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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    POUTINE ET ERDOGAN A SAINT-PETERSBOURG ou la revanche de Carl Schmitt

     

    Par Mathieu Slama Publié le 09/08/2016 à 18h20

    Vladimir Poutine et Recep Erdogan viennent de confirmer avec éclat le rapprochement de leurs deux pays.

     Mathieu Slama, explique ici en lisant Carl Schmitt comment ces deux figures autoritaires sont une réponse à la dépolitisation du monde libéral [Figarovox, 9.08].

     

    Qu'on veuille bien lire cet entretien et l'on comprendra pourquoi nous avons écrit le 27 mai dernier, à propos de son premier livre : « Nous prévenons les lecteurs de Lafautearousseau ; ces réflexions sont importantes. Il faudra être attentifs désormais aux publications de Mathieu Slama ! ».

     

    Nous confirmons. LFAR 

     

     Il y a quelque chose de très peu surprenant, finalement, dans le rapprochement à l'œuvre entre le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Erdogan.

    A y regarder de plus près, et en mettant de côté la relation historique entre la Turquie et les Etats-Unis, la Turquie d'Erdogan a infiniment plus de points communs avec la Russie de Poutine qu'avec l'Occident.

    Le rapport au sacré et à la tradition religieuse de leurs pays (orthodoxie pour Poutine, islam pour Erdogan), la dimension verticale (voire autoritaire) de l'exercice du pouvoir, le soutien massif (et visible) d'une population mobilisée: ces éléments rapprochent les deux hommes beaucoup plus qu'ils ne les séparent.

    On le sait, Poutine a engagé depuis plusieurs années un combat quasi-métaphysique contre la vision du monde occidentale libérale et universaliste. Il estime, non sans quelques arguments valables, que cette vision du monde méconnaît voire méprise ce qui constitue le cœur du politique, c'est-à-dire l'existence de communautés particulières inscrites dans des trajectoires historiques qui leur sont propres.

    Il y a dans ce discours, mais aussi plus généralement dans les attitudes de Poutine et Erdogan, des éléments qui font fortement écho aux thèses du grand juriste allemand Carl Schmitt (1888 - 1985), auteur d'un des livres de théorie politique les plus décisifs du XXème siècle, La notion de politique (1932 pour sa dernière version).

    Précisons, avant de poursuivre, que Schmitt s'est compromis de façon dramatique avec le nazisme, après avoir pourtant défendu la République de Weimar contre Hitler, et ce de façon incontestable au moins jusqu'en 1936.

     

    Que dit Schmitt ? Que le monde libéral méconnaît ce qui est au cœur de l'existence politique : la distinction ami - ennemi, c'est-à-dire la potentialité d'un conflit qui met en jeu l'existence même d'un peuple et d'une communauté.

    Pour Schmitt, l'individualisme libéral tel qu'il s'est développé en Occident est une négation de la politique car il introduit une « praxis politique de défiance à l'égard de toutes les puissances politiques et tous les régimes imaginables », « une opposition polémique visant les restrictions de la liberté individuelle par l'Etat ».

    Schmitt en conclut qu'il n'y a pas de politique libérale, seulement une « critique libérale de la politique ».

    Le système libéral, poursuit Schmitt, exige « que l'individu demeure terminus a quo et terminus ad quem » ; « toute menace envers la liberté individuelle en principe illimitée, envers la propriété privée et la libre concurrence se nomme violence et est de ce fait un mal ». « Le peuple », dans la conception libérale, « sera d'une part un public avec ses besoins culturels et d'autre part tantôt un ensemble de travailleurs et d'employés, tantôt une masse de consommateurs ».

    Dans cette perspective, « la souveraineté et la puissance publique deviendront propagande et suggestion des foules », c'est-à-dire qu'elles seront décrédibilisées.

    Avec le libéralisme démarre ce que Schmitt appelle « l'ère des neutralisations et des dépolitisations ». Il n'est pas non plus inutile de rappeler la première phrase célèbre d'un autre ouvrage de Schmitt, Théologie politique (1922) : « Est souverain celui qui décide de la situation d'exception ».

    Une conception de la décision politique fort éloignée, il va sans dire, de la conception de l'Etat de droit issue des théories libérales européennes.

    On comprend bien, à la lecture de cette critique très puissante du libéralisme, combien ces thèses résonnent fortement aujourd'hui.

    Le monde occidental s'est lentement mais sûrement dépolitisé, refusant de se confronter aux décisions fondamentales par peur de remettre en cause les libertés individuelles (il y a certes des raisons très profondes à cela, notamment les traumatismes liés aux expériences totalitaires du XXème siècle).

    La souveraineté politique, c'est-à-dire la capacité d'un peuple de décider de son destin historique et de s'opposer le cas échéant à d'autres peuples, a disparu pour laisser place à une conception universaliste du monde dans laquelle chaque individu appartient au genre humain avant d'appartenir à des communautés particulières.

    Mais, prévient Schmitt, « qui dit Humanité veut tromper ». « Le monde politique », ajoute-t-il, « n'est pas un universum mais un pluriversum » ; le cas contraire signifierait la disparition de l'Etat et du politique - et la domination d'une puissance sur toutes les autres.

    C'est là tout le cœur du problème de l'universalisme : l'Occident se prétend seul juge de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire, selon ses propres critères.

    Il suffit de constater la manière dont les Occidentaux réagissent à l'attitude d'Erdogan après le putsch raté - et la manière dont ils jugent, avec une constance métronomique, les penchants autoritaires de Poutine.

    Notre propos ici n'est pas de défendre Poutine et Erdogan. Néanmoins, chacun à leur manière (et avec des excès évidents qu'il ne s'agit pas de nier), ils incarnent une vision encore politique de l'histoire humaine.

    Ils refusent le modèle libéral occidental et assument un certain décisionnisme qui peut entrer en contradiction avec la protection de certaines libertés individuelles. Ils défendent la souveraineté nationale face aux ambitions universalistes occidentales. Erdogan a eu ce mot très symbolique après le putsch raté qui le visait : « La souveraineté appartient à la nation ».

    Et Poutine avait rappelé il y a quelques années que la souveraineté nationale était une condition de vie ou de mort pour les Russes.

    Les deux hommes d'Etat construisent une mythologie nationale fondée sur la potentialité du conflit et sur l'irréductibilité des communautés humaines (même si Erdogan, notons-le, retourne habilement contre l'Occident ses propres valeurs démocratiques, comme cette semaine dans un entretien étonnant dans le journal Le Monde).

    Schmitt avait cette formule frappante qu'il empruntait à un poète allemand : « L'ennemi est la figure de notre propre question ».

     

    Il n'est pas interdit, en effet, d'apercevoir dans Poutine ou Erdogan deux figures-miroirs qui nous confrontent à un immense et terrible renoncement : celui de la politique. 

    Mathieu Slama

    Essayiste
     
    Né en 1986, Mathieu Slama intervient de façon régulière dans les médias, notamment dans le FigaroVox sur les questions de politique internationale. Un des premiers en France à avoir décrypté la propagande de l'Etat islamique, il a publié plusieurs articles sur la stratégie de Poutine vis-à-vis de l'Europe et de l'Occident. Son premier livre, La guerre des mondes, réflexion sur la croisade de Poutine contre l'Ocident vient de sortir aux éditions de Fallois.
    Lire aussi dans Lafautearousseau ...

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    13 août 2016

    Une provocation de plus en Crimée de la part des proxies ukrainiens de l’OTAN. Une provocation qui ne restera pas impunie, mais certainement pas de la manière qu’ils espèrent.

     

    S’il fallait une preuve, il suffit d’écouter le gros silence de Moscou sur l’affaire.   RI  

    ***

    Profitant des Jeux de Sochi en 2014, les Américains ont déclenché un coup d’état en Ukraine, comptant sur la passivité de la Russie.

    Aujourd’hui, profitant des Jeux de Rio avec les multiples « aventures » autour des équipes russes, des commandos ukrainiens ont fait une incursion en Crimée (8 août 2016) où ils ont attaqué une base de garde frontières russes. Bilan, 2 morts et 2 blessés.

    Ceci va de pair avec une très nette intensification des bombardements ukrainiens sur la Novorossya.

    Ceci rappelle les multiples attaques contre des postes de garde-frontière entre l’Ukraine et la Russie en été 2014, tirs d’artillerie ponctuels dont le but était d’entrainer une riposte Russe et son implication directe en Ukraine.

    Alors que l’armée arabe syrienne, appuyée par les forces aériennes russes, met en déroute l’Etat Islamique et autres groupes terroristes soutenus par Washington et Bruxelles en Syrie, les Américains ont-ils décidé de tenter à nouveau d’entrainer la Russie dans une guerre ouverte en Ukraine, et de ce fait contre l’OTAN?

    Si l’on prend en considération l’agressivité ouverte du probable futur président des Etats Unis envers la Russie et envers Vladimir Poutine à titre personnel, il est clair que les mois à venir risquent de voir un déchaînement de violences.

     

    Quoi qu’il en soit, cette attaque directe contre nos forces sur notre territoire ne restera pas sans conséquence.

    source: https://jeanfouche.wordpress.com/2016/08/09/incursion-armee-ukranienne-en-crimee/

     

    ET AUSSI

     

    Pourquoi l’Ukraine a tenté d’attaquer la Crimée?

     
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     crimée

    La Russie vient d’annoncer que les 7 et 8 août deux groupes de diversion comprenant des agents du renseignement militaire ukrainien ont été inercepté par les forces spéciales russes en Crimée, où ils comptaient commettre une série d’attentats contre de cibles civils, afin de destabiliser la situation socio-économique dans la région et de mettre fin au tourisme. Kiev dément évidemment, juste après les Etats Unis et l’UE. Personne ne condamne ce qui devient du terrorisme d’état.

    Voyons ce qui s’est passé.

    Dans la nuit du 7 août, un premier groupe composé de 7 personnes « déguisées » dans des camouflages de l’époque soviétique, s’est introduit sur le territoire russe en Crimée en traversant avec des bateaux gonflables l’isthme de Perekop pour se rendre dans la ville de Armiansk. Ils avaient commencé à miner des postes-frontières lorsqu’ils furent découverts et interceptés après des échanges de tirs.

    L’on compte deux militaires russes mort ainsi que deux agents ukrainiens.

    Les 5 autres ont été arrêtés et déposent. Ils affirment que le but de l’opération était d’attaquer le business touristique, faire fuir les touristes de Crimée et déstabiliser la situation socio-politique.

    Ils déclaraient notamment qu’un deuxième groupe devait arriver en Russie par un autre chemin et apporter les explosifs.

    Malgré le renforcement des recherches le 7, ce groupe n’a pu être découvert alors que les informations fuitaient déjà dans la presse. Dans la nuit du 8 août, des paras russes ont réussi à les localiser et intercepter juste avant qu’ils ne quittent la Crimée.

    Les réactions sont intéressantes. Poroshenko parle de coup monté par la Russie, l’on pouvait s’y attendre.

    Mais la réaction la plus violente vient de l’ambassadeur américain à Kiev qui affirme qu’il n’y a aucune preuve de l’intervention de Kiev en Crimée, que les Etats Unis soutiennent Kiev, que la Crimée est un territoire occupé et que jamais ils ne lèveront les sanctions contre la Russie.

    Un déferlement de hargne et de rage. Celle des vaincus en l’occurrence.

    Les explosifs et les dépositions des personnes arrêtées ne doivent pas être suffisantes pour lui … Ou sont trop évidentes.

    En toute logique, l’UE répète en chien fidèle les paroles de son maître. L’UE qui affirme l’absence de données objectives sur ce qui s’est passé, ne fait que montre de sa partialité.

    La presse n’est pas en reste. L’on ne citera que l’article du Monde écrit par le journaliste Benoît Vitkine, qui ne brille ni par le style ni par l’analyse, mais fait le travail qui lui est demandé.

    Dans cette veine, c’est tout juste si cette opération n’a pas été menée par la Russie, qui d’ailleurs n’a arrêté qu’un chauffeur de camion (Evgueni Panov) et avait déjà regroupé ses troupes vers la frontière. Plus quelques bavures sur les tatars de Crimée (quel est le rapport), sur cette région qui a bien sûr été « annexée » etc etc etc

    En cela, le journal le Monde reprend – en toute objectivité évidemment – l’argument lancé par les services ukrainiens.

    Donc la famille de Panov déclare qu’il a été enlevé (premier acte). A un détail près, ici il est présenté comme électromécanicien. Peu importe.

    Deuxième acte: Poroshenko annonce qu’une affaire est ouverte en Ukraine pour enlèvement par le FSB.

    Or, E. Panov n’est pas un pauvre petit chauffeur de sa campagne ukrainienne qui a mystérieusement disparu, mais un des hommes de l’EuroMaïdan, qui commandait le groupe local paramilitaire « Autodéfense », il est parti dès le printemps 2014 se battre contre le Donbass et a reçu une formation des forces spéciales de renseignement militaire ukrainien. Un petit chauffeur, oui.

    Après cela, la Russie renforce sa présence militaire dans la péninsule et Kiev en profite pour lancer ses manoeuvres aux frontières.

    Et V. Poutine annule la prochaine réunion du Format Normandie, qui n’a manifestement aucun intérêt dans ce contexte, promettant par ailleurs une réponse adéquate.

    Le ton change et Poroshenko ne mène pas la danse. De son côté, Aksenov, à la tête de la Crimée, affirme que ces incidents ont été téléguidés par le Département d’état américain.

    Et il le dit sur une chaîne d’information continue fédérale, autrement dit, il exprime officieusement la position officielle russe.

    Département d’état ou autre structure, il y a peu de chances que les ukrainiens aient la possibilité de lancer une opération de cette envergure au minimum sans autorisation, voire plan d’action.

    Personne n’a condamné Kiev pour cet acte, chacun veut ignorer ce qui s’est passé. Ils voulaient pousser la Russie à la faute, qu’elle réagisse contre l’Ukraine, ce qu’elle n’a pas fait. Mais pourquoi le tourisme en Crimée dérange à ce point les ukrainiens et leurs sponsors?

    Parce que quelques dizaines de milliers d’ukrainiens y viennent passer des vacances, malgré les injonctions du pouvoir. Ils voient une région calme, des gens qui vivent sereinement, des magasins remplis.

    Très loin du rêve européen de l’Ukraine qui se transforme en état terroriste, très loin de leur quotidien, très loin de la propagande occidentale reprise par Kiev.


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    Le Vice-amiral de la marine nationale, aujourd’hui en 2ème section, ancien président de l’Institut Charles de Gaulle, Michel Debray a notamment commandé les porte-avions « Foch » et « Clemenceau ».

    Source : Russia Today, 27/06/2016

    Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

    Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

    Le Brexit, s’il est respecté, pourrait aussi bouleverser l’UE en termes militaires, explique l’amiral Debray à RT France, confiant sa vision de la sécurité en Europe, l’hégémonie américaine et l’impératif, pour un pays, d’être maître de sa défense.

    Pour l’amiral Debray, le Brexit aura bien évidemment des conséquences militaires, même si le Royaume-uni est dans l’OTAN et que tous les tenants de l’UE font semblant de ne pas savoir que leur défense dépend de cette dernière.

    Face au Brexit, selon lui, «il faudra revoir la façon dont les membres de l’Union européenne considèrent leur Défense». Si l’on en croit sa vision, une telle remise en question est plus que nécessaire.

    Michel Debray a commandé les porte-avions Foch et Clemenceau. Il a présidé la Fondation Charles-de-Gaulle de 1998 à 1999.

    En 1997, il a participé à la fondation de l’Alliance pour la souveraineté de la France. Il a ensuite été membre du haut conseil du Forum pour la France de Pierre Marie Gallois.

    Le choix britannique sera-t-il respecté ?

    Néanmoins, établissant un parallèle entre le référendum sur le Brexit et celui sur la constitution européenne de 2005 lors duquel la France et les Pays-Bas avaient voté contre mais avaient été ignorés par l’Union européenne, l’amiral se veut réaliste :

    «Le choix des Français et des Néerlandais a été complètement contourné par la suite et aujourd’hui, il n’en reste absolument rien. Le traité de Lisbonne a obligé la France à admettre tout ce que le peuple français avait refusé.

    On peut alors imaginer que le vote [du jeudi 23 juin] n’aura pas de grandes conséquences. Je souhaite que les Britanniques ne soient pas floués par leurs dirigeants, comme les Français l’ont été par les leurs.»

    L’ombre américaine

    Dans une vision très gaullienne, l’amiral lie intimement la question de la relation du Royaume-Uni à l’UE à celle de son appartenance à l’OTAN :

    «Depuis les origines de la construction européenne, les Etats-Unis ont tout fait pour faire [de l’Europe] un fournisseur de supplétifs, pour que les Etats-Unis fassent la politique de Défense et que les pays européens fournissent les contingents de tirailleurs qui iraient à la boucherie s’il le faut.»

    Se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n’est pas excusable

    Le Brexit serait donc une épine dans le pied des Etats-Unis, qui cherchent à l’heure actuelle à renforcer l’OTAN en Europe, dans un processus que l’amiral voit affecter la France :

    «C’est tout à fait possible que la France accueille bientôt de nouveau des bases de l’OTAN sur son territoire. C’est possible depuis que notre président a commencé à engager des conversations avec l’OTAN pour qu’on revienne sur ce qui avait été fait du temps du Général de Gaulle en 1966, lorsque la France a fait sortir de son territoire tous les contingents étrangers qui n’avaient rien à y faire.

    Avoir des accords avec des Etats étrangers est absolument concevable, mais se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n’est pas excusable. C’est un travail qui a été commencé avec Jacques Chirac, qui a été poursuivi sous Nicolas Sarkozy et qui est en train d’être achevé par François Hollande. Une nouvelle fois, les élites se moquent de l’intérêt supérieur de la patrie et du vote de leurs citoyens.

    Le peuple, on ne lui demande pas son avis. On ne lui a demandé son avis ni lorsque le service national a été supprimé, ni lorsqu’il a refusé la constitution européenne. Il n’y a rien de nouveau. Dès la création de la Communauté européenne de Défense (CED), qui est un projet des européens d’alors et des Américains de toujours, le projet était de réarmer l’Allemagne et d’utiliser les nations composées de pays membres de l’UE pour les mettre au service d’une politique de défense étrangère, celle de l’impérium américain.»

    France de 2016, France de 1946 : même combat ?

    L’amiral Debray a pu appeler à la constitution d’un nouveau CNR, ou Comité National de la Résistance, organe qui coordonnait la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Car, selon lui :

    «Aujourd’hui la France n’est plus menacée par les divisions blindées de Hitler, mais par la volonté d’hégémonie des Etats-Unis.

    Lorsque vous voyez que l’Union européenne – qui était une union économique, et qui est aujourd’hui une union sans adjectif qualificatif – condamne la France parce qu’il n’y pas de syndicat dans l’armée française… Qui commande quoi, en France ?

