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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Traduction exclusive pour les lecteurs du blog de la vision du secrétaire de Ben Ladden

    N.B. CECI N’EST PAS DE LA PROPAGANDE ISLAMISTE, le terrorisme c’est mal…

     

    Nasser al-Wahishi, né au Yemen en 1976, rejoignit l’Afghanistan en 1998 et devint le secrétaire de Ben Laden.

    Il devint ensuite en 2002 le leader d’Al-Qaïda au Yémen, puis en 2009 celui d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA). En 2013, le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zaouahiri en fait son adjoint.

    En janvier 2015, al-Wahishi revendique l’attaque de Charlie Hebdo, puis est tué par un drone en juin 2015.

    En septembre 2011, il a rédigé son témoignage sur l’organisation des attentats du 11 Septembre, qui a été publié dans hebdomadaire “al-Masrâ” (publication périodique digitale liée à AQPA), en février 2016.

    [Nasser al-Wahishi raconte.] [Bénédictions sur le Prophète Muhammad et ses Compagnons] Le mouvement djihadiste luttait contre l’ignorance et ses adeptes, ce qui était alors très difficile car le mouvement n’avait pas compris ou n’avait pas expliqué aux gens ses objectifs. Les gens étaient loin de tout cela, loin de saisir les desseins du mouvement et ce que voulaient les djihadistes.

    Il y avait alors beaucoup de groupes, dans chaque pays se trouvait un groupe qui luttait dans le sentier de Dieu, entretenant un jeu du chat et de la souris avec les fausses idoles, lesquelles avaient un jour le dessus et un jour échouaient.

    Toutefois, au vu du contexte difficile dans lequel évoluaient les djihadistes, la plupart du temps ce furent les fausses idoles qui parvenaient à contenir le mouvement par différents moyens, je ne mentionnerai pas comment tout cela est arrivé, comment ont-ils pris les armes, comment ont-ils pu ainsi dominer l’Oumma à ce point, comment se sont-ils emparés des esprits, comment ont-ils orienté les médias à l’encontre des pauvres gens ?

     

    En bref, le mouvement djihadiste s’est trouvé cerné de toute part dans chaque pays et a pu trouver un espace en Afghanistan avant d’être évincé dans de nombreuses régions…

     

    Les cheikhs se réunirent plusieurs fois à Kaboul et à Kandahar pour étudier les causes de cette situation et trouver un remède…

    Le cheikh Oussama [Ben Laden] estimait que le mouvement devait combattre l’ennemi mécréant le plus visible et non pas le plus enraciné dans la mécréance : les apostats y étaient les plus enracinés mais le mouvement croisé et sioniste était le plus visible. Nul ne conteste le fait de combattre les Juifs et les chrétiens tandis que lorsqu’il s’agit de combattre les gouvernements apostats dans ton pays, tout le monde s’y oppose : les peuples, le mouvement islamiste et le mouvement djihadiste car ils ont des priorités. De même, le mouvement djihadiste est très divers et n’est pas unique, dans son acception large il a également ses priorités, certains te diront même que, pour l’heure, ils n’en ont pas la capacité…

    Parmi les partisans de cette pensée, entre autres, le cheikh Abu Muhammad al-Maqdisi ; ils te diront que la vérité est désormais évidente mais la capacité pour combattre n’est pas encore au rendez-vous, par exemple si on affronte les Saoud, qui se mettra en travers de ta route ? Beaucoup de mouvements djihadistes. Pourquoi ? Ils vont te répondre qu’ils ne pourront pas, ils n’en ont pas la capacité, que tu vas les fourrer dans le pétrin, les conduire en prison, qu’il ne faut pas se précipiter et aller à l’affrontement avant son heure propice, que ce n’est pas le moment et ainsi de suite. Alors le cheikh [Ben Laden] a répliqué que nous nous orienterons vers l’ennemi américain, le plus évident, celui que tout le monde considère ainsi afin d’éviter aux gens toute discorde ou même confusion. Tout le monde partage ce ressentiment contre l’Amérique et a minima le mouvement islamique te soutiendra contre les mécréants.

    Le mouvement djihadiste a beaucoup discuté là-dessus, la plupart des courants ont été d’accord pour fonder le front islamique mondial pour combattre les Juifs et les Croisés, il y a eu quelques opposants notamment le groupe libyen et les islamistes, après avoir donné leur accord ils se sont opposés ainsi que le groupe islamique égyptien et la majorité des groupes du Maghreb. L’essentiel étant que l’accord portait sur le fait d’affronter les Juifs et les Croisés.

    L’accord a été conclu en 1998, le cheikh a tenu une conférence de presse à Khost et a annoncé la création du Front mondial pour la lutte contre les Juifs et les Croisés, cela se déroula à la toute fin des préparatifs en vue des attentats contre les Américains en Afrique du Sud et sur le continent en général.

    Un mois plus tard, il y a eu les attentats au Kenya et en Tanzanie contre les ambassades américaines en Afrique, raison pour laquelle le cheikh tenait alors beaucoup aux réunions et aux discussions avant de passer à l’action et avant les renforcements des dispositifs de sécurité.

    Il cherchait à convaincre le plus grand nombre, il y avait beaucoup de débats et les divergences ne manquaient pas, de même qu’après les opérations réalisées…

    Certains lui reprochaient de les entraîner contre les Américains alors qu’ils n’avaient pas les moyens de les atteindre par la voie maritime ; quant à l’idée de les attaquer par la voie aérienne, personne n’y avait songé afortiori d’utiliser des avions [comme projectiles].

    Un homme égyptien du nom d’al-Batouti, pilote, Dieu seul sait qui il était, avait pris en otage des officiers égyptiens et israéliens dans les airs et s’écrasa avec eux dans les flots. En apprenant cela, le cheikh Oussama se demanda alors pourquoi diable il ne les avait pas précipités plutôt sur des bâtiments. C’est de là que vint l’idée des avions qui s’écrasent sur les bâtiments que l’on vise !

    L’Histoire est une trame dont les fils se lient les uns aux autres. À l’origine quand la Russie combattait les Afghans, il s’agissait de la fin de l’encerclement russe et de leur défaite, c’est alors que les moudjahidines songèrent à frapper les Américains aussi. Le cheikh Abdallah Azzam cherchait à passer à une autre étape du mouvement, à la fin il disait que si Dieu lui prêtait vie, il ferait de ses adeptes des bombes humaines. Il tenait des propos très durs à l’encontre du camp occidental.

    […paragraphes faisant l’hagiographie de deux djihadistes…]

    Ramzi Youssef, le neveu de Khaled Cheikh, et Azmaray [figure du djihadisme] préparaient un attentat contre Bill Clinton en compagnie du Pape lors de leur visite aux Philippines. En préparant la bombe, Azmaray avait fait une erreur de manipulation et une fumée très épaisse commença à se dégager de l’appartement où ils logeaient. Ils tentèrent de maîtriser la situation mais prirent la fuite finalement. Les pompiers arrivèrent sur place pour éteindre le faux incendie et découvrirent de quoi il retournait.

    Peu de temps après, Azmaray était tombé dans les mains des autorités en sortant de l’aéroport. C’était un homme très courageux et très rusé avec plusieurs cordes à son arc.

    Avant de devenir moudjahidine, il lui arrivait d’affronter seul des animaux sauvages sur des lieux déserts, il aimait l’aventure et les défis. Il avait réussi par son expérience à s’enfuir de la prison et avait pris contact avec les frères à Peshawar au Pakistan en leur demandant de lui faire parvenir un passeport. C’est ainsi qu’il quitta les Philippines.

    Ramzi Youssef avait été arrêté au Pakistan après l’échec d’un attentat dans un avion. La bombe avait explosé mais n’avait fait qu’endommager l’avion. Il avait alors posé une [autre] bombe artisanale à retardement sous un siège au-dessus de la soute. L’avion s’était arrêté dans une escale car la déflagration avait causé une brèche et Ramzi avait pu quitter l’aéroport. L’avion explosa plus tard en plein vol.

    Quant à Khaled al-Cheikh [Mohammed], il avait débuté au Koweït. Il faisait partie des Frères musulmans et avait monté une pièce de théâtre où un personnage se demandait comment faire écraser des avions. Khaled était très jeune à l’époque. J’ai cherché cette pièce de théâtre sur Internet et ne l’ai pas trouvée, j’ai aussi demandé à un frère de chercher et n’a pas réussi non plus.

    C’est parce que nous ne connaissions pas son titre sinon nous l’aurions trouvée. L’essentiel c’est qu’il l’avait écrite et cela prouve qu’il pensait à cette éventualité très jeune déjà. Adulte, il planifiait et cherchait un moyen pour faire écraser douze avions américains simultanément. Ce furent les débuts du premier groupe à entreprendre des opérations contre l’Occident.

    Puis vint le tour du cheikh Oussama qui avait fait venir Khaled al-Cheikh et lui avait soumis le projet. Ainsi, l’un proposait de prendre pour cibles des immeubles et l’autre d’utiliser des avions comme projectiles.

    L’idée commençait à prendre forme petit à petit. Il sollicita les frères qui étaient en possession de passeports et ceux qui pouvaient entrer aux États-Unis.

    Parmi eux se trouvait le cheikh Abou Abderrahman, Nawaf al-Hazemi et Khalid al-Mehdar qui faisaient partie des premiers désignés.

    Le cheikh Oussama les envoya aux Etats-Unis pour s’entraîner au pilotage d’avions. Ils ne savaient pas quelles serait leur mission à l’issue de leur formation. Ils revinrent les uns après les autres.

    Il y avait le pilote Marwan al-Chehi, originaire des Émirats Arabes Unis, il avait parlé de ses contacts en Allemagne et voulait les rejoindre mais le cheikh Oussama l’avait dissuadé. Entre-temps, d’autres nous avaient rejoints : Mohamed Atta, Ziad al-Jarrah, Ramzi Ben al-Chibah, quatre en tout et c’était à ce moment-là que le cheikh demanda à Marwan de partir en Allemagne pour coordonner les opérations avec ses amis.

    Les acolytes de Marwan al-Chehi faisaient des études en Allemagne, et il s’était coordonné avec eux avant de partir aux États-Unis pour s’entraîner au pilotage d’avion.

    Mohamed Atta, Ziyad al-Jarrah et Ramzi b. al-Chiba se trouvaient en Afghanistan avec le cheikh Oussama [Ben Laden] et y étaient restés un mois […passage hagiographique sur ce groupe de djihadistes…]. Il y avait avec eux d’autres acolytes, parmi eux le cheikh Khalid Rahbi, Mouʿtaz, Jalibib, Djihad, ʿIkrimah, Walid et Wael al-Chahri, Mohannad. Certains étaient des nouveaux venus, d’autres étaient plus anciens dans le groupe tel que le cheikh Khalid Rahbi.

    Le cheikh Oussama les réunit et leur expliqua une part de l’opération et ce qu’il attendait d’eux, en l’occurrence piloter des avions et les écraser contre des cibles précises. Mohamed Atta était surpris et demanda pourquoi confier une telle opération aussi facilement à des nouveaux venus.

    Oussama leur répondit qu’il avait l’intuition que c’était ce groupe qui allait démolir l’Occident, qu’il fallait qu’ils s’en remettent à Dieu.

    Mohamed Atta était très attaché à l’Afghanistan, il en voulait beaucoup à l’Occident. Il y aimait la simplicité de la vie, les habitations en terre et il imaginait ainsi la vie menée par les compagnons du Prophète. Il imaginait qu’il vivait une vie similaire à la leur.

    [Khalid Rahbi poursuit le récit à ce niveau :]

    En cette période en Afghanistan, nous cherchions avec le frère al-Faqʿassi à unir les groupes et harmoniser les points de vue. Tous savaient qu’une opération était en cours visant l’Amérique et je tenais à y participer. Je cherchais à rencontrer le cheikh Oussama et ce fut le cheikh al- Wahishi qui m’y aida.

    Ma présence en Afghanistan datait alors à peine de quelques mois, je rencontrai le cheikh Oussama qui me confirma que je faisais partie du groupe désigné pour l’opération. Je lui avais fait part de mon souhait de participer à toute action qu’il jugerait nécessaire.

    Personne ne connaissait l’ampleur de cette opération ni ses modalités. Nous étions très enthousiastes d’y participer. Il nous disait que c’était une opération de grande envergure visant le cœur des États-Unis. Je m’étais imaginé un attentat à la voiture piégée dans un grand centre à l’instar de celui de Nairobi par exemple. C’était Khalid Cheikh qui coordonnait l’opération avec nous.

    Quand j’ai été arrêté et que j’ai été remis aux autorités saoudiennes, je parlais toujours avec beaucoup d’enthousiasme de l’ennemi américain et de ce « groupe » [en arabe « constellation », kawkaba] qui redorait le blason de la Oumma et lui rendait sa fierté.

    Lors des interrogatoires, on s’étonnait du fait que je nommais ce groupe ainsi mais je le répétais au point qu’on m’avait surnommé Abou Kawkaba. Les hommes de ce groupe sortaient du lot et chacun d’eux avait une qualité qui le distinguait des autres.

    J’emmenais parfois le cheikh al-Wahishi pour rendre visite à quelques groupes [… passage hagiographique sur un groupe de djihadistes…]. Notamment celui où se trouvaient Abou Hachem al-Naʿmi, les frères Walid et Wael al-Chahri, Miqdad et d’autres. Nous avons eu le sentiment en leur présence qu’ils étaient distraits, ils étaient en train d’étudier un livre intitulé « Pleurer par la crainte de Dieu ». En effet je me disais que notre voie nécessitait de nous orienter vers Dieu.

    Je remarquais que ces frères prenaient soin les uns des autres. Je me souviens qu’on effectuait des rondes dans le camp en plein hiver dans les montagnes afghanes, alors qu’il faisait très froid et qu’il neigeait, Mouʿtaz al-Ghamidi par exemple se réveillait la nuit pour chauffer l’eau à ses compagnons.

    Les deux frères Walid et Wael descendaient de familles de notables très riches de la région du Sud. Wael et moi avions d’ailleurs été camarades de classe. Ils étaient invités en Afghanistan et je leur ai rendu visite, ils ne m’ont pas reconnu tout de suite mais après le leur avoir rappelé, nous sommes devenus très proches. Ils ont ensuite été intégrés à leur tour au groupe du 11 septembre.

    Le cheikh Oussama annonça l’opération et demanda des volontaires pour tomber en martyr. Certains hésitaient en pensant qu’il cherchait juste à rassembler des adeptes par ses propos. Il leur avait alors répondu : « Est-ce que le descendant de Mohamed mentirait ? ».

    Certains frères faisaient preuve de beaucoup d’empressement et d’ignorance, ils lançaient des rumeurs, c’est alors que Walid al-Chahri est venu me voir à ce sujet et m’a demandé mon avis. Je lui ai dit que le cheikh ne mentait pas et il se porta volontaire lui et son frère.

    Je tenais à ce que les personnes que j’estimais prêtent allégeance au cheikh Oussma car l’allégeance renforçait l’engagement des aspirants. Ce fut le cas de celui qu’on surnommait al-Ahnaf et d’un autre dit al-Saqqami. Le Cheikh s’enquit auprès de moi à leur sujet et je lui ai dit tout le bien que j’en savais.

    Nous sommes partis après en pleine montagne dans un camp d’entraînement, une épreuve tactique dans des conditions très dures pour tester notre endurance, nos capacités et notre persévérance. Il y avait à mes côtés al-Haznaoui, Jalibib, Djihad al-Ghamidi et quelques autres. Malgré la dureté, on se sentait très proches et plein de foi. J’y croisais souvent Mohannad al-Chahri.

    Après cela, nous avions commencé à coordonner et correspondre par messagerie électronique avec Khalid Cheikh pour les démarches de l’obtention des visas. J’étais interdit de voyager à l’époque et je suis entré en Afghanistan avec un faux passeport. Cheikh Oussama l’apprit plus tard et je lui ai dit que j’allais faire de mon mieux pour partir aussi. J’ai tant essayé mais sans succès.

    Nous avions convenu de demander également d’autres visas d’autres pays pour ne pas attirer l’attention et d’autres précautions de ce type.

    Certains sont rentrés en Arabie Saoudite pour faire les démarches administratives là-bas, d’autres sont rentrés y faire leurs adieux à leur famille, d’autres encore ont préféré rester pour ne pas être dissuadés de leur projet. D’autres enfin en ont profité pour accomplir leur pèlerinage avant de se rendre aux États-Unis.

    [Al-Wahishi reprend la narration :]

    Le cheikh [Oussama] tenait à ses recrues, il s’en s’occupait personnellement, il avait pris beaucoup de soin à les choisir notamment le groupe sous la responsabilité de Khaled qui était constitué de Mouʿtaz, ʿIkrima, Mohannad al-Chahri, Jalibib ainsi que Walid, Wael, Abou Hachem et al-Ahnaf.

    Quant à Mohamed Atta, Tarek et Ramzi, le cheikh leur avait ordonné de partir en Amérique.

    Atta ne voulait pas, il lui était insupportable de retourner là-bas en Occident.

    Ramzi et Tarek étaient partis bien avant lui et quand ce fut son tour, il était très ému de par son désir de rester en Afghanistan. En effet, il détestait l’Occident et son mode de vie et racontait souvent tout ce qui ne lui plaisait pas là-bas, manger du porc et ce genre de choses.

    Il nous a quitté et rejoignit le Pakistan. Là-bas, il perdit son passeport dans le taxi. Khaled Cheikh s’en est rendu compte et fut surpris de constater la joie de Mohamed Atta qui voyait l’occasion de retourner en Afghanistan.

    Khaled Cheikh mit une annonce dans les journaux et promit une prime. Le passeport a été retrouvé et finalement Atta partit à son tour.

    Certains frères partaient pour l’Arabie Saoudite chercher leur visa et rentraient ensuite. À cette époque, on parlait beaucoup des Talibans et beaucoup de pression s’exerçait sur eux comme le fait que le cheikh Oussama était devenu un hors-la-loi sur le plan international alors qu’il continuait pourtant à communiquer avec les médias.

    Turki al-Fayçal et Abdelmohsin al-Turki arrivèrent en Afghanistan à la tête d’une délégation pour rapatrier le cheikh Oussama en Arabie Saoudite. Ils tentèrent de convaincre les Talibans dans ce sens. Ils envoyèrent des messages à « Wakil Ahmed » en arguant du fait que le cheikh allait leur causer beaucoup d’ennuis et qu’il valait mieux le leur livrer. La pression était intenable et venait de toute part.

    [… deux paragraphes hagiographiques sur le groupe de djihadistes…]

    Parmi les frères également se trouvait Hany Hanjour qui était un pilote militaire saoudien diplômé en 1996 du royaume.

    Le premier groupe s’entraînait aux États-Unis alors que le second se trouvait en Afghanistan et s’apprêtait à rejoindre le premier. Cela se passait un an avant les événements [du 11 septembre]. L’Amérique, de son côté, planifiait quelque chose pour se venger des Talibans qui protégeaient le cheikh Oussama et ses compagnons.

    Le premier groupe aux États-Unis était prêt et réclamait d’urgence les autres qui se trouvaient à l’étranger, car il craignait d’être découvert au moindre soupçon.

    On envoya alors les groupes [aux États-Unis], il ne restait alors plus que le groupe avec Abou al-ʿAbbas, de son vrai nom Abdelaziz al-ʿOmari al-Zahrani, frère de Fadil, Abou Ahmed al-Imarati, Ziyad al-Jarrah, Salem al-Hazimi et Mohamed al-Qahtani qu’on surnommait Farouk. Ainsi tous furent envoyés, les dix-neuf parvinrent à entrer aux États-Unis excepté un seul qui ne put pénétrer les terres américaines.

    La situation était tendue, les frères se trouvaient tous en Amérique, l’ennemi était là à chaque instant et les débats [dans les médias] tournaient autour de l’Afghanistan. Le cheikh Oussama intervenait en mentionnant que des groupes se préparaient pour une grande opération et qu’il fallait qu’on prie pour eux.

    Les yeux du monde étaient focalisés sur les Talibans et particulièrement après leur décision de détruire les statues de Bouddha et vous connaissez la polémique mondiale autour de cette destruction.

    Quand les Talibans sont arrivés dans la région de Bamiyan, ils ont découvert les deux statues et commencèrent à les bombarder avec les tanks.

    Le monde s’est soulevé et il y eut des fatwas d’oulémas musulmans contre ces bombardements ainsi que des propositions pour racheter les deux statues. La polémique enfla quand Mollah Omar ne plia pas et dit sa phrase célèbre : « Au jugement dernier, je préfère être désigné parmi les destructeurs d’idoles que parmi les vendeurs d’idoles ».

    La Chine, le Japon et les bouddhistes en général proposèrent des sommes inimaginables pour les démonter et les transporter ailleurs.

    Mollah Omar refusa en déclarant que sa religion prévalait sur tout l’argent du monde et la démolition commença.

    Le cheikh Oussama ordonna qu’on s’y rende, nous nous sommes alors équipés de jeeps, de bulldozers et nous nous sommes rendus à Bamiyan. Al-Qaïda à Bamiyan ! Nous avons terminé les préparatifs jusqu’à 11h du soir et j’ai demandé la permission auprès du cheikh de m’absenter car je m’étais fiancé et je devais y aller le jour d’après pour l’autorisation légale de voir la fiancée. Il me l’accorda. Ravi, j’ai passé la nuit chez des frères à Kandahar puis je suis allé voir ma fiancée en compagnie de Abdelmajid et de l’oncle ʿAsim.

    Normalement le cheikh nous avait précédés pour se rendre à Bamiyan mais une fois à Ghazni, j’ai vu sa voiture ; je l’ai alors indiqué à mes compagnons, mais ils étaient sceptiques car il devait déjà s’y rendre au moment où nous étions occupés avec le sujet de mes fiançailles. Pourtant il s’agissait bien de sa voiture et il n’était pas seul : il était accompagné par les autres cheikhs : Dr. Ayman, cheikh Abou al-Walid al-Ansari et cheikh ʿIssa Marjane.

    On leur avait demandé ce qu’il se passait. Cheikh Oussama déclara qu’al-Qaradhawi se trouvait à Kandahar ! Nous nous sommes dirigés vers Kandahar et en effet al-Qaradawi était là-bas en compagnie d’une délégation composée notamment de Mohamed ʿAmmara, Tantawi, Nasr Farid Wassel ainsi que d’autres cheikhs d’autres pays, du Bahreïn, du Qatar ainsi que le cheikh Ali Qara Daghi.

    Khalid Cheikh se trouvait sur le seuil de la porte où se tenait la réunion, il ne me permit pas d’y entrer mais il me nomma tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur.

    J’ai demandé le fin mot de l’histoire au cheikh Oussama qui m’a révélé qu’il s’agissait de pourparlers avec les Talibans. Abou Hafs al-Masri et le cheikh Souleyman ont rejoint les négociations avec d’autres oulémas du côté des Talibans. Les frères voulaient filmer mais les Talibans ont refusé.

    Abou Hafs al-Masri m’a alors confié que le cheikh Oussama n’était pas le bienvenu et que s’il participait à la réunion, les autres allaient s’enfuir.

    Nous avons encore une fois proposé de filmer mais les Talibans refusèrent en estimant que l’enregistrement audio était très suffisant.

    Les Talibans et les frères à leur suite ont estimé que détruire les statues était conforme aux préceptes de la religion et qu’il ne pouvait y avoir de divergence là-dessus.

    La délégation des oulémas a estimé de son côté que le propos ne concernait pas la licéité de la destruction des idoles mais plutôt le moment opportun de les détruire. Le cheikh Abou Hafs al-Muritani déclara que si les Talibans, leurs oulémas et le peuple afghan étaient prêts à en subir les conséquences, c’était leur affaire, pourquoi donc vouloir stopper la destruction des idoles ?

    Il y a eu un long débat puis tout le monde sortit de la pièce et chacun partit de son côté. Nous prîmes ensuite la route pour Bamiyan que nous avons appelé « le voyage de l’unicité divine » pour achever la destruction des statues. En même temps, le groupe du 11 Septembre se dirigeait de son côté pour détruire les « statues américaines ».

    La statue de Bouddha était immense et nécessitait une grande quantité d’explosifs. Les Afghans affluaient de toutes parts pour participer à sa démolition. On pouvait voir les cheikhs aux barbes blanches exténués mais déterminés à porter les explosifs jusqu’au sommet qui s’élevait jusqu’à cinquante mètres.

    Nous avons dressé notre tente au sommet et le cheikh Oussama exprimait sa volonté de la raser complètement. La cellule médiatique travaillait sur la production du film « La réalité de l’Oumma » et le Cheikh veillait sur toutes les étapes.

    On discutait beaucoup sur les capacités des Talibans à porter de telles opérations et s’ils étaient en mesure d’en supporter la réaction américaine. De mon côté, je cherchais à savoir auprès du cheikh la durée que prendrait la guerre, un an, deux ans ou plus ?

    Il répondit qu’il s’agirait d’une décennie voire deux car selon lui l’âge des empires et des nations se compte en décennies et non en années, a minima la guerre durerait 15 ans et ensuite les États-Unis cesseraient d’être un empire et une grande nation pour se replier sur elle-même.

    Il s’attendait à la riposte américaine et à sa déclaration de guerre mais par elle commencerait l’usure économique et militaire du pays.

