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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE
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    Les islamistes attaquent Alep au gaz dans l’indifférence des médias français

     

    Une femme syrienne soignée dans un hôpital à Alep, le 24 novembre 2018.

    Lu sur RT :

    La diplomatie syrienne, qui accuse des groupes rebelles et djihadistes d’avoir utilisé du gaz dans une attaque de roquettes contre Alep survenue le 24 novembre, a pointé du doigt le rôle des Etats étrangers dans l’obtention d’armes chimiques par des organisations terroristes. (…) 

     

    La veille, en fin de soirée, citant des sources médicales, l’agence de presse syrienne Sana avait fait savoir que l’attaque ayant visé Alep avait provoqué au moins 100 cas de suffocation parmi les civils.

     

    De son côté, le directeur des services de santé d’Alep, Ziad Hajj Taha, avait évoqué une probable attaque au gaz de chlore toxique, sur la base des symptômes présentés par les blessés.

    Des experts russes ont utilisé des «analyseurs de gaz» pour confirmer la contamination chimique des zones touchées, selon un porte-parole des troupes de protection radio, chimique et biologique des Forces armées russes (NBC).

    Des échantillons de terre, ainsi que des fragments de bâtiments et de munitions, ont été récupérés afin d’établir la composition de la substance toxique utilisée par les combattants lors de l’attaque. 

     

    Riposte russe :

    Le ministère russe de la Défense a annoncé ce 25 novembre que l’armée russe avait mené des frappes aériennes en Syrie contre plusieurs positions de «groupes rebelles et djihadistes».

    Moscou accuse ces groupes d’avoir utilisé des armes chimiques lors de l‘attaque du 24 novembre dans le nord-ouest d’Alep, zone contrôlée par les forces gouvernementales.

    «Toutes les cibles ont été détruites», a précisé le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, qui a indiqué que l’armée russe avait visé des «groupes terroristes» se trouvant dans la zone tampon d’Idleb, contrôlée parle groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham.

     

    Ces derniers ont tiré sur un quartier d’Alep à l’aide de lance-grenades des «explosifs contenant apparemment du chlore», a poursuivi Igor Konachenkov, citant une source militaire russe sur place.

     

    Source:    http://islamisation.fr/2018/11/26/


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    De Kerbala à Daech


    Kerbala, le plus grand pèlerinage au monde.

    Pourtant vous n’en avez probablement jamais entendu parler.


    Par Sayed Mahdi al-Modarresi –

    Le 18 novembre 2018 – The Huffpost

    Le « Dôme d’or », mausolée de l’Imam Hussein

     

    Ce n’est ni le Hajj musulman [pèlerinage à La Mecque], ni la Kumbh Mela hindoue. Désigné comme le « Arbaeen » [le quarantième jour], c’est le plus grand rassemblement au monde et vous n’en avez probablement jamais entendu parler !

    Non seulement cette congrégation dépasse-t-elle le nombre de visiteurs à la Mecque (par un facteur de cinq, en fait), mais elle est encore plus importante que la Kumbh Mela, puisque cette dernière n’est commémorée que tous les trois ans.

    En bref, Arbaeen éclipse tous les autres rallyes de la planète, atteignant les vingt millions de participants l’an dernier.

     

    Cela représente une proportion impressionnante de 60% de toute la population d’Irak, et leur nombre est en augmentation année après année.

     

    Surtout, Arbaeen est unique parce qu’il se déroule contre un arrière-fond de scènes géopolitiques chaotiques et dangereuses. Daech – alias « État islamique »– considère les chiites comme des ennemis mortels, si bien que rien n’exaspère le groupe terroriste plus que la vue des pèlerins chiites rassemblés pour leur plus grande démonstration de foi.
     
    Il y a une autre particularité de Arbaeen. Bien que ce soit un exercice spirituel typiquement chiite, des sunnites, et même des chrétiens, des Yézidis, des Zoroastriens et des Sabéens prennent part à la fois au pèlerinage et au service des dévots. C’est remarquable compte tenu de la nature exclusive des rituels religieux, et cela ne peut signifier qu’une chose : les peuples, indépendamment de leur couleur ou de leur croyance, considèrent Hussein comme un symbole universel de la liberté et de la compassion, sans frontières et méta-religieux.
     

    La raison pour laquelle vous n’en ayez jamais entendu parler est probablement liée au fait que la presse s’intéresse plus aux tabloïds négatifs, sanglants et sensationnalistes qu’aux récits positifs et inspirants, surtout lorsqu’il s’agit de l’Islam.

    Si quelques centaines de manifestants opposés à l’immigration défilent dans les rues de Londres (ou de Paris), ils feront les gros titres.

    Un même niveau de temps d’antenne est accordé à une marche en faveur de la démocratie à Hong Kong ou à un rassemblement anti-Poutine en Russie. Mais un rassemblement de vingt millions de personnes, s’élevant en défi manifeste contre la terreur et l’injustice, ne parvient pas même à apparaître sur le bandeau défilant au bas des chaînes d’informations télévisées !

     

    Un embargo médiatique non officiel est imposé sur cet événement gigantesque, bien que cette histoire possède tous les éléments critiques d’un reportage à succès : les chiffres effarants, la signification politique, le message révolutionnaire, le contexte tendu, ainsi que l’originalité. Mais quand une telle histoire parvient à franchir la hache éditoriale des grands médias, elle crée une onde de choc et touche toutes les catégories de populations.

     
     

    Parmi les innombrables personnes inspirées par cet événement, il y a un jeune homme australien que j’ai rencontré il y a plusieurs années, et qui s’était converti à l’islam. Évidemment, personne ne prend à la légère une telle décision qui change sa vie, et en réponse à ma demande, il m’a informé que tout avait commencé en 2003.

     

    Un soir, alors qu’il regardait les informations, son attention a été attirée par des scènes de millions de personnes affluant vers une ville sainte appelée Karbala, et entonnant le nom d’un homme dont il n’avait jamais entendu parler : « Hussein ». Pour la première fois depuis des décennies, dans un événement télévisé à l’échelle mondiale, le monde a pu avoir un aperçu de la ferveur religieuse auparavant interdite en Irak.

    Une fois le régime baas sunnite renversé, les téléspectateurs occidentaux étaient impatients de voir comment les Irakiens allaient répondre à une nouvelle ère libérée de la persécution dictatoriale. La « République de la peur » s’était écroulée et le génie s’était échappé de la bouteille de façon irréversible.

    Ce jeune homme se souvient de s’être alors demandé : « Où se trouve Karbala, et pourquoi tout le monde va dans cette direction ? Qui est donc ce Hussein qui pousse ainsi les gens à défier tous les obstacles et les probabilités [d’attentat] et à sortir pour pleurer sa mort quatorze siècles après qu’elle soit survenue ? »

    Ce qu’il vit dans ce reportage de 60 secondes lui parut tout particulièrement émouvant car les images étaient telles qu’il n’en avait jamais vues. Un sentiment fervent de communauté transformait les pèlerins humains en limaille de fer, s’essaimant en une masse de plus en plus compacte à mesure qu’ils se rapprochaient de ce qui pourrait être décrit comme le champ magnétique irrésistible de Hussein. « Si vous voulez voir une religion vivante, qui respire, pleine de ferveur et de vitalité, venez à Karbala », conclut-il.

    Comment un homme qui a été tué il y a 1334 ans pourrait-il être si vivant et avoir une présence si palpable aujourd’hui, au point de pousser des millions de personnes à soutenir sa cause, et à considérer son sort comme le leur ?

    Les gens sont peu susceptibles de se laisser entraîner dans un différend (surtout s’il a eu lieu dans des temps anciens), à moins d’avoir un intérêt personnel dans l’affaire.

     

    Mais d’un autre côté, si vous avez le sentiment qu’une personne s’est engagée dans un combat pour votre droit à la liberté, votre droit à être traité avec justice et votre droit à une vie digne, vous pourrez considérer que vous avez un intérêt direct dans sa cause, et ressentir de l’empathie avec elle au point où la conversion à ses croyances ne serait pas une possibilité très lointaine.

    Procession des pèlerins devant le mausolée de l’Imam Hussein à Karbala
     
    La tragédie ultime
     
    Hussein, le petit-fils du prophète Mohamed, est vénéré par les musulmans comme le « Prince des Martyrs ». Il a été tué à Karbala en un jour qui a été désigné comme lAchoura – le dixième jour du mois islamique de Muharram – car il refusait de prêter serment d’allégeance au calife corrompu et tyrannique, Yazid.
     
    Avec sa famille et ses compagnons [72 personnes], il fut encerclé dans le désert par une armée de 30 000 hommes, assiégé jusqu’à ce qu’il manque cruellement de nourriture et d’eau, puis décapité de la manière la plus macabre, un récit épique et captivant rapporté sur les chaires chaque année depuis le jour où il a été tué. Leurs corps ont été mutilés. Dans les mots de l’historien anglais Edward Gibbon, « [Même] dans une époque et un climat lointains, la scène tragique de la mort de Hussein réveillera la sympathie du lecteur le plus froid. »
     
    Les musulmans chiites ont depuis ce jour pleuré la mort de Hussein, en particulier durant le jour de l‘Achoura, puis, 40 jours plus tard, durant le Arbaeen. Quarante jours est la durée habituelle du deuil dans beaucoup de traditions musulmanes. Cette année, Arbaeen tombe le vendredi 10 Novembre 2017.
     
    evening_of_ashoora
    Ce magnifique tableau est une fresque des derniers instants de la tragédie de Karbala, après la mort et la décapitation des derniers combattants.
     On y voit le deuil des rescapées de la famille de Hussein face au massacre de leurs proches (dont un enfant et un nouveau-né, et l’Imam Hussein lui-même, atrocement mutilé). Seuls les femmes et les enfants ont été épargnés et mis en captivité, puis soumis à une marche forcée vers Damas, où Zaynab, la sœur de Hussein, ainsi que le fils de Hussein, l’Imam Ali « Zayn al Abidine » (« la parure des dévots », le 4e Imam du chi’isme, qui était alors gravement malade), prononceront des discours fameux face au tyran Yazid.
    Pour rappel, l’intervention du Hezbollah en Syrie avait initialement été cantonnée à la protection du mausolée de Zaynab à Damas, que les terroristes de Daech menaçaient de détruire, ce qui aurait pu entraîner une guerre sectaire sunnites-chiites.
     
