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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Les marchands de soupe de la Mafia laïque française

     

    salah_lamrani@hotmail.fr ?

    Récit de l’affaire Salah Lamrani /
    Mission laïque française (MISR Language Schools) & Services de l’Ambassade de France au Caire

     
     Première partie

     
     
    Les faits évoqués ci-dessous sont attestés par des documents et témoignages multiples et explicites. Des notes de fin de document fournissent des extraits éloquents de ces éléments de preuve. Les noms marqués d’une astérisque (*) ont été modifiés.
     
    Ce dossier est actuellement instruit aux prud’hommes et auprès du Défenseur des Droits, et il reste en voie de complétion. Tous les acteurs de cette affaire et quiconque peut apporter un témoignage ou des documents quelconques sur ces instances sont instamment invités à le faire en mentionnant, le cas échéant, s’ils souhaitent que leur participation soit anonyme.
     
    Merci d’adresser toute correspondance à cette adresse e-mail : salah_lamrani@hotmail.fr




    Les marchands de soupe / Carpetbaggers de la Mafia laïque française
     


    Introduction
     
    1 – Un établissement particulièrement difficile 
     
    2 – La « petite » affaire : Samuel Métaux / Salah Lamrani
     
    3 – La « grande » Affaire : exclusion illégale, menaces, violences, tentative de subornation et plainte diffamatoire…
     
    4 – …pleinement cautionnées par la direction de la Mission laïque française 
     
    5 – Le parti pris des instances diplomatiques
     
    Conclusion                                                                     

     

     
     
     
     

    Salah Lamrani dans sa classe à MISR Language Schools (établissement du réseau MLF)


     
     
    Introduction
     
    Je suis professeur de Français, âgé de 28 ans et Titulaire de l’Education Nationale. Durant l’année scolaire 2012-2013, j’ai été recruté à Paris pour un poste dans un établissement du réseau de la Mission laïque française en Egypte, la section française de la MISR Language Schools. Située au Caire, elle est conventionnée par le ministère des Affaires étrangères et homologuée par le ministère de l’Education nationale. Mon employeur était la Mission laïque française, comme cela est spécifié dans ses statuts, sa Charte et le contrat de travail[1]. Le Proviseur était M. Frédéric TUMPICH, et il occupe toujours son poste à ce jour. La direction égyptienne générale de cet établissement comportant cinq sections était menée par Mme Nermine NADA. 

    Dès ma prise de fonctions, j’ai constaté que de graves manquements de la direction de l’établissement mettaient en danger la sécurité des personnels et le bien-être de tous, causant divers incidents. En effet, comme en attestent de nombreux documents, rapports et témoignages de personnels enseignants, parents, élèves et de la direction[2], cet établissement présentait de graves problèmes au niveau de la discipline et même de la sécurité des élèves et personnels. L’atmosphère était notamment caractérisée par un manque de respect envers les professeurs et le rejet de leur autorité de la part des élèves et personnels égyptiens d’éducation, un chaos endémique empêchant la tenue des cours[3], le refus des élèves d’assister aux cours[4], l’annulation par le Proviseur français des punitions données aux élèves par les enseignants[5], etc. A tout cela s’ajoutait le lynchage en règle des personnels français et égyptiens par l’administration et les parents, qui les tenaient pour les seuls responsables de ces dysfonctionnements, alors que ceux-ci incombaient à la direction de l’établissement, et que les enseignants comptaient parmi les principales victimes de cette situation[6]. Les personnels français et égyptiens étaient tenus en respect, avec une redoutable efficacité, par diverses pressions (accusations d’incompétence, déni, menaces d’exclusion…[7]), ce malgré des agressions verbales et intimidations physiques de la part des élèves contre certains professeurs[8]. Tout cela a même entraîné une agression physique de lycéens à l’encontre d’un collègue Titulaire de l’Education nationale proche de la retraite (François* E., professeur de Physique), ce qui l’a notamment amené à exercer son droit de retrait durant une semaine, sa sécurité ne pouvant être assurée. Ces agissements étaient absolument impunis et même couverts, étouffés, et, de fait, encouragés par le laxisme de l’administration. Pour celle-ci, « le client est roi », tandis que les personnels enseignants, quantité négligeable et éminemment amovibles, ne sont là que pour être livrés en pâture[9] aux élèves qui paient des droits d’inscription faramineux et peuvent donc se comporter comme les propriétaires de l’établissement[10]. Les personnels qui essayaient d’agir étaient menacés, discrédités, et, dans mon cas, exclus, violentés et calomniés. La vie même des élèves était mise en danger par des installations électriques défectueuses dans les laboratoires. Ces installations avaient pourtant fait l’objet de plaintes publiques de la part de François* E. et de Farid* Y., professeur de Mathématiques-physique également Titulaire[11].

     

     
    Je m’étais employé à pallier certains de ces dysfonctionnements, en accord avec mon supérieur hiérarchique, Frédéric TUMPICH, ce qui m’a amené à m’opposer directement à la direction égyptienne, qui prenait toujours fait et cause pour les élèves les plus turbulents. Celle-ci a alors voulu se débarrasser de moi. Car bien que les statuts des personnels (et les engagements contractés avec les parents, qui inscrivent leurs enfants dans une école dont on leur garantit que la gestion est purement française) prévoient que la section française soit gérée indépendamment, par la seule direction française[12], il s’est avéré que la direction égyptienne impose toutes ses décisions dans les faits. Le Proviseur français a un rôle purement fantoche et se soumet aux intimations coercitives de personnels subalternes égyptiens[13]. J’ai donc fini par être exclu le 28 mars 2013 de manière violente et illégale (sans notification écrite, manu militari et par un simple fait accompli), battu par huit vigiles sous les yeux de mes élèves de 6e traumatisés et en pleurs, tout cela pour un prétexte spécieux : une altercation avec un collègue, Samuel METAUX, qui avait eu lieu la veille, en dehors de l’établissement. Pourtant, des témoignages de professeurs, de parents et d’élèves ont établi que Samuel METAUX me harcelait de longue date au sein même de l’établissement. Pour l’incident du 27 mars même, les témoignages directs de trois enseignants et l’aveu du proviseur, Frédéric TUMPICH (dès le 29 mars 2013, en présence de Farid* Y., représentant élu des personnels), concordent pour établir que Samuel METAUX m’avait agressé verbalement et physiquement, et que je n’ai fait que me défendre. Frédéric TUMPICH n’en a pas moins soutenu, en toute connaissance de cause, une version des faits mensongère, notamment dans ses courriels adressés aux parents, afin de justifier la décision de la direction égyptienne en lui donnant une teinte française et de me discréditer.
     
    Je me suis efforcé de faire respecter mes droits, et face à ma résistance et du fait de l’intervention de parents d’élèves, l’administration de l’établissement a ensuite rétroactivement « justifié » cette exclusion par d’autres accusations calomnieuses qui ne m’ont jamais été notifiées par écrit (pas plus que mon exclusion définitive et ses raisons alléguées). J’ai en effet été accusé d’agressions verbales et même physiques contre des élèves, et une plainte judiciaire en ce sens a été déposée contre moi pour me neutraliser et me décourager. Ces accusations fallacieuses ont entraîné mon arrestation violente par la police, mon placement dans une cellule de 1 mètre carré, puis mon déferrement au Parquet. La justice égyptienne a rapidement débouté la MISR Language Schools de toutes les accusations portées contre moi, notamment grâce à nombre de témoignages de parents et d’élèves et, dans une moindre mesure, de personnels. 
     
    Tout au long de l’affaire, l’administration n’a pas hésité à recourir à des menaces et à des brutalités psychologiques contre les élèves en leur interdisant de me parler, et en s’évertuant à les persuader que j’étais un véritable danger pour eux malgré les faits avérés, et le grand attachement de mes élèves pour moi. La directrice égyptienne, Mme Nermine NADA, et le Proviseur français, Frédéric TUMPICH, ont personnellement colporté ces calomnies et exercé les pressions et menaces. Celles-ci m’ont en particulier été rapportées par mes élèves et leurs parents, indignés – les plus jeunes, âgés de 11 ans à peine, étaient en pleurs[14]. Des menaces similaires ont également été exercées contre les personnels, afin de les dissuader de m’apporter de l’aide et même de me saluer, et j’ai été au désespoir de constater que mes collègues et concitoyens faisaient preuve de bien moins de solidarité à mon égard que les parents et même les élèves. La plupart des enseignants ont fini par complètement m’ignorer et m’abandonner, alors qu’une simple grève aurait très vraisemblablement suffi à résoudre le problème. Sans doute se sentaient-ils plus vulnérables, se trouvant dans un pays étranger ayant une langue et une culture différentes, et étaient-ils dissuadés de toute intervention par l’exemple de la violence qui m’était infligée.
     
    J’ai essayé autant que possible de régler cette affaire par la négociation et sans tapage, transmettant ma version des faits abondamment documentée à la direction de l’établissement et de la MLF et aux instances françaises, et en leur faisant savoir, directement et par le biais de mes avocats, que j’étais disposé à un règlement à l’amiable, à condition qu’il fût honorable et respectueux des lois. J’avais refusé, dans un premier temps, le paiement de l’intégralité de mes salaires à venir jusqu’à la fin de l’année scolaire contre mon départ et mon silence (une proposition de Frédéric TUMPICH suite aux premiers échanges avec la direction de la MLF), parce que cela se serait fait par-dessous la table et aux dépens de ma réputation salie par leurs diffamations, ce que je ne pouvais envisager en aucun cas. D’autant plus que ces salaires m’étaient de toute façon dus contractuellement, et le restent jusqu’à ce jour, le contrat n’ayant jamais été légalement rompu – le mois de mars même, travaillé, ne m’a toujours pas été payé. En vue d’un règlement à l’amiable, j’ai sollicité l’intervention de plusieurs élus, instances et personnalités médiatiques et intellectuelles, notamment les députés et sénateurs des Français de l’étranger, qui sont généreusement intervenus. Les instances ministérielles sollicitées (Education Nationale, Affaires Etrangères, ministres déléguées chargées des Français de l’étranger et de la Francophonie) n’ont pas donné suite à mes demandes d’assistance. J’ai sans cesse sollicité l’intervention de la Mission laïque française à Paris, mon employeur selon les textes (cf. note n° 1), chargé de la gestion des établissements de son réseau. Mais elle n’a jamais donné aucune suite à mes sollicitations par courriel et par courrier recommandé. De son côté, la direction de mon établissement a accepté le principe de la négociation, avant de le rejeter au dernier moment : il ne s’agissait, de sa part, que d’une manœuvre dilatoire visant à se rapprocher de la fin de l’année scolaire et à épuiser mes ressources et ma volonté. 

     
    Siège de la MLF à Paris, 9 rue Humbolt (75015)
     
    Contre toute attente, et au mépris des faits avérés et des lois et accords en vigueur, la direction de la Mission laïque française et les services de l’Ambassade de France, sont intervenus, mais de manière partiale et aux côtés de la direction de mon établissement. Ils ont agi de concert contre moi, en toute connaissance de cause, dès le premier jour et jusqu’au bout, de la manière qui sera détaillée dans les 4e e 5e sections. Dès le 31 mars 2013, dans un courriel adressé aux parents d’élèves, Frédéric TUMPICH affirmait qu’une intervention de l’Ambassade de France avait été sollicitée et que celle-ci s’était prononcée en faveur de mon exclusion illégale (« C’est pourquoi Mme Nermine NADA et l’Ambassade de France ont conjointement décidé, pour la sécurité de vos enfants [sic], d’interdire à M. Salah l’accès de l’établissement. »). Frédéric TUMPICH fut pleinement soutenu par la Mission laïque française, mon employeur : bien qu’elle ait reçu ma version des faits ainsi que les nombreux documents et témoignages collectés – qui ont rapidement conduit la justice égyptienne à m’innocenter de toutes les accusations portées contre moi –, la MLF a poursuivi son œuvre, continuant à relayer en toute connaissance de cause les accusations calomnieuses portées à mon encontre. Dans deux lettres adressées respectivement à M. Alain MARSAUD, député des Français établis hors de France, et à Mme Joëlle MARRIAUD-GAYLAM, sénatrice des Français établis hors de France, intervenus à ma demande, Jean-Christophe DEBERRE, Directeur général de la Mission laïque française, ainsi que Yves AUBIN DE LA MESSUZIERE, Président de la Mission laïque française, ont soutenu des allégations qu’ils savaient calomnieuses. Ils ont même surenchéri sur les imputations diffamatoires de MISR en prétendant que « la sécurité de la communauté éducative ne permet pas la réintégration de M. LAMRANI », ce le 25 avril 2013, près d’un mois après que les pièces qui m’ont innocenté devant la justice égyptienne leur aient été transmises. Cette position a encore été confirmée le 5 juin 2013, après que mon établissement ait été débouté par le Parquet de toutes ses plaintes contre moi, le Président de la MLF soutenant malgré ce développement considérable que « l’on peut craindre que rien n’ait depuis contribué à modifier ce point de vue ». Ces éléments seront rapportés en détail dans la 4e section, en soulignant les contradictions manifestes que ces deux courriers présentent entre eux, avec les statuts de la MLF et avec les faits avérés et alors connus de tous. Les services du Consulat de France ont procédé de même, et des menaces d’enlèvement et de mise au ban proférées à mon encontre par Paul PETIT (Attaché de Coopération Educative représentant le Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France) dès le 28 mars 2013, le jour de mon exclusion, devant mon établissement, ont été partiellement mises à exécution, alors qu’elles auraient pu me coûter mon intégrité physique et mentale, voire ma vie. Un enseignant français, Eric Lang, était mort dans un commissariat du Caire dans des conditions suspectes à ce moment-là, et des proches informés de mon affaire et des violences que j’avais subies entre les mains de la police ont cru que cétait moi, son identité nayant pas été révélée immédiatement, et cela aurait bien pu être le cas. En effet, du fait des mesures qui ont été prises contre moi par les services diplomatiques, j’ai été contraint de vivre en Egypte plusieurs mois sans ressources (de fin mars à la mi-septembre 2013), exposé à de grands risques et dans un grand dénuement, recherchant vainement un autre emploi, sans savoir que j’étais soumis à un véritable ostracisme, si bien qu’il m’était impossible de retrouver un poste. Je n’en ai eu la preuve que tardivement, comme nous le verrons. A partir de juillet 2013, je n’avais souvent plus même de quoi m’acheter de l’eau, dormant à même le sol dans un appartement complètement vide, alors que des événements sanglants avaient lieu en Egypte. J’étais donc à la merci de quiconque. Il m’a fallu des mois pour commencer à me remettre de tous les sévices, pressions et harcèlements subis, et j’aurais très bien pu ne jamais m’en relever.
    Mon avocat d’alors, après analyse des pièces du dossier, dénonça « une institution qui a utilisé les procédés les plus déloyaux pour [me] mettre en cause avec des accusations graves [par] l’instrumentalisation d’informations [qu’elle] savait mensongères dès l’origineCette attitude est d’autant plus critiquable qu’elle s’inscrit dans un contexte inspiré par la discrimination. […] Les pièces du dossier que vous m’avez transmises sont tout à fait claires pour établir deux points : 1/ l’agression est le fait de Monsieur Samuel METAUX ; 2/ cette agression, qui était déplorable mais au final assez minable, a pris une ampleur toute particulière compte tenu de l’attitude de l’employeur, et des autorités diplomatiques qui ont agi sans réflexion préalable suffisante. Les deux éléments se conjuguent pour démontrer qu’il existe autour de cet établissement une véritable culture de l’impunité et que l’agression, comme l’attitude de l’administration, repose sur la conviction que vous alliez être broyé par la machine, préférant vite quitter l’Egypte en demandant votre compte. […] Il est assez remarquable, alors que vous étiez pris par le feu des événements, d’avoir pu constituer ce dossier et d’avoir pris le temps d’écrire et de prendre à témoin, réunissant ainsi d’importants éléments de vraisemblance, et surtout amenant la partie adverse à réagir. […] Le mail adressé par Monsieur TUMPICH le 31 mars 2013 vous décriva[i]t comme quelqu’un de violent, à tel point que la seule solution était de vous écarter de l’établissement. Vous êtes décrit auprès des parents comme une sorte de semi-sauvage, incontrôlable. Or nous savons qu’à ce stade, Monsieur TUMPICH était parfaitement informé que l’agression n’était pas de votre fait ; […] c’est donc à dessein, dans le but de [vous] casser et de vous obliger à quitter votre poste et l’Egypte qu’il a choisi de prendre à partie les parents. [Quant à la direction de la Mission laïque française], avec son autorité, [elle] se permet d’écrire à un Député en accréditant une version des faits qu’[elle] sait entièrement fausse, et qui vous présente comme un individu dangereux et infréquentable. […] Il a fallu toute votre vigilance et votre courage pour inverser la manœuvre. »
     
    Ces faits sont, à mon sens, très préjudiciables à la France, à son image et aux ressortissants français à l’étranger. Ceux-ci devraient être protégés de tels agissements, surtout lorsqu’ils sont recrutés en France pour travailler pour une institution française (la MLF), sous la tutelle de deux ministères, et sont ensuite complètement abandonnés et, plus encore, accablés par les instances qui sont censées les protéger. Bien plus, les enfants qui sont placés dans ces établissements par leurs parents, confiants dans la réputation d’excellence de la France, sont à mon sens les principales victimes de cette situation. Leur potentiel est dilapidé par les conditions extrêmes qui règnent dans ces établissements de la Mission laïque française. Cette situation ne permet nullement la transmission d’une instruction et d’une éducation décentes à des enfants qui sont, de par leur statut social, l’avenir de leurs Nations, qui est par conséquent compromis.
     
    Ayant établi que « Cet établissement joue sur l’impunité en pensant que s’il existe un litige avec un salarié, il sera traité par la juridiction égyptienne, et avec une efficience toute relative et un impact très réduit en France », mon avocat préconisa alors la conduite d’une action « pour fragiliser tout ce système qui, ignorant la loi, fonctionne finalement comme un système mafieux, au sens opaque et privilégiant des intérêts particuliers ». Cette action, je suis déterminé à la mener.


     
    Mission laïque française : slogans et réalité

    1 – Un établissement particulièrement difficile 
     
    Le quatrième point de sa Charte stipule que « La Mission laïque française accueille et réunit dans son réseau d’établissements des enfants de toutes origines et de toutes cultures. Au-delà de la réussite scolaire et de l’épanouissement individuel des élèves, elle [la MLF] cherche à développer chez eux l’exercice du libre jugement, le respect de l’autre, la compréhension des héritages de l’histoire, l’ouverture au monde dans sa diversité grâce à la maîtrise de plusieurs langues. Elle les initie à l’usage des droits et des devoirs de la citoyenneté. » Malgré ces déclarations éthérées et le fait que la MISR Language Schools ait la réputation d’être parmi les meilleures écoles d’Egypte, la réalité est très différente, comme nous l’avons déjà entrevu ci-haut. 
     
    Mon recrutement même, depuis Paris, début novembre 2012, faisait suite au départ précipité d’une enseignante française (Myriam* H.) qui avait 12 ans d’expérience en France (en région parisienne), d’excellents états de service, mais n’avait pu tenir dans les conditions de chaos et d’impunité qui régnaient dans l’établissement égyptien[15]. Il y a eu au moins trois démissions – pour ne pas dire « désertions », parfaitement justifiées au vu des conditions de travail régnant à MISR – au total durant l’année scolaire[16]. Et malgré le fait que, de l’aveu même du Proviseur français, Frédéric TUMPICH, j’avais intégré mon poste dans des conditions particulièrement difficiles[17], il n’avait pas moins envisagé explicitement de me renvoyer purement et simplement, quelques jours seulement après m’avoir fait venir de France pour ce premier poste, au prétexte que j’avais du mal à gérer cette situation exceptionnellement chaotique[18]. Il a pour ce faire froidement invoqué la période d’essai de trois mois pendant laquelle tout enseignant peut être renvoyé sans préavis, selon les termes draconiens et non réciproques du contrat, sans autre forme de procès. Par la suite, quand j’ai réussi à reprendre mes classes en main, Frédéric TUMPICH m’a exprimé (le dernier jour avant les vacances de Noël) ses vives félicitations pour ce succès spectaculaire[19], et il s’est excusé de m’avoir « jeté dans la gueule du loup » sans préavis. Durant ces vacances, une collègue Titulaire de l’Education Nationale, Sylvie* F., qui se trouvait en France en congé maladie, enceinte, et au chevet de son compagnon très gravement malade, a été, illégalement et de manière ignoble, poussée à la démission par Frédéric TUMPICH – une infamie qu’il a réitérée cette année même, en 2015, avec une autre collègue Titulaire et enceinte simplement car elle avait besoin d’un emploi du temps aménagé. A la suite d’une plainte de Sylvie* F. auprès de ses autorités de tutelle, il a dû se rétracter, et il a ensuite affirmé avoir été contraint de céder aux pressions de l’administration égyptienne[20]
     
    Tous ces éléments montrent que les personnels enseignants français, recrutés en France et invités à travailler dans un établissement français sous tutelle française, dont tous les documents sont à en-tête de la MLF, et dont la Charte précise qu’elle est leur seul employeur (« Sous   l’autorité   du   chef   d’établissement   ou   du directeur de leur école, ils agiront dans le respect des textes officiels, des orientations et des directives : du ministère de l’éducation nationale ; du ministère des Affaires étrangères ; de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ; de la Mission laïque française  qui est leur employeur et à laquelle ils rendent compte de leur action. »), sont en réalité traités comme du rebut, livrés pieds et poings liés aux caprices des élèves et au joug de la direction égyptienne et abandonnés à leur sort, sacrifiés sur l’autel du lucre, voire du néo-colonialisme[21]


    MISR Language Schools, « un vrai roman » déjà évoqué en 2008 dans le bulletin n° 88 du syndicat enseignant SGEN-CFDT qui dénonçait notamment « un turn-over excessif des personnels titulaires détachés dans cet établissement. (…) Les personnels ont travaillé des mois après la rentrée scolaire sans contrat car ‘ceux-ci étaient en cours de négociation’ avec la direction égyptienne. Le problème, c’est que les personnels ne savaient pas au juste ce qui faisait l’objet de négociation… L’équipe enseignante du premier degré, soit une quinzaine de personnes dont huit recrutés locaux en situation assez précaire, est en outre à la merci de la direction égyptienne (…). La charge de travail des enseignants est si importante qu’ils ont le sentiment de porter l’école à eux seuls. (…) Tous ces éléments pèsent. Et puis, les collègues n’ont plus les mêmes horaires, le climat général se détériore et l’ambiance dans l’équipe n’est plus au beau fixe. A Misr Language school, c’est pas la vie en rose tous les jours…[22] » Mais malgré ce rapport éloquent, cette situation ne s’est pas améliorée le moins du monde, bien au contraire.
     
    Après être parvenu, en déployant les plus grands efforts, à instaurer une ambiance de respect et de travail dans mes classes, je me suis employé à assister François* E., un de mes collègues en difficulté qui faisait face à un véritable harcèlement de la part de lycéens. Avec l’aval du proviseur de la section française, Frédéric TUMPICH, je m’efforçais de contribuer à la résolution de certains des problèmes de cet établissement. J’espérais protéger les élèves et les enseignants, et créer les conditions qui nous permettraient de réaliser notre vocation de pédagogues et de dispenser un savoir de niveau acceptable en termes d’instruction et d’éducation[23]. J’assistais donc François* E. en me tenant à ses côtés durant ses cours avec les lycéens, le dimanche matin, mon jour de repos, et cela à titre bénévole[24]. Malgré ma venue toute récente, et le fait que j’étais alors un débutant, ma jeunesse et ma connaissance intime de la langue et de la culture arabe facilitaient mes relations avec les élèves, comme mon succès inespéré avec mes propres élèves l’avait démontré à tous. Mais ces interventions aux côtés de François* E. m’ont souvent fait entrer en confrontation directe avec la direction égyptienne de l’établissement, qui donnait la préséance aux élèves sur les personnels enseignants, et tolérait depuis le début de l’année qu’ils arrivent aux cours avec une demi-heure de retard, puis qu’ils n’y assistent pas en ma présence[25], ce que j’ai dénoncé avec vigueur. Frédéric TUMPICH m’a explicitement dit à plusieurs reprises que je figurais sur la liste noire de l’administration égyptienne[26], malgré (ou plutôt du fait de) mon investissement et mes succès avec mes propres élèves, les élèves de mes collègues et les collègues eux-mêmes. Ces actions m’avaient valu, de la part de Frédéric TUMPICH, une proposition de poste de CPE (Conseiller Principal d’Education, fonction alors dévolue à des personnels égyptiens) pour l’année scolaire suivante, et même l’organisation d’interventions en primaire avec la directrice de cette section, Marie-Paule M., qui envisageait de son côté de m’y recruter pour l’année scolaire 2013-2014. Frédéric TUMPICH m’a également invité à « consolider » ma situation auprès des parents d’élèves, et à mettre en avant auprès d’eux mes initiatives et succès, pour pouvoir me protéger face à la direction égyptienne, qui ne souhaitait pas renouveler mon contrat et avait résolu d’attribuer mon poste de professeur de Lettres à Samuel METAUX, Professeur de Philosophie (auto)proclamé (sic), pour la rentrée suivante[27]. Autant d’indices éloquents de l’impuissance de la direction française face à Nermine NADA : sur le papier, Frédéric TUMPICH est le seul responsable de la gestion et des recrutements, alors que, dans les faits, il n’est pas même consulté. 

