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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Apostat Kabyle AK

    Immigration, islam et double égorgement d'IKEA: la Suède dans une crise profonde

    Le double assassinat d'IKEA a fortement secoué les Suédois et n'a pas fini de remuer les ressentiments accumulées durant des années. Peut-être que la mort atroce de cette mère de 55 ans et de son fils de 28 ans va faire bouger les (trop) pacifiques Suédois, les faire enfin sortir de leur torpeur, de leur coma prolongé et les encourager à reprendre en main leurs destinées. En commençant tout d'abord par virer les politiciens et médias corrompus. Ce serait un formidable signal donné aux autres Occidentaux.

    J'en doute un peu, mais l'espoir fait vivre...

    ___________________________________

     

    Meurtres d'IKEA: la Suède en crise

     

    Gatestone Institue

     

    23 août 2015, par Ingrid Carlqvist

     

     

    Une poussée de rage a déferlé sur la docile Suède. Après le double homicide du magasin IKEA de Västeras, où un étranger en situation illégale a égorgé 2 Suédois, de plus en plus de gens se demandent pourquoi le gouvernement expose les citoyens suédois aux meurtriers à travers le monde. 

    [...]

    Le plus âgé des deux demandeurs d'asile, un homme de 36 ans, s'était fait refuser par deux fois le statut de résident en Suède - parce qu'il lui avait déjà été accordé en Italie - mais il n'avait pas encore été expulsé (les Erythréens sans permis de séjour des autres pays de l'UE cherchent systématiquement à venir en Suède).

    [...]

    La peur a maintenant frappé les Suédois. Les questions ont inondé les médias sociaux: qui sont ces gens qu'on a laissé entrer en Suède? Combien d'entre eux ne sont pas les victimes innocentes de la guerre qu'ils prétendent être, mais en fait des criminels de guerre et autres criminels qui se cachent parmi les réfugiés? Et devrions-nous payer des milliards en impôts pour supporter et abriter des citoyens d'autres pays, alors que certains d'entre eux essaient de nous tuer? 

     

    Le fait que la police réfute la rumeur persistante que l'une des victimes IKEA avait été décapitée ne fait que jeter de l'huile sur le feu.  

    Autant de questions sans réponses. Personne au gouvernement ne s'est donné la peine de faire une déclaration à propos du terrifiant double assassinat. Aucun des grands médias n'a confronté le gouvernement sur les crimes violents commis par des demandeurs d'asile contre les Suédois. Au contraire - les médias ont fait le maximum pour convaincre les Suédois que tout est sain et sauf en Suède. Mieux que jamais, en fait. Le lendemain du double assassinat, le plus grand journal du matin de Suède, Dagens Nyheter, a osé publier un article intitulé, "Après tout, la violence meurtrière est sur le déclin". L'article commence ainsi:  


    "Au cours des dernières semaines, plusieurs meurtres brutaux ont été commis, et beaucoup de personnes se demandent où va la société. La réponse est que la Suède est, malgré tout, devenue un endroit plus sûr. Les violences meurtrières sont à la baisse depuis un certain temps." 

     

    Nulle part l'article n'explique que la raison de cette baisse de la violence meurtrière est dû à la médecine d'urgence qui est maintenant en mesure de sauver la vie de beaucoup plus de victimes. 

    [...] 

    Les crimes violents sont en hausse de 300% et le viol ea augmenté de 1472% depuis 1975, l'année où le Parlement suédois a décidé de transformer la Suède pays homogène en un pays multiculturel.

    Quatre-vingt dix pour cent des demandeurs d'asile en Suède n'ont pas de papiers d'identité appropriés, de sorte qu'en réalité, on ne sait pas combien de meurtriers, de violeurs et de voyous se cachent parmi les quelque 100.000 personnes bénéficiant de l'asile en Suède chaque année.  


    Les Suédois frustrés hurlent maintenant leur impuissance sur les médias sociaux. L'ordre démocratique normal, où les citoyens peuvent communiquer avec les politiciens ou les médias pour faire entendre leur voix, s'est pratiquement évaporé. Les sites Web de journaux ont désactivé les zones de commentaires des lecteurs et les politiciens se cachent derrière un mur de fonctionnaires, qui expriment leurs inquiétudes sur le "raciste" et raccrochent. Des milliers de personnes témoignent sur Facebook. Une personne qui est venue pour exprimer son malaise sur la page Facebook du Service d'Immigration est Ewa, elle a écrit:  

    "Eh bien, je l'ai lâché le diable maintenant. J'ai appelé les Services d'Immigration et demandé à parler à un manager d'unité. ... Je lui ai passé un savon à propos de toutes les injustices que je pouvais ressentir, comme la façon dont nous traitons mal nos personnes âgées et comment nous les mettons hors de leurs maisons pour les donner aux demandeurs d'asileJe lui ai également dit que les femmes suédoises se sentent en danger en raison de tous ces viols collectifs perpétrés par des demandeurs d'asile et autres étrangers. Aussi, je lui ai demandé si nous allons tous être décapités avant qu'ils n'arrêtent d'accueillir toutes ces sortes de gens. ... Maintenant, je suis assise ici, me sentant complètement vidée après les pleurs, les cris, les discussions, la rage et toute cette frustration qui est en moi. Je lui ai dit il y a beaucoup d'entre nous qui se sentent déprimés à cause de ce que fait l'immigration. Il était vraiment désolé que je me sente ainsi. Oui, je lui ai dit, beaucoup de gens se sentent ainsi, mais ils ont peur d'ouvrir leur bouche pour ne pas être étiquetés de racistes. Vous ne devez même pas être un démocrate suédois pour ne pas voir que notre pays se désagrège de plus en plus, à chaque jour qui passe. Quelque chose dont vous et tous les autres des Services d'immigration êtes responsables. Je lui ai dit: Où puis-je présenter une demande d'asile, quand le jour viendra où je ne pourrai plus vivre ici? Notre pays est ruiné économiquement, socialement et ainsi de suite et vous êtes responsables. Il a répondu que ce sont les politiciens qui ont décidé, mais qu'ils feraient tout en leur pouvoir pour améliorer les choses ".

    Une autre femme, Amanda, a écrit sur Facebook qu'elle a envoyé un courriel au Premier ministre Stefan Löfven. Elle a noté que "rien ne peut changer, mais au moins je l'ai fait entendre ma voix." Son E-mail:  

    "Salut, pourquoi le premier ministre a pensé qu'il était essentiel et urgent d'aller parler de l'incendie de la mosquée à Eskilstuna, on ne savait même pas ce qui s'était passé quand il a tenu son discours? Mais maintenant, il est muet comme la tombe. Pourquoi? Ce sont ses / vos politiques d'immigration inconditionnelles et laxistes qui ont permis à ce coupable de se déplacer librement, malgré qu'il ait reçu un ordre d'expulsion non pas une fois, mais deux fois. Pouvez-vous me dire si c'est une chose à laquelle les citoyens de ce pays devraient s'habituer , que les immigrants, en recevant leurs ordres d'expulsion, tuent des gens afin d'obtenir un contrat à vie avec l'Etat suédois? Vous êtes personnellement responsables à chaque fois que ces choses se produisent, j'espère que vous en êtes conscients. Parce que ceci n'est pas rien, s'il n'y a pas de réponse politique au problème de l'immigration et à ... ses conséquences massives pour une nation toute entière."

    L'incendie de la mosquée d'Eskilstuna qu'Amanda a mentionné est arrivé le 25 décembre 2014. Un des nombreux incidents qui touchent les musulmans et les autres immigrants mais qui a fait l'objet d'une attention considérable, pendant que l'épidémie de viols en Suède est essentiellement ignorée. Après l'incendie, le premier ministre s'était empressé de faire une déclaration:

    "C'est ignoble, un acte méprisable. Nous ne tolérerons jamais ce type de crime. Les gens qui veulent pratiquer leur religion devraient avoir le droit de le faire. Aujourd'hui je ressens beaucoup de sympathie et d'empathie pour ceux qui sont touchés." 

    Trois mois plus tard, il est apparu qu'aucun crime n'était derrière l'incendie de la mosquée, et la police a laissé tomber l'enquête. Très probablement, l'incendie avait été causé par un accident ou par des enfants qui jouaient avec le feu. 

     

    Mais quand la femme suédoise et son fils sont brutalement égorgés à mort dans le lieu le plus emblématique de Suède - un magasin IKEA - le Premier ministre ne trouve rien à dire. 

     

    Les Suédois ne sont pas enclins à la rébellion. Pour trouver un citoyen suédois qui a pris les armes et qui a marché sur les citadelles du pouvoir, il faut remonter à Gustav Vasa - le roi qui, durant son règne, de 1523 à 1560, a fondé l'Etat-nation de la Suède. 

    [...] 

    Bien que la Suède d'aujourd'hui ne soit pas un territoire occupé, elle est régie par un pouvoir qui a arrêté le processus démocratique par l'Accord de Décembre. Lors de l'élection générale de 2014, les Démocrates de Suède (SD ), seul parti critique de l'immigration de masse,  est devenu le troisième plus grand parti au Parlement. La gauche et les blocs de centre-droit se sont alors entendus pour verrouiller le SD hors du pouvoir politique. 

    [...]

    Ainsi, l'Accord Décembre est en réalité une sorte de "course de relais" dictatorial: le gouvernement de gauche arrive à faire ce qu'il veut pour les quatre prochaines années, et après pour les quatre suivantes (s'il y a un changement du pouvoir), ce sera au tour du gouvernement de centre-droit. Cela signifie que les deux partis sont libres d'ignorer  58% des Suédois qui forment la "majorité silencieuse et qui pensent maintenant que l'immigration est trop élevée.

    Lorsque les Suédois ont eu connaissance de l'Accord de Décembre, ils ont serré les poings, formé des groupes Facebook et écrit des commentaires colériques sur Twitter et Facebook. Mais les politiciens se sont félicités les uns les autres du rétablissement de l'ordre nouveau; ils ont ignoré les préoccupations du peuple et la démocratie s'était un peu plus dégradée. 

    [...]  

    Quand "l'establishment" refuse de prendre les préoccupations des gens au sérieux, les rumeurs sur les médias sociaux se propagent rapidement. Une rumeur tenace affirme que Carola Herlin a été décapitée par le meurtrier érythréen. Selon les sources interrogées par Gatestone, la femme a eu la gorge tranchée et a également été poignardé à l'abdomen. Son fils a essayé de se défendre, mais il a reçu un coup de couteau mortel à l'estomac. 

     

    Lorsque Dispatch international a appelé Per Ågren, l'enquêteur de police en charge de l'affaire et l'a questionné sur la rumeur, il a dit: "Je ne vais pas confirmer ... ou décrire quoi que ce soit sur ce qui est arrivé, sauf pour dire que deux personnes ont été assassinées. Vous ne trouverez pas d'autres commentaire de ma part". 

     

    Une des premières mesures prises par la police après les meurtres d'IKEA avait été était de commencer à garder tous les bâtiments abritant des demandeurs d'asile dans le comté. Il y avait une certaine appréhension concernant les "forces obscures", avait déclaré la police, sans préciser qui étaient ces "forces obscures". La nuit du 15 Août, une maison d'asile d'Arboga a dû être évacuée après que quelqu'un ait crié quelque chose comme "une bombe à l'extérieur". Maintenant, les grands médias sont vraiment d'attaque: Carola et Emil Herlin, selon leurs conclusions, s'étaient juste trouvés "au mauvais endroit au mauvais moment." 

    [...] 

    Une fois de plus, ce sont les Suédois qui sont censés baisser la tête de honte. Nous ne sommes pas prétendument touchés par l'affliction, nous n'avons pas le droit d''être morts de peur à cause de la politique d'immigration de nos dirigeants - ce sont les demandeurs d'asile qui sont les victimes, même quand ils tuent, violent, volent et commettent des abus. 

     

    La question brûlante est: que feront ces gens que personne n'écoute? En 1989 en Allemagne de l'Est, les gens sont descendus dans les rues, ont escaladé le mur de Berlin et forcé le gouvernement à démissionner. Les autres dictatures communistes d'Europe de l'Est sont tombées de façon similaire. Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis (le droit de porter les armes) existe pour assurer que les citoyens sont en mesure de prendre le pouvoir d'un gouvernement tyrannique. 

     

    Si l'impuissance pousse les gens à répondre à la violence par la violence, peut-être ne faut-il pas se demander pourquoi les Suédois sont "racistes" parce qu'ils ne veulent pas de ce niveau d'immigration le plus élevé d'Europe? 


    La question la plus pertinente est pourquoi les gouvernements, l'un après l'autre, ont choisi de dépenser l'argent des contribuables suédois pour les citoyens d'autres pays. Alors que les étudiants suédois plongent dans les classements PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), 60% des prestations d'aide sociale vont aux immigrants qui représentent environ 15% de la population. Les soins de santé et autres services sociaux se détériorent, selon de nombreux Suédois, tandis que la violence est en augmentation exponentielle. Alors que de plus en plus de Suédois estiment qu'ils sont mal traités dans leur propre pays, les politiciens ont créé une poudrière prête à exploser à tout moment. 

     

    La vérité est que même les dociles suédois ont une limite. Lorsque ceux du pouvoir nous exposent à des bains de sang, que ce soit dans la grande place de Stockholm en 1520 ou chez IKEA à Västeras en 2015, il y aura toujours ceux qui sont prêts à renverser le puissant.Tout comme à l'époque de Gustav Vasa, beaucoup de Suédois ont des armes à feu. Elles ne sont pas aussi faciles à trouver qu'aux États-Unis, mais de plus en plus de Suédois obtiennent des permis de chasse, et sont par la suite légalement en mesure d'acheter des armes. A partir de maintenant en Suède, tout peut arriver. 

     

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    Mes autres posts sur le sujet:



    24/08/2015   http://apostat-kabyle.blog4ever.com/notifications

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    L’OTAN cherche à contourner la règle du consensus

    25 aout, 2015
    Articles d’actualité
    Hajnalka Vincze


    Le jour s'approche-t-il où l’Amérique pourra, de son seul fait, entraîner l’ensemble de l’OTAN dans une guerre ? La question n’est hélas pas aussi surréelle qu’elle n’y paraît. A la réunion ministérielle de l’Alliance, fin juin, le SACEUR (commandant suprême) « a reçu l’autorité d’alerter, de mobiliser et de préparer les troupes » de son propre chef, en attendant le feu vert du Conseil pour le déploiement sur le terrain. Mais soyons réalistes : les troupes déjà sur le tarmac, les avions prêts à décoller, les tambours battants – difficile d'imaginer comment un Etat membre réticent oserait, à ce stade, monter au créneau pour arrêter la machine de guerre de l’Alliance.

    Une décision à usage interne

    L'ambition qui se trouve derrière ce transfert d'autorité vers le commandant suprême, toujours américain, ne date pas d’hier. On se souvient lorsqu’en octobre 2011, le SACEUR de l’époque, l’amiral James Stavridis, annonça dans un tweet qu’il allait recommander aux 28 ambassadeurs de l’OTAN d’en finir avec les opérations de combat en Libye. Le malaise fut palpable et certains s’étaient offusqués d'avoir ainsi été publiquement mis devant le fait accompli par les Etats-Unis. Or avec le recul, et à la lumière de la décision de juin, ce « faux pas » de l’amiral ressemble plutôt à un ballon d’essai.

    Entre-temps, la crise russo-ukrainienne aidant, on est passé à la vitesse supérieure quant au contenu des pouvoirs à transférer au commandant US de l’Alliance. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’une décision pour terminer une guerre mais carrément pour la déclencher. Il ne s’agit pas non plus de faire une simple recommandation aux ambassadeurs, mais de pouvoir initier une série d’actes susceptibles de les mettre le dos au mur.

    Afin de bien prendre la mesure de cette décision, il convient de faire une ou deux précisions. Premièrement, le SACEUR n’est pas seulement le commandant suprême de l’Alliance atlantique : il est aussi et avant tout le commandant d’EUCOM, autrement dit le patron des quelques 70 000 militaires américains stationnés en Europe. Il est nommé par le président américain, et confirmé par le Sénat US –les représentants des 27 autres Etats membres de l’Alliance n’ont donc qu’à acquiescer de la tête. Tout au long de son mandat OTAN, le SACEUR dépend directement du Département de la Défense et son commandant en chef se trouve à la Maison Blanche.

    Deuxièmement, les décisions sur la préparation, la mise en alerte et la mobilisation des troupes sont tout sauf anodines. Dans une atmosphère de tension, elles risquent fort d’être perçues comme une provocation. Et de générer ainsi elles-mêmes la situation de crise à laquelle elles auraient été, soi-disant, censées répondre. D’autant plus que les nouveaux pouvoirs confiés au SACEUR s’étendent jusqu’à la toute dernière limite. Lorsqu’il estime qu’une crise se profile à l’horizon, il a désormais l’autorité, d'après les détails que nous fournit le magazine interne de l'US Army, d’« envoyer les troupes jusque sur le tarmac le plus proche pour qu’ils y attendent l’ordre ultime pour le décollage » de leurs avions.

    Troisièmement, ce transfert de pouvoir inédit au SACEUR tombe à un moment où, sur une question stratégique de la plus haute importance, à savoir l’attitude vis-à-vis de la Russie, une position commune des Etats membres est tout sauf acquise. Dans ces circonstances, la décision vise surtout à faire taire les éventuels récalcitrants. Quel meilleur moyen pour leur forcer la main que de les entraîner dans un mouvement de mobilisation sans avoir à attendre qu’ils acquiescent (ou qu’ils protestent).

    Précédents irakiens et autres

    En amont de cette décision, on trouve une série d’initiatives américaines (ou d’inspiration US) qui traduisent l’exaspération des Etats-Unis devant les efforts et astuces qu’ils doivent déployer pour mobiliser l’Alliance qu’ils dirigent. De temps à autre, ils n’hésitent pas à faire savoir combien la règle du consensus les agace. Certes, tous les alliés sont censés être égaux et souverains, et cela doit se refléter dans la manière dont leurs décisions se prennent. D’où la fameuse règle. Cela dit, la recherche du consensus entre en conflit non seulement avec la puissance relative, mais aussi et surtout avec les usages et les habitudes de l’Amérique.

    Quant à la conduite même d’une guerre, la solution US est bien huilée et toute prête : il s’agit, depuis belle lurette, de la mise en place de commandements parallèles. Un commandement OTAN, dirigé et massivement dominé par les Etats-Unis, et un autre, tout-Américain, à usage exclusif. Par conséquent, sur chaque théâtre d’opérations OTAN, il existe deux chaînes de commandements. Ce n'est pas un hasard si Hubert Védrine (ministre des Affaires étrangères au moment de l’intervention au Kosovo) a tenu à préciser que « sur toutes les cibles OTAN proprement dites, nous avons eu notre mot à dire ». Sous-entendu : il y avait aussi d’autres cibles. Des cibles réservées aux seules forces américaines, tout comme une partie des couloirs et des plans de vol. Le SACEUR se trouve donc, par la force des choses, en position de maître du jeu, puisqu’il est le seul à avoir une vue d’ensemble, et à commander sur les deux tableaux.

    Il n’en reste pas moins que cet arrangement, fort commode pour les Etats-Unis, laisse en suspens la décision sur le déclenchement même d’un conflit. L’idéal, du point de vue de l’Amérique, serait évidemment qu’elle puisse en décider seule et que les alliés la suivent. Sauf que la guerre en Irak a bel et bien démontré que ce ne serait pas forcément automatique.* Sans surprise, les membres du Congrès ont sauté sur l’occasion pour exiger un recadrage des alliés. Un amendement adopté au Sénat a sommé le président US de placer la révision de la règle du consensus en tête de l’agenda de l’Alliance. Y compris des discussions sur des méthodes qui assureraient plus de flexibilité au SACEUR dans la planification des opérations, avant le feu vert du Conseil de l’Atlantique du Nord, et « simplifieraient » donc le processus de prise de décision.

    En 2010, le Groupe d’experts présidé par l’ancienne Secrétaire d’Etat Madeleine Albright est revenu à la charge. Certes, leurrapport préconisait de « préserver la règle du consensus pour les décisions les plus importantes », mais affirmait en même temps que « L’Alliance devrait envisager de déléguer préalablement certains pouvoirs au secrétaire général ou aux chefs militaires de l’OTAN ». Soi-disant pour être en mesure de répondre de manière plus efficace à des situations d’urgence. Un an après, la question du consensus et/ou de la « simplification » du processus de décision est revenue sur le devant de la scène, lorsque l’Allemagne, la France et la Turquie ont hésité un moment avant d’accepter que l’OTAN soit en charge de la campagne libyenne.

    Stratégies obliques

    En réalité, chacun sait que le consensus devra être formellement maintenu comme règle, ne serait-ce que parce que les Etats-Unis restent, eux-mêmes, attachés au pouvoir de veto américain. Certes, le scénario d'une éventuelle mise en minorité des USA est du domaine de la fiction, au vu de l'écrasant poids de Washington, mais l'évocation d'une telle hypothèse a suffi à refroidir les ardeurs du Congrès. Comme l’a rappelé le Secrétaire d’Etat Colin Powell en réponse aux initiatives des parlementaires US, « les procédures actuelles de prise de décision marchent bien et servent les intérêts américains… aucun Etat membre de l’OTAN, y compris les Etats-Unis, n’accepterait de permettre que l’Alliance prenne des décisions en matière d’engagement militaire sans son accord ».

    D’autant que d’autres moyens existent pour marginaliser ceux qui ne suivraient pas mécaniquement l’Amérique. Au premier chef la procédure du silence, qui y est pour beaucoup dans l’apparente unité de l’Alliance. Les décisions, en général proposées par le plus puissant des Etats membres, sont acceptées à moins qu’un pays ne s’y oppose explicitement, en brisant le silence. Notamment par l’envoi formel d’une lettre d’objection au secrétaire général de l’OTAN. Rien de mieux pour encourager l’alignement. Ainsi, à la veille de l’intervention au Kosovo, il aurait été politiquement impossible pour le gouvernement grec, avec son opinion publique à 95% contre l’usage de la force militaire, de voter en faveur de la guerre. Néanmoins, grâce à la procédure du silence, il pouvait acquiescer en douce, sans faire trop de vagues, tout en obtenant de pouvoir rester en dehors des opérations de combat.

    Toujours est-il que dans le cas irakien le mécanisme a montré ses limites. Il aura donc fallu, pour les plus atlantistes, réfléchir en des termes plus radicaux pour assurer, en cas de crise, la prééminence des Etats-Unis. D’où cette idée d’un transfert d’autorité pur et simple aux instances militaires, dirigées par le SACEUR, un général américain. Un rapport récent de l’Assemblée parlementaire de l’Alliance a noté, justement, que dans la foulée de la crise en Ukraine c’est le SACEUR lui-même qui « a proposé de pouvoir autoriser la préparation et le positionnement des forces avant de recevoir l’autorisation du CAN ».

    Sauf que cette mesure nommée « Alerte, Préparation et Déploiement » a soulevé quelques réticences, tellement avec un SACEUR en droit d’envoyer des troupes sur le terrain, la mainmise américaine aurait été plus que flagrante. Le CAN « a clairement déclaré, conformément aux traditions constitutionnelles des pays membres, que la décision de procéder à tout mouvement de forces demeurera une décision politique. » L’exécution du plan se fera donc par étapes, la première (l’autorité déléguée au SACEUR pour mettre en alerte, organiser et positionner les forces jusque sur le tarmac) ayant été la décision prise en juin. En attendant, de pied ferme, le sommet de Varsovie l’année prochaine.

    Entre-temps, d’autres leviers sont actionnés en simultané, toujours dans le même ordre d’idées. Et ce afin de permettre à l’ensemble de l’Alliance atlantique d’être entraînée dans un mouvement initié et/ou encouragé par les Etats-Unis. Pour cela, il faudrait d’une part contourner le pouvoir de blocage des Etats récalcitrants, de l’autre permettre au reste de s’engager de manière plus discrète. Que ce soit par le rôle accru des forces spéciales et des drones, le recours au partage des moyens, ou à l’extension du financement en commun, le but du jeu est le même. Il s’agit d’enfermer les Etats membres dans un carcan militaro-financier, dans lequel l’embrigadement se fait presque par automatisme, et la responsabilité des gouvernements individuels s’efface derrière la feuille de vigne de l’Alliance atlantique.

     

    *Pour rappel, le 12 février 2003, la France, la Belgique et l’Allemagne se sont opposées à l’initiative US/OTAN pour préparer la défense de la Turquie, contre d’éventuelles attaques venues d’Irak. Les trois pays ont refusé d’entrer ainsi « dans une logique de guerre » alors même que les inspections de l’ONU se poursuivaient. Un affront « inexcusable », selon le secrétaire d’Etat Colin Powell, « une honte » et « une erreur horrible » pour le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, et entraînant une « crise de crédibilité » de l’Alliance, d’après l’ambassadeur américain à l’OTAN. Toutefois, la solution de rechange a été vite trouvée (en quatre jours exactement), en transférant la décision au Comité des plans de défense, où ne siégeait pas, à l’époque, la France.

     

    http://www.iveris.eu/list/articles_dactualite/49-lotan_cherche_a_contourner_la_regle_du_consensus


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    Poursuivons, après Colson et Ciccariello-Maher, notre exploration des anarchismes contemporains (leurs enjeux, leurs lignes de force et de fracture). Le débat élève en ce qu’il met à l’épreuve — parler à son semblable flatte et passe le temps, assurément, mais l’art du monologue a ses limites. Quoi de mieux qu’un ancien membre du Parti communiste, lecteur impénitent de Marx et pasolinien assumé, pour évoquer la tradition anarchiste, généralement hostile au marxisme mais pourtant si présente dans son œuvre ? D’autant que Jean-Claude Michéa occupe une place à part dans la pensée critique contemporaine : le philosophe montpelliérain, qui s’est fait connaître en réhabilitant le socialisme populaire, anticapitaliste et anti-autoritaire d’Orwell, se tient loin des médias, loue les vertus du football, affectionne le populisme, tance l’Université et éreinte à l’envi les intellectuels de la gauche plus ou moins radicale. Rixes et noms d’oiseaux : LordonCorcuffHalimiBoltanskiFassin, Garo et Amselle (rien moins) ont ferraillé contre celui, désormais proche des mouvements décroissants, qu’ils accusent de ravitailler la droite réactionnaire. Michéa semble s’en moquer éperdument, amusé, peut-être, à l’idée de scandaliser ceux qu’il assimile à la gauche « bohème » et « petite-bourgeoise » autant qu’à l’extrême gauche « culturelle ». Le penseur prise les phrases aux allures de piques : il arrive que l’on se perde en chemin mais son œuvre a le mérite de saler les plaies d’une gauche qui, trop souvent, a rompu les ponts avec les classes populaires.


    Vous venez du PCF et possédez, à la base, une formation marxiste. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces « frères ennemis », pour reprendre la formule de Guérin, que sont Bakounine, Proudhon, Rocker, Camus, Durruti, Voline, Goodman, Louise Michel, Albert Thierry, Chomsky, Landauer, James C. Scott ou Graeber, que vous ne cessez de citer au fil de vos textes ?

    Bien des problèmes rencontrés par le mouvement anticapitaliste moderne tiennent au fait que le terme de « socialisme » recouvre, depuis l’origine, deux choses qu’il serait temps de réapprendre à distinguer. Il s’applique aussi bien, en effet, à la critique radicale du nouvel ordre capitaliste issu des effets croisés de la révolution industrielle et du libéralisme des Lumières qu’aux innombrables descriptions positives de la société sans classe qui était censée succéder à cet ordre, qu’il s’agisse du Voyage en Icarie de Cabet, du nouveau monde sociétaire deCharles Fourier ou de la Critique du programme de Gotha de Karl Marx. Or il s’agit là de deux moments philosophiquement distincts. On peut très bien, par exemple, accepter l’essentiel de la critique marxiste de la dynamique du capital (la loi de la valeur, le fétichisme de la marchandise, la baisse tendancielle du taux de profit, le développement du capital fictif etc.) sans pour autant souscrire – à l’instar d’un Lénine ou d’un Kautsky – à l’idéal d’une société reposant sur le seul principe de la grande industrie « socialisée » et, par conséquent, sur l’appel au développement illimité des « forces productives » et à la gestion centralisée de la vie collective (pour ne rien dire des différentes mythologies de l’« homme nouveau » – ou artificiellement reconstruit – qu’appelle logiquement cette vision « progressiste »). C’est donc l’échec, rétrospectivement inévitable, du modèle « soviétique » (modèle qui supposait de surcroît – comme l’école de la Wertkritik l’a bien montré – l’occultation systématique de certains des aspects les plus radicaux de la critique de Marx) qui m’a graduellement conduit à redécouvrir les textes de l’autre tradition du mouvement socialiste originel, disons celle du socialisme coopératif et antiautoritaire, tradition que l’hégémonie intellectuelle du léninisme avait longtemps contribué à discréditer comme « petite-bourgeoise » et « réactionnaire ».

    « C’est avant tout la lecture deGuy Debord et del’Internationale situationniste(suivie de celle d’Orwell, de Laschet d’Illich) qui m’a rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste. »

    J’ajoute que dans mon cas personnel, c’est avant tout la lecture – au début des années 1970 – des écrits de Guy Debord et del’Internationale situationniste (suivie, un peu plus tard, de celle de George Orwell, de Christopher Lasch et d’Ivan Illich) qui m’a progressivement rendue possible cette sortie philosophique du modèle léniniste. Les analyses de l’I.S. permettaient à la fois, en effet, de penser le capitalisme moderne comme un « fait social total » (tel est bien le sens du concept de « société du Spectacle » comme forme accomplie de la logique marchande) et d’en fonder la critique sur ce principe d’autonomie individuelle et collective qui était au cœur du socialisme coopératif et de l’« anarcho-syndicalisme ». Et cela, au moment même où la plupart des intellectuels déçus par le stalinisme et le maoïsme amorçaient leur repli stratégique sur cet individualisme libéral du XVIIIe siècle – la synthèse de l’économie de marché et des « droits de l’homme » – dont le socialisme originel s’était précisément donné pour but de dénoncer l’abstraction constitutive et les implications désocialisantes.

    Mais, au fond, on sent que la tradition libertaire est chez vous une profonde assise morale et philosophique bien plus qu’un programme politique (pourtant présent, aujourd’hui encore, dans tous les mouvements anarchistes constitués de par le monde). Quelles sont les limites théoriques et pratiques que vous lui trouvez et qui vous empêchent de vous en revendiquer pleinement ?

    C’est une question assurément très complexe. Il est clair, en effet, que la plupart des anarchistes du XIXe siècle se considéraient comme une partie intégrante du mouvement socialiste originel (il suffit de se référer aux débats de la première internationale). Mais alors qu’il n’y aurait guère de sens à parler de « socialisme » avant la révolution industrielle (selon la formule d’un historien des années cinquante, le « pauvre » de Babeuf n’était pas encore le « prolétaire » de Sismondi), il y en a clairement un, en revanche, à poser l’existence d’une sensibilité « anarchiste » dès la plus haute Antiquité (et peut-être même, si l’on suit Pierre Clastres, dans le cas de certaines sociétés dites « primitives »). C’est ce qui avait, par exemple, conduit Jaime Semprun et l’Encyclopédie des nuisances à voir dans l’œuvre de Pao King-yen et de Hsi K’ang – deux penseurs chinois du troisième siècle – un véritable « éloge de l’anarchie » (Éloge de l’anarchie par deux excentriques chinois, paru en 2004).

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    Cela s’explique avant tout par le fait que la question du pouvoir est aussi ancienne que l’humanité – contrairement aux formes de domination capitalistes qui ne devraient constituer, du moins faut-il l’espérer, qu’une simple parenthèse dans l’histoire de cette dernière. Il s’est toujours trouvé, en effet, des peuples, ou des individus, si farouchement attachés à leur autonomie qu’ils mettaient systématiquement leur point d’honneur à refuser toute forme de servitude, que celle-ci leur soit imposée du dehors ou, ce qui est évidemment encore plus aliénant, qu’elle finisse, comme dans le capitalisme de consommation moderne, par devenir « volontaire ». En ce sens, il existe incontestablement une tradition « anarchiste » (ou « libertaire ») dont les principes débordent largement les conditions spécifiques de la modernité libérale (songeons, par exemple, à l’œuvre de La Boétie ou à celle descyniques grecs) et dont l’assise principale – je reprends votre formule – est effectivement beaucoup plus « morale et philosophique » (j’ajouterais même « psychologique ») que politique, au sens étroit du terme.

    « La critique anarchiste originelle laisse peu à peu la place à un simple mouvement d’extrême gauche parmi d’autres, ou même, dans les cas les plus extrêmes, à une posture purement œdipienne. »

    C’est évidemment la persistance historique de cette sensibilité morale et philosophique (l’idée, en somme, que toute acceptation de la servitude est forcément déshonorante pour un être humain digne de ce nom) qui explique le développement, au sein du mouvement socialiste originel – et notamment parmi ces artisans et ces ouvriers de métier que leur savoir-faire protégeait encore d’une dépendance totale envers la logique du salariat – d’un puissant courant  libertaire, allergique, par nature, à tout « socialisme d’Etat », à tout « gouvernement des savants » (Bakounine) et à toute discipline de parti calquée, en dernière instance, sur les seules formes hiérarchiques de l’usine bourgeoise. Le problème c’est qu’au fur et à mesure que la dynamique de l’accumulation du capital conduisait inexorablement à remplacer la logique du métier par celle de l’emploi (dans une société fondée sur le primat de la valeur d’usage et du travail concret, une telle logique devra forcément être inversée), le socialisme libertaire allait progressivement voir une grande partie de sa base populaire initiale fondre comme neige au soleil. Avec le risque, devenu patent aujourd’hui, que la critique anarchiste originelle – celle qui se fondait d’abord sur une « assise morale et philosophique » – laisse peu à peu la place à un simple mouvement d’extrême gauche parmi d’autres, ou même, dans les cas les plus extrêmes, à une posture purement œdipienne (c’est ainsi que dans un entretien récent avec Raoul VaneigemMustapha Khayati rappelait qu’une partie des querelles internes de l’I.S. pouvaient s’expliquer par le fait qu’« un certain nombre d’entre nous, autour de Debord, avait un problème à régler, un problème avec le père »).