     
    Longue marche
     

    J’ai voyagé à Karbala, mon propre foyer ancestral, afin de pouvoir découvrir par moi-même pourquoi cette ville est si enivrante. Ce que j’ai vu m’a prouvé que même l’angle le plus large de l’objectif de la meilleure caméra reste trop étroit pour capturer l’esprit de ce rassemblement tumultueux, mais paisible.

    Une avalanche d’hommes, de femmes et d’enfants, mais plus visiblement de femmes voilées de noir, remplit l’œil d’un bout de l’horizon à l’autre. Les foules étaient tellement énormes qu’elles causaient un encombrement sur des centaines de kilomètres.
     
    Les 500 kilomètres de distance entre la ville portuaire méridionale de Bassora et Karbala constituent déjà un long voyage en voiture, mais c’est un périple incroyablement difficile à pied. Il faut deux semaines complètes aux pèlerins pour réaliser ce parcours. Des gens de tous les groupes d’âge crapahutent sous le soleil brûlant pendant la journée, et dans un froid glacial durant la nuit.
    Ils voyagent à travers un terrain accidenté, sur des routes inégales, à travers des bastions terroristes et des marais dangereux, et sans même l’équipement de voyage ou les commodités les plus élémentaires, les pèlerins emportant peu de choses à part leur amour ardent pour « le Maître » Hussein. Drapeaux et bannières leur rappellent, à eux et au monde entier, l’objet de leur voyage :
     
    Ô mon âme, tu es sans valeur après Hussein.
    Ma vie et ma mort sont une seule et même chose,
    S’ils me prennent pour un fou, peu importe !
     
    Ce message reprend des vers récités par Abbas, le demi-frère de Hussein et son fidèle lieutenant – également tué durant la bataille de Karbala en l’an 680 de notre ère –, alors qu’il essayait d’aller chercher de l’eau pour ses neveux et nièces qui souffraient terriblement de la soif.
    Les conditions de sécurité actuelles étant dans l’état catastrophique qui fait de l’Irak le premier titre des informations dans le monde, personne ne doute que cette affirmation est authentique dans toutes les significations.
     
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)
     
    Déjeuner gratuit… et même dîner et petit déjeuner !
     
    Une des parties du pèlerinage qui laissera chaque visiteur perplexe est le spectacle de milliers de tentes avec des cuisines de fortune mises en place par les villageois qui avoisinent le parcours des pèlerins. Les tentes (appelées « mawkeb ») sont des lieux où les pèlerins reçoivent pratiquement tout ce dont ils ont besoin.
    Repas chauds, espaces pour se reposer, appels internationaux gratuits pour rassurer des parents anxieux, couches pour bébés, etc., pratiquement tous les équipements dont peuvent avoir besoin les pèlerins sont fournis gratuitement. De fait, les pèlerins n’ont pas besoin de transporter quoi que ce soit sur ce parcours de 500 kilomètres, sauf les vêtements qu’ils portent.
     
    Plus intrigante est la façon dont les pèlerins sont invités à manger et à boire. Les personnes qui organisent les « mawkeb » interceptent les pèlerins sur leur chemin et les prient instamment d’accepter leurs offres, qui incluent souvent une suite complète de services dignes de rois : on vous propose d’abord un massage des pieds, puis on vous offre un délicieux repas chaud, et vous êtes invités à vous reposer tandis que vos vêtements sont lavés et repassés, puis vous sont restitués après votre sieste. Tout cela gratuitement, bien entendu.
     
    À titre de comparaison, considérez ceci : à la suite du tremblement de terre en Haïti, et avec la sympathie et le soutien du monde entier, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a annoncé la livraison d’un demi-million de repas au plus haut degré de ses efforts de secours.
     
    L’armée des États-Unis a lancé l’opération Réponse unifiée, réunissant les ressources massives de divers organismes fédéraux et annonçant que dans les cinq mois suivants la catastrophe humanitaire, 4,9 millions de repas avaient été livrés aux Haïtiens.
     
    Maintenant, comparez cela aux plus de 50 millions de repas par jour pendant Arbaeen, ce qui équivaut à environ 700 millions de repas pour la durée du pèlerinage, le tout financé non pas par l’Organisation des Nations unies ou des organisations caritatives internationales, mais par des travailleurs et des agriculteurs pauvres qui se serrent la ceinture pour pouvoir nourrir les pèlerins et peuvent économiser durant toute l’année afin que les besoins des visiteurs soient satisfaits.
    Tout, y compris la sécurité, est assuré principalement par des volontaires, dont les combattants ont un œil sur Daech et un autre sur la protection du parcours des pèlerins. « Pour savoir ce que l’islam enseigne, dit un organisateur de mawkeb, ne regardez pas les actions de quelques centaines de terroristes barbares, mais les sacrifices altruistes dont font preuve des millions de pèlerins pour Arbaeen. »
     
    De fait, Arbaeen devrait être répertorié dans le Livre Guinness des records dans plusieurs catégories : le plus grand rassemblement annuel, la plus longue table à manger en continu, le plus grand nombre de personnes nourries gratuitement, le plus grand groupe de bénévoles participant à un seul événement, le tout sous la menace imminente des attentats-suicides.
     
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)
     
    Dévotion inégalée
     

    Le seul fait de contempler ces multitudes est à couper le souffle. Ce qui rend cette scène plus spectaculaire encore est que tandis que les conditions de sécurité se détériorent, de plus en plus de personnes sont prêtes à défier les menaces terroristes et à participer à cette marche en guise de protestation.

    Ainsi, le pèlerinage n’est pas un simple exercice religieux, mais une affirmation courageuse de résistance.

     

    Des vidéos mises en ligne montrent des kamikazes se faire exploser au milieu des pèlerins, avec pour seule conséquence des foules qui se font toujours plus nombreuses, et chantent à l’unisson :

    S’ils nous coupent les jambes et les mains,
    Nous ramperons jusques aux terres saintes !

     

    Les horribles attentats à la bombe qui se produisent toute l’année, en ciblant principalement des pèlerins chiites et en prenant d’innombrables vies, illustrent les dangers auxquels sont confrontés les chiites vivant en Irak, et l’insécurité qui continue de gangréner le pays.

     

    Pourtant, la menace imminente de mort ne semble pas dissuader les gens – jeunes et vieux, Irakiens et étrangers – d’entreprendre le voyage dangereux vers la ville sainte.

    Il n’est pas facile pour un étranger de comprendre ce qui inspire les pèlerins. On voit des femmes transportant des enfants dans leurs bras, des vieillards en fauteuil roulant, des gens sur des béquilles, et des personnes âgées aveugles tenant des bâtons de marche. J’ai rencontré un père qui avait parcouru tout le chemin depuis Bassora avec son garçon handicapé.
    Cet enfant de 12 ans avait une paralysie cérébrale et ne pouvait pas marcher sans aide. Ainsi, durant une partie de la marche, le père avait placé les pieds du garçon sur les siens et marchait avec lui en le tenant par les aisselles. C’est le genre d’histoire à partir desquelles des films oscarisés sont réalisés, mais il semble que Hollywood soit plus intéressé par les héros de comics que par ceux de la vie réelle dont les super-pouvoirs sont le courage et le dévouement.
     
    Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage
    Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage
     
    Le Dôme d’or de Hussein
     
    Les visiteurs du sanctuaire de Hussein et de son frère Abbas ne sont pas motivées par la seule émotion. Ils pleurent au souvenir de sa mort atroce, et, ce faisant, réaffirment leur engagement en faveur de ses idéaux.
     
    La première chose que les pèlerins font après avoir atteint son sanctuaire est de réciter la Ziyara, un texte sacré qui rappelle le statut de Hussein. Ils commencent cette récitation en appelant Hussein l’« héritier » d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus.
     
    Il y a quelque chose de profond dans cette proclamation. Elle montre que le message de Hussein, un message de vérité, de justice et d’amour pour l’opprimé, est considéré comme une extension inséparable de tous les prophètes divinement nommés.
     

    Les gens ne vont pas à Karbala pour s’émerveiller devant le paysage de la ville – luxuriant de palmiers-dattiers –, pour admirer la beauté architecturale du mausolée, pour faire des achats, se divertir, ou visiter des sites historiques anciens. Ils y vont pour pleurer. Pour faire leur deuil et ressentir l’aura angélique de Hussein. Ils entrent dans le sanctuaire sacré en pleurant et en se lamentant sur le plus grand acte de sacrifice de l’histoire.

