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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    27 avril 2017

    Gutteres ©Flickr

     

    A l’occasion de Yom Hashoah, le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres s’est exprimé devant l’assemblée générale du Congrès juif mondial à New York. Le contenu de son intervention confirme le changement de ton au sommet de l’ONU concernant Israël.

    L’une des phrases les plus applaudies d’Antonio Guterres fut celle où il reconnut que « la négation du droit de l’Etat d’Israël à exister est l’une des formes de l’antisémitisme moderne ».

    Le nouveau secrétaire-général de l’ONU a également fait une déclaration d’intention qui constituerait une véritable révolution au sein de cette organisation si tant est qu’elle puisse être mise en œuvre: « En tant que secrétaire-général de l’ONU, je souhaite que l’Etat d’Israël soit traité comme tout autre Etat membre de l’ONU ».

     

    Il a toutefois reconnu qu’il n’a pas les moyens de contrôler toutes les tentatives de condamnations d’Israël qui émergent de l’ONU.

    Il y aura effectivement beaucoup de travail. Ne retenons que ce chapitre: en septembre 2016, un rapport préparé par deux éminents spécialistes de droit international, Eugène Kontorovitch et Penny Grunseid présentait une étude comparative entre la manière dont l’ONU traitait la question de la Judée-Samarie et celle qui concernait sept autres situations de territoires disputés parmi les dizaines qui existent à travers la planète: l’Indonésie au Timor oriental, la Turquie en Chypre du Nord, la Russie en Géorgie et en Ukraine, l’Arménie en Azerbaïdjan, le Vietnam au Cambodge et le Maroc au Sahara occidental.


    Le rapport est sans appel: l’ONU a utilisé à 530 reprises l’expression « d’occupant » concernant Israël contre zéro pour ces six autres pays.

    Concernant la Shoah, le secrétaire-général de l’ONU l’a qualifiée de « crime les plus abominable dans l’Histoire de l’Humanité ».


    Il a promis d’utiliser tous les outils à disposition à l’ONU pour lutter contre l’antisémitisme et le négationnisme.

     

    Il a noté avec regret que l’antisémitisme relève la tête dans de nombreux endroits, par des agressions verbales, physiques, y compris des assassinats, ainsi que des actes de vandalisme contre des biens juifs ou des cimetières.

    Par LPH – JSSNews


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    Mourir pour Kobané, poignant témoignage sur la résistance kurde!

     
    Mourir pour Kobané, poignant témoignage  sur la résistance kurde!
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    Edifiant et poignant, le témoignage de Patrice Franceschi sur la résistance kurde, qu’il a côtoyée des semaines durant sur le terrain, au plus près de leurs combats contre les djihadistes de l’EI, est aussi un bel hommage à ces combattants quelque peu oubliés par l’Occident.

    De ce temps passé à crapahuter à leurs côtés, l’auteur nous rapporte l’image de guerriers mal équipés et faiblement armés, mais prêts à lutter jusqu’à la mort pour ne pas se voir imposer la charia.

    Dans leurs rangs, s’illustrent tout particulièrement ces jeunes combattantes yapajas, rendues célèbres chez nous par leur bravoure lors de la bataille de Kobané, et auxquelles Franceschi consacre de jolies pages.

    Témoin de l’insupportable double jeu joué par la Turquie dans le conflit syrien, l’auteur l’est aussi des nombreuses questions que se posent les combattants kurdes sur l’Occident.

    Comme lorsque cette jeune yapaja lui demande pourquoi nos intellectuels soutiennent que les Français sont responsables si les musulmans vivant chez eux ne les aiment pas.

    Ajoutant : « ils ne peuvent pas vous aimer. Vous représentez, comme nous, tout ce qu’ils détestent » !

    Ou comme lorsque Elisabeth Gauriyé, chrétienne syriaque, ayant constaté que nos journaux s’inquiétaient du droit des animaux, lui lance : « vous ne dites pas grand-chose sur nos droits à nous, les chrétiens d’Orient.

     

    Pourtant les islamistes essaient de nous exterminer partout. Pourquoi ce silence ? »

    • Mourir pour Kobané, par Patrice Franceschi, aux éditions Perrin, collection Tempus. 160 pages. 7 euros.

    Franck Deletraz – Présent


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    Le point sur la situation en Syrie


    Les États-Unis semblent vouloir séparer l’Est du reste du pays. Mais pour quoi faire ?


     

     

    Par Moon of Alabama– Le 24 avril 2017

    Moon of Alabama

    La situation dans le nord-ouest de la Syrie tourne en faveur du gouvernement syrien, même si beaucoup de travail reste encore à faire. L’armée récupère du terrain dans la province de Hama et une intense campagne de bombardement est menée sur la province d’Idlib, qui est tenue par al-Qaïda.

     

    Comme un analyste en général en faveur de l’opposition le concède :

     

    « Le soutien continu à l’insurrection du nord-ouest équivaut à subventionner efficacement un havre de paix jihadiste au Levant.

    […]

    La guerre par procuration contre le régime syrien, dans le nord-ouest, faite pour le compte de l’Occident, est perdue. »

     

    Le chef d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, est d’accord. Il a ordonné à ses forces en Syrie d’arrêter de tenir le terrain et de revenir aux techniques de guérilla :

    Ayman al-Zawahri a déclaré aux jihadistes, qui contrôlent la province d’Idlib au nord-ouest de la Syrie et d’autres territoires, de rester fermes mais de changer de tactique pour revenir à la guérilla.

    Al-Qaïda a commencé à se battre aux côtés des rebelles syriens au début de la guerre civile et s’est fait des alliés parmi les opposants en raison de ses prouesses militaires.

    La branche officielle d’al-Qaïda, le Front al-Nusra, a changé de nom pour le Front Fatah al-Sham et a officiellement rompu ses liens avec al-Qaïda l’année dernière, mais il est encore largement considéré comme étant lié au réseau terroriste mondial.

     

     

    Dans le sud-ouest, Israël essaie de voler une autre partie du plateau du Golan en apportant un soutien militaire aux groupes d’al-Qaïda qui se battent contre l’armée syrienne dans la région.

     

    Les attaques lancées par les « rebelles modérés » dans le sud, soutenues par les États-Unis et la Jordanie, n’ont pas réussi à s’emparer de la ville de Deraa.

    Ils doivent prendre la ville pour donner un peu d’ancrage à leur « zone de sécurité méridionale indépendante », à partir de laquelle les forces proxy américaines pourraient alors menacer Damas.

     

    Début d’avril, les forces kurdes sous le commandement des États-Unis avaient largement annoncé qu’elles attaqueraient bientôt Raqqa et vaincraient État islamique.

    Mais aucune attaque contre Raqqa n’a été vue. L’opération semble s’être arrêtée.

    Les forces d’EI semble quitter Raqqa pour se diriger plus à l’est, vers Deir Ez-Zor.

     

    Dans le sud-est de la Syrie, les forces « rebelles », soutenues par les États-Unis, se sont déplacées de la Jordanie vers le nord, pénétrant dans le désert syrien (ce qui n’est pas encore affiché sur la carte ci-dessus).

     

    Le plan est d’aller vers le nord en direction de Raqqa pour rejoindre les forces de l’armée kurde, soutenues elles aussi par les État-Unis.

     

    Ce mouvement bloquerait toute route terrestre reliant l’ouest de la Syrie à Deir Ez-Zor où une garnison de l’armée syrienne protège plus de 100 000 civils en s’opposant aux forces de l’EI.

    De la Jordanie, d’autres « rebelles », entraînés et approvisionnés par les États-Unis, se déplacent vers l’est le long de la frontière irako-syrienne.

    Cela empêchera les forces irakiennes de se déplacer vers la Syrie et contrer EI, en soutien aux forces gouvernementales syriennes à Deir Ez-Zor.

    Tout l’est syrien serait ainsi coupé et sous le contrôle de forces proxys américaines. Mais quels sont les plans d’avenir américains pour cette région ?

     

    Même si elle possède du pétrole et du gaz, elle est enclavée et manque d’infrastructure et de d’administration, entouré de plus par des forces particulièrement hostiles. Les forces soutenues par les États-Unis sont sujettes à des luttes intestines.

     

    Il sera difficile de défendre la zone contre toute attaque importante. Des forces états-uniennes et jordaniennes seront nécessaires pour la garder sous contrôle.  Pendant combien de temps ?

    Je n’arrive pas à voir un plan stratégique plus vaste et qui aurait du sens derrière tout cela. Mais les mêmes architectes qui ont lancé la guerre ratée contre l’Irak sont derrière ce mouvement.

     

    Les néocons sont de retour et très heureux de la nouvelle direction de la présidence de Trump.

     

    L’architecte de la guerre en Irak, Paul Wolfowitz, collabore maintenant avec les officiers néocons dans le cabinet Trump :

    Ces derniers jours, il est intervenu dans le débat public, poussant le président Trump, au travers des pages du Wall Street Journal,à poursuivre ses bombardements en Syrie d’une manière plus agressive – et, me dit-il, en envoyant des courriels privés au secrétaire à la Défense, Jim Mattis, et au conseiller à la Sécurité nationale, HR McMaster, tous deux de vieilles relations datant de l’époque Bush, en espérant qu’ils poursuivront une stratégie d’engagement renforcé au Moyen-Orient.

     

    Mattis voyage actuellement dans les pays du Golfe pour collecter de l’argent destiné aux futurs projets américains en Syrie et ailleurs.

    Les sénateurs néocons John McCain et Lindsey Graham auront ce soir un dîner privé avec Trump à la Maison Blanche.

     

    Aucune stratégie raisonnable n’est jamais sortie de la tète de ces personnages.

     

    Par contre, leurs plans de dingues causent toujours d’énormes dégâts pour aucun, ou un très faible, bénéfice.

     

    Source:  Moon of Alabama

    Traduit par Wayan, relu par Michèle pour le Saker Francophone

     


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    lundi 1 mai 2017

    Selon un ex- agent de la CIA : le Mossad et les Saoudiens sont derrière l’attaque chimique sous faux drapeau en Syrie

    L’ex-agent de la CIA, Robert D. Steele, affirme que le Mossad et l’Arabie Saoudite, en collusion avec des responsables américains traitres, sont derrière l’attaque chimique du faux flagrant en Syrie.

     

    Steele, un agent de renseignement du Corps des Marines, durant plus de 20 ans, était le deuxième plus haut niveau d’un civil dans les Marine Corps Intelligence.

    Il a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à l’intérieur des  États-Unis.

     

     

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    Dans une interview vidéo publiée mardi, Steele a fourni des informations mises à jour qu’il a reçues de collègues du renseignement au sujet de l’attaque syrienne:

    « Les grandes nouvelles ce soir, John McCain, John Brennon, McMaster à la Maison Blanche, les Saoudiens et les Israéliens, ont tous trahi le public américain. Bien sûr, nous devons nous demander si Donald Trump joue « Israël d’abord »  en  lieu et place de son « l’Amérique d’abord » qu’il annonçait lorsqu’il n’était que candidat.

    « Le voyage de McCain en février (en Syrie) a été apparemment pour préparer la scène pour « cette attaque chimique ».

    Et je dois vous dire que McCain n’est pas très bon pour garder les secrets.

    Cela a été vérifié deux fois, et nous sommes sûrs que McCain est un traître opérant contre le gouvernement des États-Unis et le peuple américain « .

    Steele a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à partir des États-Unis.

    « J’ai entendu parler d’une source interne, absolument fiable, que l’attaque chimique sous faux drapeau avait été planifiée par le sénateur John McCain, l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, et le conseiller à la sécurité nationale du président américain Herbert McMaster, qui est aussi un traître  au président des États-Unis.

    « Maintenant, à son énorme crédit, le directeur de la CIA, Mike Pompeio, l’a identifiée correctement comme une attaque sous faux drapeau.

    Mais aussi, autant que je sache, le FBI n’a pas informé le président que ce faux drapeau était, en fait, un acte de trahison planifié aux États-Unis et financé par l’Arabie Saoudite et Israël, qui se sont partagés le coût.