    Un pays doit avoir la volonté de se doter de ses propres moyens de défense, voilà ma conviction.»

    Alors que le Premier ministre Manuel Valls a déclaré l’état d’urgence, que le plan vigipirate est à son niveau maximum et que la présence de soldats se fait plus que jamais sentir, les propos de l’amiral pourraient surprendre. Il est pourtant catégorique.

    «Il n’y a pas de militarisation en France depuis qu’on a supprimé le service national. Cela ne me concerne plus mais je le regrette profondément.

    Le service national est pour moi un service que le France rendait à ses enfants. […] La république manque aujourd’hui de moyens militaires.»

    Garder le contrôle de la capacité nuclaire, impératif de l’armée française

    Mais, au-delà du service militaire, il y a, pour lui, un autre élément primordial à préserver afin que l’Etat protège la souveraineté nationale : le feu nucléaire.

    «L’armée française se porte très mal en grande partie depuis qu’on a supprimé le service national et du fait des diminutions des ressources qu’elle subit. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, il faut le dire, ont une obsession de contourner la volonté française de disposer de sa propre dissuasion nucléaire. C’est pour eux un objesctif perpétuel : empêcher la France de se remettre au niveau où elle était parvenue à se mettre avec sa force de dissuasion nucléaire.

    La France doit pouvoir disposer de ses propres forces armées comme elle le souhaite et refuser de se faire inféoder par quelque organisme supranational que ce soit

    Il ne faut pas rêver à la disparition des forces de dissuasion nucléaire. Ni les Russes, ni les Américains, ni Israël, ni l’Inde ou le Pakistan ne se sépareront de leurs armes nucléaires. L’intérêt de [cette] arme est justement de ne pas être employée. Elle agit par la menace de son emploi, en arme justement dissuasive.

    Il faut donc qu’elle existe, qu’elle soit en bon état et que nous la maîtrisions complètement. La force nucléaire française existe toujours et elle est en bon état […] La défense doit être nationale et une défense nationale ne se traduit pas par une armée commune avec d’autres pays. La France doit son statut de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU à sa capacité nucléaire. Il faut que nos dirigeants en soient conscients.»

    Les conflits par nations interposées

    Garder le contrôle est d’autant plus essentiel, pour lui, que le monde de la guerre évolue et que la France semble se faire entraîner vers des terrains bien éloignés de ses propres intérêts.

    Qu’il s’agisse de privatisation…

    «Le monde évolue, demain il ne sera plus celui qu’il était hier. Les conflits qui se présentent ne ressemblent pas à ceux que nous commémorons cent ans après Verdun, mais certaines caractéristiques me gênent énormément.

    Les sociétés militaires privées ? C’est un oxymore. Un état ne doit pas s’adresser à des gens qui veulent gagner de l’argent en vendant de la sécurité. Le rôle de l’Etat c’est de défendre son peuple et on défend son peuple avec une armée qui dépend de l’Etat et non pas avec des sociétés privées. […] En France on sous-traite, privatise et externalise dans tous les domaines. Les militaires vont bientôt être formés par des civils.»

    … de concurrence d’autres Etats…

    «Le Japon est en train de manœuvrer pour avoir une armée alors qu’ils ne sont pas censés en avoir. L’Allemagne, sans rien dire commence à agir à l’extérieur de ses frontières, alors qu’il est écrit noir sur blanc qu’elle ne doit pas le faire.»

    … ou de problématique stratégique, la France étant amenée à faire le travail pour d’autres nations :

    «On agit par Etats interposés […] La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence sur ordre des américains – et au mépris d’ailleurs des décisions prises au conseil de sécurité. L’armée française a fort bien rempli sa mission et l’a remplie pratiquement sans pertes, ce qui est totalement à son honneur. Mais on peut se demander quel intérêt avait la république française à entreprendre cette action. Pour le compte de qui avons nous agi ?

    La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence sur ordre des américains et au mépris des décisions prises au conseil de sécurité

    Contrairement à la Libye, dans le cœur de l’Afrique, la France a des raisons d’intervenir pour le bien des populations avec lesquelles nous avons des accords depuis de nombreuses années, au Mali, en Centrafrique, au Congo-Brazzaville [République du Congo]…

    C’est là que les populations ont besoin de notre appui. Nous ne pouvons refuser de leur apporter notre soutien militaire sous prétexte que les Etats-Unis dans des guerres qui ne nous concernent pas.

    C’est une question de souveraineté nationale et celle-ci ne passe que par une armée qui obéit uniquement à la volonté des responsables nationaux.»

    Source : Russia Today, 27/06/2016

     
     

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    14 août 2016

    Un des interpellés soupçonnés d'avoir organisé des attentats en Crimée a révélé les lieux où il planifiait de placer des bombes dans la capitale criméenne.

    Patriotic graffiti in Moscow related to Crimea's reuniting with Russia
    © SPUTNIK. ARTEM ZHITENEV

    Lors de l'interrogatoire, un des suspects a raconté qu'il envisageait de cacher des explosifs à l'aéroport et à la gare d'autobus de Simferopol.

    Sept personnes ont été d'ores et déjà arrêtées, soupçonnées d'être impliquées dans la préparation des attaques sur la péninsule criméenne, a précisé une source au sein des forces de l'ordre locales.

    L'un des organisateurs des attentats déjoués est Evgueni Panov, employé du Bureau général de renseignement du ministère ukrainien de la Défense, qui a été appréhendé par la police et a plaidé coupable par la suite.

    Un autre interpellé, également agent du Bureau général de renseignement du ministère ukrainien de la Défense, a confié que son but était de récolter des données en Crimée, et ce contre le versement d'un salaire dérisoire de 6.000 de hryvnias mensuels, soit environ 215 euros.

    "J'ai été recruté comme agent du Bureau général de renseignement du ministère ukrainien de la Défense en septembre 2015", a-t-il indiqué lors de l'interrogatoire.

    "On m'a dit que je devrais récolter des informations militaires sur le territoire criméen, et on m'a promis entre 5.000 et 6.000 hryvnias par mois pour ces données".

    Dans la nuit du 7 au 8 août, des unités spéciales du ministère ukrainien de la Défense ont entrepris une percée dans la péninsule criméenne, mais l'attaque a été déjouée.

    Deux militaires russes ont trouvé la mort dans le pilonnage depuis le territoire ukrainien.

    Les saboteurs ukrainiens avaient pour but de porter atteinte à l'activité touristique criméenne.

    Pour ce faire, ils planifiaient d'organiser une série d'explosions pour semer la terreur parmi les voyageurs.

    Le président russe Vladimir Poutine a qualifié cet acte de stupide et de criminel.

    Il a également promis que la Russie ne tarderait pas à réagir et à assurer la sécurité sur son territoire.

    source


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    De l’esprit de mensonge dans les relations OTAN-Russie. La tension monte


    Par Mefrange– Le 6 août 2016 – Agora Vox

    Quand on ment à des gens qui savent que vous mentez, tout ceci ne dure naturellement qu’un temps, et vient fatalement un moment où l’on s’entend dire « maintenant ça suffit ».

    C’est ce qui se passe entre l’Ouest et la Russie, et qui commence à se passer entre les opinions publiques occidentales et leurs élites discréditées. 

    Chacun fait ce qu’il peut avec ses moyens. Depuis 2012, on a écrit un certain nombre d’articles, tous datés, en restant toujours modeste et lucide : ne se perdraient-ils pas nécessairement dans l’océan du bruit formé par des millions d’autres, disant l’exact contraire.

    Cinquante-et-un pourcent des Français qui lisent des journaux ne les lisent pas sur internet, et les journaux TV et papiers sont cadenassés par la pensée unique/système.

     

    Dans cette configuration, quel effet peuvent bien avoir des articles sur AgoraVox ? De minimes à insignifiants. Quel crédit avoir ?

    Oui, mais seulement, derrière la façade, ça craque de partout, ça partage, ça re-blogue, ça youtube et d’article insignifiant en article insignifiant (non en qualité, naturellement, mais en audience réelle), un ça, neutre, qu’on peut appeler « esprit de réinformation et de résistance » est en train de gagner des points sur celui du conformisme, de la veulerie et de la prostitution. Un grand nombre des mensonges du système, relayés mécaniquement par habitude, ne passent plus. ll y a naturellement toujours la masse des imbéciles plus ou moins heureux, mais le mot de trahison commence à être ouvertement prononcé, sans honte ni peur,dans plusieurs pays occidentaux.

    Après avoir bien ri sous Chirac et Sarkozy, un nombre de plus en plus grand de Français, laissons les autres, commencent à humer et se demander : « Mais qu’est-ce qui pue comme ça ? » Même en se bouchant le nez, on n’y arrive plus.

    « La vérité se creuse comme un puits »écrivait Antoine de Saint-Exupéry. Bon, belle formule et on pourrait en rester là.

    Plus intéressant est de savoir ce que signifie concrètement creuser un puits. Chose bien oubliée ! Un paysan nous a raconté comment il en avait creusé dans sa jeunesse.

    • D’abord ce n’est pas sans danger. Plusieurs n’en sont pas revenus, asphyxiés (plus d’air) ou victime d’un éboulement.
    • Ensuite il fait très chaud, très vite sous terre c’est dur et long, d’atteindre la nappe phréatique. Il faut creuser.
    • Ensuite il peut y avoir des rochers, et dans ce cas le chantier fait du sur-place ; il y a des moments de découragement : on n’y arrivera jamais. Il faut utiliser de la dynamite ou la barre à mine.
    • Enfin, atteindre la nappe phréatique ne se fait pas d’un coup. Ça commence d’abord à suinter, puis des jets d’eau de la taille d’un poing sont libérés de façon intermittente, puis d’autres, puis d’autres encore.
    • À la fin, ça pisse de partout et de tous les côtés et il faut arrêter. Le puits est creusé et la nappe dé-couverte.

    Nous entendons « la vérité se creuse comme un puits » de cette façon et pensons qu’on en est arrivé au stade du suintement déjà bien visible de la vérité.

    Sentant venir un vent mauvais, les autorités républicaines-européennes ont recours à quatre moyens pour essayer de reprendre la main :

    • La distraction-abêtissement : un Pokemon sort de la boîte. Pendant qu’ils jouent à ça, ils ne pensent pas et ça fait gagner du temps.
    • La répression : une matraque de plus en plus pesante et des gaz de plus en plus lacrymogènes.
    • La division (diabolos − διάβολος − celui qui divise). Monter les Français les uns contre les autres ou les protéger sélectivement. Les fragmenter. Processus différent de celui du bouc émissaire, qui vise au contraire à souder une communauté contre un individu, classe, groupe ethnique. On voudrait allumer une guerre civile, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
    • L’état de guerre, qui permet de suspendre les libertés fondamentales. En état de guerre, tout devient nettement plus facile à gérer. Ne pas être Charlie sera une maladie à traiter (sic) et écouter la propagande russe ou utiliser un VPN (réseau privé virtuel) un délit.
    • Tant que l’Occidental moyen n’aura pas compris que, pour avoir une idée de la réalité, il faut aujourd’hui penser à priori le contraire de ce que disent les médias dominants, il sera toujours berné. S’ils le disent, ça doit être (au moins en partie) faux.

    La presse porte Obama aux nues en 2007, comme premier noir président des États-Unis ? Méfiance : « yes, we can » peut être compris de façon très différente selon les acteurs, comme le « Tout devient possible » de Sarkozy. Tout devient possible en effet (même la Libye) et il n’est pas faux qu’on puisse le faire (déstabiliser tout le Moyen-Orient).

    « Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? » a lancé Vladimir Poutine à l’assemblée de l’ONU.

    La presse vomit Trump et porte aux nues Hillary Clinton comme potentiellepremière femme présidente de l’histoire des États-Unis ? Méfiance ! Le président des États-Unis exécute d’abord les directives du gouvernement invisible, à 95 % composé d’hommes (en se basant sur la parité hommes / femmes aux réunionsBildelberg). De qui se moque-t-on ? Pour que progresse le droit des femmes, il faut qu’elles existent, non ? Il est vrai que les guerres mondiales ont été un facteur d’émancipation féminine, puisque les hommes étaient au front et qu’il fallait bien les remplacer dans les usines malsaines et délétères avec des cadences infernales, mais la troisième guerre mondiale est de nature différente : là, c’est destruction, chaos, famines et régression, au mieux, tant qu’une arme de destruction massive n’est pas lancée.

    On laisse à d’autres l’analyse de la situation intérieure française, en nous concentrant sur les effets des mensonges de l’OTAN et des États-Unis comme destructeurs de la paix, la stabilité et la sécurité dans l’espace européen (pour parler orwellien).

    Dans les relations internationales, on peut dater le revirement de 2012, après que la Russie de Medvedev eut été bernée à propos de la Libye, et de la seconde élection de Vladimir Poutine à la présidence de la fédération de Russie.

    Comme cet article sera long, il sera coupé en morceaux pour ne pas fatiguer le lecteur. Ce sera d’ailleurs le dernier. On estime avoir fait largement notre part du travail bénévole de réinformation ou de lanceur d’alerte.

    I : De la guerre, comme moyen de maintenir la structure d’un Empire en Occident (occire = tuer).

    A : Le cas de la Grande-Bretagne avant 1914.

    « Tout système tend à maintenir sa structure. » C’est une loi fondamentale des systèmes.

    Au XIXe siècle, le système dominant est l’Empire britannique, financier, territorial, militaire, mercantiliste, utilitariste, libéral. A la fin du XIXe, le développement accéléré des États-Unis et de l’Allemagne lui font perdre son équilibre.

    La France devient l’enjeu d’une lutte d’influence entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Entre 1880 et 1911, l’Allemagne fait concessions sur concessions à la France. La volonté de réconciliation est bien réelle chez Bismarck, comme chez Guillaume II. Les économies sont complémentaires. Les deux pays ont à y gagner.

    Mais ce sont les Anglais qui vont tirer leur épingle du jeu et faire en sorte que les pays du continent se détruisent mutuellement pour en sortir affaiblis, mais encore nettement dominants (diviser pour régner).

    L’histoire ne se répète pas, l’état des techniques n’est pas le même, les mentalités sont différentes. Cependant des configurations peuvent se retrouver : des pays ne se font plus confiance, on assiste à une course aux armements, des milieux affairistes poussent à la guerre, une diplomatie secrète voire byzantine (Moyen-Orient) se met en place (le bon boulotà la Fabius).

    Il y a un siècle, le sentiment de l’Allemagne d’être encerclée ne relevait pas de la « paranoïa de Guillaume II », comme le dit si rapidement Wikipedia, encyclopédie dont on commence à mesurer le caractère parfois partial. Bismarck n’était pas paranoïaque et comprenait très bien les implications de l’alliance franco-russe, les réseaux informels du prince de Galles à Paris, le caractère boiteux de l’alliance avec l’Italie (c’était lui qui l’avait conçue).

    Pour contrer les clauses censées être secrètes (1892) du traité franco-russe (mais connues, naturellement) prévoyant l’aide militaire réciproque en cas d’attaque de l’Allemagne, Bismarck avait signé avec Nicolas II un anti-pacte secret pour annuler cette clause secrète : pas de guerre entre l’Allemagne et la Russie, en aucun cas.

    Cet empilement de traités, clause secrète, anti-clause secrète, double-jeu, enchères qu’on fait monter (Italie), arrive naturellement, à un certain moment et en un certain endroit, au point d’ignition.

    Ces clauses secrètes n’empêchaient pas Delcassé de nier leur existence, en présence de son homologue allemand. Comment parler avec un menteur ? Combien de temps peut-on supporter ça ? L’Allemagne finit par demander son renvoi, donnant un argument à la propagande anti-allemande.

    Certains disent que c’est Angleterre qui, par l’intermédiaire de ses services secrets et des loges maçonniques très nombreuses en Angleterre, espionne, complote, crée des cellules terroristes dormantes ou non, achète des politiciens (Clémenceau), monte le Japon contre la Russie, la France contre l’Allemagne…  Perfide Albion.

    D’autres accusent l’Allemagne de déstabiliser le jeu en construisant une flotte de guerre moderne, en soutenant les révoltés Boers d’Afrique du Sud et en s’installant en Namibie. Impatience. Les États-Unis ont fait une guerre contre un empire espagnol en décrépitude avancée, pas contre Charles Quint. Les capacités de l’Empire britannique étaient redoutables en 1914 et même encore en 1939. Gandhi, lui, a su attendre.

    D’autre accusent la Russie dont l’exceptionalisme pan-orthodoxe (Troisième Rome) remet en question tous les équilibres existants, notamment dans les Balkans.

    D’autres font remarquer que l’idiot utile français avait une diplomatie réfractaire à l’idée d’en référer à la représentation nationale. Les clauses secrètes demeurent inconnues du Parlement, qui vote à l’aveugle des engagements terribles. C’est la diplomatie Delcassé, complétée par celle de Poincaré. Quant aux Français, naturellement, on ne leur a jamais rien demandé, sauf leur sang et leur or.

    Tout ceci, sur fond des rivalités commerciales féroces de la première mondialisation. Le continent est instable et des alliances défensives ont pour effet de transformer un conflit local potentiel, en une déflagration européenne. Des exercices militaires visant de chaque côté à montrer sa force sont organisés de part et d’autre des frontières. Ces chicken games, comme disent les Américains, loin de dissuader, ont l’effet inverse : face à cette menace, on augmente de part et d’autre les crédits militaires. (Ils explosent dans le monde depuis 2000.) Les populations sont ignorantes ou manipulées par des journaux stipendiés, comme aujourd’hui. Pas de Pokemon pour distraire la masse des questions importantes : juste l’isolement, la routine des champs ou le labeur des usines ou des mines.

    À ceci s’ajoutent des plans militaires excellents sur le papier et destinés à donner une victoire rapide à tous les camps : attaque à outrance + rouleau compresseur russe (France), rapidité, efficacité + bombes illimitées (Allemagne). À ceci, s’ajoute la contestation socialiste en Allemagne, France, Russie. Un ouvrier mobilisé ne fait pas grève et ne manifeste pas. L’état de guerre qui suspend élections, manifestations et qui envoie la population masculine aux frontières est toujours le joker des classes dirigeantes.

    Édouard VII a brûlé sa correspondance avant de mourir. La cheminée sert à réduire les secrets d’État en cendres et on ne saura pas. La même chose a été faite dans la même tradition, concernant le cadeau de la bombe atomique fait à Israël par la France et l’Angleterre. On ne l’a su qu’à cause de la manie française de tout mettre dans des dossiers. Antony Eden, lui, avait tout mis au feu.