    Fidèles autour du tombeau de l'Imam Hussein, à l'intérieur du mausolée
    Fidèles autour du tombeau de l’Imam Hussein, à l’intérieur du mausolée
     
    C’est comme si chaque individu avait établi une relation personnelle avec cet homme qu’il n’a jamais vu. Ils lui parlent et l’appellent par son nom ; ils saisissent les cloisons de son tombeau ; ils embrassent le sol conduisant au sanctuaire ; ils touchent ses murs et ses portes de la même manière qu’on touche le visage d’un ami perdu depuis longtemps.
     
    C’est une vision pittoresque aux proportions épiques. Ce qui motive ces gens est quelque chose qui nécessite une compréhension de la nature et du statut de l’Imam Hussein et de la relation spirituelle que ceux qui ont appris à le connaître ont développée avec sa légende vivante.
     
    Si le monde comprenait Hussein, son message et son sacrifice, il commencerait à comprendre les racines anciennes de Daech et son credo de mort et de destruction. C’est il y a des siècles, à Karbala, que l’humanité a assisté à la genèse de monstruosités insensées, incarnées dans les assassins de Hussein. Ce fut le combat des ténèbres les plus obscures contre la lumière brillante et absolue, de l’exhibition de vice contre l’archétype de vertu, ce qui explique la puissance du spectre de Hussein aujourd’hui.
     
    Sa présence est primordialement tissée dans toutes les facettes de la vie des pèlerins. Sa légende encourage, inspire, et se fait le champion du changement pour un monde meilleur, et aucun black-out médiatique ne pourra éteindre sa lumière.
     
    « Qui est donc ce Hussein ? » Pour des centaines de millions de ses partisans, une question si profonde, qui peut inciter les gens à renoncer à leur religion pour une autre, ne peut recevoir de réponse qu’après un pèlerinage à pied au sanctuaire de Hussein.
     
    Sayed Mahdi al-Modarresi
     

     


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    Un pont trop loin

     

    par Louis-Joseph Delanglade
     

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    L’arraisonnement musclé de trois navires de guerre ukrainiens dans le détroit de Kertch, dimanche 25 novembre, a immédiatement suscité l’ire des médias et politiciens « occidentaux ».

    915bf4d87237d27ecff2449dd013119fbe1dea1c.jpgM. Poutine, forcément dans le mauvais rôle, est accusé d’avoir « annexé » la Crimée en 2014, puis construit un pont de 18 km entre Taman et Kertch, pont qui a pour effet visible de clore la mer d’Azov et de faire de celle-ci une sorte de mer intérieure aux côtes contrôlées aux trois-quarts par la Russie.

     

    Remarquons d’abord que personne ne s’émeut des ponts turcs qui enjambent déjà le Bosphore ou de celui qui sera ouvert en 2023 dans les Dardanelles - mais il est vrai que la Turquie est dans l’Otan, du bon côté donc.

     

    Rappelons surtout que la Russie n’a pas occupé et annexé unilatéralement un territoire étranger : c’est bien la majorité des Criméens (les deux tiers) et de leurs représentants qui ont initialement fait sécession d’une Ukraine à laquelle un décret soviétique de 1954 avait rattaché leur péninsule, la séparant ainsi arbitrairement de la mère patrie russe. 

    XVM2088b270-f199-11e8-aaaa-72154de5404a.jpgExiste une seconde interprétation, qu’il est difficile, même pour les moins objectifs, de passer sous silence.

     

    Il s’agirait en fait d’une énième provocation de Kiev, après de nombreux incidents maritimes.

     

    Les autorités ukrainiennes incitant même à dynamiter le fameux « pont de Crimée », on peut comprendre que les garde-côtes russes se soient montrés intraitables : on peut passer mais à certaines conditions, la première étant de ne pas pénétrer sans autorisation dans les eaux territoriales russes.

     

    Cette interprétation est d’autant plus plausible que le président ukrainien, M. Porochenko, donné archi-battu à l'élection présidentielle de mars prochain, peut voir da

    ns l’incident l’occasion d’endosser la tenue toujours valorisante de chef militaire. C’est sans doute pourquoi il dramatise la situation, prédisant une « invasion terrestre », voire une « guerre totale » et  faisant en conséquence instaurer la loi martiale pour trente jours dans les zones frontalières.  

    M. Porochenko est un oligarque multi-milliardaire qui bénéficie d’un régime de faveur dans les médias occidentaux.

     

    Est avérée dans la gestion des événements successifs qui ont agité l’Ukraine depuis le début du siècle sa proximité avec M. Soros, ce financier apatride et ultra-mondialiste qui ne déteste rien tant que tout ce qui pourrait rappeler notre bonne vieille Europe.

     

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    Dans les faits, l’Ukraine n’a bien évidemment pas les moyens d’une guerre totale avec la Russie.

    Excellent prétexte pour en appeler à l’Otan.

     

    Après tout, la stratégie de cette organisation, aux ordres des Etats-Unis qui la financent pour l’essentiel, est toujours la même : hostilité à Moscou, alors que l’Union Soviétique n’existe plus.

     

    D’où cet étau qui, des pays baltes à la Turquie enserrerait la Russie, n’étaient Biélorussie, Moldavie et Ukraine, lesquelles forment un glacis protecteur.

     

    Cet étau est le résultat de l’adhésion à l’Otan de la quasi totalité des pays de l’ex-« Europe de l’Est », et ce en dépit des promesses de MM. Busch (père) et Clinton au bien naïf M. Eltsine. 

    Dans un entretien accordé au quotidien allemand Bild-Zeitung, M. Porochenko demande donc l’intervention de l’Otan en général, de l’Allemagne en particulier, pour faire face à la Russie en mer d’Azov.

     

    France et Allemagne ont jusqu’à présent cherché à apaiser les choses, appelant les parties à la modération.

     

    M. Trump a lui aussi fait un geste : par solidarité avec l’Ukraine, il a d’abord annoncé qu’il renonçait à discuter avec M. Poutine lors du G20 de Buenos Aires, pour finalement le rencontrer mais « brièvement » (Reuters).

     

    Une intervention militaire « occidentale » paraît donc pour l’instant peu probable.

     

    De toute façon, M. Le Drian, faute de diriger une politique étrangère cohérente et indépendante, ne pourra que suivre le mouvement, par exemple sur de nouvelles sanctions contre la Russie - même si celles de 2014 ont eu pour effet une baisse d’un tiers des parts de marché françaises en Russie, à comparer avec une petite augmentation des parts de l’Allemagne… 

    guide-kiev.jpgOn sait que le récit national russe fait de Kiev (photo) le berceau historique de la Russie.

     

    M. Poutine, d’abord préoccupé par la sécurité de son pays, considère que l’Ukraine ne peut pas être alliée d’une organisation militaire dirigée contre la Russie.

     

    Il n’a nullement besoin de jouer les matamores pour être pris au sérieux.

     

    Comme le déplore manifestement M. Haski, le chroniqueur de France Inter (géopolitique, 8h17), l’armée russe est « une armée en état de marche »  et la Russie « une puissance majeure qui sait se faire respecter » - ce qui est, convenons-en, plutôt rassurant pour les Russes.

     

    L’avenir dira si M. Porochenko a eu tort de penser qu’il pouvait aller trop loin, un pont trop loin en quelque sorte, en envoyant ses navires titiller les garde-côtes russes.   

     

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/12/02


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    Attaque chimique imputée aux islamistes en Syrie, un grand silence en retour

     

    Par Antoine de Lacoste 

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    Il y a deux types d’attaques chimiques en Syrie : celles imputées au régime (sans aucune preuve mais passons) et celles venant des islamistes.

     

    Les premières engendrent un concert d’indignation suivi, selon l’humeur de Donald Trump, de représailles d’une ampleur variable et d’une inefficacité invariable.

    Les secondes provoquent un grand silence à peine rompu par quelques articles dubitatifs mais un peu gênés tout de même.

     

    6100377_alep_1000x625.jpgRappelons les faits. Samedi 24 novembre une centaine d’habitants de l’ouest d’Alep arrivent précipitamment à l’hôpital en état de suffocation.

    Leur quartier a subi un bombardement d’obus de mortier.

     

    Le diagnostic est facile à établir : les obus contenaient du chlore.

    L’origine ne fait aucun doute, tous ces obus venaient de la même position, à l’ouest d’Alep, aux confins de la province d’Idlib, un des deux chaudrons islamistes subsistant en Syrie.`

    De nombreux groupes islamistes se partagent le pouvoir dans cette province d’environ 6000 km2.

     

    Une partie d’entre eux est passée sous contrôle turc.

     

    Leurs combattants (plusieurs dizaines de milliers) sont armés et payés par la Turquie qui les a regroupés sous le nom de Front National de Libération.

    Ils sont censés maintenir l’ordre et servent de chair à canon contre les Kurdes, comme à Afrin.

    Front_national_de_libération_(Syrie).jpgLa constitution de ce FNL a été autorisée par la Russie en échange du retrait de ses armes lourdes et de son strict contrôle par l’armée turque.

     

    C’est le résultat d’une rencontre bilatérale entre Poutine et Erdogan qui voulait éviter un assaut général sur Idlib.

     

     

    Oui, mais allez expliquer cela à HTC, Hayat Tahrir al-Cham (l’ex front al-Nosra).

    Ses dirigeants se moquent d’accords de ce type et, forts eux-aussi de leurs dizaines de milliers de combattants, campent fièrement sur leurs positions avec chars et artillerie.

    Le FNL a aussitôt démenti être à l’origine du bombardement au chlore sur Alep. Certes, mais c’est vers HTC que tous les regards se tournent à commencer par ceux des Russes.