     

     

    Le moment de la Baie des Cochons

    « Donald Trump a été manipulé. C’est son moment de Baie des Cochons. Mais pour le crédit du directeur de la CIA, Mike Pompeio, tous mes collègues du renseignement disent que le directeur de la CIA l’a bien compris, a déclaré à Trump que c’était un faux drapeau peut-être par des éléments capricieux de la CIA, peut-être par le renseignement français, probablement du Mossad et des Saoudiens.

     

    image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/mike-pompeio.png

    Mike Pompeio prète serment.

    Mike Pompeio prète serment.

    « Et Trump très, très bêtement, a exclu Mike Pompeio hors de la réunion de décision.

    La ligne de fond ici est que Trump est trompé, il est manipulé. Jared Kushner est probablement un agent d’influence du Mossad [1].

    « Je pense que Trump est très intelligent. Je veux qu’il réussisse. Mais en ce moment, c’est vraiment mauvais pour lui.

    « Ce n’est pas la CIA qui lui a donné cette fausse information . C’est probablement venu de Jared Kushner, en revenant de sa récente visite au Moyen-Orient (Israël). Cela provient probablement des «Renseignements militaires», qui sont corrompus jusqu’à l’os.

    Et je soupçonne, sur la base de conversations récentes que j’ai eu avec des gens extraordinairement talentueux au Royaume-Uni, je soupçonne qu’Israël dit à tous qu’ils ont détecté cette menace chimique massive, que des missiles seront lancés contre Israël avec des produits chimiques, que ce sera la fin du monde, et que Assad teste ses armes chimiques avant d’attaquer Israël.

    « Donc, partout où Trump obtient un renseignement, ce renseignement est un mensonge« .

     

    Steele a également donné son avis sur les membres de l’administration de Trump:

    « Sean Spicer est un rigolo freudien. Je ne lui prête pas beaucoup d’attention. « 

    « L’autre chose qui est sortie de cette affaire, c’est que Jared Kushner s’est compromis. Il est peut être un agent d’influence du Mossad « 

    « Steve Bannon était une lumière brillante dans la Maison Blanche, il s’opposa à la frappe des missiles ».

    image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/jared-kushner.jpg

    Jared Kushner

    Jared Kushner

    Michel Duchaine

     

     

    NOTES

    [1] Jared Kushner appartient au culte de « Doomsday » de Rothschild

    Le gendre de Trump et son conseiller principal Jared Kushner, appartient à un culte élitiste du Doomsday (Jour du Jugement Dernier) qui inclue les Rothschild comme membres. Ce culte essaie de fomenter une troisième guerre mondiale «prophétisée».

    Chabad Lubavitch est un culte de la suprématie juive qui sert les Illuminati. Malgré seulement 200 000 disciples d’élite, il a des liens intimes avec presque tous les dirigeants puissants du monde.

    Le culte croit que les Juifs sont le peuple élu de Dieu et tous les autres humains sont des déchets.

     

    Dans le livre Rassemblements de conversations, Rebbe Schneerson raconte à ses partisans que les Juifs sont une extension de Dieu et que les Gentils (i.e. les non juifs) ont été créés pour servir les Juifs.

    Les Rothschild appartiennent à ce culte.

     

    L’historien Wolfgang Eggert dit que Chabad Lubavitch est le vrai visage des Illuminati. Il dit que ce culte a l’intention d’initier un holocauste nucléaire pour accomplir la prophétie biblique et hâter le retour du Messie:

    « L’histoire et la politique sont un grand film, et ils sont les réalisateurs, apportant la prophétie du vieux testament dans la réalité. Ils ont capturé la franc-maçonnerie en construisant les illuminati (à travers Rothschild / Jacob Frank / Weishaupt);

    Ils ont fait un pacte avec la monarchie britannique quand ils ont financé William III pour devenir roi; Ils ont placé la royauté britannique à la tête des francs-maçons;

    Ils ont fait le système bancaire moderne et la FED (à travers Rothschild);

    Ils ont fait le sionisme, les guerres mondiales, l’Union Européenne et ainsi de suite.

     

    Ils règnent à travers leurs marionnettes Rothschild (dont les ancêtres faisaient partie du culte hassidique) et Rockefeller, qui étaient la force directrice derrière Bilderberg, les trilatérales etc.

     

    Nous sommes maintenant dans la « Fin des Temps »; Ils tentent de fomenter une «troisième guerre mondiale» prophétisée. »

    Photo: Robert Steele,ex-agent de la CIA en Syrie.

    source:https://michelduchaine.com/2017/04/30/selon-un-ex-agent-de-la-cia-le-mossad-et-les-saoudiens-sont-derriere-lattaque-chimique-sous-faux-drapeau-en-syrie/

     

     
    Posté par Flick Flackà

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    samedi 6 mai 2017

    Un Mistral français rejoint la flotte américano-japonaise qui menace la Corée du nord

    Alors que Washington fait monter les tensions militaires sur la péninsule coréenne, le gouvernement PS a envoyé un vaisseau Mistral rejoindre des exercices des marines américaine et japonaise dans le Pacifique.

     

    Les Mistrals sont des porte-hélicoptères qui ont participé à la guerre de l'OTAN en Libye en 2011.

     

     

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    Samedi, le vaisseau est arrivé à la base navale de Sasebo, dans l'île de Kyushu au Japon, pour se joindre à l'armada américaine qui menace la Corée du nord et la Chine.

     

    Il participera à des exercices dans les deuxième et troisième semaines de mai, avec des vaisseaux américains, japonais, et britanniques près des îles de Guam et Tinian, à environ 2.400 km du Japon.

     

    C'est une menace sans ambiguïté contre la Corée du nord et son protecteur, la Chine. L'agence Reuters a d'ailleurs conclu que Paris envoyait « un message clair à la Chine ».

    Le PS et son allié, le candidat présidentiel Emmanuel Macron, sont complices de la politique belliciste de l'administration du milliardaire d'extrême-droite Donald Trump.

     

    Après avoir bombardé la Syrie le 7 avril, Washington s'est retourné vers la Corée du nord, une puissance nucléaire que Trump a ensuite menacée d'une « conflit majeur, majeur ».

     

    Le Mistral intervient donc dans un conflit qui pourrait déclencher une guerre entre l'Otan et la Corée du nord, et qui vise derrière la Corée du nord la Chine.

     

    Dans le dos du peuple français, l'armée et l'élite dirigeante menacent des pays qui n'ont mené aucune action militaire contre la France.

     

    Alors que les médias exigent que les électeurs votent Macron pour faire barrage à Marine Le Pen et au Front national, ils font le silence sur le fait que le programme militariste de Macron fait partie d'une offensive impérialiste qui emmène le monde au bord du précipice d'une guerre nucléaire.

     

    Le PS a passé des années à développer ses liens avec les principaux alliés de Washington dans son « pivot vers l'Asie » qui cible la Chine : l'Inde, l'Australie, le Singapour, la Malaisie, et le Japon.

     

    Se faisant l'écho de responsables australiens et américains qui disent qu'ils envoient des vaisseaux patrouiller autour de la Chine afin de maintenir « la liberté de navigation », le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian a promis l'année dernière que la France était prête à envoyer des avions et des bâtiments partout en Asie, selons les besoins opérationnels.

     

    Afin de mener cette politique réactionnaire, Hollande a dépensé des milliards sur l'armée et sur la construction d'un nouveau QG, l'Hexagone-Balard, pour les armées à Paris.

     

    En même temps, il a imposé des mesures d'austérité qui ont coûté des dizaines de milliards d'euros aux travailleurs.

     

    Afin d'imposer cette politique réactionnaire face à une colère sociale explosive, le PS a imposé et perpétué l'état d'urgence, envoyé l'armée patrouiller à l'intérieur de la France, et invité Le Pen à l'Elysée.

     

    La poussée du PS pour rejoindre la guerre en Asie souligne que, à l'international comme à l'intérieur de la France, Macron est tout aussi dangereux pour les travailleurs que Le Pen.

     

    Macron propose de rétablir le service militaire et augmenter massivement l'effort de défense.

    Il représente la volonté des classes dirigeantes et des banques de tous les pays impérialiste, dont la France, de se partager violemment les profits et de menacer de faire la guerre à des pays dont la Syrie, la Corée du nord, la Russie, et la Chine.

     

    Comme leurs ancêtre pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales, Macron et la bourgeoisie française veulent utiliser les jeunes en tant que chair à canon pour des guerres impérialistes.

     

    Ceci souligne la justesse de l'appel du Parti de l'égalité socialiste (PES) à un boycott actif des présidentielles.

     

    Il n'y a pas de moindre mal dans cette élection.

     

    Les deux candidats, tant Macron que Le Pen, représentent une minuscule élite financière qui prépare la dictature et la guerre, et qui pose des dangers mortels aux travailleurs.

    La seule voie pour aller de l'avant pour les travailleurs, comme l'a expliqué le PES dans sa déclaration, est un boycott actif des présidentielles.

     

    Ceci signifie boycotter l'élection, encourager la plus large opposition politique des travailleurs et des jeunes aux deux candidats réactionnaires, et appeler à des grèves et à des manifestations pour mobiliser une opposition révolutionnaires des travailleurs au candidat réactionnaire qui remportera l'élection, que ce soit Macron ou Le Pen.

     

    Les exigences de paix et d'égalité sociale qui soustendent la colère populaire face aux élections vont provoquer une collision explosive entre les travailleurs et la course à la guerre menée par la classe dirigeante, tant ses fractions social-démocrates que ses fractions néo-fascistes.

    Athiyan Silva

    La source originale de cet article est wsws.org

    mondialisation.ca


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    09 mai 2017

    GÉOPOLITIQUE INTERNATIONALE : BILAN POSITIF EN MATIÈRE DE DIPLOMATIE POUR LE PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP

    SYRIE, IRAN, CHINE, ISRAËL :
     
    LA NOUVELLE DIPLOMATIE
     
    AMERICAINE DE DONALD TRUMP 
     
    Publié par Pierre Rehov le 7 mai 2017
     

    Pierre Rehov fait le bilan d’un début de présidence Trump positif en matière de diplomatie.

    En France, tout a été écrit sur lui, mais assez rarement son contraire.

     

    Dans un pays parfois baigné d’un antiaméricanisme issu du gaullisme et du communisme, religions politiques majeures de l’après-guerre, et exacerbé par les années Bush – que les Français, et autres Européens, considéraient comme un âne doublé d’un menteur va-t-en-guerre – pour avoir connu une sensible accalmie à l’arrivée d’Obama, l’élection de Donald Trump a fait l’effet d’un-raz-de marée similaire à celui qu’aurait engendré l’élection d’un Jean-Marie Le Pen.

     

    Pour beaucoup, l’Amérique aurait sombré, ne se redresserait jamais et, tout compte fait, l’image archétypale du cow-boy inculte et violent, nourri aux hamburgers ne pouvait désormais que coller à ce pays trop puissant, ultracapitaliste et pétri d’injustices et d’inégalités.

    Force est de constater qu’après 8 ans du management mou et partisan de Barak Obama, la puissante Amérique est de retour sur le devant de la scène.

     

    Mais au-delà de la détestation systématique et savamment orchestrée qu’engendre le nouveau président américain, force est de constater qu’après 8 ans du management mou et partisan de Barak Obama (l’on se souviendra de son hallucinant discours du Caire, et de ses courbettes d’allégeance devant le roi d’Arabie Saoudite, mais surtout de sa passivité face aux atrocités commises par le dictateur Assad et ses souteneurs iraniens) la puissante Amérique est de retour sur le devant de la scène.

     

    Elle n’est déjà plus le simple observateur paralysé d’une montée de la violence qui par certains aspects ferait penser aux scènes terrifiantes de World War Z, film dans lequel les zombies se multipliaient sans que personne ne sache les contenir et encore moins les contrer.

     

    Pour rester dans l’analogie cinématographique, depuis l’élection de Trump, il semble bien que le sheriff soit de retour dans la ville.

     

    D’où son exécration au cœur d’une culture qui, contrairement aux USA, n’aime mettre en scène les policiers que s’ils sont corrompus, abusifs de leur pouvoir, ou totalement idiots.