    Il planifiait aussi d’autres frappes, certaines ont été accomplies, d’autres non.

    Les négociations avec les Talibans autour des frappes contre l’Amérique étaient menées par Mohammad Hassan, Muʿtasim Agha, Abdul Halim, Sayed Agha et d’autres. De notre côté, il y avait le cheikh Oussama, le cheikh Abou al-Khayr, le cheikh Abou Hafs, le Dr Ayman, le cheikh Mustafa Aboulyazid et le cheikh Abdul Rahman al-Mohaymin. Les Talibans nous ont rejoint à l’aéroport et le cheikh Oussama les a très bien reçus.

    Il leur disait que l’histoire retiendra des Afghans deux choses : vous avez protégé les Arabes des Américains et c’est un bon point pour vous et que vous avez protégé les Américains des Arabes, ce qui est un mauvais point.

    Mohammad Hassan, qui était le chef du gouvernement à l’époque, lui répliqua avec déférence qu’il se trompait.

    Ensuite, le cheikh prépara un dossier qu’il demanda à Mohammad Agha de transmettre au Mollah Omar dans lequel se trouvaient des photos de la Palestine où des Juifs profanaient la mosquée al-Aqsa et frappaient des femmes musulmanes. Il lui demanda de montrer ces photos à l’« Émir des croyants ». Il rétorqua que c’était impossible car le Mollah Omar ne regardait jamais des photos. Le cheikh Oussama répondit alors : « C’est indispensable, parfois il est impératif au médecin de voir ce qui lui est interdit de voir dans le but de soigner la personne. Mollah Omar est notre médecin, il est le médecin de l’Oumma ! ».

    Mohammad Agha transmit le dossier au Mollah Omar de la part de ses frères arabes, à la vue des photos, le Mollah Omar fut très en colère et convoqua le cheikh Oussama.

    Nous nous sommes rendus, en compagnie de Zoubair al-Haʾili, en deux ou trois voitures chez l’« Émir des croyants ». Une fois devant la maison du Mollah Omar, nous avons croisé le cheikh Mohammad Magid Mohammadi (cheikh des Talibans, et ancien combattant contre les Russes) qui en sortait. Le cheikh Oussama alla directement le saluer et questionna son état de santé. Le vieux cheikh reconnut Cheikh Oussama et fit part de sa grande faiblesse physique tout en se souvenant très bien de ce qu’ils avaient vécu ensemble [contre les Russes].

    C’est alors que le Mollah Omar vint vers à nous à pied. Zoubayr, qui ne le connaissait pas, n’en revenait pas de tant de simplicité après que je lui aie présenté.

    Le groupe s’est dirigé ensuite vers la mosquée pour discuter. Mollah Omar dit au cheikh Oussama : « Cheikh, je voudrais que tu frappes les Juifs partout où ils se trouvent ! ». Le cheikh Oussama répondit : « À vos ordres, d’ici le coucher de soleil nous aurons beaucoup avancé dans nos opérations à leur encontre par la volonté de Dieu ! ». Je voyais bien à son air tout souriant que tout s’était bien passé lors de la réunion car je n’y avais pas assisté. Je lui ai alors demandé et il m’a répondu que nous avions l’approbation de l’Émir.

    Dès le lendemain, nous nous sommes activés pour mettre à exécution les opérations envisagées. Certaines ont abouti et d’autres non.

    De toute évidence, les Américains allaient frapper l’Afghanistan. Il y eut des réunions à ce sujet à Douchanbé au Tadjikistan, il y avait les ministres des Finances, de la Justice et de la Défense. Les discussions se déroulaient avec les Russes. Il fut décidé que ces derniers se déploieraient sur le terrain et que les Américains s’occuperaient des frappes aériennes.

    Abdul Hayy Motmaʾinn a bien reçu le message : « Soit vous nous livrez Oussama Ben Laden, soit on frappe l’Afghanistan ! »

    Le cheikh Oussama espérait que les frappes prévues à Washington et à New York soient retardées de telle manière qu’elles deviennent une réponse à celles déjà préparées par les Américains. Elles auraient ainsi été grandement légitimées mais cela n’était plus possible. Les frères, déjà aux États-Unis, ne pouvaient plus faire marche arrière.

    Il y eut encore des réunions à la mosquée de Kandahar. Le cheikh Oussama disait, sans entrer dans les détails, qu’on allait frapper fort et que les États-Unis auraient très mal. Quant au cheikh Moustapha Abou al-Yazid, il s’y opposait en arguant que c’était une question qui relevait d’e l’ijtihād incombant à l’Émir des croyants [le Mollah Omar] et que les conséquences en seraient très lourdes pour les Afghans, qu’il fallait donc réfléchir patiemment.

    Le cheikh Oussama invoqua alors Abou Bakr, premier compagnon-successeur du Prophète, en faisant référence à un propos dans lequel il affirma que, lui vivant, personne ne nuirait à la religion. Tout le monde a été ému aux larmes dont le cheikh lui-même. Il ajouta qu’il fallait faire quelque chose pour cette Oumma qui n’en pouvait plus d’attendre et que l’Émir des croyants avait déjà donné son accord pour frapper les Juifs, les Américains n’étant que leurs auxiliaires. Il avança aussi que selon les oulémas, l’approbation de l’Émir ne serait plus de mise ou exigée si elle était source de retard et ferait manquer aux musulmans l’occasion de frapper leur ennemi.

    Le cheikh Oussama cherchait à convaincre les Talibans mais il ne disposait plus beaucoup de temps et la situation était difficile.

    […Incise d’al-Wahishi à ses auditeurs s’excusant de l’aspect décousu de son récit de par le contexte spontané l’ayant conduit à le narrer…]

    Je me souviens que durant les discussions entre le cheikh Oussama et les Talibans, le cheikh avait adressé un courrier au Mollah Omar par l’intermédiaire d’Abou Hafs dans lequel il lui demandait ce qu’il voulait en ces termes : « Qu’attendez-vous de nous ? Nous sommes des soldats, quels sont vos ordres ? »

    Le Mollah Omar demanda à Abou Hafs d’éliminer Ahmed Chah Massoud. Abou Hafs répondit de le considérer déjà comme tel. Il revenait aux Talibans de se préparer à attaquer le Nord dès la mort de leur chef et de les prendre par surprise avant qu’ils ne puissent se réorganiser.

    Les Talibans se rendirent alors au Nord sous le commandement du Mollah Dadullah. En effet, Chah Massoud a été éliminé par le biais d’une caméra piégée, l’histoire est connue, les médias en ont abondamment parlé.

    Un journaliste de la BBC est venu pour interviewer le cheikh Oussama qui l’a reçu au déjeuner durant lequel il menaçait de faire oublier au ministère de la Défense ses inspirations diaboliques en faisant en sorte que chaque Américain abandonne sa nationalité.

    Retourné chez lui, le journaliste annonça qu’Oussama Ben Laden préparait une frappe d’envergure contre les États-Unis dans les semaines à venir tout au plus, il en était sûr.

    Les frappes du 11 Septembre eurent lieu trois semaines après l’annonce du journaliste. Nous avons alors quitté Kandahar pour Kaboul. De là nous partîmes vers « Turgar » en pleine montagne entre Kaboul et Jalalabad et attendîmes là-bas deux semaines. Nous avons appris la nouvelle par la radio, gloire soit rendue à Dieu.

     

    Notes :

    1 : Version transcrite à partir d’un support audio dont la source n’est pas indiquée. La traduction a été réalisée pour le site www.les-crises.fr par ses lecteurs

    2 : Référence à Djahiliyya ou la période anté-islamique, c’est-à-dire avant la prédication de l’islam, en 610 de l’ère chrétienne.

    3 : Gameel al-Batouti est fortement suspecté d’avoir sciemment crashé le vol 990 Egypt Air qu’il co-pilotait, le 31 octobre 1999.

    4 : Khaled al-Rahbi al-Omari décédé en juillet 2015.

    5 : Respectivement le chef des renseignements et le secrétaire général de Ligue islamique mondiale.

    6 : Youssou al-Oaradhawi, éminente référence doctrinale des Frères musulmans jusqu’à nos jours.

    7 : Une sorte d’agence de communication interne au mouvement.

    8 : Titre honorifique plaçant dans ce récit Oussama Ben Laden sous l’autorité du Mollah Omar.

    9 : Il fait allusion aux parties intimes et/ou au corps de la femme considérés comme tabou.

    10 : Haut responsable d’Al-Qaïda, chargé de la comptabilité des activités commerciales de Ben Laden, il aurait contribué au financement des attentats du 11 septembre.

    11 : Interprétation juridico-théologique légale.

    Capture d’écran 2016-09-09 à 23.09.06

    P.S. comme on m’a sorti la chose, voici la revendication de Ben Laden :

    Ici, Al-Qaïda publie une vidéo posthume de deux auteurs du 11-Septembre

    N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer.

    Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série.

     

    Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde !

     

    Source et Publication:  http://www.les-crises.fr/11092001-

     


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    Accord de libre passage avec l’EI à Raqqa – Les Etats-Unis nient leur implication

     
     
    Le reportage de BBC News ci-dessous prouve l’implication des Etats-Unis dans les négociations qui ont abouti à l’accord de libre passage des combattants du groupe Etat islamique de Raqqa.
    ASI.


    Après des négociations avec les États-Unis et leurs forces kurdes par procuration, pour obtenir le libre passage de ses combattants, l’EI quitte la ville de Raqqa.

    Lorsque le gouvernement syrien a conclu des accords similaires, les États-Unis, tels des gamins irresponsables, l’ont vertement critiquée. La coalition américaine affirme qu’elle n’était pas « impliquée dans les discussions » qui ont abouti à l’accord de libre passage de Raqqa. Un reportage de BBC News prouve le contraire.

     

    Moon of Alabama | 14 octobre 2017

    Au cours des deux dernières années, les États-Unis et leur force par procuration kurde en Syrie ont conclu plusieurs accords avec l’État islamique. En 2016, par exemple, ils ont négocié un accord avec les combattants de l’État islamique pour aller de Manbij à la frontière turque afin d’éviter de nouvelles pertes dans le combat pour la ville.

    Mais quand, en août 2017, le Hezbollah et le gouvernement libanais et syrien ont négocié un accord avec quelque 300 combattants de l’Etat islamique assiégés et leurs familles, à la frontière libano-syrienne, les Etats-Unis ont poussé les haut-cris.

    Les militaires américains ont bloqué le convoi d’évacuation pendant plusieurs jours en menaçant de le bombarder et l’envoyé américain McGurk fulminait :

    7h20 – 30 août 2017 – Brett McGurk @brett_mcgurk 

    Les terroristes #EI irréconciliables devraient être tués sur le champ de bataille, et non pas conduits dans des bus à travers la #Syrie jusqu’à la frontière irakienne sans le consentement de # l’Irak ½

    Notre coalition s’assurera que ces terroristes ne puissent jamais entrer en #Irak, ni s’échapper de ce qui reste de leur «califat» en miettes. 2/2

    Au cours des derniers mois, des combattants kurdes soutenus par les États-Unis ont assiégé la ville de Raqqa pour la prendre à l’Etat islamique. Les Etats-Unis ont largué une énorme quantité de bombes pour réduire le nombre de victimes américaines.

    La ville a littéralement été « détruite pour la sauver ». Beaucoup de ses habitants civils ont été tués.

    Ces derniers jours, d’abondantes rumeurs circulaient sur le fait qu’un accord avait été conclu entre les États-Unis et l’EI pour garantir aux combattants de l’Etat islamique la possibilité de quitter la ville.

    Ces rumeurs ont été confirmées aujourd’hui:

    [L’Observatoire syrien des droits de l’homme] a reçu des informations de sources sures et indépendantes confirmant la conclusion d’un accord entre la Coalition internationale et les Forces démocratiques syriennes d’une part, et l’organisation « Etat islamique » d’autre part. L’accord permet aux membres restants de l’organisation « Etat islamique » de quitter la ville d’Al-Raqqah.

    L’Observatoire syrien des droits de l’homme confirme qu’un tel accord a bien été conclu et il précise que tous les combattants syriens ont déjà été autorisés à quitter la ville et que, si des combattants sont encore là, c’est parce qu’ils appartiennent à d’autres nationalités et que les services de renseignements français s’opposent à ce qu’ils quittent la ville d’Al-Raqqah, car ils pensent que certains d’entre eux sont impliqués dans les attentats de Paris…

     

    Selon d’autres sources, des bus sont venus prendre les combattants restant de l’EI pour les emmener dans la zone frontalière syro-irakienne. Selon des officiels locaux, les combattants étrangers partent également.

    La coalition américaine confirme l’évacuation, mais elle nie toute implication:

    Un convoi quittera Raqqah le 14 octobre dans le cadre d’un accord négocié par le Conseil civil de Raqqah et des chefs arabes de tribus locales le 12 octobre. […]

    La coalition ne s’est pas impliquée dans les discussions qui ont mené à l’arrangement mais elle pense que cela sauvera des vies innocentes et permettra aux Forces Démocratiques Syriennes et à la Coalition de se concentrer sur la lutte contre les terroristes de Daech à Raqqah avec moins de risques de pertes civiles.

    Tout cela pue l’hypocrisie à plein nez. Les Etats-Unis ont condamné un accord conclu par le Hezbollah avec des combattants de l’Etat islamique et leurs familles. Le convoi d’évacuation a été bloqué dans le désert* par des drones américains et des frappes aériennes.

    Maintenant, les États-Unis et leurs alliés concluent un accord similaire en laissant partir des terroristes assiégés. Ils les transportent à la frontière syro-irakienne où les forces gouvernementales syriennes sont engagées dans de lourdes batailles contre le groupe État islamique.

    Les États-Unis prétendent que : « La Coalition n’a pas participé aux discussions ». C’est un mensonge éhonté. Il y a seulement deux jours, BBC News a fait état de la réunion où l’accord a été discuté puis conclu.

    On peut voir ici (vidéo) le général américain Jim Glynn rencontrer le 12 octobre les officiels de Raqqa pour négocier l’accord. Alors que le général a affirmé à l’époque qu’aucun accord n’avait été conclu, les annonces ultérieures et la situation actuelle prouvent le contraire.

    Les convois de l’Etat islamique quittent Raqqa et les Etats-Unis et leurs forces par procuration les regardent partir sans broncher.

    Aucun appareil aérien des États-Unis ne bloque le convoi et aucun Brett McGurk ne fulmine contre l’accord.

    La critique de l’accord du Hezbollah en août par l’armée américaine était tout sauf professionnelle. Le blocus du convoi d’évacuation précédent était infantile. Les diatribes de McGurks étaient puériles.

     

    Mentir aujourd’hui à propos de la participation à l’accord après avoir invité la BBC à filmer les négociations est vraiment nul.

     

    Il ne semble pas y avoir une seule grande personne dans le camp américain du conflit syrien.

    Moon of Alabama | 14 octobre 2017

    (*) http://www.francesoir.fr/actualites-monde/syrie-un-raid-de-la-coalition-bloque-un-convoi-de-jihadistes-evacues-du-liban

    Article original en anglais: Free Passage Deal For ISIS In Raqqa – U.S. Denies Involvement – Video Proves It Lies

    Traduction : Dominique Muselet

    Source: http://arretsurinfo.ch/accord-de-libre-passage-avec-lei-a-raqqa-les-etats-unis-nient-leur-implication/

     

     

     ET AUSSI

    Raqqa: une centaine de djihadistes de Daech rendent les armes

    Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le
     
    Un membre des Forces démocratiques syriennes (SDF) marche au milieu des débris dans le vieux centre-ville de Raqa le 25 septembre 2017.

    Un membre des Forces démocratiques syriennes (SDF) marche au milieu des débris dans le vieux centre-ville de Raqa le 25 septembre 2017.

    afp.com/BULENT KILIC

    Il resterait donc entre 200 et 300 combattants du groupe État islamique à Raqqa, cette ville prise par les djihadistes en 2014.

    Une centaine de combattants du groupe djihadiste État islamique dans la ville syrienne de Raqqa se sont rendus ces dernières 24 heures, a annoncé samedi la coalition antidjihadiste internationale menée par Washington.

     

    La coalition avait estimé jeudi qu'entre 300 et 400 combattants de Daech se trouvaient encore à Raqqa, avec des centaines de civils pris au piège dans cette ville prise par les djihadistes en 2014. 

     

     

    LIRE AUSSI >> Syrie: qui sont les acteurs de la bataille de Raqqa? 

     
     
     
     

    "Ces dernières 24 heures, environ 100 terroristes de l'EI se sont rendus à Raqqa, et ont été évacués de la ville", a indiqué dans un communiqué envoyé à l'AFP la coalition qui soutient sur le terrain les Forces démocratiques syrienne (FDS), une alliance kurdo-arabe luttant contre l'EI. 

     

    Un accord avec les Forces démocratiques

    Elle a souligné que les combattants étrangers de l'EI se trouvant encore dans cette ville du nord de l'Irak "ne sont pas autorisés à quitter Raqqa".

    Plus tôt samedi, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué que "tous les combattants syriens" de l'EI étaient "sortis de la ville de Raqqa ces cinq derniers jours en vertu d'un accord entre les Forces démocratiques syriennes et l'EI". 

    Le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane a parlé de 200 djihadistes. Il a ajouté qu'ils étaient sortis "avec leurs familles ainsi que des centaines de civils (...) vers une destinations non précisée".

    "Des négociations se poursuivent pour faire sortir le reste des djihadistes étrangers qui demandent à pouvoir partir vers les secteurs sous leur contrôle" dans la province de Deir Ezzor (est), a-t-il ajouté, évoquant jusqu'à 150 djihadistes encore dans la ville. 

     

    "Nous combattons encore Daech"

    Mais un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG), la principale composante des FDS, a démenti toute négociation dans ce sens.

     

    "Nous démentons complètement toute négociation ou accord quant à la sortie de Daech.

     

    Jusqu'à cet instant, nous combattons encore Daech", a assuré Nuri Mahmoud à l'AFP en utilisant un acronyme en arabe de l'EI. 

     

    Source:   http://www.lexpress.fr/actualite/monde/raqqa

     


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    Nos «ennemis»écrivent l’avenir de la Syrie

     


    Assad devrait prévaloir.

    La Russie, l’Iran et la Chine en profiteront également


    Par Geoffrey Aronson – Le 4 octobre 2017 –

    Source theamericanconservative

    Le président syrien Bachar al-Assad est bien engagé sur la voie d’une victoire militaire sur ses nombreux ennemis.

    Une coalition du gouvernement syrien, des forces iraniennes, libanaises et russes contrôle maintenant plus de 80% du pays, signalant une fin prochaine de la guerre de six ans.

     

    La victoire militaire, durement gagnée par Assad, sur une coalition hétéroclite d’ex-baathistes, de forces islamistes et d’État islamique [soutenue par les États-Unis, NdT], n’apportera pas la paix nécessaire à la Syrie.

    La compétition permanente pour le contrôle de la destinée de la Syrie est sur le point d’entrer dans une nouvelle phase – la bataille pour la reconstruction du pays.

    La guerre a causé des ravages dans tout le pays, tuant près d’un demi-million de personnes, déplaçant de force plus de la moitié de la population qui était, avant-guerre, de 21 millions.

    Deux Syriens sur trois vivent dans l’extrême pauvreté, dans une économie de guerre qui, en 2016, n’a généré qu’un tiers de sa richesse d’avant-guerre, en 2010.

    La Banque mondiale et d’autres ont estimé que la reconstruction de la Syrie exigerait plus de 200 milliards de dollars.

    Il fut une époque où la guerre était l’arbitre ultime. La coalition rejointe par Washington et ses alliés a échoué, au prix fort, à vaincre Assad sur le champ de bataille.

    Mais alors que rien de ce qu’elle a fait prévaloir n’a fonctionné, ses membres ne sont pas prêts à concéder la défaite. Au lieu de cela, ces soi-disant « Amis de la Syrie » sont prêts à utiliser l’aide à la reconstruction comme une arme dans la prochaine étape de ce qui se profile : une bataille sans fin pour saper l’effort du régime victorieux, après-guerre pour consolider son pouvoir.

    L’aide à la reconstruction est considérée par ces promoteurs comme offrant le meilleur moyen pour provoquer un changement de régime. Moyen qui se substituera à la politique, maintenant discréditée, mais certainement pas abandonnée, d’armement de l’opposition.

    Le consensus qui émerge, entre les gouvernements de l’Ouest et leurs institutions internationales, est que l’aide à la reconstruction syrienne ne se fera pas tant que Assad dirigera la Syrie.

    Une déclaration conjointe de CARE International, du Comité international de secours, du Conseil norvégien pour les réfugiés, d’Oxfam et de Save the Children soutient que l’aide à la reconstruction de la Syrie dans les conditions actuelles renforcera le régime et « risque de faire plus de mal que de bien ».

    À la fin d’une réunion du 18 septembre des « Amis de la Syrie » dirigée par les États-Unis, le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a déclaré :

    « Nous croyons que la seule voie à suivre est de faire progresser le processus politique et d’annoncer clairement aux Iraniens, aux Russes et au régime d’Assad que nous, le groupe solidaire, ne soutiendrons pas la reconstruction de la Syrie tant qu’il n’y aura pas un tel processus politique et cela signifie, comme le résume la résolution 2254, une transition à Assad. »

     

    Les partisans de cette stratégie croient apparemment que le régime victorieux de Assad va maintenant abandonner la paix [qu’il a restaurée, NdT] afin d’avoir accès aux coffres-forts de l’Ouest et bénéficier du privilège d’être attiré et écartelé à La Haye.

    Malgré les meilleurs efforts des « amis » de la Syrie, la Russie, l’Iran et même le Hezbollah sont aujourd’hui bien mieux placés que Washington pour décider du genre de gouvernement à asseoir à Damas. Qu’est-ce-que cela dit de la politique des États-Unis ?

    Eh bien, qu’elle continue d’être enracinée dans les hypothèses qui ont produit un tel résultat.

    La volonté de maintenir une misère persistante en Syrie tant qu’Assad et sa cohorte restent en place est le non-dit de cette stratégie, qui ressemble à la politique draconienne adoptée par le Quatuor dirigé par les États-Unis envers le Parti Hamas en Palestine il y a une décennie.

    L’opposition généralisée à une aide pour l’économie palestinienne à la suite d’une victoire électorale du Hamas en janvier 2006, et l’effort international visant à maintenir « à la diète » la bande de Gaza dirigée par le Hamas après une défaite du Fatah à Gaza en juin 2007, offre un précédent utile et instructif sur la façon dont un boycott dirigé par les États-Unis contre une Syrie d’après-guerre sous Assad pourrait se dérouler.

    Le fonctionnaire du Département d’État, David Satterfield, un haut diplomate du Moyen-Orient, a expliqué le 18 septembre que les États-Unis continueraient à fournir des aides humanitaires, mais pas d’aide à la reconstruction – totalisant plus de 4 milliards de dollars depuis 2001 – aux Syriens assiégés.

    Une telle politique montrera que les Syriens, comme les Palestiniens à Gaza, ne meurent pas de faim ou de maladie. Ils survivront – tout juste – mais l’engagement des États-Unis envers leur bien-être n’ira pas jusqu’à leur fournir les outils nécessaires pour reconstruire leur pays et leurs vies brisées.

    Gaza continue de souffrir d’une politique similaire. La Banque mondiale a noté que la poursuite de la privation d’infrastructure pour les deux millions de Palestiniens de Gaza pourrait rendre l’enclave isolée« inhabitable » d’ici à 2020.

    La campagne dirigée par les États-Unis contre les efforts de reconstruction actuels vise à maintenir la Syrie dans le même état que Gaza. Cela retardera, mais n’empêchera pas, la reconstruction de la Syrie, ni ne forcera le retrait d’Assad.

    Mais dans ce cas, Washington ne joue pas aux échecs avec lui-même. Aussi instructif que puisse être le précédent de Gaza, il existe des différences substantielles et qualitatives qui militent contre le succès des politiques anti-Assad – et risquent également de miner les alliés américains (Liban, Jordanie).

    Cette approche perpétuera les tourments des réfugiés syriens apatrides et renforcera le pouvoir régional de la Russie, de l’Iran et de la Chine.

    Peut-être que cela ne nous plait pas, mais la victoire en temps de guerre du système de gouvernance mis en œuvre par Hafez al-Assad, et poursuivie par son fils, équivaut à un référendum sur l’équilibre historique des forces au sein de la société syrienne.

    Le régime d’Assad est beaucoup mieux placé que Gaza et le Hamas après 2007 pour réussir : premièrement, Assad a des bienfaiteurs puissants, l’Iran, la Russie et la Chine, qui l’ont aidé à gagner la guerre, et ont un enjeu dans la paix de l’après-guerre.

    Ces alliés se mobilisent déjà pour la reconstruction, l’envoi de délégations et la réalisation de contrats pour reconstruire les infrastructures critiques, peu importe la volonté de Washington de financer de tels efforts. Assad lui-même a déclaré que les partisans de ses opposants en temps de guerre, dont certains ont des raisons impérieuses de s’inquiéter d’un rapprochement, ne sont pas les bienvenus pour participer à la reconstruction.