    La multiplication des conflits de pouvoir au sein de nombreuses organisations dites « libertaires » – conflits dont les scissions répétitives et la violence des polémiques ou des excommunications sont un symptôme particulièrement navrant – illustre malheureusement de façon très claire cette lente dégradation idéologiqued’une partie du mouvement anarchiste moderne : celle dont les capacités de résistance morale et intellectuelle au maelstrom libéral sont, par définition, les plus faibles – comme c’est très souvent le cas, par exemple, chez les enfants perdus des nouvelles classes moyennes métropolitaines (le microcosme parisien constituant, de ce point de vue, un véritable cas d’école ). De là, effectivement, mes réticences à me situer aujourd’hui par rapport au seul mouvement anarchiste orthodoxe et, surtout, mon insistance continuelle (dans le sillage, entre autres, d’Albert Camus et d’André Prudhommeaux) à défendre cette idée de « décence commune » dont l’oubli, ou le refus de principe, conduit presque toujours un mouvement révolutionnaire à céder, tôt ou tard, à la fascination du pouvoir et à se couper ainsi des classes populaires réellement existantes.

    On a du mal à savoir ce que vous pensez précisément de l’État – une problématique pourtant chère aux marxistes comme aux anarchistes…

    Je n’ai effectivement pas écrit grand-chose sur cette question (sauf, un peu, dans la Double pensée et dans mon entretien avec le Mauss), tant elle me semble polluée par les querelles terminologiques. Ce que marxistes et anarchistes, en effet, critiquaient sous le nom d’État au XIXe siècle ne correspond plus entièrement à ce qu’on range aujourd’hui sous ce nom (pour ne rien dire de la critique libérale de l’État qui relève d’une autre logique, malheureusement trop facilement acceptée par certains « anarchistes » parisiens tendance Largo Winch). Le mieux est donc de rappeler ici quelques principes de bon sens élémentaire. Ce qui commande une critique socialiste/anarchiste de l’État, c’est avant tout la défense de l’autonomie populaire sous toutes ses formes (cela suppose naturellement une confiance de principe dans la capacité des gens ordinaires à s’autogouverner dans toute une série de domaines essentiels de leur vie).

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    Albert Camus

    Autonomie dont le point d’ancrage premier est forcément toujours local (la « commune » pris au sens large du mot – cf. Marx –, c’est-à-dire là où un certain degré de face-à-face, donc de démocratie directe – est en droit encore possible). Cela implique donc :
    a) la critique de tout pouvoir bureaucratique séparé et qui entendrait organiser d’en haut la totalité de la vie commune.
    b) la critique de la mythologie républicaine de « l’Universel » dont l’État serait le fonctionnaire, du moins si par « universel » on entend l’universel abstrait, pensé comme séparé du particulier et opposé à lui. L’idée en somme que les communautés de base devraient renoncer à tout ce qui les particularise pour pouvoir entrer dans la grande famille uniformisée de la Nation ou du genre humain. En bon hégélien, je pense au contraire que l’universel concret est toujours un résultat – par définition provisoire – et qu’il intègre la particularité à titre de moment essentiel (c’est-à-dire non pas comme « moindre mal », mais comme condition sine qua non de son effectivité réelle). C’est pourquoi – mais on l’a déjà dit mille fois – l’État et l’Individu modernes (autrement dit, l’État « universaliste » et l’individu « séparé de l’homme et de la communauté », Marx) définissent depuis le début une opposition en trompe l’œil (c’est Hobbes qui a génialement démontré, le premier, que l’individu absolu – celui que vante le « rebelle » libertarien – ne pouvait trouver sa vérité que dans l’État absolu [et réciproquement]).

    « Ce que marxistes et anarchistes critiquaient sous le nom d’État au XIXe siècle ne correspond plus entièrement à ce qu’on range aujourd’hui sous ce nom. »

    L’individu hors-sol et intégralement déraciné (le « self made man » des libéraux) n’est, en réalité, que le complément logique du Marché uniformisateur et de l’État « citoyen » et abstrait (tout cela était déjà admirablement décrit par Marx dans la question juive). La base de toute société socialiste sera donc, à l’inverse, l’homme comme « animal social » (Marx) et capable, à ce titre, de convivialité (le contraire, en somme de l’individustirnero-hobbesien). Le dernier livre de David Graeber sur la dette (qui prolonge les travaux du Mauss), contient, du reste, des passages remarquables sur ce point (c’est même la réfutation la plus cruelle qui soit du néo-utilitarisme de Lordon et des bourdivins). C’est pourquoi une critique socialiste/anarchiste de l’État n’a de sens que si elle inclut une critique parallèle de l’individualisme absolu. On ne peut pas dire que ce lien soit toujours bien compris de nos jours !

    Pour autant, et à moins de rêver d’une fédération mondiale de communes autarciques dont le mode de vie serait nécessairement paléolithique, il est clair qu’une société socialiste développée et étendue à l’ensemble de la planète suppose une organisation beaucoup plus complexe à la fois pour rendre possible la coopération amicale entre les communautés et les peuples à tous les niveaux et pour donner tout son sens au principe de subsidiarité (on ne délègue au niveau supérieur que les tâches qui ne peuvent pas être réalisé au niveau inférieur [ce qui est exactement le contraire de la façon de procéder liée à l’Europe libérale]). C’est évidemment ici que doit se situer la réflexion – compliquée – sur le statut, le rôle et les limites des services publics, de la monnaie, du crédit public, de la planification, de l’enseignement, des biens communs etc.

    Tout comme Chomsky, je ne suis donc pas trop gêné – surtout en ces temps libéraux – par l’emploi du mot « étatique » s’il ne s’agit que de désigner par là ces structures de coordination de l’action commune (avec, bien entendu, les effets d’autorité et de discipline qu’elles incluent) qu’une société complexe appelle nécessairement (que ce soit au niveau régional, national ou mondial). L’important devient alors de s’assurer du plus grand contrôle démocratique possible de ces structures par les collectivités de base (principe de rotation des fonctions, tirages au sort, interdiction d’exercer plus d’un mandat, contrôle des experts, référendums d’initiatives populaires, reddition des comptes, etc., etc.). Dans l’idéal, la contradiction dialectique entre la base et le « sommet » (et le mouvement perpétuel de va-et-vient entre les deux) pourrait alors cesser d’être « antagoniste ». Mais, vous le voyez, je n’ai improvisé là que quelques banalités de base.

    Comme vous le savez, le terme « libertaire » a été inventé par Déjacque en opposition au terme « libéral », lors d’une querelle avec Proudhon. Vous n’avez pas de mots assez durs contre les « libéraux-libertaires » chers, si l’on peut dire, à Clouscard. Comment expliquez-vous cette alliance a priori incongrue ?

    « De là le rôle philosophique que les premiers socialistes accordaient aux concepts de “communauté” (on a presque fini par oublier que le terme “socialisme” s’opposait à celui d’”individualisme”) et leur critique du dogme libéral. »

    On aura une idée supplémentaire de toutes ces difficultés sémantiques si l’on ajoute que la traduction américaine du mot « libertaire » (le journal de Joseph Déjacque était certes publié à New-York, mais uniquement en français) est libertarian. Or ce dernier terme (qu’on a curieusement retraduit par « libertarien ») en est peu à peu venu à désigner, aux États-Unis, la forme la plus radicale du libéralisme économique, politique et culturel – celle qu’incarnent notamment Murray Rothbard et David Friedman – au point d’être parfois considéré aujourd’hui comme un simple équivalent de celui d’« anarcho-capitaliste » ! Pour dissiper ce nuage d’encre, il est donc temps d’en revenir aux fondements mêmes de la critique socialiste originelle de l’anthropologie libérale. On sait, en effet, que pour les libéraux – il suffit de lire John Rawls – l’homme doit toujours être considéré comme un être « indépendant par nature » et qui ne peut donc chercher à nouer des liens avec ses semblables (ne serait-ce – écrit ironiquement David Graeber – que pour pouvoir « échanger des peaux de castor ») que dans la stricte mesure où ce type d’engagement contractuel lui paraît « juste », c’est-à-dire, en dernière instance, conforme à son « intérêt bien compris ».

    Dans cette perspective à la Robinson Crusoé (Marx voyait significativement dans le cash nexus des économistes libéraux – terme qu’il avait emprunté au « réactionnaire » Carlyle – une pure et simple « robinsonnade »), il va de soi qu’aucune norme morale, philosophique ou religieuse ne saurait venir limiter du dehors le droit « naturel » de tout individu à vivre en fonction de son seul intérêt égoïste (y compris dans sa vie familiale et affective), si ce n’est, bien entendu, la liberté équivalente dont sont supposés disposer symétriquement les autres membres d’une société libérale (les interventions de l’État « minimal » n’ayant alors plus d’autre prétexte officiel que la nécessité permanente de protéger ces libertés individuelles, que ce soit sur le plan politique et culturel – la défense des « droits de l’homme », y compris en Irak, au Mali ou en Afghanistan – ou économique – la défense de la libre concurrence et de la liberté intégrale d’entreprendre, de vendre et d’acheter). Or si la plupart des fondateurs du socialisme partageaient effectivement l’idéal émancipateur des Lumières et leur défense de l’esprit critique (ils étaient évidemment tout aussi hostiles que les libéraux aux sociétés oppressives et inégalitaires d’ancien régime), ils n’en dénonçaient pas moins l’anthropologie individualiste et abstraite sur laquelle cet idéal était structurellement fondé. À leurs yeux il allait de soi, en effet, que l’homme était d’abord un être social, dont la prétendue « indépendance naturelle » (déjà contredite par la moindre observation ethnologique) impliquait – comme Marx l’écrivait en 1857 – une « chose aussi absurde que le serait le développement du langage sans la présence d’individus vivant et parlant ensemble ».

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    Rosa Luxemburg

     « La liberté d’expression c’est d’abord et toujours, selon la formule de Rosa Luxemburg, la liberté de celui qui pense autrement. »

    De là, naturellement, le rôle philosophique absolument central que ces premiers socialistes accordaient aux concepts d’entraide et de « communauté » (on a presque fini par oublier que le terme de « socialisme » s’opposait, à l’origine, à celui d’« individualisme ») et leur critique corrélative du dogme libéral selon lequel l’émancipation intégrale des individus ne pourrait trouver ses ultimes conditions que dans la transformation correspondante de la société – pour reprendre une formule de l’école saint-simonienne – en une simple « agrégation d’individus sans liens, sans relations, et n’ayant pour mobile que l’impulsion de l’égoïsme » (la coexistence « pacifique » des individus ainsi atomisés devant alors être assurée par les seuls mécanismesanonymes et impersonnels du Droit et du Marché, eux-mêmes placés sous l’égide métaphysique du Progrès continuel de la Science et des « nouvelles technologies »). Il suffit, dès lors, de réactiver ce clivage originel (ce qui suppose, vous vous en doutez bien, une rupture radicale avec tous les postulats idéologiques de la gauche et de l’extrême gauche contemporaines) pour redécouvrir aussitôt ce qui sépare fondamentalement un authentique libertaire – celui dont la volonté d’émancipation personnelle, à l’image de celle d’un Kropotkine, d’un Gustav Landauer, ou d’un Nestor Makhno, s’inscrit nécessairement dans un horizon collectif et prend toujours appui sur les « liens qui libèrent » (comme, par exemple, l’amour, l’amitié ou l’esprit d’entraide) – d’un « libertaire » libéral (ou « anarcho-capitaliste ») aux yeux duquel un tel travail d’émancipation personnelle ne saurait être l’œuvre que d’un sujet « séparé de l’homme et de la communauté » (Marx), c’est-à-dire, en définitive, essentiellement narcissique(Lasch) et replié sur ses caprices individuels et son « intérêt bien compris » (quand ce n’est pas sur sa seule volonté de puissance, comme c’était par exemple le cas chez le Marquis de Sade).

    C’est d’ailleurs cette triste perversion libérale de l’esprit « libertaire » que Proudhon avait su décrire, dès 1858, comme le règne de « l’absolutisme individuel multiplié par le nombre de coquilles d’huîtres qui l’expriment ». Description, hélas, rétrospectivement bien prophétique et qui explique, pour une grande part, le désastreux naufrage intellectuel de la gauche occidentale moderne et, notamment, son incapacité croissante à admettre que la liberté d’expression c’est d’abord et toujours, selon la formule de Rosa Luxemburg, la liberté de celui qui pense autrement.

    L’an passé, Le Monde libertaire vous a consacré quelques pages. S’il louait un certain nombre de vos analyses, il vous reprochait votre usage du terme « matriarcat », votre conception de l’internationalisme et de l’immigration, et, surtout, ce qu’il percevait comme une complaisance à l’endroit des penseurs et des formations nationalistes ou néofascistes – au prétexte qu’ils seraient antilibéraux et que cela constituerait votre clivage essentiel, quitte à fouler aux pieds tout ce qui, dans ces traditions, s’oppose brutalement à l’émancipation de chacune des composantes du corps social. Comprenez-vous que vous puissiez créer ce « malaise », pour reprendre leur terme, au sein de tendances (socialistes, libertaires, communistes, révolutionnaires, etc.) dont vous vous revendiquez pourtant ?

    Passons d’abord sur l’idée grotesque – et visiblement inspirée par le courant féministe dit « matérialiste » – selon laquelle l’accumulation mondialisée du capital (dont David Harvey rappelait encore récemment qu’elle constituait la dynamique de base à partir de laquelle notre vie était quotidiennement façonnée) trouverait sa condition anthropologique première dans le développement du « patriarcat » – lui-même allègrement confondu avec cettedomination masculine qui peut très bien prospérer, à l’occasion, à l’abri du matriarcat psychologique. Une telle idée incite évidemment à oublier – comme le soulignait déjà Marx – que le processus d’atomisation marchande de la vie collective conduit, au contraire, « à fouler aux pieds toutes les relations patriarcales » et, d’une manière générale, à noyer toutes les relations humaines « dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

    « La conception de la solidarité internationale défendue par les fondateurs du mouvement ouvrier était impossible à confondre avec ce culte de la « mobilité » et de la « flexibilité » au cœur de l’idéologie capitaliste moderne. »

    Passons également sur cette assimilation pour le moins hâtive (et que l’extrême gauche post-mitterrandienne ne songe même plus à interroger) de l’internationalisme du mouvement ouvrier originel à cette nouvelle idéologie « mobilitaire » (dont la libre circulation mondiale de la force de travail et le tourisme de masse ne représentent, du reste, qu’un aspect secondaire) qui constitue désormais – comme le rappelait Kristin Ross – « le premier impératif catégorique de l’ordre économique » libéral. Mes critiques semblent avoir oublié, là encore, que l’une des raisons d’être premières de l’association internationale des travailleurs, au XIXe siècle, était précisément la nécessité de coordonner le combat des différentes classes ouvrières nationales contre ce recours massif à la main d’œuvre étrangère qui apparaissait déjà, à l’époque, comme l’une des armes économiques les plus efficaces de la grande bourgeoisie industrielle. Comme le soulignaient, par exemple, les représentants du mouvement ouvrier anglais (dans un célèbre appel de novembre 1863 adressé au prolétariat français), « la fraternité des peuples est extrêmement nécessaire dans l’intérêt des ouvriers. Car chaque fois que nous essayons d’améliorer notre condition sociale au moyen de la réduction de la journée de travail ou de l’augmentation des salaires, on nous menace toujours de faire venir des Français, des Allemands, des Belges qui travaillent à meilleur compte ».

    Naturellement, les syndicalistes anglais – étrangers, par principe, à toute xénophobie – s’empressaient aussitôt d’ajouter que la « faute n’en est certes pas aux frères du continent, mais exclusivement à l’absence de liaison systématique entre les classes industrielles des différents pays. Nous espérons que de tels rapports s’établiront bientôt[de fait, l’association internationale des travailleurs sera fondée l’année suivante] et auront pour résultat d’élever les gages trop bas au niveau de ceux qui sont mieux partagés, d’empêcher les maîtres de nous mettre dans une concurrence qui nous rabaisse à l’état le plus déplorable qui convient à leur misérable avarice » (notons qu’on trouvait déjà une analyse semblable des effets négatifs de la politique libérale d’immigration dans l’ouvrage d’Engels sur la situation de la classe laborieuse en Angleterre). Comme on le voit, la conception de la solidarité internationale défendue par les fondateurs du mouvement ouvrier était donc un peu plus complexe (et surtout impossible à confondre avec ce culte de la « mobilité » et de la « flexibilité » qui est au cœur de l’idéologie capitaliste moderne) que celle du brave Olivier Besancenot ou de n’importe quel autre représentant de cette nouvelle extrême gauche qui apparaît désormais – pour reprendre une expression de Marx – « au-dessous de toute critique ».

    Olivier Besancenot

    Quant à l’idée selon laquelle ma critique du capitalisme entretiendrait un rapport ambigu, certains disent même structurel, avec le « néofascisme » – idée notamment propagée par Philippe CorcuffLuc Boltanski et Jean-Loup Amselle –, elle me semble pour le moins difficile à concilier avec cet autre reproche (que m’adressent paradoxalement les mêmes auteurs) selon lequel j’accorderais trop d’importance à cette notion de common decency qui constituait aux yeux d’Orwell le seul fondement moral possible de tout antifascisme véritable. Il est vrai que les incohérences inhérentes à ce type de croisade (dont le signal de départ avait été donné, en 2002, par la très libérale Fondation Saint-Simon, avec la publication du pamphlet de Daniel Lindenberg sur les « nouveaux réactionnaires ») perdent une grande partie de leur mystère une fois que l’on a compris que l’objectif premier des nouveaux évangélistes libéraux était de rendre progressivement impossible toute analyse sérieuse (ou même tout souvenir concret) de l’histoire véritable des « années trente » et du fascisme réellement existant.

    « Faire place nette à cet “antifascisme” abstrait et instrumental sous lequel, depuis 1984, la gauche moderne ne cesse de dissimuler sa conversion définitive au libéralisme. »

    Et cela, bien sûr, afin de faire place nette – ce qui n’offre plus aucune difficulté majeure dans le monde de Youtube et des « réseaux sociaux » – à cet « antifascisme » abstrait et purement instrumental sous lequel, depuis 1984, la gauche moderne ne cesse de dissimuler sa conversion définitive au libéralisme. Bernard-Henri Lévy l’avait d’ailleurs reconnu lui-même lorsqu’il écrivait, à l’époque, que « le seul débat de notre temps [autrement dit, le seul qui puisse être encore médiatiquement autorisé] doit être celui du fascisme et l’antifascisme ». Or on ne peut rien comprendre à l’écho que le fascisme a pu rencontrer, tout au long du XXesiècle, dans de vastes secteurs des classes populaires, et des classes moyennes, si l’on ne commence pas – à la suite d’Orwell – par prendre acte du fait qu’il constituait d’abord, du moins dans sa rhétorique officielle, une forme pervertie, dégradée, voire parodique du projet socialiste originel (« tout ce qu’il y a de bon dans le fascisme – n’hésitait pas à écrire Orwell – est aussi implicitement contenu dans le socialisme »). Ce qui veut tout simplement dire que cette idéologie ontologiquement criminelle (analyse qui vaudrait également pour les autres formes de totalitarisme, y compris celles qui s’abritent aujourd’hui sous l’étendard de la religion) trouvait, au même titre que le socialisme, son point de départ moral et psychologique privilégié dans le désespoir et l’exaspération croissante d’une partie des classes populaires devant cette progressive « dissolution de tous les liens sociaux » (Debord) que le principe de neutralité axiologique libéral engendre inexorablement (processus qu’Engels décrivait, pour sa part, comme la « désagrégation de l’humanité en monades dont chacune à un principe de vie particulier et une fin particulière »).

    Naturellement, la fétichisation du concept d’unité nationale (qui ne peut qu’entretenir l’illusion d’une collaboration « équitable » entre le travail et le capital) et sa nostalgie romantique des anciennes aristocraties guerrières (avec son culte du paganisme, de la hiérarchie et de la force brutale) interdisaient par définition au fascisme de désigner de façon cohérente les causes réelles du désarroi ressenti par les classes populaires, tout comme la véritable logique de l’exploitation à laquelle elles se trouvaient quotidiennement soumises. De là, entre autres, cet « antisémitisme structurel » (Robert Kurz) qui « ne fait que renforcer le préjugé populaire du “capital accapareur” rendu responsable de tous les maux de la société et qui, depuis deux cents ans, est associé aux juifs » (Robert Kurz ne manquait d’ailleurs pas de souligner, après Moishe Postone, que cet antisémitisme continuait d’irriguer, « de façon consciente ou inconsciente » – et, le plus souvent, sous le masque d’une prétendue solidarité avec le peuple palestinien – une grande partie des discours de l’extrême gauche contemporaine). Il n’en reste pas moins que l’idéologie fasciste – comme c’était d’ailleurs déjà le cas, au XIXe siècle, de celle d’une partie de la droite monarchiste et catholique (on se souvient, par exemple, du tollé provoqué sur les bancs de la gauche par Paul Lafargue – en décembre 1891 – lorsqu’il avait osé saluer dans une intervention du député catholique Albert de Mun« l’un des meilleurs discours socialistes qui aient été prononcés ici ») – incorpore, tout en les dénaturant, un certain nombre d’éléments qui appartiennent de plein droit à la tradition socialiste originelle.

    « On aurait le plus grand mal à trouver dans l’œuvre de Fassin une seule page qui puisse inciter les gens ordinaires à remettre en question la dynamique aveugle du capital. »

    Tel est bien le cas, entre autres, de la critique de l’atomisation marchande du monde, de l’idée que l’égalité essentiellementabstraite des « citoyens » masque toujours le pouvoir réel de minorités qui contrôlent la richesse et l’information, ou encore de la thèse selon laquelle aucun monde véritablement communne saurait s’édifier sur l’exigence libérale de « neutralité axiologique » (d’ailleurs généralement confondue, de nos jours, avec le principe de « laïcité ») ni, par conséquent, sur ce relativisme moral et culturel « postmoderne » qui en est l’expression philosophique achevée (à l’inverse, on aurait effectivement le plus grand mal à trouver, dans toute l’œuvre d’Eric Fassinune seule page qui puisse réellement inciter les gens ordinaires à remettre en question la dynamique aveugle du capital ou l’imaginaire de la croissance et de la consommation). C’est naturellement l’existence de ces points d’intersection entre la critique fasciste de la modernité libérale (ou, d’une manière générale, sa critique « réactionnaire ») et celle qui était originellement portée par le mouvement ouvrier socialiste, qui allait donc permettre aux think tanks libéraux (Fondation Saint-SimonInstitut MontaigneTerra Nova, etc.) de mettre très vite au point – au lendemain de la chute de l’empire soviétique – cette nouvelle stratégie Godwin (ou de reductio ad hitlerum) qui en est progressivement venue à prendre la place de l’ancienne rhétorique maccarthyste. Stratégie particulièrement économe en matière grise – d’où le succès qu’elle rencontre chez beaucoup d’intellectuels de gauche – puisqu’il suffira désormais aux innombrables spin doctors du libéralisme de dénoncer rituellement comme « fasciste » (ou, à tout le moins, de nature à engendrer un regrettable « brouillage idéologique ») toute cette partie de l’héritage socialiste dont une droite antilibérale se montre toujours capable, par définition, de revendiquer certains aspects – moyennant, bien sûr, les inévitables ajustements que son logiciel inégalitaire et nationaliste lui impose par ailleurs.

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    George Orwell

    À tel point que les représentants les plus intelligents de cette droite antilibérale ont eux-mêmes fini par comprendre, en bons lecteurs de Gramsci, tout le bénéfice qu’il leur était à présent possible de tirer de leurs hommages sans cesse plus appuyés – et sans doute parfois sincères – à l’œuvre de Marx, de Debord ou deCastoriadis. Un tel type de récupération est, du reste, d’autant plus inévitable que le disque dur métaphysique de la gauche moderne – à présent « prisonnière de l’ontologie capitaliste » (Kurz) – ne lui permet plus, désormais, de regarder en face la moindre réalité sociologique concrète (comme dans le célèbre conte d’Andersen sur les Habits neufs de l’Empereur) et, par conséquent, de percevoir dans la détresse et l’exaspération grandissantes des classes populaires (qu’elle interprète nécessairement comme un signe de leur incapacité frileuse à s’adapter « aux exigences du monde moderne ») tout ce qui relève, au contraire, d’une protestation légitime (je renvoie ici au remarquable essai de Stephen Marglin sur The Dismal science) contre le démantèlement continuel de leurs identités et de leurs conditions matérielles de vie par la dynamique transgressive du marché mondialisé et de sa culture « postmoderne » (« cette agitation et cette insécurité perpétuelles » – écrivait déjà Marx – « qui distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes »).

    « La nouvelle stratégie Godwin apparaît bien comme l’héritière directe de la “Nouvelle Philosophie” de la fin des années soixante-dix. »

    De là, bien entendu, l’étonnante facilité avec laquelle il est devenu aujourd’hui possible de discréditer a priori toutes ces mises en question de la logique marchande et de la société du Spectacle qui, il y a quelques décennies encore, étaient clairement le signe d’une pensée radicale – qu’il s’agisse de l’École de Francfort, de l’Internationale situationniste ou des écrits d’Ivan Illich. Si, par exemple, le Front National – tournant le dos à la rhétorique reaganienne de son fondateur – en vient, de nos jours, à soutenir l’idée que les politiques libérales mises en œuvre par la Commission européenne, et le déchaînement correspondant de la spéculation financière internationale, sont l’une des causes majeures du chômage de masse (tout en prenant évidemment bien soin de dissocier ce processus de financiarisation « néolibéral » des contradictions systémiques que la mise en valeur du capital productif rencontre depuis le début des années soixante-dix), on devra donc désormais y voir la preuve irréfutable que toute critique de l’euro et des politiques menées depuis trente ans par l’oligarchie bruxelloise ne peut être que le fait d’un esprit « populiste », « europhobe » ou même « rouge-brun » (et peu importe, au passage, que le terme d’« europhobie » ait lui-même été forgé par la propagande hitlérienne, au cours de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de stigmatiser la résistance héroïque des peuples anglais et serbe à l’avènement d’une Europe nouvelle !).

    En ce sens, la nouvelle stratégie Godwin apparaît bien comme l’héritière directe de la « Nouvelle Philosophie » de la fin des années soixante-dix. À ceci près, que là où un Glucksmann ou un BHL se contentaient d’affirmer que toute contestation radicale du capitalisme conduisait nécessairement au Goulag, la grande innovation théorique des Godwiniens aura été de remplacer la Kolyma et les îles Solovski par Auschwitz, Sobibor et Treblinka. De ce point de vue, Jean-Loup Amselle – avec son récent pamphlet sur les « nouveaux Rouges-Bruns » et le « racisme qui vient » – est incontestablement celui qui a su conférer à ces nouveaux « éléments de langage » libéraux une sorte de perfection platonicienne. Au terme d’une analyse fondée sur le postulat selon lequel « la culture n’existe pas, il n’y a que des individus » (hommage à peine voilé à la célèbre formule de Margaret Thatcher), il réussit, en effet, le tour de force de dénoncer dans le projet d’une « organisation sociale et économique reposant sur les principes d’échange non marchand, de don, de réciprocité et de redistribution » – autrement dit dans le projet socialiste traditionnel – l’une des incarnations les plus insidieuses, du fait de son supposé « primitivisme », de cette « posture rouge-brune qui fait le lit du Front national et de Riposte laïque » (il est vrai qu’aux yeux de cet étrange anthropologue de gauche, les partisans de la décroissance, les écologistes et les « anarchistes de tout poil » avaient déjà, depuis longtemps, largement contribué à cette lente fascisation des esprits). Le fait qu’une pensée aussi délirante ait pu rencontrer un écho favorable auprès de tant d’« antifascistes » auto-proclamés (pour ne rien dire des éloges dithyrambiques d’un Laurent Joffrin) nous en apprend donc énormément sur l’ampleur du confusionnisme qui règne aujourd’hui dans les rangs de la gauche et de l’extrême gauche post-mitterrandiennes – mouvement anarchiste compris.

    « Je suis sincèrement désolé pour tous ces braves policiers de la pensée qui ne font, après tout, que le travail pour lequel l’Université les paye. »

    Et, comme par hasard, c’est précisément dans un tel contexte idéologique – contexte dans lequel tous les dés ont ainsi été pipés d’avance – que tous ceux qui tiennent la critique socialiste de Marx, d’Orwell ou de Guy Debord pour plus actuelle que jamais et contestent donc encore, avec un minimum de cohérence, le « monde unifié du capital » (Robert Kurz), se retrouvent désormais sommés par les plus enragés des « moutons de l’intelligentsia » (Debord) de s’expliquer en permanence sur la « complaisance » que cette critique entretiendrait nécessairement avec les idéologies les plus noires du XXe siècle. Avec à la clé – j’imagine – l’espoir des évangélistes libéraux d’amener ainsi tous ces mauvais esprits à mettre, à la longue, un peu d’eau dans leur vin, de peur de passer pour « passéistes » ou « réactionnaires ». Tout comme, sous le précédent règne du maccarthysme, c’était, à l’opposé, la peur d’être assimilés à des « agents de Moscou » qui était censée paralyser les esprits les plus critiques. Il se trouve hélas (et j’en suis sincèrement désolé pour tous ces braves policiers de la pensée qui ne font, après tout, que le travail pour lequel l’Université les paye) qu’il y a déjà bien longtemps que j’ai perdu l’habitude de me découvrir – dans la crainte et le tremblement – devant chaque nouvelle procession du clergé « progressiste » (ou, si l’on préfère, devant chaque nouvelle étape du développement capitaliste).

    Mais n’est-ce pas George Orwell lui-même qui nous rappelait qu’« il faut penser sans peur » et que « si l’on pense sans peur, on ne peut être politiquement orthodoxe » ?

    Source : Ballast, pour Revue Ballast, le 4 février 2015.

     
     
     

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    Vidéo 3 : https://www.youtube.com/watch?v=87XECgB_VQo



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    Guerre sans merci au Yémen : les massacres saoudo-US se poursuivent (26-08-2015 – VOSTFR)



    Bulletins d'information de la chaîne yéménite Al-Masira, 26 août 2015 (sous-titres français).

     

     

     

    « En 5 mois [de guerre], le Yémen a été réduit à l’état de la Syrie après 5 ans », a déclaré Peter Maurer, le Directeur de la Croix-Rouge Internationale, le 19 août 2015.

     

    Ces images difficiles, qui mettent des visages et des noms sur les innombrables victimes civiles, peuvent contribuer à donner une idée de l'ampleur des massacres indicibles que perpètrent quotidiennement les forces de la coalition saoudo-US contre la population du Yémen, avec une barbarie sans exemple dans l'histoire qui éclipse même les crimes sionistes à Gaza, et de l'incroyable esprit de résistance du peuple yéménite malgré l'abandon de la communauté internationale.

     

    La France hollandienne, terroriste et apatride, s'honore de participer activement, via ses armements éthérés et pacifistes, à cette « boucherie héroïque ».

     

     

    Bulletin n° 1 :

     

     

    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZRnioPr6m18

     

     

    Transcription :

     

     

     

    [Civil] – Toutes ces maisons étaient des habitations civiles, et elles ont été détruites sur leurs têtes ! Quelle était leur faute ?

     

    [Journaliste] Un nouveau crime odieux, au faîte de la cruauté, s'ajoute aux précédents, à savoir les frappes aériennes de l'agression saoudo-américaine aux premières lueurs de l'aube, des bombardements impitoyables contres des habitations civiles de la ville de 'Amid à Sanhan, dans la banlieue de Sanaa.

     

    Ils ont causé la mort du citoyen Abdallah Khalifa et de sa fille Du'a qui était en classe de 4e/3e [équivalence], ainsi que leur voisine, le nourrisson Mawada Zahed qui n'avait même pas un an. Tous ont été tués par l'effondrement du toit de la maison qu'ils louaient.

     

    Et après que les corps aient été évacués, il ne restait rien de la maison, qui avait été complètement rasée, sinon quelques jouets de l'enfant Shahina, et le désespoir de l'épouse dont l'agression a anéanti toute l'existence.

     

    [Mère de victimes]  Ils viennent tuer les enfants, démolir les maisons, tuer les femmes, ils commettent un grand péché.

     

    [Journaliste] – Qui a été tué dans votre famille ?

     

    – Mon mari et ma fille Du'a. Vous vous souvenez, vous les aviez rencontrés samedi (22 août).

     

    – Et aujourd'hui ?

     

    – Et aujourd'hui, Dieu leur fasse miséricorde, ils ont trouvé le martyre à cause des frappes aériennes. O mon Dieu, tous les miens ont été emportés par ces frappes. Et je suis maintenant seule au monde, avec personne d'autre que Dieu sous les cieux, ni père, ni mère, ni mari, ni enfants, sans ressources, avec Dieu seul.

    [Père de victimes] – Nous sommes des gens démunis, et nous étions dans cette maison que nous louons, moi, ma femme et mes enfants, tous les 4.

     

    [Civil] – Où sont les droits de l'enfant ? Où sont les droits de l'homme ? Où est le droit, où sont les bienfaits (que prétendent apporter les Saoud) ? Vous tuez même les nourrissons ? Quelle faute ce bébé a-t-il commise ?

     

    [Père de victimes] – (Ils ont tué) mon enfant et ma fille de 19 (ans), vous savez. Pourquoi ce carnage ? Où sont les cibles (militaires) ? Quel est leur péché ?