    Par contre, selon Guillemin, dont on ne peut mettre en doute ni l’honnêteté ni le caractère scrupuleux de son travail, en ce qui concerne Delcassé / Poincaré / Cambon, on peut affirmer qu’il y a bien eu un feu vert français à la mobilisation russe en 1914, « On vous couvre », alors que la Russie n’était pas attaquée et que pas un pouce de son territoire n’était menacé. Non seulement la représentation nationale (qui représentait déjà peu) avait signé un chèque en blanc, mais en plus on avait changé le montant à la fin. Résultat : 1 300 000 morts et 50 % de la richesse française évaporée. Quant à la déstabilisation du Maroc, de la Libye actuelle donnée à l’Italie en échange de l’abandon du traité avec l’Allemagne, ce sont des faits historiques avérés et pas la paranoïa personnelle de Guillaume II.

    Les clauses secrètes militaires anti-allemandes, qui accompagnent la levée de fonds russes sur la place de Paris (les emprunts russes), la jactance vaniteuse incorrigible et insupportable du coq qui chante sur son tas de fumier (bien pire qu’aujourd’hui, ce qui n’est pas peu dire), les promesses faites dont on ne verra jamais la couleur Outre-Rhin et naturellement les manœuvres anglaises qui dirigent de fait la politique française via le pion Clemenceau, finissent par mettre Guillaume II en difficulté dans son propre pays (le Iéna diplomatique de la reconnaissance du Maroc contre quelques miettes en Afrique centrale).

    Déstabilisé et déçu, pris dans la nasse de la toile diplomatique tissée contre lui par la Grande-Bretagne, contraint de défendre son dernier allié plus ou moins fiable, l’empire bicéphale, Guillaume II se retrouve pris dans le guêpier balkanique qu’il ne peut en aucun cas maîtriser. Comment l’aurait-il pu ? Le parti anglais est très puissant à Vienne, en plus un parti anti-prussien existe aussi. L’Autriche-Hongrie n’est en rien un protectorat ou une colonie allemande avant 1914.

    L’alliance franco-allemande aux économies complémentaires et capable d’équilibrer la Grande-Bretagne sur terre et sur mer n’aura pas lieu. Dès la fin 1914, les soldats d’un côté ou de l’autre des tranchées ne sauront plus trop pourquoi ils s’entretuent. Il célébreront Noël ensemble et il faudra des barbelés et de la propagande massive bourrage de crâne, pour les pousser à se battre jusqu’au dernier.

    Dès 1930, l’Allemagne ayant disparu en tant que menace, l’Empire britannique tente de casser son autre rival, les États-Unis, au moyen du Japon et de la dévaluation de la livre sterling. Le coup a été très dur, mais les États-Unis ont survécu. Dès 1939, la guerre en Europe (cash and carry) est la manne qui sauve les États-Unis et dès 1941, la colonne vertébrale de l’Empire britannique est partiellement cassée (Hong-Kong − Singapour). L’Australie, les Indes et Suez menacés, ainsi que les communications avec le Canada, le Royaume-Uni en danger de désintégration sauve les meubles en laissant la place sans condition aux États-Unis en échange de leur relation spéciale, de la fusion des élites financières américano-britanniques et du maintien de leur empire invisible (paradis fiscaux).

    Aujourd’hui, la Chine dépasse les États-Unis, bien loin encore d’être en mesure de dicter ses conditions militairement. Quand on sait que la destruction de l’alliance franco-espagnole a pris un siècle (1715-1815 – Guerre de 7 ans et guerres napoléoniennes), que le passage de l’hégémonie britannique à l’américaine s’est fait après deux guerres mondiales, il faut s’attendre à des guerres terribles au XXIe siècle, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

    On note au passage que l’Angleterre s’est bien positionnée, avec son adhésion à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB)  pour accompagnerces mutations gigantesques. L’Angleterre n’a pas d’alliés permanents, mais des intérêts permanents.

     B : La Russie, État félon au système, dont il faut se débarrasser (Russia delenda est).

    La Russie est aujourd’hui dans la situation de l’Allemagne d’avant 1914. Aujourd’hui, la puissance hégémonique [États-Unis, NdlR] se trouve déstabilisée économiquement (Chine), militairement (suite de guerres perdues, malgré des budgets colossaux), financièrement depuis 2008, médiatiquement (RT et internet diffusent autre-chose que la pensée unique ABC, BBC, CBS, NBC, NSBC, FOX, CNN,HOLLYWOOD, etc.). Et voilà que le phénomène Trump porte la dissidence au cœur du système (11 septembre, guerre d’Irak, état réel de l’économie, opération vérité Moyen-Orient). Une bombe permanente au cœur du système, en primetime. L’horreur absolue ! D’où l’hystérie (justifiée) du système. Trump = Poutine ou Trump = Hitler ou Trump n’aime pas les bébés, rumeurs d’assassinat. Dans tous les cas, une catastrophe pour les élites et leur agenda, qui est d’essayer de faire s’entre-tuer Russes et Européens de l’Est, pendant que les Européens de l’Ouest seront paralysés par la crise économique et des guerres civiles par importation des conflits moyen-orientaux.

    Il est urgent de clarifier cet article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, qui a servi a bombarder l’Afghanistan et à se débarrasser d’un chef d’État libyen qui ne menaçait pas un centimètre carré d’un pays de l’OTAN.

    On va vers l’OTAN à la carte et à géométrie variable, en fonction des intérêts et des complots du moment. Il n’y a plus du tout de sécurité.

    C’est d’autant plus urgent que tout s’accélère et, comme un conducteur dont la voiture roule de plus en plus vite et qui doit faire de plus en plus attention, il arrive un moment où les acteurs perdent le contrôle et où la situation dérape en un instant.

    L’effroyable rapidité nécessaire de prise de décision et de réaction s’ajoute à la confusion produite par les diplomaties et les accords secrets, comme en Syrie, où on ne sait pas qui se bat avec quelles armes fournies par qui et après quels transits et trafics et quels retournements. Les combattants, comme les armes, passent d’un groupe à l’autre. C’est conduire une voiture à 200 km/h, avec un pare-brise sale sans lave-vitre.

    Si un Trump fait irruption sur la route, c’est finalement assez providentiel. Tout les plans s’effondrent, et si les peuples ne jouent pas trop à Pokemon, ils devraient avoir quelques mois pour se ressaisir (l’année 2017 est celle de la toute dernièrechance).  

    Rappel juridique du tribunal de Nuremberg : le crime contre la paix.

    En 1914, la jurisprudence du tribunal de Nuremberg n’existait pas et l’histoire étant écrite par les vainqueurs, le récit de l’Allemagne seule responsable de la guerrepermit en 1919 de presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent. Désarmement unilatéral, réparations insoutenables pour l’économie allemande, occupation de la Ruhr, interdiction du rattachement (voulu) des populations allemandes de l’ex-empire autrichien à la république de Weimar, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Malheur au vaincu !

    En 1945, le tribunal de Nuremberg, bien que partiel et partial (silence fait sur les bombardement volontaires de villes ne présentant pas de caractère militaire) a quoi qu’il en soit défini un cadre juridique encore pertinent, pour y voir plus clair dans le monde d’aujourd’hui. Ces principes ne sont pas obsolètes.

    Il faut donner la définition exacte des termes utilisés ; les mots ont un sens.

    1. Crimes contre la paix : i) Projeter, préparer, déclencher ou poursuivre une guerre d’agression ou une guerre faite en violation de traités, accords et engagements internationaux ; ii) Participer à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes mentionnés à l’alinéa i ;
    2. Crimes de guerre : Les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y être limités, les assassinats, les mauvais traitements ou la déportation pour les travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction perverse des villes ou villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ;
    3. Crimes contre l’humanité : L’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation ou tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions sont commis à la suite d’un crime contre la paix ou d’un crime de guerre, ou en liaison avec ces crimes.

    À la lumière de la jurisprudence rétroactive du tribunal de Nuremberg, si beaucoup de crimes de guerre seraient imputables, à partir de 1914, à l’Allemagne (exécutions d’otages belges, gaz, bombardement des quartiers populaires de Paris, coupe des arbres fruitiers, empoisonnement des puits), le crime contre la paix, lui, incriminerait Poincaré, (Edouard VII ?), Delcassé, Clemenceau.

    Si a existé un courant en Allemagne avant 1880, inquiet du redressement trop rapide de la France, après 1880, le seul crime imputable à l’Allemagne est de se développer. Les Alsaciens ne se révoltent pas contre un pouvoir oppresseur, parce qu’il ne l’est pas. Juste un changement de style et des carnets de commande bien remplis. Aucune persécution religieuse étatique contre les juifs, ni un gouvernement qui fermerait volontairement les yeux sur des pogroms. Au contraire, selon wikipedia, s’était créée en 1900 une symbiose germano-juive. Non pas cohabitation, ni multiculturalisme, mais symbiose avec un nombre significatif de conversions et de mariages mixtes. On ne constate pas de crime contre la paix en Allemagne avant août 1914. 

    Or, le crime contre la paix est naturellement le plus grave, celui qui rend possible les autres.

    L’Occident coupable de crime contre la paix contre la Russie.

    Aujourd’hui, Poutine a remplacé Guillaume II, dans la diabolisation mé(r)diatique occidentale (occire = tuer), alors que sa politique est fondamentalement conservatrice (préserver la Russie dans ses frontières de 1700).

    C’est l’Ouest qui ne cesse de poser des actes déstabilisateurs majeurs. Poutine et Lavrov ont de bien meilleurs nerfs que Guillaume II et heureusement, compte tenu des enjeux qui se comptent en méga-morts.

    On leur ment tout aussi effrontément, en tissant de la même façon une toile dont on n’ose pas imaginer les clauses secrètes.

    Aujourd’hui la menace de l’OTAN qui fait défiler ses chars à Narva, à 300 m de la frontière russe et qui met en place des missiles qui peuvent détruire la dissuasion nucléaire russe, ne relève pas de la paranoïa russe. Ce sont des faits vérifiables, pour qui veut se donner la peine de le faire. Le traité stipulant que l’OTAN ne peut pas faire stationner de troupes dans les pays baltes a été contourné, en organisant une rotation permanente de troupes. L’esprit du traité est naturellement violé, même si on en respecte la lettre de façon assez minable.

    Quel crédit peut ensuite avoir la signature de nos dirigeants ?

    De même, l’article 18 de la convention de Montreux de 1936 interdit à des navires de pays non riverains de la mer Noire (aujourd’hui, les États-Unis avec leurs missiles Tomawhak et les Aegis, mais aussi les navires espions français) de rester plus de 21 jours d’affilée en mer Noire. Peu importe, on fera tourner en permanence des navires légers bourrés de missiles Tomahawk, dont les Russes ne peuvent pas savoir s’ils sont nucléaires ou pas (c’est la destination initiale du missile Tomawhak d’être nucléaire).

    Pendant la préparation de la guerre de Géorgie de 2008, les navires marchandsaméricains transportaient du lait en poudre.

    Avant 2002, existait un traité assez restrictif ABM (anti balistic missiles) permettant aux deux parties de se faire relativement confiance. Mais l’esprit de mensonge planait à la surface des eaux de la thalassocratie américaine. Comme pour le lait en poudre, George Bush a dénoncé ce traité, au motif que les « relations avec la Russie ne relevaient plus de la guerre froide ». Ensuite, sont venus le bouclier anti-missiles contre la menace d’un missile iranien. L’épisode iranien et ses centrifugeuses ayant été réglé, il y a eu l’épisode révolution ukrainienne et annexion de la Crimée (putsch de la CIA, indépendance par référendum à 80 % pour l’autre partie). Puis une tentative de coup d’État (échec) s’est abattue sur la Turquie.

    Comme pour l’Allemagne avant 1914 et comme l’UE pour les peuples, cette menace se met en place par petites touches, mais toujours dans le même sens, comme un plan pré-conçu. Coïncidences ? Paranoïa russe ?

    La Russie est poussée lentement in the corner, au pied du mur, dans une situation stratégique intenable. Ni Saint-Pétersbourg, ni Moscou ne peuvent être à portée d’un missile d’on ne sait quelle arme, lancée de n’importe où sans contrôle.

    Le 12 mai 2016 a été inaugurée en Roumanie la rampe de lancement Mk-41 qui, pour 700 millions d’euros, est censée lutter contre la menace iranienne.

    1. Pour les Russes, cette installation viole le traité des armes intermédiaires (500 à 5500 km) laborieusement signé le 8 décembre 1987. Pour l’amiral Vladimir Komoyedov, cette installation est une menace directe contre la Russie et pour cet ancien commandant de la flotte de la mer Noire : « Ils (les Américains) franchissent la ligne rouge. Ce n’est pas à 100 % dirigé contre nous, mais à 200%, 300%, 1000 %. Cela n’a rien à voir avec l’Iran, mais avec la Russie et son arsenal nucléaire. »
    2. Du côté américain, Franck A. Rose, secrétaire d’État adjoint au contrôle et à la vérification des armements, a fait savoir que les États-Unis comme l’OTAN ont dit clairement que ce système n’est pas destiné à affaiblir la capacité de dissuasion nucléaire russe.

    Qui ment ?

    Une crise des missiles d’Europe de l’Est se prépare inévitablement et, compte tenu des dirigeants occidentaux et de l’esprit de mensonge qui imbibe les médias système occidentaux comme un baba au rhum, il n’est pas sûr que la voie de la raison l’emporte.

    Comme avec la politique Delcassé / Poincaré, les Russes sont fatigués par ces mensonges occidentaux permanents et de faire semblant de ne pas s’en rendre compte. 

    1. Militarisation des pays baltes
    2. Coup d’État-changement de régime en Ukraine
    3. Tentative de coup d’État en Turquie.
    4. La manufacture d’al-Quaïda par la CIA
    5. Les armes données à l’opposition libre syrienne, qui se retrouvent chez DAESH
    6. Al-Nosra qui fait du bon boulot en Syrie
    7. La coalition contre État islamique aussi, qui bombarde pour de faux, en avertissant ceux qui vont être bombardés et en fermant les yeux sur des colonnes gigantesques de camions-citerne. (Les satellites américains et français peuvent lire une plaque d’immatriculation de l’espace, et passent à côté d’embouteillages de camions-citerne remplis à craquer de pétrole vendu à l’Europe ?)
    8. Des centaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités, bien canalisés, qui peuvent faire 3000 km à pied en territoire européen, sans se perdre ni se disperser ?

    Pas de paranoïa russe, ni syrienne, ni chinoise mais une avant-guerre, un agenda de déstabilisation comparable à celui mis en œuvre par Delcassé en son temps.

    Si le Français moyen veut gober les mensonges que le journal gratuit lui débite, libre à lui, mais il le paiera cher. Depuis 2012, dans ce journal, on dit ce qui se passe, avec au moins 80 % à 90% d’exactitude. Le problème est que l’autruche post-moderne casse le thermomètre au lieu de réagir efficacement.

    Qu’est ce qui interdit aux Français de réunir 10 millions de signatures (ou au moins 3 millions − en dessous, c’est inaudible) en faveur d’un pacte d’amitié et de non-agression avec la Russie ? Ou de définir une interprétation très restrictive de l’article 5 de l’OTAN (en attendant d’en sortir, pour le général Pinatel) et laisser les Polono-ukraino-baltes régler leurs différends avec la Russie ?

    Pour des Français, ça ne vaut pas la vie d’un seul soldat français. C’est une souricière et un bourbier.

    Les agriculteurs se plaignent de la crise : ont-ils compris que, faute de pouvoir exporter en Russie, la Pologne allait inonder le marché français de porc, lait, légumes ? Il fut un temps où les agriculteurs savaient mieux se faire respecter. Maintenant, ils se suicident en silence.

    Agriculteurs français, on vous ment. Le récit « nous lèveront les sanctions quand Moscou appliquera intégralement les accords de Minsk » est faux et ridicule.

      1. Les accords de Minsk II sont signés entre le gouvernement de Kiev et les séparatistes. Pas avec la Russie, qui n’en est que le garant, avec la France et l’Allemagne.
      2. Le gouvernement de Kiev ne cesse de violer ces accords, qu’il n’a jamais eu l’intention de respecter. Le 22 juillet, le commandant des forces de la République de Donetsk a déclaré dans un communiqué, que la région le long de la ligne de front a été bombardée 3 566 fois par les forces de Kiev, en une semaine (source). Que fait Jean-Marc Ayrault, qui représente la signature de la France, garante de la bonne exécution des accords de Minsk II ? Rien. Le silence, l’omertà. Nous avions dit que le but de ces accords était de donner à une des parties vaincue sur le terrain, le temps de se refaire et de gagner du temps. Encore une analyse qui se révèle exacte avec le temps.
      3. Tout ceci, au frais des agriculteurs français et du tissu industriel, artisanal et agricole. Une telle rage, de la part d’un gouvernement, de détruire sa propre économie est du jamais vu depuis la révolution. « Suicidez-vous et fermez-la ».

    Crimes contre la paix :

    • Le changement de régime par services secrets interposés, visant à faire basculer un pays neutre pour lui faire abandonner son statut de neutralité, le transformer en base de lancement d’une agression, la neutralité de ce pays ayant fait l’objet d’engagements internationaux et étant la garantie de la stabilité du continent.
    • L’extension de l’OTAN à l’Est, au mépris des engagements donnés en 1990 et qui prend de plus en plus la forme d’un plan concerté en vue d’une guerre faite à la Russie.
    • La militarisation effective des pays baltes, au mépris de l’engagement de ne pas y faire stationner de troupes, ressemblant à la remilitarisation de la Rhénanie en 1936 par Hitler.
    • La fourniture d’armes, l’entraînement, le financement d’une nébuleuse qui vide la Syrie de ses chrétiens d’Orient (du bon boulot, selon notre ex-ministre des Affaires étrangères).

    On peut supprimer des Constitutions les articles concernant la haute trahison, la jurisprudence du Tribunal de Nuremberg reste imprescriptible. Pour l’instant, ces criminels internationaux sont protégés par l’hyper-puissance de leur(s) commanditaire(s) et ne s’inculperont pas eux-mêmes devant le TPI. Cela durera-t-il toujours ?

    Dans un conflit, celui qui a le droit de son côté est psychologiquement le plus fort et quand les armes ne sont pas trop déséquilibrées, cela peut faire une différence considérable.

    Mefrange

    Article original publié sur Agora Vox

     


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    Ce qui nous attend…


    Une guerre froide au service d’une guerre géo-économique


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    Par Alberto Rabilotta et Michel Agnaïeff – Le 12 août 2016

    Aujourd’hui, un quart de siècle pourtant depuis la dissolution de l’Union soviétique, la guerre froide ressurgit et représente une menace croissante pour la paix mondiale. La tentative en cours de se servir de l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour compléter l’encerclement militaire de la Russie et le pivotement des États-Unis vers la région Asie-Pacifique pour y préserver leur statut de maître du jeu, notamment en mer de Chine, sont perçus comme les sources immédiates de cette résurgence d’une guerre froide qu’on pensait disparue à jamais.