    C’est donc dans l’objectif de renforcer ma position au sein de l’établissement, et avec le plein soutien de mon supérieur hiérarchique, que j’ai convoqué les parents d’élèves de 6e à une réunion pour le 4 avril 2013, ce qui a entraîné une vive réaction de l’administration égyptienne dès qu’elle l’a appris, le 27 mars. Elle m’a demandé avec préoccupation ce que je comptais dire aux parents, et a essayé de me dissuader de tenir cette réunion en invoquant divers prétextes spécieux. En ce qui concerne François* E., après trois interventions à ses côtés qui ont été couronnées de succès[28], Frédéric TUMPICH a fini par m’interdire d’assister mon collègue, du fait des pressions de l’administration égyptienne qui cédait aux élèves les plus dissipés et, de fait, les encourageait à poursuivre, sinon à escalader leurs actions. Cette interdiction m’a été signifiée par écrit le 17 mars 2013[29]. Je n’avais d’autre choix que d’obtempérer, et ce fut effectivement ma dernière intervention avec François* E. Il ne s’agissait de rien de moins que de mise en danger de l’intégrité d’un enseignant, au vu et au su de tous. Mais les pressions et intimidations étaient telles qu’aucun des autres enseignants n’a osé réagir, malgré un rapport explicite de François* E. appelant à l’aide le 25 mars, deux jours avant son agression, qui se concluait ainsi : « Devant de tels comportements, qui s’ils ne sont pas rapidement stoppés, peuvent aboutir à une situation dangereuse, je vous demande […] de bien vouloir mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour faire cesser ces agressions et assurer ma protection. Il n’est pas digne d’un établissement scolaire de laisser faire de tels agissements d’élèves.[30] » Le 26 mars 2013, la question de l’action que prendraient les enseignants français si François* E. se faisait agresser physiquement par ses lycéens a été soulevée explicitement par Paul* B., professeur de Sciences Vie & Terre, en présence de trois collègues : Farid* Y. (professeur de Mathématiques-physique), Eric* C. (professeur de Français) et moi-même. Eric* C. a nié le danger, suscitant une réaction indignée de ma part. J’estimais son attitude irresponsable, d’autant plus qu’il était le professeur principal de la classe la plus menaçante[31]. J’ai appelé à une grève si une agression se produisait. 
     
    De manière prévisible, François* E. a été agressé physiquement le jour suivant, le 27 mars, par un élève de Seconde – Frédéric TUMPICH était alors en France. François* E. a quitté l’établissement et a exercé son droit de retrait durant une semaine entière. Je me suis distingué par ma réaction au sein de mes collègues, dénonçant virulemment l’irresponsabilité des Conseillers Principaux d’Education (CPE) qui prenaient fait et cause pour les élèves. J’ai demandé un rendez-vous avec la directrice égyptienne, Nermine NADA, pour mettre fin à ces incidents. J’ai exprimé publiquement ma solidarité avec mon collègue, et j’ai appelé les personnels français à faire grève. Mais François* E. lui-même m’en a dissuadé, voyant que j’étais le seul qui soit prêt à prendre une telle mesure. Je me suis donc contenté de ne pas faire cours l’après-midi. J’ai emmené mes élèves à l’extérieur des classes, pour évoquer l’incident du matin et désamorcer la situation. En accord avec Sylvie* F. qui avait alors cours avec cette classe, je suis intervenu auprès de la classe de Seconde qui avait agressé François* E., afin de « faire la morale » aux élèves, conformément aux décisions entérinées précédemment par Frédéric TUMPICH[32]. Je leur ai tenu un propos d’une substance similaire à celui que j’avais auparavant tenu à d’autres lycéens en compagnie de François* E.[33] Cependant, l’administration a persisté dans son attitude de déni du problème, et ces événements ont été maquillés dans le compte rendu qu’en a fait Frédéric TUMPICH à son retour. Sa « version officielle » falsifiée reprenait simplement les accusations des élèves, selon lesquelles François* E. était l’agresseur, et passait tout bonnement sous silence une agression d’un enseignant Titulaire proche de la retraite qui l’a amené à exercer son droit de retrait une semaine durant. Peut-être cet enseignement se revendiquant « laïque » a-t-il adopté (et amplifié) le motto chrétien « faute avouée à moitié pardonnée », le « repentir sincère » (sic) manifesté par l’élève agresseur ayant entraîné un effacement pur et simple du fait de toute archive[34].

     
     
    Salah Lamrani et François* E. à Gizeh, où se situe MISR Language Schools
     
    Enfin, je suis aussi entré en conflit avec l’administration égyptienne à cause de plusieurs irrégularités sur mes salaires. Ceux-ci ne m’avaient pas été payés intégralement. Le préjudice s’élevait à plus de 300 euros. D’autres collègues avaient été victimes de procédés similaires, ces écoles étant un commerce sinon crapuleux, du moins juteux et florissant, ayant pour seul critère non pas la qualité de l’enseignement mais la rentabilité, aux antipodes de l’« association à but non lucratif » revendiquée dans la Charte de la MLF[35]. Je m’en suis plaint par écrit, le 24 mars, en exigeant le paiement intégral des sommes dues ainsi que des indemnités compensatrices, du fait des préjudices causés par les mensonges délibérés et avérés de la direction égyptienne. Celle-ci ne m’avait toujours pas ouvert de compte en banque, vraisemblablement pour des raisons fiscales, et a ensuite refusé de me répondre aux sollicitations de mes avocats, confirmant les soupçons d’irrégularités dans les déclarations légales me concernant[36]. J’ai obtenu un rendez-vous avec la direction égyptienne pour la semaine suivante en vue de régler ce contentieux.
     
    Ainsi, à la date du 27 mars (la veille de mon exclusion), l’administration de l’établissement avait plusieurs conflits avec moi, dans lesquels ses torts étaient manifestes. Ces différends devaient être réglés dès la semaine suivante : 
     
    1/ les problèmes de discipline qui, ayant débouché sur l’agression physique de François* E. le jour même, juste après qu’on m’ait interdit de l’assister, me donnaient pleinement raison et démontraient l’incompétence et l’irresponsabilité de la direction ;
     
    2/ la réunion avec les parents que j’avais convoquée pour la semaine suivante, avec l’aval et même à la suite de la recommandation de mon seul supérieur hiérarchique, Frédéric TUMPICH. Cette initiative inquiétait l’administration égyptienne, qui n’avait aucun pouvoir sur moi d’après les statuts. Elle redoutait ce que je pourrais dire aux parents – crainte exacerbée par l’agression contre François* E. Cette réunion aurait renforcé ma position au moment où les contrats pour l’année suivante étaient renouvelés, selon le raisonnement de Frédéric TUMPICH – un calcul sagace et bienveillant ;
     
    3/ l’affaire des retenues avérées sur mes salaires et des falsifications au sujet de mon compte en banque, qui devait être réglée la semaine suivante, lors d’un rendez-vous en présence de Nermine NADA, la directrice égyptienne elle-même – qui ne m’avait jamais reçu jusque-là –, de Frédéric TUMPICH et de Yara YOUSSEF, qui faisait office de secrétaire. 
     
    Trois excellentes raisons pour eux de se débarrasser de moi au premier prétexte – qu’ils cherchaient déjà depuis plusieurs semaines, selon Frédéric TUMPICH. Un incident extérieur allait leur fournir grossièrement un tel prétexte. La gravité de la situation était telle qu’ils ont cru parer ainsi au pire, à savoir les trois confrontations dangereuses prévues la semaine suivante. De leur point de vue, il était impérieux de me neutraliser et même de me discréditer de manière préventive.

    Je ne peux pas m’étendre sur le niveau réel de l’instruction dispensée dans ces établissements. Je me contenterai d’attester qu’il est déplorable, que des cours sont dispensés par des enseignants qui n’ont nullement la qualification ou l’expérience requises – cf. l’exemple de Samuel METAUX, prétendu enseignant de Philosophie qui prend en charge des cours de Lettres, sur lequel je reviendrai, ou d’autres enseignants à qui on demande/impose d’enseigner une autre matière que la leur, etc. –et que les résultats sont falsifiés, afin de complaire aux élèves et par conséquent donner une fausse impression de réussite (cf. cet échantillon explicite signé Samuel METAUX, qui révolutionne littéralement l’arithmétique[37]). Un rapport rédigé à la fin de l’année scolaire 2012-2013 par une collègue Titulaire, Stéphanie* C., dénonçait cette situation : « La plupart des difficultés de mes collègues sont nées à partir des premières notations… Beaucoup de mes collègues des différentes disciplines, notamment les non-titulaires, ont dû faire face à des situations ingérables de prise du pouvoir par les élèves. Le chef d’établissement ne semble pas concerné par la « politique éducative » de l’établissement (qui est pourtant une de ses missions) et ne cherche pas à offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux élèves. Il a très vite adopté une politique clientéliste, devançant même parfois les désirs des parents et concrètement ce sont les parents qui font et défont les contrats des personnels non-titulaires. Les personnels titulaires sont davantage protégés par leur détachement…. jusqu’à la fin de l’année. Un seul collègue titulaire [Eric* C.] a obtenu le renouvellement de son contrat, il faut dire qu’il n’a pas signé la lettre [de protestation] que nous avions écrite au sujet de notre collègue [moi-même] qui se trouvait à la grille et qu’il partageait les mêmes valeurs clientélistes que notre chef d’établissement. » Plus encore, des homologations de classes à examen se font sans inspection, et malgré la non-reconduite des enseignants Titulaires dans lesdites matières[38], ce qui avait déjà été dénoncé dans le rapport SGEN-CFDT de 2008 cité précédemment : « Visite de l’inspecteur de zone dans le primaire et constat peu enthousiasmant : il s’en est fallu d’un cheveu que l’établissement ne soit homologué. Motifs invoqués : absence de projet d’école et de cadres dignes du système français. Alors, au boulot ! Mais les personnels y sont déjà et même plus qu’avant ! (…) Ainsi, malgré la réticence de l’inspection à cette évolution (non prise en compte du rythme biologique des enfants et arabisation jugée excessive), élèves et enseignants ont vu leurs horaires de travail s’allonger mais… pas leur salaire ! Le Sgen-CFDT s’étonne, compte tenu de l’actuelle situation, que l’homologation ne fasse pas l’objet d’un cadre plus précis avec obligation d’inclure un volet social car les personnels, et surtout les recrutés locaux, ont la vie dure à Misr. Quant aux titulaires, ils viennent et s’en vont… »

    J’ai évoqué tous ces problèmes – ainsi que l’ensemble des faits susmentionnés – lors de ma première rencontre (le 28 mars 2013) avec Paul PETIT, du Service culturel de l’ambassade de France, et il n’a manifesté aucune surprise. Au contraire, il a corroboré mes dires et même surenchéri en me disant, je cite, « Vous n’avez pas idée de ce qui se passe à Balzac » – un autre établissement de la Mission laïque française au Caire. Je savais déjà par ailleurs qu’il se passait des choses similaires, et même pires dans les autres établissements français d’Egypte. Comme j’y reviendrai en détail dans la seconde section, Paul PETIT m’a dissuadé de mener toute action en justice par des exhortations qui étaient d’abord bienveillantes en apparence, se sont progressivement faites plus fermes et enfin ouvertement menaçantes face à ma détermination, m’avertissant que si j’essayais de mener une quelconque action qui pouvait porter préjudice à l’image de la France, les services diplomatiques me mettraient de force dans un avion en direction de Paris. Cela n’est rien moins qu’une menace de kidnapping et une violation de la souveraineté égyptienne, contre un ressortissant français qu’on croyait vulnérable et sans défense.

     
    Ambassade de France au Caire 

    Précisons que dès 1936, le professeur Henri Guillemin, enseignant en Egypte, dénonçait par euphémisme « des ‘élèves’ lecteurs assez moyens, dans un climat où la tricherie aux examens n’était pas exempte [sic] », ce qui correspond tout à fait à ce que j’ai vu et entenduHenri Guillemin s’étonnait de ce que le Ministre de l’Education Nationale, Jean Zay (artisan du caractère gratuit et obligatoire de l’enseignement secondaire, assassiné en 1944 par la Milice durant l’Occupation), « a[it] été aussi aimable pour les Jésuites que pour l’école laïque ; car il y a la Mission laïque et les Jésuites. Il est allé voir les uns et les autres. Les Jésuites travaillaient à l’influence française, c’est évident, à l’influence de la langue française, d’une manière sérieuse[39] ». Comme je l’ai moi-même constaté, il en va en effet tout autrement pour l’enseignement dispensé par les établissements de la Mission laïque – et il est vrai que des établissements catholiques du Caire comme La Mère de Dieu dispensent un enseignement et une instruction qui peuvent faire honneur à la réputation d’excellence de la France, comme j’ai pu en témoigner auprès de personnels et d’élèves particuliers de cet établissement[40] 

    Stéphanie* C. résume cette situation dans son rapport, auquel je souscris complètement : « Je ne connais pas le droit local mais il y a une telle corruption et les institutions égyptiennes telle la justice sont dans un tel délitement que les employeurs peuvent agir en toute impunité. La MLF (malgré ses beaux discours sur ses valeurs et son éthique) et l’administration française en la personne de l’attaché de coopération culturelle [ Paul PETIT], de par leur manque de réaction cautionnent en quelque sorte les agissements de toutes ces écoles homologuées. Cet attaché s’était déplacé à l’école lorsque notre collègue d’origine algérienne s’est vu refuser l’entrée dans l’école, il a gentiment conseillé à notre collègue de renoncer à faire valoir ses droits sous peine de se retrouver dans un avion avec un aller simple. Lorsque notre collègue lui a parlé des nombreux dysfonctionnements de l’école il lui a répondu qu’il était au courant mais que c’était encore pire dans d’autres écoles du Caire comme Balzac… (elles aussi homologuées). En bref, tout le monde sait mais ne dit rien car c’est politique… c’est le prix à payer de la Francophonie !!! (…) J’étais révoltée lorsque je voyais écrit sur la banderole à l’entrée de l’établissement Lycée français alors que de mon point de vue c’est une complète imposture. Je peux certifier qu’aucun cadre de l’éducation nationale française n’est venu dans cet établissement en vue de l’homologation de la terminale durant l’année scolaire 2012 – 2013 et pourtant la terminale a été homologuée. »  

    On comprend donc l’intérêt que pouvaient avoir la direction de la MLF et les autorités diplomatiques à agir contre moi, afin d’étouffer ce qui se passait réellement dans ces établissements en fait d’instruction et d’éducation. Cela est révélateur des liens inavouables qui existence entre les différentes composantes de cette organisation. 
     
    [A suivre...]
     
     
     

     



    [1] Charte des personnels de la MLF : « Sous l’autorité du chef d’établissement ou du directeur de leur école, ils [les enseignants] agiront dans le respect des textes officiels, des orientations et des directives : du ministère de l’éducation nationale ; du ministère des affaires étrangères ; de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ; de la Mission laïque française qui est leur employeur et à laquelle ils rendent compte de leur action. » Cf. également : « Partenaire des ministères français de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères, elle [la MLF] a pour objectif ‘de diffuser à travers le monde la langue et la culture françaises par un enseignement de qualité, respectueux de la liberté de conscience et de la diversité culturelle’. À ce titre, elle participe de la politique éducative et culturelle développée par les postes diplomatiques dans le monde. […] La Mission laïque française gère et anime un réseau de 126 établissements scolaires fréquentés par 49 800 élèves. » http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/enjeux-internationaux/cooperation-educative-enseignement/politique-scolaire/article/le-reseau-de-la-mission-laique
     
     
     
    [2] Cf. ces échantillons de courriels de Frédéric TUMPICH lui-même, qui évoque « des classes bordélisées ou bruyantes » (19 novembre 2012), et qui reconnaît qu’il est sur le point de craquer dans un courriel à Salima* C., enseignante de Français et d’Histoire-Géographie, Titulaire de l’Education Nationale, plus de vingt ans de services, après qu’elle ait été écrasée sous une armoire durant un cours : « Bonjour la rescapéeJe suis carrément preneur de la masseuse. (…) J’y vais parce que sinon c’est le burn out. » (10 novembre 2012). Cf. encore la note n° 10, et cet extrait d’un rapport de Salima* C. adressé à Frédéric TUMPICH début mars 2013 : « A la mi-janvier, ne supportant plus l’absurdité de ma situation dans ces classes, je vous annonce mon intention de partir. Vous me suppliez de ne pas démissionner. Vous exprimez clairement qu’une seconde démission porterait préjudice à votre carrière. Vous êtes au bord des larmes. Vous me promettez de mettre en place les mesures qui s’imposent… Aucune mesure efficace n’est prise de votre part une fois de plus. Je ne me sens pas épaulée par mon supérieur hiérarchique. Mes collègues ont le même sentiment. »
     
     
     
    [3] Cf. ce rapport de Salima* C. au Proviseur, Frédéric TUMPICH, datant de mars 2013 : « Dans ces classes, je tente quotidiennement, d’une heure à l’autre, d’instaurer un retour au calme pour faire cours. Et j’y parviens souvent mais à mon détriment. L’effort qu’il faut fournir pour capter leur attention est démesuré. Il faut s’arrêter toutes les dix minutes pour remettre de l’ordre. De plus, à chaque séance, il faut recommencer à zéro. Ces excès de la part des élèves m’épuisent : mon épaule se paralyse et me fait subir de vives souffrances jour et nuit. Je consulte plusieurs médecins tout en continuant de travailler. Finalement, début octobre 2012, un spécialiste estime que je dois impérativement cesser de travailler sous peine de perdre l’usage de mon bras. Et me prescrit un arrêt de travail. Des collègues très expérimentés sont l’objet de divers mouvements d’élèves contestant leur compétence et plusieurs d’entre nous vous demandons de mettre fin à cette agitation. Aucune action de votre part ne se fait jour. »
     
     
     
    [4] Cf. ce rapport de Myriam* H., la collègue que je remplaçais, daté du 17 octobre 2012 (un mois avant mon arrivée) : « Je rencontre depuis la rentrée de gros problèmes avec la classe de 4ème A qui me freinent considérablement dans ma progression. Mercredi 17, la cloche sonne, les élèves de 4ème A ne semblent pas l’entendre. Ils continuent de chahuter aux abords de la classe et ignorent délibérément ma présence à la porte. A plusieurs reprises je leur demande de se ranger, en vain. Finalement, je parviens à les faire ranger. Ils entrent dans la classe et recommencent de plus belle à chahuter et à se parler les uns aux autres en ignorant totalement ma présence. Je leur demande de se tenir debout à leurs tables avant de s’asseoir, quelques-uns s’exécutent mais les autres continuent de s’agiter et de parler. Je réitère ma consigne et je demande le silence pour faire l’appel. Ils m’ignorent. Je m’adresse en particulier à certains d’entre eux [et leur demande] de respecter le règlement et je leur propose de réviser le contrôle de conjugaison à venir en précisant qu’ils sont tous capables d’obtenir de bonnes notes à ce contrôle. Après quoi, je recommence l’appel, aucun d’entre [eux] ne répond à l’appel de son nom vu le brouhaha. Je hausse le ton en leur exprimant ma déception devant un pareil comportement et leur répète qu’ils sont capables d’obtenir de bons résultats dès lors qu’ils consentiraient à adapter un comportement d’élèves sérieux. Les bavardages continuent de plus belle, certains élèves me tournent le dos en parlant à leurs camarades. Le raffût prend encore plus d’ampleur (cris aigus, éclats de rires, balancement sur les chaises, etc.) quand je leur dis, je cite : ‘Arrêtez ! J’ai l’impression d’être chez les fous !’ Ils devenaient incontrôlables et je me suis sentie démunie face à ce manque total de respect. Le bruit enfla encore, m’humiliant davantage. A bout, je leur annonce que j’en ai assez de ne pas arriver à faire correctement mon travail et que je vais finir par partir. Réaction des élèves en chœur : ‘au revoir Madame’ en riant, en m’imitant et en continuant à se balancer sur leurs chaises ! Sur ce, j’ai en effet quitté la classe pour prévenir Madame Ola. Celle-ci n’étant pas là, Madame Mona s’est précipitée pour me remplacer mais revint quelques minutes plus tard en disant : ‘c’est la catastrophe, il faut prévenir Frédéric.’ »
     
     
     
    [5] Cf. cet autre rapport de Myriam* H., datée du 11 mars 2013 : « Dès la deuxième semaine, après une semaine de prise de contact avec les élèves, ces derniers ont montré le comportement suivant : - Ils entrent en classe en chahutant. - Je fais l'appel dans le brouhaha. - Ils ne m'écoutent pas, n'obéissent pas et refusent de se calmer malgré mes demandes. - Le cours commence généralement après 10 ou 15 minutes de négociation avec les élèves. - Je suis sans cesse interrompue par des bavardages et des demandes intempestives qui parfois ne concernent pas le cours. - Ils méprisent totalement le règlement intérieur. - Certains élèves vont même jusqu'à se moquer de moi en m'imitant. - Je dois élever la voix pour me faire entendre. - Ils font des comptes-rendus mensongers à leurs parents. - Ils contestent leurs notes et comme je maintenais systématiquement la note attribuée, ils me faisaient une mauvaise réputation auprès d'autres élèves et auprès de leurs familles. - Ils se rendaient ‘dans mon dos’ dans le bureau du proviseur pour me dénigrer et celui-ci annulait mes punitions. Les élèves revenaient en cours, forts de leur victoire et multipliaient les provocations à mon égard. J'ai interpellé Monsieur le proviseur à plusieurs reprises pour lui décrire la situation et tenter de trouver avec lui des solutions. En vain. Après mon départ il a expliqué ma démission aux collègues en disant que je n'étais pas compétente et que j'étais ‘psychologiquement fragile.’ Il savait très bien cependant que j'avais 12 ans d'expérience et d'excellents états de service. Comme je l'ai écrit à Monsieur TUMPICH en Octobre 2012, la situation à Misr Language School me semblait déjà irrécupérable. J'ai ensuite été recrutée par un autre établissement au Caire [La Mère de Dieu] où règne une discipline parfaite grâce à laquelle je peux exercer avec bonheur mon métier d'enseignante. Cette discipline est le fait de la direction de l'établissement qui considère qu'elle est un préalable et une base inégociable pour faire cours et dont elle se porte garante. » Même après le départ de Myriam* H., le Proviseur a continué à prêter une oreille complaisante aux élèves par-devers les enseignants, comme l’atteste ce courriel de Salima* C. au Proviseur Frédéric TUMPICH daté du 13 février : « S***, W***, et A*** [étaient] installés au fond de la classe [et] ont bavardé sans interruption pendant toute la projection. Je leur ai demandé à plusieurs reprises de se taire car ils dérangeaient leurs camarades. Rien n'y fit. Ils ont continué à bavarder. J'ai donc pris la décision de saisir leurs carnets de correspondance et de leur attribuer une fiche de suivi qui est – parfois – le seul moyen de les tempérer un peu quelques jours. Quelle ne fut pas ma surprise, au moment où je quittais l'établissement de découvrir accidentellement ces trois élèves chez le proviseur où ils étaient allés se plaindre d'avoir été ‘fichés’ par moi !! »
     
     
     