     

    [Journaliste] Les dégâts de ce bombardement meurtrier ne se sont pas limités à la maison qui a été complètement détruite sur la tête de ses habitants, mais se sont étendus à toutes les maisons et voitures avoisinantes. Et quant aux familles rescapées qui ont enterré leurs victimes, elles ont fait le serment d'honorer et de venger ce sang versé, et que les crimes perpétrés par les Saoud et les Etats-Unis ne resteront pas impunis.

     

    [Civil] – De ce côté, ils ont rasé deux maisons. Et de l'autre côté, toutes les maisons ont été touchées et sévèrement endommagées. Et ces frappes criminelles de ces Saoud méprisables sont viles et lâches.

     

    [Civils] – [Nous ne cèderons ni n'oublierons jamais et nous nous vengerons].

     

    [Civil] – Malheur à toi sale chien de Salmane [ben Abdelaziz al Saoud, Roi d'Arabie Saoudite] !

     

    [Vieille femme]  Nous ne nous soumettrons jamais, jamais, jamais ! Tous porteront des armes pour faire face à cette agression, jusqu'aux femmes et aux enfants.

     

    [Civil] – Nous rendrons deux kilos pour chaque kilo (de bombes et de destructions infligées), et deux tonnes pour chaque tonne.

     

    [Civil] – Si Dieu le veut.

     

    [Civil] – Nous sommes un peuple valeureux et puissant.

     

    [Civil] – Je le jure par Dieu, si vous ne laissez pas le Yémen en paix, nous vous enterrerons tous ô Saoud ! S'ils ne cessent pas, les Yéménites les enterreront tous et le Yémen sera leur cimetière.

     

    [Civil] – [Nous ne cèderons ni n'oublierons jamais et nous nous vengerons].

     

    [Civils] – Dieu est Le plus Grand ! Mort à l'Amérique ! Mort à Israël ! Mort aux Saoud !

     

    [Journaliste] A l'encontre des civils du peuple le plus courageux qu'ait connu la Terre et ceux qui l'habitent, sont commis les crimes les plus atroces de notre temps, mais ils ne seront pas impunis : tout le sang qui a été versé injustement confirme l'inéluctable nécessité de couper la tête du serpent [la dynastie Saoud] au coeur de son repaire, pour préserver de son poison les Yéménites en premier lieu, et tous les peuples du monde. Près de la maison détruite dans la ville de 'Amid à Sanhan, dans la banlieue de Sanaa, Munataf al-Mawjani pour la chaîne TV Al-Maseera.

     

     

    Bulletin n° 2 :

     

     

    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Dp6_uSNIYGE

     

     

    Transcription :

     

     

     

    [Journaliste] Ils dormaient paisiblement dans leurs maisons, se sentant en sécurité. C'étaient des habitants de la région de Berkal, dans le prefectorat de Razih, frontalier du gouvernorat de Saada, et ils ont été ciblés par l'agression saoudo-US hier, en pleine nuit, par plusieurs frappes aériennes qui ont causé un martyr et 6 blessés dont une femme ainsi que des personnes âgées au sein des trois familles touchées dans la région.

     

    [Civil] – Il y a eu trois frappes durant la nuit dernière sur la région de Berkal, trois frappes perpétrées par le régime criminel saoudien, l'ennemi de Dieu, l'agent des Etats-Unis et d'Israël. 

     

    [Civil] – Le peuple yéménite dans sa totalité est ciblé par les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, ainsi que les pays du Golfe. Pourquoi donc ? Ne sommes-nous pas leurs voisins, ayant donc des droits sur eux (islamiquement) ? Nous sommes leurs voisins, leurs voisins, n'est-ce pas ? Ils bombardent après le dîner, ils bombardent le matin, ils bombardent au déjeuner, ils bombardent à toute heure ! Alors que les gens sont dans leurs demeures, dans leurs maisons, en sécurité. Nous ne pouvons que nous en remettre à Dieu.

     

    [Journaliste] Tous les jours, l'agression saoudo-US perpètre de nouveaux crimes contre les civils, comme les frappes contre la région de Bani Sayyah située entre les régions de Bani Alqam et d'Al Nadhir, jusqu'à la région de Berkal, tous ces crimes ayant été commis durant les trois derniers jours seulement.

     

    [Civil] – Ils bombardent les maisons, détruisent les mosquées, chassent les gens de leurs demeures et de leurs maisons. Tels sont les actes de Salmane [roi saoudien] (souiller le Coran). Hier ils ont ciblé la mosquée, et aujourd'hui, ils démolissent les maisons sur leurs habitants, et ils font des victimes et des réfugiés sans abris. Tels sont les actions des Etats-Unis et d'Israël qui terrorisent la population et les simples habitants. 

     

    [Civil] – Nous déclarons à la corne du diable [l'Arabie Saoudite] : quelle que soit l'étendue de tes frappes, de tes destructions et de tes bombardements, tout cela ne nous fera pas plier ou nous soumettre, et jamais nous ne cèderons ni ne demanderons merci, et nous ne nous prosternerons que devant Dieu ! Les Saoud vont découvrir qui est le peuple yéménite : vous avez déjà fait sa connaissance, et vous le connaitrez encore mieux bande de lâches !

     

    [Journaliste] Ces actes criminels sont perpétrés par le régime saoudo-US contre les civils, qui espère parvenir ainsi à une victoire ne serait-ce que dans les médias, afin de masquer les défaites humiliantes qui lui ont été infligées durant les 5 derniers mois. Yeha Chehari, pour la chaîne TV Al-Maseera.

     

     

    Bulletin n° 3, 25 juillet 2015 :

     

     

    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=87XECgB_VQo

     

     

    Transcription :

     

     

    [Journaliste] A l'ombre d'un silence international qui a ignoré tous les principes et piétiné tous les chiffres, les forces du crime et du mal ont perpétré un nouveau crime dans la ville de Bakha, où la nuit dernière, cette force a détruit un immeuble résidentiel sur ses habitants, cela à 10 heures du soir précisément, moment où les conditions de cette région très chaude poussent les gens à se rencontrer pour se reposer, dans le lieu de leur vie quotidienne.

     

    [Civil] – Ils nous bombardent sans répit, (alors qu'il n'y a) pas de cibles militaires chez nous, pas d'armée, rien de rien, même pas l'ombre d'une arme. Comment dire... Il est impossible de comprendre une telle barbarie. Je le jure par Dieu, c'est impossible. Juste là, il y a plus de 20 victimes, dont j'ai dû récupérer les corps moi-même dans les décombres, par mes propres mains. J'ai retrouvé plus de 20 corps sous les décombres, de mes propres mains. Quel était leur péché ? Alors qu'il n'y a aucune base militaire à proximité, aucune arme, aucun milicien. Que dire ? Ils sont (pires que) les Juifs de Bani Nadhir (tribus de Médine ayant comploté contre la vie du Prophète).

     

    [Civil] – Vers 10h, je suis sorti et j'ai entendu le bruit d'une frappe, [propos indistincts]. Je suis retourné à couvert, et j'ai assisté à 3 ou 4 frappes.

     

    [Journaliste] – (Des frappes) successives ?

     

    [Civil] – Oui, successives, espacées de 5 ou 10 minutes.

     

    [Journaliste] – Quel type de frappes ?

     

    [Civil] – Des tirs de missiles, des frappes aériennes.

     

    [Journaliste] Des corps réduits en bouillie et des membres déchiquetés, certains étant carbonisés au point qu'il est impossible de les identifier, tandis qu'on ne retrouve aucune trace de certains autres. La situation de cet enfant qui a perdu ses deux yeux alors qu'il se tenait blotti près de sa mère révèle le caractère tragique de la situation, qui retourne le cœur de quiconque assiste à ces scènes, et fait couler les larmes de quiconque les voit.

     

    [Civil] – Des centaines de civils. Regardez, rien que des civils. Regardez ce que font (ces criminels) ! Ils tuent les femmes, les enfants, les personnes agées, les jeunes... Quel crime avaient-ils commis ?  (Ils sont tous) innocents. Il n'y a pas de Houthis, pas de bases militaires, pas d'armes. Que Dieu maudisse Salmane [roi saoudien] et toute la dynastie des Saoud.

     

    [Journaliste] La centrale électrique qui alimentait le quartier résidentiel a été frappée et réduite en pièces, et il n'en reste que les traces du crime qui démontrent le caractère impitoyable de l'agression, aveugle et injustifiable dans sa prise pour cible des civils. Cela a causé la mort de familles entières.

     

    [Civil] – Une famille de réfugiés de Taez était installée ici, et cette famille ainsi que la famille qui l'hébergeait ont tous été tués.

     

    [Journaliste] Plus de 55 martyrs et des dizaines de blessés : voilà le résultat de l'agression saoudo-US contre la ville résidentielle de Bakha, et le nombre de victimes ne cesse d'augmenter du fait de la situation critique de certains blessés gravement touchés, sans parler de ceux qui sont encore enfouis sous les décombres et dont on ne connait toujours pas le sort. Les familles de victimes se voient confiées aux soins des habitants bienfaisants et des autorités existantes, qui ont la charge d'un grand nombre de cadavres et de blessés, et doivent également s'occuper de tous ceux qui se trouvent encore sous les décombres.

     

    [Civil] – Huit missiles... Voyez toutes les victimes causées par cet Etat criminel.

     

     

     

    Voir également :

     

    De la Palestine au Yémen : honneur et déchéance du monde arabe

     

    Guerre sans merci au Yémen : vers la fin de l'Arabie Saoudite ?

     

    Abd-al-Malik al-Houthi : La barbarie saoudienne l'identifie à Israël et rapproche le Yémen de la Palestine

     

    Yémen : Une Voix dans le Désert (Témoignage poignant sur la barbarie saoudienne)

     

    Massacres et revers saoudiens au Yémen : l'Arabie Saoudite sur les traces d'Israël


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    Les Etats-Unis pourraient être en mesure d’entraîner, de leur seul fait, l’ensemble de l’OTAN dans une guerre

    Publié par wikistrike.com sur 31 Août 2015, 09:37am

     

    Les Etats-Unis pourraient être en mesure d’entraîner, de leur seul fait, l’ensemble de l’OTAN dans une guerre

    Le jour s’approche-t-il où l’Amérique pourra, de son seul fait, entraîner l’ensemble de l’OTAN dans une guerre ? La question n’est hélas pas aussi surréelle qu’elle n’y paraît.

    A la réunion ministérielle de l’Alliance, fin juin, le SACEUR (commandant suprême) « a reçu l’autorité d’alerter, de mobiliser et de préparer les troupes » de son propre chef, en attendant le feu vert du Conseil pour le déploiement sur le terrain. Mais soyons réalistes : les troupes déjà sur le tarmac, les avions prêts à décoller, les tambours battants – difficile d’imaginer comment un Etat membre réticent oserait, à ce stade, monter au créneau pour arrêter la machine de guerre de l’Alliance.

    Une décision à usage interne

    L’ambition qui se trouve derrière ce transfert d’autorité vers le commandant suprême, toujours américain, ne date pas d’hier. On se souvient lorsqu’en octobre 2011, le SACEUR de l’époque, l’amiral James Stavridis, annonça dans un tweet qu’il allait recommander aux 28 ambassadeurs de l’OTAN d’en finir avec les opérations de combat en Libye.

    Le malaise fut palpable et certains s’étaient offusqués d’avoir ainsi été publiquement mis devant le fait accompli par les Etats-Unis. Or avec le recul, et à la lumière de la décision de juin, ce « faux pas » de l’amiral ressemble plutôt à un ballon d’essai.

    Entre-temps, la crise russo-ukrainienne aidant, on est passé à la vitesse supérieure quant au contenu des pouvoirs à transférer au commandant US de l’Alliance.

    Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’une décision pour terminer une guerre mais carrément pour la déclencher.

    Il ne s’agit pas non plus de faire une simple recommandation aux ambassadeurs, mais de pouvoir initier une série d’actes susceptibles de les mettre le dos au mur.

    Afin de bien prendre la mesure de cette décision, il convient de faire une ou deux précisions. Premièrement, le SACEUR n’est pas seulement le commandant suprême de l’Alliance atlantique : il est aussi et avant tout le commandant d’EUCOM, autrement dit le patron des quelques 70 000 militaires américains stationnés en Europe.

    Il est nommé par le président américain, et confirmé par le Sénat US –les représentants des 27 autres Etats membres de l’Alliance n’ont donc qu’à acquiescer de la tête. Tout au long de son mandat OTAN, le SACEUR dépend directement du Département de la Défense et son commandant en chef se trouve à la Maison Blanche.

    Deuxièmement, les décisions sur la préparation, la mise en alerte et la mobilisation des troupes sont tout sauf anodines. Dans une atmosphère de tension, elles risquent fort d’être perçues comme une provocation. Et de générer ainsi elles-mêmes la situation de crise à laquelle elles auraient été, soi-disant, censées répondre.

    D’autant plus que les nouveaux pouvoirs confiés au SACEUR s’étendent jusqu’à la toute dernière limite.

    Lorsqu’il estime qu’une crise se profile à l’horizon, il a désormais l’autorité, d’après les détails que nous fournit le magazine interne de l’US Army, d’« envoyer les troupes jusque sur le tarmac le plus proche pour qu’ils y attendent l’ordre ultime pour le décollage » de leurs avions.

    Troisièmement, ce transfert de pouvoir inédit au SACEUR tombe à un moment où, sur une question stratégique de la plus haute importance, à savoir l’attitude vis-à-vis de la Russie, une position commune des Etats membres est tout sauf acquise. Dans ces circonstances, la décision vise surtout à faire taire les éventuels récalcitrants. Quel meilleur moyen pour leur forcer la main que de les entraîner dans un mouvement de mobilisation sans avoir à attendre qu’ils acquiescent (ou qu’ils protestent).

    Précédents irakiens et autres

    En amont de cette décision, on trouve une série d’initiatives américaines (ou d’inspiration US) qui traduisent l’exaspération des Etats-Unis devant les efforts et astuces qu’ils doivent déployer pour mobiliser l’Alliance qu’ils dirigent.

    De temps à autre, ils n’hésitent pas à faire savoir combien la règle du consensus les agace. Certes, tous les alliés sont censés être égaux et souverains, et cela doit se refléter dans la manière dont leurs décisions se prennent. D’où la fameuse règle. Cela dit, la recherche du consensus entre en conflit non seulement avec la puissance relative, mais aussi et surtout avec les usages et les habitudes de l’Amérique.

    Quant à la conduite même d’une guerre, la solution US est bien huilée et toute prête : il s’agit, depuis belle lurette, de la mise en place de commandements parallèles.

    Un commandement OTAN, dirigé et massivement dominé par les Etats-Unis, et un autre, tout-Américain, à usage exclusif.

    Par conséquent, sur chaque théâtre d’opérations OTAN, il existe deux chaînes de commandements. Ce n’est pas un hasard si Hubert Védrine (ministre des Affaires étrangères au moment de l’intervention au Kosovo) a tenu à préciser que « sur toutes les cibles OTAN proprement dites, nous avons eu notre mot à dire ». Sous-entendu : il y avait aussi d’autres cibles.

    Des cibles réservées aux seules forces américaines, tout comme une partie des couloirs et des plans de vol.

    Le SACEUR se trouve donc, par la force des choses, en position de maître du jeu, puisqu’il est le seul à avoir une vue d’ensemble, et à commander sur les deux tableaux.

    Il n’en reste pas moins que cet arrangement, fort commode pour les Etats-Unis, laisse en suspens la décision sur le déclenchement même d’un conflit. L’idéal, du point de vue de l’Amérique, serait évidemment qu’elle puisse en décider seule et que les alliés la suivent.

    Sauf que la guerre en Irak a bel et bien démontré que ce ne serait pas forcément automatique.* Sans surprise, les membres du Congrès ont sauté sur l’occasion pour exiger un recadrage des alliés.

    Un amendement adopté au Sénat a sommé le président US de placer la révision de la règle du consensus en tête de l’agenda de l’Alliance.

    Y compris des discussions sur des méthodes qui assureraient plus de flexibilité au SACEUR dans la planification des opérations, avant le feu vert du Conseil de l’Atlantique du Nord, et « simplifieraient » donc le processus de prise de décision.

    En 2010, le Groupe d’experts présidé par l’ancienne Secrétaire d’Etat Madeleine Albright est revenu à la charge.

    Certes, leur rapport préconisait de « préserver la règle du consensus pour les décisions les plus importantes », mais affirmait en même temps que « L’Alliance devrait envisager de déléguer préalablement certains pouvoirs au secrétaire général ou aux chefs militaires de l’OTAN ».

    Soi-disant pour être en mesure de répondre de manière plus efficace à des situations d’urgence. Un an après, la question du consensus et/ou de la « simplification » du processus de décision est revenue sur le devant de la scène, lorsque l’Allemagne, la France et la Turquie ont hésité un moment avant d’accepter que l’OTAN soit en charge de la campagne libyenne.

    Stratégies obliques

    En réalité, chacun sait que le consensus devra être formellement maintenu comme règle, ne serait-ce que parce que les Etats-Unis restent, eux-mêmes, attachés au pouvoir de veto américain.

    Certes, le scénario d’une éventuelle mise en minorité des USA est du domaine de la fiction, au vu de l’écrasant poids de Washington, mais l’évocation d’une telle hypothèse a suffi à refroidir les ardeurs du Congrès.

    Comme l’a rappelé le Secrétaire d’Etat Colin Powell en réponse aux initiatives des parlementaires US, « les procédures actuelles de prise de décision marchent bien et servent les intérêts américains… aucun Etat membre de l’OTAN, y compris les Etats-Unis, n’accepterait de permettre que l’Alliance prenne des décisions en matière d’engagement militaire sans son accord ».

    D’autant que d’autres moyens existent pour marginaliser ceux qui ne suivraient pas mécaniquement l’Amérique.

    Au premier chef la procédure du silence, qui y est pour beaucoup dans l’apparente unité de l’Alliance. Les décisions, en général proposées par le plus puissant des Etats membres, sont acceptées à moins qu’un pays ne s’y oppose explicitement, en brisant le silence. Notamment par l’envoi formel d’une lettre d’objection au secrétaire général de l’OTAN. Rien de mieux pour encourager l’alignement.

    Ainsi, à la veille de l’intervention au Kosovo, il aurait été politiquement impossible pour le gouvernement grec, avec son opinion publique à 95% contre l’usage de la force militaire, de voter en faveur de la guerre.

    Néanmoins, grâce à la procédure du silence, il pouvait acquiescer en douce, sans faire trop de vagues, tout en obtenant de pouvoir rester en dehors des opérations de combat.

    Toujours est-il que dans le cas irakien le mécanisme a montré ses limites. Il aura donc fallu, pour les plus atlantistes, réfléchir en des termes plus radicaux pour assurer, en cas de crise, la prééminence des Etats-Unis. D’où cette idée d’un transfert d’autorité pur et simple aux instances militaires, dirigées par le SACEUR, un général américain.

    Un rapport récent de l’Assemblée parlementaire de l’Alliance a noté, justement, que dans la foulée de la crise en Ukraine c’est le SACEUR lui-même qui « a proposé de pouvoir autoriser la préparation et le positionnement des forces avant de recevoir l’autorisation du CAN ».

    Sauf que cette mesure nommée « Alerte, Préparation et Déploiement » a soulevé quelques réticences, tellement avec un SACEUR en droit d’envoyer des troupes sur le terrain, la mainmise américaine aurait été plus que flagrante.

    Le CAN« a clairement déclaré, conformément aux traditions constitutionnelles des pays membres, que la décision de procéder à tout mouvement de forces demeurera une décision politique. »

     

     L’exécution du plan se fera donc par étapes, la première (l’autorité déléguée au SACEUR pour mettre en alerte, organiser et positionner les forces jusque sur le tarmac) ayant été la décision prise en juin. En attendant, de pied ferme, le sommet de Varsovie l’année prochaine.

    Entre-temps, d’autres leviers sont actionnés en simultané, toujours dans le même ordre d’idées.

    Et ce afin de permettre à l’ensemble de l’Alliance atlantique d’être entraînée dans un mouvement initié et/ou encouragé par les Etats-Unis.

    Pour cela, il faudrait d’une part contourner le pouvoir de blocage des Etats récalcitrants, de l’autre permettre au reste de s’engager de manière plus discrète.

    Que ce soit par le rôle accru des forces spéciales et des drones, le recours au partage des moyens, ou à l’extension du financement en commun, le but du jeu est le même. Il s’agit d’enfermer les Etats membres dans un carcan militaro-financier, dans lequel l’embrigadement se fait presque par automatisme, et la responsabilité des gouvernements individuels s’efface derrière la feuille de vigne de l’Alliance atlantique.

    *Pour rappel, le 12 février 2003, la France, la Belgique et l’Allemagne se sont opposées à l’initiative US/OTAN pour préparer la défense de la Turquie, contre d’éventuelles attaques venues d’Irak. Les trois pays ont refusé d’entrer ainsi « dans une logique de guerre » alors même que les inspections de l’ONU se poursuivaient.

     

    Un affront « inexcusable », selon le secrétaire d’Etat Colin Powell, « une honte » et « une erreur horrible » pour le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, et entraînant une « crise de crédibilité » de l’Alliance, d’après l’ambassadeur américain à l’OTAN. Toutefois, la solution de rechange a été vite trouvée (en quatre jours exactement), en transférant la décision au Comité des plans de défense, où ne siégeait pas, à l’époque, la France.

    Hajnalka Vincze

    Photo: le général Philip M. Breedlove

    http://www.iveris.eu/list/articles_dactualite/49-lotan_cherche_a_contourner_la_regle_du_consensus


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    Le groupe salafiste terroriste ISIS a diffusé une nouvelle vidéo terrifiante.Cette vidéo contient des images insoutenables d΄une execution de masse en Irak dans la region d΄Αnbar.

    Les bourreaux de l΄Εtat Islamique brûlent vivants 4 hommes qui sont pendus. Les victimes sont en uniforme orange.il s΄ agit d΄un crime contre l’humanité.

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    Les 4 personnes appartennaient à la milice chiite de Forces Démocratiques (Popular Mobilization Units).Daesh a décrit son crime comme un acte de repressailles .Les otages enchaînés se conduisent au lieu du sacrifice rituelfyuyyvgygy

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  • 08/31/15--08:13: DES SOLDATS POUR LA PAIX
  •  

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    BREIZATAO – ETREBROADEL (09/05/2015)

     Près d’une centaine de généraux et d’officiers supérieurs ont signé une lettre ouverte intitulée « Soldats pour la paix », dans laquelle ils condamnent la politique des USA vis-à-vis de la Russie.

    Selon les militaires, le remaniement du monde sous l’égide des USA et de leurs vassaux a conduit à de nombreuses guerres. Pourtant, l’histoire montre qu’il est préférable d’être ami avec les Russes plutôt que l’inverse. Cette lettre sera envoyée au Bundestag et aux ambassades des pays de l’OTAN.

    Ces anciens militaires appellent les pays de l’OTAN à stopper l’hystérie militaire et la russophobie. La lettre « Soldats pour la paix » a été publiée sur le site du quotidien allemand Junge Welt.

    « Nous savons bien ce qu’est la guerre, et nous prônons la paix », indique le message signé par les ex-ministres de la Défense de l’ex-RDA Heinz Kessler et Theodor Hoffmann, trois généraux de corps d’armée, 19 généraux de division, 61 généraux de brigade, dont le cosmonaute Sigmund Jähn, plusieurs amiraux, ainsi que des colonels et des capitaines.

    « Le remaniement du monde sous l’égide des USA et de leurs alliés a conduit aux guerres en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, au Yémen, au Soudan, en Libye et en Somalie », souligne la lettre.

    Les militaires allemands indiquent que la stratégie américaine vise à éliminer la Russie en tant que concurrent et à affaiblir l’Union européenne. Et la tentative de faire de l’Ukraine un membre de l’UE et de l’OTAN, selon eux, est une aspiration à créer un « cordon sanitaire » de la région balte jusqu’à la mer Noire pour isoler la Russie du reste de l’Europe, ce qui rend impossible l’union entre la Russie et l’Allemagne.

    Les signataires de cette lettre remarquent également une campagne sans précédent des médias, une atmosphère d’hystérie militaire et de russophobie. D’après eux, cette tendance va à l’encontre du rôle diplomatique que pourrait jouer l’Allemagne au regard de sa situation géopolitique, de son expérience historique et des intérêts objectifs du peuple.

    « Nous n’avons pas besoin d’une campagne militaire contre la Russie, mais d’une entente mutuelle et d’une coexistence pacifique. Nous n’avons pas besoin d’une dépendance militaire des USA, mais de notre propre responsabilité pour la paix », écrivent les militaires.

    « En tant que militaires, nous savons bien que la guerre ne doit pas être un outil de la politique. En s’appuyant sur notre expérience, nous pouvons évaluer les conséquences pour toute l’Europe », a déclaré dans une conférence de presse l’ex-ministre de la Défense de la RDA l’amiral Theodor Hoffmann. Selon ce dernier, plusieurs signataires de cette lettre ont été témoins de la Seconde Guerre mondiale. Il a souligné également que les problèmes clés de notre époque ne pouvaient être réglés qu’en coopération avec la Russie.

    « L’expérience montre qu’il vaut mieux être ami qu’ennemi avec les Russes », conclut Hoffmann.

    (source)

    The post Une centaine de généraux allemands appellent l’Otan à cesser ses actions antirusses appeared first on BREIZ ATAO - Journal de l'Etat National Breton.

     

    Extrait de: Source et auteur

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    Maitres
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    Télévision: de l'info sans infos



    La nouvelle censure

    Le principe de base de la censure moderne consiste à noyer les informations essentielles dans un déluge d'informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu semblable. Cela permet à la nouvelle censure d'avoir toutes les apparences de la pluralité et de la démocratie.

    Cette stratégie de la diversion s'applique en premier lieu au journal télévisé, principale source d'information du public.

     

    De l'info sans infos...

    Depuis le début des années 90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d'information. On continue d'appeler "journal télévisé" ce qui devrait en réalité être appelé un "magazine".

    Un J.T. moyen contient au maximum 2 à 3 minutes d'information. Le reste est constitué de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

     

    ...et une censure sans censeurs

    Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la "loi du marché" et la "loi de l'audience". Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaines n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoirs font plus d'audience avec un coût de production réduit.

    Même les évènements importants sont traités sous un angle "magazine", par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un batiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micro-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

    A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pitoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

     

    Information destructurée pour mémorisation minimale

    Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée.

    La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

    Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchainant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc) , comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...
     

    © Syti.net, 1998

     

    Contenu d'un Journal Télévisé ordinaire
    ou comment faire de l'info sans infos...
    J.T. 20h - TF1 - Janvier 1997

     

     
    20h00  Le froid, les accidents sur les routes.

    20h04  La naissance du petit Joseph, dans le Gers couvert par la neige.

    20h05  La récolte des brocholis, chez Albert en Bretagne, est menacée par le gel.

    20h06  La récolte des poireaux se fait au marteau. Augmentation inévitable du prix des légumes.

    20h08  Compteurs d'eau et canalisations gelées chez les habitants d'une ville de province.

    20h09  Début des soldes à Paris.

    20h11  Reportage sur la fabrication artisanale du pain.

    20h13  Viol d'une petite fille.

    20h14  Jugement en Belgique d'un membre présumé islamiste du "Gang de Roubaix".

    20h15  En Israël, présentation devant le juge d'un jeune soldat qui avait tenté de mitrailler des Palestiniens.

    20h16  Jugement en Angletterre des époux West, assassins en série de jeunes filles.

    20h18  Départ à la retraite de Miguel Indurain. Rappel de sa carrière de champion cycliste.

    20h22  Rétablissement d'un malade cardiaque greffé aux Etats-Unis.

    20h23  Les hommes consomment de plus en plus de soins et de produits de beauté. Reportage.

    20h26  Prison pour Bernard Tapie, suite à l'affaire des comptes de l'OM.

    20h28  Reportage sur la "poupée qui mange", conçue pour manger des frites, mais qui "mangeait" aussi les cheveux des enfants, voire la peau du doigt. Il est suggéré que la poupée soit équipée d'un "bouton d'arret d'urgence".

    20h30  Stages-nature en montagne pour les enfants en Savoie.

    20h32  Présentation du téléfilm de la soirée, consacré à Dalila, femme du héros biblique Samsom. Reportage sur le tournage du téléfilm.

    20h34  Fin du J.T. Générique.

     

     

     

     
     

    37 minutes sur 40 d'insignifiances...
    J.T. 20h - France 2 - 4 Septembre 2002

     

     
    20h01  Orages violents et inondations en Provence.

    20h04  Orages violents et inondations en Ardèche. Mort d'un touriste après que sa voiture ait été emportée par les flots.

    20h05  Les orages sont-ils de plus en plus violents? Interview rassurante d'un spécialiste de Météo France.

    20h08  Progrès dans l'enquête sur les meurtres en série de jeunes filles dans la Somme.

    20h10  Procès d'un pédophile à Melun.

    20h11  Remise en liberté refusée pour Maurice Papon.

    20h12  Condamnation d'un hopital pour avoir transfusé un malade contre son gré et contre ses convictions religieuses.

    20h15  Interview de Bernard Kouchner. L'ancien ministre de la santé rappelle que l'éthique médicale interdit au médecin d'imposer un traitement contre la volonté du patient.

    20h18  Nomination par le gouvernement d'un nouveau PDG à La Poste.

    20h19  Annonce par le gouvernement d'une diminution du nombre de fonctionnaires, et d'une diminution des budgets de la plupart des ministères, à l'exception des budgets de la justice (+7%), de la police (+6,5%) et des Affaires Etrangères (+14%).

    Remarque: l'une des rares "vraies" infos de ce JT est traitée en 1 minute, contre 7 minutes pour les orages. Par ailleurs, aucune raison n'est donnée pour justifier la très forte augmentation obtenue par Dominique de Villepin, le ministre des affaires étrangères.

    20h20  Reportage sur un stage de conduite spécialisé pour échapper à une éventuelle embuscade. Interview d'un chauffeur de ministre qui participe au stage.

    20h22  Revendications des médecins pour l'augmentation de leurs honoraires.

    20h23  Reportage sur les vaccinations des bébés dans les maternités.

    20h24  George W. Bush s'entretient avec Tony Blair à propos d'une nouvelle intervention militaire contre l'Irak.

    Cette autre info importante est elle aussi traitée en une minute.

    20h25  A Jerusalem, le Mur du Temple menace de s'écrouler à cause d'un chantier souterrain.

    20h26  A Moscou, succès d'un groupe de chanteuses avec une chanson "glamour" sur Vladimir Poutine.

    20h28  A Johannesburg, le Sommet de la Terre s'achève sans être parvenu à fixer un calendrier et des engagement précis de la part des états. Les Etats-Unis continuent de refuser tout effort en matière d'environnement et de réduction des gaz responsables des modifications climatiques.

     La troisième et dernière info importante est présentée en une minute et en fin de journal, alors que ses implications auraient justifié une place en ouverture du journal.

    20h29  Mise en service d'une éolienne géante dans la Marne.

    20h31  A Grenoble, des bergers manifestent contre les loups.

    20h32  A Paris, le Maire Bertrand Delannoe souhaite réglementer la présence anarchique des émetteurs de téléphonie mobile.

    20h34  Dans les Hauts de Seine, les habitants manifestent contre les coupures d'eau chaude causées par l'insécurité d'une centrale thermique.

    20h36  Après la rentrée des classes, la rentrée dans les crèches. Reportage.

    20h38  Début de la nouvelle tournée mondiale des Rolling Stones.

    20h40  Retour de Johny Halliday au cinéma, avec un rôle dans le film de Patrice Leconte, "L'homme du train".

    20h42  Résultats de l'US Open de tennis.

    20h43  Fin du J.T. Générique.

     

     

    © Sylvain Timsit - Syti.Net
     

     

     

     

    A lire absolument au sujet des médias, des réseaux du pouvoir économique et du contrôle de l'information, le livre de Serge Halimi "Les nouveaux chiens de garde".

     

     

     

     

     

     

    THEMES ASSOCIES
     

     

    Stratégies de manipulation

    Les stratégies et les techniques des "Maitres du Monde" pour la manipulation de l'opinion publique et de la société.

     

     

     

    Méthodes pour un parfait contrôle de la société

    Les principes-clé déjà largement appliqués pour obtenir une société de "veaux" qui ne songeraient même pas à se révolter.

     

     

     

    La fin programmée de la démocratie

    Nous vivons depuis dix ans un changement radical du type de régime politique dans les pays occidentaux, avec l'avènement d'un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers. Voici les raisons pour lesquelles nous pouvons dire que nous ne sommes déjà plus tout à fait en démocratie.

     

     

     

    Schizophrénie organisée

    Alors que les problèmes écologiques, démocratiques, économiques et géopolitiques s'aggravent dangereusement, le décalage se creuse entre les problèmes réels perçus par les citoyens dans leurs moments de lucidité, et les problèmes mis en avant par les dirigeants politiques et leurs relais médiatiques.

     

     

     

    Vers une criminalisation du citoyen ordinaire

    Nous assistons actuellement à une dérive inquiétante du Droit pénal. Plusieurs nouvelles lois visent un même but: condamner le citoyen ordinaire à la prison, même lorsqu'il n'a commis aucun crime...

     

     

     

    Une liberté sous surveillance électronique

    Fichiers informatiques, téléphones portables, internet, association de la carte de crédit et du code barre, réseau Echelon, caméras de surveillance, puces RFID, découvrez tous les moyens par lesquels notre liberté est devenue très surveillée...

