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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Pierre Le Corf : « Malgré tout, les groupes armés sont toujours à proximité ; nous restons à portée de tir »

     

    Pierre Le Corf vit à Alep. Il évoque la situation là-bas, dont la réalité est parfois bien différente de notre perception d’Occidentaux.

     

    Pierre Le Corf, vous êtes un humanitaire français.

    Vous êtes installé à Alep depuis un peu moins de deux ans. `Vous avez été un témoin privilégié des nombreux conflits, combats et bombardements qui ont eu lieu dans cette ville opposant notamment le régime de Bachar el-Assad aux groupes de rebelles et au groupe État islamique.

    Quelle est la situation à Alep aujourd’hui ?

    La situation s’est stabilisée.


    Le centre-ville a été libéré, c’est-à-dire que les terroristes ont été déplacés à 3 km d’ici. La plupart des quartiers de la ville sont néanmoins encore à portée de tir.


    On continue de recevoir des roquettes et des mortiers sur beaucoup de quartiers.
    Malgré tout, la situation est totalement différente par rapport à avant.


    Rien qu’ici, dans le quartier où je suis maintenant, il y avait une trentaine de mortiers tous les jours.


    Dire qu’on est heureux de recevoir seulement 10-15 mortiers par jour sur la ville aujourd’hui peut paraître étrange, mais c’est une réalité.


    Malgré tout, les groupes armés sont toujours à proximité et nous restons à portée de tir.

     

    Quand vous dîtes les groupes armés, clarifions un peu les choses. Vu d’Occident, trois groupes s’affrontent en Syrie.

    Il y aurait l’armée de Bachar el-Assad, Daech et les groupes rebelles syriens. C’est bien cela ?

    Cette vision est assez drôle, entre guillemets, et j’aimerais préciser quelques éléments.

    Quand on parle de l’armée de Bachar el-Assad, la plupart des soldats sont des gamins qui font leur service militaire.

    Il n’y a pas d’armée de Bachar el-Assad en tant que telle.

    Ici, il s’agit de l’armée syrienne. C’est un point important.

    Du côté des forces rebelles, en revanche, il faut préciser que s’il existe bien une opposition non armée sur le terrain qui n’aime pas le gouvernement, elle représente une stricte minorité.

     

    Tous les groupes qui portent des armes sont des groupes terroristes islamiques.

    Je souligne le mot « islamique ».

     

    En effet, il ne s’agit en aucun cas d’une révolution pour la liberté. Il s’agit d’une révolution islamique.


    La plupart des groupes armés de Daech ont été expulsés de la ville depuis longtemps. Il reste encore des poches en périphérie dans la province d’Alep qui sont très limitées.

    Mais, encore une fois, le vocable Daech est une sorte de porte-drapeau de la lutte contre le terrorisme.

    C’est devenu le joker que tout le monde utilise, à tel point qu’on finit par effacer des groupes dix fois plus nombreux et dix fois plus dangereux.

    Ils sont ici et sont les mêmes qui produisent des attentats sur notre territoire en France.

    J’ai, par exemple, trouvé une brochure il n’y a pas longtemps, à l’est d’Alep, qui vantait la réussite de l’attaque du Bataclan, cette « bataille contre les homosexuels français et contre ce pays de la perversion ».

    Ce sont des rebelles que nous avons soutenus qui ont écrit cela.

     

    Des médias vous ont souvent accusé d’être victime de la propagande pro-Bachar el-Assad et d’être devenu un lobbyiste français du régime de Bachar el-Assad.

    Que répondez-vous à cela ?

    Tout d’abord, je suis un citoyen français. Je n’ai rien à voir avec ce pays et je n’ai rien à gagner ici.

    Je suis venu pour continuer une action humanitaire que je menais dans d’autres pays avant.

    Quand je suis arrivé, personne ne parlait de la partie ouest d’Alep.

    Elle était composée de 1,3 million de personnes, quand la partie est dont tout le monde parlait était peuplée de 130.000 personnes.


    Je ne dis pas qu’une partie a plus d’importance qu’une autre, mais tous les citoyens du côté ouest d’Alep avaient été effacés par la propagande de guerre, alors qu’ils étaient constamment bombardés.


    Je n’ai pas les mots pour décrire ce qui s’est passé ici et l’enfer que cela a été. Nous avons été continuellement bombardés. Beaucoup de gens sont morts. On ne savait pas si nous allions rentrer en vie le soir.


    C’est très difficile à exprimer.


    85 % de la population de l’est a rejoint l’ouest volontairement.


    Si les gens pensent, aujourd’hui, que simplement transmettre la réalité de la majorité de la population syrienne, défendre la vie des gens ici qui vivaient sous la mort au quotidien, c’est être un propagandiste, pro-ceci ou pro-cela, ils n’ont pas compris quelque chose à la guerre.


    Il s’agit principalement d’humains qui en payent le prix.


    Ce n’est pas de la politique.

     

    C’est d’abord dénoncer quelque chose qui se passe et que tout le monde efface dans un objectif de manipulation de l’opinion publique.

     

    http://www.bvoltaire.fr/


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    Hassan Nasrallah sur la libération de Mossoul


    Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 11 juillet 2017, à l’occasion de la libération de Mossoul


    Source : https://www.mediarelations-lb.org/article.php?id=14699&cid=94

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

     

    https://www.youtube.com/watch?v=WYch9HUEM5A

     

    https://www.youtube.com/watch?v=ExHLKLlp0Ac

     

    https://www.youtube.com/watch?v=VpL6wOOQskU

     

    Transcription :

     

    [Sistani et Khamenei ont joué un rôle décisif dans la libération de Mossoul]

     

    Ce qui s’est produit en Irak et à Mossoul ne touche pas seulement à l’avenir de l’Irak et du peuple irakien, mais concerne en profondeur et avec force l’avenir des peuples et des pays de la région, et l’avenir de la Communauté (islamique) dans son ensemble.


    Nous commençons donc par le premier point. Il ne fait aucun doute que la victoire proclamée hier (le 10/07) par le chef du gouvernement irakien et Commandant en chef des forces armées irakiennes, le Dr Haydar al-Ibadi, dans la ville de Mossoul, entouré des responsables militaires et sécuritaires, est une victoire très grande et très importante, cela ne fait aucun doute.

     

    Maintenant, même si certains veulent amoindrir son importance, son ampleur, son caractère majeur, il ne fait aucun doute que c’est une victoire très grande et très importante, qui vient dans un contexte de progression et de cumul : un certain nombre de victoires se sont cumulées et ont mené à cette victoire en particulier dans la ville de Mossoul, avec la particularité et l’importance qu’a Mossoul.

    Elle vient dans un contexte de progression et de cumul de victoires des Irakiens contre Daech et le terrorisme, à Diyala, Salah-el-Din, Anbar et d’autres provinces irakiennes, ce qui nous ramène aux premiers jours, dont nous allons parler un peu en résumé pour en tirer les leçons, les premiers jours des affrontements très violents et âpres qui se sont produits entre les Irakiens et les forces irakiennes d’un côté et Daech (de l’autre), et la progression très large et très rapide de Daech qui s’est emparé de plusieurs provinces irakiennes jusqu’à parvenir aux abords de la capitale Bagdad. Il y a 3 ans, on se rappelle tous ce déferlement très large, très rapide et très violent.

    Il ne fait aucun doute que l’affliction était très grande pour les Irakiens, qui se sont retrouvés face à une sédition dans laquelle l’adulte perd ses forces, le jeune voit ses cheveux blanchir et le croyant oeuvre ardument de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il rencontre son Seigneur (Sermon de l’Imam Ali). Il y eut un état de confusion et d’étourdissement généralisés, et un sentiment d’impuissance, de paralysie et de désespoir très répandu. L’ampleur de ce qui s’est produit était vraiment colossale, bien trop grande pour qu’on puisse s’en remettre facilement.

    La fatwa de l’autorité religieuse (chiite) a été publiée rapidement dans la Sainte ville de Najaf (où se trouve le tombeau de l’Imam Ali), la fatwa de Son Eminence le Grand Ayatollah Marja’ religieux, Sayed Ali Sistani (première autorité religieuse du monde chiite, dans lequel un Marja’ est un exemple et comme un représentant du Prophète), Dieu le préserve, rendant la défense et le djihad obligatoires (mobilisation générale jusqu’à la victoire) à tout individu pouvant porter les armes et combattre, et rendant obligatoire de faire face à Daech avec toute la force (requise).

    Et il a stipulé que cette responsabilité s’étendait à tous, et que celui qui était tué dans cette défense, dans cette bataille et dans cette confrontation serait un martyr dans la voie de Dieu le Très-Haut et l’Exalté.

    C’est de là qu’il faut commencer notre propos, car la fatwa des autorités religieuses (chiites) et leur appel historique à ce moment lancé à tous les Irakiens est la pierre angulaire et le point de départ décisif de cette belle conclusion et de cette grande victoire.

    Ce point tournant, cette entrée, cette porte, cette source (constituent le facteur décisif).

    Eh bien, pourquoi... Certains (nous) disent peut-être que nous essayons de donner à cette fatwa et à cette prise de position de l’autorité religieuse (Marja’iya) cette importance énorme et capitale. Cette fatwa et cette prise de position historique, qu’ont-elles entraîné ?

    Premièrement, elles ont sorti les Irakiens et tout le monde de la confusion, de l’étourdissement, de la paralysie. (Avant cette fatwa, ils ne savaient pas) quoi faire, comment réagir. Combattre, ne pas combattre ? Quelle était la bonne attitude, la position juste (du point de vue religieux) ?

    Car en fin de compte, on parle de combat, d’épanchement de sang, de tuer et d’être tué (donc on ne peut pas agir à la légère).

    De manière certaine, la fatwa a tranché cette question de manière décisive et a mis fin à la confusion et à la paralysie en ce qui concerne la prise de position (juste), leur disant qu’il ont le devoir et l’obligation de combattre, de défendre, de faire face.

    Cela a tranché (la question) de manière décisive. Voyez donc, (ce n’est que) quelques phrases courtes, et quel a été leur impact historique.

    Deuxièmement, elle a clairement identifié l’ennemi, de manière décisive : l’ennemi est Daech, qui s’appelait au début l’Etat Islamique en Irak et au Levant, au sujet duquel certains ont été dupes et ont cru que c’était un mouvement islamique ou une révolution islamique.

    Certains milieux ont accueili Daech chaleureusement et l’ont considéré comme partie prenante du Printemps arabe et des révolutions populaires, et ils l’ont acclamé, applaudi, soutenu et assisté. (Mais) la fatwa de l’autorité religieuse (Marja’iya) est venue déclarer que c’était lui l’ennemi qu’il fallait combattre, et que le djihad contre lui était un djihad sur la voie de Dieu, et que celui qui était tué dans ce combat serait un martyr dans la voie de Dieu le Très-Haut et l’Exalté.

    (Cette fatwa) a donc déterminé l’identité de l’ennemi et de la menace qu’il fallait confronter.

    Et troisièmement, elle a fait porter la responsabilité à tous. La fatwa ou l’appel historique de l’autorité religieuse (Marja’iya) ne s’est pas adressée seulement aux chiites. Elle s’est adressée à tous les fils du peuple irakien, à l’ensemble du peuple irakien, dans la diversité de ses appartenances : religieuse, doctrinale, sectaire, raciale, car cette fatwa, bien que sa nature soit religieuse et jurisprudentielle, elle exprime en profondeur la vérité de la prise de position humanitaire, morale et patriote qui s’impose à absolument tout citoyen du peuple irakien. Et c’est pourquoi la responsabilité reposait sur tous et l’appel était lancé à tous.

    Et quatrièmement, la fatwa a élevé le plafond de la confrontation avec cette menace et elle a tranché l’aspect de cette confrontation, loin de toute paralysie, de tout échange ou négociation, de tout calcul, de tout temps de débat et de toute recherche de solutions ici et là.

    Et cette fatwa bénie et majeure est parvenue à réveiller le peuple irakien avec une vitesse fulgurante, et elle l’a sorti de son état de confusion, de paralysie, de détresse et de désespoir. Et la réponse populaire et officielle (à cette fatwa) fut massive.

    Cette fatwa a donné un très fort élan et un énorme esprit d’enthousiasme aux officiers et aux membres des forces de sécurité irakiennes, dans toutes ses composantes et dénominations. Et cette fatwa et cet appel ont poussé des centaines de milliers d’Irakiens, jeunes et moins jeunes, à rejoindre les lignes de front et à s’engager volontairement, ce qui a mené à la fondation de(s forces de) la mobilisation populaire (Hachd Cha’bi) irakiennes bénies qui se sont formées dès le début comme la véritable force de l’Irak et le sont toujours, aux côtés des forces armées irakiennes dont elles sont devenues une partie.

    C’est pourquoi lorsque nous parlons aujourd’hui de la victoire de Mossoul, et des victoires précédant cette victoire, nous devons commencer de là, de la fatwa de l’autorité religieuse (Marja’iya) et de son appel historique, comme le font tous les dirigeants irakiens dans leurs déclarations et discours, et comme doit le faire toute personne honnête dans le monde s’il considère la situation en Irak ou essaie de la comprendre, de l’analyser ou de la présenter aux gens.

    Eh bien, après l’émission de cette fatwa, comme nous l’avons dit, on a assisté à une réponse massive.

    Premièrement, de la part du gouvernement irakien de l’époque, qui était dirigé par M. Nouri al-Maliki, et cette réaction a perduré avec force avec le gouvernement qui a été formé ensuite sous la direction du Dr Haydar al-Ibadi. Et toutes les instances dirigeantes ont réagi de cette manière : religieuses, politiques, partis, mouvements et orientations dans leur diversité.

    Et cette fatwa a reçu un large soutien des autres autorités religieuses en Irak, en Iran et ailleurs dans le monde. Et au sein de l’Irak également, elle a reçu un large soutien des savants sunnites comme des savants chiites. C’est un point très important sur lequel je vais revenir au cours de mon propos. La réaction populaire fut très vive, massive et vraiment bénie.

    De même, la position décisive – nous devons nous efforcer d’être factuels et réalistes, nous ne voulons exagérer en rien, mais il faut être justes et impartiaux –, la position décisive est venue de la part de la République Islamique d’Iran, et à sa tête Son Eminence le Guide et Imam Sayed Khamenei, Dieu le préserve, aux côtés des (autres) autorités religieuses, et aux côtés du gouvernement irakien et du peuple irakien, ainsi que la rapidité d’action des hauts dirigeants des Gardiens de la Révolution Islamique par leur présence à Bagdad, et leur disposition permanente et absolue à fournir toute aide ou soutien de la part de la République Islamique.

    Tout cela s’est produit, mais le plus important reste la réaction populaire, la présence du peuple (irakien), les familles honorables, les clans de toutes les régions, de toutes les appartenances, ceux qui ont défendu (leur pays) par la prunelle de leurs yeux (leurs enfants en première ligne) les épouses, les enfants, les frères, les jeunes, les bien-aimés (des combattants).

    C’est là que réside la véritable force, la véritable valeur.

    Lorsque cet appel, cette fatwa, cette prise de position trouvent des gens pour y répondre, pour prendre les armes et s’élancer vers les lignes de front, c’est là la force véritable et fondamentale qui a causé ce revirement (le reflux de Daech) et a permis à cette prise de position de prendre corps aux niveaux de l’humain, du moral, de l’éthique, de la patrie et de l’histoire, et par conséquent de façonner ces victoires.

    Tout cela s’est produit dans un contexte régional et international au sujet duquel on peut dire au minimum qu’il y avait un abandon régional et international de l’Irak, de son gouvernement et de son peuple, au minimum, et à un niveau plus élevé, plus médian, il faut parler du complot et de la complicité de certaines grandes puissances mondiales et de certaines puissances régionales qui ont joué le rôle de facilitateurs, de fondateurs de Daech, qui l’ont soutenu, financé et lui ont accordé toutes les facilités pour qu’il s’empare de la Syrie et entre en Irak, et ils l’ont accompagné dans sa bataille contre les Irakiens durant les dernières années.


    [L’Irak héroïque, rôle cosmétique des USA]

     

    Eh bien, qu’ont donc fait les Irakiens ? C’est cela que je veux vraiment décrire, je n’apporte rien de nouveau mais je veux le décrire, pour les Irakiens eux-mêmes pour qu’ils s’y accrochent davantage, et pour le reste des peuples de la région afin qu’on en tire les leçons, et afin qu’on ajoute cette expérience au reste des expériences qui ont été menées au Liban, en Syrie, en Palestine, au Yémen et ailleurs dans ces batailles.

     

    Premièrement, les Irakiens ont résolu d’eux-mêmes leur choix, et ils ont pris la décision de faire face, de façonner leur destin et leur avenir par la lutte et par leurs propres mains. C’était là la première chose.

    Et par conséquent, pardon, ils n’ont pas attendu, ni l’Union des pays arabes, ni la réunion des Ministres des Affaires Etrangères arabes, ni les Rois et les Présidents des pays arabes, ni l’Organisation de la Coopération Islamique qui s’appelle maintenant Organisation de l’Entraide Islamique, ni la Communauté Internationale, ni l’Europe, ni l’Amérique, ni quiconque.

     -Ça y est, ils ont compté sur (eux-mêmes)... Ils placé leur confiance en Dieu, et ils ont compté sur leur volonté, sur leurs hommes et leurs femmes, sur leur sang, sur leur djihad et leurs sacrifices. Bien sûr, il s’agit d’une leçon fondamentale quant à ce qui s’est passé en Irak depuis 3 ans jusqu’à ce jour, et de ce qui se passe actuellement.

    Deuxièmement, ils se sont unis derrière ce choix patriotique : la Présidence, les Ministres, l’Assemblée, le gouvernement, les mouvements, les partis, les forces politiques, dans la diversité de leurs appartenances raciales et religieuses. Et comme je l’ai déjà dit à plusieurs occasions, il faut ici souligner que nombre de grands savants chez nos frères sunnites en Irak, ainsi que les dirigeants politiques sunnites, ont eu une position toute particulière et exceptionnelle.

    Pourquoi ? Tout simplement parce que certains ont œuvré, dès les premiers instants de l’attaque de Daech contre les Irakiens, à présenter le combat comme opposant les sunnites aux chiites, ce qui est vraiment dommage - et ce sont là les mêmes gouvernements, les mêmes Etats, les mêmes chaînes TV satellites, les mêmes personnalités, tout comme ils ont essayé de le faire en Syrie, au Liban, et comme ils ont présenté la guerre contre le Yémen, comme l’a déclaré leur orateur à la Mosquée Sacrée (La Mecque), comme quoi c’est une guerre entre les sunnites et les chiites.

     

    Ce qui a contrecarré cette sédition, l’a éteinte et lui a obstrué la voie est la prise de position sincère, véridique et courageuse des savants et des dirigeants politiques sunnites en Irak, qui ont donné à cette bataille sa véritable dimension, disant bien que ce n’était pas une lutte sunnites-chiites mais la bataille des Irakiens contre les assassins, les criminels et les takfiris qui s’en prenaient à tous, menaçaient tout le monde, et versaient le sang de tous (sans distinction).

     

    Ainsi, l’unité, en deuxième point, autour de ce choix, et troisièmement, l’entrée (massive) de tous sur le champ de bataille. Et c’est pourquoi les forces armées irakiennes, dans la diversité de leurs noms et de leurs intitulés, incluent tous les Irakiens, tous les fils du peuple irakien noble, grand et combattant, de même que pour (les forces de) la mobilisation populaire, auquel appartiennent naturellement davantage de chiites du fait de la composante démographique de l’Irak mais c’est une mobilisation patriote et populaire à laquelle ont participé de nombreuses appartenances différentes.

    Cette présence massive de l’ensemble des composantes du peuple irakien sur le terrain, les clans qui ont combattu aux côtés des forces armées irakiennes nationales, etc., etc., ce n’est pas simplement une prise de position politique, des paroles ou des discours, mais une présence (très) forte sur le terrain, une participation de tous (les Irakiens) sur le terrain.

     

    Quatrièmement, le terrain (lui-même). La persévérance sur le terrain, le courage, les actes d’héroïsme, surtout dans les premiers moments, car la situation logistique était difficile avec des manques drastiques, et la surprise (de l’attaque de Daech) était très grande, malgré les grands problèmes, malgré les conditions météo très dures, malgré la géographie et la localisation de l’Irak, malgré le fait que les ennemis était fin prêts et que les amis ne l’étaient pas, il y eut des actes d’héroïsme et des sacrifices énormes.

     

    L’endurance, les sacrifices, les dizaines de milliers de (combattants) toujours prêts (à défendre l’Irak) sur le terrain, qui n’ont pas abandonné les champs de bataille, des milliers de martyrs, des milliers de blessés, leurs familles, leur patience, leur sincérité, leur honnêteté.

    Le fait que le peuple irakien ait supporté et enduré cette confrontation très vaste et totale à tous les niveaux, psychologique, moral, économique, sécuritaire...

    Car la lutte ne se déroulait pas seulement sur les champs de bataille, mais se déroulait dans toutes les villes, tous les villages irakiens que ciblaient les kamikazes et les voitures piégées.

    Le fait que le peuple entier ait embrassé et rejoint les forces armées, les batailles, le djihad, le combat, l’extension permanente des lignes de front, cette endurance et cette patience durant les 3 années de ces combats sanglants et des plaies béantes, étaient également un facteur (très) important (pour la victoire).

    Et le dernier facteur (il y en a encore d’autres mais je fais au plus synthétique) est le fait de ne pas s’en être remis à l’étranger (les pays occidentaux et leurs alliés). C’est un point très important, dont tous les peuples de la région doivent bénéficier (tirer les leçons) qui font faces aux menaces et aux dangers. Le fait de ne pas avoir écouté l’étranger.

    Cet étranger dont le rôle, depuis le début et jusqu’à présent, de refroidir le courage et l’ardeur, de dire aux Irakiens qu’ils ne parviendront pas à faire face à Daech car Daech est tel, tel et tel (invincible, monstrueux, etc.), de susciter les conflits, les séditions, les sensibilités, les différends entre les Irakiens au moment où ils avaient plus besoin que jamais d’unité, à maintenir les rangs dans la lutte contre cet ennemi terroriste, cet étranger qui les appelait à la reddition, qui (faisait tout pour) paralyser leur volonté et leur détermination, les Irakiens ne l’ont pas écouté et suivi, ils n’ont écouté ni les gouvernements, ni les Etats, ni les chaines TV satellite, ces chaines TV qui continuent jusqu’à présent à soutenir Daech, de manière indirecte.

    Et de même, le fait de ne pas compter sur l’étranger, de ne pas l’écouter et de ne pas compter sur lui. Ils n’ont pas compté sur l’étranger. Ils n’ont attendu personne. Ils ont commencé (la lutte) par eux-mêmes, ils ont persévéré et vaincu, et ils continuent.

    Ici, je veux rappeler un point très sensible et très important, qui mérite qu’on s’y arrête posément. Au début, les Etats-Unis, eux et l’OTAN, sont restés à regarder le peuple irakien, l’armée irakienne, les (forces de) mobilisation populaire et les Irakiens (en général) alors qu’ils combattaient, parfois à mains nues (avec un équipement très insuffisant).

    Eh donc les Américains se sont finalement mis à dire qu’ils voulaient aider, agir, et bien sûr ils ont beaucoup tardé avant de faire le moindre pas, et ils ont également dit que l’élimination de Daech nécessiterait... Certains ont dit... Bien sûr, on parle de Présidents, de Ministres de la Défense, des chefs de la CIA, ils ont dit que (vaincre Daech) prendrait 30 ans, cette bataille contre Daech en Irak et en Syrie prendrait 30 ans, puis certains ont fait des réductions et ont annoncé 25 ans, certains sont descendus à 20 (ans), et en dernier lieu ils ont dit 15 (ans). Mais les responsables américains les plus optimistes ont dit 10 ans.

    Et il faut bien savoir qu’en vérité, ceux qui savaient (ce qu’étaient) Daech, ses capacités et ses effectifs savaient qu’avec la présence d’une volonté internationale et régionale, et d’une volonté nationale en Irak, en Syrie et dans la région, il ne faudrait pas des années pour (vaincre) Daech, si tous les efforts se conjuguaient et étaient sincères.

    Mais lorsque les Américains ont parlé de 10 ans pour le moins, et 30 ans pour le plus, cela signifie qu’il y avait une vision, un projet, une pensée visant à investir dans Daech, à en profiter et à l’utiliser pour réaliser des projets et des objectifs précis qui, en toute certitude, ne sont pas dans les intérêts du peuple irakien, syrien, palestinien ou des peuples de la région, mais dans l’intérêt de l’hégémonie américaine et dans l’intérêt d’Israël.

    C’est pourquoi on pourrait dire, car comme je l’ai dit cela mérite de s’y arrêter et d’y réfléchir, qu’en fin de compte, dans les dernières batailles, dernièrement, les Etats-Unis sont venus et ont apporté une certaine aide (à la lutte contre Daech). Mais qu’est-ce qu’il y a derrière cette aide ?

    Quand a-t-elle commencé ? Quelle est son ampleur ? Il faut s’y arrêter (et y réfléchir), car certains pourront nous dire « Mais pourquoi n’êtes-vous pas honnêtes ?

    Pourquoi ne parlez-vous pas de l’aide apportée par les Etats-Unis ? » Il y a actuellement des chaines TV arabes qui veulent présenter ce qui s’est passé à Mossoul comme un succès américain, une victoire américaine. Et c’est bien sûr un mensonge, une imposture, une confiscation (de la victoire due aux) efforts et aux sacrifices des Irakiens eux-mêmes.

    En vérité, c’est là que nous disons qu’il faut se pencher sur la question. C’est-à-dire que par exemple, quand on revient aux discours de [Donald] Trump que j’ai évoqués à plus d’une occasion, dans lesquels il a accusé, avec des accusations véridiques - et il y a aussi des aveux d’autres responsables américains - que l’administration d’Obama et Madame [Hillary] Clinton lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat sont ceux qui ont créé et fondé Daech, ont soutenu Daech, ont permis aux alliés régionaux de financer Daech, ont ouvert les frontières à Daech, ont vendu le pétrole daechiste à plus d’une frontière : la frontière turque, la frontière jordanienne et d’autres encore. Donc ce qui s’est passé (les dégâts causés par Daech), les Etats-Unis en sont les principaux responsables.

    Eh bien, ensuite, pourquoi les Etats-Unis sont venus apporter leur aide ? Ont-ils découvert que ce choix avait échoué ? Que Daech, comme on dit en Libanais, les avait mis au pied du mur ? Etc., etc., etc.

    Ils ont donc retourné leur veste et ont abandonné leur création, leur allié et leur instrument, car la base pour les Américains, ce n’est pas les valeurs, la morale ou les principes, mais bien les grands intérêts, car ils voulaient être associés à la victoire dont les signes avant-coureurs commençaient à apparaitre chez les soldats Irakiens, dans leur sang, leurs sacrifices, leur endurance et leur persévérance.

    Cela nécessite bien sûr qu’on s’y arrête posément et qu’on y réfléchisse, quoi qu’il en soit.

     

    [La libération de Mossoul permet d’éradiquer définitivement Daech]

    Ce qui s’est passé jusqu’à présent, et jusqu’à (la victoire de) Mossoul, voilà ce qu’on été ses facteurs véritables et essentiels auxquels doivent s’accrocher les Irakiens : leur décision nationale (de défense de la patrie), leur unité, leur présence (massive) sur le terrain, leur respect, leur amour et leur empressement continuels aux appels de l’autorité religieuse (Marja’iya) et leur disposition inflexible au sacrifice, leur degré de conscience et leur lucidité, leur action rapide et efficace sans atermoiement ou délai, voilà quels ont été les facteurs décisifs dans la réalisation des victoires actuelles.

     

    Sur la base de tout ce que je viens de présenter, nous présentons nos félicitations en premier lieu à Son Eminence le Grand Ayatollah et Marja’ (autorité) religieux Sayed Ali al-Hosseini al-Sistani, que Dieu le préserve, à la Marja’iya religieuse de la ville sainte de Najaf et à tous les Marja’ (du monde) qui ont soutenu et félicité cette prise de position et cette fatwa (de Sistani ordonnant la levée en masse face à Daech).