    [6] Cf. par exemple cet extrait d’un courriel que j’ai adressé à mes proches le 23 novembre 2012, quelques jours seulement après mon arrivée, suite à une réunion direction-parents-professeurs et après « briefing » de la part des collègues expérimentés : « C’est un établissement pour la haute de la haute, qui paient une fortune, et qui sont traités comme les clients princiers qu’ils sont. L’établissement entier est donc à leur service, depuis les surveillants et femmes de ménage qu’ils peuvent traiter comme de la m***, jusqu’aux Professeurs et même aux plus hauts degrés de l’administration, CPE, Proviseur, Directrice d’établissement. Imaginez un PROVISEUR qui doit négocier avec les élèves pour obtenir leur carnet de correspondance, et qui reçoit des appels des parents pour telle ou telle sanction mise par un Prof et qu’il va ensuite s’efforcer d’effacer, en appelant le Prof ou directement en supprimant de lui-même la sanction. Les élèves et leurs parents sont les clients, et entre eux et un Prof y a pas à hésiter, j’ai assisté à une réunion parents-profs, c’était hallucinant, les parents remettaient tout sur le dos des Profs (un gars a parlé de la Gestapo, style les Profs sont malveillants et se liguent contre les élèves) et l’administration acquiesçait, disant qu’il y avait des abus et manquements, ct [c’était] les Profs d’une part contre l’administration et les parents d’autre part, vraiment tendu. Ce qui compte c’est que le client soit content, et pour ça tous les moyens sont bons. C[’est] une pression infernale pour t[ou]t le monde, et b[eau]c[ou]p ne parlent que de partir. » Voir encore ce rapport de Salima* C. à Frédéric TUMPICH daté du 31 mars 2013, qui dénonce « des enfants rendus tout-puissants par défaillance du cadre, (…) l’indiscipline compulsive et usante des élèves de l’établissement, leur attitude irrespectueuse à l’égard des règles et des enseignants, leurs versions déformées des faits à leurs parents, et leur impunité » et dénonce l’organisation par Frédéric TUMPICH de cette « réunion des parents d’élèves (…) où les enseignants déjà fortement perturbés par l’agitation constante des jeunes sont appelés à se justifier comme s’ils étaient coupables. Régulièrement, votre gestion sera basée sur la culpabilisation de l’enseignant. Et nous aurons affaire en permanence au double bind : réception d’ordres contradictoires inapplicables. De surcroît, vous êtes l’auteur de nombreux revirements : ce qui est préconisé un jour est abandonné ou renié le lendemain... Pas de vision globale : navigation à vueOn évite un récif in extremis ; on heurte le suivant de plein fouet. »
     
     
     
    [7] Cf. par exemple ce rapport d’une collègue titulaire, Stéphanie C*, rédigé à la fin de l’année scolaire 2012-2013 : « Liberté pédagogique : Rien d’écrit mais les pressions par le proviseur pour satisfaire les parents (dans notre contrat il est indiqué le mot « clients » et non parents) sont permanentes. Si les parents demandent au proviseur que tel professeur de maths distribue des polycopiés de son cours à ses élèves (qui ne veulent pas prendre de notes), le soir même le collègue reçoit un mail du proviseur lui donnant l’ordre de donner des polycopiés à ses élèves. (…) Une collègue titulaire qui refusait de se laisser dicter sa façon de travailler pour faire plaisir aux parents a été l’objet de harcèlement moral de la part du chef d’établissement. »
     
     
     
    [8] Cf. ces extraits du témoignage de François* E. portant sur des événements survenus les 14 et 21 mars, daté du 11 mai 2013 : « je me suis fait agresser verbalement par l’élève N***, celui-ci voulant faire rester ses camarades de 1ère-ES dans la salle […] cet élève m’agressa de nouveau verbalement et tenta de m’intimider physiquement le jeudi 21 mars, en présence de Farid* Y., un enseignant du Collège. »
     
     
     
    [9] Cf. ce courriel adressé au Proviseur le 5 décembre 2012 par Salima* C. : « Mr le Proviseur, Irrécupérable ou pas ?! Je parviens de moins en moins à supporter le comportement des élèves de toutes les classes (excepté mes secondes mais elles semblent faire endurer à d'autres ce qu'elles m'épargent à moi) Aujourd'hui je suis rentrée avec un renouveau de douleur au bras... Rasl'bol. C'est usant, harassant et inintéressant. Si des mesures radicales ne sont pas prises (autres que des animations socio-culturelles bien inefficaces), je jette l'éponge. Ce n'est plus une vie. Je rentre chaque jour chez moi exténuée, et je me couche immédiatement pour dormir systématiquement au moins deux ou trois heures !! Ces élèves sont atteints d'une agitation compulsive et impunie qui rend bien vaine toute stratégie de récupération complaisante. De 8h à 15h, sans compter le trajet, toute la semaine, nous sommes en présence d'un état de fait dont l'absurdité n'a d'égale que sa capacité de détruire. Croyez bien, malgré les apparences, en la cordialité de ce message. »
     
     
     
    [10] Cf. cet extrait du rapport de Stéphanie* C. au sujet de la place des parents : « Ils payent donc ils peuvent tout exiger… Les élèves égyptiens vivent dans une société où les relations humaines sont bâties sur le modèle ‘dominants/dominés’. Les élèves des écoles homologués de par leur classe sociale sont nés du côté des ‘dominants’ avec tout ce que cela comporte : nombreux domestiques à leur service, argent qui permet de ‘tout’ acheter. A l’échelle de la relation pédagogique on retrouve les mêmes problèmes, face à des enfants ‘rois’ qui ont tendance à se conduire en toute impunité puisque leurs parents payent et l’administration, dont la direction française actuelle (…), exaucent tous leurs vœux. Il faut être très déterminé, montrer qu’on ‘domine’ sa classe, sans compromission (ce qui demande beaucoup d’énergie surtout quand la direction ne nous soutient pas) ou bien se laisser aller à la démagogie. » Frédéric TUMPICH, dans un courriel qu’il m’adressait le 8 novembre 2012, juste après mon recrutement et avant mon départ pour l’Egypte (et qu’il a fait suivre à Salima* C.), corroborait ces faits : « La situation a été très tendue cette semaine (…) Je suis en train d'organiser du soutien, etc... de répondre à une poussée d'énervement en partie justifiée et en partie irrationnelle des parents d'élèves. (…) Et quand ils ont l'impression qu'on les mène nulle part, [les élèves] décrochent et se lancent dans une agitation qui épuise certains de vos collègues. (…) Ne pas élever la voix quand ils se mettent à discuter. Ils réagissent très mal quand on les brutalise. (…) Quand ils sont tentés de prendre la tangente, entrent dans une discussion, commencent à se parler d'un bout à l'autre de la classe, etc... j'ai dit très doucement: ‘Non, nous avons notre programme à faire. C'est plus important. Si. C'est plus important.’ Je ne sais pas si cela marcherait à Sarcelles ou Saint-Denis, mais là, ça marche. Evidemment, l'expérience est faussée car je suis le proviseur. » Remarque de Salima* C. au sujet de cet extrait dans un rapport qu’elle a adressé à Frédéric TUMPICH : « Les élèves sont donc capables d’avoir un comportement scolaire impeccable et de respecter l’enseignant… à condition qu’il soit proviseur ! Vous démontrez ainsi vous-même que votre fonction est décisive aux yeux de nos élèves. Quel message leur parvient-il alors lorsque vous annulez des punitions de l’enseignant ou que vous leur prêter une oreille complaisante alors qu’ils sont sanctionnés par un professeur à cause de leur indiscipline incessante, voire de leur insolence ? » 
     
     
     
    [11] Etaient notamment dénoncés l’absence « [d’]un disjoncteur différentiel [dans] le labo-1 pour pouvoir déconnecter les tables élèves. Cela a pas mal traîné et suite à l'intervention de Farid* en réunion avec des parents cela fut installé […]. J'ai aussi fait déplacer l'ingénieur chargé du suivi des travaux des labos pour lui faire constater que les connexions de fils électriques étaient apparentes et que cela présentait un réel danger pour les élèves, d'autant plus que ces connexions étaient au pied des tables métalliques. Cela n'a jamais était modifié jusque mon départ fin juin. » (François* E.)
     
     
     
    [12] Cf. Article 1 du Contrat : « [L’employé] reçoit ses instructions du chef d’établissement de la section française. » Il est bien stipulé dans la Charte de la MLF que celle-ci est le seul employeur des enseignants, et qu’ils ne répondent que devant des instances françaises (cf. note n° 1).
     
     
     
    [13] Cf. ce rapport de Stéphanie* C. qui dénonce « l’attitude du chef d’établissement français dont la connivence avec les investisseurs (carrière oblige) provoque des comportements de soumission de la part des professeurs qui subissent l’insupportable que ce soit de la part des élèves, des familles-clients ou de la direction égyptienne » et « l’impunité d’un chef d’établissement français qui agit en dehors de tout ‘contrôle’ français et qui soumet le personnel à l’arbitraire ». Frédéric TUMPICH, acceptant d’être traité comme un pion de la part de l’administration égyptienne, a lui-même ses propres moments de panique comme nous l’avons déjà vu en note n° 2. La réalité est en effet très éloignée des protestations de transparence de la Charte de la Mission laïque française, dont le point 6 prétend que « La Mission laïque française garantit la qualité du projet éducatif proposé aux familles par ses établissements. Elle veille à la transparence de leurs procédures de gestion et au bon usage des moyens qu’ils recueillent. »

    [14] Frédéric TUMPICH, dans un courriel du 12 avril 2013 adressé aux personnels, y faisait directement référence avec une remarquable impudence : « Mme Nermine et moi avons aussi été discuter avec les élèves de 6ème pour mettre fin aux rumeurs [c’est-à-dire les répandre, en vain] et avons communiqué avec les parents par écrit puis en recevant une délégation. Le sens de notre message était simple: nous avons rappelé que le recours à la violence physique était inexcusable » [alors que deux des 3 personnes qui avaient effectivement usé de violence, Samuel METAUX, l’agresseur, et sa compagne Mme Isabelle C., qui s’est mêlée à la danse en me mettant un coup de poing auquel je n’ai pas réagi, n’ont nullement été inquiétés et sont encore en poste à ce jour, et j’ai été le seul à être sanctionné, malgré la légitime défense établie sans le moindre doute possible]. Comparer ces allégations à ce message d’une élève de 6e daté du 31 mars 2013, juste après la propagande ignoble de Frédéric TUMPICH et Nermine NADA visant à me faire passer pour un élément dangereux et incontrôlable : « Cher M.Sallah, Ne soyez pas triste. M.Sallah on a tous pleurer quand vous etes exclue par l'ecole,on voulais vous voir mais l'ecole nous as dit que c'etait interdit. Je vous souhaite une bonne chance monsieur. (…) Toute les 6eme vous aime. » ; ou ce témoignage d’une maman d’élève de 6e datant du 12 mai 2013, après que les diffamations à mon encontre aient atteint de nouveaux sommets: « Au sujet du Professeur Salah, je n’ai entendu que tout le bien possible de la part de mon fils (élève de 6e) et des autres élèves de sa classe et des autres classes et niveaux. Tous attestent fermement de ses bonnes manières dans son comportement avec eux. […] Au début, j’avais l’impression qu’il était exagérément doux avec ses élèves mais il semblerait que cela ait été sa manière de tisser des liens de proximité avec eux. Cette vue est soutenue par le très fort attachement et la grande affection qu’ils éprouvent maintenant pour lui » ; ou encore ce témoignage d’un parent d’élève de 4e daté du 1er mai 2013 : « les vigiles de l’école ont menacé les élèves en leur disant que la Directrice de l’école avait dit que tout élève qui parle avec le Prof. Salah aura des problèmes dans l’école. » Nous reviendrons plus en détail sur ces éléments dans la section 3.
     
     
     
    [15] Selon Frédéric TUMPICH, une forme de discrimination aurait également joué dans le sort qui a été réservé à Myriam* H., eu égard à son origine algérienne. Je résumais ce propos dans un courriel à Frédéric TUMPICH daté du 3 avril 2013 : « Je me souviens de notre première entrevue sur Skype, pendant laquelle vous me parliez du racisme ambiant à MISR, m’avertissant qu’en tant qu’Arabe, ce serait encore plus dur pour moi, et plus encore en tant qu’Algérien, et que du reste cela avait beaucoup joué dans le départ de Myriam*. Vous m’avez averti de ce à quoi j’allais m’exposer, mais vous m’avez présenté ce racisme comme émanant des parents et des élèves. Hors, je vois une expression magistrale de ce racisme dans la décision de l’administration égyptienne d’exclure un SALAH LAMRANI et de garder un SAMUEL METAUX, avant toute enquête, et malgré toutes les preuves accablantes contre Samuel Métaux qui vous ont été transmises. Et j’ai parlé à de nombreux parents indignés qui ont présenté la chose en ces termes. » Un parent d’élève de 6e s’en indignait effectivement dans un courriel collectif à tous les parents daté du 9 avril 2013 : « si vous creusez dans l’histoire de l’école, vous découvrirez que de tels incidents n’arrivent qu’avec des Français non-purs – c’est une honte… :( » Au-delà même de mes différends avec MISR, l’école « vendant » une image française, elle considère en effet qu’un nom « arabe » a une connotation moins positive qu’un nom « français », indépendamment des diplômes & compétences (sans quoi la « petite » affaire Métaux/Lamrani n’aurait pu avoir lieu, comme nous le verrons dans la 2e section), et ce point a ainsi pu s’ajouter à tous les autres contentieux. 
     
     
     
    [16] Ces démissions sont recensées par Salima* C. dans un rapport adressé à Frédéric TUMPICH le 31 mars 2013 : « [L]a démission [de Myriam* H.] fut suivie par le départ du professeur de musique qui fut chahuté à l’extrême par les élèves de 4ème A sous mes yeux et ceux de Madame Sylvie* F., professeur d’anglais. Pas de sanction. (…) Madame Sylvie* F. part en congé maladie. Diverses remplaçantes se succèdent dont l’une prendra la fuite en laissant ses affaires étalées sur une table (…). Madame Christelle* G. démissionne à son tour à la fois pour des raisons administratives : l’établissement ne lui procure pas de visa de travail et fait payer des impôts chaque mois à cette salariée clandestine involontaire qu’on refuse de lui rembourser ; elle démissionne également pour des motifs dus à la situation générale du collège. »
     
     
     
    [17] Cf. cet échange entre Salima* C. et le Proviseur Frédéric TUMPICH au soir de mon arrivée, le 19 novembre 2012 : Salima* C. « Il a fallu aujourd'hui tenir les 6èmes d'une main de fer (dans un gant de velours...); ils ont été très pénibles : agitation et bavardages permanents. Il faut, à mon avis, protéger rapidement Mr Salah qui les aura 8 heures par semaine... Bien cordialement, et bonne soirée. » Réponse de Frédéric TUMPICH : « Oui, mais faire quoi? Maintenant, j'envoie les espèces de zombies qui nous servent de pions dans les classes bordélisées ou bruyantes au lieu de les laisser prendre le soleil dans la cour comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas assez. Salah a eu les 4A en afterschool. Il était sous le choc...On se voit demain. On montre de la solidarité. Bonne soirée. »
     
     
     
    [18] Cf. ces extraits de courriels adressés à mes proches les 27 et 28 novembre 2012 : « Paraîtrait (rumeur rumeur) qu'on veut carrément me virer et qu'on attend juste le prétexte. Mais 4 ou 5 collègues ont été dans le même cas. On me conseille d'envoyer un mot au Proviseur pour avoir une trace écrite. Je préfère aller le voir de visu. » « C[’est] vraiment des rats et on est que des pions pour eux. (…) on dispose de moi et on me remplace, ce matin je me plains et le proviseur me rappelle texto que je suis en période d'essai pour 3 mois, style amovible à souhait. » Ce qui était d’autant plus scandaleux que le Proviseur lui-même était à bout, comme en témoigne son affirmation précédemment citée dans son courriel à Salima* C. daté du 8 novembre : « Je suis carrément preneur de la masseuse. (…) J’y vais parce que sinon c’est le burn out. » Commentaire de ladite collègue, en référence à l’accusation de « fragilité psychologique » portée contre Myriam* H. après sa démission : « Si je comprends bien l’anglais « burn out » signifie « craquer ». Les enseignants ne sont donc pas les seuls à être « fragiles. »
     
     
     
    [19] Cf. note n° 17 et ce message adressé à mes proches après mon premier jour de cours, le 19 novembre 2012 au soir : « Ils m'ont bouffé tout cru. C'était vraiment le cercueil d'énoncer ces règles si strictes dans un établissement miné par les pbs de discipline, où les expérimentés même demandent à partir pour l'an suivant – voire même avant, comme celle que je remplace – wallah les 6e B m'ont tué ils ont applaudi après mes règles, style bravo gars t'y crois. Impossible de les faire taire, ils parlent tous, 80%. Tous les collègues ont ces pbs. » Comparer l’évolution de la situation avec ce témoignage d’une maman de 6e sur ma relation avec mes élèves, daté du 25 mai 2013 : « une relation bienveillante emplie de compréhension, de respect et d’échanges culturels, et c’est pourquoi la discipline régnait et il était soucieux de connaître leurs difficultés et essayait de les aider bénévolement, sans rien demander en échange (…) les élèves le respectaient énormément et il était désireux de les aider ; ils lui en étaient reconnaissants et parlaient de leur affection pour lui aux autres enseignants » ; témoignage d’un parent d’élève de 4e datant du 1er mai 2013 : « le Prof. Salah est un excellent enseignant en ce qui concerne le savoir et en ce qui concerne sa relation avec les élèves. » ; une autre parent d’élève, le 1er avril 2013 : « Du côté académique, je dois admettre que je n’ai jamais eu à me plaindre de vous et pour être plus précis, vous avez été d’une grande aide pour mon fils. A ma connaissance, vous êtes le seul enseignant à avoir donné son numéro de téléphone aux parents et vous étiez toujours prêt à aider gratuitement, que ce soit durant les heures d’école ou au téléphone après les cours. Vous n’avez jamais refusé votre aide à mon fils sur le plan académique, et vous lui réexpliquiez à sa demande tout point du programme » ; une élève de 6e, le 31 mars 2013: « Cher monsieur, Nous sommes désolé de ce que c'est passé, nous voulons vous salue[r] avant de partir mais on n'avaient pas le droit et on a pleuré beaucoup nous voulons vous dire que vous étiez un trés bien professeur pour nous qui nous a enseigné le francais avec un niveaux élevée merci de tout se que vous a fait pour nous et on ne vous oublieront jamais » ; un élève de 4e, le 30 mars 2013 : « Bonjour M. Saleh, Vous me manquez beaucoup fâché de vot[re] absence vous me manquez plus que vous le croyez, vous êtes le meilleur prof que j'ai eu, j'étais très fâché quand j'ai su que vous n'allez pas nous donner après les vacance. Vraiment monsieur s'pas parceque je vous parle, vous êtes le meilleur prof que j'ai eu, je vous ai beaucoup aimez, je comprenais de vous mieu que n'importe qu'elle prof. Vraiment Monsieur il n'y a aucun prof qui peu vous remplacer est il soit de votre intelligence ou comme vous. (…) excusez mois pour les faute d'autographe dans le message » Nous reviendrons sur cela en 2e section.
     
     
     
    [20] Rapport qu’en a fait Stéphanie* C. : « Une de nos collègues titulaire enceinte, rentrée en France pour des examens médicaux a été en arrêt maladie début janvier jusqu’au 5 mars 2013. Le Proviseur l’a contactée sur skype et lui a demandé de démissionner car ‘il avait un établissement à gérer’ (et des parents qui avaient trouvé une remplaçante à satisfaire). Il a enrobé ses pressions exercées sur notre collègue en lui disant que la MLF était d’accord et l’aiderait à réintégrer en France. »
     
     
     
    [21] Cf. cet extrait d’un courriel adressé à mes proches après mes premiers jours, le 20 novembre 2012 : « Hier soir [j’ai] été forcé à sortir par un collègue malgré ma fatigue, soirée privée entre un groupe de 3 profs dont mon hôte, y en a pas un qui aime son boulot, c[’est] le bordel, et ils parlent d'unetelle ou d'untel qui disent aimer ou arriver à les tenir et que ça se passe bien comme des menteurs/hypocrites (sauf en primaire). Le bon temps, c en dehors des cours, en congé, ou exceptionnellement avec telle ou telle classe qui est calme. Ils m'ont dit de surtout pas douter de moi ou me remettre en cause, mais un prof qui tient pas sa classe... Enfin si des vétérans gèrent des élèves qui font même des votes pour les exclure... Mais on est pas là pour travailler. Ce qui est sûr c que mes critères de choix [j’avais été contacté simultanément par MISR et Balzac] étaient faux, le proviseur fait pas son boulot et est critiqué vivement par les collègues, m'a lâché dans les classes sans préavis et me donne des heures de perm imprévues (le collège qui assumait l'intérim voulait plus les voir ces 4e, il me l'a dit franco quand je l'ai vu) alors que je suis fatigué et débutant, et la gestion du personnel est faite pour les élèves, les payeurs – 5000 à 15 000 euros annuels !!!!! – qui se comportent comme les propriétaires de l'école. » Le sort des enseignants égyptiens est pire encore, comme le souligne le rapport de Stéphanie* C. : « Les enseignants égyptiens sont corvéables à merci, contraints de rester toute la journée dans l’établissement, contraints de participer aux activités (le week end de préférence) pour promouvoir l’établissement pour un salaire de misère (la moitié du salaire du 1er échelon de la grille des non-titulaires) ».
     
     
     
    [22] Consultable en ligne : etranger.sgen-cfdt.org/spip/IMG/pdf/88Printemps2008.pdf, pp. 10-11.
     
     
     
    [23] Qui continuaient à se dégrader comme le précisent ces comptes rendus de Salima* C. au Proviseur Frédéric TUMPICH : « La situation au collège, et dans certaines classes du lycée, continuent de se détériorer. Les mois de janvier et février 2013 ont été très pénibles. Vous ne parvenez pas à rétablir une quelconque discipline dans l’école. Les enfants ne rencontrent aucune véritable limite. » (13 mars 2013) ; « Les dysfonctionnements de Misr sont tels que je ne suis plus en mesure d’être présente toute la journée dans l’établissement (…) je rentre chaque jour plus fatiguée que la veille comme la plupart de mes collègues du collège. Mes enfants ne me voient quasiment plus si ce n’est dans un état d’épuisement complet. Je suis de plus en plus incapable de jouer mon rôle de mère. » (19 janvier) ; « Je voulais aussi vous dire que l’équipe enseignante est de plus en plus abattue et découragée. » (11 février). 
     
     
     
    [24] De telles mesures d’accompagnement avaient été prévues avant même mon recrutement du fait du chaos qui régnait dans l’établissement et des plaintes des enseignants, comme on peut le lire dans les courriels du Proviseur adressés aux personnels avant ma venue, tel ce courriel du 22 octobre 2013 dont j’ai eu connaissance a posteriori et qui traduit éloquemment le chaos endémique à l’école et le dangereux amateurisme de Frédéric TUMPICH, dont c’était également le premier poste en tant que Proviseur : « Je vous remercie pour votre participation à la réunion d’hier et la franchise de vos interventions. […] Message reçu. Pour rétablir la sérénité en cours, voici les protocoles qui se seront mis en place à la rentrée. Le professeur principal identifie les élèves perturbateurs. […] Il est recommandé d’encourager les élèves qui font des efforts pour s’amender ou lutter contre leur bougeotte, leurs démons. […] Si un élève "replonge", une autre fiche de suivi doit lui être imposée. Dans le cas où une classe entière se comporte mal, les enseignants le signalent au PP, à la Vie scolaire et me le signalent. […] N'oubliez pas : - que le système des retenues pendant la récréation peut être mis en place. - que vous pouvez aller aider vos collègues pendant un cours qui se passe mal d'ordinaire (en vous plaçant au fond de la salle par exemple). - que nous pouvons aussi tenir les classes avec les projets de voyage, de kermesse, d'action caritative, etc. » Voir également note n° 32.
     
