres exactions. L’armée arabe syrienne a été accusée de tous les maux au crépuscule de la bataille d’Alep. La grande majorité des médias occidentaux s’est fait le relai de ce réquisitoire contre Bachar el-Assad et ses soldats. Pourtant, depuis la reprise totale de la ville par les forces gouvernementales et même avant, de nombreux observateurs ont remis en cause ce récit.

    Durant son séjour, son équipe a tourné 300 heures d’images, parcouru les trois quarts du pays et visité des zones contrôlées par le gouvernement et l’opposition. Lors des derniers jours de la bataille d’Alep qui ont vu les civils de la partie est de la ville être évacués, Carla Ortiz était présente. Et ce qu’elle raconte tranche beaucoup avec le discours dominant en Occident.

    «Il n’y a pas eu d’exécutions de masse à Alep [de la part des soldats de l’armée arabe syrienne]. Oui, bien sûr, il y a eu ces bombardements massifs. Il y avait 47 groupes terroristes, plus les rebelles, plus l’Armée syrienne libre. Tout le monde bombardait tout le monde», a-t-elle déclaré le 21 décembre sur CNN.

    Sur la chaîne américaine, elle a fait un terrible récit de la situation des civils bloqués à Alep-Est durant de longs mois de combats : «Ils vous racontaient comme ils mourraient de faim, comme ils étaient privés d’éducation, comment, s’ils avaient voulu passer à n’importe quel autre quartier, les terroristes les auraient tués, comment les jeunes filles, les petites filles, étaient exploitées pour ce djihad sacré, et victimes d’abus sexuels. C’est vraiment aller trop loin.»

    L’actrice et réalisatrice est également revenue sur les tweets de Bana, la petite fille syrienne qui racontait son quotidien d’enfant à Alep-Est et dont les publications ont été largement reprises par une partie de la presse occidentale.

    Je veux voir une vraie vidéo. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d’Alep-Est, et je le croirai «Je peux aussi vous assurer, quand je lisais les notes de préparation de tournage, à propos de ces jeunes filles qui tweetent, c’est impossible.

    J’ai été sur place… franchement… il n’y a pas d’internet, spécialement dans cette partie d’Alep, il n’y a pas d’électricité depuis plus de 85 jours, et très peu de gens ont la 3G ! J’étais avec des gens des Nations unies, de la BBC et de partout dans le monde, et vous ne pouvez pas envoyer un tweet lorsque vous êtes sur la ligne de front», a expliqué Carla Ortiz à CNN.

    Pointée depuis des années par des observateurs du conflit tel que le spécialiste de la Syrie et chercheur à l’université de Tours Frédéric Pichon, la porosité entre les groupes de «rebelles modérés» et les djihadistes semble se confirmer avec les témoignages recueillis par Carla Ortiz. «J’étais là pendant une dizaine de jours du temps des évacuations. J’ai observé.

    Les gens vous racontaient leur histoire. Ils vous disaient : « Ce gars là est un terroriste. » Pour eux c’est juste Daesh. Ils se moquent de savoir si c’est un rebelle, un soldat de l’armée syrienne libre, ils se fichent de savoir ce que c’est.»

    Carla Ortiz se montre également critique vis-à-vis de la couverture médiatique occidentale des événements qui se déroulent en Syrie.

    Se confiant à Sputnik le 28 décembre, elle s’est notamment étonnée de l’absence de reporters occidentaux au coeur de l’action : «Sur les six fronts de la guerre syrienne où je me suis rendue, incluant Alep-Est, je n’ai jamais croisé un seul journaliste étranger, mis à part ceux de RT.

    Alors comment des gens qui ne sont jamais allés là-bas peuvent couvrir la bataille pour la libération de la ville ou informer qu’Alep est en flammes? J’ai été au milieu des tirs et je peux raconter mon expérience.

    Mais eux, d’où tirent-ils leurs histoires ?»

    Lors de son passage du 21 décembre sur CNN, la réalisatrice avait conclu son intervention en larmes appelant à la fin du conflit : «En tant qu’humains, en tant que femmes, nous comprenons, en tant que mères, en tant que sœurs, et plus encore en tant que filles, que nos enfants ont le droit d’avoir le choix, et toutes les décisions que nous prenons dorénavant, que ce soit dans le business du divertissement, dans le milieu des médias d’informations, doivent participer à mettre fin à cette guerre.»

    Source    http://www.delitdimages.org/

     

     


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    Qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident


    L’Occident, très pathétique, déplore la chute d’Alep.

     

    Ce que l’Union européenne et le gouvernement fédéral allemand ne disent pas : à Alep, comme en Syrie, combattent surtout des détachements de mercenaires, qui sont financés par l’Occident et ses alliés.

     

    Sans eux, il n’y aurait pas eu de guerre en Syrie.


    Des habitants d’Alep-Est observent l’évacuation de mercenaires de leur ville le 15 décembre 2016 (photo: SANA/DPA)

    Le 18 décembre 2016 – Source Deutsche Wirtschafts Nachrichten

    Pour l’opinion publique allemande, il n’est souvent pas clair de démêler qui combat contre qui en Syrie. Un seul côté semble clair : une alliance de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah islamique. Mais contre qui combat au juste cette alliance ?

     

    La désignation des opposants au président élu Bachar al-Assad va des « rebelles »à l’« opposition » en passant par les « insurgés ».

    En effet, il y a même un parti d’opposition au Parlement syrien aujourd’hui, il y détient même un ministère (de la Réconciliation nationale).

    Pourtant les combattants « rebelles » sont presque exclusivement soutenus par des gouvernements étrangers et des services de renseignement.

     

    Dans l’inventaire qui suit, nous nous basons presque exclusivement sur des sources occidentales – qui font clairement ressortir que l’engagement des mercenaires est connu des médias internationaux.

    Cette liste est une liste de la honte : des services de renseignements et des gouvernements occidentaux financent une guerre en Syrie avec l’argent des contribuables, échappant à tout contrôle. Cela s’explique par des intérêts de politique énergétique, et vaut pour l’Occident comme pour la Russie et l’Iran.

    L’armée russe est venue à l’aide d’Assad. Elle l’a fait en conformité avec le droit international – même si la guerre est toujours horrible et que la Russie ne pouvait pas éviter que des civils soient touchés. Les mercenaires décrits ici et leurs « souteneurs » agissent tous à l’encontre du droit international.

     

     

    Le Front Sud :

    Actif à Daraa et à Kuneitra, rapporte Al Jazeera.

    Le groupe est financé et dirigé par le Centre des opérations militaires (COM) à Amman, qui dépend des États-Unis, selon la Fondation Heinrich-Böll.

    La BBC précise que pour le Front Sud, il s’agit du regroupement de divers groupes, doté d’une force de combat de 38 000 hommes, soutenu par la CIA.

    Elle est décrite par des représentants occidentaux comme le « groupe rebelle » le mieux organisé, selon Reuters.

    Le Front Sud est dirigé par l’ancien général syrien Bachar al-Zoubi. Celui-ci est un riche homme d’affaires qui a surtout fait fortune dans le secteur touristique. En outre, il est membre du clan al-Zoubi, selon le magazine NOW.

     

    La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam :

    Actifs dans la Ghouta-Est, dans la périphérie de Damas et à Qalamoun-Est, rapporte Asharq al-Awsat.

    Le groupe opère systématiquement avec l’armée de mercenaires de Jaysh al-Islam. La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam ont été levés et financés par l’Arabie saoudite. Riyad utilise le groupe comme organisation principale pour financer d’autres armées mercenaires en Syrie. Il y a eu par le passé des « rencontres de coordination » entre l’ancien chef des services secrets saoudiens Bandar, l’ambassadeur américain en Syrie Robert Ford et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Khaled al-Attiyah. Les rencontres secrètes entre des représentants de l’Arabie saoudite, des États-Unis et du Qatar avaient lieu sur le territoire turc, rapporte le Guardian.

    Le nombre des combattants se situe entre 40 000 et 70 000 hommes, d’après le rapports de l’Université Stanford. Le porte-parole de Jaysh al-Islam, Mohammed Alloush, a participé en tant que représentant des mercenaires aux pourparlers de paix de Genève, qu’il a unilatéralement rompus, rapporte Al Jazeera.

    Le fondateur de Jaysh al-Islam, Zahran Alloush, a été tué lors d’une attaque aérienne russe, rapporte le Guardian. L’actuel chef militaire du groupe est Essam al-Buwaydhani. Il n’y a pas d’informations fiables sur al-Buwaydhani.

     

    Le Front du Levant (Jabhat al-Shamiyah) :

    Actif au nord de la Syrie / province d’Alep.

    Le groupe est soutenu tant par des États occidentaux que par l’Arabie saoudite, nous dit Reuters. Au cours de la guerre en Syrie, il a reçu des armes antichars étasuniennes.

    Le nombre des combattants de ce groupe s’élève, selon des données de Medium.com, à 7000 environ.

    Le commandant suprême du Front du Levant est Abdelaziz Salamah. Selon les informations du Carnegie Middle East Center, Salamah est un « mercenaire » de la ville syrienne d’Adnan qui avait déjà dirigé d’autres troupes mercenaires.

     

    Nour al-Din al-Zenki :

    La troupe de mercenaires de Nour al-Din al-Zenki est active dans la province d’Alep – en particulier dans les faubourgs nord-ouest de la ville d’Alep, rapporte le Militant Leadership Monitor de la Fondation Jamestown

    Le groupe est alimenté en argent et en armes par les États-Unis. Le Centre des opérations militaires (COM) des États-Unis joue ici un rôle clé, mais la CIA doit contrôler l’usage de l’argent et du matériel. Le groupe devrait aussi avoir reçu des armes antichar étasuniennes de la CIA et d’Arabie saoudite, rapportent le Guardian et NOW.

    Selon des indications de Medium.com le groupe disposerait de plus de 3 000 combattants.

    Le commandant suprême du groupe est Cheik Tawfik Schahabuddin, selon le Carnegie Middle East Center.

     

     

    La Brigade des Faucons de la Montagne :

    La Brigade des Faucons de la Montagne est active dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

    Le groupe est soutenu financièrement et fourni en armes par la CIA. Ses actions sont coordonnées par le Centre des opérations militaires en Turquie, qui est dirigé par des membre des services secrets occidentaux et arabes, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty.

    Le groupe a une force combattante de 1000 personnes, selon le magazine Medium.com.

    Le commandant suprême de ce groupe de mercenaires est Hassan Hadj Ali, un ancien capitaine de l’Armée syrienne. Les combattants du groupe sont formés au Qatar et en Arabie saoudite, selon Radio Free Liberty/Radio Europe.

    La Brigade des Faucons de la Montagne a combattu jusqu’ici avec le Front al-Nusra et Ahrar al-Sham contre l’Armée syrienne.

     

    La 13e division :

    La 13e division est surtout active dans la province d’Idlib, selon Business Insider.

    Elle est financée par le Qatar et l’Arabie saoudite, rapporte Al Jazeera.

    D’après des informations du New York Times la CIA aurait équipé le groupe avec des armes antichar étasuniennes. Il dispose d’une force de combat de 1800 personnes, écrit Medium.com.

    Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Ahmed al-Saoud, dit la BBC. Al-Saoud a déserté en 2012 de l’Armée syrienne, où il avait servi pendant 20 ans auparavant, selon Al Jazeera.

     

     

    Jaysh al-Nasr :

    Le groupe Jaysh al-Nasr est actif dans la province de Hama et à Idlib.

    Selon des informations de Middle East Eye, Jaysh al-Nasr est armé et soutenu par la CIA.

    Le commandant suprême du groupe est le major Mohamed al-Mansour, rapporte RFS North. Al-Mansour est un déserteur de l’Armée syrienne.

    Jaysh al-Nasr a 3 000 combattants. Le groupe est soutenu par l’Occident et a abattu en mars 2016 un avion de combat syrien avec une arme anti-aérienne, rapporte le L.A. Times.

     

     

    La Division du Nord :

    La Division du Nord est active dans les provinces d’Idlib, de Hama et d’Alep.

    La Division du Nord appartient aux troupes mercenaires armées et soutenues par la CIA. La CIA avait équipé le groupe notamment avec des armes antichars, rapporte The Daily Mail.

    Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Fares al-Bayousch, qui avait auparavant servi dans l’Armée syrienne et avait travaillé comme ingénieur aéronautique, rapporte la Fondation Jamestown

    Le groupe a une force de combat de 3 250 personnes, selon le magazine Medium.com.

     

     

    La 1ère Division côtière :

    La 1ère Division côtière est active dans les provinces d’Idlib et à Lattaquié.

    Le groupe fait également partie des troupes mercenaires soutenues par la CIA, rapporte le Wall Street Journal. Il avait auparavant reçu des armes antichars étasuniennes, selon Stratfor. Son commandant suprême est le major-général Muhammad Hadj Ali.

    Hadj Ali est le déserteur du rang le plus élevé de l’Armée syrienne qui ait rallié les troupes mercenaires. Il a obtenu un doctorat à l’Académie Nasser en Égypte, rapporte Al Araby.

    La 1ère Division côtière dispose d’environ 2 800 combattants, selon Medium.com.

     

     

    La Légion Sham / Faylaq al-Sham :

    La Légion Sham est active à Homs, Hama, Idlib et Alep.

    La Légion Sham est soutenue par les États-Unis, nous informe le portail militaire russe South Front.

    Elle a cependant également participé à l’opération Bouclier de l’Euphrate, ce qui a conduit à ce que les milices kurdes soutenues par les États-Unis attaquent le groupe au nord de la Syrie. Le groupe mercenaire se consacre actuellement aux milices kurdes au nord de la Syrie, peut on lire dans le New York Times. Auparavant, il avait lutté presque exclusivement contre l’Armée syrienne.

    Le groupe dispose de 4 000 combattants, rapporte Medium.com.

    Le chef du groupe est Mondher Saras, annonce Carnegie. Il n’existe pas d’informations publiquement accessibles sur Saras.

     

    Ahrar al-Scham :

    La troupe de mercenaires Ahrar al-Scham est active surtout dans la province d’Idlib.

    Elle appartient aux groupes mercenaires soutenus par la CIA, nous dit The International Reporter. D’après des informations de la chaîne de télévision publique russe Sputnik News, l’Arabie saoudite soutiendrait également le groupe financièrement. Al-Masdar News décrit le groupe comme l’un de ceux soutenus par l’« Occident ».

    Son commandant actuel est Abu Yahya al-Hamawi, un ingénieur de Hama, qui a étudié à l’Université Tishreen, nous apprend Joshua Landis sur son site internet. C’est toutefois Abu Ammar al-Omar qui doit reprendre le commandement de Ahrar al-Scham, rapporte AP. Al-Omar passe pour un partisan de la ligne dure, qui rejette un cessez-le-feu avec l’Armée syrienne, selon Alalam.

    Ahrar al-Scham a une force combattante de 15 000 personnes, d’après Medium.com.

     

     

    Le Front al-Nusra (Fatah al-Sham) :

    Le Front al-Nusra est principalement actif dans les provinces d’Idlib et de Deir-Ezzor.

    Selon des recherches menées par le journaliste britannique Peter Oborne, les États-Unis et la Grande-Bretagne soutiennent le Front al-Nusra – la branche syrienne d’al-Qaïda – et de nombreuses troupes mercenaires en Syrie. Cela ressort clairement du documentaire The Report de la BBC Radio.

    Les États-Unis et le Front al-Nusra seraient dans le même camp lorsqu’il s’agit de combattre le président Bachar al-Assad.

    Le commandant en chef du Front al-Nusra est Abu Mohammed al-Julani, selon la BBC. Al-Julani est d’origine syrienne. Auparavant, il avait rejoint al-Qaïda en Irak et a été détenu à Camp Bucca, écrit Orient News.

    La Front al-Nusra a 12 000 combattants, selon Medium.com

     

     

    Le cas particulier du MI6 dans la guerre en Syrie :

    Après le renversement de Kadhafi, le MI6 et la CIA ont établi un réseau d’exfiltration de la Libye vers la Syrie. Des armes et des combattants ont été déplacés en Syrie pour renverser Assad.

    Les Britanniques et les Français ont formé les rebelles de l’Armée syrienne libre et étaient stationnés sur une base turque. Les rebelles auraient été situés entre autres au nord du Liban et dans certaines de la Libye, rapporte le site militaire du Royaume-Uni Elite & Special Forces.

    Asia Times informe que le MI6 et la DGSE française auraient entraîné les rebelles dans la région turque de Hatay et à Tripoli en Libye.

    À cela s’ajoute que le MI6, avec la CIA et des instructeurs français, forme et arme des rebelles contre la Syrie en Jordanie, selon le Guardian.

     

     

    La Brigade des Martyrs de l’Islam / Liwa’ Shuhada al-Islam :

    Ce groupe est actif dans la périphérie de Damas / Daraya. C’est la troupe mercenaire la plus importante à Daraya, rapporte Orient News.

    Entre 2012 et 2016, le groupe a reçu des armes antichars américaines de la CIA, rapporte le site internet Democratic Revolution, Syrian Style. L’utilisation de telles armes ressort également des vidéos de la troupe.

    Le chef militaire de ces mercenaires est le capitaine Saeed Enker. Il a dit à Orient News que son groupe soutiendra à l’avenir les groupe à Idlib, dans la lutte conte Assad.

    Medium.com rapporte que le groupe a plus de 1000 combattants.

     

     

    Le Mouvement islamique al-Muthanna / Harakat al-Muthanna al-Islamiya :

    Ce groupe est actif dans la province de Daraa.

    L’allié du Mouvement islamique al-Muthana est la milice terroriste d’ISIS (Liwa Shuhada’ al-Yarmouk). Le financement du groupe est opaque. D’après des indications du journaliste arabe Nabegh Soror le groupe aurait, à ses débuts, obtenu des aides financières d’une personne venant des États du Golfe, qui se présentait comme un membre des services secrets. Plus tard, il est cependant apparu qu’il s’agissait d’une personne privée, rapporte Zaman al Wasl.

    L’organisation est aussi considérée comme un intermédiaire entre divers groupes islamistes, selon Zaman al Wasl.

    Le commandant suprême et « émir » du groupe est Abu Ayyup, sur lequel on sait peu de choses, nous apprend Al Jazeera.

    Le groupe a 2 000 combattants, rapporte Medium.com

     

     

    La Brigade Sultan Mourad :

    La Brigade Sultan Mourad opère dans la province d’Alep.

    Le groupe est soutenu par la Turquie et participe à l’opération Bouclier de l’Euphrate.

    Son commandant est le colonel Ahmet Othman Fehim Isa, nous informe Voice of America.

    Le groupe a 1 000 combattants, qui sont principalement des Turkmènes, selon Medium.com. Le groupe appartient à l’organisation militaire principale Armée syrienne turkmène (STO dans son sigle anglais).

     

     

    Armée syrienne turkmène (STO) :

    La STO a été fondée en août 2013. Elle est active à Lattaquié, Alep, Idlib, Homs et Hama, rapporte Turkomania.org.

    La STO est soutenue par la Turquie. L’aile politique de la troupe est le Parlement turkmène de Syrie, dont le siège est à Istanbul et qui a d’autres représentations à Gaziantep et Yayladag.

    Le fondateur et commandant de ces mercenaires est le colonel Abu Bakir Muhammed Abbas, qui est un déserteur de l’Armée syrienne, rapporte Haberler.

    Le journal turc Yeni Safak annonce que la STO a plus de 5 000 combattants.

    ***

     

     

    Dans ce contexte, il devient clair pourquoi l’Occident ne peut rien faire pour protéger la population en Syrie : il doit faire sortir ses gens de la zone des combats, ce qui est toujours difficile après une bataille perdue.

    On ne sait pas si les Russes et les Syriens feront en sorte que les mercenaires puissent être éloignés en toute sécurité.

    On ne sait pas non plus où les mercenaires se rendront à la fin.

     

    Il faut lire les déclarations de l’UE et de l’Allemagne dans ce contexte. L’AFP résume :

    Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont appelé à la protection de la population d’Alep, mais ont en même temps avoué leur impuissance dans le conflit syrien.

    Dans la déclaration finale du sommet de l’UE à Bruxelles, ils ont condamné dimanche soir les attaques sur la grande ville syrienne et demandé que les habitants puissent quitter Alep-Est « dans la sécurité et la dignité ».

    La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) a parlé d’une situation « très déprimante » et a émis de sévères accusations à l’égard de la Russie et de l’Iran.

    L’évacuation d’Alep-Est entamée jeudi doit avoir lieu sous la surveillance des Nations Unies, affirme la déclaration finale. En même temps, de l’aide et des médicaments doivent pouvoir être amenés dans la ville. Les médecins et les hôpitaux doivent être protégés dans tout le pays.

    Le président du Conseil de l’UE Donald Tusk a demandé à l’issue du sommet européen la mise en place immédiate de « corridors humanitaires » : « La protection des civils est une priorité absolue. »

    Dans le même temps, Tusk a admis que dans le conflit syrien, l’UE n’était « pas aussi efficace que nous le souhaiterions »étant donné la « brutalité du régime » et de ses alliés la Russie et l’Iran. Mais l’UE n’est pas indifférente à la souffrance des gens en Syrie et continuera à faire « pression » sur les acteurs.

    Merkel aussi s’est exprimée avec tristesse sur la situation en Syrie : « Cette partie de la discussion, je ne veux pas vous le cacher, était très déprimante, parce que nous voyons tous, au XXIe siècle, quelque chose dont nous avons honte, qui nous brise le cœur, et que nous ne pouvons pas agir politiquement comme nous le voudrions. »

    En même temps, elle a reproché à la Russie et à l’Iran d’être coresponsables des attaques sur les civils et les hôpitaux d’Alep. Ce sont « des crimes, qui devront aussi être punis ».

    Jeudi, l’évacuation des habitants de la partie orientale assiégée a commencé dans la ville d’Alep. À Bruxelles, le président français Hollande a cependant alerté sur le fait que 50 000 personnes étaient encore « piégées »à Alep.

    Les menaces de sanctions contre la Russie ne se trouvent pas dans la déclaration finale – les chefs d’État et de gouvernement de l’UE n’ont aucun espoir d’exercer une véritable pression sur Moscou par ce moyen. Dans la déclaration du sommet, il est simplement écrit :

    « L’UE prend en considération toutes les options disponibles. » Hollande a dit que des sanctions n’étaient pas exclues à l’avenir, mais que « nous n’en sommes pas encore là ».

    Le dernier sommet de l’année de l’UE s’est tenu sous l’impression de la situation dramatique à Alep. Le maire de la partie est de la ville, Brita Hagi Hassan, était invité à la rencontre de Bruxelles [Qui n’est pas du tout maire, NdT].

    « Nous avons urgemment besoin d’une coalition pour contraindre le régime et les milices iraniennes sur place à respecter le cessez-le-feu, a dit Hassan.

    Et nous devons organiser l’évacuation des civils en toute sécurité. » Il a averti :

    « L’Histoire se souviendra du silence international face aux crimes contre l’humanité en Syrie. »

     

    Source et Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par nadine pour le Saker francophone

     


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    Obama voudrait-il déclencher une nouvelle guerre froide avec la Russie ?

    barack_obama

    31/12/2016 – 09h15 Moscou (Breizh-Info.com) – La situation s’est tendue entre les Etats-Unis et la Russie. Après la domination très claire de Vladimir Poutine sur le théâtre syrien, Barack Obama lance l’offensive contre le Kremlin en l’accusant d’avoir manipulé l’élection présidentielle américaine. Une vengeance à peine cachée qui pourrait bien se retourner contre l’oncle Sam.

    L’accord de cessez-le-feu, qui commençait ce vendredi à minuit en Syrie, a été signé par le régime de Damas et les rebelles, grâce à la Russie, l’Iran et à la Turquie notamment. Pour autant, des factions islamistes ont attaqué des positions du régime près de la ville chrétienne de Mahrada. Le Kremlin, à l’origine de l’accord, avait déclaré que toute organisation responsable d’attaque après la proclamation de l’arrêt des combats serait considérée comme terroriste.

     

    Cette déclaration présume que des ripostes seront  exécutées par la suite.

     

    Quoi qu’il en soit, la signature de cette trêve marque à nouveau la prédominance diplomatique de la Russie dans le conflit syrien, qui est parvenue à un accord avec la Turquie et de l’Iran.

     

    Face à ce camouflet géopolitique, les Etats-Unis sont donc une nouvelle fois sortie du jeu. En guise de derniers balbutiements, Barack Obama a lancé les hostilités contre Moscou au prétexte que le Kremlin aurait interféré dans la campagne présidentielle américaine pour favoriser l’élection de Donald Trump. En représailles, le président américain en fin de course a donc décidé de faire expulser 35 diplomates russes des Etats-Unis et de fermer deux sites des renseignements russes.

     

    La course à la Maison Blanche a été rythmée par de nombreuses révélations de Wikileaks sur Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’Etat, mais aussi sur son entourage de campagne. Leurs pratiques semblaient contestables voire détestables, comme l’affaire de pédocriminalité Pizzagate mettant en cause les frères Podesta.

     

    Sans se préoccuper des faits, Barack Obama se concentre sur les hypothétiques commanditaires de ces fuites en cascade.

    Pour le président américain, Wikileaks n’a pas agi pour la vérité mais sur ordre de Moscou… Il a également ajouté que les services de renseignements américains disposaient de preuves irréfutables. Pourtant, dans le dossier, rien ne met en évidence des liens entre Le Kremlin et les hackers lanceurs d’alerte…

    Face à l’attitude de Barack Obama, Vladimir Poutine a choisi la mesure, pour ne pas dire le dédain. Le président russe a ainsi déclaré : « Selon la pratique internationale actuelle, la partie russe a toutes les raisons de donner une réponse appropriée à ces actions. 

    Nous nous réservons le droit de réagir, mais nous ne nous abaisserons pas à la « diplomatie de cuisine » irresponsable et tiendrons compte de la politique de l’administration de Donald Trump pour décider des actions à entreprendre en vue du rétablissement des relations russo-américaines « .

    Pour l’heure, les sanctions sont essentiellement symboliques et diplomatiques. A 20 jours de son départ, Barack Obama sème des mines sous les pieds de son successeur. Il laissera à Donald Trump le soin de rétablir des liens cordiaux avec la Russie… lequel a déjà fait un communiqué pour arrondir les angles.

    Photo : DR
    [cc] Breizh-info.com, 2016 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine


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    Malgré le terrorisme et ses alliés : Alep martyrisée, Alep outragée, mais Alep libérée.

     
    Alep

    Malgré le terrorisme et ses alliés : Alep martyrisée, Alep outragée, mais Alep libérée.

     
     

    Chems Eddine Chitour, enseignant, Ecole Polytechnique enp-edu.dz♦

    « (…) Il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Alep, Alep outragée, Alep brisée, Alep martyrisée, mais Alep libérée! Libéreé par son peuple c’est-à-dire la Syrie qui se bat. La Syrie éternelle

    Paraphrase de de Gaulle lors de la libération de Paris.

    Cette citation adaptée de celle du général de Gaulle est là pour nous rappeler que quand les peuples ne veulent pas mourir, ils s’affirment à la face du monde. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l’Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar Al Assad n’aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui.

    De plus, tous ceux qui claironnaient ne méritaient pas de vivre, voire voulaient le punir sans savoir qu’ils étaient sur le point d’être balayés par l’Histoire qu’ils auront traversée d’une façon honteuse.

    Que l’on se souvienne de la mécanique diabolique pour arriver à la partition de la Syrie voulue par l’Empire et le sionisme et suivie d’une façon servile par les vassaux, d’abord créer un gouvernement  » off shore », la France avec Sarkozy puis avec Hollande proposa un universitaire paléo-syrien et la fille d’un diplomate syrien qui après avoir servi le président Assad père se découvre sur le tard une âme de dissident qu’il transmettra à sa fille devenue française et n’arrête pas de déverser son fiel bien au chaud du côté de la rive gauche.

     

    Avec cela on crée un Osdh (Observatoire syrien des droits de l’homme) de toutes pièces qui comptabilise les morts et les blessés à partir de Londres. On serait à 300.000 morts en 2000 jours de combat, soit une moyenne de 150 morts par jour! Qui dit mieux?

    L’unanimité de la presse française se brise devant l’évidence

    Curieusement, on constate une prise de conscience de certains médias- mieux vaut tard que jamais- à savoir que ce que racontent les médias stream ce ne sont pas des paroles d’Evangile. Sur le site Avic nous lisons:

    «Avec la libération d’Alep-Est par l’armée arabe syrienne et ses alliés, une partie de la presse française montre des signes de rédemption en donnant la parole à de vrais analystes, tandis qu’une autre partie reste campée sur les positions officielles de propagande de guerre en dépit des nombreux témoignages qui arrivent d’Alep.

    Dans le premier cas, c’est le Figaro qui nous fait l’immense et agréable surprise de publier un entretien avec le colonel Caroline Galactéros qui nous livre une analyse dont le sérieux, l’honnêteté et la rigueur sont à l’opposé de ce que nous lisons habituellement dans les colonnes des journaux subsidiés.

    Il est évident que les petits soldats de Libération, les Apathie, BHL et consorts n’auront jamais d’autres discours que celui qu’ils tiennent depuis plus de cinq ans.

    Cependant, il existe des journalistes honnêtes dont la parole pourra bientôt être libérée par l’évidence de la vérité.»

    Une dernière menace du Prix Nobel de la Paix

    L’Administration Obama passera la main , nous aurions cru naïvement que le prix Nobel de la paix transmettrait une situation moins dangereuse. Que nenni: si les terroristes au Moyen-Orient se procurent des missiles surface-air, ce sera le pire résultat de la décision des États-Unis de lever les restrictions sur la livraison d’armes en Syrie, prévient le Kremlin.

    Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a commenté ce vendredi 9 décembre la décision du président américain Barack Obama de lever les restrictions formelles sur la livraison d’armes, de munitions et de matériel militaire aux alliés des États-Unis dans la lutte antiterroriste en Syrie ».

    « Le président Barack Obama a levé les restrictions concernant les livraisons d’armes en Syrie, un pays que Washington considère comme sponsorisant le terrorisme. Un mémorandum a été envoyé à cet égard aux responsables du Pentagone et du département d’État.

    Les États-Unis frappent les positions de Daesh en Syrie depuis 2014 sans autorisation des autorités de ce pays.

    Des entités des forces spéciales américaines soutiennent également des groupes locaux opposés au président syrien Bachar el-Assad dans leur lutte contre les terroristes.» 

    En fait, «l’Occident et ses alliés n’ont jamais» arrêté d’alimenter les terroristes en armements, en argent et en hommes.

    Rappelons-nous, c’est lors de l’offensive de la coalition internationale des USA et de leurs vassaux que le terrorisme a conquis de vastes territoires en Syrie et en Irak. Au lieu de combattre le terrorisme, ils ont voulu le canaliser pour atteindre des objectifs stratégiques (…)

    Les terroristes étant le bras armé de l’Occident contre ceux qui lui tiennent tête, renforcer leur arsenal s’inscrit dans l’objectif final: la guerre multiforme contre la Russie.» (3)

     

    Alep ou la déroute de la diplomatie occidentale

    On dit souvent que l’armée « la grande muette » ne parle pas , l’analyse suivante de Caroline Galactéros, colonel de réserve est pour nous une agréable surprise . Dans une analyse lucide elle situe les enjeux dans une interview qu’elle a donnée au Figaro :

    «L’Armée syrienne a repris plus de 70% d’Alep-Est aux rebelles. d’autres pays pourraient se rapprocher de la Russie qui, en Syrie, a su protéger les structures étatiques malgré la curée internationale contre elle.

    Cette avancée des forces du régime est importante.(…) Surtout, l’exfiltration réussie de plusieurs dizaines de milliers de civils vers l’ouest de la ville prive les djihadistes de leurs «boucliers humains»… et les adversaires occidentaux du régime d’un argument médiatique lourd contre l’implication militaire de Moscou à ses côtés…

    La prise d’Alep, si elle devait se réaliser rapidement, constituerait un cap au plan des forces morales qui s’opposent dans cet interminable pugilat, mais surtout une victoire politique symbolique de prix qui conforterait un rapport de force de plus en plus favorable à la restauration de l’Etat syrien. (…)

    Même John Kerry dans sa déclaration à Bruxelles du 6 décembre semble jeter l’éponge, apparemment convaincu que la partie (i.e le renversement du régime syrien et l’éclatement du pays) est perdue.»

     

    Parlant de l’entêtement de l’administration actuelle, elle déclare :

    «elle poursuivra sans doute son soutien au moins indirect aux groupes radicaux pour pourrir au maximum le jeu russe et plus encore celui du nouveau Président, qui a déjà entrepris un dialogue avec Moscou pour sortir l’Amérique de ce bourbier.

    La guerre ne va donc pas s’arrêter avec l’éventuelle reprise d’Alep. Elle cessera lorsque les puissances sunnites, les États-Unis, mais aussi la France accepteront leur ‘échec” et chercheront sérieusement un compromis politique soutenable pour la Russie et l’Iran. (…)

    Le retour de la Russie est à mon sens plus qu’une évidence. C’est une nécessité, n’en déplaise aux nombreux «experts» et commentateurs qui veulent contre toute évidence persister à voir le monde avec un regard de cyclope myope,.

     

    Il est pourtant urgentissime de reconnaître enfin que le modèle implicite des relations internationales qui a eu cours depuis 20 ans s’est définitivement fracassé contre ses propres excès. L’idéalisme moralisateur comme masque d’un interventionnisme rapace a fait des ravages qu’on ne peut plus ignorer.» 

    «Que propose la Russie? Profitant de cet échec patent écrit Caroline Galactéros, la Russie propose de rééquilibrer le jeu international, d’admettre sa multipolarité de fait et de se rapprocher de l’Occident dont elle s’estime encore pleinement partie.

    Surtout, elle offre un modèle alternatif de référence et surtout de protection plutôt convaincant: fiable, cohérent, pragmatique, résilient. ”Ne pas lâcher Assad” en dépit de la curée internationale contre lui, et surtout protéger l’Etat syrien du démembrement a un impact non seulement à Damas et Téhéran, mais aussi au Caire, à Alger, à Delhi, en Afrique, aux EAU, à Ankara et même d’une certaine façon, à Ryad…(…)

     

    Pour l’heure, les Russes ont marginalisé les Américains – qui ont déjà fort à faire pour ‘soutenir sans soutenir” les djihadistes et essayer de maitriser leur allié turc indocile. (;..)