    Le porte-parole du Ministère russe de la Défense a clairement accusé ce groupe et l’aviation russe a mené des raids intensifs contre ses positions dans la province d’Idlib.

    Au-delà de la nouvelle constatation  du traitement totalement partial de l’information par nos médias, cet évènement aura peut-être des répercussions.

     

    En effet depuis deux mois que l’accord entre Poutine et Erdogan a été passé, les Russes ont ordonné aux Syriens de ne pas bouger et de ne rien tenter contre les positions islamistes d’Idlib.

    Cette situation ne plait évidemment guère au pouvoir syrien qui fait de la reconquête de cette province un objectif majeur.

    Russes et Turcs vont devoir se parler à nouveau et prendre des décisions concernant HTC.

     

    Quoi qu’il en soit chacun sait que le statu quo actuel ne durera pas.   ■

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.


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    Pourquoi ce déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle ?

     
     

    On rapporte que le porte-avions Charles-de-Gaulle, fleuron de la Royale, et son inévitable armada seraient déployés en Asie du Sud-Est, cap sur Singapour, à l’aube de 2019, déploiement s’inscrivant dans une longue tradition historique de présence française dans cette partie du globe.

    Périple extrême-oriental dont la note sera (sans jeu de mots) très salée !

    S’il est compréhensible que la France puisse souhaiter veiller à la stabilité d’une zone clé dans le domaine de nos ravitaillements en produits manufacturés, les patrouilles répétées de bâtiments de la Marine dans ces eaux ne peuvent-elles pas suffire à affirmer cette volonté aux yeux des pays riverains ?

    Xavier Rotor, observateur de la géopolitique maritime en Asie du Sud-Est, argue, sur Atlantico (je cite), qu’il s’agit de « soutenir la diplomatie française et montrer notre puissance sans être provoquant (sic) ».

     

    Considérant à quel point la Chine s’emploie à asseoir une domination contestée par ses voisins sur cette zone de navigation, vouloir s’afficher comme puissance maritime demande d’en avoir les moyens !

    Faut-il rappeler à notre chef des armées que notre fleuron est, désespérément, unique en son genre au sein de la flotte ?

    Le porte-avions, cruellement absent des radars depuis de longs mois, a repris la mer tout fringant, « tout neuf » !

    Si son allure générale n’a pas évolué pour l’œil du néophyte, il en va tout autrement pour ses nouveaux équipements.

    Le voilà gréé des dernières innovations technologiques en matière de détection, de transmissions, d’intelligence artificielle, etc.  L’innovation a un coût !

     

    Un coût auquel le quidam lambda, citoyen payeur, aurait bien du mal à souscrire par les temps qui courent si, par mégarde, la facture définitive lui était révélée !

    Les stratèges militaires ont été douloureusement privés de ce moyen d’action, en particulier lors de nos interventions en Syrie, et c’est sans doute avec soulagement qu’ils ont pu envisager son retour au sein de la flotte.

    Sauf à tenter de nous convaincre qu’en Syrie, la situation est stabilisée durablement – mais qui peut croire une telle allégation ? -, que ne garde-t-on pas le porte-avions prêt à intervenir là où il serait essentiel pour la conduite des opérations ?

    À vrai dire, la ficelle est si grosse qu’un marin ne peut qu’y voir une aussière !


    En effet, si les industriels qui ont élaboré et contribué à la transformation du porte-avions ont été, à n’en pas douter, bien rémunérés, s’agissant d’un contrat public de défense, ces derniers n’entendent sans doute pas en rester là.

     

    Il s’agit, pour eux, de rebondir et transformer « l’essai » en d’autres contrats lucratifs en vendant leur savoir-faire à d’autres investisseurs, plus confortables avec leurs finances publiques que ne l’est la France !

    Ne nous y trompons donc point !

    Sous couvert de renforcer une présence équivoque dans des eaux troubles et lointaines, le porte-avions va, en réalité, se transformer en « représentant de commerce » au profit des lobbys de l’armement et au détriment de nos forces engagées sur des théâtres d’opérations !

    Mais on n’est pas obligé de me croire.

     

    Par Gaël Collin

     
    Retraité
     
     
    Source:   http://www.bvoltaire.fr

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    Un village Potemkine en Syrie …


    …Le “dernier bastion de la liberté” est une ville infestée de partisans d’Al-Qaïda


    2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama– Le 6 décembre 2018

    Cette semaine, le New Yorker a publié un long article sur Saraqib, une ville du gouvernorat d’Idleb en Syrie  :

     

    Le dernier bastion de la liberté en Syrie

    Au milieu de la guerre civile brutale, une ville a combattu le régime et les fondamentalistes – et a osé tenir des élections. Son expérience de démocratie peut-elle survivre ?

     

    L’article nous dit que, malgré le fait qu’Al-Qaïda dirige Idleb depuis au moins 2015, il s’agit en réalité d’un berceau pour la véritable démocratie :

    À l’été 2017, pour la première fois en Syrie depuis 1954, les habitants de la ville de Saraqib ont décidé de prendre en main leur avenir et d’organiser des élections véritablement libres.

    Au matin de l’ouverture des bureaux de vote, un militant du nom d’Osama al-Hossein se réveilla à cinq heures, inquiet.

    Il se dirigea aussitôt vers Idlib Gate, un ancien grand magasin transformé en salle de réunion.

    Une petite foule se pressait : des journalistes locaux, des observateurs des élections et des dignitaires à la mode qui représentaient l’opposition syrienne dans les milieux internationaux.

    Les élections avaient pour but de choisir le chef du conseil local, un organisme civil qui gouvernait la ville.

    Les agents électoraux ont vérifié dans leurs téléphones les rapports sur le trafic aérien : les avions à réaction syriens et russes étaient connus pour attaquer des rassemblements publics et des activistes avaient posté des sentinelles dans toute la province.

     

    On nous dit que cette ville, Saraqib, se démarque vraiment :

    Une ville syrienne après l’autre a échappé au contrôle du gouvernement, et  de nouvelles horreurs ont surgi de cette anarchie.

    Les drapeaux de État islamique et d’Al-Qaïda ont été hissés à travers le pays. Les enfants réfugiés étaient jetés à la mer et les otages occidentaux assassinés devant les caméras.

    En quelque sorte, Saraqib avait évité ce destin.

     Elle offrait une histoire alternative pour tout le conflit syrien– et, pensait Hossein, ses citoyens incarnaient la véritable âme de la révolution.

    Ce soir-là, il a imaginé d’autres démocraties minuscules s’épanouissant en Syrie, et que le reste du monde comprendrait enfin que son pays a plus à offrir que des effusions de sang et des tragédies.

     

    En réalité, “une histoire alternative” n’est pas ce qui est arrivé à Saraqib.

    Mais ce qui est présenté dans l’article du New Yorker est la dissimulation d’une attaque internationale brutale contre la Syrie. C’est l’hagiographie d’un Osama al-Hossein, militant des Frères musulmans, qui a obtenu un financement des États-Unis.

    Cela inclut tous les clichés faussaires de la propagande sur les bombes-barils et les rebelles modérés, qui n’ont jamaisété modérés, que les agences occidentales ont diffusés sur les chaînes de télévision.

    L’article est également plein d’affirmations stupides et non factuelles.

     

    Comment, par exemple, les vérificateurs de faits du New-Yorker ont-ils laissé passer cette histoire de Humvees :

    Le gouvernement a riposté avec encore plus de force; le 11 août 2011, ses chars et Humvees ont de nouveau pris d’assaut Saraqib.

     

    Quand et où la Syrie a-t-elle acheté ces véhicules ?

    En 2017, Osama al-Hossein, après avoir eu quelques problèmes avec Al-Qaïda, a finalement fui en Turquie.

    Mais en août dernier, l’auteur de l’article, vraisemblablement plus à l’aise avec Al-Qaïda que le militant syrien, s’est rendu à Saraqib et a trouvé la ville en paix :

    Contrairement à d’autres villes d’Idlib, il n’y avait pas de police religieuse, pas de drapeau d’Al-Qaïda.

     

    Bien que Saraqib soit au cœur d’une des guerres civiles les plus meurtrières au monde, je n’ai jamais vu un seul homme armé ni un poste de contrôle.

    Je suis tombé sur Abu Traad, le chef de la faction de l’Armée syrienne libre, et même lui n’était pas armé, portait un pantalon et un t-shirt.

    J’ai appris que les activistes avaient insisté pour que les armes ne soient pas transportées à l’intérieur des limites de la ville, immunisant ainsi Saraqib des conflits entre factions et protégeant le régime des révolutionnaires.

     

    De temps en temps, je remarquais des membres de Al-Nusra [branche de Al-Qaïda] qui se cachaient dans un véhicule; bien qu’il fasse très chaud, ils se cachent derrière des cagoules.

    Pendant ce temps, de nombreux habitants ont librement dénoncé les fondamentalistes : l’un d’eux m’a dit: «Ces personnes sont une malédiction de Dieu lui-même».

    Il semblait qu’à Saraqib, au moins, les gens n’avaient pas peur de Nusra; Nusra avait peur d’eux.

     

    Ah bon, Nusra avait peur d’eux !

    C’est pourquoi, en juin, les djihadistes de Nusra ont pu détruire les pierres tombales du cimetière de Saraqib malgré les murmures de colère de certains habitants.

     

    Et Saraqib est tellement “immunisé contre les conflits entre factions” que le 24 août, Nusra, alias Hayyaat Tahrir al-Sham [donc branche de Al-Qaïda], a arrêté six membres d’une autre faction djihadiste.