     
     
    [25] Cf. par exemple ce compte rendu de la première de ces expériences avec François* E. le 7 mars 2013, datant du jour même : « Les élèves sont arrivés en cours vers 13h20 [au lieu de 13h], dans un chahut aggravé par la présence inattendue, parmi eux, des élèves de Première ES (qui auraient dû être en cours avec Farid* Y., absent), et qui se sont invités dans ma salle sans même me consulter. Je ne les ai évidemment pas acceptés, et leur ai demandé de sortir. Face à leur réticence, Salah (qui n'avait même pas encore eu l'occasion de se présenter) m'a aidé en leur demandant de sortir au plus vite afin que le cours puisse enfin commencer, et lorsqu'un élève de Première S, I***, s'est permis de m'interpeller insolemment pour contester ma décision et "proclamer" le droit des élèves de Première ES d'assister à ce cours […], M. Salah, qui était alors juste à côté de lui, lui a intimé l'ordre de baisser d'un ton et de s'adresser respectueusement à moi […] I*** a ensuite redoublé d'insolence en disant à Salah qu'il ne s'adressait pas à lui mais à moi, et qu'il ne devait pas élever la voix sur lui (alors que lui-même se permettait d'élever la voix sur son Professeur, pour une question qui ne le concernait en rien !) […]. Suite à cette altercation verbale et grâce à l'aide de Salah, les élèves de Première ES sont sortis, mais ils étaient suivis par la majorité des élèves de Première S. Ils se sont installés au beau milieu de la cour. […] Quelques minutes plus tard, Ola [la Conseillère Principale d’Education] est venue demander des explications sur ce qui s'était passé, ne comprenant pas que les élèves soient entrés dans un premier temps puis ressortis. Elle pensait que Salah avait été la cause d'un incident. Je lui ai expliqué ce qui s'était passé en réalité, et Salah lui a exprimé son étonnement de la voir servir ainsi d'intermédiaire entre les élèves et les Professeurs, au lieu de tout simplement leur ordonner (aux Première S) de retourner en cours, laissant les explications à plus tard – ou au moins de les demander en privé, et non pas devant les élèves, ce qui peut donner l'apparence d'un poids égal (voire inférieur) à la parole des Professeurs et des élèves. En effet, en temps normal, rien, absolument rien ne saurait justifier qu'un quelconque élève – a fortiori les 2/3 de la classe – quittent la classe sans s'exposer aux sanctions les plus sévères. Ce n'est pas à un Professeur de se justifier – ni même à des élèves de les justifier, car ceux-ci ont été sollicités pour corroborer notre version des faits, ce qu'ils ont fait, comme s'il était nécessaire de les consulter – publiquement – à propos de la décision conjointe d'un (de deux) Professeur(s). Ola est repartie, et quelques minutes plus tard, elle est revenue avec la plupart des élèves de Première S, à l'exception de I*** qui était dans son bureau. Le cours a ensuite pu commencer, et s'est même mieux passé que d'habitude grâce à la présence d'un deuxième Professeur. Salah a même pu échanger avec les élèves. […] Si cela était possible, je pense qu'il serait très profitable pour tous que Salah (qui est d'accord sur le principe) puisse se voir affecter cette heure de cours à mes côtés, voire même deux heures le dimanche avec ces mêmes Première S, dont il est notoire que c'est la classe la plus difficile de l'établissement. »
     
     
     
    [26] Cf. cet extrait d’un courriel à mes proches daté du 20 décembre 2012 : « Des ennuis, certains parents et élèves veulent ma peau apparemment, le proviseur dixit […] vu que je veux les tenir et y mets le prix – sévérité, punitions, exclusions de cours. Hier, j'ai une maman qui est venue me voir, avec le Proviseur, pour nous dire qu'on exagère, j'ai exclu sa fille qui bavardait, a rechigné à se déplacer, me parlait insolemment […] et la maman me dit que c[’est] pas une école religieuse, et que ma directive ne paraissait pas logique à sa fille (je l'ai placée au 1er rang, vers mon bureau où y a un ordinateur, mais apparemment c[’est] intimidant et même mauvais pour la santé, donc c[’est] pour ça qu'elle voulait pas...) et que donc je devrais être plus flexible, et patati et patata. Incroyable jusqu'où ils vont pour défendre leurs "anges", qui sont bien plutôt des diables. Mais c cool, j'y arriverai iA. » Autre courriel du 16 mars 2013 : « Le Proviseur, qui veut mon bien mais est faible et lui-même en danger, m'a fait comprendre que mon avenir au collège est pas assuré […] Il m'a laissé entendre que les blocages à mon sujet viendraient de l'administration égyptienne – CPE, direction – voire de qqs parents. J'ai pour moi 99% des élèves et des parents et c ces derniers qui décident. Le pb c'est que c'est toujours ceux qui sont pas contents qui crient et exigent, ceux qui sont contents se manifestent pas – pcq qu'ils savent rien. »
     
     
     
    [27] Même courriel du 16 mars : « Le Proviseur m'a conseillé de me faire connaître des parents, organiser réunions, les appeler, faire faire des projets aux élèves, donner bcp de devoirs, etc. Les paillettes quoi, la quantité et pas la qualité. Je vais essayer de concilier mon professionnalisme avec la "publication", comme pour le théâtre ou les lettres au Petit Prince. »
     
     
     
    [28] Cf. ce témoignage de François* E. daté du 11 mai 2013 : « J’ai accueilli pendant quelques séances de cours mon collègue Salah Lamrani au mois de mars 2013, [celui-ci] connaissant aussi les difficultés rencontrées avec cette classe de 1-S. Sa première venue date du jeudi 14 mars. [Suit le compte rendu des événements décrits en note n° 25.] Mon collègue Salah est alors intervenu pour leur ‘faire un peu la morale’ et s’exprima notamment en Arabe, de façon ferme mais calme. C’est ainsi que j’ai pu ensuite, pendant environ un quart d’heure, démarrer le cours de Physique. Le dimanche suivant (17 mars) ayant à nouveau cette classe en Physique chimie (de 13h05 à 15h), les élèves à leur habitude, sont rentrés en salle avec plus de vingt minutes de retard, mais l’élève N*** est resté dans la cour, ce qui ne me dérangea nullement car cet élève perturbe régulièrement les cours et ne prend aucune note. D’ailleurs cet élève m’agressa de nouveau verbalement et tenta de m’intimider physiquement le jeudi 21 mars, en présence de Farid* Y., un enseignant du Collège. Mon collègue Salah, bien que ne travaillant pas le dimanche avait tenu à venir assister à mon cours […] pour m’assister en cas de difficulté, (comme le préconisait d’ailleurs notre Proviseur lors d’une réunion en novembre 2012). Le cours se déroula normalement et dans le calme ; mon collègue Salah intervenant à différentes reprises pour me poser des questions et ainsi rendre le cours plus vivant. Par contre, le jeudi 21 mars, le cours de 13h05 à 14h fut un peu agité, certains élèves étant peu enclins à travailler. C’est alors que, avec mon accord, Salah pris la parole pour essayer de raisonner les élèves perturbateurs. […] Finalement, j’ai pu à nouveau avancer dans mon cours jusqu’au moment où la sonnerie retentit. Il n’y eut par la suite aucun autre cours avec mon collègue Salah. En effet, les élèves refusèrent de rentrer pendant la première heure de cours le dimanche 24 mars. Monsieur le Proviseur du Lycée ayant demandé à Salha de ne rester que durant une heure, celui-ci quitta la salla (labo-1) vers 14 heures. Que puis-je ajouter à cette déclaration ? sachant que mon collègue Salah a eu tout au long de sa venue dans mes cours, un comportement tout à fait normal pour un enseignant ; avec le seul souci de faire prendre conscience aux élèves que l’on ne fait pas n’importe quoi en classe et qu’il est nécessaire de respecter ses Professeurs. »
     
     
     
    [29] Voilà le verbatim de cette injonction manuscrite, qui prouve que les requêtes les plus extravagantes et pernicieuses d’élèves ou de parents sont exécutées docilement par le Proviseur, au détriment même de la sécurité des personnels dont il est responsable : « 17/03/2013 13h15 M. Salah, J’ai eu des demandes de parents concernant votre présence en 1ère S. Etant donné le caractère exceptionnel de cette intervention, je vous demanderais de ne rester qu’une heure et d’éviter par-dessus tout tout échange avec les élèves. A tout à l’heure. TF.» Par la suite, on m’a interdit d’assister François* E., sans qu’aucune mesure ne soit prise pour le protéger, et il a été agressé la semaine suivante.
     
     
     
    [30] Extraits de ce rapport adressé au Dr. Mona Yassine, adjoint de Frédéric TUMPICH qui était alors en France, ainsi qu’à la CPE et au Professeur principal dénégateur Eric* C. : « Depuis le mois de janvier, un nombre important d’élèves n’est pas venu en cours le dimanche. Je me suis ainsi retrouvé à plusieurs reprises, à enseigner avec seulement trois élèves ; les autres préférant s’absenter pour terminer leur T.P.E (Travaux Personnels Encadrés). Et depuis février, ces élèves de 1-S arrivent en classe avec un retard très important ; il faut ajouter que depuis environ trois semaines, ils ne veulent plus travailler et saisissent toutes les occasions pour chahuter. […] J’ajoute que plusieurs élèves de cette classe entrent maintenant dans la salle (salle -1 , labo-1) où je travaille avec les élèves des autres sections. Cela s’est encore produit ce jeudi matin vers 9 heures lors d’un cours avec les Terminale-S. Comme je l’ai signalé en Conseil de classe le dimanche 17 mars, ces élèves : N***, A***, A***, Y*** et A*** n’ont qu’un but : perturber les cours que je dispense pour me retirer toute envie de rester l’année prochaine à MISR. […] je suis aussi victime de menaces verbales et tentatives d’intimidation, notamment de la part de l’élève N***. Cela s’est produit la première fois le jeudi 14 mars en présence de mon collègue Salah qui était présent à mes côtés […] De même mardi dernier, lors d’une séance d’ A.P. (au labo-2) celui-ci a encore essayé de m’intimider et a tenté de manipuler l’ordinateur avec lequel je travaillais. J’ai dû le repousser fermement de la main. Et finalement ce jeudi 21 mars, pendant le cours qui se déroule de 13 à 14h, Naguib est venu au bureau où j’étais assis pour me menacer verbalement et m’intimider physiquement. Mon collègue Farid* Y., entré à ce moment là, a été témoin de cette agression. Devant de tels comportements, qui s’ils ne sont pas rapidement stoppés, peuvent aboutir à une situation dangereuse, je vous demande Docteur Mona, de bien vouloir mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour faire cesser ces agressions et assurer ma protection. Il n’est pas digne d’un établissement scolaire de laisser faire de tels agissements d’élèves. »
     
     
     
    [31] Un manque de cohésion et de solidarité et un déni corroborés par Salima* C. dans son rapport adressé à Frédéric TUMPICH le 31 mars 2013, où elle mentionne qu’une telle attitude a encore eu lieu publiquement le jour suivant (le 27 mars au matin), date de l’agression : « Monsieur François* E., professeur de physique-chimie, titulaire hors-classe en fin de carrière, vit un cauchemar au lycée depuis plusieurs mois. Ses élèves le méprisent, le déshonorent, boycottent ou perturbent ses cours, le menacent… Vous le recevez régulièrement mais sa situation ne change pas. Elle s’aggrave. L’établissement recrute un autre professeur de physique-chimie qui intervient en même temps que Monsieur E., durant des heures de soutien, ce qui achève de le discréditer. Parallèlement, ses jeunes collègues, notamment Madame Elodie* Q. et Monsieur Eric* C. commettent l’erreur de le critiquer, de le juger, de l’évaluer négativement, de le culpabiliser. Ils portent sans le savoir une part de responsabilité dans l’acte de Monsieur E. que j’évoquerai plus bas [après avoir subi l’agression physique d’un élève, il a quitté l’établissement pour raisons de sécurité ; à la date de ce rapport, il n’était pas revenu – il a exercé son droit de retrait pendant une semaine entière] car le matin même avant ‘le drame’ ils mettent ce collègue en cause, l’humiliant en public à la cafétéria. » Les causes et conséquences de cet entre-déchirement mutuel (notamment un turn-over exceptionnel des personnels – cf. notes n° 22 et n° 35) sont évoquées plus loin : « Mars 2013. Vous planifiez des entretiens individuels dans la perspective de recruter pour la prochaine année scolaire. Vu le contexte, la panique s’empare des enseignants. Les stratégies individualistes prennent définitivement le pas sur la réflexion collective. Sauve qui peut : telle est l’ambiance générale. Les divisions de l’équipe pédagogique se creusent dans un contexte où l’agitation et l’agressivité des enfants et des adolescents de l’école se développent encore davantage. A l’issue de vos entretiens, il apparaît les statistiques suivantes : • Sur 18 enseignants français (dont 8 titulaires) : - 11 départs (dont 6 titulaires et 2 démissions en cours d’année), soit : - 6 non-renouvellements (dont 4 titulaires) ; - 4 départs volontaires (auraient-ils été reconduits ?) ; Sur les 10 enseignants recrutés en septembre 2012 (dont 6 titulaires) : - 7 départs (dont 5 titulaires et 2 démissions en cours d’année) ; - 4 non-renouvellements (dont 4 titulaires). » 
     
     
     
    [32] Ces décisions du proviseur avaient précédé ma venue et ont été confirmées ensuite en ma présence, comme le précisait son courriel aux personnels daté du 22 octobre 2013 évoquant la réaction à avoir face aux actes d’indiscipline dans des termes éloquents (presque militaires) : « La rapidité de réaction est essentielle. La coordination aussi. Tous les enseignants font ensuite la morale aux élèves. Si les élèves sentent que nous communiquons et formons un front unique, la partie est très bien engagée. La rentrée de novembre va être l’occasion d’un bras de fer qu’il va nous falloir gagner. Si nous l’emportons maintenant, nous aurons des conditions satisfaisantes pour la suite. La lutte sera à reprendre sûrement plus tard mais des points peuvent être marqués. » Voir également note n° 24.
     
     
     
    [33] Extrait du compte rendu de cette intervention, adressé à Frédéric TUMPICH, à la MLF et aux services diplomatiques le 13 avril 2013, lorsque l’administration, afin de justifier mon exclusion face aux protestations des parents, a substantifié ses accusations en prétendant que j’avais « insulté » ces élèves (la teneur de ce propos a été partiellement confirmée par les témoignages de Sylvie* F. et de François* E.) : « To be a part of a [lynching] mob is as low as a man goes ». Cette citation d’Henry Fonda (acteur américain) exprime une vérité très importante, à savoir que des personnes qui, individuellement, peuvent être très respectables et avoir un comportement irréprochable, vont, dans certains cas, être entraînées par un mouvement de groupe à faire des choses mauvaises et injustes. Il se passe quelque chose d’inacceptable dans cet établissement, quelque chose avec quoi je suis familier puisque je suis directement intervenu dans le cours de M. François* E. et que j’ai vu de mes yeux la manière inacceptable dont les élèves le traitaient, sans aucun respect, allant jusqu’à l’intimidation verbale et même physique. Aujourd’hui, il a dû fuir l’établissement pour sa sécurité, et je ne sais pas quand est-ce qu’il reviendra. C’est une situation d’autant plus grave qu’elle est connue de tous, élèves, personnels et administration, au point qu’hier même, la question de savoir ce que les Professeurs feraient en cas d’agression physique contre François* s’est posée explicitement en présence de 4 professeurs. Un groupe peut nous entraîner bien bas, vers les injustices les plus graves. On prétend que François* n’est pas un bon Professeur. Mais premièrement, je le connais, et je peux attester que c’est le Professeur le plus compétent et le plus investi de tous pour ses élèves, bien plus compétent et investi que moi-même. Car on peut être un Professeur et ne pas faire beaucoup d’efforts, voire pas du tout. Ce n’est pas le cas de François*. Deuxièmement, on ne lui donne même pas une chance de montrer ce dont il est capable. Je sais à quel point les élèves peuvent être cruels, sans le vouloir véritablement ou sans s’en rendre compte, car j’ai moi-même été accueilli de la plus dure des manières par mes élèves de 6e et de 4e. Ils ne m’ont laissé aucune chance. Et certains m’ont avoué qu’ils voulaient me faire craquer, encouragés par l’expérience avec Myriam*. Au début, ils ne pouvaient pas avoir quoi que ce soit contre moi, puisqu’ils ne me connaissaient même pas. Ils n’ont pas même voulu savoir comment j’allais être, ils ont été impitoyables, et ils l’ont reconnu par la suite. Ce n’est que grâce à ma patience et à ma persévérance que j’ai pu résister, m’imposer et me faire apprécier. Pas besoin de me croire sur parole. Allez demander aux 6e comment ils m’ont accueilli au départ, et ce qu’ils pensent de moi maintenant. Allez poser la même question aux 4e, dont je ne suis plus le Professeur : demandez-leur s’ils sont contents de mon départ ou s’ils me regrettent. C’est une vérité générale dans la vie : on ne se rend compte de la vraie valeur des choses, positive ou négative, que lorsqu’on les a perdues. Des élèves du lycée ont reconnu explicitement qu’ils voulaient faire partir François*. S’ils réussissent, ils risquent de le regretter. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de mauvais professeurs. Il y a des mauvais professeurs. Mais même dans ces cas, il faut agir de manière raisonnable et juste. Raisonnable, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on a un objectif principal, le baccalauréat. Le Professeur ne sera pas moins payé si on a raté son baccalauréat, ou si on n’a pas obtenu la note qu’on aurait pu avoir. Il a ses diplômes, son travail, il a donc ‘fait’ sa vie. Mais ce sont les élèves qui ont encore tout à faire. C’est eux qui paieront le prix s’ils n’ont pas assez travaillé. Oui, je vous le dis, vous êtes les premières victimes de cette indiscipline, et d’ailleurs, j’ai dit à François* que ce n’est pas tant pour lui que pour les élèves que je venais l’assister dans ses cours, bénévolement, durant mon jour de repos. C’est pour vous, car je vois que vous gâchez votre potentiel par ce comportement, qui nuit bien évidemment à toute la classe. Ne croyez pas qu’on vous rende service en ne vous sanctionnant pas. J’ai vu, avec mes 4e, le très grand potentiel qu’ils recelaient, et qui a été révélé, après des combats intenses pour obtenir la discipline et la concentration, par des productions de très grande qualité (je les ai même envoyées à ma famille). Demandez-leur donc. Si vous concentrez toute votre énergie dans le travail, dans des choses positives, vous êtes capables de prodiges. Je n’exagère pas. […] Et si je voyais mon Proviseur [celui de mon ancien lycée, quand j’étais en Terminale ; j’avais rapporté aux élèves un incident dans lequel un manque de respect envers un Professeur injuste et incompétent m’avait légitimement valu trois jours d’exclusion], je le remercierais pour sa punition. Je n’ai pas payé une fortune pour m’inscrire dans ce lycée (un lycée public, gratuit, je n’avais pas les moyens d’autre chose, contrairement à vous) mais j’ai été bien ‘éduqué’, l’administration faisait bien son travail et assumait toutes ses responsabilités. Elle nous préparait à la vie adulte par le travail et par l’exhortation au bon comportement. […] Et plus on grandit, plus on paie cher le manque de contrôle. Il faut donc toujours rester maître de soi. C’est ce que j’explique à mes 6e, avec Le Petit Prince. Je vous assure, dans ce lycée même, ce ne sont pas les loups qui manquent, alors restez toujours maîtres de vous pour vous en prémunir : être le plus intelligent ne suffit pas. Ce que font certains élèves ici est non seulement irresponsable, pour leur avenir, mais lâche. Irresponsable parce qu’ils gâchent leurs capacités. Lâche parce qu’ils savent qu’ils ne risquent rien. François*, à l’âge vénérable où il est arrivé, n’est pas capable de se défendre comme je le ferais moi par exemple. Et puisque l’administration ne vous sanctionne pas et permet que, chaque jour, les élèves restent dans la cour une demi-heure de plus, sous les yeux des CPE, et entrent en classe à 13h30 au lieu de 13h, s’y comportant de la manière la plus inacceptable, les élèves savent qu’ils n’auront rien (et ils se lèsent eux-mêmes car ils ont payé une heure de cours et ne font qu’un quart d’heure). Et, je vous le dis, il n’y a rien de plus lâche, rien de plus minable que de s’attaquer à quelqu’un qui est sans défense. […] Pour conclure, ni moi ni aucun collègue ne vous demandons de faveurs personnelles. Il n’y a pas besoin que vous soyez gentils, généreux, compréhensifs à notre égard, quelles que soient nos caractéristiques ou même nos problèmes personnels s’il y en a. Agissez dans votre intérêt. Ne perdez pas de vue l’objectif. Soyez responsables d’abord, et la justice viendra d’elle-même. Je demandais à mes 6e s’il était plus important de se respecter soi-même, de respecter ses camarades ou de respecter le Professeur. Le plus important est de se respecter soi-même : quand on a assez de respect pour soi, on s’oblige à respecter tout ce qui est respectable, et on s’interdit tout acte honteux. Je vous invite à penser à vous-mêmes, et à personne d’autre, mais avec sagesse et lucidité. »
     
     
     
    [34] Courriel de Frédéric TUMPICH aux personnels daté du 12 avril 2013, qui cautionne l’accusation calomnieuse portée par des élèves contre François* E. : « En mon absence encore, un élève de Seconde a affirmé que son enseignant l’avait poussé en cours jusqu’à le faire tomber. J’ai vu le père de cet élève avec Nermine. Celui-ci était confus de l’attitude de son fils. En effet, cet élève avait été exclu de cours par l’enseignant et était revenu en classe deux fois de sa propre initiative, contrevenant ainsi directement à un ordre de son professeur. Nous avons demandé à l’élève d’écrire une lettre d’excuse à l’enseignant, ce qui a été fait. Il a manifesté un repentir sincère. [sic] Une sanction d’exclusion avec sursis a été prise à son égard. J’ai rendu visite aux classe de Seconde et leur ai demandé de se comporter correctement en cours. »
     
     
     
    [35] Ainsi paie-t-on des titulaires au rabais en invoquant des prétextes spécieux et en les assurant d’une reconduite de leur contrat pour l’année suivante à des conditions de travail & salariales qui compenseront cette situation, puis leur pose-t-on comme condition d’enseigner d’autres matières que les leurs, même s’ils n’ont pas la qualification ou l’expérience requises, et voient-ils leurs contrats non reconduits pour l’année suivante en cas de refus, malgré les accords précédents, pour la raison suivante (Frédéric TUMPICH dixit à ladite collègue en question) : « j’ai un tas énorme de CV de personnes qui travailleront pour bien moins cher que vous (…) si vous acceptez d’enseigner le français, je peux vous garder ». De fait, selon ce rapport d’une collègue, « 4 autres collègues titulaires expérimentés […] ont également été ‘débarqués’ sans aucune explication à la fin de l’année scolaire en juin 2013. L’explication m’en a été donnée quelque temps après: L’école MISR avait demandé l’homologation de la terminale d’où le recrutement de titulaires chevronnés pour l’année 2012-2013. Une fois l’homologation garantie, ils se sont ‘débarrassés’ des titulaires. Le nouveau proviseur français de connivence avec les investisseurs et parents d’élèves a largement œuvré dans ce sens. Pour les non-titulaires, il y a aussi une grille de rémunération mais d’après ce que j’ai compris chacun négocie. Aucune transparence. »
     
     
     
    [36] Voici le courriel que j’ai adressé aux directions française et égyptienne le dimanche 24 mars 2013 : « Monsieur TUMPICH, Comme vous le savez peut-être, je n'ai toujours pas de compte en banque alors que j'ai pris mes fonctions le 19 Novembre 2012, soit il y a plus de 4 mois. J'ai rempli et signé tous les papiers nécessaires, à plus d'une reprise, et me suis constamment enquis auprès de Mme Yara de l'avancement de ce dossier. A chaque fois, on me parlait d'un mystérieux problème me concernant et touchant également d'autres collègues, et sur lequel l'établissement ne pouvait rien. Tous les efforts étaient exercés, m'assurait-on, et la question était ajournée à plus tard, lorsqu'il y aurait des nouvelles, lorsque les responsables seraient disponibles, etc. Finalement, il y a deux semaines, Mme Yara m'a dit que tout ce qu'elle pouvait faire était de me donner une espèce de carte de retrait qui me permettrait de retirer ma paie, sans pour autant que j'aie un compte, ce qui m'a paru non seulement incroyable mais en plus inacceptable : comment peut-on travailler et vivre dans un pays sans avoir de compte ?Jeudi 14 mars, une semaine après avoir découvert que j'avais été lésé de près de 3000 livres sur mes paies précédentes (ce dont j'ai informé Mme Yara, exigeant que ce problème soit réglé au plus vite), pour la première fois, je me suis dirigé non pas vers Mme Yara (qui était occupée), mais vers le bureau qui s'occupe des comptes en banque. On m'a informé que depuis deux mois, on me demandait seulement mon adresse, seul élément qui manquait pour que mon compte puisse être ouvert à la CIB. On m'a assuré avoir directement informé Mme Yara de ce fait. Cela a été répété et confirmé en sa présence. Il s'avère donc qu'on a délibérément laissé cette affaire traîner en longueur depuis des semaines, pour des raisons que je peux seulement imaginer. Et sans cette initiative qui n'a été possible que parce que je parle couramment l'arabe, je n'aurais jamais été informé de la réalité des faits. Depuis mon arrivée, je n'ai pas de compte en banque, je touche mon salaire en liquide, et je suis obligé de le garder chez moi et de le transférer sur mon compte en France, avec tous les coûteux désagréments que des transferts et retraits internationaux peuvent entraîner (taux de change, frais bancaires conséquents, délais, etc.). Cela est absolument inacceptable, d'autant plus que l'affaire toute entière reposait sur un point de détail dont on n'a point daigné m'informer, à savoir mon adresse, que j'aurais bien évidemment communiquée sans problème, ayant emménagé fin Novembre. Je demande à ce que ces problèmes soient réglés au plus vite, pour le 1er avril au plus tard, et à obtenir une compensation au moins égale aux frais occasionnés pour tout ce que ces graves manquements injustifiables m'ont coûté. » Voici la réponse que j’ai reçue le jour même : « M Lamrani, Je vous transmets la réponse de Mme Nermine: Elle est très occupée cette semaine par les interviews avec les nouveaux parents. Elle vous accueillera en présence de M. TUMPICH la semaine prochaine. Cordialement Yara Youssef »
     
     
     
    [37] Voilà quelques notes & moyennes (brillantissimes !) de ses élèves de 4e A en Français, pour le 2e trimestre 2012-2013 : l’élève N*** a trois notes : 15/20, 02/20, 15/20, ce qui lui fait une moyenne de… 16/20 ! L’élève A*** a deux notes, 01/20 et 11,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 14/20 ! L’élève J*** a trois notes, 13,5/20, 06/20 et 15,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 18/20 ! L’élève M*** a trois notes, 16,5/20, 01/20, 00/20, ce qui lui fait une moyenne de… 13/20 ! L’élève L*** a deux notes, 05/20 et 07,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 14/20 ! L’élève H*** a trois notes, 05/20, 08/20, 15,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 18/20 ! L’élève R*** a trois notes, 16,5/20, 12/20 et 15,2/20 (sic), ce qui lui fait une moyenne record de… 19/20 !!! Etc., etc. 
     