     

     

     

    "Armes silencieuses pour guerres tranquilles"

     

    Ce document Top Secret se définit comme un "manuel de programmation" de la société. Il expose en détail les stratégies des "Maitres du Monde" et révèle des clés essentielles pour comprendre les véritables règles du jeu qui sous-tendent la transformation radicale et accélérée de la société et de l'économie mondiale.

     

     

     

     

     

     

     

     

     
     


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  • 09/02/15--01:48: ÉTATS-UNIS ET L' EUROPE !
  • Les États-Unis détruisent l’Europe – à l’insu de leur plein gré ?

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    En Libye, en Syrie, en Ukraine et dans d’autres pays à la périphérie ou à la frontière de l’Europe, le président américain Barack Obama a poursuivi une politique de déstabilisation, et même de bombardements et autres supports militaires. Elle pousse des millions de réfugiés hors de ces zones périphériques et vers l’Europe, ajoutant ainsi de l’huile sur le feu entretenu par l’extrême-droite qui rejette les immigrés, à la déstabilisation politique résultante dans toute l’Europe, non seulement en périphérie, mais même jusqu’au nord du continent.


    Shamus Cooke en manchette du Off-Guardian, le 3 août 2015: «La Safe Zone [zone tampon, zone pacifiée, NdT] d’Obama en Syrie vise à en faire une nouvelle Libye», et il rapporte qu’Obama a [fini par] approuver un soutien aérien américain pour une zone d’interdiction de vol en Syrie. Les États-Unis pourront désormais abattre tous les avions du président syrien Bachar al-Assad qui ciblent les groupes extrémistes musulmans, y compris ISIS, qui ont repris des pans entiers du territoire syrien.

    Cooke témoigne :

    «La Turquie a exigé cette zone d’exclusion aérienne de la part d’Obama depuis que la guerre syrienne a commencé. Ce point a été discuté tout au long du conflit jusqu’à ces derniers mois, même si l’objectif réel était en fait le gouvernement syrien. Et soudain, la zone d’interdiction de vol se concrétise – exactement où la Turquie l’a toujours voulue – mais avec une autre étiquette: zone de sécurité anti ISI , à la place de son nom véritable, zone d’interdiction aérienne anti gouvernement syrien et anti kurde.»

    Le New York Times a rapporté le 27 juillet, que «le plan prévoit que les insurgés syriens relativement modérés reprennent le territoire, avec l’aide d’un soutien aérien américain et peut-être turc». Cependant le Times, qui s’exprime en style télégraphique – comme d’habitude – à partir et dans l’intérêt de sources gouvernementales américaines – faisant ainsi de la propagande pure et simple – évite de définir le terme relativement modérés. Pourtant tous les groupesd’«insurgés relativement modérés» en Syrie coopèrent avec ISIS et l’aident àrechercher et décapiter, ou parfois enlever contre rançons, des non-musulmans de Syrie. Sous Assad, la Syrie était un État non confessionnel où l’on jouissait de la liberté de religion, mais l’ensemble de l’opposition syrienne au pouvoir d’Assad est étrangère à cette liberté. Les États-Unis sont désormais, plus nettement encore qu’avant, anti-Assad et pro-islamistes.

    Seymour Hersh a rapporté dans la London Review of Books, le 17 avril 2014, que la campagne de bombardement de la Libye par l’administration Obama [le Royaume-Uni et la France, NdT] en 2011 faisait partie d’un programme plus large pour acheminer du gaz sarin de la Libye vers le Front al-Nusra [al-Qaïda] en Syrie, afin de provoquer une attaque au gaz contre des civils. L’administration américaine pourrait alors accuser Assad et ainsi disposer d’un prétexte pour bombarder la Syrie tout comme Obama l’avait déjà fait avec succès en Libye. Les deux dictateurs, Kadhafi et Assad, étaient alliés avec la Russie. Assad est spécialement important pour la Russie, pour le transit du gaz russe, et non celui du Qatar – le Qatar étant le principal concurrent de la Russie, premier fournisseur de gaz en Europe.

    L’objectif prioritaire d’Obama dans les relations internationales, et à travers ses actions militaires, est de vaincre la Russie, pour forcer un changement de régime qui amènera celle-ci à devenir vassale de l’empire américain, et non plus une grande nation qui résiste au contrôle de Washington.

    Avant les bombardements américains de la Libye en 2011, celle-ci était en paix et prospère. Le PIB par habitant en 2010 était, selon le FMI, de $12,300, mais il a plongé en 2011 à $5,800 – l’année où nous avons bombardé et détruit le pays. (Hillary Clinton s’en est vantée, [parodiant Jules César de façon obscène, NdT] : «Nous sommes venus, nous avons vu, il [Kadhafi] est mort!»). Et contrairement à l’Arabie saoudite alliée des États-Unis, le PIB par habitant est uniformément réparti, l’éducation et les soins de santé accessibles à tous. Plus récemment, le 15 février 2015, la journaliste Leila Fadel de NPR annonçait : «Avec l’attaque des champs pétroliers, l’avenir économique de la Libye s’assombrit.» Elle poursuit : «Selon Mustapha Sanallah, le président de la National Oil Corporation de Libye, au vu de la production, l’avenir est sombre, la production étant impossible, elle est descendue à 20% de ses capacités.»

    Conformément aux instructions de Washington, le FMI n’a pas révélé les vrais chiffres du PIB de la Libye après 2011, mais a prétendu que les choses se sont rétablies immédiatement en 2012 (même mieux que la normale : le PIB par habitant serait revenu à $13,580), mais tout le monde sait que c’est faux ; mêmeNPR confirme que c’est faux. La CIA estime que le PIB par habitant de la Libye était de $23,900 en 2012, ce chiffre est ridicule et elle ne donne pas de chiffres pour les années qui ont précédé, disant seulement que cela a baissé légèrement par la suite. Aucune des estimations officielles n’est fiable, bien que Atlantic Council ait au moins fait un effort pour expliquer les choses honnêtement; en en-tête de leur dernier rapport sur l’économie de la Libye, le 23 janvier 2014, on pouvait lire : «La Libye fait face à un effondrement économique en 2014.»

    La Libye est devenue un problème majeur pour l’Europe. Des millions de Libyens fuient le chaos là-bas. Certains d’entre eux fuient à travers la Méditerranée et se retrouvent dans des camps de réfugiés au sud de l’Italie ; et certains fuient ailleurs en Europe.

    Et maintenant c’est le tour de la Syrie d’être détruite afin de conquérir la Russie. Même dans la propagande assurée du New York Times on peut voir que «à la fois les Turcs et les insurgés syriens considèrent que vaincre le président Bachar al-Assad en Syrie est leur première priorité». Donc : les bombardiers américains feront respecter une zone d’exclusion aérienne sur une partie de la Syrie dans le but de faire tomber l’allié de la Russie Bachar al-Assad et remplacer son gouvernement laïc par un gouvernement islamique – et l’étiquette anti-ISIS de la manœuvre n’est que du bluff, de la propagande. Le public souhaite bien davantage vaincre ISIS que vaincre la Russie, mais ce n’est pas la façon dont l’oligarchie de l’Amérique voit les choses. Leur objectif est d’étendre l’empire – leur propre empire.

    De même, Obama a renversé le gouvernement (neutre) de Viktor Ianoukovitch en Ukraine en février 2014, mais sous la fausse couverture de manifestations pour la démocratie; une variante du faux-nez de la lutte contre le terrorisme islamique et de tout ce que le gouvernement américain invente pour duper les opinions publiques au sujet des opérations de Regime Change visant à soutenir des pouvoirs farouchement anti-russes, racistes, fascistes et nazis à la frontière russe, en Ukraine. Tout comme la Libye était en paix avant son invasion et sa destruction par les États-Unis, tout comme la Syrie était en paix avant son invasion par les États-Unis et la Turquie, l’Ukraine était aussi en paix avant le coup d’État mené par les Américains [avec la complicité de l’UE, NdT], l’installation des nazis au pouvoir et la campagne de nettoyage ethnique, qui ont mené à la destruction de l’Ukraine.

    Comme en Libye avec le renversement de Kadhafi, ou en Syrie avec l’effort en cours pour renverser Assad, ou le récent renversement du président démocratiquement élu de l’Ukraine Viktor Ianoukovitch, le but final est de vaincre la Russie.

    Le fait que l’ensemble de l’Europe finisse par supporter les conséquences de cette dévastation que Barack Obama et d’autres conservateurs américains impérialistes imposent, importe peu au pouvoir en place à Washington DC. Sauf si cette opération les intéresse malgré tout pour affaiblir les nations européennes et pas seulement les pays du Moyen-Orient. La guerre d’Obama contre la Russie a pour but que l’Amérique soit la dernière à tenir debout, au terme du chaos et de la destruction qu’elle provoque.

    En termes de stratégie internationale des États-Unis, le fait que les sanctions économiques contre la Russie nuisent énormément aux nations européennes est une bonne affaire, pas une mauvaise.

    Dans tout jeu, il y a deux façons de gagner : soit en améliorant sa propre performance soit en affaiblissant les performances de tous ses concurrents.
    Les États-Unis s’appuient presque entièrement sur ce deuxième genre de stratégie.

    Par Eric Zuesse – Le 7 août 2015

    Article original: strategic-culture

    Traduit par Evanis

    Source: http://lesakerfrancophone.net/les-etats-unis-detruisent-leurope-a-linsu-de-leur-plein-gre/

     


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    Les folies impériales en cours

    A 
     

     

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    Guerres civiles et locales, Regime Change, confrontation nucléaire… Rapide tour du monde des guerres impériales en plein délire

     

    Le monde est devenu plus dangereux en 2015. Les guerres se sont répandues dans le monde. Elles ont connu une escalade, de nouveaux pays ont été bombardés, tandis que des pays déjà en guerre ont subi des affrontements encore plus violents.

    D’autres pays, dans lesquels le calme semblait revenir à la suite d’élections, sont maintenant au bord de la guerre civile.

    Ce sont des guerres qui ne font pas de vainqueurs, seulement de nombreux perdants ; des guerres qui ne finissent pas ; des guerres où des résistances acharnées bloquent les menées impériales.

    Il y a des flots sans fin de réfugiés submergeant les frontières. Des gens qui ont tout perdu sont enfermés, humiliés et criminalisés parce que ce sont les survivants et les victimes des agressions impériales.

    Et maintenant les puissances nucléaires s’affrontent du regard en Europe et en Asie : l’Otan contre la Russie, les États-Unis et le Japon contre la Chine. Est-ce que ces flots de sang et ces guerres vont aboutir à une jungle irradiée et vidée des vivants?

    Vivre dangereusement : la marée montante des conflits violents 

    Sans aucun doute, les guerres et les menaces militaires ont remplacé la diplomatie, les négociations et les élections libres comme principaux moyens de résoudre les différends politiques. Au cours de l’année 2015, les guerres ont débordé des frontières et ont monté en intensité.

    Les pays de l’Otan, les États-Unis, la Turquie et l’Union européenne ont ouvertement attaqué la Syrie, par des frappes aériennes et avec des troupes au sol. Il est question de plans pour occuper le nord de ce pays ravagé, créant ce que le régime d’Erdogan appelle une zone tampon vidée de ses habitants.

    Sous le prétexte de «combattre État islamique», le gouvernement turc bombarde les Kurdes (les civils autant que les combattants) et leurs alliés syriens. Sur la frontière sud de la Syrie, les forces spéciales américaines ont augmenté leurs actions, partant de leurs bases en Jordanie pour le compte de terroristes mercenaires – financés par les monarchies du Golfe.

    Plus de 4 millions de Syriens ont fui leurs maisons et plus de 200 000 ont été tués depuis que la guerre inspirée et financée par la coalition États-Unis/Union européenne/Turquie/Arabie saoudite contre le régime laïc syrien a été lancée, il y a 4 ans.

    Des douzaines de terroristes, mercenaires et/ou sectaires ont démantelé la Syrie en fiefs rivaux, ont pillé ses ressources économiques et son patrimoine culturel et réduit son économie à plus de 90%.

    L’intervention militaire des Occidentaux et des Turcs a étendu la guerre en Iraq, au Liban et… en Turquie – attaquant des gouvernements laïcs, des minorités ethniques et des sociétés civiles séculières.

    L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, États féodaux et monarchistes, ont envahi le Yémen avec leurs blindés, lançant des frappes aériennes contre un pays sans défense aérienne. Les grandes agglomérations, comme les villes plus petites, sont dévastées. Les troupes saoudiennes ont tué et blessé des milliers de Yéménites – surtout des civils. Le blocus brutal – aérien et naval – des ports yéménites par les Saoudiens a provoqué une crise humanitaire, dix millions de Yéménites risquent de mourir de faim, tout cela étant imposé par une monarchie grotesque et riche au point qu’elle en est obscène.

    Les résistants yéménites, chassés des principales villes, se préparent à une guérilla prolongée contre les monstres saoudiens et leurs collaborateurs. Leur résistance s’est déjà propagée à l’intérieur du territoire saoudien.

    La brutale occupation militaire israélienne, en liaison avec les colons armés, a accéléré le vol, avec violences, des terres palestiniennes. Les Israéliens ont planifié un nettoyage ethnique, chassant les Palestiniens – musulmans et chrétiens – les Bédouins et les Druzes, et les remplaçant par des colonies racistes, des juifs uniquement.

    Attaquant tous les jours l’énorme camp de concentration de Gaza, maintenant un blocus rigoureux, terrestre, aérien et naval, les Israéliens empêchent toute reconstruction des dizaines de milliers de logements, écoles, hôpitaux, usines et infrastructures qu’ils ont détruits lors de leur dernière guerre en 2014.

    Les annexions continues d’Israël, et sa pratique du nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens empêchent tout processus diplomatique ; les guerres coloniales ont été et continuent à être la stratégie israélienne face aux Arabes voisins et aux populations occupées.

    Les guerres en Afrique, qui résultent de précédentes interventions occidentales, continuent de ravager le continent. La Somalie, le Soudan, le Kenya, la Libye sont déchirés par des conflits sanglants entre des régimes soutenus par les Occidentaux et des mouvements de résistance islamistes et nationalistes.

    Un peu partout en Afrique du Nord et au Sud du Sahara, les régimes pro-occidentaux ont provoqué des révoltes armées. Ainsi en Libye, au Nigeria (Boko Haram), en Égypte (État islamique, Frères musulmans et autres), au Tchad, au Niger, au Sud-Soudan, en Somalie et ailleurs.

    Les dictateurs égyptien et éthiopien, vassaux de l’Empire, tiennent leur pays avec une poigne de fer – armés et financés qu’ils sont par leurs maîtres occidentaux.

    Les guerres impériales font rage du Moyen-Orient à l’Asie du Sud. En Iraq, des centaines d’officiers baathistes expérimentés, qui avaient été chassés, jetés en prison et torturés durant l’occupation américaine, font maintenant cause commune avec les combattants d’État islamique et occupent un tiers du pays et une zone stratégique en Syrie.

    Chaque jour, des attentats affaiblissent un peu davantage le régime de Bagdad, sous influence américaine. Les avancées d’État islamique obligent les États-Unis à reprendre leur rôle de belligérant direct, et à se lancer dans une escalade militaire.

    Le recul des troupes américano-irakiennes et la défaite de l’armée irakienne entraînée par les Américains, face à l’offensive de l’État islamique aidé par les officiers baathistes, est le début d’une nouvelle guerre en Iraq et en Syrie, appelée à durer et à prendre de l’ampleur. Les interventions aériennes turques contre les Kurdes en Iraq vont intensifier la guerre dans le Nord de l’Iraq et vont l’étendre dans le Sud-est de la Turquie.

    Plus proche de la Russie, le coup d’État de Kiev, organisé et soutenu par les Occidentaux (regime change) et la tentative d’installer là-bas une dictature fasciste d’oligarques pro-occidentaux ont déclenché une longue guerre civile, dévastant le pays et opposant les vassaux de l’Otan aux alliés de la Russie dans le Donbass.

    Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne et les autres puissances de l’Otan se sont engagés à fond pour amener la guerre aux frontières de la Russie.

    C’est une nouvelle Guerre Froide, avec l’imposition à la Russie de sanctions économiques touchant de nombreux secteurs d’activité, et l’organisation d’exercices militaires de grande ampleur par l’Otan devant les frontières russes. Cela ne devrait surprendre personne que ces provocations rencontrent une formidable réponse : le réarmement russe. La tentative, par l’Otan, de s’emparer de l’Ukraine, a entraîné une guerre ethnique locale, et maintenant l’escalade en arrive à une confrontation globale qui pourrait déboucher sur un affrontement nucléaire, tandis que la Russie accueille des centaines de milliers de réfugiés fuyant les tueries en Ukraine.

    Le régime fantoche mis en place par les Américains en Afghanistan doit faire face à de nettes avancées des talibans dans toutes les régions, y compris dans la capitale, Kaboul.

    La guerre afghane s’est intensifiée et le régime pro-américain recule. Les troupes américaines peuvent à peine sortir de leurs bunkers.

    Comme les Talibans sont en train de gagner sur le terrain, leurs dirigeants exigent une reddition inconditionnelle des marionnettes de Kaboul et le départ des troupes américaines. La réponse de Washington sera l’escalade du conflit.

    Le Pakistan, jouant avec les armes des États-Unis, doit régler un conflit majeur le long de sa frontière avec l’Inde et une guerre permanente dans ses provinces presque indépendantes du Nord-ouest contre les guérillas islamistes et pachtounes, soutenues par les partis locaux. Ces partis contrôlent de facto cette région, offrant ainsi un sanctuaire et des armes pour les talibans combattant en Afghanistan et au Pakistan.

    Des conflits armés, religieux et ethniques, continuent dans l’Ouest de la Chine, au Myanmar et dans le Nord de l’Inde. Des populations entières se sont rebellées, dans le Nord-est de la Thaïlande, contre le pouvoir monarchiste-militaire de Bangkok.

    Au XXIe siècle, en Asie du Sud et du Sud-Est, comme dans le reste du monde, la guerre et les conflits armés sont devenus l’un des moyens les plus répandus pour résoudre les différends ethniques, sociaux, tribaux avec les États : la diplomatie et les élections libres ont été rendues obsolètes et inefficaces.

    L’Amérique latine – sur le point de tomber

    En Amérique latine, des mouvements d’extrême-droite prospèrent, tentant de renverser ou de paralyser les gouvernements élus, de centre-gauche, affrontant violemment l’État et ses supporters.

    En Équateur, au Venezuela et au Brésil, les groupes d’opposition soutenus par les États-Unis se sont lancés dans des émeutes, dans le but de renverser les institutions élues. En Équateur, des sections populaires, comptant des leaders indigènes et des sections syndicales, ont appelé au soulèvement pour chasser le Président Correa. Ils ne semblent pas voir que les oligarques d’extrême-droite qui contrôlent aujourd’hui les principaux postes dans l’administration des grandes villes (Guayaquil, Quito et Cuenca) seraient les bénéficiaires réels de leurssoulèvements.

    Cette droite conçoit ces violents changements de régime comme la première étape pour effacer une décennie de réformes sociales, d’organisations régionales indépendantes et de politiques étrangères souveraines.

    Il serait sans doute exagéré de qualifier de guerre civile la situation en Amérique latine aujourd’hui – mais c’est la direction vers laquelle se dirigent les oppositions soutenues par les États-Unis. Pour en finir avec les difficultés et obstacles pour déloger les gouvernements indésirables par des élections, les États-Unis et leurs vassaux locaux ont choisi le spectacle de la violence de rue, des sabotages, la loi martiale et les coups d’État – suivis, eux, par des élections aseptisées – avec des candidats estampillés US.

    La guerre et la violence se propagent à travers le Mexique et la plupart des États d’Amérique centrale. Au Honduras, un coup d’État soutenu par Washington a chassé du pouvoir le Président Zelaya, populaire et élu démocratiquement. Le régime qui l’a remplacé a assassiné ou jeté en prison des centaines de protestataires pro-démocratie et a poussé des milliers de gens à fuir les violences.

    Les accords de paix négociés par les États-Unis dans les années 1990 au Salvador et au Guatemala ont efficacement bloqué toute réforme agraire et redistribution des richesses qui auraient permis de reconstruire ces sociétés. Ils ont conduit à 20 ans de mécontentements, à l’éclosion de gangs armés,comptant plus de 100 000 membres et à une moyenne de 6 à 10 000 homicides par an, San Salvador devenant «la capitale du meurtre pour l’hémisphère nord» en calculant per capita. Le nombre de meurtres commis sous ce régime des Accords de Paix dépasse maintenant celui des morts annuels durant la guerre civile.

    Mais la vraie «capitale du carnage» dans notre hémisphère est Mexico. Plus de 100 000 personnes ont été tuées durant les 10 ans de la guerre à la droguesoutenue par Washington – une guerre qui s’est transformée en guerre de l’État mexicain contre son propre peuple.

    Cette guerre intérieure a permis au gouvernement mexicain de privatiser et de vendre les joyaux de la couronne de l‘économie nationale – l’industrie du pétrole. Pendant que des milliers de Mexicains sont terrorisés et massacrés, les compagnies pétrolières occidentales sont curieusement à l’abri des seigneurs de la drogue. Ce même gouvernement mexicain, sa police, ses hauts fonctionnaires et ses militaires, qui collaborent avec les seigneurs de la drogue et se partagent les milliards de dollars de son trafic, protègent les sociétés étrangères et leurs cadres. Après tout, les narco-dollars sont blanchis dans les banques à New York, Miami, Los Angeles et Londres pour alimenter la spéculation!

    Des guerres régionales aux guerres nucléaires

    Les guerres locales et régionales se répandent à l’ombre d’une guerre mondiale qui les surplombe. Les États-Unis font avancer leurs armes, leurs avions, leurs bases et leurs opérations jusqu’aux frontières russes et chinoises.

    Il n’y a jamais eu autant de troupes américaines, installées dans des bases aussi stratégiques, bien souvent à moins d’une heure par la route des principales villes russes.

    Même au plus fort de la Guerre Froide, les États-Unis n’avaient pas imposé autant de sanctions contre les entreprises russes.

    En Asie, Washington organise des traités commerciaux, militaires et diplomatiques conçus pour exclure la Chine et affaiblir sa croissance en tant que concurrent économique. Washington s’est engagé dans des provocations comparables au boycott et au blocus du Japon qui ont mené à la Guerre du Pacifique en 1941.

    Une guerre ouverte en Ukraine, par vassaux interposés, constitue peut-être les premiers coups de feu de la Troisième Guerre mondiale en Europe. Le coup d’État à Kiev organisé par les États-Unis et l’Union européenne a entraîné l’annexion de l’Ukraine de l’Ouest. Ripostant aux menaces contre la majorité ethnique russe en Crimée et la perte de sa base navale stratégique en mer Noire, la Russie a annexé la Crimée.

    Lors de la marche à la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a annexé l’Autriche. De manière semblable, les Occidentaux ont installé un régime pantin à Kiev par un putsch violent, comme première étape vers une avancée militaire majeure en Asie centrale. Les préparatifs militaires comportent l’installation de bases offensives en Pologne.

    Andrzej Duda, le nouveau Président polonais venant de la droite dure, a proposé que la Pologne devienne la base opérationnelle de l’Otan et la ligne de front dans une guerre contre la Russie.

    De plus en plus de guerres… et à chaque fois des vagues de réfugiés

    Les guerres impériales, américaines et européennes, ont dévasté la vie et le cadre de vie de millions de gens dans le Sud de l’Asie, dans le Sahara et l’Afrique du Nord, en Amérique Centrale, au Mexique, dans les Balkans et maintenant en Ukraine.

    Quatre millions de réfugiés syriens ont rejoint les millions d’Afghans, de Pakistanais, d’Irakiens, de Yéménites, de Somaliens, de Libyens, de Palestiniens et de Soudanais qui ont fui les bombes euro-américaines, les drones et les mercenaires qui ravagent leurs pays.

    Des millions de réfugiés tentent de trouver la sécurité en Europe de l’Ouest, rejoignant les millions de gens qui ont fui la misère des économies libérales de Lituanie, Lettonie, Estonie, Bulgarie, Roumanie, Pologne, Balkans et autres satellites de l’Union européenne.

    La panique commence à monter chez les populations d’Europe de l’Ouest, quand des centaines de milliers de migrants traversent la Méditerranée, la mer Egée et les Balkans.

    Des centaines de réfugiés meurent chaque jour. Des dizaines de milliers sont enfermés dans des centres de détention. Les marchés du travail locaux sont saturés, et les services sociaux débordés.

    Les États-Unis construisent des murs et des camps de détention pour les millions de gens qui tentent d’échapper aux conséquences terribles de l’imposition d’une économie libérale au Mexique, à la domination des gangs de narco-trafiquants et au frauduleux accord de paix qui entraîne la violence en Amérique centrale.

    Et plus les guerres occidentales avancent, plus les réfugiés sans espoir se multiplient. Et ceux-ci tentent d’escalader les portes du monde impérial en pleurant : «Vous nous avez chassés de nos terres à coup de bombes, maintenant vous devez nous loger chez vous.»

    Fomenter des guerres de classe entre les réfugiés et les habitants des pays occidentaux n’est peut-être pas prévu – du moins pour le moment, mais l’avenir semble sombre pour les sociétés européennes et américaines.

    Entretemps, d’autres guerres, encore plus importantes, se profilent à l’horizon et des millions de civils vont à leur tour être chassés de leurs maisons, et vont devoir choisir entre mourir de faim, fuit avec leurs familles ou combattre l’Empire. Expérimentés et exaspérés, ils iront grossir les rangs des résistants, comme en Afghanistan, en Iraq, en Libye, au Yémen, en Ukraine et partout ailleurs.

    Les États-Unis et l’Union européenne sont en train de devenir des citadelles. La police américaine se comporte avec les classes populaires marginalisées comme si elle était une armée d’occupation, agressant les Noirs, les immigrants et les protestataires – tandis qu’elle pille les pauvres… et protège les riches…

    Conclusion

    La guerre est partout, et elle s’étend : aucun pays, nulle part, n’est à l’abri de la contagion.

    Les guerres impériales ont jeté les graines des guerres locales… faisant fuir des populations entières dans un cycle sans fin. Il n’y a pas de success stories diplomatiques! Il n’y a pas d’accords pour une paix stable et durable!

    Quelques commentateurs pourraient contester cette analyse : ils qualifient le rapprochement récent entre les États-Unis et Cuba de succès. Ils oublient bien à propos que les États-Unis sont toujours en train d’essayer de renverser le régime du principal partenaire commercial de Cuba, le Venezuela, que les vassaux des États-Unis dans la région réclament un changement de régime chez les alliés de Cuba, en Équateur, au Brésil et en Bolivie, et que Washington fait monter la pression sur les alternatives pour Cuba que sont la Russie et la Chine. Cette image du drapeau américain flottant au-dessus de son ambassade à La Havane ne peut cacher le poing d’acier que Washington brandit en direction des alliés de Cuba.

    D’autres citent l’accord qui scelle la paix entre les États-Unis et l’Iran comme un grand succès. Ils ignorent que les États-Unis soutiennent l’invasion sanglante du Yémen par les Saoudiens et le massacre des communautés chiites, que les États-Unis ont donné une feuille de route à Israël, décrivant avec précision le système de défense de l’Iran et que les États-Unis et les pays européens bombardent sans pitié la Syrie, alliée à l’Iran.

    Que penser de ces accords entre les États-Unis, Cuba et l’Iran : sont-ils stratégiques et appelés à durer, ou sont-ils juste une tactique pour préparer un assaut d’une ampleur encore plus grande?

    L’épidémie guerrière ne faiblit pas.

    Les réfugiés continuent à fuir ; ils n’ont plus de maisons ni de communautés où revenir.

    Le désordre et les destructions n’arrêtent pas de croître, et non de se réduire ; rien n’est prévu pour reconstruire ces sociétés réduites en lambeaux, rien pour Gaza, rien pour le Donbass, rien pour Guerrero au Mexique, rien pour Alep.

    L’Europe sent les premières flammèches d’un incendie majeur.

    Les Américains croient toujours que leurs deux océans les protègeront. On leur a dit qu’installer les missiles de l’Otan près des frontières de la Russie, maintenir les navires de l’US Navy en face des côtes chinoises, construire des murs électrifiés et dérouler des barbelés le long du Rio Grande les protègeront. Ils sont encore à ce point sous la coupe de leur politiciens et de leurs propagandistes.

    Quels tombereaux de mensonges! Des missiles balistiques inter-continentaux peuvent pleuvoir sur New York, Washington et Los Angeles.

    Il est temps de se réveiller!

    Il est temps de stopper cette course effrénée vers la Troisième Guerre mondiale, menée par les États-Unis et l’Union Européenne!

    Où commencer? La Libye a été définitivement détruite ; c’est trop tard! La Syrie, l’Iraq et l’Afghanistan sont embrasés. Nous sommes plongés toujours plus profondément dans la guerre, alors qu’on nous parle de retrait! L’Ukraine aspire à toujours plus de canons et de mercenaires!

    Comment pourrions-nous avoir une paix sincère avec l’Iran si nous ne pouvons pas contrôler notre gouvernement, quand il emboîte le pas à la propagande israélienne? Et Israël veut la guerre – que nous fassions la guerre pour eux! Comme l’avait dit un jour à des sionistes américains inquiets l’ancien général criminel de guerre et Premier ministre Ariel Sharon : «Des problèmes avec les États-Unis, croyez-vous? Nous les menons par le bout du nez!»

    Regardez seulement ces familles terrifiées, fuyant le carnage au Proche-Orient ou au Mexique.

    Que devons-nous faire?

    Quand arrêterons-nous les frais et quand nous débarrasserons-nous de ces fauteurs de guerre – tant à l’extérieur qu’à l’intérieur?

    Par Pr James Petras – Le 24 août 2015

    Article original : Strategic Culture

    Traduit par Ludovic

    Source: http://lesakerfrancophone.net/les-folies-imperiales-en-cours/


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    Apostat Kabyle AK

    Accueil des réfugiés musulmans: Europe des centaines de milliers, Arabie zéro

    Comment est perçu le problème des réfugiés et comment il est traité dans les pays musulmans et en Occident 

    1) Les pays musulmans 
    Pendant qu'en Occident toute la nomenklatura politico-médiatique utilise les images terribles du petit garçon retrouvé noyé en Turquie, la question qui se pose, qui s'impose, est: que font les pays musulmans pour secourir leurs coreligionnaires? 
    Réponse: ils ne font pratiquement rien. Les pays de la Péninsule arabique, qui sont pourtant les plus riches du monde, ont pris zéro réfugiés [1] . Pire: en avril 2014, les Saoudiens avaient procédé à une expulsion massive de réfugiés économiques somaliens [2] . Ces réfugiés,qu'ils soient Somaliens, Érythréens, Irakiens ou Syriens, sont pourtant leurs coreligionnaires, mais que peut-on attendre de ces déchets de l'humanité que sont les émirs? 
     
    Car les soucis des émirs ne sont certainement pas d'ordre humanitaire, ils doivent tout ignorer de la signification de ce mot. Les Saoudiens, par exemple, ont d'autres chats à fouetter: en plus d'être classés derniers pour le nombre de diabétiques et pour l'hygiène alimentaire, et avant-derniers pour l'obésité, ils sont les plus grands gaspilleurs alimentaires du monde [3] . Mais ce qui compte le plus pour eux est d'accumuler les armes: ils sont aujourd'hui les plus grands importateurs du monde d'équipement militaires [4] . 
     
    Pour ce qui est des réfugiés, les très riches et aussi très musulmans pays du Golfe - Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Oman - ont offert de recevoir exactement zéro réfugié. Pendant que les émirs continuent d'engraisser dans leurs sérails, le très petit nombre de pays arabes ou musulmans chez qui on trouve des réfugiés sont les pays limitrophes des zones de guerres ou de conflit. Il s'agit de la Turquie, de la Jordanie, du Liban et de l'Egypte. Mais là encore, ces pays ne déboursent qu'une partie ridiculement faible de l'argent nécessaire à l'installation des camps et à leur gestion. L'argent vient une fois de plus du Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) et de l'Union européenne. 
     
    Alors que pour les pays d'Afrique du nord, le nombre de réfugiés qu'ils ont admis n'est pas de zéro comme pour les émirats, mais là aussi, il est ridiculement faible [5] . A tel point que c'est encore une fois l'Union Européenne qui, malgré son surendettement abyssal, va "cracher au bassinet" car elle envisage de payer ces pays (Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie) pour qu'ils prennent leur quota de réfugiés. 

    Nul besoin pourtant de rappeler que tous ces pays sont musulmans sunnites et que 98% des réfugiés sont eux aussi musulmans sunnites (chiffres du HCR). Et qu'en tant que "bons musulmans", ils devraient se placer aux avant-postes pour les accueillir, puisque le coran leur ordonne de leur porter secours. 
     
    2) L'Occident 
    L'Europe est confrontée à la plus grande crise de réfugiés qu'ait connu le monde depuis la Deuxième Guerre mondiale mais tous les pays ne veulent pas s'impliquer dans cette crise. L'Europe, la tête dans le sable comme à son habitude, a ouvert ses frontières et se retrouve ainsi en première ligne, submergée et pratiquement seule à devoir supporter cette catastrophe. Les chiffres le confirment: 626.000 demandes d'asile ont été déposées en 2014 au sein de l'Union européenne.
     
    Pas étonnant qu'aucun des pays du Golfe ne veut prendre le moindre réfugié: ils savent que les dhimmis européens vont s'en charger. Ils savent aussi que ces contingents de musulmans doivent aller en Europe participer à cette nouvelle Hijra stratégique, à ce djihad par l'émigration qui est un devoir obligatoire pour chaque musulman et vont aller grossir la Oumma chez ces imbéciles de kuffars, trop stupides pour résister et trop cramponnés à leurs valeurs, des valeurs certainement très louables mais qui participent à leur extinction future. 
     