    Certains à l’Ouest peuvent ne pas aimer le fait, mais les Syriens sont de plus en plus assurés que les armes se sont tues – relativement – et votent déjà avec leurs pieds, revenant de plus en plus nombreux dans leur pays et leurs maisons. « Le nombre de nouveaux déplacés intérieurs s’est considérablement réduit, et tout aussi important, les personnes déplacées à l’extérieur des frontières de la Syrie ont commencé à revenir en grand nombre », a expliqué Satterfield.

    Le Liban et la Jordanie, qui ont accueilli à grands frais financiers et politiques des millions de Syriens déplacés, sont impatients de mettre fin au séjour amer des réfugiés.

    Le retour de ceux-ci en Syrie, ainsi que le désir de saisir une partie des bénéfices de la reconstruction du pays, sont des incitations puissantes pour Beyrouth et Amman à se réconcilier avec Damas, processus qui est en cours.

    L’aide humanitaire fournie par les États-Unis et d’autres a de l’importance.

    Mais les pays engagés dans la reconstruction de la Syrie poursuivent une stratégie politiquement et économiquement plus agréable et efficace.

    Organiser la pénurie en Syrie, qui souffre depuis longtemps – et consolider une diaspora syrienne énorme et perturbatrice en Jordanie, au Liban et en Turquie – n’est pas une recette pour le succès.

     

     

    Gregory Aronsonest président et cofondateur de The Mortons Group et universitaire non résident à l’Institut du Moyen-Orient.

    Source et Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    Irak: comment les Kurdes ont perdu Kirkouk

    Par , publié le , mis à jour à
    Les forces de sécurité irakienne ont repris Kirkouk sans rencontrer de résistance majeure.

    Les forces de sécurité irakienne ont repris Kirkouk sans rencontrer de résistance majeure.

    Reuters/Str

    Comment expliquer la reprise si rapide de la ville de Kirkouk par l'armée irakienne aux forces armées kurdes?

    Il n'aura pas fallu longtemps, après la chute de Daech, pour que les alliés d'hier se déchirent en Irak.

    Trois semaines après le référendum unilatéral sur l'indépendance des autorités kurdes d'Erbil, Bagdad a repris en quelques heures le contrôle de la ville de Kirkouk et de ses champs pétroliers.  

     

    Le gouvernement irakien de Haider al-Abadi a mis à exécution ses menaces: reprendre aux Kurdes l'une des plus grandes villes d'Irak, dont les environs regorgent de pétrole.

    Bagdad a envoyé ses chars après avoir intimé aux peshmergas, les combattants kurdes, de se cantonner aux positions qu'ils détenaient avant la percée de Daech en 2014.

    Pourquoi cette ville fait-elle l'objet d'une telle crispation, et pourquoi est-elle tombée si vite? 

     
     

    Une bataille démographique et politique

    Kirkouk, 1,6 million d'habitants, c'est "notre Jérusalem", disait le défunt président irakien Djalal Talabani, qui y a passé sa jeunesse, en allusion au caractère multiethnique -Kurdes, Arabes, Turcomans- et multiconfessionnel de cette ville qui abritait des sunnites, des chiites et des chrétiens chaldéens, yézidis...  

    La majorité de la population a longtemps été kurde, mais la démographie de Kirkouk a été bouleversée à plusieurs reprises: avec l'arrivée de travailleurs arabes à la faveur de la découverte des gisements pétroliers (40% des réserves du pays) dans les années trente d'abord.

    Puis, afin de contrecarrer le particularisme kurde, le régime baasiste organise l'installation de population arabe dans les années 1960 et 1970.  

    A la chute de Saddam Hussein en 2003, les Kurdes jouissent d'une relative autonomie au Kurdistan irakien, sous le parapluie américain.

    Ils mettent alors en oeuvre une "kurdification" de cette ville située dans les "territoires disputés" (carte ci-dessous) entre Erbil et Bagdad. "Quelque 800 000 Kurdes s'y installent", explique Arthur Quesnay, chercheur à l'Université Paris I. 

     

    Les 'territoires disputés" entre l'Irak et le Kurdistan autonome.

    Les 'territoires disputés" entre l'Irak et le Kurdistan autonome.

    © Institut kurde de Paris

    Enfin la prise de contrôle d'une large partie de l'Irak par le groupe Etat islamique, en 2014, chasse des centaines de milliers d'habitants arabes des zones voisines vers Kirkouk. Environ 300 000 d'entre eux s'établissent dans la ville et 80 à 100 000 sont installés dans des camps à l'extérieur. 

    De quoi rendre encore plus inextricable le sort de Kirkouk dont le statut a été laissé en suspens en 2005 lors de la rédaction d'une nouvelle constitution, sous tutelle américaine, tant elle apparaissait complexe. Il était prévu que les habitants choisissent leur destin par un référendum sans cesse reporté: rester sous l'autorité de Bagdad, rejoindre le gouvernement autonome du Kurdistan, ou opter pour une semi-autonomie. 

     

    REPORTAGE EN 2008 >> Si Kirkouk explose... 

     

    Lorsqu'au printemps 2014 l'armée irakienne est mise en déroute par l'EI, les forces kurdes en profitent pour prendre le contrôle militaire et policier de la ville. Y seraient-ils encore si Massoud Barzani n'avait provoqué le pouvoir central avec son référendum? 

    Pas sûr. L'offensive lancée dimanche par l'armée irakienne était prévisible, juge Arthur Quesnay. "Bagdad avait annoncé son intention de reprendre le contrôle de Kirkouk une fois que les principales villes tenues par l'EI seraient tombées." 

     

    Les Kurdes minés par les divisions

    La faible résistance des peshmergas s'explique quant à elle par les divisions dans le camp Kurde, anciennes et plus récentes.

    De longue date, deux groupes rivaux se partagent le Kurdistan irakien: le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), de Massoud Barzani, président de la région autonome, et l'Union patriotique du Kurdistan de Djalal Talabani (UPK), ex-président irakien, décédé il y a deux semaines, dont Kirkouk est le fief.  

    La volonté de Barzani d'organiser un référendum sur l'indépendance du Kurdistan, le 25 septembre, a contribué à diviser l'UPK: une partie de ses membres soutenaient le scrutin, l'autre préférant maintenir le dialogue avec Bagdad. 

    Irak-Syrie >> La rivalité des frères ennemis kurdes 

     

    "Barzani a profité de la menace djihadiste pour se maintenir au pouvoir, malgré un mandat depuis longtemps expiré, commente Arthur Quesnay.

    En manque de légitimité politique, il s'est servi du nationalisme kurde pour faire du référendum sur l'indépendance un plébiscite en sa faveur.

    Conscient de cette manoeuvre, Talabani et son entourage s'y opposaient".

    Le référendum a quand même eu lieu, mais "organisé sans aucun observateur extérieur, il est dénué de toute crédibilité", assure l'expert. 

    C'est dans ce contexte que "l'UPK a décidé de retirer ses peshmergas de Kirkouk, facilitant la tâche de l'armée irakienne", ajoute le chercheur qui souligne par ailleurs la nette supériorité militaire de l'armée irakienne, restructurée pour combattre l'EI.  

     

    Le rôle des Etats-Unis et de l'Iran

    Quel rôle ont joué les forces extérieures dans ces affrontements?

    Les Etats-Unis, qui ont armé aussi bien les peshmergas que l'armée irakienne dans la lutte anti-djihadiste, "ont sans doute fermé les yeux, avance Arthur Quesnay, leur préoccupation première est la lutte contre l'EI."

    La coalition internationale anti-djihadistes s'est contentée d'exhorter Bagdad et les Kurdes à "éviter une escalade. 

    L'après-EI en Irak >> "Il faut sortir du système bâti sur des bases confessionnelles" 

     

    "Barzani a-t-il cru avoir l'oreille de Trump après la visite de son gendreJared Kushner l'été dernier, s'interroge un spécialiste de la région. Sauf que ce sont Rex Tillerson et James Mattis, les secrétaires d'Etat et à la Défense qui gèrent le dossier irakien". 

    Puissant allié du gouvernement de Haider al-Abadi, Téhéran a pour sa part pesé de tout son poids en faveur de l'intervention.

    L'Iran qui, comme la Turquie, compte une minorité kurde, a clairement manifesté son hostilité au séparatisme. Et "le chef des Gardiens de la révolution Qassem Soleimani, était à la manoeuvre pour convaincre l'UPK de lever la garde", poursuit le connaisseur de l'Irak. 

    L'assaut sur la ville a provoqué l'exode de milliers d'habitants kurdes en direction du Kurdistan autonome. Le retour de Kirkouk dans le giron de Bagdad semble s'être produit sans grave effusion de sang.

    Une manière pour le gouvernement de Haider al-Abadi, de laver l'humiliation de 2014, et de dégonfler au passage le mythe de l'invincibilité des peshmergas cher à certains lobbyistes. 

     

    Source: 

     


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    Les Russes décapitent al-Nosra en Syrie

    Al-Nostra

    Par Antoine de Lacoste

     

    1456949215.pngLe Front al-Nosra a longtemps été le fer de lance de la mouvance islamiste en Syrie.

    A la pointe des combats dès 2012, il s'est imposé comme le plus puissant (et le plus cruel) des nombreux groupes de combattants islamistes qui se faisaient une concurrence féroce.

    Son affiliation à Al-Quaïda (la nébuleuse créée par Ben Laden) contribuait beaucoup à son prestige dans les milieux sunnites radicaux.

    L'émergence de Daesh en 2013, et les succès initiaux de celui-ci, allait l'affaiblir durablement. Plusieurs milliers d'hommes l'ont alors abandonné au profit de l'Etat islamique, attirés par la création du califat et...par une solde bien supérieure. Les méthodes de terreur et de barbarie différaient peu.

    Son point d'ancrage territorial dans la Province d'Idleb (au nord-ouest de la Syrie) va lui permettre de passer ce cap difficile.

    Il va d'abord se lancer dans une vaste opération de communication que les medias occidentaux relaieront complaisamment : il change de nom et devient Fatah al-Cham (Cham étant un nom antique désignant la Grande Syrie, englobant donc le Liban, la Palestine et la Jordanie).

    Parallèlement, il rompt avec Al-Quaïda et s'allie avec d'autres groupes islamistes. Il contribue enfin au recrutement des fameux Casques blancs, ces secouristes soi-disant neutres que l'Occident honorera avec une naïveté confondante.

    Aujourd'hui, sous le nom de Tahrir el-Cham, c'est bien Al-Nosra qui règne sur la Province d'Idleb.

    Hormis quelques bombardements syriens et quelques frappes ciblées des Américains ou des Russes, la région était relativement épargnée par les combats.

    L'armée syrienne et ses alliés chiites avaient certes d'autres priorités (Alep et maintenant Deir ez-Zor) mais surtout, les Russes en avaient fait le réceptacle des combattants islamistes de toutes tendances qui avaient accepté de se rendre.

    Récemment encore, plusieurs centaines de combattants islamistes ont quitté sous bonne escorte des enclaves qu'ils contrôlaient le long de la frontière libanaise pour rejoindre Idleb, avec familles et armes légères.

    Le régime syrien n'a jamais vu d'un très bon œil ces transactions, mais les Russes considèrent que c'est la façon la plus économique de nettoyer définitivement des poches islamistes, toujours difficiles à éradiquer maison par maison.

    Dans les zones de « désescalades » (une sorte de cessez-le-feu) mises au point par les Russes, Idleb figure en quatrième position (les autres sont la Goutha, près de Damas, la frontière jordanienne et la région de Homs).

    Bien sûr, les terroristes d'al-Nosra sont exclus de ces accords de désescalades qui ne concernent donc que les autres groupes, notamment ceux qui sont soutenus par les Turcs.

    L'idée des Russes est bien évidemment de créer des tensions entre islamistes et de sécuriser d'abord les villes stratégiques du pays.

    Pour surveiller l'application de l'accord concernant Idleb, Turcs et Russes se sont mis d'accord lors de la conférence d'Astana il ya quelques mois : les groupes soutenus par Ankara surveillent le nord et une police militaire russe le sud.

    Mais récemment, al-Nosra a tenté de percer les lignes russes et syriennes au sud, a repris quelques villages à l'armée syrienne et a menacé la ville d'Hama.

    Idleb ressemble de plus en plus à une nasse, et al-Nosra l'a bien compris.

    L'aviation russe a mis bon ordre à cela mais une quarantaine de policiers russes se sont retrouvés encerclés et ont dû se défendre avec acharnement pendant plusieurs heures avant d'être dégagés par des hélicoptères.

     

    Pour l'armée russe, même si elle ne déplore que des blessés dans ses rangs, l'affront devait être lavé.

    Une réunion au sommet entre les principaux chefs du groupe terroriste s'est tenue quelques jours plus tard.

    Les Russes l'ont su et al-Nosra l'a payé cher : douze dirigeants tués par un bombardement parfaitement dirigé.

     

    Le sort du numéro un, Abou Mohamed al-Joulani, reste incertain mais il serait soit mort, soit grièvement blessé (un bras ou une main en moins selon les sources).

    Cette opération, qui décapite provisoirement al-Nosra, en dit long sur le niveau d'infiltration des mouvements islamistes par les Russes...

    Concluons sur cette dernière information intéressante : la majorité des policiers russes attaqués étaient musulmans, issus des républiques caucasiennes du sud, dont nombre de Tchétchènes fidèles à Moscou...  

     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde

     

    Commentaire

    • Voilà de bonnes nouvelles en provenance de Syrie.Elles s'ajoutent à l'autre nouvelle majeure, à savoir la chute de Raqqa.

      On devrait s'en réjouir.Cependant quelques rabat-joie des médias semblent faire grise et parlent de menaces encore plus inquiétantes au sujet des djihadistes occidentaux revenant dans leur pays respectif..

      Ces experts en matière de défense et de sécurité se trompent depuis des années sur la problématique "djihad"

      La plupart , dont certains arborent des rosettes de la Légion d'honneur,n'ont jamais les pieds en Irak ou en Syrie, bien trop couards préférant les fauteuils douillets des 5 étoiles parisiens et le microcosme parisien où ils fait bon de prendre ses repas et s'entretenir avec des gens dits importants.

      Hélas ! ils sont de tous les plateaux de télévision en dépit de leurs erreurs récurrentes de jugement..

      Ce qui ne les empêche nullement de pontifier et de donner des avis catégoriques.


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    "Les balles sifflaient au-dessus de ma tête" : la bataille de Raqqa racontée par des photojournalistes

     

    Elle était considérée comme son fief, sa vitrine. Le groupe Etat islamique avait fait de Raqqa, la première grande ville à être tombée entre ses mains, la capitale de son califat autoproclamé pendant l’été 2014.

    C'est depuis ce bastion que de nombreux attentats, dont ceux du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, auraient été organisés. C’est dans cette ville, située dans le nord de la Syrie, que l’organisation jihadiste mettait en scène et organisait des décapitations, des exécutions, des lapidations, des viols.

    Autant d’atrocités qu’elle filmait et diffusait à travers le monde pour assurer sa propagande et séduire d'éventuelles nouvelles recrues.

    La ville a été totalement reprise aux jihadistes mardi 17 octobre. Cette étape, aussi importante que symbolique, est le résultat d’un travail de longue haleine.

    L’opération militaire, baptisée "Colère de l’Euphrate", a commencé un an plus tôt, avec des manœuvres visant à isoler la cité.

    Mais c’est au mois de juin 2017 que la bataille de Raqqa est devenue décisive : l'alliance kurdo-arabe, soutenue par les Etats-Unis, est entrée dans les faubourgs de la ville puis a progressivement gagné les quartiers centraux.

    Franceinfo revient sur ces cinq mois décisifs, à l’aide de récits de photojournalistes qui se sont rendus sur place et de leurs clichés.

    "Un déluge de feu"

    "Nous déclarons aujourd'hui le début de la grande bataille pour libérer la ville de Raqqa, la capitale (...) du terrorisme." Face à des journalistes, Tallal Sello, le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), constituées de combattants kurdes et arabes soutenus par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, annonce le début de cette offensive majeure, le 6 juin.

    "Avec les avions de la coalition internationale et les armes de pointe qui nous ont été fournies, nous prendrons Raqqa", assure Tallal Sello. "Les combattants des FDS ont reçu, de la part des Américains, des drones qui filment en 4K. Tous les chefs ont une tablette, et tout le monde voit en direct l'avancée des troupes", précise à franceinfo le photojournaliste suisse Guillaume Briquet, qui se trouve alors sur le terrain avec des combattants kurdes du YPG (Unité de protection du peuple, la branche syrienne du PKK).

     
    Un soldat kurde des FDS consulte les images prises par un drone sur une tablette, à Raqqa (Syrie), le 1er juillet 2017. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

    Les attaques de cette nouvelle offensive ne se font pas attendre. "Les Américains bombardent sur indication du pilote de drone avec qui je suis. Lui, il sélectionne les cibles, il appuie sur sa tablette quand il a repéré des tunnels ou du mouvement. Un quart d'heure après, l'aviation américaine, qui tourne dans le ciel toute la journée, arrive et bombarde", relate Guillaume Briquet, en commentant cette photo prise le 6 juin, alors que l'entrée de la ville est à "cinq ou six kilomètres".

    Les faubourgs de Raqqa (Syrie) bombarbés, le 6 juin 2017. (GUILLAUME BRIQUET / CITIZENSIDE / AFP)

    Mais Guillaume Briquet se souvient surtout du soir du 9 juin : "On a passé la rivière, la première porte. On était vraiment à l'entrée de la ville. Là, j'étais avec un groupe qui avançait, c'était dantesque." L'aviation américaine a notamment tiré des munitions au phosphore blanc, reconnaissables au petit panache fait de longs filaments.

    Les hélicoptères Apache et les avions AC-130 ont tiré toute la nuit. C'était un déluge de feu. 

    Guillaume Briquet, photojournaliste
    L'aviation américaine tire des munitions au phosphore blanc sur la ville de Raqqa (Syrie), le 9 juin 2017.
    L'aviation américaine tire des munitions au phosphore blanc sur la ville de Raqqa (Syrie), le 9 juin 2017. (GUILLAUME BRIQUET / CITIZENSIDE / AFP)

    Malgré les efforts déployés, le groupe qu'accompagne Guillaume Briquet subit un revers. "Dans le bataillon qui est parti, il y avait une centaine d'hommes. Un tiers n'est pas revenu", détaille-t-il. "Ce soir-là, ils n'ont rien pris. Ils se sont fait ratatiner. A 5 heures du matin, les snipers du groupe Etat islamique avaient repris leurs positions et tiraient, poursuit-il. Je me souviens : j'étais en train de dormir sur un toit et les balles sifflaient au-dessus de ma tête."

    La déconvenue n'est que temporaire. Les combats se poursuivent dans les jours qui suivent et les troupes de l'Etat islamique finissent par plier localement."Les combattants kurdes avancent un peu à la manière des joueurs de Go en créant des espaces avec des zones de sécurité", résume Guillaume Briquet.

    Les Américains ont mis en place une tactique très lente de progression : reconnaissances des lieux avec les drones, bombardements et avancée de 200 mètres, 500 mètres ou 1 kilomètre. Ils restent deux-trois jours, ils stabilisent, ils déminent le terrain. Ensuite, ils renvoient les drones, ils bombardent à nouveau. Ils avancent comme ça, à chaque fois en fortifiant leurs arrières.

    Guillaume Briquet, photojournaliste
    Un combattant kurde lance un drone de reconnaissance, à Raqqa (Syrie), le 18 juin 2017.
    Un combattant kurde lance un drone de reconnaissance, à Raqqa (Syrie), le 18 juin 2017. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

    Les assauts sur la ville ont lieu par le nord, l’ouest et l’est. L'entrée dans Raqqa survient rapidement. Et la force kurdo-arabe affirme, le 11 juin, avoir "libéré le quartier d'Al-Roumaniya après deux jours de combats". Il s'agit du premier quartier reconquis dans l'ouest de la ville.

     

    Le quartier d'Al-Mechleb, dans le sud-est de Raqqa, est également libéré. Delil Souleiman, photographe installé dans le Kurdistan syrien, se souvient de son arrivée là-bas.

    Devant lui, un paysage de désolation : la ville est méconnaissable, les immeubles sont détruits, la chaussée est recouverte de divers débris et gravats. "Les importants dégâts témoignent de la violence des combats", commente-t-il auprès de franceinfo.

     

    C'est un peu bizarre de pouvoir entrer dans la capitale de l'Etat islamique.

    Delil Souleiman, photojournaliste
    Dans le quartier d'Al-Mechleb, dans le sud-est de Raqqa (Syrie), le 14 juin 2017. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

    "Dans les maisons, tous les objets sont potentiellement piégés"

    Dans le courant du mois de juin, les forces kurdo-arabes avancent rapidement dans le quartier d'Al-Senaa, à l'Est, qui fait la jonction entre Mechleb et la vieille ville. Mettre la main sur cette zone serait un pas décisif car "cela les mettrait aux portes du centre-ville, où se situent les positions les plus importantes du groupe Etat islamique", explique alors le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahmane.

    A la fin du mois, les FDS parviennent à encercler les jihadistes. Au sud de Raqqa, ils coupent la dernière route que les combattants de l'EI pouvaient emprunter pour s'enfuir. Mais le lendemain de cette annonce, les jihadistes ripostent violemment. Habillés d'uniformes des FDS pour passer inaperçu, une quarantaine d'entre eux mènent des attaques-suicides dans les quartiers d'Al-Senaa et de Mechleb et parviennent à s'emparer de six positions tenues par les forces de la coalition.Deux combattants arabes de la Brigade de la liberté, composante des FDS, défoncent la porte d'une maison abandonnée, à Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

    Il y a des percées, mais la résistance est tenace. Les FDS avancent pas à pas dans la ville, parfois truffée de dangers cachés. Alors que les troupes sont constituées de Kurdes à 90%, le photojournaliste Chris Huby explique à franceinfo que la coalition, après la phase de bombardements, envoie au sol, en éclaireurs, des "groupes d'Arabes" car "ce sont souvent des gens du coin, qui connaissent les quartiers". "Ils sont tout devant. Ils sont au front du front, abonde-t-il. Le reporter a passé plusieurs jours sur le terrain avec des membres de La Brigade de la liberté (Liwa Al-Tahrir), originaires de Deir ez-Zor, ville située à 140 km de Raqqa. Pour lui, il s'agit de ses moments les plus dangereux à Raqqa.

    Quand j'étais avec eux, c'était compliqué parce qu'on ne savait pas trop où on mettait les pieds. On était vraiment devant la frontline [ligne de front].

    Chris Huby, photojournaliste

    Ces groupes pionniers sont chargés de "nettoyer les quartiers, identifier les maisons vides ou minées", explique le journaliste. "Là, on n'a vu personne. Mais il est souvent arrivé que les combattants du FDS tombent dans des guets-apens. Il y a des tunnels creusés partout dans Raqqa par les hommes de l'EI et ils s'en servent pour se déplacer."

    "Souvent, les membres des FDS ne se blessent pas ou ne meurent pas au combat, mais à cause des mines", selon Chris Huby. Lors de son périple sur la ligne de front avec les membres de la brigade de la liberté, il raconte être "tombé sur une maison remplie de mines". "Je les ai prises en photo depuis la fenêtre parce que je pense que si j'ouvrais la porte, on sautait", précise-t-il.

    Des mines dans une maison abandonnée par le groupe Etat islamique, à Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017.
    Des mines dans une maison abandonnée par le groupe Etat islamique, à Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

    "Dans les maisons, tous les objets sont potentiellement piégés. Il y a eu des histoires incroyables de morts à cause de tapis de prière, de réfrigérateurs, de drapeaux, d'ampoules, de tableaux, de poignées de porte, évidemment..." poursuit Chris Huby.

    Les hommes du groupe Etat islamique minent tout ce qu'ils peuvent. Donc quand on entrait dans une maison, parce qu'il fallait bien s'assurer qu'il n'y avait personne dedans, on ne marchait pas sur les objets, on ne soulevait rien.

    Chris Huby, photojournaliste
    Des combattants arabes membres de la Brigade de la liberté font le tour d'une maison abandonnée et potentiellement piégée, à Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017.
    Des combattants arabes membres de la Brigade de la liberté font le tour d'une maison abandonnée et potentiellement piégée, à Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

    "Une guerre de snipers" où les femmes sont au premier plan

    S'aventurer dans les rues de Raqqa, même lorsque les hommes de l'Etat islamique sont censés avoir quitté la zone, est dangereux. Autant que possible, on rase les murs, on reste à couvert car les tireurs embusqués veillent. Si ce n'est pas possible, on court.

    Un soldat des Forces démocratiques syriennes court dans une rue du quartier d'Al-Sinaa, à Raqqa (Syrie) pour tenter d'échapper à d'éventuels tirs de snipers. 
    Un soldat des Forces démocratiques syriennes court dans une rue du quartier d'Al-Sinaa, à Raqqa (Syrie) pour tenter d'échapper à d'éventuels tirs de snipers.  (MORUKC UMNABER / DPA / AFP)

    "Les snipers de l'Etat islamique font énormément de dégâts", indique Chris Huby. "Les groupes jihadistes sont bien formés et ont des armes d'excellentes qualité (de type Barrett). Ils tirent très bien et ils sont très dangereux", commente Guillaume Briquet, relevant que c'est aussi le cas du côté des FDS."Les forces spéciales [américaines] ont tout misé sur eux", relève le reporter. Pour lui, la bataille de Raqqa est"une guerre de snipers".