    Ainsi qu’aux responsables irakiens des divers postes, des différentes présidences, au gouvernement, au Conseil, des différentes responsabilités, en particulier au chef du gouvernement irakien et chef des forces armées, le Dr. Haydar al-Ibadi, à tous les dirigeants religieux et politiques, aux partis et mouvements en Irak, à tous les responsables militaires et de la sécurité des forces armées et de la mobilisation populaire (Hachd Cha’bi), à tous les officiers, soldats, combattants de cette lutte épique et bénie, et à l’ensemble de notre cher peuple irakien opprimé, combattant et endurant, dont le sang a triomphé de l’épée (référence au martyre de l’Imam Hussein triomphant de Yazid b. Mu’awiya).

    Et nous félicitons en particulier les familles des martyrs, des blessés et de ce qui se sont sacrifiés (pour la cause), car le sang de leurs martyrs et de leurs bien-aimés a produit la victoire, la dignité, l’honneur, l’avenir et l’histoire, ainsi qu’un triomphe dans ce monde et dans l’autre, et c’est là la grande victoire.

     

    Nous les félicitons tous pour cette victoire historique, divine et bénie, de même que nous félicitons tous ceux qui ont soutenu et assisté l’Irak dans cette lutte décisive pour son avenir, avant tout la République Islamique d’Iran et Son Eminence l’Imam dirigeant Sayed Khamenei, Dieu le préserve.

     

    O mes frères et sœurs, il faut que tous ressentent, en Irak et à l’extérieur de l’Irak, que cette victoire est leur victoire. Cette victoire est celle de tous les Irakiens, et également une victoire pour tous les peuples de la région. et une victoire pour tous ceux qui combattent le terrorisme et lui font face, et une victoire pour tous ceux qui sont menacés par le terrorisme matin et soir, dans l’ensemble de notre monde arabe et musulman, et même partout dans le monde.

     

    La libération de Mossoul est une avancée majeure, extrêmement importante et décisive sur la voie de l’éradication (complète) de Daech. Car Mossoul était la plus grande ville contrôlée par Daech, et était véritablement, selon eux, le centre et la capitale de leur califat usurpateur (du nom de l’Islam) et c’est de là qu’a été annoncée une nouvelle étape de l’établissement du projet takfiri qu’on préparait (à imposer) à tous les peuples de cette Communauté (musulmane).

     

    Et c’est pourquoi la libération de Mossoul est un succès dans cette voie et ses conséquences seront énormes pour l’Irak, pour la Syrie et pour les Etats, gouvernements et peuples de la région et même pour le monde entier.

     

    En bref, si on revient un peu en arrière, il y a 3 ans, pour émettre une hypothèse : si les Irakiens ne s’étaient pas levés (en masse), s’ils avaient désespéré et faibli, s’étaient retirés et n’avaient pas assumé cette responsabilité, et que Daech s’était emparé de l’Irak, qu’aurait été l’avenir du peuple irakien tout entier ?

    Musulmans et Chrétiens, Arabes, Kurdes, Turkmènes, Chebeks, Yazidis, Chaldéens, Assyriens, Sabéens, etc., tout le monde ! Qu’aurait été l’avenir de l’Irak, de sa civilisation, de tous les peuples et Etats de la région ? Jusqu’aux Etats du Golfe qui ont soutenu Daech, l’ont pris en charge et applaudi.

    Ces Etats dont les cœurs se sont emplis d’effroi lorsqu’Abu Bakr al-Baghdadi a annoncé l’Etat du califat depuis Mossoul.

    Car c’est alors devenu une menace pour eux-mêmes.

     

    C’est pourquoi aujourd’hui, avec la victoire des Irakiens, comme je l’ai toujours dit, la victoire de leur (lutte) défensive et de leur djihad est la victoire de tous, en défense de tous les peuples arabes, de tous les peuples islamiques et de tous les Etats et gouvernements de cette région, et de la sécurité du monde entier que Daech a menacé et continue à menacer.

     

    C’est une victoire très grande et très importante, et c’est pourquoi nous espérons, en conclusion de cette partie (de mon discours), ce que nous espérons de la part de nos frères Irakiens, des dirigeants irakiens, du gouvernement irakien, des partis et mouvements irakiens et du peuple irakien, comme c’était le cas depuis 3 ans jusqu’à ce jour, qu’ils ne se contentent pas de la victoire de Mossoul, et il est certain ils ne s’en contenteront pas, mais que leur priorité reste la purification du reste du territoire irakien saint [l’Imam Ali et l’Imam Hussein y ont vécu et y sont enterrés] de cette présence terroriste takfirie bestiale, cette présence cancéreuse qui peut reprendre et se propager à nouveau, cette présence qui n’acceptera pas la défaite et ne permettra pas aux Irakiens de se réjouir de leur victoire (et lancera) des opérations terroristes, des voitures piégées, des kamikazes.

     

    C’est pourquoi la sécurité de l’Irak, la sécurité des villes et des quartiers irakiens ne sera obtenue que par l’éradication définitive de cette organisation takfirie terroriste. Les barrages, les patrouilles et les mesures de sécurité sont très importantes, mais le plus important est l’éradication de cette présence terroriste criminelle et meurtrière et c’est ce qui doit rester la priorité.

    Certains essaieront d’occuper et d’accaparer les Irakiens avec d’autres choses que cette priorité, qui pourront être importantes ou d’un degré d’importance moindre, mais ce qui préserve et renforce la victoire à Mossoul et toutes les victoires qui l’ont précédée et font de la victoire de Mossoul une base très solide pour la victoire décisive et finale est que cela reste la priorité.

     

    En parallèle, en Syrie, les combats (se poursuivent) sur plus d’un front, menés par l’Armée Syrienne et beaucoup de forces qui combattent le terrorisme takfiri en Syrie, de manière simultanée (concertée) entre ce qui se passe sur les terrains irakien et syrien et c’est une chose dont j’ai parlé précédemment, j’avais dit que si on combattait ensemble, chacun sur sa position, son territoire et son terrain, mais de manière simultanée (concertée) et sur ce front unifié, nous parviendrons à la victoire finale.

     

    Ainsi, aujourd’hui, l’Irak, la Syrie, le Liban, les peuples de la région et les Etats régionaux apeurés et terrorisés par Daech, sont en présence d’une opportunité historique permise par les sacrifices des Irakiens, des Syriens et de tous ceux qui se sont tenus à leurs côtés.

     

    Il faut profiter de cette occasion et ne pas la gâcher, comme en dit en langage commun, il faut battre le fer pendant qu’il est encore chaud. Il ne faut pas laisser ce fer se refroidir et ne pas permettre à Daech de se préparer à nouveau, de repartir à nouveau ou de donner l’occasion à des soutiens de l’assister à nouveau. (Les ennemis) doivent découvrir que la volonté populaire, massive, nationale et locale est capable de parachever ces victoires, si Dieu le veut.

     

    Félicitations pour cette victoire, à tous les démunis et les opprimés, et à tous ceux qui sont menacés par cette organisation barbare (Daech).

     

    N’oubliez pas ce qui s’est passé à Mossoul (et ailleurs) : on est habitué à ce que l’ennemi (israélien, américain) s’acharne sur notre peuple et nos familles et nous menace de tuer nos femmes. Mais qu’une organisation armée s’acharne sur son propre peuple, qu’elle prétend défendre, c’est une chose nouvelle qu’a perpétrée Daech. Daech tuait ce peuple lorsqu’il voulait quitter (Mossoul), lui tirait dessus dans le dos, c’est une chose nouvelle et sans précédent. Daech est un modèle vraiment terrible.

     

    Ainsi, cette menace qui salissait l’image de l’Islam, versait le sang, s’en prenait à la civilisation (même) et servait les intérêts de l’ennemi à un point que personne n’a jamais atteint à travers toutes les décennies passées, nous sommes aujourd’hui, avec la victoire de Mossoul, face à une occasion historique de l’éradiquer. Il faut profiter de cette occasion historique.

     

     

     

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    Y a-t-il deux Vladimir Poutine ?

    Interview de Vladimir Poutine par le journal allemand « Bild », le 5 janvier 2016

     

    Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/51154

     

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

     

    https://www.youtube.com/watch?v=2ta739MOwZE

     

    Transcription :

     

    Journaliste : Il y a une théorie selon laquelle il y aurait deux Poutine. Le premier était le jeune M. Poutine d’avant 2007, qui a exprimé sa solidarité avec les Etats-Unis et qui était l'ami du chancelier Schröder.

    Et puis, après 2007, un autre Poutine est apparu. En 2000, vous avez déclaré : « Nous ne devrions pas avoir de confrontations en Europe, nous devrions tout faire pour les surmonter.»

    Et maintenant, nous nous retrouvons dans une telle confrontation [en Crimée, etc.].

    Puis-je vous poser une question directe? Quand allons-nous retrouver le premier M. Poutine ?


    Vladimir Poutine : Je n'ai jamais changé. Tout d'abord, je me sens encore jeune aujourd'hui. J'étais et je continue d'être l'ami de M. Schroeder. Rien n'a changé.


    Mon attitude à l'égard de questions telles que la lutte contre le terrorisme n'a pas non plus changé. C'est vrai, le 11 septembre, j'ai été le premier à appeler le Président Bush et à exprimer ma solidarité.

    En effet, nous étions prêts à tout faire pour combattre le terrorisme ensemble.

    Il n'y a pas si longtemps, après les attentats terroristes de Paris, j'ai appelé puis rencontré le Président de la France.


    Si on avait écouté Gerhard Schroeder, Jacques Chirac, et moi-même, il es probable qu’il n'y aurait eu aucune des attaques terroristes récentes à Paris, car il n'y aurait pas eu de poussée de terrorisme en Irak, en Libye ou dans d'autres pays au Moyen-Orient. […]


    Vous m'avez demandé si j'étais un ami ou pas.

    Les relations entre les États sont un peu différentes de celles entre les individus. Je ne suis ni un ami, ni une mariée ou un marié.

    Je suis le Président de la Fédération de Russie. C'est 146 millions de personnes !

    Ces personnes ont leurs propres intérêts, et je dois protéger ces intérêts.

    Nous sommes prêts à le faire de manière non conflictuelle, à rechercher un compromis, mais bien sûr, en fonction du droit international, qui doit être compris uniformément par tous.


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    22 juillet 2017

     

     

    «De toute évidence, les Casques blancs sont utilisés pour créer la propagande qui diabolise le gouvernement syrien et fournit les conditions nécessaires pour l’intervention ultérieure de l’Otan et des pays du golfe Persique en Syrie», révèle au micro de Sputnik la journaliste d'investigation britannique Vanessa Beeey.

     

    La journaliste d'investigation britannique Vanessa Beeey a évoqué dans une interview à Sputnik l'attitude des responsables américains envers les Casques blancs (White Helmets), organisation syrienne se positionnant en tant qu'organe de défense des droits de l'homme mais maintes fois accusée de coopérer avec des terroristes.

    Vanessa Beeey a ainsi expliqué pourquoi plusieurs responsables américains n'hésitaient pas à se prendre en photo avec les membres des Casques blancs soupçonnés d'être liés aux groupes extrémistes.

    «C'est une propagande incroyable de mensonge, d'astuces […] qui sont utilisés contre l'État syrien souverain, le gouvernement syrien élu et l'armée syrienne […] composée de gens défendant leur pays contre une invasion hybride, mise en place par les terroristes.

    De telles photos sont une excuse terrible pour cette organisation», a-t-elle déclaré.

    Elle a en outre souligné que les Casques blancs sont une sorte d'outil d'influence d'opinion publique ayant pour but de ternir l'image de Damas.

    «De toute évidence, les Casques blancs sont utilisés pour créer la propagande qui diabolise le gouvernement syrien et fournit les conditions nécessaires pour l'intervention ultérieure de l'Otan et des pays du golfe Persique en Syrie».

    Cependant, la communauté internationale commence à se rendre compte des liens de l'organisation syrienne avec les djihadistes.

    Par exemple, l'année dernière, le fonds Threshold Foundation a financé le documentaire «The White Helmets», qui a remporté l'Oscar du meilleur court métrage documentaire… et a ensuite retiré les fonds alloués.

    «Ils, (le fonds) ont retiré les moyens car ils estimaient que les Casques blancs étaient utilisés pour faire pression en faveur de la guerre», a expliqué Mme Beeey.

    Qui plus est, la mission chargée d'établir les faits concernant le recours aux armes chimiques en Syrie a renoncé à utiliser la vidéo des Casques blancs sur les «victimes» de l'attaque chimique à Idlib.

    Vanessa Beeey explique cette décision par l'amitié des dirigeants de l'organisation avec des groupes terroristes tels qu'Al-Qaïda et Ahrar al-Cham.

    «Les preuves qu'ils ont fournies ne peuvent pas être considérées comme authentiques», a-t-elle poursuivi.

    Comme la journaliste se trouvait à Alep lors de l'opération de libération menée par l'armée syrienne et ses alliés, elle a eu la possibilité d'interroger les Syriens sur les activités du groupe controversé.

    Or, elle a appris qu'«en réalité, les Casques blancs étaient un groupe de défense civile du Front Al-Nosra.

    Ils n'aidaient pas la population civile mais les volaient, les laissaient mourir sans leur fournir de soins médicaux.

    Ils étaient là-bas pour servir le Front Al-Nosra et d'autres groupes extrémistes».

    Mme Beeey a également parlé à Sputnik au sujet de l'intox des Casques Blancs concernant le jeune Omran Daqneesh d'Alep, présenté dans les médias mainstream comme un martyr ayant survécu aux «violences des troupes fidèles à Bachar el-Assad».

     

    En réalité, «Omran vit à Alep de l'est contrôlé par le gouvernement syrien, et sa famille soutient les autorités syriennes».

    source   http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/07


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    23
    Juil
    2017

     

    Source : James W. Carden, Consortium News, 05-06-2017

    L’échec à faire rendre des comptes aux responsables de la guerre en Irak a conduit à des récits erronés sur des « déploiements de troupes couronnés de succès » qui n’ont en fait jamais réussi ; il pourrait s’ensuivre une escalade dans les massacres en Afghanistan, selon James W. Carden.

     

    Pendant le week-end, le New York Times a rapporté que le Conseiller à la sécurité nationale de Trump, H.R. McMaster, va bientôt proposer une nouvelle augmentation des effectifs militaires en Afghanistan.

     

    Selon le Times, « la Maison-Blanche a abandonné les délibérations au sujet de l’Afghanistan il y a trois semaines, après qu’une première proposition du Pentagone de déployer jusqu’à 5 000 soldats américains a rencontré une résistance farouche » de la part du stratège en chef de la Maison-Blanche Stephen K. Bannon et d’autres conseillers.

    Le président Donald Trump annonce la nomination du Général H.R. McMaster comme son nouveau Conseiller à la Sécurité nationale le 20 février 2017. (Capture d’écran de Whitehouse.gov).

     

    Mais, selon le Times, Mc Master n’est « pas découragé » et « prévoit de ramener le débat au premier plan la semaine prochaine », selon un responsable U.S. anonyme.

    Le débat actuel rappelle les débuts de l’administration Obama, quand le président Obama fut tout simplement poussé par le Secrétaire à la Défense Bob Gates, la Secrétaire d’État Hillary Clinton, et les généraux David Petraeus et Stanley McChristal à envoyer 30 000 soldats américains lors d’un « déploiement de troupes » malheureux, qui avait été annoncé par ses partisans comme la réponse au bourbier afghan.

    Mais « le déploiement de troupes », plutôt que de se solder par une victoire, produisit une série d’attaques « des bleus par les verts » [durant la guerre d’Afghanistan (2001-2014), ce terme désignait une attaque de soldats ou policiers afghans contre les forces de la coalition, alors qu’ils auraient dû être à leurs côtés NDT] des troupes américaines par nos prétendus alliés afghans.

    Il est important de rappeler que le « déploiement » afghan a été une politique soutenue avec enthousiasme par l’Establishment américain.

    Ainsi comme l’écrivait la rédaction du New York Times en mai 2009 : « Nous espérons […] que le président et son équipe ont mis au point une stratégie qui conjuguera des tactiques anti-insurrectionnelles agressives et un développement économique ». Les think tanks de Washington, tels que le Centre pour une Nouvelle Sécurité Américaine (Center for a New American Security) et l’Institut Brookings, s’étaient aussi rangés à une position de soutien.

    Malgré tout, les résultats ont été exécrables : davantage de soldats U.S. sont morts en Afghanistan sous Obama que sous George W. Bush. Globalement, la guerre en Afghanistan, qui est aujourd’hui dans sa 16ème année, a pris la vie de plus de 31 000 civils afghans– et selon certaines estimations peut être 10 fois plus – et de plus de 3 500 membres de la coalition menée par les États-Unis, pour un coût de plus de mille milliards de dollars.

    Mais peu importe cette désagréable et tragique histoire.

    Pour le Times, ce qui est important, c’est que le Secrétaire à la Défense de Trump James Mattis ainsi que H.R. McMaster « sont pénétrés par la doctrine anti-insurrectionnelle – la stratégie qui a conduit Obama à ordonner le déploiement de 30 000 soldats en Afghanistan en 2009 ».

    Et, à en juger par la plupart de la littérature et des reportages produits en plus d’une décennie-et-demi de guerre en Afghanistan, la doctrine anti-insurrectionnelle (ou COIN) n’a, en dépit de son succès absolument nul, jamais perdu de son lustre dans les bureaux de Washington.

     

    Mauvaises habitudes

    Quand il est question du COIN, les vieilles habitudes ont la vie dure. Le membre de l’institut Brookings Michael O’Hanlon, un pilier de la doctrine anti-insurrectionnelle en Irak et un champion du « déploiement » afghan de 2009, appelle dorénavant à un « mini-déploiement » en Afghanistan.

    Selon Hanlon, la guerre ne va pas se terminer de sitôt, « mais peut-être que ce n’est pas un problème, compte tenu de la modestie relative en étendue et en risques de ce qu’est devenue la mission, et de la façon dont elle restera modeste même si le président Trump ajoute au mélange plusieurs milliers de soldats supplémentaires ».[souligné par moi].

    David Petraeus, général deux étoiles durant l’invasion américaine de l’Irak en 2003, avec le Lt. Gen. William S. Wallace.

    « Une augmentation de plusieurs milliers de soldats U.S. et de l’OTAN en Afghanistan », dit O’Hanlon, « a une solide logique derrière elle ».

    L’enthousiasme déplacé pour envoyer davantage de soldats en Afghanistan repose en bonne partie sur une foi quasi religieuse dans la doctrine anti-insurrectionnelle, souvent évoquée comme étant la clé du (prétendu) « déploiement réussi » du général David Petraeus en Irak en 2007.

    Cependant comme l’a souligné l’historien et colonel de l’armée en retraite Andrew Bacevich, le COIN a « permis aux représentants civils et aux responsables militaires de prétendre avoir réaffirmé un degré de contrôle sur une situation dans laquelle ils n’en avaient aucun ».

    [Sur la raison pour laquelle le mythe du « déploiement réussi » est tellement populaire dans le Washington officiel, cliquez ici.]

    Avoir échoué selon leurs propres modalités, qui étaient d’arriver à un degré de stabilité politique en Irak et en Afghanistan, les partisans du COIN persistent néanmoins.

    De fait, l’expert en contre-insurrection et ancien président du CNAS John Nagl était cité dans le Times, posant la question« quelle est l’alternative ? » à propos de l’augmentation du nombre de soldats proposée par McMaster.

    En réalité, il y a des alternatives (il y en a toujours). C’est juste que celles-ci ne tendent pas à avoir l’appui institutionnel des communautés politiques/think tanks de Washington qui ne leur donnent que rarement de l’audience ou de la considération, parce qu’elles sont profondément compromises avec les investisseurs de l’industrie de la défense.

    Par exemple, les professeurs Stephen Walt et John J. Mearsheimer ont proposé la stratégie parfaitement raisonnable de la « stabilisation au large » qui délaisserait l’usage des forces U.S. au sol au profit d’une force « au delà de l’horizon » qui servirait de dissuasion à la montée de potentiels dominants régionaux tout en « évitant l’ingénierie sociale et en minimisant la présence militaire des États-Unis ».

    Selon Walt et Mearsheimer, les États-Unis se sont actuellement engagés à « diffuser la démocratie dans des endroits insolites, ce qui exige parfois une occupation militaire et implique toujours une interférence dans les affaires politiques locales ».

     

    Pensées nouvelles

    Le problème de cette approche – qui, lorsque elle est mise en place, est la plus sérieuse objection au plan de McMaster – est qu’un nombre toujours croissant de bottes sur le terrain « nourrit invariablement le ressentiment nationaliste ».

    Des pilotes d’hélicoptère CH-47 de l’armée CH-47 volent près de Jalalabad, en Afghanistan, le 5 avril 2017. (Photo de l’armée par le Capitaine Brian Harris)

    « En plus d’inspirer les terroristes », écrivent Walt et Mearsheimer, « utiliser le changement de régime pour diffuser les valeurs américaines affaiblit les institutions locales et crée des zones non gouvernées où les extrémistes violents peuvent prospérer ».

    Barry Posen, du MIT, a proposé une stratégie similaire. Dans son livre de 2014 « Restraint : A New Foundation for US Strategy » [« Modération : une nouvelle base pour la stratégie américaine » NDT], Posen observe à juste titre que les objectifs U.S. en Afghanistan sont « probablement inatteignables ».

    Après tout, « malgré tous les entraînements par les États-Unis et l’OTAN », en Afghanistan « l’armée et la police demeurent peu formées, mal armées, quelquefois corrompues, et motivées seulement par intermittence ».

    Que faire ? Envoyer plus de soldats, comme le suggèrent Mattis et McMaster ?

    Non : le plan d’action le plus judicieux serait pour les États-Unis de modérer leurs objectifs ce qui, selon Posen, « signifie revoir le plus tôt possible à la baisse le projet américain de contre-insurrection et de construction d’une nation en Afghanistan ».

    Comme la dernière itération du débat sur la contre-insurrection démarre cette semaine, le temps de considérer des alternatives sérieuses à l’actuelle stratégie américaine (en échec) en Afghanistan est venu.

     

    James W Carden est un contributeur de The Nation et un éditeur de La Commission américaine pour l’entente Est-Ouest (eastwestaccord.com).

    Il a précédemment été conseiller sur la Russie auprès du Représentant spécial pour les relations inter-gouvernementales au Département d’État des États-Unis.

     

     

    Source : James W. Carden, Consortium News, 05-06-2017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    23
    Juil
    2017

     

    Source, Bouger les lignes, C. Galactéros, 19-07-2017

    Massoud Barzani a annoncé un référendum d’autodétermination du Kurdistan irakien qui se tiendra en septembre.

    «Les hommes raisonnent toujours avec une ‘guerre de retard’. Tel est le constat tristement lucide de Marc Bloch dans L’étrange défaite»,rappelait il y a quelques jours le Général Pierre de Villiers, indûment “rappelé à l’ordre” par une salve d’autoritarisme présidentiel aussi outrancière que narcissique face à un grand serviteur de l’Etat qui n’avait fait que son devoir.

     

    Le CEMA en tire les conséquences et tire sa révérence aujourd’hui en complète cohérence et dans l’honneur. Le tout jeune locataire de l’Elysée se prive d’un conseiller de grande valeur en une période cruciale où la France doit reprendre sa place dans un concert international en pleine recomposition au sein duquel ses partis pris dogmatiques et naïfs et ses renoncements l’ont gravement marginalisée, et alors que ses adversaires les plus radicaux sont très loin de désarmer en dépit de quelques reculs.

     

    Notre nouveau président paraît n’avoir pas pris la mesure (ou alors la craint-il à ce point qu’il veut l’ignorer ?) de l’état réel de son “outil militaire” et semble pour l’instant plus comptable que stratège, meilleur dans la gestion des symboles que dans la réforme de la réalité.`

    “Jupitérien” autoproclamé, il devrait pourtant comprendre qu’un foudre émoussé ne fait pas trembler.

    Il devrait surtout être profondément reconnaissant à son chef d’état-major des armées – dont il est, nul n’en disconvient, le chef, et donc le protecteur comme il se doit aussi de protéger grâce à elles ses concitoyens – d’avoir eu le courage de l’alerter sur les conséquences opérationnelles de ses décisions budgétaires et de lui offrir son soutien conséquent au lieu de de se taire contre une enviable gamelle.

     

    Son successeur, le Général François Lecointre, est lui aussi un homme de haute valeur humaine et morale et non moins courageux, à l’image de l’assaut qu’il mena, le 27 mai 1995, sur le pont de Sarajevo.

    Gageons qu’il saura lui faire entendre raison sur cet impératif de cohérence entre les moyens et les missions, entre le budget et la crédibilité, entre l’affirmation régalienne et la défense concrète de l’une de ses pierres d’angle.

    Sachons en tout cas entendre et méditer les mots de Pierre de Villiers, alors que “la victoire” dans la bataille de Mossoul résonne bien hâtivement comme celle des forces progressistes contre le djihadisme international.

    S’il faut bien sûr saluer la persévérance des forces irakiennes, qui ont subi de lourdes pertes dans cette bataille urbaine contre des djihadistes que rien n’arrêtait, force est de constater que les leçons politiques de cette victoire sont très loin d’être tirées.

    «Rien de durable ne se fonde sur la force». Notre ancien CEMA a encore raison lorsqu’il cite le Maréchal Lyautey, premier Résident général du Protectorat français au Maroc en 1912, qui déclarait par ailleurs :

    «Tous les officiers savent s’emparer d’un village à l’aube ; moi, je veux des officiers qui sachent s’emparer d’un village à l’aube et y ouvrir le marché à midi». Et Pierre de Villiers de conclure l’une de ses dernières lettres : «Je rappellerai simplement les mots que le général de Gaulle a prononcés, le 10 mai 1961, à l’occasion du transfert des cendres du maréchal Lyautey, du Maroc aux Invalides : «L’avenir n’est nulle part ailleurs que dans le développement».

    Autrement dit, il ne peut y avoir de sécurité sans développement, ni de développement sans sécurité. C’est le prix à payer pour une paix durable, une paix d’avance».

     

    Quelle est cette guerre de retard qui pourrait couver en Irak et dont notre regard obstrué et porté à fanfaronner ne verrait pas les prémisses?

     

    Sommes-nous prêts à rouvrir des marchés dans les cités irakiennes libérées?

    Mon inquiétude se porte naturellement vers l’erreur de cible que nous commettons en confondant le droit et la morale.

    Que l’Etat islamique soit “moralement” l’ennemi absolu, cela va de soi et il est bon de le rappeler dans un monde occidental gagné par le relativisme des valeurs lorsqu’il s’agit d’oser honteusement évoquer la dérive de cultures que la colonisation aurait bafouées.

    Politiquement en revanche, l’Etat islamique n’est pas le cœur du cyclone. Ou s’il l’est, c’est précisément comme le cœur du cyclone, c’est-à-dire d’un point de vue physique, comme un centre qui serait vide mais autour duquel tout tournerait, de plus en plus vite à mesure que l’on s’en rapprocherait.

    Car politiquement, le problème essentiel en Irak n’est pas l’Etat islamique, mais les rapports de force politiques, économiques et culturels qui ont présidé à l’apparition d’un tel monstre et l’ont nourri.

    Or, de ces facteurs exacerbés par le néoconservatisme américain après l’invasion de 2003, aucun n’est véritablement stabilisé.

    Au contraire, avec l’échec de la territorialisation de Daech et la perte relative et momentanée de prestige idéologique qu’entraîne son reflux dans le désert le long d’un corridor irako-syrien bordant l’Euphrate, risquent de resurgir les déséquilibres d’un Irak qui n’a d’unitaire que son nom.

     

    Le Kurdistan irakien, loin du romantisme révolutionnaire

    Je pense particulièrement à la question kurde, malheureusement prise dans les rets médiatiques d’un romantisme mâtiné de morale, tentation qui permet d’éviter d’aborder le sujet dans toute sa complexité.

    Rappelons qu’à partir de 2014, le Kurdistan irakien a d’abord combattu Daech avec parcimonie et prudence, sinon avec légèreté, et que les Peshmergas n’ont guère cherché à endiguer l’expansion du Califat, se bornant à sanctuariser leur propre territoire.