    De fait, dès son arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump a su retrousser les manches pour tenter de trouver des solutions aux menaces de plus en plus nombreuses pour la paix mondiale, selon un principe sain, hérité de Platon, et apprécié de Churchill: si vis pacem para bellum.

     

    Si tu veux la paix, sois prêt pour la guerre !

     

    Nulle surprise que le pacifiste Obama ait haï Churchill au point de faire enlever son buste de la Maison Blanche, alors que, dès son installation au pouvoir, Trump s’est empressé de le faire remettre.

    Il est clair que pour Trump, la France de François Hollande comptait à peu près autant, sinon moins, sur le plan géopolitique, que le Portugal.

     

    Certes, nous, français, pourrions nous sentir vexés qu’un président américain nouvellement élu ne daigne recevoir ni même s’adresser au chef de notre propre gouvernement.

     

    Il est clair que pour Trump, la France de François Hollande comptait à peu près autant, sinon moins, sur le plan géopolitique, que le Portugal.

     

    En revanche, tout observateur objectif, ne pourra que constater les avancées sécuritaires de ces premiers mois en rupture totale avec la politique de son prédécesseur.

    Encore une fois du Churchill !

     

    Alors que Chamberlain et Daladier, le teint blafard et le sourire triste, se félicitaient d’avoir abandonné la Tchécoslovaquie aux mains d’Hitler, en échange d’une promesse de paix prélude à la guerre la plus meurtrière de toute l’histoire, le grand homme Anglais, résuma la situation d’une phrase cinglante et prophétique: «Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre.

     

    Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre» (7 novembre 1938).

     

    Churchill aurait sans doute jugé Obama de la même manière.

    L’histoire retiendra sans aucun doute que c’est Obama qui permit aux Ayatollahs de stabiliser leur pouvoir tout en poursuivant leur politique hégémonique et répressive sur fond de terrorisme.

     

    Car, tandis qu’un Iran aux ambitions nucléaires, hégémoniques et génocidaires était à deux doigts de se fissurer, l’histoire retiendra sans aucun doute que c’est Obama (celui de la débâcle irakienne, l’Obama du lâche abandon de son ambassadeur torturé à mort à Benghazi, celui des menaces jamais suivies d’effet lorsque Assad dépassa la ligne rouge fixée par l’administration américaine en gazant sa propre population civile, l’Obama nobélisé pour ses visions pacifistes) qui permit aux Ayatollahs de stabiliser leur pouvoir tout en poursuivant leur politique hégémonique et répressive, sur fond de terrorisme et de négation des droits de l’homme.

     

    Cette philosophie molle et non-interventionniste issue de la contre-culture et du traumatisme vietnamien, avait déjà, sous Carter, permis aux islamo-fascistes de renverser le Shah, et à Clinton de se laisser berner par le gouvernement de Phnom Penh ( lorsque, en 1994, il négocia une aide économique à la Corée du Nord en échange d’une promesse de respecter le traité de non-prolifération signé en 1985, qui, bien évidemment, n’a jamais été tenue).

     

    L’aveuglement, volontaire ou non, face à la répétition de l’histoire permit également au président Obama de célébrer naïvement sa victoire diplomatique tandis que l’Iran continue de célébrer la sienne par des défilés militaires de triste mémoire, le financement du terrorisme, notamment par son soutien au Hezbollah, et la poursuite de son programme de développement de missiles longue portée.

     

    Voici qu’un nouveau leader américain semble, quant à lui, avoir retenu la leçon de Churchill.

     

    Mais voici qu’un nouveau leader américain semble, quant à lui, avoir retenu la leçon de Churchill.

     

     

    Citons pour l’illustrer trois de ses actions.

    • La première, et non des moindres, est le bombardement massif de la base aérienne d’Al-Chaayrate, après que, sur ordre de Bachar Al Assad, et, sans aucun doute, sur instruction de son commanditaire iranien, l’armée syrienne a massacré une partie de la population de Khan Cheikhoun par l’envoi de gaz sarin.

    Contrairement à Obama, Trump avait promis de ne pas intervenir en Syrie. Mais, le nouveau président américain n’est pas de la même trempe que son prédécesseur.

    Et s’il a changé d’avis, c’est tout en son honneur, car ce revirement est né d’une vision d’horreur.

    Celle des enfants et des bébés gazés, en train de suffoquer.

     

     

    • La seconde a vu le jour au même instant, et l’incident par lui-même aurait mérité de faire les grandes lignes de plus d’un quotidien.
    • Car, au moment où 59 missiles Tomahawks envoyaient un message clair au reste du monde par la destruction de la base aérienne d’où étaient partis les avions porteurs de gaz, le président Trump dînait à Mar el Largo avec son homologue chinois.
    • «À propos, aurait-il annoncé à Xi Jinping, tandis qu’était servi le dessert, nous venons de bombarder la Syrie»

     

    De quoi faire vaciller toute la structure diplomatique développée par des décennies d’attentisme face à une Chine terrifiante par sa formule d’expansionnisme économique, et son protectionnisme d’états voyous.

     

     

    Avec l’arrivée du gâteau, tout a changé.

    • Il est à noter que, tandis que Trump continue d’être accusé d’avoir été mis au pouvoir par Poutine – les anti-Trump ne sont pas à une théorie d’un complot près – ce revirement politique a instantanément détaché la Chine de son alignement quasi systématique avec la Russie au conseil de sécurité.
    • Il est également à noter que le bombardement de la Syrie a relancé une sorte de guerre froide entre les États Unis et l’ex URSS, qui est désormais poussée, si elle veut sortir de son enlisement économique et de son isolement politique, a s’éloigner progressivement de l’axe du Mal, composé par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le gouvernement de Pyongyang.

    Il faut reconnaître au président Trump d’avoir su trouver les arguments qui ont poussé le gouvernement de Pékin à un lâchage symbolique de son allié nord Coréen.

     

    Il faut, enfin, reconnaître au président Trump d’avoir su trouver les arguments qui ont poussé le gouvernement de Pékin à un lâchage symbolique de son allié nord Coréen.

     

     

    • Ralentissement des vols «touristiques» entre Pékin et Pyongyang.
    • Blocage des importations de charbon.
    • Abstention au conseil de sécurité.
    • Sans compter, l’acceptation de facto d’une présence militaire américaine accrue dans la région, par l’arrivée du porte avion Carl Wilson et de sa flotte en mer du Japon…

     

    Incidemment, et assez curieusement, les pays de l’Otan, donc protégés par l’ombrelle américaine, se sont récemment sentis dans l’obligation de payer à l’Amérique des années de cotisations en retard, honorant de la sorte leur part du contrat, et de développer une section destinée à la lutte contre le terrorisme, ce à quoi certains avaient longtemps rechigné.

     

    Et voici que s’ouvre un nouveau volet de la politique étrangère américaine, dont pourrait bien dépendre une paix attendue depuis près d’un siècle.

     

    Dans quelques jours, alors qu’Israël vient de fêter le soixante neuvième anniversaire de son indépendance, et que sera bientôt célébrée la réunification de Jérusalem, reconquise par la victoire de 67, la Maison Blanche a annoncé la relance des négociations avec l’Autorité Palestinienne, à condition que celle-ci cesse de financer et d’inciter le terrorisme en faisant de ses tueurs d’enfants des héros nationaux salariés.

     

    Mahmud Abbas a beau avoir félicité et remercié le président américain, il est désormais clair qu’il ne pourra pas continuer à prétendre préparer son peuple à la paix, comme il vient de le faire une fois de plus devant les médias, alors qu’un tiers de son budget est consacré aux salaires des terroristes emprisonnés en Israël et à leurs familles.

     

    Un «détail» volontairement omis dans toutes ses déclarations sur le processus de paix par l’administration américaine précédente.

     

    Dans la même foulée, Trump prépare sa visite officielle en Israël, où, il semblerait qu’il puisse s’apprêter à annoncer le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv vers la capitale non encore reconnue de l’État hébreu, Jérusalem.

     

    Certes, les pays arabes ne seront pas très contents. Mais auront-ils le choix quand l’Iran chiite est une menace bien plus pressante que cette défaite symbolique?

     

    Certes Mahmud Abbas a menacé et trépigné.

     

    Mais il se trouve que toute politique n’ayant, jusqu’à ce jour jamais tenu compte de la phrase de Platon reprise par Churchill a échoué à pacifier la région.

    Si vis pacem para bellum.

     

    Il faut, en effet, faire preuve de sa force et de sa détermination pour obtenir la paix lorsque l’adversaire ne sait survivre que dans le conflit.

    En reconnaissant l’appartenance de Jérusalem à son peuple d’origine, Trump pourrait bien faire une nouvelle démonstration de force qui lui permettrait d’acquérir la stature d’un Churchill.

    En reconnaissant l’appartenance de Jérusalem à son peuple d’origine, au-delà des mensonges et des détournements perpétrés à répétition par l’UNESCO et autres organisations onusiennes phagocytées par la majorité arabe automatique, Trump pourrait bien faire une nouvelle démonstration de force qui lui permettrait d’acquérir la stature d’un Churchill.

     

    Celui-ci, sachant faire la différence entre Islam politique et musulmans, considérait l’islamisme comme la «plus grande force rétrograde de tous les temps».

    C’est d’ailleurs pour cela que Barak Hussein Obama le haïssait.

     

     

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Rehov. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

     

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    Posté par DIACONESCO_TVà -

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    L’horizon compromis de la force Barkhane au Mali

    Explorer l’option du dialogue ne garantit en rien son succès. Mais l’alternative de la poursuite la lutte antiterroriste sous sa forme actuelle n’est pas plus encourageante, du fait de son indifférence aux complexes fractures maliennes.

     

     

    Par Yvan Guichaoua.
    Un article de The Conversation

     

    En visite à Gao (Mali) le 13 janvier 2017, tout juste quatre ans après le déclenchement de l’opération Serval, depuis transformée en déploiement Barkhane dans le vaste espace sahélo-saharien, François Hollande déclare aux soldats français sur place : The Conversation

    Nous le savons tous, les terroristes qui attaquent notre propre territoire, qui agissent sur notre propre sol, sont liés avec ceux qui sont au Levant, en Irak et en Syrie mais aussi ici, dans la bande sahélo-saharienne. […]

     

    C’est le même combat, c’est le même enjeu.

    Peindre la crise en noir et blanc

    Cette manière de justifier la présence militaire française au Sahel a quelques présupposés hautement discutables pour ce qui concerne le Mali (et vraisemblablement d’autres parties du globe).

    Elle sous-entend l’existence d’une menace globale et coordonnée. Elle évacue tout questionnement au sujet des cibles : tout se passe comme si une pathologie exogène infectait un corps politique sain choisi au hasard. Le clivage mis en exergue est binaire, la pathologie uniforme.

    Enfin, cette représentation de la crise contient par construction son mode de traitement : « On ne négocie pas avec les terroristes ». Postuler l’uniformité de la menace, c’est justifier l’uniformité de la réponse : la force est le seul mode opératoire approprié. Attacher le label « terroriste » à son ennemi c’est disqualifier par avance la possibilité d’un dialogue avec lui.

    Aucun des postulats mentionnés ci-dessus ne va de soi dans le contexte malien. Or mal énoncer le problème, c’est risquer d’y apporter des réponses inappropriées.

    S’entêter dans le paradigme du contre-terrorisme comme mode principal de résolution de la crise malienne a de fortes chances de mener vers une polarisation explosive du paysage politique.

    Au contraire, requalifier la crise malienne au plus près de ses enjeux immédiats permet d’entrevoir les espaces dans lesquels la paix peut, éventuellement, s’insinuer.

     

    Requalifier la crise malienne

    Un fait majeur s’est produit il y a quelques semaines au Mali : la recomposition, officialisée par une vidéo, de différents mouvements djihadistes autour d’un chef touareg originaire de la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly.