     

    Aucun secret n’entoure d’ailleurs la volonté de Washington de faire grimper les tensions. Au fil des jours, les annonces se suivent pour réaffirmer la présence active de l’OTAN en Europe, et en particulier dans les pays limitrophes de la Russie. Cela se traduit par la création de nouvelles bases militaires, l’installation de systèmes avancés de radars et de missiles de portée moyenne pouvant être équipés d’une charge nucléaire, et le stationnement prochain de bombardiers stratégiques B52 dans les bases aériennes européennes de l’OTAN. Le tout se déploie dans le contexte de manœuvres militaires incessantes. Un bon exemple est fourni, entre autres, par l’exercice Anaconda-16 qui a été le plus important déploiement de forces étrangères en Pologne depuis la Seconde Guerre mondiale. Un rythme tout aussi soutenu s’observe également dans les vols de reconnaissance à caractère intrusif et les manifestations ostensibles de la présence des navires de guerre des États-Unis et de leurs alliés au large des eaux territoriales russes ou encore en Méditerranée orientale.

    Ces démonstrations de force inspirées par « la stratégie du bord du gouffre » sont dépeintes toutefois par la presse occidentale conjurée comme constituant uniquement une réponse « légitime »à une menace russe (supposée et jamais démontrée) contre les pays baltes et la Pologne. La Russie serait l’agresseur et l’OTAN la victime qui tenterait de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il en va de même pour la tournure prise par les événements en Ukraine, après le renversement du gouvernement Yanoukovitch, où absolument tout « relèverait d’une ingérence russe intolérable ». Dans le cas de la Chine, elle juge de la situation comme si l’enjeu de la liberté de navigation se limitait au « droit » des vaisseaux de guerre américains de patrouiller dans les eaux de la zone économique exclusive de 200 milles de la Chine, ou encore de « contrôler »les eaux du détroit de Malacca qui est une artère vitale pour l’économie chinoise.

    La presse occidentale encadre de la sorte les faits et les événements dans une toile de fond où peu de place est laissée à des analyses plus équilibrées de situations en voie de devenir rapidement explosives. Et relègue dans lepurgatoire des théories du complot les tentatives de prise de distance critique avec une narration dominante. Cette narration, concoctée principalement par des cercles de réflexion américains, est d’ailleurs bien servie par la concentration de la propriété des médias de masse ; la proximité des rédactions avec les gouvernements respectifs, notamment dans la couverture des questions internationales ; la dépendance excessive à l’égard des sources d’information dites reconnues ; et par l’homogénéité mentale des journalistes travaillant dans ces médias de masse, des journalistes qui sont eux-mêmes les cibles des stratégies de persuasion qu’ils relaient.

    Les points de vue sur les causes de la résurgence de la guerre froide varient évidemment beaucoup. Celui des médias de masse est le plus souvent simplificateur et moralisateur. Il laisse sous-entendre que la source des tensions serait la persistance d’une sourde lutte entre le mal (autoritarisme et corruption) et le bien (économie de marché et liberté démocratique). Pour leur part, les points de vue qui se situent à la marge, en nuance ou en opposition à cette narration dominante, tendent surtout à invoquer le poids dominant de l’histoire, de la géographie ou encore des choix politiques faits sous la pression d’intérêts étroits d’ordre économique ou financier.

    Ces facteurs jouent bien entendu dans la situation actuelle. L’explication de la reprise de la guerre froide ne peut pas toutefois se réduire à la constatation, si juste soit-elle, que la montée des tensions sert bien les intérêts du complexe militaro-industriel des États-Unis, notamment par la restauration d’une « menace russe » plus convaincante qu’une menace terroriste, réelle, mais restreinte, pour justifier des énormes budgets d’armement. Elle ne peut pas non plus se limiter aux seules considérations géostratégiques inspirées plus ou moins par les théorisations de géopoliticiens comme Mahan, Mackinder ou Spykman.

    Une part de l’explication est, certes, dans le « problème » que pose à la volonté de suprématie des États-Unis la singularité de la position géographique de la Russie, située en plein dans le  heartland  ou pivot géographique de l’histoire du monde, la montée en puissance de l’Allemagne en Europe et la possibilité d’un partenariat germano-russe orienté vers l’Eurasie. Le projet chinois des routes de la soie ne passe pas non plus inaperçu ces temps-ci à Washington qui y voit le premier pas concret vers la formation d’un bloc sino-eurasien. C’est ce « problème » qui a poussé, dans les années 1990, Zbigniew Brzezinski à prôner, au nom de la défense de la prépondérance mondiale des États-Unis, l’endiguement, d’une part, de toute tentative de la Russie de retrouver son statut de grande puissance et, d’autre part, la vassalisation de l’Europe par le biais de relais politiques et médiatiques acquis à l’atlantisme sur le continent. Les États-Unis se seraient réservé ainsi le rôle d’arbitre clé des relations de pouvoir au sein de l’espace eurasien qui lui avait été ouvert par le démantèlement de l’Union soviétique. Le redressement de la Russie sous Vladimir Poutine, l’affirmation de la puissance chinoise et l’échec des politiques néoconservatrices adoptées après les attentats du 11 septembre 2001 rendront cependant irréalisable la « doctrine » Brzezinski.

    Au lieu de tenter de contrôler le cœur du continent eurasiatique, Les États-Unis choisiront plutôt d’asseoir leur suprématie sur leur position de force dans le système financier international et dans le domaine des nouvelles technologies. Ils miseront principalement sur la conclusion de traités commerciaux bilatéraux, où ils feront jouer à leur avantage l’inégalité de puissance entre eux et leurs partenaires pour imposer des éléments de conditionnalité politique. Cette approche leur permettra de contrer, ici là, les tentatives d’intégration économique régionale initiées à leur insu et d’ouvrir la voie à des traités interrégionaux jugés plus appropriés pour la poursuite de leurs intérêts en matière de politique économique et extérieure. Le rôle d’arbitre des relations de pouvoir à travers le monde que s’attribueront les États-Unis deviendra vite indissociable de leur volonté de soumettre les pays signataires de ces traités aux intérêts d’un système économique que ces mêmes États-Unis auront inlassablement mis en place dans le monde et dont ils seront les bénéficiaires presque exclusifs.

    L’exercice de l’hégémonie transitera donc principalement par l’instauration du néolibéralisme à travers le monde. La pression impérialiste jouera à fond dans la conclusion de ces traités commerciaux. Destinés officiellement à assurer unbon environnement  pour les affaires dans le cadre du processus d’internationalisation de l’économie, ces traités serviront avant tout à conforter des mécanismes essentiels de l’ordre impérial américain, à savoir la primauté du système financier américain, le statut de monnaie mondiale du dollar, l’application extraterritoriale des lois américaines, la reproduction des standards américains dans la réglementation sur la propriété intellectuelle et la multiplication de mécanismes privés de règlement des litiges commerciaux qui marginalisent le rôle des gouvernements nationaux dans les orientations économiques des pays.

    La pression impérialiste jouée à fond ira jusqu’à la déstabilisation des « pays récalcitrants » plus faibles. Celle-ci passera par les voies bien connues maintenant de la remise en question du caractère démocratique des élections et de la légitimité du pouvoir en place, du soutien organisationnel et financier de la contestation intérieure, des accusations de manquements au respect du droit de la personne ou de corruption dans les rouages de l’État et de pressions économiques de toute sorte. Dans le cas des pays jugés plus difficiles à ébranler, comme la Russie ou la Chine, la stratégie sera plutôt celle de l’endiguement et de la création de menaces dans leurs zones frontalières. On peut penser ici à l’agitation entretenue dans le Caucase, au renversement de gouvernement en Ukraine en 2014 ou encore à l’exploitation du séparatisme ouïghour dans le Sin-Kiang ou à la création de tensions en mer de Chine du Sud.

    En Amérique latine, terrain d’essai des politiques de l’impérialisme néolibéral, Washington et ses alliés locaux réussiront, en exerçant leur influence sur le pouvoir judiciaire « indépendant » et les médias conjurés, à renverser des gouvernements (coups d’État au Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012 et processus politique de destitution de la présidente brésilienne Dilma Rouseff en 2016). Ils pourront aussi paralyser de la même manière des gouvernements qui cherchaient à renforcer la démocratie et la justice sociale (entre autres, l’Argentine, lors de la présidence de Cristina Fernández et le Salvador, lors de celle de Sanchez Cerén). La subversion ainsi mis en œuvre dans son pays amènera le politologue argentin Edgardo Mocca à écrire qu’une question de fond est en train de se poser « sur le rôle du pouvoir judiciaire dans la démocratie argentine, parce que s’accumulent les éléments qui induisent à penser que la corporation judiciaire s’est convertie en un des piliers de la restauration néolibérale, sur un pied d’égalité avec les chaînes d’information monopolistiques, dans une distribution intéressante de rôles : les médias construisent la carte des bons et desméchants dans la politique argentine et quelques juges traduisent cette cartographie en fautes relevant de la justice ». Cette critique se retrouvera partagée également par Raúl Zaffaroni, un ex-juge de la Cour de suprême de justice de l’Argentine.

    En fait, l’hégémonisme des États-Unis et le néolibéralisme se renforceront mutuellement, en permettant, une fois la menace d’un système socio-économique alternatif effacée, de rétablir le pouvoir et les revenus des monopoles et de la grande entreprise, et par ricochet des oligarchies financières et industrielles des pays « développés » (autrement dit la triade constituée par les États-Unis, le Japon et l’Union européenne), dont l’influence déjà déterminante au sein des systèmes politiques nationaux croîtra encore. D’immenses revenus provenant du reste du monde seront drainés vers ces mêmes pays, et principalement les États-Unis, sous la forme de « rentes ». Les processus d’internationalisation de l’économie et de la transnationalisation des firmes occidentales deviendront ainsi cruciaux pour ces oligarchies qui se rallieront sans réserve au néolibéralisme globalisé. Il s’agira dès lors pour elles de préserver à tout prix les intérêts de ces firmes (et les leurs) dans la gestion du marché mondial.

    Conjugué au pluriel depuis ses origines, l’impérialisme évoluera vers une forme plus collective où les États-Unis agiront comme les défenseurs de ces « intérêts communs » partagés avec leurs alliés subalternes, soit les autres membres du G7. Ce dernier sera érigé en directoire du monde. Dans cet arrangement, les alliés subalternes accepteront de se contenter d’un partage inéquitable des avantages qui pouvaient en être tirés, leurs oligarchies nationales considérant que « les avantages procurés par la gestion du système mondialisé par les États-Unis pour le compte de l’impérialisme collectif l’emportaient sur ses inconvénients. »

    Le rêve (et le cauchemar) d’un retour à un monde unipolaire

    S’inscrivant désormais dans le rôle de gendarme musclé de cette mondialisation néolibérale, Washington s’arrogera le droit d’intervenir un peu partout sur la planète, recourant aussi bien à son immense toile de réseaux d’influence et de relais dans les pays cibles qu’à la force brutale. Le bilan de ces dernières décennies est particulièrement lourd avec les diverses tentatives de changement de régime, les invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye. Le fait est qu’au cours de la brève période d’unipolarité qui suivit la disparition de l’« ennemi » soviétique et de la menace communiste, les États-Unis se sont mis à considérer leur hégémonie comme un fait irréversible et que ce point de vue continue de dominer la pensée politique américaine. Cet état d’esprit se perpétue nonobstant le changement du rapport des forces dans l’arène économique mondiale  ; l’échec patent du néolibéralisme dans la résolution à long terme du problème du réinvestissement profitable du capital dans l’économie réelle, qui mine les économies avancées depuis les années 1970  ; et la perte de crédibilité de plus en plus marquée des milieux dirigeants auprès des populations, comme on peut le constater dans le cas des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays de la triade.

    L’inflexibilité demeure le mot d’ordre dans la poursuite des politiques impérialistes. Elle a deux sources principales. La première est la rigidité du nouvel ordre légal international qui s’est implanté au fil des différents accords bilatéraux et multilatéraux sur le commerce, les investissements et la propriété intellectuelle. Ces accords et le « sanctuaire » qu’ils ont créé pour les intérêts financiers − afin de les protéger des décisions politiques − ont subordonné les États à ce nouveau droit. Dans la vie sociale réelle, l’effet a été de vider la démocratie libérale et représentative de son contenu, en ne conservant finalement que son aspect formel.

    Contrairement au capitalisme de l’ère industrielle − qui pour survivre et conserver le pouvoir finissait par accepter de négocier des réformes sociales avec les forces syndicales et politiques − l’actuel système écarte tout changement ou transformation du modèle économique. Il révèle ainsi sa nature profondément antisociale et commence de ce fait à susciter des inquiétudes chez des économistes de renom et dans des médias spécialisés s’adressant aux chefs d’entreprises. La rétro-alimentation mutuelle entre gouvernants et gouvernés est pratiquement au point mort et la propension des gouvernants à se conformer aux dogmes sous-jacents du modèle économique dominant joue nettement au détriment de la pertinence sociale des politiques adoptées.

    Comme dans le cas des monarchies absolutistes de droit divin, l’espace laissé à la négociation et au donnant-donnant est désormais trop réduit pour permettre que des réformes favorisant les économies et les sociétés réelles se fassent jour. Et cette impasse se reflète autant dans la vie politique et sociale des pays du bloc occidental que dans leurs rapports avec les pays perçus comme récalcitrants.

    La seconde source est l’homogénéité mentale des titulaires des emplois supérieurs dans les sphères politiques, économiques, médiatiques et académiques. Cette homogénéisation est le fruit d’un envahissement déterminant de ces sphères par les idées néolibérales au cours des dernières décennies. Pendant trop longtemps, les formations reçues et les critères de sélection ont ainsi joué à l’avantage d’un type de profil de candidats. Et aujourd’hui, cette homogénéisation mentale nuit à toute remise en question des fondements du néolibéralisme, à l’exploration de solutions de rechange s’éloignant de ces fondements et donc à la souplesse dans la négociation tant dans le domaine des relations et des rapports sociaux que celui des rapports internationaux.

    Cette inflexibilité, dans un contexte d’instabilité hégémonique croissante, a pour conséquence des comportements internationaux des États-Unis et de leurs alliés subalternes de plus en plus en porte-à-faux avec la réalité. Une des manifestations est la dysharmonie qui s’installe dans des parties de leur système d’alliances dans le monde.

    Une certaine griserie née des « vapeurs » de l’unipolarité, qui commenceront d’ailleurs à se dissiper rapidement vers le début de 2013, peut expliquer dans une certaine mesure le laxisme des États-Unis dans le maintien de la discipline au sein de leurs alliés. Mais à bien considérer les choses, ce laxisme peut aussi s’expliquer par les transformations imposées par la dualité totalitarisme néolibéral et hégémonisme américain qui peut être source de contradictions.

    La défense à tout prix de l’unipolarité, les failles de la discipline dans le camp des alliés et les comportements très téméraires qui en ont découlé au Proche-Orient, en Afrique du Nord ou à la périphérie de la Russie et de la Chine ont permis de créer un chaos bien planifié et utile à l’impérialisme dans les relations internationales et la gestion à court terme et à courte vue des contradictions politiques, économiques et sociales générées par le totalitarisme néolibéral. Cette gestion est par exemple bien servie par la création et l’exploitation sans fin de tensions dans le monde qui peuvent être vues comme fournissant une soupape externe aux pressions sociales internes. Quant à la logique propre à la dynamique de l’impérialisme, le chaos dans lequel s’enfonce par exemple le Moyen-Orient en témoigne éloquemment. Les invasions de l’Irak et de la Libye, la déstabilisation de la Syrie, l’ouverture politique à l’endroit de la confrérie des frères musulmans en Égypte et ailleurs, le soutien apporté aux régimes confessionnaux et rétrogrades ont pour le moins compliqué et retardé considérablement l’émergence d’un monde arabe plus stable et plus développé, autrement dit l’émergence d’un pôle arabe dans un monde évoluant vers la multipolarité.

    Ce qui est toutefois plus certain en ce moment, et ce, bien au-delà des avantages tactiques et des victoires à la Pyrrhus gagnés dans ce chaos, est l’ensemble des risques énormes encourus par la paix régionale et mondiale. On peut penser ici aux agissements du président Erdogan en Turquie, un pays membre pourtant de l’OTAN, avec son projet de reconstitution de l’Empire ottoman, son appui aux rebelles radicaux en Syrie et sa répression sanglante contre les Kurdes sur le territoire national  ; ou encore à la poudrière créée par le « changement de régime » en Ukraine et la formation d’un gouvernement dominé par une alliance entre des oligarques à l’origine des problèmes du pays, des ultranationalistes et des néonazis de souche récente ou ancienne. Et que dire de la politique suivie par la famille royale d’Arabie saoudite ? Elle finance le terrorisme et se sert d’un mouvement politico-religieux, le wahhabisme, pour déstabiliser des sociétés qui se veulent un peu laïques ; elle provoque ouvertement des conflits, comme en Syrie ou au Yémen, et s’acharne à faire monter les tensions avec l’Iran, quitte à précipiter toute la région dans la guerre. Il en est de même d’Israël qui est profondément engagé dans la confrontation avec l’Iran et qui participe à la déstabilisation en cours de la région, se payant de surcroît le luxe d’ignorer des décennies de condamnations et de critiques pour ses politiques d’expansion territoriale et de répression brutale du peuple palestinien.

    Il n’y a rien donc de vraiment surprenant dans la mise en garde lancée récemment par Ted Galen Carpenter, membre important du très conservateur Institut Cato et collaborateur du National Interest, selon laquelle « il était temps d’élaguer le réseau d’alliances envahissantes de l’Amérique ». À son avis, c’était une tâche qui n’avait pas été remplie par l’OTAN à la fin de la guerre froide et qui était devenue désormais urgente. Deux types de pays alliés auraient dû être « élagués » : des alliés comme les pays baltes, trop petits, sans importance stratégique sur le plan économique pour les États-Unis et hypothéqués de surcroît par de mauvaises relations avec la Russie  ; et les alliés devenus «odieux »à cause de leurs politiques nationales et régionales, allant de l’Arabie saoudite à la Turquie, en passant par l’Égypte et Israël.

    Cependant, cet « élagage » ne se fait pas et ne se fera pas non plus dans un avenir proche. Bien au contraire, les États-Unis continuent par exemple de recruter ou de chercher à recruter dans leur camp le plus grand nombre possible de pays voisins de la Russie, sans tenir compte des intentions politiques cachées ou non de ces nouveaux alliés. Et ce, même si, en cas d’un grave incident frontalier provoqué à l’insu de Washington, tout acte de guerre risquait de se transformer en conflagration nucléaire le temps d’un éclair et tout affrontement régional de se muer rapidement en conflit mondial.