     

    Mais à Paris, au lieu de s’insérer dans cette approche pragmatique, on persiste à criminaliser Vladimir Poutine, à parler d’Assad comme du bourreau unique de son peuple, à minorer le soutien populaire au régime de Damas pour accréditer l’idée qu’on pourrait, de l’extérieur, imposer un casting représentatif (…) Assad n’est ni le (seul) problème, ni la solution. (…)

     

    C’est un atout dans une négociation globale que chaque puissance intervenante essaie de valoriser au mieux.

    Si la reconquête militaire se poursuit à son avantage, il pourra sans doute négocier des conditions de sortie honorables pour lui et ses proches au terme d’un processus politique institutionnel et électoral auquel lui – ou d’autres de ses proches, membres éminents du régime -devront d’une façon ou d’une autre participer.»

     

    L’auteure conclut d’une façon lucide en donnant à la fois ce qu’elle croit être la réalpolitik et dans le même mouvement ce que devrait être la diplomatie française qui est encore à la traîne de l’injonction américaine :

    «Pour moi, notre monde a un très urgent besoin de réalisme politique et stratégique. Il faut ouvrir, au nom même de l’apaisement de sa violence structurelle, une ère de coopération hyperpragmatique et à visée éthique (ce n’est pas contradictoire!) en abandonnant les utopies mortifères de l’idéalisme moralisateur qui ont pavé le monde de cadavres civils sacrifiés sur l’autel de notre ubris.

     

    Il faut revivifier les Nations unies et revenir au respect de leur Charte fondatrice (…) Donald Trump est en train de s’entourer d’une équipe en matière internationale et de défense que je trouve de très bon niveau. (…)

     

    Encore une fois, nous donnons des leçons, refusons la réalité d’un nouveau président qui nous déplaît car il voit le monde sans lunettes roses et noires. Et nous nous enfonçons un peu plus dans la relégation diplomatique et stratégique.

    Sauf à mettre en oeuvre très vite une complète refondation de notre politique étrangère sur une base souveraine, indépendante, réaliste, audacieuse et généreuse.

    Ce n’est pas un choix. C’est impératif.» 

    Poutine donne sa vision du règlement

    Les pays occidentaux n’arrêtent pas de demander par résolutions la mise en place de trêves pour évacuer les civils et les blessés. Curieusement, quand le gouvernement syrien propose des trêves qu’il contrôle lui-même et ceci pour évacuer les civils utilisés comme boucliers humains et éviter les fuites des combattants, l’Occident et l’opposition «modérée», dénoncent ces évacuations forcées comme du «nettoyage ethnique».

     

    C’est une prise d’otage des civils par les combattants (islamistes). Même la Russie a proposé des couloirs d’évacuation des civils– proposition refusée par «des ONG»!…et naturellement l’ «Occident»! Les agences humanitaires refusent car la crainte est que Assad et ses alliés pourraient utiliser le vol des civils pour justifier une campagne encore plus aveugle contre l’est d’Alep, avec l’argument que ceux qui restent ont choisi de l’aide «terroriste».

    Souvenons-nous, il y eut une trêve humanitaire en octobre à Alep décidée par l’État syrien et la Russie. Vladimir Poutine avait évoqué la position de Moscou sur ce dossier avec Angela Merkel et François Hollande. Le 18 octobre, les forces aériennes russes et syriennes ont suspendu leurs frappes à Alep, en Syrie. Le président a particulièrement souligné l’importance du volet politique du processus.

    A savoir l’élaboration et l’adoption d’une Constitution sur la base de laquelle il serait possible d’organiser des élections préliminaires et de parvenir à harmoniser préalablement les positions entre toutes les parties au conflit. Prenant leurs désirs pour des réalités les Occidentaux pensent toujours à punir comme au bon vieux temps du colonialisme:

    «A Washington, mais aussi à Paris et à Berlin, on évoque aussi de possibles sanctions visant les responsables syriens, voire russes, des «crimes de guerre» commis à Alep. La question sera aussi à l’ordre du jour du Conseil européen des 20 et 21 octobre.

    La majorité des Vingt-Huit est réticente à prendre sur la Syrie des sanctions économiques contre Moscou dans l’esprit de celles qui furent adoptées – avec une réelle efficacité – pour faire pression sur Moscou dans la crise.» (Le Monde)

     

    Le «plan de paix» de l’Union européenne pour la Syrie

    «Considérant que les États-Unis n’interviendront plus en Syrie après l’accession au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne tente de sauver ses jihadistes en Syrie.

     

    Fin novembre, la Haute-Représentante européenne Federica Mogherini a proposé à ses interlocuteurs du Golfe de pousser un plan de décentralisation de la Syrie. Puisque le président el-Assad reste au pouvoir, l’Union imagine une Syrie dans laquelle le gouvernement de Damas conserverait la politique extérieure, mais où chaque gouvernorat serait autonome.

    De la sorte, les jihadistes pourraient continuer à occuper une partie du pays. Reste à convaincre les millions d’électeurs syriens qui ont porté el-Assad au pouvoir et s’apprêtent à goûter à la victoire d’accepter ce ‘ compromis”.

    L’Union européenne envisage de proposer une aide financière considérable au gouvernement syrien en vue de maintenir au pouvoir les terroristes syriens.

    Selon le journal britannique Times, l’Union européenne aurait l’intention de proposer des aides financières à Damas en échange du maintien au pouvoir des ‘ opposants ‘ armés syriens dans certaines régions du pays. En d’autres termes, elle veut soudoyer Assad pour qu’il concède le démembrement de la Syrie. (…)»

    (voltairenet.org/article)

    Assad qui se bat depuis bientôt 6 ans pour que son pays reste uni et que les terroristes soient jetés hors des frontières n’a aucune raison de céder au chant des sirènes surtout que ceux qui l’entonnent l’ont traîné, lui et son peuple, dans la boue.

    Cette proposition financière abjecte est tellement fidèle à la politique de Bruxelles, mais nous ne sommes pas amnésiques, ce sont eux qui ont aidé à la propagation de la guerre et la mort de milliers.

    Après la proposition antérieure de Stéphane de Mistura d’organiser Alep Est sous une administration de « l’opposition », c’est au tour de l’Union Européenne de jouer les bons offices pour faire gagner les perdants plus qu’annoncés sous une autre forme ‘ négociée ‘ à coups de milliards!!!

    Après l’échec de l’instrumentalisation et du chantage à l’humanitaire et à la ‘ trêve des combats”, l’UE en porteuse de valise (de billets de banque!) – de la dernière chance?- pour la coalition et les terroristes!? Il n’a pas accepté les milliards des monarchies du Golfe, ce n’est donc pas quelques millions qui le feront flancher.

    Après Alep, Moscou et Damas concentreront leurs efforts sur la province d’Idleb encore contrôlée par la rébellion.

    Plus de 10 000 civils ont fui les quartiers rebelles d’Alep  en raison des violents bombardements.

     

    Incorrigibles les médias occidentaux ne boudent pas leur plaisir en annonçant que les terroristes ont réussi à rentrer dans Palmyre.

    Un contre-feu: les djihadistes occupent le nord-ouest de la ville dont ils avaient été chassés en mars dernier par les forces syriennes, appuyées par la Russie.

    C’est dire si la haine est consubstantielle du logiciel du « magister dixit ».

    Illustration : Alep avant guerre.

     

    Source et Publication:  http://metamag.fr/2017/01/03


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    Vladimir Poutine a annoncé le 29 décembre que le gouvernement syrien et l’opposition syrienne armée s’étaient entendus sur l’instauration d’un cessez-le-feu et l’amorce de négociations.

     

    Ce cessez-le-feu est valable pour tout le territoire syrien. Il a été approuvé par “les principales forces” de la rébellion. Au total, sept groupes rebelles, dont le puissant Ahrar al-Cham, ont signé. Ils participeront aux négociations de paix à deux exceptions près, mais de taille, les deux groupes classés dans la liste des terroristes à éradiquer par l’ONU : le groupe État Islamiste et Fateh al-Cham, alias El-Nosra, alias Al-Qaïda, actuellement allié de la très disparate et inefficace coalition américaine.

    Les négociations de paix commenceront en janvier à Astana au Kazakhstan. La réunion d’Astana précédera des négociations inter-syriennes qui doivent être organisées par l’ONU le 8 février à Genève.

    « Il y a quelques heures, s’est produit un événement que nous n’attendions pas seulement depuis longtemps, mais pour l’avènement duquel nous avons beaucoup travaillé.

     

    Trois documents ont été signés : le premier sur l’arrêt des combats, le second sur les mesures de contrôle du régime de cessez-le-feu, le troisième sur l’ouverture de pourparlers de paix. »

     

    (Vladimir Poutine, le 26 décembre, cité par le quotidien russe Kommersant). Poutine a cependant précisé qu’après trois jours de calme la trêve est encore fragile et qu’il faudra beaucoup de patience pour trouver un accord sur lequel tous les participants auront du céder quelque chose. Rien d’étonnant à cela, c’est la base même de toute négociation.

    Le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, a déclaré pour sa part que « les militaires menaient depuis deux mois des pourparlers avec les leaders de l’opposition syrienne par l’intermédiaire de la Turquie ».

    L’opposition syrienne contrôle en gros le centre et le nord de la Syrie, mais uniquement des régions plus ou moins désertiques. Il est curieux que si des pourparlers étaient en cours entre Russes et opposition syrienne, aucune mention n’en a été faite dans la presse occidentale. Au moins quelques-uns des centaines d’espions, officiers de renseignement, présents en Syrie aussi bien à Damas qu’à Alep ont dû le découvrir et ils n’en auraient pas informé leurs gouvernements ?

    Ne serait-ce pas plutôt que ceux-ci étaient parfaitement au courant et qu’ils ont fait pression sur leurs médias pour que la chose reste secrète afin de leur éviter une “perte de face” catastrophique ?

    Serge Lavrov, ministre russe des Affaires Étrangères avec son homologue turc. (Photo Reuters publiée par Gazeta.ru le 28 décembre.)

    Les deux hommes viennent de concrétiser la nouvelle alliance russo-turque. 

    La réaction outrée des medias occidentaux montre que c’est bien de cela qu’il s’agit, car Poutine écarte a priori les États-Unis et la France des négociations prévues, ce qui démontre que la politique diplomatique menée par John Kerry, Laurent Fabius et maintenant Jean-Marc Ayrault a été un énorme échec en Syrie.

    Un seul exemple, la réaction du quotidien gouvernemental et socialiste français L’Obs : « Un cessez-le-feu en trompe l’œil : Cet arrêt des combats doit cependant être relativisé : il n’est qu’un nouveau cessez-le-feu parmi des dizaines qui, soit ne sont jamais entrés en vigueur, soit se sont très rapidement effondrés.

    Ce cessez-le-feu sera d’autant plus relatif que deux des plus importants groupes rebelles, l’organisation djihadiste “État islamique” (Daech) et l’ex-Front al-Nosra (Al-Qaïda), rebaptisée Fatehal-Cham, en sont exclus.

    Mais pour le Kremlin, l’essentiel est sans doute l’effet d’annonce, le coup de relations publiques, qui vise à faire oublier les accusations de “crimes de guerre” voire de crimes contre l’humanité” lancées à l’encontre des forces russes en Syrie ».

    Il n’est pas faux de dire que toutes les tentatives et annonces de cessez-le-feu tentées par Obama et Hollande ont échoué jusqu’ici. Cela a tenu à leur mauvaise préparation et à l’évidente volonté franco-américaine d’en écarter le gouvernement légal et légitime de la Syrie.

    Sans oublier la toute aussi évidente volonté franco-américaine de faire main basse sur le pétrole et le gaz syrien, irakien et libyen par la déstabilisation systématique de ces trois pays, autant pour complaire à l’Arabie Saoudite que pour nuire à l’ennemi qui justifie les agressions de l’OTAN, la Russie, et à l’ennemi des Arabes sunnites, l’Iran.

    Quant aux “crimes de guerre” et “crimes contre l’humanité”, on en reparlera quand nos médias montreront ce qui se passe à Mossoul sous le bombes franco-américaines.

     

    Ce sont la Russie, l’Iran et la Turquie qui vont encadrer les négociations de paix.

    L’invitation faite à la Turquie par Poutine montre sa grande intelligence et sa grande connaissance de la géopolitique internationale. En invitant la Turquie, avec laquelle la Russie était encore à couteaux-tirés il y a quelques mois, Poutine la détache du bloc OTAN americano-européen.

    L’Europe et l’OTAN vont-ils en tirer la conclusion qui s’impose : l’exclusion de la Turquie de l’OTAN et l’arrêt immédiat des négociations sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe que l’Union Européenne menée en contradiction avec la volonté des peuples européens ?

    Non. Car l’islamisation de l’Europe par la Turquie reste à l’ordre du jour dans les plans à long terme de l’Union Européenne et de l’élite financière mondiale menée par les institutions financières Goldman Sachs, Rothschild, Lazard, etc.

    Elles pensent qu’elles réussiront à saboter les négociations de paix lancées par la Russie avant leur conclusion qui signerait la mainmise de Moscou sur tout le Moyen-Orient, jusqu’ici chasse gardée anglo-saxonne. Mieux vaut la continuation de la guerre en Syrie que de voir la Syrie redevenir ce que Sergeï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce : « Nous sommes partisans du maintien de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Syrie et nous nous prononçons encore et toujours pour que la République arabe syrienne demeure un État uni, pluriethnique, pluriconfessionnel, démocratique et laïque » (Nezavissimaïa Gazeta, quotidien moscovite).

    Sans compter que la paix en Syrie signifierait 10 à 15% de migrants en moins en Europe, peut-être même dans quelques mois le retour en Syrie des Syriens déjà arrivés en Europe et compromettrait, ou au minimum retarderait, le Grand Remplacement que la communauté financière internationale souhaite ardemment.

    C’est pourquoi trois pays se sont abstenus lors du vote de l’ONU à une très large majorité d’une résolution approuvant « l’importante avancée que constitue l’initiative de paix russo-turco-iranienne en Syrie » (ONU) : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.

    La nouvelle alliance russo-turque est déjà effective sur le terrain : l’agence de presse turque Dogan a fait état le 30 décembre de raids par l’aviation russe à Al-Bab (nord), bastion de l’EI en Syrie que des rebelles syriens appuyés par Ankara tentent de prendre. Et la lutte contre l’autre groupe terroriste continue.

    Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), « Les affrontements sont sporadiques et s’accompagnent de frappes aériennes menées par des hélicoptères (russes) contre des positions de groupes rebelles et de Fateh al-Cham », ex-branche syrienne d’al-Qaïda appelé autrefois Front el-Nosra.

     

    Poutine fait ce qu’il a annoncé. Il fait ce que sont incapables de faire en Syrie Américains et Français.

    Hélicoptères d’attaque russe en Syrie (photo Reuters)

    La claque est d’autant plus violente pour Hollande et Obama que l’armée syrienne, la Coalition Nationale Syrienne (CNS), principale composante de l’opposition en exil et la “Haute autorité syrienne pour des négociations” regroupant un grand nombre d’ensembles islamistes d’opposition, ont confirmé leur participation aux négociations auxquelles Poutine les a invité ! « Actuellement, tout semble prêt pour un cessez-le-feu et l’instauration d’un dialogue direct entre le Gouvernement et les forces de l’opposition qui souhaitent préserver l’intégrité territoriale de la Syrie et sa souveraineté.

    Les troupes d’opposition qui ne se soumettront pas au cessez-le-feu seront reconnues comme terroristes au même titre que l’État islamique et le Front Al-Nosra » (Source ONU).

    Il y a depuis peu en Syrie beaucoup de troupes iraniennes, de confession chiite. D’autre part, l’opposition armée syrienne est soutenue par la Turquie, une opposition qui ne compte plus sur les pays occidentaux (notamment la France) jugés velléitaires, impuissants et dont les intentions ne semblent pas claires. « Sans la Turquie, l’entrée en contact avec l’opposition était quasi impossible, estime l’un des experts onusiens.

    Les Américains se sont révélés incapables d’exercer de l’influence sur elle, toutes leurs propositions conduisaient à l’impasse.

    Se tourner vers la Turquie a permis de régler le problème d’Alep.

    Par ailleurs, Ankara contrôle l’Armée syrienne libre, et c’est sur le territoire turc qu’ont eu lieu les tentatives de réunir toute l’opposition syrienne.

    Même si elles furent infructueuses, le fait est que la Turquie a des contacts solides avec elle. »



    Quand les pays occidentaux vont-ils comprendre que les Arabes préfèrent toujours les forts qui affirment leur force, comme Poutine et Erdogan, plutôt que les jérémiades verbeuses d’un Obama ou la mollesse inconsistante d’un Hollande, les deux étant en outre déjà effacés de la scène politique mondiale ?

    Cela dit, Le quotidien en ligneGazeta.ru relève que cette initiative de paix pourrait se heurter à deux obstacles : le premier est que l’accord n’inclut pas les forces kurdes, sur lesquelles Moscou et Ankara s’opposent. Poutine voudrait faire une place aux Kurdes dont les troupes se sont bien battues contre l’EI, Erdogan a peur de la revendication nationaliste kurde.

    Le second est le projet stupide de résolution franco-britannique à l’ONU, qui prévoit la mise en place de sanctions contre la Syrie.

    Comme si celle-ci, en ruines, avait besoin de sanctions quand c’est un vaste Plan Marshall qu’il lui faudrait.

     

    Mais la haine de Bachar el-Assad domine toujours dans les cervelles d’oiseaux de la diplomatie franco-anglo-saxonne.

    Pour voir et lire les articles originaux de Nezavissimaïa Gazeta et Gazeta.ru, cliquer sur leur nom dans le texte.

     

    L’Imprécateur

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    4 janvier 2017

    Le président syrien Bachar Al-Assad.

     

    C’est ce qu’a déclaré le président syrien à l’attention des pays exportateurs de djihadistes, dont principalement la Tunisie, devenu après la « révolution du jasmin » premier pays pourvoyeur en main d’œuvre terroriste, le second pays côté occidental étant la France.

     

    Selon les médias officiels syriens, le président Bachar Al-Assad a récemment déclaré que « les terroristes faits prisonniers par l’armée syrienne ne seront pas livrés à leurs pays d’origine afin qu’ils n’y reproduisent pas ce qu’ils ont fait en Syrie », et selon d’autres sources, « afin qu’ils ne détruisent pas leurs propres nations ».

     

    En d’autres termes, la terre qu’ils ont souillé et sinistré par leurs crimes abominables sera leur tombeau. 

    Dès janvier 2011, après avoir ébloui le monde par leur « civisme » et leur « éducation », les Tunisiens ont été les premiers à prendre le large, les uns vers Lampedusa, où ils ont laissé un souvenir affligeant, les autres en direction de la Syrie via la Turquie, devenue la plaque tournante du terrorise islamiste mondial.

    Au bout d’une année (janvier 2011 à janvier 2012), ce qui n’était d’abord qu’un phénomène spontané, essentiellement dû à l’écroulement de l’Etat national, est devenu une stratégie politique de l’Etat collabo, inféodé au Qatar qui est le principal soutien financier, logistique et médiatique de l’Internationale islamo-terroriste. 

    C’est effectivement sous la présidence de l’usurpateur Moncef Marzouki et le premier ministère du mercenaire de John McCain, Hammadi Jebali, que des centaines de jeunes tunisiens ont été recruté, endoctriné, formé puis expédié en Syrie pour abattre le « régime » de Bachar Al-Assad.

    Plusieurs réseaux associatifs et politico-mafieux, notamment l’association « Hourriya wa insâaf » qui est dirigée par Imen Trigui, se sont constitués sur l’ensemble du territoire tunisien et des millions de dollars ont été versés par le Qatar et l’Arabie Saoudite dans des comptes anonymes d’Ennahdha et du CPR.

    Les candidats au martyr était d’autant plus important que leur mission barbare en terre syrienne n’était pas gratuite : salaire de base 3000 dollars, outre l’assouvissement à volonté de leurs plus bas instincts criminels et sexuels. 



    Selon un article du New York Times publié le 26 septembre 2015 sur la base des services de renseignement américains ( !), près de 30 000 djihadistes étrangers se seraient rendus en Syrie et en Irak depuis 2011.

    Sur ces 30 000 terroristes étrangers venus de 100 pays différents y compris européens, les Tunisiens arrivent en tête avec un contingent de 3000 terroristes.

     

    Le 11 octobre 2015, le Washington Post a mis en ligne une carte assez saisissante indiquant les différentes origines des étrangers rejoignant les rangs djihadistes en Syrie.

     

    Premier pays pourvoyeur : la Tunisie (3200 criminels), devant l’Arabie Saoudite (2500), la Jordanie (2089), le Maroc (1500), le Liban (890)… et la France (498) !

    Mi-septembre 2015, Manuel Valls avait estimé à 1.880 le nombre de Français enrôlés dans les filières djihadistes dans le monde, dont 491 se trouveraient en Syrie et en Irak et 133 auraient été éliminés par l’armée arabe syrienne. 



    Le 24 juin 2014, le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, estimait à 2400 le nombre de djihadistes partis de Tunisie.

    Selon ce ministre compromis, 80% d’entre eux combattraient dans les rangs de l’organisation Etat islamique.

    Tandis que le reste aurait rejoint les rangs d’Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, qui est considérée par certains Américains et Français comme étant la plus « modérée » parmi les unités islamistes armées ! 


    Pourtant, d’après un rapport de l’ONU daté de juillet 2015, il y aurait 5600 terroristes tunisiens éparpillés entre la Syrie, l’Irak et la Libye.

    Selon Damas et sur la base de témoignages des victimes syriennes récemment libérées du joug islamo-fasciste, les Tunisiens n’impressionnaient pas uniquement par leur nombre mais aussi par leur sauvagerie inégalée.

    Ils l’emportent ainsi sur les Afghans et surtout sur les Tchétchènes dont la sinistre réputation n’est plus à démontrer. 



    Depuis que Poutine a pris les choses en main en Syrie en dévoilant au passage l’implication des Turcs, des Qataris et des Saoudiens, et la compromission des Américains et des Britanniques, les daechiens tunisiens fuient les territoires syriens par centaines, soit en direction du pays de Bouazizi et du prix Nobel, soit vers la Libye pour rejoindre leurs frères en secte.

     

    Ainsi, près de 800 dangereux terroristes ont pu revenir en Tunisie et disparaître dans la nature.    
      
    Pour certains mercenaires des droits de l’homme dont Radhia Nasraoui, Samia Abbou et Naziha Réjiba, les terroristes de retour en Tunisie doivent être bien traités et bénéficier d’un procès équitable.

     

    Pour celui qui les a expédié en Syrie, Rached Ghannouchi, ils doivent être pardonnés et retourner à la vie normale.

     

    Pour nous, en éliminant physiquement ces daechiens ainsi d’ailleurs que la « racaille » française, Bachar Al-Assad rendra un énorme service aux peuples tunisien et français.

    C’est qu’aucune thérapie n’est possible avec des psychopathes qui ont déjà égorgé au non d’Allah. 


          
    Mounir Chalabia 

    source   http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/01


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    Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, est la norme !

     

    Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien qu’ils eussent pu être maîtrisés quand ils étaient encore en vie.

    La différence entre eux et Azaria [qui a assassiné d’une balle dans la tête un assaillant Palestinien gisant à terre] est qu’il a été filmé.

     

     

    Par Amira Hass, le 5 janvier 2017

    Source : http://www.haaretz.com/misc/article-print-page/.premium-1.763074

    Commentaire de Norman Finkelstein : « Prenez garde à ne pas être filmés ! »

     

     

    Source et Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

     

     

    Il y a une chose sur laquelle les Palestiniens sont d’accord avec Elor Azaria et ses partisans : il n’était pas le seul, et il avait juste la malchance d’être filmé à son insu.

    Les Palestiniens conviennent avec Azaria et ses partisans qu’il respectait la norme et faisait exactement ce que les autres soldats font – à savoir tirer avec l’intention de tuer, même quand aucune vie n’est en danger.

    Les Palestiniens sont d’accord avec Azaria pour dire qu’il a été victime d’une discrimination du système. Mais ils considèrent pour leur part que des dizaines d’autres soldats et policiers auraient eux aussi dû être jugés.

    Comme Azaria lui-même, les Palestiniens se demandent pourquoi il a été jugé alors que les soldats qui ont tué Hadeel al-Hashlamoun à Hébron n’ont pas même fait l’objet d’une enquête de la police militaire.

    Elle aussi était allongée au sol, après que des soldats lui aient tiré dessus à distance dans poste de contrôle, parce qu’elle tenait un couteau (aucun soldat n’avait subi la moindre égratignure).

    Puis, alors qu’elle était couchée sur le sol, ils ont continué à lui tirer sur le torse. (C’était le 22 septembre 2015, et les habitants d’Hébron attribuent l’éclosion subséquente d’attaques solitaires à cet incident).

    Le 11 juin 2010, Maxim Vinogradov, un policier frontalier, « a confirmé la mort » de Ziad Jilani, qui était déjà couché sur le sol, blessé par balle, après avoir foncé sur d’autres policiers avec sa voiture dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem.

    Le procureur a décidé de ne pas inculper Vinogradov, acceptant sa défense ridicule selon laquelle il craignait que Jilani porte une bombe. Il était au cœur d’un quartier palestinien : pourquoi se serait-il fait exploser là-bas ?

    Fadi Alloun, originaire d’Isawiyah, était également couché sur le sol, après avoir poignardé un israélien dans le quartier Musrara de Jérusalem le 4 octobre 2015.

    Un policier anonyme l’a criblé de balles après que des passants l’y aient encouragé. Dans ce cas, des séquences vidéo prises avec un téléphone portable étaient disponibles, mais ce n’était pas assez pour que de quelconques mesures soient prises contre le tueur.

    Sara Hajuj, de Bani Naim, a brandi un couteau contre les policiers frontaliers à l’intérieur de la salle d’inspection de sécurité d’un point de contrôle d’Hébron le 1er juillet 2016. Ils l’ont vaporisée au visage avec du gaz poivre et ont fui la pièce.

    Puis l’un d’eux lui a tiré dessus, alors qu’elle était seule dans la pièce et ne représentait de danger pour personne.

     

    Le 2 juin 2016, Ansar Hirsheh a traversé à pied le poste de contrôle d’Anabta, où la circulation des piétons est interdite. Elle avait un couteau dans ses affaires, mais elle ne mettait personne en danger. Et il n’y avait aucune raison pour que les quatre soldats armés et entraînés qui l’entouraient ne la maîtrisent pas sans la tuer.


    « Tuez-les tous »
    Manifestation de soutien à Elor Azaria, Tel-Aviv, 19 avril 2016

     

    Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien que selon les témoins oculaires et le bon sens, ils auraient pu être maîtrisés alors qu’ils étaient encore en vie. Il s’est avéré que certains n’avaient même pas tenté de commettre une attaque.

    Des dizaines de soldats, de policiers frontaliers et de gardes de checkpoints marchent librement parmi nous après avoir tué des Palestiniens qui ne représentaient aucun danger pour leur vie. L’institution de la défense les a décrits comme ayant agi correctement.

    La frontière entre l’autodéfense et la vengeance nationaliste a été complètement floutée. C’est dans cette atmosphère qu’Azaria a opéré.

    Par conséquent, le message adressé par les juges du tribunal militaire se distingue par sa rareté : Elor Azaria a violé les règles d’engagement, et il a été condamné.

    Mais le message que l’établissement de défense israélien envoie à ses soldats et policiers est aussi fort et clair : « Prenez garde à ne pas être filmés lorsque vous passez à l’acte.

    Nous savons comment remettre en cause la valeur des photographies prises par les caméras de sécurité palestiniennes, et nous savons enterrer le témoignage des témoins oculaires palestiniens.

    Mais nous n’avons toujours pas trouvé de solution face à des séquences vidéo nettes et professionnelles. »

     

    Voir également :
    Hassan Nasrallah : la Résistance libèrera tout le Moyen-Orient (VOSTFR)


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    « PAX RUSSIANA » EN SYRIE !
    (L’Imprécateur)

     

    Vladimir Poutine a annoncé le 29 décembre que le gouvernement syrien et l’opposition syrienne armée s’étaient entendus sur l’instauration d’un cessez-le-feu et l’amorce de négociations. Ce cessez-le-feu est valable pour tout le territoire syrien. Il a été approuvé par “les principales forces” de la rébellion.

     

    Au total, sept groupes rebelles, dont le puissant Ahrar al-Cham, ont signé. Ils participeront aux négociations de paix à deux exceptions près, mais de taille, les deux groupes classés dans la liste des terroristes à éradiquer par l’ONU : le groupe État Islamiste et Fateh al-Cham, alias El-Nosra, alias Al-Qaïda, actuellement allié de la très disparate et inefficace coalition américaine.

     

    Les négociations de paix commenceront en janvier à Astana au Kazakhstan. La réunion d’Astana précédera des négociations inter-syriennes qui doivent être organisées par l’ONU le 8 février à Genève.

    « Il y a quelques heures, s’est produit un événement que nous n’attendions pas seulement depuis longtemps, mais pour l’avènement duquel nous avons beaucoup travaillé. Trois documents ont été signés : le premier sur l’arrêt des combats, le second sur les mesures de contrôle du régime de cessez-le-feu, le troisième sur l’ouverture de pourparlers de paix. » (Vladimir Poutine, le 26 décembre, cité par le quotidien russe Kommersant).

    Poutine a cependant précisé qu’après trois jours de calme la trêve est encore fragile et qu’il faudra beaucoup de patience pour trouver un accord sur lequel tous les participants auront du céder quelque chose. Rien d’étonnant à cela, c’est la base même de toute négociation.

    Le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, a déclaré pour sa part que « les militaires menaient depuis deux mois des pourparlers avec les leaders de l’opposition syrienne par l’intermédiaire de la Turquie ».

    L’opposition syrienne contrôle en gros le centre et le nord de la Syrie, mais uniquement des régions plus ou moins désertiques.

    Il est curieux que si des pourparlers étaient en cours entre Russes et opposition syrienne, aucune mention n’en a été faite dans la presse occidentale.

    Au moins quelques-uns des centaines d’espions, officiers de renseignement, présents en Syrie aussi bien à Damas qu’à Alep ont dû le découvrir et ils n’en auraient pas informé leurs gouvernements ?

    Ne serait-ce pas plutôt que ceux-ci étaient parfaitement au courant et qu’ils ont fait pression sur leurs médias pour que la chose reste secrète afin de leur éviter une “perte de face” catastrophique ?

    Serge Lavrov, ministre russe des Affaires Étrangères avec son homologue turc. (Photo Reuters publiée par Gazeta.ru le 28 décembre.)

    Les deux hommes viennent de concrétiser la nouvelle alliance russo-turque. 

     

    La réaction outrée des medias occidentaux montre que c’est bien de cela qu’il s’agit, car Poutine écarte a priori les États-Unis et la France des négociations prévues, ce qui démontre que la politique diplomatique menée par John Kerry, Laurent Fabius et maintenant Jean-Marc Ayrault a été un énorme échec en Syrie.

    Un seul exemple, la réaction du quotidien gouvernemental et socialiste français L’Obs : « Un cessez-le-feu en trompe l’œil : Cet arrêt des combats doit cependant être relativisé : il n’est qu’un nouveau cessez-le-feu parmi des dizaines qui, soit ne sont jamais entrés en vigueur, soit se sont très rapidement effondrés.

     

    Ce cessez-le-feu sera d’autant plus relatif que deux des plus importants groupes rebelles, l’organisation djihadiste “État islamique” (Daech) et l’ex-Front al-Nosra (Al-Qaïda), rebaptisée Fatehal-Cham, en sont exclus. Mais pour le Kremlin, l’essentiel est sans doute l’effet d’annonce, le coup de relations publiques, qui vise à faire oublier les accusations de “crimes de guerre” voire de crimes contre l’humanité” lancées à l’encontre des forces russes en Syrie ».

    Il n’est pas faux de dire que toutes les tentatives et annonces de cessez-le-feu tentées par Obama et Hollande ont échoué jusqu’ici. Cela a tenu à leur mauvaise préparation et à l’évidente volonté franco-américaine d’en écarter le gouvernement légal et légitime de la Syrie.

    Sans oublier la toute aussi évidente volonté franco-américaine de faire main basse sur le pétrole et le gaz syrien, irakien et libyen par la déstabilisation systématique de ces trois pays, autant pour complaire à l’Arabie Saoudite que pour nuire à l’ennemi qui justifie les agressions de l’OTAN, la Russie, et à l’ennemi des Arabes sunnites, l’Iran.

    Quant aux “crimes de guerre” et “crimes contre l’humanité”, on en reparlera quand nos médias montreront ce qui se passe à Mossoul sous le bombes franco-américaines.

    Ce sont la Russie, l’Iran et la Turquie qui vont encadrer les négociations de paix.

    L’invitation faite à la Turquie par Poutine montre sa grande intelligence et sa grande connaissance de la géopolitique internationale. En invitant la Turquie, avec laquelle la Russie était encore à couteaux-tirés il y a quelques mois, Poutine la détache du bloc OTAN americano-européen.

    L’Europe et l’OTAN vont-ils en tirer la conclusion qui s’impose : l’exclusion de la Turquie de l’OTAN et l’arrêt immédiat des négociations sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe que l’Union Européenne menée en contradiction avec la volonté des peuples européens ?

    Non. Car l’islamisation de l’Europe par la Turquie reste à l’ordre du jour dans les plans à long terme de l’Union Européenne et de l’élite financière mondiale menée par les institutions financières Goldman Sachs, Rothschild, Lazard, etc.

    Elles pensent qu’elles réussiront à saboter les négociations de paix lancées par la Russie avant leur conclusion qui signerait la mainmise de Moscou sur tout le Moyen-Orient, jusqu’ici chasse gardée anglo-saxonne.

    Mieux vaut la continuation de la guerre en Syrie que de voir la Syrie redevenir ce que Sergeï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce : « Nous sommes partisans du maintien de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Syrie et nous nous prononçons encore et toujours pour que la République arabe syrienne demeure un État uni, pluriethnique, pluriconfessionnel, démocratique et laïque » (Nezavissimaïa Gazeta, quotidien moscovite).

    Sans compter que la paix en Syrie signifierait de 10 à 15% de migrants en moins en Europe et peut-être même dans quelques mois, le retour en Syrie des Syriens déjà arrivés en Europe ce qui compromettrait, ou au moins retarderait le “Grand Remplacement” que la communauté financière internationale appelle de ses vœux.