    Depuis la publication de cette vidéo, il ne se passe guère de jour sans qu’une attaque meurtrière dans le nord ou le centre du pays ne soit revendiquée par la nouvelle entité djihadiste, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

    L’année 2016 fut très mauvaise sur le plan des violences politiques au Mali. L’année 2017 ne s’annonce guère meilleure.

    L’idiome qu’utilise Iyad Ag Ghaly dans sa vidéo de promotion est très explicitement celui du djihad global. L’allégeance aux grandes figures d’Al-Qaeda est proclamée. Un djihadologue patenté y retrouvera des figures de style familières. Le djihad global n’est pas un simple vernis rhétorique.

    L’inscription de la lutte d’Iyad Ag Ghaly et des siens dans ce mouvement transnational a des implications idéologiques claires, dessine les contours d’une offre de gouvernance identifiable (testée temporairement pendant l’occupation du nord Mali par la coalition islamiste en 2012), désigne des ennemis, façonne un art de la guerre particulier, permet des transferts de technologie guerrière et ouvre les portes de réseaux de soutien étendus.

    Mais la djihadologie « par le haut » n’épuise pas l’analyse des choix stratégiques et tactiques du mouvement armé qu’a fondé Iyad Ag Ghaly, pas plus qu’une nouvelle identité « djihadiste » n’annule automatiquement les formes de socialisation antérieures des néo-moudjahidines.

    Les commandants et les combattants de ce mouvement armé sont, dans leur très grande majorité, extraits du contexte sahélien, lieu d’enjeux religieux et politiques spécifiques.

    Les chefs emblématiques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa, sont respectivement Touareg et Peul. Le tour de table de la vidéo qui entérine la naissance du mouvement était aussi formé d’Arabes.

    Cette diversité communautaire unie sous la bannière du djihad n’échappe à personne au Mali. Jusqu’à récemment, Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa étaient connus comme porte-drapeaux de leur communauté respective.

    Le premier s’est battu dans les années 1990 au nom du séparatisme touareg et fut un intermédiaire incontournable entre autorités centrales et séparatistes touaregs. Le second, doté surtout de capital religieux plutôt que combattant, prêchait encore il y a deux ans le retour de l’ordre théocratique peul du Macina, en référence à l’empire du même nom créé au début du XIXe siècle.

    Ces ancrages communautaires ne sont que partiellement reniés par les deux hommes au profit du djihad. Surtout ils offrent à l’organisation djihadiste un environnement relativement protecteur et informent les choix de ceux qui la rejoignent. C’est dans la zone de Kidal dont il est originaire qu’Iyad Ag Ghaly opère et recrute tandis que Koufa en fait autant dans le Macina.

     

    Djihad « endogénéisé »

    Au centre et au nord du Mali, chaque communauté, possiblement chaque famille, fait ainsi face au départ des siens vers la rébellion islamiste.

    Cette rébellion séduit ceux qui ont des comptes à régler avec le statu quo.

    L’ordre rejeté peut être local, fait de hiérarchies communautaires excluantes ou d’inégalités d’accès aux ressources naturelles, etc.

    Il peut aussi être national : défiance à l’égard des forces de l’ordre, dégoût à l’égard d’élites corrompues.

    Le djihad procède par percolation, dans des sociétés fracturées et violentes, comme le montrent à l’échelle du centre du Mali un rapport récent du Centre pour le dialogue humanitaire ou, à une échelle plus vaste, les travaux comparatifs de l’International Crisis Group.

    Le djihad ne prospère pas au hasard, contrairement au portrait paresseux qu’en fait François Hollande. Il émerge dans les espaces où aucune forme de gouvernement légitime ne prévaut.

    Ces espaces abondent au Mali, dont les autorités ont fait de l’instrumentalisation de milices communautaires un mode privilégié de gouvernance du nord du pays depuis de nombreuses années.

    Sur un mur à Kidal, dans le nord du Mali, fin 2016.
    Ferdaous Bouhlel

    La lutte djihadiste fait d’autant plus résonner la corde des mécontentements locaux qu’elle est animée par des leaders connus des populations.

    Le djihad malien contemporain, originellement importé d’Algérie et commandé par des Algériens est désormais endogénéisé, jusqu’en son commandement, selon une logique d’appropriation locale encouragée par Al-Qaeda.

    Le djihad malien fait allégeance à une lutte de dimension globale mais exprime simultanément des griefs et un projet radical de régulation politique locaux.

     

    Le contre-terrorisme inopérant

    Requalifier la crise malienne selon ses paramètres maliens permet de mieux cerner les impasses du contre-terrorisme musclé, qui, s’il peut remporter des succès militaires ponctuels, ne saurait faire émerger des solutions durables à la crise.

    Régulièrement, les officiers de Barkhane déplorent, avec un soupçon de condamnation morale, la « porosité » sociale ou économique » entre populations, mouvements signataires des accords de paix et mouvements djihadistes.

    Cette porosité, qui en aucun cas ne signifie alignement politique, est pourtant un paramètre difficilement dépassable de la crise, qui met en exergue l’inanité de son traitement strictement militaire.

    À quoi sert-il de sommer les populations de s’éloigner de « terroristes » qui ont les traits familiers de voisins, parents, et parfois – au prix de grandes souffrances psychologiques – de vos propres enfants ?

    Quel sens y a-t-il à choisir le camp étatique lorsque l’État est vu comme l’origine même de vos tourments ?

    Quelle confiance accorder à l’injonction de se distancer des terroristes émanant d’hommes surarmés, envoyés par l’ancien colonisateur, qui ne partagent ni votre langue ni votre religion ?

    Le chercheur Charles Grémont a recueilli les paroles d’un intellectuel tombouctien de la tribu touarègue des Kel Ansar en 2013 qui évoque les amalgames perpétuels de l’armée malienne et résume puissamment l’aporie tragique du soupçon de la « porosité » et le dilemme des civils : « À force de vouloir faire de nous ce que nous ne sommes pas réellement, nous finissons par devenir ce que nous n’étions pas réellement ».

    Les soldats français partiront bien avant les « terroristes », qui mettent continuellement sous pression les populations et n’hésitent pas à faire de quiconque collaborerait avec les « Croisés » une cible légitime.

    Quelle que soit la manière dont les troupes françaises se comportent sur le terrain, elles s’engagent avec les populations dans une partie intrinsèquement viciée. Et malgré des standards professionnels exigeants, elles n’évitent pas les bavures.

    Un enfant a été tué par Barkhane, fin novembre 2016. Il aura fallu un article de Jeune Afrique deux mois plus tard pour que la France communique sur cet incident pourtant abondamment commenté sur les réseaux sociaux locaux et au-delà.

    Promesse fut faite par la France de rendre publics les résultats d’une enquête sur cet incident début février 2017.

    Début mai 2017, le silence officiel persiste. Dans ce contexte, on saisit à quel point il sera difficile pour Barkhane de rallier « les cœurs et les esprits », ou, a minima, de tenir les populations éloignées des tentations contestataires.

     

    Entendre les voix maliennes

    La viabilité de Barkhane dans la durée est d’autant plus précaire que la refondation par les autorités maliennes d’une légitimité politique est en cale sèche.

    L’un des jalons de la reconstruction nationale consistait, entre autres multiples mesures décidées avec la communauté internationale, à convoquer, en mars dernier, une Conférence d’entente nationale,« appelée à débattre des problématiques existentielles de la République du Mali, à dégager des dynamiques consensuelles et convenir des éléments fondamentaux, y compris la sécurité, la justice et l’équité, la gouvernance et le développement équilibré des régions ».

    L’organisation de cette réunion fut chaotique mais elle délivra néanmoins un verdict provocant : un appel à ouvrir des négociations avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa, vus, non pas comme les déclinaisons maliennes du djihad mondial selon la perspective de François Hollande mais comme « des enfants du Mali » avec lesquels il faut faire la paix.

    Quelques heures seulement après cette annonce, un ferme démenti émanait des autorités maliennes, appuyé par le ministre français des Affaires étrangères Jean‑Marc Ayrault : toute négociation avec les chefs terroristes est exclue.

    Lorsque la société civile et les partis politiques maliens insistent sur l’endogénéité de la crise et proposent sa requalification selon ses termes spécifiquement maliens, le gouvernement malien et la France leur répondent par une fin de non-recevoir.

    Ils substituent à la perception de la crise par les nationaux la lutte contre un terrorisme largement chimérique car dépouillé de ses attributs locaux.

    Il est certainement plus commode pour l’État malien d’invoquer une menace venue d’ailleurs plutôt que d’interroger ses propres méthodes de gouvernance.

    Rien ne dit qu’Iyad Ag Ghaly, s’il était sollicité, accepterait un dialogue. Ses choix des dernières semaines indiquent même un renforcement de son option guerrière.

    Mais relevons qu’il y a moins d’un an des échanges étaient vraisemblablement en cours entre Iyad Ag Ghaly et des dignitaires religieux bamakois.

    Un cessez-le-feu semblait envisagé. Par ailleurs, quand bien même un dialogue débuterait, nul ne semble être très au clair sur son éventuel contenu.

     

    Mais il est possible de s’inspirer des expériences mauritaniennes de dialogue religieux et de repentir détaillées minutieusement par la chercheuse Ferdaous Bouhlel.

    Explorer l’option du dialogue ne garantit en rien son succès. Mais l’alternative de la poursuite la lutte antiterroriste sous sa forme actuelle n’est pas plus encourageante, du fait de son indifférence aux complexes fractures maliennes.

    Surtout, l’option étroite et incertaine du dialogue semble refléter la perception locale de la crise. Or les premiers concernés par la crise malienne vivent au Mali, pas à Paris.

     

     

    Yvan Guichaoua, Maître de conférences sur les conflits internationaux, University of Kent

    La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.


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    Retour du Donbass : la guerre se poursuit mais le peuple s’organise

     

    On verra comment l’administration Macron honorera la signature de la France au bas des accords de paix de Minsk II.

     

    Responsable d’une association humanitaire
     

    Je rentre tout juste de la République populaire de Donetsk (RPD), une des deux républiques du Donbass qui ont fait sécession de l’Ukraine suite au coup d’État, encouragé par l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, à Kiev en février 2014.

    J’y étais avec l’association Ouest-Est pour distribuer de l’aide humanitaire sur la ligne de front auprès des personnes qui souffrent des bombardements quotidiens de l’armée de Kiev.

     

    La guerre a déjà fait plus de 10.000 victimes, mais personne ne sera Charlie pour les habitants d’ici : l’assassin est un ami de l’OTAN, et ça, ça change tout.

    Les conditions sur le front sont souvent inhumaines, sans eau, ni électricité, ni soins médicaux.

    J’étais également invité par la RPD à participer, le 9 mai, aux festivités de la victoire de 1945 sur le nazisme ainsi qu’au troisième anniversaire de la jeune république, deux jours plus tard.

     

    Lors des deux manifestations publiques, j’ai été impressionné par la ferveur et le nombre de personnes dans les rues pour soutenir la jeune république.

    J’ai vu des dizaines de milliers de personnes, et notamment des jeunes, venues de toute la région, et même des villes officiellement occupées par Kiev, marcher dans les rues, le sourire aux lèvres et fiers de défendre leur liberté malgré la guerre.

     

    Les rues de Donetsk sont d’ailleurs impeccables, preuve que les citoyens ne se laissent pas abattre et entretiennent ce qui est leur.

    Un peu taquin, un homme me dit : « La seule fois que vous réussissez, à l’Ouest, à mettre autant de personnes dans la rue, c’est pour une grève ou une Gay Pride. Chez nous, ça n’arrivera pas. »

     

     

    Cette jeune république et ses citoyens affichent fièrement leurs nouvelles couleurs et tous m’ont dit qu’il était hors de question qu’ils retournent un jour cohabiter avec l’administration de Kiev.

     

    « Comment voulez-vous que nous retournions habiter avec ceux qui nous tuent, nous coupent nos vivres et qui veulent nous interdire de parler notre propre langue ? » m’ont-ils tous dit.