    Les minorités Yézidis s’en souviennent encore, qui doivent davantage leur salut  aux Kurdes du PKK et à leurs alliés syriens du PYD qu’aux Peshmergas irakiens.

    Le gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK), dirigé par le clan de Massoud Barzani et son Parti démocratique du Kurdistan(PDK), est proche de la Turquie de Recep Erdogan – pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons – et a pratiqué dans une certaine mesure vis-à-vis de Daech les mêmes fluctuations d’humeur et nuances dans la complaisance qu’Ankara.

    En réalité, le GRK ne s’est vraiment frotté à Daech que dans un second temps, pour étendre son contrôle aux «territoires disputés» irakiens, c’est-à-dire aux territoires de sang mêlé entre Arabes et Kurdes, dont le sort n’avait pas été scellé par la Constitution irakienne de 2005 qui prévoyait qu’un référendum devait avoir lieu… avant le 31 décembre 2007.

    Les “territoires disputés” entre Bagdad et Erbil en Irak.

    Un tel référendum n’a pas eu lieu sur ces terres originellement kurdes que le régime de Saddam Hussein avait progressivement arabisées.

    Alors que le GRK étend constitutionnellement son pouvoir sur trois provinces de l’Irak, il a repris dans les faits la majeure partie des «territoires disputés» des mains de l’Etat islamique, s’étendant désormais sur quatre autres provinces. Au cœur de ces «territoires disputés», figurent notamment la région de Sinjar (à l’ouest de Mossoul) et celle de Kirkouk (au sud-est de Mossoul).

     

    Référendum d’indépendance au Kurdistan : “pourquoi pas maintenant ?”

    Du reflux de Daech, Erbil entend donc tirer profit et appuyer de tout son poids dans la balance pour retourner en sa faveur l’équilibre précaire qu’il entretient avec Bagdad.

    C’est dans cet état d’esprit qu’il faut comprendre l’annonce faite début juin par le leader du GRK, Massoud Barzani, de la tenue le 25 septembre d’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan qui, d’après ses dires, pourrait englober les «territoires occupés», même s’il estime que ceux-ci feront l’objet d’une négociation avec Bagdad.

    «Pourquoi pas maintenant ?»

    C’est ainsi que M. Barzani a répondu à la question de savoir pourquoi il avait choisi cette date.

    Énigmatique, le leader kurde n’est guère allé plus loin dansl’explication qu’il a donnée sur France 24 le 21 juin 2017, deux semaines après l’annonce de la tenue d’un tel référendum, sinon en se référant à une logique de légitimation politique découlant de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes certes parfaitement estimable, mais qui ne saurait être décisive à elle seule.

    Massoud Barzani, interview de France 24 du 21 juin 2017

    Je vous propose donc un dossier de fond sur cette question épineuse du Kurdistan irakien car le «pourquoi pas maintenant?» de M. Barzani n’est évidemment pas une réponse satisfaisante. En réalité, plusieurs niveaux d’analyse s’entremêlent pour comprendre l’opportunité qu’a voulu saisir le leader kurde.

    • Le premier niveau d’analyse est d’ordre strictement géopolitique.
    • La Turquie, l’Iran et les puissances sunnites du Golfe observent avec attention les tribulations des Kurdes en Irak et souhaitent se servir de leurs velléités indépendantistes comme d’un effet de levier ou, au contraire, comme d’une menace à contenir.
    • De leur côté, les Etats-Unis et la Russie souhaitent servir d’arbitres internationaux pour conserver leur influence régionale et chacun marquer des points dans le duel qui les oppose.
    • Sur ce premier niveau d’analyse vient se superposer une guerre des hydrocarbures dans cette région kurde riche en pétrole.
    • Enfin, ne doivent pas être oubliés les rapports de force qui se dessinent à l’intérieur du Kurdistan irakien entre les deux clans historiques, celui de Massoud Barzani et de son Parti démocratique du Kurdistan (PDK) d’un côté, et celui de Jalal Talabani et de son Union patriotique du Kurdistan (UPK) de l’autre.

    Ces trois niveaux d’analyse sont par nature intriqués.

     

    Erbil veut plus d’autonomie pour exporter son pétrole

    Remontons un peu en arrière.

    En 2003, les Américains envahissent l’Irak et perçoivent très bien l’opportunité d’une plus grande autonomie du Kurdistan irakien qui s’étend dans le Nord-Est du pays.

    C’est s’assurer qu’au moins cette partie du territoire, riche en pétrole, ne tombera pas sous la coupe idéologique de l’islamisme radical.

    Eu égard aux souffrances que les Kurdes ont endurées sous le régime de Saddam Hussein, c’est aussi pour Washington le moyen de s’assurer à peu de frais de la présence d’un allié fiable et de constituer une base avancée militaire en Irak alors que le gouvernement de Bagdad, à dominance chiite, n’est pas insensible à l’influence de l’Iran voisin, qui lui souhaite s’appuyer sur le nouvel Irak pour réaliser son «arc chiite», que nous évoquions dans un récent dossier de fond du blog.

    Ce sont entre autres ces raisons qui ont poussé Washington à ériger en 2005 une constitution irakienne qui fait la part belle aux aspirations kurdes en établissant un Kurdistan irakien autonome au sein d’un Irak fédéralisé.

    L’une des questions essentielles concernait l’autonomie financière de cette région, traditionnellement appuyée sur l’agriculture, mais riche d’un peu moins du tiers des réserves de pétrole irakiennes (45 milliards de barils sur 140).

    Dans la Constitution, la solution retenue a été la suivante: le gouvernement régional du Kurdistan ne pouvait exporter directement de pétrole à l’étranger, en échange de quoi le gouvernement central de Bagdad s’engageait à reverser 17% du budget fédéral à Erbil (correspondant à sa quote-part de la population nationale).

    La réalité était toutefois plus complexe. L’article 112 de la Constitution irakienne disposait en effet que le Parlement irakien devait passer une loi relative à la répartition de l’exploitation et des revenus des hydrocarbures.

    En l’absence d’une telle loi nationale, les lois régionales du Kurdistan irakien devaient prévaloir. Le parlement de Bagdad n’ayant jamais voté une telle loi, le Parlement kurde a voté en 2013 la loi n°5-2013 dite de « compensation financière de la région du Kurdistan » qui disposait qu’en cas de non-distribution des 17% du budget fédéral, Erbil s’autorisait à garder les revenus de la vente du pétrole. La guerre pétrolière était engagée.

    Déjà, dès 2011, selon une excellente analyse de Slate, «la société américaine Exxon Mobil avait reçu du KRG, sans l’aval de Bagdad, l’autorisation de prospecter son sous-sol, suivie de près par Total, Chevron et Gazprom».

    En mai 2014, après le passage de la loi kurde de l’année précédente sur la répartition des revenus du pétrole, la Turquie a annoncé que, pour la première fois, elle avait exporté du pétrole kurde irakien, là encore sans l’aval de Bagdad. Un rapport de novembre 2014 du ministère kurde des Ressources naturelles, cité dans Slate, notait que «le KRG avait exporté seul, en six mois, pour 2,3 milliards d’euros de brut».

    La réaction de Bagdad fut immédiate : le gouvernement central réduisit puis bloqua le transfert des 17% du budget fédéral qu’il devait à Erbil, ce qui l’arrangeait car, en pleine guerre avec Daech, il n’avait guère les moyens de payer les fonctionnaires kurdes.

     

    L’alliance paradoxale entre le Kurdistan irakien et la Turquie

    On comprend dès lors mieux par pourquoi les Kurdes irakiens se sont lancés dans une alliance apparemment contre nature avec les Turcs.

    Les Turcs leur fournissaient une route d’exportation pour leur pétrole, d’autant que le GRK ne dispose pas de suffisamment de raffineries.

    Depuis 2013, Erbil a d’ailleurs dû plusieurs fois importer du pétrole raffiné de Turquie…

    En face, Ankara voit d’un bon œil le clan de Massoud Barzani qui est l’ennemi juré des Kurdes turcs du PKK, qui utilisent comme base arrière de leurs agissements les monts du Qandil au Nord-Ouest de l’Irak.

    Le pétrole en Irak

    La région «disputée» de Kirkouk, que tiennent actuellement les Peshmergas du KRG,  est particulièrement riche en pétrole. Le Kurdistan irakien, s’il devait être indépendant de Bagdad, ne pourrait pas l’être sans ces terres d’hydrocarbures.

    Dans sa négociation avec le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, Massoud Barzani sait que Kirkouk constitue une prise de guerre d’une valeur inestimable. D’aprèsIntelligence Online, le gouvernement irakien aurait d’ores et déjà installé des bases militaires au Sud de Kirkouk, sous le commandement de Faleh al-Fayad, le conseiller à la sécurité du Premier ministre irakien.

    Le vieux leader kurde sait également qu’il ne peut aller trop loin et que l’indépendance pure et simple de son «pays» n’est pas envisageable en l’état.

    Aucun pays occidental ne le soutient dans cette voie. Son précieux allié, la Turquie, considère que l’indépendance est la ligne rouge à ne pas franchir.

    Que Barzani soit un allié à la fois pour les hydrocarbures et contre le PKK, cela se conçoit au nom des principes élémentaires selon lesquels «le business, c’est le business» et «les ennemis de mes ennemis sont mes amis».

    Mais l’indépendance, pour une Turquie qui a empêché pendant toute son histoire l’émergence d’un tel pays, demeure un casus belli.

     

    Massoud Barzani sait en revanche que le référendum de septembre sera un plébiscite incontesté en sa faveur au sein du KRG et que le «oui» pourrait même l’emporter dans les territoires «disputés» où la gouvernance kurde entreprend un processus vigoureux de kurdisation pour dissuader les populations arabes déplacées par la guerre d’y revenir. Il utilise donc cette perspective comme une arme de dissuasion massive contre Bagdad.

    Comme toute arme de dissuasion massive – c’est parfois leur fragilité – aucun acteur n’a intérêt à ce qu’elle soit employée, à commencer par Barzani lui-même qui, faute de soutien occidental, ne voudrait pas se retrouver opposé en même temps à Ankara et à Bagdad.

    Et ce d’autant plus qu’Ankara et Bagdad ne sont pas les seuls centres régionaux au cœur de cette poudrière. Téhéran joue également un rôle majeur, qui est, comme celui d’Ankara, paradoxal et que nous allons illustrer par un léger détour.

     

    Dans le Sinjar, Kurdes contre Kurdes

    Permettez-moi de quitter un instant le niveau d’analyse macroscopique qui était pour l’instant de rigueur pour adopter une vue microscopique plus éclairante.

    Nous avons parlé de Kirkouk, essentiel à Erbil pour ses réserves d’hydrocarbures. Une seconde zone disputée est d’un intérêt majeur: celle de Sinjar, tout à l’Ouest, au contact avec la frontière syrienne, en l’occurrence avec la frontière Est du Kurdistan syrien, appelé Rojava, tenue par le Parti de l’union démocratique (PYD), qui est à l’origine la branche syrienne du PKK et dont le bras armé, les Unités de protection du peuple (YPG) dominent largement les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par la coalition internationale et donc par Washington, qui sont en train de reprendre la capitale syrienne de l’Etat islamique, Raqqa.

    En rouge, l’Armée irakienne et les milices chiites ; en jaune, les Kurdes ; en gris foncé, Daech. Crédits Photo : ISIS War Map

     

    Nous sommes donc à Sinjar, dans l’Ouest irakien, à proximité du Kurdistan syrien.

     

    Comme l’explique Patrick Backhaus dans leJournal du Dimanche, dans ce désert, c’est le «Far west».

    Et pour cause, maintenant que Daech a été expulsé de cette région, se font face, parfois d’un village à l’autre, les forces syriennes kurdes des YPG (dominées par le PKK) et les Peshmergas irako-kurdes représentant le KRG d’Erbil.

    Le Grand reporter écrit dans le JDD : «Nous sommes en état d’alerte, explique le colonel peshmerga Ibrahim Nawzad, juché sur l’une des dernières positions tenues par les Peshmergas à la sortie de Sinone.

    Nous ne souhaitons pas de confrontation, nous voulons vivre en paix avec eux mais s’ils veulent se battre que pouvons-nous faire?” Et de renchérir : “Désormais ce sont eux, ces hommes du PKK, qui sont notre priorité, avant Daech.”

      Le monde à l’envers! A 700 mètres, sur les premiers toits de Khanassor, on aperçoit le drapeau rouge des YBS qui flotte au vent. A côté, un autre où figure Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK, emprisonné en Turquie».

    On comprend mieux comment de vieilles rivalités, aplanies lors de “la guerre contre Daech”(où les forces Kurdes ont été largement instrumentalisées par la coalition occidentales), réapparaissent : «Côté gouvernemental à Erbil, on accuse le PKK d’être à la manœuvre. “Toutes les organisations présentes ici lui sont fidèles, explique Ashty Kocher, responsable de la sécurité pour la région du Sinjar. Elles ont toutes des noms différents. Il s’en crée de nouvelles chaque jour avec des sigles improbables.

    Mais au final, elles sont toutes des créations du PKK.

    Tous leurs leaders appartiennent au PKK.”

    Et d’enchaîner : “C’est vrai, le PKK nous a aidés à libérer le Sinjar. Mais maintenant il doit s’en aller. C’est une organisation turque, qu’ils aillent se battre en Turquie.

    Nous aussi nous les avons aidés à Kobané en Syrie quand Daech était là-bas. Nous n’y sommes pas restés pour autant. Nous voulons vivre en paix avec eux, nous ne voulons pas de conflit avec le PKK. Mais nous voulons aussi maîtriser nos frontières».

     

    Le drôle de jeu kurde des Iraniens

    D’après Patrick Backhaus, le KRG de Barzani ne contrôlerait en réalité que 11 km de la frontière avec la Syrie, contre plus de 30 km pour les YPG.

    Du côté des Kurdes syriens, on dénonce l’alliance entre Barzani et Erdogan.

    Du côté des Kurdes irakiens, on dénonce une drôle d’alliance, entre les Kurdes syriens… et l’Iran ! Téhéran à la manœuvre en faveur du PKK, alors que le régime des Mollah subit la rébellion de ses propres Kurdes, affiliés au PKK via l’organisation PJAK, et qu’il est le soutien de Bagdad pour que les chiites maintiennent leur position de force en Irak ? Les faits sont pourtant là.

    Les contacts entre le PKK et les Iraniens sont avérés, illustrés par les informations rapportées par Intelligence Online qui nomme certains chefs pro-iraniens du PKK comme Cemil Bayik, Duran Kalkan ou le responsable du renseignement, Mustafa Kurso, qui s’opposent tous trois à la ligne plus conservatrice du leader historique du PKK, Abdullah Öcalan, lequel, emprisonné en Turquie depuis 1999, s’oppose à un rapprochement avec la Force Al-Qods (unités de projection des Gardiens de la Révolution) dirigée par le Général Qassem Suleimani.

    Öcalan cherche à négocier un accord avec Ankara tandis que les opposants à une telle stratégie de conciliation gagnent du terrain et s’appuient sur Téhéran.

    Les PKK pro-iraniens ont quant à eux négocié avec Téhéran le déploiement de 3.000 combattants dans la région de Sinjar mentionnée dans l’article du JDD, les Pasdarans iraniens allant jusqu’à les financer, les former et leur délivrer des drones.

    Et… où avaient donc lieu de telles négociations kurdo-iraniennes ? Dans la ville de Suleimani, au Kurdistan irakien, dans le fief du clan Talabani, qui contrôle l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), rival historique du clan Barzani, au pouvoir dans le GRK.

    Dans sa lutte avec ce dernier, l’UPK se rapproche donc de Téhéran et est par ailleurs en bons termes avec le gouvernement central de Bagdad.

    Dans la région du Sinjar enfin, les Kurdes du PKK et du PYD, ainsi que les Yézidis locaux, ne seraient pas seuls face aux Peshmergas.

    Les forces de la Mobilisation populaire, qui regroupent les différentes milices chiites irakiennes obéissant directement à Téhéran, seraient également de la partie, au grand dam des Peshmergas.

     

    Le corridor iranien vers la Méditerranée et “l’axe chiite”

    Pourquoi une telle politique iranienne ? La première raison est le soutien américain sans faille au Kurdistan irakien de Massoud Barzani, qui sert de base avancée à l’US Army.

    Alors que Donald Trump, comme il l’avait annoncé dans sa campagne, souhaite «endiguer l’Iran» après avoir battu Daech, cet anti-américanisme des Mollahs se comprend aisément.

    Une seconde raison est moins défensive qu’offensive. L’Iran pense aussi s’appuyer sur cette région du Sinjar et sur ses bonnes relations avec le PKK pour sécuriser sa route terrestre vers la Méditerranée qui concrétise le désormais fameux «croissant chiite» popularisé par le roi de Jordanie dès 2001.

     

    Dans une note publiée par le C2FR en décembre 2016, l’ancien officier du renseignement Alain Rodier écrivait : «Cette politique a aussi un objectif stratégique, l’établissement d’un corridor reliant l’Iran à la Méditerranée, qui devrait se concrétiser par la construction d’une base navale sur la côte syrienne ce qui permettrait à la marine iranienne d’assurer une présence permanente en Méditerranée.

    A noter que Téhéran souhaite aussi ouvrir une base navale au Yémen, sur la côte bordant la mer Rouge, région contrôlée par les rebelles houthis et les partisans de l’ancien président Ali Saleh».

    La route terrestre iranienne vers la Méditerranée et ses tracés. Crédits Photo : The Guardian

    Dans son scénario, le corridor iranien passerait en Irak d’abord par la région de Diyala puis longerait le sud et l’ouest de Mossoul (une zone où les milices chiites de la Mobilisation populaire sont actuellement très présentes) avant de s’enfoncer vers Tal Afar puis le Sinjar. Il rejoindrait alors la Syrie.

    Dans sonarticle, Alain Rodier imaginait que la route terrestre passerait ensuite en Syrie par le «Rojava», c’est-à-dire le Kurdistan syrien, influencé par le PKK turc, qui traverse le pays d’Est en Ouest, pour rejoindre enfin la région alaouite de Lattaquié, fief du clan Assad, où le port de Tartous fait le bonheur de Moscou.

    Ce trajet était logique au regard de l’influence croissante de Téhéran auprès du PKK.

     

    La réaction des Etats-Unis en Syrie fait changer Téhéran d’orientation

    Mais depuis, les Américains se sont encore davantage rapprochés des Kurdes syriens du PYD dans la mesure où leurs bras armés, les YPG, dominent très largement les Forces démocratiques syriennes (FDS), utilisées par Washington pour vaincre Daech dans l’Est syrien et reprendre sa capitale régionale, Raqqa.

    Comme le Kurdistan irakien en son temps, le Kurdistan syrien pourrait bien être vassalisé par les Etats-Unis, s’attirant les foudres de tous ses voisins régionaux, à commencer par la Turquie, mais aussi l’Iran, le régime syrien et, pour d’autres raisons, les fondamentalistes islamistes. Le «corridor» iranien passant par le Rojava a donc du plomb dans l’aile.

    En rouge, l’armée syrienne et les milices chiites ; en vert, les rebelles ; en gris foncé, Daech. Crédits Photo : Syria War Map

    Ce contexte permet aussi de comprendre l’engagement massif de Téhéran et de ses milices chiites dans le Sud et l’Est de la Syrie (en direction de Deir Ezzor) pour pousser l’Armée syrienne de Damas à court-circuiter les FDS venant du Nord et les rebelles islamistes soutenus par les Etats-Unis et la Jordanie venus du Sud, de sorte à s’emparer en premier de la frontière irakienne.

    La Syrie que l’on appelait jusqu’ici «inutile» en opposition à la Syrie côtière et peuplée dite «utile» depuis le début du conflit, devient soudainement stratégique.

    Nous avons déjà consacré un dossier de fond à cette question. La problématique reste la même et l’intérêt de la région du Sinjar tout aussi permanent.

    Car pour rejoindre Deir Ezzor, les Iraniens peuvent certes passer par le Sud de la Syrie, où l’Armée de Bachar al-Assad a déjà rejoint l’Armée irakienne, encerclant la base américaine d’Al-Tanef, mais la situation demeure critique, d’autant plus que le proto-Etat Daech, certes territorialement en déliquescence, détient toujours un corridor le long de l’Euphrate.

    Pour Téhéran, le meilleur chemin ne passerait donc pas par le Sud de la Syrie, mais par l’Est, via la ville syrienne de Deir Ezzor, dont la partie ouest, toujours sous contrôle du régime, est encerclée depuis 2012 par l’Etat islamique.

     

    L’Armée syrienne ne cesse cependant de s’en rapprocher à la fois depuis Palmyre où elle est aux portes d’As-Sukhnah, et depuis le Nord via la route d’Alep, en contournant Tabqa, ville du barrage al-Assad, reprise par les FDS.

    L’Armée syrienne arrivera très probablement à Deir Ezzor avant les Kurdes. Au grand dam de Washington, car le régime de Bachar al-Assad, répondant aux intérêts iraniens, réussira à rétablir dans son pays un corridor chiite d’Ouest en Est.

    Les Iraniens pourront donc passer de la région irakienne de Sinjar à celle syrienne de Deir Ezzor avant de rejoindre la côte méditerranéenne.

    Cette route passant par la Syrie du régime de Damas et non par le Rojava kurde est certainement une meilleure solution pour Téhéran qui n’a jamais cherché – depuis des siècles d’ailleurs – à aller trop en avant sur les marches de son rival turc.

    Vis-à-vis d’Ankara, Téhéran fait preuve d’une certaine rivalité, certes, mais d’abord de beaucoup de prudence, et Ankara lui rend bien cette cette circonspection.

    Mais le succès de cette manoeuvre iranienne et cet équilibre prudent recherché par Ankara et Téhéran mettent à mal les calculs des stratèges washingtoniens….

     

    Washington dispose d’une marge de manoeuvre étroite

    Ce tableau régional ne serait pas complet sans le rôle des Etats-Unis et de la Russie.

    Sur ce point, Washington a très clairement utilisé l’atout kurde pour venir à ses fins en Irak et en Syrie.

    Sur le plan militaire, le soutien militaire américain tant aux YPG qu’aux Peshmergas est sans appel. Ils en ont profité, en Syrie, pour ériger des bases militaires (récemment au Nord de Raqqa) qui pourraient demeurer encore longtemps.

    Ils y auraient déployé, comme à Al-Tanef, à la frontière jordanienne, des lance-roquettes multiples High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS) dont la portée – 300 km – pourrait être une menace sérieuse pour le régime syrien, si la présence militaire russe n’était pas proportionnée pour créer un équilibre régional.

    Au Kurdistan irakien, la présence militaire américaine est quant à elle installée dans le temps long depuis 2005, plus encore depuis les préparatifs de la bataille de Mossoul.

    Mais ce soutien aux Peshmergas motivé par la lutte contre Daech et l’endiguement de l’Iran pourrait indisposer certaines puissances régionales comme la Turquie et les Etats concernés, à Bagdad et à Damas.

    De manière générale, la marge de manœuvre des Etats-Unis – dont les positions au Moyen-Orient sont très tranchées, surtout depuis l’élection de Donald Trump, avec un axe net Washington-Riyad-Tel-Aviv – pourraient être de facto assez limitée.

     

    Rosneft au Kurdistan, l’atout énergétique de Moscou

    A l’inverse, l’intervention russe en Syrie, directe mais prudente, n’a pas entraîné Moscou dans un scénario afghan d’enlisement que beaucoup espéraient.

    Au contraire, le Kremlin pratique le réalisme pragmatique intégral, qui s’appuie sur une certaine fermeté, mais également sur une grande plasticité, ce qui lui permet de continuer à discuter avec les pays arabes du Golfe, Israël ou la Turquie tout en défendant mordicus l’Iran et le régime syrien.

    De même, Moscou soutient le régime central de Bagdad, mais sait également s’associer aux Kurdes irakiens du clan Barzani.

    Il faut rappeler sur ce point que les Russes ont très souvent utilisé la carte kurde dans leur histoire, pour endiguer l’Empire ottoman par exemple, ou pour gêner, pendant la Guerre froide, l’Iran pro-américain du Shah.

    Depuis la chute de l’URSS, la proximité russe était surtout grande avec le PKK turc pour dissuader la Turquie d’aider les rebelles islamistes en Tchétchénie. Le soutien russe au PYD pendant la crise russo-turque de 2015 en témoignait encore récemment.

    Récemment, sur ce point, il faut citer un signal faible passé largement inaperçu,la signature par Rosneft d’un accord pétrolier au Kurdistan irakien.

    Du 1er au 3 juin, le KRG était représenté au Forum économique de Saint-Pétersbourg (le Davos russe). Le 2, le Premier ministre kurde a signé un accord avec Rosneft pour 20 ans.

    Selon ses termes, la Russie devrait acheter du pétrole kurde – 1 million de barils par jour – et le raffiner en Allemagne. Elle devrait à cet effet investir 3 milliards de dollars dans le territoire du KRG.

    Selon Jabbar Kadir, ancien conseiller du premier ministre kurde Barham Salih, « les Russes voient les Kurdes comme des acteurs-clés dans la future région » car « la Russie croit que l’Irak sera divisée, sinon en trois Etats, du moins en trois régions fédérales».

    « C’est pourquoi la Russie a ralenti ses travaux avec le gouvernement central.

    Si Bagdad s’oppose à l’accord, le KRG et les Russes leur diront : ‘Vous passez des accords avec les Américains. Ils font des explorations pétrolières dans la région kurde, nous faisons la même chose», ajoute-t-il avant de préciser : « On ne peut pas ignorer les ramifications politiques de tout ceci. Jusqu’à maintenant, la Turquie parvenaient à diriger les affaires pétrolières du Kurdistan et à imposer ses propres conditions. Ce ne pourra plus être le cas avec Rosneft.

    C’est pourquoi c’est un point de repère de l’accord pour le futur du Kurdistan ».

     

    On voit apparaître la stratégie de Moscou.

    Alors que les Etats-Unis seront isolés en Syrie avec leur futur Kurdistan syrien sur les bras, rejeté par tous les acteurs régionaux, tandis que la Turquie, l’Iran et la Russie trouveront un terrain d’entente plus ou moins franc en Irak, la Russie fait son grand retour pour peser face à Washington, profitant de sa relation particulière avec la Turquie et l’Iran.

    Car, là est peut-être le nœud de l’histoire, à la fois stratégique et énergétique, que nous évoquions dans notre dossier de fond sur le Qatar : Washington est en train de perdre la bataille des hydrocarbures au Moyen-Orient face à un étonnant quatuor Turco-Irano-Qataro-russe piloté à Moscou.

    La coopération irano-qatarie pour le gisement gazier de South Pars tout comme le pipeline russo-turc Turkish Stream en sont les deux marques principales.

    L’accord entre le KRG et Rosneft doit se comprendre dans le sillage de ce réalignement énergétique au Levant.

    Tout ceci, Massoud Barzani ne le sait que trop bien. Néanmoins, ce jeu de billard à plusieurs bandes est une poudrière tant l’équilibre des intérêts est complexe et donc fragile.

     

    Le moindre incident peut déclencher les hostilités et déstabiliser les alliances de circonstance. Un point ne saurait être mésestimé : Daech est certes repoussé dans le désert, mais pour le déloger de ses places fortes, les dégâts occasionnés ont été considérables sur les terres sunnites d’Irak.

    A l’image de Mossoul, ce ne sont plus que ruines et insondable détresse humaine.

     

    La rivalité entre Chiites et Kurdes pourrait détourner les grands acteurs de l’objectif ultime souhaitable que le Maréchal Lyautey avait pointé en son temps.

    Qu’en sera-t-il du développement de la troisième partie d’Irak, sunnite, celle dont Mossoul pourrait justement être la capitale, celle dont a émergé Daech ?

     

    Car si un équilibre des rapports de force régionaux n’est pas (re)constitué en Irak, la guerre civile sera inéluctable. Errare humanum est, sed perseverare diabolicum.

     

     Source, Bouger les lignes, C. Galactéros, 19-07-2017
     
    Source et Publication:  http://www.les-crises.fr/les-kurdes

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    Les islamo-terroristes de Fateh el-Cham hissent le drapeau blanc face à l’offensive du Hezbollah !
     