    Aux yeux d’un bon nombre d’observateurs, Washington laisse nettement l’impression de ne pas pouvoir ou de ne pas vouloir imposer à ses alliés la discipline impériale dans le délicat domaine des gestes qui peuvent mener à la guerre. Cette discipline repose depuis des millénaires sur le principe que les intérêts des alliés et des vassaux devaient se subordonner sans faute à l’intérêt suprême de l’empire. Même si, séduisantes de prime abord, les distinctions entre les différentes formes d’hégémonisme et d’impérialisme ne suffisent pas à expliquer la rupture avec ce principe.

    Au vu de la réaction fortement négative d’Israël et de l’Arabie saoudite à l’abandon, par l’administration Obama, du président égyptien Hosni Moubarak en 2011, il devient difficile d’écarter l’hypothèse qu’un monde unipolaire convenait finalement à un bon nombre d’alliés des États-Unis. Il leur offrait après tout un cadre qui facilitait la réalisation de leurs propres ambitions régionales. Ces alliés n’ont donc aucun intérêt, ni d’ailleurs aucune intention, de perdre les avantages que leur générait l’unipolarité. Ils continuent donc d’agir témérairement selon un scénario dépassé, en provoquant ou en alimentant des confrontations politiques ou militaires. Un retour à la guerre froide peut donc paraître avantageux à plusieurs d’entre eux.

    Dans un récent article intitulé « Des États-Unis, toujours plus instables », le sociologue Immanuel Wallerstein s’est penché sur l’instabilité qui n’est plus l’apanage des pays dits du « Sud » et qui se propage maintenant aussi dans les sphères sociale et politique des États-Unis. Il y affirme que parallèlement, l’autorité des États-Unis dans le monde n’a fait que décliner. « En réalité , écrit-il,ce pays n’est plus hégémonique. Les mécontents et leurs candidats l’ont noté, mais estiment ce phénomène réversible, ce qu’il n’est pas. Les États-Unis sont désormais considérés comme un partenaire mondial faible et incertain. On ne parle pas ici seulement du point de vue d’États, comme la Russie, la Chine et l’Iran, qui se sont fortement opposés par le passé à la politique américaine. On parle désormais d’alliés supposés proches, Israël, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne ou le Canada. Sur une échelle mondiale, la confiance dans la fiabilité des États-Unis sur la scène géopolitique est passée de chiffres proches des 100 % pendant l’âge d’or à des niveaux bien plus bas. Cette tendance se confirme de jour en jour ». Le jugement sévère porté par Wallerstein semble bien confirmé par les faits, avec les virages et changements de la politique extérieure de la Turquie après l’étrange tentative de coup d’État du 19 juillet 2016.

    Cette dégradation n’a pas échappé au diplomate féru d’histoire qu’est le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Serguei Lavrov. Se référant aux changements importants en cours sur la scène internationale, il a rappelé, le 1er juin dernier, que de nouveaux centres de développement économique et d’influence étaient en voie d’émerger et de se renforcer, notamment dans la région Asie-Pacifique, et a souligné le phénomène extraordinaire que représentait la transformation de l’Europe « en une région qui n’irradie plus le bien-être traditionnel, mais l’instabilité. »

    « L’irradiation » de l’instabilité à partir de l’Europe est générée sans doute par les effets pervers du modèle socio-économique et politique de l’Union européenne (UE) et par l’incapacité des acteurs principaux de cette union, en particulier l’Allemagne et la France, de s’opposer aux politiques téméraires de Washington. À cela s’ajoute cependant aussi le refus de commencer à accepter que l’hégémonie néolibérale et l’unipolarité soient maintenant des choses du passé et que le monde soit désormais engagé dans une transition qui peut devenir une période d’incubation de la multipolarité, ou du polycentrisme comme disent les Russes.

    Guerre froide et guerre psychologique pour livrer la bataille géoéconomique ?

    La présidente « suspendue » du Brésil, Dilma Rousseff, déclarait récemment que l’émergence du groupe des BRICS (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) avait été un événement sans précédent dans les affaires internationales, une apogée du point de vue des processus multilatéraux et de la construction d’un monde multipolaire. Pensant probablement aux pays de la triade, elle a ajouté aussi ces mots : « nous savons que cela a fait peur à quelques pays. »

    Si, comme Wallerstein le souligne, l’impérialisme américain n’est déjà plus dominant, alors le combat à « la vie et à la mort » contre toute solution de rechange socio-économique au projet néolibéral nous permet de comprendrel’urgence mise par Washington et ses alliés de l’OTAN d’abord dans la création d’un spectre, celui d’un  ennemi stratégique commun ; ensuite dans le déchaînement d’une guerre froide, assimilable à une marche forcée politique et idéologique, en vue de contraindre le monde occidentalà la cohésion  ; et enfin dans la fabrication de « justifications » pour le matraquage idéologique, la répression policière, l’intervention directe ou l’ingérence et la subversion, dans le but d’éradiquer toute solution de rechange socio-économique − qu’elle soit nationale, régionale ou internationale, capitaliste ou non − qui répondrait aux besoins sociaux et économiques légitimes des peuples.

    Le Cubain Fabián Escalante Font nous fournit une bonne piste pour comprendre cette réalité complexe quand il fait remarquer que le concept de « guerre psychologique » a commencé à se former aux États-Unis à la fin des années 1940, avec le début de ce qui sera appelé un peu plus tard la « guerre froide ». C’est précisément en 1951 que ce concept va figurer pour la première fois dans le dictionnaire de l’armée américaine sous la définition suivante : « La guerre psychologique, c’est l’ensemble des actions entreprises par une ou plusieurs nations à l’aide de la propagande et d’autres moyens d’information, orientés vers des groupes ennemis, neutres ou amis de la population, pour influencer leurs idées, sentiments, opinions et comportements, de sorte qu’ils soutiennent la politique et les objectifs de la nation ou d’un groupe de nations auxquelles sert cette guerre psychologique. »

    Tout cela devient encore plus compréhensible si nous y intégrons le concept qui est de plus en plus à la mode, et qui est en fait une resucée d’une vieille pratique de Washington : « faire la guerre par d’autres moyens ». C’est d’ailleurs à peu près le titre (La guerre par d’autres moyens) d’un livre récent de R.D. Blackwill et J.M. Harris, deux piliers importants du courant néoconservateur. L’ouvrage a fait l’objet d’éloges dans la revue du Council of Foreign Relations (CFR), grand creuset des politiques impérialistes, s’il en est.

    Le CFR s’empresse d’y souligner en premier lieu que l’expérience combinée des deux auteurs en matière de politique internationale, acquise dans les administrations républicaines et démocrates, les autorise à demander au gouvernement des États-Unis de porter au comportement géo-économique un intérêt égal à celui accordé à la coopération en matière de sécurité dans les relations avec les pays alliés et partenaires, et d’utiliser, par exemple le fait que les États-Unis soient une « superpuissance énergétique » pour venir en aide à des alliés, comme la Pologne et l’Ukraine, et pour veiller à ce que l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) et le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TIIP) « servent à équilibrer les politiques géo-économiques de la Chine et de la Russie ».

    Pour sa part, Julian Snelder adopte un ton plus détaché dans son compte rendu du livre. Il constate que le propos de Blackwill et Harris n’est pas tant de demander aux États-Unis d’abandonner leur rôle mondial que de les inciter à le jouer « avec une stratégie qui maximise les intérêts américains par le commerce, les finances et les investissements ». Il rapporte à ce sujet quelques citations qui sont intéressantes, même si elles n’apprennent rien de vraiment nouveau, comme « la course au leadership en Asie se dispute fondamentalement dans le domaine économique », ou encore « Washington porte encore trop rapidement la main à son pistolet au lieu de son portefeuille, dans la résolution des problèmes extérieurs ».

    Snelder fait noter également le lien entre le titre ou le contenu du livre et les thèses d’Edward Luttwak, faucon bien connu, qui peuvent se résumer, entre autres, dans sa paraphrase de Clausewitz, où il affirme que la géo-économie est« la continuation des anciennes rivalités entre des nations par des moyens industriels ». Snelder fait remarquer aussi que les adversaires identifiés dans cette confrontation géo-économique sont la Chine, la Russie et d’autres États capitalistes, dans lesquels les gouvernements nationaux sont les principaux acteurs dans le champ des affaires. Il souligne à ce sujet que Blackwill et Harris estiment que les banques de développement de la Chine (CDB) et du Brésil (BNDES) permettent « de faire de la diplomatie avec le capital à une échelle en grande partie inégalée à l’Ouest. »

    À l’argument que le commerce, les finances et les investissements devraient servir d’armes, et qu’à ce chapitre les États-Unis auraient manqué de vigilance, Snelder réplique que « Cuba et l’Iran sont probablement un désaccord (avec cet argument). Les sanctions sont parmi les outils géo-économiques les plus puissants utilisés par les États-Unis, avec des effets dévastateurs », et il ajoute que même les auteurs de  War by Other Means[La guerre par d’autres moyens, Ndlr]mentionnent que les États-Unis ont été le pays qui a, en réalité, le plus recouru aux sanctions, en quelque cent vingt occasions au cours du siècle passé. En remontant un peu le fil de l’histoire, Snelder aurait pu penser aussi au traité de Versailles (1919) et à l’hostilité profonde affichée à l’encontre de l’URSS (et des autres pays socialistes par la suite) qui s’est concrétisée fondamentalement sur les terrains économique, commercial et technologique. L’intention était d’empêcher un développement économique harmonieux de ces pays en bloquant leur intégration au commerce international. Cette approche est toujours là. La politique de la canonnière de l’Empire britannique ne fait que se poursuivre sous une forme plus sophistiquée.

    Comme autrefois l’impérialisme capitaliste est la question centrale

    La mobilisation pour la paix s’impose plus que jamais. Un nombre toujours croissant de militants politiques et sociaux d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs concentre ses efforts dans ce sens. Ces militants proviennent d’horizons différents, mais ils ont en commun le fait d’avoir pris acte des ravages passés et présents du libéralisme économique sans frein. Ils savent que ce libéralisme économique, au fil de ses différentes phases à partir du XIXe siècle, a toujours conduit à des conquêtes impérialistes et à la rapine coloniale au Sud, et à leur contrepartie au Nord qui est l’implantation d’un système rentier et parasitaire destructeur de la société. Ils savent aussi que ce libéralisme économique débridé a été à l’origine de conflits en Europe et de deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945). Et la réalité quotidienne aidant, ils ont conscience d’autant plus que le libéralisme économique sans retenue ne peut aller qu’en approfondissant une fracture sociale déjà béante dans tous les pays du monde et mener ainsi inéluctablement à une forme nouvelle de féodalisme, telle que décrite notamment dans les travaux de Michael Hudson.

    Les politiques provocatrices des États-Unis et de l’OTAN, et les positions insensées adoptées par les dirigeants de certains pays alliés d’Europe et du Moyen-Orient peuvent facilement acculer l’humanité au bord de l’abîme d’une nouvelle guerre mondiale, cette fois avec des armes nucléaires. Selon un témoin de poids de la guerre froide, le général à la retraite George Lee Butler, ancien commandant des forces stratégiques des États-Unis de 1991 a 1994, le recours à ce type de comportement dans les relations internationales n’a pas de justification militaire ou politique, parce que la guerre nucléaire en gros, celle du type que lui et ses collègues anticipaient, planifiaient et simulaient dans des exercices, « rendrait impossible la vie telle que nous la connaissons, des milliers de millions d’êtres humains, d’animaux, tout le vivant en fait, périraient dans des conditions d’extinction pires que celles imaginées ».

    Aujourd’hui, l’anti-impérialisme est redevenu la question centrale dans la lutte contre le capitalisme réellement existant et les oligarchies nationales mondialisées et mondialistes, et ce, pour la survie des sociétés et l’équilibre écologique de la planète. Nous reviendrons sur l’impérialisme et le capitalisme global dans des articles qui suivront.

     

     

    Alberto Rabilotta est un journaliste canadien indépendant, ancien correspondant au Canada des agences Prensa latina (PL) et Notimex (NTX).

    Michel Agnaïeff est un ancien dirigeant syndical québécois et un ex-président de la Commission canadienne pour l’UNESCO.

     


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    Aujourd’hui, l’analyse géopolitique des trotskistes américains…

    Source : World Socialist Web Site, Bill Van Auken, 20-08-2016

    Les images et vidéos montrant un garçon de cinq ans d’Alep, Omran Daqneesh, sont rapidement devenues omniprésentes dans les médias aux États-Unis et en Europe de l’ouest, après avoir été distribuées par un groupe aligné sur les « rebelles » islamistes soutenus par la CIA en Syrie.

    On voit le garçonnet un peu hébété, assis dans le siège orange d’une nouvelle ambulance bien équipée, le visage couvert de poussière et taché par ce qui semble être du sang séché provenant selon les médias d’une entaille au cuir chevelu. Une vidéo le montre attendant, sans qu’on s’occupe de lui, pendant que des photographes et vidéastes enregistrent son image pour la diffuser dans le monde entier.

    De toute évidence, les responsables ont senti que le garçon, avec une mèche de cheveux couvrant son front et un t-shirt de bande dessinée, fournissait une image commercialisable.

    CNN a proclamé l’enfant « visage de la guerre civile en Syrie » ; sa présentatrice a fondu en larmes de façon théâtrale en racontant son histoire. Le New York Times le qualifia de « symbole de la souffrance d’Alep », tandis que USA Today publiait une brève note disant, « Ce garçon syrien s’appelle Omran. Allez-vous faites attention maintenant ? »

    Plus direct dans son approche, le Daily Telegraph britannique titrait un article « Pour l’amour des enfants d’Alep, nous devons de nouveau essayer d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Syrie. »

    Parmi les articles les plus obscènes il en y avait un, c’était prévisible, de Nicholas Kristof du New York Times, qui mélangeait le sort des enfants syriens et la mort de son chien familial. Il invoquait ensuite une déclaration du secrétaire d’État John Kerry selon laquelle l’État islamique (EI) était en train d’effectuer un génocide, comme justification pour que les États-Unis lancent des missiles de croisière contre le gouvernement syrien qui se bat contre l’EI.

    Cette tentative d’abolir toute pensée rationnelle au nom des Droits de l’homme est stupéfiante.

    Nous assistons là à une campagne de propagande de guerre soigneusement orchestrée, destinée à faire appel aux sentiments humanitaires de la population pour l’embrigader dans une nouvelle escalade de violence impérialiste au Moyen-Orient. Si l’incident avec Omran a été mis en scène par les « rebelles » et ceux qui les gèrent à la CIA, ou si Washington et les médias exploitent cyniquement la souffrance réelle d’un enfant innocent, n’est pas encore avéré.

    Ce qui est indiscutable c’est que la feinte préoccupation au sujet de cet enfant est imposée au public avec des motifs politiques et géostratégiques très précis, non déclarés, qui n’ont rien à voir avec la protection d’enfants innocents. Des enfants sont morts par centaines de milliers au cours du dernier quart de siècle d’invasions, de bombardements et de guerres par procuration conduites par les Etats-Unis dans toute la région.

    L’image d’Omran a été choisie parce qu’elle venait du secteur est d’Alep où environ un sixième de la population de la ville vit sous la domination des milices islamistes soutenues par les États-Unis.

    La plus importante d’entre elles est Fateh al-Sham, qui s’appelait le mois dernier encore Front al-Nosra et était l’affilié désigné d’Al-Qaïda en Syrie.

    Les enfants syriens tués par « les canons de l’enfer » des milices d’Al-Qaïda, pilonnant aveuglément les quartiers ouest d’Alep contrôlés par le gouvernement, n’ont pas le même effet sur les glandes lacrymales des éditorialistes et « têtes parlantes » des médias. Ni d’ailleurs les images venant du Yémen, des enfants abattus par les frappes aériennes saoudiennes menées à l’aide de bombes fournies par les États-Unis et du soutien logistique indispensable du Pentagone.

    La vidéo horrifiante des « rebelles » syriens « modérés » soutenus par les États-Unis, sciant la tête d’un garçon palestinien d’une dizaine d’années, n’a pas non plus provoqué d’indignation significative.

    Les forces motrices sous-jacentes de cette nouvelle campagne de propagande sont de deux ordres. D’abord et de façon immédiate, l’offensive des « rebelles » — armés et financés par les États-Unis et leurs alliés régionaux — visant à rompre le siège de l’est d’Alep par le gouvernement syrien et à intensifier la guerre contre la population civile dans l’ouest de la ville, s’est immobilisée, et l’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, refait des gains importants sur le terrain. D’où la nouvelle demande de cessez-le-feu immédiat.

    Ensuite, il y a le développement d’une collaboration plus étroite entre Russie, Iran, Chine et Turquie qui a, par rapport aux cinq ans de guerre pour un changement de régime en Syrie, des conséquences d’une grande portée. La semaine dernière, l’Iran a permis à la Russie d’utiliser des bases iraniennes pour attaquer des cibles en Syrie et Pékin a annoncé une augmentation de l’aide militaire à Damas. Suite à la tentative de coup militaire du mois dernier soutenue par les États-Unis, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdo&;an a cherché à se rapprocher de Moscou et de Téhéran.

    Washington est de plus en plus inquiet de cette alliance potentielle et la considère comme un obstacle à sa campagne militaire pour affirmer l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et ses vastes réserves d’énergie. Il ne peut pas accepter un tel défi et va inévitablement préparer une réponse militaire.

    C’est à cette fin que la campagne de propagande « humanitaire » pour « sauver les enfants » de la Syrie — et sauver les forces Al-Qaïda mandatées par Washington par la même occasion — a été montée.

    Les méthodes employées dans cette campagne sont pour le moins usées. Il y a vingt-cinq ans, la première guerre du Golfe contre l’Irak avait été préparée à l’aide d’un conte effrayant, raconté au Congrès américain, parlant de troupes irakiennes envahissant le Koweït, volant les incubateurs dans les hôpitaux et laissant mourir les bébés.

    On a appris par la suite que le prétendu témoin de cette atrocité, une femme présentée comme une infirmière, était la fille de l’ambassadeur du Koweït et un membre de la famille royale de l’émirat. Toute l’histoire était un canular de propagande.

    Dans les années qui ont suivi, les États-Unis ont imposé des sanctions punitives à l’Irak, qui ont coûté la vie à un demi-million d’enfants irakiens. Madeleine Albright, alors ambassadrice américaine à l’ONU, a déclaré de façon tristement célèbre : « Le prix en valait la peine. »

    Des guerres américaines subséquentes en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont tué des centaines de milliers d’autres enfants.