     

    Et la ville est si paisible que deux mois plus tard, l’Observatoire syrien y signalait une campagne d’exécutions vengeresses :

    [Aujourd’hui], le 7 octobre 2018, une explosion dans la région de Saraqib, dans la campagne à l’est d’Idlib, près des zones à désarmer, a visé Khattab al Hamwi, un important responsable de la sécurité à la célèbre prison d’Al-Iqab dans la région de Saraqib…et membre du groupe Hayyaat Tahrir al-Sham [Al-Qaïda]

     

    C’est le «dernier bastion de la liberté», Saraqib, qui abrite la principale prison d’Al-Qaïda dans la région. D’une manière ou d’une autre, l’article du New-Yorker omet de le mentionner.

    Depuis le début de la guerre contre la Syrie, Saraqib était l’un des centres d’activités terroristes djihadistes. En mars / avril 2011, ce fut l’une des premières villes à avoir subi de violentes attaques contre les forces et les institutions gouvernementales. C’est dans cette ville qu’en décembre 2011 a été fondé le groupe terroriste notoire Ahrar al-Sham, dirigé par Abou Khalid al-Suri, un membre de longue date d’Al-Qaïda. En 2014, la BBC a rapporté comment Al-Qaïda, alias Nusra, alias Hayyaat Tahrir al-Sham dirigeait la ville :

    Abu-Qedama, l’envoyé d’Al-Qaïda à Saraqib, dans le nord-est de la Syrie, est jordanien. Sa tâche est de veiller à ce que la charia soit appliquée.

    Ce film arabe de la BBC le suit, ainsi que ses compagnons islamistes à Saraqib, et montre comment ils prennent le contrôle de la ville. Les cinéastes entrent dans les tribunaux et révèlent comment la loi de la charia est appliquée.

    Nous voyons le juge à l’œuvre à la Cour, rendant son jugement sur la place publique. Pour la première fois, nous voyons une flagellation publique devant une foule nombreuse, ce qui dissuade les autres.

     

    À un moment donné, les habitants de Saraqib ont peut-être organisé des élections croupions.

     

    Mais cela ne change pas le fait que leur ville était et est toujours fermement contrôlée par un groupe terroriste internationalement interdit. Saraqib n’est un “bastion de la liberté” que lorsqu’on ignore tout ce qui s’est passé là-bas et s’y passe encore.

    Cela soulève une question sérieuse. Comment l’auteur de l’article du New-Yorker, Anand Gopal, a-t-il réussi à traverser le gouvernorat d’Idleb, contrôlé par Al-Qaïda, alias Nusra, alias Hayyaat Tahrir al-Sham, puis visiter la ville infestée de djihadistes en évitant d’être jeté dans la “Prison notoire d’al-Iqab dans la région de Saraqib ” ?

    Serait-ce parce qu’il était l’un de ceux qui ont expliqué à tous comment se joindre aux islamistes ?

     

    agrandir

     

    Serait-ce parce qu’il insiste, trompeusement, sur le fait qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu de politique américaine de changement de régime en Syrie ?

    Le journaliste Anand Gopal : la brutalité du régime d’Assad a conduit les gens à rejoindre État Islamique

     

    Peut-être est-ce parce que lui-même, ayant expliqué aux gens comment rejoindre État Islamique, a affirmé que l’unique raison pour laquelle les gens adhéraient à État Islamique était la lutte brutale du gouvernement syrien contre une insurrection alimentée par l’étranger ?

     

    Ceci en dépit du fait qu’Obama et Kerry ont reconnu publiquement qu’ils avaient favorisé la croissance de État Islamique ?

    Il est triste de voir que le New-Yorker, jadis respectable, laisse la place à un conte de fée inventé par un recruteur de terroristes, propagandiste d’Al-Qaïda et apologiste méprisable des guerres de l’empire.

    Moon of Alabama

    Source et Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

     


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    Le communautarisme : un virus prolifique


    Par Ibrahim Tabet– Novembre 2018

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    La mondialisation, le retour du religieux et l’accroissement des flux migratoires ont favorisé les crispations identitaires, le populisme et le virus  du communautarisme. 

    Institutionnalisant ou faisant prévaloir les spécificités et les revendications  des communautés  ethnolinguistiques ou religieuses, cette idéologie conduit-elle à l’éclatement de la société et de l’État en plusieurs groupes d’appartenances au détriment de l’intérêt national ?  

    Est-elle un danger ou un système de gestion approprié de la diversité socioculturelle ?

     

     

     

    Les réponses à ces questions dépendent du contexte historique, de l’homogénéité de la population et de la philosophie politique de chaque pays. 

    Le laïcisme français et le confessionnalisme politique libanais constituent à cet égard deux « idéaux types » opposés. 

    Tandis que le multiculturalisme représente une voie moyenne. C’est le cas par exemple au Canada. Pays fédéral, constitué à l’origine de deux communautés distinctes, il considère le pluralisme culturel comme une richesse et reconnaît le droit à la différence des populations issues de l’immigration.

     

    C’est  aussi le cas aussi du modèle  britannique qui ne cherche pas à assimiler les immigrés. Il existe ainsi à Londres des quartiers entiers où le séparatisme identitaire est visible et il ne viendrait jamais à l’idée des autorités d’interdire, comme en France, le port du voile intégral dans l’espace public. 

     

    Diamétralement opposé à cette politique laxiste, Vladimir Poutine a récemment déclaré à la Douma : « Si des minorités, quelles que soient leur nature ou leur origine, veulent vivre en Russie, elles doivent parler le russe et respecter les lois russes. 

     

    Si elles préfèrent la loi de la charia et vivre en tant que musulmans, nous leur conseillons d’aller là où c’est la loi de l’État. 

     

    Nous ne leurs accorderons pas de privilèges spéciaux, et ne changerons pas nos lois pour satisfaire leurs désirs, quelle que soit la véhémence de leurs protestations contre leur prétendue discrimination. 

     

    Le suicide de l’Angleterre, de la Hollande ou de  la France doit nous servir de leçon si nous devons survivre comme nation. »

     

    Le contexte libanais où il n’existe pas des Libanais « de souche » et d’autres qui ne le seraient pas, et où les clivages communautaires sont davantage politiques que culturels est totalement différent. 

     

    Rare exemple de vivre ensemble islamo-chrétien et sunnite-chiite, le Liban constitue de facto, pour le meilleur et pour le pire, une fédération de communautés à base non territoriale.

    Héritier du système des millets ottoman, le confessionnalisme libanais pervertit autant la sphère politique que socioculturelle, empêchant l’émergence d’une véritable citoyenneté.

    Instauré « à titre provisoire » par la Constitution de 1926,  il a été malheureusement renforcé.

    Le spectre de l’islamisme radical ainsi que le déclin démographique des chrétiens font qu’il est sans doute trop tard pour inverser cette dérive.

    Cela dit la sécularisation formelle des institutions n’a pas empêché l’accaparement du pouvoir par les alaouites en Syrie.

    Si le modèle  politique « consociatif » du Liban souffre de nombreuses tares, dont celle de favoriser la mauvaise gouvernance et la paralysie, il lui a du moins évité de subir le sort de la Syrie.

    Et un système similaire de partage communautaire du pouvoir a été considéré comme le meilleur moyen de mettre fin au conflit en Irak.

    Érigée en quasi-religion par la Révolution Française, et longtemps teintée d’anticléricalisme, la laïcité a été codifiée par la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État.

    Alors que la République ne reconnaît que les individus, elle se heurte de plus en plus à des revendications identitaires, de la part de groupes islamistes gagnés par la propagande salafiste, contraignant nombre d’édiles à  la « soumission ».

    Il existe à l’inverse un « intégrisme  laïc » qui va jusqu’à vouloir bannir les signes religieux chrétiens dans l’espace public.

    Et des voix  dénoncent, à l’instar d’Eric Zemmour, « le suicide français »

     

    Alors que le modèle français  a réussi à assimiler les vagues successives d’immigrés d’origine européenne partageant les mêmes valeurs, il peine à le faire avec les musulmans.

    Bien qu’une majorité se soit intégrée, une partie d’entre eux, surtout la jeunesse défavorisée des banlieues, ne l’est pas, ou plutôt refuse de l’être.

    Des communes de certains départements ont été ainsi  qualifiées de « territoires perdus de la République ».

    Des bandes de casseurs expriment leurs frustrations et leur rancœur envers l’ancienne puissance coloniale en saccageant des commerces et en brûlant des voitures.

    Et plusieurs attentats terroristes ont été  perpétrés par des Français d’origine maghrébine ou africaine.

    Ce défi sociétal doublé d’une  menace sécuritaire, a conduit l’État, depuis la présidence de Nicolas Sarkozy,  à tenter de promouvoir « un islam de France » ; alors qu’il n’y a en principe qu’un islam ou des musulmans en France.

    Il est même question à cet effet d’amender éventuellement la loi de 1905.

    Mais l’État laïc doit-il se mêler de religion ? Ne revient-il pas aux musulmans eux-mêmes de lutter contre l’islamisme radical et de prôner un islam plus libéral ?

    En réalité le communautarisme à l’anglo-saxonne et la laïcité à la française éprouvent autant de difficultés à gérer le problème posé par la croissance des populations musulmanes d’Europe.

    Ce problème a été aggravé pas l’afflux massif récent de migrants noirs et musulmans en provenance du Moyen-Orient du Maghreb et d’Afrique subsaharienne.

    L’incapacité des pays de l’Union Européenne à y faire face a mis en relief leurs divisions.