     
    La faute de l'Occident dans tout cela? Outre qu'il continue à appliquer ses généreux principes à ses ennemis les plus virulents et les plus sournois, elle réside dans l'engagement et les échanges sans conditions qu'il a pris avec les barbares de la Péninsule arabique, Saoudiens et Qataris en tête, en contre-partie du pétrole et du gaz. 
     
    Du coup, on ferme les yeux sur toutes les horreurs commises par l'islam.
    Au mois d'avril dernier, on a vu d'autres images tout aussi choquantes que celles du petit garçon noyé: d'autres cadavres flottant dans les eaux de le Méditerranée. D'abord, ces réfugiés abattus par la marine égyptienne [6] . Ensuite, des chrétiens jetés par-dessus bord par des musulmans [7] . Pourquoi ces images n'ont-elles pas été médiatisées elles aussi? La réponse qui vient à l'esprit: parce que, dans le deux cas, ce sont des musulmans qui tuent. D'autant que, dans le second cas, les victimes sont chrétiennes. Donc, pas question pour la presse internationale de faire du bruit autour de ces affaires, puisqu'il a été établi une fois pour toutes que tout cela "n'a rien à voir avec l'islam". Et donc, pas question de dire ces vérités en Occident, c'est tabou.
     
    Le temps arrive où, malgré le grand tabou autour de l'islam, la soupière européenne qui est en train de bouillir va exploser, car les peuples en ont assez qu'on les prennent pour des pigeons. Les gens en ont marre de ne plus pouvoir se soigner quand des "illégaux" ont accès gratuitement à tous les soins, marre qu'on les exproprie pour loger les migrants [8] et [9] , marre des règlements de comptes entre "migrants" ou entre migrants et passeurs, marre des émeutes [10] , des violences et des viols à répétition.

    "Les immigrants illégaux crient "Allah akbar" en Hongrie":
     
    "Les immigrants jettent la nourriture et l'eau qu'on leur donne". 
    La nourriture peut ne pas être halal, mais pas l'eau. Pourquoi jeter aussi les bouteilles d'eau?
     

    "Des immigrants africains se déchaînent à Tarragone, ville touristique d'Espagne"
    "Pour venger à un compatriote - Des dizaines de sénégalais provoquent des émeutes après la mort d'un compatriote dans un coup de filet". 
     
     
    "Immigration et guerre raciale" ("This is your future") 
     
    Marre à juste titre, car avant ce flux migratoire, que certains qualifie de "hordes sauvages musulmanes", jamais de toute l'Histoire de l'humanité des réfugiés ne s'étaient comporté de la sorte. Parfois en mettant en péril femmes et enfants [11] . Pamela Geller avait comparé ce comportement à ceux du Hamas, qui mettent les enfants aux avant-postes ou qui tirent leurs roquettes depuis les bâtiments civils, particulièrement les hôpitaux, mosquées et écoles. 
     
    Dernièrement, c'est un couple de retraités italiens de 68 et 70 ans qui s'est fait massacrer par un ivoirien de 18 ans, Mamadou Kamara [12] . Selon la police, la vieille femme aurait été violée et ensuite égorgée avec son mari et son corps jeté par-dessus le balcon. On a retrouvé dans le sac du criminel une caméra vidéo, un téléphone portable, un ordinateur, une chaîne en or et d'autres biens ayant appartenu au couple assassiné. Au moment de son arrestation, il portait des vêtements de la victime. 
     
    Mais malgré tout, les dhimmis resteront des dhimmis. Ce 3 septembre, c'est l'actrice Emma Thomson [13] qui est montée au créneau pour accuser les Britanniques d'être racistes pour ne pas prendre plus de réfugiés, comme si les autorités britanniques n'en ont pas suffisamment fait pour détruire leur nation. 
     
    Tandis qu'une Islandaise, auteur et professeur, a lancé une campagne sur Facebook pour offrir asile à ceux qu'elles désigne comme des "ressources humaines avec des expériences et des compétences qui pourraient bénéficier à l'Islande". Elle a ajouté: "Ils seront nos futurs époux, nos meilleurs amis, la prochaines âme soeur, un batteur pour le groupe de nos enfants, notre prochaine collègue, Miss Islande en 2022, le charpentier qui termine finalement la salle de bain, le cuisinier à la cafétéria, une foule de pompiers, de génies et d'animateurs de la télévision[14] . 
     
    Une femme qui connait bien l'islam. Proposition: messieurs les réfugiés (messieurs seulement, vu qu'il n'y a pas beaucoup de femmes parmi vous), pourquoi n'iriez-vous pas tous en Islande? Le climat y est froid, mais ce qui compte, c'est la chaleur des coeurs.
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    [9] Même chose en Allemagne, où des pauvres et des personnes âgées sont expulsés pour faire place aux réfugiés musulmansLa population musulmane de l'Allemagne est montée en flèche, de plus de 700.000 en 2015 (83.000 arrivants rien qu'en juillet), portant le nombre total de musulmans dans le pays à près de 6 millions 
     
    [10] "Grèce : des "réfugiés" musulmans se révoltent et attaquent la police et des garde-côtes dans l'Île Lesbos
     
     
    [12] Sicile: un couple de vieux assassinés et la femme violée
     
     



    05/09/2015

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    Récit de l’affaire Salah Lamrani /

    Mission laïque française (MISR Language Schools) & Services de l’Ambassade de France au Caire

     

     

     Première partie

     

     

     

    Les faits évoqués ci-dessous sont attestés par des documents et témoignages multiples et explicites. Des notes de fin de document fournissent des extraits éloquents de ces éléments de preuve. Les noms marqués d’une étoile (*) ont été modifiés.

     

    Ce dossier est actuellement instruit aux prud’hommes et auprès du Défenseur des Droits, et il reste en voie de complétion. Tous les acteurs de cette affaire et quiconque peut apporter un témoignage ou des documents quelconques sur ces instances sont instamment invités à le faire en mentionnant, le cas échéant, s’ils souhaitent que leur participation soit anonyme.

     

    Merci d’adresser toute correspondance à cette adresse e-mail : salah_lamrani@yahoo.fr

     

     

     

    Introduction

     

    1 – Un établissement particulièrement difficile 

     

    2 – La « petite » affaire : Samuel Métaux / Salah Lamrani

     

    3 – La « grande » Affaire : exclusion illégale, menaces, violences, tentative de subornation et plainte diffamatoire…

     

    4 – …pleinement cautionnées par la direction de la Mission laïque française

     

    5 – Le parti pris des instances diplomatiques

     

    Conclusion                                                                    

     

     

     

     

     

    Salah Lamrani dans sa classe à MISR Language Schools (établissement du réseau MLF)

     

     

     

    Introduction

     

    Je suis professeur de Français, âgé de 28 ans et Titulaire de l’Education Nationale. Durant l’année scolaire 2012-2013, j’ai été recruté à Paris pour un poste dans un établissement du réseau de la Mission laïque française en Egypte, la section française de la MISR Language Schools. Située au Caire, elle est conventionnée par le ministère des Affaires étrangères et homologuée par le ministère de l’Education nationale. Mon employeur était la Mission laïque française, comme cela est spécifié dans ses statuts, sa Charte et le contrat de travail[1]. Le Proviseur était M. Frédéric TUMPICH, et il occupe toujours son poste à ce jour. La direction égyptienne générale de cet établissement comportant cinq sections était menée par Mme Nermine NADA. 

     

    Dès ma prise de fonctions, j’ai constaté que de graves manquements de la direction de l’établissement mettaient en danger la sécurité des personnels et le bien-être de tous, causant divers incidents. En effet, comme en attestent de nombreux documents, rapports et témoignages de personnels enseignants, parents, élèves et de la direction[2], cet établissement présentait de graves problèmes au niveau de la discipline et même de la sécurité des élèves et personnels. L’atmosphère était notamment caractérisée par un manque de respect envers les professeurs et le rejet de leur autorité de la part des élèves et personnels égyptiens d’éducation, un chaos endémique empêchant la tenue des cours[3], le refus des élèves d’assister aux cours[4], l’annulation par le Proviseur français des punitions données aux élèves par les enseignants[5], etc. A tout cela s’ajoutait le lynchage en règle des personnels français et égyptiens par l’administration et les parents, qui les tenaient pour les seuls responsables de ces dysfonctionnements, alors que ceux-ci incombaient à la direction de l’établissement, et que les enseignants comptaient parmi les principales victimes de cette situation[6]. Les personnels français et égyptiens étaient tenus en respect, avec une redoutable efficacité, par diverses pressions (accusations d’incompétence, déni, menaces d’exclusion…[7]), ce malgré des agressions verbales et intimidations physiques de la part des élèves contre certains professeurs[8]. Tout cela a même entraîné une agression physique de lycéens à l’encontre d’un collègue Titulaire de l’Education nationale proche de la retraite (François* E., professeur de Physique), ce qui l’a notamment amené à exercer son droit de retrait durant une semaine, sa sécurité ne pouvant être assurée. Ces agissements étaient absolument impunis et même couverts, étouffés, et, de fait, encouragés par le laxisme de l’administration. Pour celle-ci, « le client est roi », tandis que les personnels enseignants, quantité négligeable et éminemment amovibles, ne sont là que pour être livrés en pâture[9] aux élèves qui paient des droits d’inscription faramineux et peuvent donc se comporter comme les propriétaires de l’établissement[10]. Les personnels qui essayaient d’agir étaient menacés, discrédités, et, dans mon cas, exclus, violentés et calomniés. La vie même des élèves était mise en danger par des installations électriques défectueuses dans les laboratoires. Ces installations avaient pourtant fait l’objet de plaintes publiques de la part de François* E. et de Farid* Y., professeur de Mathématiques-physique également Titulaire[11].

     

    Je m’étais employé à pallier certains de ces dysfonctionnements, en accord avec mon supérieur hiérarchique, Frédéric TUMPICH, ce qui m’a amené à m’opposer directement à la direction égyptienne, qui prenait toujours fait et cause pour les élèves les plus turbulents. Celle-ci a alors voulu se débarrasser de moi. Car bien que les statuts des personnels (et les engagements contractés avec les parents, qui inscrivent leurs enfants dans une école dont on leur garantit que la gestion est purement française) prévoient que la section française soit gérée indépendamment, par la seule direction française[12], il s’est avéré que la direction égyptienne impose toutes ses décisions dans les faits. Le Proviseur français a un rôle purement fantoche et se soumet aux intimations coercitives de personnels subalternes égyptiens[13]. J’ai donc fini par être exclu le 28 mars 2013 de manière violente et illégale (sans notification écrite, manu militari et par un simple fait accompli), battu par huit vigiles sous les yeux de mes élèves de 6e traumatisés et en pleurs, tout cela pour un prétexte spécieux : une altercation avec un collègue, Samuel METAUX, qui avait eu lieu la veille, en dehors de l’établissement. Pourtant, des témoignages de professeurs, de parents et d’élèves ont établi que Samuel METAUX me harcelait de longue date au sein même de l’établissement. Pour l’incident du 27 mars même, les témoignages directs de trois enseignants et l’aveu du proviseur, Frédéric TUMPICH (dès le 29 mars 2013, en présence de Farid* Y., représentant élu des personnels), concordent pour établir que Samuel METAUX m’avait agressé verbalement et physiquement, et que je n’ai fait que me défendre. Frédéric TUMPICH n’en a pas moins soutenu, en toute connaissance de cause, une version des faits mensongère, notamment dans ses courriels adressés aux parents, afin de justifier la décision de la direction égyptienne en lui donnant une teinte française et de me discréditer.

     

    Je me suis efforcé de faire respecter mes droits, et face à ma résistance et du fait de l’intervention de parents d’élèves, l’administration de l’établissement a ensuite rétroactivement « justifié » cette exclusion par d’autres accusations calomnieuses qui ne m’ont jamais été notifiées par écrit (pas plus que mon exclusion définitive et ses raisons alléguées). J’ai en effet été accusé d’agressions verbales et même physiques contre des élèves, et une plainte judiciaire en ce sens a été déposée contre moi pour me neutraliser et me décourager. Ces accusations fallacieuses ont entraîné mon arrestation violente par la police, mon placement dans une cellule de 1 mètre carré, puis mon déferrement au Parquet. La justice égyptienne a rapidement débouté la MISR Language Schools de toutes les accusations portées contre moi, notamment grâce à nombre de témoignages de parents et d’élèves et, dans une moindre mesure, de personnels. 

     

    Tout au long de l’affaire, l’administration n’a pas hésité à recourir à des menaces et à des brutalités psychologiques contre les élèves en leur interdisant de me parler, et en s’évertuant à les persuader que j’étais un véritable danger pour eux malgré les faits avérés, et le grand attachement de mes élèves pour moi. La directrice égyptienne, Mme Nermine NADA, et le Proviseur français, Frédéric TUMPICH, ont personnellement colporté ces calomnies et exercé les pressions et menaces. Celles-ci m’ont en particulier été rapportées par mes élèves et leurs parents – les plus jeunes, âgés de 11 ans à peine, étaient en pleurs. Des menaces similaires ont également été exercées contre les personnels, afin de les dissuader de m’apporter de l’aide et même de me saluer, et j’ai été au désespoir de constater que mes collègues et concitoyens faisaient preuve de bien moins de solidarité à mon égard que les parents et même les élèves. La plupart des enseignants ont fini par complètement m’ignorer et m’abandonner, alors qu’une simple grève aurait très vraisemblablement suffi à résoudre le problème. Sans doute se sentaient-ils plus vulnérables, se trouvant dans un pays étranger ayant une langue et une culture différentes, et étaient-ils dissuadés de toute intervention par l’exemple de la violence qui m’était infligée.

     

    J’ai essayé autant que possible de régler cette affaire par la négociation et sans tapage, transmettant ma version des faits abondamment documentée à la direction de l’établissement et de la MLF et aux instances françaises, et en leur faisant savoir, directement et par le biais de mes avocats, que j’étais disposé à un règlement à l’amiable, à condition qu’il fût honorable et respectueux des lois. J’avais refusé, dans un premier temps, le paiement de l’intégralité de mes salaires à venir jusqu’à la fin de l’année scolaire contre mon départ et mon silence (une proposition de Frédéric TUMPICH suite aux premiers échanges avec la direction de la MLF), parce que cela se serait fait par-dessous la table et aux dépens de ma réputation salie par leurs diffamations, ce que je ne pouvais envisager en aucun cas. D’autant plus que ces salaires m’étaient de toute façon dus contractuellement, et le restent jusqu’à ce jour, le contrat n’ayant jamais été légalement rompu – le mois de mars même, travaillé, ne m’a toujours pas été payé. En vue d’un règlement à l’amiable, j’ai sollicité l’intervention de plusieurs élus, instances et personnalités médiatiques et intellectuelles, notamment les députés et sénateurs des Français de l’étranger, qui sont généreusement intervenus. Les instances ministérielles sollicitées (Education Nationale, Affaires Etrangères, ministres déléguées chargées des Français de l’étranger et de la Francophonie) n’ont pas donné suite à mes demandes d’assistance. J’ai sans cesse sollicité l’intervention de la Mission laïque française à Paris, mon employeur selon les textes (cf. note n° 1), chargé de la gestion des établissements de son réseau. Mais elle n’a jamais donné aucune suite à mes sollicitations par courriel et par courrier recommandé. De son côté, la direction de mon établissement a accepté le principe de la négociation, avant de le rejeter au dernier moment : il ne s’agissait, de sa part, que d’une manœuvre dilatoire visant à se rapprocher de la fin de l’année scolaire et à épuiser mes ressources et ma volonté. 

     

    Contre toute attente, et au mépris des faits avérés et des lois et accords en vigueur, la direction de la Mission laïque française et les services de l’Ambassade de France, sont intervenus, mais de manière partiale et aux côtés de la direction de mon établissement. Ils ont agi de concert contre moi, en toute connaissance de cause, dès le premier jour et jusqu’au bout, de la manière qui sera détaillée dans les 4e e 5e sections. Dès le 31 mars 2013, dans un courriel adressé aux parents d’élèves, Frédéric TUMPICH affirmait qu’une intervention de l’Ambassade de France avait été sollicitée et que celle-ci s’était prononcée en faveur de mon exclusion illégale (« C’est pourquoi Mme Nermine NADA et l’Ambassade de France ont conjointement décidé, pour la sécurité de vos enfants [sic], d’interdire à M. Salah l’accès de l’établissement. »). Frédéric TUMPICH fut pleinement soutenu par la Mission laïque française, mon employeur : bien qu’elle ait reçu ma version des faits ainsi que les nombreux documents et témoignages collectés – qui ont rapidement conduit la justice égyptienne à m’innocenter de toutes les accusations portées contre moi –, la MLF a poursuivi son œuvre, continuant à relayer en toute connaissance de cause les accusations calomnieuses portées à mon encontre. Dans deux lettres adressées respectivement à M. Alain MARSAUD, député des Français établis hors de France, et à Mme Joëlle MARRIAUD-GAYLAM, sénatrice des Français établis hors de France, intervenus à ma demande, Jean-Christophe DEBERRE, Directeur général de la Mission laïque française, ainsi que Yves AUBIN DE LA MESSUZIERE, Président de la Mission laïque française, ont soutenu des allégations qu’ils savaient calomnieuses. Ils ont même surenchéri sur les imputations diffamatoires de MISR en prétendant que « la sécurité de la communauté éducative ne permet pas la réintégration de M. LAMRANI », ce le 25 avril 2013, près d’un mois après que les pièces qui m’ont innocenté devant la justice égyptienne leur aient été transmises. Cette position a encore été confirmée le 5 juin 2013, après que mon établissement ait été débouté par le Parquet de toutes ses plaintes contre moi, le Président de la MLF soutenant malgré ce développement considérable que « l’on peut craindre que rien n’ait depuis contribué à modifier ce point de vue ». Ces éléments seront rapportés en détail dans la 4e section, en soulignant les contradictions manifestes que ces deux courriers présentent entre eux, avec les statuts de la MLF et avec les faits avérés et alors connus de tous. Les services du Consulat de France ont procédé de même, et des menaces d’enlèvement et de mise au ban proférées à mon encontre par Paul PETIT (Attaché de Coopération Educative représentant le Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France) dès le 28 mars 2013, le jour de mon exclusion, devant mon établissement, ont été partiellement mises à exécution, alors qu’elles auraient pu me coûter mon intégrité physique et mentale, voire ma vie. En effet, du fait des mesures qui ont été prises contre moi, j’ai été contraint de vivre en Egypte plusieurs mois sans ressources (de fin mars à la mi-septembre 2013), exposé à de grands risques et dans un grand dénuement, recherchant vainement un autre emploi, sans savoir que j’étais soumis à un véritable ostracisme, si bien qu’il m’était impossible de retrouver un poste. Je n’en ai eu la preuve que tardivement, comme nous le verrons. A partir de juillet 2013, je n’avais souvent plus même de quoi m’acheter de l’eau, dormant à même le sol dans un appartement complètement vide, alors que des événements sanglants avaient lieu en Egypte. J’étais donc à la merci de quiconque. Il m’a fallu des mois pour commencer à me remettre de tous les sévices, pressions et harcèlements subis, et j’aurais très bien pu ne jamais m’en relever.

     

    Mon avocat d’alors, après analyse des pièces du dossier, dénonça « une institution qui a utilisé les procédés les plus déloyaux pour [me] mettre en cause avec des accusations graves [par] l’instrumentalisation d’informations [qu’elle] savait mensongères dès l’origineCette attitude est d’autant plus critiquable qu’elle s’inscrit dans un contexte inspiré par la discrimination. […] Les pièces du dossier que vous m’avez transmises sont tout à fait claires pour établir deux points : 1/ l’agression est le fait de Monsieur Samuel METAUX ; 2/ cette agression, qui était déplorable mais au final assez minable, a pris une ampleur toute particulière compte tenu de l’attitude de l’employeur, et des autorités diplomatiques qui ont agi sans réflexion préalable suffisante. Les deux éléments se conjuguent pour démontrer qu’il existe autour de cet établissement une véritable culture de l’impunité et que l’agression, comme l’attitude de l’administration, repose sur la conviction que vous alliez être broyé par la machine, préférant vite quitter l’Egypte en demandant votre compte. […] Il est assez remarquable, alors que vous étiez pris par le feu des événements, d’avoir pu constituer ce dossier et d’avoir pris le temps d’écrire et de prendre à témoin, réunissant ainsi d’importants éléments de vraisemblance, et surtout amenant la partie adverse à réagir. […] Le mail adressé par Monsieur TUMPICH le 31 mars 2013 vous décriva[i]t comme quelqu’un de violent, à tel point que la seule solution était de vous écarter de l’établissement. Vous êtes décrit auprès des parents comme une sorte de semi-sauvage, incontrôlable. Or nous savons qu’à ce stade, Monsieur TUMPICH était parfaitement informé que l’agression n’était pas de votre fait ; […] c’est donc à dessein, dans le but de [vous] casser et de vous obliger à quitter votre poste et l’Egypte qu’il a choisi de prendre à partie les parents. [Quant à la direction de la Mission laïque française], avec son autorité, [elle] se permet d’écrire à un Député en accréditant une version des faits qu’[elle] sait entièrement fausse, et qui vous présente comme un individu dangereux et infréquentable. […] Il a fallu toute votre vigilance et votre courage pour inverser la manœuvre. »

     

    Ces faits sont, à mon sens, très préjudiciables à la France, à son image et aux ressortissants français à l’étranger. Ceux-ci devraient être protégés de tels agissements, surtout lorsqu’ils sont recrutés en France pour travailler pour une institution française (la MLF), sous la tutelle de deux ministères, et sont ensuite complètement abandonnés et, plus encore, accablés par les instances qui sont censées les protéger. Bien plus, les enfants qui sont placés dans ces établissements par leurs parents, confiants dans la réputation d’excellence de la France, sont à mon sens les principales victimes de cette situation. Leur potentiel est dilapidé par les conditions extrêmes qui règnent dans ces établissements de la Mission laïque française. Cette situation ne permet nullement la transmission d’une instruction et d’une éducation décentes à des enfants qui sont, de par leur statut social, l’avenir de leurs Nations, qui est par conséquent compromis.

     

    Ayant établi que « Cet établissement joue sur l’impunité en pensant que s’il existe un litige avec un salarié, il sera traité par la juridiction égyptienne, et avec une efficience toute relative et un impact très réduit en France », mon avocat préconisa alors la conduite d’une action « pour fragiliser tout ce système qui, ignorant la loi, fonctionne finalement comme un système mafieux, au sens opaque et privilégiant des intérêts particuliers ». Cette action, je suis déterminé à la mener.

     

     

    1 – Un établissement particulièrement difficile 

     

    Le quatrième point de sa Charte stipule que « La Mission laïque française accueille et réunit dans son réseau d’établissements des enfants de toutes origines et de toutes cultures. Au-delà de la réussite scolaire et de l’épanouissement individuel des élèves, elle [la MLF] cherche à développer chez eux l’exercice du libre jugement, le respect de l’autre, la compréhension des héritages de l’histoire, l’ouverture au monde dans sa diversité grâce à la maîtrise de plusieurs langues. Elle les initie à l’usage des droits et des devoirs de la citoyenneté. » Malgré ces déclarations éthérées et le fait que la MISR Language Schools ait la réputation d’être parmi les meilleures écoles d’Egypte, la réalité est très différente, comme nous l’avons déjà entrevu ci-haut. 

     

    Mon recrutement même, depuis Paris, début novembre 2012, faisait suite au départ précipité d’une enseignante française (Myriam* H.) qui avait 12 ans d’expérience en France (en région parisienne), d’excellents états de service, mais n’avait pu tenir dans les conditions de chaos et d’impunité qui régnaient dans l’établissement égyptien[14]. Il y a eu au moins trois démissions – pour ne pas dire « désertions », parfaitement justifiées au vu des conditions de travail régnant à MISR – au total durant l’année scolaire[15]. Et malgré le fait que, de l’aveu même du Proviseur français, Frédéric TUMPICH, j’avais intégré mon poste dans des conditions particulièrement difficiles[16], il n’avait pas moins envisagé explicitement de me renvoyer purement et simplement, quelques jours seulement après m’avoir fait venir de France pour ce premier poste, au prétexte que j’avais du mal à gérer cette situation exceptionnellement chaotique[17]. Il a pour ce faire froidement invoqué la période d’essai de trois mois pendant laquelle tout enseignant peut être renvoyé sans préavis, selon les termes draconiens et non réciproques du contrat, sans autre forme de procès. Par la suite, quand j’ai réussi à reprendre mes classes en main, Frédéric TUMPICH m’a exprimé (le dernier jour avant les vacances de Noël) ses vives félicitations pour ce succès spectaculaire[18], et il s’est excusé de m’avoir « jeté dans la gueule du loup » sans préavis. Durant ces vacances, une collègue Titulaire de l’Education Nationale, Sylvie* F., qui se trouvait en France en congé maladie, enceinte, et au chevet de son compagnon très gravement malade, a été, illégalement et de manière ignoble, poussée à la démission par Frédéric TUMPICH – une infamie qu’il a réitérée cette année même, en 2015, avec une autre collègue Titulaire et enceinte simplement car elle avait besoin d’un emploi du temps aménagé. A la suite d’une plainte de Sylvie* F. auprès de ses autorités de tutelle, il a dû se rétracter, et il a ensuite affirmé avoir été contraint de céder aux pressions de l’administration égyptienne[19]

     

    Tous ces éléments montrent que les personnels enseignants français, recrutés en France et invités à travailler dans un établissement français sous tutelle française, dont tous les documents sont à en-tête de la MLF, et dont la Charte précise qu’elle est leur seul employeur (« Sous   l’autorité   du   chef   d’établissement   ou   du directeur de leur école, ils agiront dans le respect des textes officiels, des orientations et des directives : du ministère de l’éducation nationale ; du ministère des Affaires étrangères ; de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ; de la Mission laïque française  qui est leur employeur et à laquelle ils rendent compte de leur action. »), sont en réalité traités comme du rebut, livrés pieds et poings liés aux caprices des élèves et au joug de la direction égyptienne et abandonnés à leur sort, sacrifiés sur l’autel du lucre, voire du néo-colonialisme[20]. MISR Language Schools, « un vrai roman » déjà évoqué en 2008 dans le bulletin n° 88 du syndicat enseignant SGEN-CFDT qui dénonçait notamment « un turn-over excessif des personnels titulaires détachés dans cet établissement. (…) Les personnels ont travaillé des mois après la rentrée scolaire sans contrat car ‘ceux-ci étaient en cours de négociation’ avec la direction égyptienne. Le problème, c’est que les personnels ne savaient pas au juste ce qui faisait l’objet de négociation… L’équipe enseignante du premier degré, soit une quinzaine de personnes dont huit recrutés locaux en situation assez précaire, est en outre à la merci de la direction égyptienne (…). La charge de travail des enseignants est si importante qu’ils ont le sentiment de porter l’école à eux seuls. (…) Tous ces éléments pèsent. Et puis, les collègues n’ont plus les mêmes horaires, le climat général se détériore et l’ambiance dans l’équipe n’est plus au beau fixe. A Misr Language school, c’est pas la vie en rose tous les jours…[21] » Mais malgré ce rapport éloquent, cette situation ne s’est pas améliorée le moins du monde, bien au contraire.

     

    Après être parvenu, en déployant les plus grands efforts, à instaurer une ambiance de respect et de travail dans mes classes, je me suis employé à assister François* E., un de mes collègues en difficulté qui faisait face à un véritable harcèlement de la part de lycéens. Avec l’aval du proviseur de la section française, Frédéric TUMPICH, je m’efforçais de contribuer à la résolution de certains des problèmes de cet établissement. J’espérais protéger les élèves et les enseignants, et créer les conditions qui nous permettraient de réaliser notre vocation de pédagogues et de dispenser un savoir de niveau acceptable en termes d’instruction et d’éducation[22]. J’assistais donc François* E. en me tenant à ses côtés durant ses cours avec les lycéens, le dimanche matin, mon jour de repos, et cela à titre bénévole[23]. Malgré ma venue toute récente, et le fait que j’étais alors un débutant, ma jeunesse et ma connaissance intime de la langue et de la culture arabe facilitaient mes relations avec les élèves, comme mon succès inespéré avec mes propres élèves l’avait démontré à tous. Mais ces interventions aux côtés de François* E. m’ont souvent fait entrer en confrontation directe avec la direction égyptienne de l’établissement, qui donnait la préséance aux élèves sur les personnels enseignants, et tolérait depuis le début de l’année qu’ils arrivent aux cours avec une demi-heure de retard, puis qu’ils n’y assistent pas en ma présence[24], ce que j’ai dénoncé avec vigueur. Frédéric TUMPICH m’a explicitement dit à plusieurs reprises que je figurais sur la liste noire de l’administration égyptienne[25], malgré (ou plutôt du fait de) mon investissement et mes succès avec mes propres élèves, les élèves de mes collègues et les collègues eux-mêmes. Ces actions m’avaient valu, de la part de Frédéric TUMPICH, une proposition de poste de CPE (Conseiller Principal d’Education, fonction alors dévolue à des personnels égyptiens) pour l’année scolaire suivante, et même l’organisation d’interventions en primaire avec la directrice de cette section, Marie-Paule M., qui envisageait de son côté de m’y recruter pour l’année scolaire 2013-2014. Frédéric TUMPICH m’a également invité à « consolider » ma situation auprès des parents d’élèves, et à mettre en avant auprès d’eux mes initiatives et succès, pour pouvoir me protéger face à la direction égyptienne, qui ne souhaitait pas renouveler mon contrat et avait résolu d’attribuer mon poste de professeur de Lettres à Samuel METAUX, Professeur de Philosophie (auto)proclamé (sic), pour la rentrée suivante[26]. Autant d’indices éloquents de l’impuissance de la direction française face à Nermine NADA : sur le papier, Frédéric TUMPICH est le seul responsable de la gestion et des recrutements, alors que, dans les faits, il n’est pas même consulté. 

     

    C’est donc dans l’objectif de renforcer ma position au sein de l’établissement, et avec le plein soutien de mon supérieur hiérarchique, que j’ai convoqué les parents d’élèves de 6e à une réunion pour le 4 avril 2013, ce qui a entraîné une vive réaction de l’administration égyptienne dès qu’elle l’a appris, le 27 mars. Elle m’a demandé avec préoccupation ce que je comptais dire aux parents, et a essayé de me dissuader de tenir cette réunion en invoquant divers prétextes spécieux. En ce qui concerne François* E., après trois interventions à ses côtés qui ont été couronnées de succès[27], Frédéric TUMPICH a fini par m’interdire d’assister mon collègue, du fait des pressions de l’administration égyptienne qui cédait aux élèves les plus dissipés et, de fait, les encourageait à poursuivre, sinon à escalader leurs actions. Cette interdiction m’a été signifiée par écrit le 17 mars 2013[28]. Je n’avais d’autre choix que d’obtempérer, et ce fut effectivement ma dernière intervention avec François* E. Il ne s’agissait de rien de moins que de mise en danger de l’intégrité d’un enseignant, au vu et au su de tous. Mais les pressions et intimidations étaient telles qu’aucun des autres enseignants n’a osé réagir, malgré un rapport explicite de François* E. appelant à l’aide le 25 mars, deux jours avant son agression, qui se concluait ainsi : « Devant de tels comportements, qui s’ils ne sont pas rapidement stoppés, peuvent aboutir à une situation dangereuse, je vous demande […] de bien vouloir mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour faire cesser ces agressions et assurer ma protection. Il n’est pas digne d’un établissement scolaire de laisser faire de tels agissements d’élèves.[29] » Le 26 mars 2013, la question de l’action que prendraient les enseignants français si François* E. se faisait agresser physiquement par ses lycéens a été soulevée explicitement par Paul* B., professeur de Sciences Vie & Terre, en présence de trois collègues : Farid* Y. (professeur de Mathématiques-physique), Eric* C. (professeur de Français) et moi-même. Eric* C. a nié le danger, suscitant une réaction indignée de ma part. J’estimais son attitude irresponsable, d’autant plus qu’il était le professeur principal de la classe la plus menaçante[30]. J’ai appelé à une grève si une agression se produisait. 

     

    De manière prévisible, François* E. a été agressé physiquement le jour suivant, le 27 mars, par un élève de Seconde – Frédéric TUMPICH était alors en France. François* E. a quitté l’établissement et a exercé son droit de retrait durant une semaine entière. Je me suis distingué par ma réaction au sein de mes collègues, dénonçant virulemment l’irresponsabilité des Conseillers Principaux d’Education (CPE) qui prenaient fait et cause pour les élèves. J’ai demandé un rendez-vous avec la directrice égyptienne, Nermine NADA, pour mettre fin à ces incidents. J’ai exprimé publiquement ma solidarité avec mon collègue, et j’ai appelé les personnels français à faire grève. Mais François* E. lui-même m’en a dissuadé, voyant que j’étais le seul qui soit prêt à prendre une telle mesure. Je me suis donc contenté de ne pas faire cours l’après-midi. J’ai emmené mes élèves à l’extérieur des classes, pour évoquer l’incident du matin et désamorcer la situation. En accord avec Sylvie* F. qui avait alors cours avec cette classe, je suis intervenu auprès de la classe de Seconde qui avait agressé François* E., afin de « faire la morale » aux élèves, conformément aux décisions entérinées précédemment par Frédéric TUMPICH[31]. Je leur ai tenu un propos d’une substance similaire à celui que j’avais auparavant tenu à d’autres lycéens en compagnie de François* E.[32] Cependant, l’administration a persisté dans son attitude de déni du problème, et ces événements ont été maquillés dans le compte rendu qu’en a fait Frédéric TUMPICH à son retour. Sa « version officielle » falsifiée reprenait simplement les accusations des élèves, selon lesquelles François* E. était l’agresseur, et passait tout bonnement sous silence une agression d’un enseignant Titulaire proche de la retraite qui l’a amené à exercer son droit de retrait une semaine durant. Peut-être cet enseignement se revendiquant « laïque » a-t-il adopté (et amplifié) le motto chrétien « faute avouée à moitié pardonnée », le « repentir sincère » (sic) manifesté par l’élève agresseur ayant entraîné un effacement pur et simple du fait de toute archive[33].