    Les islamo-terroristes de Fateh el-Cham hissent le drapeau blanc face à l’offensive du Hezbollah !

     

    Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait lancé il y a une semaine un avertissement aux jihadistes implantés dans le jurd de Ersal, à la frontière syro-libanaise, estimant qu’ils représentaient « une menace pour tout le monde, y compris les réfugiés syriens » et affirmant qu’il « était temps de mettre fin à cette menace ».

    Et vendredi 21 juillet, le Hezbollah a lancé une vaste opération militaire contre le Front Fateh el-Cham dans cette zone.

    En effet la frontière syro-libanaise est utilisée par ces islamo-terroristes, anciennement affiliés à al-Quaeda, pour faire passer des armes et de nouveaux combattants vers la Syrie.

    Tous ces jihadistes et autres « égorgeurs modérés », soutenus implicitement par les opérations de bombardements de la coalition américano-saoudienne en Syrie, se servent également de camps de réfugiés déployés dans la région pour se cacher de l’armée libanaise et y recruter de nouveaux membres.

     

    Et les résultats de l’offensive lancée dans la Békaa ne se sont pas fait attendre même si des éléments jihadistes du groupe État Islamique sont venus prêter main-forte au Front Fateh el-Cham.

    Les combattants du parti chiite ont pris le contrôle de trois positions aux terroristes à Wadi Daqiq et Wadi Zaarour, situés au sud-est de Ersal, ainsi que de la position de Teftnaz, sur Jabal Kanzah, dans la partie-sud du jurd de Ersal alors que les lignes arrières islamistes dans le secteur de Wadi Oueïni étaient également bombardées.

    Un peu plus tard le parti chiite avait pris le contrôle du point stratégique de Dahr el-Houwa et de la plaine de Rahoué ouvrant la voie à une avancée vers Wadi el-Khail et Wadi el-Deb, dans le jurd.

    De nouvelles avancées du Hezbollah étaient rendues possibles samedi grâce au soutien aérien de l’aviation syrienne qui bombardaient intensément le jurd de Ersal dans la nuit et l’après-midi.

    Ainsi, les jihadistes ont déjà perdu le contrôle d’une grande partie du terrain aride qu’ils contrôlaient entre la Syrie et le Liban au profit du Hezbollah et de l’Armée syrienne !

    Dans la soirée, l’armée libanaise, jusque-là en retrait, est passée à l’action après avoir sécurisé dans l’après-midi le périmètre d’Ersal, afin de protéger les civils, et a utilisé la force pour repousser des tentatives nocturnes d’infiltration de jihadistes par des bombardements.

    Le ministre libanais de l’Intérieur, Nohad Machnouk, a, quant à lui, présidé une réunion du conseil de sécurité nationale afin d’examiner les derniers développements de la bataille, alors que le président Michel Aoun était tenu informé de manière constante de la situation.

    Samedi, dans les milieux libanais favorables au régime du président syrien Bachar el-Assad, on évoquait une éventuelle coopération entre les armées libanaise et syrienne, au même titre que la coopération des militaires libanais avec le Hezbollah.

    Mais cette collaboration est rejetée pour l’instant par les responsables libanais hostiles au régime syrien. 

    Quoi qu’il en soit, depuis samedi, les djihadistes du Fateh el-Cham déposent leurs armes et se rendent en masse aux combattants du Hezbollah.

    « Plusieurs unités du Front al-Nosra ont hissé le drapeau blanc à proximité de la plaine d’al-Heil dans la région montagneuse d’Ersal » selon un responsable du mouvement chiite de résistance libanaise prêtant mai forte à l’Armée syrienne contre la subversion islamo-terroriste des deux côtés de la frontière.

    Une fois les combattants de Fateh el-Cham liquidés, leurs positions étant les plus proches de la frontière libanaise, les forces qui mènent l’offensive pourront avancer vers les positions de Daech, plus en profondeur dans le jurd, et qui contrôle une superficie cinq fois plus grande que celle de Fateh el-Cham.

    En avant vers la victoire !

    https://www.jeune-nation.com/actualite/actu-internationale

     


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     JUSTE UN RAPPEL !  REVUE DE PRESSE !
     
     
     
    24
    Juil
    2017

     

    Source : Jonathan Marshall, Consortium News, le 09-06-2017

    Les désastres liés à la politique de « changement de régime » de l’administration Obama propagent la violence terroriste en Europe, mais ils sont à l’origine de bien plus de carnages dans ces deux pays touchés par cette tragédie, écrit Jonathan Marshall.

    Les enquêtes policières et la presse ont confirmé que deux des attaques terroristes les plus meurtrières à s’être déroulées en Europe de l’Ouest – les attentats à la bombe et les fusillades coordonnés à Paris de novembre 2015 qui ont fait 130 victimes et l’attentat à la bombe de mai 2017 dans la salle Arena de Manchester en Angleterre, qui en a fait 23 – ont été provoquées par une unité de l’EI basée en Libye, unité du nom de Katibat al-Battar.

    La secrétaire d’État des États-Unis Hillary Clinton évoque, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations Unies, la situation en Syrie (Nations Unies, New York, le 31 janvier 2012)

    Depuis ces attaques, de nombreux analystes, moi y compris, les ont considérées comme une forme de « réaction » à la campagne désastreuse menée pour déposer le dictateur libyen Mouammar Kadhafi en 2011. En transformant la Libye en base-arrière des militants extrémistes radicaux, cette intervention a provoqué en boomerang l’exportation de la terreur vers Europe de l’Ouest.

    Cependant, une critique aussi eurocentrique de l’intervention de l’OTAN laisse dans l’ombre les dommages bien plus graves qu’elle a provoqués en Syrie, où près d’un demi-million de personnes ont trouvé la mort et dont au moins 5 millions des citoyens ont dû s’enfuir depuis 2011. Les dirigeants états-uniens, britanniques et français ont contribué à déclencher, par leur hubris, l’une des plus grandes catastrophes modernes.

    Il y a dix ans, la Libye, loin d’être un sanctuaire pour les opérations des djihadistes extrémistes, était l’un des principaux ennemis de ceux-ci.

    Un rapport de 2008 du département d’État faisait remarquer que « la Libye était un solide partenaire dans la lutte contre le terrorisme ». Il était aussi reconnaissant au régime de Kadhafi « de s’engager avec force dans des actions contre les flux de combattants étrangers », surtout des vétérans des guerres djihadistes en Afghanistan et en Syrie.

    Tous ces efforts ont pris fin en 2011, quand des rebelles armés, qui comptaient, parmi eux, des membres disciplinés d’al-Qaïda et de l’EI, ont demandé l’aide de l’OTAN pour renverser le régime de Kadhafi.

    Les leaders occidentaux n’ont pas prêté attention aux avertissements prémonitoires du fils de Kadhafi, Seif, selon lequel « la Libye peut fort bien devenir la Somalie de l’Afrique du Nord, de la Méditerranée… Vous verrez des millions d’immigrants illégaux.

    La terreur sera à vos portes ». Kadhafi lui-même a prédit« qu’ une fois que les djihadistes auront le contrôle de la Méditerranée … alors il attaqueront l’Europe ».

    Les attaques terroristes qui ont suivi en Europe ont, sans conteste, prouvé la validité de ces avertissements tout en discréditant le prétexte prétendument humanitaire de la guerre illégale en Syrie. Cependant les efforts des djihadistes pour contrôler la Méditerranée ont eu de bien plus graves répercussions, au moins dans le cas de la Syrie.

    Un récent article du New York Times au sujet de la genèse des récentes attaques terroristes en France et en Grande-Bretagne a fait remarquer, en passant, que l’EI de Libye, constitué de « vétérans chevronnés des guerres d’Afghanistan et d”Irak », faisait partie « du premier contingent djihadiste étranger à arriver en Syrie en 2012, au moment où la révolte populaire du pays se changeait en guerre civile de grande envergure et en insurrection islamiste ».

    Un ancien analyste britannique du contre-terrorisme a déclaré au journal : « Certains des mecs les plus dégueulasses d’al-Qaïda étaient des Libyens. Quand je me suis intéressé à l’EI, je me suis rendu compte que c’était la même chose.

    C’étaient les plus durs, les plus violents, ceux qui étaient toujours les plus extrémistes, contrairement aux autres. Les Libyens étaient l’élite des troupes et l’EI savait exploiter leurs caractéristiques ».

     

    La violence extrémiste en Syrie.

    Ces djihadistes libyens ont tiré parti de leur nombre, de leurs ressources et de leur fanatisme pour contribuer à l’escalade du conflit syrien jusqu’à la tragédie que nous voyons maintenant. Le carnage, que nous considérons maintenant comme allant de soi, n’était pas inévitable.

    Le secrétaire d’État, John Kerry, prétend, le 30 août 2013, avoir les preuves de la responsabilité du gouvernement syrien dans l’attaque aux armes chimiques du 21 août 2013, mais ces preuves ou ne se sont pas concrétisées ou ont été, plus tard, discréditées.

    Bien que les manifestations anti-gouvernementales en Syrie du printemps 2011 soient, très vite, presque depuis le début, devenues très violentes, beaucoup de réformateurs et de responsables gouvernementaux se sont efforcés d’empêcher une guerre civile totale.

    En août 2011, les dirigeants de l’opposition syrienne ont déclaré très raisonnablement que les appels aux armes étaient « inacceptables, d’un point de vue politique, national et éthique.

    Militariser la révolution conduirait à sous-évaluer la gravité de la catastrophe humanitaire qu’impliquerait une confrontation avec le régime. La militarisation amènerait la révolution sur un plan où le régime avait un avantage notable et elle saperait la supériorité morale qui avait caractérisé la révolution depuis le début ».

    On l’a oublié aujourd’hui, en général, mais le gouvernement d’Assad a aussi pris des mesures sérieuses pour encourager une désescalade de la violence, comme lever l’état d’urgence, dissoudre l’impopulaire Cour nationale de sécurité, nommer un nouveau gouvernement et organiser un dialogue national avec les leaders de l’opposition.

    Mais le 18 août 2011, les mêmes dirigeants occidentaux qui bombardaient Kadhafi annonçaient au monde : « le temps est venu pour le président Assad de démissionner ». Comme pour fortifier la résolution des militants syriens, les rebelles libyens étaient alors juste en train de conquérir Tripoli avec l’aide de l’OTAN.

    « C’est un signe de mauvais augure pour le président syrien Bachar al-Assad, écrivait le Wall Street Journal. Il y a déjà des signes qui montrent que la Libye inspire les rebelles qui essaient de renverser Assad…

    Les manifestants syriens sont descendus dans la rue pour scander : « Kadhafi ce soir, Assad demain… » Il est fort possible que l’épisode libyen ne serve qu’à intensifier le conflit en Syrie, à la fois en motivant les dissidents et en renforçant la détermination de M. Assad à tenir bon ».

    Le développement du conflit en Syrie n’a pas été une conséquence involontaire de la campagne libyenne, mais une démarche volontaire de l’ambition ancienne des néoconservateurs de « remodeler le Moyen-Orient » en renversant des régimes extrémistes et antiaméricains. Le même article du Wall Street Journalévoquait les buts grandioses de certains interventionnistes de Washington :

    « La nouvelle énergie apportée par le soulèvement libyen pourrait aussi se propager aux autres pays de la région, pas seulement à la Syrie. Les responsables états-uniens espèrent en particulier que cela va donner une nouvelle vigueur à un mouvement de protestation né en 2009 en Iran pour mettre en cause la réélection du président Mahmoud Ahmadimejad…

    La Syrie est depuis 30 ans le plus proche allié stratégique de l’Iran dans la région.

    Selon des responsables états-uniens, les menaces qui pèsent de plus en plus sur le régime d’Assad pourraient motiver les forces démocratiques iraniennes ».

    Bien sûr, au lieu de motiver les démocrates iraniens, le conflit syrien a encouragé les tenants de la ligne dure de l’Iran à envoyer la Garde révolutionnaire et par procuration des forces du Hezbollah chez leur voisin, déstabilisant ainsi davantage la région.

    À la suite de l’horrible meurtre de Kadhafi à l’automne 2011, les extrémistes libyens se sont vite mis à attiser d’autres conflits terroristes, du Mali jusqu’au Moyen-Orient, en utilisant des armes pillées dans les énormes stocks de Kadhafi.

    « La prolifération des armes, provoquée par la fin du conflit libyen, était d’une échelle plus grande que lors de tout autre conflit, probablement dix fois plus d’armes que ce que nous avions vu en Irak, en Somalie et en Afghanistan », a constaté un expert de Human Rights Watch.

    D’après une enquête des Nations Unies, « les transferts d’armes et de munitions venant de Libye ont été parmi les premiers lots d’armes et de munitions à atteindre l’opposition syrienne ».

    Elle souligne aussi que les armes libyennes étaient d’abord destinées à des « éléments extrémistes », pour leur permettre de gagner du terrain et de l’influence aux dépens de groupes rebelles plus modérés.

     

    La propagation de la guerre

    Selon le Daily Telegraph, dès novembre 2011, des seigneurs de guerre islamistes de Libye se sont mis à offrir« de l’argent et des armes aux mouvements de plus en plus importants insurgés contre Bachar al Assad ». Abdoulhakim Belhadj, commandant du Conseil militaire de Tripoli et ancien dirigeant du Libyan Islamic Fighting Group, un allié d’al-Qaïda, a rencontré secrètement, en Turquie, les dirigeants rebelles syriens pour discuter de l’entraînement de leurs troupes. Précisons qu’en 2004, cet homme avait été victime d’un complot de la CIA, qui l’avait kidnappé avant de le rendre à la Libye.

    Le dirigeant destitué Muhammar Kadhafi peu avant son assassinat le 20 octobre 2011.

    Le commandant d’une bande armée libyenne a déclaré à ce journal : « Tout le monde veut aller en Syrie. Nous avons libéré notre pays, maintenant nous devons aider les autres… C’est ça l’unité arabe ».

    En avril 2012, les autorités libanaises ont confisqué un bateau contenant plus de 150 tonnes d’armes et de munitions provenant de Misrata en Libye.

     

    Un comité d’experts approuvé par les Nations Unies a inspecté les armes et a déclaré avoir trouvé des missiles sol air SA- 24 et SA-7, des missiles guidés anti-tanks et de nombreuses armes aussi bien légères que lourdes.

    En août de cette même année, selon le magazine Time, « des centaines de Libyens » ont afflué en Syrie pour « exporter leur révolution » apportant avec eux des armes, des compétences pour fabriquer des bombes et une expérience en stratégie de combat.

    « Quelques semaines après la conclusion heureuse de leur révolution, des combattants libyens ont commencé à arriver par petits groupes, notait le magazine. Mais ces derniers mois, ces petits groupes sont devenus énormes, beaucoup ayant voyagé jusqu’aux montagnes à cheval sur la Syrie et la Turquie, où les rebelles ont établi leurs bases ».

    Un rebelle syrien a déclaré à l’hebdomadaire : « Ils ont des armes plus lourdes que les nôtres » comme les missiles sol-air. « Ils ont apporté ces armes en Syrie et on s’en sert sur le front ».

    Un mois plus tard, le London Times nous a appris qu’un navire libyen transportant plus de 400 tonnes d’armes destinées à la Syrie, comme des missiles antiaériens SAM-7 et des grenades lancées par roquettes, s’était amarré en Turquie. Des armes de ce type ne pouvaient qu’aggraver la souffrance des civils pris dans cette guerre.

    Comme l’avait déclaréà des journalistes le ministre français des Affaires étrangères, les missiles anti-aériens des rebelles « forçaient les avions (du gouvernement syrien) à voler très haut, ce qui rendait les frappes moins précises ».

    Selon ce qu’a écrit plus tard le journaliste Seymour Hersch, la plupart des armes libyennes de ce type arrivaient en Syrie par des itinéraires secrets, surveillés par la CIA, d’après un programme autorisé par l’administration Obama début 2012.

    Les subventions et le soutien logistique venaient de Turquie, d’Arabie saoudite et du Qatar. La CIA, pense-t-on, évitait de révéler le programme au Congrès en le classifiant comme opération de liaison avec un partenaire du renseignement étranger, le MI6 de Grande Bretagne.

    Les médias de Londres commencèrent à avoir vent de l’opération en décembre 2012. La CIA, disait-on, envoyait davantage de conseillers pour s’assurer que les armes libyennes n’arrivent pas jusqu’aux forces extrémistes islamistes.

    Bien sûr, ces efforts étaient trop tardifs, des responsables du renseignement des États Unis savaient déjà alors que « les salafistes, les Frères musulmans et (al-Qaïda) » étaient « les forces principales qui contrôlaient l’insurrection ». L’afflux de nouvelles armes a simplement aggravé les souffrances de la Syrie et a fait encore plus de ce pays le théâtre d’une dangereuse compétition internationale pour le pouvoir.

    Les armes et les combattants de Libye ont contribué à transformer le conflit syrien et à changer une lutte âpre en bain de sang. Comme l’érudit moyen-oriental, Omar Dahi l’a fait remarquer, « l’année 2012 a joué un rôle décisif dans la genèse de la catastrophe actuelle.

    Il y avait des éléments étrangers impliqués en Syrie avant cette date… mais jusqu’au début de 2012, la dynamique du conflit syrien était, en grande partie, interne.

    À la fois à cause des armes injectées de l’extérieur et de l’espoir d’une aide militaire plus importante, une aide de l’Occident, pour être clair, l’opposition a décidé de prendre les armes.

    « La décision de militarisation a eu trois effets principaux. D’abord, elle a spectaculairement augmenté le nombre de victimes et les ravages dans le pays tout entier…

    À la mi-2012, le nombre de morts par mois était presque le même que celui de la totalité de la première année du soulèvement.

    La militarisation a donné au régime syrien carte blanche pour utiliser exhaustivement son arsenal d’armes.

    Et peut-être ce qui est le plus catastrophique, l’émergence d’une rébellion armée a placé beaucoup des chances de l’opposition entre les mains de ceux qui voulaient donner de l’argent et armer les combattants… C’est à ce moment que les groupes djihadistes se sont lancés ».

    Les victimes collatérales de l’intervention de l’OTAN en Libye comprennent maintenant 6 millions de Libyens qui essaient de survivre dans un État failli, des millions de personnes en Afrique du Nord en proie au terrorisme islamiste, 20 millions de Syriens qui n’attendent que la fin de la guerre et des millions d’Européens innocents qui se demandent quand ils risquent d’être pris pour cibles par des attentats suicides terroristes.

     

    Il n’y a rien d’humanitaire dans des guerres qui déchaînent de tels massacres, provoquent un tel chaos, des guerres dont on n’entrevoit pas la fin.

    Jonathan Marshall est un contributeur régulier de Consortiumnews.com

    Source : Jonathan Marshall, Consortium News, le 09-062017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    • Les policiers tués avaient été postés là pour assurer la sécurité des fidèles musulmans.

    • Les maitres en manipulation palestiniens tentent de faire croire que la crise a démarré quand Israël a installé des détecteurs de métaux alors qu'elle est née du meurtre de deux policiers.

    • Tout d'abord, les mesures de sécurité, y compris les détecteurs de métaux, répondaient à une attaque terroriste spécifique. Le gouvernement israélien n'a pas installé ces portiques pour empêcher les musulmans de prier ou dans le but de modifier le statu quo.

    • Deuxièmement, ce sont les Palestiniens qui ont pris la décision de prier ailleurs que sur le Mont du Temple en attendant le démantèlement des détecteurs de métaux. Les Palestiniens et le Waqf mentent au monde en disant qu'Israël empêche les musulmans d'accéder à leurs lieux saints.

    • Le refus des détecteurs de métaux n'a qu'une seule signification : les Palestiniens sont déterminés à transformer le Mont du Temple en cache d'armes et en rampe de lancement d'actions terroristes contre les Israéliens. Si la mosquée venait à être détruite dans ce processus, qui serait blâmé ? Tel est peut-être le véritable plan.

     

    La controverse née de la décision des autorités israéliennes d'installer des détecteurs de métaux à l'entrée du Mont du Temple rappelle le fameux proverbe arabe : « il m'a battu, s'est mis à pleurer, puis il est venu me plaindre ».

     

    Cette inversion de la réalité est fréquente quand les agresseurs tentent de se faire passer pour des victimes.

    Les détecteurs de métaux ont été installés au Mont du Temple en réponse à l'assassinat de deux policiers israéliens par des terroristes arabes le 14 juillet dernier.

    Les trois terroristes - des Arabes du village israélien d'Umm al-Fahm – étaient armés d'une mitraillette et de couteaux.

    Les armes ont été introduites sur le Mont du Temple d'autant plus facilement que les policiers stationnés aux portes n'avaient pas pour mission de fouiller les fidèles qui se rendent à la mosquée et qu'ils ne disposaient pas de détecteurs de métaux.

    Aussi invraisemblable que cela paraisse, les Palestiniens manifestent désormais quotidiennement contre la sécurisation du Mont du Temple : ils exigent que les détecteurs de métaux soient retirés.

    Les dirigeants palestiniens ont exhorté les fidèles à refuser les détecteurs de métaux et à prier à l'entrée des lieux saints.

    L'Autorité palestinienne (PA), la Jordanie et d'autres pays arabes et musulmans accusent Israël d'avoir violé le statu quo politique qui prévaut au Mont du Temple en installant les détecteurs de métaux.

    On attend encore qu'ils dénoncent les terroristes qui ont assassiné les deux policiers israéliens : car ce sont eux qui ont porté atteinte au caractère sacré du site.

    Ils n'ont pas condamné non plus le meurtre des policiers qui appartiennent à la communauté Druze et qui avaient pour mission de préserver la loi et l'ordre sur le Mont du Temple. Les policiers assassinés étaient là pour assurer la sécurité des fidèles musulmans.

    Au contraire – de nombreux Palestiniens et Arabes ont applaudi l'attaque terroriste comme une « opération héroïque » contre l'ennemi sioniste. Les trois terroristes tués par des policiers israéliens sont considérés comme des « martyrs » et des « héros » qui ont donné leur vie en défense de la mosquée Al-Aqsa.

    Il est triste de constater que de nombreux dirigeants arabes israéliens ont refusé de condamner l'attentat mené par trois de leurs concitoyens.

    Les détecteurs de métaux n'ont qu'un but : empêcher les terroristes de transformer le Mont du Temple en cache d'armes. Ce sont ces actes de guerre qui devraient être considérés comme une profanation.

    Mais plutôt que de soutenir les Israéliens qui cherchent à éviter la moindre effusion de sang sur ce sol sacré, les Palestiniens et les Arabes leur reprochent d'organiser la sécurité de tous, à commencer celle des fidèles musulmans.

    Les maitres en manipulation palestiniens tentent de faire croire que les détecteurs de métaux sont à l'origine de la crise, alors que la crise est née du meurtre de deux policiers.

    Les Palestiniens et les Arabes en appellent à la communauté internationale et accusent Israël d'invoquer des problèmes de sécurité pour attenter au statu quo concernant le Mont du Temple et empêcher les musulmans de prier à la mosquée Al-Aqsa.

    Les faits racontent une histoire différente.

    Les mesures de sécurité, y compris l'installation de détecteurs de métaux, ont été la réponse directe et nécessaire à une attaque terroriste spécifique. Le gouvernement israélien ne s'est pas réuni pour décider d'installer les détecteurs de métaux afin de modifier le statu quo ou empêcher les musulmans de prier.

    Ensuite, ce sont les Palestiniens qui refusent de prier au Mont du Temple, jusqu'à ce que les détecteurs de métaux soient enlevés.

    Les dirigeants palestiniens et les responsables du Waqf (l'organisme religieux qui gère le Mont du Temple), ont encouragé les fidèles musulmans à prier dans les rues et les places publiques pour protester contre les détecteurs de métaux.

    Les fidèles musulmans préfèrent prier dans les rues et les places publiques plutôt que d'accéder au Mont du Temple à travers des détecteurs de métaux.

    Les Palestiniens et le Waqf mentent au monde en affirmant qu'Israël refuse aux musulmans le droit d'accéder à leurs lieux saints.

     

    Le 19 juillet 2017, environ 4 000 musulmans palestiniens ont prié à l'entrée de la vieille ville de Jérusalem, pour protester contre les détecteurs de métaux placés aux entrées du Mont du Temple. (Photo de Ilia Yefimovich / Getty Images)

     

    La machine de propagande palestinienne diffuse à jet continu l'idée fausse que les détecteurs de métaux font partie d'un plan israélien pour déclencher une guerre religieuse destinée à détruire la mosquée Al-Aqsa.

    Mais c'est tout le contraire.

    Ce sont les dirigeants palestiniens et le Waqf qui apparaissent prêts à tout pour déclencher une guerre religieuse contre Israël et les Juifs.

    Les incitations à la violence ont commencé il y a plus de deux ans, quand les dirigeants palestiniens et le Waqf ont affirmé à leur peuple et au reste du monde, qu'Israël planifiait la destruction de la mosquée d'Al-Aqsa et que les Juifs qui visitent le Mont du Temple « profanent de leurs pieds souillés » un site islamique sacré. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a le premier accusé les juifs de meurtre rituel, déclenchant ainsi une vague d'attentats au couteau et à la voiture bélier qui n'a pas cessé à ce jour.

    Les trois terroristes du 14 juillet ont obéi aux instructions d'Abbas et des autres dirigeants palestiniens et musulmans : chaque musulman à le devoir de défendre la mosquée Al-Aqsa contre les juifs.

     

    L'attaque du 14 juillet s'inscrit dans la vague d'attentats terroristes qui a commencé à la fin de 2015 et qui a été baptisée du nom d'« Intifada au couteau ».

    Les Palestiniens ont aussi pris prétexte des visiteurs juifs du Mont du Temple pour lancer des attaques terroristes contre Israël. Les responsables palestiniens et les médias n'ont eu de cesse de décrire ces visites pacifiques comme des « raids violents de bandes de colons juifs contre la mosquée Al-Aqsa ».

    La réalité est qu'aucun juif n'a mis le pied dans la mosquée. Les visites sont limitées au Mont du Temple - ce que les touristes non-musulmans font depuis 1968.

    Ce sont les Palestiniens qui profanent le Mont du Temple en lançant des attaques violentes contre les juifs et en lapidant ceux qui prient au Mur des Lamentations.

    Ce sont eux qui ont introduit des armes dans le Mont du Temple pour lancer des cocktails Molotov et des pierres aux visiteurs et aux policiers juifs. Les dirigeants palestiniens et les responsables du Waqf ont également encouragé les musulmans à harceler et insulter les visiteurs juifs et les policiers.

    L'an dernier, les Palestiniens ont empêché la Jordanie d'installer des dizaines de caméras de sécurité au Mont du Temple.

     

    L'opération avait pour but de réfuter ou confirmer les allégations palestiniennes selon lesquelles Israël cherchait à détruire la mosquée Al-Aqsa.

    Cédant à l'intimidation palestinienne - y compris la menace de détruire les caméras - les Jordaniens ont renoncé.

    Pourquoi s'en prendre aux caméras ? Les Palestiniens craignaient que la violence et le harcèlement auquel ils se livrent continuellement soient dévoilés, sans parler du stockage d'armes contre les juifs et la police.

    En résumé : les Palestiniens travestissent une fois de plus la réalité, en prenant prétexte cette fois des détecteurs de métaux. Ils craignent d'être empêchés d'introduire des couteaux et des armes à feu sur le Mont du Temple.

    Si la finalité de la mosquée Al-Aqsa est la prière, pourquoi s'inquiéter des détecteurs de métaux ?

    Des milliers de Palestiniens passent tous les jours à travers des détecteurs de métaux pour se rendre en Israël, avec pour seule conséquence d'arriver sains et saufs sur leur lieu de travail.

    Chaque jour, Palestiniens et Israéliens franchissent des détecteurs de métaux pour accéder à un centre commercial, un bureau de poste, l'assurance maladie, les hôpitaux et les centres médicaux. Sans tollé !

    La guerre déclarée aux détecteurs de métaux du Mont du Temple ne signifie qu'une chose : les Palestiniens sont déterminés à transformer le site sacré en cache d'armes et en rampe de lancement d'attaques terroristes contre les Israéliens.

    Si la mosquée était réellement détruite dans le processus, qui serait blâmé ?

    Tel est peut-être même le véritable plan.