    C’est pourquoi trois pays se sont abstenus lors du vote de l’ONU à une très large majorité d’une résolution approuvant « l’importante avancée que constitue l’initiative de paix russo-turco-iranienne en Syrie » (ONU) : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.

    La nouvelle alliance russo-turque est déjà effective sur le terrain : l’agence de presse turque Dogan a fait état le 30 décembre de raids par l’aviation russe à Al-Bab (nord), bastion de l’EI en Syrie que des rebelles syriens appuyés par Ankara tentent de prendre.

     

     Et la lutte contre l’autre groupe terroriste continue. Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), « Les affrontements sont sporadiques et s’accompagnent de frappes aériennes menées par des hélicoptères (russes) contre des positions de groupes rebelles et de Fateh al-Cham », ex-branche syrienne d’al-Qaïda appelé autrefois Front el-Nosra.

    Poutine a fait ce qu’il avait dit, ce que sont incapables de faire en Syrie les Américains et les Français.

    Hélicoptères d’attaque russes en Syrie (photo Reuters)

    La claque est d’autant plus violente pour Hollande et Obama que l’armée syrienne, la Coalition Nationale Syrienne (CNS), principale composante de l’opposition en exil et la “Haute autorité syrienne pour des négociations” regroupant un grand nombre d’ensembles islamistes d’opposition, ont confirmé leur participation aux négociations auxquelles Poutine les a invité !

    « Actuellement, tout semble prêt pour un cessez-le-feu et l’instauration d’un dialogue direct entre le Gouvernement et les forces de l’opposition qui souhaitent préserver l’intégrité territoriale de la Syrie et sa souveraineté.

    Les troupes d’opposition qui ne se soumettront pas au cessez-le-feu seront reconnues comme terroristes au même titre que l’État islamique et le Front Al-Nosra » (Source ONU).

    Il y a depuis peu en Syrie beaucoup de troupes iraniennes, de confession chiite. D’autre part, l’opposition armée syrienne est soutenue par la Turquie, une opposition qui ne compte plus sur les pays occidentaux (notamment la France) jugés velléitaires, impuissants et dont les intentions ne semblent pas claires.

    « Sans la Turquie, l’entrée en contact avec l’opposition était quasi impossible, estime l’un des experts onusiens. Les Américains se sont révélés incapables d’exercer de l’influence sur elle, toutes leurs propositions conduisaient à l’impasse.

    Se tourner vers la Turquie a permis de régler le problème d’Alep.Par ailleurs, Ankara contrôle l’Armée syrienne libre, et c’est sur le territoire turc qu’ont eu lieu les tentatives de réunir toute l’opposition syrienne. Même si elles furent infructueuses, le fait est que la Turquie a des contacts solides avec elle. »

    Quand les pays occidentaux vont-ils comprendre que les Arabes préfèrent toujours les forts qui affirment leur force, comme Poutine et Erdogan, plutôt que les jérémiades verbeuses d’un Obama ou la mollesse inconsistante d’un Hollande, les deux étant en outre déjà effacés de la scène politique mondiale ?

    Cela dit, Le quotidien en ligneGazeta.ru relève que cette initiative de paix pourrait se heurter à deux obstacles : le premier est que l’accord n’inclut pas les forces kurdes, sur lesquelles Moscou et Ankara s’opposent.

    Poutine voudrait faire une place aux Kurdes dont les troupes se sont bien battues contre l’EI, Erdogan a peur de la revendication nationaliste kurde.

    Le second est le projet stupide de résolution franco-britannique à l’ONU, qui prévoit la mise en place de sanctions contre la Syrie. Comme si celle-ci, en ruines, avait besoin de sanctions quand c’est un vaste Plan Marshall qu’il lui faudrait.

     

    Mais la haine de Bachar el-Assad domine toujours dans les cervelles d’oiseaux de la diplomatie franco-anglo-saxonne.

     

    Pour lire les articles originaux de Nezavissimaïa Gazeta et Gazeta.ru, cliquer sur leur nom dans le texte.

    L’Imprécateur


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    Source : René Naba, 31-12-2016

    baas

    Curieux cheminement que celui des baasistes irakiens qui passeront sans coup férir, de parangon de la laïcité à l’une des composantes majeures de l’Etat Islamique, en fait son ossature militaire.

     

    Plutôt que d’opposer un front idéologique commun avec leurs frères baasistes syriens, ils ont rallié leur ancien bourreau saoudien, la caution arabe et musulmane de l’invasion américaine de l’Irak, abandonnant à son sort le pouvoir syrien, qui fut leur plus ferme soutien dans la guérilla antiaméricaine en Irak, s’attirant à ce titre les foudres de Washington par la «Syrian Accountability Act», en 2002.

     

    Fruit de la copulation ancillaire entre Al Qaida et d’anciens dirigeants baasistes happés par la tentation d’un alignement sectaire, le commandement de l’ISIS, dont l’acronyme en arabe est Da’ech, est exclusivement irakien.

    Autour du noyau central se sont greffés des membres des tribus sunnites d‘Irak lésés par la disparition de Saddam Hussein, de concert avec des Frères Musulmans irakiens, des Nachkabandistes, une secte minoritaire du sunnisme dont se réclame Izzat Ibrahim Ad Doury, ancien vice-président du Conseil de la révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête de la guérilla anti américaine en Irakien.


    Une structure hétéroclite, scellée par une alliance contre nature entre ce même Izzat Ad Doury, surnommé «le rouquin» pour sa pigmentation, et son ancien bourreau, le Prince saoudien Bandar Ben Sultan, un des artisans de la destruction de l’Irak et des assises du pouvoir baasiste sunnite dans ce pays. Une allaince scellée, paradoxalement, en vue de restaurer le primat sunnite à Bagdad, dans l’ancienne capitale abbasside.

    Une démarche qui révèle la fragilité des convictions idéologiques des dirigeants arabes. Une insulte à la mémoire des nombreux morts d’Irak et du Monde arabe. Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets libyens, a opéré la même mutation au service du Prince saoudien pour la zone Maghreb-Sahel.

     

    La proclamation du califat et ses conséquences stratégiques.

    La proclamation du califat sur l’ancien territoire des deux premiers empires arabes (Omeyyade-Syrie et Abbasside-Irak), dimanche 29 juin 2014, premier jour du mois sacré du Ramadan, au-delà de sa portée symbolique dans l’ordre religieux et politico-historique, a bouleversé radicalement les données de l’échiquier régional sans qu’il ait été possible de savoir, trois ans après son lancement, si la proclamation de ce 5eme califat représentait l’aube d’une nouvelle renaissance pan islamique, une nostalgie d’une grandeur révolue ou plus simplement une pathologie passéiste ?

    Quoiqu’il en soit, l’instauration de ce 5eme califat de l’histoire musulmane, dans la foulée de l’irruption des djihadistes sunnites sur la scène irakienne et syrienne a, en tout état de cause, accéléré la désagrégation de la zone dessinée par l’accord Sykes-Picot.

    Ce bouleversement symbolique dans la hiérarchie sunnite sur fond d’exacerbation du caractère sectaire de la rivalité sunnite-chiite a modifié sensiblement les termes du conflit en ce que la surenchère intégriste des islamistes sunnites a opéré un retournement de situation en plaçant en porte à faux leurs bailleurs de fonds, principalement l’Arabie saoudite, victime collatérale de ce débordement rigoriste.

    «Un Emirat Islamique du Nadjd», la province d’origine de la dynastie wahhabite, a été instauré le 29 mai 2015 dans la foulée du 2eme attentat contre une mosquée chiite en Arabie, dans la continuité de l’«Emirat Sunnite du Koweït» proclamé a la première année du Califat.

    Par ses répercussions sur le Liban et la Jordanie, la Tunisie et le Koweït, quatre pays alliés du camp atlantiste, ainsi qu’en Libye, sur le flanc méridional de l’Europe, l’alliance si bénéfique à ce jour s’est révélée encombrante pour les pays occidentaux et difficile la poursuite de la coopération islamo-atlantiste en ce que la rengaine chère au duo socialiste Hollande Fabius -«La faute à Bachar»- ne saurait indéfiniment constituer une excuse absolutoire aux turpitudes des pays occidentaux et des pétromonarchies dont la plus grande réside précisément dans cette alliance contre nature entre deux blocs antinomiques.

    De par sa configuration géo stratégique, l’Irak, désormais à l’épicentre du conflit, est propulsé ainsi, involontairement et paradoxalement, en sentinelle des pétromonarchies. Limitrophe de la Turquie et de l’Iran, les deux puissances musulmanes non arabes, le premier sunnite, le second chiite, il borde en outre la Syrie et la Jordanie, ainsi que le Koweït et surtout l’Arabie saoudite, qui pâtit déjà au niveau de l’opinion internationale de son parrainage de Da’ech, d’une manière générale de l’’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques et de ses retombées djihadistes en Europe, comme ce fut le cas avec les dérapages terroristes de Mohamad Merah, de Hédi Nammouche, du carnage de Charlie Hebdo, des attentats de Paris Bataclan 13 novembre 2015 et des attentats de Buxelles, Mars 2016.

    Les barbares aux portes des vieilles civilisations

    L’Etat Islamique relève d’un commandement irakien qui a fait ses preuves en Irak contre les Américains, alors que Jabhat al-Nosra est une structure panislamique sous la houlette d’Al Qaida, sunnite, particulièrement active en Syrie.

    Trois des grandes capitales de la conquête arabe des premiers temps de l’Islam échappent au contrôle des sunnites: Jérusalem, sous occupation israélienne, Damas, sous contrôle alaouite et Bagdad, sous contrôle kurdo-chiite.

    A la sixième année de la guerre de la coalition islamo-atlantiste contre la Syrie, il paraît désormais urgent pour les wahhabites, de crainte d’être démasqués, de laver cette souillure infligée par leur politique d’alignement inconditionnel sur les Etats-Unis, le principal protecteur d’Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe.

    Les barbares sont aux portes des pays de vieilles civilisations, aux portes de Bagdad et d’Alep, un moment en plein centre de la cité antique de Palmyre (Tadmor), qu’ils ont saccagés. Les supplétifs pétromonachiques arabes, par leur veulerie, et les pays occidentaux, par leur morgue, en assument d’ores et dejà les conséquences de leurs incohérences.

    Favoriser inconditionnellement l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins stratégiques, afin de provoquer l’implosion de l’Union soviétique, (Guerre d’Afghanistan décennie 1980) et de détourner le combat arabe de la Palestine vers l’Asie; cautionner par ailleurs la forme la plus rétrograde et la plus répressive de l’islam, le wahhabisme, soutenir, de surcroît, inconditionnellement le délire djihadiste, au-delà de toute mesure, sans la moindre retenue, pour assurer la pérennité des roitelets du Golfe sur les débris du Monde arabe.

    Faire, enfin, de l’Arabie saoudite, ce royaume des ténèbres, l’allié privilégié de la grande démocratie américaine, et de la France, la Patrie des Droits de l’Homme; Instrumentaliser dans le même élan des binationaux pour une fonction supplétive à une politique de prédation économique du monde arabe, aboutit à de telles monstruosités. Elles signent dans le même temps la pathologie atlantiste en même temps que pétro-monarchique.

    La Syrie de la décennie 2010 remplit une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980. Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille.

    Un défouloir absolu du djihadisme erratique que les pétromonarchies préfèrent sacrifier sur le théâtre des opérations extérieures plutôt que de le réprimer sur le sol national, avec son cortège de représailles. Un dérivatif au combat pour la libération de la Palestine, la «grande oubliée du printemps arabe».

    A contre-courant du flux de la mondialisation, la guerre de Syrie aura été la première opération de délocalisation sud nord d’une «révolution» en ce que ses meneurs auront été des arabes, porteurs de nationalité occidentale, salariés de l’ancienne administration coloniale. Des supplétifs, cupides, ivres de notoriété et de vanité.

    Le surge de l’ISIS est apparu dans un tel contexte comme un coup de semonce aux Arabes, afin qu’ils cessent d’être des pantins désarticulés, complices de leur sujétion et de leur cupidité. Et pour les Occidentaux, un défi de civilisation lourd de périls.


    Au-delà des Océans, pendant ce temps-là, dans la profonde Amérique, un artiste aux moeurs aussi rugueuses qu’un Texan de Dallas s’initie aux joies de l’aquarelle et de la peinture.

    Au vu de cette hécatombe, beaucoup, en leur for intérieur, marmonnent que ce «born again» aurait mieux fait de ne pas renaître à la vie.

    Pour la survie de l’humanité.

    Pour aller plus loin

    Le Parti Baas : http://www.madaniya.info/2014/09/26/le-parti-baas-monstres-sacres-sacres-monstres/

    Source : René Naba, 31-12-2016


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    Guerre Hybride 8. Écraser la Communauté de l’Afrique de l’Est (II)


     

    Par Andrew Korybko – Le 23 décembre 2016 –

     

    Source OrientalReview

    Le premier des pays de la CAE présenté est le Kenya, qui est également l’économie la plus forte du bloc. En raison de son emplacement et de son histoire, c’est aussi celui qui est le plus « pro-occidental » et bien que ce soit beaucoup moins discuté, la myriade de vulnérabilités à la guerre hybride à laquelle il doit faire face est bien connue.

    Considéré dans l’imaginaire occidental comme un pays relativement stable, ce n’est vrai que lorsqu’il est mis en perspective relativement à ses voisins somalien et sud-soudanais, et les événements récents au cours des dernières années indiquent que ce n’est peut-être plus l’oasis de calme que beaucoup avait précédemment supposé qu’il était.

    Bien que l’on puisse soutenir que les processus actuels qui sont sur le point d’être discutés en détail se produisent « naturellement » et soient « inévitables », il est beaucoup plus précis de se rappeler le contexte dans lequel ils se déroulent : le double projet chinois de Route de la Soie dans le pays, à savoir le LAPSSET et le chemin de fer à voie standard (SGR). Dans cette optique, on peut naturellement se demander si certains processus de déstabilisation et de menaces latentes sont aussi « naturels » et « inévitables » qu’ils auraient semblé à un premier coup d’œil superficiel. La recherche est donc destinée à aider le lecteur à répondre à ces questions pressantes.

    L’étude commence par décrire la situation stratégique globale au Kenya, avec des références à son histoire, son leadership actuel et les événements récents. Après avoir établi un contexte pertinent pour comprendre le pays, elle passe ensuite sur quatre des plus grandes vulnérabilités de la guerre hybride auxquelles cet État doit faire face. En ce qui concerne les menaces actuelles ou potentiellement émergentes, le Kenya doit veiller au terrorisme somalien et à son irrédentisme, au séparatisme de la côte swahili, au fédéralisme identitaire et aux révolutions de couleur, qui pourraient bloquer son ambitieux plan de développement Vision 2030, empêcher le projet de Route de la Soie chinoise et transformer le Kenya si « exceptionnel » en un État africain « stéréotypé », en proie aux conflits que l’Occident imagine être le lot du reste du continent.

     

    Placer le Kenya dans son contexte

    Le Kenya est l’un des rares endroits en Afrique à avoir échappé à une agitation de grande envergure depuis son indépendance, malgré une population très diversifiée dont des éléments peuvent avoir par ailleurs annoncé qu’ils provoqueraient des conflits intérieurs. Il n’y a pas de majorité ethnique / tribale au Kenya, même si le CIA World Factbookénumère les Kikuyu comme étant les plus nombreux dans cette diversité, avec 22%, suivis des Luhya (14%), Luo (13%), Kalenjin (12%) et Kamba 11%).

    Au total, ces cinq groupes identitaires correspondent à environ 72% de la population et sont globalement situés dans un arc allant du sud-est au nord-ouest qui s’étend depuis le littoral, c’est-à-dire Mombasa, à Nairobi située au centre et à Kisumu à la frontière ougandaise. C’est-à-dire les trois plus grandes villes du pays et par ailleurs également les points de passage principaux le long de la SGR.

    Pour maintenir ces groupes disparates ensemble, la clé a a consisté dans les tentatives relativement réussies pour favoriser un sentiment de patriotisme kenyan composite, considérablement aidé par près de 40 années successives du règne de seulement deux présidents aux fortes personnalités. Certes, au cours des violences électorales de 2007-2008, ce sentiment de nationalisme civique s’est révélé beaucoup plus faible que ce que les observateurs avaient initialement pensé.

    C’est un des facteurs contribuant aux vulnérabilités du pays face à la guerre hybride et qui sera discuté plus tard. Pour l’instant, cependant, il est utile de commencer par parler brièvement des présidences de Jomo Kenyatta et Daniel Arap Moi, mais pas exhaustivement et seulement pour souligner les aspects qui se rapportent spécifiquement à l’étude de la guerre hybride.

    Les lecteurs intéressés, comme suggéré dans les sections précédentes, devraient mener leurs propres recherches historiques, approfondies indépendantes, s’ils se sentent disposés à le faire, mais la portée et l’ampleur de l’initiative actuelle ne permettent rien de tel dans cet article.

     

    L’auteur ne cherche pas à « blanchir » les événements historiques ou à présenter tous les points de discussion concernant les sujets abordés. Il est donc demandé au lecteur de garder cela présent à l’esprit et de comprendre que la seule intention de cette méthodologie et des autres brefs examens historiques est de le familiariser avec des pays qu’il peut ne pas connaître du tout. Ayant fait cette mise au point « nécessaire », il est maintenant temps d’entrer dans le vif du sujet et de commencer l’audit stratégique du Kenya.

     

    Deux présidents en près de 40 ans

    Il a été mentionné ci-dessus que les diverses identités tribales ethniques du Kenya ont été maintenues ensemble dans la paix partiellement en raison de la direction continue que le pays a connue en n’ayant que deux présidents puissants lors des 39 premières années après l’indépendance.

    Le pays a gagné sa liberté à l’égard du Royaume-Uni en 1963, année au cours de laquelle le sultan de Zanzibar a également renoncé à sa revendication sur une partie du territoire côtier du Kenya. Il est important de ne pas oublier le rôle que l’archipel musulman avait historiquement dans l’exercice du contrôle sur certaines des villes balnéaires du Kenya comme Mombasa, puisque ce léger rappel historique sert de base à la menace latente de guerre hybride du séparatisme swahili qui sera examinée plus tard.

    Pour revenir au sujet principal de la discussion dans cette sous-section, Jomo Kenyatta est devenu président immédiatement après que le Kenya a gagné sa liberté et il a continué à le présider jusqu’à sa mort en 1978.

    Jomo Kenyatta

    Reconnu comme le père de la nation et aussi de l’actuel président Uhuru Kenyatta, Jomo Kenyatta a joué un rôle déterminant dans la centralisation du contrôle du pays et l’a empêché de se déliter suivant les lignes de ses diverses identités ethnico-tribales. L’une des premières choses qu’il a fait a été d’ordonner aux militaires de s’engager dans ce qu’on a appelé la « guerre Shifta », une campagne contre les insurgés de la « Grande Somalie » dans le nord-est du pays. Il y a une certaine controverse quant à savoir si ce territoire aurait dû ou non être inclus au Kenya après l’indépendance ou accordé à la Somalie, mais l’auteur ne souhaite pas se laisser entraîner dans ce débat.

    Au lieu de cela, le seul aspect pertinent à retenir de ce moment est que les rebelles (appelés « bandits », ou « shifta » en somalien) ont été vaincus en 1967 et qu’il n’y a plus eu ensuite de tentatives conventionnelles de concrétiser l’idée irrédentiste de « Grande Somalie ». Si on veut encore une note géopolitique, la menace que cette idée expansionniste a représentée à l’époque pour l’Éthiopie et le Kenya les a amenés à parvenir à un accord de défense mutuelle en 1964, toujours en vigueur aujourd’hui.

    Le décès de Jomo Kenyatta en 1978 a conduit Daniel Arap Moi à prendre sa place et à assumer la voie géopolitique et économique pro-occidentale prise par le Kenya. Moi a continué à présider le pays jusqu’en 2002, de sorte qu’il a supervisé sa transition après la guerre froide et dans la « guerre contre le terrorisme ».

    Il a été sans doute confronté à beaucoup de défis nationaux et internationaux pendant ces périodes, bien qu’il ait finalement réussi à maintenir la stabilité du pays et à éviter des perturbations majeures, notamment économiques découlant de l’entrée du monde dans sa phase de mondialisation après 1991.

    Alors que d’autres dirigeants forts ont été forcés ou pressés de démissionner pendant cette période de transition mondiale, Moi a conservé son pouvoir sans provoquer de  « révolution » de rue soutenue par les États-Unis contre lui, ce qui en dit long sur son sens politique. Le Kenya et les États-Unis sont devenus plus proches qu’ils ne l’étaient déjà après l’attentat à la bombe d’al-Qaïda en 1998 contre l’ambassade des États-Unis à Nairobi (avec celui de Dar es Salaam en Tanzanie), qui a attiré l’attention sur la montée du terrorisme islamique en Afrique de l’Est et constituait un signe avant-coureur de ce qui allait bientôt venir.

     

    L’aube du terrorisme et conflit l’identitaire

    Le Kenya a été la cible de groupes terroristes somaliens depuis l’entrée dans le XXIe siècle, ce qui représentait le retour du problème somalien après des décennies de somnolence depuis la fin de la guerre de Shifta en 1967, bien que sous une forme complètement différente cette fois-ci. La première grande attaque liée à la Somalie qui a frappé le pays pendant cette période a été celle de Mombasa en 2002, où un kamikaze a visé un hôtel appartenant à des Israéliens et où d’autres terroristes ont tenté sans succès d’abattre un avion israélien.

    Bien qu’organisé par al-Qaïda et commis au nom de cette organisation salafiste, il a été révélé plus tard que l’attaque était planifiée depuis la Somalie sans loi, devenue en Afrique de l’Est ce qu’était l’Afghanistan pour le reste du monde avant l’invasion américaine.

    L’Éthiopie, la plus menacée par la montée de l’islam militant en Somalie, a envahi son voisin en 2007 sous l’égide d’une entente anti-terroriste, ce qui a fini par amener l’aile de la jeunesse de l’Union des tribunaux islamiques à se détacher et à former son propre groupe terroriste Al Shabaab.

    Le Kenya suivra plus tard les traces de l’Éthiopie en 2011 en lançant sa propre invasion anti-terroriste de la Somalie, nom de code « Opération Linda Nchi », en coordination avec l’armée internationalement reconnue de ce pays, comme moyen de combattre Al Shabaab.

    Même si cette invasion n’a duré que 7 mois environ, l’armée kényane est restée en Somalie dans le cadre de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ce qui a eu pour conséquence inattendue de multiplier les attaques terroristes d’Al-Shabaab contre le Kenya – ce qui n’avait jamais eu lieu auparavant.

    Ces attaques seront énumérées au moment de décrire la présidence d’Uhuru Kenyatta, mais il est opportun de savoir qu’elles sont attribuées à la mission d’AMISOM que son prédécesseur avait initialement engagée.

    Les pillards fuient la police dans un supermarché à Kisumu, au Kenya, le 30 décembre 2007

    Entre le premier attentat terroriste somalien au Kenya et l’intervention de l’armée dans les affaires de son voisin, ce pays d’Afrique de l’Est a été poussé au bord de ce qui aurait pu être une guerre civile après les élections de décembre 2007. Le leader de l’opposition, Raila Odinga, a essayé de forcer une révolution de couleur après avoir perdu de justesse le vote face au président sortant Mwai Kibaki dans des circonstances contestées.

    Les troubles qui en ont résulté ont fait au moins 1 000 morts et laissé plus de 500 000 déplacés. L’élection contestée et la poussée ultérieure de la révolution de couleur ont été le déclencheur de violences ethnico-tribales parmi les divers groupes identitaires du Kenya, menaçant de défaire en deux mois le nationalisme civique qu’il avait fallu presque deux générations pour construire.

    Un conflit hobbesien entre les nombreuses pluralités identitaires du Kenya a été heureusement évité par un règlement politique de dernière minute qui satisfaisait à certaines des exigences d’Odinga.

    Cependant, l’effet psychologique de ce qui s’était passé pendant cette brève période de crise a abimé la foi du citoyen dans le nationalisme kényan. Il a été irrémédiablement endommagé, ce qui a rendu le pays vulnérable au fédéralisme identitaire et à une prochaine tentative de révolution de couleur.

    Dans ce qui pourrait être interprété comme un mouvement pour soulager ces deux peurs, une nouvelle Constitution a été écrite en 2010 et approuvée par les électeurs plus tard cette année-là.

    Elle a fini par diviser les anciennes provinces en 47 comtés distincts. Il est important de souligner qu’il s’agissait d’une décentralisation et non d’une délégation de pouvoirs, qui avait pour effet de préserver les responsabilités officielles du gouvernement central tout en maintenant l’espoir que tous les organes directeurs pourraient devenir plus efficaces grâce à la nouvelle organisation de l’État. On pourrait également analyser la décision de décentraliser le Kenya sous la forme d’un ensemble de plusieurs douzaines de comtés comme un mouvement pour prévenir le fédéralisme identitaire, puisqu’il a brisé les vastes territoires administratifs qui auraient pu être bientôt mûrs pour un conflit fratricide ou fédéraliste / séparatiste.

    Par exemple, la province du Nord-Est était majoritairement habitée par les Somaliens, tandis que la région historique de la Côte swahili était  englobée dans la Province de la côte. Ces deux pays auraient pu un jour générer suffisamment d’identité politique régionale pour agiter le fédéralisme ou le séparatisme.

    Les ensembles tribaux cosmopolites de la vallée du Rift et des provinces de l’Est auraient pu facilement être incités à la violence génocidaire la prochaine fois qu’une crise nationale semblable à celle de 2007-2008 se serait produite ou aurait été fabriquée de l’extérieur.

     

    Tel père tel fils

    L’un des événements les plus importants dans l’histoire post-indépendance du Kenya a été l’élection à la présidence d’Uhuru Kenyatta, le fils du fondateur national Jomo Kenyatta, au premier tour du vote de 2013. Précédemment écarté par les États-Unis et ses alliés pour son implication présumée dans la violence post-électorale en 2007-2008 et accusé par la Cour pénale internationale de « crimes contre l’humanité », Kenyatta a réglé tous ses différends politico-légaux avec le monde unipolaire et ses affiliés extrajudiciaires et a vu s’évanouir toutes les accusations contre lui.

    Malgré la résolution des tensions existantes entre lui et l’Occident, Kenyatta n’a jamais oublié combien les États-Unis et ses alliés étaient initialement opposés à lui, c’est pourquoi ses premiers voyages hors d’Afrique furent pour la Chine et la Russie, et pas pour ses « partenaires » occidentaux traditionnels. Sur le plan pragmatique, Kenyatta pourrait avoir cherché des investissements multipolaires pour aider à financer la Vision 2030 et les plans de développement quinquennaux de son prédécesseur.

    Si on regarde en arrière et si l’on fait le bilan de l’engagement de la Chine à construire deux nouveaux méga-projets liés à la Route de la Soie à travers le pays et d’autres efforts, il semble avoir réussi.

    Tout comme son père était un visionnaire en soutenant le mouvement panafricain, Kenyatta est sur la même voie en soutenant l’ordre mondial multipolaire émergent via l’engagement de son pays dans les projets du Corridor LAPSSET et du SGR financés par les Chinois.

    Les deux principaux obstacles auxquels il se heurte sont le terrorisme somalien et les conflits identitaires, ces derniers se manifestant soit par des campagnes ciblées qui pourraient éclater au cours d’une prochaine Révolution de couleur, soit par un mouvement vers le fédéralisme identitaire et / ou le sécessionnisme. En ce qui concerne le facteur somalien, le Kenya a été victime de multiples attaques terroristes de grande envergure depuis son « Opération Linda Nchi » et sa participation ultérieure à l’AMISOM.

     

    Citons par exemple l’attaque en 2013 du centre commercial de Westgate, les attaques de 2014 à Nairobi, Gikomba et Mpeketoni, ainsi que l’attaque du Collège universitaire de Garissa en 2015, lesquelles ont toutes été commises par Al Shabaab.

    La solution à ces deux problèmes pourrait résider dans la capacité de Kenyatta a imiter la puissante main centralisée de son père afin de cultiver un fort sentiment unifiant le nationalisme civique (ou décourageant la poussée des identités tribales régionales due à la décentralisation de son prédécesseur) contre les terroristes somaliens. Il est clair que le Kenya n’est pas le pays qu’il aurait pu être (peut-être même pour la majorité de ses citoyens) depuis les violences durant les élections de 2007-2008 et qu’il sera très difficile de rétablir une confiance totale dans les autorités et parmi les diverses communautés ethnico-tribales.

    De même, il y a beaucoup de défis inhérents à la lutte contre le terrorisme, en particulier lorsque certains citoyens du Kenya peuvent être trompés par leurs rêves de « Grande Somalie » pour rejoindre ou aider Al Shabaab et d’autres.

    Contrairement à son père, Kenyatta ne peut pas compter sur les autres « partenaires » occidentaux des États-Unis et du Kenya pour se montrer totalement à l’aise face à ces questions, se souvenant de la récente opposition formelle à sa présidence.

    En outre, les États-Unis n’oublieront pas que Kenyatta s’est rendu en Chine et en Russie avant tout autre pays occidental, comme il ne perdra jamais de vue que le Kenya est maintenant une composante cruciale de la Route de la Soie en Afrique de l’Est.

    Ces déterminants se combinent évidemment pour faire du Kenya une cible pour la guerre hybride, et la seconde moitié de la recherche décrira les quatre principales manières dont le pays pourrait être victime de ce stratagème.

     

    Nairobi est-elle la prochaine victime de la guerre hybride ?

    En se basant sur ce qui précède, il y a fort à parier que le Kenya sera effectivement le prochain champ de bataille de la guerre hybride des États-Unis, et si Washington choisit d’agir, voici les quelques scénario qu’elle est le plus susceptible d’exploiter.

     

    Al Shabaab et le facteur somalien

    Évolution des menaces

    La façon la plus prévisible dont le Kenya pourrait être déstabilisé est celle d’Al Shabaab, qui a été analysée de manière exhaustive dans l’étude régionale antérieure sur la Corne de l’Afrique.

    Pour rafraîchir la mémoire du lecteur, ce groupe terroriste basé en Somalie est un allié conjoint de Daesh et d’al-Qaïda, et il mène le djihad violent contre des cibles régionales afin de les affaiblir et de faciliter la création d’un « État » transnational charia-compatible. Majoritairement composé de Somaliens ethniques, il y a évidemment un élément nationaliste en jeu ici, bien qu’il ne soit pas exploité au maximum.

    Les recherches antérieures prévoient qu’Al Shabaab finira par exploiter ce réservoir de soutien potentiel en mêlant son terrorisme militant djihadiste aux slogans de la « Grande Somalie », surfant ainsi sur la vague de nationalisme qui a balayé le monde et détournant l’attention négative pointée sur eux avec leur message visant à se tailler violemment un État salafiste transnational dans la région. Si les experts en relations publiques décident d’aller de l’avant avec cette nouvelle approche marketing, cela aura les répercussions les plus directes sur l’Éthiopie et sa région somalienne (anciennement Ogaden), bien que le Kenya coure évidemment des risques en raison de la présence de millions de Somaliens ethniques dans les comtés frontaliers qui constituaient la province Nord-Est autrefois unifiée.

    L’intégration de la rhétorique de la « Grande Somalie » dans la vieille propagande djihadiste d’Al Shabaab créerait une complication stratégique majeure pour le Kenya en amenant Nairobi à considérer ses propres citoyens somaliens avec encore plus de méfiance qu’elle ne le fait actuellement.

    Ce n’est pas l’intention de l’auteur d’approuver ou de dénigrer les autorités kényanes pour les décisions souveraines qu’elles prennent en menant la guerre contre le terrorisme et en sauvegardant l’intégrité territoriale.

    Elles devraient néanmoins respecter un équilibre fragile pour justifier le renforcement des mesures de sécurité nationale dans les régions du pays habitées par des gens d’origine somalienne sans discriminer sans raison ces sous-secteurs démographiques et alimenter par inadvertance la dissidence anti-gouvernementale qu’elles tentaient d’apaiser à l’origine.

    Il s’agit d’un équilibre très délicat que le Kenya devra gérer pour ne pas ostraciser davantage ses citoyens somaliens, tout en prenant des mesures concrètes pour assurer la sécurité nationale de tous les Kényans à travers le pays.

     

    Les deux côtés de la pièce

    Qu’il s’agisse d’un message djihadiste-nationaliste au nom de Al Shabaab ou non, il n’en reste pas moins que les forces militaires kényanes sont en Somalie dans le cadre de l’AMISOM et que les terroristes utilisent cela comme « justification »  pour attaquer des cibles faciles au Kenya comme élément de leur « lutte de libération nationale » contre « l’occupation étrangère ».

    Bien que l’on puisse dire qu’il existe une certaine vérité dans cette analyse et que des troupes étrangères occupent effectivement le territoire somalien sous couvert de l’AMISOM, il faut se rappeler que le Conseil de sécurité des Nations Unies (qui comprend la Russie et la Chine, bien sûr) cautionne cette présence pour des raisons antiterroristes vraisemblables, qui la justifient. Néanmoins, la compréhension du récit d’Al Shabaab est importante car elle révèle également beaucoup de choses sur son intention implicite.

    Ce que le groupe exprime en réalité, c’est qu’il continuera à attaquer le Kenya tant que l’armée kényane sera présente en Somalie, mais on ne peut pas ignorer qu’il va « reprendre sa parole » et continuer à attaquer le pays de toute façon, même si cette armée se retire effectivement.

    Du point de vue de la sécurité nationale kényane, l’armée est dans la Corne de l’Afrique pour une défense proactive dans la lutte contre les menaces terroristes, dont certaines se sont déjà matérialisées en attaques physiques sur le sol kényan avant même l’Opération Linda Nchi. Il est évident que cela a créé un cas très clair où  les impératifs de sécurité nationale du Kenya sont à l’inverse considérés comme une « occupation impérialiste » par certains Somaliens natifs, ce qui alimente le cycle de la violence d’Al Shabaab et le dilemme qui en résulte.

     

    La fausse solution

    Imaginant une situation où les forces kényanes quitteraient effectivement la Somalie à l’avenir, il n’y a aucun moyen de garantir que cela arrêterait les attaques d’Al Shabaab contre le pays, à moins que le groupe ne soit complètement neutralisé auparavant.