     
     
    [38] Cf. un témoignage d’une maman d’élève de 6e, daté du 18 juin 2013, dénonçant « une corruption généralisée et un manque de rigueur » ainsi qu’une « gestion menée d’une manière brutale ».
     
     
     
     
    [39] Cf. Henri Guillemin, Une certaine espérance, Conversations avec Jean Lacouture, Le Seuil, 1992, p. 43.
     
     
     
    [40] C’est cet établissement qui a accueilli Myriam* H. après son départ de MISR, et malgré une tentative malveillante de Frédéric TUMPICH auprès de la direction de cet établissement en vue de la discréditer. La direction de la Mère de Dieu, qui connaît et abhorre le fonctionnement de ces établissements, l’a envoyé paître, lui demandant pourquoi il se plaignait d’être débarrassé d’une enseignante prétendument « incompétente et fragile ». Mais comme nous le verrons, même un établissement comme La Mère de Dieu se ressent du fonctionnement de ce « système mafieux » : grâce à la recommandation de collègues et de parents et après un entretien, la direction de La Mère de Dieu, qui connaissait le différend qui m’opposait à MISR, s’était engagée à me recruter pour l’année suivante mais a finalement renoncé, cédant à l’ostracisme de Paul PETIT.

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    Après l’OTAN, Fogh Rasmussen passe à Goldman Sachs

    Publié par wikistrike.com sur 14 Septembre 2015, 07:48am

     

    Confirmé: Goldman Sachs est un des vrais patrons de l’UE et de l’OTAN

    Confirmé: Goldman Sachs est un des vrais patrons de l’UE et de l’OTAN

    Après avoir été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement USA), Anders Fogh Rasmussen a été embauché comme consultant international par Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires US*.

    Le curriculum de Rasmussen est prestigieux. En tant que Premier ministre danois (2001-2009), il s’est employé à « l’élargissement de l’UE et de l’Otan en contribuant à la paix et à la prospérité en Europe ».

    En tant que secrétaire général, il a représenté l’Otan à son « pic opérationnel avec six opérations dans trois continents », parmi lesquelles les guerres en Afghanistan et Libye et, « en riposte à l’agression russe contre l’Ukraine, il a renforcé la défense collective à un niveau sans précédents depuis la fin de la guerre froide ».

    Rasmussen déclare en février 2009 : "Je ne suis pas candidat au poste de secrétaire général de l'OTAN". Il le devient en avril de la même année. Dessin de Roald Als,

    Rasmussen déclare en février 2009 : « Je ne suis pas candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN ». Il le devient en avril de la même année. Dessin de Roald Als,

    Il a en outre soutenu le « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements (Ttip) » (ou Tafta, NdT) entre USA et UE, base économique d’ « une communauté transatlantique intégrée ».

    Compétences précieuses pour Goldman Sachs, dont la stratégie est simultanément financière, politique et militaire. Ses dirigeants et consultants, après des années de travail dans la grande banque, ont été placés dans des postes clé dans le gouvernement US et dans d’autres : parmi eux Mario Draghi (gouverneur de la Banque d’Italie, puis président de la BCE) et Mario Monti (nommé chef du gouvernement par le président Napolitano en 2011).

    On ne s’étonne donc pas que Goldman Sachs mette la main à la pâte dans les guerres conduites par l’Otan. Par exemple, dans celle contre la Libye : elle s’est d’abord appropriée (en causant des pertes de 98%) de fonds d’Etat pour 1,3 milliard de dollars, que Tripoli lui avait confiés en 2008 ; elle a ainsi participé en 2011 à la grande rapine des fonds souverains libyens (estimés à environ 150 milliards de dollars) que les USA et l’UE ont « congelés » au moment de la guerre. Et, pour gérer à travers le contrôle de la « Central Bank of LibyA » les nouveaux fonds retirés des exportations pétrolières, Goldman Sachs s’apprête à débarquer en Libye avec l’opération projetée par USA/Otan sous bannière UE et « conduite italienne ».

    Sur la base d’une lucide « théorie du chaos », on exploite la situation chaotique provoquée par les guerres contre la Libye et la Syrie, en instrumentant et en canalisant vers l’Italie et la Grèce (pays parmi les plus faibles de l’UE) le tragique exode des migrants conséquent à ces guerres.

     

    Cet exode sert d’arme de guerre psychologique et de pression économique pour démontrer la nécessité d’une « opération humanitaire de paix », visant en réalité l’occupation militaire des zones stratégiquement et économiquement les plus importantes de la Libye. Tout comme l’Otan, Goldman Sachs est fonctionnelle à la stratégie de Washington qui veut une Europe assujettie aux USA.

    Après avoir contribué avec l’escroquerie des prêts subprimes à provoquer la crise financière, qui depuis les USA a investi l’Europe, Goldman Sachs a spéculé sur la crise européenne, en conseillant « aux investisseurs de tirer avantage de la crise financière en Europe » (cf. rapport réservé rendu public par le Wall Street Journal en 2011).

     

    Et, selon des enquêtes documentées effectuées en 2010-2012 par Der SpiegelNew York TimesBBCBloomberg News, Goldman Sachs a camouflé, par des opérations financières complexes (« prêts cachés » à des conditions assassines et vente de « titres toxiques » US), le vrai montant de la dette grecque. 

     

    Dans cette affaire, Goldman Sachs a manœuvré plus habilement que l’Allemagne, la BCE et le FMI, dont le joug mis au cou de la Grèce éclate aux yeux.

    En recrutant Rasmussen, avec le réseau international de rapports politiques et militaires qu’il a tissé dans ses cinq années à l’Otan, Goldman Sachs renforce sa capacité d’influence et de pénétration.

    * Il avait créé en octobre 2014 sa propre firme de consulting, joliment baptisée Rasmussen Global [Note de Tlaxcala]

    Manlio Dinucci
    Traduit par  Marie-Ange Patrizio
     

    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15902#sthash.VYmqpuqc.dpuf


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    RÉINFO DU 14 SEPTEMBRE 2015

     

    Rédigé le Lundi 14 Septembre 2015 à 08:09 | 

     

    Réinfo, journal d’information bimensuel du Parti de la France, présenté par Sylvie Collet.


    Bienvenue pour ce nouveau numéro de Réinfo, journal d’information bimensuel du Parti de la France, du 14 septembre 2015. 
    Au sommaire de ce vingt-troisième numéro : 
      
    • L’intervention de François Hollande… Une conférence de presse qui n’a fait que confirmer l’inefficacité totale des choix économiques du Président de la république et de son gouvernement. Et plus inquiétant l’annonce sans complexe de sa volonté de continuité. Un décalage abyssal entre un président par défaut et la réalité du terrain. 
      
    • Une vague migratoire sans précédent. L’invasion dont est victime l’Europe aujourd’hui est une arme de destruction massive lancée sur les pays européens. Le refus des Etats du golf d’accueillir des quotas de réfugié et la déclaration de l’Arabie Saoudite à ce sujet, en dit long sur le mépris de ces pays pour notre vieux continent. Pour eux l’Europe est déjà terre d’islam. 
      
    • Retour sur la situation de l’Ukraine… Ce pays livré à des dirigeants et des conseillers étrangers est dans une situation de plus en plus insoutenable. A bien y regarder, nous ne sommes pas loin de prendre le même chemin. L’Ukraine d’aujourd’hui est une image très réaliste de notre futur ! 
      
    • A l’est tout va bien…  L’organisation du Forum Economique Oriental organisé à Vladivostok a réuni investisseurs et nombreux expert. Vladimir Poutine a confirmé à cette occasion la nouvelle orientation de l’économie russe vers l’extrême orient, contrecarrant ainsi les effets des sanctions injustes qui pèsent sur son pays. Compte-tenu de l’attitude de l’union européenne sous tutelle américaine, voilà de nouvelles opportunités qui s’éloignent pour le marché européen. 
      
    • Et, pour finir, nous détaillerons l’actualité du Parti de la France, avec les prochains rendez-vous notamment le repas militant du 19 septembre, avec Carl LANG en région PACA. Il nous parlera également du conseil national qui s’est tenu ce samedi 12 septembre à Paris et qui fut l’occasion de rencontrer de nouveaux responsables.

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    Les avions de guerre syriens lancent 25 frappes aériennes sur la ville de Palmyra contrôlée par l’EI

    Publié par wikistrike.com sur 19 Septembre 2015, 11:00am

     

    Les avions de guerre syriens lancent 25 frappes aériennes sur la ville de Palmyra contrôlée par l’EI

    DAMAS, 18 septembre (Xinhua) — L’armée aérienne de la Syrie a effectué vendredi jusqu’à 25 frappes aériennes contre des positions de l’État islamique (EI) dans la ville antique de Palmyre, dans la partie centrale de la Syrie, selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme.

    Plusieurs personnes ont été blessées à la suite de lourdes frappes aériennes, qui sont venues juste un jour après que les jets de guerre syriens ont lourdement frappé les positions de l’EI dans la province septentrionale de Raqqa, la capitale de facto de l’EI.

    D’autres militants et les Comités locaux de coordination (LCC), ont déclaré qu’au moins 15 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées à la suite des frappes aériennes contre Palmyre.

    Le 20 mai de cette année, le groupe terroriste de l’EI a pris le contrôle total de la ville millénaire de Palmyre, autrement connue comme Tadmor.

    Depuis la saisie de cette ville, le groupe terroriste a détruit la prison militaire notoire de la ville et plusieurs tombeaux et temples islamiques.

    L’EI a également entrepris des exécutions publiques de soldats gouvernementaux et des personnes accusées de travailler pour le gouvernement.

    Les frappes aériennes se sont intensifiées alors que des rapports ont émergé jeudi que l’armée syrienne a commencé à utiliser des armes nouvellement reçues. La chaîne panarabe Al-Mayadeen TV a déclaré que « les nouvelles armes envoyées par la Russie sont d’une grande efficacité et précision et que l’armée syrienne a commencé à recevoir une formation sur leur utilisation ».

    La chaîne de télévision n’a pas précisé où exactement les nouvelles armes ont été déployées.

    Les responsables russes ont récemment souligné que Moscou continuera à fournir une aide militaire à Damas, et que le soutien militaire sera accompagné par des spécialistes russes.

    « Il y avait des fournitures militaires. Cet exercice est en cours et se poursuivra », a déclaré dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « Elles sont inévitablement accompagnées par des spécialistes russes, qui aident à ajuster l’équipement et à former le personnel syrien à bien utiliser ces armes ».

    La Russie affirme que l’aide militaire vise à lutter contre le terrorisme, conformément au droit international.

    La Syrie souffre toujours de quatre années de conflit et d’intenses combats entre les troupes gouvernementales et plusieurs groupes ultra-radicaux tels que le Front Nursra et l’EI.

    http://french.xinhuanet.com/2015-09/19/c_134638792.htm


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    L’Organisation  Armée  Secrète

    « Le sursaut d’un peuple qui ne voulait pas mourir ».

     

    « L’OAS a été écrasée par une répression telle qu’aucun état civilisé n’en avait jamais déclenché une semblable contre ses propres nationaux »  (Jacques Soustelle)

     

                Depuis plusieurs mois l’Europe subit une vague migratoire sans précédent, en passe de déstabiliser ses institutions. De pauvres hères accostent par milliers nos rivages dans l’espoir d’y trouver le paradis et bientôt ils seront des millions… C’est « Le Camp des Saints », roman d’anticipation écrit en 1973 par Jean Raspail qui se réalise sous nos yeux...

                Cependant dans cet imbroglio où la misère côtoie l’intérêt et l’intrigue, il est une catégorie de migrants envers laquelle j’éprouve une aversion particulière : Les lâches et les poltrons.

                En effet, alors qu’en Afghanistan des soldats occidentaux continuent de mourir, que les pertes françaises se sont élevées à 89 tués et qu’au Mali 11 de nos garçons sont déjà tombés pour défendre la liberté de ces nationaux, je n’accepte pas de voir ces derniers, dans la force de l’âge, déserter leur pays. « Ils fuient la guerre », clament-ils à l’envi relayés en cela par la bien-pensance française... Mais un pays, ça se défend ! On ne fuit pas quand le danger sévit sinon cela s’appelle désertion… démission… lâcheté… traîtrise

                Si ces jeunes gens dans la force de l’âge refusent de se battre, qui va le faire à leur place ? Cent de nos meilleurs soldats sont déjà tombés dans ces régions étrangères et hostiles pour un rêve de liberté qu’ils voulaient offrir à d’autres. N’est-ce-pas suffisant ?

                Si ces hommes ont tourné le dos à leur pays, c’est qu’ils ne l’aiment pas. Comment dans ce cas pourraient-ils aimer la France ? Parallèle saisissant et contrastant entre ces derniers refusant le combat et cherchant leur salut dans la fuite et ces « soldats perdus » de l’Algérie française excluant toute idée de capitulation, de démission et d’abandon.

    Contrairement aux migrants, face à l’adversité, ces Français d’Algérie surent redresser la tête, s’unir et se défendre dans un combat inégal, cruel, inexorable, d’autant plus cruel et inexorable que chacun savait qu’il s’agissait du dernier… du combat du désespoir. Alors, un sigle… trois lettres allaient leur ramener l’espoir :

    Organisation Armée Secrète.

    Ce sigle représentait un idéal de combat contre le déracinement et contre la honte. Il n’avait aucun caractère politique, puisque spécifiquement affectif.

    C’est après l’effondrement du putsch, d’avril 1961, que l’OAS devait atteindre la notoriété en Algérie et elle ne devint vraiment active qu’au lendemain de cette initiative élyséenne qui ne fut qu’une vaste fumisterie : la trêve« unilatérale »… ce qui permit aux rescapés de l’Armée de Libération Nationale (A.L.N) de reprendre la population en main aussi bien dans les campagnes que dans les centres urbains. Attentats, égorgements, mutilations se multipliaient. Devant les cadavres des égorgés et les visages grimaçants des mutilés, toute velléité de résistance s’effondrait. Le ressort se brisait. Les Musulmans fidèles à la France étaient les premières victimes ; la peur, peu à peu, les menait dans les rangs du FLN.

    « De Gaulle veut notre mort ! » Ce fut le cri de guerre et de désespoir d’un million d’Européens qui, las d’apprendre le massacre de familles françaises, s’organisèrent en commandos. Les magasins arabes flambèrent à leur tour, le plastic détruisit des bains maures. Les affrontements, les combats de rues se multiplièrent sans que les forces de l’ordre n’arrivent à juguler cette flambée de violence. L’Algérie entière était déchaînée. Les « stroungas » explosaient partout et aux grenades lancées dans les tramways et les autobus par le FLN, répondaient les mitraillages des cafés maures. Partout du sang, des morts qu’on enjambait dans les rues. La folie s’était emparée de ce pays autrefois si paisible et si heureux.

    De  nouveau la presse se déchaîna qualifiant de « monstrueux » les attentats commis contre les Musulmans. Elle baptisa du nom de « ratonnades » ces actions désespérées et affirma sans vergogne que « les tueurs nazis de l’OAS se livraient au racket et au massacre sur les Musulmans et les « patriotes » gaullistes ! »

    Faute de protection de l’armée ou de la police, la population européenne se faisait justice elle-même appliquant la loi du talion, condamnable par son aveuglement, mais explicable par les souffrances endurées depuis sept années.

    On oubliait la terreur qui avait régné depuis si longtemps, on ne se souvenait plus des charniers de Mélouza et d’El-Halia, des bombes du stade d’El-Biar et du casino de la Corniche, on ne prêtait aucune attention aux grenades du FLN qui explosaient chaque jour dans les quartiers européens, les cafés, les écoles, aux arrêts d’autobus. On feignait d’ignorer les enlèvements qui se multipliaient dans tous les coins du territoire, les égorgements et les viols. Seuls importaient les « ratonnades » que le journaliste, Yves Lavoquer, comparait aux« pogroms de la Russie tsariste et aux massacres nazis » !…

    L’OAS était une révolte : révolte des habitants de toute une province qui se sentaient abandonnés par la mère Patrie et qui se voyaient placés dans l’alternative suivante : quitter leur sol natal et devenir des déracinés ou rester sur place pour subir les spoliations et les vengeances, le couteau, la balle et la hache. Et qui formait ses rangs, sinon des hommes courageux, le plus souvent des humbles qui n’avaient ni privilèges à défendre, ni fortune à sauver ?

    L’OAS, c’était à la fois, le combattant de l’ombre, l’enfant qui collait une affiche et mourait le pinceau à la main, le vieillard qui guettait et sifflait à l’entrée d’un quartier pour avertir de l’arrivée des « forces de l’ordre », la ménagère qui transportait des tracts dans son panier en allant au marché et ces familles qui hébergeaient les légionnaires du 1er REP après la dissolution de cette prestigieuse unité. Elle était une armée d’ombres, l’armée miraculeuse de l’amour et du malheur. Elle représentait, pour la population d’Algérie, le dernier espoir et l’ultime recours contre un désespoir passionnel. C’était la bouée de sauvetage à laquelle le naufragé tente de s’accrocher.

    Ses éléments se battaient non par ambition, non par intérêt, mais parce qu’un sentiment sur lequel aucun raisonnement n’avait de prise -l’attachement profond à la terre natale- les avait conduits à la révolte. L’OAS c’était, comme l’a écrit Alain Peyrefitte, « le sursaut d’un peuple qui ne veut pas mourir » (1).

    Une évidence s’imposait cependant : S’il n’y avait pas eu le FLN, il n’y aurait pas eu d’OAS. Si de Gaulle avait laissé l’armée abattre le FLN –comme elle aurait pu le faire- il n’y aurait pas eu non plus d’OAS… c’est une vérité première.

    Durant un an elle fit la guerre, comme le FLN la fit durant sept ans et, pour son malheur, les Français de Métropole ne retinrent d’elle que ses aspects les plus noirs. Ils ignoraient –ou feignaient d’ignorer- les exactions du FLN, des barbouzes et des gendarmes mobiles. Ils ne considéraient déjà plus l’Algérie comme un département français… et ils s’en fichaient. Ils souhaitaient se débarrasser au plus vite du « boulet algérien » -terme propre au général président- Les communistes jubilaient et poursuivaient leur propagande de destruction basée sur la sempiternelle rengaine : « Les pauvres Musulmans exploités par les salauds de colons », terme englobant tous les Européens d’Algérie, qu’ils fussent employés, ouvriers, commerçants ou fonctionnaires,  tous issus d’une immigration désirée… quand elle ne fut pas imposée par la Métropole avec les déportations de 1848 et 1870.

    Pour autant, l’OAS ne désarmait pas. Dans certains points du bled dont l’armée se retirait progressivement depuis l’été 1961, elle avait tenté l’implantation de maquis pour lutter directement contre l’ALN sans populations interposées et dans le secret espoir de dégager une portion de territoire où son autorité serait reconnue. Guelma, Bouira, Tipasa, Coléa… autant de vains essais. Les commandos furent encerclés par l’armée et, incapables de tirer sur des soldats français, se rendirent. L’ultime et spectaculaire tentative eut lieu dans l’Ouarsenis, le 29 mars 1962 et se solda par un sanglant échec et la mort de l’un de ses chefs, le commandant Bazin. Trahie, l’OAS, au lieu des alliés qu’elle attendait (les harkis du Bachaga Boualam et deux unités régulières de l’armée) tomba sur des concentrations de forces FLN dix fois supérieures en nombre dont il a été affirmé –et jamais démenti- qu’elles avaient été amenées à pied d’œuvre par les véhicules des gendarmes mobiles français. Un combat désespéré qui alla jusqu’au corps à corps s’engagea. Les hommes de l’OAS qui échappèrent à la tuerie furent pourchassés et quand ils furent rejoints, sauvagement abattus. Ce fut là la dernière bataille de l’OAS… son Camerone !

     

    José CASTANO

    Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

     

    (1) Dans son livre « C’était De Gaulle », Alain Peyrefitte rapporte ce propos de l’homme de Colombey : « Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. Mais si ceux qui soutiennent le FLN me haïssent tout autant, c’est parce qu’ils sont aveuglés par leur haine de la France ».

                                                                                                                                    

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    Conférence sur : « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

     

    - De l’Indochine à l’Algérie, la Légion étrangère au combat

    - L’Odyssée et la fin tragique du 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie.

     

    « De l’Indochine à l’Algérie, le conférencier évoque le vécu, l’héroïsme et les sacrifices de ces légionnaires, Fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé. Ces soldats-loups à la démarche souple de félins, accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, acceptaient le défi de la guerre dans  les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil et dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants.

     

    Ces hommes, « soldats pour mourir »,constituaient le plus beau régiment du mode ; jalousés, admirés et vénérés parce qu’ils étaient capables de mourir avec panache en criant : « Vive la Légion ! »

    … Puis il y eut le 22 avril 1961 et le soulèvement des meilleures unités combattantes dont le 1er REP était le « fer de lance »… sa dissolution et celle des plus belles unités parachutistes… l’émouvant adieu de la population de Zéralda à « leurs » légionnaires… le « cessez-le-feu » et la fin tragique de l’Algérie française… Le génocide des harkis commençait. »

     

    Cette conférence, organisée par le Cercle algérianiste du JURA, sera donnée par José CASTANO, Dimanche 18 Octobre, à 10h30, au Centre Docteur Feït – 2, rue Pavigny – 39000 LONS LE SAUNIER -Entrée gratuite pour tous –

    Un repas (facultatif) suivra au Centre aéré de Savagna – 39570 MONTMOROT - Renseignements et inscriptions au 03.84.47.03.04 ou 03.84.81.94.94 ou 06.30.01.55.16 (dernier délai pour les inscriptions du repas : 12 Octobre)

    E-mail : bruand.theophile@neuf.fr

     

         

    "Si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi !"

    Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, chef de l'armée vendéenne au cours des batailles de la Révolution française

     


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    Aucune nation « n’a jamais menacé la survie de l’humanité » comme les Etats-Unis

     
     

    syrie - irak

     

    Aucune nation dans l’histoire n’a jamais menacé la paix comme les Etats-Unis, souligne l’auteur américain Stephen Lendman qui ajoute que Washington porte l’entière responsabilité de la création du tristement célèbre État islamique.

    Le président américain Barack Obama et la secrétaire d’État Kerry appellent hypocritement à une solution diplomatique des conflits qui font rage dans le monde, tout en menant des guerres perpétuelles sur plusieurs théâtres d’opération, souligne l’auteur et chroniqueur américain Stephen Lendman.