     

    Depuis qu’ils ont pris leur destin en main, il est vrai qu’eux, contrairement à Kiev, ont réussi à se débarrasser des oligarques et des injonctions de Bruxelles et du FMI. Cela est dû, notamment, au travail colossal réalisé par la toute jeune administration du très charismatique président Alexandre Zakhartchenko, que j’ai pu rencontrer, qui réussit à insuffler courage, confiance et détermination à son peuple.

    On verra comment l’administration Macron honorera la signature de la France au bas des accords de paix de Minsk II.

     

    En attendant, les habitants du Donbass ont besoin de notre aide et de notre soutien pour faire connaître leur calvaire au plus grand nombre et pour peser auprès de nos dirigeants afin d’obliger Kiev à déposer les armes.

     

    Le Donbass, comme le reste de l’Europe, n’a pas besoin de guerre mais de paix.

    http://www.bvoltaire.fr/retour-donbass


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    Entraide urgente : bonjour, nous avons besoin d’un coup de main pour reprendre sous Word les articles traduits. Très simple, et très utile. Me contacter si vous avez un peu de temps… Merci !

     

     

    Source : Mémoire des Luttes, Maurice Lemoine, 27-04-2017

    Equateur, 2 avril 2017 : au second tour de l’élection présidentielle, le candidat de la « révolution citoyenne » Lenín Moreno (Alliance Pays ; AP) affronte l’ex-ministre de l’économie (1999) et banquier multimillionnaire Guillermo Lasso (Créons des Opportunités ; CREO) qu’il a devancé au premier tour (39,36 % des voix contre 28,11 %). Rafael Correa qui, depuis 2007, a rendu sa stabilité au pays grâce à d’incontestables avancées sociales, ne se représentait pas [1].

    Il n’est pas encore 17 heures et les bureaux de vote ne sont pas fermés quand Rafael Cuesta, ancien député social-chrétien (PSC, droite) devenu « vice-président de l’information » de la chaîne de télévision Canal Uno, annonce à l’écran, avec une évidente satisfaction : « Nous avons un président de la République et c’est Guillermo Lasso. »

    A 18 h 30, sur la base du même sondage « sortie des urnes » effectué par l’Institut Cedatos, étroitement lié à la Banque de Guayaquil (dont le principal actionnaire s’appelle… Guillermo Lasso), le journaliste vedette Alfredo Pinoargote salue joyeusement sur Ecuavisa celui que, depuis six mois, il a invité moult fois dans son programme « Contact direct » : « Félicitations, président ! » Autre grande chaîne commerciale, Teleamazonas déroule la même partition.

    Sondages et médias étant à l’évidence plus importants que les électeurs, les urnes et les résultats officiels, encore inconnus à ce moment, Lasso gratifie les siens d’un discours de chef d’Etat et tous, dans une grande allégresse, fêtent « le retour de la liberté ».

    De quoi feindre tomber des nues lorsque, à 20 heures, le Conseil national électoral (CNE) annonce la victoire du socialiste Moreno avec 51,16 % des voix. Lasso, qui avait déjà hurlé à la fraude lors du premier tour, sans en apporter aucune preuve, entonne le même leitmotiv : outre Cedatos, deux « comptages rapides » – ceux des instituts Market et Informe Confidencial – l’ont placé en tête, dans une fourchette allant de 51,5 % à 53 % des suffrages. Informe Confidencial démentira bien avoir effectué un tel sondage, mais il en faudrait plus pour émouvoir la droite équatorienne et ses alliés.

    Dès le lendemain, le quotidien Expreso publie une page entière dédiée au « président Lasso ». Les influents El Universo et El Comercio (pour ne citer qu’eux) semant également le doute sur la validité du résultat, les manifestations et tentatives de prise des locaux du CNE par quelques centaines de personnes se multiplient.

    Sans jamais atteindre le niveau « protestations de masse » espéré par leurs initiateurs, elles vont se poursuivre, Lasso exigeant, sans aucune justification juridique, un recomptage de 100 % des bulletins et déclarant le 13 avril : « Pour se battre contre une dictature, il ne faut pas seulement des votes, il faut être dans la rue ! » Pourtant, les autorités ont déjà accédé partiellement à sa demande et le réexamen de 296 340 votes contestés dans cinq provinces n’a en rien modifié les résultats.

    Manifestement conscients de l’inanité de leurs réclamations, les représentants de CREO ne se sont même pas déplacés pour assister au recomptage effectué dans la province de Pichincha : « Notre présence n’aurait fait que valider cet abus contre la démocratie », se sont-ils contentés de déclarer.

    Lorsque, le 14 avril, « par souci de transparence et pour la tranquillité du pays » (dit autrement : pour en finir avec le « show » monté par l’opposition), le CNE annonce qu’il va effectuer le 18 avril un recomptage portant sur 1 275 450 voix, correspondant à 3 865 procès-verbaux contestés « dans les règles », en présence de délégués de toutes les organisations politiques nationales et locales, Lasso et les dirigeants de CREO annoncent… qu’ils refusent d’y assister.

    Quelques jours auparavant, l’ex-député « ultra » du parti Société patriotique (SP) [2] Fernando Balda avait fait un appel du pied aux militaires : « Que coûte au haut commandement de donner une conférence de presse et de demander un recomptage total des votes ? » Avant de s’indigner, n’ayant trouvé aucun putschiste en puissance :« Ils ne le font pas ! »

    Au jour dit, après que le recomptage, retransmis intégralement et en direct à la télévision, ait confirmé les chiffres initialement annoncés, Lasso déclarera : « Jamais je ne reconnaîtrai la victoire du candidat déclaré président élu par le CNE (… ) Lenín Moreno sera le successeur d’un dictateur et gouvernera sans légitimité [3]

    » Pour qui douterait de la stratégie mise en œuvre, les journalistes Andrés Carrión et Martín Pallares interrogés le 4 avril dans le programme « Châtiment divin » l’avaient précisée : « Ce qui peut être fait, c’est miner la légitimité de ceux qui ont été, entre parenthèses, élus. Ces gens doivent savoir que, s’ils arrivent au pouvoir, ce sera un pouvoir vicié et affaibli. Qu’ils auront des problèmes pour l’exercer. »

     

    En résumé : Lenín Moreno n’occupe pas encore sa fonction que déjà se dessine la guerre sournoise destinée à polariser la société et à le délégitimer afin de le déstabiliser plus facilement dès que les circonstances s’y prêteront.

    Qui s’en souvient ? C’est ainsi qu’a commencé la très grave crise dans laquelle se débat actuellement le Venezuela. En avril 2013, Nicolás Maduro, « dauphin » du disparu Hugo Chávez, ayant battu Henrique Capriles (Table de l’unité démocratique ; MUD) avec 50,75 % des suffrages, ce résultat serré entraîna lui aussi des accusations non avérées de fraude, de très violentes mobilisations de rues (onze morts) et, ayant instillé le venin de la frustration chez les opposants, prépara la déstabilisation du pays qui, de sabotage économique en poussées de violence, atteint son climax aujourd’hui.

    Les renversements de Manuel Zelaya au Honduras (2009), de Fernando Lugo au Paraguay (2012), puis de Dilma Rousseff au Brésil (2016) par des coups d’Etat dits « institutionnels », auxquels se sont ajoutés la mort de Chávez (mars 2013), ont amené les adeptes de « la fin de cycle » – un supposé recul définitif de la « vague de gauche » – à croire l’affaire bien engagée.

    Alors que, après douze ans de « kirchnérisme » (trois mandats successifs de Nestor puis Cristina Kirchner), l’entrepreneur multimillionnaire Mauricio Macri venait de remporter l’élection présidentielle, l’ambassadeur des Etats-Unis Noah Mamet se félicitait en mars 2016 : la décision de Barack Obama de visiter l’Argentine était « une reconnaissance à la détermination de Macri de la réinsérer dans l’économie globale [4] ».

    Le 7 septembre suivant, le vice-président américain Joe Biden qualifiait le renversement – rebaptisé « impeachment » – de Dilma Rousseff « d’un des meilleurs changements politiques qu’a connu la région ces derniers temps », avant, comme il se doit, d’appeler à ce qu’un référendum révocatoire soit tenu rapidement au Venezuela [5]>.

    Quelques mois après la réélection de Daniel Ortega au Nicaragua, la victoire de Moreno en Equateur constitue un coup d’arrêt à cette restauration conservatrice ardemment souhaitée. D’autant que, dans les pays qu’elle affecte, les lendemains ne chantent pas particulièrement…

    Au Brésil, dans le cadre des gigantesque affaires de corruption impliquant la compagnie pétrolière semi-publique Petrobras et le géant national du BTP Odebrecht [6], qui compromettent l’ensemble de la classe politique, le Tribunal suprême fédéral (TSF) a annoncé le 11 avril l’ouverture d’une enquête concernant cent huit personnalités, dont vingt-neuf sénateurs et quarante-deux députés (parmi lesquels les présidents des deux chambres du Congrès), huit ministres du président de facto Michel Temer – lequel fait lui-même face à de graves accusations.

    On notera que si le Parti des travailleurs (PT) a sa part de responsabilité dans ce scandale systémique, celui-ci ne peut être invoqué pour expliquer la « destitution » de Dilma Rousseff – un motif puéril d’« irrégularité budgétaire » ayant servi pour justifier ce coup d’Etat, dont les objectifs réels et les conséquences apparaissent chaque jour plus clairement.

     En faisant voter la proposition d’amendement constitutionnel (PEC 55) qui gèle les dépenses publiques de l’Etat pour vingt ans, en s’attaquant aux retraites des travailleurs et en éliminant une partie de l’allocation chômage, en fermant le ministère du développement agraire, en menant une offensive brutale contre les droits conquis depuis une décennie, le pouvoir illégitime, après avoir jeté plus d’un million de personnes dans les rues les 8 et 15 mars, devra affronter une grève générale le 28 avril prochain.

    Dans une Argentine affectée par les licenciements massifs et les augmentations faramineuses des tarifs des services publics, les enseignants en grève se sont faits sauvagement matraquer le 9 avril alors que cinq mobilisations massives avaient déjà eu lieu entre le 8 et le 24 mars et qu’une première grève générale contre la politique de rigueur avait paralysé le pays le 6 avril.

    Pour tenter de juguler cette contestation montante, le parti du chef de l’Etat, Cambiemos (Changeons), a déposé le 14 avril devant la Chambre des députés un projet de loi destiné à durcir les sanctions contre les protestataires. En termes juridiques, la réforme proposée introduit dans le code pénal le concept de « manifestation publique », permettant à la police d’arrêter sans contraintes les manifestants et aux juges de leur appliquer des peines plus sévères.

    Dans ce contexte, la fureur des oligarchies se retourne contre le pays, symbole de la résistance, « qu’il faut absolument faire tomber  » : le Venezuela. Depuis l’élection du président Maduro, le pays subit une guerre totale et multiforme. Début 2014, l’opération « La Salida » (la sortie), à travers ses opérations de guérilla urbaine, provoqua la mort de 43 personnes de toutes tendances politiques et fit plus de 800 blessés, mais le pouvoir résista, arrêtant et jugeant Leopoldo López, l’un des instigateurs du chaos.

    Certes, l’importante diminution des prix du pétrole, la principale ressource du pays, a raréfié la rentrée des devises, rendant plus difficiles les importations de biens de consommation.

    Certes, la gestion du gouvernement ne brille pas toujours par son efficacité.

    Mais en aucun cas ces deux facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls la très dure crise alimentaire et les incessantes pénuries qui, épuisant et désorientant de larges secteurs de la population, y compris « chavistes », ont permis la victoire de la MUD aux élections législatives de décembre 2015.

    N’en déplaise aux médias complices, incompétents, moutonniers, opportunistes ou fort peu courageux – la pression générale étant devenue telle que les « notables de l’info », fussent-ils « de gauche », ne veulent pas risquer leur réputation ou leur confort en semblant apparaître comme « les derniers défenseurs du Venezuela » – c’est bel et bien, similaire à celle des années 1970 au Chili, d’une déstabilisation économique qu’il s’agit.