    Les terroristes invoquent des plaintes semi-légitimes à propos de la présence de l’armée kényane en Somalie afin d’obtenir une « justification normative » de leurs attaques contre certains membres des communautés somalienne et internationale (musulmanes, notamment saoudiennes, qataries et turques), mais ils peuvent simplement changer leur message pour celui de « Grande Somalie » au moment où les Kényans se retireront, ce qui n’est en aucune façon une solution de sécurité durable pour Nairobi.

    D’autre part, une présence militaire renforcée là-bas ne serait pas productive pour garantir leur sécurité non plus, puisqu’il existe un risque très réel qu’elle pourrait rapidement se transformer en un bourbier aux proportions épiques.

    Non seulement cela, mais une nouvelle poussée militaire en Somalie renforcerait l’impression que le Kenya se comporte de manière néo-coloniale envers son voisin défavorisé, même s’il s’agit d’une réponse légitime aux attaques terroristes de grande envergure aidant Al Shabaabà « gagner les cœurs et les esprits » des Somaliens du Kenya dans le nord-est et ailleurs dans le pays.

     

    Les Catalyseurs de la guerre hybride

    Quoi qu’il en soit, Al Shabaab est une menace très réelle pour le Kenya. Elle ne disparaîtra pas si elle n’est pas totalement détruite physiquement ; et même alors, cette organisation pourrait encore mener des attaques de type « loup solitaire » dans une tentative désespérée pour augmenter son prestige et essayer de faire renaître le groupe de ses cendres.

    S’il n’est pas stoppé, il continuera à livrer une guerre terroriste au peuple kényan en attaquant des cibles faciles comme les autobus, les centres commerciaux et les universités comme il en a déjà fait la preuve.

    Pire encore, que ce soit à l’apogée de sa force ou au nadir de sa faiblesse, Al Shabaab pourrait fonctionner comme la variable disruptive ultime pour bouleverser la stabilité intérieure du Kenya, en particulier pour le rôle qu’il pourrait jouer dans une prochaine tentative de révolution de couleur.

     

    Par exemple, les terroristes pourraient attaquer une foule de manifestants à Nairobi et instantanément catapulter ce qui serait autrement un non-événement en un événement d’actualité mondial, déclenchant l’opposition « pro-occidentale », pour prétendre faussement que c’était une attaque sous « faux drapeau du gouvernement » (même si elle était américaine) et la mise en place de la révolution de couleur dans une guerre non conventionnelle selon la théorie de la guerre hybride.

     

    La vraie réponse

    En tenant compte de tout cela, on peut penser que la seule façon réelle de résoudre le problème Al Shabaab réside dans les Somaliens eux-mêmes, même si, pour cela, il faudrait parler avec une autorité responsable, habilitée et légitime, c’est-à-dire le gouvernement actuel.

    L’AMISOM et d’autres interventions étrangères continueront indéfiniment tant que Mogadiscio restera si faible qu’il ne puisse pas faire valoir sa gouvernance dans toutes les régions du pays (à l’exception du Somaliland infesté de terroristes, ce qui est bien entendu une autre question en soi).

    Pour répondre aux nombreux malheurs de ce pays, il faut aussi donner aux autorités les moyens de s’occuper elles-mêmes de leurs problèmes intérieurs avec un minimum d’aide extérieure pour faire face aux menaces terroristes étrangères.

    Tout comme c’est le cas avec la Libye, le retrait de l’embargo sur les armes imposé par le CSNU au pays pourrait beaucoup contribuer à donner aux forces armées la capacité de lutter contre les terroristes et de s’accrocher au territoire qu’ils libèrent, en collaboration avec les forces étrangères africaines qui combattent au sol (notamment les Burundais, les Éthiopiens, les Ougandais et les Kényans) afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de retraits militaires possibles, et encore moins ceux qui aboutiraient à la capture de ces nouveaux équipements par Al Shabaab.

    Jusqu’à ce que l’embargo soit levé et qu’un soutien militaire multilatéral africain soit accordé à Mogadiscio pour qu’il mène une campagne nationale afin de nettoyer le pays des terroristes, le mieux que le Kenya puisse faire pour se protéger est de renforcer la « zone tampon » en bordure de la région somalienne du Jubaland, parallèlement au renforcement par son propre pays des mesures de sécurité dans les régions somaliennes du nord-est. L’astuce consiste cependant à ne pas provoquer involontairement les locaux à se rebeller contre Nairobi, à rejoindre Al Shabaab ou d’autres groupes de « résistance » et / ou à aider passivement les organisations anti-gouvernementales par tous les moyens.

    Dans le même temps, les autorités kényanes doivent veiller à accroître les mesures de sécurité dans les capitales nationales et régionales tout en reconnaissant avec sobriété qu’il est impossible d’arrêter chaque tentative d’attentat terroriste.

    Ce qu’elles peuvent faire, cependant, c’est améliorer leur professionnalisme et augmenter leur taux de réponse afin de ne pas subir le même genre de débâcle au niveau des relations publiques que ce qui a été récemment constaté lors de l’attaque du centre commercial Westgate en 2013, lorsque les militaires ont littéralement mis des jours à répondre vigoureusement et à vaincre les terroristes de manière décisive.

    En l’absence d’une solution menée par la Somalie et soutenue par l’Afrique à l’intérieur de la Somalie proprement dite, le Kenya devra probablement appliquer indéfiniment les recommandations générales susmentionnées afin d’atténuer la menace qu’il affronte en urgence de la part du groupe terroriste Al Shabaab et le spectre du nationalisme militaire de la « Grande Somalie ».

     

     

    Reconstruire la Côte swahili

    Poser les limites

    Le prochain scénario de guerre hybride auquel est confronté le Kenya est moins imminent et plus latent, bien qu’il serve de point de repère pour relier la menace somalienne au fédéralisme identitaire qui sera décrit plus loin dans la recherche. Pour bien préciser la chose, la Côte swahili est une région historique s’étendant le long des côtes kényanes, tanzaniennes et au nord du Mozambique.

    C’était un centre d’influence islamique et elle entretenait d’importantes relations commerciales avec le Moyen-Orient. Depuis que la région est tombée sous le contrôle colonial de l’Empire britannique, le sentiment unique identitaire que l’espace transnational actuel avait préalablement s’est grandement érodé et peu de gens se considèrent comme faisant partie de cette entité historique.

    En outre, la Côte swahili a également été historiquement confondue avec le groupe ethnique swahili et comme environ un demi-million de personnes seulement, à travers cette zone étendue sur trois États, peuvent prétendre faire partie de cette population, les perspectives d’une reviviscence du séparatisme sont largement une plaisanterie. 

    À la surface des choses et en tenant compte des faits actuels, il semble assez fâcheux pour toute voix respectable de prétendre même que cette possibilité pourrait jamais se présenter, mais une enquête plus approfondie sur les facteurs stratégiques qui pourraient influer sur une nouvelle conception de la Côte swahili indique qu’un tel projet géopolitique ne devrait pas être immédiatement rejeté.

    Influence islamique

    En pensant à la Côte swahili, les observateurs devraient prêter attention à la possibilité que la compréhension religieuse et régionale pourrait un jour prévaloir sur l’histoire ethnique. Après tout, il n’y a pas de manière réaliste de voir un demi-million de Swahilis ethniques répartis dans trois États séparés réussir à ressusciter leur ancienne entité, mais il y a des millions de personnes qui pourraient être influencées par leur identité de « musulmans côtiers ».

    Pour le moment, la recherche ne fera que discuter de la façon dont cela se rapporte au Kenya. On y reviendra avec l’étude de la Tanzanie lorsque ce pays fera l’objet d’un prochain article de cette série. Après avoir qualifié ces aspects et redirigé l’attention uniquement vers le Kenya, c’est un fait démographique que les musulmans représentent environ 11% de la population du pays et sont fortement concentrés le long de la côte, en particulier dans la région méridionale de Mombasa.

    Plus au nord, certains musulmans du pays sont des Somaliens ethniques, ce qui leur permet d’avoir une double identité séparatiste dans le cadre de la « Grande Somalie » et d’une « Côte swahili » repensée. Cela sera traité très bientôt plus largement dans la recherche, il est donc important pour le lecteur de le garder à l’esprit jusque là.

    Le « Conseil républicain de Mombasa »

    Continuant à suivre la tangente sur la façon dont la majorité de la population musulmane du Kenya vit sur le territoire de l’ancienne Côte swahili, il y a une chance que le « nationalisme islamique » puisse s’installer dans le pays et s’exprimer par le séparatisme de cette Côte.

    Cela serait évidemment largement aidé par des ONG étrangères et des prédicateurs islamiques soutenus par le Golfe, mais c’est exceptionnellement dangereux pour le Kenya.

    En effet, cela fusionnerait le séparatisme religieux et l’extrémisme militant potentiel avec des exigences géographiques concrètes, comme cela se manifeste par des appels au fédéralisme identitaire (dont je parlerai comme de la prochaine vulnérabilité à la guerre hybride) ou au séparatisme absolu.

    Le principal groupe qui préconise cette approche est le « Mombasa Republican Council » (MRC), illégal, dont un rapport de l’USAID a parlé assez positivement, recommandant que le gouvernement revoie sa position dure.

    Pour l’instant, le MRC est encore vu comme une petite organisation sur le point de se diviser sur la question de boycotter ou non les prochaines élections de 2017, mais avec la bonne injection de matériel, de personnel et de soutien financier par des ONG étrangères (quelles soient occidentales ou liées aux monarchies du Golfe), le groupe pourrait devenir une force à prendre en compte.

     

    Trois causes, un front

    Le MRC, comme son nom l’indique, est principalement actif dans le port vital de Mombasa, mais il pourrait théoriquement étendre ses opérations dans les six régions qui composaient la Province de la Côte s’il recevait assez du soutien externe susmentionné.

    Cela permettrait alors à ces régions de s’agiter pour un retour à la Province de la Côte, qui fonctionnerait elle-même, totalement ou en partie, comme base du séparatisme de la Côte swahili, galvanisant peut-être les partisans autour de leur foi partagée dans l’islam en opposition à ce qui pourrait être perçu (ou manipulé pour y ressembler) comme l’oppression par le gouvernement chrétien des musulmans somaliens, que ce soit dans le nord-est ou en Somalie à proprement parler.

    Les problèmes apparemment séparés de l’islam, de la Province de la Côte (ou de la Côte swahili) et du nationalisme de la « Grande Somalie » pourraient ainsi converger en invoquant un large éventail de « griefs » qu’une coalition unie anti-gouvernementale pourrait rallier, reliant des causes supposées déconnectées dans une masse critique de revendications territoriales tangibles – la« fédéralisation » de la Province de la Côte / Côte swahili dans un Kenya reconstitué ou sa séparation officielle de la République en tant qu’État indépendant.

    La connexion que le séparatisme de la Côte swahili aurait inévitablement avec l’identité musulmane de la plupart de ses partisans – sans parler de ses liens parallèles avec le nationalisme de la Grande Somalie – en ferait une cible facile d’infiltration pour Al Shabaab, qui pourrait utiliser le groupe MRC comme une couverture publiquement plus acceptable pour ses activités.

    Cette menace est encore plus aiguë dans le cas où les terroristes devraient refluer de Somalie, puisqu’ils devraient alors chercher à se disperser dans des cellules anonymisées du mouvement de la Côte swahili en attendant de reconstruire leur organisation et de planifier un retour.

    De cette manière, non seulement le séparatisme de la Côte swahili est une menace très dangereuse pour le fédéralisme identitaire, mais il pourrait également être détourné à des fins de terrorisme islamique, à la manière dont le mouvement« Azawad » dirigé par les Touaregs au Mali a été repris par al-Qaïda en 2012. Bien qu’il n’y ait aucune indication publique que ce soit actuellement le cas du MRC et d’Al Shabaab, la menace est effectivement  latente et il serait mieux de l’arrêter net afin de prévenir son évolution en quelque chose de beaucoup plus difficile à gérer pour les autorités.

    En outre, Nairobi devrait prendre des mesures pour faire face à toute possibilité de sentiment séparatiste / fédéraliste côtier qui pourrait (re)surgir à Mombasa et ailleurs le long de l’ancienne province de la côte.

     

    Des provinces aux régions… au fédéralisme ? :

    Plantation des graines

    La prochaine menace de guerre hybride qui pourrait être exploitée au Kenya est le fédéralisme identitaire, que l’auteur a décrit longuement dans un article précédent et qui se réfère à la fédéralisation d’un pays selon une identité interne et (facilement) définie (ethnique, religieuse, régionale , etc.).

    Le Kenya y est exceptionnellement vulnérable en raison de la diversité de sa population et de l’émergence de tensions identitaires entre les différents groupes, catalysées par la violence électorale de 2007-2008.

    De plus, comme cela a déjà été analysé dans la recherche, de nombreux Somaliens et peut-être même bientôt quelques Kényans vivant le long de la Côte swahili ont un sentiment identitaire séparé qui pourrait être manipulé de manière externe pour les mettre en désaccord avec Nairobi.

    Une autre manifestation de violence ethnico-tribale pourrait suffire à détricoter l’idée préalablement fédératrice du nationalisme kényan qui avait autrefois réuni toute la république, ce qui pourrait se combiner avec les identités régionales déjà existantes et en développement entre les communautés de la côte somalienne et de la côte swahili pour engendrer une poussée populaire favorable au fédéralisme identitaire.

    Le creuset de la région

    La réorganisation du pays selon ses anciennes lignes provinciales, en totalité ou partiellement, est la clé de toute possibilité réaliste.

    Il n’y a pas de moyen légal pour que cela se produise en raison de la Constitution de 2010 qui a aboli cette poignée d’anciennes unités administratives territoriales et les a divisé en dizaines de nouveaux comtés, qui peuvent être à la fois un obstacle et un avantage pour le fédéralisme identitaire.

    Commençant par le scénario le plus optimiste pour le gouvernement, si les services locaux et la gouvernance sont sensiblement améliorés en raison de ces réformes, il est moins probable que la population soit aussi manipulable contre elles au profit d’une révision constitutionnelle, mais cela ne sert qu’à aggraver les problèmes qui existent déjà.

    L’inverse pourrait être vrai et les gens pourraient plus facilement être enclins et amenés à rejoindre les manifestations anti-gouvernementales contre les réformes des comtés.

    Il est possible qu’un mélange de ces effets soit visible ces deux prochaines années, après que la reformulation territoriale-administrative aura eu suffisamment de temps pour donner des résultats indiscutables, certains domaines étant améliorés, tandis que d’autres finissent par se dégrader.

     

    Creuser pour avoir des données

    À ce stade, il serait nécessaire de mener des sondages d’opinion détaillés afin de vérifier les sentiments généraux dans chaque comté.

    Il y aurait vraisemblablement des grappes de comtés navigant vers l’une ou l’autre des opinions, ce qui permettrait aux observateurs d’évaluer la disposition régionale de la population sur cet aspect de la Constitution de 2010.

    L’auteur n’a pas assez d’expérience dans l’étude de la politique locale kényane pour prédire avec précision quelles parties du pays pourraient être plus satisfaites que d’autres, mais si une corrélation se développe entre les comtés insatisfaits et les anciennes provinces ou (facilement) les frontières définies par des appartenances ethnico-tribales, cela pourrait indiquer que les populations concernées (ou au moins leurs segments) sont mûres pour un endoctrinement parrainé par des ONG autour des idéaux du fédéralisme identitaire.

    Que ces comtés aient choisi de se regrouper dans des provinces plus vastes (que ce soit en violation de la Constitution sur un plan de jure officiellement reconnu ou, plus pacifiquement, par une société civile de facto) ou décide de conserver le territoire qui leur a été alloué,  ils peuvent encore s’agiter autour du fédéralisme et invoquer les exemples de la Somalie et du Sud-Soudan comme des précédents.

    Bien que ce dernier pays ne soit pas légalement une fédération, le grand degré d’autonomie dont disposent ses 28 petites régions est un modèle que certains des petits comtés kényans pourraient essayer de suivre, tandis que les plus grands qui cherchent à recréer des provinces (par morceau ou dans leur ensemble) pourrait regarder vers la Somalie comme exemple.

     

    Double fédéralisation ?

    L’auteur ne croit pas que l’une ou l’autre de ces deux organisations soit un modèle pour les Kényans, mais cela ne signifie pas que des éléments vulnérables de la population (en particulier ceux qui sont insatisfaits de la réorganisation en comtés ou qui le croient) puissent être guidés par des ONG et d’autres personnes à penser que leur pays devrait essayer d’imiter les décentralisations politiques de ses voisins.

    En outre, le lecteur doit se rappeler que la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) est enfin en voie de se fédérer dans la Fédération de l’Afrique de l’Est (FAE), de sorte que certains Kényans pourraient se demander pourquoi leur propre pays ne peut pas se fédéraliser en interne si l’unité plus grande organise cette sorte de relation avec ses voisins.

    Le même argument peut évidemment être appliqué à l’Ouganda qui, comme cela sera expliqué dans le prochain profil de pays, subit les mêmes pressions pour le faire, mais pour des raisons différentes, historiquement fondées.

     

    La géopolitique de la fédéralisation identitaire

    Par lui-même et dans un vide géopolitique, la fédéralisation n’est pas une menace pour le Kenya ou son partenaire chinois pour la Nouvelle Route de la Soie, mais le problème vient du fait que les États-Unis tenteraient naturellement d’exploiter le pays fédéré de manière prospective pour approfondir leur influence dans les principales zones de transit à travers lesquelles les projets chinois devraient passer. Ils pourraient le faire à la fois pour mettre un terme à ces initiatives (comme cela pourrait être le cas avec la « Grande Somalie » dans le cadre du projet LAPSSET en Éthiopie dans le nord-est du Kenya) ou pour exercer une influence de contrôle sur eux (comme ce que les États-Unis pourraient vouloir faire avec le chemin de fer de calibre standard [SGR] à travers la Côte swahili ou les unités « fédératives » ethnico-tribales). Après avoir expliqué tout cela, le passage des comtés au fédéralisme serait évidemment une action violente et déstabilisatrice opposant les forces locales et régionales à l’autorité centrale de Nairobi (ce dernier protège la Constitution de 2010, que les citoyens eux-mêmes ont approuvée par référendum ).

    C’est pourquoi la guerre hybride est l’instrument irremplaçable que les États-Unis devraient employer pour réaliser cette vision.

     

    Révolutions de couleur au Kenya

    Le coup est passé si prÈs

    Quant aux plans des États-Unis pour déclencher une guerre hybride au Kenya, il faudrait évidemment utiliser, à un moment donné, la technique politique des révolutions de couleur.

    Cela a déjà été testé dans les violentes séquelles de l’élection controversée de 2007 et pendant les deux mois de turbulences qui ont suivi, prouvant que l’ancienne idéologie prétendant unifier un nationalisme civique kényan n’était pas aussi forte que beaucoup l’avaient pensé. Au contraire de nombreux observateurs, et peut-être même des Kényans, au moment où éclatait une crise politique à fort enjeu qui pouvait en quelque sorte être commercialisée comme ayant des contours ethnico-tribaux, ces catégories d’identité étaient incitées à se heurter de manière destructive pour pousser le pays au bord de la guerre civile.

    L’auteur ne sait pas dans quelle mesure ces tensions étaient déjà existantes et « organiques » ou comment des groupes motivés ont dû travailler pour les provoquer, mais le résultat est que le Kenya a été au bord d’une calamité nationale, heureusement évitée à la dernière minute.

     

    Préparation d’un deuxième tour

    Cette expérience inoubliable a remodelé la psyché nationale et a jeté les gens dans une crainte palpable et une inquiétude persistante que la violence inter-communautaire pourrait une fois de plus éclater dans leur pays. Tout comme lors de la période 2007-2008, il est fort probable que toute répétition de ces événements dramatiques serait déclenchée par une crise politique nationale importante.

    C’est pourquoi l’auteur croit qu’une autre tentative de révolution de couleur pourrait fonctionner comme une étincelle planifiée pour raviver les conflits identitaires au Kenya et faire éclater une guerre hybride dans une nation stratégique de l’Afrique de l’Est.

    Étant conscient de la situation politique intérieure du pays, toute poussée de révolution de couleur prochaine serait probablement dirigée par Raila Odinga, qui a déjà une première expérience originale dans l’orchestration d’une guerre hybride qui a jeté le Kenya dans le chaos et nourrissant des aspirations présidentielles évidentes pour lui même.

    Avec son intérêt personnel à vouloir devenir un jour un président par un coup d’État suite à une guerre hybride, Odinga est plus motivé que quiconque pour prendre en charge ce mouvement et pour le porter, dans la mesure où il doit bouger pour atteindre ses objectifs.

    Seul lui et ses patrons étrangers savent lequel de ses nombreux rassemblements de « protestation » sera celui qui lancera la Révolution de couleur.

    Sans services secrets appropriés, il n’y a aucun moyen de savoir à l’avance si un événement planifié n’est qu’un coup de sonde stratégique ou la chose réelle. Cependant, il semble qu’un effort sérieux ait été fait pour lancer au moins une forme d’activité anti-gouvernementale soutenue au cours des émeutes qu’il a encouragées contre la Commission électorale indépendante et sur les frontières (IEBC).

    L’opinion de l’auteur selon laquelle cet incident était censé annoncer l’avènement d’une révolution de couleur est basée sur la réaction des médias internationaux (occidentaux), obsédés par une photo virale de « brutalité policière », complètement décontextualisée par la réalité alors que beaucoup de manifestants jetaient des pierres sur les policiers et des citoyens kényans innocents.

    Des images liées à cet événement sont généralement diffusées pour faciliter le travail de l’opposition nationale et internationale face au gouvernement visé, ce qui était évidemment le cas avec la photo en question.

    Deux chemins vers le désastre

    Ce que l’on peut tirer de cette expérience, c’est que les États-Unis et leurs alliés fabriqueront leurs propres « événements déclencheurs » de révolution de couleur bien avant les traditionnels évènements électoraux qui marquent le début du processus de changement de régime, en faisant ce qu’il faut pour provoquer les autorités dans une sorte d’action exploitable (par exemple « battre un manifestant ») ce qui pourrait alors être utilisé pour « justifier » le chaos prémédité.

    L’objectif, dans ce cas spécifique, est de produire une atmosphère omniprésente d’hostilité anti-gouvernementale qui reste en vigueur jusqu’aux élections d’août 2017 ou, même « mieux », de créer les circonstances où Kenyatta serait violemment débarqué avant par un coup d’État issu d’une guerre hybride.

    Tout événement de ce genre devrait vraisemblablement commencer par une révolution de couleur ou une version primitive de cette technique (comme dans une tentative de sondage qui n’était pas initialement prévue pour réussir aussi bien qu’elle l’a fait) menée par Odinga (quelles que soient les circonstances qu’il peut fabriquer, l’IEBC, l’élection proprement dite ou autre), développant une masse critique telle qu’elle peut facilement être utilisée pour provoquer le même type d’affrontements ethnico-tribaux que les événements post-électoraux en 2007-2008.

    Ce scénario ramènerait le pays au bord du précipice de la guerre civile et représenterait l’éventualité la plus destructrice.

    Une autre possibilité est que le mouvement de révolution de couleur d’Odinga serve d’aimant pour que les fédéralistes identitaires sortent de l’ombre et rendent leur cause publique, tout comme la façon dont le contre-gouvernement de Zoran Zaev fonctionne en République de Macédoine vis-à-vis du « fédéralisme albanais ».

    Si cela se produisait de façon significative, cela augmenterait grandement le potentiel déstabilisateur des protestations naissantes, leur donnant à la fois un programme national bien défini (restauration provinciale selon un cadre fédéré) et un soutien de grande envergure parmi divers groupes identitaires. Naturellement, ce type de mouvement pourrait aussi être manipulé, voire créé, dans le seul but d’alimenter la discorde identitaire au Kenya, mais il a objectivement beaucoup plus de chance que l’autre d’être utilisé pour« unifier »  des objectifs anti-gouvernementaux si les stratèges « révolutionnaires » décident qu’ils veulent que ce soit le cas.

    S’ils trouvent plutôt utile que ce groupe diversifié de « manifestants » soit tué sauvagement afin d’attirer l’attention nationale et internationale sur la révolution de couleur, pour accélérer sa croissance et / ou pour forcer le Kenya à un bain de sang fratricide dans une guerre hybride, alors Al Shabaab pourrait être utile comme soutien terroriste qui pourrait prendre le blâme sur lui ou être utilisé pour effectuer une attaque sous faux drapeau dont le président Kenyatta et ses partisans pourraient alors être accusés.

     

     

    Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik.

    Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015).

    Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride.

    Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

     

    Source et Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

     


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    Nicolas De Genty a partagé un lien dans le groupe AURICARAS (c).
    22 h·
     

    UKRAINE - EN VISITE À KIEV, MC CAIN PROMET LA GUERRE À POUTINE


    Les sénateurs John McCain et Lindsey Graham sont allés à Kiev pour apporter son soutien au gouvernement de Poroshenko, issu du coup d'état ukrainien, en promettant que 2017 sera l'année où l'Amérique permettra de régler les comptes avec le président Poutine, qui sera, selon leurs termes, vaincu sur les champs de bataille de l'Europe de l'est.

     


    "Si Poutine gagne en Ukraine, alors il peut envahir le reste du monde", a déclaré McCain.

     

    "Votre combat est notre combat", ajoute-il, en s'adressant aux putschistes de la clique de Poroshenko . "De retour à la maison, nous allons pousser les mesures à prendre sur la question.

    Il est temps pour eux (les Russes) de payer un lourd tribut."


    [Donbass* : Région du bassin du Donetsk et de Lougansk en Ukraine, peuplé de Russes, et dont la population est bombardée par les soudards de la clique sioniste de Kiev (mafia kazare) mise au pouvoir par la CIA.

    Cette dernière cherche à provoquer une réaction militaire de la Russie, afin de plonger l'Europe dans le chaos. Or, la Russie n'est pas intervenue.

     

    La population du Donbass qui est soumises à des bombardements quotidiens, est défendue par ses milices républicaines populaires d'autodéfense.

    Le Donbass, fait partie du territoire (Novorossiya) retiré à la Russie par Lénine pour être offert à l’Ukraine.

     

    La Novorossiya, peuplée de Russes, occupe le 1/3 Est de l’Ukraine]

     


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    La déclaration de guerre des néocons contre Trump


    Saker US
    Saker US

    Par le Saker – Le 11 janvier 2017 – Source The Saker

     

    Après plusieurs faux départs plutôt boiteux, les néocons ont maintenant franchi une étape qui ne peut qu’être qualifiée de déclaration de guerre contre Donald Trump.

    Tout a commencé par un article publié par CNN intitulé Intel chiefs presented Trump with claims of Russian efforts to compromise him [Les chefs du renseignement ont présenté à Trump les allégations à propos d’efforts russes visant à le compromettre], qui affirmait :

    Des documents classifiés présentés la semaine dernière au président Obama et au président élu Trump comprenaient des allégations que des agents russes affirment avoir des informations personnelles et financières compromettantes sur M. Trump, selon ce qu’ont dit de nombreux responsables officiels américains ayant une connaissance directe des réunions d’information à CNN.

    Ces allégations ont été présentées dans un résumé de deux pages annexé à un rapport sur l’interférence russe dans l’élection de 2016. Les allégations venaient, d’une part, de notes compilées par un ancien agent secret britannique, dont les responsables du renseignement étasunien considèrent le travail passé comme crédible []

    Le résumé de deux pages contenait aussi des allégations qu’il y a eu un échange continu d’informations pendant la campagne entre les suppléants de Trump et des intermédiaires du gouvernement russe, selon deux responsables de la sécurité nationale.

     

    Le site internet Buzzfeed a publié ensuite le document complet. Le voici, dans son intégralité.

    Insérer le document

     

    Lorsque j’ai lu le document, ma première intention était de le démonter phrase par phrase. Je n’ai cependant pas le temps de le faire et, franchement, ce n’est pas nécessaire.

    Je vous fournirai seulement suffisamment de preuves simples et directes que c’est un faux. Voici quelques éléments de preuve :

    1. Le document n’a pas d’en-tête, pas d’identification, pas de date, rien. Pour beaucoup de bonnes raisons techniques et même juridiques, les documents sensibles du renseignement sont créés avec beaucoup d’informations de suivi et d’identification. Par exemple, un tel document porterait généralement une référence à l’unité qui l’a produit ou une combinaison de chiffres et de lettres indiquant la fiabilité de la source et de l’information qu’il contient.
    2. La classification CONFIDENTIEL / SOURCE SENSIBLE est une plaisanterie. Si c’était un vrai document, son niveau de classification serait beaucoup, beaucoup plus élevé que « confidentiel » et, comme la plupart des documents du renseignement viennent de sources sensibles, il n’est pas nécessaire de le spécifier.
    3. L’affirmation que « Le dossier est contrôlé par le porte-parole du Kremlin, PESKOV, directement sur les ordres de POUTINE » est tout à fait risible.  À l’évidence, l’auteur de ce faux n’a aucune idée de la manière dont travaillent les services de renseignement et de sécurité russes (indice : le porte-parole du président n’a aucune implication dans quoi que ce soit).
    4. À la page 2, il y a une autre phrase hilarante : « exploiter l’obsession personnelle et la perversion sexuelle de TRUMP dans le but d’obtenir un « kompromat » adéquat (du matériel compromettant) sur lui. Personne, dans un véritable document du renseignement, ne se donnerait la peine de préciser ce que le mot « kompromat » signifie, puisque tant en russe qu’en anglais c’est évidemment la combinaison des mots « compromettant » et « matériel ». N’importe quel officier de renseignement occidental, même très jeune, connaîtrait ce mot, ne serait-ce qu’à cause des nombreux livres d’espionnage du temps de la Guerre froide écrits sur les techniques de piégeage du KGB.
    5. Le document parle de « source A », « source B », en suivant l’alphabet. Maintenant posez-vous une simple question : que se passe-t-il après que la « source Z » a été utilisée ? Une agence de renseignement peut-elle travailler avec un bassin potentiel de sources limité à 26 ? Ce n’est évidemment pas de cette manière que les agences de renseignement classent leurs sources.

    Je m’arrêterai là et suggérerai qu’il est amplement prouvé que c’est un faux brut produit par des amateurs qui n’ont aucune idée de ce dont ils parlent.

    Cela ne rend pas ce document moins dangereux, cependant.

    Premièrement, c’est l’élément vraiment crucial, il y a plus qu’assez ici pour destituer Trump pour de nombreuses raisons à la fois politiques et juridiques.

    Permettez-moi de le répéter encore une fois : c’est une tentative d’éliminer Trump de la Maison Blanche. C’est un coup d’État politique.

    Deuxièmement, ce document salit tous ceux qui sont impliqués : Trump lui-même, bien sûr, mais aussi les méchants Russes et leurs affreuses techniques machiavéliques.

    Trump est ainsi « confirmé » comme un pervers sexuel qui aime embaucher des prostituées pour uriner sur lui. Quant aux Russes, ils sont fondamentalement accusés d’essayer de recruter le président des États-Unis comme agent de leurs services de sécurité. Cela ferait de Trump un traître, d’ailleurs.

    Troisièmement, en une petite semaine nous sommes passés d’allégations de « piratage russe »à « avoir un traître qui siège à la Maison Blanche ».

    Nous ne pouvons que nous attendre à ce qu’un prochain tsunami d’affirmations de ce genre continuent et deviennent de pire en pire chaque jour. Il est intéressant que Buzzfeed ait déjà anticipé l’accusation que c’est une campagne contre Trump visant à le salir et le diaboliser en écrivant :

    « Maintenant, BuzzFeed News publie le document complet, pour que les Américains puissent se faire leur propre opinion sur les allégations à propos du président élu qui ont circulé aux plus hauts niveaux du gouvernement étasunien », comme si la plupart des Américains avaient l’expertise nécessaire pour détecter immédiatement que ce document est un faux grossier !

    Quatrièmement, à moins que tous les responsables qui ont informé Trump sortent et nient que ce faux était une partie de leurs réunions d’information avec Trump, il apparaîtra que ce document a l’imprimatur officiel des hauts responsables du renseignement américain et que cela leur donne une autorité légale probante.

    Cela signifie de facto que les « experts » ont évalué ce document et l’ont certifié « crédible » même avant toute procédure devant les tribunaux ou, pire, devant le Congrès.

    J’espère que Trump a eu la prévoyance d’enregistrer en audio et vidéo cette réunion avec les chefs du renseignement et qu’il est maintenant en mesure de les menacer d’action en justice s’ils agissent d’une façon contredisant leur comportement devant lui.

    Cinquièmement, le fait que CNN ait été impliqué dans tout cela est un facteur essentiel. Certains d’entre nous, y compris votre serviteur, ont été choqués et dégoûtés lorsque le Washington Post a publié une liste de 200 sites internet dénoncés comme « propageant de fausses nouvelles » et de la « propagande russe », mais ce que CNN a fait en publiant cet article est infiniment pire : c’est une attaque sordide et politique contre le président élu au niveau mondial (la BCC et d’autres publient déjà la même merde).

    Cela confirme de nouveau qu’on ne prend plus de gants et que la presse sioniste est en état de guerre totale contre Donald Trump.

    Tout ce qui figure ci-dessus confirme ce que j’ai dit ces dernières semaines : si jamais Trump parvient à entrer à la Maison Blanche (j’écris « si » parce que je pense que les néocons sont parfaitement capables de l’assassiner), sa première priorité devrait être de sévir impitoyablement, aussi durement qu’il le peut légalement contre ceux dans l’« État profond » américain (ce qui comprend les médias) qui lui ont maintenant déclaré la guerre.

     

    Je suis désolé de le dire, mais ce sera soit lui soit eux – l’une des parties ici sera écrasée.

     

    Aparté
    Pour ceux qui se demandent ce que j’entends par « sévir », je résumerai ici ce que j’ai écrit ailleurs : la meilleure manière de le faire est de nommer un directeur du FBI hyper loyal et déterminé et de lui faire savoir qu’il doit mener des enquêtes sur des accusations de corruption, abus de pouvoir, conspiration, entrave à la justice et tous les autres types de comportement qui se perpétuent au Congrès, dans la communauté du renseignement, le monde bancaire et les médias. Traiter les néocons comme Poutine l’a fait avec les oligarques russes et comme les États-Unis l’ont fait avec Al Capone – les attraper sur l’évasion fiscale. Pas besoin d’ouvrir des goulags ou de tirer sur les gens lorsque vous pouvez les attraper tous sur ce qui est leur comportement quotidien normal.