    «Washington porte l’entière responsabilité de la création d’ISIS [ISIL]. L’émissaire russe de l’ONU, Vitaly Churkin, a retracé son origine à la guerre en Irak de Bush, en disant que le groupe « a ouvert ses hostilités avec l’assaut contre Bagdad … Donc, l’État islamique a mûri en Irak lors de l’occupation étasunienne. L’Amérique devrait être blâmée«  pour sa montée et sa prolifération », a souligné Lendman dans son article pour Global Research.

    Il est intéressant de noter qu’un récent sondage réalisé par l’institut de sondage britannique ORB International, une filiale de WIN / Gallup International, montre que, pour 82 % des Syriens (de toute la Syrie, y compris les zones occupées par l’EI, ndt), ce sont les États-Unis qui ont créé ISIL, et que, pour 79 %, « la présence des combattants étrangers a aggravé la guerre ».

    En outre, selon le sondage, les positions de Bachar al-Assad en Syrie se sont renforcées par rapport à l’année dernière.

    « Plus la guerre dure, plus le peuple syrien en veut aux États-Unis et plus il soutient Bachar al-Assad que les États-Unis veulent faire tomber comme le peuple syrien en a parfaitement conscience », a expliqué l’historien d’investigation Eric Zuesse, dans un de ses derniers articles.

    Pendant ce temps, les dirigeants russes exhortent la communauté internationale à s’unir pour lutter contre la menace ISIL.

    « La Russie … a proposé (de former) une large coalition pour lutter contre les extrémistes de toute urgence. Tout le monde devrait s’unir [contre un ennemi commun] », a déclaré Poutine, le président russe, cité par Lendman.

    La Russie est ouverte au dialogue avec les Etats-Unis sur la question de la crise syrienne, affirme la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

    « Nous n’avons jamais refusé le dialogue avec les États-Unis, et nous sommes prêts à discuter de toutes les questions d’intérêt commun, y compris la Syrie », a déclaré Zakharova à RIA Novosti.

    Le Kremlin a précisé à plusieurs reprises qu’il fournissait une aide militaire, au terme des contrats existants, au gouvernement officiel de Damas, parce que c’est désormais la seule force crédible, capable de résister à l’Etat islamique sur le terrain.

    Cependant, bien que toutes les actions de la Russie soient conformes aux normes du droit international, et soient menées en étroite coordination avec le gouvernement syrien, de hauts responsables américains n’ont aucun scrupule à dire que la participation russe à la Syrie « exacerbe » et « étend » le conflit, en sapant les efforts de la coalition dirigée par les États-Unis pour lutter contre l’extrémisme.

    Ce que prétend Washington est le contraire de la vérité, selon Lendman.

    «Washington et ses alliés voyous mènent des guerres sans fin contre l’humanité. La paix et la stabilité vont à l’encontre de leurs intérêts. Les massacres de masse et la destruction les servent. En ciblant un pays après l’autre, ils se dirigent inévitablement vers une confrontation directe avec la Russie et la Chine, et sont prêts à prendre le risque d’une guerre nucléaire pour faire de ces deux pays les vassaux des États-Unis », selon l’auteur américain.

    « Aucune nation dans l’histoire du monde n’a jamais menacé la survie de l’humanité comme l’Amérique, » a-t-il souligné.

    Sputnik |18/09/2015

    Article original:  http://sputniknews.com/politics/20150918/1027212659.html#ixzz3mAcsPpT3

    Traduction : Dominique Muselet

    Source: http://arretsurinfo.ch/aucune-nation-na-jamais-menace-la-survie-de-lhumanite-comme-les-etats-unis/

     
     

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    taskforce

    Task Force Lafayette : des anciens soldats français veulent partir combattre l’État islamique en Irak

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    22/09/2015 – FRANCE (NOVOpress)
    D’anciens soldats de l’armée française s’organisent pour partir bientôt en Irak. Ils sont réunis sous le pseudonyme de Task Force Lafayette, du nom de l’unité qu’ils servaient en Afghanistan entre 2009 et 2012.

    Ils sont tous rassemblés, écoeurés face aux massacres commis par les islamistes là-bas et par les attentats en France avec pour seule réaction du gouvernement socialiste, une intervention aérienne totalement “infructueuse”.

    Il est possible d’en savoir plus sur leur page Facebook.


     


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    Réfugiés musulmans: Le salut viendra-t-il de l'Europe centrale?

    Le salut viendra-t-il de l'Europe centrale?

     

    Merci à BARE NAKED ISLAM 

     

    12 septembre 2015 Slovaquie: des "anti-réfugiés" qualifiés d'extrémistes de droite protestent à Bratislava






    12 septembre 2015 République Tchèque: des milliers de manifestants contre la politique de réfugiés de l'Union européenne




    On lit sur la grande pancarte entre 1:15 et 1:20: "Ne nous manipulez-pas! Non à l'islam !" (traduction google translate).

    Ensuite, l'autre pancarte dit: "Seuls les lâches fuient et laissent les filles kurdes se battre à leur place".

    Eh oui: 75% des fuyards sont des hommes en âge de combattre...

     

     

    20 septembre Pologne: "Non à l'Islamisation", disent les manifestants anti-réfugiés




    http://apostat-kabyle.blog4ever.com/refugies-musulmans-le-salut-viendra-t-il-de-l-europe-centrale?trck=notif-11197555-1005631-11WzA

    21/09/2015

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    ET AUSSI

     

    Fabius : La France est prête à bombarder la Syrie « en légitime défense »

     
     

    La France dit qu’elle pourrait effectuer des frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique en Syrie en légitime défense. La semaine dernière des avions français ont commencé à effectuer des missions de reconnaissance au-dessus de la Syrie.

    Lundi, le président français François Hollande a dit que les sorties militaires françaises en Syrie seraient bientôt élargies pour inclure des frappes aériennes contre l’Etat islamique (IS, anciennement ISIS /

     

    ISIL).

    «Nous faisons partie de la coalition en Irak [contre ISIS]», a déclaré Hollande lors d’une conférence de presse avec son homologue nigérian Muhammadu Buhari. «Nous avons commencé des vols de reconnaissance [en Syrie] pour voir si nous pouvions envisager des frappes aériennes si elles étaient nécessaires, et elles seront nécessaires, en Syrie».

    Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a dit que l’utilisation d’armes sur le territoire syrien était justifiée en raison d’une série d’attaques islamistes en Europe.

    «Nous avons reçu des renseignements précis indiquant que les récentes attaques terroristes contre la France et d’autres nations européennes ont été organisées par Daesh [terme péjoratif arabe pour l’EI] en Syrie. En raison de cette menace, nous avons décidé de commencer des vols de reconnaissance pour avoir la possibilité de faire des frappes aériennes, si cela se révélait nécessaire. C’est de l’auto-défense», a déclaré le ministre aux médias belges.

    Paris avait déjà annoncé sa volonté de bombarder des cibles en Syrie en 2013, lorsque les États-Unis ont menacé le gouvernement du président Bachar al-Assad d’une intervention militaire.

    Damas n’a jamais demandé officiellement à la coalition, menée par les USA, qui a été formée en réponse au fait que l’EI avait conquis de grandes parties de l’Irak l’an dernier, d’étendre ses frappes aériennes en Syrie. Cela rend techniquement ces attaques illégales en vertu du droit international.

    Cependant, jusqu’ici le gouvernement syrien ferme les yeux sur les violations de sa souveraineté. Damas est confronté à une guerre avec l’EI et d’autres groupes terroristes comme le Front al-Nusra et les forces rebelles, soutenues par les Etats-Unis, que Washington considère comme des modérés.

    Les États-Unis et leurs alliés affirment que le président Assad devrait être destitué et qu’il n’a pas sa place dans la Syrie du futur. La France dit maintenant que son départ ne doit pas être une condition pour entamer un dialogue politique.

    « Si nous exigeons, avant même le début des négociations, qu’Assad démissionne, nous n’irons pas bien loin, » a déclaré Fabius au Figaro.

    La Russie, qui soutient la Syrie dans sa lutte contre les djihadistes, et qui fournit à Damas des équipements militaires, a appelé à plusieurs reprises à une large coalition pour lutter contre l’organisation terroriste.

    L’Europe a subi plusieurs attaques de militants islamistes depuis le début de l’année, y compris le massacre à la revue satirique Charlie Hebdo à Paris et une tentative avortés de tuer des passagers à bord du train Thalys, près de la frontière belgo-française.

    Russia Today | 22.09.2015

    Article original: http://www.rt.com/news/316163-france-bomb-syria-defense/

    Traduction : Dominique Muselet

    Source: http://arretsurinfo.ch/fabius-la-france-est-prete-a-bombarder-

    la-syrie-en-legitime-defense/

     

    ET AUSSI

     

    Syrie: Moscou empêche l’Occident de bombarder Assad

     
     
     
     
    syrie - ei
    © REUTERS/ Khalil Ashawi

     

    Le principal objectif de l’Occident en Syrie n’est pas de combattre le groupe terroriste Etat islamique, mais de renverser le président Bachar el-Assad.

     

    La Russie doit avoir la possibilité d'effectuer des frappes aériennes sur les positions du groupe terroriste Etat islamique en Syrie, estime l'ambassadeur syrien à l'ONU
    *
    Seule la Russie propose un plan concret de règlement pacifique du conflit en Syrie selon Escobar.
     

    On a l’impression que l’administration de Barack Obama ne sait toujours pas si elle doit continuer d’ignorer le président russe Vladimir Poutine ou si elle doit engager un dialogue avec ce dernier pour tenter de régler conjointement la crise syrienne. Or, au lieu d’opter pour la coopération, Washington accuse la Russie de s’ingérer non seulement en Ukraine, mais aussi en Syrie.L’expert rappelle à cette occasion qu’en 2014, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères et envoyé spécial de l’Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré que l’analyse russe du conflit syrien était juste dès le début.

    Selon Pepe Escobar, Moscou a intensifié son jeu diplomatique afin de réduire les divergences entre Damas et l’opposition et de former une coalition réelle dans la lutte contre les terroristes du groupe Etat islamique. »Moscou est le seul à mener le jeu diplomatique, car le plan A de Washington consiste toujours à renverser le régime de Damas. En outre, l’Occident n’a aucun plan d’action cohérent susceptible à la fois de garantir la défaite de l’EI (Daech) et de prévenir un démembrement catastrophique de l’Etat syrien », constate l’analyste.

    D’après Pepe Escobar, si le Pentagone ressent de l’inquiétude au sujet de la présence russe en Syrie, ce n’est pas parce qu’il craint que cela puisse entraver les opérations de la coalition internationale, mais parce qu’il sait que cette dernière ne pourra pas bombarder impunément les forces de Bachar el-Assad au vu et au su de Moscou.

    L’Union européenne est, quant à elle, en proie à une crise migratoire due à son obsession pour le changement de régimes en Afrique et au Proche-Orient. Or, alors que l’UE tente de trouver une issue à la tragédie syrienne, le premier ministre britannique David Cameron et le président Français François Hollande s’apprêtent à effectuer des frappes aériennes réduites, frappes qui auront du mal à faire trembler de peur les bandits de l’Etat islamique.

    *
    Les Etats-Unis cherchent à renverser Assad et s’opposent pour cette raison à l’octroi de toute aide au dirigeant syrien. La Russie appelle pour sa part la « coalition internationale » à coopérer avec les autorités syriennes sous l’égide du Conseil de sécurité de l’Onu dans la lutte contre l’EI. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a à plusieurs reprises déclaré que Moscou n’avait jamais caché qu’il apportait aux dirigeants syriens le soutien militaire et technique nécessaire pour combattre le terrorisme.

    Sputnik – 20.09.2015

    Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150920/1018278731.html#ixzz3mOtk0r4d


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    Poutine explique la politique syrienne de la Russie

     Syrie

     

     

     Une rencontre au sommet des États eurasiens dans la capitale tadjike de Douchanbé a offert une tribune à Poutine pour exposer la position de la Russie au sujet de la crise syrienne.

    Comme c’est souvent le cas avec les discours de Poutine, les médias occidentaux en ont à peine parlé.

    Au lieu de quoi, ils poursuivent leurs habituelles spéculations mal informées sur«ce que fait la Russie en Syrie», fondées sur des affirmations saugrenues à propos de grandes stratégies géopolitiques de la Russie, pimentées de faux rapports sur son activité militaire.

    Fondamentalement, ce que dit Poutine est très simple : État islamique est une menace existentielle pour tout le monde, et tous ceux qui sont impliqués dans la guerre civile en Syrie devraient renoncer à leurs divergences et à leurs propres stratégies géopolitiques pour s’unir contre lui.

    A cette fin, Poutine propose de reprendre ce qui est, au fond, le plan de paix proposé par Kofi Annan à la Conférence de Genève de 2012 pour mettre fin au conflit en Syrie : il devrait y avoir des négociations entre les différentes factions syriennes pour mettre en place un gouvernement avec partage du pouvoir jusqu’à ce qu’il y ait un accord pour un règlement définitif du conflit.

    Comme Poutine le souligne, Assad a accepté cette proposition : «Le président Assad est prêt à intégrer la partie modérée des forces de l’opposition dans ces processus, dans la gestion de l’État.»

    En même temps, Poutine réaffirme que la Russie continuera à livrer à l’armée syrienne les équipements dont elle a besoin pour se maintenir, bien qu’il prenne soin de dire qu’il s’agit de «l’assistance technologique militaire nécessaire» – et non (jusqu’à présent) une implication active de l’armée russe dans les combats.  Poutine n’exclut pas cette possibilité, mais il est évident qu’il ne l’envisage que comme partie d’une large coalition internationale contre État islamique.

    Surtout, Poutine reste catégoriquement opposé à tout changement de régime. Il insiste sur fait que c’est la poursuite incessante par l’Occident d’un changement de régime qui a causé l’exode des réfugiés.

    D’ailleurs, comme Poutine le rappelle, vaincre État islamique «…  sans participation active des autorités et des militaires syriens, sans participation de l’armée syrienne, comme le disent les soldats qui combattent État islamique…» n’a absolument aucun sens.

    Comme nous l’avons dit plus haut, ceci est la position russe.

    Si vaincre État islamique est en effet la priorité absolue, alors la logique de Poutine ne peut pas être critiquée.

    Le problème – comme c’est devenu très clair ces dernières semaines – est que pour les États-Unis et pour les autres membres de la coalition favorables à un changement de régime, ce n’est pas la priorité.

    Il semble que le renversement du gouvernement du président Assad reste la priorité.

    Comme la fausseté des allégations d’intervention militaire directe de la Russie en Syrie est devenue trop évidente pour qu’elles soient maintenues, les gouvernements et les médias occidentaux ont déplacé l’accent ces derniers jours sur l’affirmation que les Russes se concentrent en lieu et place sur la construction d’une présence militaire en Syrie, éventuellement comme une sorte d’instrument de négociation.

    On a beaucoup parlé – y compris avec la production de photographies par satellite – de la construction d’une base aérienne russe à Lattaquié. Il a aussi été question du déploiement en Syrie de chars de pointe T90 et de missiles antiaériens S-300. Les États-Unis ont aussi fait des tentatives pour empêcher le vol d’avions cargos russes vers la Syrie, dont les Russes affirment qu’ils transportent du matériel humanitaire, mais dont les États-Unis pensent qu’ils transportent en réalité des armes.

    Il est tout à fait possible – et même probable – que face à la crise provoquée par la montée en puissance d’État islamique, les Russes aient intensifié leurs livraisons militaires à la Syrie.

    Cependant, certaines des affirmations lancées actuellement ne paraissent pas particulièrement convaincantes.

    La présence russe à Lattaquié, par exemple, n’est pas nouvelle. Les Russes y ont longtemps maintenu une station d’écoute, et il est sensé, au vu de la détérioration de la situation, de prolonger la piste d’atterrissage et de déployer un petit nombre de troupes pour la sécuriser.

    Même s’il est possible que les Russes installent en effet une sorte de tête de pont, leurs mouvements sont également cohérents avec des mesures de précaution en vue d’une évacuation précipitée du personnel de maintenance en cas d’une nouvelle dégradation de la situation et, franchement, cela semble une explication plus plausible de ce que nous sommes en train de voir.

    Quant au déploiement de missiles S-300 en Syrie, il n’en existe aucune preuve, et ces rapports sont certainement faux.

    A la lumière des commentaires de Poutine, il est difficile d’éviter la conclusion, comme nous l’avons dit précédemment, que la campagne de désinformation sur le renforcement militaire en Syrie vise surtout à discréditer l’actuelle initiative diplomatique russe avant qu’elle ne s’engage véritablement, plutôt qu’en raison de toutes les réelles préoccupations sur l’accroissement de la présence militaire russe en Syrie.

    Que ce soit vrai ou non, l’alarmisme exprimé dans les capitales occidentales à propos de la présence militaire russe en Syrie est rien moins qu’extraordinaire.

    Poutine a sûrement raison lorsqu’il dit qu’État islamique présente un danger pour tout le monde et que le moyen de le contrer est de s’unir contre lui. Que cette logique soit si violemment repoussée est bizarre et franchement tragique, et montre à quel point les dirigeants occidentaux sont devenus obsédés par leurs projets géopolitiques.

    Voici les extraits d’un discours tenu par Poutine à Douchanbé, repris sur le site internet du président russe :

    «J’ai mentionné les situations en Syrie et en Irak ; ce sont les mêmes qu’en Afghanistan, en ce qu’elles nous préoccupent tous. Permettez-moi s’il vous plaît de dire quelques mots sur la situation dans cette région, la situation autour de la Syrie.

    » Ce qui se passe est très sérieux. Le groupe appelé État islamique contrôle d’importants pans de territoire en Irak et en Syrie. Les terroristes affirment déjà publiquement qu’ils ont pour objectifs la Mecque, Médine et Jérusalem. Leurs plans comprennent l’extension de leurs activités à l’Europe, à la Russie, à l’Asie centrale et du Sud-Est.

    » Cela nous préoccupe, en particulier depuis que des militants subissant un endoctrinement idéologique et un entraînement militaire par ISIS proviennent de nombreux pays dans le monde – y compris, malheureusement, des pays européens, de la Fédération de Russie et de nombreuses anciennes républiques soviétiques. Et, bien sûr, nous sommes préoccupés par leur retour possible sur nos territoires.

    » Le bon sens de base et le sens des responsabilités pour la sécurité mondiale et régionale exigent que la communauté internationale unisse ses forces contre cette menace. Nous devons mettre de côté nos ambitions géopolitiques, abandonner les prétendus doubles standards et la politique consistant à utiliser directement ou indirectement des groupes terroristes particuliers pour atteindre ses propres objectifs opportunistes, y compris des changements dans des gouvernements et des régimes indésirables.

    » Comme vous le savez, la Russie a proposé de former rapidement une large coalition pour contrer les extrémistes. Celle-ci doit réunir tous ceux qui sont prêts à contribuer, ou contribuent déjà, à la lutte contre le terrorisme, exactement comme les forces armées d’Irak et de Syrie le font aujourd’hui. Nous soutenons le gouvernement syrien – je veux le dire – dans la lutte contre l’agression terroriste. Nous lui fournissons et continuerons à lui fournir l’aide nécessaire en technologie militaire et nous exhortons les autres pays à s’y joindre.

    » Manifestement, sans participation active des autorités et de l’armée syriennes, sans participation de l’armée syrienne, comme disent les soldats combattant État islamique, vous ne pouvez pas expulser les terroristes de ce pays, ni de l’ensemble de la région, et il est impossible de protéger le peuple multiethnique et multi-confessionnel de Syrie de l’élimination, de l’asservissement et de la barbarie.

    » Bien sûr, il faut impérativement réfléchir aux changements politiques en Syrie. Et nous savons que le président Assad est prêt à intégrer le segment modéré de l’opposition, les forces d’oppositions saines, dans ces processus, dans la gestion de l’État. Mais la nécessité d’unir les forces dans la lutte contre le terrorisme est certainement au premier plan aujourd’hui. Sans cela, il est impossible de résoudre les autres problèmes urgents et croissants, y compris le problème des réfugiés que nous voyons aujourd’hui.

    » Par ailleurs, nous observons quelque chose d’autre : nous assistons actuellement à des tentatives de faire porter pratiquement la faute à la Russie pour ce problème, pour son apparition. Comme si le problème des réfugiés avait crû à cause du soutien de la Russie au gouvernement légitime de la Syrie.

    » Tout d’abord, j’aimerais souligner que les Syriens, avant tout, fuient les combats, dus la plupart du temps à des facteurs externes comme résultat des fournitures d’armes et d’autres équipements spécialisés. Les gens subissent les atrocités des terroristes. Nous savons que ceux-ci commettent des atrocités, qu’ils sacrifient des gens, détruisent des monuments culturels, comme je l’ai déjà mentionné, et ainsi de suite. Les gens fuient les extrémistes, d’abord et avant tout. Et si la Russie n’avait pas soutenu la Syrie, la situation dans ce pays aurait même été pire qu’en Libye, et le flot des réfugiés serait même plus important.

    » Ensuite, le soutien du gouvernement légitime en Syrie n’est en aucune manière relié au flot de réfugiés provenant de pays comme la Libye, que j’ai déjà mentionnée, l’Irak, le Yémen, l’Afghanistan et beaucoup d’autres. Nous n’avons pas été ceux qui ont déstabilisé la situation dans ces pays, dans des régions entières du globe. Nous n’avons pas détruit des institutions gouvernementales là-bas, provoquant des vides de pouvoir qui ont été immédiatement comblés par les terroristes. Donc personne ne peut dire que nous avons été la cause de ce problème.

    » Mais juste maintenant, comme je l’ai dit, nous devons nous concentrer sur la réunion des forces, entre le gouvernement syrien, la milice kurde, ce qu’on appelle l’opposition modérée et les pays de la région, pour combattre la menace contre l’État lui-même et lutter contre le terrorisme – afin qu’ensemble, en joignant nos efforts, nous puissions résoudre ce problème.»

    Le 17 septembre 2015

    Article original: StrategicCulture

    Traduit par Diane

    Source: http://lesakerfrancophone.net/poutine-explique-la-politique-syrienne-de-la-russie/


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    Le monde arabe se ligue contre Israël... pardon, contre le Yémen 19/09/2015 – (VOSTFR)

     

    Bulletin d'informations de la chaîne Al-Masirah19 septembre 2015 (sous-titres français)

     

     

    « Quand donc le monde sera-t-il solidaire du peuple du Yémen ?

    Comment les gens peuvent-ils dormir la conscience tranquille… sachant que des femmes et des enfants sont massacrés dans leur sommeil, enterrés sont les décombres de leurs maisons? C’est à Sanaa… Ces victimes sont des enfants…

    Des enfants comme ceux que vous aimez et sur lesquels vous veillez. Nous vous en supplions, mettez fin au silence du monde sur le génocide des civils yéménites innocents, dont le seul crime est de chercher une vie meilleure. »

     

    «  Nous sommes maudits parce que nous avons du pétrole et du gaz. Chaque pays qui a des ressources naturelles est maudit et devient la cible d’une intervention impérialiste.  » 

     

     

    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=gdcFouZtezs

     

     

     

     

    Sur le Yémen, voir également :

     

     

    Guerre Saudo-US au Yémen : Ansarullah résiste victorieusement

     

    De la Palestine au Yémen : honneur et déchéance du monde arabe

     

    Guerre sans merci au Yémen : vers la fin de l'Arabie Saoudite ?

     

    Sayed Ali Khamenei : au Yémen, l'Arabie Saoudite sera vaincue et humiliée

     

    Hassan Nasrallah : la guerre au Yémen annonce la fin de la dynastie saoudienne et la ‘rivalité’ entre l'Arabie Saoudite et l'Iran au Moyen-Orient

     

    Abd-al-Malik al-Houthi : La barbarie saoudienne l'identifie à Israël et rapproche le Yémen de la Palestine

     

    Yémen : Une Voix dans le Désert (Témoignage poignant sur la barbarie saoudienne)

     

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    Vladimir Poutine inaugure la plus grande mosquée d'Europe à Moscou (VOSTFR)

     

     

     

     

    La mosquée-cathédrale de Moscou a rouvert après sa reconstruction

     

     

     

    Traduction : Salah Lamrani (Sayed Hasan : http://sayed7asan.blogspot.fr/)

     

     

    23 septembre 2015 – 12h25 – Moscou

     

    Vladimir Poutine, le Président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et lePrésident de la Turquie Recep Tayyip Erdogan ont assisté à l’inauguration de la mosquée-cathédrale de Moscou suite à sa reconstruction.