    S’apparentant à des aveux, la loi d’amnistie votée le 29 mars 2016 par la nouvelle majorité – et déclarée inconstitutionnelle par le Tribunal suprême de justice (TSJ) le 11 avril suivant – ne mentionnait-elle pas, parmi les délits et crimes (auto)-amnistiés de l’opposition, « la spéculation sur des aliments ou des boissons, des biens qualifiés comme de première nécessité » et « l’accaparement d’aliments ou de boissons, de biens qualifiés comme de première nécessité » ?

    Le 12 novembre 2016, dans le cadre d’un dialogue dont les secteurs radicaux de la MUD ne veulent pas et qu’ils ont depuis fait capoter, c’est l’envoyé du pape en personne, Mgr Claudio María Celli, qui lit l’accord pour un calendrier de discussion dans lequel « le gouvernement et la MUD conviennent de combattre ensemble toute forme de sabotage, de boycott ou d’agression contre l’économie ». Vous avez dit « paranoïa » ?

    D’emblée, début 2016, cette nouvelle majorité législative a annoncé son unique objectif : « sortir » Maduro du pouvoir en six mois. Que ce soit légalement ou non. Avec un choix délibéré de la seconde solution. Dix-huit mois plus tard, tout un chacun peut constater qu’elle a échoué.

    Dans cette guerre qu’elle n’a pas méritée et dont elle ne veut pas, la « révolution bolivarienne » a encore assez de punch pour opposer une belle résistance. Quitte à tomber parfois dans le piège qui lui est tendu : face à une droite qui viole effrontément les règles du jeu démocratique, franchir à son tour la ligne jaune, dans son désir (et la nécessité) de rendre coup pour coup. Par exemple…

    Dans leur obsession de renverser le chef de l’Etat, les dirigeants de la MUD ont, durant de longs mois, négligé la possibilité du référendum révocatoire, permis par la Constitution. Lorsque, ayant été mis en échec, ils s’y sont enfin résolus, ils avaient dépassé le délai permettant, en cas de victoire du « oui », l’organisation d’une élection : le vice-président « chaviste » remplacerait Maduro pour la fin du mandat si celui-ci était destitué. En outre, leur collecte de signatures a été entachée d’innombrables irrégularités.

    Raison juridiquement motivée – mais aussi prétexte évident, le nombre de paraphes requis étant en tout état de cause largement atteint – dont s’est emparé le pouvoir pour bloquer le processus.

    On peut le lui reprocher (on ne s’en prive pas). On peut aussi considérer que, compte tenu de la violence déstabilisatrice qui lui est imposée, il se trouve dans la situation d’un athlète de haut niveau à qui son adversaire brise les tibias à coups de barres de fer avant de lui intimer : « Maintenant, allons courir un cent mètres ensemble et voyons qui va l’emporter ! » S’il dispose d’arguments juridiques incontestables pour le faire, on comprendra que la victime puisse écarter ce type de « compétition ». Dont, d’ailleurs, l’opposition ne veut plus !

    Dans le même ordre d’idée, la décision du TSJ, le 29 mars, d’assumer les fonctions de l’Assemblée nationale, non indéfiniment, comme il a été faussement affirmé, mais « tant que la majorité de droite continuerait à ignorer ses verdicts »– entre autres sur l’élection contestée de trois députés de l’Etat d’Amazonas qu’elle a néanmoins incorporés – ou refuserait de reconnaître les institutions et le chef de l’Etat était, quoi qu’on en dise, justifiée. Mais, intervenant au plus chaud d’une situation explosive, elle pouvait, habilement présentée par ses détracteurs, donner lieu à une accusation d’« auto-coup d’Etat ».

    Ce qui n’a pas manqué de se produire.

    La procureure générale de la République Luisa Ortega critiquant la décision et les plus hautes instances du pouvoir se rendant compte du danger de cette interprétation face à la « communauté internationale », le TSJ est revenu sur sa décision, mais le mal était fait.

    La planète médias jouant son rôle, l’accusation demeure, bien qu’étant, surtout après ce recul, totalement injustifiée.

    De même, la Cour des comptes (Controlaría general de la República) dispose d’accusations crédibles – détournement de fonds publics – pour mettre en cause l’ex-candidat à la présidence Henrique Capriles, gouverneur de l’Etat de Miranda. Toutefois, les faits remontent à… 2013. Que n’a-t-il été jugé plus tôt ? Le verdict rendu le 7 avril dernier et le déclarant inéligible pour quinze ans paraît, compte tenu du contexte, tomber à un moment particulièrement inopportun.

    C’est faire à l’opposition et à ses puissants alliés extérieurs le cadeau d’un « martyr » que ceux-ci ne manquent pas d’exploiter.

    Dès le 9 mars 2015, Barack Obama avait désigné par décret le Venezuela comme « une menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis », ouvrant le terrain juridique à une possible intervention (dont la nature reste à déterminer). Pour ce faire « l’Empire » dirigé aujourd’hui par l’irrationnel Donald Trump bénéficie de l’aide de son nouveau « cipaye » Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), objectivement redevenue le ministère des Colonies de Washington dénoncé en son temps par Fidel Castro. Une offensive féroce, obsessionnelle, tente d’isoler Caracas en la suspendant des activités de l’organisation.

    Néanmoins, en juin 2016, une première tentative de faire activer à son encontre la charte démocratique a échoué. Au grand dam d’Almagro, son initiateur, une majorité des nations, allergiques aux « interventions extérieures », se prononça pour une continuation du dialogue alors mené entre le gouvernement et la MUD, sous les auspices du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), par les ex-présidents médiateurs José Luis Rodríguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernández (République dominicaine) et Martín Torrijos (Panamá).

    Silencieux sur le coup d’Etat au Brésil, méprisant tous les usages diplomatiques lorsqu’il traite publiquement Maduro de « traître, menteur, voleur et petit dictateur »,Almagro n’a pas hésité à se faire décorer de l’ordre Rómulo Betancourt, le 13 avril 2017, à Miami, par le président de l’Organisation des Vénézuéliens persécutés politiques en exil (Veppex), l’ex-lieutenant José Colina.

    Ce dernier est poursuivi dans son pays pour avoir perpétué deux attentats à la bombe en février 2003, à Caracas, contre l’ambassade d’Espagne et le consulat colombien, crimes évidemment attribués dans un premier temps aux Cercles bolivariens de Chávez.

    En cavale, Colina a obtenu l’asile politique aux Etats-Unis après avoir été défendu par l’avocat Matthew Archambeault, celui-là même qui, en avril 2011, fit absoudre définitivement par la « justice américaine » le terroriste cubano-vénézuélien Luis Posada Carriles – auteur intellectuel de la pose de deux bombes dans un vol de la Cubana de Aviación (73 morts le 6 octobre 1976) –, lui permettant de vivre depuis en toute impunité à Miami.

    Dans ce contexte où, de l’intérieur et de l’extérieur, les deux interagissant, il s’agit de prendre la « révolution bolivarienne » en tenaille, la bataille fait donc rage à l’OEA.

    Bien que son Conseil permanent ait tenu une nouvelle réunion d’urgence le 28 mars à Washington, celle-ci n’a pas débouché sur les résultats escomptés – la suspension de Caracas et des élections générales anticipées – par le « roitelet » de l’organisation.

    Non seulement aucune résolution sanctionnant les supposés égarements du gouvernement vénézuélien n’a été adoptée, mais plusieurs Etats membres, dont Haïti, El Salvador et la République dominicaine, pourtant soumis à de très fortes pressions des Etats-Unis, ont fustigé l’attitude d’Almagro, la jugeant partiale et interventionniste. « Le moment est grave et dépasse de loin la question du Venezuela, déclara alors avec une grande dignité Harvel Jean-Baptiste, ambassadeur d’un pays, Haïti, qui n’appartient pas à l’« arc progressiste », mais auquel Washington menace de retirer son aide financière s’il continue à appuyer Caracas.

    Les agissements du secrétaire général fragilisent notre organisation. Si nous laissons le secrétaire général, comme il le fait, s’immiscer sans réserve dans les affaires internes d’un pays, au détriment du principe du respect de la souveraineté des Etats, bientôt Haïti et d’autres pays de la région, seront eux aussi victimes de cette même dérive de l’organisation [7]. »

    Un coup de force le 3 avril suivant – la Bolivie et Haïti, respectivement président et vice-président en exercice du Conseil ayant été écartés et remplacés, au mépris de toutes les règles, par le Honduras – a néanmoins permis à dix-sept des vingt-et-un pays présents d’adopter « par consensus » une résolution dénonçant « la rupture de l’ordre constitutionnel au Venezuela » tout en exigeant « des actions concrètes » de son gouvernement. Tandis que la République dominicaine, les Bahamas, le Belize et El Salvador s’abstenaient, la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela avaient, le jugeant illégal, abandonné ce « tribunal d’inquisition », comme le qualifia Maduro.

    Echec à nouveau, au-delà des déclarations triomphales, puisque, en tout état de cause, il est nécessaire de rassembler les deux tiers de l’Assemblée générale (vingt-quatre pays) pour en exclure le Venezuela. Raison pour laquelle la campagne infernale se poursuit, dont le surréalisme échappe à nombre d’observateurs, sans doute un peu distraits : en tête de liste des onze pays de l’« Axe du bien » [8] qui, le 17 avril, au nom de la démocratie, ont appelé le gouvernement vénézuélien à « garantir le droit aux manifestations pacifiques », figurent la Colombie – plus de 130 dirigeants et militants de mouvements populaires assassinés d’octobre 2012 à la fin 2016 (23 depuis janvier 2017) – et le Mexique – 28 500 « disparitions forcées » depuis 2006 (dont les 43 étudiants d’Ayotzinapa), 11 journalistes exécutés et 23 de leurs confrères « disparus » en 2016.

    Forte du soutien de ces paladins de la liberté, la MUD, qui a définitivement écarté le chemin du dialogue, multiplie depuis début avril les manifestations au cours desquelles, en marge des opposants pacifiques, des groupes de choc ultra violents multiplient agressions aux forces de l’ordre et actes de vandalisme. C’est que, pour la MUD, le temps presse.

    Les prix du pétrole repartant à la hausse, fût-elle modérée, le gouvernement fournissant en urgence des produits de première nécessité à plus de six millions de familles à travers treize mille Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP), réactivant l’agriculture et en appelant à la participation de certains groupes du secteur privé au redressement économique, la situation tend quelque peu à (et surtout « risque de ») s’améliorer.

    Comme en 2002 lors du coup d’Etat contre Chávez ou en 2014 au cours des « guarimbas », il faut à l’extrême droite des cadavres pour émouvoir et mobiliser la communauté internationale. Le 18 avril, la veille de « la mère de toutes les manifestations », organisée par l’opposition – à laquelle répondra d’ailleurs une « marche des marches » des chavistes dans le centre de Caracas –, Mark Toner, porte-parole du Département d’Etat américain, dénonça une « répression criminelle »et la « violation des droits humains » du pouvoir bolivarien. Car déjà, comme en 2014, le décompte macabre des victimes donne lieu à une manipulation de première catégorie.

    Dès le 14 avril, huit morts étaient à déplorer – par définition attribués « à la répression ». Il s’avéra rapidement que l’un d’entre eux, Brayan Principal, a été tué par un groupe d’individus cagoulés qui a criblé de balles une lotissement « chaviste », la Ciudad Socialista Alí Primera, construite par le gouvernement de Maduro à Barquisimeto. Qu’un autre, le jeune Miguel Ángel Colmenares, à Caracas, ne manifestait pas, mais est tombé dans une embuscade de sujets qui l’ont dépouillé de son argent avant de l’assassiner.

    Qu’un autre encore, Oliver Villa Camargo, a été exécuté d’une balle dans la tête alors qu’il venait de tenter, en auto, de franchir une barricade. Que Ricarda de Lourdes González, 87 ans, n’est pas morte asphyxiée par les gaz lacrymogènes, mais, comme l’a précisé sa fille, parce que les « guarimberos » (manifestants) « ne nous ont pas laissé sortir quand– alors qu’elle était victime d’un accident cérébro-vasculaire – on a voulu l’emmener à la clinique Las Mercedes [9] ». Il s’agit là, non d’une liste exhaustive, mais de quelques cas.