     

    Enfin, je suis aussi entré en conflit avec l’administration égyptienne à cause de plusieurs irrégularités sur mes salaires. Ceux-ci ne m’avaient pas été payés intégralement. Le préjudice s’élevait à plus de 300 euros. D’autres collègues avaient été victimes de procédés similaires, ces écoles étant un commerce sinon crapuleux, du moins juteux et florissant, ayant pour seul critère non pas la qualité de l’enseignement mais la rentabilité, aux antipodes de l’« association à but non lucratif » revendiquée dans la Charte de la MLF[34]. Je m’en suis plaint par écrit, le 24 mars, en exigeant le paiement intégral des sommes dues ainsi que des indemnités compensatrices, du fait des préjudices causés par les mensonges délibérés et avérés de la direction égyptienne. Celle-ci ne m’avait toujours pas ouvert de compte en banque, vraisemblablement pour des raisons fiscales, et a ensuite refusé de me répondre aux sollicitations de mes avocats, confirmant les soupçons d’irrégularités dans les déclarations légales me concernant[35]. J’ai obtenu un rendez-vous avec la direction égyptienne pour la semaine suivante en vue de régler ce contentieux.

     

    Ainsi, à la date du 27 mars (la veille de mon exclusion), l’administration de l’établissement avait plusieurs conflits avec moi, dans lesquels ses torts étaient manifestes. Ces différends devaient être réglés dès la semaine suivante : 

     

    1/ les problèmes de discipline qui, ayant débouché sur l’agression physique de François* E. le jour même, juste après qu’on m’ait interdit de l’assister, me donnaient pleinement raison et démontraient l’incompétence et l’irresponsabilité de la direction ;

     

    2/ la réunion avec les parents que j’avais convoquée pour la semaine suivante, avec l’aval et même à la suite de la recommandation de mon seul supérieur hiérarchique, Frédéric TUMPICH. Cette initiative inquiétait l’administration égyptienne, qui n’avait aucun pouvoir sur moi d’après les statuts. Elle redoutait ce que je pourrais dire aux parents – crainte exacerbée par l’agression contre François* E. Cette réunion aurait renforcé ma position au moment où les contrats pour l’année suivante étaient renouvelés, selon le raisonnement de Frédéric TUMPICH – un calcul sagace et bienveillant ;

     

    3/ l’affaire des retenues avérées sur mes salaires et des falsifications au sujet de mon compte en banque, qui devait être réglée la semaine suivante, lors d’un rendez-vous en présence de Nermine NADA, la directrice égyptienne elle-même – qui ne m’avait jamais reçu jusque-là –, de Frédéric TUMPICH et de Yara YOUSSEF, qui faisait office de secrétaire. 

     

    Trois excellentes raisons pour eux de se débarrasser de moi au premier prétexte – qu’ils cherchaient déjà depuis plusieurs semaines, selon FrédéricTUMPICH. Un incident extérieur allait leur fournir grossièrement un tel prétexte. La gravité de la situation était telle qu’ils ont cru parer ainsi au pire, à savoir les trois confrontations dangereuses prévues la semaine suivante. De leur point de vue, il était impérieux de me neutraliser et même de me discréditer de manière préventive.

     

    Je ne peux pas m’étendre sur le niveau réel de l’instruction dispensée dans ces établissements. Je me contenterai d’attester qu’il est déplorable, que des cours sont dispensés par des enseignants qui n’ont nullement la qualification ou l’expérience requises – cf. l’exemple de Samuel METAUX, prétendu enseignant de Philosophie qui prend en charge des cours de Lettres, sur lequel je reviendrai, ou d’enseignants à qui on demande/impose d’enseigner une autre matière que la leur, etc. –et que les résultats sont falsifiés, afin de complaire aux élèves et par conséquent donner une fausse impression de réussite (cf. cet échantillon explicite signé Samuel METAUX, qui révolutionne littéralement l’arithmétique[36]). Un rapport rédigé à la fin de l’année scolaire 2012-2013 par une collègue Titulaire, Stéphanie* C., dénonçait cette situation : « La plupart des difficultés de mes collègues sont nées à partir des premières notations… Beaucoup de mes collègues des différentes disciplines, notamment les non-titulaires, ont dû faire face à des situations ingérables de prise du pouvoir par les élèves. Le chef d’établissement ne semble pas concerné par la « politique éducative » de l’établissement (qui est pourtant une de ses missions) et ne cherche pas à offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux élèves. Il a très vite adopté une politique clientéliste, devançant même parfois les désirs des parents et concrètement ce sont les parents qui font et défont les contrats des personnels non-titulaires. Les personnels titulaires sont davantage protégés par leur détachement…. jusqu’à la fin de l’année. Un seul collègue titulaire [Eric* C.] a obtenu le renouvellement de son contrat, il faut dire qu’il n’a pas signé la lettre [de protestation] que nous avions écrite au sujet de notre collègue [moi-même] qui se trouvait à la grille et qu’il partageait les mêmes valeurs clientélistes que notre chef d’établissement. » Plus encore, des homologations de classes à examen se font sans inspection, et malgré la non-reconduite des enseignants Titulaires dans lesdites matières[37], ce qui avait déjà été dénoncé dans le rapport SGEN-CFDT de 2008 cité précédemment : « Visite de l’inspecteur de zone dans le primaire et constat peu enthousiasmant : il s’en est fallu d’un cheveu que l’établissement ne soit homologué. Motifs invoqués : absence de projet d’école et de cadres dignes du système français. Alors, au boulot ! Mais les personnels y sont déjà et même plus qu’avant ! (…) Ainsi, malgré la réticence de l’inspection à cette évolution (non prise en compte du rythme biologique des enfants et arabisation jugée excessive), élèves et enseignants ont vu leurs horaires de travail s’allonger mais… pas leur salaire ! Le Sgen-CFDT s’étonne, compte tenu de l’actuelle situation, que l’homologation ne fasse pas l’objet d’un cadre plus précis avec obligation d’inclure un volet social car les personnels, et surtout les recrutés locaux, ont la vie dure à Misr. Quant aux titulaires, ils viennent et s’en vont… »

     

    J’ai évoqué tous ces problèmes – ainsi que l’ensemble des faits susmentionnés – lors de ma première rencontre (le 28 mars 2013) avec Paul PETIT, du Service culturel de l’ambassade de France, et il n’a manifesté aucune surprise. Au contraire, il a corroboré mes dires et même surenchéri en me disant, je cite, « Vous n’avez pas idée de ce qui se passe à Balzac » – un autre établissement de la Mission laïque française au Caire. Je savais déjà par ailleurs qu’il se passait des choses similaires, et même pires dans les autres établissements français d’Egypte. Comme j’y reviendrai en détail dans la seconde section, Paul PETIT m’a dissuadé de mener toute action en justice par des exhortations qui étaient d’abord bienveillantes en apparence, se sont progressivement faites plus fermes et enfin ouvertement menaçantes face à ma résistance, m’avertissant que si j’essayais de mener une quelconque action qui pouvait porter préjudice à l’image de la France, les services diplomatiques me mettraient de force dans un avion en direction de Paris. Cela n’est rien moins qu’une menace de kidnapping et une violation de la souveraineté égyptienne, contre un ressortissant français qu’on croyait vulnérable.

     

    Précisons que dès 1936, le professeur Henri Guillemin, enseignant en Egypte, dénonçait par euphémisme « des ‘élèves’ lecteurs assez moyens, dans un climat où la tricherie aux examens n’était pas exempte [sic] », ce qui correspond tout à fait à ce que j’ai vu et entenduHenri Guillemins’étonnait de ce que le Ministre de l’Education Nationale, Jean Zay (artisan du caractère gratuit et obligatoire de l’enseignement secondaire, assassiné en 1944 par la Milice durant l’Occupation), « a[it] été aussi aimable pour les Jésuites que pour l’école laïque ; car il y a la Mission laïque et les Jésuites. Il est allé voir les uns et les autres. Les Jésuites travaillaient à l’influence française, c’est évident, à l’influence de la langue française, d’une manière sérieuse[39] ». Comme je l’ai moi-même constaté, il en va en effet tout autrement pour l’enseignement dispensé par les établissements de la Mission laïque – et il est vrai que des établissements catholiques du Caire comme La Mère de Dieu dispensent un enseignement et une instruction qui peuvent faire honneur à la réputation d’excellence de la France, comme j’ai pu en témoigner auprès de personnels et d’élèves particuliers de cet établissement[40].

     

    Stéphanie* C. résume cette situation dans son rapport, auquel je souscris complètement : « Je ne connais pas le droit local mais il y a une telle corruption et les institutions égyptiennes telle la justice sont dans un tel délitement que les employeurs peuvent agir en toute impunité. La MLF (malgré ses beaux discours sur ses valeurs et son éthique) et l’administration française en la personne de l’attaché de coopération culturelle [ Paul PETIT], de par leur manque de réaction cautionnent en quelque sorte les agissements de toutes ces écoles homologuées. Cet attaché s’était déplacé à l’école lorsque notre collègue d’origine algérienne s’est vu refuser l’entrée dans l’école, il a gentiment conseillé à notre collègue de renoncer à faire valoir ses droits sous peine de se retrouver dans un avion avec un aller simple. Lorsque notre collègue lui a parlé des nombreux dysfonctionnements de l’école il lui a répondu qu’il était au courant mais que c’était encore pire dans d’autres écoles du Caire comme Balzac… (elles aussi homologuées). En bref, tout le monde sait mais ne dit rien car c’est politique… c’est le prix à payer de la Francophonie !!! (…) J’étais révoltée lorsque je voyais écrit sur la banderole à l’entrée de l’établissement Lycée français alors que de mon point de vue c’est une complète imposture. Je peux certifier qu’aucun cadre de l’éducation nationale française n’est venu dans cet établissement en vue de l’homologation de la terminale durant l’année scolaire 2012 – 2013 et pourtant la terminale a été homologuée. » 

     

    On comprend donc l’intérêt que pouvaient avoir la direction de la MLF et les autorités diplomatiques à agir contre moi, afin d’étouffer ce qui se passait réellement dans ces établissements en fait d’instruction et d’éducation. Cela est révélateur des liens inavouables qui existence entre les différentes composantes de cette organisation. 

     

    [A suivre...]

     

     

     

     

     

     

     


     

    [1] Charte des personnels de la MLF : « Sous l’autorité du chef d’établissement ou du directeur de leur école, ils [les enseignants] agiront dans le respect des textes officiels, des orientations et des directives : du ministère de l’éducation nationale ; du ministère des affaires étrangères ; de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ; de la Mission laïque française qui est leur employeur et à laquelle ils rendent compte de leur action. » Cf. également : « Partenaire des ministères français de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères, elle [la MLF] a pour objectif ‘de diffuser à travers le monde la langue et la culture françaises par un enseignement de qualité, respectueux de la liberté de conscience et de la diversité culturelle’. À ce titre, elle participe de la politique éducative et culturelle développée par les postes diplomatiques dans le monde. […] La Mission laïque française gère et anime un réseau de 126 établissements scolaires fréquentés par 49 800 élèves. »http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/enjeux-internationaux/cooperation-educative-enseignement/politique-scolaire/article/le-reseau-de-la-mission-laique

     

    [2] Cf. ces échantillons de courriels de Frédéric TUMPICH lui-même, qui évoque « des classes bordélisées ou bruyantes » (19 novembre 2012), et qui reconnaît qu’il est sur le point de craquer dans un courriel à Salima* C., enseignante de Français et d’Histoire-Géographie, Titulaire de l’Education Nationale, plus de vingt ans de services, après qu’elle ait été écrasée sous une armoire durant un cours : « Bonjour la rescapéeJe suis carrément preneur de la masseuse. (…) J’y vais parce que sinon c’est le burn out. » (10 novembre 2012). Cf. encore la note n° 10, et cet extrait d’un rapport de Salima* C. adressé à Frédéric TUMPICH début mars 2013 : « A la mi-janvier, ne supportant plus l’absurdité de ma situation dans ces classes, je vous annonce mon intention de partir. Vous me suppliez de ne pas démissionner. Vous exprimez clairement qu’une seconde démission porterait préjudice à votre carrière. Vous êtes au bord des larmes. Vous me promettez de mettre en place les mesures qui s’imposent… Aucune mesure efficace n’est prise de votre part une fois de plus. Je ne me sens pas épaulée par mon supérieur hiérarchique. Mes collègues ont le même sentiment. »

     

    [3] Cf. ce rapport de Salima* C. au Proviseur, Frédéric TUMPICH, datant de mars 2013 : « Dans ces classes, je tente quotidiennement, d’une heure à l’autre, d’instaurer un retour au calme pour faire cours. Et j’y parviens souvent mais à mon détriment. L’effort qu’il faut fournir pour capter leur attention est démesuré. Il faut s’arrêter toutes les dix minutes pour remettre de l’ordre. De plus, à chaque séance, il faut recommencer à zéro. Ces excès de la part des élèves m’épuisent : mon épaule se paralyse et me fait subir de vives souffrances jour et nuit. Je consulte plusieurs médecins tout en continuant de travailler. Finalement, début octobre 2012, un spécialiste estime que je dois impérativement cesser de travailler sous peine de perdre l’usage de mon bras. Et me prescrit un arrêt de travail. Des collègues très expérimentés sont l’objet de divers mouvements d’élèves contestant leur compétence et plusieurs d’entre nous vous demandons de mettre fin à cette agitation. Aucune action de votre part ne se fait jour. »

     

    [4] Cf. ce rapport de Myriam* H., la collègue que je remplaçais, daté du 17 octobre 2012 (un mois avant mon arrivée) : « Je rencontre depuis la rentrée de gros problèmes avec la classe de 4ème A qui me freinent considérablement dans ma progression. Mercredi 17, la cloche sonne, les élèves de 4ème A ne semblent pas l’entendre. Ils continuent de chahuter aux abords de la classe et ignorent délibérément ma présence à la porte. A plusieurs reprises je leur demande de se ranger, en vain. Finalement, je parviens à les faire ranger. Ils entrent dans la classe et recommencent de plus belle à chahuter et à se parler les uns aux autres en ignorant totalement ma présence. Je leur demande de se tenir debout à leurs tables avant de s’asseoir, quelques-uns s’exécutent mais les autres continuent de s’agiter et de parler. Je réitère ma consigne et je demande le silence pour faire l’appel. Ils m’ignorent. Je m’adresse en particulier à certains d’entre eux [et leur demande] de respecter le règlement et je leur propose de réviser le contrôle de conjugaison à venir en précisant qu’ils sont tous capables d’obtenir de bonnes notes à ce contrôle. Après quoi, je recommence l’appel, aucun d’entre [eux] ne répond à l’appel de son nom vu le brouhaha. Je hausse le ton en leur exprimant ma déception devant un pareil comportement et leur répète qu’ils sont capables d’obtenir de bons résultats dès lors qu’ils consentiraient à adapter un comportement d’élèves sérieux. Les bavardages continuent de plus belle, certains élèves me tournent le dos en parlant à leurs camarades. Le raffût prend encore plus d’ampleur (cris aigus, éclats de rires, balancement sur les chaises, etc.) quand je leur dis, je cite : ‘Arrêtez ! J’ai l’impression d’être chez les fous !’ Ils devenaient incontrôlables et je me suis sentie démunie face à ce manque total de respect. Le bruit enfla encore, m’humiliant davantage. A bout, je leur annonce que j’en ai assez de ne pas arriver à faire correctement mon travail et que je vais finir par partir. Réaction des élèves en chœur : ‘au revoir Madame’ en riant, en m’imitant et en continuant à se balancer sur leurs chaises ! Sur ce, j’ai en effet quitté la classe pour prévenir Madame Ola. Celle-ci n’étant pas là, Madame Mona s’est précipitée pour me remplacer mais revint quelques minutes plus tard en disant : ‘c’est la catastrophe, il faut prévenir Frédéric.’ »

     

    [5] Cf. cet autre rapport de Myriam* H., datée du 11 mars 2013 : « Dès la deuxième semaine, après une semaine de prise de contact avec les élèves, ces derniers ont montré le comportement suivant : - Ils entrent en classe en chahutant. - Je fais l'appel dans le brouhaha. - Ils ne m'écoutent pas, n'obéissent pas et refusent de se calmer malgré mes demandes. - Le cours commence généralement après 10 ou 15 minutes de négociation avec les élèves. - Je suis sans cesse interrompue par des bavardages et des demandes intempestives qui parfois ne concernent pas le cours. - Ils méprisent totalement le règlement intérieur. - Certains élèves vont même jusqu'à se moquer de moi en m'imitant. - Je dois élever la voix pour me faire entendre. - Ils font des comptes-rendus mensongers à leurs parents. - Ils contestent leurs notes et comme je maintenais systématiquement la note attribuée, ils me faisaient une mauvaise réputation auprès d'autres élèves et auprès de leurs familles. - Ils se rendaient ‘dans mon dos’ dans le bureau du proviseur pour me dénigrer et celui-ci annulait mes punitions. Les élèves revenaient en cours, forts de leur victoire et multipliaient les provocations à mon égard. J'ai interpellé Monsieur le proviseur à plusieurs reprises pour lui décrire la situation et tenter de trouver avec lui des solutions. En vain. Après mon départ il a expliqué ma démission aux collègues en disant que je n'étais pas compétente et que j'étais ‘psychologiquement fragile.’ Il savait très bien cependant que j'avais 12 ans d'expérience et d'excellents états de service. Comme je l'ai écrit à Monsieur TUMPICH en Octobre 2012, la situation à Misr Language School me semblait déjà irrécupérable. J'ai ensuite été recrutée par un autre établissement au Caire [La Mère de Dieu] où règne une discipline parfaite grâce à laquelle je peux exercer avec bonheur mon métier d'enseignante. Cette discipline est le fait de la direction de l'établissement qui considère qu'elle est un préalable et une base inégociable pour faire cours et dont elle se porte garante. » Même après le départ de Myriam* H., le Proviseur a continué à prêter une oreille complaisante aux élèves par-devers les enseignants, comme l’atteste ce courriel de Salima* C. au Proviseur Frédéric TUMPICH daté du 13 février : « S***, W***, et A*** [étaient] installés au fond de la classe [et] ont bavardé sans interruption pendant toute la projection. Je leur ai demandé à plusieurs reprises de se taire car ils dérangeaient leurs camarades. Rien n'y fit. Ils ont continué à bavarder. J'ai donc pris la décision de saisir leurs carnets de correspondance et de leur attribuer une fiche de suivi qui est – parfois – le seul moyen de les tempérer un peu quelques jours. Quelle ne fut pas ma surprise, au moment où je quittais l'établissement de découvrir accidentellement ces trois élèves chez le proviseur où ils étaient allés se plaindre d'avoir été ‘fichés’ par moi !! »

     

    [6] Cf. par exemple cet extrait d’un courriel que j’ai adressé à mes proches le 23 novembre 2012, quelques jours seulement après mon arrivée, suite à une réunion direction-parents-professeurs et après « briefing » de la part des collègues expérimentés : « C’est un établissement pour la haute de la haute, qui paient une fortune, et qui sont traités comme les clients princiers qu’ils sont. L’établissement entier est donc à leur service, depuis les surveillants et femmes de ménage qu’ils peuvent traiter comme de la m***, jusqu’aux Professeurs et même aux plus hauts degrés de l’administration, CPE, Proviseur, Directrice d’établissement. Imaginez un PROVISEUR qui doit négocier avec les élèves pour obtenir leur carnet de correspondance, et qui reçoit des appels des parents pour telle ou telle sanction mise par un Prof et qu’il va ensuite s’efforcer d’effacer, en appelant le Prof ou directement en supprimant de lui-même la sanction. Les élèves et leurs parents sont les clients, et entre eux et un Prof y a pas à hésiter, j’ai assisté à une réunion parents-profs, c’était hallucinant, les parents remettaient tout sur le dos des Profs (un gars a parlé de la Gestapo, style les Profs sont malveillants et se liguent contre les élèves) et l’administration acquiesçait, disant qu’il y avait des abus et manquements, ct [c’était] les Profs d’une part contre l’administration et les parents d’autre part, vraiment tendu. Ce qui compte c’est que le client soit content, et pour ça tous les moyens sont bons. C[’est] une pression infernale pour t[ou]t le monde, et b[eau]c[ou]p ne parlent que de partir. » Voir encore ce rapport de Salima* C. à Frédéric TUMPICH daté du 31 mars 2013, qui dénonce « des enfants rendus tout-puissants par défaillance du cadre, (…) l’indiscipline compulsive et usante des élèves de l’établissement, leur attitude irrespectueuse à l’égard des règles et des enseignants, leurs versions déformées des faits à leurs parents, et leur impunité » et dénonce l’organisation par Frédéric TUMPICH de cette « réunion des parents d’élèves (…) où les enseignants déjà fortement perturbés par l’agitation constante des jeunes sont appelés à se justifier comme s’ils étaient coupables. Régulièrement, votre gestion sera basée sur la culpabilisation de l’enseignant. Et nous aurons affaire en permanence au double bind : réception d’ordres contradictoires inapplicables. De surcroît, vous êtes l’auteur de nombreux revirements : ce qui est préconisé un jour est abandonné ou renié le lendemain... Pas de vision globale : navigation à vueOn évite un récif in extremis ; on heurte le suivant de plein fouet. »

     

    [7] Cf. par exemple ce rapport d’une collègue titulaire, Stéphanie C*, rédigé à la fin de l’année scolaire 2012-2013 : « Liberté pédagogique : Rien d’écrit mais les pressions par le proviseur pour satisfaire les parents (dans notre contrat il est indiqué le mot « clients » et non parents) sont permanentes. Si les parents demandent au proviseur que tel professeur de maths distribue des polycopiés de son cours à ses élèves (qui ne veulent pas prendre de notes), le soir même le collègue reçoit un mail du proviseur lui donnant l’ordre de donner des polycopiés à ses élèves. (…) Une collègue titulaire qui refusait de se laisser dicter sa façon de travailler pour faire plaisir aux parents a été l’objet de harcèlement moral de la part du chef d’établissement. »

     

    [8] Cf. ces extraits du témoignage de François* E. portant sur des événements survenus les 14 et 21 mars, daté du 11 mai 2013 : « je me suis fait agresser verbalement par l’élève N***, celui-ci voulant faire rester ses camarades de 1ère-ES dans la salle […] cet élève m’agressa de nouveau verbalement et tenta de m’intimider physiquement le jeudi 21 mars, en présence de Farid* Y., un enseignant du Collège. »

     

    [9] Cf. ce courriel adressé au Proviseur le 5 décembre 2012 par Salima* C. : « Mr le Proviseur, Irrécupérable ou pas ?! Je parviens de moins en moins à supporter le comportement des élèves de toutes les classes (excepté mes secondes mais elles semblent faire endurer à d'autres ce qu'elles m'épargent à moi) Aujourd'hui je suis rentrée avec un renouveau de douleur au bras... Rasl'bol. C'est usant, harassant et inintéressant. Si des mesures radicales ne sont pas prises (autres que des animations socio-culturelles bien inefficaces), je jette l'éponge. Ce n'est plus une vie. Je rentre chaque jour chez moi exténuée, et je me couche immédiatement pour dormir systématiquement au moins deux ou trois heures !! Ces élèves sont atteints d'une agitation compulsive et impunie qui rend bien vaine toute stratégie de récupération complaisante. De 8h à 15h, sans compter le trajet, toute la semaine, nous sommes en présence d'un état de fait dont l'absurdité n'a d'égale que sa capacité de détruire. Croyez bien, malgré les apparences, en la cordialité de ce message. »

     

    [10] Cf. cet extrait du rapport de Stéphanie* C. au sujet de la place des parents : « Ils payent donc ils peuvent tout exiger… Les élèves égyptiens vivent dans une société où les relations humaines sont bâties sur le modèle ‘dominants/dominés’. Les élèves des écoles homologués de par leur classe sociale sont nés du côté des ‘dominants’ avec tout ce que cela comporte : nombreux domestiques à leur service, argent qui permet de ‘tout’ acheter. A l’échelle de la relation pédagogique on retrouve les mêmes problèmes, face à des enfants ‘rois’ qui ont tendance à se conduire en toute impunité puisque leurs parents payent et l’administration, dont la direction française actuelle (…), exaucent tous leurs vœux. Il faut être très déterminé, montrer qu’on ‘domine’ sa classe, sans compromission (ce qui demande beaucoup d’énergie surtout quand la direction ne nous soutient pas) ou bien se laisser aller à la démagogie. » Frédéric TUMPICH, dans un courriel qu’il m’adressait le 8 novembre 2012, juste après mon recrutement et avant mon départ pour l’Egypte (et qu’il a fait suivre à Salima* C.), corroborait ces faits : « La situation a été très tendue cette semaine (…) Je suis en train d'organiser du soutien, etc... de répondre à une poussée d'énervement en partie justifiée et en partie irrationnelle des parents d'élèves. (…) Et quand ils ont l'impression qu'on les mène nulle part, [les élèves] décrochent et se lancent dans une agitation qui épuise certains de vos collègues. (…)Ne pas élever la voix quand ils se mettent à discuter. Ils réagissent très mal quand on les brutalise. (…) Quand ils sont tentés de prendre la tangente, entrent dans une discussion, commencent à se parler d'un bout à l'autre de la classe, etc... j'ai dit très doucement: ‘Non, nous avons notre programme à faire. C'est plus important. Si. C'est plus important.’ Je ne sais pas si cela marcherait à Sarcelles ou Saint-Denis, mais là, ça marche. Evidemment, l'expérience est faussée car je suis le proviseur. » Remarque de Salima* C. au sujet de cet extrait dans un rapport qu’elle a adressé à Frédéric TUMPICH : « Les élèves sont donc capables d’avoir un comportement scolaire impeccable et de respecter l’enseignant… à condition qu’il soit proviseur ! Vous démontrez ainsi vous-même que votre fonction est décisive aux yeux de nos élèves. Quel message leur parvient-il alors lorsque vous annulez des punitions de l’enseignant ou que vous leur prêter une oreille complaisante alors qu’ils sont sanctionnés par un professeur à cause de leur indiscipline incessante, voire de leur insolence ? » 

     

    [11] Etaient notamment dénoncés l’absence « [d’]un disjoncteur différentiel [dans] le labo-1 pour pouvoir déconnecter les tables élèves. Cela a pas mal traîné et suite à l'intervention de Farid* en réunion avec des parents cela fut installé […]. J'ai aussi fait déplacer l'ingénieur chargé du suivi des travaux des labos pour lui faire constater que les connexions de fils électriques étaient apparentes et que cela présentait un réel danger pour les élèves, d'autant plus que ces connexions étaient au pied des tables métalliques. Cela n'a jamais était modifié jusque mon départ fin juin. » (François* E.)

     

    [12] Cf. Article 1 du Contrat : « [L’employé] reçoit ses instructions du chef d’établissement de la section française. » Il est bien stipulé dans la Charte de la MLF que celle-ci est le seul employeur des enseignants, et qu’ils ne répondent que devant des instances françaises (cf. note n° 1).

     

    [13] Cf. ce rapport de Stéphanie* C. qui dénonce « l’attitude du chef d’établissement français dont la connivence avec les investisseurs (carrière oblige) provoque des comportements de soumission de la part des professeurs qui subissent l’insupportable que ce soit de la part des élèves, des familles-clients ou de la direction égyptienne » et « l’impunité d’un chef d’établissement français qui agit en dehors de tout ‘contrôle’ français et qui soumet le personnel à l’arbitraire ». Frédéric TUMPICH, acceptant d’être traité comme un pion de la part de l’administration égyptienne, a lui-même ses propres moments de panique comme nous l’avons déjà vu en note n° 2. La réalité est en effet très éloignée des protestations de transparence de la Charte de la Mission laïque française, dont le point 6 prétend que « La Mission laïque française garantit la qualité du projet éducatif proposé aux familles par ses établissements. Elle veille à la transparence de leurs procédures de gestion et au bon usage des moyens qu’ils recueillent. »

     

    [14] Selon Frédéric TUMPICH, une forme de discrimination aurait également joué dans le sort qui a été réservé à Myriam* H., eu égard à son origine algérienne. Je résumais ce propos dans un courriel à Frédéric TUMPICH daté du 3 avril 2013 : « Je me souviens de notre première entrevue sur Skype, pendant laquelle vous me parliez du racisme ambiant à MISR, m’avertissant qu’en tant qu’Arabe, ce serait encore plus dur pour moi, et plus encore en tant qu’Algérien, et que du reste cela avait beaucoup joué dans le départ de Myriam*. Vous m’avez averti de ce à quoi j’allais m’exposer, mais vous m’avez présenté ce racisme comme émanant des parents et des élèves. Hors, je vois une expression magistrale de ce racisme dans la décision de l’administration égyptienne d’exclure un SALAH LAMRANI et de garder un SAMUEL METAUX, avant toute enquête, et malgré toutes les preuves accablantes contre Samuel Métaux qui vous ont été transmises. Et j’ai parlé à de nombreux parents indignés qui ont présenté la chose en ces termes. » Un parent d’élève de 6e s’en indignait effectivement dans un courriel collectif à tous les parents daté du 9 avril 2013 : « si vous creusez dans l’histoire de l’école, vous découvrirez que de tels incidents n’arrivent qu’avec des Français non-purs – c’est une honte… :( » Au-delà même de mes différends avec MISR, l’école « vendant » une image française, elle considère en effet qu’un nom « arabe » a une connotation moins positive qu’un nom « français », indépendamment des diplômes & compétences (sans quoi la « petite » affaire Métaux/Lamrani n’aurait pu avoir lieu, comme nous le verrons dans la 2e section), et ce point a ainsi pu s’ajouter à tous les autres contentieux. 

     

    [15] Ces démissions sont recensées par Salima* C. dans un rapport adressé à Frédéric TUMPICH le 31 mars 2013 : « [L]a démission [de Myriam* H.] fut suivie par le départ du professeur de musique qui fut chahuté à l’extrême par les élèves de 4ème A sous mes yeux et ceux de Madame Sylvie* F., professeur d’anglais. Pas de sanction. (…) Madame Sylvie* F. part en congé maladie. Diverses remplaçantes se succèdent dont l’une prendra la fuite en laissant ses affaires étalées sur une table (…). Madame Christelle* G. démissionne à son tour à la fois pour des raisons administratives : l’établissement ne lui procure pas de visa de travail et fait payer des impôts chaque mois à cette salariée clandestine involontaire qu’on refuse de lui rembourser ; elle démissionne également pour des motifs dus à la situation générale du collège. »

     

    [16] Cf. cet échange entre Salima* C. et le Proviseur Frédéric TUMPICH au soir de mon arrivée, le 19 novembre 2012 : Salima* C. « Il a fallu aujourd'hui tenir les 6èmes d'une main de fer (dans un gant de velours...); ils ont été très pénibles : agitation et bavardages permanents. Il faut, à mon avis, protéger rapidement Mr Salah qui les aura 8 heures par semaine... Bien cordialement, et bonne soirée. » Réponse de Frédéric TUMPICH : « Oui, mais faire quoi? Maintenant, j'envoie les espèces de zombies qui nous servent de pions dans les classes bordélisées ou bruyantes au lieu de les laisser prendre le soleil dans la cour comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas assez. Salah a eu les 4A en afterschool. Il était sous le choc...On se voit demain. On montre de la solidarité. Bonne soirée. »

     

    [17] Cf. ces extraits de courriels adressés à mes proches les 27 et 28 novembre 2012 : « Paraîtrait (rumeur rumeur) qu'on veut carrément me virer et qu'on attend juste le prétexte. Mais 4 ou 5 collègues ont été dans le même cas. On me conseille d'envoyer un mot au Proviseur pour avoir une trace écrite. Je préfère aller le voir de visu. » « C[’est] vraiment des rats et on est que des pions pour eux. (…) on dispose de moi et on me remplace, ce matin je me plains et le proviseur me rappelle texto que je suis en période d'essai pour 3 mois, style amovible à souhait. » Ce qui était d’autant plus scandaleux que le Proviseur lui-même était à bout, comme en témoigne son affirmation précédemment citée dans son courriel à Salima* C. daté du 8 novembre : « Je suis carrément preneur de la masseuse. (…) J’y vais parce que sinon c’est le burn out. » Commentaire de ladite collègue, en référence à l’accusation de « fragilité psychologique » portée contre Myriam* H. après sa démission : « Si je comprends bien l’anglais « burn out » signifie « craquer ». Les enseignants ne sont donc pas les seuls à être « fragiles. »

     

    [18] Cf. note n° 17 et ce message adressé à mes proches après mon premier jour de cours, le 19 novembre 2012 au soir : « Ils m'ont bouffé tout cru. C'était vraiment le cercueil d'énoncer ces règles si strictes dans un établissement miné par les pbs de discipline, où les expérimentés même demandent à partir pour l'an suivant – voire même avant, comme celle que je remplace – wallah les 6e B m'ont tué ils ont applaudi après mes règles, style bravo gars t'y crois. Impossible de les faire taire, ils parlent tous, 80%. Tous les collègues ont ces pbs. » Comparer l’évolution de la situation avec ce témoignage d’une maman de 6e sur ma relation avec mes élèves, daté du 25 mai 2013 : « une relation bienveillante emplie de compréhension, de respect et d’échanges culturels, et c’est pourquoi la discipline régnait et il était soucieux de connaître leurs difficultés et essayait de les aider bénévolement, sans rien demander en échange (…) les élèves le respectaient énormément et il était désireux de les aider ; ils lui en étaient reconnaissants et parlaient de leur affection pour lui aux autres enseignants » ; témoignage d’un parent d’élève de 4e datant du 1er mai 2013 : « le Prof. Salah est un excellent enseignant en ce qui concerne le savoir et en ce qui concerne sa relation avec les élèves. » ; une autre parent d’élève, le 1er avril 2013 : « Du côté académique, je dois admettre que je n’ai jamais eu à me plaindre de vous et pour être plus précis, vous avez été d’une grande aide pour mon fils. A ma connaissance, vous êtes le seul enseignant à avoir donné son numéro de téléphone aux parents et vous étiez toujours prêt à aider gratuitement, que ce soit durant les heures d’école ou au téléphone après les cours. Vous n’avez jamais refusé votre aide à mon fils sur le plan académique, et vous lui réexpliquiez à sa demande tout point du programme » ; une élève de 6e, le 31 mars 2013: « Cher monsieur, Nous sommes désolé de ce que c'est passé, nous voulons vous salue[r] avant de partir mais on n'avaient pas le droit et on a pleuré beaucoup nous voulons vous dire que vous étiez un trés bien professeur pour nous qui nous a enseigné le francais avec un niveaux élevée merci de tout se que vous a fait pour nous et on ne vous oublieront jamais » ; un élève de 4e, le 30 mars 2013 : « Bonjour M. Saleh, Vous me manquez beaucoup fâché de vot[re] absence vous me manquez plus que vous le croyez, vous êtes le meilleur prof que j'ai eu, j'étais très fâché quand j'ai su que vous n'allez pas nous donner après les vacance. Vraiment monsieur s'pas parceque je vous parle, vous êtes le meilleur prof que j'ai eu, je vous ai beaucoup aimez, je comprenais de vous mieu que n'importe qu'elle prof. Vraiment Monsieur il n'y a aucun prof qui peu vous remplacer est il soit de votre intelligence ou comme vous. (…) excusez mois pour les faute d'autographe dans le message » Nous reviendrons sur cela en 2e section.