     

    Qui au sein de la communauté internationale peut y souscrire ?

    Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

     

    Source:   https://fr.gatestoneinstitute.org/10724/


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    Source : Welt, Helmar Büchel, 25-06-2017

    Des soldats irakiens se protègent avec des masques à gaz pendant la bataille de Mossoul.

    La milice terroriste a utilisé des grenades à gaz toxique à plusieurs occasions lors de la bataille de Mossoul – et il est possible que les islamistes réunissent suffisamment de matériel nucléaire pour créer une bombe sale.

    Le pouls est stable. Un bip signale chaque battement de cœur. Le lit dans la zone de quarantaine de l’hôpital d’urgence Erbil-West est isolé par un film.

     

    Des médecins américains de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) [World Health Organization, WHO en anglais, NdT) viennent de terminer le protocole de décontamination sur la patiente.

    « Elle survivra », déclare le Dr Lawan Miwan, directeur médical de la clinique, « elle a de la chance ».  Yusra A. est l’une des quinze victimes du gaz toxique qui sont traitées à Erbil, la capitale du gouvernorat d’Erbil et du Kurdistan irakien, au nord de l’Irak.

    Son corps est défiguré par des cloques ; elle a les yeux rouges et brûlants. La femme de 55 ans vomit de façon répétée.

    Cela fait trois mois qu’elle est dans cet état. Comme 700 000 autres réfugiés de la ville de Mossoul, contrôlée par l’EI et théâtre de violents combats, ainsi que les autres patients, elle vit maintenant dans l’un des camps de réfugiés des collines du nord de l’Irak.

    Le sort de Yusra n’a jamais fait les gros titres de la presse internationale.

    « Peut-être qu’ils ne veulent pas effrayer la communauté internationale », dit le Dr Miwan d’un air songeur pendant sa conversation avec WELT AM SONNTAG, « parce c’est indubitablement du gaz provenant de l’arsenal de « l’État islamique », auquel mes patients ont été exposés ».

    Yusra A. a été victime d’une attaque de l’EI au gaz toxique. Elle est soignée dans un hôpital à Erbil.

    Les quinze victimes des armes chimiques qui ont été hospitalisées au Centre des urgences d’Erbil Ouest, durant les deux premières semaines de mars, par des médecins de la Croix Rouge internationale et par des experts américains en armes chimiques de l’OMS, étaient tous des civils originaires de l’est de la métropole du Nord de l’Irak qui avait été libérée des semaines auparavant.

    Initialement douze patients – cinq enfants, trois femmes et quatre hommes – ont été hospitalisés dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital d’Erbil entre le 1er mars et le 4 mars. Erbil est situé à 90 kilomètres à l’est de Mossoul dans le Kurdistan relativement sécurisé.

     

    Dans la deuxième semaine, trois autres victimes d’armes chimiques sont arrivées, comme l’a récemment confirmé à WELT AM SONNTAG Sara Alzawqari, la représentante de la Croix Rouge internationale.

    Apparemment tous les patients ont été d’abord décontaminés avant d’être transférés à des spécialistes américains pour traitement.

    Le Dr Miwan déclare que tous les patients ont immédiatement montré des symptômes typiques du contact avec des armes chimiques.

    De plus ils ont signalé avoir senti dans l’air une forte odeur ressemblant à celle de l’ail – une indication claire du gaz appelé gaz moutarde, qui fut utilisé par les soldats allemands pendant la Première Guerre mondiale.

    Miwan poursuit : « Pendant ce temps, l’équipe de l’OMS m’a confirmé que du gaz moutarde avait bien été utilisé ».

    Selon les victimes, les grenades contenant l’agent de guerre biologique à l’état liquide ont été lancées les 1er et 2 mars, puis lors d’une seconde vague d’attaques une semaine plus tard, et provenaient d’une zone à l’ouest de Mossoul alors sous le contrôle exclusif de l’EI.

    Deux entités différentes impliquées, l’administration de la sécurité et une autre organisation, ont confirmé au journal ces conclusions, indépendamment l’une de l’autre.

    Les tests préliminaires démontrent que l’agent biologique en question ne provient pas de reliquats des arsenaux secrets des gouvernements syrien et irakien, datant de dizaines d’années .

    Il est clair que les échantillons obtenus n’ont pas été produits de façon industrielle, mais ont été apparemment mélangés par des chimistes de l’EI.

    « Si l’on regarde les échantillons et les analyses, il semble que c’est une production plutôt rudimentaire et de mauvaise qualité, mais cependant mortelle et dangereuse », déclare un expert international qui souhaite rester anonyme car son organisation « n’a pas été mandatée pour nommer officiellement « l’État islamique » comme étant à l’origine de cette attaque aux armes chimiques ».

    A la suite des bombardements aux armes chimiques, l’OMS a activé un plan d’urgence préexistant, a déclaré l’organisation.

    De plus, la Croix Rouge internationale a distribué aux hôpitaux proches de Mossoul des kits d’urgence spéciaux pour le traitement des victimes du gaz moutarde, a confirmé le porte-parole de l’ICRC Alzawqari : « Mossoul est déjà une catastrophe pour les civils.

     

    Notre clinique est située à seulement un kilomètre de la ligne de front réelle. Nous subissons des tirs de grenade et des raids aériens ininterrompus.

    Et maintenant, également des armes chimiques ».

    En fait, il y a de forts indices que la milice djihadiste al-Nosra travaille aussi depuis pas mal de temps à obtenir du sarin.

    Le 20 juin 2013, des analystes de l’Agence du renseignement de la défense américaine ont adressé un rapport secret à David Shedd, alors directeur adjoint, qui commençait par cette phrase dramatique : « Al-Nosra a entretenu une cellule de production de sarin : son plan de production est le plus avancé depuis les tentatives d’al-Qaïda d’avant le 11 septembre ».

    L’exposé de cinq pages, dont l’existence a été finalement confirmée par la Maison-Blanche sous Obama, continuait ainsi : « Des arrestations en Irak et en Turquie ont ralenti les opérations de la cellule.

    Néanmoins, telle que nous évaluons la situation, ils vont poursuivre leurs efforts de production d’armes chimiques ».

    L’attaque réelle au gaz de l’EI à Mossoul n’est pas un événement unique, comme le démontre l’IHS Conflict Monitor. Depuis le premier incident en juillet 2014, le Conflict Monitor a enregistré au moins 71 allégations que l’EI a utilisé des armes chimiques (41 en Irak et 30 en Syrie), déclare Colum Track, analyste en chef du think-tank basé à Londres. La plupart des attaques se sont produites à Mossoul et dans ses environs.

    Jusqu’au début de l’offensive de reconquête, la ville, encore habitée par un million de résidents longuement éprouvés, dont 100 000 ont servi aux terroristes de « boucliers humains » involontaires, a été le centre de production d’armes chimiques de l’EI, déclare Strack.

    Seul le « New York Times » a écrit sur l’enquête IHS, qui a été largement ignorée par ailleurs.

    L’une de ces attaques est également mentionnée dans un rapport daté de 2016 et réalisé par un panel d’enquête collaboratif formé par l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques et les Nations Unies.

     

    Il indique : « Il y a eu suffisamment d’informations pour conclure que les militants de l’État islamique étaient la seule entité ayant la compétence, la capacité et la motivation pour utiliser du gaz moutarde à Marea le 21 août 2015 ».

     

    L’EI avait utilisé des grenades d’artillerie de calibre de 130 mm remplies de gaz toxique pour bombarder la ville syrienne, à 80 kilomètres d’Alep.

    Cinquante civils furent blessés pendant l’attaque.

    L’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) a déjà signalé des attaques aux gaz toxiques de l’EI dans la région de Mossoul à l’automne de l’année dernière.

    Ils déclarent que des grenades ont été tirées les 20 et 21 septembre et encore les 6 et 10 octobre, destinées à la ville de Qayyarah et à la base aérienne à proximité utilisée par l’armée de l’air américaine ainsi que par les forces françaises et australiennes.

    Plusieurs résidents et membres de la milice locale ont noté l’odeur caractéristique de l’ail et se sont plaints des symptômes typiques du gaz moutarde. En raison des combats en cours, les blessés ne pouvaient pas être conduits dans les hôpitaux.

    Par conséquent, la confirmation toxicologique de l’utilisation présumée de l’arme chimique n’a pas pu être produite.

    Il est tout à fait possible que le stock d’armes chimiques de l’État Islamique ne constitue pas le plus grand risque lors de la bataille finale à venir pour Mossoul.

    Selon IHS Conflict Monitor, les terroristes, encerclés et prêts pour le martyre, peuvent être en possession de suffisamment de matières radioactives pour construire une charge nucléaire maison, une « bombe sale ». L’EI a contrôlé Mossoul pendant trois ans.

    « Des sources médicales et industrielles de matières radioactives sont présentes dans un territoire détenu par l’État Islamique, par exemple, à l’hôpital Hazim al-Hafid, un établissement spécialisé en oncologie et médecine nucléaire à Mossoul », a déclaré Karl Dewey, analyste de CBR chez IHS Jane.

    En juillet 2014, l’État Islamique a également acquis environ 40 kilogrammes de matières nucléaires de faible qualité de l’Université de Mossoul.

    On ne sait pas si l’EI a construit une bombe sale mais « les commentaires faits par des partisans de l’État islamique suggèrent que ses membres ont au moins réfléchi à cette l’idée », a déclaré M. Dewey.

    Sa clinique d’urgence est-elle équipée pour faire face à cette possibilité ? demande à M. Miwan le journaliste de WELT AM SONNTAG.

    Le médecin hésite, puis soupire doucement : « Nous vivons dans un monde complètement fou – nous devons être prêts à tout.

    Simplement à tout ».

     

    Source : Welt, Helmar Büchel, 25-06-2017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

     

     

    jmlb

    En France, on palabre pour le retour des Djihadistes et comment les recevoir ? 

     

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    28
    Juil
    2017

     

    Source : The Washington Post, Greg Jaffe & Adam Entous, 19-07-2017

    Prenant ainsi une décision qui témoigne de sa volonté de collaborer avec la Russie, le président Trump a décidé de mettre un terme à un programme secret de la CIA qui soutenait les rebelles syriens en lutte contre le président Bachar al Assad.

     

    Le président Trump a décidé de mettre un terme à un programme secret de la CIA visant à armer et à entraîner les rebelles modérés syriens en lutte contre le président Bachar al Assad, prenant ainsi une décision qui, selon les responsables états-uniens, était souhaitée par Moscou.

     

    Ce programmeétait l’élément essentiel d’une politique commencée par l’administration Obama en 2013 et destinée à exercer une pression sur Assad pour le forcer à démissionner.

    Cependant même les partisans de ce programme mettaient en doute son efficacité depuis que la Russie avait déployé ses forces en Syrie deux ans après.

    Selon les responsables, l’abandon progressif de ce programme secret témoigne de la volonté de Trump de trouver des façons de collaborer avec la Russie, pour qui ce programme anti-Assad représentait une attaque contre ses intérêts. La fin de ce programme constitue aussi l’aveu des limites de l’influence de Washington, et de son moindre désir de voir Assad quitter le pouvoir.

    Il y a exactement trois mois de cela, après que les États-Unis ont accusé Assad de faire usage d’armes chimiques, Trump a procédé, en représailles, à des frappes aériennes contre une base aérienne syrienne.

     

    À l’époque, l’ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, avait déclaré : « Nous ne pouvons absolument pas imaginer qu’on arrive à la paix dans cette région avec Assad à la tête du gouvernement syrien. »

    Selon des responsables, Trump a pris la décision de mettre un terme au programme de la CIA, il y a près d’un mois, après une réunion dans le Bureau ovale avec le directeur de la CIA, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, avant sa rencontre du 7 juillet, en Allemagne, avec le président russe Vladimir Poutine.

    Comment Trump transforme la politique étrangère de l’Amérique.

    Les porte-parole du conseil national de la sécurité et de la CIA ont refusé de faire une déclaration à ce sujet.

    Après la rencontre entre Trump et Poutine, les États-Unis et la Russie ont annoncé avoir convenu d’un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, le long de la frontière jordanienne, où beaucoup de rebelles, soutenus par la CIA, ont longtemps opéré. Pour Trump, ce cessez-le-feu limité est un exemple des retombées positives d’une relation constructive de collaboration avec Moscou.

    La décision de mettre fin au programme secret visant à armer les rebelles anti-Assad n’était pas une condition préalable à des négociations sur le cessez-le-feu, qui étaient déjà bien engagées, déclarent les responsables états-uniens, qui ont accepté de parler de ce programme secret, à condition que soit respecté leur anonymat.

    Les rapports de Trump avec la Russie ont été passés au crible à cause des enquêtes sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de 2016.

    La décision de mettre fin au soutien de la CIA aux rebelles sera accueillie favorablement par Moscou, qui, depuis son intervention en Syrie en 2015, a concentré ses forces contre ces combattants.

    Certains responsables passés et actuels, partisans de ce programme, considèrent la décision de Trump comme une concession importante.

    « C’est une décision très grave », déclare un responsable en poste actuellement, qui n’a accepté de parler du programme secret que sous couvert d’anonymat. « C’est Poutine qui a gagné en Syrie. »

    Avec la fin du programme de la CIA, l’implication des États-Unis en Syrie se limite maintenant à une campagne aérienne d’envergure contre l’EI et à un programme de formation et d’équipement du Pentagone en faveur des rebelles, en majorité kurdes, qui avancent en direction des bastions de l’EI à Raqqa et le long de la vallée de l’Euphrate.

    La stratégie à long terme de l’administration Trump, à la suite de la défaite de l’EI, consiste, semble-t-il, à faire tenir ensemble une série d’accords de cessez-le-feu régionaux avec des rebelles soutenus par les États-Unis, le gouvernement syrien et les Russes.

    Le président syrien Bachar al Assad parle à l’Associated Press au palais présidentiel de Damas en 2016. L’administration Trump met fin à un programme de la CIA visant à armer les rebelles anti-Assad. (Syrian presidency via AP, File) (AP/AP)

    D’après certains analystes, la décision de mettre un terme au programme va probablement accroître l’influence de groupes plus radicaux à l’intérieur de la Syrie et porter un coup à la crédibilité des États-Unis.

    « Nous sommes en train de tomber dans le piège russe », a déclaré Charles Lister, attaché supérieur de recherches au Middle East Institute (Institut du Moyen-Orient), qui s’intéresse plus particulièrement à la résistance syrienne. « Nous fragilisons de plus en plus la résistance modérée. […] Nous sommes véritablement en train de les décapiter. »

    Selon d’autres analystes, cette décision revient à reconnaître le caractère inexpugnable de la position d’Assad en Syrie.

    « C’est probablement l’acceptation de la réalité », dit Ilan Goldenberg, un ancien responsable de l’administration Obama, directeur du programme de la sécurité au Moyen-Orient au Centre for a New American Security (centre pour une nouvelle sécurité américaine).

    D’après des responsables du renseignement, les succès des rebelles en 2015 ont poussé la Russie à intervenir militairement et directement aux côtés du régime d’Assad.

    Certains responsables états-uniens et leurs alliés dans la région ont exhorté le président Obama à réagir en fournissant aux rebelles des armes antiaériennes de pointe pour que ces derniers puissent mieux se défendre, mais le président a regimbé, se disant inquiet de voir les États-Unis prendre le risque d’entrer en conflit avec la Russie.

    Selon des responsables états-uniens de premier plan, le programme secret serait abandonné de manière progressive sur une période de plusieurs mois.

    Il n’est pas impossible, non plus, qu’on redirige cette aide vers d’autres missions, comme par exemple la lutte contre l’EI ou l’assistance aux rebelles pour leur permettre de se défendre contre les attaques.

    « C’est une force que nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner complètement », déclare Goldenberg. « Si on cesse totalement d’aider les rebelles, alors on fait une énorme erreur stratégique. »

    Selon des responsables états-uniens, la décision est soutenue par la Jordanie où certains des rebelles étaient entraînés, et elle a tout l’air de faire partie d’une stratégie d’ensemble de l’administration Trump qui cherche à se concentrer sur la négociation d’accords de cessez-le-feu limités avec les Russes.

    Plus tôt dans le mois, cinq jours après l’entrée en vigueur du premier cessez-le-feu en Syrie, Trump a indiqué qu’un autre accord était en discussion avec Moscou. « Nous travaillons à un second cessez-le-feu dans une zone très difficile de la Syrie », a-t-il déclaré.

    « Si nous réussissons à nous mettre d’accord pour celui-ci et pour quelques autres, on finira, tout d’un coup, par ne plus tirer aucun coup de feu en Syrie. »

    Le gros risque potentiel que comporte l’arrêt de ce programme, c’est que les États-Unis pourraient bien se trouver incapables d’empêcher d’autres pays, comme la Turquie et ses alliés du golfe Persique, de faire passer aux rebelles anti-Assad, y compris à des groupes plus radicaux, des armes plus sophistiquées, comme des systèmes antiaériens portables, les MANPADS.

    Vers la fin de l’administration Obama, certains responsables avaient préconisé l’arrêt de ce programme, prétendant que les rebelles n’arriveraient à rien si les États-Unis ne les soutenaient pas au prix d’une escalade d’envergure.

     

    Toutefois le programme avait toujours le soutien d’une majorité des principaux conseillers d’Obama, qui faisaient valoir que les États-Unis ne pouvaient pas abandonner leurs alliés sur le terrain et laisser tomber l’opposition modérée, parce que cette décision porterait un coup à l’influence des États-Unis dans la région.

    Même ceux qui se montraient sceptiques sur la valeur à long terme du programme le considéraient comme un atout crucial dans la négociation, atout qu’on pouvait utiliser pour forcer Moscou à faire des concessions quand on négocierait au sujet de l’avenir de la Syrie.

    « On a commencé à penser à l’arrêt du programme, mais ce n’était pas quelque chose qu’on allait faire gratuitement », a déclaré un ancien collaborateur de la Maison-Blanche. « Abandonner [ce programme ] sans rien obtenir en échange serait stupide. »

    Greg Jaffe est un journaliste du personnel national du Washington Post pour qui il travaille depuis mars 2009 et pour qui il avait auparavant couvert la Maison-Blanche et la Défense.

    Adam Entous écrit sur la sécurité nationale, la politique étrangère et le renseignement pour le Post.

     

    Il a rejoint le journal en 2016 après plus de 20 ans au Wall Street Journal et à Reuters, où il a couvert le Pentagone, la CIA, la Maison-Blanche et le Congrès. Il a couvert le président George W. Bush pendant cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001.

     

     

    Source : The Washington Post, Greg Jaffe & Adam Entous, 19-07-2017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    JMLB
     
    ET APRÈS ON NOUS BASSINE AVEC LEUR RELIGION DE " PAIX ET D' AMOUR "  ???
     
     
     
     
    28 juillet 2017

     

     

    Une bande de jeunes musulmans ont traversé le centre-ville de Liverpool et ont attaqué plusieurs individus parce qu’ils étaient des «non-musulmans blancs».

     

    Trois jeunes hommes ivres ont appréhendé plusieurs personnes dans les rues de Liverpool, l’un demandant aux gens leur religion.

    Ils les ont frappés à plusieurs reprises s’ils n’étaient pas musulmans – en riant pendant qu’ils filmaient les assauts.

    Gary Bohanna, un témoin choqué, a cru que Amin Mohmed, 24 ans, Mohammed Patel, 20 et Faruq Patel, 19 ans, étaient des terroristes de Daech en raison de la férocité de leurs coups et de ce qu’ils disaient.

     

    Il a suivi le gang, l’un des agresseurs lui a demandé : «Je suis musulman, qu’est-ce que vous êtes?», Il a répondu «Je suis chrétien».

     

    L’assaillant a alors crié: «Pourquoi n’êtes-vous pas musulman?»

    Avant de le frapper deux fois, en cassant ses lunettes et en faisant une coupe de 2 cm au-dessus de son oeil gauche.

    Mohammed Patel, l’un des trois enragés, a confirmé que les victimes étaient «ciblées parce qu’elles étaient blanches et non musulmanes».

     

    Metro.co.uk

    via http://www.fdesouche.com/873563-liverpool-3-musulmans-agressent-sauvagement-des-passants-parce-quils-sont-blancs-et-non-musulmans

     

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    28 juillet 2017

     

    Plus de 50 personnes ont été tuées lors de l’attaque menée mardi par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué hier des sources médicales et humanitaires.

     

    « Le bilan ne cesse de s’aggraver« , a déclaré une source impliquée dans les suites de l’embuscade menée près Magumeri, ajoutant: « Nous en avons maintenant plus de 50 et de nouveaux corps arrivent« .

     

    Les circonstances de l’embuscade tendue par le groupe djihadiste contre les gardes et une équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), accompagnés de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration, ne sont pas encore éclaircies, en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès à l’Etat de Borno, épicentre des violences de Boko Haram.

     

    De premiers éléments avaient fait croire initialement à une tentative d’enlèvement. Mais un secouriste à Magumeri, situé à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, a déclaré qu' »à 19H00 (18H00 GMT) hier (mercredi), 47 corps ont été retrouvés dans la brousse autour de Magumeri« .

    « Onze d’entre eux ont été grièvement brûlés lors de l’attaque.

    Ils ont été brûlés vifs dans leur véhicule, échoué dans un fossé.

    On les a enterrés là-bas parce qu’on ne pouvait pas les emmener à Maiduguri« .

     

    « Ce soir (jeudi), on a retrouvé six nouveaux corps, dont celui d’un soldat, et il se pourrait qu’on en retrouve beaucoup plus parce que les équipes de secours fouillent partout aux alentours« , a-t-il ajouté.

     

    A l’Hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH), un membre du personnel médical a déclaré de son côté: « Nous avons en ce moment 19 dépouilles de civils.

    Quinze d’entre eux étaient des vigiles (milice civile, ndlr) et quatre faisaient partie du personnel de l’hôpital« .

    Un syndicaliste enseignant de l’Université de Maiduguri, Dani Mamman, a confirmé la présence des quatre corps et précisé que deux d’entre eux étaient des enseignants.

    « Nous avons encore d’autres personnels manquants« , a-t-il ajouté.


    La production de pétrole au Nigeria est concentrée dans le delta du Niger (sud) depuis sa découverte en quantités commerciales en 1956.

     

    Mais les attaques et sabotages répétés de rebelles locaux revendiquant un meilleur partage des ressources ont poussé le gouvernement à prospecter ailleurs.

    Des explorations ont été lancées sur un territoire allant de l’État de Benue (centre) au nord-est où sévit Boko Haram.

     

    Le Figaro

    via http://www.fdesouche.com/873573-nigeria-au-moins-50-morts-dans-lattaque-dune-mission-petroliere-par-boko-haram


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    28 juillet 2017

     

    Jeudi soir, le Sénat américain a adopté le projet de loi portant sur de nouvelles sanctions contre la Russie.

    La réaction de Moscou ne s'est pas faite attendre: la Russie interdit à l'ambassade des États-Unis l'accès à deux sites moscovites à compter du 1er août.

    En réponse à l'adoption par le Congrès américain de nouvelles sanctions antirusses, Moscou va interdire à l'ambassade américaine l'accès à ses deux sites situés à Moscou.

    «À partir du 1er août, la partie russe suspend l'utilisation par l'ambassade des États-Unis en Russie à tous les entrepôts sur la rue Dorojnaia à Moscou et aux résidences secondaires dans le parc de Serebryani Bor», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

    En outre, Moscou a demandé à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 le personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie.

     

    «Nous proposons à la partie américaine d'égaliser le nombre de diplomates et d'employés des ambassades et consulats américains (…) en conformité avec le nombre de diplomates et d'employés de l'ambassade russe aux États-Unis.

    Cela signifie que le nombre total du personnel dans les ambassades et consulats américains se réduit à 455 personnes», précise le communiqué.

    Le ministère a également prévenu que Moscou répliquerait en cas de nouvelle expulsion de diplomates russes par les Etats-Unis.

    La riposte du ministère des Affaires étrangères aux sanctions a obtenu le feu vert du Président russe, a confirmé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

    «De telles mesures sont impossibles sans l'autorisation du Président», a déclaré M.Peskov lors d'un point presse.

    Le sénateur russe Franz Klintsevitch a commenté les contre-mesures russes et mis en garde la partie américaine sur le fait que «ce n'étaient que les premières mesures».

    «Ce ne sont que les premières mesures, sans aucun doute, d'autres suivront», a-t-il déclaré.

    Selon lui, la Russie pourrait adopter prochainement un ensemble de mesures politiques, y compris une interdiction d'entrée en Russie visant les membres du Sénat américain qui ont voté en faveur des sanctions antirusses.

    Le Sénat américain a approuvé jeudi le projet de loi pour de nouvelles sanctions contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord.

    Le document a été soutenu par 98 voix contre deux.

    Le texte sera ensuite envoyé au Président Donald Trump qui pourrait toutefois y opposer son véto.

     http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/07/


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    29
    Juil
    2017

     

    Un regard sur les coulisses du drame qui s’est déroulé à la cour montre jusqu’à quel point le récent changement de gouvernement du royaume a été une prise du pouvoir par un réformateur autoproclamé.

     

    Riyad — Après avoir passé une nuit blanche confiné dans un salon d’un palace de La Mecque, le prince héritier de la couronne d’Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, est apparu dans une salle aux murs recouverts de marbre dans la matinée du 21 juin.

    Le prince, âgé de 57 ans, a trouvé une foule qui l’attendait, des appareils photo, un garde du corps la main posée sur son revolver — et son cousin Mohammed ben Salmane, 31 ans, le fils préféré du roi Salmane nouvellement désigné comme son successeur en tant qu’héritier présomptif et prince de la couronne.

    Un regard dans les coulisses du drame qui s’est déroulé — ainsi que sur des interviews de personnes proches de la cour, y compris celles soutenant chacun des deux princes, et sur des vidéos de manifestations — montre dans quelle mesure le remaniement a été une prise de pouvoir par un réformateur autoproclamé.

    Sur une vidéo de leur rencontre ce matin du 21 juin, on voit l’aîné des deux princes marmonner un bonjour au plus jeune, qui s’approche, revêtu d’un vêtement lui arrivant à la cheville et d’une coiffe à carreaux rouges et blancs. Mohammed ben Salmane, ou « MBS » pour beaucoup de personnes, s’est agenouillé et a embrassé la main de son cousin plus âgé.

    A ce moment, il aurait dû être clair pour Mohammed ben Nayef que sa longue carrière — au cours de laquelle il avait gagné la confiance des responsables du renseignement américains et était devenu une figure centrale dans les relations États-Unis-Arabie saoudite — était terminée, rapportent des personnes proches de la cour.

    « Quand MBS vous embrasse », dit l’une d’elles, « vous comprenez que quelque chose de mauvais va vous arriver. »

    Après la rencontre du 21 juin des deux princes, la cour a annoncé la promotion de Mohammed ben Salmane. Mohammed ben Nayef a disparu de la scène publique. Certaines personnes disent qu’il est retenu dans son palais de Djeddah, que ses déplacements sont retreints et qu’il est surveillé par des gardes fidèles à Mohammed ben Salmane.

    Dans une réponse écrite à des questions portant sur le remaniement, un responsable de la cour a déclaré que Mohammed ben Nayef avait été « destitué ».

    « Les raisons de sa destitution sont très confidentielles et personne n’est autorisé à les divulguer », a t-il dit, ajoutant que cette décision avait été prise « au nom de l’intérêt national ».

    L’ex-prince héritier reçoit des visites chaque jour, a-t-il dit, « et a rendu visite plus d’une fois au roi et au prince héritier. »

    L’ascension du prince cadet marque une réorganisation du pouvoir avec des implications profondes pour l’un des pays les plus riches et les plus secrets du monde.

    Alors que le roi Salmane est souffrant, le nouveau prince héritier pourrait bientôt se trouver à la tête d’une des dernières monarchies absolues du monde, un royaume qui compte parmi les plus gros producteurs de pétrole et importateurs d’armes mondiaux, et qui utilise ses immenses ressources pour accroître son influence au Moyen-Orient.

    La succession en Arabie saoudite est gouvernée par un ensemble de règles malléables et de coutumes familiales, et implique la contribution d’un conseil d’environ 35 des principaux princes représentant la descendance du fondateur du royaume.