    Evoquant la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, à Caracas, le 19 avril, « par des motards qui ont tiré et lancé des gaz lacrymogènes », le « dévoyé spécial » de l’ex-quotidien français d’information Le Monde, Paulo Paranagua, précise (21 avril) : « Paola Ramirez Gomez, 23 ans, est morte en province, à San Cristobal, dans des circonstances similaires ».

    Que ses lecteurs le sachent : Paranagua ment. Initialement attribué à des « collectifs chavistes », accusés de tous les maux, il a été prouvé après enquête que le meurtre de cette jeune femme a été commis depuis le deuxième étage d’un immeuble, par les tirs d’un individu nommé Iván Aleisis Pernía, militant d’opposition arrêté et incarcéré depuis. Il est vrai que Paranagua n’en est pas à une imposture près : n’a-t-il pas reproduit, sans aucune prise de distance ni commentaire (15 avril), cette déclaration ahurissante de Julio Borges, l’un des principaux dirigeants de l’opposition : « Les groupes paramilitaires du Venezuela menacent la paix en Colombie. »

    Le premier réflexe est d’en rire. Le second est de ressortir de la poubelle, où on l’avait jeté, et de retourner contre lui, le prétentieux « Décodex » du Monde [10] : « Ce média diffuse régulièrement des fausses informations ou des émissions trompeuses. Restez vigilants ou cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information. »

    Dans ce climat de violence exacerbée, on observe des excès de tous les côtés. Un mandat d’arrêt a ainsi été lancé contre quinze gardes nationaux présumés responsables du décès de Gruseny Antonio Canelón, à Cabudare, le 12 avril.

    De l’autre côté des barricades, des membres des forces de l’ordre tombent également, tel le sergent de la Garde nationale Neumar José Sanclemente Barrios, assassiné par arme à feu le 19 avril à San Antonio de los Altos. Huit membres des forces de l’ordre avaient d’ailleurs déjà été tués par balles en 2014, sans trop émouvoir les « observateurs » pour qui, semblerait-il, l’assassin d’un policier, sur les Champs-Elysées, à Paris, est un « terroriste » quand l’assassin d’un policier au Venezuela est « un manifestant pacifique »…

    Dans des circonstances particulièrement confuses, et après l’appel à manifestations de dirigeants anti-chavistes, la mise à sac d’une dizaine de commerces du secteur populaire d’El Valle (Caracas) par de supposées bandes d’« affamés  », la nuit du 19 avril, s’est soldée par la mort de onze personnes (trois par armes à feu, huit électrocutées par un système de protection en tentant de dévaliser une boulangerie). Dans leur furie destructrice, les mêmes hordes, qu’on suppose manipulées, n’ont pas hésité à attaquer un hôpital de soins pédiatriques – au prétexte sans doute qu’il s’appelle « Hugo Chávez » –, obligeant en catastrophe à en évacuer 54 mères, enfants et nouveaux-nés. Dans un tel chaos, la manipulation de l’information devient un jeu d’enfant :

    « Les manifestations ont fait 20 morts en trois semaines  », peut-on lire ou entendre à peu près partout au même moment [11]. De quoi atteindre l’objectif recherché en faisant du Venezuela un « Etat failli ». Et, au passage, en utilisant la désinformation générale affectant ce pays, pour stigmatiser par la bande un homme politique – tel, lors du premier tour de la campagne présidentielle française, le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

    A cet égard, le 6/9 de France Inter, consacré au Venezuela le matin même du scrutin aura constitué un modèle de perfidie subliminale – sans doute sévèrement critiqué s’il existait en France un Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

    Le 22 avril, à l’appel de l’opposition, des milliers de Vénézuéliens ont participé à une marche silencieuse en mémoire des victimes des manifestations du mois d’avril.

    Devant le siège de la Conférence épiscopale, tandis que le député Henry Ramos Allup déclarait qu’il s’agissait d’un hommage « à tous les morts, y compris aux victimes potentielles et éventuelles qu’il y aura sûrement les jours prochains », son « collègue » Freddy Guevara précisait que les manifestations à venir avaient pour objectif de « dévoiler le véritable visage du dictateur » en générant« l’ingouvernabilité [12 ». Des messages qui ont le mérite de la clarté. Sauf, manifestement, pour les médias.

     

    NOTES

    [1] http://www.medelu.org/Coup-dur-pour-la-fin-de-cycle-en

     

    [2] Parti de l’ex-président Lucio Guttiérez, renversé par un soulèvement populaire le 20 avril 2005. Candidat du parti, Patricio Zuquilanda a obtenu 0,77 % des voix lors du premier tour de la présidentielle, le 19 février. Gutiérrez n’a pas été élu lors des législatives auxquelles il se présentait.

     

    [3]  Ecuadorinmediato, Quito, 19 avril 2017.

     

    [4]  BBC Mundo, Londres, 23 mars 2016.

     

    [5]  El País, Madrid, 7 septembre 2016.

     

    [6] Petrobras (propriété d’actionnaires privés ou institutionnels à 51 %) a attribué des marchés surfacturés à des entreprises de BTP, permettant ainsi le versement de pots-de-vin destinés à financer les partis politiques ou des politiciens corrompus. Odebrecht aurait arrosé de bakchichs des fonctionnaires et hommes politiques de douze pays d’Amérique latine pour y rafler des chantiers.

     

    [7]  Haïti Libre, Port-au-Prince, 29 mars 2017.

     

    [8] Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Paraguay, Pérou et Uruguay.

     

    [9]  El Universal, Caracas, 11 avril 2017.

     

    [10] Outil censé, sur la Toile, aider les internautes à trier les vraies des fausses informations en stigmatisant les sites « mal pensants ».

     

    [11]  Le Monde, France Info, CNews, LCI, La Dépêche, Presse Océan, La Libre Belgique, etc., du 21 au 23 avril 2017.

     

    [12]  Alba Ciudad, Caracas, 22 avril 2017.

     

    Source : Mémoire des Luttes, Maurice Lemoine, 27-04-2017


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    Source : Proche & Moyen-Orient, Gennady Gatilov, 08-05-2017

    GENNADY GATILOV – VICE-MINISTRE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERES : « commencer par la constitution… »

    Le 25 avril dernier à la Mission de la Fédération de Russie auprès des Nations unies à Genève, la rédaction de prochetmoyen-orient.ch (PMO) a pu s’entretenir avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Gennady Gatilov. 

     

    Interview :

    PMO : Le dernier « événement chimique » a passablement pesé sur la poursuite du processus de Genève. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault prétend détenir des « preuves irréfutables » permettant d’attribuer la paternité de cet « événement » au gouvernement syrien. Que pensez-vous d’une telle affirmation ?

    GENNADY GATILOV : L’événement tragique de Khan Cheikhoun est-il le résultat d’un bombardement aérien, d’une attaque au sol ou d’un autre montage ? Nous avons immédiatement demandé l’ouverture d’une enquête, menée par des experts indépendants au sol, sur le terrain.

    Cette demande n’a pas été suivie d’effet. Pourquoi ? Avant de brandir ce genre d’accusations, il faut disposer de preuves matérielles irréfutables, recueillies par des experts indépendants.

    Nous souhaitions la formation d’une équipe d’experts indépendants ne provenant pas seulement de pays occidentaux et d’autres qui sont farouchement hostiles à la Syrie.

    Les Etats-Unis et leurs alliés se sont opposés à cette proposition qui aurait pu être coordonnée par l’Organisation de l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

    Mais on a l’impression que ces mêmes États ne font pas confiance à l’OIAC… parce qu’ils cherchent, peut-être à influencer son travail dans la direction qu’ils souhaiteraient.

    Une première analyse du document français de cinq pages soulève de nombreuses questions, notamment concernant les circonstances dans lesquelles la partie française a obtenu les échantillons qui, affirme-t-on, ont été prélevés directement sur les lieux des faits.

    Si les services de renseignement français les ont prélevés eux-mêmes, cela signifie qu’ils ont accès à la zone contrôlée par des groupes armés de l’opposition syrienne liés à la Qaïda.

    Si les échantillons ont été obtenus dans un autre endroit, disons dans un pays voisin de la Syrie, alors la véracité de l’analyse effectuée est immédiatement remise en question.

    Il convient de rappeler que conformément aux règles internationales, les échantillons analysés doivent rester intacts durant tout le trajet entre le lieu des faits et le laboratoire.

    Pour prouver que le sarin, soi-disant, utilisé à Khan Cheikhoun a été produit par la Syrie, les auteurs du rapport indiquent que sa « recette » témoigne de méthodes en vigueur dans les laboratoires syriens.

    On ignore d’où vient cette certitude, étant donné que le sarin sous une forme « prête à l’emploi » n’a jamais existée en Syrie: il n’y avait que des composants précurseurs qui ont été entièrement évacués du pays en 2014. Par ailleurs les dispositifs mobiles permettant de synthétiser le sarin ont été détruits, comme l’a confirmé l’OIAC à plusieurs reprises.

    L’unique « accroche » des auteurs du rapport français est la prétendue correspondance des résultats de l’analyse récente avec l’étude d’échantillons obtenus par la France en 2013 à partir des lieux d’un autre incident qui pourrait également être lié à l’usage de sarin.

    C’est peu convaincant car la Mission de l’ONU, en 2013 déjà, n’avait pas pu confirmer indépendamment l’information du rapport français sur le prétendu incident à Saraqib et le respect de la procédure de préservation des preuves, y compris pendant le transport des échantillons prélevés.

    La seule possibilité réelle d’établir la vérité serait d’envoyer à Khan Cheikhoun et sur la base aérienne de Chayrat, où se trouvait le soi-disant sarin utilisé à Khan Cheikhoun, la mission de l’OIAC d’établissement des faits en utilisant toutes les méthodes prévues par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

    Il est également important que sa composition respecte le paragraphe 8 du mandat de l’organisation internationale, exigeant la formation d’un groupe d’experts sur la base géographique la plus large possible. C’est seulement dans ce cas que les résultats de l’enquête internationale pourront être admis avec confiance par tous les pays.

    C’était précisément l’objectif du projet récemment soumis par la Russie et l’Iran pendant la session spéciale du Conseil exécutif de l’OIAC. Malheureusement, il a été bloqué essentiellement par les pays occidentaux, dont la France, qui à titre d’alternative à une enquête internationale impartiale a entrepris sa propre enquête très contestable d’un point de vue professionnel.

    Nous appelons à nouveau à cesser les « jeux politiques » indécents autour du dossier chimique syrien et d’entreprendre les démarches sur lesquelles la Russie insiste depuis trois semaines: envoyer à Khan Cheikhoun et à Chayrat un groupe de spécialistes dont feraient également partie des représentants de pays qui ne sont pas aveuglés par leur haine envers le gouvernement légitime syrien.

     

    PMO : Sur le plan de la consolidation du cessez-le-feu et des autres questions militaires, quelle est la prochaine étape du processus d’Astana initié par Moscou ?

    GENNADY GATILOV : Depuis plus de quatre mois, le processus d’Astana cherche à consolider le cessez-le-feu, instauré en décembre 2016 après la reconquête d’Alep. Ce processus a besoin de s’installer dans la durée pour être consolidé afin de favoriser et faire avancer la négociation politique qui se déroule à Genève sous l’égide des Nations unies.

    Les efforts d’Astana résultent de la volonté convergente de trois gouvernements : Russie, Iran et Turquie. Il faut rappeler que les différentes réunions d’Astana ont permis de réunir pour la première fois des chefs d’organisations de la rébellion armée avec des représentants du gouvernement syrien.

    Par conséquent, le processus d’Astana va se poursuivre, sous différentes formes les plus appropriées, afin de conforter et d’aider la négociation de Genève.

    Il faut le souligner, le processus d’Astana n’est ni parallèle, ni concurrent avec celui de Genève. Sa vocation première et essentielle est de favoriser, de toutes les manières possibles, le processus politique en cours à Genève sous l’égide du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies Staffan de Mistura.