    Elle explique, entres autres, la popularité d’un Matteo Salvini en Italie ou d’un Victor Orban en Hongrie.

    Tandis qu’à l’inverse Angela Merkel paie le prix de son accueil inconsidéré de plus d’un million de migrants en Allemagne qui traduit sa méconnaissance totale des réalités.

    Il n’est donc pas étonnant que l’on assiste à une montée des mouvements d’extrême droite qui allient ultranationalisme, islamophobie et méfiance envers Bruxelles.

     

    Percevant l’islam comme une menace contre la civilisation européenne, ils se proposent de lutter contre son « islamisation » rampante. C’est le cas du Front National rebaptisé Rassemblement National.

     

    Ou de l’Allemagne  qui a été le théâtre de manifestations anti-musulmanes de la part de groupuscules islamophobes d’extrême-droite, comme PEGIDA (Les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident) qui sont dénoncés par la majorité de l’opinion.

    L’intégration des populations musulmanes présentes en Europe et l’enrayement des flux migratoires que risque d’entraîner l’explosion démographique en Afrique apparaît donc comme un des principaux défis, quasi existentiel, qu’elle devra affronter.

    Ibrahim Tabet

    Cet ouvrage a pour thème l’invention et l’évolution de l’idée de Dieu.

     

    Une brève histoire qui a commencé à s’écrire il y a seulement dix millénaires.

     

    Il décrit le passage de l’humanité de l’animisme au polythéisme puis, pour les « religions du Livre », au monothéisme et la différence entre leur Dieu personnel et le concept d’Absolu impersonnel élaboré par l’hindouisme.

     

    Ainsi, l’auteur aborde ici aussi bien la philosophie grecque, le zoroastrisme, le bouddhisme, que les sagesses chinoises ou l’islam, toujours dans le but de comprendre le rapport de l’Homme à l’idée de Dieu.


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    Publié par Hélios d'Alexandrie le 9 décembre 2018

    Résultats de recherche d'images pour « El Sissi world youth forum »

    Dans le cadre du Forum Mondial de la Jeunesse qui s’est tenu récemment en Égypte, le président d’Égypte El Sissi a participé à une séance où il a répondu aux questions des jeunes. J’ai traduit de l’arabe sa réponse à une question concernant l’émigration.

     

    El Sissi: La deuxième question m’est posée par Mohammed Kassim (un jeune afghan): Pourquoi les chefs d’États mondiaux ferment leurs portes à l’immigration?

    Je n’ai certainement pas l’intention de renchérir sur cette question. Chaque État a le droit de protéger sa population et voir à ses intérêts. Il doit respecter les droits de l’homme bien entendu, mais dans un cadre qui lui permet de préserver ses intérêts nationaux.

    Permettez-moi de vous dire ceci: au lieu de me demander pourquoi ces pays ferment leurs portes, demandez-vous plutôt pourquoi les afghans en Afghanistan ne se préoccupent pas du sort de leur pays. Pourquoi s’acharnent-ils depuis quarante ans à s’entretuer et à s’autodétruire? Cette question se posent également pour d’autres pays comme le Pakistan et… l’Égypte aussi. Elle se pose aussi pour la Syrie, l’Irak, la Lybie, le Yémen et la Somalie. Pourquoi nous nous comportons de cette façon?

    Nous nous déchirons à l’intérieur de nos pays et après nous demandons à des États laborieux qui triment nuit et jour, qui s’efforcent à conserver leurs acquis, à protéger leur population, à maintenir leur niveau de vie et de développement… Nous leur demandons de partager avec nous le fruit de leur labeur, simplement parce que nous nous disputons entre nous! Voyons donc! Remarquez que je ne suis ni pour eux, ni contre eux, j’essaie simplement d’être objectif et équitable dans ma façon de voir le problème.

    Nous avons l’obligation de nous critiquer nous-mêmes: Est-ce que nous protégeons nos propres États? Les leaders des États dont je parle (les États musulmans) n’ont-ils pas l’obligation d’être plus équitables, plus respectueux et plus attentionnés à l’égard de leur population? Et n’ont-ils pas le devoir de faire des concessions, de se mettre à table et régler leurs problèmes, que ce soit en Afghanistan, en Syrie, en Irak ou en Lybie? Pourquoi ne le font-ils pas? Tu en veux au chef d’États européens, que ce soit en Angleterre, en Allemagne, en Italie ou ailleurs, qui ferment leurs frontières pour protéger le fruit de longues années de labeur et d’effort consacrés à édifier une société évoluée! Nous demandons qu’ils nous ouvrent leurs portes, alors que nous voulons imposer notre culture, bien qu’elle soit très éloignée de la leur, en particulier dans le domaine du travail et de l’effort. Notre éthique du travail est différente de la leur, ils ont une éthique rigoureuse, ils ne s’accordent pas de passe-droits ou de laisser-aller dans le domaine du travail ou de la formation. À l’opposé nous nous permettons, quelques fois d’une manière exagérée, des passe-droits et de la complaisance.

    Tu as l’intention d’imposer ta culture? Pour ne blesser personne je dirais ceci: en tant qu’immigrant j’apporte avec moi ma culture égyptienne, je veux tout avoir sans me fatiguer! N’est-ce pas que cette culture est bien la nôtre?

    De hauts responsables m’ont posé cette question: « pourquoi avez-vous autant de main-d’œuvre non productive? » Je leur réponds que nous avons nos façons de faire et nos habitudes, elles correspondent à ce que nous sommes et nous ne pouvons pas les changer sans causer des heurts et des perturbations.

    Tu veux émigrer avec ta culture, qui pour toi ne peut être remise en question? Tu veux l’imposer en prétextant qu’il s’agit d’un droit humain? Non! Et à propos si tu vas dans un pays qui accepte de t’accueillir, tu dois respecter, mais d’un respect absolu, ses lois, ses coutumes, ses traditions et sa culture.

     

    Mais tu n’as pas cette disposition d’esprit, en fait nous ne sommes pas du tout dans cette disposition d’esprit, alors il ne faut pas y aller. Tu veux qu’ils t’ouvrent la porte, pour que tu entres et qu’après cela tu leur crées des problèmes? Non!

    Moi je ne suis pas en train de les défendre, Non par Allah! Je juge simplement d’après ce que je vois et ce que je comprends des évènements qui se déroulent à ce sujet.

    Ce n’est pas possible, cela fait plus de quarante ans que vous vous entretuez et vous voulez que je vous laisse entrer? Non! Vous voulez résoudre vos problèmes? Résolvez-les dans vos pays. Voilà pourquoi je dis aux égyptiens: « prenez soin de votre pays! » Tel est mon message. Au lieu de demander aux autres de nous ouvrir leurs portes, faisons en sorte que notre terre nous suffise, et en fait elle nous suffit.

    En Égypte il y a suffisamment de place pour tous les égyptiens; nous devons éviter d’entrer en lutte les uns contre les autres et ainsi de tout démolir, faute de quoi les jeunes choisiront de partir vivre ailleurs… Non c’est inacceptable!

    Nous devons faire face résolument à nos problèmes, mettre fin à l’effusion de sang dans nos pays, faire preuve de lucidité et d’intégrité dans nos interactions, favoriser le dialogue et le débat. Je ne suis pas contre l’émigration, ceux qui nous ouvrent la porte je leur dit Merci votre geste est apprécié. En ce qui concerne ceux qui nous ferment la porte, je dis qu’en cela nous n’avons de reproches à adresser qu’à nous-mêmes.

     

    Mes commentaires

    J’entends déjà les grincements de dents des immigrationistes islamophiles, je perçois également la rage des mondialistes, ennemis déclarés des nations.

    En effet le président el Sissi leur coupe littéralement l’herbe sous le pied; tout leur échafaudage idéologique s’écroule. El Sissi est un égyptien authentique, un nationaliste qui aime l’Égypte et qui veut en faire un objet de fierté.

    Son attachement viscéral à sa terre natale le rend imperméable à l’idée de conquérir l’Occident pour y imposer l’islam et la charia. Il fait sienne cette maxime: « si je n’étais pas égyptien, j’aurai certainement aimé l’être ».

    Cette formule élaborée au début du vingtième siècle est proche de l’énoncé selon lequel tout homme a deux patries, la sienne et puis la France.

    En tant que nationaliste convaincu, el Sissi comprend parfaitement le nationalisme des peuples européens. Malgré sa foi, il trouve inacceptable l’idée d’introduire un cheval de Troie islamique dans les pays d’accueil.

    Son sens politique l’amène aussi à souhaiter que les peuples européens préservent leur culture, laquelle est garante de leur succès et de leur survie. Il voit d’un fort mauvais œil le changement radical opéré par l’immigration islamique en Europe.

    Si cette dernière venait à s’effondrer dans la violence comme cela se passe au Moyen-Orient, alors l’Égypte se retrouverait en perdition civilisationnelle.

     

     

    Privée de l’oxygène que lui procure la civilisation occidentale, l’Égypte mourra d’asphyxie islamiqueÀ bien y penser el Sissi aime certainement la France plus que Macron, il aime aussi l’Allemagne plus que Merkel et probablement le Canada plus que Trudeau. Il veut que la France reste la France, que l’Allemagne reste l’Allemagne, que l’Italie reste l’Italie, que le Canada reste le Canada et surtout que l’Occident cesse de réchauffer la vipère islamique en son sein. Il sait à quel point son venin est dangereux, l’Égypte en fait l’expérience quotidiennement.

    Mais le message d’El Sissi aux jeunes musulmans du forum, s’adresse autant aux peuples d’Occident.