    Le changement du 21 juin se résume à une faction déposant l’autre, dans une des guerres de succession les plus chaotiques depuis que le roi Saoud a été chassé du trône par ses frères il y a 53 ans.

    Cela a rendu quelques membres de la cour, préoccupés par la venue d’une nouvelle crise, inquiets des manœuvres qu’un autre clan pourrait comploter, disent certains familiers de la cour.

    « A présent c’est une tradition », a déclaré l’un d’eux.

    Le représentant de la cour a refusé de laisser à Mohammed ben Salmane le champ libre pour s’exprimer et a dit que Mohammed ben Nayef avait refusé tout commentaire.

    Ces dernières années le prince Mohammed ben Salmane a fait d’audacieuses promesses de changement, promettant de moderniser et d’ouvrir l’Arabie saoudite sur les plans économique et culturel.

    Son projet se concentre sur une liste d’actions de la compagnie pétrolière d’État à mettre sur le marché public et sur l’investissement des recettes pour diversifier l’économie.

    Il a également adopté une politique étrangère agressive et a travaillé à établir des liens étroits avec la Maison-Blanche de Trump.

    Son cousin plus âgé est un responsable discret, qui s’est relativement peu montré en public et a eu une approche indolente de la gouvernance au fil des années.

    Il bénéficiait d’un large soutien parmi les princes saoudiens les plus âgés qui ont appuyé son approche plus conservatrice des affaires étrangères.

    Durant ses années de lutte contre le terrorisme, il a eu des relations de longue date avec des responsables de la sécurité américains qui ont parfois été en désaccord avec l’actuelle Maison-Blanche.

    Certains Saoudiens et observateurs étrangers ont exprimé l’espoir que la libéralisation économique entraînera plus de libéralisme politique et culturel, et que Mohammed ben Salmane apparaîtra comme une force pour un tel changement.

    Son projet de réorganisation de l’économie comprend un effort pour amener plus de femmes sur le marché du travail et pour améliorer le niveau de l’enseignement.

    Le différend entre les deux princes remonte à 2015, au début du règne du roi Salmane, quand celui-ci nomma Mohammed ben Nayef prince héritier et désigna son propre fils, Mohammed ben Salmane, comme vice-prince héritier.

    Par la suite les initiatives du roi Salmane pour donner des pouvoirs à son fils dans les domaines des affaires étrangères, de l’armée et de l’économie ont alimenté des rumeurs selon lesquelles il [le roi] pourrait le faire monter dans l’ordre de la succession.

     

    Le différend sur le Qatar

    Plusieurs personnes proches de la cour indiquent qu’un débat sur la façon de gérer la confrontation avec le Qatar a commencé en juin, quand l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes ont accusé leur voisin du golfe Persique de soutenir le terrorisme.

    D’autres facteurs ont exacerbé le sentiment d’urgence au sujet du différend entre les princes. Le plus jeune a adopté une position plus belliciste, soutenant le blocus économique contre le Qatar qui l’a emporté et reste en cours.

    « Mohammed ben Nayef ne s’est opposé à aucune des mesures prises contre le Qatar », a indiqué le représentant de la cour.

    Certaines personnes proches de la cour disent que la détérioration de la santé du roi Salmane a alimenté des inquiétudes sur le peu de temps qui restait. Le jeune prince a commencé à faire pression sur son père afin qu’il le choisisse comme successeur.

    A propos du monarque âgé de 81 ans, le représentant de la cour a dit : « La santé du roi est excellente. Il poursuit ses activités quotidiennes et variées d’une façon énergique et active. Au Royaume d’Arabie saoudite, le Roi reste roi jusqu’à sa mort. »

    Ces dernières semaines la cour a enregistré une vidéo dans laquelle le roi déclare qu’il est temps pour Mohammed ben Salmane de devenir roi, disent plusieurs personnes proches de la cour. Ils disent que la vidéo non divulguée pourrait être utilisée au décès du roi comme une annonce d’abdication publique.

    Sans faire directement référence à la vidéo, le responsable de la cour a déclaré : « Tout pays qui abandonnerait son souverain dans ses derniers moments pour cause de mauvaise santé serait un pays sans honneur ni prestige. »

    Comme le jeune prince établissait son plan, il a prévenu l’administration de Trump. Une semaine avant le changement de pouvoir, rapportent plusieurs personnes proches de la cour, Mohammed ben Salmane a envoyé un jeune responsable nommé Turki al-Sheikh à Washington.

    Le Président Donald Trump avait rencontré Mohammed ben Salmane à Riyad quelques mois plus tôt. M. al-Sheikh, un poète et parolier de chansons patriotiques sans expérience des affaires étrangères, avait été promu récemment par Mohammed ben Salmane à un poste important de la cour.

    Lors de son voyage de juin à Washington, M. al-Sheikh a notifié à la Maison-Blanche que Mohammed ben Salmane était prêt à chasser son cousin, disent ces personnes.

    Un responsable de la Maison-Blanche faisant référence au changement de dirigeant saoudien, a déclaré que le gouvernement des États-Unis « ne cherchait pas à intervenir, ni à être considéré comme intervenant dans une affaire interne aussi sensible » et « nous avons toujours insisté sur notre souhait de maintenir la coopération » avec le dirigeant saoudien.

    Le responsable de la cour a déclaré : « En ce qui concerne le ministre Turki al-Sheikh, il n’a rencontré aucun responsable américain. Ni les États-Unis, ni aucun autre pays n’a été directement ou indirectement informé à ce sujet, car c’est un sujet absolument souverain. »

    Le plan de Mohammed ben Salmane a commencé à se dérouler peu après le retour de M. al-Sheikh en Arabie saoudite, dans un drame décrit au Wall Street Journal par des proches de la cour.

    Le 20 juin, Mohammed ben Nayef s’apprêtait à se détendre à l’occasion de l’Aïd, la grande fête qui marque le fin du mois sacré du Ramadan.

    Cette nuit-là, il se dirigea vers le palais de La Mecque pour une réunion de routine avec des hauts fonctionnaires.

    Il savait depuis des mois que son cousin pouvait agir contre lui. Au cours des trois semaines précédant l’Aïd, des proches de Mohammed ben Nayef l’avaient prévenu que Mohammed ben Salmane se préparait probablement à le chasser.

    Cependant, Mohammed ben Nayef écarta leurs inquiétudes comme des théories complotistes.

    Mohammed ben Nayef se disait : « pourquoi agirait-il maintenant puisque nous sommes dans les trois derniers jours avant l’Aïd ? » dit une des personnes proches de la cour.

    Les gardes fidèles à Mohammed ben Nayef furent remplacés par d’autres, fidèles à Mohammed ben Salmane.

    Le responsable de la cour dit que c’était la procédure normale et que des gardes royaux supplémentaires avaient été attribués au prince aîné, ajoutant qu’ils ne contrôlaient pas ses mouvements.

    Le palace noir et blanc Al Safa de La Mecque domine d’environ dix étages la Kaaba, le site le plus sacré de l’Islam. Des vidéos montrent que lorsque le roi et son entourage y sont présents, comme ce 20 juin, ses salles de réunion recouvertes de moquette, grouillent de ministres, de membres du personnel et de serviteurs apportant des plateaux de café aux dignitaires assis dans des fauteuils de velours vert.

    Complot au palais

    Le prince héritier ne devait pas arriver au palace avant la nuit, après les prières du tarawih — moment où de nombreuses réunions de hauts responsables se déroulent dans la chaleur torride de l’été saoudien. A la nuit tombée, le cortège de Mohammed ben Nayef se mit en route pour le palace dans les rues animées de La Mecque.

    Quand il arriva au palace ce soir-là, on lui dit de continuer seul, sans ses gardes du corps.

    « Une fois qu’il fut passé d’une pièce à l’autre, ils prirent les armes, les téléphones, tous les objets appartenant à chaque personne de son entourage », dit l’une des personnes proches de la cour royale.

    Des gardes poussèrent Mohammed ben Nayef à l’étage, en passant par des couloirs à motifs de fleurs, vers un petit salon. Ils fermèrent les portes, le laissant seul. Il était alors près de minuit, et le prince héritier ne partirait pas avant le matin.

    Tandis que Mohammed ben Nayef attendait, Mohammed ben Salmane fit appeler les membres du Conseil d’Allégeance, le groupe d’environ 35 fils et petits-fils du fondateur du royaume qui pèsent dans la structure du gouvernement.

    On leur dit que le roi voulait que Mohammed ben Salmane soit le prince héritier et on leur demanda leur soutien.

    Le gouvernement saoudien affirme que 31 membres approuvèrent.

    Dans cette pièce, Mohammed ben Nayef fut informé sur son sort : les grands princes du royaume voulaient son cousin comme prince héritier.

    Mohammed ben Nayef fut « horrifié », rapporte l’une des personnes proches de la cour. On lui demanda de signer une lettre d’abdication et un serment d’allégeance à Mohammed ben Salmane, ajoute cette personne. Le prince héritier résista.

    Pendant les heures suivantes, des représentants de la cour lui rendirent visite, le pressant de reconsidérer sa position. Un émissaire du roi lui dit de signer la lettre d’abdication sous peine d’avoir à affronter de graves conséquences.

    Mohammed ben Nayef tint bon. Mais à l’aube il était épuisé. Il savait qu’il n’y avait pas de porte de sortie. Il fit le seul compromis qu’il pouvait faire — il accepta de faire un serment d’allégeance oral.

    Le responsable de la cour déclara : « Le serment d’allégeance au Prince héritier a été fait de bonne grâce. »

    Il était environ 7 heures du matin quand les hommes de Mohammed ben Salmane laissèrent sortir le prince héritier. Mohammed ben Nayef ne s’attendait pas à affronter tout de suite l’homme qui lui avait pris son titre.

    Cependant, après à sa sortie de la pièce, il fut surpris d’entendre une foule. Il se dirigea du couloir vers la salle aux murs de marbre et vit des caméras et des photographes.

     

    Un garde — pas l’un des siens — se tenait la main posée sur un revolver dans son étui, attitude que les gens proches de la cour disent être une violation du protocole en présence du prince héritier.

    Puis il vit Mohammed ben Salmane se diriger rapidement vers lui. Il y eu le baiser et le serment d’allégeance marmonné.

    Cela prit environ 15 secondes.

    Puis un garde enveloppa les épaules de Mohammed ben Nayef d’un manteau noir et le conduisit à son palais de Djeddah.

    Source : The Wall Street Journal, Justin Schek, Shane Harris & Summer Said, 19-07-2017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    Massacre à Mossoul : « Nous avons tué tout le monde – l’EI, les hommes, les femmes et les enfants »

    Des soldats irakiens sur les rives du Tigre. Compressés dans les gravats à leurs pieds, plusieurs centaines de corps (MEE)

     

    Les derniers jours de la bataille contre l’EI, les soldats irakiens ont reçu un dernier ordre, très dur, de tuer tout ce qui bouge.

    Écrasés sous les décombres, on peut trouver ceux qui en ont fait les frais

     

    MOSSOUL, Irak – Le soldat irakien jette un coup d’œil à l’extérieur de la pièce où il se trouve, tenue par trois murs, à travers une friche de gravats s’effondrant abruptement jusqu’aux rives du Tigre.

    Il réfléchit à ses derniers jours, très violents, de combats contre le groupe État islamique (EI).

    « Nous les avons tous tués », raconte-t-il calmement.

    « Daech, les hommes, les femmes et les enfants. Nous les avons tous tués. »

     

    Ce qu’il reste de cette partie de la vieille ville de Mossoul, où les combattants de l’EI ont livré leur dernier combat, est un endroit terrible. Et ce qui se trouve en dessous trahit les sombres derniers jours de la bataille pour Mossoul.

    « Nous les avons tous tués. Daech, les hommes, les femmes et les enfants. Nous les avons tous tués »

    – Un soldat irakien, Mossoul

    Des centaines de corps gisent, à moitié enterrés dans la maçonnerie effondrée et les décombres de ce qui avait été autrefois un quartier historique et trépidant.

    La puanteur des corps en décomposition, qui arrive rapidement dans les 50°C de la chaleur de l’été, submerge les sens.

    Les pieds sont les restes que l’on remarque en premier. Et il y en a beaucoup, perçant à travers les décombres.

    Ces meurtres de masse ont laissé des traces terribles.

    Au cours de la semaine dernière, des bulldozers blindés ont roulé, en avant et en arrière, sur les maisons toutes froissées, compressant des centaines de corps dans les décombres.

    Mais les morts ne s’en vont pas. Le rouge-brun des morceaux de corps en train de pourrir tranche avec le gris pâle de ce paysage irrégulier de gravats, de poussière et d’immeubles détruits.

    « Il y a beaucoup de civils parmi les corps », explique un commandant de l’armée irakienne à Middle East Eye. « Après l’annonce de la libération, ordre a été donné de tuer tout ce qui bouge. »

    Témoignant sous couvert d’anonymat, le commandant admet que les ordres n’étaient pas bons, mais les militaires devaient les exécuter sans discuter.

     

    « Nous arrêtons très peu de personnes »

    L’argument avancé par certains soldats irakiens selon lequel les prisons de Bagdad sont trop remplies pour accueillir davantage de prisonniers de l’EI fait rire le commandant.

    « Ce n’est pas vrai, nous avons plein de prisons, mais maintenant, nous ne sommes pas en train de traiter les prisonniers comme nous le faisions avant », reconnaît-il.

    « Plus tôt dans la guerre, nous arrêtions de nombreux combattants de Daech et nous les amenions aux services de renseignement. Mais maintenant, nous arrêtons très peu de personnes. »

     

    Lundi, plusieurs journalistes ont vu un prisonnier de l’EI se faire traîner dans les rues en ruines de la vieille ville par les soldats des forces spéciales.

    L’homme était attaché et avait une corde nouée autour du cou. Les soldats ont confisqué les cartes mémoire des journalistes et on nous a ordonné de quitter la ville.

    « Ici, il n’y a plus de loi maintenant », souligne le commandant. « Chaque jour, je vois que nous faisons la même chose que Daech. Les gens descendent vers le fleuve pour avoir de l’eau parce qu’ils meurent de soif, et nous les tuons. »

    Les corps tapissent maintenant les rives du Tigre.

    Tués par des frappes aériennes, des combats ou des exécutions, morts de faim ou de soif, certains ont été ramenés par le fleuve sur les rives pendant que d’autres flottent encore dans les eaux bleues.

    Certains des corps sont très petits. Ce sont des enfants.

    Des images diffusées sur les réseaux sociaux le 17 juillet ont montré des hélicoptères irakiens en train de mener ce que l’on pense être les derniers raids aériens de la bataille pour Mossoul, qui a duré neuf mois.

    Au son d’une musique joyeuse et victorieuse, les hélicoptères ciblent des personnes désespérées qui essaient de s’échapper de la vieille ville en nageant dans le fleuve, grand et dangereux.

    Tout près, des soldats posent pour les photos de la victoire, un drapeau irakien enfoncé au bout d’une pile de décombres et de morceaux de corps.

    Ils sont devenus insensibles au paysage de mort dans lequel ils se déplacent. La brutalité de ce long conflit et la barbarie de leur ennemi ont pris le dessus sur les forces armées irakiennes. Il ne reste plus beaucoup d’humanité.

    Les soldats – la plupart le visage enveloppé dans des écharpes pour se protéger de l’odeur oppressante de la mort  – fouillent dans les décombres et les corps, tragiquement à la recherche de modestes butins de guerre.

    Des pièces d’AK47 brulées et cassées, des magazines vides, quelques boîtes de munitions.

    À la fin de la semaine dernière, les forces irakiennes se faisaient encore attaquer par quelques combattants de l’EI restant, surgissant de trous dans les décombres ou d’immeubles effondrés pour tirer sur des soldats ou lancer des grenades.

    Jeudi, un soldat s’est approché de ce qu’il pensait être le cadavre d’un combattant de l’EI. L’homme faisait semblant d’être mort et tira à bout portant sur le soldat avec un pistolet.

    Lundi, lorsque quatre combattants de l’EI – deux étrangers et deux Irakiens – ont été trouvés en train de se cacher sous terre, il y avait encore des gens en vie dans les décombres. Selon un soldat irakien stationné là, les quatre ont été tués.

    Ceux-là, semble-t-il, faisaient partie des quelques rares survivants, selon les soldats.

    Certains essaient toujours de prendre les soldats irakiens pour cible depuis des cachettes souterraines.

    Jeudi dernier, Haidar, un soldat de l’armée irakienne, a déclaré que huit tunnels distincts, avec des gens à l’intérieur, avaient été identifiés par les militaires, principalement grâce à des entretiens avec les femmes et les enfants qui s’en étaient échappés.

    « Dans notre zone, il y en a trois. Dans un tunnel, on a compté six combattants irakiens de l’EI.

    Dans un autre, trente, dont neuf femmes.

    Et dans le troisième, nous ne savons pas exactement combien il y en a mais les gens qui en sortent nous disent qu’il y en a beaucoup », résume-t-il.

     

    Personne ne sait ce que sont devenus ces gens – mais très peu de civils ont émergé des ruines en vie depuis jeudi.

    Les provisions en nourriture et en eau sont aussi rares, voire inexistantes sous le sol.

    Les derniers civils à sortir des décombres ressemblaient à des victimes d’un camp de concentration, et plusieurs ont rapporté ne pas avoir mangé depuis deux semaines. Certains étaient presque mourants.

    Mercredi dernier, un garçon yézidi affamé, âgé de 11 ans, s’est effondré en larmes dans un hôpital de campagne où il était traité pour déshydratation extrême et malnutrition.

    Il racontait avoir vu mourir de soif quatre enfants avec lesquels il se cachait.

    L’EI avait enlevé le garçon et sa sœur de 13 ans, qu’il n’a pas vue depuis un mois, dans leur maison, dans les montagnes de Sinjar en Irak en 2014.

    L’EI a massacré des milliers de Yézidis – dont il qualifiait la foi ancestrale de rituel satanique – et fait prisonnier des milliers d’autres femmes et enfants.

    « Nous ne leur donnerons rien », a dit Haider, jeudi.

    « Hier, un des soldats s’est relâché et s’est baissé pour tendre une bouteille d’eau dans un trou où il pensait que des civils étaient piégés.

    Un combattant de l’EI s’est saisi de son arme à son épaule. C’était un M4 (fusil d’assaut). »

    Près de la rivière, Hussein, qui conduit des bulldozers, explique que son métier consiste à manœuvrer sur les décombres, pour combler les trous suspects où une activité de l’EI a été identifiée.

    « Je remplis les trous avec des gravats pour que Daech ne puisse plus sortir », explique-t-il en admettant qu’il n’est pas tout à fait sûr de ne pas enterrer des gens vivants.

    « Certains des tunnels s’étendent sur une longue distance et peut-être peuvent-ils sortir à un autre endroit. Mais mon boulot est de m’assurer qu’ils ne puissent plus sortir de ces trous. »

     

    La mort est partout

    Même dans les zones de la vieille ville libérées il y a des semaines, la mort rôde toujours.

    Près des restes de la moquée al-Nouri, la tête noircie désincarnée d’une combattante de l’EI qui s’est fait exploser au milieu de femmes et d’enfants en train de fuir, gît à côté d’un cratère.

    Dans la poussière à côté se trouvent une brosse, une sac à main à la mode, des vêtements de couleur – autant de petits objets avec lesquels les gens espéraient fuir – et puis… une jambe de femme.

    Un chat se fraye un chemin à travers les rues en ruines. Un gros morceau de viande fraîche pend de ses mâchoires.

    Il s’agit inévitablement de chair humaine – la seule chair qui reste dans la vieille ville est celle des cadavres.

    De nouveaux corps apparaissent à différents endroits de la vieille ville. Certains ont clairement été exécutés. On leur a tiré dans la tête à une courte distance.

     

    Ils sont plusieurs à toujours avoir des cordes traîner de leurs mains et de leurs pieds attachés, ce qui indique qu’ils ont été traînés à travers les rues désertes, en vie ou déjà morts.

    Certains ont été brûlés pour réduire l’odeur de décomposition.

    Les forces irakiennes revendiquent fièrement avoir tué au moins 2 000 combattants de l’EI lors des dernières phases de la bataille pour la vieille ville. Parmi eux, de nombreux combattants étrangers.

    Aucun chiffre n’a été donné pour les victimes civiles – les femmes et les enfants qui n’ont pas pu s’échapper.

    La façon dont les bulldozers ont roulé sur les décombres et les corps, labourant d’avant en arrière le terrain indique clairement que les pertes véritables, dans le massacre final du conflit de Mossoul, ne sera jamais connu.

     

    La vieille ville de Mossoul, qui fut autrefois élégante, est aujourd’hui un vaste cimetière, un monument réduit en miettes pour un des conflits les plus terribles du XXIe siècle.

     

    Source: MEE

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    La Bataille de Mossoul
     

    La Bataille de Mossoul

    Long RetEx de Jean Cuny sur la Bataille de Mossoul. À savourer sans modération. Une partie des notes sont de la Rédaction.

     

    I Capitale de l’État islamique.

    Le 6 juin 2014, l’État islamique en Irak & au Levant et d’autres groupes sunnites comme l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya ou Ansar al-Islam attaquent Mossoul, après 4 jours de violents combats, les forces gouvernementales en déroute abandonnent la ville, ce qui permet aux insurgés de s’emparer d’un important butin : environ 3.000 Humvee, 50 chars lourds, 150 blindés légers et 60.000 armes individuelles.

    Cette alliance entre groupes insurgés n’a pas duré longtemps car dés le 20 juin des combats ont éclaté entre les forces d’Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)1 et celles de l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya2 qui ont fini par rejoindre les troupes gouvernementales. Quant aux membres d’Ansar al-Islam, ils ont rejoint l’EI.

    A l’issue de ces combats plus de 500.000 civils ont fui Mossoul.

    Le 29 juin 2014, c’est à Mossoul qu’Abou Bakr al-Baghdadi annonce le rétablissement du califat et Mossoul en est la capitale.

    Elle devient donc, en quelque sorte la vitrine de l’EI qui commença par réaliser une purification religieuse de la ville : les chrétiens encore présents dont les maisons avaient été marquées par la lettre N (Nazaréens) furent sommés de choisir entre trois options :

    1- se convertir à l’Islam ;
    2- payer la jyiziah (impôt payé par les non-musulmans) ;
    3- ou partir, ce qu’ils choisirent de faire.

    Le sort des Yézidis fut plus terrible : les hommes furent massacrés, les femmes violées et vendues comme esclaves, les enfants convertis de force à l’Islam.

    L’EI mit en place sa politique à base d’exécutions publiques, de châtiments corporels, la police religieuseétait omniprésente, les femmes devaient être voilées et porter des gants.

    L’État Islamiqueétant en guerre, la ville de Mossoul devint un centre de production d’armement, essentiellement de munitions (obus de mortier, roquettes, roquettes anti-char) mais aussi de certaines armes (LRAC, canons sans recul).

    La progression des troupes de l’EI vers le sud : prise de Ramadi, de Falloujah semble annoncer la chute de Bagdad, en outre l’EI s’empare d’une partie de la Syrie.

    L’armée irakienne telle qu’elle avait été réorganisée par les États-Unis après 2003 comptait sur le papier 170.000 hommes, mais on estime que pour 30% il s’agissait de soldats fantômes ce qui permettait à leurs officiers de toucher leurs soldes, le reste des troupes était peu motivé, à cela s’ajoutait l’animosité entre sunnites et chî’îtes. Il ne faut donc pas s’étonner des revers subis par cette armée en 2014 et 2015.

    La gravité de la situation explique que dans une fatwa (extrêmement rare dans l’Islam chî’îte, la dernière remontant à 1914), l’ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihâd contre l’État Islamique. Des dizaines de milliers de volontaires rejoignent les milices chî’îtes.

    Ces milices, essentiellement chiites mais aussi sunnites ou chrétiennes sont bientôt regroupées dans les Hachd al-Chaabi 3 dont les forces permanentes s’élèvent à environ 60.000 hommes.

    L’armée irakienne est réorganisée avec le soutien de milliers de conseillers militaires occidentaux mais aussi iraniens, elle bénéficie de l’appui aérien d’une coalition arabo-occidentale, en fait essentiellement occidentale.

    Cet appui a permis aux forces armées irakienne de bloquer l’offensive de l’EI puis de contre-attaquer à partir du printemps 2015.

     

    II Offensives sur Mossoul.

    Fin mars 2016, l’armée irakienne se lance à l’attaque pour reprendre pied dans la province de Ninive, mais la progression est lente car elles n’avancent que de 15 kilomètres en trois mois. A la fin du mois de septembre cependant, les forces irakiennes sont parvenues à portée de Mossoul.

    Le 17 octobre 2016, le premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce le début de la Bataille de Mossoul. Offensive appelée Qadimum ye Naynawa (Ninive, nous arrivons).

    Quelles sont les forces en présences ?

    Côté irakien 100.000 hommes, un chiffre qui semble impressionnant, mais il faut en déduire tous ceux qui sont affectés à la logistique, il est aussi nécessaire de maintenir de nombreux postes de garde face aux incursions des commandos de l’EI, en outre une bonne partie de ces forces n’est pas directement engagée contre Mossoul puisque les Unités de Mobilisations Populaires qui suivent la stratégie iranienne, à la grande fureur des Américains qui n’hésiteront pas à les bombarder plus d’une demi douzaine de fois, ont entrepris une attaque vers le nord ouest pour encercler Mossoul et empêcher les djihâdistes de s’enfuir vers la Syrie.

    Dans ce chiffre il faut aussi compter les forces tribales sunnites qui s’élèvent à environ 20.000 hommes et au nord les Peshmerga.

    Les Irakiens bénéficient bien sûr d’un important appui aérien mais aussi d’un appui d’artillerie dont des batteries américaines (XM-7774, M-142 HIMARS5 et françaises (4 CAESAR6) qui ont tiré 13.000 obus durant la bataille).

    En face 3.000 à 5.000 djihâdistes dont plus d’un millier de combattants étrangers.

    Dans les deux camps on commence à avoir une certaine expertise des combats urbains après les batailles pour Ramadi de décembre 2015 à février 2016 et pour Falloujah en mai-juin 2016.

    Le fer de lance de l’armée irakienne est composé de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS), 7.000 hommes entraînés par des conseillers occidentaux (français du DIO de la 13e DBLE, américains, australiens, espagnols), instruction portant sur le combat urbain et la neutralisation des IED.

    On utilise les mortiers pour dégager le terrain miné puis viennent les bulldozers blindés, ensuite les blindés et si la résistance est trop forte, on a recours à l’aviation.

    Une méthode qui n’est pas particulièrement soft car la ville de Ramadi a été détruite à plus de 70%.

    Côté djihâdiste on a recours à la trilogie voitures piégées, pièges explosifs, snipers. Il s’agit d’user peu à peu les forces attaquantes.

    Pour se déplacer, les djihâdistes utilisent des tunnels, percent les murs pour se déplacer discrètement de maison en maison.
    A Mossoul, les djihâdistes ont eu plusieurs mois pour se préparer : barrant les principales voies d’accès par des levées de terre, creusant des tunnels, préparant des centaines de voitures piégées.

    La dernière quinzaine d’octobre voit les forces anti-EI s’emparer de la périphérie de Mossoul pendant que les Hachd al-Chaabi remontent vers le nord ouest pour isoler la ville.

     

    III Dans l’enfer du combat urbain.

    Le 4 novembre les forces irakiennes commencent à attaquer la partie est de la ville, très vite les combats deviennent extrêmement violents, en avant des forces irakiennes se trouvent les unités anti-terroristes puis viennent les forces de la police fédérale chargées de sécuriser les zones conquises, mais ces dernières, peu aguerries, abandonnent souvent leur poste à la moindre fusillade, ce qui contraint les unités anti-terroristes à revenir.

    Même dans les zones conquises l’insécurité est totale du fait des infiltrations djihâdistes et surtout de l’emploi massif de voitures piégées, les conducteurs de celles-ci sont guidés par des drones qui permettent aux djihâdistes de repérer les concentrations de forces irakiennes et de les utiliser au mieux.