    Quand, à un ou deux kilomètres de distance, vous arrivez à tuer quelqu'un, c'est quelque chose de très déstabilisant pour l'adversaire.

    Chris Huby, photojournaliste

    "A Raqqa, les maisons font souvent un ou deux étages. Ce n'est pas une ville très haute, contrairement à ce que l'on a pu voir à Mossoul (Irak). Donc dès que l'on est sur un toit, on voit loin, on voit tout", explique Chris Huby.

    Mais ce n'est pas suffisant "car les snipers sont cachés parfois à plusieurs centaines de mètres et on ne les voit pas. On les aperçoit seulement lorsqu'ils tirent. Et là, c'est trop tard pour vous."

    Vue générale du quartier d'Al-Dariya, à Raqqa (Syrie), le 24 juillet 2017.
    Vue générale du quartier d'Al-Dariya, à Raqqa (Syrie), le 24 juillet 2017. (MORUKC UMNABER / DPA / AFP)

    Dans cette guerre de snipers, les femmes jouent un rôle important. Selon Guillaume Briquet, un tiers des combattants kurdes [les Kurdes constituant la grande majorité des troupes des FDS] sont des combattantes. "La majorité des chefs sont des femmes", insiste-t-il. D'ailleurs, l'opération "Colère de l'Euphrate" a été menée par Rojda Felat, commandante kurde des FDS.

    Là-bas, la plupart des femmes sont des snipers. Elles tirent beaucoup mieux que les hommes. Elles sont beaucoup plus calmes et patientes qu'eux.

    Guillaume Briquet, photojournaliste
    Des femmes membres des FDS à Raqqa (Syrie), le 12 août 2017.
    Des femmes membres des FDS à Raqqa (Syrie), le 12 août 2017. (MORUKC UMNABER / DPA / AFP)

    Pour Guillaume Briquet, "les femmes ont été la clé de ce combat. Mais on en parle très peu parce qu'au Moyen-Orient, c'est un tabou".

    Le photojournaliste de 53 ans compare alors ce qu'il a vécu à Raqqa avec ses précédentes expériences. "Généralement, les zones de conflit sont tenues par les hommes. Où que vous alliez, il n'y a que de la testostérone. Et là, avec les Kurdes, c'était complètement différent, tout le monde rigolait, tout le monde était détendu, ils chantaient... J'avais l'impression d'être dans la Sierra Maestra [un massif montagneux de Cuba] avec Che Guevara."

     

    Et de conclure : "L'ambiance n'avait rien à voir avec ce que j'ai déjà connu."

    Une bataille sans victimes visibles

    A Raqqa, "les trois quarts des combats se passent la nuit. Pourquoi ? Parce que l'Etat islamique a choisi d'attaquer la nuit. C'était sa stratégie", explique Chris Huby. Résultat : impossible de prendre des photos des affrontements. "C'était inutile, pour moi, de rester sur la frontline la nuit. Pour prendre des photos, c'était très compliqué car on ne voyait rien, et c'était dangereux pour moi et les autres. Je pouvais prendre des photos jusqu'au coucher de soleil, mais après..."

    Le journaliste se plaint également de la façon dont les Kurdes ont limité les déplacements des reporters :"Avec eux, c'est très compliqué d'accéder à la ligne de front parce qu'il y a toute une hiérarchie, des règles de sécurité. C'est une organisation soviétique."

    Il y a aussi, sans doute, des choses que les Kurdes ne voulaient pas nous montrer, sachant que ce sont les Américains qui leur donnaient des ordres et qu'ils veillaient à ce que les journalistes ne soient pas aux mauvais endroits.

    Chris Huby, photojournaliste
    Une Syrienne dans les rues détruites de Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017.
    Une Syrienne dans les rues détruites de Raqqa (Syrie), le 5 juillet 2017. (MORUKC UMNABER / DPA / AFP)

    Les civils ont été peu visibles dans cette bataille. Pourtant, quelque 100 000 personnes étaient encore piégées dans Raqqa, fin juin, selon les Nations unies. Lors des derniers mois, à de nombreuses reprises, l'ONU et des ONG ont interpellé les FDS et la coalition internationale sur le sort de la population.

    Fin août, Raqqa est durement pilonnée : Washington affirme que la coalition a mené 250 frappes aériennes en une semaine. Amnesty international condamne un "labyrinthe mortel" pour les habitants de la ville. L’ONU réclame des "pauses" dans les combats pour "faciliter la fuite des civils" alors que l'Observatoire syrien des droits de l'homme affirme que des dizaines d'habitants, dont de nombreux enfants, ont péri dans les raids de la coalition.

    "A Raqqa, il y avait un soupçon sur l'éventuelle complicité des gens avec les jihadistes. Les Kurdes et les Américains ont ramassé tous les civils qu'ils trouvaient dans la ville et ils les interrogeaient. Ensuite, ils les relâchaient et les civils se retrouvaient dans les camps à proximité de la ville, raconte Chris Huby. Mais entre ces deux phases, nous n'avons pas eu accès aux gens."

    Dans le camp de réfugiés d'Ain Issa (Syrie), une médecin de l'ONG Médecins sans frontières ausculte une petite fille qui a fui Raqqa avec sa famille, le 8 juillet 2017.
    Dans le camp de réfugiés d'Ain Issa (Syrie), une médecin de l'ONG Médecins sans frontières ausculte une petite fille qui a fui Raqqa avec sa famille, le 8 juillet 2017. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

    Chris Huby fait part de ses interrogations sur la communication verrouillée de la coalition menée par les Etats-Unis : "Il y a des questions qui se posent. Les forces de la coalition ont tiré les leçons de Mossoul, où l'on avait vu beaucoup de victimes.

    Là, Raqqa, c'est propre. On ne montre pas les cadavres, on ne montre pas les blessés.

    Même Médecins sans frontières a dit avoir vu peu de blessés de Raqqa. C'est vraiment troublant."

    Guillaume Briquet, lui aussi, critique la situation : "Beaucoup de civils sont morts, mais on communique peu là-dessus parce que ce sont les Américains [qui soutiennent les combattants des FDS] et que ce n'est pas populaire. Mais quand ce sont les Russes, là, on dit qu'il y a beaucoup de morts... alors qu'il y a toujours des morts partout dans ces conflits."

    Finalement, le photojournaliste suisse se dit "frappé" par "la promiscuité de la vie et des affrontements" : "Certains se tirent dessus mais, à 500 mètres de là, d'autres cultivent leurs champs parce qu'il faut bien manger, parce que la vie continue."

     

    Source et Publication:    http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/


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    24 octobre 2017

    Les troupes syriennes ont découvert dans un entrepôt de Mayadine, ville syrienne de la province de Deir ez-Zor récemment reprise à l'Etat islamique, des armements de fabrication américaine, britannique et belge.

     

    Devant les journalistes, Souheil al-Hassan montre calmement une immense quantité d’armes et de matériel de guerre.

    Le major-général de l’armée syrienne expose ainsi le contenu d’un vaste entrepôt d’armements ayant appartenu aux terroristes de Daesh, qu’ils ont laissé derrière eux en fuyant la ville de Mayadine.

     

    Important centre logistique des djihadistes dans la province de Deir ez-Zor, la ville a été reprise par l’armée syrienne le 14 octobre, avec l'aide de l'aviation russe.

    «Il nous faudra au moins six jours pour évacuer tous ces trophées que les combattants de Daesh ont laissés dans leur fuite.

     

    On a retrouvé une très grande quantité d’armes et de moyens de communication de fabrication étrangère», a raconté Souheil al-Hassan le 24 octobre.

     

    Il a ajouté que la plupart de l’arsenal terroriste consistait toutefois en des armements identiques à ceux qui sont actuellement utilisés par les armées des pays de l’OTAN.

     

    «Nous avons retrouvé des modèles dernier cri d'armes de production américaine, belge et britannique, actuellement en service dans les pays de l’Alliance», a déclaré le militaire.

    Il a pris l'exemple d'un canon de 155 millimètres, fabriqué au Royaume-Uni en 2011.

    Avant sa libération par les forces de Damas début septembre, Mayadine était le principal bastion des terroristes dans cette région riche en ressources pétrogazières, situé à 40 kilomètres de Deir ez-Zor, sur une route clé qui relie Alep et la frontière irakienne.

    Une fois entrée dans la ville libérée des terroristes, l'armée syrienne a saisi de nombreuses armes abandonnées par Daesh :

    Des mitrailleuses et des fusils antichar, des mines de fabrication artisanale, des pièces d'artillerie, ainsi que des chars et des blindés de l'armée irakienne dont les terroristes s'étaient emparés.

    source


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    Moyen-Orient: l’heure est venue pour les USA de plier bagages

     

    Elijah J. Magnier | 

     

    Tout a commencé par la chute de Mossoul, la capitale irakienne non déclarée du groupe armé « État islamique » (Daech).

    Voici maintenant venue l’heure de la libération de Raqqa, la capitale syrienne du Califat, qui a été presque totalement détruite.

    Les avions à réaction des USA ont effectué plus de 4 000 raids qui ont tué 1 920 civils et 232 combattants de Daech. Plus de 400 combattants de Daech se sont rendus et 462 autres ont été escortés en compagnie de civils dans des autobus en direction de la zone agricole autour de Deir-Ezzor sous le contrôle de Daech.

    Les forces américaines ne montrent toutefois aucune intention de se retirer de la Syrie, au moment même où les forces régulières sous le commandement de Damas progressent vers le dernier bastion de Daech à Abou Kamal – al Qaem, à la suite de la libération de la ville d’al-Mayadeen.

     

    La question demeure donc entière : Quel est l’intérêt de Washington à occuper quelque partie du territoire syrien que ce soit à la suite de l’échec du référendum des Kurdes irakiens?

    Le rêve de créer un « État kurde irakien » s’est effondré, à la suite de la détermination du gouvernement central à Bagdad de le contrecarrer.

    C’est que le premier ministre Haidar Abadi a envoyé ses forces de sécurité reprendre le plein contrôle de toutes les zones frontalières et les villes que les Kurdes ont occupées lorsque Daech a pris le contrôle de la majeure partie du nord de l’Irak en 2014 et demande aux forces irakiennes de se déployer à la limite de la ligne établie en 2003.

     

    La décision d’Abadi d’envoyer l’armée à Kirkouk a non seulement pris par surprise la communauté internationale, mais aussi la Marjaiya à Nadjaf. La Marjaiya avait été mise au courant qu’Abadi comptait mettre fin à la désintégration de l’Irak, mais elle ne s’imaginait pas, selon des sources privées, qu’Abadi était un dirigeant politique capable de demander aux forces gouvernementales de prendre le contrôle de la ville de Kirkouk, riche en pétrole.

    Les Forces de Mobilisation Populaire (FMP) appartenant à la Marjaiya ont été mis en dehors des derniers évènements.

    Le premier ministre, qui a été hésitant pendant des années, qui était réticent à lutter contre la corruption et peu enclin à s’en prendre aux politiciens locaux, s’est transformé du jour au lendemain en un leader déterminé qui a même surpris les dirigeants kurdes à Erbil.

    Abadi a mis fin non seulement à la partition de l’Irak, mais aussi de la Syrie, en mettant les dirigeants des USA au pied du mur.

     

    Dans les faits, les USA ne veulent pas perdre leur relation avec le gouvernement central à Bagdad, car l’Iran et la Russie n’attendent qu’à tirer avantage du moindre éloignement des USA et de toute hésitation qui vient avec. De plus, les USA sont peu disposés à perdre le Kurdistan, une région autonome de l’Irak que Washington considère depuis 1991 comme son « enfant gâté ».

    Il n’en demeure pas moins que c’est le principe qui prévaut aux USA qui a triomphé (« nous n’avons pas d’amis, seulement des intérêts communs »), en forçant les Américains à abandonner leur allié, le dirigeant kurde Massoud Barzani, qui avait rejeté leur conseil de reporter le référendum de 16 mois.

    L’écho du coup d’éclat d’Abadi s’est fait entendre jusqu’en Syrie. Damas a aussitôt mis en garde les Kurdes syriens de ne pas s’approcher des gisements riches en pétrole de Deir Ezzor et d’al-Mayadeen, où les Kurdes et l’armée syrienne luttent contre Daech sur les deux rives de l’Euphrate. La patience de Damas envers les Kurdes va s’épuiser s’ils se cachent sous les jupons des USA et qu’ils comptent sur eux pour assurer leur protection une fois la « guerre contre la terreur » terminée.

    En insistant pour faire leur référendum et déclarer leur indépendance, les Kurdes irakiens ont brûlé leur autel et réduit en fumée les privilèges qu’ils avaient accumulés au fil des ans en Irak, tout cela en vain.

    Ils ont aussi consumé le rêve des mandataires des USA que sont les Kurdes syriens, qui n’ont plus la possibilité de déclarer l’existence de leur « État » (ou fédération) dans ce qu’ils appellent le « Rojava ». Aucun pays voisin des Kurdes syriens (Irak, Syrie, Turquie et Iran) n’acceptera l’expression de toute intention d’indépendance, d’autant plus qu’il y a plus de 25 millions de Kurdes au Moyen-Orient.

    La Syrie, l’Irak, l’Iran et le Hezbollah sont les premiers à être directement concernés par l’élimination des terroristes extrémistes en Syrie et en Irak, car ce sont eux qui en ont souffert le plus.

    Les USA n’ont plus aucun intérêt à se cacher derrière la « guerre contre la terreur », car depuis que Daech a perdu la majeure partie de ses territoires, ces pays sont aujourd’hui capables de régler son compte. L’expansion de Daech au Levant et en Mésopotamie en 2014 a donné une bonne leçon à ces pays, qui les amènera à mieux prévoir les choses et à s’attaquer aux causes qui ont permis à Daech de prendre tant de vigueur.

    N’empêche que la présence continuelle de ces éléments takfiris représente un danger existentiel et idéologique pour la Syrie et l’Irak. Un vaste désert relie la longue zone frontalière entre les deux pays, qui pourrait servir de refuge aux militants d’Al-Qaeda et de Daech, où ils reprendraient leur souffle après leur défaite en Syrie et en Irak pour ensuite reprendre la lutte, forts de leur nouvelle expérience tirée de leurs erreurs précédentes.

    La Russie aussi est directement concernée par la présence de russophones parmi les groupes djihadistes, qui représentent un danger potentiel à la sécurité nationale de la Russie s’ils retournent chez eux.

    Ainsi, les intérêts communs entre l’Irak, la Syrie, l’Iran, le Liban et la Russie les motivent et les forcent à une mobilisation continuelle à poursuivre la guerre contre les djihadistes takfiris et à éliminer les terroristes. Ces pays vont poursuivre leur lutte contre Daech et Al-Qaeda afin d’empêcher les djihadistes takfiris d’occuper plus de territoire et de tarir leurs sources de financement.

    L’Europe, qui n’est pas loin du Moyen-Orient et des djihadistes, est beaucoup plus résolue que les USA à éliminer les djihadistes takfiris. Puisque les analystes américains se sont exprimés clairement en faveur de Daech, le groupe terroriste n’est apparemment pas un ennemi des USAet son élimination n’est par conséquent pas une priorité. Il a certes son utilité pour tenir l’Iran, le Hezbollah (et la Russie) occupés à le combattre. Les USA placent leurs propres intérêts au-dessus de tous les autres, y compris ceux de leurs partenaires en Europe et au Moyen-Orient.

    Quand l’administration Obama était au pouvoir, Washington a envoyé des forces en Syrie pour lutter contre Daech.

     

    Mais un an et demi plus tard, les finances de Daech n’avaient pas été touchées parce que sa principale source de revenu (non exclusive), tirée de la production pétrolière, demeurait pratiquement intacte.

    Ce n’est qu’avec l’entrée en scène de la Russie en septembre 2015, lorsqu’elle a bombardé des camions citernes de Daech, que les USA ont graduellement commencé à devenir plus agressifs à l’endroit de Daech.

    Les forces américaines se sont alors lancées dans une course contre la Russie et l’armée syrienne pour atteindre Raqqa et les sources d’énergie au nord-est et au sud-est de la Syrie avant les forces syriennes. Sauf que la Russie, Damas, l’Iran et leurs alliés ont réussi à isoler la base militaire américaine d’al-Tanaf et la rendre inutilisables : il en reste une dizaine d’autres bases et deux aéroports américains complètement au nord-est.

    Maintenant que Daech détient moins de 10 % du territoire syrien et que l’armée syrienne se dirige vers Abou Kamal – al-Qaem, le dernier bastion de Daech au pays, les USA sont placés dans une situation qui exige une décision claire : quitter les lieux ou se déclarer une force d’occupation du nord-est de la Syrie.

    Le mandat de l’ONU concernant la « guerre contre la terreur » ne justifie pas juridiquement le maintien de leur présence en Syrie. Même si le terrorisme va probablement toujours frapper au Moyen-Orient, en Europe et sur d’autres continents (avec une intensité variable), la lutte contre le terrorisme ne donne pas à chaque pays le droit d’envoyer des troupes, d’établir des bases et d’occuper des parties d’un autre pays souverain.

    Les forces américaines se placeront donc dans une position illégale, qui permettra à la résistance locale syrienne de les combattre. Les USA et leurs mandataires se retrouveront complètement encerclés :

    -La Turquie ne permettra pas aux Kurdes syriens des YPG (la version syrienne du PKK) d’exister comme fédération et a déjà divisé le Rojava en deux, en coupant Hassaké d’Efrin (complètement au nord-ouest).

    -La Syrie et l’Irak n’accepteront pas un État kurde et ont déjà encerclé Hassaké (et les forces USA qui s’y trouvent) par voie terrestre, formant ainsi une sorte d’enclave.

    -Les forces américaines peuvent facilement devenir la cible d’amis de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah, tous actifs dans la province d’Hassaké.

    Contrairement à ce que croient les USA, leurs forces ne resteront pas en Syrie pendant des décennies, ni même pendant quelques années. Les USA sont placés dans une position où leurs services ne sont plus requis en Irak parce que l’armée irakienne s’est révélée la meilleure pour combattre Daech, empêcher la partition et même accepter de nombreuses pertes humaines pendant sa guerre contre Daech.

    De plus, le premier ministre Abadi a montré sa capacité d’empêcher un bain de sang entre Irakiens en réglant la question des séparatistes kurdes. En Syrie, les services des USA ne sont plus requis pour lutter contre Daech, parce que l’armée syrienne, avec l’appui de ses alliés et de la Russie, suffit amplement pour s’occuper de ce qui reste de Daech. Tout séjour prolongé des USA les exposera à un scénario similaire à l’attaque meurtrière de 1983.

    L’Iran a gagné en Irak parce que la partition du pays a échoué et que les services de sécurité irakiens, déterminés par une idéologie forte et possédant un équipement militaire adéquat, sont considérés comme des amis, tout comme les dirigeants politiques. L’Iran a tiré profit de la tentative du Kurdistan de diviser le pays en se rangeant derrière Bagdad, en fermant sa frontière avec le Kurdistan et en reconquérant la confiance d’Abadi.

    L’Iran a gagné en Syrie et dévoile ouvertement sa présence et son activité militaires. Une nouvelle force locale a été créée, qui possède la même idéologie que le Corps des Gardiens de la révolution islamique et qui est prête à réclamer la récupération des hauteurs du Golan occupé.

     

    La Syrie est plus que jamais proche de « l’axe de la résistance », d’autant plus que ce même axe a réussi à défaire l’autre camp, qui a investi pendant les six années de guerre des sommes colossales pour diviser la Syrie. Aujourd’hui, la capacité militaire de la Syrie est plus forte que jamais.

    Principal allié de l’Iran, le Hezbollah a accédé à ce qui est devenu une immense base militaire remplie d’armes, qui s’étend du Liban à l’Irak (et même jusqu’à l’Iran). Le Hezbollah a été poussé à l’extérieur de ses limites originales au Liban et a mené des attaques militaires sur un théâtre de guerre cinq fois plus grand que l’ensemble du territoire libanais. En conséquence, aucun des ennemis politiques du Hezbollah au Liban n’osera l’affronter pendant de nombreuses années à venir.

    La Russie a également obtenu une base permanente en Syrie. Elle est maintenant perçue comme une véritable superpuissance qui joue un rôle politique efficace au Moyen-Orient, en plus d’avoir créé un marché solide pour ses armes utilisées et mises à l’essai en Syrie.

    Le Kremlin est aujourd’hui au même niveau que Washington et est devenu la Mecque des dirigeants de ce monde, une position que les USA ont occupée seuls pendant des décennies.

    Toute cette manne que les USA ont fait tomber sur l’Iran est due à leur politique de changement de régime : le renversement de Saddam Hussein et la tentative de renversement de Bachar al-Assad. Téhéran devrait remercier Washington pour tout ce qui précède, qui a effectivement contribué à augmenter et à renforcer l’influence de l’Iran au Moyen-Orient.

    En fait, tout ce que l’Iran doit faire, c’est de suivre l’ombre des USA, à la politique étrangère malhabile, et en récolter les fruits, dont il profite constamment.

    C’est d’ailleurs ce que dit l’Iran aux USA : merci pour vos cadeaux, mais il est maintenant temps de partir! Vous pouvez nous laisser le Levant et la Mésopotamie!

     

     

    Elijah J. Magnier |  

    Traduit de l’anglais par Daniel G.


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    Au cours d’une interview, le Qatar confie des secrets concernant la guerre en Syrie.


    Par Tyler Durden – Le 28 octobre 2017 –

    Source Zero Hedge

    Vous êtes tous des bons mecs, d’accord ?

    L’interview télévisée d’un haut responsable qatari avouant la vérité sur les origines de la guerre en Syrie est en train de devenir virale dans le monde des médias sociaux arabes.

    La même semaine, un document secret de la NSA a été divulgué, confirmant que l’opposition armée en Syrie était sous le commandement direct de gouvernements étrangers, dès les premières années du conflit.

    Et selon un analyste syrien bien connu et un conseiller économique ayant des contacts étroits avec le gouvernement syrien, l’interview explosive constitue « l’aveu public » par quelqu’un de haut placé « de la collusion et de la coordination entre quatre pays pour déstabiliser un État indépendant, y compris par un soutien possible à Nusra /al-Qaïda ».

     

    Il est important de noter que « cet aveu aidera à justifier ce que Damas considère comme une atteinte à sa sécurité et à sa souveraineté et constituera une base pour des demandes d’indemnisation ».

     

    Alors que la guerre en Syrie ralentit doucement, il semble que de nouvelles fuites apparaissent presque chaque semaine sous la forme de témoignages de hauts responsables impliqués dans la déstabilisation de la Syrie et même de courriels et documents occasionnels qui détaillent les opérations secrètes de changement de régime contre le gouvernement Assad.

    Bien qu’une grande partie de ce contenu serve à confirmer ce qui était déjà connu par ceux qui n’ont jamais accepté la propagande simpliste qui a dominé les médias traditionnels, les détails continuent à se mettre en place, fournissant aux futurs historiens une image plus claire de la vraie nature de cette guerre.

     

    Ce processus de clarté a été favorisé, comme prévu, par les luttes intestines entre les anciens alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’Arabie saoudite et le Qatar, chaque partie accusant l’autre de financer les terroristes islamiques et al-Qaïda.

     

    Le monde observe, pendant que de plus en plus de linge sale est lavé publiquement à cause de l’implosion du CCG, qui, pendant des années, en accord avec presque toutes les monarchies du Golfe, a financé les mouvements djihadistes dans des endroits comme la Syrie, l’Irak et la Libye.

     

    Julian Assange </body> </html>


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    Le silence des colombes


    Pourquoi n’y a-t-il pas d’opposition dominante à la nouvelle guerre froide ?


     

    Stephen F. Cohen

    Par Stephen F. Cohen – Le 17 octobre 2017 – Source The Nation

    Pourquoi, à l’inverse de ce qui s’est passé pendant les 45 ans qu’a duré la dernière Guerre froide, n’y-a-t-il aujourd’hui en Amérique aucune opposition notoire à l’actuelle Guerre froide (qui est encore bien plus dangereuse que la précédente) ?

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    Cohen pose cette question qui sonne comme un paradoxe pour ouvrir le débat et qu’il formule comme suit.

    Pendant la dernière Guerre froide, mais surtout à partir de la fin des années 1960 et jusque dans les années 1980, nombre de voix se sont élevées dans le « mainstream » politico-médiatique américain contre la Guerre froide et en faveur de la détente. Il s’en est trouvé aussi bien au Congrès, à la Maison Blanche, dans les médias les plus influents de la presse écrite ou des ondes que dans les universités et les groupes de réflexion (« think tanks »), dans la politique locale ou dans les campagnes électorales et même dans quelques grandes compagnies étasuniennes. Ainsi le Comité pour l’entente Est-Ouest a été fondé par des PDG, il y a plusieurs dizaines d’années et a été remis sur pied récemment par Cohen et d’autres personnalités (voir www.eastwestaccord.com).

    La discussion ouverte et le débat public ont pu rester la norme pendant la dernière Guerre froide, comme il sied en démocratie.

    Cohen rappelle par exemple qu’en novembre 1989, le premier Président George Bush a réuni à Camp David toute son équipe de sécurité nationale pour assister à un débat entre Cohen, qui enseignait alors à Princeton, et Richard Pipes, professeur à Harvard, sur la question pressante de savoir s’il fallait renforcer ou au contraire freiner la détente avec l’Union soviétique, alors dirigée par Mikhail Gorbatchev.