    El Sissi nous dit que nous avons l’obligation de préserver notre culture, nos valeurs et notre mode de vie, que nous devons exiger de la part des immigrants le respect absolu de nos lois, de nos valeurs, de nos traditions, de nos coutumes et de notre culture.

    El Sissi ne croit pas aux chimères que sont le racisme et l’islamophobie, il sait d’expérience que l’islam est dangereux et que le craindre et s’en prémunir n’est que prudence et sagesse.

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélios d’Alexandrie pour Dreuz.info


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    De Kerbala à Daech


    Kerbala, le plus grand pèlerinage au monde.

    Pourtant vous n’en avez probablement jamais entendu parler.


    Par Sayed Mahdi al-Modarresi –

    Le 18 novembre 2018 – The Huffpost

    Le « Dôme d’or », mausolée de l’Imam Hussein

     

    Ce n’est ni le Hajj musulman [pèlerinage à La Mecque], ni la Kumbh Mela hindoue. Désigné comme le « Arbaeen » [le quarantième jour], c’est le plus grand rassemblement au monde et vous n’en avez probablement jamais entendu parler !

    Non seulement cette congrégation dépasse-t-elle le nombre de visiteurs à la Mecque (par un facteur de cinq, en fait), mais elle est encore plus importante que la Kumbh Mela, puisque cette dernière n’est commémorée que tous les trois ans.

    En bref, Arbaeen éclipse tous les autres rallyes de la planète, atteignant les vingt millions de participants l’an dernier.

     

    Cela représente une proportion impressionnante de 60% de toute la population d’Irak, et leur nombre est en augmentation année après année.

     

    Surtout, Arbaeen est unique parce qu’il se déroule contre un arrière-fond de scènes géopolitiques chaotiques et dangereuses. Daech – alias « État islamique »– considère les chiites comme des ennemis mortels, si bien que rien n’exaspère le groupe terroriste plus que la vue des pèlerins chiites rassemblés pour leur plus grande démonstration de foi.
     
    Il y a une autre particularité de Arbaeen. Bien que ce soit un exercice spirituel typiquement chiite, des sunnites, et même des chrétiens, des Yézidis, des Zoroastriens et des Sabéens prennent part à la fois au pèlerinage et au service des dévots. C’est remarquable compte tenu de la nature exclusive des rituels religieux, et cela ne peut signifier qu’une chose : les peuples, indépendamment de leur couleur ou de leur croyance, considèrent Hussein comme un symbole universel de la liberté et de la compassion, sans frontières et méta-religieux.
     

    La raison pour laquelle vous n’en ayez jamais entendu parler est probablement liée au fait que la presse s’intéresse plus aux tabloïds négatifs, sanglants et sensationnalistes qu’aux récits positifs et inspirants, surtout lorsqu’il s’agit de l’Islam.

    Si quelques centaines de manifestants opposés à l’immigration défilent dans les rues de Londres (ou de Paris), ils feront les gros titres.

    Un même niveau de temps d’antenne est accordé à une marche en faveur de la démocratie à Hong Kong ou à un rassemblement anti-Poutine en Russie. Mais un rassemblement de vingt millions de personnes, s’élevant en défi manifeste contre la terreur et l’injustice, ne parvient pas même à apparaître sur le bandeau défilant au bas des chaînes d’informations télévisées !

     

    Un embargo médiatique non officiel est imposé sur cet événement gigantesque, bien que cette histoire possède tous les éléments critiques d’un reportage à succès : les chiffres effarants, la signification politique, le message révolutionnaire, le contexte tendu, ainsi que l’originalité. Mais quand une telle histoire parvient à franchir la hache éditoriale des grands médias, elle crée une onde de choc et touche toutes les catégories de populations.

     
     

    Parmi les innombrables personnes inspirées par cet événement, il y a un jeune homme australien que j’ai rencontré il y a plusieurs années, et qui s’était converti à l’islam. Évidemment, personne ne prend à la légère une telle décision qui change sa vie, et en réponse à ma demande, il m’a informé que tout avait commencé en 2003.

     

    Un soir, alors qu’il regardait les informations, son attention a été attirée par des scènes de millions de personnes affluant vers une ville sainte appelée Karbala, et entonnant le nom d’un homme dont il n’avait jamais entendu parler : « Hussein ». Pour la première fois depuis des décennies, dans un événement télévisé à l’échelle mondiale, le monde a pu avoir un aperçu de la ferveur religieuse auparavant interdite en Irak.

    Une fois le régime baas sunnite renversé, les téléspectateurs occidentaux étaient impatients de voir comment les Irakiens allaient répondre à une nouvelle ère libérée de la persécution dictatoriale. La « République de la peur » s’était écroulée et le génie s’était échappé de la bouteille de façon irréversible.

    Ce jeune homme se souvient de s’être alors demandé : « Où se trouve Karbala, et pourquoi tout le monde va dans cette direction ? Qui est donc ce Hussein qui pousse ainsi les gens à défier tous les obstacles et les probabilités [d’attentat] et à sortir pour pleurer sa mort quatorze siècles après qu’elle soit survenue ? »

    Ce qu’il vit dans ce reportage de 60 secondes lui parut tout particulièrement émouvant car les images étaient telles qu’il n’en avait jamais vues. Un sentiment fervent de communauté transformait les pèlerins humains en limaille de fer, s’essaimant en une masse de plus en plus compacte à mesure qu’ils se rapprochaient de ce qui pourrait être décrit comme le champ magnétique irrésistible de Hussein. « Si vous voulez voir une religion vivante, qui respire, pleine de ferveur et de vitalité, venez à Karbala », conclut-il.

    Comment un homme qui a été tué il y a 1334 ans pourrait-il être si vivant et avoir une présence si palpable aujourd’hui, au point de pousser des millions de personnes à soutenir sa cause, et à considérer son sort comme le leur ?

    Les gens sont peu susceptibles de se laisser entraîner dans un différend (surtout s’il a eu lieu dans des temps anciens), à moins d’avoir un intérêt personnel dans l’affaire.

     

    Mais d’un autre côté, si vous avez le sentiment qu’une personne s’est engagée dans un combat pour votre droit à la liberté, votre droit à être traité avec justice et votre droit à une vie digne, vous pourrez considérer que vous avez un intérêt direct dans sa cause, et ressentir de l’empathie avec elle au point où la conversion à ses croyances ne serait pas une possibilité très lointaine.

    Procession des pèlerins devant le mausolée de l’Imam Hussein à Karbala
     
    La tragédie ultime
     
    Hussein, le petit-fils du prophète Mohamed, est vénéré par les musulmans comme le « Prince des Martyrs ». Il a été tué à Karbala en un jour qui a été désigné comme lAchoura – le dixième jour du mois islamique de Muharram – car il refusait de prêter serment d’allégeance au calife corrompu et tyrannique, Yazid.
     
    Avec sa famille et ses compagnons [72 personnes], il fut encerclé dans le désert par une armée de 30 000 hommes, assiégé jusqu’à ce qu’il manque cruellement de nourriture et d’eau, puis décapité de la manière la plus macabre, un récit épique et captivant rapporté sur les chaires chaque année depuis le jour où il a été tué. Leurs corps ont été mutilés. Dans les mots de l’historien anglais Edward Gibbon, « [Même] dans une époque et un climat lointains, la scène tragique de la mort de Hussein réveillera la sympathie du lecteur le plus froid. »
     
    Les musulmans chiites ont depuis ce jour pleuré la mort de Hussein, en particulier durant le jour de l‘Achoura, puis, 40 jours plus tard, durant le Arbaeen. Quarante jours est la durée habituelle du deuil dans beaucoup de traditions musulmanes. Cette année, Arbaeen tombe le vendredi 10 Novembre 2017.
     
    evening_of_ashoora
    Ce magnifique tableau est une fresque des derniers instants de la tragédie de Karbala, après la mort et la décapitation des derniers combattants.
     On y voit le deuil des rescapées de la famille de Hussein face au massacre de leurs proches (dont un enfant et un nouveau-né, et l’Imam Hussein lui-même, atrocement mutilé). Seuls les femmes et les enfants ont été épargnés et mis en captivité, puis soumis à une marche forcée vers Damas, où Zaynab, la sœur de Hussein, ainsi que le fils de Hussein, l’Imam Ali « Zayn al Abidine » (« la parure des dévots », le 4e Imam du chi’isme, qui était alors gravement malade), prononceront des discours fameux face au tyran Yazid.
    Pour rappel, l’intervention du Hezbollah en Syrie avait initialement été cantonnée à la protection du mausolée de Zaynab à Damas, que les terroristes de Daech menaçaient de détruire, ce qui aurait pu entraîner une guerre sectaire sunnites-chiites.
     
     
    Longue marche
     

    J’ai voyagé à Karbala, mon propre foyer ancestral, afin de pouvoir découvrir par moi-même pourquoi cette ville est si enivrante. Ce que j’ai vu m’a prouvé que même l’angle le plus large de l’objectif de la meilleure caméra reste trop étroit pour capturer l’esprit de ce rassemblement tumultueux, mais paisible.

    Une avalanche d’hommes, de femmes et d’enfants, mais plus visiblement de femmes voilées de noir, remplit l’œil d’un bout de l’horizon à l’autre. Les foules étaient tellement énormes qu’elles causaient un encombrement sur des centaines de kilomètres.
     