    J’espère sincèrement me tromper et j’admets que c’est possible, mais je ne sens pas dans mes tripes que Trump a ce qu’il faut pour frapper suffisamment fort ceux qui utilisent toutes les affreuses méthodes imaginables pour l’empêcher de faire quelque chose à la Maison Blanche, ou obtenir sa destitution s’il essaie de tenir ses promesses de campagne.

    Je ne peux pas le lui reprocher non plus : l’ennemi a infiltré tous les niveaux du pouvoir dans le système politique des États-Unis et il y a un signe puissant qu’ils sont même présents dans l’entourage immédiat de Trump.

    Poutine a pu faire ce qu’il a fait parce qu’il était un officier du renseignement à la volonté de fer et hautement qualifié. Trump n’est qu’un homme d’affaires dont la meilleure « formation » pour faire face à ce genre de gens serait probablement son exposition à la foule à New York.

    Sera-ce suffisant pour lui permettre de l’emporter sur les néocons ? J’en doute, mais je l’espère.

    Comme je l’ai prédit avant l’élection, les États-Unis sont sur le point d’entrer dans la pire crise de leur Histoire. Nous entrons dans des temps extrêmement dangereux. Si le danger d’une guerre thermonucléaire entre la Russie et les États-Unis avait considérablement reculé avec l’élection de Trump, la guerre totale des néocons contre lui fait peser un risque très grave sur les États-Unis, y compris la guerre civile (si le Congrès contrôlé par les néocons destituait Trump, je crois que des soulèvements se produiraient spontanément, en particulier dans le Sud, et surtout en Floride et au Texas).

     

    Au risque de paraître exagérer je dirai que ce qui se passe maintenant met l’existence même des États-Unis en danger, presque indépendamment de ce que Trump fera personnellement.

    Quoique nous puissions penser de Trump comme personne et de son potentiel comme président, ce qui est certain est que des millions de patriotes américains ont voté pour lui pour « drainer le marais », virer la ploutocratie basée à Washington et restaurer ce qu’ils voient comme les valeurs américaines fondamentales. Si les néocons manigancent maintenant un coup d’État contre Trump, je prédis que ces millions d’Américains se tourneront vers la violence pour protéger ce qu’ils considèrent comme leur mode de vie, leurs valeurs et leur pays.

    En dépit de l’image que Hollywood aime à donner d’eux, la plupart des Américains sont des gens pacifiques et non violents, mais s’ils sont poussés trop loin, ils n’hésiteront pas et saisiront leurs fusils pour se défendre, en particulier s’ils perdent tout espoir en leur démocratie.

    Et je ne parle pas seulement des péquenauds armés, ici, je parle des autorités locales, étatiques et des comtés, qui se soucient beaucoup plus de ce que leurs concitoyens locaux pensent et disent que ceux de Washington.

    Si un coup d’État est organisé contre Trump et si quelque prétendant à la présidence, du genre Hillary ou McCain, donne l’ordre à la Garde nationale ou même à l’armée américains de briser une insurrection locale, nous pourrions voir ce que nous avons vu en Russie en 1991 : un refus catégorique des services de sécurité de tirer sur leur propre peuple.

    C’est le plus grand et l’ultime danger pour les néocons : le risque, s’ils donnent l’ordre de réprimer la population, est que la police, les services de sécurité et l’armée puissent tout simplement refuser d’obtempérer.

     

    Si cela a pu se passer dans le « pays contrôlé par le KGB » (pour utiliser un cliché de la Guerre froide), cela peut aussi arriver aux États-Unis.

    J’espère vraiment me tromper et que cette récente attaque contre Trump est le dernier « vivat » des néocons avant qu’ils renoncent enfin et s’en aillent. J’espère que tout ce que j’ai écrit plus haut est l’expression de ma paranoïa.

     

    Mais, comme on dit : « Ce n’est pas parce que vous êtes paranoïaque que personne n’en a après vous. »

    Donc s’il vous plaît, dites-moi que je me trompe !

     

    The Saker

    Source et Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

     


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    14 janvier 2017

    DONALD J. TRUMP DANS LA CIBLE DE L ' ESTABLISHMENT POUR L’ÉLIMINER ...

    Eliminer, coûte que coûte,

     

     

    Donald J. Trump

     

    SOURCE : Publié le 13 janvier 2017 - par  
     

    Trumpcible

     

    Le 8 novembre 2016 l’homme d’affaire Donald J. Trump a été élu Président des USA.

    Résultat qui fut un coup terrible pour Hilary Clinton, le parti Démocrate et Barack Hussein Obama qui fit campagne comme pour un suffrage le concernant directement.

    Depuis cette date, il ne se passe pas une journée sans une tentative désespérée de lui reprendre cette victoire !

    Il n’a suffi que de quelques jours pour qu’une demande de recomptage des voix ne soit exigée et obtenue.

    Vérification qui attribua, au final, des bulletins de votes supplémentaires au président élu !

    Après ce revers est venue une tentative de corrompre les grands délégués chargés de confirmer le résultat.

     

    Une pétition (1) dans ce sens a obtenu près de cinq millions de signataires.

    Vint ensuite l’affirmation et la répétition jusqu’à plus soif d’un piratage des Usa par la Russie.

    L’horrible de ce fait n’étant pas trop, semble t-il, cet espionnage par lui-même, mais seulement qu’il ait favorisé Donald J. Trump lors de la campagne électorale.

     

    Tout cela ne suffisant pas pour le faire chuter, un dossier comprenant des accusations à charge, que nul ne peut prouver, a été diffusé dans la presse.

    L’essentiel de celui-ci serait une vidéo compromettante, détenue par le Kremlin, permettant l’exercice d’un chantage direct sur le Président élu.

    Gageons que, là encore, cela s’avérera mensonger !

    Au delà de ces faits très peu respectueux de l’esprit de la démocratie, il est désormais inévitable de s’interroger sur le motif d’une telle hargne à vouloir empêcher l’élu de présider ? Quelle est donc la réelle motivation de ce lynchage publique d’un homme qui, jusqu’à preuve du contraire, a toutes ses facultés intellectuelles et un casier judiciaire vierge ?

    Ses frasques, son langage, son excès de richesse ou son manque d’expérience politique ne peuvent être des réponses suffisantes et correctes.

    Si cela était, alors peu d’être humain pourraient diriger les USA ni tout autre état !

    La seule réponse logique étant que le programme prôné par celui-ci est probablement ressenti comme un véritable danger pour l’ordre établi.

    Cet homme étant beaucoup de choses sauf un politicien, il présente vraisemblablement un péril pour les prébendes de beaucoup, le politiquement correct et l’établissement de Washington, le sérail de ceux qui ne vivent que par les deniers publiques.

    Le peuple, paraît-il, aurait enfin un véritable représentant dans ce milieu de requins !

     

    Grave menace également ressentie dans les milieux politiques, médiatiques, artistiques et intellectuels d’autres pays si l’on en juge par la sympathie internationale exprimée envers toutes ces essais de déposséder le peuple américain de son libre choix !

    Face à ces échecs répétés, l’étape prochaine serait, en toute logique, sa destitution votée par le Congrès puis confirmée par le Sénat.

    Phase très difficile mais pas impossible sachant que beaucoup de Républicains ne se reconnaissent pas en lui.

    Haine si vivace et si palpable que chacun s’interrogera quant à savoir si l’épilogue de cette diabolisation ne sera pas son assassinat ?

     

    Une fin qui serait indigne de la démocratie américaine mais qui n’obstruerait plus la face cachée de cette gauche si ‘’humaniste’’ mais seulement lorsqu’elle est au pouvoir.

    Victor PEREZ ©

    L'auteur

     

    Blogueur depuis une quinzaine d’années et dénonçant les travers des sociétés dominées par le politiquement correcte, le sectarisme et la bêtise.

    Particulièrement en ce qui concerne l’Etat d’Israël devenu le Juif des nations

    SOURCE : http://victor-perez.blogspot.co.il/2017/01/eliminer-coute-que-coute-donald-j-trump.html

    Liens :

    (1) : https://www.change.org/p/electoral-college-make-hillary-clinton-president-on-december-19-4a78160a-023c-4ff0-9069-53cee2a095a8?recruiter=2580030

     

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    VOUS N'AUREZ PAS MA PEAU SI FACILEMENT BANDE DE ...... C'EST MOI QUI AURAIT LA VOTRE !

     
    Posté par DIACONESCO_TVà - -
     

     


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    Une icône des droits civiques refuse d’aller à l’investiture de Trump

    Une icône du mouvement américain des droits civiques, le représentant John Lewis, n’assistera pas à l’investiture de Donald Trump, qu’il juge illégitime et qui avait tenu de virulents propos contre les minorités pendant sa campagne.

     Sept autres démocrates de la Chambre des représentants ont annoncé qu’ils ne seraient pas présents à la cérémonie prévue le 20 janvier au Capitole, plusieurs d’entre eux expliquant vouloir ainsi protester contre le futur président.

    C’est la première fois que M. Lewis n’assiste pas à une investiture présidentielle depuis qu’il a été élu, il y a 30 ans, à la Chambre des représentants pour la Géorgie. 

    « Je ne considère pas ce président élu comme un président légitime », a expliqué M. Lewis sur la chaîne NBC, dans l’extrait d’une émission qui sera diffusée dimanche.

     « Les Russes ont contribué à l’élection de cet homme. Et ils ont pris part à la destruction de la candidature de Hillary Clinton », a-t-il fait valoir.

    Les services américains de renseignement accusent la Russie d’avoir cherché à élire Donald Trump en piratant le parti de sa rivale et en transmettant les emails piratés au site WikiLeaks. 

     

    Le démocrate Raul Grijalva, qui représente l’Arizona, a aussi annoncé qu’il boycotterait la cérémonie, dénonçant l’intolérance du président élu.

     « Il s’agit d’un acte individuel de défiance, oui, contre l’irrespect montré à des millions et des millions d’Américans par la future administration », a expliqué M. Grijalva.

    La démocrate de Californie Barbara Lee refuse elle aussi d’aller à l’investiture pour « honorer un futur président qui fait entrer le racisme, le sexisme, et la xénophobie et l’intolérance à la Maison Blanche ».

     Le représentant Luis Gutierrez n’ira pas non plus au Capitole le 20 janvier mais participera avec sa femme à la manifestation anti-Trump organisée le lendemain à Washington. 

    Les anciens présidents George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter ont tous annoncé qu’ils assisteront à l’investiture, ainsi que Hillary Clinton, comme c’est la tradition.

    http://www.bvoltaire.fr/actu


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    • Cette initiative diplomatique dite « conférence de la paix » est destinée à étrangler Israël. Elle a été prévue le 15 janvier, à Paris. Elle devrait immédiatement être reportée d'une semaine.

    • « Dévoyées de leur mission première, ces organisations [comme les Nations Unies] sont devenus des outils au service de la corruption ou du terrorisme, au bénéfice du pouvoir islamique mondial ... Leurs dernières résolutions ne confirment pas seulement la victoire du djihadisme et de l'analphabétisme : elles sont également le résultat d'années d'efforts déployés par l'Europe d'après-guerre qui cherche toujours à détruire, diffamer et délégitimer l'Etat juif au nom de la justice islamique ». - Bat Ye'or, historienne.

    • Il n'y a pas grand-chose à espérer de l'ONU devenue représentante du califat mondial, soutenue par des dictateurs et des despotes. Personne n'a encore été rendu responsable du scandale « pétrole contre nourriture » qui a détourné près de 100 milliards dollars de fonds publics et les Casques bleus impliqués dans des échanges de nourriture contre des faveurs sexuelles d'enfants n'ont pas été jugés.

    • « Le début de cette odyssée remonte à 1967, en France ... L'Europe s'est précipitée pour adopter la position française en 1973 et, avec l'OCI, a mis en place des mesures politiques pour détruire l'Etat juif en niant ses droits souverains pour mieux le cantonner sur un territoire indéfendable. La résolution 2334 est la cerise sur le gâteau de cette politique, qui est devenue une politique euro-islamique ... » - Bat Ye'or.

    • Toutes les nations éprises de liberté feraient bien d'abandonner l'ONU, ou sinon de cesser de le financer. Le rapport de forces est malheureusement la seule langue que l'ONU comprenne. Les pays qui croient que Donald Trump sera un autre pantin risquent d'avoir un choc.

    Israël, ce minuscule pays logé au cœur du Moyen-Orient, est devenu la nouvelle cible de la maltraitance onusienne sous le pilotage des Américains, des Européens (principalement la France) et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) – soit 57 États islamiques plus la « Palestine », qui forment un bloc de votes homogène à l'ONU.

    Le 23 décembre 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2334, qui fixe les limites d'un Etat palestinien aux lignes d'armistice de 1949. Les Arabes avaient précédemment refusé de fixer la frontière sur la ligne d'armistice, craignant sans doute d'être bloqués dans leur ambition d'accéder au contrôle du reste de la « Palestine », définie par eux comme allant « [ du Jourdain] à la mer [Méditerranée ] » - soit l'intégralité du territoire d'Israël. Toutes les cartes palestiniennes de la Palestine– gomment l'intégralité d'Israël.

    Selon la résolution 2334, non seulement les implantations juives deviennent illégales et leurs habitants juifs des criminels, mais le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, le Mur occidental dit Mur des Lamentations et le Mont du Temple – soit le cœur du judaïsme depuis près de 4000 ans et le lieu de naissance du christianisme depuis plus de 2.000 ans - sont maintenant grotesquement considérés comme « territoires occupés ».

    Comme le chroniqueur du Washington Post, Charles Krauthammer l'a noté :

    « C'est comme si l'ONU avait adopté une résolution déclarant la Mecque et Médine territoires sous souveraineté juive ou chrétienne. Une absurdité. Et une insulte à l'intelligence du monde sans parler du grave préjudice de priver Israël du contrôle de ses propres lieux saints. »

    Krauthammer se pose la question de savoir pourquoi la résolution enlève aux Israéliens la souveraineté de Jérusalem-Est, de la vieille ville et du mur de soutènement ouest du Mont du Temple - tout ce qui reste du Second Temple détruit par les Romains en 70 après JC, mais ou les Juifs se recueillent tous les jours. Hmmm ?

    Comme la résolution 2334 abolit la résolution 242 qui fondait auparavant la création d'un Etat palestinien sur une solution négociée par les belligérants, il se pourrait que le président Obama et l'administration américaine, avec les islamistes, les dictateurs, et bon nombre de ces dirigeants islamisés d'Europe qui peuplent l'ONU, aient envisagé de déclarer un État palestinien, doté de Jérusalem-Est comme capitale lors d'une très prochaine réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui aurait lieu le 17 Janvier, soit trois jours avant qu'Obama quitte ses fonctions. Une hypothèse que nous espérons sincèrement non fondée.

     

    Un vote au Conseil de sécurité de l'ONU (illustratif). [Source de l'image : U.S. State Department]

     

    Malheureusement, il semble que l'agression US-ONU-OCI incarnée par la résolution 2334 ne soit que le second volet d'une guerre que le président américain sortant Barack Obama a entrepris de mener contre Israël – dans le but de confier une part importante d'Israël, notamment son cœur, la vieille ville de Jérusalem, à un nouvel Etat islamique.

    Déjà, le 13 octobre 2016, une autre branche de l'Organisation des Nations Unies, l'UNESCO, a faussement déclaré que le cœur du du judaïsme était un site islamique. En 2015, l'UNESCO avait déjà falsifié l'origine religieuse de deux anciens sites juifs bibliques, le Tombeau de Rachel et le Caveau des Patriarches, pour en faire des « sites islamiques » - alors l'islam n'a surgi dans l'histoire que plusieurs siècles plus tard.

    Le vote de la résolution 2334 a été unanime, sauf pour les États-Unis qui, après avoir orchestré et nourri toute l'affaire a choisi de s'abstenir, sans doute pour mieux dissimuler qu'ils en étaient à l'origine.

    Le déni a fait l'effet de ce genre de mauvais film où l'on voit une femme engager un tueur à gages pour abattre son mari, puis affirmer au juge qu'elle est innocente, car au moment de l'assassinat elle était chez le coiffeur.

    Le 28 décembre 2016, le secrétaire d'État John Kerry a émis quelques « pensées franches pour dissimuler la trahison de l'administration Obama - son abstention face à la résolution 2334 – derrière des conseils de faux-ami. Selon Kerry, les « intérêts des États-Unis » ne sont plus en ligne avec les intérêts d'Israël. Pourquoi donc ? En raison de la politique israélienne d'implantations.

    « Nous avons multiplié les exhortations publiques et privées aux Israéliens pour qu'ils stoppent la course aux implantations.

    A l'occasion de centaines de conversations avec le Premier ministre Netanyahu, je lui ai dit clairement que la poursuite des activités de colonisation ne ferait qu'accroître la pression pour une réponse internationale. Nous savions tous depuis un certain temps que les Palestiniens avaient l'intention de déposer une résolution sur le bureau de l'ONU, et j'ai informé le premier ministre à plusieurs reprises que la poursuite des activités de colonisation ne ferait qu'inciter les Nations Unies à passer à l'action. »

    En raison de la politique d'implantations menée par Israël, l'intérêt des États-Unis serait donc d'affaiblir la position diplomatique d'Israël, et de faire de la seule démocratie libre et pluraliste dans la région une nation paria au sein de laquelle tous les Israéliens de la région seraient considérés comme des criminels ou des cibles pour un boycott général. Caroline Glick chroniqueur au Jerusalem Post a déclaré :

    « ... Contrairement à ce qui a été largement soutenu, la 2334 ne renforce pas le boycott des « colonies ». La 2334 donne un coup de pouce stratégique au boycott d'Israël dans son ensemble...

    « La résolution 2334 appelle les Etats qui ont des relations avec Israël « à opérer une distinction entre le territoire de l'Etat d'Israël et les territoires occupés depuis 1967. Étant donné qu'aucune entreprise israélienne ne fait cette cette distinction, toute l'activité économique israélienne est maintenant menacée de boycott.

    Tnouva devient une laiterie « d'occupation », car cette entreprise fournit en produits laitiers des communautés au-delà des lignes de 1949.

    « La Bank Hapoalim est une banque d' « occupation » parce nombre de ses distributeurs de billets se situent dans les faubourgs de Jérusalem conquis après 1967.

    « La chaîne de vêtements Fox est une chaîne « d'occupation », car elle dispose d'un magasin à Gush Etzion. Et ainsi de suite.

    « La résolution 2334 donne à l'Europe et ses ONG un feu vert pour mettre en place un boycott commercial et culturel complet contre tout Israël. »

    Kerry a terminé son discours en énumérant six principes pour la paix, soi-disant sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires mutuellement convenus (sauf qu'Israël n'a plus grand-chose à échanger) ; la reconnaissance d'Israël par les Palestiniens en tant qu'Etat juif ; aider à résoudre la question des réfugiés ; l'internationalisation de Jérusalem comme capitale de deux pays ; des frontières viables pour Israël ; la fin du conflit et de toutes les réclamations en suspens.

    Ces « principes » sont en réalité les six pierres fondatrices d'un monument d'hypocrisie car ils contredisent la résolution 2334. Pourquoi les Palestiniens accepteraient-ils des échanges de terres si les implantations ont déjà été déclarées illégales ?

    De façon alarmante, le gâchis ne parait pas prêt d'être achevé. Une troisième étape de cette fusée anti-israélienne est en préparation et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de bonnes raisons de penser« que le Conseil de sécurité des Nations Unies pourrait prendre des mesures fraîches contre Israël lors d'une réunion du conseil de sécurité prévue le 17 Janvier, trois jours avant que le président américain Barack Obama quitte ses fonctions. »

    La France a affirmé vigoureusement qu'elle « ne prévoyait pas » le dépôt d'une résolution israélo-palestinienne à l'ONU, ce qui ouvre la voie à la complaisance d'autres pays comme la Nouvelle - Zélande, le Venezuela, la Malaisie ou le Sénégal à nouveau. Le lancement de cette Holocauste diplomatique commencera le 15 Janvier, à Paris, à une « conférence de paix ».

    Cette initiative lancée par un président sortant, François Hollande, devrait être reportée immédiatement d'une semaine au moins. Car sinon cette conférence internationale qui rassemblera les représentants de 70 Etats établiront un cadre de paix fictif entre Israël et les Palestiniens. Ces diplomates ne manqueront pas de rédiger une résolution de leur propre initiative – des fuites ont déjà montré que ce document a été préparé par le Quai d'Orsay – et un « pays ami d'Israël » sera certainement volontaire pour aller proposer cette résolution aux membres du Conseil de sécurité le 17 janvier.

    Peu après le discours de Kerry, le Premier ministre britannique Theresa May a marqué ses distances avec Washington sur la condamnation d'Israël, sans doute pour ne pas obérer les relations futures de la Grande Bretagne avec l'Amérique de Donald Trump. L'ambassadeur de Grande - Bretagne, Sir Kim Darroch, a même indiqué qu'il espère que les deux dirigeants, américain et britannique, émuleront la relation que Margaret Thatcher entretenait avec son homologue américain Ronald Reagan. Ce serait en effet magnifiquement churchillien ou thatchérien que May oppose son veto à certains diktats des Nations Unies.

    Il n'y a pas grand-chose à espérer de l'ONU devenue représentante du califat mondial et soutenue par des dictateurs et des despotes. Personne n'a encore été rendu responsable du scandale « Pétrole contre nourriture» qui a détourné près de 100 milliards dollars de fonds publics et les Casques bleus impliqués dans des échanges de nourriture contre des faveurs sexuelles d'enfants n'ont jamais été jugés.

    L'ONU n'a pas résolu le problème des réfugiés ; elle l'a seulement perpétué, a noté le grand dissident soviétique, Nathan Sharansky.

    L'ONU n'a pas non plus prévenu ou résolu les conflits de ce monde, au contraire, elle les a perpétués comme le montre la guerre en Syrie, en Irak, et au Soudan.

    Comme l'historienne Bat Ye'or l'a récemment écrit à propos des Nations Unis et de l'Unesco :

    « Dévoyées de leur mission première, ces organisations sont utilisées par la corruption ou le terrorisme pour renforcer le pouvoir islamique mondial. Toutefois, n'oublions pas que ceux qui votent sont des chefs d'Etats, des individus pleinement conscients et responsables, motivés par des intérêts et des idéologies souvent criminelles ne représentant pas toutes les opinions de leur peuple qu'ils tyrannisent y compris dans les « démocraties » européennes.

    Leurs dernières résolutions ne confirment pas seulement la victoire du djihadisme et de l'illettrisme, elles expriment le succès d'années d'efforts de cette Europe de l'après-guerre qui s'acharne à détruire, à diffamer et à délégitimer l'Etat hébreu au nom d'une justice islamique. L'origine de ce long parcours initié en 1967 revient à la France.

    L'Europe s'est précipitée ensuite pour adopter la position française en 1973 et, avec l'OCI, a mis en place des mesures politiques pour détruire l'Etat juif en niant ses droits souverains pour mieux le cantonner sur un territoire indéfendable.

    La résolution 2334 est la cerise sur le gâteau de cette politique, qui est devenue une politique euro-islamique ... »

    Toutes les nations éprises de liberté feraient bien d'abandonner l'ONU, ou sinon de cesser de le financer. Le rapport de forces est malheureusement la seule langue que l'ONU comprend.

    Le 5 Janvier, la Chambre des représentants américaine a voté à 342 contre 80 une condamnation du vote de l'ONU, avec près de 100 démocrates qui ont rejoint les républicains. Les pays qui croient que Donald Trump sera un pantin comme un autre risquent d'avoir un choc.

     

    Yves Mamou est journaliste et auteur basé in France. Il a travaillé pendant deux décennies au journal Le Monde, avant de prendre sa retraite.

     

    https://fr.gatestoneinstitute.org/9756/


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    Norman Finkelstein : Les Etats-Unis reconnaissent que les colonies israéliennes constituent un crime de guerre.

     

     

    Norman Finkelstein sur la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies

    Sources : http://normanfinkelstein.com/2017/01/04/norman-finkelstein-on-the-un-security-council-resolution-2334, http://mondoweiss.net/2017/01/breathtaking-settlements-finkelstein

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


    Durant un vote retentissant à l’ONU, Obama a changé sa politique sur les colonies israéliennes, les considérant comme un crime de guerre – Finkelstein

    Philip Weiss, le 4 janvier 2017

    Durant les fêtes de fin d’année, j’ai eu deux conversations téléphoniques avec Norman Finkelstein au sujet de la résolution historique 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 23 décembre, qui qualifiait les colonies israéliennes de violations flagrantes du droit international. La transcription est légèrement raccourcie.

    Philip Weiss : Dites-moi ce que vous pensez de la résolution.

    Norman Finkelstein : Tout d’abord, en parlant strictement du texte de la résolution et non de sa résonance ou de son importance politiques (sur lesquelles je vais revenir), c’est une assez bonne résolution et nous devrions être clairs à ce sujet. Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes.

    Premièrement, le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force ».

    C’est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations Unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l’inclusion de ce principe, reconnaissant qu’il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu’Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force.

    Israël a plus tard obtenu une sorte de compensation avec la suppression de l’article défini « les » devant « territoires » dans le texte de la résolution [la phrase « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés dans le récent conflit » est devenue « retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés dans le récent conflit »]. Israël a réussi à déplacer tout le débat pendant plusieurs décennies, en se concentrant exclusivement sur la suppression de l’article défini. Et ce sont les États arabes qui ont toujours insisté sur le fait qu’il fallait également considérer le préambule qui établissait l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force.

    L’argument avancé par Israël était que le paragraphe du préambule qui faisait référence à l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force n’était pas aussi important que le paragraphe contraignant [« le retrait des forces armées israéliennes de territoires… »].

    Dans cette nouvelle résolution, est déclarée, conformément au droit international, « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force », et c’est donc une forte réaffirmation de ce principe.

    Celle-ci vient directement en tête de la résolution 2334. Fait intéressant, elle n’est même pas balancée comme l’était la résolution 242 originelle. La résolution 242 comporte deux déclarations en préambule. L’une concernait l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force, et l’autre le droit des États de vivre en paix avec leurs voisins. Cela a été concédé pour Israël. Ils ne l’ont pas mentionné cette fois-ci. Ils ont simplement mentionné la clause d’inadmissibilité.

    Ce texte est important pour une autre raison. [L’ambassadeur israélien] Ron Dermer a proclamé partout que « nous savons qui a rédigé cette résolution, cette résolution a clairement été écrite par un Etat occidental », justifiant la remarque [du Premier ministre israélien] Netanyahu selon laquelle tout cela aurait été concocté par les États-Unis. Ce n’est clairement pas le cas.

    Les États-Unis ne partent pas de la clause d’inadmissibilité. Comme l’indique clairement le discours de John Kerry, il considère déjà que tout le territoire du côté Est du mur appartient à Israël, ce qui contredit manifestement la clause d’inadmissibilité. Ce n’était donc pas une résolution occidentale.

    Ce qui est occidental dans la résolution est la partie sur le terrorisme, l’os jeté aux États-Unis pour les amener à s’abstenir.

    Le quatrième paragraphe est également très fort parce qu’il condamne non seulement « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est », et il mentionne également explicitement les colonies [« y compris… la construction et l’expansion de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions concernées »]. C’était important parce que c’était le nœud de discorde dans l’accord d’Oslo. L’accord d’Oslo stipulait que vous ne pouviez pas modifier le caractère démographique mais il ne mentionnait pas explicitement la construction de nouvelles colonies.

    Donc en termes légaux, c’est clairement une amélioration par rapport à l’accord d’Oslo. Vous vous souvenez peut-être qu’à l’époque, des gens comme Haider Abdel-Shafi ont refusé de soutenir Oslo parce que cet accord ne disait rien au sujet des colonies. Ici, vous n’avez pas seulement le fait d’ « altérer la composition démographique, le caractère et le statut » [de la Palestine], mais aussi la construction et l’expansion de colonies. C’est donc selon moi une victoire importante.

    La troisième raison pour laquelle cette résolution est une victoire est qu’elle déclare : « Réitérant sa vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix, dans des frontières sûres et reconnues ». C’est aussi d’une très grande importance car dans son discours, Kerry a parlé d’un Etat juif et d’un Etat arabe.

    Ce qui est techniquement correct parce que c’est ce que la résolution 181 de l’ONU disait – la résolution de partition originale en 1947. Mais la résolution 2334 était différente. Il s’agit de deux États démocratiques, Israël et la Palestine. Donc, cette résolution a été très prudente, veillant à ne pas donner de cachet d’approbation à un Etat juif, bien que John Kerry l’ait fait. C’était aussi une grande victoire.

    De fait, ce sont là des choses que Kerry et Samantha Power ont pris grand soin d’ignorer. Kerry a affirmé qu’il n’y avait là aucune politique qui contredise la politique américaine. Mais cela contredit bien évidemment la politique américaine, la politique actuelle des États-Unis, et Kerry a menti à ce sujet.

    Kerry a dit que la politique américaine a de longue date soutenu Israël en tant qu’Etat juif. C’est complètement faux. Cela n’a même jamais été évoqué. Lors des négociations d’Annapolis, la déclaration exceptionnelle du côté israélien était le plan Olmert, qu’il a présenté en privé à Abbas. Si vous regardez le texte, il n’y avait aucune mention de la reconnaissance d’un Etat juif.

     

    C’est tout nouveau, c’est apparu avec Netanyahu. Donc quand dans son discours, Kerry essaie de justifier le fait d’appeler Israël un État juif en se basant sur la politique américaine de longue date, ce n’est tout simplement pas vrai.

    La déclaration de Samantha Power selon laquelle le fait de considérer les colonies comme illégales était une politique américaine de longue date est également complètement fausse.

    C’était une politique de longue date jusqu’à ce qu’Obama arrive au pouvoir. Ils ont ensuite transformé le terme « illégales » en « gênantes ». Le fait qu’elles étaient considérées illégales est très précisément ce que la politique des États-Unis a nié durant les 8 dernières années. Durant les conférences de presse, on leur a demandé plusieurs fois de but en blanc si elles étaient illégales.

    Ils répondaient : « Nous les considérons gênantes ». C’est donc quelque chose de nouveau.

    Il est intéressant de noter que j’ai été surpris en lisant que cette résolution « Réaffirme que l’établissement par Israël de colonies dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucune validité juridique et constitue une violation flagrante du droit international. »

    En recourant à ce vocabulaire, ils considèrent les colonies comme un crime de guerre. S’ils avaient seulement dit qu’il s’agissait d’une violation du droit international, cela ne constituerait pas nécessairement un crime de guerre. Pour constituer un crime de guerre, elles doivent être qualifiées de violation grave ou flagrante du droit international.

    Cela aussi était nouveau – ou plutôt, ce qui est nouveau, c’est que les États-Unis l’ont enfin reconnu, ce qu’ils dénient obstinément en prétendant que c’est une politique américaine de longue date. Ce n’est absolument pas le cas. Ils ne considéraient même pas les colonies comme illégales sous Obama.

    Et il est vrai, étonnamment, qu’ils ont recouru au vocabulaire international standard et ont inclus Jérusalem comme territoire occupé. Il est vrai que c’est une politique de longue date, mais cela ne faisait certainement pas partie de la politique américaine au cours des 8 dernières années.

    Le cœur de la résolution est les colonies. Nous ne devrions pas vilipender, à mon avis, le fait qu’elle fasse référence aux actes de terreur et d’incitation aux paragraphes 6 et 7.

    Ils ont simplement donné cela aux États-Unis pour leur permettre de s’abstenir en sauvant la face, afin que Kerry puisse essayer de justifier l’abstention. La résolution de 2011 [à laquelle les États-Unis avaient opposé leur veto] ne comportait pas ces paragraphes.

    Il s’agissait évidemment de permettre aux États-Unis de sauver la face.

    Donc dans l’ensemble, textuellement – je ne parle pas des ramifications politiques –, textuellement, c’était une bonne résolution, et elle était très distincte de ce que Kerry disait dans son discours : Kerry qui parlait d’Etats juif et arabe, Kerry qui parlait d’échanges de territoires, et ne cessait de distinguer les territoires des côtés Est et Ouest de ce qu’ils appellent la barrière de séparation.

    Il faut être très reconnaissant pour le fait que l’administration Obama n’appuie pas le vote d’une nouvelle résolution de l’ONU qui viserait à inscrire les paramètres de Kerry dans une résolution. Nous ne voulons pas d’une telle chose. Il vaut bien mieux n’avoir que cette résolution 2334.

    En ce qui concerne le discours de Samantha Power, elle a dit : « Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a réaffirmé son consensus établi selon lequel les colonies n’ont aucune validité juridique. »

    Eh bien, c’est exactement ce qu’ils ne disaient pas depuis huit ans. Ils disaient qu’elles étaient gênantes. Ils ont refusé de recourir au vocable de la validité juridique.

    C’est pourquoi je ne crois pas que c’était une résolution occidentale. Le vocabulaire utilisé dans cette résolution a été le langage constant des Nations Unies depuis au moins 1967 et ils n’allaient certes pas le remettre en question.

    Dans le cadre de l’ONU, il n’y a pas la moindre possibilité qu’on commence à utiliser des mots comme « gênantes ». C’est vraiment un point très important.

    C’est le langage d’une maîtresse d’école. « Johnny, quand tu jettes du papier à Sally pendant l’heure du déjeuner, c’est gênant. Il serait temps d’arrêter ! » Quel genre de langage est-ce là ? C’est vraiment infantile.

    Le langage que l’administration Obama a développé est antithétique à la nature entière de l’ONU et du droit international. Il est extrêmement important de comprendre ce que les États-Unis ont fait. Les États-Unis savent ce qu’est la loi et ils redoutent la loi, et ils ont donc inventé et conjuré un langage qui échappe à ce que dit la loi. C’est pourquoi ils disent « gênantes ».

    Ensuite, si vous lisez attentivement le discours de Kerry, il ne cesse de dire qu’une résolution doit être basée sur les « besoins » respectifs des deux parties. Si vous entrez le mot « besoins » dans une barre de recherche pour le discours de Kerry, vous verrez qu’il revient encore et encore et encore. Il est absolument essentiel de savoir ce qui se passe.

    La résolution devrait être fondée sur la loi. Mais ils savent très bien que si vous vous basez sur la loi, Israël perd sur tous les points et les Palestiniens gagnent sur tous les points. Jérusalem, comme l’indique clairement cette résolution, Jérusalem-Est appartient aux Palestiniens.

    Les colonies constituent un crime de guerre selon le droit international. Les frontières : toute la Cisjordanie et Gaza sont un territoire palestinien. Les réfugiés : la loi impose le droit de retour ou à une compensation basée sur la résolution 194. Ils savent qu’en se basant sur la loi, Israël perd sur tous les points.