    La Guerre froide qui sévit aujourd’hui est encore plus dangereuse par bien des aspects. Son épicentre ne se trouve pas dans le lointain Berlin mais directement aux frontières de la Russie, en Ukraine et dans les États baltes. Les règles de conduite mutuellement restrictives, développées après la crise des missiles de Cuba de 1962, n’ont plus guère cours, comme l’illustre bien l’échange de sanctions « coup pour coup » qui pourrait conduire à une rupture complète des relations diplomatiques entre les deux superpuissances nucléaires. Les relations et les institutions qui ont été établies en vue de la coopération et se sont développées au cours de décennies sont démantelées ou simplement abolies.

    La course aux armements nucléaires, qui avait été reléguée dans le passé par Reagan et Gorbatchev, est actuellement en train de se réactiver, avec des manœuvres provocatrices d’armes conventionnelles lancées de part et d’autre.

    Aujourd’hui, le leader du Kremlin est diabolisé aux États-Unis de façon irrationnelle, bien plus que les leaders soviétiques ne l’ont jamais été. Pourtant, ni la Russie ni la classe politique russe au pouvoir ne sont plus communistes, mais sont au contraire des adeptes du capitalisme et, dans leur majorité, des croyants.

    Malgré cela, il n’existe aucune opposition significative à la Guerre froide dans le courant principal de la politique américaine. On distingue à peine quelques voix isolées, que ce soit au Congrès, dans les journaux les plus influents et les principales émissions de radio / tv, au sein des deux grands partis politiques, ou encore dans les universités et la plupart des « think tanks » de Washington. Même le mouvement anti-nucléaire, en son temps très populaire et bien organisé sur le plan local, qui militait en faveur de la détente dans les élections régionales, a pour ainsi dire complètement disparu.

    Le débat public et la controverse politique entre « faucons et colombes » qui s’affrontaient au sujet de la politique russe n’ont plus leur place dans l’Amérique consensuelle du « mainstream ». Partout, les faucons ont pris le dessus et les colombes restent coites, même dans les corporations qui détiennent des investissements importants en Russie.

    Cohen ne s’explique pas les raisons de ce paradoxe très dangereux, mais avance quelques explications possibles ou partielles à ce phénomène.

    Très récemment, l’hostilité générale au président Trump et la diabolisation du président Poutine sont devenues des éléments majeurs de la politique. Les grands médias et les personnalités qui ont des doutes sur la politique américaine à l’égard de la Russie et qui font campagne pour un renforcement de la coopération entre les États-Unis et la Russie, craignent de se voir étiqueter « pro-Trump » ou « pro-Poutine ».

    Il est déplorable que l’on ait à craindre de telles accusations, même si ce comportement est peut-être compréhensible. Il faut rappeler que la nouvelle Guerre froide a débuté longtemps avant Trump. Elle est devenue une politique bipartisane qui n’a suscité que peu d’opposition, voire aucune, et a précédé la diabolisation systématique de Poutine qui s’est manifestée plusieurs années après son arrivée au pouvoir en 2000. (Cohen renvoie ici aux derniers chapitres de son ouvrage Soviet Fates and Lost Alternatives, qui a été réédité en livre de poche).

    Ceci n’est donc pas une explication suffisante.

    Le néo-maccarthysme, qui s’est développé considérablement depuis l’élection de Trump en 2016, a certainement paralysé le mouvement d’opposition à la Guerre froide. Alors que les enquêtes officielles sur la prétendue « collusion avec la Russie » prennent un tour toujours plus vif et que des campagnes grassement payées sont lancées pour dévoiler la prétendue campagne russe de désinformation russe dans les médias étasuniens, le spectre de l’autocensure est descendu sur la vie politique. Personne ne souhaite être suspecté de « collusion avec le Kremlin » ou d’être le véhicule de la « propagande russe »– au risque d’endurer d’autres soupçons plus graves encore. (À cet égard, Carter Page [conseiller de Trump pendant la campagne électorale, NdT] semble être le premier à avoir déposé plainte contre une grande chaîne américaine.)

    Cette tendance ne se limite pas seulement à de l’autocensure. Les principales chaînes de médias excluent régulièrement les critiques de la politique américaine de leurs parties rédactionnelles et de leurs tribunes ou des débats à la radio et la télévision.

    Voilà qui n’est pas une explication exhaustive. Les médias reflètent en effet souvent les courants qui prévalent dans l’establishment politique et dans la société.

    On parle beaucoup « d’État profond » (« deep state »), qui a mis en échec les tentatives de semi-détente entreprises d’abord par le Président Obama, puis par le Président Trump. Ce pouvoir de l’ombre aurait même suscité l’affaire du « Russiagate » dans ce but.

    Cependant, Cohen n’est pas sûr de ce qu’il faut entendre par « deep state » occulte, puisque ceux qui mènent la guerre froide le font en pleine lumière et au plus haut niveau, qu’il s’agisse de Hillary Clinton et de ses acolytes grassement rémunérés, jusqu’aux chefs des services de renseignement d’Obama en passant par les rédacteurs et les producteurs des principaux organes de presse.

    « Deep state » pourrait simplement se traduire par « élite politique la plus puissante des États-Unis ».

    D’autre part, on a pu entendre au cours des ans répéter l’argument, repris aujourd’hui, selon lequel la persistance de la politique de la Guerre froide et la faiblesse de l’opposition à la Guerre froide s’explique avant tout par une tradition « nativiste » qui veut que la société américaine « a besoin d’un ennemi ».

    C’est aujourd’hui la Russie qui joue le plus souvent ce rôle. Pour avoir grandi au Kentucky et vécu en Indiana, en Floride et au New Jersey, Cohen ne trouve aucune justification à cette explication qui « rejette la faute sur le peuple ». La faute, il en est convaincu, en revient aux élites gouvernantes de l’Amérique.

    Ce qui suit mériterait une discussion beaucoup plus longue, mais Cohen se contente de mettre le doigt sur deux développements récents, dont Poutine a été accusé d’être l’auteur.

    Le premier est la fin des espoirs nourris par l’élite politico-médiatique étasunienne qui pensait que la Russie post-soviétique pourrait devenir – pendant la phase de « transition » des années 1990 – le partenaire docile de Washington dans les affaires mondiales.

    Lorsque ces espoirs et avec eux les politiques étasuniennes qui leur étaient liées ont abouti à un désastre à la fin des années 1990 et que la Russie a adopté une autre politique après 2000, les élites de Washington ne s’en sont pas pris à leurs propres illusions et à leurs politiques mal conçues, mais à Poutine.

    Et elles continuent d’agir ainsi. Plus récemment et de façon similaire, alors que « l’ordre » international créé par les États-Unis il y a plusieurs décennies part en miettes, de l’Europe au Moyen-Orient, avec des manifestations disparates telles que le Brexit ou l’élection de Trump, à nouveau les élites étasuniennes et leurs maîtres à penser, plutôt que de considérer les changements historiques profonds et de revoir leurs propres politiques antérieures, en rejettent la faute à la Russie de Poutine.

    Quelle que soit l’explication donnée, Cohen conclut que l’absence quasi-totale d’opposition à la Guerre froide dans la politique américaine actuelle constitue une grave menace à la démocratie et à la paix internationale.

     

    Stephen F. Cohen

    Traduit par Jean-Marc, relu par Cat pour le Saker francophone


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    Onze princes et des dizaines d’anciens ministres arrêtés en Arabie saoudite

    Ces arrestations interviennent peu après la création, par décret royal, d’une commission dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans.

     

    Mohammed ben Salmane.
    ZOOM

    Mohammed ben Salmane. / FAYEZ NURELDINE/AFP

    Onze princes et des dizaines d’anciens ministres ont été arrêtés samedi 4 novembre en Arabie saoudite sur décision d’une commission anticorruption, a annoncé la chaîne satellitaire Al-Arabiya, à capitaux saoudiens.

     

    Parallèlement, les puissants chefs de la Garde nationale saoudienne, une force d’élite intérieure, et de la Marine ont été limogés.

    Ces arrestations interviennent peu après la création, par décret royal, de cette commission anticorruption, dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans.

     

    À lire : Le prince héritier d’Arabie saoudite veut « retourner à un islam modéré »

    Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l’économie, Mohammed ben Salmane semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans.

     

     

    Une Arabie « modérée »

    Issu de la jeune génération princière saoudienne, il a promis fin octobre une Arabie « modérée », en rupture avec l’image d’un pays longtemps considéré comme l’exportateur du wahhabisme, une version rigoriste de l’islam qui a nourri nombre de jihadistes à travers le monde.

    Il a lancé plusieurs chantiers de réformes – droit de conduire pour les femmes et ouvertures de cinémas notamment – qui marquent le plus grand bouleversement culturel et économique de l’histoire moderne du royaume, avec une marginalisation de fait de la caste des religieux conservateurs.

    À lire : En Arabie saoudite, un nouvel acquis pour les femmes

     

     

    Dans le même temps, il a œuvré pour renforcer son emprise politique sur le pouvoir, procédant notamment en septembre à une vague d’arrestations de dissidents, dont des religieux influents et des intellectuels.

    « L’étendue et l’ampleur de ces arrestations semblent être sans précédent »

     

     

    Selon des analystes, nombre de ces dissidents critiquaient la politique étrangère musclée du jeune prince héritier, comme le boycott du Qatar, ainsi que certaines réformes comme la privatisation d’entreprises publiques et la réduction des subventions de l’Etat.

     

    Parmi les personnes arrêtées figurerait le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, connu pour son franc-parler et qui avait lancé il y a un an un vibrant appel pour que les femmes obtiennent le droit de conduire, selon des sites web saoudiens.

    À lire : Le Liban est rattrapé par la confrontation entre l’Iran et l’Arabie saoudite

     

    Une source aéroportuaire a par ailleurs indiqué à l’AFP que les forces de sécurité avaient cloué au sol des avions privés à Jeddah, ville sur la mer Rouge (ouest), pour empêcher que certaines personnalités quittent le territoire.

    « L’étendue et l’ampleur de ces arrestations semblent être sans précédent dans l’histoire moderne de l’Arabie saoudite », a commenté Kristian Ulrichsen, membre du Baker Institute for Public Policy à la Rice University.

     

    « Si la détention du prince Al-Walid ben Talal se confirme, elle constituera une onde de choc sur le plan intérieur et dans le monde des affaires internationales », a-t-il estimé.

     

    Source:   La Croix (avec AFP)
     
     

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    5 novembre 2017

    Lors du ratissage et du déminage de la ville syrienne de Deir ez-Zor, des militaires syriens ont trouvé un djihad-mobile contenant des substances chimiques ainsi que des armes lourdes et des entrepôts d'armements et de munitions.

     

    Samedi, des soldats syriens ont trouvé dans la ville de Deir ez-Zor un véhicule piégé qui renfermait un obus chargé et des substances chimiques, rapporte un correspondant de Sputnik sur place.

     

    Le projectile porte une inscription indiquant que les éléments chimiques qu'il contient ne peuvent être employés qu'en laboratoire et ne doivent pas l'être à des fins médicales.

    Le minibus piégé se trouvait dans un des quartiers de la ville qui vient d’être totalement libérée du joug islamiste. Non loin de ces lieux, les militaires ont découvert deux entrepôts.

    Dans le premier, l’armée a trouvé des fusils d’assaut de type M-16 de fabrication américaine, des fusils à lunette et d’autres armes et obus.

    Quant au second, il contient  des drones, des dispositifs de vision nocturne et des munitions destinées à des chars, à des mitrailleuses et à des lance-mines.

     

    Un autre groupe de militaires syriens a évacué des quartiers libérés  six chars et plusieurs mortiers abandonnés par les terroristes dans leur fuite. 

    «L’opération de déminage se poursuit et il n’est pas exclu que d’autres entrepôts d’armes et de munitions appartenant à Daech soient découverts», a expliqué à Sputnik un officier syrien.

    La Syrie a adhéré à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques après une vaste attaque chimique menée en août 2013 dans la Ghouta, banlieue orientale de Damas.

     

    Cette démarche résultait d'un accord entre la Russie et les États-Unis sur la destruction des armes chimiques syriennes sous le contrôle de l'OIAC et a permis d'éviter une ingérence militaire des États-Unis en Syrie.

    Les stocks d'armes chimiques existants ont été convoyés hors de Syrie.

     

    En août 2014 a été annoncée la destruction en Méditerranée des armes chimiques les plus mortifères possédées par Damas.

    Dans un communiqué, le président Barack Obama a lui-même assuré que les armes avaient été détruites par «des professionnels civils et militaires en utilisant un mécanisme américain unique en son genre».

     

    En janvier 2016, l'OIAC a annoncé la destruction totale des arsenaux chimiques syriens.

     

    En 2013, le prix Nobel de la paix a été décerné à l'OIAC pour le désarmement chimique de la Syrie.

     

    Détails à suivre…

     

     


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    La fête au marais


    Par James Howard Kunstler – Le 3 novembre 2017 –

    Source kunstler.com

    Ce que l’Amérique pourrait vouloir savoir maintenant est : comment se fait-il que Hillary Clinton n’ait aucun problème juridique ?

    Pourquoi les enquêteurs du DOJ n’examinent-ils pas les dossiers financiers de la Fondation Clinton ?

    Vous penseriez que quelqu’un voudrait savoir comment plus de 120 millions de dollars de « dons de charité » russes ont atterri sur ses registres au moment où la secrétaire d’État a approuvé l’affaire Uranium One, sans compter le paiement de 500 000 dollars à Bill Clinton pour avoir tenu un discours à la même époque, ce qui ressemble furieusement à un pot de vin.



    Et je ne vous parle pas (enfin si, un peu quand même) du flux de dons en provenance d’Arabie saoudite en attente de l’approbation d’importants contrats d’armements par la même HRC.

     

    Ou d’une myriade d’autres dons de ressortissants étrangers payés simplement pour obtenir un rendez-vous avec la secrétaire d’État. Est-ce qu’un autre membre du cabinet de l’histoire des États-Unis a dirigé une organisation de collecte de fonds en servant son pays ? Je ne pense pas.

     

    Peut-être que la vente massive d’influence à l’extérieur met à mal la crédulité des vérificateurs aux comptes du gouvernement. Et pendant que nous en sommes là, j’aimerais savoir si le directeur du FBI Robert Mueller et le président Obama ont pu être informés de ces activités. Ou pas ?

    M. Mueller doit également répondre de sa relation avec l’ancien directeur du FBI James Comey – il était apparemment le mentor de ce dernier – tandis que M. Comey doit répondre de son comportement particulier et probablement hors la loi pour avoir bloqué l’enquête sur le serveur de messagerie privé de HRC.

     

    Cette décision n’était pas de son ressort.

     

    Et c’est sans compter la fameuse réunion à l’aéroport de Phoenix entre l’ancien président Bill Clinton et la procureure générale Loretta Lynch à peu près au même moment où l’enquête sur le serveur de courriels de M. Comey chauffait.

    Maintenant nous arrivons à l’information divulguée par Donna Brazille, présidente du Parti démocrate en alternance, disant que les élections primaires ont été minutieusement truquées par les salariés de HRC pour acheter le contrôle de sa nomination.

     

    Ne parlons même pas du « dossier » de Christopher Steele sur les soi-disant ébats sexuels pervers de Donald Trump à Moscou, ou des activités en Ukraine de la société de lobbying de Tony Podesta – c’est Tony, le frère de John Podesta, le chef de campagne de Clinton dont les emails restent une cache à truffes pour les chiens de chasse du ministère de la justice, s’ils voulaient réellement se mettre sur le coup.

    J’écris ceci en tant que démocrate encore encarté, bien que je me considère comme leur ennemi maintenant, sans pourtant être un chaud partisan de Trump.

    Y en a-t-il comme moi qui aimeraient voir les deux partis jetés dans les poubelles de l’histoire ? Bien sûr, dire cela signifie aussi jeter une cargaison d’idées et de croyances terribles, pas seulement deux wagons de personnalités clownesques.

    Les politiques d’identité, de taux d’intérêt zéro, l’exceptionnalisme américain, la dette sans fin, la construction de nations à l’étranger, le FASB-157, les villes sanctuaires, la coercition Titre IX, le racket du système de santé, le système d’enseignement supérieur, les interventions sur le marché, les frontières ambiguës…

     

    Juste un bout de la cargaison qui doit être balancée par dessus bord avec les deux partis.

     

    Le Watergate commence à sembler aussi pittoresque et simple qu’un jeu de Serpents et d’Échelles par rapport au RussiaGate.

     

    Non seulement les deux partis sont impliqués d’une façon ou d’une autre dans de multiples combines, complots et intrigues, mais le ministère de la Justice (DOJ) et sa filiale, le FBI, semblent coupables de toute une série de dissimulations et d’erreurs. Si le DOJ est désactivé, comment cela peut-il être résolu ?

    Toute cette extravagance se dirige vers une crise constitutionnelle qui pourrait nettoyer le système comme un lavement de café « Death Wish ».

     

    Il se peut que M. Mueller se retire de lui même si le président Trump ne prend pas la décision irréfléchie de simplement le congédier.

     

    Ce dernier fomenterait certainement une crise constitutionnelle qui pourrait inclure un effort pour renverser Trump avec le 25e amendement.

    En l’occurrence, nous serions dans une nouvelle forme de guerre civile.

     

    James Howard Kunstler

    Liens

    À lire absolument! Le point de situation par dedefensa.org, sûrement déjà obsolète au moment de cette publication.

     

     

    Source et Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    Critiqué par l’OTAN, Poutine parle longuement de la politique russe en Ukraine

    NATO Criticism of Russia’s Ukraine Policy Is Answered by Putin


    Eric ZuessePar Eric Zuesse – Le 30 octobre 2017 – Source Strategic Culture

     



    Un partisan de l’OTAN a critiqué le président russe Vladimir Poutine pour la politique Ukraine de la Russie, le 19 octobre 2017, lors de la réunion annuelle du Club Valdaï à Sotchi.

     

    Poutine a riposté avec la déclaration la plus détaillée à ce jour, décrivant le renversement, en février 2014, du président de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, démocratiquement élu, comme un « coup d’État » de l’Occident, en particulier de l’UE (qu’il a blâmée pour cela, plutôt que les États-Unis).

     

    Asle Toje, un partisan norvégien de l’alliance militaire anti-russe de l’OTAN, avait soulevé cette question en demandantà Poutine :

    « Et l’Ukraine ? Du point de vue européen, la balle est fermement dans le camp de la Russie.

     

    Le conflit est semi-gelé et les sanctions censées être dynamiques sont devenues semi-permanentes. Qu’est-ce que la Russie a l’intention de faire à ce sujet ? »

     

    Poutine a répondu :

    « Eh bien, nous pensons que la balle est dans le camp de l’Europe, parce qu’en raison de la position totalement non constructive – je choisis mes mots pour ne pas paraître grossier – des anciens membres de la Commission européenne, la situation est allée jusqu’au coup d’État. »

     

    Rappel :

    Le 4 février 2014, l’agent que le président américain Barack Obama avait chargé de planifier le coup d’État, Victoria Nuland, amie de longue date de Hillary Clinton, a désigné, à l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, la personne qui devrait diriger le pays à la fin du coup d’État, 23 jours plus tard, le 27 février : « Yats est le gars qui a l’expérience économique et l’expérience du gouvernement, il doit être nommé », a-t-elle dit à l’ambassadeur, Geoffrey Pyatt, et « Yats » Iatseniouk a obtenu le poste de Premier ministre, parce qu’Obama souhaitait que Ioulia Timochenko, farouchement antirusse, soit portée à la présidence de l’Ukraine lors d’une élection, afin de pouvoir qualifier le changement de gouvernement de démocratique, c’est-à-dire élu, non imposé – comme dans le cas de Yats.

     

    Cependant, Timochenko avait trop la réputation publique d’être un agent des États-Unis (et un escroc) pour gagner, et Petro Porochenko a donc remporté l’électionà sa place. Cette élection s’est déroulée dans toutes les régions à majorité ukrainienne du pays, sans permettre le vote des populations dans la plupart des régions majoritairement russophones, où l’homme renversé par Obama, Ianoukovitch, l’avait emporté par plus de 75% des voix lors de la dernière élection démocratique en Ukraine, qui était l’élection présidentielle de 2010 – la dernière élection dans laquelle les Ukrainiens de toutes les régions du pays ont voté.

    Bien que Porochenko ait été anti-russe, il ne l’était pas autant que Timochenko. Iatseniouk était le subordonné de Timochenko, il avait été choisi par Nuland parce que l’administration Obama pensait qu’après l’élection présidentielle, Yats remettrait le gouvernement à Timochenko, qui dirigeait le parti politique de Yats.

     

    Poutine a blâmé l’UE pour le coup d’État, bien que, en fait, Catherine Ashton, la ministre des Affaires étrangères de l’UE, apprenant le 26 février 2014 que ce renversement avait été un coup d’État et non une révolution démocratique, a exprimé sa stupéfaction et sa déception mais a continué de mener à bien le plan de l’administration Obama pour l’intégration de l’ancienne alliée de la Russie dans l’UE et, comme prévu, dans l’OTAN, afin que des missiles nucléaires américains puissent être installés à la frontière russe aussi près de Moscou que possible, pour une attaque éclair contre la Russie, afin de conquérir le pays.

     

    En outre, dans ses instructions à l’ambassadeur à Kiev, Nuland a dit« F-k the UE », car l’aristocratie de l’UE n’était pas aussi désireuse de conquérir la Russie que l’aristocratie américaine.

    Les aristocraties de l’UE auraient voulu que Vitaly Klitschko dirige l’Ukraine, mais celui-ci n’était pas rageusement anti-russe, comme Timochenko et Iatseniouk.

    Poutine le savait, il savait que le coup d’État avait été réalisé par les États-Unis et non par l’UE.

     

    Poutine a ensuite décrit le coup d’État ainsi :

    « Il y a eu des émeutes soutenues par les États-Unis – à la fois financièrement, politiquement et dans les médias – et dans toute l’Europe.

    Ils ont soutenu la prise de pouvoir inconstitutionnelle, sanglante, avec des victimes, et ont poussé les choses jusqu’à une guerre dans le sud-est de l’Ukraine.

    La Crimée a déclaré son indépendance et sa réunification avec la Russie, et maintenant vous pensez que nous sommes à blâmer pour cela ?

    Est-ce nous qui avons provoqué le coup d’État anticonstitutionnel ? La situation actuelle est le résultat d’une prise de pouvoir armée anticonstitutionnelle en Ukraine, et l’Europe est à blâmer, parce qu’elle l’a soutenue.

     

    Ce qu’il aurait été plus facile de dire à l’époque, c’est ceci : ‘Vous avez mis en scène un coup d’État, et pour finir, nous sommes les garants.’ En tant que garants, les ministres des Affaires étrangères de la Pologne, de la France et de l’Allemagne ont signé un document, un accord entre le président Ianoukovitch et l’opposition.

    Trois jours plus tard, l’accord a été piétiné et où étaient les garants ? Demandez-leur, où étaient ces garants ?

    Pourquoi n’ont-ils pas dit :‘S’il vous plaît, remettez les choses telles qu’elles étaient. Ramenez Ianoukovitch au pouvoir et tenez des élections démocratiques constitutionnelles.’

    Ils avaient toutes les chances de gagner, à cent pour cent, sans aucun doute. Non, il fallait plutôt qu’ils le fassent par un coup d’État armé.

    Eh bien, nous avons été confrontés à ce fait, l’avons accepté et signé les accords de Minsk.

     

    Mais les dirigeants ukrainiens actuels sabotent chaque paragraphe de ces accords, et tout le monde peut parfaitement le voir.

    Ceux qui sont impliqués dans le processus de négociation sont pleinement conscients de cela, je vous l’assure. Aucun pas n’a été fait pour la mise en œuvre des accords de Minsk.

    Tout le monde dit :‘Les sanctions ne seront levées que lorsque la Russie se conformera aux accords de Minsk.’ Tout le monde s’est depuis longtemps rendu compte que les dirigeants actuels de l’Ukraine n’étaient pas en mesure de s’y conformer.

    Maintenant que la situation dans ce pays a atteint son paroxysme en matière d’économie et de politique intérieure, et que la police utilise le gaz contre les manifestants, attendre que le président ukrainien fasse au moins un petit pas pour appliquer les accords de Minsk est un exercice futile. Je ne suis pas sûr qu’il puisse accomplir ceci. Mais il n’y a pas d’alternative, malheureusement.

    Par conséquent, nous garderons le format Normandie aussi longtemps que nos collègues le voudront, et nous nous efforcerons de mettre en œuvre les accords de Minsk que vous avez mentionnés. »

     

    Poutine n’a jamais blâmé le gouvernement américain pour ce coup d’État, mais il en connaît au moins autant là-dessus que le dirigeant de la firme Stratfor– la CIA privée – qui a décrit l’événement comme « le coup d’État le plus flagrant de l’histoire » parce qu’il avait été très bien documenté par des conversations téléphoniques fuitées et d’autres preuves solides. Il n’y avait aucun doute que le Département d’État américain l’avait dirigé, et, finalement, la preuve est devenue publique que Google et le Département d’État américain préparaient déjà l’opération depuis 2011.

     

    Poutine a continué sa réponse :

    « Il ne suffit pas d’interpeller la Russie, il est également nécessaire d’influencer la position de Kiev. Maintenant, ils ont pris une décision sur la langue, interdisant l’utilisation des langues des minorités ethniques à l’école.