    Examinant ces 25 années de violence et de sang, le livre nouvellement publié de David North: « Un quart de siècle de guerre: la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis, 1990-2016 » déclare :

    « L’étendue des opérations militaires s’est continuellement élargie. On a commencé de nouvelles guerres tout en poursuivant les précédentes. On s’est servi cyniquement de l’invocation des Droits de l’homme pour faire la guerre à la Libye et renverser le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

    Le même prétexte hypocrite a été utilisé pour organiser une guerre par procuration en Syrie. Les conséquences de ces crimes, en vies humaines et en souffrances, sont incalculables. »

    « Il faut étudier le dernier quart de siècle de guerres menées par les États-Unis comme une chaîne d’événements interconnectés.

    La logique stratégique de la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis se prolonge au-delà des opérations néocoloniales du Moyen-Orient et de l’ Afrique. Les guerres régionales en cours sont les éléments constitutifs d’une confrontation montante des États-Unis avec la Russie et la Chine, qui s’accélère rapidement. »

    Le flot de propagande de guerre qui annonce une escalade imminente de l’intervention américaine en Syrie menace de précipiter une telle confrontation qui comporte le danger réel d’une guerre nucléaire mondiale.

    (Article paru d’abord en anglais le 19 août 2016)

     Source : World Socialist Web Site, Bill Van Auken, 20-08-2016

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    22 août 2016

    Le Quotidien serbe Informer, citant des médias russes, a déclaré que la Macédoine, la Serbie et la Grèce sont «dans le collimateur» de Washington après le dernier pacte entre Poutine et Erdogan qui a décidé de relancer le projet de Turkish Stream.

     

    La seule façon pour les États-Unis de permettre aux trois nations des Balkans de vivre en paix est qu’elles renoncent à leur partenariat d’affaires avec la Russie, quel qu’en soit le bénéfice pour tous les trois.

    – Les États-Unis ont leur propre projet de gaz appelé pipeline Trans-Adriatique (TAP) qui est en concurrence avec le projet russo-turc.

    Le gaz proviendrait de Bakou, en Azerbaïdjan. Les États-Unis souhaitent voir la Russie isolée dans tous les domaines, en particulier dans les affaires et veulent voir les trois pays des Balkans sous le contrôle de Washington.

     

    « Les États-Unis ont presque créé une guerre en Macédoine qui a été utilisée comme un message à Belgrade que le même destin les attend à moins qu’ils ne remplissent les demandes de Washington »  Rapporte Informer, citant des médias russes.

    Moscou et Ankara ont signé un contrat dans lequel ils financent le gazoduc 50-50. Le pipeline passera sous la mer Noire et trouverait son chemin à travers la Grèce, la Macédoine, la Serbie, vers l’Autriche et l’UE.

     

    Pendant ce temps, la Turquie et la Russie ont organisé pour faire leur commerce de plusieurs dans leurs monnaies locales et en or, ce qui est encore un autre poignard au cœur de l’empire de Washington et de la domination du dollar.

    La Russie négocie en monnaies locales avec quelques dizaines de pays, dont la Chine, l’Iran et l’Inde.

     

    Les États-Unis disent très clairement qu’ils feront tout en leur pouvoir pour empêcher le projet Turkish stream.

    pipe-line_turkish_pipeline_projects_2014_map

    Malgré la paix complète en Macédoine, il y a plus d’un an, le secrétaire d’État américain Kerry  a soudainement annoncé que la Macédoine était dans la «ligne de feu».

     

    La seule raison pour le commentaire de Kerry était que la Macédoine a commencé la construction de sa partie de l’infrastructure de Turkish Stream. Peu après l’annonce de Kerry, il y a eu le «scandale des écoutes téléphoniques», suivi d’une attaque terroriste avortée à Kumanovo, puis suivi d’un coup d’État dirigé de l’étranger.

     

    Le Premier ministre de la Serbie, qui a remporté ses élections avec une écrasante majorité, n’a pas été en mesure de former un gouvernement durant six mois.

     

    Tout cela après avoir annoncé que la Serbie ne laissera pas les pays occidentaux (lire les USA) dicter l’avenir de son pays.

    Vucic semble avoir mal évalué dans quelle mesure Washington est prêt à s’assurer que la région n’aura pas de liens d’affaires avec la Russie, et, maintenant la Turquie. Vucic est déjà confronté à un scénario macédonien avec des manifestations par le secteur «ONG» financé par les Américains.

    La Turquie a connu sa propre «révolution made in USA», sous la forme d’un coup d’état, moins d’une semaine après que Erdogan a présenté ses excuses à Moscou pour avoir fait abattre son jet militaire au-dessus de la Syrie, et a offert à Moscou de relancer tous leurs projets communs qui étaient  au point mort, le Turkish Stream étant l’objectif principal.

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    sources: http://vilistia.org/archives/11597

    http://macedoniaonline.eu/content/view/29983/1/
    via : 
    http://reseauinternational.net/balkans-les-usa-preparent-le-chaos-en-macedoine-en-serbie-et-en-grece/


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    Un défilé des partisans de l'Etat Islamique, à Raqqa, en Syrie.
    Un défilé des partisans de l'Etat Islamique, à Raqqa, en Syrie. - AP/SIPA

    20 Minutes avec AFP

    L’aviation française a mené dimanche un raid aérien « au cœur du dispositif de Daesh  à Raqqa en Syrie », a annoncé dans dimanche soir le ministère de la Défense. 

    Dans un communiqué, le ministère précise que le raid « a frappé un centre de stockage et de maintenance d’armements lourds de Daesh à Raqqa ».

    >> A lire aussi : Deux Syriennes filment l'enfer de Raqqa, «capitale» de Daesh

    « Ce raid était composé de quatre Rafale, de quatre Mirage 2000 et d’un Atlantique 2. Une dizaine de missiles de croisière SCALP ont touché et détruit ce centre situé au cœur du territoire contrôlé par le groupe terroriste », ajoute le communiqué.

    L’aviation française a mené près de 800 raids en Syrie et en Irak

     

    « Cette action intervient après une intense semaine de frappes des aéronefs français, dans le cadre de la coalition internationale, en soutien aux opérations terrestres des forces irakiennes et kurdes près de Mossoul en Irak », précise le texte.

    « Ces frappes ont détruit de nombreux postes de combat, des caches d’armes, des sites de fabrication d’engins explosifs et d’armements lourds.

    Elles contribuent au travail de préparation des batailles pour les reprises de Mossoul en Irak et de Raqqa en Syrie ».

    L’aviation française mène régulièrement des raids aériens sur les zones en Syrie et en Irak tenues par le groupe Etat islamique. 

    « On ne le dit pas tous les jours, mais depuis que nous sommes dans la coalition, nous frappons tous les jours », a assuré en juillet le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

    « Taper à Mossoul, taper en Irak, c’est aussi assurer notre sécurité en France, voire globalement en Europe ».

    L’aviation française a mené près de 800 raids en Syrie et en Irak depuis l’engagement du pays dans la coalition, faisant de la France le deuxième pays qui contribue le plus aux frappes aériennes, après les États-Unis.

     

    http://www.20minutes.fr/monde/daesh/1911243-20160822


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    Slobodan Milošević innocent des crimes de guerre qui ont servi à justifier les sanctions contre la Serbie et l’intervention au Kosovo

     
     

    Dans le cadre du procès contre Radovan Karadžić, le Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY) a reconnu en mars 2016 que le président serbe n’avait pas participé au projet d’épuration ethnique en Croatie et en Bosnie et qu’il s’y était même opposé.

    Un aveu du TPIY qui aurait dû faire les gros titres des médias occidentaux, ce qui n’a bien entendu pas été le cas.

    Voir l’article du Salon Beige du 11 août dernier à ce sujet, et aussi l’article du Visegrád Post du 21 août (qui donne également en lien la lettre envoyée deux jours avant sa mort en prison par Slobodan Milošević aux ministère des Affaires étrangères russe, dans laquelle l’ancien président de la Serbie estime être victime d’empoisonnement et demande à être examiné par des médecins russes).

     

    Ou encore l’entretien avec Nikola Mirković publié dans le journal Présent du samedi 20 août :


    Present-Milosevic blanchi


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    23 AOÛT 2016

    L"ETAT ISLAMIQUE ( DAESH) A ÉTÉ CRÉE DE TOUTE PIÈCE PAR OBAMA AVEC LA COMPLICITÉ DE HILLARY CLINTON C'EST L'ÉVIDENCE MÊME !

    Oui, Obama et Clinton ont crée Daesh – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment.

    (Black Agenda Report)

     
    Editorial de Glen FORD
     

    C’est un fait historique que le États-Unis et l’Arabie Saoudite ont créé, il y a près de quarante ans, le réseau jihadiste international à partir de laquelle Al-Qaïda et Daesh ont jailli. […]

    Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daesh ; c’est Daesh qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux.

    Donald Trump a fait marche arrière – en quelque sorte - sur son affirmation que le président Obama et Hillary Clinton étaient les « fondateurs » de Daesh, ou les « joueurs les plus précieux » de l’équipe Daesh. « Évidemment, je suis sarcastique, » a dit le soi-disant avocat de l’ « Amérique avant tout » - en ajoutant aussitôt « mais pour être honnête, pas tant que ça ».

    Trump ne peut pas formuler ou saisir toute la vérité horrible contenue dans sa déclaration initiale parce que cela exigerait de prononcer un acte d’accusation beaucoup plus fondamental de la politique américaine impériale dans le monde musulman depuis la fin de 1979, lorsque Zbigniew Brzezinski a convaincu le président Jimmy Carter de lâcher les chiens djihadistes en Afghanistan.

    Comme indiqué dans ses mémoiresFrom the Shadow, Brzezinski a conseillé Carter d’aider la résistance musulmane de droite contre le gouvernement laïque de gauche en Afghanistan afin de « provoquer une intervention militaire soviétique » et entraîner l’URSS dans un bourbier de type Vietnamien. Brzezinski voyait les soi-disant Moudjahidin comme des fantassins potentiels de la politique globale des Etats-Unis.

    « Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ?

    Les Talibans ou la chute de l’Empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la Guerre Froide ? » demanda Brzezinski, de façon rhétorique, quelques décennies plus tard.

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    Zbigniew Brzezinski en discussion avec Oussama Ben Laden

    Ayant suivi les conseils de Brzezinski, le président Carter peut à raison être décrit comme un « père fondateur » d’Al-Qaïda, avec son camarade et autre « joueur le plus précieux », Ronald Reagan, dont la CIA en partenariat avec l’Arabie Saoudite dépensèrent des milliards pour attirer des musulmans du monde entier dans la guerre en Afghanistan.

    Ensemble, les États-Unis et les Saoudiens ont donné naissance au mouvement djihadiste islamique internationale - un phénomène qui n’avait jamais existé auparavant dans l’histoire du monde.

    Les djihadistes allaient devenir une arme essentielle dans l’arsenal impérial US, un outil horrible pour accomplir des changements de régime dans le monde musulman et qui sert également à justifier, depuis la disparition de l’épouvantail soviétique, la quête sans fin des Etats-Unis d’une domination mondiale,.

    « En 2011, Obama a lancé la Mère de toutes les guerres par procuration. »

    Brzezinski est devenu le gourou de la politique étrangère de Barack Obama, avec des conséquences qui auraient dû être prévisibles pour la politique US au Moyen-Orient, mais ont été largement ignorés par les libéraux et les soi-disant progressistes dans leur euphorie à virer George W. Bush.

    De toute évidence, l’opinion publique états-unienne n’allait pas tolérer une nouvelle intervention massive directe de troupes dans la région.

    Ce n’était plus une option. Mais quelle force, alors, était disponible pour mettre en œuvre l’ordre du jour toujours inachevé de Washington de conquérir cette partie du monde ? En 2011, Obama lança la Mère de toutes les guerres par procuration, d’abord contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi en Libye, pour ensuite mobiliser rapidement la totalité du réseau jihadiste international qui avait été créé de toutes pièces sous Carter et Reagan près de 30 ans auparavant.

    Washington et ses partenaires de l’OTAN dans l’agression contre la Libye, en étroit concert avec l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, ont transformé la Syrie en un chaudron de la mort, en canalisant des milliards de dollars d’armes à des centaines de salafistes et de milices ouvertement mercenaires avec, à leur centre, Al-Nosra, l’affiliée régionale d’Al-Qaida.

    C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

    La politique étrangère criminelle menée par Obama et la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton est enracinée dans la même vision arrogante du monde formulée par Brzezinski lorsqu’il raillait tous ceux qui s’inquiétaient d’éventuels retours de manivelle qui pourraient résulter d’un déploiement de « musulmans agités » comme autant de fantassins de l’impérialisme.

    Tandis que les États-Unis et leurs alliés se livraient littéralement concurrence pour inonder la Syrie avec des armes, des fonds, des ressources en renseignement et une couverture médiatique et diplomatique pour faire tomber le gouvernement de Damas, ils ont collectivement créé à la fois une base matérielle et un espace politique pour les djihadistes pour poursuivre leurs propres objectifs idéologiques.

    Daesh a émergé pour établir son propre califat en Syrie et en Irak. Personne ne devrait feindre la surprise.

    C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

     

    En Juillet 2014, nous avons décrit la montée de Daesh en signalant « l’effondrement final de la stratégie impérialiste des Etats-Unis dans le monde musulman - certainement, dans les régions arabes de l’Islam ».

    Nous avons écrit :

    « Pensez-y comme une déclaration d’indépendance salafiste ... des monarchies arabes et des agences de renseignement occidentales qui ont nourri le réseau jihadiste international depuis près de deux générations.

    Le Califat menace non seulement ses adversaires immédiats des gouvernements dominés par des Chiites en Syrie et en Irak, mais aussi les potentats des Emirats arabes, du Qatar, du Koweït ainsi que la Mère de Toute la Corruption Monarchiste du Monde Sunnite, la famille royale saoudienne.

    La menace est pas virtuelle, mais réelle, contre « tous les émirats, groupes, États et organisations » qui ne reconnaissent pas Daesh comme la nouvelle incarnation de l’islam en guerre. » 

    Daesh n’existait pas lorsque le président Obama a pris ses fonctions et nommé Hillary Clinton au Département d’Etat.

    Son changement de régime en Libye (qui est aussi celui de Hillary) et son pivot terroriste massif en Syrie ont « créé » Daesh. Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daesh ; c’est Daesh qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux. Il a fallu l’intervention russe en Syrie en septembre dernier pour pousser Washington à effectuer des raids aériens plus que symboliques contre Daesh.

    Avant, les Etats-Unis voulaient éviter de tuer trop de combattants de Daesh dans l’espoir qu’il en resterait suffisamment pour rejoindre les troupes jihadistes approuvés par les Etats-Unis lorsque cela commencerait à sentir le roussi pour Daesh. (Al-Nosra a changé de nom et s’est dissocié d’Al-Qaïda - avec la bénédiction de la direction d’Al-Qaïda au Pakistan - afin de mieux se fondre dans les feuilles de paie des autres troupes djihadistes de l’Occident.)

    « Le renseignement militaire US a clairement prévu la montée imminente de Daesh, »

    Nul besoin de croire Donald Trump sur parole lorsqu’il dit qu’Obama et Clinton ont été « les joueurs les plus précieux » de Daesh. Le service de renseignement de l’armée US (DIA) était arrivé à la même conclusion, dès 2012.

    Le rapport des barbouzes militaires, déclassifié l’année dernière, montre que le DIA avait averti que « les pays occidentaux, du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l’opposition [syrienne] » croient « à la possibilité d’établir une principauté salafiste déclarée ou non dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), ce qui est exactement ce que les puissances qui soutiennent l’opposition veulent, afin d’isoler le régime syrien. »

    Le DIA était alarmé que

    « ... La détérioration de la situation a des conséquences désastreuses en Irak et ce sont les suivantes :

    « Une situation idéale est créée pour AQI [Al-Qaïda en Irak, devenu Daesh] pour retourner à ses anciens bastions à Mossoul et Ramadi, et fournira un élan renouvelé en vertu de la présomption d’unification du djihad parmi les sunnites en Irak et Syrie, et le reste des Sunnites du monde arabe contre ce qu’ils considèrent comme leurs ennemis, les dissidents [c’est-à-dire les musulmans chiites].

    AQI pourrait également déclarer un État islamique par son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui poserait un grave problème à l’unification de l’Irak et la protection de son territoire ».

    Ainsi, un an après qu’Obama et ses amis européens et arabes aient renversé Kadhafi et déplacé leur guerre par procuration de changement de régime vers la Syrie, le renseignement militaire US a clairement vu la montée imminente de Daesh - et que « c’est exactement » ce que « l’Occident, les pays du Golfe et la Turquie ... veulent, pour isoler le régime syrien »,

    Oui, Obama a créé Daesh, avec l’aide enthousiaste de Hillary Clinton, et il soutient encore al-Nosra, l’ex-filiale d’Al-Qaïda, qui a vu le jour grâce à Jimmy Carter et Zbigniew Brzezinski. Au fil du temps, les jihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis, mais surtout depuis la défaite de George W. Bush en Irak, qui a rendue l’opinion publique états-unienne réticente aux guerres « stupides » - ce qui, dans le jargon d’Obama, signifie des guerres dans lesquelles un grand nombre de soldats US meurent.

    Les guerres par procuration sont idéales - « intelligentes », parce que seuls meurent les Arabes et les Africains et tous ceux dont les états-uniens n’ont jamais entendu parler.

    La Libye n’était même pas une guerre, selon Obama, car aucun soldat US n’y a péri.

    « Les djihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis.  »

    Glen_ISISObama

    140613obama

    La vérité sur Daesh et l’administration Obama est tellement évidente que même Donald Trump a une vague idée de ce qui s’est passé en Syrie et en Libye.

    Mais l’enfant-gâté blanc nationaliste milliardaire de Queens est incapable de placer la connexion Obama / Clinton / Daesh dans le contexte historique de la politique impérialiste des Etats-Unis.

     

    Malheureusement, la plupart des « libéraux » et beaucoup trop de « progressistes » (y compris les noirs) sont atteints de la même maladie que Trump : le chauvinisme impérial extrême - qui est pratiquement inséparable du suprématisme blanc.

    Le chauvinisme impérial extrême permet aux Etats-uniens d’envoyer à la Maison Blanche des personnes qui méritent d’être envoyés à la potence ou devant un peloton d’exécution (après un procès, bien sûr).

    Il permet aux Etats-uniens qui se disent « de gauche » de reculer d’horreur devant Donald Trump (qui, à notre connaissance, n’a tué personne, et qui dit qu’il ne se livrerait à aucun changement de régime s’il était Président), tout en votant pour une femme dont la carrière est couverte du sang de centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient et dans la corne de l’Afrique, et dont le mari a mis en branle un génocide qui a coûté la vie à six millions de personnes en République Démocratique du Congo.

    Un candidat, Trump, ressemble plus au feu gouverneur de l’Alabama, George Wallace, qui prônait la négociation en matière de politique étrangère.