     

    La mosquée a rouvert après des travaux de reconstruction majeurs conçus pour augmenter sensiblement sa capacité d’accueilLe nouveau bâtiment peut accueillir jusqu’à 10.000 fidèles à la fois.

     

     

    ***

     

    Discours de Vladimir Poutine (VOSTFR) : https://www.youtube.com/watch?v=UhLC7XxjTE8

     

    ***

    Reportage (VOSTFR) : https://www.youtube.com/watch?v=WfBPzj0LJy8

     

    ***

     

    Transcription intégrale du discours :

     

    Président de la Russie Vladimir Poutine : Cher M. Erdogan, cher M. Abbas, chers dignitaires religieux, chers invités étrangers, chers amis,

     

      

    Permettez-moi de vous féliciter de tout mon cœur en cette inauguration de la mosquée-cathédrale reconstruite de Moscou. C’est un grand événement pour tous les musulmans de Russie.

     


    Une des plus anciennes mosquées de Moscou se trouvait sur ce site historique et a subi une reconstruction qui en fait maintenant la plus grande en Europe. Elle a été réalisée avec une magnifique architecture moderne et novatrice digne de la capitale de notre pays uni, multiethnique et multiconfessionnel. Cette nouvelle mosquée est digne de la Russie, dans laquelle, je tiens à le souligner, l’Islam, en vertu de la loi de notre pays, est l’une des religions traditionnelles de la Russie, avec des millions de nos citoyens qui se comptent parmi ses adeptes.


    Je tiens à remercier tous ceux qui ont participé aux travaux sur ce magnifique édifice et tous les musulmans en Russie et à l’étranger qui ont fait un don pour cet effort. 
    Nous sommes reconnaissants envers les gouvernements de la Turquie et du Kazakhstan pour leur contribution à la reconstruction de la mosquée.

     

     

     

     

     

    Je suis sûr que la mosquée deviendra un centre spirituel majeur pour les musulmans à Moscou et dans toute la Russie, prodiguant de l’éducation et diffusant des idées humanistes et les valeurs véritables et authentiques de l’Islam. Elle diffusera la connaissance et la spiritualité et contribuera à unir les efforts des musulmans et également des personnes d’autres confessions dans de nobles causes communes. Le Coran nous enjoint à essayer de se surpasser les uns les autres dans le bien.


    Dès sa création, la Russie a toujours été un pays multiethnique et multiconfessionnel. Cet enrichissement mutuel des différentes cultures, traditions et religions a toujours constitué la spécificité et la force distinctives de notre pays.


    La communauté musulmane de Moscou, par exemple, a émergé à l’époque médiévale, et cela se reflète dans les racines tatares de beaucoup de noms de rues de la capitale.


    Les traditions de l’Islam éclairé se sont développées au cours des siècles en Russie. Le fait que différents peuples et religions vivent paisiblement ensemble en Russie est en grande partie grâce à la communauté musulmane, qui a apporté une contribution remarquable à la préservation de l’harmonie dans notre société et s’est toujours efforcée de construire des relations au sein des  religions et entre elles fondées sur la tolérance pour les croyances des uns et des autres.


    Aujourd’hui, l’Islam traditionnel est une partie intégrante de la vie spirituelle de la Russie. Les valeurs humanistes de l’Islam, comme les valeurs de nos autres religions traditionnelles, enseignent aux gens la compassion, la justice et l’affection et les soins pour nos proches. Nous accordons une grande importance à ces valeurs.

     

     

     

    Le nombre de mosquées et de centres culturels islamiques a considérablement augmenté en Russie au cours des 20 dernières années. De superbes mosquées ont été construites dans le Tatarstan, le Bachkortostan, la Tchétchénie et d’autres régions russes. En 2003, notre pays est devenu un observateur permanent à l’Organisation de la Conférence Islamique. Des milliers de pèlerins en provenance de Russie font le Hajj, et le nombre de madrasas et d’écoles rattachées aux mosquées a également augmenté de manière considérable.


    Il est important d’éduquer les jeunes musulmans dans les valeurs islamiques traditionnelles et de prévenir les tentatives de nous imposer des conceptions du monde qui nous sont étrangères et qui n’ont rien à voir avec l’Islam authentique. Permettez-moi de déclarer que les autorités continueront d’aider à la relance du système russe d’écoles théologiques islamiques et d’éducation religieuse.


    Comme vous le savez, j’ai soutenu les autorités du Tatarstan et les principaux organes spirituels musulmans sur la question de la création de l’Académie Islamique Bulgare, relançant ainsi cet ancien centre musulman russe de religion et d’apprentissage.


    Bien sûr, nous devons continuer à développer le réseau des centres culturels et éducatifs musulmans. Leur but est de réunir les musulmans, de leur communiquer le code spirituel, culturel et moral inhérent à l’Islam traditionnel en Russie, d’aider à résoudre les problèmes communs et de participer à l’éducation des jeunes.

     

     

     

    Je relève le rôle important que les musulmans et surtout leurs chefs spirituels jouent dans le renforcement de l’harmonie interethnique et interreligieuse. Leur rejet et condamnation de toutes les formes de fondamentalisme et de radicalisme ont apporté une contribution majeure à la lutte contre le nationalisme et l’extrémisme religieux.


    Le travail dans ce domaine est d’autant plus important aujourd’hui, alors que nous voyons des tentatives d’exploitation cyniques des sentiments religieux à des fins politiques.


    Nous voyons ce qui se passe au Moyen-Orient (cela a déjà été mentionné ici aujourd’hui), où les terroristes du soi-disant « État islamique » pervertissent une grande religion mondiale, compromettant l’Islam, semant la haine, tuant des gens, y compris des religieux, et détruisant avec barbarie des monuments de la culture mondiale. Leur idéologie est construite sur des mensonges et des distorsions flagrantes de l’Islam.


    Ils essaient également de recruter des adeptes ici, en Russie. 
    Les dirigeants musulmans de la Russie utilisent courageusement et sans crainte leur influence pour résister à cette propagande extrémiste. Je tiens à exprimer mon immense respect pour ces personnes qui effectuent leur travail héroïquement et ont subi des pertes. Je ne doute pas qu’ils vont continuer d’éduquer les fidèles dans l’esprit de l’humanisme, de la compassion et de la justice.


    Chers amis, cette nouvelle mosquée est inaugurée alors que la communauté musulmane est sur le point de célébrer la grande fête de l’Aïd al-Adha. Permettez-moi de féliciter tous les musulmans de Russie en cette fête joyeuse et de vous souhaiter à tous les bienfaits, le bonheur et la prospérité.


    Je vous félicite en cette inauguration de la mosquée.

     

     

     

     

    Voir également :

     

    Le patriote russe et les saltimbanques français (1) et (2)


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    La Chine débarque aussi en Syrie !

    Publié par wikistrike.com sur 25 Septembre 2015, 08:26am

    Catégories : #Politique internationale

    Coucou...

    Coucou...

    L’arrivée récente de la Force Marine et Air russes en Syrie au port de Tartous a généré une quantité importante d’intérêt dans le monde entier, que la possibilité d’une intervention militaire directe de la Russie devient le point fort de la guerre sur ISIS (de l’Etat islamique d’ Irak et Al-Sham).

    Si les Russes ont commencé les opérations militaires en Syrie, quel rôle vont jouer les Etats Unis dans la lutte « Anti-ISIS » contre les groupes terroristes? Vont-ils se coordonner les uns avec les autres? Vont-ils éviter la « OrientForce »(1)?

    Il semble que les deux côtés ont leur propre stratégie de lutte contre ISIS, mais les États-Unis ont beaucoup plus d’expérience de la lutte contre ces groupes terroristes, malgré leur peu de succès à entraver leur croissance et leur avance en Syrie et en Irak.

    La Russie semble prête à prendre une approche similaire à la Coalition dirigée par les États-Unis; cependant, elle ne cherche pas l’aide des pays arabes voisins pour lutter contre ces groupes terroristes.

    Au lieu de cela, les Russes semblent avoir une éventualité qui implique une autre puissance mondiale de Coalition « Anti-ISIS » que celle menée par les USA.

    Chine… Mardi matin, un navire de la marine chinoise aurait traversé le canal de Suez en Égypte pour entrer dans la mer Méditerranée; sa destination n’a pas été confirmée.

    Toutefois, selon un officier supérieur de l’armée arabe syrienne (ASA) qui est stationné à l’intérieur de la ville côtière syrienne de Lattaquié, les militaires chinois et des moyens aériens devraient arriver dans les prochaines semaines (6 semaines) au port-ville de Tartous – il ne pouvait pas donner plus de détails.

    La Russie a clairement fait comprendre qu’elle prend un rôle actif dans ce conflit, l’arrivée de l’armée chinoise en Syrie fournira plus de perspicacité dans ce renforcement.

    Il semble que la Russie ne va pas combattre seul ISIS: le plan est similaire à l’idée des États-Unis d’une « coalition » de forces aériennes, mais beaucoup plus impliqué sur le terrain; ce que les États-Unis et leurs alliés ont évité depuis le début de la guerre contre ISIS.

    Malgré tout cela, la Russie et les Etats-Unis semblent de nouveau être dans une espace de course aux armements ou ils montrent activement leurs puissances grâce à leurs mandataires (États-Unis: les rebelles et la Russie: l’armée syrienne).


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    mardi 29 septembre 2015

    Comment les avions de combat russes sont-ils arrivés en Syrie sans que personne ne s’en aperçoive ?

    C’est avec surprise que la presse internationale a constaté la « téléportation » de 28 avions et hélicoptères de combat russes à l’aéroport international de Lattaquié.

    La découverte ne s’est faite qu’après l’étude d’images obtenues par satellite.

     

    La plupart des appareils appartiennent aux bases aériennes 387 et 368 de Boudionnovsk dans le Caucase : 12 avions Su-25SM et 16 hélicoptères d’attaque et de transport Mi-24PN, Mi-35M, Mi-8AMTSh.

     

    Comment sont-ils arrivés là ?

     

    satelit-russian-federation

    Personne n’a détecté au radar le vol de ces avions jusqu’à l’atterrissage en Syrie, bien que leur parcours passe au-dessus de la mer Caspienne et dans le nord de l’Irak, une zone contrôlée par des avions AWACS d’alerte précoce des Etats-Unis.

     

    L’armée américaine a déployé des appareils AWACS à la base aérienne d’Incirlik, dans l’Est de la Turquie et à Bahreïn.

     

    Ces avions ont un rayon de détection de 500 km et coordonnent les vols de bombardement contre l’EI dirigés par les États-Unis, dans le Nord, l’Ouest et le centre de l’Irak.

    A-50E-AEW-C-Presentation

    Ce n’est qu’après la publication par la presse des images satellites, le 20 septembre, qu’il y eut un réveil. Israël envoya aussitôt deux avions mini AWACS, type Gulfstream G550, en mission de patrouille le long de la côte libanaise en mer Méditerranée. Israël a anticipé, dans le passé, tous les mouvements dans l’espace aérien du Moyen-Orient.

    aviatia-israeliana

    FoxNews.com, dit que le 24 septembre, les pilotes russes ont exécuté les premiers vols d’acclimatation à partir de Lattaquié, escortés par des avions MiG-29 syrien.

     

    Les pilotes russes ont survolé les zones occupées par ISIS mais n’ont pas fait de frappes aériennes.

    isis-pozition

    L’aviation israélienne avait envoyé un avion Gulfstream G550, patrouiller en Méditerranée, entre le Liban et Chypre, sans parvenir, cette fois encore, à recueillir des informations utiles par le biais des recherches radio-électroniques.

    map-israel-siria

    Les avions de combat Su-27 et Su-24 ont la possibilité de voler en formation serrée avec l’avion de transport AN-124, à une altitude de plus de 10 000 mètres et à des vitesses proches de celles de l’An-124 (720-1000 km/h). Dans ces conditions, les échos radar fusionnent.

    Cependant, dans le cas d’un trajet de 2 400 km, le Su-25 dispose de réservoirs de combustible supplémentaires au niveau des ailes et du fuselage. Dans cette configuration il ne peut pas voler au-dessus de 8 000 m, et a une vitesse de 600 à 700 km/h, Une vitesse insuffisante pour un vol en formation avec l’Antonov.

    http://reseauinternational.net/le-premier-mouvement-important-de-Russie-en-Syrie/

     

    En ce qui concerne les hélicoptères, ils ne volent pas au-dessus de 4 000 m et ont une vitesse de 240 à 300 km/h (vitesse proche de celle à laquelle l’Antonov 124 ne peut se maintenir en l’air).

    Le mystère de l’invisibilité russe s’explique par l’accrochage aux avions Su-24, Su-25, Su-27 de containers ECM de type SAP-518/ SPS-171, et aux hélicoptères Mi-8AMTSh des équipements de contre-mesures électroniques de type Richag-AV, le tout ayant un rayon d’action de 400 km.

     

    Le plus surprenant, c’est que la Roumanie avait acquis en 1986 des conteneurs de brouillage SPS-141,d’une génération plus ancienne, mais abandonnés avec l’adhésion à l’OTAN.

    helicopter.20150929jpg

    Avant cela, les drones de surveillance russes de type Pchela 1T, avaient effectué des vols de reconnaissance à l’est de la province de Lattaquié en Syrie, pour situer les objectifs ISIS à neutraliser par l’infanterie syrienne, soutenue par plusieurs véhicules blindés russes BTR-82A.

    http://reseauinternational.net/les-troupes-au-sol-russes-entrent-en-action-en-Syrie/

    Pendant ce temps, l’aéroport de Lattaquié a été photographié par satellite par un avion russe Il-20 M1 qui est arrivé inaperçu en Syrie.

    L’avion a un système ELINT (Electronic Intelligence) qui dispose de divers équipements pour l’interception et le brouillage des communications militaires, radar et téléphonie mobile, d’appareils-photo haute résolution (A – 87P), d’un radar Kvalat-2 embarqué qui permet d’afficher sous forme numérique une carte du terrain jusqu’à une distance de 300 km, détectant automatiquement les véhicules en mouvement, les blindés, les pièces d’artillerie ou le déploiement de ceux déjà connus dans un autre emplacement.

    mini-awak

    Il faut s’attendre à ce que ces gros avions de reconnaissance Il-20 M1, avec leurs quatre moteurs turboréacteurs, effectuent des vols quotidiens dans l’espace aérien syrien.

    Ils disposent d’une autonomie de 8 heures sans ravitaillement en vol.

     

    L’Il-20 M1 et le drone Pchela 1T font partie du mécanisme ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) qui à son tour est incorporé dans la nouvelle structure de reconnaissance et de frappe C4I déployée par l’armée russe en Syrie, afin de lancer une éventuelle opération aéro-terrestre.

    http://reseauinternational.net/nouvelle-structure-reconnaissance-frappe-C4I-lArmee-russe/

    Valentin Vasilescu

    Traduction Avic – Réseau International

    radar

     
    Posté par Nadmiiiz à  - 

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    Discours de

    Vladimir Poutine à

    l’ONU [version complète]

    Version complète du discours de Vladimir Poutine lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le 28 septembre.


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    Vladimir ‎Poutine s’est exprimé lundi 28 septembre dans le cadre de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Un discours très commenté dans la presse internationale que Le Courrier de Russie a traduit dans son intégralité afin que chacun puisse se faire sa propre opinion. 

    Vladimir Poutine à la tribune de l'AG de l'ONU, le 28 septembre. Crédits : service de presse du Kremlin.

    Vladimir Poutine à la tribune de l’AG de l’ONU, le 28 septembre. Crédits : service de presse du Kremlin.

    « Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs,

    Le 70e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies est l’occasion de réfléchir au passé et de parler de notre avenir commun. En 1945, les pays vainqueurs du nazisme ont uni leurs forces pour poser les fondements solides de l’ordre mondial d’après-guerre. J’aimerais rappeler que les décisions majeures sur les principes de la coopération entre les États, les décisions sur la création de l’ONU, ont été prises dans notre pays, lors de la rencontre entre les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne qui s’est tenue à Yalta. Le système de Yalta a été obtenu après de nombreuses épreuves et au prix de dizaines de millions de vies et de deux guerres mondiales qui ont secoué la planète au XXe siècle. Soyons objectifs, ce système a aidé l’Humanité à traverser les événements tumultueux, parfois dramatiques, des 70 dernières années et a préservé le monde de bouleversements à grande échelle. L’Organisation des Nations Unies est une structure sans égale en termes de légitimité, de représentativité et d’universalité. Oui, ces derniers temps, l’ONU fait l’objet de nombreuses critiques. Elle manquerait soi-disant d’efficacité et les décisions les plus importantes reposeraient sur des divergences irréconciliables, principalement entre les membres du Conseil de Sécurité. Toutefois, j’aimerais souligner que les différends ont toujours existé à l’ONU, et ce au cours des ses 70 années d’existence. Et, de tout temps, le droit de veto y a été appliqué : y ont eu recours les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Union soviétique et ensuite la Russie. C’est tout à fait naturel pour une organisation aussi hétéroclite et représentative. Les fondateurs de l’ONU ne partaient pas du principe que l’unanimité y régnerait. L’essence de l’organisation réside précisément dans la recherche et l’élaboration de compromis, et sa force – dans la prise en compte d’opinions et de points de vue divers.

    Les questions discutées à l’ONU donnent lieu à des accords sous la forme de résolutions ou ne donnent lieu à aucun accord. Comme le disent les diplomates : « elles passent ou elles ne passent pas ». Et toute action entreprise par un État afin de contourner ce principe est illégitime et contraire à la Charte des Nations Unies et au droit international.

    Nous savons tous qu’après la fin de la Guerre froide – tout le monde le sait – un centre de domination unique est apparu dans le monde. Ceux qui se trouvaient au sommet de cette pyramide ont cédé à la tentation de croire que s’ils étaient aussi forts et exceptionnels, cela signifiait qu’ils savaient tout mieux que tout le monde. Et, par conséquent, qu’ils n’avaient pas besoin de l’ONU, qui, souvent, au lieu d’approuver automatiquement une décision, de la rendre légitime, ne faisait que leur « mettre des bâtons dans les roues ». Des discussions ont eu lieu sur le fait que l’organisation telle qu’elle avait été créée était devenue obsolète et avait accompli sa mission historique. Il est évident que le monde change et que l’ONU doit s’adapter à cette transformation naturelle. La Russie est prête, sur la base d’un consensus large, à œuvrer au développement futur de l’ONU avec tous ses partenaires, mais nous estimons que les tentatives visant à saper l’autorité et la légitimité de l’ONU sont extrêmement dangereuses. Elles pourraient conduire à l’effondrement de toute l’architecture des relations internationales. Auquel cas ne subsisterait plus aucune règle, si ce n’est la loi du plus fort.

    Ce serait un monde dans lequel l’égoïsme primerait sur le travail collectif, un monde dans lequel il y aurait de plus en plus de diktats et de moins en moins d’égalité, de démocratie réelle et de liberté, un monde dans lequel le nombre de protectorats dirigés de l’extérieur se multiplierait au détriment d’États véritablement indépendants. Au fond, qu’est-ce que la souveraineté étatique déjà mentionnée ici par mes collègues ? Il s’agit avant tout pour chaque être humain, pour chaque peuple, pour chaque État, d’être libre, de pouvoir décider librement de son avenir.

    Dans le même ordre d’idées, chers collègues, il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. En droit international et dans les affaires internationales, chaque terme doit être compréhensible, transparent et univoque. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter. Personne ne doit s’accommoder d’un modèle de développement unique reconnu une fois pour toutes par certains comme le seul acceptable.

    Nous ne devons pas oublier le passé. En ce qui nous concerne par exemple, nous nous souvenons notamment de l’histoire de l’Union soviétique. L’exportation d’expériences sociales, les tentatives visant à provoquer des changements dans l’un ou l’autre pays en partant de ses propres orientations idéologiques, ont souvent eu des répercussions tragiques et ont été synonymes non de progrès, mais de dégradation. Cependant, personne, semble-t-il, n’apprend des erreurs d’autrui, qui ne cessent d’être répétées. Et l’exportation de ce qu’on appelle désormais les révolutions « démocratiques » se poursuit.

    Crédits : service de presse du Kremlin

    Crédits : service de presse du Kremlin

    Il suffit d’examiner la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord, dont a parlé le précédent intervenant [le roi Abdallah II de Jordanie, ndlr]. Cela fait évidemment longtemps que les problèmes socio-politiques couvaient dans cette région et que les populations aspiraient à des changements. Mais qu’ont-elles obtenu en réalité ? L’intervention extérieure agressive à entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part.

    J’aimerais demander aux responsables de cette situation : « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ? » Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité.

    Il est déjà manifeste que l’absence de pouvoir constatée dans une série de pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord a conduit à la formation de zones anarchiques, rapidement envahies par des extrémistes et des terroristes. Des dizaines de milliers de combattants se battent déjà sous les drapeaux de l’ainsi nommé « État islamique ». On trouve parmi eux d’anciens soldats irakiens jetés à la rue suite à l’invasion de l’Irak en 2003. Un autre pays fournisseur de recrues est la Libye, dont la structure étatique a été détruite après la violation grave de la résolution n°1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd’hui, des membres de ce qu’on appelle l’opposition syrienne modérée, soutenue par l’Occident, viennent également grossir les rangs des radicaux.

    Une fois armés et formés, ceux-ci passent du côté de l’État islamique. Ce dernier n’a lui-même pas surgi de nulle part : il a également été dans un premier temps choyé en tant qu’instrument de lutte contre des régimes laïques indésirables. Après avoir créé une tête de pont en Syrie et en Irak, l’État islamique poursuit activement son expansion dans d’autres régions et cherche à dominer le monde islamique – mais pas seulement. Il est clair que ses plans ne se limiteront pas à cette région. La situation est on ne peut plus dangereuse.

    Dans ce contexte, il est hypocrite et irresponsable de faire de grandes déclarations sur la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux sur les flux de financement et de soutien des terroristes, notamment le trafic de drogues, de pétrole et d’armes, ou d’essayer de manipuler des groupes extrémistes, de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs politiques dans l’espoir de s’en débarrasser ensuite ou, plus simplement, de les éliminer.

    J’aimerais dire à ceux qui agissent et pensent réellement ainsi : « Messieurs, vous avez bien sûr affaire à des individus extrêmement cruels, mais ceux-ci ne sont absolument pas idiots ni primitifs, ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas encore qui utilise qui. » Les dernières informations sur le transfert d’armes aux terroristes par cette même opposition modérée ne font que le confirmer.

    Nous considérons que toute tentative visant à jouer avec les terroristes, et qui plus est à les armer, est non seulement irréfléchie mais également dangereuse. La menace terroriste mondiale pourrait s’en voir extrêmement accrue et peser sur de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que des combattants de nombreux pays, y compris européens, sont « rodés » dans les camps de l’État islamique.

    Malheureusement, chers collègues, je dois reconnaître que la Russie n’est pas ici une exception. Il est inadmissible que ces coupe-jarrets qui ont déjà senti l’odeur du sang retournent ensuite chez eux et y poursuivent leur sale besogne. Nous ne le voulons pas. Personne ne le veut, n’est-ce pas ? La Russie s’est toujours opposée avec fermeté et constance au terrorisme sous toutes ses formes.

    Aujourd’hui, nous apportons une aide militaro-technique à l’Irak, la Syrie et d’autres pays de la région qui luttent contre les groupes terroristes. Nous estimons que refuser de coopérer avec les autorités syriennes, avec l’armée gouvernementale, avec ceux qui affrontent courageusement le terrorisme, est une grave erreur. Il faut enfin reconnaître qu’hormis les troupes gouvernementales du président Bachar el-Assad et les milices kurdes en Syrie, personne ne se bat réellement contre l’État islamique et les autres organisations terroristes. Nous connaissons tous les problèmes de la région, toutes ses contradictions, mais nous devons tout de même nous fonder sur la réalité.

    Chers collègues, je ne peux que constater que, ces derniers temps, notre approche honnête et franche est utilisée comme prétexte pour accuser la Russie d’ambitions croissantes. Comme si ceux qui en parlent n’avaient aucune ambition. Mais l’essentiel, chers collègues, ce ne sont pas les ambitions de la Russie, mais le fait que la situation actuelle est devenue intolérable.