    La Hongrie et la Roumanie ont soulevé des objections.

    La Pologne a également fait quelques commentaires à ce sujet.

    Cependant, l’Union européenne dans son ensemble est silencieuse. Pourquoi ne condamnent-ils pas cela ? C’est le silence.

     

    Maintenant, ils ont érigé un monument à Simon Petlioura.

    C’était un homme aux opinions nazies, un antisémite qui a tué des juifs pendant la guerre.

    À part le Congrès juif sioniste, tout le monde est silencieux.Avez-vous peur de blesser vos clients à Kiev, c’est ça ?

    Ces choses ne sont pas faites par le peuple ukrainien, elles sont faites à l’initiative des autorités compétentes. Mais pourquoi gardez-vous le silence ? »

     

    Poutine demandait à l’UE de rester neutre sur la question ukrainienne, pas au gouvernement américain, car Poutine a compris que le gouvernement américain voulait conquérir la Russie et prendre l’Ukraine pour faire avancer cet objectif. alors que beaucoup de pays dans l’UE veulent plutôt avoir la paix et commercer avec la Russie et ne désirent pas l’envahir.

     

    Poutine a laissé tomber l’Amérique, dont le gouvernement est – avec l’Ukraine et le Canada – le seul défenseur du nazisme– c’est-à-dire du fascisme raciste – à l’ONU.

     

    Mais il sait que s’il blâme le gouvernement américain pour le coup d’État, cela rendra plus difficile les efforts de l’UE pour s’éloigner des États-Unis vers la neutralité, car une telle accusation ne ferait qu’unifier l’OTAN et non la rompre.

    Il pourrait être en mesure de sélectionner quelques membres de l’UE, pour les mener vers la neutralité et les éloigner des objectifs de l’OTAN d’envahir la Russie, mais cela ne peut fonctionner que s’il minimise la véritable compétition pour le pouvoir entre le gouvernement US qui veut conquérir la Russie et le gouvernement russe qui veut rester une nation libre et indépendante pour protéger sa souveraineté nationale.

     

    La raison pour laquelle Poutine blâme l’UE à la place des États-Unis est donc tactique.

     

    Ce qu’il dit est particulièrement intéressant : « Ces choses ne sont pas faites par le peuple ukrainien, elles sont faites à l’initiative des autorités compétentes. Mais pourquoi gardez-vous le silence ? » Là, il interpelle les Européens anti-nazis, pour qu’ils se détachent du régime américain pro-nazi d’aujourd’hui. Il dit : opposez-vous à cela, démarquez-vous publiquement.

     

    Puis, il continue :

    « J’espère que cela finira par arriver. Je peux voir l’intérêt de nos partenaires, principalement l’intérêt de nos partenaires européens, à résoudre ce conflit. Je peux voir un réel intérêt. Angela Merkel fait beaucoup de choses, investit son temps, s’implique profondément dans ces questions.

    L’ancien président de la France et le président Macron sont également attentifs. Ils travaillent vraiment là-dessus.

    Cependant, il est nécessaire de travailler non seulement techniquement et technologiquement, mais politiquement. Il est essentiel d’exercer une certaine influence sur les autorités de Kiev, les amener à faire au moins quelque chose.En fin de compte, l’Ukraine elle-même a intérêt à normaliser nos relations.

     

    Maintenant, ils sont allés nous imposer des sanctions, comme l’a fait l’UE. Nous avons répondu à notre façon. Le président [ukrainien] me demande : ‘Pourquoi as-tu fait ça ?’ Je dis : ‘Écoute, vous avez introduit des sanctions contre nous.’ C’est juste stupéfiant ! »

     

    Il se réfère ici aux autorités de Kiev, et non aux autorités de Washington, car il sait que les Européens dont il parle savent que l’Ukraine est maintenant une nation vassale des États-Unis.

    Il sait qu’ils savent ce qu’il sait à ce propos. Ensuite, il s’adresse vraiment, non pas aux dirigeants de l’Ukraine, mais plutôt au peuple de l’Ukraine, quand il dit :

    « Je crois que cela devient évident et, surtout, cela devient évident pour l’écrasante majorité des citoyens ukrainiens. Nous aimons l’Ukraine et je considère vraiment le peuple ukrainien comme une nation fraternelle, si ce n’est comme une nation, une partie de la nation russe.

    Même si les nationalistes russes n’aiment pas cela et les nationalistes ukrainiens n’aiment pas cela non plus, c’est ma position, mon point de vue. Tôt ou tard, cela se produira – la réunification, non pas au niveau interétatique, mais en termes de restauration de nos relations. »

     

    De nombreux sondages ont montré que beaucoup d’Ukrainiens se sentent fraternels envers les Russes. Il essaie de faire appel à ces personnes, de chercher une restauration de l’alliance précédente : la Russie avec les anti-nazis d’Ukraine, au lieu de l’Amérique avec les pro-nazis ukrainiens.

    Le questionneur de Poutine, le pro-OTAN Asle Toje, aurait pu répliquer à ce que disait ce dernier, mais il est resté complètement silencieux, peut-être parce qu’il savait que s’il s’opposait à ce que Poutine disait, celui-ci aurait eu une excellente occasion de réagir en faisant allusion au rôle réel joué par l’OTAN – les États-Unis – en Ukraine, le rôle nazi, et peut-être aussi une allusion à la célèbre déclaration de l’Américaine nazie Victoria Nuland« F-k the UE ! », quand elle a donné ses instructions, le 4 février 2014, pour la composition du prochain gouvernement de l’Ukraine. dirigé par les nazis ukrainiens rageusement anti-russes.

     

    Hamid Karzaï, l’ancien dirigeant de l’Afghanistan – ou du moins de Kaboul – était aussi l’un des participants à cette conférence, et il a parlé de la longue histoire de son pays comme un pion dans le Grand Jeu des aristocraties impériales qui mènent des guerres de conquête pour établir des empires et s’emparer des terres des autres. Ensuite, il a commenté spécifiquement le rôle que la prise de l’Ukraine en 2014 avait joué dans la dernière phase du Grand Jeu :

    « Sur l’Ukraine et le conflit là-bas, j’étais dans mes dernières années de gouvernement quand cette crise a émergé en Ukraine.

    Moi, et mes proches collègues du gouvernement sur les questions de politique étrangère et de sécurité, nous nous sommes réunis. Je leur ai dit que l’Ukraine faisait partie de l’Union soviétique et qu’après l’effondrement de l’Union soviétique et l’émergence des États indépendants, l’Ukraine était l’un des pays les plus proches de la Russie pour les relations ethniques, économiques et culturelles. ainsi qu’en termes de valeur que l’Ukraine représente pour la Russie.

    Donc, mon approche était celle du sentiment et de la sensibilité, mais en gardant à l’esprit le sentiment russe, en gardant à l’esprit la sensibilité russe dans cette région. Voyons cela de la façon suivante : si la Russie essayait de faire du Canada un allié du pacte de Varsovie contre l’Amérique, que ferait l’Amérique ? I

    ls agiraient plus agressivement que ce que la Russie a fait.

    En Crimée : pour ce que je comprends, la Crimée a été donnée à l’Ukraine en 1957, est-ce vrai ? Donc, elle faisait partie du territoire russe ».

     

    Son argument selon lequel « si la Russie essayait de faire du Canada un allié du Pacte de Varsovie contre l’Amérique, que ferait l’Amérique ? » était simplement rhétorique, car dans la crise des missiles cubains de 1962, les États-Unis avaient déjà montré ce qu’ils feraient.

     

    Si la Russie plaçait des missiles sur les frontières de l’Amérique, ou à proximité, les États-Unis lanceraient une guerre nucléaire contre la Russie.

    Pour certaines raisons, les Américains ont estimé que cette réponse – menaçant d’une Troisième guerre mondiale – était justifiée pour l’Amérique d’alors, en 1962, mais par ailleurs ne pense pas que ce serait une réponse justifiée de la part de la Russie, maintenant, quand la symétrie est dans l’autre camp, et encore plus que ce n’était le cas en 1962 – parce que l’Ukraine est juste à la frontière russe. 

    Mais, bien sûr, cela serait encore plus justifié dans le cas présent, car la conquête de la Russie est devenue, en 2006, l’objectif stratégique quasi-officiel de l’Amérique, remplaçant l’ancienne doctrine acceptée par les deux parties d’une politique stratégique de maintien de la paix – sous l’égide de la Destruction Mutuellement Assurée (ou MAD)– qui consistait à maintenir un équilibre des armements nucléaires afin d’éviter une Troisième guerre mondiale, au lieu de vouloir la gagner– comme c’est la doctrine US depuis 2006.

     

    La Russie croit toujours à la Destruction Mutuellement Assurée, mais l’Amérique est maintenant en quête de l’or, de la victoire nucléaire. C’était implicitement la politique des États-Unis et de l’OTAN depuis le 24 février 1990, mais elle est devenue, depuis 2006, en objectif  dénommé primauté nucléaire, soit la capacité des États-Unis à gagner un conflit nucléaire contre la Russie – conquérir la Russie.

     

     

    La récente déclaration – du 19 octobre – de Poutine est la plus large qu’il ait jamais faite sur la question ukrainienne, mais ce n’est pas la seule déclaration qu’il a faite à ce sujet.

    Un an avant cette dernière discussion à Valdaï, le 12 octobre 2016, lors du huitième forum d’investissement de VTB Capital La Russie vous appelle !à la recherche d’investissements étrangers en Russie :

    « Vous venez de parler de la crise en Ukraine, mais nous n’avons pas fait un coup d’État en Ukraine, n’est-ce pas ? Ils ont caché que, dans une large mesure, ils ont soutenu une opposition radicale, une façon inconstitutionnelle de changer le pouvoir, bien que cela aurait pu être fait différemment : l’ancien président Ianoukovitch avait accepté toutes les exigences et était prêt à organiser des élections anticipées. Ils ont contribué à un coup d’État, et pour quoi ?

    Devant le fait accompli, nous avons été contraints de protéger la population russophone du Donbass, nous avons été contraints de répondre aux aspirations des habitants de la Crimée voulant le retour dans la Fédération de Russie, alors a immédiatement commencé un nouveau déchaînement de politique anti-russe et l’imposition de sanctions.

    Vous venez de parler des accords de Minsk. Mais nous ne sommes pas les saboteurs de la mise en œuvre de ces accords. »

     

     

    À cette occasion, parce qu’il répondait à une question qui avait été soulevée par Rick Boucher, ancien membre du Congrès des États-Unis, et maintenant associé dans un cabinet d’avocats, M. Poutine avait été plus direct, en disant :« Nous n’avons pas apporté un coup d’État en Ukraine. Avons-nous fait cela ? Non. D’autant plus que nos partenaires américains ne cachent pas que, dans une large mesure, ils étaient en coulisse, soutenant et finançant une opposition radicale, pour provoquer un changement de pouvoir inconstitutionnel. »

     

    Mais il était ambigu quant à savoir si l’Amérique était simplement derrière,« ils étaient en coulisse » ou au lieu de cela ont agi« pour provoquer un changement de pouvoir inconstitutionnel »  [c’est-à-dire en coup d’État]. De toute façon, il n’y a aucun enregistrement de la réponse de Boucher à la déclaration de Poutine.

     

    L’ambiguïté est la norme dans les discours politiques, on le voit partout, et lorsqu’elle apparaît, des raisons tactiques sont habituellement évoquées.

     

    Encore plus tôt, le 23 mai 2014, quelques mois après le coup d’État américain, Poutine participait à la session plénière du 18e Forum économique international de Saint-Pétersbourg, et répondait à une question de Geoff Cutmore de CNBC :

    « Le président Ianoukovitch a décidé de reporter la signature et d’engager des discussions supplémentaires. Qu’est-ce qui vient ensuite ? Un coup d’État. Peu importe comment vous choisissez de l’appeler, une révolution ou autre chose. C’est un coup d’État avec l’usage de la violence et des forces militantes. Qui est de quel côté maintenant ? Qui utilise quels outils du passé ou du futur ?

    Il est impératif d’être très prudent en ce qui concerne les institutions publiques des nations émergentes, car sinon les choses peuvent déraper vers le chaos, ce qui est exactement ce qui s’est passé en Ukraine. La guerre civile et le chaos sont déjà là.

    Qui en profite ? Pourquoi l’ont-ils fait, si Ianoukovitch acceptait tout ?

    Ils devaient plutôt aller voter, et les mêmes personnes seraient au pouvoir maintenant, mais légalement. Nous, comme des idiots, leur paierions les 15 milliards de dollars que nous avions promis, en maintenant les prix du gaz bas pour eux et en continuant à subventionner leur économie…

    Voyons les choses en face. Nous sommes tous des adultes ici, n’est-ce pas ? Des gens intelligents et éduqués. L’Occident a soutenu le coup d’État inconstitutionnel. De fait, n’est-ce pas ? Non seulement par le biais des cookies infâmes [allusion à Nuland distribuant des cookies aux insurgés sur la place Maïdan, NdT], mais à travers le soutien médiatique, politique et que sais-je encore. Pourquoi l’a-t-il fait ?

    Très bien. Et maintenant vous pensez que tout est de notre faute ? Nous avons proposé un dialogue et on nous l’a refusé. Et après ? La dernière fois que j’étais à Bruxelles, nous avons convenu de conserver ce dialogue ouvert. C’était avant le coup d’État. M. Ulyukayev – il est assis là en face de moi – un homme respectable, parlant anglais correctement, un esprit absolument axé sur le marché, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’économie, a été appelé pour consultation.

    Demandez-lui ce qu’il en pense, après la fin de la session. Je ne m’y attarderai pas maintenant. Mais il n’y a pas eu de consultations.

    Rien que des slogans.

    Quelle est la suite ? Ils ont fait un coup d’État et ne veulent pas nous parler. Que sommes-nous supposés penser ? La prochaine étape fera entrer l’Ukraine dans l’OTAN. Ils ne nous interrogent jamais sur notre opinion, et nous avons découvert au cours des deux dernières décennies qu’il n’y a jamais de dialogue sur cette question. Tout ce qu’ils nous disent, c’est  : ‘Ce ne sont pas vos affaires, cela ne vous concerne pas.’ Nous leur disons : ‘Une infrastructure militaire approche de nos frontières.’, ils répondent : ‘Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas contre vous.’ Donc, demain, l’Ukraine pourrait finir par être membre de l’OTAN, et la prochaine chose que vous savez, c’est qu’un complexe de défense antimissile américain sera stationné sur son territoire.

    Personne ne nous parle jamais non plus à ce sujet. Ils nous disent simplement : ‘Ce n’est pas contre vous, et cela ne vous concerne pas’

     

    Si nous n’avions pas fait ce que nous avons fait en Crimée, la Crimée aurait été bien pire qu’Odessa où les gens ont été brûlés vifs. Et il n’y a pas d’explications, pas de vraies condamnations par qui que ce soit. Il n’est pas encore clair qui l’a fait, je veux dire la tragédie à Odessa. »

    Il a dit ceci, contre l’Ouest, après que la preuve soit portée à la connaissance du public, hormis à l’Ouest, que c’était en fait le régime américain qui avait fait le coup, et qui avait embauché des nazis ukrainiens pour le réaliser,

     

    En première page du New York Times, le 23 octobre 2017, est paru un reportage sur les efforts déployés par les républicains au Congrès américain pour se concentrer sur autre chose que la prétendue manipulation du Russiagate dans la campagne électorale de 2016 aux États-Unis, et sur les efforts des Démocrates du Congrès pour se concentrer uniquement sur ces allégations.

    Cette histoire du New York Times en première page employait négligemment l’expression « les efforts extraordinaires d’un pouvoir hostile pour perturber la démocratie américaine », comme si c’était déjà prouvé, au lieu d’être seulement une ligne de propagande incessante du Parti démocrate pour expliquer la défaite électorale d’Hillary Clinton.

    La propagande des médias américains fait de telles choses pour attiser au maximum la haine de son public contre les Russes, et surtout contre le gouvernement russe, et ainsi promouvoir le scénario de la guerre contre la Russie.

     

    Poutine sait quelle est l’origine de cette marche vers la Troisième Guerre mondiale, et qu’elle n’est pas en Europe.

     

    Il sait qu’elle a eu plus que sa part de guerres, mais que les Américains sont plus malléables à ce sujet, mieux contrôlés par l’aristocratie qui possède le complexe militaro-industriel de la nation.

     

    Eric Zuesse

    Source et Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

     


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    08 novembre 2017

    DOSSIER POLITIQUE ITALIEN DOSSIER POLITIQUE ITALIEN

    «L’Italie doit sortir de l’UE, de l’Otan et de la zone euro»

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    SOURCE : CC0 / pixabay
    INTERNATIONAL
    17:51 07.11.2017(mis à jour 18:51 07.11.2017)

    L’analyste politique Lorenzo Valloreja explique dans son livre pourquoi l’Italie doit «renoncer à l’euro, se retirer de l’Otan, quitter l’Union européenne et devenir une alliée de la Russie de Poutine». Sputnik a eu l’occasion de s’en entretenir avec cet Italien.

    L'Italie est actuellement ligotée mains et pieds par l'UE, l'euro et l'Otan, ce qui entrave sérieusement son développement. Aussi, doit-elle s'en retirer pour «renaître», a déclaré Lorenzo Valloreja à Sputnik.

    «J'ai 42 ans, et je vis toujours en Italie. Comme tous les jeunes dans les années 1970 et 1980, je caressais le "rêve européen". On nous avait persuadés que l'Europe unie allait nous épargner tous les maux. Pourtant, à partir des années 1990, on a bien compris que l'Europe était devenue le contraire de tout ce qui nous avait été promis», a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que les institutions européennes avaient déçu les Italiens.

    «En tant qu'historien, j'étudie la naissance de l'Union européenne et de l'euro, ainsi que l'adhésion à l'Otan, et je vois les problèmes de notre pays. […] Nous avons renoncé à notre souveraineté au nom de l'UE qui n'avait d'ailleurs été créée que pour le confort de la France et de l'Allemagne», a rappelé M.Valloreja.

    Selon lui, les intérêts de l'Italie se distinguent beaucoup de ceux de Paris et de Berlin, voire ils y sont même souvent bel et bien opposés.

    «Membres de l'Otan, nous devions faire la guerre contre nos alliés, notamment la Libye. Aujourd'hui, nous observons les problèmes avec l'Iran qui figure d'ailleurs parmi les principaux partenaires commerciaux de notre pays. Si l'administration Trump déclenche une guerre en Iran, nous serons contraints nous aussi d'y participer», a expliqué l'analyste, argumentant la nécessité pour l'Italie de se retirer de l'Otan.

    Il signale par ailleurs que l'Otan pousse de plus en plus à l'est ce qui préoccupe la Russie, pays pacifique qui n'aspire pas à l'expansion.

    «La Russie pourrait devenir notre partenaire aux niveaux les plus élevés», a poursuivi l'interlocuteur de Sputnik.

    Et d'espérer que l'Italie réussirait à resserrer encore plus ses liens avec Moscou pour pouvoir modifier conjointement la situation géopolitique dans la région de la Méditerranée.

    «L'Italie doit sortir de l'UE, de l'Otan et de la zone euro. Notre pays doit s'ouvrir entièrement pour la Russie et lever les sanctions. Nous pouvons y devenir des pionniers, et d'autres pays nous suivront. Nous ne resterons pas seuls, mais il faut du courage pour cela», a conclu l'historien.

     

    Sommet de l’UE: l’Italie met

     

    en échec les partisans

     

    des sanctions anti-russes

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    SOURCE SPUNIK © AFP 2017 GABRIEL BOUYS
    INTERNATIONAL
    08:32 21.10.2016(mis à jour 08:41 21.10.2016)

    A l’issue de neuf heures de débats, un groupe de pays européens a réussi à mettre en échec le projet initial des dirigeants d’Allemagne, de France et du Royaume-Uni visant à adopter de nouvelles sanctions antirusses en raison de la situation en Syrie.

    Le premier ministre italien Matteo Renzi a réussi à convaincre la chancelière allemande, le président français et la première ministre britannique de renoncer aux sanctions antirusses évoquées lors du sommet de l'UE, communique le Financial Times (FT) se référant à des sources diplomatiques.

    Dans la nuit de jeudi à vendredi, le sommet de l'UE réuni à Bruxelles a adopté un document final ne mentionnant pas de possibles sanctions antirusses liées à la situation en Syrie bien que les dirigeants européens aient dénoncé les actions de la Russie et du gouvernement syrien à Alep.

    L'interlocuteur du FT a indiqué que contrairement aux attentes de Berlin, Paris et Londres, principaux partisans de mesures rigoureuses, leur projet a provoqué un débat virulent. Selon lui, des objections ont été formulées par l'Espagne, l'Autriche, Chypre et la Grèce, ainsi que par le chef de file de ce groupe, le premier ministre italien Matteo Renzi.

    « A l'issue de neuf heures de négociations lors du sommet de l'UE, le premier ministre italien a réussi à obtenir que la proposition de nouvelles sanctions avancée avant l'ouverture du sommet soit retirée », écrit le média.

    Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux accusent Moscou et Damas de bombarder les civils et des positions de l'opposition armée en Syrie sans avoir présenté la moindre preuve jusqu'à présent. La Syrie et la Russie signalent que leurs frappes ne visent que les terroristes et accusent les Etats-Unis de n'avoir aucun contrôle sur les détachements de l'opposition « modérée » et de ne pas être capables de distinguer cette dernière des radicaux.

    La Russie a déclaré à maintes reprises que le choix des cibles en Syrie était précédé d'une vérification minutieuse des données de reconnaissance. 
    Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov avait déclaré précédemment que la Russie était l'unique pays à combattre le terrorisme sur le territoire syrien d'une manière légale.

    Dans son commentaire au sujet des possibles sanctions antirusses en raison de la situation en Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exprimé l'espoir que le bon sens prendrait le dessus sur la volonté d'accuser Moscou de tous les maux.

     

    L’Italie pourrait quitter la zone

     

    euro à cause de sa situation

     

    économique incertaine

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    SOURCE SPUNIK © REUTERS/ Stefano Rellandini
    ECONOMIE
    19:26 02.01.2017URL courte
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    Un expert économique allemand estime que l’effondrement du bien-être des Italiens pourrait conduire à Rome à sortir de la zone euro, ce qui par rebond aggraverait la crise de l’Union Européenne.

    Face à l'incertitude économique et politique que traverse actuellement l'Italie, celle-ci pourrait quitter la zone euro, a déclaré le chef de l'Institut allemand des recherches économiques (IFO), Clemens Fuest.

    « Le niveau de vie en Italie est aujourd'hui égal à celui de l'an 2000. Si rien ne change, les Italiens pourraient un jour déclarer: "Nous ne voulons plus de la zone euro" », a estimé M. Fuest dans une interview au journal Tagesspiegel.

     

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    Dans le même temps, il a averti que si le gouvernement allemand approuvait le programme européen d'aide pour l'Italie, ce serait un fardeau pour les contribuables allemands, qui « ne connaissent pas son montant et ne peuvent pas le contrôler. »

    Dans le cas de l'adoption de ce programme, la BCE devrait racheter une quantité illimitée d'obligations du gouvernement italien. La BCE serait également autorisée à déterminer le montant du prêt que l'Allemagne devra octroyer à l'Italie. Tenant compte de ces circonstances, les parlementaires allemands, selon M. Fuest, s'opposeraient à ce plan.

    L'économiste a également estimé que la division de l'Union européenne était de plus en plus criante et qu'elle s'accélèrerait, même si l'Italie restait dans la zone euro.

    « Cela est devenu clair après le vote du Brexit. Dans le même temps, les pays de l'Europe de l'Est s'éloignent de plus en plus du reste de l'Europe », a-t-il expliqué.

    En juin 2016, environ 52 % des citoyens du Royaume-Uni ont voté lors d'un référendum pour la sortie du pays de l'Union Européenne. D'après le Premier ministre britannique, Theresa May, le pays a l'intention d'activer l'article 50 du traité de Lisbonne qui prévoit le retrait de l'UE, lequel est prévu pour la fin du mois de mars 2017. Actuellement, le Royaume-Uni est en train d'élaborer sa position de négociation sur les accords cruciaux avec l'UE.

     

    Référendum en Italie:

     

    ciao, l'euro!

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    SOURCE : © Flickr/ JT
    LU DANS LA PRESSE
    14:49 07.12.2016
    Lenta.ru

    Le récent référendum en Italie pourrait constituer un premier pas vers l'abandon de la monnaie unique dans ce pays. Après le référendum en Italie qui a entraîné la démission du premier ministre italien Matteo Renzi, le cours de l'euro a chuté à son plus bas depuis 18 mois.

    Le départ du chef du gouvernement italien ouvre la voie aux eurosceptiques dont les voix se font de plus en plus entendre aux quatre coins du continent. L'avenir de la monnaie européenne commune suscite également de nombreuses questions.

    Un référendum cinq étoiles

    Les Italiens ont dit non aux propositions de changements de la structure étatique formulées par Matteo Renzi. Selon le premier ministre, ses initiatives — qui consistaient notamment à modifier le rôle du parlement pour le rendre plus pratique pour l'exécutif — auraient permis d'économiser jusqu'à 500 millions d'euros par an, ainsi que d'accélérer le processus d'adoption des lois.