    L’autre, Clinton, est une maniaque génocidaire, dont les crimes en tant que Présidente seront à l’échelle hitlérienne. [1 point Godwin - NdT]

    Plus effrayant que Clinton ou Trump est l’absence d’aversion viscérale des Etats-uniens pour le génocide (des peuples non blancs).

     

    A moins d’être vert ou d’une nuance de rouge, le génocide n’est même pas un enjeu électoral.

    Glen Ford

     

     

    Traduction "Des millions de morts et quelques burkinis sur une plage... Devinez qui disparaît des radars médiatiques ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.»

    http://www.blackagendareport.com/obama_clinton_created_isis
     

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    Posté par DIACONESCO_TVà -

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    23 août 2016

    « …Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours.

    De puissants intérêts d’affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu’il détient la feuille de route vers la victoire. »

     Pepe Escobar

    Hillary Clinton, la Reine du Chaos, la reine de la guerre, Golden Goldman Girl, à toutes fins pratiques est maintenant le candidat bipartisan officiel des néocons américains et des néoliberauxcons, ensemble.

    Les extensions certifiées incluent Wall Street ; des hedge-funds sélectionnés ; des pom-pom-girls du TPP[Traité Trans-Pacifique] ; des interventionnistes du CFR [Council on Foreign Relations] ; des barons des médias ; des bonimenteurs pour les entreprises multinationales ; en fait pratiquement l’ensemble de l’establishment américain exceptionnaliste dûment endossé par les bipartisans méga-riches du 0,0001%.

     

    Cela laisse Donald J. Trump dans la position étonnante du milliardaire narcissique, outsider qui rêve, d’une certaine manière, de pouvoir déjouer tout seul le système tout entier grâce à sa chutzpah [son culot]inépuisable.

     

    C’est sous cette dynamique que Trump a été diabolisé avec une ferveur médiévale par les médias de masse américains. Son bagout non-stop – et ses turbo-tweet – ne l’aident certainement pas, contribuant à véhiculer l’impression qu’il passe son temps à provoquer les multitudes, sans relâche.

    Pour l’establishment, ses milliards ne signifient rien ; il est traité comme un clochard.

    Peut être est-il imperméable à l’empathie, mais d’autre part, ce genre de traitement continue de lui valoir une grande sympathie parmi les sans-dents, les masses blanches en colère non instruites à l’université.

     

    Une renaissance industrielle des États-Unis ?

    Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours. De puissants intérêts d’affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu’il détient la feuille de route vers la victoire.

    La question est de savoir s’il est capable d’apprivoiser son comportement erratique pour sceller l’affaire.

    Son message principal, selon ces bailleurs de fonds, doit tourner autour de la destruction des industries américaines par des monnaies manipulées, et la « destruction des salaires des travailleurs américains par l’importation de main-d’œuvre illégale pas chère en provenance des pays au salaire d’un dollar par jour. »

     

    http://www.citoyens-et-francais.fr/2016/08


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    Soldat de légende, archétype de l’homme de guerre et du chef prestigieux, le Lieutenant-Colonel Jeanpierre fut et demeure une figure héroïque de la Légion étrangère.
     
    Il a sa place dans le panthéon glorieux constitué par ceux dont la vie et la mort exemplaires servent à bâtir des légendes.

    Blessé deux fois, titulaire de neuf citations dont six à l’ordre de l’armée, il était grand officier de la Légion d’honneur.

    En 1930, dès l'âge de dix-huit ans, Pierre Paul Jeanpierre s'engage au 131e R.I. en qualité de simple soldat. Quelques années plus tard, il est admis à l'Ecole de Saint-Maixant dont il sort brillamment en 1936, avec le grade de sous-lieutenant. Le jeune officier choisit aussitôt la Légion Etrangère en Afrique Française du Nord.

    La deuxième guerre mondiale éclate. Le lieutenant Jeanpierre combat en Syrie où il se distingue au sein du 6e R.E.I..
    De retour en France, il se porte volontaire pour combattre dans les rangs de la Résistance sous le nom de Jardin, mais il sera arrêté et déporté en Autriche au camp de Mauthausen, avant d'être libéré en 1945. En 1946, après avoir réintégré les rangs de la Légion, il crée le 1er Bataillon Etranger de Parachutistes.
     
    Celui-ci, après avoir sauté sur That Khé se sacrifiera sur la tristement célèbre Route Coloniale N°4. Jeanpierre est l'un des 24 survivants sur l'effectif de près d'un millier d'hommes engagé dans cette action.

    En 1955, c'est l'Algérie, où le lieutenant colonel Jeanpierre prend le commandement du 1er R.E.P. Il participe à la bataille d'Alger, et aux combats dans la région de la frontière tunisienne où les bandes rebelles s'emploient sans relâche à franchir le barrage.
     
    C'est ainsi que le 29 mai 1958, au cours d'une opération dans la région de Guelma, le lieutenant colonel Jeanpierre se déplace à bord de son hélicoptère Alouette de commandement.
    L'appareil vole à très basse altitude dans le djebel Marmera afin de repérer et signaler aux unités de légionnaires les positions de l'ALN.
    Son indicatif radio est "Soleil".
    Touché par un tir rebelle, l'hélicoptère s'écrase au sol et le colonel Jeanpierre trouve la mort dans cet évènement. "Soleil est mort..."

    Le corps du lieutenant colonel Jeanpierre repose dans la nécropole de Puyloubier, au pied de la montagne Sainte Victoire, où se trouve l'institution des Invalides de la Légion Etrangère. Son béret vert est exposé au Musée de la Légion à Aubagne.

    Ce chef prestigieux, redouté de ses ennemis et aimé de ses légionnaires, est entré dans la légende. Grand officier de la Légion d'honneur, il avait reçu deux blessures au combat et était titulaire de neuf citations, dont six à l'ordre de l'Armée, et avait reçu de nombreuses décorations.
     
    Une promotion de l’École spéciale militaire de Saint Cyr Coëtquidan porte son nom. A Nice, le square de la rue Trachel a été baptisé "Square lieutenant colonel Jeanpierre".
    La ville de Cagnes sur Mer a donné son nom à l'une de ses avenues. Une plaque a été apposée à Belfort, sur la façade de sa maison natale.
     


    Témoignage du général LENNUYEUX :
    "JEANPIERRE n'exerçait pas sa fonction comme un métier journalier.
    Là était le secret de la puissance de commandement qui était en lui."

    "Maître de lui, étranger à toute affection, il apparaissait dans la gravité simple de l'homme livré à une oeuvre qui absorbe son attention et exige tous ses efforts. Son langage net, sobre et ferme, sa voix précise, impérieuse, son âme simple, sans faiblesse, sans sourire, reflétaient sa conviction.
    Tenace, c'est à dire incapable d'admettre par lassitude des résultats insatisfaisants, il gardait le sens juste et droit des réalités."
     
    R I P

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    Syrie: la Turquie et la coalition lancent une opération contre l'EI

    AFP
    Modifié le - Publié le | AFP

     

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    Erdogan, bientôt meilleur allié d’Assad ?

    Publié le dans Moyen Orient
    Erdogan, bientôt meilleur allié d’Assad ?

     

    Erdogan a plus d’un tour dans son sac. Après avoir rendu visite au tsar Poutine en août, à qui il était prêt à déclarer la guerre au printemps mais avec qui il relance le projet de gazoduc Southstream qui doit achever la ruine de l’Ukraine, le voici embringué dans un rabibochage de premier ordre avec la Syrie.

    Officiellement, les services secrets turcs ont rendu visiteà leurs homologues syriens pour obtenir quelques tuyaux.

    Erdogan demande-t-il des conseils pour tuer les rébellions ?

    On se demande bien ce que ces espions ont pu se dire.

    Les sujets n’ont pas dû manquer, y compris la meilleure façon de traiter les prisonniers politiques, sujet sur lequel les Syriens ne manquent jamais d’idées.

    Blague mise à part, tout concorde pour laisser penser que les deux pays devraient entamer une collaboration assez poussée, sous les auspices de la Russie.

    Les canons se tournent contre les Kurdes

    Poutine Erdogan rené le honzecLes deux dictateurs commencent par ailleurs à avoir une vraie communauté d’intérêts.

    Le plus évident est la lutte contre les autonomistes kurdes, qui déplaît encore plus aux Turcs qu’aux Damascènes. Après avoir laminé le Kurdistan turc,

    Erdogan entend étouffer toute velléité d’indépendantisme en Syrie. Il a même lancé des premiers bombardements sur le territoire syrien pour affaiblir les troupes kurdes.

    Parallèlement, Erdogan vient de rappeler son ambassadeur en Autriche, où avait lieu un meeting de soutien au PKK.

    La Turquie combattra-t-elle Daesh ?

    Reste une inconnue : Erdogan va-t-il aider Assad dans la lutte contre Daesh ? La question est posée, et la réponse risque d’être très nuancée.

    On le sait, le gouvernement turc a largement aidé l’État Islamique et lui a apporté des soutiens logistiques.

    Une série d’attentats laisse à penser que l’État islamique a cherché à déstabiliser Erdogan.

    Assistons-nous à un retournement massif des alliances ? Cette hypothèse est fort probable et demandera à être confirmée dans les prochaines semaines.

    Sur le web

     

    http://www.contrepoints.org/2016/08/25/263738-


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    FÊTE CHAMPÊTRE DU CERCLE NATIONAL DES COMBATTANTS !

     
    Le Dimanche 11 Septembre  :     Le PDF  sera présent à la Fête Champêtre du Cercle National des Combattants !


    Porte-drapeaux du CNC   et  Adhérents du PDF  réunis !


     Venez nombreux ! N'oubliez-pas de Réserver !


    11h  On hisse les couleurs 

    Buvette !

    12h 30 Repas  ( 25e )


    14h   Kermesse , Fête Champêtre avc différents Jeux  

     La buvette est réouverte !!

    18/19 H   Descente des couleurs





    Renseignement et Réservation:      Michel Madoré  06 17 64 19 60  


    Email:  madore.michel@sfr.fr



     


    RAPPEL:  Roger Holeindre 


    Président du cercle national des combattants est aussi le Président d' Honneur du Parti de la France !

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    COLOMBIE. Pourquoi les FARC ont-ils combattu pendant 50 ans?

    COLOMBIE. Pourquoi les FARC ont-ils combattu pendant 50 ans?
    Des soldats des FARC dans les années 60 (-- / ALATPRESS / AFP)

    La Colombie et les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) viennent de signer un accord de paix historique, inimaginable il y a quelques années.

    Mais qui sont les guérilleros des FARC, et pourquoi étaient-ils en guerre avec le gouvernement colombien depuis plus de 50 ans ?


    Les FARC naissent réellement sous ce nom en 1966, de l'union de ces milices "d'autodéfense", principalement paysannes. Dès lors, ils ne cessent de prôner un renversement du gouvernement en place, même si des tentatives de négociations se tiendront ponctuellement.

    Le traumatisme de 1984

    Mais chacune d'entre elles échouent, pour plusieurs raisons. Ainsi, les premières négociations avec le gouvernement commencent en 1984, aboutissant sur les accords de La Uribe qui prévoient l'arrêt des hostilités dans les deux mois suivants. Le parti Union Patriotique (UP) est même créé par les FARC, et prévoit de se présenter aux élections aux côtés du Parti Communiste.

    Mais dans les années qui suivent, de nombreux membres et sympathisants de l'Union Patriotique (dont des candidats à l'élection présidentielle) décèdent sous les balles des forces de l'ordre, des narcotrafiquants (avec lesquels les FARC s'étaient alliés en échange de financement), ou encore des forces paramilitaires d'extrême droite qui commencent à émerger, entendant assurer la sécurité que l'Etat ne parvient pas à faire régner. Les FARC répliquent eux-mêmes en assassinant des hommes politiques des partis du gouvernement.

    La confiance, déjà fragile, entre les deux camps est brisée, chacun reprenant le chemin de l'affrontement militaire. La mort de Jacobo Arenas, l'un des leaders des FARC, en 1990, fragilise par ailleurs les liens du groupe  avec le Parti Communiste. Manuel Marulanda, désormais seul, n'hésite pas à les rompre définitivement en se concentrant sur la lutte armée, entamant directement la crédibilité de la gauche colombienne, pourtant plus ouverte aux négociations, sur la scène politique.  

    Les espoirs de paix douchés par les extrêmes

    La montée en puissance des FARC-EP (pour "Ejercito del Pueblo", "Armée du Peuple"), que le gouvernement n'arrive pas à contenir, est accompagnée de celle des forces paramilitaires d'extrême droite, qui vont rapidement s'avérer plus dangereuses et meurtrières selon la plupart des ONG. Plutôt que de procéder à des assassinats ou des enlèvements, les AUC (Autodéfenses Unies de Colombies, selon le nom de leur mouvement créé en 1997) préfèrent s'en prendre directement aux populations civiles afin de les forcer à quitter les territoires contrôlés par les FARC.

    Cette montée des extrêmes devient un cercle vicieux, entraînant l'échec de chaque tentative de négociations. Comme en Irlande à la même époque, la polarisation des deux camps empêche les plus modérés de s'exprimer: les FARC ne conçoivent plus d'autre solution que la prise de pouvoir, et certaines forces autonomes ne jurent que par leur éradication. L'analogie irlandaise est frappante, mais les particularités colombiennes sont réelles: des zones entières du pays restent sous domination des FARC, compliquant la tâche du gouvernement qui doit par ailleurs faire face à d'autres guérillas.

    La mort du "plus vieux guérillero du monde", Manuel Marulanda, en 2008, ne pousse pas les FARC à la modération, d'autant plus qu'en face, le gouvernement d'Alvaro Uribe (président de 2002 à 2010) refuse toute négociation. Pour la communauté internationale, qui ne s'intéresse à la question qu'à l'occasion d'enlèvements, comme celui de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, les négociations semblent dans l'impasse.

    L'usure d'un conflit de cinquante ans

    Pourtant, la mort de plusieurs membres du secrétariat de l'Etat-major (l'instance dirigeante des FARC) dans des opérations militaires (ce qui n'était jamais arrivé avant 2008) et l'arrivée au pouvoir de Juan Manuel Santos, plus enclin à la discussion, ont permis de relancer les négociations en 2012 sous l'égide de la Norvège, puis de Cuba.

    Il aura donc fallu 52 ans et plusieurs tentatives infructueuses pour que les FARC et le gouvernement tombent finalement d'accord. Mais l'accord de La Havane ne met pas encore tout à fait fin à cette guerre que "ni l’État ni les Farc n’ont pu [gagner]", comme le disait le commandant des FARC Timoleón Jiménez le 23 juin. Si la validation de l'accord par le peuple colombien devrait se faire sans trop de difficultés, le démantèlement des milices paramilitaires d'extrême droite et l'abandon de la lutte armée par les derniers groupes de guérilla restant devraient être plus difficiles à obtenir.

    Ce n'est qu'à ce moment-là que la mue des FARC en un véritable parti politique, et avec elle le développement d'une vraie gauche colombienne, pourra se faire sereinement.

    Martin Lavielle


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    Syrie : les États-Unis mettent le bazar pendant que les grandes personnes réfléchissent à des solutions


    Moon of Alabama
    Moon of Alabama

    Le 22 août 2016 – Source   Moon of Alabama

    La semaine dernière, un amiral chinois est alléà Damas et a promis le soutien de son pays. Le ministre d’État indien aux Affaires extérieures y a aussi fait un saut.

    Le chef adjoint du renseignement turc y est allé en secret.

    Auparavant, le président turc s’était rendu en Russie et le ministre turc des Affaires étrangères s’était renduà Téhéran.

    Cela fait beaucoup de discussions entre des grands pays qui sont des acteurs importants du conflit en Syrie.

    Aucun d’entre eux, même pas Barzani, n’est dans le camp des États-Unis.

    Je suppose que cette flambée diplomatique, qui court-circuitait Washington, a fait craindre aux États-Unis qu’une décision sur la Syrie ne soit prise sans eux. Ils devaient donc jouer leur propre carte.

    Voilà l’explication la plus probable pour les heurts soudainsà Hasaka où les YPG (Unités de protection du peuple) kurdes syriens se sont brusquement décidés à chasser la garnison de l’armée syrienne qui protège la population arabe à cet endroit.

    Les forces spéciales américaines conseillent ces Kurdes.

    La garnison de l’armée syrienne est isolée et les Kurdes sont bien capables de l’écraser. Ils ont donné aux soldats syriens le choix entre déposer les armes ou mourir.

    Le but de cette manœuvre est de créer un bloc nord-est en Syrie qui soit complètement sous contrôle kurde – et parsemé de nouvelles bases américaines.

    Cela donnerait aux États-Unis au moins un certain contrôle sur l’avenir de la Syrie. D’une manière ou d’une autre, les États-Unis doivent avoir réussi à soudoyer les YPG kurdes pour qu’ils créent ce mini-État au nord-est de la Syrie. Je crois que c’est une grave erreur de calcul de la part des Kurdes et qu’ils vont la regretter.

    Les États-Unis ne sont pas un ami fiable et ils ne défendront pas les Kurdes si les autres acteurs se retournent contre eux avec toute leur puissance.

    Les Russes tentent actuellement de négocier un nouveau cessez-le-feu à Hasaka et pourraient eux aussi exercer une certaine pression.

    Auparavant, c’était l’armée syrienne et les Russes qui soutenaient les Kurdes et les approvisionnaient en armes et en munitions pour se défendre contre État islamique pendant que les États-Unis soutenaient les rebelles modérés. Se retourner maintenant contre leurs bienfaiteurs est de la trahison.

    Pour le premier ministre turc, un tel mini-État kurde serait « inacceptable ». Il deviendrait la base arrière des Kurdes du PKK qui se battent en Turquie pour l’autonomie kurde.

    Le PKK tue une douzaine de membres des forces de sécurité turques par semaine. Mais le PKK ne pourra jamais gagner une guerre contre l’État turc.

    Seulement la moitié des Kurdes de Turquie, et probablement moins, les soutiennent, et même la gauche politique en Turquie, qui était favorable jusqu’à présent à une sorte de fédération, se retourne maintenant contre eux. Entraîner le front syrien dans cette lutte et se faire ainsi des ennemis supplémentaires n’a pas grand sens.

    Avec le soutien aérien intensif des États-Unis, les YPG kurdes ont récemment chassé État islamique de Manbij.

    Les combattants d’État islamique ont été autorisés à partir avec leurs familles. Ils vont recommencer à se battre et à tuer dès que possible.

    Au nord de Manbij, à la frontière avec la Turquie, se trouve Jarablus (le point rouge sur la carte), qui est aussi aux mains d’État islamique actuellement.

    C’est la prochaine cible des forces kurdes (en violet) qui veulent annexer toute la région de la frontière syro-turque, de l’est à l’ouest, jusqu’à la Méditerranée.