     

    [19] Rapport qu’en a fait Stéphanie* C. : « Une de nos collègues titulaire enceinte, rentrée en France pour des examens médicaux a été en arrêt maladie début janvier jusqu’au 5 mars 2013. Le Proviseur l’a contactée sur skype et lui a demandé de démissionner car ‘il avait un établissement à gérer’ (et des parents qui avaient trouvé une remplaçante à satisfaire). Il a enrobé ses pressions exercées sur notre collègue en lui disant que la MLF était d’accord et l’aiderait à réintégrer en France. »

     

    [20] Cf. cet extrait d’un courriel adressé à mes proches après mes premiers jours, le 20 novembre 2012 : « Hier soir [j’ai] été forcé à sortir par un collègue malgré ma fatigue, soirée privée entre un groupe de 3 profs dont mon hôte, y en a pas un qui aime son boulot, c[’est] le bordel, et ils parlent d'unetelle ou d'untel qui disent aimer ou arriver à les tenir et que ça se passe bien comme des menteurs/hypocrites (sauf en primaire). Le bon temps, c en dehors des cours, en congé, ou exceptionnellement avec telle ou telle classe qui est calme. Ils m'ont dit de surtout pas douter de moi ou me remettre en cause, mais un prof qui tient pas sa classe... Enfin si des vétérans gèrent des élèves qui font même des votes pour les exclure... Mais on est pas là pour travailler. Ce qui est sûr c que mes critères de choix [j’avais été contacté simultanément par MISR et Balzac] étaient faux, le proviseur fait pas son boulot et est critiqué vivement par les collègues, m'a lâché dans les classes sans préavis et me donne des heures de perm imprévues (le collège qui assumait l'intérim voulait plus les voir ces 4e, il me l'a dit franco quand je l'ai vu) alors que je suis fatigué et débutant, et la gestion du personnel est faite pour les élèves, les payeurs – 5000 à 15 000 euros annuels !!!!! – qui se comportent comme les propriétaires de l'école. » Le sort des enseignants égyptiens est pire encore, comme le souligne le rapport de Stéphanie* C. : « Les enseignants égyptiens sont corvéables à merci, contraints de rester toute la journée dans l’établissement, contraints de participer aux activités (le week end de préférence) pour promouvoir l’établissement pour un salaire de misère (la moitié du salaire du 1er échelon de la grille des non-titulaires) ».

     

    [21] Consultable en ligne : etranger.sgen-cfdt.org/spip/IMG/pdf/88Printemps2008.pdf, pp. 10-11.

     

    [22] Qui continuaient à se dégrader comme le précisent ces comptes rendus de Salima* C. au Proviseur Frédéric TUMPICH : « La situation au collège, et dans certaines classes du lycée, continuent de se détériorer. Les mois de janvier et février 2013 ont été très pénibles. Vous ne parvenez pas à rétablir une quelconque discipline dans l’école. Les enfants ne rencontrent aucune véritable limite. » ; « Les dysfonctionnements de Misr sont tels que je ne suis plus en mesure d’être présente toute la journée dans l’établissement (…) je rentre chaque jour plus fatiguée que la veille comme la plupart de mes collègues du collège. Mes enfants ne me voient quasiment plus si ce n’est dans un état d’épuisement complet. Je suis de plus en plus incapable de jouer mon rôle de mère. » (19 janvier) ; « Je voulais aussi vous dire que l’équipe enseignante est de plus en plus abattue et découragée. » (11 février). 

     

    [23] De telles mesures d’accompagnement avaient été prévues avant même mon recrutement du fait du chaos qui régnait dans l’établissement et des plaintes des enseignants, comme on peut le lire dans les courriels du Proviseur adressés aux personnels avant ma venue, tel ce courriel du 22 octobre 2013 dont j’ai eu connaissance a posteriori et qui traduit éloquemment le chaos endémique à l’école et le dangereux amateurisme de Frédéric TUMPICH, dont c’était également le premier poste en tant que Proviseur : « Je vous remercie pour votre participation à la réunion d’hier et la franchise de vos interventions. […] Message reçu. Pour rétablir la sérénité en cours, voici les protocoles qui se seront mis en place à la rentrée. Le professeur principal identifie les élèves perturbateurs. […] Il est recommandé d’encourager les élèves qui font des efforts pour s’amender ou lutter contre leur bougeotte, leurs démons. […] Si un élève "replonge", une autre fiche de suivi doit lui être imposée. Dans le cas où une classe entière se comporte mal, les enseignants le signalent au PP, à la Vie scolaire et me le signalent. […] N'oubliez pas : - que le système des retenues pendant la récréation peut être mis en place. - que vous pouvez aller aider vos collègues pendant un cours qui se passe mal d'ordinaire (en vous plaçant au fond de la salle par exemple). - que nous pouvons aussi tenir les classes avec les projets de voyage, de kermesse, d'action caritative, etc. » Voir également note n° 32.

     

    [24] Cf. par exemple ce compte rendu de la première de ces expériences avec François* E. le 7 mars 2013, datant du jour même : « Les élèves sont arrivés en cours vers 13h20 [au lieu de 13h], dans un chahut aggravé par la présence inattendue, parmi eux, des élèves de Première ES (qui auraient dû être en cours avec Farid* Y., absent), et qui se sont invités dans ma salle sans même me consulter. Je ne les ai évidemment pas acceptés, et leur ai demandé de sortir. Face à leur réticence, Salah (qui n'avait même pas encore eu l'occasion de se présenter) m'a aidé en leur demandant de sortir au plus vite afin que le cours puisse enfin commencer, et lorsqu'un élève de Première S, I***, s'est permis de m'interpeller insolemment pour contester ma décision et "proclamer" le droit des élèves de Première ES d'assister à ce cours […], M. Salah, qui était alors juste à côté de lui, lui a intimé l'ordre de baisser d'un ton et de s'adresser respectueusement à moi […] I*** a ensuite redoublé d'insolence en disant à Salah qu'il ne s'adressait pas à lui mais à moi, et qu'il ne devait pas élever la voix sur lui (alors que lui-même se permettait d'élever la voix sur son Professeur, pour une question qui ne le concernait en rien !) […]. Suite à cette altercation verbale et grâce à l'aide de Salah, les élèves de Première ES sont sortis, mais ils étaient suivis par la majorité des élèves de Première S. Ils se sont installés au beau milieu de la cour. […] Quelques minutes plus tard, Ola [la Conseillère Principale d’Education] est venue demander des explications sur ce qui s'était passé, ne comprenant pas que les élèves soient entrés dans un premier temps puis ressortis. Elle pensait que Salah avait été la cause d'un incident. Je lui ai expliqué ce qui s'était passé en réalité, et Salah lui a exprimé son étonnement de la voir servir ainsi d'intermédiaire entre les élèves et les Professeurs, au lieu de tout simplement leur ordonner (aux Première S) de retourner en cours, laissant les explications à plus tard – ou au moins de les demander en privé, et non pas devant les élèves, ce qui peut donner l'apparence d'un poids égal (voire inférieur) à la parole des Professeurs et des élèves. En effet, en temps normal, rien, absolument rien ne saurait justifier qu'un quelconque élève – a fortiori les 2/3 de la classe – quittent la classe sans s'exposer aux sanctions les plus sévères. Ce n'est pas à un Professeur de se justifier – ni même à des élèves de les justifier, car ceux-ci ont été sollicités pour corroborer notre version des faits, ce qu'ils ont fait, comme s'il était nécessaire de les consulter – publiquement – à propos de la décision conjointe d'un (de deux) Professeur(s). Ola est repartie, et quelques minutes plus tard, elle est revenue avec la plupart des élèves de Première S, à l'exception de I*** qui était dans son bureau. Le cours a ensuite pu commencer, et s'est même mieux passé que d'habitude grâce à la présence d'un deuxième Professeur. Salah a même pu échanger avec les élèves. […] Si cela était possible, je pense qu'il serait très profitable pour tous que Salah (qui est d'accord sur le principe) puisse se voir affecter cette heure de cours à mes côtés, voire même deux heures le dimanche avec ces mêmes Première S, dont il est notoire que c'est la classe la plus difficile de l'établissement. »

     

    [25] Cf. cet extrait d’un courriel à mes proches daté du 20 décembre 2012 : « Des ennuis, certains parents et élèves veulent ma peau apparemment, le proviseur dixit […] vu que je veux les tenir et y mets le prix – sévérité, punitions, exclusions de cours. Hier, j'ai une maman qui est venue me voir, avec le Proviseur, pour nous dire qu'on exagère, j'ai exclu sa fille qui bavardait, a rechigné à se déplacer, me parlait insolemment […] et la maman me dit que c[’est] pas une école religieuse, et que ma directive ne paraissait pas logique à sa fille (je l'ai placée au 1er rang, vers mon bureau où y a un ordinateur, mais apparemment c[’est] intimidant et même mauvais pour la santé, donc c[’est] pour ça qu'elle voulait pas...) et que donc je devrais être plus flexible, et patati et patata. Incroyable jusqu'où ils vont pour défendre leurs "anges", qui sont bien plutôt des diables. Mais c cool, j'y arriverai iA. » Autre courriel du 16 mars 2013 : « Le Proviseur, qui veut mon bien mais est faible et lui-même en danger, m'a fait comprendre que mon avenir au collège est pas assuré […] Il m'a laissé entendre que les blocages à mon sujet viendraient de l'administration égyptienne – CPE, direction – voire de qqs parents. J'ai pour moi 99% des élèves et des parents et c ces derniers qui décident. Le pb c'est que c'est toujours ceux qui sont pas contents qui crient et exigent, ceux qui sont contents se manifestent pas – pcq qu'ils savent rien. »

     

    [26] Même courriel du 16 mars : « Le Proviseur m'a conseillé de me faire connaître des parents, organiser réunions, les appeler, faire faire des projets aux élèves, donner bcp de devoirs, etc. Les paillettes quoi, la quantité et pas la qualité. Je vais essayer de concilier mon professionnalisme avec la "publication", comme pour le théâtre ou les lettres au Petit Prince. »

     

    [27] Cf. ce témoignage de François* E. daté du 11 mai 2013 : « J’ai accueilli pendant quelques séances de cours mon collègue Salah Lamrani au mois de mars 2013, [celui-ci] connaissant aussi les difficultés rencontrées avec cette classe de 1-S. Sa première venue date du jeudi 14 mars. [Suit le compte rendu des événements décrits en note n° 25.] Mon collègue Salah est alors intervenu pour leur ‘faire un peu la morale’ et s’exprima notamment en Arabe, de façon ferme mais calme. C’est ainsi que j’ai pu ensuite, pendant environ un quart d’heure, démarrer le cours de Physique. Le dimanche suivant (17 mars) ayant à nouveau cette classe en Physique chimie (de 13h05 à 15h), les élèves à leur habitude, sont rentrés en salle avec plus de vingt minutes de retard, mais l’élève N*** est resté dans la cour, ce qui ne me dérangea nullement car cet élève perturbe régulièrement les cours et ne prend aucune note. D’ailleurs cet élève m’agressa de nouveau verbalement et tenta de m’intimider physiquement le jeudi 21 mars, en présence de Farid* Y., un enseignant du Collège. Mon collègue Salah, bien que ne travaillant pas le dimanche avait tenu à venir assister à mon cours […] pour m’assister en cas de difficulté, (comme le préconisait d’ailleurs notre Proviseur lors d’une réunion en novembre 2012). Le cours se déroula normalement et dans le calme ; mon collègue Salah intervenant à différentes reprises pour me poser des questions et ainsi rendre le cours plus vivant. Par contre, le jeudi 21 mars, le cours de 13h05 à 14h fut un peu agité, certains élèves étant peu enclins à travailler. C’est alors que, avec mon accord, Salah pris la parole pour essayer de raisonner les élèves perturbateurs. […] Finalement, j’ai pu à nouveau avancer dans mon cours jusqu’au moment où la sonnerie retentit. Il n’y eut par la suite aucun autre cours avec mon collègue Salah. En effet, les élèves refusèrent de rentrer pendant la première heure de cours le dimanche 24 mars. Monsieur le Proviseur du Lycée ayant demandé à Salha de ne rester que durant une heure, celui-ci quitta la salla (labo-1) vers 14 heures. Que puis-je ajouter à cette déclaration ? sachant que mon collègue Salah a eu tout au long de sa venue dans mes cours, un comportement tout à fait normal pour un enseignant ; avec le seul souci de faire prendre conscience aux élèves que l’on ne fait pas n’importe quoi en classe et qu’il est nécessaire de respecter ses Professeurs. »

     

    [28] Voilà le verbatim de cette injonction manuscrite, qui prouve que les requêtes les plus extravagantes et pernicieuses d’élèves ou de parents sont exécutées docilement par le Proviseur, au détriment même de la sécurité des personnels dont il est responsable : « 17/03/2013 13h15 M. Salah, J’ai eu des demandes de parents concernant votre présence en 1ère S. Etant donné le caractère exceptionnel de cette intervention, je vous demanderais de ne rester qu’une heure et d’éviter par-dessus tout tout échange avec les élèves. A tout à l’heure. TF. » Par la suite, on m’a interdit d’assister François* E., sans qu’aucune mesure ne soit prise pour le protéger, et il a été agressé la semaine suivante.

     

    [29] Extraits de ce rapport adressé au Dr. Mona Yassine, adjoint de Frédéric TUMPICH qui était alors en France, ainsi qu’à la CPE et au Professeur principal dénégateur Eric* C. : « Depuis le mois de janvier, un nombre important d’élèves n’est pas venu en cours le dimanche. Je me suis ainsi retrouvé à plusieurs reprises, à enseigner avec seulement trois élèves ; les autres préférant s’absenter pour terminer leur T.P.E (Travaux Personnels Encadrés). Et depuis février, ces élèves de 1-S arrivent en classe avec un retard très important ; il faut ajouter que depuis environ trois semaines, ils ne veulent plus travailler et saisissent toutes les occasions pour chahuter. […] J’ajoute que plusieurs élèves de cette classe entrent maintenant dans la salle (salle -1 , labo-1) où je travaille avec les élèves des autres sections. Cela s’est encore produit ce jeudi matin vers 9 heures lors d’un cours avec les Terminale-S. Comme je l’ai signalé en Conseil de classe le dimanche 17 mars, ces élèves : N***, A***, A***, Y*** et A*** n’ont qu’un but : perturber les cours que je dispense pour me retirer toute envie de rester l’année prochaine à MISR. […] je suis aussi victime de menaces verbales et tentatives d’intimidation, notamment de la part de l’élève N***. Cela s’est produit la première fois le jeudi 14 mars en présence de mon collègue Salah qui était présent à mes côtés […] De même mardi dernier, lors d’une séance d’ A.P. (au labo-2) celui-ci a encore essayé de m’intimider et a tenté de manipuler l’ordinateur avec lequel je travaillais. J’ai dû le repousser fermement de la main. Et finalement ce jeudi 21 mars, pendant le cours qui se déroule de 13 à 14h, Naguib est venu au bureau où j’étais assis pour me menacer verbalement et m’intimider physiquement. Mon collègue Farid* Y., entré à ce moment là, a été témoin de cette agression. Devant de tels comportements, qui s’ils ne sont pas rapidement stoppés, peuvent aboutir à une situation dangereuse, je vous demande Docteur Mona, de bien vouloir mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour faire cesser ces agressions et assurer ma protection. Il n’est pas digne d’un établissement scolaire de laisser faire de tels agissements d’élèves. »

     

    [30] Un manque de cohésion et de solidarité et un déni corroborés par Salima* C. dans son rapport adressé à Frédéric TUMPICH le 31 mars 2013, où elle mentionne qu’une telle attitude a encore eu lieu publiquement le jour suivant (le 27 mars au matin), date de l’agression : « Monsieur François* E., professeur de physique-chimie, titulaire hors-classe en fin de carrière, vit un cauchemar au lycée depuis plusieurs mois. Ses élèves le méprisent, le déshonorent, boycottent ou perturbent ses cours, le menacent… Vous le recevez régulièrement mais sa situation ne change pas. Elle s’aggrave. L’établissement recrute un autre professeur de physique-chimie qui intervient en même temps que Monsieur E., durant des heures de soutien, ce qui achève de le discréditer. Parallèlement, ses jeunes collègues, notamment Madame Elodie* Q. et Monsieur Eric* C. commettent l’erreur de le critiquer, de le juger, de l’évaluer négativement, de le culpabiliser. Ils portent sans le savoir une part de responsabilité dans l’acte de Monsieur E. que j’évoquerai plus bas [après avoir subi l’agression physique d’un élève, il a quitté l’établissement pour raisons de sécurité ; à la date de ce rapport, il n’était pas revenu – il a exercé son droit de retrait pendant une semaine entière] car le matin même avant ‘le drame’ ils mettent ce collègue en cause, l’humiliant en public à la cafétéria. » Les causes et conséquences de cet entre-déchirement mutuel (notamment un turn-over exceptionnel des personnels – cf. notes n° 23 et n° 36) sont évoquées plus loin : « Mars 2013. Vous planifiez des entretiens individuels dans la perspective de recruter pour la prochaine année scolaire. Vu le contexte, la panique s’empare des enseignants. Les stratégies individualistes prennent définitivement le pas sur la réflexion collective. Sauve qui peut : telle est l’ambiance générale. Les divisions de l’équipe pédagogique se creusent dans un contexte où l’agitation et l’agressivité des enfants et des adolescents de l’école se développent encore davantage. A l’issue de vos entretiens, il apparaît les statistiques suivantes : • Sur 18 enseignants français (dont 8 titulaires) : - 11 départs (dont 6 titulaires et 2 démissions en cours d’année), soit : - 6 non-renouvellements (dont 4 titulaires) ; - 4 départs volontaires (auraient-ils été reconduits ?) ; Sur les 10 enseignants recrutés en septembre 2012 (dont 6 titulaires) : - 7 départs (dont 5 titulaires et 2 démissions en cours d’année) ; - 4 non-renouvellements (dont 4 titulaires). » 

     

    [31] Ces décisions du proviseur avaient précédé ma venue et ont été confirmées ensuite en ma présence, comme le précisait son courriel aux personnels daté du 22 octobre 2013 évoquant la réaction à avoir face aux actes d’indiscipline dans des termes éloquents (presque militaires) : « La rapidité de réaction est essentielle. La coordination aussi. Tous les enseignants font ensuite la morale aux élèves. Si les élèves sentent que nous communiquons et formons un front unique, la partie est très bien engagée. La rentrée de novembre va être l’occasion d’un bras de fer qu’il va nous falloir gagner. Si nous l’emportons maintenant, nous aurons des conditions satisfaisantes pour la suite. La lutte sera à reprendre sûrement plus tard mais des points peuvent être marqués. » Voir également note n° 24.

     

    [32] Extrait du compte rendu de cette intervention, adressé à Frédéric TUMPICH, à la MLF et aux services diplomatiques le 13 avril 2013, lorsque l’administration, afin de justifier mon exclusion face aux protestations des parents, a substantifié ses accusations en prétendant que j’avais « insulté » ces élèves (la teneur de ce propos a été partiellement confirmée par les témoignages de Sylvie* F. et de François* E.) : « To be a part of a [lynching] mob is as low as a man goes ». Cette citation d’Henry Fonda (acteur américain) exprime une vérité très importante, à savoir que des personnes qui, individuellement, peuvent être très respectables et avoir un comportement irréprochable, vont, dans certains cas, être entraînées par un mouvement de groupe à faire des choses mauvaises et injustes. Il se passe quelque chose d’inacceptable dans cet établissement, quelque chose avec quoi je suis familier puisque je suis directement intervenu dans le cours de M. François* E. et que j’ai vu de mes yeux la manière inacceptable dont les élèves le traitaient, sans aucun respect, allant jusqu’à l’intimidation verbale et même physique. Aujourd’hui, il a dû fuir l’établissement pour sa sécurité, et je ne sais pas quand est-ce qu’il reviendra. C’est une situation d’autant plus grave qu’elle est connue de tous, élèves, personnels et administration, au point qu’hier même, la question de savoir ce que les Professeurs feraient en cas d’agression physique contre François* s’est posée explicitement en présence de 4 professeurs. Un groupe peut nous entraîner bien bas, vers les injustices les plus graves. On prétend que François* n’est pas un bon Professeur. Mais premièrement, je le connais, et je peux attester que c’est le Professeur le plus compétent et le plus investi de tous pour ses élèves, bien plus compétent et investi que moi-même. Car on peut être un Professeur et ne pas faire beaucoup d’efforts, voire pas du tout. Ce n’est pas le cas de François*. Deuxièmement, on ne lui donne même pas une chance de montrer ce dont il est capable. Je sais à quel point les élèves peuvent être cruels, sans le vouloir véritablement ou sans s’en rendre compte, car j’ai moi-même été accueilli de la plus dure des manières par mes élèves de 6e et de 4e. Ils ne m’ont laissé aucune chance. Et certains m’ont avoué qu’ils voulaient me faire craquer, encouragés par l’expérience avec Myriam*. Au début, ils ne pouvaient pas avoir quoi que ce soit contre moi, puisqu’ils ne me connaissaient même pas. Ils n’ont pas même voulu savoir comment j’allais être, ils ont été impitoyables, et ils l’ont reconnu par la suite. Ce n’est que grâce à ma patience et à ma persévérance que j’ai pu résister, m’imposer et me faire apprécier. Pas besoin de me croire sur parole. Allez demander aux 6e comment ils m’ont accueilli au départ, et ce qu’ils pensent de moi maintenant. Allez poser la même question aux 4e, dont je ne suis plus le Professeur : demandez-leur s’ils sont contents de mon départ ou s’ils me regrettent. C’est une vérité générale dans la vie : on ne se rend compte de la vraie valeur des choses, positive ou négative, que lorsqu’on les a perdues. Des élèves du lycée ont reconnu explicitement qu’ils voulaient faire partir François*. S’ils réussissent, ils risquent de le regretter. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de mauvais professeurs. Il y a des mauvais professeurs. Mais même dans ces cas, il faut agir de manière raisonnable et juste. Raisonnable, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on a un objectif principal, le baccalauréat. Le Professeur ne sera pas moins payé si on a raté son baccalauréat, ou si on n’a pas obtenu la note qu’on aurait pu avoir. Il a ses diplômes, son travail, il a donc ‘fait’ sa vie. Mais ce sont les élèves qui ont encore tout à faire. C’est eux qui paieront le prix s’ils n’ont pas assez travaillé. Oui, je vous le dis, vous êtes les premières victimes de cette indiscipline, et d’ailleurs, j’ai dit à François* que ce n’est pas tant pour lui que pour les élèves que je venais l’assister dans ses cours, bénévolement, durant mon jour de repos. C’est pour vous, car je vois que vous gâchez votre potentiel par ce comportement, qui nuit bien évidemment à toute la classe. Ne croyez pas qu’on vous rende service en ne vous sanctionnant pas. J’ai vu, avec mes 4e, le très grand potentiel qu’ils recelaient, et qui a été révélé, après des combats intenses pour obtenir la discipline et la concentration, par des productions de très grande qualité (je les ai même envoyées à ma famille). Demandez-leur donc. Si vous concentrez toute votre énergie dans le travail, dans des choses positives, vous êtes capables de prodiges. Je n’exagère pas. […] Et si je voyais mon Proviseur [celui de mon ancien lycée, quand j’étais en Terminale ; j’avais rapporté aux élèves un incident dans lequel un manque de respect envers un Professeur injuste et incompétent m’avait légitimement valu trois jours d’exclusion], je le remercierais pour sa punition. Je n’ai pas payé une fortune pour m’inscrire dans ce lycée (un lycée public, gratuit, je n’avais pas les moyens d’autre chose, contrairement à vous) mais j’ai été bien ‘éduqué’, l’administration faisait bien son travail et assumait toutes ses responsabilités. Elle nous préparait à la vie adulte par le travail et par l’exhortation au bon comportement. […] Et plus on grandit, plus on paie cher le manque de contrôle. Il faut donc toujours rester maître de soi. C’est ce que j’explique à mes 6e, avec Le Petit Prince. Je vous assure, dans ce lycée même, ce ne sont pas les loups qui manquent, alors restez toujours maîtres de vous pour vous en prémunir : être le plus intelligent ne suffit pas. Ce que font certains élèves ici est non seulement irresponsable, pour leur avenir, mais lâche. Irresponsable parce qu’ils gâchent leurs capacités. Lâche parce qu’ils savent qu’ils ne risquent rien. François*, à l’âge vénérable où il est arrivé, n’est pas capable de se défendre comme je le ferais moi par exemple. Et puisque l’administration ne vous sanctionne pas et permet que, chaque jour, les élèves restent dans la cour une demi-heure de plus, sous les yeux des CPE, et entrent en classe à 13h30 au lieu de 13h, s’y comportant de la manière la plus inacceptable, les élèves savent qu’ils n’auront rien (et ils se lèsent eux-mêmes car ils ont payé une heure de cours et ne font qu’un quart d’heure). Et, je vous le dis, il n’y a rien de plus lâche, rien de plus minable que de s’attaquer à quelqu’un qui est sans défense. […] Pour conclure, ni moi ni aucun collègue ne vous demandons de faveurs personnelles. Il n’y a pas besoin que vous soyez gentils, généreux, compréhensifs à notre égard, quelles que soient nos caractéristiques ou même nos problèmes personnels s’il y en a. Agissez dans votre intérêt. Ne perdez pas de vue l’objectif. Soyez responsables d’abord, et la justice viendra d’elle-même. Je demandais à mes 6e s’il était plus important de se respecter soi-même, de respecter ses camarades ou de respecter le Professeur. Le plus important est de se respecter soi-même : quand on a assez de respect pour soi, on s’oblige à respecter tout ce qui est respectable, et on s’interdit tout acte honteux. Je vous invite à penser à vous-mêmes, et à personne d’autre, mais avec sagesse et lucidité. »

     

    [33] Courriel de Frédéric TUMPICH aux personnels daté du 12 avril 2013, qui cautionne l’accusation calomnieuse portée par des élèves contre François* E. : « En mon absence encore, un élève de Seconde a affirmé que son enseignant l’avait poussé en cours jusqu’à le faire tomber. J’ai vu le père de cet élève avec Nermine. Celui-ci était confus de l’attitude de son fils. En effet, cet élève avait été exclu de cours par l’enseignant et était revenu en classe deux fois de sa propre initiative, contrevenant ainsi directement à un ordre de son professeur. Nous avons demandé à l’élève d’écrire une lettre d’excuse à l’enseignant, ce qui a été fait. Il a manifesté un repentir sincère. [sic] Une sanction d’exclusion avec sursis a été prise à son égard. J’ai rendu visite aux classe de Seconde et leur ai demandé de se comporter correctement en cours. »

     

    [34] Ainsi paie-t-on des titulaires au rabais en invoquant des prétextes spécieux et en les assurant d’une reconduite de leur contrat pour l’année suivante à des conditions de travail & salariales qui compenseront cette situation, puis leur pose-t-on comme condition d’enseigner d’autres matières que les leurs, même s’ils n’ont pas la qualification ou l’expérience requises, et voient-ils leurs contrats non reconduits pour l’année suivante en cas de refus, malgré les accords précédents, pour la raison suivante (Frédéric TUMPICH dixit à ladite collègue en question) : « j’ai un tas énorme de CV de personnes qui travailleront pour bien moins cher que vous (…) si vous acceptez d’enseigner le français, je peux vous garder ». De fait, selon ce rapport d’une collègue, « 4 autres collègues titulaires expérimentés […] ont également été ‘débarqués’ sans aucune explication à la fin de l’année scolaire en juin 2013. L’explication m’en a été donnée quelque temps après: L’école MISR avait demandé l’homologation de la terminale d’où le recrutement de titulaires chevronnés pour l’année 2012-2013. Une fois l’homologation garantie, ils se sont ‘débarrassés’ des titulaires. Le nouveau proviseur français de connivence avec les investisseurs et parents d’élèves a largement œuvré dans ce sens. Pour les non-titulaires, il y a aussi une grille de rémunération mais d’après ce que j’ai compris chacun négocie. Aucune transparence. »

     

    [35] Voici le courriel que j’ai adressé aux directions française et égyptienne le dimanche 24 mars 2013 : « Monsieur TUMPICH, Comme vous le savez peut-être, je n'ai toujours pas de compte en banque alors que j'ai pris mes fonctions le 19 Novembre 2012, soit il y a plus de 4 mois. J'ai rempli et signé tous les papiers nécessaires, à plus d'une reprise, et me suis constamment enquis auprès de Mme Yara de l'avancement de ce dossier. A chaque fois, on me parlait d'un mystérieux problème me concernant et touchant également d'autres collègues, et sur lequel l'établissement ne pouvait rien. Tous les efforts étaient exercés, m'assurait-on, et la question était ajournée à plus tard, lorsqu'il y aurait des nouvelles, lorsque les responsables seraient disponibles, etc. Finalement, il y a deux semaines, Mme Yara m'a dit que tout ce qu'elle pouvait faire était de me donner une espèce de carte de retrait qui me permettrait de retirer ma paie, sans pour autant que j'aie un compte, ce qui m'a paru non seulement incroyable mais en plus inacceptable : comment peut-on travailler et vivre dans un pays sans avoir de compte ?Jeudi 14 mars, une semaine après avoir découvert que j'avais été lésé de près de 3000 livres sur mes paies précédentes (ce dont j'ai informé Mme Yara, exigeant que ce problème soit réglé au plus vite), pour la première fois, je me suis dirigé non pas vers Mme Yara (qui était occupée), mais vers le bureau qui s'occupe des comptes en banque. On m'a informé que depuis deux mois, on me demandait seulement mon adresse, seul élément qui manquait pour que mon compte puisse être ouvert à la CIB. On m'a assuré avoir directement informé Mme Yara de ce fait. Cela a été répété et confirmé en sa présence. Il s'avère donc qu'on a délibérément laissé cette affaire traîner en longueur depuis des semaines, pour des raisons que je peux seulement imaginer. Et sans cette initiative qui n'a été possible que parce que je parle couramment l'arabe, je n'aurais jamais été informé de la réalité des faits. Depuis mon arrivée, je n'ai pas de compte en banque, je touche mon salaire en liquide, et je suis obligé de le garder chez moi et de le transférer sur mon compte en France, avec tous les coûteux désagréments que des transferts et retraits internationaux peuvent entraîner (taux de change, frais bancaires conséquents, délais, etc.). Cela est absolument inacceptable, d'autant plus que l'affaire toute entière reposait sur un point de détail dont on n'a point daigné m'informer, à savoir mon adresse, que j'aurais bien évidemment communiquée sans problème, ayant emménagé fin Novembre. Je demande à ce que ces problèmes soient réglés au plus vite, pour le 1er avril au plus tard, et à obtenir une compensation au moins égale aux frais occasionnés pour tout ce que ces graves manquements injustifiables m'ont coûté. » Voici la réponse que j’ai reçue le jour même : « M Lamrani, Je vous transmets la réponse de Mme Nermine: Elle est très occupée cette semaine par les interviews avec les nouveaux parents. Elle vous accueillera en présence de M. TUMPICH la semaine prochaine. Cordialement Yara Youssef »

     

    [36] Voilà quelques notes & moyennes (brillantissimes !) de ses élèves de 4e A en Français, pour le 2e trimestre 2012-2013 : l’élève N*** a trois notes : 15/20, 02/20, 15/20, ce qui lui fait une moyenne de… 16/20 ! L’élève A*** a deux notes, 01/20 et 11,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 14/20 ! L’élève J*** a trois notes, 13,5/20, 06/20 et 15,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 18/20 ! L’élève M*** a trois notes, 16,5/20, 01/20, 00/20, ce qui lui fait une moyenne de… 13/20 ! L’élève L*** a deux notes, 05/20 et 07,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 14/20 ! L’élève H*** a trois notes, 05/20, 08/20, 15,5/20, ce qui lui fait une moyenne de… 18/20 ! L’élève R*** a trois notes, 16,5/20, 12/20 et 15,2/20 (sic), ce qui lui fait une moyenne record de… 19/20 !!! Etc., etc. 