    Cependant, ce flirt avec les électeurs n'a rien donné : 60% des votants se sont prononcés contre la politique de Renzi, qui a annoncé sa démission.

    Le départ de Renzi ouvre la voie aux partis d'opposition qui prônent la sortie de l'UE, dont le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord.

    Ces forces politiques profitent de la grogne croissante des électeurs face à la stagnation économique et à la vague de dizaines de milliers de migrants en provenance d'Afrique. Un référendum pour la sortie de l'UE pourrait parfaitement être la prochaine étape.

    Pour l'instant, c'est les Allemands qui paient

     « Il ne faut pas seulement analyser les résultats du référendum italien en tant que tels mais également dans le contexte des événements qui l'ont précédé », estime Sergueï Khestanov, conseiller à la macroéconomie du directeur général de la société de courtage Otkrytie. Il souligne que dans la plupart des pays développés, on n'a pas constaté de réelle amélioration du niveau de vie depuis 15 ans:  « Cela concerne aussi bien l'Europe occidentale que les USA. La colère qui monte s'exprime dans le soutien, par les électeurs, de décisions opposées à l'establishment en place. C'est arrivé au Royaume-Uni où la population a voté pour le Brexit. C'est également arrivé aux Etats-Unis où la course présidentielle a été remportée par le candidat "hors système" Donald Trump ».

     « La principale tendance est que les citoyens de différents pays expriment leur mécontentement. Nous assisterons très probablement au remplacement du parti au pouvoir en France, l'avenir de la CDU en Allemagne, parti de la chancelière Angela Merkel, est remis en question. Tout cela montre que des tendances centrifuges viennent remplacer les tendances centripètes », estime l'expert.

    Le résultat du référendum italien est une nouvelle bataille remportée par les forces centrifuges mais la fracture n'est pas encore actée. L'octroi d'une nouvelle tranche d'aide économique à l'Italie suffirait à compliquer les manœuvres des eurosceptiques.

    Pour la zone euro, les élections en Allemagne seront décisives car ce pays est le dernier bastion de l'eurocentrisme. Si l'alliance CDU-CSU perdait, la balance pourrait pencher de l'autre côté.

     « L'Allemagne joue le rôle de sac à billets de l'UE. En cas d'apparition de problèmes dans les pays de l'UE, Berlin les atténue avec son aide financière. Ce fut le cas, par exemple, pendant la crise de la dette dans le sud de l'Europe autour de la Grèce », analyse Sergueï Khestanov.

    Si le processus centrifuge était fluide et contrôlable, il serait possible d'éviter de nombreux troubles aussi bien pour certaines économies que pour le marché monétaire. L'UE est parfaitement capable d'initier et de gérer la sortie de pays à l'économie relativement faible (les fameux PIGS — Portugal, Italie, Grèce, Espagne) et mal intégrés à l'Europe unie en raison de différences considérables de niveau de développement.

    Cependant, pour l'instant, les élites européennes ne sont pas prêtes à mener cette  « désintégration fluide », ce qui rend plus plausible le scénario lié à l'arrivée au pouvoir des eurosceptiques en France et en Allemagne. Ils saboteraient l'octroi d'une aide aux pays du sud de l'Europe et stimuleraient ainsi les processus centrifuges sur le continent.

    La monnaie contre l'UE

     « A en juger par la dynamique actuelle, le marché monétaire soutient l'euroscepticisme. De cette manière le marché évalue les perspectives de la zone euro, voire de l'intégration européenne dans l'ensemble », note Sergueï Khestanov.

    D'après l'expert, il est possible que l'an prochain un euro vaille un dollar, un niveau historique.

    Si en août 2016 le cours rouble-euro atteignait 75 roubles, il a baissé jusqu'à 68 roubles aujourd'hui. Quant au cours dollar-euro, la monnaie européenne a atteint son record (1,15 dollars pour 1 euro) en avril 2016, avant une chute en octobre-novembre.

    Le dollar s'avère être la monnaie la plus forte aujourd'hui et étant donné que cette monnaie et le pétrole sont en antiphase, le renforcement du dollar est une mauvaise nouvelle pour les marchés des matières premières.

    Si, au final, les forces centrifuges prenaient le pouvoir en Europe et que d'ici là on comprenait définitivement que l'Opep, qui a décidé de réduire la production pétrolière, était incapable de se tenir à sa décision, l'effet négatif ne ferait que s'accentuer. Avec toutes les conséquences que cela implique pour les pays dépendants du pétrole.

     

    L'Italie, un laboratoire de

     

    guerre de l'Otan et des USA

     

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    SOURCE : © AP Photo/ Andrew Medichini
    INTERNATIONAL
    21:28 09.09.2016

    Les Etats-Unis et l'Otan ont déployé plus d'une centaine de bases militaires en Italie, la transformant en dépôt de munitions étrangères et ce, en violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et de la Constitution du pays, d'après un expert militaire italien.

    L'Italie compte plus de 100 bases militaires américaines et celles de l'Otan et près d'une centaine de bombes nucléaires, ce qui la fait devenir "un laboratoire de guerre" de l'Alliance et des Etats-Unis, a déclaré à Sputnik Antonio Mazzeo, journaliste et expert militaire qui étudie la militarisation de l'Italie.

    "A l'heure actuelle, entre 60 et 90 ogives nucléaires se trouvent en Italie, sur les bases militaires d'Aviano (Pordenone) et de Ghedi (Brescia), dans le nord du pays. Et leur nombre ne cesse de croître (…). La présence des ogives nucléaires en Italie constitue une violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) signé par le gouvernement italien", a indiqué M.Mazzeo.

    Selon lui, on ne peut pas dire qu'il s'agit des ogives américaines et que les autorités du pays ignorent leur existence.

    "C'est faux, parce que les têtes nucléaires B61 peuvent être mises à la disposition de l'Armée de l'air italienne et équiper des bombardiers italiens en cas de crise internationale. C'est une violation flagrante du Traité TNP par les autorités italiennes", a-t-il noté.

    Le nombre de personnels des bases militaires américaines et de l'Otan déployées en Italie dépasse les 10.000 militaires et civils. Il faut y ajouter aussi les membres de leurs familles, d'après l'expert qui cite des données officielles du ministère américain de la Défense. Toutefois les autorités italiennes ne peuvent contrôler les activités de certaines bases qui relèvent entièrement des Etats-Unis.

    "Les bases américaines ne sont pas toujours celles de l'Alliance. Par exemple, la base de Sigonella, en Sicile, est contrôlée par les Etats-Unis, avant tout par l'US Air Force et l'US Navy. Les autorités italiennes n'ont aucune possibilité de s'informer sur les opérations militaires qui s'y déroulent", a précisé M.Mazzeo.

    Mais il y a également des bases italiennes qui sont parfois mises à la disposition de l'aviation américaine, d'après lui.

    "La base de Pantelleria abrite notamment un avion appartenant à une société américaine, qui effectue des vols de reconnaissance au-dessus de l'Afrique du Nord, de l'Egypte à la Tunisie, sous le commandement de l'USAFRICOM" (commandement des Etats-Unis pour l'Afrique), a noté l'expert.

    Selon lui, "l'Italie autorise également le déploiement de militaires américains et de l'Otan dans les sites civils".

    "De nombreuses bases italiennes accueillent les militaires des pays qui ne font pas partie de l'Alliance: Israël, de nombreux pays arabes dont l'Arabie saoudite et le Qatar, utilisent en permanence les polygones militaires en Sardaigne", a révélé M.Mazzeo.

    Il a rappelé que l'exploitation des bases militaires en Italie était contraire aux principes constitutionnels et que le parlement du pays ne contrôlait pas ces activités.

    "Mais les médias importants n'en parlent pas et les gens n'en savent presque rien", a déploré le journaliste.

    Selon lui, ces derniers temps, les relations au sein de l'Otan sont devenues plus complexes et l'Italie risque d'être coincée dans une Otan plus agressive et moins homogène. Cela influera sur sa politique intérieure et extérieure, ainsi que sur la situation sociale dans le pays.

    "L'Otan n'a jamais été une structure défensive. Elle pouvait en faire semblant pendant la guerre froide, mais la chute du Rideau de fer a mis en évidence le rôle agressif et impérialiste de ce bloc. L'Alliance a changé, elle est devenue plus complexe. Certains de ses membres n'écoutent pas les Etats-Unis – la Turquie, ainsi que la France et le Royaume-Uni. Ces derniers souhaitent notamment jouer un rôle clé en Afrique même si cela provoque des tensions avec d'autres membres de l'Otan. L'Italie risque de se retrouver au sein d'une Alliance plus agressive et impérialiste dont les intérêts sont contraires aux intérêts économiques, politiques et militaires de l'Italie", a conclu M.Mazzeo.

     

    «Rome n’est prête qu’à

     

     

    recevoir des gifles de

     

     

    la France et de l’UE»

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    SOURCE : CC0
    INTERNATIONAL
    23:09 09.08.2017(mis à jour 10:27 10.08.2017)URL courte
    21987201

    Dans une interview accordée à Sputnik, Luca Frusone, député du Mouvement 5 Étoiles, accuse le gouvernement du pays d’avoir «bradé le patrimoine stratégique de l’Italie».

    Luca Frusone, député du Mouvement italien 5 Étoiles, a déclaré dans un entretien accordé à Sputnik que les difficultés que les entreprises et sociétés italiennes traversaient actuellement étaient liés l’impuissance du gouvernement italien face à la politique agressive de la France et de l’UE en général.

    Ainsi, lorsque M.Macron a été élu, de nombreux antipopulistes pro-européens en Italie ont été déçus parce qu’ils le considéraient comme celui qui mettrait fin aux spéculations politiques et au populisme, explique l’expert. Pourtant, Macron a préféré privatiser les chantiers navals français STX que les Italiens étaient censés acheter:

    «Il en a le droit, mais où est-il son fameux européisme et l’égalité avec les autres pays?», se demande l’expert.

    Ensuite, le ministre du Développement économique de l'Italie a demandé au gouvernement de revoir les obligations de l'entreprise française Vivendi qui possède la majorité des parts de la société Telecom Italia. Les Italiens n'ont pas non plus oublié qu'ils ont perdu durant ces cinq dernières années 25 milliards d'euros à cause du «shopping» de Paris en Italie: les entreprises Parmalat, Orzo Bimbo, Eridania, Boschetti, Galbani et d'autres, ainsi que l'acquisition de la banque Capirama par la banque française Crédit Agricole et l'absorption de la banque italienne BNL par la BNP Paribas.

    Et de poursuivre:

    «Mais je le répète: ce n'est pas la faute des Français, mais du gouvernement italien, qui a décidé de brader nos entreprises stratégiques à d'autres pays. Nous perdons notre patrimoine, grâce auquel l'État conserve sa souveraineté».

    M.Frusone explique que le gouvernement italien n'a jamais vraiment élevé la voix contre la France et contre les autres pays européens:

    « La somme des dépenses annuelles de l'Italie pour l'accueil des migrants a atteint presque 5 milliards d'euros et nous considérons qu'il est raisonnable de ne pas verser cette somme annuellement dans le budget de l'UE, parce que l'Union européenne a laissé l'Italie à la dérive. Qui sera à l'écoute de l'Italie au sommet si Rome n'est prête qu'à recevoir des gifles de la part de Paris et de l'Union européenne? »

    Le 27 septembre, lors du sommet franco-italien qui aura lieu à Vintimille en Italie, seront débattus les moyens pour résoudre la situation, y compris autour de la crise migratoire, dans le cadre de laquelle la France viole les accords internationaux, conclut l’homme politique.

    Dans son blog, le Vice-président de la Chambre des députés et un membre du Mouvement 5 Étoiles Luigi Di Maio a d'ailleurs écrit que l'Italie se retrouvait actuellement entre les mains de «personnes incompétentes» qui ne sont même pas en mesure de faire face aux problèmes, ce qui ne fait que nuire au pays:

    «Notre gouvernement n'a élaboré aucune stratégie qui permettrait de développer notre pays ou avoir la possibilité de répondre aux actes des autres».

     

    Crise migratoire: pour l'Italie,

     

    «la situation a atteint la limite

     

    du supportable»

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    SOURCE SPUNIK © AFP 2017 GIOVANNI ISOLINO
    INTERNATIONAL
    10:25 29.06.2017(mis à jour 11:17 29.06.2017)URL courte
    Crise migratoire 

    Livrée à elle-même face à la crise migratoire, l’Italie pose un «ultimatum» à l’UE et menace de bloquer ses ports aux bateaux étrangers transportant les migrants secourus en Méditerranée.

    L'Italie hausse le ton et menace de bloquer l'entrée de ses ports aux bateaux battant pavillon étranger et transportant des migrants secourus en Méditerranée, a-t-on appris mercredi auprès des médias et de source proche du gouvernement italiens.

    Le représentant italien auprès de l'Union européenne, Maurizio Massari, a rencontré à Bruxelles le commissaire européen chargé de l'Immigration, Dimitri Avramopoulos, et lui a remis une lettre dans laquelle l'Italie explique qu'après les dernières arrivées massives de migrants sur ses côtes au cours des derniers jours, «la situation a atteint la limite du supportable».

    Plus de 10.200 migrants ont été secourus entre dimanche et mardi au large de la Libye, dont 5.000 pour la seule journée de lundi, 3.300 dimanche et 1.900 mardi. Les garde-côtes italiens coordonnent ces opérations de sauvetage en Méditerranée, mais de nombreux bateaux étrangers, y compris plusieurs affrétés par des ONG, y participent.

    Tous ces migrants sont ensuite transportés vers des ports italiens où ils sont hébergés dans des centres d'accueil dont la capacité est saturée.

    «Si on continue avec ces chiffres, la situation va être ingérable même pour un pays grand et ouvert comme le nôtre», a déclaré le Président italien Sergio Mattarella à Ottawa, cité par les médias italiens.

    L'Italie se plaint depuis des années d'être livrée à elle-même face à la crise migratoire et aux arrivées grandissantes de migrants en provenance de Libye, et appelle à davantage de solidarité de la part de ses partenaires européens.

    Selon le ministère italien de l'Intérieur, plus de 73.300 migrants sont arrivés sur le territoire national depuis le début de l'année, soit une hausse de plus de 14% qu'à la même période en 2016.

    Selon le Haut-commissariat de l'Onu aux réfugiés (HCR), 2.005 personnes sont mortes ou ont été portées disparues depuis le début de l'année en tentant de traverser la Méditerranée.

     

    Le maire d’une ville italienne

     

    dit niet aux migrants

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    © AP Photo/ Lefteris Pitarakis
    INTERNATIONAL
    13:37 13.02.2017(mis à jour 13:54 13.02.2017)URL courte
    Crise migratoire (781)
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    Face à l’afflux de réfugiés, le maire la ville italienne de Vitulano prend les choses en main et dit «stop» à l’accueil des migrants, afin de «protéger sa commune».

    Le maire de Vitulano (Italie), Raffaele Scarinzi, a refusé l'asile à 40 réfugiés qui devaient se rendre dans la commune dans les prochains jours, écrit le journal local IlQuaderno.

    M. Scarinzi, poursuit le journal, a eu recours à cette mesure extrême afin de «protéger les habitants de la ville », dont la population s'élève de nos jours à environ 30 000 habitants.

    « Nous ne sommes pas des racistes. Il ne s'agit que d'une décision purement administrative. Je ne fais que protéger ma ville », a expliqué le maire.

    Selon lui, les citoyens se disent « inquiets » par la présence de plusieurs migrants sur le territoire de la ville, qui a déjà accueilli quelque 30 réfugiés, aux dires des autorités municipales, et n'est pas pour le moment en mesure d'en accueillir davantage.

    En Italie, les demandes d'asile sont passées de 23 620 en 2013 à 123 482 en 2016. Il est à noter que chaque journée d'accueil coûte 35 euros à l'État italien, soit plus de 6 millions d'euros par jour pour les quelque 175 000 demandeurs d'asile actuellement en attente dans le pays.

    NOTA : TOUTES LES OPINIONS EXPRIMEES DANS CES CONTENUS DE TEXTES N'ENGAGENT QUE LA RESPONSABILITE DE LEURS AUTEURS

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    Basta immigrazionne in Italia !

     


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    Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 06-11-2017

    « Le cerveau de l’Homme sans mémoires est semblable à une huître sans perle» (Jacques Caron).

    Fait relativement rare pour être relevé dans le flot continu d’ouvrages publiés sur la Syrie depuis 2011, la sortie récente chez l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux d’un « document» (format poche de 250 pages de lecture agréable) intitulé « Alep la guerre et la diplomatie»1.

     

    Une véritable petite perle pour celui qui s’intéresse à l’étude des relations internationales, sans préjugé et sans a priori.

    Qui en est l’auteur ? Une jeune diplomate (d’une quarantaine d’années) de haut rang à la mission permanente de la Fédération de Russie auprès de l’Office des Nations unies à Genève. En 2015, elle se commet dans un autre ouvrage sur la Syrie2.

    Cette diplomate n’est donc pas la première venue sur les questions syriennes. Arabisante, historienne, docteur en géographie, parlant couramment l’arabe, l’anglais, le français (le russe, il va sans dire), figure majeure des négociations de Genève sur la Syrie, Maria Khodynskaya-Golenishcheva possède donc toutes les qualités requises pour nous livrer son analyse de la crise syrienne (nécessairement subjective car comment pourrait-il en être autrement pour une diplomate russe en activité), pour une fois pourrait-on dire tant ceci se produit rarement. La parole est donc à la défense de l’approche russe.

    Elle est particulièrement instructive tant elle est documentée sur le plan des faits précis, articulée sur le plan des idées cohérentes. C’est ce que nous allons nous attacher à démontrer dans ce qui suit (prolégomènes, argumentaire, péroraison).

     

     

    EN GUISE DE PROLÉGOMÈNES3

    Un « document exceptionnel » venant de l’Est (Richard Labévière, auteur de la très didactique préface de cet ouvrage)

    Une fois n’est pas coutume, pourrait-on dire. Abreuvés que nous sommes des analyses venues de l’Ouest (les « think tanks » d’Outre-Atlantique, le seul endroit où il semblerait que l’on réfléchisse à en croire les milieux diplomatiques français bienpensants, comme semble le croire le Centre d’analyse de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay4), nous en oublierions presque que l’on réfléchit également à l’Est (en Russie). Et si étonnant que cela puisse paraître, l’on pense juste et parfois bien sur certains dossiers emblématiques des relations internationales comme le dossier syrien depuis le début des « révolutions arabes ».

    Le simple fait de le dire était considéré comme un crime de lèse-pensée unique, il y a peu. Or, aujourd’hui, nous avons entre les mains un « document» fort instructif, même s’il n’est pas exempt de critiques au titre d’une légitime disputatio. Nul n’est parfait et nul ne détient la vérité dans le domaine des relations internationales.

     

     

    Des questions dérangeantes pour l’Occident

    Comment l’ours du Kremlin, cette ex-barbouze pourrait-il rivaliser intellectuellement avec ces génies français sortis des meilleures écoles de la République (ENA, HEC, X, ENS) qui possèdent la vérité révélée sur tout ? Comment ce malotru, ce pouilleux peut-il envisager le plus sérieusement du monde de rejouer un rôle de premier plan dans le concert des nations comme cela fut le cas pendant la guerre froide ?

    Comment peut-il avoir le toupet d’en finir avec ce moment unipolaire qui succède à la chute du mur de Berlin pour en revenir à un monde bipolaire et parler d’égal à égal avec Washington ?

    Comment peut-il penser qu’il va mettre de l’ordre dans une Syrie sans dessus dessous après plusieurs années d’une guerre civile largement entretenue par les pétromonarchies sunnites du Golfe et par les Occidentaux (Américains, Français et Britanniques distribuant manu larga armes sophistiquées à une opposition démocratique introuvable et qui se retrouvent peu après dans les mains de l’EIIL) ?

    Comment Vladimir Poutine peut-il mieux comprendre « l’Orient compliqué» (général de Gaulle) que ceux qui en ont dessiné les frontières après la Première Guerre mondiale (accords Sykes-Picot) que sont les Britanniques et les Français ?

    Comment obtenir plus pour la paix des puissances régionales associées dans le processus d’Astana qu’avec les États-Unis ?

    La réponse à toutes ces questions nous est fournie par cette diplomate russe, experte du monde arabe et du multilatéralisme qu’elle nous livre dans cette « petite contribution à la recherche de la paix », selon ses propres termes.

     

     

    EN GUISE D’ARGUMENTAIRE

    Nous nous bornerons à suivre le fil du récit – il se lit comme un roman policier – tel qu’il nous est proposé par l’auteur pour tenter de ne pas dénaturer son propos.

     

    Introduction

    Dans cette introduction intitulée « Un nouveau retour de la Russie», Maria Khodynskaya-Golenishcheva plante intelligemment le décor de la bataille d’Alep dans toutes ses dimensions (diplomatiques, militaires, stratégiques, géopolitiques, historiques, économiques…) en mettant l’accent sur les ambitions initiales des différents acteurs régionaux et extra-régionaux, en particulier du rôle peu glorieux des Occidentaux qui ont voulu transformer la ville d’Alep en « capitale alternative» de la Syrie.

    Dès le départ, l’auteur compare les objectifs des Russes (cohérents et constants) et ceux des Occidentaux (flous et variables) qui conduisent à une « grande victoire diplomatique » de la Russie.

     

     

    Alep, guerre médiatique

    D’entrée de jeu, l’auteur insiste sur la dimension médiatique de la bataille d’Alep (« propagande antisyrienne et antirusse») tant elle se joue plus sur les réseaux sociaux que sur le terrain. Elle analyse précisément toutes les officines mises en place par les Occidentaux (anglo-saxons avec détermination et zèle) pour présenter une réalité binaire : les bons et les méchants (avec trucage de vidéos, incohérences dans les relations des bombardements des convois humanitaires).

    Elle dénonce la « communication massive » des médias occidentaux qui critiquent les méthodes utilisées à Raqqa lorsqu’ils louent les mêmes méthodes employées par la coalition occidentale contre l’EIIL à Mossoul. Une sorte de deux poids, deux mesures ; d’indignation à géométrie variable !

     

     

    L’ONU au secours des jihadistes

    L’auteur est particulièrement sévère sur l’ONU, ses organisations à vocation humanitaire qui seraient en contradiction avec les nobles principes posés par la Charte de San Francisco. Certains fonctionnaires internationaux (britanniques en particulier), certaines ONG y seraient les faux-nez des Américains et de la CIA dont ils ne seraient que les exécutants serviles.

    De nombreux faits documentés et datés nous sont fournis à l’instar de documents censés être rédigés par des groupements terroristes écrits dans un anglais oxfordien alors que leurs dirigeants seraient incapables de parler en anglais.

     

    L’auteur s’interroge sur la détermination américaine réelle ou feinte de lutter contre l’EIIL dans la région tant est évidente la contradiction entre les paroles et les actes, une sorte de cacophonie diplomatico-militaire.

     

    Les batailles sur le nombre de terroristes présents à Alep (minimisé à dessein par les Américains) en fournissent un exemple éclairant, peu à l’honneur de Washington dont on ne parvient pas à définir ses véritables buts de guerre. Faire tomber Bachar Al-Assad dans une nouvelle opération de changement de régime ou casser le pays pour mieux le tenir par la suite en y installant quelques technocrates à sa botte pour tirer les marrons économiques du feu ?

    Quid de la priorité affichée d’éliminer l’EIIL ?

    Négociations américano-russes

    Le récit démontre à l’envi, de manière chronologique et notariale, la mauvaise foi patente de Washington qui contribue à prolonger la bataille d’Alep, multipliant à l’infini les préalables pour défendre directement les thèses de ses protégés du Golfe et indirectement des groupes terroristes, y compris les plus radicaux.

    Si John Kerry apparait comme un interlocuteur raisonnable aux yeux de l’auteur, Barack Obama est présenté comme le pire obstacle au « reset » par ses prises de position absurdes, prisonniers des faucons du Pentagone. Ce qui ne manque pas de piquant pour le prix Nobel de la paix 2009.

    Les contradictions entre les diplomates, les militaires, la CIA et autres officines plus au moins clandestines éclatent au grand jour à l’épreuve des faits.

     

    De crise en crise, et en dépit de la volonté russe de maintenir ouvert le canal bilatéral par intérêt bien compris (ne soyons pas naïfs !), Moscou se tourne vers les principaux acteurs régionaux (Iran et Turquie principalement) dans divers formats sui generis de négociation pour conclure à son avantage la bataille d’Alep… et éventuellement de la majorité silencieuse syrienne lasse d’une guerre de sept ans qui n’a amené que chaos et désordre. Où sont passés les promesses d’un « printemps arabe » aux saveurs exotiques que l’on nous servait dans la presse « mainstream» ?

     

     

    Libération d’Alep

    À toute chose malheur est bon ! Conscient des limites intrinsèques du dialogue bilatéral, Moscou parvient à la conclusion opérationnelle que la clé de la libération d’Alep ne se trouve pas nécessairement à Washington mais aussi et surtout à Ankara et à Téhéran.

    De proche en proche, la diplomatie russe imagine de nouveaux formats de négociation sui generis et inclusifs lui permettant parfois d’avoir, via les acteurs régionaux, un accès direct aux principaux responsables de la galaxie terroriste (des plus modérés aux plus extrémistes) pour faire avancer la solution du problème d’Alep en épargnant au maximum les vies des civils otages.