    Du début novembre à la mi-décembre, les djihâdistes ont utilisé 630 véhicules piégés qui en plus des missiles anti-chars, des LRAC, des canons sans recul ont causé de lourdes pertes matérielles et humaines aux forces irakiennes : plusieurs dizaines de chars, des dizaines de véhicules blindés, plus de 300 Humvee.

    Quant aux pertes humaines, elles dépassent les 2.000 morts début décembre, pertes pesant avant tout sur les unités d’élite en première ligne, la fameuse Division d’or des forces spéciales aurait perdu 20% de ses hommes et 35% de ses véhicules.

    Pour donner une idée de la férocité des combats, prenons l’exemple de l’Hôpital al-Salam : le 6 décembre, la 9e Division blindée irakienne s’en empare, mais les djihâdistes contre-attaquent et reprennent l’hôpital, dans l’affaire les forces irakiennes ont laissé la bagatelle de 15 BMP-1détruits, 2 capturés, 6 Humvee et un bulldozer détruits, ils ont eu plus de 30 tués et plus de 40 blessés. L’hôpital ne sera repris qu’un mois plus tard par les forces irakiennes après de violents bombardements aériens (plus de 25 bombes).

    Durant la seconde quinzaine de décembre, l’armée irakienne reprend son souffle et sécurise les zones conquises avant de se relancer à l’attaque début janvier 2017.

    Il lui faut cependant 3 semaines pour venir à bout des derniers djihâdistes isolés dans Moussoul Est depuis la destruction des ponts et ce n’est que le 24 janvier que la partie est de la ville est considérée comme reprise.

    Mais Mossoul Est est loin d’être sécurisée car y subsistent des cellules dormantes de l’EI qui bombarde cette partie de la ville avec des roquettes, des obus de mortier et utilise aussi un matériel plus précis, les drones armées. Durant la seule seconde quinzaine de février, il y a 200 morts à Mossoul-Est.

    Après une nouvelle pause, les forces irakiennes lancent leur offensive par le sud contre Mossoul ouest le 19 février. Premier objectif l’aéroport et la Base militaire de Ghaziani dont la prise est effective le 23 février.

    Puis les unités anti-terroristes et la police fédérale (ERD/FIR) entrent dans la ville, le 7 mars le siège du gouvernement fédéral est pris, mais une contre-attaque djihadiste met les forces irakiennes en difficulté, le 15 mars une voiture piégée parvient à s’infiltrer jusqu’au gouvernorat et détruit 34 Humvee 3 autres blindés, 1 camion et 1 char.

    Devant les difficultés de l’avance, l’armée irakienne a massivement recours à l’artillerie et à l’aviation : le 17 mars, pour liquider 2 snipers, l’aviation américaine bombarde et tue plus de 100 civils.

    Comme le dira le US Secretary of Defense, le général (Ret) James Mad Dog Mattis, « La perte de civils fait partie de la vie dans ce genre de cas ».

    Pour enfoncer le clou et purger les toits des snipers on utilise aussi des obus au phosphore blanc7.

    Le 23 mars des avions américains bombardent le quartier d’Al Mawsil al-Jadidah et tuent plus de 230 civils.

    Fin mars, début avril, les forces irakiennes piétinent face à la farouche résistance des djihâdistes. Le commandant de la police fédérale annonce que celle-ci a perdu 325 officiers dans les combats à Mossoul ouest.

    La Division d’or, meilleure unité des forces spéciales irakiennes a subi 50% de pertes en 6 mois.

    Le 6 avril, un hélicoptère Bell 407 irakien est abattu.

    Depuis octobre, les forces gouvernementales ont perdu plus de 9.000 hommes, 39 T-72, 47 Abrams, 125 blindés de divers modèles, près de 900 Humvee, près de 600 camions.

    Le mois de mai et la première quinzaine de juin sont consacré à la reprise des quartiers entourant la vieille ville, les combats sont très violents : le Quartier du 17 juillet change 3 fois de main. L’EI emploie un camion citerne piégé et blindé portant des lance roquette sur le toit pour s’ouvrir la voie lors d’une contre attaque dans le quartier de Rifai.

    L’armée irakienne emploie des bulldozer pour sécuriser ses flancs par des levées de terre afin de bloquer les voitures piégées et pour déblayer les rues des carcasses de voitures et des barricades construites par les djihâdistes, mais ces bulldozers sont des cibles de choix et l’on manque bientôt de conducteurs, ce qui est un signe de la dureté des combats.

    Le 18 juin, l’armée irakienne annonce le début de son offensive contre la vieille ville de Mossoul. Elle emploie des unités de la Division d’or, des 15e, 16eDivisions et de la Police fédérale.

    Les combats se déroulent dans des rues étroites où les forces irakiennes ne peuvent engager des blindés et les djihâdistes des voitures piégées, mais ils remplacent celles-ci par des motos piégées.

    Le 21 juin, la grande mosquée Al-Nouri est détruite par les djihâdistes.

    La progression est lente, l’armée irakienne a recours systématiquement à l’artillerie et à l’aviation dés qu’une trop forte résistance se fait sentir.

    Mais les djihâdistes ne se contentent pas de simplement résister, ils lancent aussi des contre-attaques : le 25 juin, des islamistes parviennent à s’infiltrer dans 3 quartiers par l’armée irakienne et il faut l’intervention de deux brigades de la Division d’or pour les nettoyer de nouveau.

    Des membres de la 82nd Airborne Division8 coordonnent l’action des troupes irakiennes et assurent la liaison avec l’appui aérien.

    La progression est difficile, en outre les djihâdistes contre-attaquent encore le 3 juillet.

    Finalement, le 9 juillet 2017, le premier ministre irakien Haidet al-Abadi annonce la libération de Mossoul, mais l’annonce est prématurée car ce n’est pas avant le 11 juillet que les combats se termineront dans la vieille ville. Celle-ci est dévastée : sur 5.536 bâtiments 490 sont complètement détruits, 3.310 sévèrement endommagés, 1.736 modérément endommagés.

    Les forces irakiennes auraient au minimum perdu 1.000 tués et 6.000 blessés durant la bataille.

    L’unité la plus touchée est sans conteste la Division d’or c’est à dire l’ICTS, unité formée par les Américains depuis 2003, elle a été engagée quasiment seule dans les combats à Mossoul Est où, selon un officier américain, sa 1ère Brigade aurait perdu à la mi-décembre 50% de ses Humvee.

    Elle a de nouveau été engagée à Mossoul ouest, mais cette fois-ci, la Police fédérale a joué un rôle important et lors de l’assaut contre la vieille ville des unités de l’armée ont été engagées avec la volonté de finir vite, mais aussi pour compenser les pertes des autres unités.

    On a comparé la Bataille de Mossoul à la Bataille de Stalingrad, en ce qui concerne la férocité des combats, c’est certain. Mais l’on oublie qu’à Stalingrad, les forces soviétiques ont bénéficié d’un flot continu de renforts et de l’appui de l’artillerie située sur la rive orientale de la Volga.

    Les djihâdistes, rapidement encerclés ont été réduits à leurs seules forces, ils ont cependant bénéficié du fait qu’à Mossoul se trouvaient des ateliers de fabrication d’explosif et d’armes, ce qui leur a permis de construire des centaines de véhicules piégés, de disposer de larges quantités d’obus de mortier, de roquettes et de lance-roquettes et de multiplier les pièges explosifs.

    La perte de Mossoul porte un rude coup à l’organisation djihâdiste car elle a subi des pertes non négligeables en terme d’effectifs, elle a perdu d’importantes capacités de production militaire, sa réduction du contrôle sur la population représente une perte importante de revenus et aussi une réduction de ses capacités de recrutement. Toutefois l’État Islamique est loin d’être vaincu.

    Pour le gouvernement irakien, cela représente une victoire, victoire obtenue cependant au prix d’un affaiblissement de ses meilleures unités, à savoir l’ICTS qui a subi des pertes sensibles.

    En outre, se pose le défi de la reconstruction d’une grande ville, plus de 800.000 personnes sont encore déplacées. Se pose aussi le problème des rapports entre sunnites et chî’îtes, le gouvernement irakien doit rétablir la confiance des sunnites à son égard, ce qui représente certainement le plus grand défi auquel il a à faire face.

     

    Notes

    1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
    2 Ou Jayš Rajal al’-Tariqa al’-Naqshbandiyya (JRTN, Armée des hommes de la Naqshbandiyya), créée le 30 décembre 2006, la nuit qui a suivi l’exécution du président Saddam Hussein. Dirigée par Ezzat Ibrahim al-Duri, elle se réclame du Ba’asisme et aussi du soufisme de la confrérie de la Naqshbandiyya, elle regroupe 2.000 à 3.000 hommes.
    3 Ou Unités de Mobilisation Populaire. Rassemblent 60 à 70 milices, certaines sont sunnites ou chrétiennes mais la majorité sont chî’îtes. Les plus importantes sont l’Organisation Badr dirigée par Hadi al-Ameri, les Kata’ib Hezbollah (Brigades du Parti de Dieu) dirigées par Abou Mahdi al-Muhandis qui est aussi le chef militaire des UMP.
    4 Obusier US de 155/L39.
    5 Pour HIMARS (High Mobility Rocket System) porte 6 roquettes de 227 mm, portée 480 km.
    6 Ou Canon Équipé d’un Systéme d’ARtillerie, 155/L52 portée 42km.
    7 Une arme prohibée par les conventions internationales. Mais, là, pas de ligne rouge…
    8 Lire à son sujet l’excellent, Cahier du Retex, Les fantômes furieux de Falloujah : opération Al-Fajr/Phantom Fury (juillet-novembre 2004), publié Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF).

     

    ET AUSSI

     

    Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive
    Ryan al-Kildani (à droite)

    Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive

     

    Pour la première fois – du moins officiellement– des combats entre milices chrétiennes se sont produits à Baghdeda, dans la région de Qaraqosh – à l’est de Mossoul– le 15 juillet dernier.

     

    Responsables : les Unités de protection de la plaine de Ninive (NPU)financées par des Assyriens résidant aux Etats-Unis et dans le monde – qui ont arrêté 6 membres des Brigades de Babylone– autre milice chrétienne mais qui fait partie des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire, force paramilitaire majoritairement chiite).

     

    Leurs prisonniers sont accusés d’avoir saccagé des maisons et des églises chrétiennes, dont le monastère syriaque de Mar Behnam datant du 4ème siècle.

    Comme il fallait s’y attendre, les Brigades de Babylone ont entrepris de les libérer…

    Les accusations portées contre les Brigades de Babylone sont extravagantes.

    Tout le monde sait que ce sont Les Lions de Babylone, comme on les appelle aussi, qui ont repris en novembre dernier le monastère de Mar Behnam occupé depuis juillet 2014 par les forces djihadistes, et qu’après les combats les bâtiments se trouvaient dans un triste état.

    Ce clash entre milices chrétiennes fait suite à des interventions médiatisées de Sa Béatitude Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de tous les Chaldéens, qui s’en est pris à plusieurs reprises, nommément, à Ryan Salem al-Kildani (le chaldéen) – chef des Brigades de Babylone, déclarant qu’il ne représente pas les chrétiens et exhortant ces derniers à ne pas s’engager dans sa milice.

    Le patriarche semble avoir choisi son camp. On ne l’a pas entendu se plaindre de l’encadrement des milices chrétiennes basées au Kurdistan par d’anciens militaires occidentaux…

     

    Les Hachd al-Chaabi redorent leur image

    En fait, les chefs de ces milices – sous influence américaine, kurde ou israélienne– n’acceptent pas que des chrétiens irakiens, suivis par des membres d’autres minorités religieuses, combattent au sein des Hachd al-Chaabi.

     

    Pourquoi ? Simplement parce qu’ils se positionnent du côté kurde, américain et anti-iranien dans la perspective des affrontements qui risquent de se produire prochainement à Kirkouk et dans les territoires contestés, c’est-à-dire occupés par les peshmerga.

    Les chrétiens mésopotamiens ont la mémoire courte: à chaque fois qu’ils se sont alliés à des envahisseurs étrangers au Proche et Moyen-Orient, cela s’est mal terminé pour eux.

    A vrai dire, les Hashd al-Chaabi ne sont plus tout à fait une organisation chiite. Le 13 juin 2014, la fatwa du Grand ayatollah Ali Sistani appelant au combat contre l’Etat islamique s’adressait à tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique.

    Il a été en partie entendu : outre les chrétiens des Brigades de Babylone, des sunnites – membresde tribus victimes d’Al-Qaïda en Irak, puis de l’Etat islamique (EI)– sont dans leurs rangs. Ces trois dernières années, ils ont participé aux batailles livrées dans la région d’Al-Anbar.

    Les Hachd ont profité de leur présence dans la plaine de Ninive pour recruter des combattants dans toutes les communautés religieuses et ethnies : turkmène, yézidie, shabak, y compris des Kurdes réfractaires aux injonctions de Massoud Barzani.

    Complots contre les Hachd

    Quoi que disent les porte-paroles du gouvernement de Bagdad et de la Division d’or, les Unités de Mobilisation Populaire ont participé à la bataille de Mossoul.

    En février dernier, le cheikh Youcef, un des dirigeants des Hashd, m’a certifié à Téhéran – où il intervenait à la Sixième conférence de soutien à l’intifada palestinienne– qu’aucun assaut sérieux de l’armée irakienne contre les positions de l’Etat islamique n’avait lieu sans elles. Pourquoi le cacher  aujourd’hui?

    Dans sa conférence de presse à Bagdad, le 13 juillet dernier, Hadi al-Amiri – secrétaire général de la puissante organisation chiite Badr -, leader officiel des Hachd al-Chaabi, n’a pas manqué de reprocher au Premier ministre Haïdar al-Abadi d’avoir « oublié » de rendre hommage aux Hachd pour leur rôle dans la libération de Mossoul et fait état de complots ourdis contre elles.

     

    On sait que les Américains poussent Abadi à les dissoudre, voire que le Pentagone aurait constitué une force spéciale nommée « Les Tigres » pour localiser les membres du Haut-commandement des Hachd… et les éliminer.

     

    France-Irak     Actualite


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    La vérité sur ce Venezuela qui plaît tant à Mélenchon

     

    Par Jean-Yves Naudet.
    Un article de l’IREF-Europe

     

    Le 6 décembre 2015, l’opposition, regroupement de partis de droite et de gauche, avait très largement emporté les élections législatives, première défaite de la gauche socialiste depuis qu’Hugo Chavezétait arrivé au pouvoir en 1999 ; défaite cuisante pour son successeur, Nicolas Maduro, l’opposition ayant obtenu les deux tiers des voix comme des sièges, et le parti socialiste unifié du Venezuela au pouvoir le tiers restant.

    Victoire d’autant plus remarquable que le pouvoir chaviste avait tout fait pour museler l’opposition dans les médias et pour faire pression sur les électeurs, tandis qu’il emprisonnait de nombreux opposants.

    Cette défaite s’explique largement par la situation dramatique de l’économie vénézuélienne et la leçon de l’expérience chaviste, une de plus dans l’histoire tragique du socialisme marxiste, est claire : quinze années de socialisme ont détruit l’économie vénézuélienne, pourtant longtemps soutenue par la manne pétrolière.

    Certes, la page du socialisme vénézuélien n’est pas encore tournée, car le Président Maduro a montré qu’il ne reculait devant rien, face à cette cohabitation nouvelle pour lui.

    Il s’est empressé de prendre certaines mesures, prétendant dialoguer directement avec le peuple (avec un quasi-parlement parallèle) et non avec les parlementaires élus, et retirant certains pouvoirs de nomination au Parlement, alors qu’il contrôle déjà l’armée, la banque centrale et la grande entreprise pétrolière.

    Le discours officiel à la télévision est sans ambiguïtés : l’opposition aurait mené « une guerre économique sans merci contre le pouvoir révolutionnaire, permettant une victoire de la droite fasciste. » Discours souvent entendu sous d’autres cieux.

     

    Files d’attente et inflation typiques des régimes socialistes

    La situation économique du Venezuela est typique des régimes socialistes.

    D’abord, ce sont les files d’attente dans les magasins : c’est la pénurie de nombreux produits qui caractérise le système en raison de la destruction du commerce et des importantes restrictions à la liberté d’entreprendre, des contrôles bureaucratiques et des prix fixés arbitrairement par l’État : de quoi faire disparaître les produits des magasins, en particulier les produits de base, du sucre à l’huile, en passant par les médicaments ou le papier toilette.

    Mais aussi de quoi alimenter un marché noir, qui, lui, pratique les vrais prix, avec en prime corruption, criminalité et spéculation ! La file d’attente est la première carte de visite de toute économie socialiste, les pays de l’Est en ont fourni l’exemple jusqu’à la chute du mur de Berlin.

    Le contrôle des changes vient compléter le tableau, avec des taux de change artificiels (et donc un marché parallèle).

    Mais si le contrôle des prix fait disparaitre l’offre des produits contrôlés, le déséquilibre se manifeste ailleurs, avec une inflation ouverte.

    Le chiffre n’est plus publié depuis un an, mais une fuite a permis d’obtenir le résultat des douze derniers mois : 270% ! Le pouvoir d’achat est directement atteint : pénuries et hyperinflation ont lourdement pesé sur le vote des électeurs.

     

    Effondrement de l’offre et gaspillage de la rente pétrolière

    venezuela maduro rené le honzecL’effondrement de l’offre, accentué par tous les contrôles étatiques, se traduit aussi par une récession et le recul du PIB, déjà supérieur à 4% en 2014, s’est accentué en 2015.

     

    Le FMI l’évalue à 10%, car les chiffres officiels ont disparu, pour ne pas faire le jeu de la « guerre économique » que l’opposition et « l’impérialisme américain » mèneraient au pouvoir. « Transparencia internacional » a même, en vain, essayé d’agir en justice pour obtenir la publication des statistiques économiques, au nom de la transparence.

     

    Le gouvernement s’est lancé dans une fuite en avant monétaire, prenant totalement le pouvoir à la banque centrale, qui finance ainsi l’incroyable déficit budgétaire (25% du PIB) et les nombreuses entreprises publiques.

    Cette dégradation rapide de l’économie a eu lieu en dépit de la rente pétrolière, qui représente 96% des exportations et 25% du PIB. Cette rente a été totalement gaspillée en mesures démagogiques destinées à calmer l’opinion, tandis que le reste de l’économie se délabrait peu à peu.

    Mais le pétrole n’a pas empêché le surendettement du pays.

    Certains mettent en avant la chute des cours du pétrole pour expliquer la débâcle actuelle, mais l’économie était déjà en crise quand le pétrole était au plus haut, et la chute récente n’a fait que révéler le désastre du reste de l’économie, que masquait la rente pétrolière.

    Un des pires indices de liberté économique

    Cette catastrophe économique est parfaitement illustrée par l’indice de liberté économique publié chaque année par la Fondation Heritage et le Wall Street Journal. Il montre que le Venezuela se situe, pour les libertés économiques, à la 175ème place sur 178 pays !

    On ne trouve de pire que le Zimbabwe, Cuba et la Corée du nord, de quoi faire rêver !

    La note sur 100 du Venezuela est de 36,4 quand celle du premier pays, Hong Kong, est supérieure à 90. Même la France, pourtant lourdement étatisée, à la 70ème place, a une note presque double, 63,5 !

    Remarquons d’ailleurs que le Venezuela n’est pas seul en Amérique latine à être sinistré en matière de libertés économiques, car, outre Cuba, on trouve aussi l’Argentine (168ème), l’Équateur (159ème) et la Bolivie (158ème).

    Cet indice mesure en particulier la liberté d’entreprendre et celle des échanges, le poids des impôts et des dépenses publiques, la protection de la propriété ou encore la liberté sur le marché du travail. Indice de libertés pour les notes élevées, il devient donc a contrario un indice de socialisme pour les notes basses.

    L’effondrement économique des pays du bas du classement, en Amérique latine comme ailleurs, a une cause simple : c’est la conséquence des mesures socialistes d’étatisation mises en place et de la faiblesse de l’état de droit.

    La leçon de l’ex-URSS et des pays d’Europe Centrale et Orientale, comme d’autres en Asie ou ailleurs, et la souffrance de leurs populations n’ont donc pas suffi à ouvrir les yeux. Le Venezuela est désormais à la croisée des chemins, car les chavistes feront tout pour rester au pouvoir.

    Mais la leçon est claire, une fois de plus : le socialisme est un outil efficace de destruction économique, alors que la liberté est le moteur de la prospérité.

     

    Cet article a été publié une première fois le 16 avril 2017.

    Sur le web

     

     

    ET AUSSI

     

     

     

    La passivité criminelle de la gauche castrochaviste

    Face aux violations des droits humains commises par les régimes en place à Cuba et au Venezuela, force est de constater qu’il ne reste aucun principe, de ceux brandis autrefois par la gauche radicale, qu’elle n’ait trahi et adultéré.

    Par Fabio Rafael Fiallo.

    Au siècle dernier, époque où les dictatures militaires de droite semaient la désolation en Amérique latine, les mouvements de gauche jouèrent un rôle majeur dans le combat contre la perpétuation au pouvoir (continuisme) des caudillos du moment et les coups d’États militaires, ainsi qu’en faveur du respect des droits humains.

    Inspirés d’une idéologie marxiste qu’ils croyaient « scientifique », ils se proclamaient, en outre, hérauts d’une société juste et égalitaire.

    Pour une si louable attitude, ses membres (ni moins ni plus que les porte-drapeaux d’idéaux libéraux, antitotalitaires et donc anticommunistes) payèrent un lourd tribut en termes d’emprisonnements, de tortures et d’assassinats.

     

    Silence face aux violations des droits de l’homme

    Aujourd’hui, à la lumière de l’indolence complice de la gauche radicale latino-américaine et de ses alliés européens (Podemos, le Monde diplo et autres Mélenchon) face aux violations des droits humains commises par les régimes en place à Cuba et au Venezuela, force est de constater qu’il ne reste aucun principe, de ceux brandis autrefois par la gauche radicale, qu’elle n’ait trahi et adultéré.

    À commencer par la dénonciation du continuisme. Tout comme hier, ils s’insurgent contre les tentatives de réélection des dirigeants politiques placés à droite ou même au centre de l’échiquier politique.

    En revanche (et là réside l’incohérence), ils comprennent, justifient, et vont jusqu’à applaudir, la plus longue et tragique perpétuation au pouvoir connue en Amérique latine, celle de la gérontocratie castriste, ainsi que le continuisme des mégalomanes du « socialisme du 21e siècle », tels Hugo Chavez (aujourd’hui défunt), Evo Morales (Bolivie) et Daniel Ortega (Nicaragua).

     

    L’autoritarisme de Maduro

    Ils comprennent et justifient également que le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, détesté par la population selon tous les sondages, essaie de se maintenir au pouvoir en convoquant – sans respecter la procédure prévue à cet effet par la Constitution léguée par Hugo Chavez – une assemblée constituante qui n’a pour but que de remplacer l’Assemblée nationale (élue par le peuple et dans laquelle l’opposition est largement majoritaire) et de permettre à Maduro de réprimer encore plus aisément le mécontentement populaire.

    Il convient de signaler que l’assemblée constituante concoctée par Maduro est rejetée, non seulement par l’opposition vénézuélienne, mais aussi par un nombre croissant de figures importantes du chavisme.

    Ainsi, pendant que des chavistes de la première heure se démarquent de leur président, la gauche radicale de l’Amérique latine et ses alliés européens ferment les yeux devant les dizaines de tués, les centaines de blessés et de torturés et les milliers de détenus par le régime vénézuélien pour avoir pris part aux manifestations de rue qui, depuis déjà plus de 100 jours, réclament le départ de Maduro et la tenue d’élections libres.

     

    La gauche aveugle

    La nature despotique du régime vénézuélien est dénoncée même par la procureure générale de la Nation, Luisa Ortega Diaz, en rupture avec Maduro à cause des méthodes dictatoriales employées par ce dernier. Mais la gauche radicale opte pour ignorer avec dédain les graves accusations lancées par cette figure clé du chavisme.

     Même ambivalence à l’égard des coups d’État. Pour la gauche radicale, les putschs sont bons tant qu’ils proviennent des « forces progressistes ».

    Cela fut le cas, à la fin des années 60 du siècle dernier, des coups d’État du général Velasco Alvarado au Pérou et du général Omar Torrijos au Panama, puis de la tentative de putsch d’Hugo Chavez en 1992.

    Par contre, cette gauche moralement hémiplégique aura crié haro sur la tentative de renversement du président Hugo Chavez en 2002, ainsi que sur l’éviction du pouvoir (faite pourtant en conformité avec les procédures constitutionnelles) des alliés du castrochavisme Manuel Zelaya (Honduras) et Fernando Lugo (Paraguay).

     

    Rien sur la bolibourgeoisie

    Le deux poids, deux mesures de la gauche castrochaviste a aussi fait voler en éclats les prétentions égalitaristes de celle-ci.

    Ses membres saisissent toutes les occasions, comme à l’accoutumée, pour condamner les inégalités dans les sociétés capitalistes ; mais ne disent pas un mot sur la nouvelle classe corrompue du Venezuela (la bolibourgeoisie ou bourgeoisie bolivarienne), dont les fortunes sont placées sur des comptes bancaires à l’étranger ou investies dans des entreprises ou des immeubles luxueux dans « l’empire » haï (les États-Unis).

    Entre-temps, au Venezuela (le pays ayant les plus grandes réserves de pétrole au monde), le peuple est aux prises avec l’hyperinflation, les pénuries d’articles de première nécessité, l’effondrement de la monnaie nationale, et en fin de compte la misère.

    Puis, quand les scandales de corruption concernant les dirigeants du castrochavisme sont dévoilés – comme cela a été le cas avec les Panama Papers et avec l’enquête menée par la justice brésilienne sur les pots-de-vin payés par l’entreprise Odebrecht – la gauche radicale préfère regarder ailleurs, paraît-il pour ne pas faire le jeu des « ennemis de la révolution », et va jusqu’à qualifier de telles dénonciations de « schémas politiques interventionnistes ».

     

    Silence de la gauche sur la corruption

    C’est ainsi que ces gauchistes, si prompts à condamner les liens d’Odebrecht avec les gouvernants d’autres pays, et à réclamer des sanctions exemplaires contre ces derniers, se taisent sur le fait que le pays où les pots-de-vin payés par cette entreprise brésilienne ont atteint leur niveau maximum (après le Brésil) n’est autre que le Venezuela chaviste.

    Non moins sidérant est le silence des adorateurs du castrochavisme à l’égard des inégalités à Cuba, où le standing des caciques du régime castriste (qui seuls ont le pouvoir d’achat nécessaire pour se payer des articles et des services offerts dans le très luxueux hôtel Manzana Kempinski, récemment ouvert à La Havane) est en flagrant contraste avec les déboires du Cubain de la rue, obligé de consacrer chacune de ses journées à chercher, sans garantie de trouver, de la nourriture, des médicaments et autres articles de première nécessité.

     

    Silence de la gauche sur la violence envers les femmes

    La gauche radicale montre également une indolence époustouflante à l’égard des violences envers les femmes que l’on observe dans plus d’un pays membre de l’arc castrochaviste.

    En effet, les « révolutionnaires » de l’Amérique latine et d’Europe n’ont jamais rien dit sur les arrestations violentes et les tabassages récurrents que, à Cuba, subissent les Dames en Blanc dont le seul « crime » est celui de réclamer la libération des prisonniers politiques de leur pays.

    Comme ils n’ont jamais rien dit sur les innombrables propos misogynes du président bolivien Evo Morales. 

    Ces gauchistes impénitents ont aussi le toupet de continuer à louer, pour sa rhétorique « antiimpérialiste », un Daniel Ortega (président du Nicaragua) que seul le pouvoir aura sauvé des accusations d’abus sexuel formulées à son encontre par sa belle-fille Zoilamerica.

    Au Venezuela, la femme est en train de payer le prix fort pour avoir le courage de prendre part aux manifestations de protestation contre le régime.

    Plus de 300 ont subi des arrestations arbitraires, parfois même la torture.

    Et cinq parmi elles ont dénoncé avoir été victimes de fouilles corporelles humiliantes au cours de leur détention. Mais de cela, la gauche radicale de l’Amérique latine et d’Europe se moque éperdument.

     

    Humiliation des opposants

    La complicité de la gauche radicale atteint dans ce domaine des magnitudes innommables.