    Vladimir Poutine et Barack Obama lors de leur rencontre en marge de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Crédits : kremlin.ru

    Vladimir Poutine et Barack Obama lors de leur rencontre en marge de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Crédits : kremlin.ru

    En réalité, ce que nous proposons, ce n’est pas de se laisser guider par ses ambitions mais par des valeurs et des intérêts communs sur la base du droit international, de joindre nos efforts pour résoudre les nouveaux problèmes auxquels nous sommes confrontés et de créer une véritable et large coalition antiterroriste internationale. À l’instar de la coalition anti-hitlérienne, celle-ci pourrait unir dans ses rangs les forces les plus diverses, prêtes à combattre de façon radicale ceux qui, comme les nazis, sèment le mal et la haine.

    Les principaux membres de cette coalition doivent bien entendu être les pays musulmans. Car non seulement l’État islamique les menace directement mais, par ses crimes sanglants, il profane une des plus grandes religions du monde – l’islam. Les idéologues de ces combattants bafouent l’islam et dénaturent ses véritables valeurs humaines.

    J’aimerais m’adresser aux autorités spirituelles musulmanes : votre autorité et vos enseignements sont plus que jamais cruciaux. Il faut mettre à l’abri d’actes inconsidérés ceux que les combattants essayent d’enrôler, et aider ceux qui ont été trompés et qui, pour diverses raisons, se sont retrouvés dans les rangs des terroristes à trouver le chemin vers une vie normale, à déposer les armes et à cesser cette guerre fratricide.

    Dans quelques jours, la Russie, en tant que présidente du Conseil de Sécurité, convoquera une réunion ministérielle pour analyser en profondeur la menace qui pèse au Proche-Orient. Nous proposons de discuter en particulier de la possibilité d’adopter une résolution sur la coordination de toutes les forces qui luttent contre l’État islamique et d’autres groupes terroristes. Je le répète, cette coopération doit reposer sur les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

    Nous comptons sur le fait que la communauté internationale parvienne à élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de rétablissement socio-économique au Proche-Orient. Alors, chers amis, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés. Les personnes contraintes de quitter leur terre natale ont d’abord afflué dans les pays alentour et ensuite en Europe. Ils se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Il s’agit au fond d’une nouvelle grande migration amère et d’une dure leçon pour nous tous, y compris pour l’Europe.

    J’aimerais souligner que les réfugiés ont évidemment besoin de compassion et de soutien. Cependant, on ne pourra résoudre définitivement ce problème qu’en rétablissant la structure étatique là où elle a été détruite, en renforçant les institutions gouvernementales là où elles existent encore ou sont en train d’être reconstruites, et en fournissant une aide multiforme – militaire, économique et matérielle – aux pays en difficulté et, bien sûr, aux gens qui, malgré toutes les épreuves, ne sont pas partis de chez eux.

    Il va sans dire que toute aide aux États souverains ne doit pas être imposée mais proposée, et ce dans le strict respect de la Charte de l’ONU. Tout ce qui est fait et sera fait dans ce domaine conformément aux normes du droit international doit être soutenu par notre organisation, et tout ce qui contreviendra à la Charte devra être rejeté.

    Le plus important est, selon moi, de contribuer au rétablissement des structures étatiques en Libye, de soutenir le nouveau gouvernement irakien, et d’apporter une aide multilatérale au gouvernement syrien légitime.

    Chers collègues, la mission principale de la communauté internationale, guidée par l’ONU, reste de garantir la paix et la stabilité à l’échelle régionale et globale. Nous estimons qu’il nous faut former un espace de sécurité égale et indivisible, pas uniquement réservé à un cercle d’élus mais pour tout le monde. Oui, c’est un travail complexe, difficile et de longue haleine, mais il n’y a pas d’alternative.

    Cependant, la mentalité de « bloc » héritée de la Guerre froide et l’aspiration à conquérir de nouveaux espaces géopolitiques, que partagent certains de nos collègues, continuent malheureusement de prédominer. D’une part, ils poursuivent la politique d’élargissement de l’OTAN. À quoi bon vu que le pacte de Varsovie a cessé d’exister et que l’Union soviétique s’est effondrée ? Toujours est-il que l’OTAN non seulement subsiste mais s’élargit, à l’instar de ses infrastructures militaires.

    D’autre part, ils ont placé les pays post-soviétiques devant un choix erroné : l’Ouest ou l’Est ? Tôt ou tard cette logique de confrontation devait conduire à une crise géopolitique grave. C’est ce qui s’est produit en Ukraine, où ils ont utilisé le mécontentement d’une grande partie de la population envers les autorités en place et ont provoqué de l’extérieur une révolution armée, qui s’est transformée en guerre civile.

    Nous sommes convaincus que seul le respect complet et scrupuleux des accords de Minsk du 12 février 2015 permettront de mettre un terme à l’effusion de sang et de sortir de l’impasse. On ne garantira pas l’intégrité de l’Ukraine par les menaces et la force des armes. Mais cette intégrité doit être garantie. Il faut réellement tenir compte des intérêts et des droits des populations du Donbass, respecter leur choix, s’entendre avec elles, comme le prévoient les accords de Minsk, sur les éléments clés de la structure politique de l’État. C’est la condition du futur développement de l’Ukraine en tant qu’État civilisé, en tant que maillon essentiel dans la construction d’un espace commun de sécurité et de coopération économique tant en Europe qu’en Eurasie.

    Mesdames et messieurs, ce n’est pas un hasard si je vous parle d’espace commun de coopération économique. Encore récemment, il semblait qu’en matière économique, régie par les lois objectives du marché, nous apprendrions à nous passer des lignes de démarcation, que nous suivrions des règles transparentes et fixées ensemble, notamment les principes de l’OMC que sont le libre échange, la liberté d’investissement et la libre concurrence. Toutefois, aujourd’hui, les sanctions unilatérales contournant la Charte de l’ONU sont quasiment devenues la norme. Celles-ci poursuivent non seulement des objectifs politiques mais servent également à éliminer des concurrents sur le marché.

    Sergueï Lavrov, Vladimir Poutine et John Kerry en train de discuter à l'issue de la rencontre Poutine-Obama. Crédits : kremlin.ru

    De gauche à droite : le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, Vladimir Poutine et John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis, en train de discuter à l’issue de la rencontre Poutine-Obama. Crédits : kremlin.ru

    J’aimerais relever un autre symptôme de l’égoïsme économique croissant. Une série de pays ont choisi de former des unions économiques exclusives et fermées. En outre, ces pays négocient en cachette et n’informent ni leurs citoyens, ni leurs cercles d’affaires, ni l’opinion publique, ni le reste du monde, de leurs pourparlers. Les autres États dont les intérêts peuvent être en jeu ne sont eux non plus au courant de rien. Il est probable qu’on souhaite tous nous mettre devant le fait accompli, une fois que les règles du jeu auront été réécrites – de nouveau dans l’intérêt d’un cercle étroit d’élus, et ce sans consulter l’OMC. Avec pour conséquences le déséquilibre total du système commercial et le morcellement de l’espace économique mondial.

    Ces problèmes touchent aux intérêts de tous les États et influent sur les perspectives de l’économie mondiale dans son ensemble. C’est pourquoi nous proposons d’en discuter dans le cadre de l’ONU, de l’OMC et du G20. Pour faire contrepoids à la politique d’exclusivité, la Russie propose d’harmoniser les projets économiques régionaux, de favoriser « l’intégration des intégrations », sur la base des principes universels et transparents du commerce international. En qualité d’exemple, je peux vous citer le projet de coopération entre l’Union économique eurasiatique et l’initiative chinoise de créer une Ceinture économique de la route de la Soie. Par ailleurs, nous continuons à fonder de grands espoirs dans l’harmonisation des processus d’intégration dans le cadre de l’Union économique eurasiatique et de l’Union européenne.

    Mesdames et messieurs, parmi les défis auxquels est confrontée l’humanité entière, il y a également celui du changement climatique. Nous prêterons une grande attention aux résultats de la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra au mois de décembre à Paris. À l’horizon 2030, la Russie prévoit de limiter ses émissions de gaz à effet de serre à 70-75 % du niveau de 1990.

    Néanmoins, je propose d’envisager ce problème de façon plus large. Certes, en instaurant des quotas sur les rejets nocifs et en recourant à d’autres tactiques, nous pourrons peut-être atténuer pour un temps le problème, mais il est évident que ce n’est pas ainsi que nous le réglerons une fois pour toutes. Nous avons besoin d’approches fondamentalement différentes. Nous devons introduire de nouvelles technologies ne nuisant pas à l’environnement mais coexistant harmonieusement avec lui et qui permettront de rétablir l’équilibre biosphère-technosphère perturbé par l’homme. Ce défi est effectivement planétaire mais je suis persuadé que l’Humanité a le potentiel intellectuel nécessaire pour le relever.

    Nous devons unir nos efforts, et avant tout ceux des États qui disposent d’une base scientifique puissante et de travaux de recherche en sciences fondamentales. Nous proposons de convoquer sous l’égide de l’ONU un forum spécial où seront examinés en profondeur les problèmes liés à l’épuisement des ressources naturelles, à la destruction de l’habitat et au changement climatique. La Russie est prête à faire partie des pays organisateurs de ce forum.

    Mesdames et messieurs, chers collègues, le 10 janvier 1946 a marqué l’ouverture, à Londres, de la première séance de l’Assemblée générale de l’ONU. Dans son discours, le diplomate colombien Zuleta Angel, président de la commission préparatoire de la session, a formulé, à mon sens de façon très complète, les principes sur lesquels doivent se bâtir les actions de l’ONU. Il s’agit de la bonne volonté, du mépris des intrigues et des ruses, et de l’esprit de coopération.

    Aujourd’hui, ces mots résonnent en nous tous comme une recommandation. La Russie croit en l’énorme potentiel de l’ONU, qui doit contribuer à empêcher une nouvelle confrontation mondiale pour lui préférer une stratégie de coopération. Aux côtés des autres pays, nous continuerons à œuvrer au renforcement du rôle central de coordination de l’ONU.

    Je suis convaincu qu’ensemble nous rendrons le monde stable et sûr et que nous garantirons les conditions propices au développement de tous les États et de tous les peuples.

    Je vous remercie de votre attention. »


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    L'EI a un plan diabolique: utiliser des armes nucléaires

    Publié par wikistrike.com sur 30 Septembre 2015, 07:47am

     

    L'EI a un plan diabolique: utiliser des armes nucléaires

    L'Etat Islamique prépare un plan diabolique. Les musulmans extrémistes souhaitent mener "la plus grande purification religieuse de l'histoire". Pour arriver à ses fins, le groupe terroriste est prêt à utiliser des armes nucléaires. C'est ce qui ressort du témoignage de Jürgen Todenhöfer, un journaliste allemand infiltré au sein de Daech pendant dix jours.

    "Jihadi John", ce combattant britannique de l'État Islamique qui apparaît régulièrement lors des terribles vidéos de propagation diffusées par le groupe terroriste. © photo news.
     
    Daech est l'ennemi le plus brutal et le plus dangereux que j'ai pu voir tout au long de ma carrière. Je ne sais pas qui pourra les arrêter à court terme. Si un geste doit venir, ce sera du côté arabe mais je suis pessimiste à ce sujet
    Jürgen Todenhöfer, un journaliste allemand
    © anp.

    Jürgen Todenhöfer a rapporté son témoignage dans un livre "Inside IS: dix jours sur les traces d'IS". Pendant cette expédition délicate, ce journaliste allemand a pu compter sur la protection de "Jihadi John" (voir ci-contre), ce combattant britannique de l'État Islamique qui apparaît régulièrement lors des terribles vidéos de propagation diffusées par le groupe terroriste.

    Comme le rapporte le Daily Telegraph, Jürgen Todenhöfer répète qu'il ne faut pas "sous-estimer la puissance du danger de l'État Islamique". Selon lui, les djihadistes souhaitent "mener la plus grande purification religieuse de l'histoire où des centaines de millions de personnes perdront leurs vies".

    Plus grand que le Royaume-Uni
    Jürgen Todenhöfer ajoute que l''État Islamique contrôle aujourd'hui un territoire plus grand que le Royaume-Uni. Les djihadistes comptent sur le soutien d'une "armée de combattants enthousiastes".

    "Je n'ai jamais vu ça en période de guerre. Chaque jour, des centaines de volontaires arrivent des quatre coins du monde.

    Ils veulent tous se battre au sein de l'État Islamique, précise le journaliste allemand qui a séjourné à Raqqa et Mossoul, deux villes contrôlées par Daech.

    "Je ne sais pas qui pourra les arrêter"
    Pour préparer cette mission délicate, Jürgen Todenhöfer a discuté pendant de long mois avec "Jihadi John" via Skype.

     

    Les images brutales d'exécutions de journalistes ne l'ont pas effrayé. Le journaliste allemand avoue toutefois avoir écrit son testament avant de s'envoler vers la Syrie.

    "Daech est l'ennemi le plus brutal et le plus dangereux que j'ai pu voir tout au long de ma carrière.

     

    Je ne sais pas qui pourra les arrêter à court terme.

     

    Si un geste doit venir, ce sera du côté arabe mais je suis pessimiste à ce sujet", conclut le journaliste allemand.

     

    Source


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    Syrie : les Russes ont frappé des rebelles formés par la CIA (sénateur McCain)

    Publié par wikistrike.com sur 2 Octobre 2015, 05:47am

    Catégories : #Politique internationale

    Syrie : les Russes ont frappé des rebelles formés par la CIA (sénateur McCain)

    Mais c’est magnifique, les États-Unis reconnaissent qu’ils font de l’ingérence et qu’ils aident les rebelles censés faire tomber Bachar Al Assad, seulement, la différence entre les rebelles et les fanatiques de Daech est plus mince que du papier à cigarette, et du coup, les frappes de la Russie contribue à affaiblir les outils des États-Unis, inacceptable!!!

     

    Pour ceux qui auraient encore des doutes, suivez tout simplement l’argent, c’est celui-ci qui mène le monde, et celui-ci qui apporte généralement les réponses manquantes.

    Du coup, il faut bien évidemment décrédibiliser les frappes russes qui ne doivent qu’être catastrophiques au niveau impact, et qui ont tué nombre de civils.

    Le petit souci, c’est que si l’information se vérifie, l’annonce des victimes des frappes russes aurait été faite avant que les frappes ne commencent, un coup de propagande?

     

    Possible, nos médias et politiques ne sont plus vraiment à cela prêt…

     

    Quand aux saoudiens, ces pseudo-représentants des droits de l’homme qui décapitent pour une simple différence d’opinion, ils exigent que la Russie cesse son opération militaire. En gros, les russes ont fait mieux en deux jours que l’ensemble des pays soit-disant anti-Daech en plusieurs mois.

    Les russes sont en train de casser le jouet des « porteurs de démocratie » pour renverser Assad…

    Les bombardements russes en Syrie de mercredi ont visé des rebelles entraînés et financés par la CIA notamment pour combattre le groupe Etat islamique (EI), a affirmé l’influent sénateur américain John McCain.

    « Je peux absolument confirmer que ces frappes visaient l’Armée syrienne libre ou des groupes qui ont été armés et entraînés par la CIA », a affirmé jeudi matin M. McCain sur la chaîne de télévision CNN.

     

    « C’est une incroyable illustration de (…) ce qu’est la première priorité du (président russe Vladimir) Poutine », a ajouté M. McCain, président de la Commission des forces armées du Sénat.

    « C’est bien sûr pour soutenir » le président syrien Bachar el-Assad.


    Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a balayé jeudi les accusations du Pentagone, de la diplomatie française et du chef de l’opposition syrienne en exil, Khaled Khoja, selon lesquelles les frappes russes n’avaient pas visé l’EI mercredi.

     

    « Il semble qu’elles étaient dans des zones où il n’y avait probablement pas de forces du groupe Etat islamique », a notamment fait valoir le ministre américain de la Défense Ashton Carter, lors d’une conférence de presse mercredi.


    La Russie a mené de nouvelles frappes jeudi en Syrie, affirmant vouloir combattre uniquement les jihadistes de l’EI. Un groupe de rebelles soutenu par les Etats-Unis a indiqué avoir été la cible de frappes russes menées jeudi.


    Américains et Russes doivent se réunir d’urgence pour mettre en place un minimum de coordination et de dialogue pour éviter des incidents entre avions de chasse. Il s’agit d’éviter un incident militaire entre les avions russes et ceux de la coalition pilotée par les Etats-Unis en action depuis un an.

    Pour John McCain, Washington peut commencer « par dire aux Russes que nous allons voler partout où bon nous semble et qu’ils feraient bien de déguerpir de là ». « Deuxièmement, nous devons envisager des sanctions contre la Syrie.

    Troisièmement, nous mettons en place une stratégie qui est plus ou moins celle décrite par le général David Petraeus devant la Commission des forces armées du Sénat il y a environ deux semaines pour renverser la situation », a-t-il poursuivi.

     


    David Petraeus, ancien directeur de la CIA, a suscité l’admiration dans son pays pour avoir supervisé en 2007 le déploiement de 30.000 soldats américains en Irak et le redressement de la situation militaire sur place.

    Source: Lorientlejour.com 


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    Syrie : de la morale et de la realpolitik

    Publié le 29 septembre 2015 à 12:00 dans Brèves

     

    « Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d’avant la guerre », a déclaré Obama à propos d’Assad. « On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau. 

    Bachar al-Assad est à l’origine du problème et il ne peut pas faire partie de la solution », a déclaré pour sa part François Hollande.

    Quant à Poutine, après sa poignée de main avec le président américain, il y va franco de port : « J’ai le plus grand respect pour mes homologues américain et français mais ils ne sont pas des ressortissants syriens et ne doivent donc pas être impliqués dans le choix des dirigeants d’un autre pays. »

    On peut se demander, puisque sur le terrain les choses vont revenir au même, quelle différence il y a entre Obama et Hollande d’un côté et Vladimir Poutine de l’autre.

    C’est pourtant évident : c’est la morale. L’un ne se sent pas obligé d’en faire avant d’aller bombarder des salopards et des civils.

    L’un n’aura pas changé d’allié – un autre salopard mais catégorie en-dessous – en cours de route, façon réécriture permanente de l’histoire, comme dans 1984 quand Océania est alliée à Eurasia contre Estasia alors que c’était le contraire un an auparavant mais qu’il ne faut pas le dire et encore moins l’écrire.

    Bombarder l’Etat islamique, c’est aider Assad.

    On aura beau faire comme si, il faut assumer.

    Ou si vous préférez, quand on fait, tout comme les Russes, de la realpolitik néo-impérialiste, on pourrait au moins avoir la politesse de son cynisme et arrêter de parler des droits de l’homme : c’est encore plus obscène dans son genre.

    http://www.causeur.fr/syrie-poutine-hollande-obama-daech-34774.html?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=c84d432b2f-Newsletter_28_09_15&utm_medium=email&utm_term=0_e89bc7d32d-c84d432b2f-49033261

     

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    La Russie, envoie 6 MIG31 supplémentaires en Syrie, ce qui va faire mal au cul des américains !!!

    En plus d'assurer la protection des chasseurs bombardiers Russes, ces MiG-31 auront, en plus, le rôle d’empêcher les Américains de mettre en place une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

     

    Les Mig 31 sont équipés du fameux système de brouillage Richag-AV capable littéralement de rendre aveugle et inefficace tous les systèmes électroniques des avions de l'OTAN et pire encore.. humiliation suprême pour les américains, ce système est capable de brouiller les missiles patriotes !

    Le MiG-31 patrouille à haute altitude (20 000 m) avec une vitesse maximale de 3.000 km/h, pendant deux heures, couvrant un faisceau d’une ouverture de 400 km.

    Il peut détecter simultanément 24 cibles aériennes ou spatiales sur une distance allant jusqu’à 400 km, et peut choisir les 10 plus dangereuses d’entre elles pour diriger contre elles les missiles de longue portée.

    Le MiG-31 est armé de missiles BVR (Beyond-Visual Range : au-delà de la portée visuelle) R-33, R-37 et Novator KS-172S-1, d’une portée de 300 à 400 km.

     

    L’avion est efficace contre les missiles de croisière et les radars volants Boeing 737 (AEW&C) et E-3 Sentry (AWACS), sans lesquels il ne peut y avoir de zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

     
    Photo de Francois Montdemarsan.
     
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      Francois Montdemarsan 

      Une info également qui est passé totalement sous silence par les médias occidentaux, c'est que les Russes il y a 1 an ou 2 ont brouillé le guidage des missiles patriotes lancés par des navires américains au large de la syrie, pour assassiner le président Bachar El Assad. Ce sont des navires de guerre Russes de brouillage électronique qui ont dévié les missiles qui ont été s'écraser en mer !


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    L’Arabie saoudite annule une enquête contre elle pour crimes de guerre au Yémen

    Publié par wikistrike.com sur 3 Octobre 2015, 08:44am

    Catégories : #Politique internationale

    L’Arabie saoudite annule une enquête contre elle pour crimes de guerre au Yémen

    Les Pays-Bas ont abandonné leur proposition d'enquête de l’ONU sur les crimes de guerre présumés au Yémen en cédant à la résolution proposée par l’Arabie saoudite qui est accusée de faire le plus grand nombre de morts civils dans le conflit.

    L’Arabie saoudite encadre toute une coalition de pays arabes qui attaque les houthis depuis le mois de mars dans le but de remettre le président déposé Hadi au pouvoir. Et ses selon les données de l’ONU, ce conflit a fait au moins 2 355 morts parmi les civils pendant les six mois du conflit. La majorité d’entre eux a péri lors de raids Saoudiens.

    La dernière atrocité dans cette guerre est un raid apparemment saoudien qui a tué 131 personnes lors d'un mariage. Cependant, les Saoudiens ont démenti toute attaque de leur part.

    Selon Amnesty International, l’organisation de la défense des droits de l’homme, beaucoup de ces pertes civiles peuvent être considérées comme des crimes de guerre. Et le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé à une enquête indépendante et internationale sur les crimes de guerre présumés dans le pays.

    Après cet appel, les Pays-Bas ont proposé une résolution qui prévoit, entre autre, l’envoi d'experts de l’ONU au Yémen pour enquêter sur les crimes commis par toutes les parties. Cette proposition a été soutenue par un grand nombre de pays européens.

    Mais l’Arabie saoudite avec ces alliés de la coalition arabe, la Qatar et les Emirats arabes unis, ainsi que les membres du Conseil et le gouvernement yéménite en exil se sont opposés au document. Les Saoudiens, eux, ont gagné leur au conseil conformément à un accord secret avec le gouvernement britannique, selon Wikileaks.

    Pour sa part, l’Arabie saoudite a proposé sa propre résolution qui n’envisage pas d’enquête indépendante internationale et au lieu de cela a appelé l’ONU à soutenir une enquête menée par le gouvernement de Hadi. Les groupes de défense des droits de l’homme se sont prononcés contre cette résolution car elle pourrait diminuer les crimes saoudiens.

    En savoir plus : Wikileaks : petites combines du Royaume-Uni et de l’Arabie saoudite pour s’assurer des sièges au CDH

    Les Américains restent silencieux

    Alors que les Saoudiens continuent de pousser leur résolution, les Etats-Unis restent muets sur les débats et n’ont pas apporté leur soutien à la proposition néerlandaise en disant qu’ils «suivent de près les discussions actuelles».

    Les Etats-Unis eux-mêmes aident l’Arabie saoudite, leur allié dans la campagne de bombardements au Yémen en matière de logistique et de ciblage. Par ailleurs, les Etats-Unis sont le plus grand fournisseur d’armes aux forces armées saoudiennes. 
    Mercredi, les Pays-Bas ont annoncé qu’ils abandonnaient leur résolution, laissant ainsi l’Arabie saoudite seul contestateur de l’approbation de l’ONU.

    Et l’opposition de facto de Washington a joué un grand rôle dans, selon Nicolas Agostini, le représentant de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme : «L’expression trop tardive du soutien à la résolution néerlandaise et l’accent sur la nécessité d’atteindre le consensus a bénéficié de facto aux Saoudiens».

    Dans le même temps, «il s’agit d'une politique du deux poids deux mesures et de l’hypocrisie», estime Sreeram Chaulia, professeur associé de politique étrangère à la Faculté de Droit de Jindal à Sonipat.

    «Ainsi, les entendre parler de leur inquiétude concernant les pertes civiles n’est pas logique.

    Ils ont tué des milliers de personnes au Yémen et maintenant ils montrent de fausses images et utilisent une nouvelle propagande prétendant qu’il y a des morts parmi les civils, causés par les bombardements de l’aviation russe», a-t-elle déclaré à RT.

     

    Sourc


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