    Ils ont essayé de déplacer ou de restructurer le langage, et ils parlent maintenant de « besoins ». Comment une résolution peut-elle être fondée sur les besoins ? Si Israël dit : « Nous avons besoin de Jérusalem-Est », et que les Palestiniens disent « Nous avons besoin de Jérusalem-Est », comment pouvez-vous arbitrer sur la base des besoins ? Vous ne pouvez arbitrer que sur la base de la loi. Israël peut penser qu’il en a besoin, mais la loi dit qu’il ne l’aura pas.

    Donc toute cette refonte du conflit en termes de « besoins » et de choses « gênantes » ou non est une tentative délibérée d’éluder la loi. Vous riez, mais il y a une méthode derrière l’infantilisme du vocabulaire. C’est pour échapper à ce qu’impose la loi.

    Philip Weiss : Donc Netanyahu a-t-il raison de considérer que les États-Unis se retournent contre lui ?

    Norman Finkelstein : Je pense que Netanyahu a raison de dire que la résolution n’est pas cohérente avec la politique américaine récente. Je pense que c’est exact. L’abstention d’Obama ne s’est pas conformée à la politique américaine récente, qui atténue clairement, voire ignore complètement le fait que Jérusalem-Est est un territoire palestinien occupé, point final. C’est ce que chaque résolution réaffirme et c’est la loi.

    Deuxièmement, l’administration Obama a très clairement occulté le fait que les colonies sont illégales et constituent même un crime de guerre en utilisant un langage tel que les colonies sont « gênantes ». Donc Netanyahu a raison de souligner que cela n’est pas conforme à la politique américaine, au moins pour les huit dernières années.

    C’est également vrai de dire que Kerry ment quand il dit des choses comme « La politique consistant à soutenir un Etat juif a été la politique américaine de longue date ». C’est un gros mensonge. Cela n’a jamais été évoqué, la question n’a jamais été soulevée, jusqu’à ce que Netanyahu le fasse pour des raisons transparentes, parce qu’il savait qu’il n’obtiendrait jamais une reconnaissance de ça par les Palestiniens.

    Personnellement, j’ai l’impression que la formule utilisée par Kerry dans son discours n’était pas un désastre. Il a utilisé la formulation « deux États pour deux peuples, un juif et un arabe, avec une reconnaissance mutuelle et des droits pleinement égaux pour tous leurs citoyens respectifs ».

    On pourrait dire que les deux propositions sont incohérentes : comment pourrait-il à la fois s’agir d’un État juif, et que tous les citoyens arabes y jouissent des pleins droits ? C’est la formule de [l’ancien ambassadeur] Dan Kurtzer, et il est clair que Kerry se l’est appropriée.

    À mon avis, c’est une formulation qui est pleine de tensions, de contradictions et de points de friction, mais tant que vous incluez cette deuxième clause de rééquilibre, ce n’est pas un désastre. Cela remonte évidemment à la résolution 181 de l’ONU [la résolution de partition de 1947], qui a appelé à un Etat juif et à un Etat arabe, puis comportait toutes ces dispositions selon lesquelles il devait y avoir l’égalité absolue des droits dans les deux Etats. Kerry a veillé attentivement à inclure la clause d’équilibrage.

    Tous les Arabes d’Israël doivent jouir de droits égaux en tant que citoyens. Mais il faut reconnaître que la formulation de Kerry est distincte de la résolution de l’ONU, qui ne parle que de deux Etats démocratiques, Israël et un Etat palestinien [« Réitérant sa vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues »].

    Je préfère la résolution de l’ONU, je pense que c’est la loi. Mais d’un autre côté, je pense que la formulation de Kerry – qu’il s’est appropriée de Kurtzer – n’est pas un désastre. Je pense qu’il l’a dit deux fois, qu’il doit y avoir de pleins droits égaux pour tous les citoyens arabes d’Israël.

    Ce qui, venant des États-Unis, est une grande concession. Obama aurait dit « un Etat juif et un Etat arabe », il n’a jamais abordé la nature démocratique des États.

    Kerry a ce que vous pourriez appeler un motif rationnel, national à la promotion de la solution à deux États, en termes d’intérêt national, et, ce qui est intéressant, cela vient à la toute fin de son discours. Quand Kerry dit :

    Avec la paix israélo-palestinienne, Israël, les États-Unis, la Jordanie et l’Égypte – avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe – seraient tout à fait prêts à définir un nouveau partenariat de sécurité pour la région qui serait absolument révolutionnaire.

    Puis il dit un peu plus loin :

    En attendant, les défis sécuritaires pourraient être résolus par un accord de sécurité entièrement nouveau, dans lequel Israël coopèrerait ouvertement avec les principaux États arabes.

    Ainsi, Kerry reconnaît que même si les Saoudiens coopèrent déjà avec Israël en coulisses, afin d’en faire un accord ouvert et plus efficace, ils doivent résoudre ce conflit israélo-palestinien, qui constitue un obstacle à la collaboration ouverte entre Israël et les Saoudiens.

    Donc quand il prononce ce discours, il le fait aussi en direction des Saoudiens, et il doit inclure quelque chose sur l’égalité des droits des Arabes en Israël, parce qu’ils ne vont pas accepter et ne peuvent pas vraiment accepter un « Etat juif » dans cette seule formule.

    C’était intéressant, parce que si vous regardez le gros titre d’Haaretz aujourd’hui, selon lequel les Etats arabes ont approuvé le discours de Kerry, Barak Ravid insiste largement là-dessus, disant « Ils ont approuvé la clause de l’Etat juif ». Je présume que c’est ce que voulait Kerry, et pour l’obtenir, il a dû inclure cette clause d’équilibrage sur les droits pleins et égaux pour les Arabes d’Israël.

    Mais autrement, il n’y a pas d’intérêt national des États-Unis à essayer de résoudre le conflit. Si vous regardez le discours de Kerry, il n’a cessé de mentionner le fait que les États-Unis ont un intérêt à cela. Mais ses arguments sont assez faibles.

    Il demande « Pourquoi suis-je impliqué, pourquoi ai-je travaillé sur ce dossier avec tant d’énergie ? » :

    Pour une raison simple : parce que la solution à deux États est le seul moyen de parvenir à une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

    D’accord, mais cela n’a rien à voir avec les États-Unis.

    C’est la seule façon d’assurer l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, vivant en paix et en sécurité avec ses voisins.

    Cela n’a rien à voir avec les États-Unis.

    C’est la seule façon d’assurer un avenir de liberté et de dignité au peuple palestinien.

    Quand les États-Unis se sont-ils souciés de cela ?

    Et c’est un moyen important de favoriser les intérêts des États-Unis dans la région.

    Le seul intérêt perceptible est que face à l’Iran, les Etats-Unis ont besoin d’une collaboration franche et ouverte entre Israël et les Saoudiens. C’est ce que j’en retiens. Je pense toujours que c’est un intérêt national relativement faible, mais ça reste un intérêt national. Le discours a été en partie conçu pour que les [Etats] Arabes s’embarquent sur son plan de paix.

    Philip Weiss : Mon point de vue est le point de vue conventionnel exprimé par [le Secrétaire général de la Défense nominé par Trump, le Général des Marines James] « Mad Dog » Mattis, à savoir que nous payons un prix dans tout le Moyen-Orient pour notre soutien envers Israël.

    Un mot anglais que tous les Arabes connaissent est « justice », comme je l’ai découvert quand j’ai pris un taxi à Damas il y a 10 ans, et ils ne considèrent pas notre politique comme juste. Oussama Ben Laden a largement fait référence à la cause palestinienne. Pourquoi tout cela, contenu implicitement dans le discours de Kerry sur la paix au Proche-Orient, n’est-il pas considéré comme un intérêt américain ?

    Norman Finkelstein : Il faudrait une longue discussion pour répondre à cela. On peut avoir ce que vous pourriez appeler un intérêt national théorique, abstrait, général. Mais vous avez aussi un intérêt national qui s’impose à une administration qui, dans le cas des États-Unis, est bombardée de crises chaque jour.

    C’est la nature d’une superpuissance. La question est celle-ci : Qu’est-ce que vous mettez à votre ordre du jour ? Le cas de Jimmy Carter lorsqu’il a négocié l’accord de Camp David en 1978 – il y avait là un intérêt très pressant. L’intérêt était qu’Israël occupait un territoire, et que Sadate était déterminé à récupérer sa terre (le Sinaï). Il y avait un énorme mécontentement dans le monde arabo-musulman à l’époque parce que les États-Unis soutenaient Israël qui occupait des terres arabes, et l’Union soviétique capitalisait sur ce mécontentement.

    Et il y avait des régimes au Moyen-Orient qui sympathisaient avec l’Union soviétique. Il y avait tout un nombre de facteurs qui pesaient si dur sur les États-Unis que Carter a décidé d’en faire son principal point à l’ordre du jour lorsqu’il est entré en fonction, pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Et je dois dire que j’ai lu récemment les deux volumes d’archives américaines consacrés à Camp David. Il s’agit d’environ 3000 pages. Carter était incroyable.

    Il était tout simplement extraordinairement intelligent, pointu et engagé. Je lui tire mon chapeau. Carter a clairement établi que cela n’avait rien à voir avec les droits de l’homme, mais avec l’intérêt national des États-Unis. Et il y a investi énormément de temps.

    Parce qu’il y avait un intérêt pressant, le pétrole, et que la région était en effervescence en raison de cette occupation.

    Comparez cela avec les années Obama, où il n’y a qu’un vague problème persistant causé par le conflit israélo-palestinien. Le fait est, et je pense que vous serez d’accord, que depuis le 11 septembre, certainement durant les 8 dernières années, à cause de ce qui s’est passé avec le printemps arabe, la désintégration de l’Irak, le Bahreïn et l’Afghanistan, la question palestinienne n’était pas une question urgente.

    Donc je pense que Netanyahu avait tout à fait raison quand il a dit que toute cette question palestinienne était morte. Certes, elle a été nettement reléguée par les événements en Syrie. Laissant de côté la Libye, le Yémen et d’autres endroits, il a demandé : « Pourquoi diable faites-vous ça maintenant, quel est le but ? »

    Philip Weiss : Comment répondez-vous à cela ?

    Norman Finkelstein : Ma réponse est simple. Obama le fait parce c’est quelqu’un de narcissique, extrêmement susceptible aux critiques et aux insultes, et il veut rendre à Netanyahu la monnaie de sa pièce pour ce qu’il a fait non seulement pendant les négociations sur le dossier iranien – quand le racisme était transparent, la manière raciste avec laquelle Netanyahu se conduisait avec Obama.

    Obama n’a pas supporté cela et il a certainement la patience de Job ; il attendait l’occasion et elle s’est présentée à la fin de sa présidence. Je pense que c’est un facteur. C’est le facteur de susceptibilité.

    Le facteur narcissique est que le bilan d’Obama sur Israël et la Palestine est horrible. Les pires massacres de l’histoire du conflit depuis 1982 et l’invasion du Liban – les massacres les plus graves et les plus flagrants ont eu lieu sous son mandat.

    L’opération Plomb Durci commence le 27 décembre [2008]. Il n’a pas dit un mot alors qu’il était déjà le Président élu. L’opération Plomb Durci se termine le 18 janvier, parce qu’Obama fait signe à Israël : « Je ne veux pas que l’attention soit détournée de mon investiture.

    Donc vous feriez mieux de mettre fin à l’opération maintenant. » Elle se termine le 18. Il est investi le 20.

    L’opération Bordure Protectrice, en 2014, n’aurait pas pu se produire sans Obama. Et tout au long de l’opération, Obama ne cesse de répéter qu’Israël a le droit de se défendre, Israël a le droit à l’autodéfense. Il ne l’a finalement condamné qu’après que même Ban Ki-Moon ait condamné le bombardement israélien, pour la septième fois, de l’école de l’UNRWA convertie en refuge – quand il a été abandonné par le monde entier, y compris sa marionnette comateuse, Ban Ki-Moon.

    Son bilan sur Israël et la Palestine était une abomination. En fait, c’était drôle de voir Samantha Power et Kerry s’en vanter. Ils ont répété maintes et maintes fois que c’était la première fois dans toute l’histoire moderne du conflit qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU hostile à Israël ou opposée par Israël n’avait été adoptée au cours d’une présidence américaine. Pas une seule. Et ils se sont vantés de cela encore et encore pour montrer combien ils soutenaient Israël.

    C’était un reflet de la servilité rampante de leur soutien à Israël. Je sais que cela semble mesquin, mais la politique est aussi mesquine. Et Obama a voulu pouvoir mettre quelque chose de rédempteur dans ses mémoires sur le conflit israélo-palestinien, alors il a accepté de s’abstenir sur la résolution.

    Philip Weiss : Et même s’il le fait pour la pire des raisons, on s’en moque, non ?

    Norman Finkelstein : J’ai dit que je pensais que c’était une bonne résolution. La question est de savoir ce que vous en faites. Il y a eu littéralement des dizaines de résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU, ainsi que d’avis de la Cour internationale de Justice [CIJ] condamnant les colonies comme illégales.

    Je suis d’accord – si vous considérez strictement le texte, c’est une bonne résolution et je suis heureux qu’elle ait été adoptée.

    En termes de potentiel politique, ce qui est un autre sujet, elle ne vaut pas grand-chose, et Obama ne l’a pas fait pour des raisons politiques, il l’a fait pour des raisons mesquines, narcissiques et personnelles. Nous devons être clairs : même si sa genèse est le narcissisme, c’est toujours une bonne résolution. Je ne vais pas contester cela.

    Quant à savoir pourquoi Kerry a prononcé son discours, c’était très clair pour moi. Parce que Kerry a consacré neuf mois – nous avons déjà oublié l’initiative Kerry, mais il a consacré neuf mois à ces pourparlers et si vous vous souvenez de sa première conférence de presse après l’échec des négociations, et après qu’Israël ait annoncé, qu’ils allaient construire de nouvelles colonies, souvenez-vous qu’il a dit que les pourparlers étaient terminés. Il est donc fâché d’avoir gaspillé autant de temps et d’énergie dans une initiative à laquelle il a attaché sa propre personne et sa réputation, et qui n’a mené à rien à cause des Israéliens.

    Philip Weiss : Croyons les gens sur parole une seconde.

    Pourquoi ne pas considérer qu’une partie de leur motivation, indépendamment de leur ego personnel et de l’héritage qu’ils veulent laisser, est qu’ils voient la solution à deux États, que vous soutenez, comme se trouvant sur son lit de mort, et qu’ils veulent envoyer un signal d’alarme au monde ?

    Norman Finkelstein : Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas pu le faire il y a des mois, au moment où ils auraient vraiment pu faire quelque chose de politiquement efficace pour pousser les événements dans un autre sens.

    Ils ne peuvent pas sérieusement vouloir avoir un impact politique durant leurs deux dernières semaines et demie au pouvoir. Cornel West a dit la semaine dernière, j’ai oublié dans quel contexte, qu’Obama est très bon pour les gestes symboliques. Il ne s’agit que de symbolisme. Ce n’est pas la politique.

    Philip Weiss : Mais comme Cornel West l’a observé l’été dernier, Hillary Clinton ne voulait pas qu’Obama fasse quoi que ce soit sur cette question.

    Norman Finkelstein : Je suis entièrement d’accord avec cela. Si Schumer avait été le chef de la majorité au Sénat et qu’Hillary avait été élue, ils auraient enterré cette résolution. Bien sûr qu’ils l’auraient enterrée. Je n’en doute pas.

    Tout cela est tellement ridicule. Ils prétendent que la résolution n’a rien à voir avec les États-Unis. Elle venait du côté adverse ; il n’y avait pas d’initiative américaine. La (véritable) question n’a jamais porté sur l’origine de l’initiative, la question était de savoir si les États-Unis allaient la saboter, si les États-Unis allaient l’arrêter, et le fait est que les États-Unis ne l’ont pas sabotée.

    Hillary Clinton était très fière d’avoir saboté le rapport Goldstone. La question n’est donc pas de savoir si les États-Unis étaient à l’origine de cette initiative.

    La question est pourquoi cette fois-ci, ils ne l’ont pas sabotée. Pourquoi est-ce que cette fois-ci, ils n’ont pas empêché ce que Samantha Power et Kerry ont fièrement proclamé avoir empêché durant les 8 dernières années, à savoir une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

    Pouvez-vous croire sérieusement qu’ils ne pouvaient pas arrêter la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal, qu’ils ne pouvaient pas les empêcher de mettre sur pied une résolution du Conseil de sécurité ?

    Barack Obama n’aurait-il pas pu appeler le Premier ministre néo-zélandais et lui dire : « Ne faites pas cela ! » Allons ! Ils voulaient donc clairement que cela se produise. La question est de savoir pourquoi.

    Dire qu’ils voulaient sauver la solution à deux États – je trouve cela très invraisemblable. Ils avaient huit ans pour le faire. Les colons ont augmenté de 100 000 sous Obama. Vous me dites qu’il vient juste de le remarquer ?

    Cela vient juste d’apparaitre sur son écran radar ? Lorsque la présidence Obama a commencé, il y avait 500 000 colons, et maintenant, il y en a 600 000, donc ils ont augmenté de 20 %. Il n’a pas remarqué ça plus tôt ?

    Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il voulait la résolution.... Je suis entièrement d’accord avec Netanyahu : les États-Unis étaient, à leur façon, derrière son adoption. Ils n’étaient pas derrière elle au sens où ils en auraient pris l’initiative, mais en au sens où ils ont signalé aux Anglais que s’ils mettaient sur la table une nouvelle résolution, ils n’opposeraient pas leur veto. Puis les Anglais ont négocié avec la Nouvelle-Zélande.

    Philip Weiss : Mais les États-Unis ont approuvé une résolution qui, selon vous, fournit une voie claire pour agir contre les colonies. Pourquoi ne l’ont-ils pas édulcorée ?

    Norman Finkelstein : Ma réponse à cela est que l’ONU, pour le meilleur ou pour le pire, fonctionne sur la base du précédent. Vous ne pouvez pas réviser radicalement l’ensemble des résolutions.

    La résolution commence par énumérer 1, 2, 3, 4..., 10 résolutions antérieures. Vous ne pouvez pas simplement les saisir toutes d’un coup et appuyer sur le bouton de suppression. Ce n’est tout simplement pas la façon dont l’ONU fonctionne. Ils ne pouvaient pas contourner ce mode de fonctionnement.

    Tout ce que vous avez à faire est de juxtaposer le discours de Kerry et la résolution pour voir à quel point la politique américaine est différente. Et s’il a accepté la résolution, c’est parce qu’il a reconnu que vous ne pouvez tout simplement pas défaire cela.

    C’est pourquoi j’ai systématiquement soutenu dans mes interventions publiques et mes livres que c’est la loi, il est très difficile de la changer.

    Philip Weiss : Autre chose ?

    Norman Finkelstein : Je ne peux pas être exhaustif, mais il y a beaucoup de choses qu’on peut développer et commenter. Comme ce que Samantha Power a dit, par exemple, quand elle a réprimandé le Conseil de sécurité de l’ONU pour son inaction lorsque le gouvernement syrien ciblait les hôpitaux, les civils. Vous comprenez l’idée : le même gouvernement américain a bloqué toute action quand Israël ciblait les hôpitaux et les civils à Gaza.

    Philip Weiss : Parlez-moi donc des conséquences politiques.

    Norman Finkelstein : De toute évidence, c’est la question la plus importante, et tout cet exercice laisse en suspens la question de – eh bien, comme nous le savons, depuis 1980 déjà, une résolution de l’ONU condamnant les colonies et réclamant le démantèlement des colonies existantes a été adoptée. Et depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

    Nous avons eu l’avis de la Cour internationale de justice [CIJ] de 2004 qui a réaffirmé l’illégalité de toutes les colonies. C’est-à-dire qu’il y a déjà d’importantes archives de résolutions et de déclarations au sein de l’Assemblée générale de l’ONU, mais aussi au sein du corps juridique le plus respecté du monde, la CIJ, sans parler du Comité international de la Croix-Rouge et de toutes sortes d’organisations de défense des droits de l’homme, qui ont toutes déclaré les colonies illégales. Un sceptique dirait, « A quoi bon une autre résolution ? Nous avons déjà tant de documents respectés, y compris des résolutions du Conseil de sécurité condamnant les colonies. En quoi cela change-t-il quoi que ce soit ? »

    Ce type de scepticisme à l’égard de cette résolution est justifié. Je voudrais toutefois avancer le point suivant. Je crois qu’il y a un très grand malentendu sur le sens de ces résolutions. Il est tout à fait clair qu’elles ne seront pas appliquées, du moins dans l’alignement ou la configuration des forces d’aujourd’hui, elles ne vont pas être appliquées d’elles-mêmes, parce que les États-Unis bloqueront une telle application. Selon certaines spéculations, cette résolution de l’ONU servira alors de munition pour que la Cour Pénale Internationale (CPI) poursuive l’enquête sur les crimes israéliens.

    Imaginons que la CPI déclare Israël coupable d’avoir commis des crimes de guerre, ce qui est une possibilité très lointaine selon moi, mais pour notre argumentation, supposons qu’ils le fassent. On resterait toujours dans la même situation, avec un document inapplicable, un verdict de culpabilité de la part de la CPI, mais qu’il faudrait encore appliquer.

    La question clé est la question politique. Comment faire pour que ces documents soient appliqués ? Ici, mon opinion est qu’il n’y a tout simplement pas eu beaucoup de réflexion ou d’analyse sur cette question, à savoir « Quelle est la portée de ces documents ? »

    En la matière, je pense que les leçons les plus importantes à tirer proviennent du mouvement sioniste, de la manière dont ils ont pris des documents et des déclarations, qu’il s’agisse de la Déclaration Balfour il y a 100 ans ou de la résolution de partition en 1947, comment le mouvement sioniste s’en est emparé et a transformé ces documents anodins – Arthur Balfour était un ministre des Affaires étrangères insignifiant, et la résolution de partition n’était même pas une résolution du Conseil de sécurité, c’était une résolution de l’Assemblée générale, à ce stade une parmi des milliers de résolutions adoptées par l’Assemblée générale –, comment le mouvement sioniste est-il parvenu, même après 100 ans, à imprimer cette Déclaration Balfour et la résolution de partition de l’ONU dans l’esprit du public ?

    Ou comme l’a alors dit Abba Eban, l’Assemblée générale avait donné à Israël un acte de naissance. Comment se fait-il que nous connaissions tous cet acte de naissance ?

    La réponse est que le mouvement sioniste a compris que les documents, bien que non forcément appliqués, peuvent devenir une force politique si vous savez mobiliser un public en leur nom, et faire en sorte d’avoir le pouvoir d’agir seul, comme le mouvement sioniste l’a fait en 1947 avec la légitimité accordée par la résolution de partition ou en 1917 avec la Déclaration Balfour, et de mobiliser assez l’opinion publique pour que la Grande-Bretagne se sente obligée de mettre en œuvre la Déclaration jusqu’au bout.

    Il y a eu de nombreux moments où les Britanniques ont voulu abroger la Déclaration Balfour parce qu’elle semblait entrer en conflit avec leurs intérêts. Ils l’ont finalement fait en 1939. Mais le mouvement sioniste a su utiliser ces documents lui donnant une légitimité.

    Même l’OLP disait après les années 1970, le terme qu’ils ont continué à utiliser, en particulier Arafat et ses lieutenants, ils ont dit que leur cause s’était vue marquée d’une illégitimité internationale. En réalité, sa légitimité avait été consacrée dans diverses résolutions, en l’occurrence des résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU au moment où Arafat s’exprimait.

    C’est ce que les résolutions, les avis de la Haute cour, les avis de la CIJ, même une décision de la CPI font. Dans ce contexte, je considère la résolution comme une victoire. Vous avez un nouveau document. Il est vrai qu’il répète des choses qui ont déjà été dites, mais il utilise un langage assez – je dirais – sévère et sans équivoque, disant en tant de termes explicites qu’Israël commet des crimes de guerre dans les territoires occupés, son entreprise de colonisation est maintenant un crime de guerre colossal.

    Et alors, qu’est-ce que vous en faites ? Comment rejouez-vous ce que le mouvement sioniste a fait ? Parce que le mouvement sioniste a compris – et je le souligne, je l’encadre et je le mets en gras – ils ont compris la valeur de l’opinion publique. Ils ont compris que si vous voulez gagner cette cause, vous devez avoir l’opinion publique de votre côté.

    Venons-en aux détails. Si les Palestiniens avaient d’authentiques dirigeants, ce qu’ils n’ont pas en ce moment, dès le lendemain de la résolution, ils élaboreraient des stratégies et mobiliseraient leurs masses en Cisjordanie pour organiser une sorte de marche sur les colonies, bloquer les routes qui y mènent, rendre la vie très misérable pour ces colonies et proclamer « Nous ne faisons que faire respecter le droit international.

    Le Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré que ces colonies constituent un crime de guerre, et nous essayons de manière non-violente de démanteler ce crime de guerre ou d’infliger des sanctions à Israël pour avoir commis ce crime de guerre. »

    Une fois que vous avez la légitimité de cette résolution et, dans ce cas tout à fait exceptionnel en fait, l’abstention des États-Unis, ce qui signifie qu’ils ne nient pas la légitimité de la revendication palestinienne et ne nient pas qu’Israël commet des crimes de guerre, les Palestiniens ont une vraie chance.

    Et je sais que vous savez combien l’opinion publique américaine et l’opinion publique juive américaine sont hostiles à ces colonies.

    Et maintenant, vous avez un document. Vous avez maintenant un certificat d’illégitimité, vous avez un certificat d’illégalité et vous avez un certificat de criminalité, et les Palestiniens peuvent d’eux-mêmes brandir ces documents et aussi, de façon critique et cruciale –conjuguée et coordonnée avec le mouvement de solidarité internationale –, ils peuvent tenter d’appliquer cette résolution.

    Nous devons garder à l’esprit que cela a été vrai pour les 30 ou 40 dernières années. C’est la tragédie du conflit. Prenez le cas de l’avis de la CIJ de 2004 sur l’illégalité du mur. À ce moment-là, il faut se rappeler qu’Israël était en panique face à l’avis de la CIJ alors qu’il était encore en phase préliminaire, avant même qu’il ait été validé par la cour. Ils débattaient sur l’opportunité de s’absenter et de les ignorer ou alors de présenter leur cas à la cour, ils étaient très effrayés par cet avis de la CIJ. Et ce qui était tragique à ce propos est que c’était en fait brillamment orchestré par Nassar al-Qudwe, qui était à l’époque le représentant de l’OLP à l’ONU.

    En tous points de vue, il a fait un travail tout à fait brillant, il a recruté les meilleurs avocats internationaux dans le monde, présentant clairement et défendant le dossier palestinien, et ce fut une victoire éclatante.

    Mais que s’est-il passé ? Rien. Parce qu’il n’y a pas de leadership palestinien qui comprenne ce que vous êtes censé faire avec ces victoires.

    Le revers de la médaille est que si vous ne faites rien, elles sont inutiles, elles sont juste rangées dans un tiroir. Qui se souvient même de l’avis de la CIJ ? Israël a perdu sur tous les points et les Palestiniens ont tout gagné dans l’avis de la CIJ.

    Israël a perdu sur toute la ligne. La CIJ a déclaré Jérusalem-Est comme faisant partie des territoires palestiniens occupés, elle a déclaré les colonies illégales, l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la guerre. C’était un grand chelem pour les Palestiniens.

    Et cet avis disait : premièrement, le mur est illégal ; deuxièmement Israël devait démanteler le mur ; troisièmement, Israël devait payer des compensations pour les dommages causés par le mur. Et surtout quatrièmement, si Israël ne démantelait pas le mur, la communauté internationale avait l’obligation de faire quelque chose.

    C’était tout simplement une énorme opportunité d’organiser une marche sur le mur, une marche du sel à la Gandhi, brandissant l’avis de la CIJ dans une main et une pioche ou un marteau dans l’autre et proclamer « Nous allons casser le mur ».

    Tout comme le préconisait la CIJ. Rien ne s’est passé. C’est le problème.

    Il est exact de dire que cette résolution est une autre consécration du droit international. C’est vrai, il y a un important portefeuille de documents qui la précèdent, et c’est un motif de cynisme. Mais d’un autre côté, ça ne fait pas de mal d’avoir ces principes inscrits dans un document. Il est également vrai de dire que c’était une résolution forte. Nous devons être clairs à ce sujet, nous ne pouvons pas être cyniques au point de ne pas voir que c’était une résolution forte.

    Toute résolution qui commence par « Nous soulignons l’application du droit international, par exemple, l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la guerre – cela tue tout simplement l’ensemble de l’occupation israélienne. Point final. Nous ne devrions donc pas être cyniques au point de négliger le texte de cette résolution et reconnaître que c’était une grande victoire, parce que les États-Unis se sont effectivement abstenus.

    Maintenant, l’abstention des États-Unis était totalement insincère parce qu’elle prétendait qu’il n’y avait pas de conflit entre cette résolution et la politique américaine, ce qui était un mensonge flagrant.

    Mais le revers de la médaille est qu’il y a d’excellents motifs de scepticisme, parce que sur la base des antécédents, les dirigeants palestiniens ne font rien avec ces résolutions.

    Ils se contentent simplement de les enregistrer, ils prétendent que c’est une victoire. C’est une victoire s’ils en font quelque chose. Mais elles ne sont évidemment pas auto-exécutoires, et cela inclut aussi la CPI. Je suis exaspéré quand je vois ces avocats parler de l’importance des poursuites engagées par la CPI. Mais vous avez déjà ces victoires sur papier.

    Le problème n’est pas d’avoir les documents. C’est d’en faire quelque chose. Il y a infiniment plus de documents qui consacrent les droits palestiniens qu’il n’y en a jamais eu pour le mouvement sioniste.

    Philip Weiss : Quand vous parlez du succès des sionistes, il est difficile de parler de la Déclaration Balfour ou de la partition sans parler du problème juif en Europe. Cela devint une question tragiquement urgente. Vous avez parlé de la résolution 181 de l’ONU comme ayant force de loi…

    Norman Finkelstein : La résolution 181 n’avait pas force de loi. Cependant, le mouvement sioniste l’a tellement diffusée et s’est tellement appuyé sur elle que c’est devenu un document ayant force de loi.

    Philip Weiss : Le droit est une forme d’opinion, et il y a eu des occasions où vous avez dit qu’il y avait un édifice d’opinion selon lequel il devrait y avoir un État juif – un consensus auquel ceux qui sont antisionistes et ne veulent pas de partition doivent faire face.

    Norman Finkelstein : L’expression « un État juif » est une très ambiguë et elle peut recevoir de nombreux contenus différents. Certes, la résolution de partition de 1947 est remplie d’ambiguïté voire de points de friction, sinon de contradictions, car elle appelle à deux Etats, un juif et un arabe. Elle souligne également que dans les deux États, il doit y avoir des droits absolument complets et égaux pour les deux peuples.

    Philip Weiss : Vous avez dit que ce consensus était consacré. Mais si vous regardez un récent article du Los Angeles Times, les Palestiniens demandent « Eh bien, pourquoi pas un seul Etat avec des droits égaux ? » Ou Buzzfeed qui soulève également la possibilité d’une solution à un Etat. Cette résolution est-elle en quelque sorte un coup porté au consensus historique selon lequel il devrait y avoir un État juif ?

    Norman Finkelstein : Je crois bien plutôt le contraire. Peut-être que nous sommes sur des longueurs d’onde différentes. L’ensemble de la résolution est ancré dans la notion de deux Etats. Parce que c’est ce qui rend les colonies illégales.

    La résolution ne parle pas de Tel Aviv ou de Haïfa ou de n’importe quel endroit à l’intérieur de la Ligne Verte comme des colonies illégales.

    Ce qui rend une colonie illégale est sa présence en territoire occupé, et la Convention de Genève stipulant qu’il est illégal pour un pouvoir d’occupation de transférer la population. La résolution est clairement ancrée comme elle le dit à plusieurs reprises, ad nauseam, dans la création de deux États démocratiques, Israël et la Palestine, et elle cite tous ces documents, y compris la Feuille de route et Oslo. L’ensemble du texte, son cadre ainsi que son esprit et sa lettre sont solidement ancrés dans (la solution à) deux États.

    Philip Weiss : Certains ont interprété le discours de Kerry comme un éloge de la solution à deux Etats. Yousef Munayyer a souligné que Kerry avait jadis annoncé une date limite pour la solution à deux États qui a maintenant expiré. Kerry s’est référé à une réalité à un Etat.

    Les discours au Conseil de sécurité reflétaient le désespoir de ne jamais créer un État palestinien, après 70 ans de promesses. Et oui, je vis dans un silo d’antisionistes ; mais ce sentiment en amène certains dans les médias dominants à dire « Peut-être que cette solution est morte. »

    Norman Finkelstein : Je vois ce que vous voulez dire. Mais il est beaucoup trop tard ce soir pour que j’essaye de marquer des points dans le débat. Je parle maintenant comme une personne qui ne s’intéresse pas seulement aux théories, pas seulement à l’exégèse textuelle, mais surtout à la politique. Et l’idée maîtresse que nous avons évoquée ce soir a été « Qu’est-ce qu’on peut faire avec la résolution ».

    Ma conviction est que ce qu’on pourrait faire s’il y avait un mouvement, c’est utiliser une résolution pour cibler les colonies. Pouvez-vous utiliser la résolution pour cibler la Ligne Verte ? Non. Pouvez-vous utiliser la résolution pour essayer d’implémenter une résolution juste de la question des réfugiés ? La réponse est non.

    La raison pour laquelle vous m’avez appelé et pour laquelle nous avons entamé toute cette conversation a commencé avec cette résolution, et je crois effectivement que dans cette résolution, tout comme dans la décision de la CIJ, il existe des possibilités réelles d’action politique.

    Rien dans la résolution ne renforce la possibilité d’une solution à un seul État. C’est tout le contraire.

    L’ironie est que les gens qui préconisent un seul Etat sont les mêmes personnes qui rendent nulle et vide cette dernière résolution. Qu’est-ce que je veux dire ?

    En ouvrant le livre d’Ali Abunimah sur un seul Etat [Un pays : une proposition audacieuse pour mettre fin à l’impasse israélo-palestinienne, 2007], il dit qu’il ne s’oppose pas aux colonies. Il dit que les colonies peuvent rester dans un seul Etat.