    Jarablus était un point d’approvisionnement très important pour État islamique tant que la Turquie permettait aux biens et aux personnes de franchir la frontière. Le flux semble s’être arrêté, du moins pour les grosses quantités.

    Ce n’est pas pour autant que les Turcs laisseront les Kurdes prendre la ville. L’artillerie turque frappedes cibles d’État islamique autour de Jarablus et un contingent de rebelles syriens modérés, c’est-à-dire des Turkmènes islamistes d’Asie centrale, se prépare en Turquie à traverser la frontière et à prendre Jarablus à État islamique.

    Des frappes d’artillerie turques atteignent aussi parfois les positions des YPG.

    Quel camp de ce combat à trois soutiennent les États-Unis ? Vont-ils, comme un expert fou lerecommande, bombarder tout le monde pour le symbole moral que cela représenterait, et pour montrer qu’ils sont prêts à exercer leur rôle légitime de superpuissance ?

    L’ingérence des États-Unis en Syrie crée de plus en plus de chaos. Bientôt tout le monde va se battre conte tout le monde. Est-ce leur objectif ?

    Quoiqu’il en soit, espérons que les nations plus grandes, plus anciennes et plus adultes que sont la Russie, l’Inde, la Chine et l’Iran, se mettront d’accord pour trouver une solution raisonnable et viable à ce conflit.

    Traduction : Dominique Muselet

    http://lesakerfrancophone.fr/

     


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    Nous devons prendre nos distances vis-à-vis de l’OTAN si nous voulons éviter le guerre

     

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    Le point de vue de trois médecins suédois qui militent dans le Mouvement pour la Paix au sujet de la dangerosité de l’OTAN

     

    otan manif

    Le risque de guerre nucléaire n’a jamais été plus grand, et c’est partiellement parce que l’OTAN a réarmé les pays qui entourent la Russie.

    Pourtant, ces pays sont sûrs d’être eux aussi des cibles, si Poutine décide de riposter. Voilà ce qu’écrivent trois médecins suédois, dans un article qui a paru sur Göteborgsposten, le vendredi 12 août.

    Pendant la crise des missiles cubains, le président Kennedy avait discuté avec ses conseillers les différentes options qui s’offraient à lui. L’une était de lancer une attaque limitée sur des bases anti-missiles soviétiques. On escomptait que Moscou accepterait cette réaction, au lieu de riposter d’une façon dont le résultat serait la dévastation aussi bien des États-Unis que de l’Union Soviétique.

    De 1950 aux années 1980, il y a eu une doctrine de stratégie militaire appelée MAD (Destruction Mutuellement Assurée). MAD signifiait que si une grande puissance attaquait l’autre en premier, il serait toujours possible que la nation attaquée rendît les coups. Cette possibilité de frappe en retour a longtemps servi de dissuasion suffisante.

    La sécurité relative qu’offrait la doctrine MAD n’existe plus. Les États-Unis et la Russie s’accusent aujourd’hui mutuellement et ouvertement de constituer une « menace existentielle ». L’équilibre, dans la stratégie militaire, devient de plus en plus inégal.

    Le réarmement nucléaire des États-Unis et l’encerclement de la Russie par l’OTAN ont créé une situation hautement précaire et dangereuse. Il devient de plus en plus difficile de résister aux avantages d’une « première frappe ». Avec le soutien de l’OTAN, la Roumanie et la Pologne sont en train d’installer un nouveau système robotique de défense appelé « Aegis ashore ». Le président Poutine a averti les deux pays qu’en cas de conflit ils seraient ses premières cibles. Les inquiétudes de la Russie quant à une première attaque destinée à la désarmer semblent réelles. Si ces inquiétudes sont fondées, nous ne pouvons pas le savoir. Mais les arrière-pensées et les intentions de chaque superpuissance sont absolument cruciales pour notre sécurité.

    Les risques n’ont jamais été plus grands.

    L’ex-secrétaire à la Défense US William Perry a mis le monde en garde : les risques d’une guerre nucléaire sont aujourd’hui plus grands que jamais. Et le sont pour les raisons suivantes :

    – La rupture de l’engagement pris lors de la dissolution de l’URSS (en 1990) de ne jamais étendre l’OTAN.

    – Le nombre de pays membres de l’OTAN est passé, depuis, de 13 à 28.

    – L’intervention illégale de l’OTAN en Yougoslavie (1999) et la création non moins illégale d’un Kosovo indépendant.

    – La dénonciation unilatérale du TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires) en 2001 par les États-Unis.

    – L’installation de bases « anti-missiles » en Roumanie et en Pologne (voi ci-dessus), qui sont très facilement reprogrammables en bases d’attaque robotisées.

    – La modernisation du système d’armement nucléaire US qui a coûté un trillion (douze zéros) de dollars.

    – Le coup d’État illégal fomenté et soutenu par les USA (2014) en Ukraine.

    – La supériorité militaire stratégique de l’OTAN en termes de possibilités de recourir à une « première frappe ».

    – La démonisation de Vladimir Poutine, par comparaison systématique avec Hitler (Un « Hitler » n’est pas quelqu’un avec qui on puisse négocier, mais quelqu’un qui doit être éliminé.)

    Les analystes américains indépendants en matière de sécurité tels que VIPS (Anciens Agents de Renseignement Professionnels pour la Santé Mentale) considèrent les jeux de guerre de l’OTAN dans le voisinage immédiat de la Russie comme extrêmement provocateurs et dangereux. De plus en plus d’hommes politiques européens prennent publiquement leurs distances avec la politique agressive de l’OTAN. Par exemple le Premier ministre grec Tsipras, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier et le président français François Hollande. [?? NdT]

    Effets opposés

    L’OTAN est globalement fort. L’OTAN dépense, en armes, dix fois plus d’argent que la Russie. Beaucoup de pays s’imaginent que devenir membre de l’OTAN est un gage de sécurité. Mais quand un équilibre militaire est asymétrique, les conséquences logiques sont inversées. Si les USA et l’OTAN décident de frapper « préventivement » la Russie à partir des bases encerclant la Russie, les chefs de l’armée russe n’auront pas le temps de réagir.

    La Russie a fait savoir clairement qu’une telle situation ne serait pas tolérée. Par conséquent, la Russie applique présentement une doctrine qui prévoit une frappe nucléaire avec des restrictions (« Concept de Désescalade »). L’avantage supposé de cette doctrine est qu’une première attaque limitée rendra une guerre tous azimuts moins probable. En ne répondant pas [à une frappe qui serait limitée à des pays d’Europe, NdT ] les États-Unis éviteront le risque d’une extension du conflit à leur propre territoire. Franchement, est-ce qu’un président des États-Unis voudra risquer de voir dévaster son propre territoire sous prétexte de punir les Russes d’une première frappe sur des bases européennes ?

    La situation militaire stratégique est donc extrêmement instable. Des pays voisins de la Russie ont permis l’installation de bases de l’OTAN sur leur sol, au risque de plus en plus grand de devenir eux-mêmes les objectifs d’une première frappe. Le résultat de l’élection présidentielle US, quelle qu’en soit l’issue, ne peut être d’aucun secours.

    Des causes et des effets

    Si les politiciens occidentaux sont incapables de faire la différence entre des causes et des effets, entre une provocation et une réaction, les conséquences peuvent être dévastatrices. La Russie se trouve face à trois solutions possibles, en termes de rapports avec l’OTAN :

    1) Céder, se laisser faire, et accepter de devenir vassale des USA

    2) Attendre qu’une première frappe de l’OTAN la neutralise.

    3) Frapper la première, avec des armes nucléaires tactiques, certaines bases « anti-missiles » européennes constituant pour elle une menace directe, en escomptant que les USA ne répliqueront pas pour ne pas risquer une contre-attaque sur leur territoire. (Donald Trump a déjà fait comprendre que les USA ne s’engageront pas militairement de façon inconditionnelle pour protéger leurs alliés de l’OTAN.)

    Le président Poutine a fait savoir que c’est le troisième scénario que la Russie envisage aujourd’hui. L’unique détail qui ne soit pas sûr est « quand ». Le seul perdant assuré, dans tous les cas de figure, sera l’Europe.

    Le rapprochement entre la Suède et l’Otan a augmenté le risque, pour notre pays, d’être entraîné dans une guerre. Pour cette raison, il est particulièrement important – pour la Suède et pour les autres pays d’Europe – de soutenir toutes les initiatives allant dans le sens d’une détente et d’un désarmement, et d’ainsi créer une opinion publique qui exige que nous prenions nos distances d’avec l’OTAN.

    Leif Elinder, Anders Romelsjö et Martin Gelin – I.C.H.– 20 août 2016

    Publié initilement en suédois sur Göteborgsposten – Titre original : “Vi måste fjärma oss från Nato om vi vill slippa krig”. Traduit en anglais par Siv O’Neall: http://www.informationclearinghouse.info/article45320.htm

    Traduit en francais par c.l. pour Les Grosses Orchades


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    Corbyn vient de jeter une bombe de vérité sur la clique des va-t-en guerre

       CrisesHégémonieRussieUkraine
     
     

    jeremy corbin

    Ce 18 août, la raison pour laquelle l’establishment trouve Corbyn si dangereux s’est révélée dans toute sa clarté. Répondant à une question sur la défense, lors d’un débat contradictoire à la direction du Labour, il a refusé de justifier les actions de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), s’engageant en revanche à créer « un monde où il n’y ait pas besoin de faire la guerre ».

    Pour des millions de citoyens de par le monde, c’est une excellente nouvelle. Mais pour ceux dont le seul but est de soutenir les pouvoirs en place et les industries si lucratives dont ils dépendent, les vues de Corbyn sont un vrai désastre.

    Voulez-vous faire partie de notre gang ?

    Dans le cours de ce débat, une question a été posée à Corbyn et à son collègue Owen Smith [L’autre candidat à la direction du Labour, NdT] à propos de la Russie :

    –  Comment réagiriez-vous, en tant que Premier ministre, à une violation, par Vladimir Poutine, de la souveraineté d’un pays membre de l’OTAN ?

    Corbyn a répondu :

    On devrait d’abord faire en sorte qu’une telle chose n’arrive pas. C’est-à-dire qu’on devrait avoir au préalable établi une bonne base de dialogue avec les Russes, en leur demandant de respecter les frontières et en  respectant les leurs. La première chose que nous essayerions de faire, serait d’en arriver à une démilitarisation entre la Russie et l’Ukraine, et aux autres frontières entre la Russie et l’Europe de l’Est.

    « Ce que nous ne pouvons pas permettre, c’est l’accroissement exponentiel de troupes des deux côtés de ces frontières, qui ne peut conduire qu’à des dangers de plus en plus grands. Dans l’état actuel des choses, tout cela ressemble furieusement à une politique de guerre froide. Il nous faut collaborer avec la Russie, nous engager à démilitariser cette région, de façon à éviter que de mortels dangers se concrétisent.

    L’OTAN a été créée en 1949, dans le sillage de la Deuxième guerre mondiale. Elle a été créée, d’emblée, contre la Russie. Il s’agissait d’établir une alliance capable de défier « l’ours » rouge, partout où c’était jugé nécessaire. Mais, une fois le mur de Berlin tombé et l’Union Soviétique dissoute, les tensions avec la Russie ont diminué, et l’OTAN, décidée à justifier la permanence de son existence, est passée à d’autres objectifs. »

    À présent, les tensions de la guerre froide sont de retour et, comme le dit Corbyn, il y a « un accroissement exponentiel de troupes » le long de la frontière russe. Le 10 février, par exemple, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenbergannonçait que :

    « Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont mis d’accord sur une présence accrue dans la partie orientale de l’Alliance. »

    Ceci est le jargon de l’OTAN pour désigner une augmentation massive de sa présence militaire dans six pays qui touchent directement le territoire de la Russie. Le Royaume Uni y participe avec cinq navires de guerre et un nombre considérable de militaires. Cette annonce faisait suite à celle du président US Barack Obama, décidant de quadrupler les dépenses militaires de la superpuissance en Europe à hauteur de 3,4 milliards de dollars.

    À peu près à la même époque, le secrétaire US à la Défense, Ashton Carter expliquait que « l’environnement sécuritaire d’aujourd’hui » est « dramatiquement différent » de ce qu’il était au cours des deux décennies passées. Pendant les 25 dernières années, notait Carter, la défense US s’est surtout concentrée sur les « forces insurgées » comme les Taliban et certains groupes extrémistes. Mais maintenant, les États-Unis passent à la vitesse supérieure « en revenant à une compétition entre grandes puissances », avec des « ennemis haut de gamme » tels que la Russie et la Chine.

    L’OTAN est à l’avant-garde de cette « compétition entre grandes puissances ».

    Jouez selon nos règles ou sortez du jeu.

    Comme la plupart des joueurs qui comptent des deux côtés de la « compétition » ont empilé de considérables stocks d’armes nucléaires, toute escalade des tensions aboutira en effet ce que « les mortels dangers [que nous courons] se concrétisent ». C’est la crainte que Vladimir Poutine lui-même a exprimée, lorsqu’il s’est adressé récemmentà la presse étrangère :

    « Vos populations n’ont pas l’air d’avoir conscience du danger pourtant imminent. C’est là ce qui m’inquiète ! Comment ne comprenez-vous pas que le monde est entraîné vers une catastrophe irréversible ? »

    Corbyn a estimé que le « dialogue », la « démilitarisation » et la « collaboration » sont exactement les tâches auxquelles nous devons nous atteler, afin qu’aucune violation de souveraineté ne se produise pour commencer. Il prône la prévention des hostilités plutôt que des efforts pour y remédier une fois qu’elles ont éclaté.

    Mais ce genre de tactiques ne semble pas vraiment faire partie des règles du jeu de l’OTAN. Au contraire, des mails récemment divulgués du commandant suprême en retraite de l’OTAN Philip Breedlove montrent qu’il a sciemmentcomploté autant qu’il le pouvait pour vaincre la répugnance du président Obama à faire grimper les tensions militaires en Ukraine.

    Et Stoltenberg, dans son annonce au sujet de l’accroissement de troupes aux frontières de la Russie a tenu à mettre l’accent sur le principe de l’OTAN, selon lequel « une attaque contre un allié est une attaque contre tous les alliés », et que « l’Alliance toute entière y répondra »

    C’est ce principe qui veut que tous les membres soient prêts à agir militairement si l’un d’entre eux se voit menacé qui a fait l’objet du débat à la direction du Labour. Et Smith a docilement répondu, en parfait accord avec la politique de l’OTAN :

    « Nous porterions secours au pays membre de l’OTAN ; c’est la matière même des accords de l’OTAN. Ce serait le boulot de la Grande Bretagne, au cas où un pays membre serait envahi, c’est évident. Mais ce serait calamiteux et nous ne devrions jamais avoir à en arriver là.

    Nous devons travailler diplomatiquement pour nous assurer que l’agression russe – et je pense qu’il s’est agi de rien moins que cela – que l’expansionnisme et l’agression militaire de ces dernières année par Poutine soit endiguée. »

    Quel pourra être le succès de la « diplomatie », dès lors qu’on n’entend discuter que de « l’agression de la Russie » ? C’est une éventualité plutôt difficile à imaginer. Et si Smith croit vraiment que « nous ne devrions jamais avoir à en arriver là », il semble bien que la prévention soit le seul moyen d’y parvenir.

    Une entreprise explosive

    Réinterrogé avec insistance sur la question de savoir s’il est prêt à entreprendre une action militaire qui s’avérerait nécessaire, Corbyn, a conclu :

    « Je n’ai pas envie de faire la guerre. Ce que je veux, c’est faire en sorte que dans le monde où nous vivons, il n’y ait pas besoin de faire la guerre, où cela ne soit pas nécessaire. Et y parvenir est possible. »

    Après des décennies d’interventions militaires qui ont laissé la quasi-totalité du Moyen Orient en ruines, qui ont propulsé le terrorisme wahhabite sur la scène mondiale et qui ont érodé la confiance dans les communautés de tout l’hémisphère occidental, il ne faut pas s’étonner que l’assistance ait éclaté en applaudissements enthousiastes.

    Mais les gens au pouvoir n’aiment pas ça du tout. Lord West, ex-ministre travailliste de la Sécurité et chef de la Royal Navy, a dit que les propos tenus par Corbyn étaient « absolument effrayants ». Le député travailliste Wes Streeting a, pour sa part, affirmé qu’il s’agissait d’« une grossière trahison de toutes les valeurs internationalistes du Labour ».

    On pourrait pourtant estimer qu’il est justement du plus pur internationalisme de prôner une solution diplomatique à tous les conflits qui menacent non seulement les pays de l’OTAN mais tous les citoyens de tous les pays du monde, qui risquent d’en faire les frais. Mais ce n’est pas ainsi qu’on voit les choses dans les milieux que fréquente Streeting.

    Certains pourraient même considérer qu’il est « absolument effrayant »  de ne pas essayer de convaincre l’OTAN – seule alliance militaire dont le Royaume Uni fasse partie – d’épuiser toutes les solutions pacifiques avant de se lancer dans des actions militaires.

    Les médias de masse peuvent bien, s’ils veulent, donner libre coursà leur servilité légendaire en piaillant que Corbyn est « allé trop loin », et invoquer les mânes de Clement Atlee, fondateur de l’Alliance, dans leurs anathèmes.

    Le monde d’aujourd’hui est un endroit très différent de celui où Atlee a négocié. Après les incessantes interventions des dernières années, il faut que nos furieuses démangeaisons militaires (et celles des autres) soient maîtrisées, si nous voulons qu’il y ait la moindre espérance de paix mondiale.

    La vraie question géopolitique à l’ordre du jour n’est pas « qui va dominer le monde » mais « qui va le sauver ».

    Impliquez-vous !

    Agissez avec la Coalition Stop the War

    Soutenez les Anciens Combattants pour la Paix, qui se battent maintenant pour que des solutions pacifiques soient trouvées aux problèmes du monde.

    Carlyn Harvey – ICH – The Canary– 20 août 2016

    Carlyn Harvey écrit sous un pseudonyme. Son vrai nom est Tracy Keeling. Elle est anglaise et travaille depuis des années dans l’éducation et le théâtre. Elle a une certaine expérience en tant qu’écrivain de fiction et, à ce titre, elle a été frappée par la capacité créatrice dont les médias de masse font preuve dans leurs reportages. Tracy pense qu’il y a comme un consensus de masse aussi dans les fables qu’ils servent au public du Royaume Uni, et elle trouve que celui-ci a nettement besoin de voix alternatives. C’est à quoi s’efforce Le Canari (The Canary) et elle est ravie d’y participer.

    Article original: http://www.informationclearinghouse.info/article45318.htm

    Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

    Source: Les Grosses Orchadesl


    Pour les anglophones :

    En direct « live » de Birmingjam

    Débat Corbyn-Smith du 18 août pour la direction du parti travailliste

     

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