    Les 500 kilomètres de distance entre la ville portuaire méridionale de Bassora et Karbala constituent déjà un long voyage en voiture, mais c’est un périple incroyablement difficile à pied. Il faut deux semaines complètes aux pèlerins pour réaliser ce parcours. Des gens de tous les groupes d’âge crapahutent sous le soleil brûlant pendant la journée, et dans un froid glacial durant la nuit.
    Ils voyagent à travers un terrain accidenté, sur des routes inégales, à travers des bastions terroristes et des marais dangereux, et sans même l’équipement de voyage ou les commodités les plus élémentaires, les pèlerins emportant peu de choses à part leur amour ardent pour « le Maître » Hussein. Drapeaux et bannières leur rappellent, à eux et au monde entier, l’objet de leur voyage :
     
    Ô mon âme, tu es sans valeur après Hussein.
    Ma vie et ma mort sont une seule et même chose,
    S’ils me prennent pour un fou, peu importe !
     
    Ce message reprend des vers récités par Abbas, le demi-frère de Hussein et son fidèle lieutenant – également tué durant la bataille de Karbala en l’an 680 de notre ère –, alors qu’il essayait d’aller chercher de l’eau pour ses neveux et nièces qui souffraient terriblement de la soif.
    Les conditions de sécurité actuelles étant dans l’état catastrophique qui fait de l’Irak le premier titre des informations dans le monde, personne ne doute que cette affirmation est authentique dans toutes les significations.
     
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)
     
    Déjeuner gratuit… et même dîner et petit déjeuner !
     
    Une des parties du pèlerinage qui laissera chaque visiteur perplexe est le spectacle de milliers de tentes avec des cuisines de fortune mises en place par les villageois qui avoisinent le parcours des pèlerins. Les tentes (appelées « mawkeb ») sont des lieux où les pèlerins reçoivent pratiquement tout ce dont ils ont besoin.
    Repas chauds, espaces pour se reposer, appels internationaux gratuits pour rassurer des parents anxieux, couches pour bébés, etc., pratiquement tous les équipements dont peuvent avoir besoin les pèlerins sont fournis gratuitement. De fait, les pèlerins n’ont pas besoin de transporter quoi que ce soit sur ce parcours de 500 kilomètres, sauf les vêtements qu’ils portent.
     
    Plus intrigante est la façon dont les pèlerins sont invités à manger et à boire. Les personnes qui organisent les « mawkeb » interceptent les pèlerins sur leur chemin et les prient instamment d’accepter leurs offres, qui incluent souvent une suite complète de services dignes de rois : on vous propose d’abord un massage des pieds, puis on vous offre un délicieux repas chaud, et vous êtes invités à vous reposer tandis que vos vêtements sont lavés et repassés, puis vous sont restitués après votre sieste. Tout cela gratuitement, bien entendu.
     
    À titre de comparaison, considérez ceci : à la suite du tremblement de terre en Haïti, et avec la sympathie et le soutien du monde entier, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a annoncé la livraison d’un demi-million de repas au plus haut degré de ses efforts de secours.
     
    L’armée des États-Unis a lancé l’opération Réponse unifiée, réunissant les ressources massives de divers organismes fédéraux et annonçant que dans les cinq mois suivants la catastrophe humanitaire, 4,9 millions de repas avaient été livrés aux Haïtiens.
     
    Maintenant, comparez cela aux plus de 50 millions de repas par jour pendant Arbaeen, ce qui équivaut à environ 700 millions de repas pour la durée du pèlerinage, le tout financé non pas par l’Organisation des Nations unies ou des organisations caritatives internationales, mais par des travailleurs et des agriculteurs pauvres qui se serrent la ceinture pour pouvoir nourrir les pèlerins et peuvent économiser durant toute l’année afin que les besoins des visiteurs soient satisfaits.
    Tout, y compris la sécurité, est assuré principalement par des volontaires, dont les combattants ont un œil sur Daech et un autre sur la protection du parcours des pèlerins. « Pour savoir ce que l’islam enseigne, dit un organisateur de mawkeb, ne regardez pas les actions de quelques centaines de terroristes barbares, mais les sacrifices altruistes dont font preuve des millions de pèlerins pour Arbaeen. »
     
    De fait, Arbaeen devrait être répertorié dans le Livre Guinness des records dans plusieurs catégories : le plus grand rassemblement annuel, la plus longue table à manger en continu, le plus grand nombre de personnes nourries gratuitement, le plus grand groupe de bénévoles participant à un seul événement, le tout sous la menace imminente des attentats-suicides.
     
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)
    Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)
     
    Dévotion inégalée
     

    Le seul fait de contempler ces multitudes est à couper le souffle. Ce qui rend cette scène plus spectaculaire encore est que tandis que les conditions de sécurité se détériorent, de plus en plus de personnes sont prêtes à défier les menaces terroristes et à participer à cette marche en guise de protestation.

    Ainsi, le pèlerinage n’est pas un simple exercice religieux, mais une affirmation courageuse de résistance.

     

    Des vidéos mises en ligne montrent des kamikazes se faire exploser au milieu des pèlerins, avec pour seule conséquence des foules qui se font toujours plus nombreuses, et chantent à l’unisson :

    S’ils nous coupent les jambes et les mains,
    Nous ramperons jusques aux terres saintes !

     

    Les horribles attentats à la bombe qui se produisent toute l’année, en ciblant principalement des pèlerins chiites et en prenant d’innombrables vies, illustrent les dangers auxquels sont confrontés les chiites vivant en Irak, et l’insécurité qui continue de gangréner le pays.

     

    Pourtant, la menace imminente de mort ne semble pas dissuader les gens – jeunes et vieux, Irakiens et étrangers – d’entreprendre le voyage dangereux vers la ville sainte.

    Il n’est pas facile pour un étranger de comprendre ce qui inspire les pèlerins. On voit des femmes transportant des enfants dans leurs bras, des vieillards en fauteuil roulant, des gens sur des béquilles, et des personnes âgées aveugles tenant des bâtons de marche. J’ai rencontré un père qui avait parcouru tout le chemin depuis Bassora avec son garçon handicapé.
    Cet enfant de 12 ans avait une paralysie cérébrale et ne pouvait pas marcher sans aide. Ainsi, durant une partie de la marche, le père avait placé les pieds du garçon sur les siens et marchait avec lui en le tenant par les aisselles. C’est le genre d’histoire à partir desquelles des films oscarisés sont réalisés, mais il semble que Hollywood soit plus intéressé par les héros de comics que par ceux de la vie réelle dont les super-pouvoirs sont le courage et le dévouement.
     
    Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage
    Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage
     
    Le Dôme d’or de Hussein
     
    Les visiteurs du sanctuaire de Hussein et de son frère Abbas ne sont pas motivées par la seule émotion. Ils pleurent au souvenir de sa mort atroce, et, ce faisant, réaffirment leur engagement en faveur de ses idéaux.
     
    La première chose que les pèlerins font après avoir atteint son sanctuaire est de réciter la Ziyara, un texte sacré qui rappelle le statut de Hussein. Ils commencent cette récitation en appelant Hussein l’« héritier » d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus.
     
    Il y a quelque chose de profond dans cette proclamation. Elle montre que le message de Hussein, un message de vérité, de justice et d’amour pour l’opprimé, est considéré comme une extension inséparable de tous les prophètes divinement nommés.
     

    Les gens ne vont pas à Karbala pour s’émerveiller devant le paysage de la ville – luxuriant de palmiers-dattiers –, pour admirer la beauté architecturale du mausolée, pour faire des achats, se divertir, ou visiter des sites historiques anciens. Ils y vont pour pleurer. Pour faire leur deuil et ressentir l’aura angélique de Hussein. Ils entrent dans le sanctuaire sacré en pleurant et en se lamentant sur le plus grand acte de sacrifice de l’histoire.

    Fidèles autour du tombeau de l'Imam Hussein, à l'intérieur du mausolée
    Fidèles autour du tombeau de l’Imam Hussein, à l’intérieur du mausolée
     
    C’est comme si chaque individu avait établi une relation personnelle avec cet homme qu’il n’a jamais vu. Ils lui parlent et l’appellent par son nom ; ils saisissent les cloisons de son tombeau ; ils embrassent le sol conduisant au sanctuaire ; ils touchent ses murs et ses portes de la même manière qu’on touche le visage d’un ami perdu depuis longtemps.
     
    C’est une vision pittoresque aux proportions épiques. Ce qui motive ces gens est quelque chose qui nécessite une compréhension de la nature et du statut de l’Imam Hussein et de la relation spirituelle que ceux qui ont appris à le connaître ont développée avec sa légende vivante.
     
    Si le monde comprenait Hussein, son message et son sacrifice, il commencerait à comprendre les racines anciennes de Daech et son credo de mort et de destruction. C’est il y a des siècles, à Karbala, que l’humanité a assisté à la genèse de monstruosités insensées, incarnées dans les assassins de Hussein. Ce fut le combat des ténèbres les plus obscures contre la lumière brillante et absolue, de l’exhibition de vice contre l’archétype de vertu, ce qui explique la puissance du spectre de Hussein aujourd’hui.
     
    Sa présence est primordialement tissée dans toutes les facettes de la vie des pèlerins. Sa légende encourage, inspire, et se fait le champion du changement pour un monde meilleur, et aucun black-out médiatique ne pourra éteindre sa lumière.
     
    « Qui est donc ce Hussein ? » Pour des centaines de millions de ses partisans, une question si profonde, qui peut inciter les gens à renoncer à leur religion pour une autre, ne peut recevoir de réponse qu’après un pèlerinage à pied au sanctuaire de Hussein.
     
    Sayed Mahdi al-Modarresi