    Et Virginia Tilley dit la même chose dans son livre [La solution à un Etat, 2010]. Donc, si vous prenez le cadre des partisans d’un seul État, ce cadre empêche de faire porter l’accent sur les colonies. Il dit que les colonies ne posent pas de problème, qu’ils ne sont pas un obstacle à la résolution du conflit. L’ironie est que les partisans d’un seul État sapent l’importance des résolutions comme celle qui vient d’être adoptée. Les colonies ne sont qu’un problème, comme l’a dit Kerry dans la seule partie de son discours qui avait de la substance – quand Kerry a dit que les colonies détruisent l’Etat palestinien.

    Si vous voulez plaider pour un seul Etat, alors une résolution disant que les colonies sont illégales est totalement sans importance. Il faut vous décider. Vous ne pouvez pas déclarer une victoire lorsque l’ONU déclare les colonies illégales et constituant des crimes de guerre, puis d’autre part dire que vous soutenez un seul Etat.

    Au moins, Ali Abunimah et Virginia Tilley sont cohérents.

     

    Philip Weiss : Trump ?


    Norman Finkelstein : Je suis d’accord avec le professeur Chomsky, lorsqu’il dit qu’une chose prévisible au sujet de Donald Trump est qu’il est imprévisible.

    Vous ne pouvez pas vraiment dire où les choses vont aller avec lui.

    Je suppose que pour le conflit israélo-palestinien, à moins d’une résurgence de la résistance populaire de masse qui ne serait pas manifestement stimulée ou orchestrée par les dirigeants, qui pourrait être spontanée – en l’absence de cela, le conflit restera tranquille et Trump se concentrera sur l’économie et sur des actions déchaînées à l’échelle internationale, mais Israël et la Palestine ne seront pas sur son radar.

    Philip Weiss : Déplacera-t-il l’ambassade à Jérusalem ?

    Norman Finkelstein : Je n’en ai aucune idée. Je serais porté à en douter, il ne veut pas être distrait. Ça ne lui apporterait rien. Ça lui causerait seulement des ennuis.

    Philip Weiss : Sommes-nous face à un conflit géré ?

    Norman Finkelstein : Oui. Je suis pessimiste maintenant. Je ne le crie pas sur les toits parce que je ne veux pas verser de l’eau froide sur les efforts des gens.

    Mais en parlant à titre strictement personnel, je viens de finir un gros livre sur Gaza, environ 450 pages. Je dis essentiellement que j’écris pour l’histoire. Je n’écris pas pour la politique parce que je vois rien de tel : les États-Unis, de mèche avec les puissances européennes travaillant avec les dirigeants palestiniens, ont trouvé un moyen de stabiliser le conflit.

    Et les Palestiniens eux-mêmes ont été au moins pour le moment – je ne veux pas prédire l’avenir – mais pour l’instant, ils ont été vaincus. Mais je ne crois pas, comme je l’ai dit 1 000 fois, je ne crois pas qu’ils n’ont pas d’options. Je pense que c’est très difficile maintenant. Parce qu’entre autres choses, le conflit a été éclipsé par d’autres catastrophes régionales.

    Et une grande partie du monde arabe est très près de s’aligner ouvertement avec Israël, ce qui est sans précédent. Il faut se rappeler, dans le cas de l’Afrique du Sud, qu’il était inconcevable que la lutte de résistance au régime sud-africain aille bien loin sans le soutien régional.

    Toute l’Afrique considérait l’apartheid comme un tel affront à tous les peuples d’Afrique que l’ensemble du continent était uni dans la lutte pour abattre l’apartheid. Et pendant une longue période, l’analogie avec le monde arabe a fonctionné.

    La lutte palestinienne avait une si profonde résonance dans le monde arabo-musulman. Les régimes arabes, si corrompus qu’ils fussent, devaient au moins souscrire en paroles à la cause palestinienne.

    Mais c’est fini. Les Palestiniens ont perdu cette base régionale pour la lutte. C’est un gros revers.

    D’un autre côté, le mouvement de solidarité n’est pas mort. Et je pense qu’il y a des raisons d’espérer. Le mouvement de solidarité s’est maintenant contracté.

    Mais il y a certainement des possibilités et des potentiels pour éveiller la pleine force du mouvement de solidarité et avec de nouveaux alliés, dans la communauté juive, en particulier les jeunes juifs. Il y a de vraies possibilités, mais c’est beaucoup plus difficile maintenant à cause de l’effondrement du soutien régional.

    Si vous l’observez historiquement, ce soutien était très frappant pendant, par exemple, les années Carter. Même lorsque Carter a exécuté le retrait israélien du Sinaï égyptien, il était très inquiet du fait que s’il ne parvenait pas à gagner quelque chose pour les Palestiniens, parce que la cause palestinienne avait une telle résonance dans le monde arabe, à moins qu’il ne gagne quelque chose pour les Palestiniens, [le président égyptien Anwar al-] Sadate serait très isolé et les Etats-Unis seraient en conséquence isolés dans la région.

    Carter n’avait aucune préoccupation humanitaire particulière, mais il comprenait le pouvoir et la résonance de la cause palestinienne dans le monde arabe.

    A moins de leur gagner quelque chose, les Etats-Unis seraient très isolés dans la région, ayant détourné l’Egypte du front arabe sans rien donner aux Palestiniens. Littéralement jusqu’au dernier jour de son régime, il se battit bec et ongles avec [le Premier ministre israélien Menahem] Begin pour donner quelque chose – quoi que ce soit – à ce régime d’autonomie palestinienne, pour sauver la face de Sadate.

    En fait, la vérité est que, c’est une chose dure à dire, mais Carter fut singulièrement responsable de l’assassinat de Sadate. Parce qu’il ne pouvait rien obtenir avec Sadate, ou qu’il n’était pas disposé à exercer de pression politique pour obtenir quelque chose d’Israël sur l’autonomie palestinienne.

    Je le mentionne parce que les temps ont changé. Personne n’a l’impression que le prestige ou le pouvoir des États-Unis au Moyen-Orient dépend de l’obtention de quelque chose pour les Palestiniens, parce que la cause palestinienne est morte.

    Les régimes arabes, l’Arabie Saoudite, l’Égypte – ils se sont ouvertement alignés avec Israël pendant l’opération Bordure Protectrice. La Ligue arabe ne s’est réunie qu’une seule fois au cours de l’opération et elle a soutenu Israël. La donne est très différente. Est-ce sans espoir ? Non, pas à mon avis.

    Ils ont obtenu un bon document, ils ont obtenu une bonne résolution, ils ont la légitimité internationale de leur côté, il existe un mouvement de solidarité, il existe une conscience parmi des segments importants de Juifs que ce qu’Israël fait est mal.

    Il existe une possibilité réelle de construire un véritable mouvement. Je ne suis pas désespéré. Mais le problème est que le leadership est en faillite et que les gens ont abandonné, c’est le grand obstacle.

    Philip Weiss : Qu’en est-il de l’opposition au sionisme dans la diaspora juive, dynamisée par Trump ? Quelle est l’importance de ce changement ?

    Norman Finkelstein : C’est révélateur de l’aliénation croissante entre les Juifs américains, qui sont massivement à l’extrémité libérale du spectre (politique), et Israël, qui est massivement à droite. Ce sont vraiment des images en miroir. Regardez le spectre israélien.

    Environ 20 % se disent travaillistes ou sont des libéraux de Tel-Aviv, puis il y a un centre assez grand et il y a une très forte aile droite, environ 40 %. Regardez le spectre juif américain, c’est encore environ 20 % de Républicains, environ 50 % de modérés et 30 % de libéraux.

    Ce sont vraiment des images en miroir. Et ces différences deviennent de plus en plus marquées, parce que le centre disparaît aux États-Unis et en Israël. Il se contracte. Je ne pense pas que beaucoup de Juifs aient voté pour Trump, et Netanyahu considère Trump comme une aubaine.

    C’est donc de l’aliénation. Netanyahu est tout simplement un personnage révoltant, c’est un suprématiste juif raciste, braillard et odieux.

    Ce n’est pas du tout la façon dont les Juifs aiment voir les Juifs se comporter. Il est vraiment embarrassant.

    Et vraiment, à moins que les choses changent radicalement, ce que je ne vois pas se produire, je pense que nous avons dépassé le point de non-retour.

    Les Juifs Américains, surtout avec le temps, ne ressentiront plus bien longtemps ce genre de sentiment pour Israël. C’est un sujet d’embarras.

    Philip Weiss : Votre prochain livre ?

    Norman Finkelstein : Le livre doit sortir en octobre aux Presses de l’Université de Californie. (Il est intitulé) Gaza: Une enquête sur son martyre. Le manuscrit est terminé. C’est une analyse politique, légale et historique de ce qui est arrivé à Gaza au cours des 10 dernières années.

    Je suis heureux qu’il sorte, parce que je pense que la vérité doit être connue. Je suis pessimiste sur les possibilités de transformer cette vérité en une arme politique, mais la vérité doit néanmoins être connue.

     

     

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    Vladimir Poutine : ‘Big Brother’ espionne ses alliés, les soumet au chantage

    Qui, des Etats-Unis ou de la Russie, interfère dans les élections d'autres pays, espionne ses ennemis et ses alliés (dont l'Elysée) et exerce menaces, pressions et chantage contre les uns et les autres ? Vladimir Poutine a déjà proposé une réponse, cautionnée par les révélations de Snowden.

    Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial, 24 octobre 2014

    Réunion du Club International Valdaï : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

    Source : http://eng.news.kremlin.ru/news/23137

    Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

    Images intégrées 1

    https://www.youtube.com/watch?v=GZihMfdjEZE

    Transcription :

    [...]

    Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal.

    L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques.

    Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux ont rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.

    Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

    La notion même de « souveraineté nationale » est devenue une valeur relative pour la plupart des pays. En essence, ce qui était proposé était cette formule : plus la loyauté de tel ou tel régime en place envers le seul centre de pouvoir dans le monde est grande, plus grande sera sa légitimité.

    Nous aurons une discussion libre après mon propos et je serai heureux de répondre à vos questions et je tiens également à utiliser mon droit à vous poser des questions. Que personne n’hésite à essayer de réfuter les arguments que je viens d’exposer lors de la discussion à venir.

    Les mesures prises contre ceux qui refusent de se soumettre sont bien connues et ont été essayées et testées de nombreuses fois.

    Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité « supra-légale » lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. Dernièrement, nous avons de plus en plus de preuves que le chantage pur et simple a également été utilisé en ce qui concerne un certain nombre de dirigeants.

    Ce n’est pas pour rien que « Big Brother » dépense des milliards de dollars pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches.

    Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu.

    Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ?

    Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

    Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

    Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse.

    Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

    Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

    Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda.

    L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié).

    C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme.

    [...]


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    Résister, c' est gagner !

     

    LE PARTI DE LA FRANCE ET LES LÉGISLATIVES 2017 EN BRETAGNE !


    En présence de Carl LANG Président du Parti de la France et de Laurent de saint Afrique Directeur de cabinet de Jean-Marie LE PEN !

     

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    Le Samedi 28 Janvier 2017 à 12h 15


    Nos amis (es) de la Droite Nationale et Patriotique sont les bienvenus !


    Présentation des candidats aux Législatives à la presse !

    Seuls les Délégués , Élus et candidats seront acceptés à la Conférence de presse !

     

     

    Déjà de nombreuses réservations des membres des Comités Jeanne et du PDF / BRETAGNE!

     

     

    Vous êtes conviés a venir nombreux !

    Cette réunion aura lieu dans le Morbihan !

     

    L' adresse vous sera fournie dés que votre réservation sera prise en compte ! !

     

    ATTENTION: Il reste encore quelques places ! Dernier délai Vendredi 20 janvier !

    Réservez dés maintenant seul les Chèques font offices de Réservation !!!

     

     

    Le service de Sécurité du Parti de la France( S E P ) protégera avec professionnalisme cette réunion !

     

     

    Parking assuré et sécurisé !

     

     


    La Réunion et le repas est fixé à 25 Euros tout compris !

     

    Pour tous Renseignements ET Réservations :

    Mr Jean-Paul FÉLIX Délégué du Parti de la France du Morbihan

    Tèl: 06 85 71 98 79

    OU

    06 63 20 72 94

     

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    Pour nous l' année 2017 sera décisive !


    Beaucoup de Banques refusent des prêts aux candidats nationaux , donc nous faisons avec nos propres forces et pour c' est pour cela que je fais appel à votre générosité !

     

    Aidez les candidats aux Élections législatives en faisant un Don : 10,20,30,50 e et plus !

     

    Au delà les sommes seront déductible de vos impôts 2017 ! En faire la demande !

     

    Adressé au mandataire financier du Parti de la France : Mme Myriam Baeckeroot


    6 Allée des Templiers


    78880 Saint-Nom la Bretèche

     

    Courriel myriam.baeckroot@orange.fr

     

     

     

     

    Le PDF / Bretagne est sur le terrain " Collages ect....

     

    Habitant du Morbihan ou même simplement de Bretagne !

     

    Un groupe militant depuis plus d'un an, vous annonce qu'il recrute à bras ouvert.

     

    Toute personne ayant le Parti de la France ou la Dissidence Française en alliés commun est la bienvenue parmi nous.

     

    Prenez contact moi. mathri1980@gmail.com

     

     

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    A VOIR:

     

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    I
    Blog: http://pdfjeunesbretagne.over-blog.com/


    Mail : pdfbretagne@orange.fr

     


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    Révolution pourpre – Les troupes U.S. à la frontière Russe pour tenter de déclencher une guerre avant l’Inauguration

     

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    Comme je vous l’ai expliqué ( « Révolution pourpre » – Un nouveau document explosif sur le « piratage » Russe fait trembler l’Amérique : Trump compare son traitement médiatique à « l’Allemagne nazie », le Kremlin dénonce une « falsification totale » … et Comment l’establishment américain utilise les fake news pour faire tomber Trump) , l’establishment des élites fera tout pour déstabiliser les US et Trump et empêcher l’intronisation de ce dernier .    En tentant de déclencher une guerre . 

    D’abord, un Important déploiement de chars américains à lieu en Pologne :

    Un important convoi de véhicules blindés américains est entré jeudi en Pologne, un des plus grands déploiements des forces américaines en Europe depuis la guerre froide, opération aussitôt dénoncée par Moscou

    La présence par rotation de l’unité en question en Pologne, mais aussi dans les pays baltes, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, doit renforcer la sécurité de la région, inquiète du comportement de la Russie.

     

    Ensuite c’est Confirmé un démocrate républicain « Inconnu » a été payé pour établir le Rapport Anti Trump, l’élite Anglo sionniste a utilisé le MI 6 relayé par un traître à la nation US (« inconnu ») qui n’est personne d’autre que John McCain (Mac Cain qui avait juré avec Graham d’écraser la Russie : « 2017 sera l’année de l’offensive contre Poutine ») ,

    Mac Cain ne fait pas parti de l’intelligence US (qui a tout de même été infiltrée par les élites, créant un schisme interne entre les patriotes largement majoritaires pour le moment,  et les mondialistes)  mais de l’establishment (c’est à dire le monde politico médiatique étasunien, cf lien) , selon Zero Hedge :

    Ayant appris précédemment à la fois l’ identité de l’ancien officier de renseignement britannique qui a compilé le « dossier de Trump », révélé par le WSJ plus tôt cette semaine qui est un ancien agent du MI-6  ,Christopher Steele, actuellement directeur d’Orbis Business Intelligence basé à Londres , et que John McCain était la personne qui a présenté le rapport au FBI, une question demeure: qui a commandé le rapport original concernant la campagne interminable quant à Donald Trump. (il est évident que c’est l’élite, ndlr)

     

    Mais cela ne marchera pas . Le peuple américain a fait son choix, et rien ne pourra l’arrêter . Trump sera investi sans heurts. L’élite et son establishment ont d’ores et déjà échoué .

    Le Maïdan étasunien fixé au jour d’inauguration de Trump ?

    Tout a commencé par un article publié par CNN intitulé « Intel chiefs presented Trump with claims of Russian efforts to compromise him [Les chefs du renseignement ont présenté à Trump les allégations à propos d’efforts russes visant à le compromettre] », qui affirmait :

    Des documents classifiés présentés la semaine dernière au président Obama et au président élu Trump comprenaient des allégations que des agents russes affirment avoir des informations personnelles et financières compromettantes sur M. Trump, selon ce qu’ont dit de nombreux responsables officiels américains ayant une connaissance directe des réunions d’information à CNN.

    Ces allégations ont été présentées dans un résumé de deux pages annexé à un rapport sur l’interférence russe dans l’élection de 2016.

    Les allégations venaient, d’une part, de notes compilées par un ancien agent secret britannique, dont les responsables du renseignement étasunien considèrent le travail passé comme crédible […]

     

    Le résumé de deux pages contenait aussi des allégations qu’il y a eu un échange continu d’informations pendant la campagne entre les suppléants de Trump et des intermédiaires du gouvernement russe, selon deux responsables de la sécurité nationale.

     

    Le site internet Buzzfeed a publié ensuite le document complet.

    Lorsque j’ai lu le document, ma première intention était de le démonter phrase par phrase. Je n’ai cependant pas le temps de le faire et, franchement, ce n’est pas nécessaire.

     

    Je vous fournirai seulement suffisamment de preuves simples et directes que c’est un faux. Voici quelques éléments de preuve :

    1. Le document n’a pas d’en-tête, pas d’identification, pas de date, rien. Pour beaucoup de bonnes raisons techniques et même juridiques, les documents sensibles du renseignement sont créés avec beaucoup d’informations de suivi et d’identification. Par exemple, un tel document porterait généralement une référence à l’unité qui l’a produit ou une combinaison de chiffres et de lettres indiquant la fiabilité de la source et de l’information qu’il contient.
    2. La classification CONFIDENTIEL / SOURCE SENSIBLE est une plaisanterie. Si c’était un vrai document, son niveau de classification serait beaucoup, beaucoup plus élevé que « confidentiel » et, comme la plupart des documents du renseignement viennent de sources sensibles, il n’est pas nécessaire de le spécifier.
    3. L’affirmation que « Le dossier est contrôlé par le porte-parole du Kremlin, PESKOV, directement sur les ordres de POUTINE » est tout à fait risible. À l’évidence, l’auteur de ce faux n’a aucune idée de la manière dont travaillent les services de renseignement et de sécurité russes (indice : le porte-parole du président n’a aucune implication dans quoi que ce soit).
    4. À la page 2, il y a une autre phrase hilarante : « exploiter l’obsession personnelle et la perversion sexuelle de TRUMP dans le but d’obtenir un « kompromat » adéquat (du matériel compromettant) sur lui. Personne, dans un véritable document du renseignement, ne se donnerait la peine de préciser ce que le mot « kompromat » signifie, puisque tant en russe qu’en anglais c’est évidemment la combinaison des mots « compromettant » et « matériel ». N’importe quel officier de renseignement occidental, même très jeune, connaîtrait ce mot, ne serait-ce qu’à cause des nombreux livres d’espionnage du temps de la Guerre froide écrits sur les techniques de piégeage du KGB.
    5. Le document parle de « source A », « source B », en suivant l’alphabet. Maintenant posez-vous une simple question : que se passe-t-il après que la « source Z » a été utilisée ? Une agence de renseignement peut-elle travailler avec un bassin potentiel de sources limité à 26 ?
    6. Ce n’est évidemment pas de cette manière que les agences de renseignement classent leurs sources.

    Je m’arrêterai là et suggérerai qu’il est amplement prouvé que c’est un faux brut produit par des amateurs qui n’ont aucune idée de ce dont ils parlent.

    Cela ne rend pas ce document moins dangereux, cependant.

    Premièrement, c’est l’élément vraiment crucial, il y a plus qu’assez ici pour destituer Trump pour de nombreuses raisons à la fois politiques et juridiques. Permettez-moi de le répéter encore une fois : c’est une tentative d’éliminer Trump de la Maison Blanche. C’est un coup d’État politique. (une tentative … ndlr)

    Deuxièmement, ce document salit tous ceux qui sont impliqués : Trump lui-même, bien sûr, mais aussi les méchants Russes et leurs affreuses techniques machiavéliques.

    Trump est ainsi « confirmé » comme un pervers sexuel qui aime embaucher des prostituées pour uriner sur lui.

    Quant aux Russes, ils sont fondamentalement accusés d’essayer de recruter le président des États-Unis comme agent de leurs services de sécurité.

    `Cela ferait de Trump un traître, d’ailleurs.

    Troisièmement, en une petite semaine nous sommes passés d’allégations de « piratage russe » à « avoir un traître qui siège à la Maison Blanche ». 

    Nous ne pouvons que nous attendre à ce qu’un prochain tsunami d’affirmations de ce genre continuent et deviennent de pire en pire chaque jour. Il est intéressant que Buzzfeed ait déjà anticipé l’accusation que c’est une campagne contre Trump visant à le salir et le diaboliser en écrivant : « Maintenant, BuzzFeed News publie le document complet, pour que les Américains puissent se faire leur propre opinion sur les allégations à propos du président élu qui ont circulé aux plus hauts niveaux du gouvernement étasunien », comme si la plupart des Américains avaient l’expertise nécessaire pour détecter immédiatement que ce document est un faux grossier !

    (exactement ce que je vous ai expliqué de ce papier qu’il faut bien lire)

    Quatrièmement, à moins que tous les responsables qui ont informé Trump sortent et nient que ce faux était une partie de leurs réunions d’information avec Trump,

    il apparaîtra que ce document a l’imprimatur officiel des hauts responsables du renseignement américain et que cela leur donne une autorité légale probante.

    Cela signifie de facto que les « experts » ont évalué ce document et l’ont certifié « crédible »même avant toute procédure devant les tribunaux ou, pire, devant le Congrès. J’espère que Trump a eu la prévoyance d’enregistrer en audio et vidéo cette réunion avec les chefs du renseignement et qu’il est maintenant en mesure de les menacer d’action en justice s’ils agissent d’une façon contredisant leur comportement devant lui.

    Cinquièmement, le fait que CNN ait été impliqué dans tout cela est un facteur essentiel. Certains d’entre nous, y compris votre serviteur, ont été choqués et dégoûtés lorsque le Washington Post a publié une liste de 200 sites internet dénoncés comme « propageant de fausses nouvelles » et de la « propagande russe », mais ce que CNN a fait en publiant cet article est infiniment pire : c’est une attaque sordide et politique contre le président élu au niveau mondial (la BCC et d’autres publient déjà la même merde).

    Cela confirme de nouveau qu’on ne prend plus de gants et que la presse sioniste est en état de guerre totale contre Donald Trump.

    Tout ce qui figure ci-dessus confirme ce que j’ai dit ces dernières semaines : si jamais Trump parvient à entrer à la Maison Blanche (j’écris « si » parce que je pense que les néocons sont parfaitement capables de l’assassiner), sa première priorité devrait être de sévir impitoyablement, aussi durement qu’il le peut légalement contre ceux dans l’« Establishment » américain (ce qui comprend les médias) qui lui ont maintenant déclaré la guerre. Je suis désolé de le dire, mais ce sera soit lui soit eux – l’une des parties ici sera écrasée.

     

    Aparté

    Pour ceux qui se demandent ce que j’entends par « sévir », je résumerai ici ce que j’ai écrit ailleurs : la meilleure manière de le faire est de nommer un directeur du FBI hyper loyal et déterminé et de lui faire savoir qu’il doit mener des enquêtes sur des accusations de corruption, abus de pouvoir, conspiration, entrave à la justice et tous les autres types de comportement qui se perpétuent au Congrès, dans la communauté du renseignement (où il existe quand même un petit schisme, elle a été infiltré par les élites), le monde bancaire et les médias. Traiter les néocons comme Poutine l’a fait avec les oligarques russes et comme les États-Unis l’ont fait avec Al Capone – les attraper sur l’évasion fiscale. Pas besoin d’ouvrir des goulags ou de tirer sur les gens lorsque vous pouvez les attraper tous sur ce qui est leur comportement quotidien normal.

     

    J’espère sincèrement me tromper et j’admets que c’est possible, mais je ne sens pas dans mes tripes que Trump a ce qu’il faut pour frapper suffisamment fort ceux qui utilisent toutes les affreuses méthodes imaginables pour l’empêcher de faire quelque chose à la Maison Blanche, ou obtenir sa destitution s’il essaie de tenir ses promesses de campagne.

    Je ne peux pas le lui reprocher non plus : l’ennemi a infiltré tous les niveaux du pouvoir dans le système politique des États-Unis et il y a un signe puissant qu’ils sont même présents dans l’entourage immédiat de Trump. Poutine a pu faire ce qu’il a fait parce qu’il était un officier du renseignement à la volonté de fer et hautement qualifié.

    Trump n’est qu’un homme d’affaires dont la meilleure « formation » pour faire face à ce genre de gens serait probablement son exposition à la foule à New York. Sera-ce suffisant pour lui permettre de l’emporter sur les néocons ? J’en doute, mais je l’espère.

     

    Comme je l’ai prédit avant l’élection, les États-Unis sont une des pire crise de leur Histoire. Nous entrons dans des temps extrêmement dangereux.

    Si le danger d’une guerre thermonucléaire entre la Russie et les États-Unis avait considérablement reculé avec l’élection de Trump, la guerre totale des néocons contre lui fait peser un risque très grave sur les États-Unis, y compris la guerre civile (si le Congrès contrôlé par les néocons destituait Trump, je crois que des soulèvements se produiraient spontanément, en particulier dans le Sud, et surtout en Floride et au Texas).

     

    Au risque de paraître exagérer je dirai que ce qui se passe maintenant met l’existence même des États-Unis en danger, presque indépendamment de ce que Trump fera personnellement.

     

    Quoique nous puissions penser de Trump comme personne et de son potentiel comme président, ce qui est certain est que des millions de patriotes américains ont voté pour lui pour « drainer le marais », virer la ploutocratie basée à Washington et restaurer ce qu’ils voient comme les valeurs américaines fondamentales.

     

    Si les néocons manigancent maintenant un coup d’État contre Trump, je prédis que ces millions d’Américains se tourneront vers la violence pour protéger ce qu’ils considèrent comme leur mode de vie, leurs valeurs et leur pays. En dépit de l’image que Hollywood aime à donner d’eux, la plupart des Américains sont des gens pacifiques et non violents, mais s’ils sont poussés trop loin, ils n’hésiteront pas et saisiront leurs fusils pour se défendre, en particulier s’ils perdent tout espoir en leur démocratie. Et je ne parle pas seulement des péquenauds armés, ici, je parle des autorités locales, étatiques et des comtés, qui se soucient beaucoup plus de ce que leurs concitoyens locaux pensent et disent que ceux de Washington.

    Si un coup d’État est organisé contre Trump et si quelque prétendant à la présidence, du genre Hillary ou McCain, donne l’ordre à la Garde nationale ou même à l’armée américains de briser une insurrection locale, nous pourrions voir ce que nous avons vu en Russie en 1991 : un refus catégorique des services de sécurité de tirer sur leur propre peuple.

    C’est le plus grand et l’ultime danger pour les néocons : le risque, s’ils donnent l’ordre de réprimer la population, est que la police, les services de sécurité et l’armée puissent tout simplement refuser d’obtempérer. Si cela a pu se passer dans le « pays contrôlé par le KGB » (pour utiliser un cliché de la Guerre froide), cela peut aussi arriver aux États-Unis.

    J’espère vraiment me tromper et que cette récente attaque contre Trump est le dernier « vivat » des néocons avant qu’ils renoncent enfin et s’en aillent. J’espère que tout ce que j’ai écrit plus haut est l’expression de ma paranoïa.

     

    Mais, comme on dit : « Ce n’est pas parce que vous êtes paranoïaque que personne n’en a après vous. »

    Donc s’il vous plaît, dites-moi que je me trompe !

    The Saker


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    SYRIE : OBAMA ÉTAIT COMPLICE DE L’ETAT ISLAMIQUE !

    (par l’Imprécateur)


    Obama est parti. Le prix Nobel de la paix devrait lui être retiré car ce dirigeant américain porte une responsabilité énorme dans la guerre qui déchire encore la Syrie.

    Est-ce l’approche de son départ qui a commencé à libérer les langues, notamment celle de John Kerry ?

    L’Histoire répondra peut-être à cette question quand on saura le rôle sinistre qu’Obama y a joué avec sa comparse Hillary Clinton, celle dont la diffusion des mails par les réseaux sociaux – peut-être alimentée par les Russes – fait scandale mais, bizarrement, pas leur contenu.

    Tout démarre de la publication par le New York Times, le 30 septembre 2016, des extraits de l’enregistrement audio d’une conversation entre le secrétaire d’État, John Kerry, et des membres de « l’opposition » syrienne.

    Rien de scandaleux dans les propos tenus par John Kerry. Il explique aux Syriens le comportement de l’administration américaine.  

    Les Syriens ne comprennent pas ses hésitations et ses manquements aux promesses d’aide données, John Kerry semble au contraire chercher à justifier son administration. Il en est le chef, cela semble on ne peut plus normal.
    Sauf que…

    Le New York Times est un journal qui a soutenu les Démocrates, Obama, Clinton et Kerry,  il n’a publié que des extraits, pas l’intégralité de l’enregistrement.

    Les extraits choisis laissent entendre que le département d’État ne peut plus soutenir la Coalition nationale de l’opposition syrienne et lui demandent de se tourner vers d’autres sponsors. « Sponsors », drôle de mot pour parler du financement de la guerre !

    L’enregistrement complet a été publié dans sa version complète de 36 minutes le 1er janvier 2017 par The Last Refuge*. La conversation entre Kerry et les membres de « l’opposition » syrienne a eu lieu le 22 septembre 2016, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

    On l’y entend déplorer que le Congrès US refuse d’envoyer des hommes renverser Bachar el Assad et conseiller aux opposants de se trouver une autre puissance militaire pour faire le travail à leur place et leur donner le pouvoir en Syrie.

    Le message est clair : « Trump arrive au pouvoir, les Etats-Unis vont abandonner la coalition franco-arabo-etc. qui combattait Assad au premier chef (et Daesh accessoirement), les Etats-Unis abandonnent le combat en Syrie, débrouillez-vous ».

    C’est un peu long, 37 minutes. Voici la version courte, 2 minutes :

    Croyez-vous que Le Monde, Libération, L’Obs ou L’Express qui dénoncent si volontiers les sites de réinformation auraient publié une nouvelle de cette importance ?
    Non, ils ont couvert en revanche avec dévotion de déplacement de feu Hollande en Irak.

    On comprend d’ailleurs maintenant pourquoi Hollande est allé en Irak et pas en Syrie, la Syrie, c’est fini-n-i-ni.

    Mais il y a plus grave, car, après tout, si la paix actuelle obtenue par Poutine peut durer et aboutir à la pacification de la Syrie, tant mieux. Par contre, ce que l’on apprend de la bouche de John Kerry, successeur de Hillary Clinton à la tête du Département d’Etat du président démocrate Obama est sidérant :

    Dans l’enregistrement complet, on entend le secrétaire d’État :

    – confirmer que le but stratégique de la guerre menée depuis 2011 par l’administration Obama contre la République arabe syrienne était de renverser le gouvernement légal de Bachar el Assad. 

    – confirmer que l’administration Obama espérait que Daesh serait en mesure de renverser la République arabe syrienne, ce qui aurait évité aux Etats-Unis de se salir les mains. 

    – confirmer que l’administration Obama a approvisionné Daesh en armes.

    Autrement dit, nos militaires tués en Syrie, peu nombreux heureusement, et les 240 morts des attentats revendiqués par les suppôts de l’Etat Islamique en France sont à mettre au bilan de Barak Obama, prix Nobel de la Paix et président des Etats Unis.


    Car, sans l’Etat Islamique pour les inspirer ou les ordonner, on peut penser que ces carnages n’auraient pas eu lieu.

    Nous, blogs de réinformation, nous nous en doutions, mais nous manquions de preuves ce qui permettait à la presse mainstream de nous traiter de complotistes, hoaxeurs et autres amabilités orwelliennes.

    Mais qui croira que le gouvernement français, le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et celui des Armées avec les Services du renseignement politique, civil et militaire à leur botte l’ignoraient ?

    Déjà, en août 2014, Barak Obama déclare dans une conférence de presse qu’il « n’a pas de stratégie » contre l’Etat Islamique. Pourtant, selon l’Agence Reuters, c’est dès août 2012 ** qu’il a autorisé la CIA et d’autres agences à intervenir en Syrie pour renverser Bacchar el Assad.

     

    Pas de stratégie ! Aveu ahurissant d’un président qui au même moment envoie ses avions bombarder la Syrie et entraine dans une « coalition » où il mêle pour les lier à son mensonge des pays disparates, pour ne pas dire opposés dans leurs intérêts syriens, de l’Arabie saoudite wahabite et salafiste, commanditaire du terrorisme international, à l’innocent Danemark, en passant par les faux-culs français et allemands.

     

    Et si de nombreux pays de l’OTAN sont dans la coalition, ce n’est pas non plus pour éradiquer l’intégrisme islamique de l’Etat du même nom, mais pour les amener à contrer l’influence russe et iranienne qui, en 2014, commence à pointer son nez dans les affaires américaines en Syrie.

    Admettons qu’au début le souhait d’Obama était seulement de pousser Assad à partir pour permettre un « printemps » syrien islamiste à la botte de l’Arabie saoudite et du Qatar.

     Ces deux pays sont désireux de contrôler la production syrienne de pétrole et de gaz et construire le pipe-line irako-syrien qui permettrait à l’Arabie d’exporter son pétrole via la Méditerranée plutôt que de le faire transiter par tankers via le détroit d’Ormuz contrôlé par les Iraniens et le canal de Suez contrôlé par les Egyptiens.

    Mais Assad résiste. Obama, conseillé par les Clinton, voit dans le calife Abou Bakr el Bagdadi qui démarre son Etat islamique, le moyen de lui faire faire le travail sans impliquer trop l’armée américaine. Il laisse les Saoudiens financer l’Etat Islamique et l’armer.

    Accessoirement, les avions américains bombardent « par erreur » quelques convois de l’armée syrienne légale qui attaquaient des positions djihadistes islamiques. 

    Assad reçoit alors le soutien militaire très efficace de Poutine qui veut non seulement conserver sa base militaire de Tartous sur la côte syrienne de la Méditerranée, mais s’est allié à la Turquie pour avoir le libre passage dans les Dardanelles, négocie avec le général libyen Haftar à Moscou pour avoir une base en Libye et avec le roi Hassan au Maroc pour obtenir le passage libre à Gibraltar.