     

    [37] Cf. un témoignage d’une maman d’élève de 6e, daté du 18 juin 2013, dénonçant « une corruption généralisée et un manque de rigueur » ainsi qu’une « gestion menée d’une manière brutale ».

     

    [38] Cf. Henri Guillemin, Une certaine espérance, Conversations avec Jean Lacouture, Le Seuil, 1992, p. 43.

     

    [39] C’est cet établissement qui a accueilli Myriam* H. après son départ de MISR, et malgré une tentative malveillante de Frédéric TUMPICH auprès de la direction de cet établissement en vue de la discréditer. La direction de la Mère de Dieu, qui connaît et abhorre le fonctionnement de ces établissements, l’a envoyé paître, lui demandant pourquoi il se plaignait d’être débarrassé d’une enseignante prétendument « incompétente et fragile ». Mais comme nous le verrons, même un établissement comme La Mère de Dieu se ressent du fonctionnement de ce « système mafieux » : grâce à la recommandation de collègues et de parents et après un entretien, la direction de La Mère de Dieu, qui connaissait le différend qui m’opposait à MISR, s’était engagée à me recruter pour l’année suivante mais a finalement renoncé, cédant à l’ostracisme de Paul PETIT.

     


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    Plaçons en détention les islamistes fichés comme dangereux

    Une tribune d’Arno Klarsfeld

    Publié le 09 septembre 2015 à 17:10 dans Politique

    Mots-clés : 

    islamistes daech detention

    Face au danger terroriste, quelles mesures dérogatoires au droit commun une démocratie européenne peut-elle prendre pour se protéger ? Faut-il attendre la catastrophe ou peut-on essayer de s’en prémunir ? Est-il possible de placer en détention administrative des individus considérés comme dangereux par les services de renseignements ?

    Selon l’article 15 de la  Convention européenne des droits de l’homme,« En cas de guerre ou en cas d’autre danger public menaçant la vie de la nation, toute Haute Partie contractante peut prendre des mesures dérogeant aux obligations prévues par la présente Convention, dans la stricte mesure où la situation l’exige.» Selon l’article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, « dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la Nation et est proclamé par un acte officiel, les États parties au présent Pacte peuvent prendre, dans la stricte mesure où la situation l’exige, des mesures dérogeant aux obligations prévues dans le présent Pacte (…). »

    Le terrorisme peut-il constituer un danger public exceptionnel justifiant que l’État déroge temporairement à l’application de certains droits de l’homme garantis?

    Dans le premier arrêt qu’elle a rendu, dans une affaire de terrorisme, le 1er juillet 1961 la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que de telles  mesures dérogatoires pouvaient être prises dans “une situation de crise ou de danger exceptionnel et imminent qui affecte l’ensemble de la population et constitue une menace pour la vie organisée de la communauté composant l’État”(CEDH, 1er juill. 1961, Lawless c/ Irlande)

    M. Lawless, dont le “comportement était de nature à le faire très sérieusement soupçonner d’être impliqué dans les activités de l’IRA”, alléguait une violation de la Convention à son égard, par les autorités de la République d’Irlande du fait de sa détention sans jugement du 13 juillet au 11 décembre 1957 dans un camp de détention militaire.

    La Cour a répondu que “l’arrestation et la détention administrative d’individus soupçonnés de participer à des activités terroristes constituaient une mesure strictement limitée aux exigences de la situation dès lors que le fonctionnement des juridictions ordinaires ne suffisait pas à rétablir la paix et l’ordre public”. Et les critères posés étaient les suivants: il fallait un danger “réel et imminent”, “exceptionnel”, “menaçant la continuité de la vie organisée de la communauté” et “affectant la population de l’Etat concerné”.

    Face au terrorisme islamiste, sommes-nous dans une telle situation? Si on estime que nous ne le sommes pas, alors il est inutile d’envisager de placer en détention administrative les islamistes radicaux suspectés de pouvoir passer à l’acte par nos services de renseignement.

    Mais si l’on estime, comme l’affirment le Président de la République et le Premier ministre, que “nous sommes en guerre contre l’islamisme radical”, que “nous devons nous attendre à d’autres assauts terroristes”, que “nous devons nous habituer à vivre dans un contexte terroriste” alors la détention administrative de ces islamistes  dangereux doit au moins être débattue. Ou nous sommes en guerre ou nous ne le sommes pas.

    En tant que Juif, je connais les dangers de la détention administrative; elle a été infligée par la IIIème République  à tous les Juifs ex-ressortissants du IIIème Reich en 1939 et le lendemain du statut des Juifs, le 4 octobre 1940, Pétain l’a déclaré pour tous les étrangers de “race juive”, y compris les enfants: ce sont alors des dizaines de milliers de Juifs qui furent internés dans les camps de la zone libre avant d’être livrés à leurs bourreaux.

    Mais nous ne sommes pas dans un tel contexte. Il s’agit de placer en détention  seulement quelques centaines de personnes dont tous les services de renseignement soutiennent qu’il est impossible d’assurer la surveillance. Une commission composée de magistrats et de parlementaires pourrait avoir accès aux documents des services demandant une telle détention et disposer d’un droit de veto.

    Tous les terroristes qui ont agi étaient fichés. Tous. Daesh ne parvient donc pas, pour l’instant, à recruter, au-delà des quelques centaines d’individus radicalisés et signalés. C’est un élément positif: il existe une cinquième colonne mais elle est encore réduite et peut être contenue à condition de prendre des mesures fortes et efficaces.

    Le 23 novembre 2011, quelques mois avant les attentats de Merah contre les soldats français et les enfants juifs de l’école Ozar Hathorah, j’écrivais dans les colonnes du Monde : « Une vague fondamentaliste traverse le monde musulman, cette vague touche aussi la France ». J’avais été alors critiqué à gauche et peu soutenu à droite.

    En réitérant ma proposition faite le 11 janvier au soir de placer en détention administrative les islamistes radicaux fichés comme dangereux, comme De Gaulle l’avait fait pour certains membres de l’OAS et du FLN, je n’échapperai pas non plus aux critiques. Pourtant, cette solution est raisonnable, une base légale existe et elle serait une option efficace pour endiguer l’islamisme radical qui cherche à submerger notre mode de vie et à détruire nos droits et libertés.

    *Photo: Sipa. Numéro de reportage : 00716914_000008.

    Source: Causeur.fr


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    11 septembre 2015

    Syrie/Irak:    Al-Qaïda et l'Etat Islamique pourraient s'allier pour combattre la coalition

    Si le leader d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, dénie toute légitimité à l'Etat islamique, il se déclare dans le même temps prêt à coopérer avec ce groupe terroriste pour lutter contre la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

     

    Ayman al-Zawahiri, nouveau leader d'Al-Qaïda après la mort d'Oussama ben Laden, a dénié toute légitimité à l'Etat islamique. "Nous ne reconnaîtrons pas ce califat", cite l'agence Reuters reprenant un enregistrement de M. al-Zawahiri diffusé sur internet.

    Dans le même temps, M. al-Zawahiri s'est prononcé pour la coopération avec l'Etat islamique pour lutter contre la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis malgré les contradictions existant entre Al-Qaïda et l'EI, rapporte Reuters.

    "Malgré les graves erreurs (de l'Etat islamique), si j'étais en Irak ou en Syrie, je coopérerais avec eux pour tuer les croisés, les laïcs et les chiites, même si je ne reconnais pas la légitimité de leur Etat, parce que le problème est plus large", dit Aïman al Zaouahri, sans préciser ses intentions à l'égard du mouvement.

     

    L'Etat islamique est l'une des principales menaces à la sécurité mondiale. Au cours des trois dernières années, les djihadistes de cette organisation se sont emparés de vastes pans de territoires en Irak et en Syrie. Dans le même temps, ils tentent d'influencer les pays de l'Afrique de Nord et notamment la Libye. D'après différentes estimations, l'EI contrôle près de 90.000 kilomètres carrés, où les terroristes ont annoncé la création d'un soi-disant "califat" régi par ses propres lois. L'organisation compte de 50 à 200.000 militants.

     

    Il n'existe pas de front uni pour lutter contre l'EI. L'armée syrienne et irakienne ainsi que des troupes kurdes et des milices libanaises et sunnites combattent contre cette organisation. La coalition internationale sous la direction des Etats-Unis se contente d'effectuer des frappes aériennes. Lors des batailles, plusieurs centaines des milliers des civils ont trouvé la mort et plusieurs millions ont fui le pays.



    Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150909/1018076663.html#ixzz3lH9Hq6rx


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    Selon les services secrets, les Etats-Unis ont sciemment soutenu Daesh pour isoler Assad

    Publié par wikistrike.com sur 11 Septembre 2015, 06:35am

     

    Selon les services secrets, les Etats-Unis ont sciemment soutenu Daesh pour isoler Assad

    Un rapport des services secrets prouve que la Maison Blanche avait été prévenue, dès 2012, que l'insurrection syrienne était principalement menée par des forces extrémistes, des révélations qui n'ont pas changé la politique américaine. Au contraire. 

    Ce rapport de l'Agence du Renseignement de la Défense (DIA en américain) datant de 2012 est édifiant. Les premières lignes, écrites en capitales d'imprimerie, dressent un rapide état des lieux de la situation en Syrie, un résumé sans équivoque: 

    On peut ainsi lire:

    • La situation intérieure en Syrie est en train de prendre un tournant clairement sectaire
    • Les Salafistes, les Frères Musulmans et Al-Qaïda en Irak sont les principales forces menant la rébellion en Syrie
    • L'Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent cette opposition pendant que la Chine, la Russie et l'Iran soutiennent le régime
    • AQI [Al-Qaïda en Irak] est familier en Syrie. AQI s'est entraîné en Syrie avant de s'infiltrer en Irak
    • AQI supporte la rébellion syrienne depuis le début, idéologiquement et à travers les médias. AQI a déclaré la guerre au gouvernement de Bachar Al-Assad considérant son régime comme sectaire et ciblant les Sunnites.

    Des révélations bien embarrassantes pour l'administration américaine, qui a toujours assuré qu'elle ignorait à l'époque les forces qui étaient en jeu en Syrie et qu'elle avait, de son côté, apporter son soutien à une opposition dite modérée. 

    «Faux» rétorque l'ancien directeur de DIA, Michael Flynn. Interrogé par la télévision Al Jazeera, ce dernier explique que l'administration n'a pas fermé les yeux sur «les alertes» remontant du terrain, mais qu'elle a plutôt sciemment choisi de les ignorer afin de continuer «à faire ce qu'elle fait». 

    Plus loin dans le document, on peut ainsi lire: «Si la situation se dénoue, il existe un risque réel de voir un état salafiste, déclaré ou non, se créer dans l'Est de la Syrie et c'est exactement ce que les puissances qui soutiennent l'opposition veulent et ce, dans le but d'isoler le régime syrien qui est à la base de la stratégie d'expansion des Chiites dans la zone (Iran, Irak)» 

    Interpellé par RT sur cette question de la croissance de Daesh et la responsabilité des Etats-Unis, le département d'Etat américain a préféré botter en touche. «La montée en puissance de Daesh en Syrie a en fait été aidée par le régime de Bachar Al-Assad. C'est son territoire, ce sont ses gens» a déclaré le porte-parole du Département d'Etat américain lors d'un point-presse auquel assistait RT.

     

    Source 

    http://francais.rt.com/international/6718-selon-services-secrets-etats-unis-soutien-daesh-tomber-assad-syrie
     

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    Apostat Kabyle AK

    Migration massive musulmane: Appel des citoyens de la République tchèque au gouvernement et au Parlement tchèque

    Le 8 septembre 2015

    Source

     

    En ce moment décisif pour notre pays, NOUS, soussignés citoyens de la République tchèque, refusons de regarder passivement nos institutions nationales et nos représentants politiques perdre leur temps au lieu de réaliser leur obligation première; qui est, selon notre Constitution, la défense des intérêts et de la sécurité des citoyens de la République tchèque.

     

    La migration massive actuelle représente une menace fondamentale pour la stabilité de l’Europe et des Etats membres de l’Union européenne.
    Nous sommes confrontés à une menace cruciale pour l’avenir de notre pays.
     
    Nous ne sommes pas indifférents aux souffrances des milliers de personnes victimes de guerres ou d’autres catastrophes mondiales, mais nous refusons l’instrumentalisation en cours de l’opinion publique, fondée sur la création d’un faux sentiment de solidarité avec les migrants.
    Nous refusons de transformer le problème actuel de migration en un débat sur l’attitude positive ou négative que les Européens portent sur les diverses cultures, nations, et ethnies.
     
    Nous nous rendons compte des risques et des menaces générées par les mixités artificielles et disparates des nations, des cultures et des religions.
    Le gouvernement tchèque, face aux risques rencontrés actuellement dans notre pays et en Europe, adopte une attitude hésitante et hautement ambiguë.
     
    Le gouvernement ne s’oppose pas suffisamment à la pression croissante des dirigeants européens qui nous obligent – comme tant de fois dans l’histoire – à sacrifier nos intérêts nationaux à leurs intentions politiques.
     
    Il est inacceptable que, sous le label de l’Union européenne, les règles de l’espace Schengen soient bafouées, surtout sous la pression de l’Allemagne et de la France.
     
    Il est inacceptable que les pays cherchant à respecter ces règles, par exemple la Hongrie, soient menacés de sanctions par l’Union européenne.
    Nous nous opposons à ce que les autorités et la majorité des médias marginalisent, méprisent et bâillonnent les appréhensions justifiées d’une large partie des populations tchèque et européenne.
     
    De même, nous nous opposons aux différents groupes politiques élitistes qui se cachent derrière la façade de savants, d’académiciens et de prétendues autorités morales et qui se réclament de l’opinion publique.
     
    Pour toutes ces raisons, nous interpellons le gouvernement tchèque pour qu’il :
     
     
    - assure la sécurité intérieure et la sûreté de nos frontières en utilisant tous les moyens disponibles, y compris la Police et l’Armée de la République tchèque,
     
    - garantisse le respect de l’ordre juridique national et des engagements internationaux ratifiés et empêche l’émergence du chaos migratoire qui existe déjà dans de nombreux pays voisins,
     
    - refuse de l’Union européenne tout quota, toute mesure de répartition des migrants,
     
    - travaille à amener les pays ayant une « porte d’entrée » migratoire à accomplir leurs obligations en reconduisant les migrants à dans leur pays d’origine,
     
    - respecte les accords en vigueur en matière de politique d’asile et refuse toute tentative de changement facilitant et stimulant l’immigration,
     
    - propose aux citoyens tchèques, par la voie du référendum, les engagements internationaux et les normes juridiques initiées en la matière ; ou, le cas échéant, sollicite un nouveau mandat dans le cadre d’élections anticipées.
     
     
    Signataire n°1: Václav Klaus le 4 septembre 2015
     
    Visitez le site www.protiimigraci.cz et joignez-vous à notre appel
     
    ****************************************
     
    Václav Klaus: premier Président de la République Tchèque. Il a gardé cette fonction jusqu'en 2013.



    10/09/2015

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    Le Parti de la France

     
    Vendredi 11 Septembre 2015
    17:50
     

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    France: Il égorge son père en se revendiquant de Daech

    Publié par wikistrike.com sur 11 Septembre 2015, 14:15pm

     

    France: Il égorge son père en se revendiquant de Daech

    Tarascon

    Un homme de 25 ans, probablement déséquilibré, a égorgé son père en se revendiquant du groupe de l'Etat islamique.

    Un égorgement et des propos confus, le tout sur fond de groupe de l'Etat islamique (EI). Un homme de 25 ans s'est rendu ce vendredi matin à la police de Tarascon (Bouches-du-Rhône), expliquant avoir égorgé son père et «évoquant Daech», l'acronyme arabe de l'EI.

    Vendredi matin, cet homme qui semble être arrivé très récemment en
    France, s'est présenté à la police, avec une blessure à la main.

    «Il ne parlait pas français, mais a évoqué Daech, sans s'en revendiquer» de manière claire, auprès de policiers arabophones, a précisé une source proche de l'enquête. «Il a laissé entendre que son père n'était pas un bon Marocain», a-t-elle poursuivi.

    Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme, qui se présente comme Marocain, n'était pas connu des services de police «au titre de l'islam radical, ni nationalement, ni localement». Les enquêteurs privilégient la piste de l'acte d'un déséquilibré.

    La police judiciaire de Marseille a été saisie de l'enquête, qui devra notamment retracer le parcours du suspect depuis son arrivée en 
    France. Sollicité, le parquet de Tarascon ne souhaite pas s'exprimer sur cette affaire.

     

    Source


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    Syrie: John Kerry menace la Russie d'une guerre

    Publié par wikistrike.com sur 12 Septembre 2015, 07:22am

     

    Syrie: John Kerry menace la Russie d'une guerre

    L’administration Obama intensifie les tensions avec Moscou, en alléguant sans preuves que la Russie renforce son soutien militaire au gouvernement syrien du président Bachar al-Assad.

    Toute présence russe élargie sur le sol syrien pourrait conduire à une « confrontation » avec la coalition menée par Washington, qui bombarde actuellement la Syrie, prétendument pour contrer l’Etat islamique (EI), a dit le secrétaire d’Etat américain John Kerry dans un appel téléphonique à son homologue russe, Sergueï Lavrov, ce week-end.

    Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a répété mardi la menace extraordinaire de Kerry d’un conflit armé entre les deux plus grandes puissances nucléaires du monde. Il a exprimé « l’inquiétude » de la Maison Blanche face aux rapports que «la Russie pourrait avoir déployé des personnels militaires supplémentaires et des avions en Syrie ».

    « Ces mesures pourraient conduire à une plus grande perte de vie, accroître le flux de réfugiés et risquer une confrontation avec la coalition contre l’Etat islamique qui opère à l’intérieur de la Syrie », a-t-il dit.

    Ces menaces sont assorties de nouvelles provocations. Washington utilise les méthodes fortes contre les gouvernements grec et bulgare, les poussant à refuser à la Russie le droit d’utiliser leur espace aérien pour des vols d’approvisionnement vers la Syrie.

    La Bulgarie, qui comme la Grèce est membre de l’OTAN, a annoncé mardi qu’elle avait refusé des demandes d’avions russes de survoler son territoire en route vers la Syrie. Des sources au ministère grec des Affaires étrangères ont révélé lundi que Washington avait demandé au gouvernement Syriza de prendre des mesures similaires. Washington leur aurait demandé d’interdire les vols russes jusqu’au 24 septembre, au motif qu’ils transportaient des équipements militaires pour les forces gouvernementales syriennes.

    Ceci a provoqué une réaction furieuse de Moscou. Le sous-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a dit à Interfax: « Si quelqu’un – dans ce cas, nos partenaires grecs et bulgares – a des doutes, ils devraient, bien sûr, expliquer de quoi il s’agit ».

    « Si on voit qu’ils prennent des mesures restrictives ou prohibitives à la demande des Américains, cela soulève des questions sur leur droit souverain de prendre des décisions à propos des avions d’autres pays – la Russie en particulier – qui traversent leur espace aérien », a-t il dit. «Nous expliquons la destination de nos avions, la raison du vol et le contenu de leur cargaison », a-t-il ajouté. Il a ajouté que de tels vols sont tout à fait habituels.

    Les affirmations hystériques des médias américains, selon lesqulles une «intervention» russe en Syrie serait imminente, se fondent seulement sur des déclarations sous couvert d’anonymat de responsables du Pentagone. Ils prétendent que le nombre de vols russes à destination de la Syrie augmente, et que des logements préfabriqués qui y ont été érigés pourraient servir à caser des unités russes.

    La présence russe en Syrie, qui soutient le gouvernement Assad contre l’EI et d’autres milices islamistes qui cherchent à submerger le pays, est minime comparée avec l’effort des États-Unis pour soutenir le gouvernement irakien contre ces mêmes forces. Toutefois, le soutien de Moscou pour Assad fait obstacle aux objectifs de l’intervention américaine en Syrie. Ceux-ne sont pas la destruction de l’Etat islamique, mais plutôt le renversement d’Assad et son remplacement par un gouvernement fantoche à la botte de Washington.

    Citant le « renseignement américain », le New York Times a rapporté mardi que Washington s’inquiète que « la Russie renforce les défenses aériennes de la Syrie dans des domaines clés ». L’amélioraton des armes anti-aériennes syriennes ne fait peser une menace sur ce que Washington prétend être ses objectifs en Syrie : combattre l’EI et protéger les civils syriens. Cela ne poserait problème que si Washington et ses alliés transformaient leur frappes ponctuelles contre l’EI en campagne de bombardement visant à détruire le gouvernement syrien, sur le modèle des guerres aériennes déjà menées en Irak et en Libye.

    Le président russe Vladimir Poutine a maintes fois cherché à empêcher une telle intervention et à négocier un accord mettant fin à la guerre syrienne sur la base d’un partage du pouvoir avec des sections de l’opposition ou d’un gouvernement de transition qui exclurait Assad.

    En septembre 2013, quand Obama était sur le point de lancer une guerre aérienne contre la Syrie en prétextant d’une attaque au gaz faussement attribuée à l’Etat syrien, Poutine a fait une proposition alternative d’éliminer des armes chimiques syriennes. Pendant un temps, ceci a permis d’éviter une guerre. Avant cet accord, toufeois, les tensions américano-russes avaient explosé ; des navires de guerre des deux pays voguaient près de la côte syrienne.

    Plus récemment, Moscou a proposé un plan de paix en Syrie et une campagne contre l’EI qui rassemblerait les Etats-Unis et ses alliés ainsi que la Russie, l’Iran et le gouvernement syrien. Cela impliquerait la formation d’un nouveau gouvernement d’unité nationale regroupant des éléments du régime Assad , l’opposition, et les forces kurdes.

    Les pourparlers entre Russes, Américains et Saoudiens se sont vite effondrés. La monarchie saoudienne, qui avec le Qatar et la Turquie est l’un des principaux bailleurs de fonds de l’EI, du Front al-Nosra ié à Al-Qaïda, et d’autres milices islamistes, a refusé d’accepter un accord qui ne dicterait pas le renversement d’Assad. Washington a essentiellement soutenu la famille royale saoudienne, son principal allié dans le monde arabe.

    Quant à la Russie, comme l’a précisé un porte-parole de la Maison Blanche ce week-end, ses actions en Syrie ne seraient acceptables que si elles étaient subordonnées aux objectifs de Washington et de sa «coalition ». Washington n’a toutefois manifesté aucun intérêt à intégrer la Russie dans ce front impérialiste.

    Ces objectifs sont, en tout cas, tout à fait contraires aux intérêts de l’Etat russe, qui compte la Syrie comme son dernier allié arabe restant dans le Moyen-Orient, un héritage de l’ancienne influence soviétique dans la région. Moscou maintient toujours une base navale dans le port syrien de Tartous, seule base militaire russe en dehors de l’ancienne URSS.

    Les intérêts pétroliers russes ont signé un contrat avec le gouvernement syrien pour exploiter les réserves de pétrole au large des côtes syriennes. Le groupe public Soyuzneftegaz a signé un accord pour une durée de 25 ans à cet effet.

    En outre, la transformation de la Syrie en Etat fantoche des États-Unis et des monarchies pétrolières arabes aurait un impact énergétique énorme. Au lieu d’être un lien potentiel entre la Russie, la Méditerranée et le marché européen, il deviendrait une étape d’un pipeline rival acheminant le gaz du Qatar. Cet Etat a investi des milliards de dollars pour financer de les «rebelles» qui cherchent la chute d’Assad.

    Pour l’impérialisme américain, le bain de sang en Syrie n’a été qu’une tactique pour avancer ses visées hégémoniques sur le Moyen-Orient, l’Eurasie et toute la planète. Le danger d’un conflit militaire avec la Russie est le résultat direct de cette stratégie, plutôt qu’une réaction à un renforcement militaire russe présumé.

    Les reportages fabriqués de toutes pièces qui évoquent un tel renforcement, ainsi que la crise des réfugiés en Europe, servent de prétextes à une escalade militaire américaine en Syrie. Au cours des derniers jours, la France et la Grande-Bretagne ont également annoncé des projets d’intensifier le bombardement de la Syrie. L’Australie devrait bientôt emboîter le pas.

    La poursuite de l’éruption du militarisme impérialiste en Syrie, qui risque de provoquer une confrontation avec la Russie, pose le danger que l’intervention américaine au Moyen-Orient déclenche une Troisième Guerre mondiale.

    Bill Van Auken

    http://www.mondialisation.ca/washington-menace-la-russie-dune-confrontation-a-propos-de-la-syrie/5475564


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    Le Jean – Yves :

    Pouvait-il vraiment passer de « la pêche » à « la Défense » … ?

     

    Evincé par Le Drian, Bernard Lugan avait prédit dès 2011 la situation actuelle

     

    07/09/2015 – 06h00 France (Breizh-info.com) – En avril 2015, Jean-Yves Le Drian évinçait l’historien spécialiste de l’Afrique Bernard Lugan de Saint-Cyr Coëtquidan, où il participait à  la formation des futures élites de l’armée française. Les raisons de cette décision? Les analyses, percutantes mais jugées politiquement incorrectes, de l’historien ainsi que ses accointances jamais cachées avec une partie de la droite nationale française. Rédhibitoire pour le ministre de la Défense de François Hollande, même si cet universitaire compte parmi les africanistes les plus reconnus, notamment à l’international, en raison de pertinence de ses analyses sur les crises africaines.

    L’invasion migratoire que connait l’Europe aujourd’hui en est un bon exemple. La situation actuelle en Europe et en Afrique du Nord , avec ces milliers de clandestins en provenance d’Afrique qui passent quotidiennement par la Libye, n’aurait pas existé en effet si le régime de Kadhafi n’avait pas été détruit par la coalition internationale menée par la France – Nicolas Sarkozy étant président, Alain Juppé ministre des affaires étrangères sans oublier le Parti socialiste qui, à l’exception de 7 députés, avait voté pour l’intervention.

    Bernard Lugan avait exposé dès 2011 les conséquences de l’intervention en Libye 

    Bernard Lugan avait d’ailleurs publié dès janvier 2011, puis en août 2011, soit trois mois avant la mort du colonel Kadhafi, une mise en garde sévère contre les conséquences de cette intervention en Libye et de cette déstabilisation d’une région que la France atlantiste ne maitrisait visiblement plus du tout. « L’épicentre de la « révolution » fut la région de Benghazi qui avait des comptes à régler avec le régime depuis la féroce répression d’un précédent soulèvement islamiste. Cette Cyrénaïque dissidente à l’époque ottomane, rebelle durant l’Impero italien et insoumise depuis les années 1990, présente plusieurs originalités : elle est le fief des partisans de l’ancienne monarchie islamo-senoussiste, le phénomène jihadiste y est fortement ancré et la contestation y a reçu le renfort des mafias locales dont les ressources étaient coupées depuis plusieurs mois à la suite de l’accord italo-libyen concernant la lutte contre les filières de l’immigration africaine clandestine.»expliquait t-il avant de dénoncer : « Toujours à la différence de la Tunisie et de l’Egypte, et cela a constamment été caché à l’opinion française afin de ne pas écorner l’image « positive » des insurgés, ce soulèvement fut extrêmement violent. Il fut en effet, dans certaines villes tombées aux mains des rebelles, accompagné de la mise à mort d’une manière cruelle et rappelant les méthodes des islamistes algériens, des partisans du régime et parfois même des membres de leurs familles.» et de conclure : « Ce fut donc dans une atroce guerre civile que la France s’immisça pour des raisons officiellement éthiques. Sans son intervention, le colonel Kadhafi aurait repris le contrôle de la situation. »

    Alors qu’actuellement, on nous explique que les milliers de réfugiés fuient l’instabilité, la pauvreté, la guerre dans leur pays, Bernard Lugan rappelait en 2011 qu: « avant les « évènements », la Libye était le pays d’Afrique le plus développé et le chômage des jeunes qui fut un des leviers des évènements tunisiens y était inexistant.»

    Mais il posait déjà des questions qui trouvent aujourd’hui leurs réponses, et que jamais les dirigeants français de l’époque ainsi que leurs successeurs ne se sont posées :  « Comment s’organisera la Libye de demain ? Là est en effet toute la question. La Tripolitaine et la Cyrénaïque se combattront-elles, partageront-elles le pouvoir ou bien l’une l’emportera t-elle sur l’autre ? Comment va réagir la minorité berbère quand elle constatera qu’elle aura une fois de plus été flouée ? Avant de se lancer dans cette guerre les autorités françaises ont-elles pris en compte l’hypothèse de l’apparition de guerres tribales et claniques, comme en Somalie ? Ont-elles bien évalué le risque islamiste, éventualité qui ouvrirait un espace inespéré pour Aqmi qui prospère déjà plus au sud dans la région du Sahel ? »

    Sarkozy, Juppé, puis Hollande et Le Drian, seuls et uniques responsables

    Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Jean-Yves Le Drian, ainsi que tous ceux qui, comme l’ineffable BHL,  les ont soutenu sans faille dans cette aventure, portent donc sur leurs épaules l’entière responsabilité du drame qui se passe aujourd’hui en Méditerranée, un drame que les dirigeants en place chercherait presque à imputer à leur propre population qui ne ferait pas assez preuve d’humanité et d’ouverture.

    C’est d’ailleurs Bernard Lugan lui même qui l’écrivait, en octobre 2011, alors qu’il dressait un portrait sanglant de la Libye d’après Kadhafi : « Ceux qui, poussés par BHL, décidèrent d’intervenir en Libye et de s’immiscer dans une guerre civile qui ne concernait en rien la France, vont désormais porter la très lourde responsabilité des évènements dramatiques qui s’annoncent et qui vont se dérouler à quelques heures de navigation de nos côtes. ». En 2012, il affirmait également que : « Dans tout le Sahel où les Etats artificiels sont coupés entre des Nord peuplés par des nomades et des Sud habités par des sédentaires noirs, la guerre civile libyenne a provoqué un bouleversement de la situation géopolitique régionale dont profitent les bandes islamistes qui se sont équipées dans les arsenaux libyens.»  , bouleversements qui provoqua justement les déplacements de population d’aujourd’hui.

    La diplomatie française , dans cette affaire, celle qui se refusait à écouter les conseils de Bernard Lugan , tenait d’ailleurs à l’époque des propos très cavaliers :  « François Gouyette se dit « optimiste sur le moyen terme » pour l’avenir de la Libye. Pour ce diplomate qui dirige la cellule Libye au Quai d’Orsay, les fondamentaux du pays sont bons, la situation sécuritaire « globalement maîtrisée ». Sans nier les problèmes de l’après-Kadhafi, il se félicite aussi de l’affirmation d’un sentiment national « qui se superpose à l’identité tribale toujours très présente». « Je n’ai jamais cru au risque de l’éclatement de la Libye » souligne le diplomate ». (Le Figaro, 5 avril 2012).

    En mai 2012, lors de la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, Bernard Lugan tirait déjà le bilan désastreux de la politique africaine du précédent quinquennat, vecteur de nombreux troubles dans plusieurs régions.

    Puis en juillet 2012, c’est au tour du président Tchadien, Idriss Deby, de rappeler : « Depuis le début des opérations de l’Otan en Libye et jusqu’à la chute de Kadhafi, je n’ai cessé de mettre en garde quant aux conséquences non maîtrisées de cette guerre. J’ai trop longtemps prêché dans le désert (…) les nouvelles autorités libyennes ne contrôlent toujours pas leur propre territoire (…). Plus généralement, quand je regarde l’état actuel de la Libye, où chaque localité est gouvernée sur une base tribale par des milices surarmées ou par ce qu’il reste des forces fidèles à Kadhafi, ma crainte a un nom: la somalisation » (Idriss Déby, président de la République du Tchad, dans Jeune Afrique, le 23 juillet 2012).

    Trois ans plus tard, les prophéties de Bernard Lugan se sont réalisées : en juillet 2015, dans un numéro dela revue L’Afrique réelle, en quelques réflexions sur le phénomène des « migrants », il explique que : « La vague migratoire africaine que subit actuellement l’Europe se fait par l’entonnoir libyen. Ce dernier fut créé par ceux qui déclenchèrent une guerre insensée contre le colonel Kadhafi qui avait fermé son littoral aux passeurs-esclavagistes. Face à la déferlante, les forces navales européennes recueillent les clandestins… pour les transporter jusqu’en Italie. La différence avec le prophétique Camp des Saints de Jean Raspail est que chez ce dernier, les migrants débarquaient en Europe alors qu’aujourd’hui ils y sont débarqués… pour y être installés.» avant de nommer les responsables : « Cette migration-peuplement est essentiellement la conséquence d’une démographie devenue folle [….] parce que les missionnaires, les religieuses soignantes, les médecins et les infirmiers coloniaux ont, hier, au nom de leur « amour des autres », délivré les Africains de la lèpre, de la rougeole, de la trypanosomiase, du choléra, de la variole, de la fièvre typhoïde ; cependant que les militaires les libéraient de l’esclavage arabo-musulman. » avant de poursuivre : 

    « Résultat : en un siècle, la population du continent a presque été multipliée par 10. De 100 millions d’habitants en 1900, elle était passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à un milliard en 2014. Dans les années 2050 les Africains seront entre 2 et 3 milliards (dont 90% au sud du Sahara), puis 4,2 milliards en 2100 ; ils représenteront alors 1/3 de la population mondiale. En 2050, 40% des naissances mondiales seront africaines[2], ce qui, ajouté à la baisse heureuse de la mortalité infantile en raison des campagnes de vaccination menées par les ONG et de l’annonce d’un prochain vaccin contre le paludisme, va conduire à un cataclysme encore plus destructeur que l’actuel. »

    Des analyses sans doute insupportables à entendre pour Jean-Yves Le Drian.

     


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