    Et, cela fonctionne parfaitement et dans la plus grande discrétion. Ceci démontre l’importance d’une diplomatie de la discrétion (qui ne se fasse pas dans les médias) et du pragmatisme (qui ne se ferme aucune porte pour parvenir à un but précis).

    La diplomatie de Serguei Lavrov, ça fonctionne et ça fonctionne très bien sans que l’intéressé vienne s’auto-glorifier à l atélévision comme le faisait en son temps le sinistre Laurent Fabius, celui à qui on doit en partie le naufrage de la diplomatie française.

     

     

    Leçons d’Alep et géopolitique de la crise syrienne

    En diplomate et chercheuse avisée qu’elle est, l’auteur passe de la pratique (description exhaustive de tous les outils de la boîte à outils diplomatique utilisés par Moscou) à la théorie (« loi du dualisme polycentrisme : deux piliers entourés d’une multiplicité d’acteurs jouissant de niveaux d’influence différents.

    En fait, jusqu’à quel point la verticale disciplinaire peut-elle s’imposer dans le cadre d’un système où deux forces prennent des décisions dont la mise en œuvre ne dépend pas d’eux mais de leurs alliés poursuivant des intérêts tout à fait divergents dans la même région ? », pages 136 et 137) pour tirer les conclusions de ces dernières années de guerre en Syrie en des termes originaux auxquels nous ne sommes guère habitués tant la pensée libre bâillonnée, l’information uniforme en Occident.

    C’est l’une des caractéristiques de la méthode scientifique de Claude Bernard qui écrivait en 1865 : « le savant complet est celui qui embrasse à la fois la théorie et la pratique expérimentale ».

     

    La lecture de cet ouvrage est rafraichissante intellectuellement tant elle nous change de la pensée unique germanopratine même, s’il va sans dire, que nous ne partageons pas toutes les analyses de cette diplomate russe, précisons-le une nouvelle fois pour éviter tout malentendu.

    À cet égard, nous devons féliciter l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux pour son ouverture d’esprit et son souhait d’ouvrir sa Maison à des thèses très variées, voire iconoclastes par rapport à l’uniformité ambiante !

    EN GUISE DE PÉRORAISON5

     

    Les enjeux de la crise

    Nous ne saurions trop conseiller aux lecteurs de prochetmoyen-orient.ch de découvrir cet ouvrage pour se faire une idée plus précise des enjeux de la crise syrienne, pour peser les arguments des uns et des autres, pour comprendre comment la guerre a évolué au cours des trois dernières années dans un sens que personne n’aurait imaginé à l’Ouest, y compris ceux qui déversent leur absence de science sur les chaînes d’information en continue et dans des romans à l’eau de rose6.

    Cette analyse russe est à mettre en relation directe avec la rencontre du 5 octobre 2017, à Moscou, entre le roi d’Arabie saoudite, Salman bin Abdelaziz et le président russe Vladimir Poutine (première du genre). Riyad serait désormais disposé à ne plus s’opposer au maintien de Bachar al-Assad à la tête de la Syrie – ce qui semble de toute manière acquis sur le terrain -, à la condition que la Russie calme les ardeurs, militaires comme économiques, de l’Iran à Damas. Ce qui tombe plutôt bien : le Kremlin essaye déjà de contenir une trop grande expansion militaire de Téhéran et de ses supplétifs dans le pays7.

     

    Comme dirait l’autre, les mouches ont changé d’ânes. Les Occidentaux vont-ils tirer les conséquences de leurs erreurs ? Dans l’affirmative, quand et sous quelle forme ? Quand iront-ils, la corde au cou, à Canossa boire le calice jusqu’à la lie ?

     

     

    Une magistrale leçon de diplomatie

    Le moins que l’on puisse dire est que Moscou sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas depuis le début de la crise syrienne. Aucune variation dans les objectifs, aucune hésitation sur les moyens diplomatiques et militaires.

    Pour s’en tenir à une définition classique du terme (celle d’un Gabriel Robin ou d’un Hubert Védrine), c’est ce que l’on qualifie chez les experts d’une authentique politique étrangère : une stratégie, une tactique, une volonté et des moyens. Tout ceci est décliné avec détermination et pragmatisme grâce à une diplomatie digne de ce nom qui n’hésite pas et qui demeure insensible au brouhaha médiatique et à la politique de l’émotion et de la compassion.

    Dès le mois d’avril 2016, nous avions tenté d’expliciter toutes les raisons objectives qui devaient conduire à un succès russe en Syrie8. Les faits nous ont – heureusement ou malheureusement – donné raison. En diplomatie, comme dans de nombreuses autres disciplines des sciences humaines, le réel finit toujours par l’emporter.

    La France paie aujourd’hui la facture de ses incohérences répétées incompréhensibles, intérêt et principal.

    On manque de s’étouffer à découvrir dans le JDD du 22 avril 2017 les remarques suaves de Jean-Yves Le Drian sur la fin de la bataille de Raqqa.

    Il regrette qu’un « accord local a permis à certains djihadistes de fuir Raqqaen échange d’une accélération de la reprise de Raqqa. Mais ils n’iront pas très loin. Ils se regrouperont dans un dernier réduit qui, lui aussi, finira par tomber et ce sera la fin de l’organisation Daech en Syrie.

    C’est leur chant du cygne »9.

    On ne peut que regretter les pudeurs de gazelle de notre lorientais lorsque ce sont des centaines de djihadistes les plus redoutables (ce que nous sommes censés combattre dans la région et en France) qui ont été autorisés à quitter Alep grâce à la médiation américaine que narre l’auteur du document que nous étudions !

     

     

    Une superbe claque au Quai d’Orsay

    Les rares développements consacrés à la France et à son absence dans le règlement de la crise syrienne sont pour le moins sévères.

    Par bonté d’âme, nous nous en tiendrons à une seule citation qui résume bien l’indigence de la diplomatie française dans un pays où elle disposait de nombreux atouts : « La rupture des négociations russo-américaines fut accueilli par certains acteurs, qui suivaient de près le dialogue noué entre Moscou et Washington, avec un soulagement non dissimulé.

    Ce fut notamment le cas de la France, Paris, décidant qu’il était temps de reprendre la main dans cette région dont sa diplomatie s’était exclue elle-même.

    Rappelons qu’en mars 2012 le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé décidait de fermer l’ambassade de France à Damas. Rien de moins !» (page 159).

     

    Toutes ces critiques sont amplement méritées.

    Si nous avions un conseil à prodiguer au responsable de la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères, ce serait de faire l’acquisition de plusieurs exemplaires de cet ouvrage et d’en offrir un à Alain Juppé, à Laurent Fabius, à Jean-Marc Ayrault, à Jean-Yves Le Drian… et à notre ex-ambassadeur à Moscou (aujourd’hui ambassadeur à Pékin mais qui n’a toujours rien compris à la Russie où il a pourtant passé quatre années10) afin qu’ils méditent tous sur l’étrange défaite de la France en Syrie.

     

    Un cas d’école que l’on devrait enseigner dans toutes les écoles diplomatiques.

     

    Même si Maria Khodynskaya-Golenishcheva n’est pas Marc Bloch, son document en a tous les ingrédients indispensables : réalisme, lucidité, attachement aux faits, à la vérité des faits.

     

    Hommage doit être rendu une fois de plus à l’ex-ambassadeur de France à Moscou, Jean de Gliniasty pour sa clairvoyance dans un ouvrage de qualité qui a fait l’objet d’une présentation dans ce magazine11.

    Alep, rien de nouveau… ou presque, à savoir le retour de la Russie et la perte d’influence durable des Occidentaux dans la région du Proche et du Moyen-Orient.

     

     

    Guillaume Berlat
    6 novembre 2017

     



    1Maria Khodynskaya-Golenishcheva, Alep la guerre et la diplomatie, Pierre-Guillaume de Roux, 2017.


    2Maria Khodynsjkaya-Golenishcheva, Du bon côté de l’histoire – La crise syrienne dans le contexte du devenir de l’ordre mondial multipolaire,éditions moscovites, Olma Media Group, 2015.


    3(1) Longue introduction placée en tête d’un ouvrage, contenant les notions préliminaires nécessaires à sa compréhension, (2) Ensemble de notions préliminaires nécessaires à l’étude d’une science, d’une question particulière, www.cnrtl.fr/definition/prolégomènes


    4Avant-propos de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Les mondes de 2030, Les Carnets du CAPS, Hors-série, été-automne 2017.


    5Conclusion ou dernière partie d’un discours dans laquelle l’orateur rappelle brièvement et de manière concise, l’essentiel de son propos et dont le but est de remporter la conviction de l’auditoire, www.cnrtl.fr/definition/péroraison


    6Jean-Pierre Filiu, Je vous écris d’Alep. Au cœur de la Syrie en révolution, Denoël, 2013.


    7Arabie Saoudite/Russie. Salman prêt à garder Bachar, www.IntelligenceOnline.fr , 18 octobre 2017, p. 3.


    8Guillaume Berlat, L’étrange victoire ou les clés du succès russe en Syrie, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 avril 2016.


    9Jean-Yves Le Drian, « Un accord local a permis à certains djihadistes de fuir Raqqa», www.jdd.fr , 21 octobre 2017.


    10Conférence de M. Jean-Maurice Ripert sur le thème « France-Europe-Russie» co-organisée par le comité ANAJ/IHEDN et EuroDéfense-France, Amphithéâtre Des Vallières, École Militaire, Paris, 5 septembre 2017.


    11Jean de Gliniasty, La diplomatie au « péril des valeurs », LInventaire, 2017.

     

     

    Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 06-11-2017 


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    Syrie – EI perd le contrôle de son dernier refuge urbain


    Moon of Alabama
    Moon of Alabama

    Par Moon of Alabama– Le 5 novembre 2017

    Aujourd’hui, l’armée arabe syrienne a libéré la ville de Deir Ezzor d’État islamique.

     

    Les dernières résistances ont cédé pendant la nuit.

     

    Les combattants restants d’EI ont essayé de fuir à travers l’Euphrate vers le nord, vers la zone tenue par les forces américaines. La plupart d’entre eux n’y sont pas arrivés.

     

    Il faudra encore quelques jours pour enlever les mines artisanales qui restent dans la ville et pour mettre en sécurité les munitions et les armes abandonnées par État islamique.

     

     

    Cela faisait cinq ans  qu’un contingent de quelque 5 000 à 7 000 soldats et policiers syriens tenait une partie de la ville de Deir Ezzor d’abord contre Jabhat al-Nusra, et ensuite contre l’EI. Ils protégeaient la vie d’environ 100 000 civils.

    Beaucoup de soldats et de civils sont morts pendant le siège.

     

    Malgré ses efforts incessants et le soutien aérien américain, l’EI n’a pas réussi à déloger les forces gouvernementales syriennes.

    Il y a seulement deux mois, l’Armée arabe syrienne a lancé une opération d’envergure pour venir au secours de la ville. Cela s’est remarquablement bien passé.

    La défense de Deir Ezzor et le sauvetage de ses habitants mériteraient de figurer dans un roman épique.

     

    Avec la libération de Deir Ezzor, les lignes d’approvisionnement de l’armée syrienne sont sécurisées et elle peut avancer le long de l’Euphrate vers la dernière zone urbaine tenue par État islamique.

     

    Pour agrandir

    Les villes jumelles d’Abu Kamal (al-Bukamal) en Syrie et d’Al-Qaim en Irak sont le dernier refuge urbain d’État islamique. Les villes se situent au sud de l’Euphrate avec un important passage frontalier entre elles.

    En venant de l’est, les troupes gouvernementales irakiennes ont repris le passage d’Al-Qaim  .

     

    Elles contrôlent maintenant la frontière et elles sont en train de rentrer dans la ville proprement dite. Les forces gouvernementales syriennes s’approchent d’Abu Kamal par le nord-ouest et le sud-est.

     

    Ces forces doivent encore traverser environ 30 kilomètres de zone désertique. L’EI avait préparé de solides lignes de défense et les progrès de l’armée syrienne ont été plus lents que prévu.

    Au cours des trois derniers jours, l’armée de l’air russe a mené une intense campagne de bombardements contre les positions d’État islamique.

    Le Hezbollah libanais a réinjecté plusieurs milliers de combattants en Syrie pour soutenir la campagne.

    Les forces irakiennes et syriennes sont étroitement coordonnées et vont faire mouvement ensemble pour prendre Abu Kamal dans les deux ou trois prochains jours.

    Les forces américaines par procuration stationnées au nord de l’Euphrate ont annoncé qu’elles avaient pris plusieurs champs pétroliers au nord de la rivière et qu’elles progressaient également vers Abu Kamal.

    Mais il n’y  quasiment pas eu de combat.

     

    Les États-Unis préfèrent soudoyer les tribus locales de la région avec de l’argent saoudien.

     

    Ces tribus avaient auparavant juré allégeance à État islamique et faisaient partie de ses forces. Quand elles changent de camp, les États-Unis prétendent qu’ils contrôlent les terres qu’elles détiennent.

     

    Le gouvernement syrien et ses alliés craignent que les États-Unis ne fassent la même chose avec la ville de Bukamal toute entière.

    Ils pourraient alors prétendre détenir le contrôle du passage frontalier vers l’Irak et couper cette importante voie de communication.

    C’est la course pour les en empêcher.

    Deux journalistes dignes de confiance, Ibrahim Al Amin d’Al-Akhbar et Elijam Magnier d’Al-Rai, ont rapporté qu’un haut responsable de la CIA s’était récemment rendu à Damas pour enquêter sur des membres des services secrets américains disparus.

     

    Le fonctionnaire a affirmé que les États-Unis n’avaient pas le projet d’établir de bases permanentes en Syrie et qu’ils étaient là uniquement pour vaincre EI.

    L’officiel n’a pas dit combien d’années encore cela prendrait pour « vaincre EI ».

    Damas se méfie énormément de tout projet américain sur la Syrie et ne baissera pas sa garde.

     

    Le haut responsable américain du renseignement n’a pas été reçu par les hauts fonctionnaires du gouvernement syrien.

     

    Damas exige un échange diplomatique public avec Washington.

    Le gouvernement irakien a rétabli son autorité sur le pays. Il tientà sa souveraineté nationale et au contrôle centralisé du pays.

    La région kurde du nord devra accepter le contrôle de Bagdad sur les frontières et les relations extérieures.

    S’ils ne se soumettent pas, les Kurdes irakiens se retrouveront en guerre avec l’armée irakienne, une guerre qu’ils sont sûrs de perdre.

    Bagdad n’acceptera ni le contrôle iranien, ni le contrôle américain.

     

    Le gouvernement syrien est tout aussi déterminé à reprendre le contrôle de tout le pays. Il n’y aura pas de zones turques, kurdes, jordaniennes ou israéliennes mais une seule Syrie.

    La guerre continuera jusqu’à ce que ce soit le cas.

    La Syrie a rejeté la suggestion russe d’une fédération du pays. Moscou  a, semble-t-il, accepté la décision syrienne.

     

    La situation dans les autres parties de la Syrie a peu changé au cours des dernières semaines.

    Les forces turques à Idleb se sont repliées en position défensive autour de la zone kurde d’Efrin.

    Les forces gouvernementales syriennes préparent, mais n’ont pas encore lancé, une campagne plus large sur Idleb pour déloger les forces d’al-Qaïda qui contrôlent actuellement le gouvernorat.

    Les forces kurdes du nord-est ont été priées de regagner pacifiquement leurs régions d’origine.

    S’ils ne le font pas parce qu’ils ont le vain espoir que les États-Unis vont continuer à les soutenir, ils seront attaqués et vaincus par l’État syrien et ses alliés.

    2017 a vu la fin d’EI en Syrie et en Irak. 2018 verra la fin d’al-Qaïda en Syrie. 2019 verra, espérons-le, la défaite de l’expansion kurde et de tous les projets étrangers sur la Syrie.

     

     

    PS : Une petite anecdote reflète la fin de la campagne de propagande sur les « rebelles modérés ».

     

    Un réalisateur syrien de l’opposition formé récemment aux États-Unis a mis en scène une fausse tentative d’assassinat contre lui-même.

    Il voulait en accuser le régime syrien et gagner de l’argent pour financer d’autres fausses œuvres de propagande. The Guardian et d’autres médias de #fakenews s’y sont laissé prendre : Un cinéaste syrien qui fait un film sur la torture en prison survit à une « tentative d’assassinat».

    C’était un coup publicitaire comme la plupart du matériel fourni par les « rebelles ».

     

    Il semble que cette production, la dernière de toutes celles qui pendant des années ont été vendues comme la « vérité » vraie aux Occidentaux, a finalement eu le sort quelle méritait.

    Traduction : Dominique Muselet

     

    Source:  http://lesakerfrancophone.fr/syrie

     


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    8 novembre 2017

    L’Ukraine ne respecte aucune entente concernant le cessez-le-feu dans l’Est du pays, déplorent les représentants du Donbass qui avertissent que le point de non-retour est imminent.

    La situation sur la ligne de contact dans le Donbass est proche de la rupture de tous les accords, a déclaré à Sputnik Rouslan Iakoubov, chef de la représentation de la République populaire autoproclamée de Donetsk au centre de contrôle et de coordination du régime de cessez-le-feu.

    Kiev promet sans cesse de respecter le cessez-le-feu, mais ce ne sont que des déclarations populistes adressées à l'Europe, selon lui.

     

    «Le cessez-le-feu est en vigueur depuis plus de deux mois, mais l'Ukraine n'en a pas respecté même les conditions de base.

    En outre, la partie ukrainienne viole régulièrement le régime de silence: elle utilise de l'artillerie lourde et des blindés», a-t-il regretté.

    La confiance envers Kiev chute de jour en jour, selon lui.
     
    La situation est proche de «partir en vrille», le point de non-retour pourrait être atteint si le dialogue n'est pas remis sur les rails politiques, a-t-il souligné.

     

    Vendredi, la mission spéciale d'observation de l'OSCE en Ukraine a prévenu du risque d'aggravation de la situation dans le Donbass et a appelé les parties en conflit à cesser les tirs.

    Les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont été proclamées à la suite du coup d'État survenu en Ukraine en février 2014.

    Le conflit armé se poursuit depuis dans l'est de l'Ukraine.

    Selon l'Onu, il a déjà emporté la vie de plus de 10.000 personnes.

    source


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  • 11/20/17--00:21: LA FIN DE DAESCH EN SYRIE ?
  • 9 novembre 2017

    Les militaires syriens ont éliminé les membres de Daech qui s'étaient infiltrés dans la ville syrienne d'Abou Kamal reprise par les forces fidèles à Damas le 9 novembre dernier.

    Les troupes gouvernementales syriennes et leurs alliés ont éliminé dimanche les terroristes de Daech qui avaient pénétré à Abou Kamal, à la frontière avec l'Irak, a annoncé à Sputnik un commandant de l'armée.

    «L'armée syrienne a éliminé les membres de Daech qui avaient fait irruption à Abou Kamal sous la protection de l'aviation de la coalition dirigée par les États-Unis.

    Les tirs d'appui des avions avaient permis aux terroristes de lancer une contre-offensive deux jours après l'annonce par le commandement de la libération de la ville», a indiqué l'interlocuteur de Sputnik.

    A l'heure actuelle, des sapeurs sont à pied d'œuvre à Abou Kamal.

     

    «Des brigades d'artificiers neutralisent les engins explosifs posés par les terroristes de Daech dans les quartiers résidentiels d'Abou Kamal», a précisé le commandant.

    Le 9 novembre dernier, le commandement de l'armée syrienne a annoncé avoir repris le contrôle de la ville d'Abou Kamal, dans le sud-est de la province de Deir ez-Zor, le dernier bastion urbain de Daech en Syrie. Le 12 novembre, un représentant des militaires russes en Syrie a confirmé cette information. 

    source


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    Le sauvetage de l’État islamique à Raqqa par la coalition US est révélé

     

    Par Bill Van Auken | 16 novembre 2017

     

    Un reportage d’investigation de la BBC intitulé « Le sale secret de Raqqa » confirme les accusations de l’Iran, de la Russie et du gouvernement syrien selon lesquelles le Pentagone aurait collaboré avec l’État islamique d’Irak et de Syrie (ÉI) pour l’évacuation des combattants de l’ÉI au milieu du siège de la ville par l’armée américaine.

    Le récit de la BBC, basée sur des entretiens avec certains de ceux qui ont organisé l’évacuation avec les chauffeurs de camion qui ont été amenés pour transporter les combattants et d’autres qui l’ont observé, décrit un convoi de quatre kilomètres de longue comprenant « 50 camions, 13 bus et plus de 100 véhicules appartenant au groupe État islamique.

    Les combattants de l’ÉI, les visages couverts, étaient assis avec défiance sur les toits certains des véhicules ».

    Au total, le convoi, qui est parti le 12 octobre, a transporté quelque 4000 personnes – des combattants de l’ÉI et leurs familles – ainsi que des tonnes d’armes, de munitions et d’explosifs.

    L’armée américaine et sa force terrestre par procuration : les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, se sont assurées que les journalistes et les « cameramen » étaient tenus à l’écart de Raqqa afin d’empêcher que des images de la longue colonne de camions soient diffusées dans le monde.

     

    Le récit a été largement ignoré par les médias américains.

     

    Cela va à l’encontre des déclarations répétées de hauts responsables américains qui jurent d’annihiler l’ÉI jusqu’au dernier homme en Irak et en Syrie et démystifie la plus grande affaire de fausses nouvelles du 21ᵉ siècle – la prétendue guerre américaine contre le terrorisme.

    Face aux preuves découvertes par la BBC, le Pentagone a été obligé de reconnaître que l’évacuation avait eu lieu, tout en insistant sur l’idée que l’armée américaine n’était simplement qu’un spectateur innocent.

    « Nous ne voulions pas que quelqu’un parte », a déclaré à l’agence de presse le colonel Ryan Dillon, porte-parole de l’Opération « Inherent Resolve ».

    « Mais cela touche au cœur de notre stratégie “par, avec et à travers” les chefs locaux sur le terrain. Cela revient aux Syriens – ce sont eux qui se battent et qui meurent, ils prennent les décisions concernant les opérations », a-t-il dit.

    C’est un non-sens patent.

    Le siège de Raqqa a été organisé par l’armée américaine et mené au moyen d’une campagne impitoyable de frappes aériennes et de bombardements d’artillerie menée par les forces américaines qui ont fait des milliers de morts et blessés chez les civils et la majeure partie de la ville sous les décombres.

     

    La milice des « Forces de défense syrienne » opère sous la direction des États-Unis avec des troupes d’opérations spéciales américaines intégrées dans ses rangs.

    La décision de transporter des combattants armés de l’État islamique en sécurité ailleurs en Syrie a été prise aux plus hauts échelons de l’appareil militaire et du renseignement américain et pour des raisons stratégiques évidentes.

    En termes d’objectifs immédiats, Washington était impatient de terminer le siège de Raqqa afin de lancer une offensive rapide visant à battre l’armée syrienne pour le contrôle des champs de pétrole et de gaz stratégiquement vitaux dans la province orientale de Deir Ezzor en Syrie. Le SDF a depuis capturé deux des plus grands champs pétroliers, Al-Tanak et al-Umar.

    Plus largement, cependant, Washington a un intérêt important à voir l’ÉI vivre pour se battre un autre jour. L’existence continue de la milice islamiste fournit un prétexte à l’occupation permanente de la Syrie et de l’Irak au nom de la lutte contre le terrorisme.

    Le secrétaire américain à la défense, le général James Mattis (surnommé Chien enragé), a directement exprimé ces objectifs lors d’un briefing lundi au Pentagone, déclarant que l’armée américaine resterait en Syrie pour combattre l’ÉI « tant qu’ils veulent encore se battre ».

    Il a poursuivi en indiquant que les États-Unis avaient l’intention de continuer leur occupation militaire illégale du pays jusqu’à ce qu’il y ait un règlement politique mettant fin à la guerre que la CIA elle-même orchestrait pour effectuer un changement de régime en Syrie il y a cinq ans.

    « Nous n’allons pas simplement partir maintenant sans que le processus de Genève ne soit en phase », a-t-il déclaré, faisant référence aux négociations longtemps interrompues entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et les prétendus rebelles soutenus par la CIA, L’Arabie Saoudite et les autres pétromonarchies du Golfe.

    L’ÉI est apparu comme une force majeure dans la région grâce à la guerre américaine pour le changement de régime, s’engraissant sur les milliards de dollars d’armes et d’aide acheminée en Syrie par la CIA et les alliés régionaux de Washington.

     

    Il a continué à bénéficier de ce soutien jusqu’à ce qu’il s’oriente vers l’est en Irak, acheminant les forces de sécurité irakiennes entraînées par les États-Unis à Mossoul et dans une grande partie de l’Irak en 2014.

     

    À la suite de la défaite supposée de Daech et de la reprise de sa « capitale » Raqqa, ces mêmes forces peuvent être rebaptisées « rebelles » anti-Assad et utilisées dans la poursuite des objectifs de l’impérialisme américain de sécuriser le changement de régime en Syrie, préparer la confrontation militaire avec l’Iran et la Russie et affirmer l’hégémonie américaine au Moyen-Orient au moyen des forces armées.

     

    Bill Van Auken | 16 novembre 2017


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