     

    Autrement dit, Poutine pourrait circuler tanquillement de la Mer Noire à l’Atlantique par la Méditerranée pour contrer l’encerclement de la Russie par le Nord-Ouest auquel procède la belliqueuse OTAN qui envoie actuellement ses chars et ses troupes en Pologne.

    Et cela sous les yeux médusés de la France dont le plan Sarkozy de grande Méditerranée sous contrôle français a été bousillé par Hollande.

    L’aide militaire américaine à l’Etat Islamique et à Al-Qaida-El-Nosra a été confortée par une aide médicale et en formation du personnel djihadiste de l’EI par diverses ONG et les fameux « casques blancs », une pseudo ONG sanitaire truffée d’agents de renseignement payés par les Américains et les Britanniques.


    Son « action admirable » était vantée par la presse mainstream et les télés françaises. Kerry parle à ce sujet de « Responsabilité de protéger***.

    Et ce n’est pas tout : l’ex-candidat à la présidence John Mc Cain et l’équipe de la CIA au sein du parti républicain, ceux qui ont monté en 2016 le mouvement « Never Trump » étaient d’accord avec Obama pour soutenir l’Etat islamique dès 2012.

    Le deuxième à partir de la gauche (celui que l’on voit à peine) est Abou Bakr al Bahdadi, le premier à gauche est Abu Mosa, le chargé de la communication de l’Etat islamique. Abu Mosa a été tué depuis. Il y a eu un certain scepticisme quant la présence d’al-Baghdadi lui-même, et le sénateur John McCain a fortement réfuté cette affirmation. 

    Cependant, The Last Refuge qui a enquêté sur cette photo a montré qu’il y a beaucoup plus d’éléments pour prouver que c’est bien Al Baghdadi qui est derrière Mc Cain que pour prouver le contraire.

    Mc Cain s’est rendu en Syrie en 2012, officiellement pour rencontrer ceux qu’il proclamait, comme Laurent Fabius, être « les modérés de l’Armée Syrienne Libre » voulant un état démocratique et laïc. En fait la majorité des troupes de l’ASL, une fois armées et formées par les Etats-Unis et la France, s’est ralliée à l’Etat Islamique, la minorité ayant rallié Al Qaïda dont les chefs proclamaient déjà:

    « Le but est d’établir un Etat islamique et non pas un Etat syrien » ( déclaration de Abu Khuder, chef de l’ASL à l’époque).
    On comprend pourquoi Mc Cain s’est montré aussi hostile à Trump ! Trump va avoir un sacré ménage à faire !

    Source:  L’Imprécateur    http://www.minurne.org/?p=9467

     

    * The Last Refuge est un site conservateur américain, comme son adresse mail l’indique : TheLastRefuge@reagan.com

     

    ** 2012: WASHINGTON, Aug 1 (dépêche Reuters) – Le président Barack Obama a signé un ordre secret (l’ordre 1730712, n d l a) autorisant US soutien aux rebelles qui cherchent à renverser le président syrien Bachar al-Assad et son gouvernement. Cliquez sur WASHINGTON pour avoir la référence

    *** Lire sur ce sujet : http://21stcenturywire.com/2016/10/01/diplomatic-frauds-kerry-power-kirby-lying-and-shilling-for-body-bags-and-war-in-syria/


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    Les risques et les chances pour 2017


    Saker US
    Saker US

    Par le Saker – Le 12 janvier 2017 – Source The Saker

    Quelques jours à peine en 2017, et nous pouvons déjà dire avec un haut degré de confiance que 2017 sera une année historique. En outre, je suggère que 2017 sera l’« année de Trump » parce que l’une de ces trois choses se produira : soit Trump s’en tiendra pleinement à ses menaces et à ses promesses, soitil en tiendra quelques-unes, mais reste loin du compte, soit finalement Trump sera neutralisé par le Congrès dirigé par les néocons, les médias, la communauté du renseignement.

    Il pourrait même être destitué ou assassiné. Bien sûr il y a une infinité de possibilités secondaires ici, mais pour cette démonstration, j’appellerai la première option le « Trump lourd », la seconde le « Trump léger » et la troisième le « Trump cassé ».

    Avant de discuter des possibles implications de ces trois éventualités principales, nous devons au moins poser le contexte, en rappelant la situation dans laquelle le président Trump va mettre les pieds.

     

    J’en ai discuté certaines dans mon analyse précédente, 2016 : l’année du triomphe de la Russie, et je ne mentionnerai ici que quelques-uns des résultats essentiels de l’an dernier. Ce sont :

    1. Les États-Unis ont perdu la guerre contre la Syrie. Je choisis mes mots avec soin ici : ce qui au départ avait de nombreux aspects d’une guerre civile s’est presque immédiatement transformé en une guerre d’agression par une vaste coalition de pays sous l’égide des États-Unis. De la création des « Amis de la Syrie » au soutien secret des diverses organisations terroristes en passant par les tentatives d’isoler le gouvernement syrien, les États-Unis ont rapidement pris le contrôle de la « guerre contre Assad » et maintenant ils « ont » leur défaite. Aujourd’hui, c’est la Russie qui contrôle totalement l’avenir de la Syrie. D’abord, les Russes ont essayé de travailler avec les États-Unis, mais c’est rapidement devenu impossible et les Russes ont conclu avec un dégoût total que la politique étrangère américaine n’était pas dirigée par la Maison Blanche ou le Foggy Bottom [Siège du secrétariat d’État, NdT], mais par le Pentagone. Celui-ci, cependant, a misérablement échoué à atteindre quoi que ce soit en Syrie et les Russes semblent en être venus à la conclusion étonnante qu’ils pouvaient tout simplement ignorer les États-Unis à partir de maintenant. Ils se sont donc tournés vers les Turcs et les Iraniens pour arrêter la guerre. C’est une évolution tout à fait extraordinaire : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont devenus sans importance dans l’issue d’un conflit qu’ils avaient grandement contribué à créer et à perpétuer : ayant conclu que les Américains sont « incapables de passer un accord » (недоговороспособны), les Russes n’essayeront même pas de s’opposer aux efforts étasuniens, ils les ignoreront tout simplement. Je crois que le cas de la Syrie sera le premier et le plus dramatique, mais qu’à l’avenir cela se produira ailleurs, en particulier en Asie. C’est une situation qu’aucun Américain n’a dû affronter et il est très difficile de prédire comment Trump s’adaptera à cette situation totalement nouvelle. Je suis prudemment optimiste sur le fait qu’en bon homme d’affaires, Trump fera ce qu’il faut et acceptera la réalité telle qu’elle est, et concentrera ses efforts et ses ressources sur quelques problèmes/régions essentiels, plutôt que de poursuivre la chimère néocon d’une « suprématie mondiale dans tous les domaines ». J’y reviendrai plus tard.
    2. L’Europe est dans un état de chaos total. Comme je l’ai écrit souvent, au lieu que l’Ukraine devienne comme l’Europe, c’est l’Europe qui est devenue semblable à l’Ukraine : tout simplement non viable et vouée à l’échec. La crise européenne est massive et multiple. C’est bien sûr une crise économique, mais aggravée par une crise politique, qui elle-même est amplifiée par une crise sociale profonde et, résultat, l’ensemble du système de l’Union européenne et des élites qui la gouvernaient font aujourd’hui face à une crise de légitimité fondamentale. Quant aux politiciens européens, ils sont beaucoup plus occupés à nier l’existence de la crise qu’à l’affronter. Les États-Unis, qui depuis des décennies ont soigneusement encouragé et entretenu toute une génération de « dirigeants » européens sans épine dorsale, étroits d’esprit, stériles et infiniment soumis, affrontent aujourd’hui le résultat déplaisant que ces politiciens européens sont des chiots aussi perdus qu’aveugles et qu’ils n’ont tout simplement ni politique, ni vision, quant à ce qu’il faut faire ensuite : ils sont tous enfermés dans un mode de survie à court terme, caractérisé par une étroitesse de vue qui les rend inconscients de l’environnement dans lequel ils agissent. Un continent qui a produit des gens comme Thatcher, de Gaulle ou Schmidt produit aujourd’hui des non-êtres vides comme Hollande ou Cameron. Trump héritera par conséquent d’une colonie de facto, totalement incapable de se gérer. Et rien que pour aggraver les choses, tandis que les élites « compradores » de cette colonie n’ont aucune vision et aucune politique, elles sont en même temps profondément hostiles à Donald Trump et soutiennent totalement ses ennemis néocons. Encore une fois, c’est une situation à laquelle jamais aucun président américain n’a été confronté.
    3. La Russie est maintenant le pays le plus puissant sur la planète. Je sais, je sais, l’économie russe est relativement petite, la Russie a des quantités de problèmes et il y a tout juste un an, Obama a rejeté la Russie comme une « puissance régionale », tandis que McCain en parlait comme d’une « station essence déguisée en pays ». Que puis-je dire ? Ces deux imbéciles avaient tout simplement tort et il y a une bonne raison, ou plutôt beaucoup, pour que Forbes ait déclaré que Poutine est l’homme le plus puissant sur la terre, quatre années consécutives. Ce n’est pas seulement parce que l’Armée russe est probablement la plus puissante et la plus capable sur la terre (bien qu’elle ne soit pas la plus grande) ou parce que la Russie a réussi à vaincre les États-Unis en Syrie et, en réalité, dans le reste du Moyen-Orient. Non, la Russie est le pays le plus puissant sur la terre pour deux raisons : elle rejette et dénonce ouvertement le système politique, économique et idéologique mondial, régnant dans le monde entier, que les États-Unis ont imposé à notre planète depuis la Seconde Guerre mondiale et parce que Vladimir Poutine jouit d’un soutien solide comme le roc de quelques 80% de la population russe. La plus grande force de la Russie en 2017 est morale et politique; c’est la force d’une civilisation qui refuse de jouer selon les règles que l’Occident a réussi à imposer au reste de l’humanité. Et maintenant que la Russie les a « rejetées » avec succès, d’autres suivront inévitablement (de nouveau, en particulier en Asie). C’est également une situation totalement nouvelle pour le prochain président américain, qui devra œuvrer dans un monde où défier l’Oncle Sam ne correspond plus uniquement à une condamnation à mort, mais pourrait même être considéré comme assez à la mode.
    4. La Chine est maintenant enfermée dans une alliance stratégique avec la Russie, unique dans l’Histoire mondiale. Contrairement aux alliances passées, qui pouvaient être rompues ou dont on pouvait se retirer, ce que Poutine et Xi ont fait est de transformer leurs pays en symbiotes : la Russie dépend fondamentalement de la Chine pour de nombreux biens et services, tandis que la Chine dépend de la Russie pour l’énergie, l’industrie aérospatiale et la haute technologie (pour ceux qui sont intéressés, je recommande la lecture de l’excellent livre blanc que Larchmonter445 a écrit pour le blog du Saker à ce sujet : The Russia-China Double Helix). Résultat, la Russie et la Chine sont aujourd’hui comme des « sœurs siamoises », dont les têtes sont séparées (indépendance politique et gouvernements propres), mais qui partagent un certain nombre d’organes vitaux pour les deux têtes. Cela signifie que même si l’entité Russie/Chine voulait « se débarrasser de Chine/Russie » en échange d’un rapprochement avec les États-Unis, elle ne pourrait pas le faire. À ma connaissance, rien de pareil n’était arrivé auparavant. Jamais deux (ex-)empires ont décidé de rester séparés mais pleinement intégrés l’un à l’autre. Aucune grande charte, aucune grande alliance, aucun traité solennel n’a jamais été signé pour que cela arrive, seulement d’innombrables contrats et accords (comparativement) plus petits. Pourtant, elles ont tranquillement atteint quelque chose d’absolument unique dans l’Histoire. Ce que cela signifie pour les États-Unis, c’est qu’ils ne peuvent pas compter sur leur divide et impera favori pour essayer de gouverner la planète, parce que cette stratégie ne peut plus fonctionner plus longtemps : même si les dirigeants russes et chinois se disputaient violemment, ils ne pourraient pas défaire ce qui a été fait. L’élan intégrationniste entre la Chine et la Russie ne pourrait probablement être stoppé que par une guerre, ce qui ne sera tout simplement pas le cas. En ce moment, Trump se livre à de nombreuses gesticulations provocatrices à l’égard de la Chine, peut-être dans l’espoir que si les États-Unis normalisent leurs relations avec la Russie, la Chine se retrouverait isolée. Mais isoler la Chine est tout aussi impossible qu’isoler la Russie et provoquer la Chine est tout simplement voué à l’échec. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le prochain président américain devra faire l’expérience que dans le triangle formé par la Russie, la Chine et les États-Unis, ce sont eux qui représentent la partie la plus faible et la plus vulnérable.
    5. L’Iran est trop puissant pour être intimidé ou soumis. Il est vrai que l’Iran est beaucoup plus faible que la Russie ou la Chine et qu’il n’est pas un acteur international majeur. Je dirais cependant que l’Iran est une redoutable superpuissance régionale, qui peut probablement à elle seule affronter toute combinaison de pays de la région et l’emporter sur eux, même si c’est à un coût élevé. Exactement comme la Russie, il est protégé par une combinaison parfaite de géographie et de forces armées modernes. Bien sûr, les capacités iraniennes ne sont pas tout à fait de même niveau que celles des États-Unis ou de la Russie, mais elles sont assez puissantes pour faire de l’Iran une cible extrêmement difficile et dangereuse à attaquer. Il y a de nombreuses années, dans le lointain 2007, j’ai écrit un article intitulé Iran’s asymmetrical response options [Les options de l’Iran pour une réponse asymétrique], qui est clairement daté, mais surtout dans le sens où, depuis 2007, l’Iran est devenu encore plus dangereux à attaquer, que ce soit par les États-Unis, par Israël ou les deux ensemble. La Russie et/ou la Chine entreraient-elles en guerre avec les États-Unis, dans le cas d’une attaque américano-israélienne contre l’Iran ? Non. Mais il y aurait des conséquences politiques très graves à payer pour les États-Unis : un véto garanti au Conseil de sécurité de l’ONU (même si les forces étasuniennes sont visées en Arabie saoudite ou dans le détroit d’Ormuz), un soutien politique, économique et peut-être militaire à l’Iran, un soutien en termes de renseignement aux opérations iraniennes, non seulement en Iran mais aussi en Syrie, en Irak, en Afghanistan et ailleurs, une amélioration des relations aujourd’hui semi-officielles avec le Hezbollah et un soutien à la résistance libanaise. Mais l’« arme » principale utilisée contre les États-Unis serait informationnelle – toute attaque sera contrée avec véhémence par la presse russe et la blogosphère occidentale sympathisante de la Russie ; c’est exactement le scénario que les États-Unis et l’OTAN craignent tellement : sous la direction de RT et de Sputnik, une campagne de dénigrement des États-Unis sur les réseaux sociaux. C’est une réalité nouvelle pour 2017 : nous ne sommes pas habitués à l’idée que la Russie dispose aussi d’un soft power, dans ce cas un soft power politique, mais le fait est que ces capacités russes sont à la fois réelles et redoutables, et c’est pourquoi les néocons accusent « la machine de propagande du Kremlin », tant pour le Brexit que pour la victoire de Trump. Alors qu’une telle « machine » n’existe pas, il y a une blogosphère active et un espace de médias non étasuniens sur Internet, qui semblent assez puissants pour au moins encourager une sorte de « révolte des esclaves » contre les dirigeants néocons de l’Empire. Le résultat est le suivant : les États-Unis ont perdu leur monopole informationnel sur la planète et leur prochain président devra rivaliser, rivaliser vraiment, pour convaincre et rallier à ses vues et à son agenda. Comment Trump fera-t-il face à ces défis radicalement nouveaux ?

    Si c’est le « Trump cassé », nous aurons quelque chose de très semblable à ce que nous avons eu avec Obama : beaucoup de promesses non tenues et d’espoirs perdus. Pratiquement, les États-Unis retourneront alors à ce que je pourrais appeler « les politiques de consensus de l’Empire anglosioniste », ce qui est ce que nous avons eu depuis au moins Bill Clinton et qui devient tous les quatre ans « le même vieux truc, le même vieux truc, mais en pire ». Si Trump est destitué ou assassiné, nous pourrions assister à une explosion de troubles aux États-Unis, qui absorberaient la plus grande partie du temps et de l’énergie de ceux qui ont essayé de le chasser. Si Trump se révèle n’être que des belles paroles sans actes, nous nous retrouverons dans la même situation que sous Obama : une présidence faible, débouchant sur diverses agences « faisant leurs propres affaires » sans se soucier de vérifier ce que les autres font. Ce serait un désastre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le résultat le plus probable serait un effondrement assez brutal, soudain et irréversible de l’Empire anglosioniste. Si un « président Pence » arrivait, les risques d’une guerre thermonucléaire augmenteraient dangereusement, au niveau de ce qu’ils étaient avant l’élection. C’est de loin la plus mauvaise option pour tout le monde.

    Le « Trump léger » est probablement l’option la plus probable. Ne vous méprenez pas, même si je l’appelle comme ça, de grandes choses pourraient quand même se produire. Tout d’abord, les États-Unis et la Russie pourraient décider de traiter ensemble sur la base de leurs intérêts propres, avec du bon sens, du réalisme et un respect mutuel. Tout cela pourrait être tout à fait révolutionnaire et correspondre à l’abandon radical de la politique des États-Unis depuis Bill Clinton (et en réalité depuis la Seconde Guerre mondiale). La collaboration entre la Russie et les États-Unis ne serait cependant pas globale, mais plutôt limitée à certaines questions spécifiques. Par exemple, l’un et l’autre pourraient se mettre d’accord sur des opérations conjointes contre Daech en Syrie, mais les États-Unis ne mettraient pas fin à la politique actuelle USA/OTAN d’escalade et de confrontation contre la Russie en Europe. De même, le Congrès dominé par les néocons empêcherait toute collaboration américano-russe véritable sur la question de l’Ukraine. Cette option serait bien inférieure à ce qu’espèrent certains partisans inconditionnels de Trump, mais serait pourtant infiniment meilleure que Hillary à la Maison Blanche.

    Bien que sans doute moins probable, c’est le « Trump lourd » qui pourrait vraiment ouvrir la voie à une ère fondamentalement nouvelle dans les relations internationales. Dans ce cas, la Russie et les États-Unis concluraient un certain nombre d’accords de grande portée, dans lesquels ils agiraient conjointement pour résoudre des problèmes essentiels. Les possibilités théoriques sont phénoménales.

    Tout d’abord, les États-Unis et la Russie pourraient refondre entièrement la sécurité européenne en faisant revivre et en modernisant ce qui est sa pierre angulaire : le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ils pourraient négocier un nouveau FCE-III, puis l’utiliser comme base pour régler toutes les questions de sécurité en suspens en Europe et donc rendre de facto impossible une guerre en Europe. Les seuls vrais perdants seraient les complexes militaro-industriels occidentaux et quelques États enragés et sinon inutiles (Lettonie, Pologne, etc.), dont le seul bien d’exportation valable est la paranoïa russophobe. Comme dans chaque cas cependant, lorsqu’une guerre, potentielle ou effective, est remplacée par la paix, la population européenne dans sa grande majorité bénéficierait d’un tel accord. Quelques négociations difficiles et délicates seraient nécessaires pour mettre au point tous les détails, mais je suis certain que si on donne à la Russie quelques garanties réelles et vérifiables quant à sa sécurité, le Kremlin ordonnerait le retrait des forces russes situées à l’ouest de l’Oural.

    Ensuite, les États-Unis et la Russie pourraient agir ensemble pour stopper la guerre en Ukraine, la transformer en un État fédéral avec une large autonomie garantie à toutes ses régions (pas seulement le Donbass) et déclarer qu’une Ukraine non alignée et neutre sera la clé de voûte du nouveau système de sécurité européen. Si la Russie et les États-Unis sont d’accord sur ce point, les Ukronazis ou les Européens ne pourront rien faire pour l’empêcher. Franchement, exactement comme des adolescents irresponsables et stupides ne sont pas autorisés à participer aux décisions des adultes, il faudrait dire à l’Union européenne et à la junte de Kiev qu’elles ne produisent que des catastrophes et que les adultes ont dû s’en mêler pour empêcher le cauchemar de devenir encore pire. Je vous parie qu’une telle approche recueillerait le soutien de nombreux Ukrainiens, sinon de la plupart, qui en ont maintenant assez de ce qui se passe. La plupart des Européens (exceptées les élites politiques, bien sûr) et la plupart des Russes accueilleraient positivement la fin de ce bordel ukrainien (désolé, mais c’est une description correcte).

    Les États-Unis ont perdu beaucoup d’importance au Moyen-Orient. Ils ont cependant encore assez de pouvoir pour effectivement contribuer utilement à la destruction de Daech, en particulier en Irak. Tandis que la Russie, l’Iran et la Turquie peuvent probablement imposer un certain type de règlement de la guerre en Syrie, et avoir le soutien américain, même s’il n’est que limité, pourrait être extrêmement utile. Le CENTCOM est toujours très puissant et une campagne russo-américaine conjointe pour écraser Daech pourrait être extrêmement bénéfique à toute la région. Enfin, que les Russes et les Américains collaborent intelligemment et sincèrement les uns avec les autres serait quelque chose de très nouveau et de fascinant à observer, et je suis quasiment sûr que les soldats des deux côtés accueilleraient très favorablement cette chance. Le Moyen-Orient n’a pas à devenir un jeu à somme nulle, mais le prochain président devra comprendre que les États-Unis sont maintenant un partenaire mineur dans une coalition beaucoup plus grande. C’est le prix à payer pour avoir eu un idiot à la Maison Blanche pendant huit ans.

    Inutile de dire que si les Américains et les Russes réussissent à travailler ensemble en Europe, l’Ukraine et le Moyen-Orient connaîtront un arrêt spectaculaire de la « guerre tiède » qui a eu lieu entre la Russie et les États-Unis pendant la désastreuse présidence d’Obama.

    Hélas, il y a le problème plutôt pénible de la réponse de Trump aux demandes du lobby pro-Israël américain et sa rhétorique anti-iranienne stupide et délirante. Si Trump continue avec ces absurdités une fois entré à la Maison Blanche, il se coupera de tout véritable accord au Moyen-Orient. En plus, connaissant la russophobie enragée des néocons, si Trump s’incline devant leurs revendications sur l’Iran, ils devra probablement aussi réduire l’étendue de la collaboration américano-russe en Europe, en Ukraine et ailleurs. Il en va de même pour le dénigrement et la provocation constantes de Trump envers la Chine : s’il croit vraiment et sincèrement que les États-Unis sont en position d’intimider la Chine, il se prépare à quelques désillusions très pénibles. L’époque où les États-Unis pouvaient maltraiter ou intimider la Chine est révolue depuis longtemps et tout ce que Trump ferait contre la Chine échouera, de la même façon qu’Obama a échoué contre la Russie.

    C’est à mon avis LA question clé de la présidence Trump : sous sa présidence, les États-Unis accepteront-ils le fait que leur hégémonie mondiale est terminée une fois pour toutes et qu’à partir de maintenant, ils ne seront plus qu’un acteur important parmi d’autres acteurs importants ? Oui, l’Amérique, le pays, pas l’Empire, « peut retrouver sa grandeur », mais seulement en renonçant à l’Empire et en acceptant de devenir un pays « normal », quoique encore important.

    Si l’establishment étasunien continue à fonctionner à partir de l’hypothèse que « Nous sommes le numéro un », « l’armée américaine est la plus puissante de l’Histoire mondiale » ou que « les États-Unis sont la nation indispensable » qui doit « diriger le monde », alors la présidence de Trump finira en catastrophe. Les idées messianiques et impérialistes ont toujours conduit ceux qui les portaient à un échec retentissant et les États-Unis ne font pas exception. Pour une raison : la mentalité messianique et impérialiste est toujours profondément délirante, puisqu’elle met toujours l’idéologie au-dessus de la réalité. Et, comme on dit, si tu as la tête dans le sable, c’est que tu as le cul en l’air. L’un des plus grands avantages que la Russie et la Chine ont sur les États-Unis, est qu’elles comprennent totalement qu’elles sont, sur de nombreux aspects, plus faibles qu’eux. Et pourtant, paradoxalement, cette conscience est ce qui les rend plus fortes à la fin.

    Ce pourrait par conséquent devenir une priorité absolue du président Trump d’abandonner l’attitude infiniment arrogante, si typique des néocons et de leurs prédécesseurs (physiques et idéologiques) trotskystes, et de la remplacer par une conscience aiguë de la nécessité de ne s’engager que dans des politiques en rapport avec les capacités effectives des États-Unis. Des politiques réalistes et basées sur les faits doivent remplacer l’actuelle hubris impériale.

    De même, purger les élites étasuniennes de la cabale toxique qui a pris le dessus devrait aussi devenir une priorité essentielle du président Trump : exactement comme la principale menace pour le président Poutine est la cinquième colonne russe, je crois fortement que la plus grande menace pour le président Trump sera la cinquième colonne contrôlée par les néocons aux États-Unis, en particulier au Congrès, dans les médias, à Hollywood et dans la communauté du renseignement. Les néocons ne renonceront jamais avec élégance, ni n’accepteront que le peuple américain leur a montré la porte. Au contraire, il feront ce qu’ils ont toujours fait : se livrer à une méchante campagne de haine contre Trump lui-même et contre ceux qui ont osé voter pour lui. En ce moment, Trump essaie, à l’évidence, de les apaiser en leur jetant un os ici ou là (Pence, Priebus, Friedman, dénigrement de l’Iran, etc.), ce qui, je suppose, est assez juste. Mais s’il continue à zigzaguer comme ça une fois qu’il sera à la Maison Blanche, il n’aura pas une chance contre eux.

    Michael Moore vient d’appeler à « 100 jours de résistance » après l’inauguration de Trump. Bien que Moore lui-même soit avant tout un clown (très talentueux), ce genre d’initiative peut finir par devenir à la mode, en particulier chez les « millenials » américains totalement zombifiés et les pseudo « progressistes » blessés, qui ne peuvent et ne veulent tout simplement pas accepter que Hillary a perdu. Nous ne devons jamais sous-estimer les capacités des agents de Soros pour lancer une Révolution de couleur à l’intérieur des États-Unis.

    L’« État profond » américain est aussi un ennemi puissant et extrêmement dangereux, dont les choix pour s’opposer à un « Trump lourd » comprennent non seulement d’assassiner Trump lui-même, mais aussi de créer un autre 9/11 sous fausse bannière aux États-Unis, incluant éventuellement des matières nucléaires, et de l’utiliser comme prétexte pour imposer une sorte d’état d’urgence.

    Enfin, et comme toujours, il y a les banques (dans un sens général, ce qui inclut les assurances, les fonds d’investissement, etc., et en gros tous les financiers) qui combattent le retour à la souveraineté des États-Unis avec tout ce qu’ils ont. En général, j’utilise l’expression « retour à la souveraineté » pour décrire ce que Vladimir Poutine a tenté de faire en Russie depuis 2000 : le processus de lutte contre le véritable pouvoir d’une petite élite transnationale, pour le rendre au peuple russe et faire de la Russie un pays vraiment indépendant et souverain. Le même concept, cependant, s’applique également aux États-Unis, dont la population est clairement devenue l’otage et l’esclave d’une petite élite, de fait moins de 1%, qui contrôle totalement les vrais centres de pouvoir. Une grande partie, la plus grande en réalité, est concentrée dans diverses institutions financières qui contrôlent vraiment toutes les branches du gouvernement aux États-Unis. Certains les appellent « Corporate USA » ou « USA Inc. », mais en réalité, nous sommes confrontés à des financiers et non à des entreprises qui vivent en offrant des biens et des services. Les niveaux réels de corruption aux États-Unis sont probablement plus élevés que partout ailleurs sur la planète, simplement à cause des immenses sommes d’argent en jeu. Les parasites (littéralement) corrompus qui gèrent cette machine à faire de l’argent feront tout leur possible pour empêcher le retour du peuple américain au pouvoir et ils ne permettrons jamais qu’« un homme – une voix » remplace l’actuel « un dollar – une voix ».

    Il est ironique, bien sûr, que Trump lui-même et tout son entourage proviennent des élites financières. Mais ce serait une erreur d’en déduire simplement que si une personne vient d’un milieu spécifique, elle l’aimera et le soutiendra toujours. Che Guevara était un docteur en médecine, issu d’une famille bourgeoise argentine assez aisée. Oh, je ne compare pas Trump au Che ! Je dis seulement que la théorie de la conscience de classe présente parfois des exceptions intéressantes. Au moins, Trump connaît très bien ces gens et il pourrait être l’homme idéal pour briser leur actuel monopole sur le pouvoir.

     

    Conclusion

    Faire des prédictions pour une année comme 2017, alors que la plupart des résultats dépendent de ce qu’une seule personne pourrait faire ou ne pas faire est assez futile. Au mieux, c’est un exercice de simple chance statistique. Ceux qui émettront des prédictions correctes feront bonne impression, évidemment, et ceux dont les prédictions ne se concrétiseront pas, en feront une mauvaise. Mais en réalité, ils sont tous dans le flou aujourd’hui. C’est pourquoi je choisis de parler de risques et de chances et de considérer au moins trois « variantes Trump ». Ce sont des processus dans lesquels Trump et les États-Unis sont cruciaux ou, au moins, centraux, mais il y en a d’autres où ils comptent beaucoup moins. Donc, pour conclure, je hasarderai quelques suppositions que je vous soumets avec toutes les réserves imaginables sur le fait qu’elles seront peut-être fausses. Cela dit, allons-y.

    Premièrement, je pense qu’il y a une bonne chance que la Russie, l’Iran et la Turquie réussissent à stopper la guerre contre la Syrie. Le pays restera unifié, mais avec des zones d’influences claires et avec un gouvernement qui comprendra Assad, mais aussi des représentants de l’opposition. La Syrie est beaucoup trop grande et trop diverse pour jouir de la paix qui règne aujourd’hui en Tchétchénie, donc au mieux nous pouvons espérer le genre de demi-paix que le Daghestan a subie ces dernières années. Ce ne sera pas parfait, cela ne suffira pas, mais l’horreur absolue s’arrêtera.

    Deuxièmement, je pense que Porochenko perdra le pouvoir cette année. L’Ukraine occupée par les nazis a survécu à un mélange d’inertie (il y avait encore beaucoup de richesse datant de l’ère soviétique) et d’aide occidentale. Les deux sont maintenant complètement à l’arrêt. En plus, il y a des signes croissants que l’armée ukrainienne est devenue fondamentalement incapable d’opérations de combat sensées. Si certains bataillons de volontaires nationalistes particulièrement délirants ou si un dirigeant politique ordonnait une attaque sur la Novorussie, les Ukrainiens pourraient endurer une grave défaite, suivie de la libération des territoires des régions de Donetsk et de Lougansk actuellement occupés par les nazis. Et cette fois, si cela se produit, les Novorusses auront les moyens de libérer Marioupol et de la tenir sans être coupés du Donbass par une contre-attaque ukrainienne sur leur flanc. Enfin, si Porochenko est remplacé par des éléments encore plus fous, la Russie pourrait décider de reconnaître l’indépendance des Républiques de Lougansk et de Donetsk ce qui, à son tour, entraînerait inévitablement un référendum dans ces républiques pour rejoindre la Russie. Les politiciens de l’Union européenne seront en crise, la Pologne et l’Estonie déclareront qu’une invasion russe est imminente, mais la Russie les ignorera tous, tout simplement. Quant à Trump, il est très peu probable qu’il fasse quoi que ce soit à ce propos, surtout si on considère que les Ukronazis étaient à 100% derrière Hillary et le rejetaient comme une bonne blague. La dernière et seule chance pour le « Banderaston indépendant » d’éviter ce résultat est d’appliquer enfin pleinement et totalement l’Accord de Minsk-2, et de s’auto-dissoudre. Les cinglés de Kiev auront-ils la sagesse de le comprendre ? J’en doute beaucoup. Mais qui sait, peut-être Dieu aura-t-il pitié du peuple d’Ukraine et lui donnera-t-il la force de se débarrasser de la pourriture bandériste qui leur a apporté tant de misère.

    Il me reste une grande préoccupation : l’Amérique latine. Cela n’a pas été relevé souvent, mais l’Amérique latine est le seul domaine en politique étrangère, où Obama a eu plutôt du succès, du moins si vous soutenez la domination qu’y exercent les États-Unis : Castro est mort, Chavez a disparu, peut-être assassiné, Christina Kirchner s’en est allée, la présidente Dilma Rousseff a été renversée par un coup d’État parlementaire et il semble que le même sort va maintenant frapper Nicolas Maduro. Très significativement, Cuba a accepté un accord qui donnera aux États-Unis une influence beaucoup plus grande sur l’avenir de l’État insulaire. C’est vrai, Evo Morales, Rafael Correa et Daniel Ortega sont encore au pouvoir, mais le fait indéniable est que les poids lourds politiques d’Amérique latine sont tombés. Trump changera-t-il de politique l’égard de l’Amérique latine ? J’en doute vraiment, ne serait-ce que parce qu’on « ne répare pas ce qui n’est pas cassé ». Et d’un point de vue impérialiste américain, la politique actuelle n’est pas cassée du tout, c’est plutôt un succès. Je ne vois tout simplement aucune raison pour laquelle Trump déciderait de permettre aux Latino-Américains d’être libres et souverains, renversant ainsi une Doctrine Monroe vieille de presque 200 ans. La liberté pour l’Amérique latine viendra à la fin d’une longue lutte, indépendamment de qui occupe la Maison Blanche.

    Donc non, 2017 n’aura qu’un lointain rapport avec la vie dans un monde parfait, mais il y a une chance supérieure à la moyenne que 2017 voie quelques améliorations très importantes et très nécessaires par rapport aux années précédentes, franchement désastreuses. Il y a encore un espoir que Trump tienne ses promesses et, s’il le fait, il pourrait devenir l’un des meilleurs présidents américains depuis de très, très nombreuses années. Que Trump tienne ses promesses ou non, le monde continuera à passer de l’unipolarité à la multipolarité, et c’est une évolution extrêmement souhaitable. Dans l’ensemble et pour la première fois depuis des dizaines d’années, je me sens plutôt optimiste. C’est un sentiment tellement étrange et si peu naturel pour moi, que je me sens presque coupable. Mais parfois une jouissance coupable est aussi un grand plaisir !

    The Saker

    Article original paru sur The Unz Review

    Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

     


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