    Car comment est-ce possible que les membres de cette gauche soient demeurés impassibles devant l’opprobre subi par Lilian Tintori– épouse du prisonnier politique Leopoldo Lopez – à qui, plus d’une fois, les geôliers du régime vénézuélien ont fouillé les parties les plus intimes du corps avant de l’autoriser à rendre visite à son mari ?

    Arrêtons-nous un instant et posons-nous une simple question :  est-ce que ces gauchistes indolents – dont un bon nombre avaient connu directement ou par parent interposé des sévices de tout ordre dans les prisons des dictatures de droite d’antan – auraient aimé que leurs mères, épouses, filles ou tantes eussent reçu ce genre de traitement quand elles rendaient visite à un être aimé dans telle ou telle prison des régimes militaires qu’ils combattaient ?

    Pour justifier leur silence à l’égard des atrocités commises par les régimes castrochavistes, nos gauchistes aiment à sortir de leurs poches le sempiternel joker de l’anti-impérialisme.

    Contre toute évidence, ils rétorqueront qu’il s’agit de mensonges ou tout au plus d’exagérations utilisées par l’empire honni et ses complices dans le but, poursuivent-ils, de discréditer, et finalement renverser, des gouvernements qui se battent avec courage pour défendre le droit à l’autodétermination de leurs peuples face aux ingérences impériales.

    Argument fallacieux s’il en est. Car si ces gauchistes tenaient vraiment à soutenir le droit à l’autodétermination des peuples, la première chose qu’ils devraient faire, c’est exiger que les dictatures castrochavistes permettent à leurs peuples le droit de choisir librement leurs dirigeants.

    Après une telle dénaturation de valeurs et de principes, la gauche castrochaviste (Podemos, le Monde diplo et autres Mélenchon inclus) n’a aucune, mais aucune, autorité pour donner à quiconque des leçons de morale.

     

    Cet article a été publié une première fois le 22 juillet.

     

    Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Amérique latine.

     


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    Dommages collatéraux


    Les sanctions étasuniennes contre la Russie heurtent les alliés européens


    Par Diana Johnstone – Le 28 juillet 2017 –

     

    Source UNZ Review

    Réalisent-ils ce qu’ils font ?

    Lorsque les membres du Congrès des États-Unis adoptent des sanctions draconiennes visant principalement à neutraliser le président Trump et exclure toute mesure visant à améliorer les relations avec la Russie, se rendent-ils compte que ces mesures constituent une déclaration de guerre économique contre leurs chers « amis » européens ?

    Qu’ils le réalisent ou pas, visiblement ils s’en fichent.

    Les politiciens américains considèrent le reste du monde comme leur arrière cour, juste bonne à être exploitée, abusée et ignorée en toute impunité.

     

    Le projet de loi H.R 3364 intitulé« Contrer les adversaires de l’Amérique par la loi sur les sanctions » a été adopté le 25 juillet par tous les membres de la Chambre des représentants sauf trois.

    Une version avait déjà été adoptée par tous les sénateurs, sauf deux. Le passage final à un nombre de voix suffisant pour empêcher un veto présidentiel est une certitude.

    Cette crise de colère du Congrès part dans toutes les directions. Les principales victimes risquent bien d’être les chers alliés européens, tant aimés de l’Amérique, notamment l’Allemagne et la France.

    Qui sont parfois des concurrents, mais de si vulgaires considérations n’ont pas lieu d’être dans les salles sacrées du Congrès des États-Unis, totalement dévouées à respecter la moralité universelle.

     

    Le « soft power »économique frappe fort

    Sous ces sanctions étasuniennes, toute nation de l’UE faisant des affaires avec la Russie risque de se trouver confrontée à des problèmes.

    Ce dernier projet de loi s’adresse en particulier aux entreprises impliquées dans le financement de Nord Stream 2, un gazoduc conçu pour fournir à l’Allemagne le gaz naturel dont elle a tant besoin.

    Du coup, mais juste pour aider, les entreprises américaines vont volontiers vendre leur propre gaz naturel à leurs amis allemands, à des prix beaucoup plus élevés.

    Ce n’est qu’un exemple de ce à quoi ce projet de loi soumettrait les banques et les entreprises européennes, des restrictions invalidantes, des poursuites judiciaires et des amendes gigantesques.

    Alors que les États-Unis prônent la « libre concurrence », ils prennent constamment des mesures pour biaiser la libre concurrence au niveau international.

    Suite à l’accord de juillet 2015 qui garantit que l’Iran ne pourra pas développer des armes nucléaires, des sanctions internationales ont été levées, mais les États-Unis ont conservé leurs propres sanctions.

    Depuis lors, toute banque ou entreprise étrangère envisageant un commerce avec l’Iran est susceptible de recevoir une lettre d’un groupe new-yorkais se nommant « Unis contre un Iran nucléaire » qui prévient qu’il existe encore de sérieux risques juridiques, politiques, financiers et de réputation associés aux activités commerciales avec l’Iran, en particulier dans les secteurs de l’économie iranienne comme le pétrole et le gaz ».

    La liste des risques encourus inclut des milliards de dollars d’amendes (américaines), la surveillance par « une multitude d’organismes de contrôle », un danger personnel, un risque de non couverture par les assurances, l’insécurité cybernétique, la perte d’activités plus lucratives, le préjudice à la réputation de l’entreprise et une baisse de la valeur de ses actions.

    Les États-Unis s’en sortent malgré ce comportement de gangster car, au cours des années, ils ont développé un vaste et obscur labyrinthe juridique et sont capables d’imposer leur volonté sur l’économie du « monde libre » grâce à l’omniprésence du dollar, une collecte de renseignements inégalée ou la simple intimidation.

    Les dirigeants européens ont réagi avec indignation aux dernières sanctions. Le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré qu’il était « inacceptable que les États-Unis utilisent des sanctions comme instrument pour servir l’intérêt de l’industrie étasunienne ».

    Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé l’« extraterritorialité » de la législation étasunienne comme étant illégale et a annoncé que « pour nous protéger contre les effets extraterritoriaux de la législation américaine, nous devrons travailler à l’ajustement de nos lois françaises et européennes ».

    En fait, un amer ressentiment contre l’arrogance étasunienne, la poussant à imposer ses propres lois sur d’autres pays, grandit en France et a fait l’objet d’un rapport parlementaire sérieux, présenté aux comités des affaires étrangères et des finances de l’Assemblée nationale française le 5 octobre dernier, sur le thème de l’« extraterritorialité de la législation américaine ».

     

    L’extraterritorialité

    Le président de la commission d’enquête, Pierre Lellouche, député de longue date à Paris, résume ainsi la situation :

    « Les faits sont très simples. Nous sommes confrontés au mur extrêmement dense de la législation américaine dont l’intention précise est d’utiliser la loi pour servir les objectifs de l’imperium économique et politique avec l’idée de gagner des avantages économiques et stratégiques.

    Comme toujours aux États-Unis, cet imperium, ce bulldozer normatif, fonctionne au nom des meilleures intentions du monde puisque les États-Unis se considèrent comme un ‘pouvoir bienveillant’, un pays qui ne peut que faire le bien. »

    Toujours au nom de la « lutte contre la corruption » ou de la « lutte contre le terrorisme », les États-Unis se donnent le droit de poursuivre judiciairement toute entité considérée légalement comme une « personne étasunienne », qui, en vertu d’une loi américaine étrange, peut se référer à toute entité exerçant des activités dans le pays de la liberté, que ce soit en ayant une filiale américaine, en étant cotée à la bourse de New York, en utilisant un serveur basé aux États-Unis, ou même, tout simplement, en commerçant en dollars, ce qui touche toute grande entreprise internationale.

    En 2014, la principale banque française, BNP-Paribas, a accepté de payer une amende de près de neuf milliards de dollars, essentiellement pour avoir utilisé des transferts en dollars dans des accords avec des pays touchés par des sanctions américaines.

    Les transactions étaient parfaitement légales en droit français.

    Mais parce qu’elles ont été payées en dollars, les paiements ont été transférés par les États-Unis, où des experts en informatique diligents ont pu dénicher cette aiguille dans la meule de foin.

    Les banques européennes sont alors confrontées au choix entre des poursuites, ce qui implique toutes sortes de restrictions et de sanctions avant qu’un verdict ne soit atteint, ou bien, conseillées par des avocats d’entreprises américains coûteux, d’entrer dans l’obscure culture du « plea bargain » [le marchandage d’une amende], typique du système judiciaire américain et si peu familier aux Européens. Tout comme pour un pauvre accusé de voler une épicerie, les avocats insistent pour que les grandes entreprises européennes plaident coupables afin d’échapper à des conséquences encore pires.

    Alstom, une multinationale importante dont la section ferroviaire produit les trains à grande vitesse français, est un bijou de l’industrie française.

    En 2014, sous la pression d’accusations américaines de corruption (probablement des pots-de-vin aux fonctionnaires de quelques pays en développement), Alstom a vendu sa filière électrique à General Electric.

    L’accusation sous-jacente est que cette prétendue « corruption » par des entreprises étrangères fait que les entreprises américaines perdent des marchés.

    C’est possible, mais il n’y a pas de réciprocité dans ce cas.

    Toute une gamme d’agences de renseignement américaines, capables d’espionner les communications privées de tout le monde, sont engagées dans un espionnage commercial qui atteint le monde entier.

    À titre d’exemple, le Bureau du contrôle des actifs étrangers, consacré à cette tâche, fonctionne avec 200 employés sur un budget annuel de plus de 30 millions de dollars. Le bureau comparable à Paris emploie cinq personnes.

    Telle était la situation en octobre dernier. Le dernier cycle de sanctions ne peut qu’exposer les banques et les entreprises européennes à des conséquences encore plus sévères, notamment en ce qui concerne les investissements dans le vital gazoduc Nord Stream.

    Ce projet de loi est tout simplement le dernier d’une série de mesures législatives américaines tendant à dégrader la souveraineté juridique nationale et à créer une juridiction mondialisée dans laquelle n’importe qui peut intenter des poursuites pour n’importe quoi, avec la capacité d’enquête ultime et le pouvoir exécutif détenus par les États-Unis.

     

    Détruire l’économie européenne

    Plus d’une douzaine de banques européennes (britanniques, allemandes, françaises, néerlandaises et suisses) ont été victimes de cette justice étasunienne moralisante, alors qu’une seule banque américaine a été touchée : JP Morgan Chase.

    Les États-Unis visent les pays fondateurs européens, alors que leur forte influence sur le nord de l’Europe, la Pologne, les États baltes et la Suède, empêche l’Union européenne de prendre des mesures (nécessairement unanimes) contraires aux intérêts étasuniens.

    De loin, la plus grande prise dans la partie de pêche financière de l’Oncle Sam est la Deutsche Bank.

     

    Comme l’a averti Pierre Lellouche lors de l’audition finale des discussions sur l’extraterritorialité, en octobre dernier, les poursuites étasuniennes contre la Deutsche Bank risquent de toucher l’ensemble du système bancaire européen. Bien qu’elle ait déjà payé des centaines de millions de dollars à l’État de New York, Deutsche Bank est confrontée au risque d’une « amende de 14 milliards de dollars, alors qu’elle n’en vaut que cinq et demi. (…)

    En d’autres termes, si cela se réalise, nous risquons un effet domino, une crise financière majeure en Europe ».

    Bref, les sanctions étasuniennes représentent une épée de Damoclès menaçant les économies de ses principaux partenaires commerciaux.

    Cela risque d’être une victoire à la Pyrrhus, ou plus simplement, tuer la poule aux œufs d’or.

    Mais hourra, l’Amérique serait le grand gagnant au milieu d’un champ de ruines.

    L’ancienne ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, a qualifié la situation de choquante et a fait remarquer que la France avait déclaré à l’ambassade des États-Unis que la situation était « insupportable », insistant sur le fait que « nous devons être fermes ».

    Jacques Myard a déclaré que « le droit américain est utilisé pour gagner des marchés et éliminer les concurrents. Nous ne devrions pas être si naïfs et plutôt réaliser ce qui se passe ».

    Cette enquête fut un pas de plus dans la sensibilisation et la résistance française  à cette nouvelle forme de « fiscalité sans représentation » exercée par les États-Unis contre ses satellites européens. Les membres du comité ont tous convenu qu’il fallait faire quelque chose.

    C’était en octobre dernier. En juin, la France a tenu des élections législatives. Le président de la commission, Pierre Lellouche (républicain), la rapporteuse Karine Berger (socialiste), Elisabeth Guigou (une socialiste de premier plan) et Jacques Myard (républicain) ont tous perdu leurs sièges pour des nouveaux entrants inexpérimentés, recrutés par le parti La République en Marche du président Emmanuel Macron.

    Les nouveaux arrivants ont de la difficulté à trouver leur chemin dans la vie parlementaire et n’ont pas de mémoire politique, par exemple de ce Rapport sur l’extraterritorialité.

    Quant à Macron, en tant que ministre de l’économie, en 2014, il s’est opposé aux décisions antérieures du gouvernement en approuvant l’achat d’Alstom par GE. Il ne semble pas désireux de faire quoi que ce soit pour déplaire aux États-Unis.

    Cependant, certaines choses sont tellement injustes qu’elles ne peuvent pas durer éternellement.

    Diana Johnstone

    Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.


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    4 août 2017

     

     

    «Les forces du Liban sont fortement limitées, notre pays ne pourra pas subir des évènements qui dépassent ses capacités», a déclaré à Sputnik le député du parlement libanais Yasin Jabir, au sujet de l’éventuelle application par Washington des sanctions contre le mouvement libanais Hezbollah.

    Alors que le Congrès des États-Unis s'apprête à imposer des sanctions à l'encontre du Hezbollah une fois que les opérations antiterroristes seront terminées, le député du parlement libanais Yasin Jabir dénonce leur effet néfaste pour l'économie du pays.

    «Si vous voulez voir encore un pays détruit sur la côte méditerranéenne, alors continuez à exercer sur nous cette pression irrationnelle.

    Le Liban fait beaucoup d'effort pour lutter contre le terrorisme et respecter les lois internationales.

    Parfois ces lois agissent contre nous, comme, par exemple, la loi de 2015 portant sur des sanctions.

    Les forces du Liban sont fortement limitées, notre pays ne pourra pas subir des évènements qui dépassent ses capacités», a-t-il affirmé lors d'une interview à Sputnik.

    Par ailleurs, le député, qui vient de rentrer de Washington dans le cadre d'une visite officielle d'une délégation libanaise, a fait part de son espoir que les États-Unis comprendront tout de même tout le sérieux de la situation économique actuelle du Liban.

    «Peut-être que cela aurait pu atténuer l'effet néfaste des mesures prises contre le Liban.

    Dans ces conditions, le secteur le plus fragile est le secteur bancaire, et il est très important pour l'économie du pays», a-t-il insisté, soulignant que le gouvernement libanais critiquait vertement toutes les sanctions visant le pays mais qu'il était «obligé de coopérer avec le Congrès américain pour pouvoir trouver un compromis».

    Selon M.Jabir, il était important d'établir une coopération avec Washington à tous les niveaux.

     

    Auparavant, l'on a appris par la chaîne libanaise lebanon24 que le Congrès des États-Unis était prêt à imposer des sanctions contre le mouvement libanais Hezbollah après avoir éliminé les djihadistes de Daech.

    Les sanctions devraient alors être mises à jour à partir du mois d'août ou de septembre.

    Les mesures entreprises pourraient, entre autre, viser ceux qui financent ce mouvement.

    En outre, l'Union européenne a l'intention d'inscrire le Hezbollah dans la liste des groupes terroristes.

    De son côté, les représentants du mouvement en question, cités par les médias locaux, ont déclaré que les nouvelles sanctions américaines n'étaient rien d'autre qu'une tentative de déstabiliser la situation à l'intérieur du pays.

    source

     
     
     

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    Les néoconservateurs américains reviennent frapper les tambours de guerre en exhortant le président Trump à intensifier ses attaques à l’intérieur de la Syrie, même si cela implique de frapper des cibles russes et de risquer une nouvelle guerre mondiale, rapporte Robert Parry.

    La diabolisation presque universelle par les médias mainstream américains du président syrien Bachar al-Assad et du président russe Vladimir Poutine – ainsi qu’une haine similaire dirigée contre l’Iran et le Hezbollah – mènent le monde sur le sentier de la Troisième Guerre mondiale.

    Le destroyer à missiles guidés USS Porter effectue des opérations de frappe contre une base aérienne syrienne depuis la Méditerranée, le 7 avril 2017 (Photo de la Navy par le sergent de marine 3e classe Ford Williams).

    De façon ironique, le meilleur espoir pour éviter une dangereuse escalade vers un conflit mondial est de s’en remettre à Assad, à Poutine, à l’Iran et au Hezbollah pour faire preuve de retenue face aux attaques militaires illégales, à l’intérieur de la Syrie, des États-Unis et de ses alliés au Moyen-Orient .

    En d’autres termes, après que l’armée américaine a bombardé des forces du gouvernement syrien sur son propre territoire et abattu un avion de guerre syrien dimanche dernier – et après qu’Israël a lancé ses propres frappes à l’intérieur de la Syrie et que l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe ont financé et formé des djihadistes pour renverser Assad – il appartient maintenant au gouvernement syrien et à ses alliés de tendre l’autre joue.

    Bien sûr, il existe également un danger résultant d’une telle maîtrise de soi, car elle peut encourager les agresseurs à tester encore plus les limites, considérant cette retenue comme l’acceptation de leur impunité et une bonne raison pour ignorer tous les avertissements et toutes les lignes rouges qui leur sont adressés..

    En effet, si vous suivez le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et d’autres organes de presse aux États-Unis, la pensée unique la plus frappante qu’ils partagent est que le gouvernement américain et ses alliés ont le droit d’intervenir militairement n’importe où dans le monde. Leur slogan pourrait se résumer comme suit : « Le droit international – c’est pour le gars d’en face ! »

    Dans ce monde à l’envers de l’hégémonie américaine, Assad devient « l’agresseur » lorsqu’il cherche à reprendre le contrôle du territoire syrien contre les insurgés armés, dominés par al-Qaïda et l’État islamique (EI), ou lorsqu’il proteste contre l’invasion du territoire syrien par des forces étrangères.

    Quand Assad recherche légalement l’aide de la Russie et de l’Iran pour vaincre ces djihadistes armés et soutenus par l’étranger, les médias et les politiciens mainstream des États-Unis traitent ses alliances comme inappropriées et posant problème. En revanche, les interventions intrusives en Syrie des États-Unis et ses divers alliés, y compris la Turquie et Israël, sont traitées comme normales et attendues.

     

    Exiger l’escalade

    La grande majorité des critiques des médias américains concernant la politique américaine en Syrie provient de néoconservateurs et d’interventionnistes libéraux qui préfèrent une guerre beaucoup plus ambitieuse et vigoureuse de « changement de régime », même si elle est enveloppée de phrases plus jolies telles que « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne ».

    Nikki Haley, représentante permanente des États-Unis à l’ONU, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie le 27 avril 2017 (Photo ONU)

    Donc, on a l’éditorial du Wall Street Journal de mardi qui se félicite de ce que les Américains ont abattu dimanche un avion militaire syrien parce que celui-ci aurait prétendument lâché des bombes « à proximité » de l’un des groupes de rebelles soutenus par les États-Unis – bien que les Syriens affirment qu’ils visaient une position de l’État islamique.

    Bien que ce soit les États-Unis qui ont abattu l’avion syrien au-dessus de la Syrie, l’éditorial du journal dépeint les Russes et les Syriens comme des têtes brûlées pour avoir dénoncé l’attaque américaine comme une provocation et avoir averti que des frappes aériennes similaires ne seraient pas tolérées.

    En réponse, les rédacteurs néoconservateurs du journal ont réclamé qu’une plus grande force militaire soit exercée contre la Russie et la Syrie :

    « Le risque d’escalade est réel, mais ce n’est pas une escarmouche que les États-Unis peuvent facilement éviter. M. Assad et ses alliés à Moscou et à Téhéran savent que les jours de l’EI sont comptés. Ils veulent exercer un contrôle sur le plus grand territoire possible entre-temps, ce qui signifie écraser le SDF [les forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis].

    « La menace russe lundi de cibler, avec des missiles antiaériens, tout avion américain volant à l’ouest du fleuve Euphrate en Syrie fait partie de la même stratégie d’intimidation.

    La Russie a également suspendu une ligne téléphonique directe entre les deux forces armées destinée à réduire le risque d’une erreur militaire.

    L’Iran, qui arme et assiste M. Assad sur le terrain, a promis d’autres attaques du régime syrien contre le SDF, défiant pratiquement les avions américains de riposter sous la menace russe.

    « La Maison-Blanche et le Pentagone ont réagi avec retenue lundi, appelant à une désescalade et à la réouverture des lignes de communication. Mais si la Syrie et ses alliés sont décidés à intensifier les combats, les États-Unis devront soit battre en retraite, soit se préparer à un effort plus concerté pour protéger leurs alliés, et maintenant les avions américains.

    « C’est une situation fâcheuse dans laquelle le président Obama a mis les États-Unis quand, en esquivant ses responsabilités en Syrie, il a créé un vide permettant à Poutine d’intervenir.

    Si les États-Unis avaient établi une zone d’exclusion aérienne ou une autre zone de sécurité pour protéger les réfugiés, le Kremlin aurait sans doute été plus prudent ».

    Comme de hauts responsables américains l’ont cependant expliqué, l’idée agréable d’une « zone d’exclusion aérienne ou autre zone de sécurité » impliquerait une campagne militaire américaine massive à l’intérieur de la Syrie qui dévasterait les forces gouvernementales et aboutirait à la mort de milliers de civils, car de nombreuses défenses aériennes sont situées en zones urbaines.

    Cela pourrait également conduire à une victoire d’al-Qaïda et/ou de son dérivé, l’État Islamique, un sort horrible pour la plupart des Syriens.

     

    La valeur de la propagande

    Mais l’illusion de la « zone de sécurité » aurait une forte valeur en tant que propagande, n’étant guère que le nouvel emballage de l’autre guerre de « changement de régime » que les néoconservateurs désiraient en Syrie, à la suite de l’invasion de l’Irak en 2003, mais qu’ils ne pouvaient réaliser immédiatement parce que la guerre en Irak avait tourné au désastre sanglant.

    Au début de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le président George W. Bush a ordonné à l’armée américaine de mener une attaque aérienne dévastatrice sur Bagdad, connue sous le nom de « Choc et stupeur ».

    Au lieu de cela, les néoconservateurs ont dû se contenter d’une guerre par procuration contre la Syrie, financée et armée par le gouvernement américain et ses alliés régionaux, en s’appuyant sur les djihadistes violents pour mener l’essentiel des combats et des tueries. Quand le gouvernement d’Assad a réagi maladroitement à ce défi, les grands médias américains ont dépeint Assad comme le méchant et les « rebelles » comme les héros.

    En 2012, l’agence de renseignement de la Défense, alors sous le commandement du général de corps d’armée Michael Flynn, a averti que la stratégie américaine donnerait lieu à « une principauté salafiste déclarée ou non déclarée à l’Est de la Syrie ».

    Flynn est allé plus loin dans une interview en 2015 quand il a déclaré que, pour le renseignement, il était « très clair » que l’administration d’Obama avait pris « la décision délibérée » de soutenir ces djihadistes en connivence avec des alliés au Moyen-Orient. (Flynn a brièvement eu la fonction de conseiller à la sécurité nationale du Président Trump mais a été limogé au milieu du « scandale » grandissant du Russie-gate.)

    C’est seulement en 2014, quand les militants de l’État islamique ont commencé à décapiter des otages américains et à conquérir des villes en Irak, que l’administration Obama a fait marche arrière et a commencé à attaquer l’EI, tout en fermant les yeux sur les ravages causés par d’autres groupes rebelles alliés au front Nosra d’al-Qaïda, incluant de nombreuses organisations jugées « modérées » dans le vocabulaire américain.

    Mais le problème est que pratiquement rien de cette histoire n’existe dans le récit dominant aux États-Unis, qui – comme l’ont fait les rédacteurs néoconservateurs du Journal mardi – décrivent simplement Obama comme faible et provoquent ensuite le président Trump pour qu’il montre militairement plus de muscle.

     

    Quel intérêts nationaux pour les États-Unis ?

    L’éditorial du Journal a critiqué Trump pour n’avoir aucune stratégie, à part l’éradication de l’EI, et a ajouté : « Il est grand temps de réfléchir à une telle stratégie car la Syrie, la Russie et l’Iran savent ce qu’ils veulent.

    M. Assad veut réaffirmer son contrôle sur tout le territoire syrien, et non un pays divisé entre des parties alawites, sunnites et kurdes. L’Iran veut un arc d’influence de Téhéran à Beyrouth.

    M. Poutine se contentera d’un port sur la Méditerranée et de la démonstration qu’on peut faire confiance à la Russie pour soutenir ses alliés, tandis que l’Amérique est peu fiable. Rien de cela n’est dans les intérêts nationaux des États-Unis ».

    Le président syrien Bachar al-Assad

    Mais en quoi n’est-ce pas dans les intérêts nationaux des États-Unis ? Qu’y a-t-il de mal à une Syrie unifiée et laïque, qui pourrait commencer à reconstruire ses infrastructures anéanties et à rapatrier les réfugiés qui ont fui en Europe, déstabilisant le continent ?

    Quel gros problème pose un « arc d’influence chiite » ? Les chiites ne sont pas une menace pour les États-Unis ni pour l’Occident. Les principaux groupes terroristes – Al Qaïda et Daech – proviennent de la version extrémiste saoudienne de l’Islam sunnite, connu sous le nom de Wahhabisme. Je comprends qu’Israël et l’Arabie saoudite ont visé la Syrie en partie pour détruire « l’arc chiite », mais nous avons vu les horribles conséquences de cette stratégie. En quoi le chaos qu’a déchaîné la guerre en Syrie a-t-il été bénéfique pour les intérêts nationaux des États-Unis ?

    Et qu’est-ce que ça peut faire que la Russie ait une base navale sur la mer Méditerranée ? Cela n’est pas non plus une menace pour les États-Unis.

    Mais quelle est la prescription alternative de la part des rédacteurs néoconservateurs du Journal ? L’éditorial conclut : « L’alternative serait de démontrer que M. Assad, l’Iran et la Russie paieront un prix plus élevé pour leurs ambitions.

    Cela signifie refuser de revenir sur la défense des alliés américains sur le terrain et riposter si des avions ou des missiles russes tentent d’abattre des avions américains.

    Ce que nous croyons, c’est que la Russie ne veut pas plus d’un engagement militaire avec l’armée des États-Unis que les États-Unis n’en veulent un avec la Russie, mais la Russie continuera de faire pression pour avoir l’avantage à moins que Trump ne montre plus de fermeté que son prédécesseur ».

    Donc, au lieu de permettre au gouvernement syrien de restaurer une forme d’ordre en Syrie, les néoconservateurs veulent que l’administration Trump continue à violer la loi internationale, qui interdit l’invasion militaire de pays souverains, et qu’elle continue à faire couler le sang.

    En plus de cela, les néoconservateurs veulent que l’armée américaine joue au plus fort avec l’autre super-puissance nucléaire à partir de l’hypothèse que la Russie reculera.

    Comme d’habitude, les guerriers en chambre néoconservateurs ne réfléchissent pas beaucoup à ce qui pourrait se passer si les avions militaires attaquant le territoire syrien étaient abattus.

    Il est à supposer que cela obligerait le président Trump à autoriser une contre-attaque puissante contre des cibles russes avec la possibilité que ces escalades n’échappent à tout contrôle.

     

    Mais c’est dans une telle folie qu’un régime continu de propagande des néoconservateurs/faucons libéraux a conduit l’Amérique.

    Nous sommes prêts à risquer un conflit nucléaire et à mettre fin à toute vie sur la planète, pour qu’Israël et l’Arabie saoudite puissent réduire en cendres un « arc d’influence chiite » et pour que les politiciens américains n’aient pas à subir les coups de fouets rhétoriques des néoconservateurs et de leurs acolytes faucons libéraux.

    Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé de nombreuses affaires de l’Iran-contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 80.

     

    Source : Robert Parry, Consortium News, 20-06-2017

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

     

    Source:   http://www.les-crises.fr/


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