     

     

    PMO : Justement, sur le plan politique maintenant, la priorité des discussions en cours à Genève vise-t-elle d’abord des changements constitutionnels ? où en est-on ?

    GENNADY GATILOV : La méthode élaborée par Staffan de Mistura a consisté à identifier quatre « baskets », quatre chantiers : 1) celui de la transition politique ; 2) celui de nouvelles élections ; 3) celui d’une nouvelle constitution ; 4) celui de la poursuite de la lutte contre le terrorisme.

    Ces quatre chantiers sont discutés, conjointement, en parallèle. L’Arabie saoudite pèse de tout son poids pour privilégier la transition et la « gouvernance » tandis que les autorités syriennes veulent d’abord éliminer le terrorisme.

    Pour notre part, et même si la lutte contre le terrorisme constitue toujours l’une de nos priorités, nous cherchons aussi à faire avancer les ajustements constitutionnels qui sont – comme le pense aussi Staffan de Mistura – directement liés aux progrès enregistrés à Astana sur les questions militaires.

    La question est par où commencer ?

    Mettre d’abord en avant les questions constitutionnelles permet de surmonter le gros problème de la représentativité des groupes de l’opposition et de différencier les plus aptes à être « inclusif » dans la recherche d’une solution commune.

    Nous pensons qu’à partir d’une plateforme constitutionnel commune, il sera plus facile d’agréger le maximum de composantes possibles, afin d’être le plus « inclusif » possible. Je vous rappelle qu’à Genève – et à la demande de pays de la région – les Kurdes ne sont toujours pas représentés.

    Cela dit, nous sommes désormais confrontés à deux facteurs qui viennent compliquer la négociation :

    1) une nouvelle administration américaine qui prend ses marques et les positions changeantes de Donald Trump ;

    2) les accusations occidentales unilatérales proférées contre le gouvernement syrien après le dernier « événement chimique » ont eu pour conséquence de durcir la position des autorités de Damas qui commençaient pourtant à faire des concessions.

    Celles-ci ont ébranlé la confiance de Damas et il s’agit maintenant de regagner cette confiance, notamment en élargissant les zones de cessez-le-feu et de stabilité, notamment dans le nord du pays à l’ouest d’Alep.

    La priorité est bien de travailler à l’élargissement de zones de stabilité dans l’ensemble du pays, en commençant par le Nord…

     

     

    PMO : Comment dépasser le face à face entre la Turquie et les Kurdes ?

    GENNADY GATILOV : Il est certain que la question kurde se retrouve en tête de l’agenda turc. D’un autre côté, comme je l’ai déjà souligné, on ne peut exclure les Kurdes de l’ensemble du processus et c’est pour cette raison que nous cherchons à les intégrer dans le processus d’Astana sur les questions militaires, notamment celle du cessez-le-feu. Les Kurdes ont – eux-aussi – leur propre feuille de route dont devra aussi tenir compte l’avancée des discussions de Genève.

     

     

    PMO : Comment dépasser l’autre grande confrontation de la guerre civilo-globale de Syrie, à savoir celle opposant l’arabie saoudite à l’Iran ?

    GENNADY GATILOV : Les nouvelles sanctions dernièrement adoptées unilatéralement contre l’Iran n’arrangent certainement pas l’état de la relation bilatérale Riyad/Téhéran, comme elles ne favorisent pas les discussions de Genève… Il s’agit certainement de favoriser tout ce qui peut améliorer les relations bilatérales des pays de la région. Par exemple, l’Iran entretient une relation bilatérale correcte et équilibrée avec le Qatar, mais sur le dossier syrien les deux pays restent radicalement opposés.

    Par conséquent, il faut essayer de reprendre les choses à travers les éléments positifs et les intérêts communs de chaque relation bilatérale pour revenir aux oppositions qui perdurent sur le dossier syrien, mais qui – à terme – ne sont pas insolubles !

     

    PMO : Qu’en est-il avec un autre partenaire de poids comme la Chine ?

    GENNADY GATILOV : La Chine est aussi un partenaire stratégique de la Syrie. Il faut aussi rappeler que plusieurs milliers d’activistes chinois sont également engagés contre l’armée syrienne au nord-ouest du pays, dans la région d’Idlib. Pékin, comme Moscou a un intérêt majeur à œuvrer en faveur d’un retour à la stabilité en Syrie et dans toute la région de la Méditerranée orientale.

     

    D’une manière générale, la Méditerranée est devenue une zone stratégique de première importance vers laquelle converge un ensemble de crises qui déstabilisent, non seulement les Proche et Moyen-Orient, mais aussi plusieurs régions d’Afrique.

    Par conséquent, l’ensemble des pays concernés doivent chercher en Méditerranée des solutions à ces différentes crises.

     

    Propos recueillis par Richard Labévière.
    8 mai 2017

    Source : Proche & Moyen-Orient, Gennady Gatilov, 08-05-2017


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    Les Etats-Unis ont égaré l’équivalent d’un milliard de dollars d’armes en Irak et au Koweït

    Les Etats-Unis ont égaré l’équivalent d’un milliard de dollars d’armes en Irak et au Koweït

     

    L’ONG Amnesty International a tiré la sonnette d’alarme après la déclassification d’un rapport du département de la Défense des Etats-Unis qui remet en cause l'efficacité du programme d’armement des forces irakiennes contre Daesh.

    L’équivalent de plus d’un milliard de dollars d’armes américaines destinées à lutter contre Daesh dans le cadre du programme Iraq Train and Equip Fund (ITEF), n’est pas parvenu à destination, révèle un rapport du Bureau de l’inspecteur général du Pentagone publié le 24 mai.

    Le rapport, qui date de septembre 2016, a été déclassifié à la requête de l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International, en vertu de la loi Freedom of Information Act, qui oblige les agences fédérales américaines à fournir leurs documents sur demande.

    «Cet audit fournit un aperçu inquiétant du système faillible, et potentiellement dangereux, de l’armée américaine pour contrôler les livraisons d’armes à hauteur de millions de dollars dans une région extrêmement instable», a commenté Patrick Wilcken, spécialisé dans le contrôle des armes au sein de l’ONG.

    «Cela donne particulièrement à réfléchir au vu de la longue histoire de fuites d’armes américaines vers de nombreux groupes armés commettant des atrocités en Irak, y compris le groupe armé Etat islamique», poursuit-il sur le site internet de l’organisation.

    Le programme américain ITEF a été lancé en 2015, avec un budget de 1,6 milliard de dollars (soit environ 1,4 milliard d’euros). 715 000 000 dollars de fonds supplémentaires lui ont ensuite été alloués en 2016, et 919 500 000 l’année suivante.

    Selon Amnesty International, le Département américain de la Défense devait, dans le cadre du programme, livrer des dizaines de milliers de fusils d’assaut ainsi que des obus et de véhicules blindés.

     

    Les armes avaient pour destination l’armée irakienne, les combattants kurdes Peshmerga et les Unités de mobilisation populaire, coalition de milices en majorité chiites, en Irak et au Koweït.

    Lire aussi : Malgré l'opposition de la Turquie, Washington armera les Kurdes de Syrie


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    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 24-04-2017

     

    Ca n’aura pas tenu trois mois ! Le champion d’America FirstL’Amérique d’abord !– guerroie au Proche-Orient (Syrie, Irak, Yémen) et montre ses muscles au large des deux Corée. Il s’est fâché avec Vladimir Poutine auquel il voulait tendre la main et courtise grossièrement Xi Jinping, le patron de l’entreprise Chine.

     

    Ouf ! La bourse peut souffler… Finalement, Donald Trump se rend compte que l’Union européenne existe malgré tout et que l’OTAN peut encore servir les intérêts américains. Bref, le chantre de la non-ingérence est – comme son prédécesseur – engagé et sur-engagé sur quatre fronts de guerre simultanés : Afghanistan, Irak, Syrie et Yémen !

    Et la rédaction de prochetmoyen-orient.ch n’est pas peu fière d’avoir titré dès novembre 2016 : Trump, tout changer pour que rien ne change

    Le nouveau président américain voulait démondialiser la politique et provoquer une révolution anti-global pour revenir aux priorités nationales et domestiques de ses électeurs confrontés à une précarité grandissante.

    Finalement, tout en détricotant les avancées sociales laborieusement élaborées par son prédécesseur, il fait globalement la même chose que lui à coups de menton et de tweet imprévisibles, parfaitement représentatifs de ce qu’est devenue la première « démocratie » du monde : une société dégénérée mue par une course effrénée à l’argent, les émotions, leurs images et leurs tweets

    Ce faisant, Donald Trump continue néanmoins à donner le tempo d’un monde occidental tout aussi déboussolé que la vieille Amérique. I

    l n’est qu’à voir la Grande Bretagne et la France éternelle, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, applaudir des deux mains un bombardement américain de la Syrie effectué unilatéralement et en marge de toute légalité internationale !

    Que les Britanniques – alliés indéfectibles de l’Oncle Sam ayant menés l’invasion de l’Irak au printemps 2003 avec Washington contre l’avis des Nations unies, de la France, de l’Allemagne et de la Russie – le fassent reste dans l’ordre des choses.

     

    Que Paris emboîte – à ce point – le pas, est plus curieux, voire absolument scandaleux et indigne ! De Nicolas Sarkozy à François Hollande, la diplomatie française nous a habitué à défendre davantage les intérêts américains et israéliens que ceux de notre pays selon des logiques droits-de-l’hommistes sélectives où l’Elysée et le Quai d’Orsay s’avèrent moins regardant dès lors qu’il est question de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Emirats arabes unis ou de certains coffres forts africains…

    Dans tous les cas de figures, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault nous promet de prochaines révélations irréfutables sur le dernier « événements chimiques » survenu en Syrie.

    Il vient d’affirmer qu’il apportera « dans quelques jours, la preuve que le régime syrien a bien organisé la frappe chimique » du 4 avril dernier sur Khan Cheikhoun, une ville contrôlée par la rébellion salafo-jihadiste du nord-ouest du pays. Jean-Marc Ayrault dans le texte : « nous avons des éléments qui nous permettront de démontrer que le régime a sciemment utilisé l’arme chimique (…)

     

    Ma conviction, et c’est aussi la conviction de nos services, c’est que c’est le régime qui a bien la responsabilité » de cette attaque1.

    Ce n’est pas la première fois que Jean-Marc Ayrault se retranche derrière l’expertise des services français de renseignement. En septembre 2013, il brandissait déjà devant l’Assemblée nationale une soi-disant « note des services secrets » pour justifier la guerre que la France s’apprêtait à déclarer à la Syrie !

     

    En fait, il ne s’agissait que d’une note du SGDN (Secrétariat général de la défense nationale qui dépend de Matignon), coupé-collé d’extraits de rapports de la DCRI et DGSE de l’époque qui ne comportaient aucun élément factuel probant, n’alignant qu’archives, analyses et conjectures ; celles-ci ayant aussitôt été démenties par plusieurs rapports contradictoires des Nations unies et d’autres officines spécialisées !

    Il est toujours aisé de parler à la place de services – tenus à un strict devoir de réserve – et ne pouvant réagir à l’instrumentalisation et autre récupération de leur travail néanmoins remarquable !

    Depuis la fermeture de l’ambassade de France à Damas en mars 2012 -décidée par Alain Juppé – la France s’est amplement fourvoyée sur la Syrie et les crises proche et moyen-orientales.

     

    Ayant tiré un trait sur quarante ans de politique étrangère gaullienne, sinon gaulliste, Paris n’a plus de « politique arabe », préférant sa nouvelle « politique sunnite », visant à signer des contrats commerciaux (rarement honorés) avec une Arabie saoudite wahhabite qui finance l’expansion de l’Islam radical depuis plus de trente ans !

     

    Ayant rejoint le commandement intégré de l’OTAN en 2008, la France s’est remise dans le sillage américain, les protagonistes de la région préférant s’adresser à Dieu qu’à ses saints.

     

    Par conséquent, la diplomatie française est sortie des écrans radars et s’est exclue tant du processus d’Astana que de celui de Genève.

    Indépendamment du dernier « incident chimique », ces deux mécanismes d’une recherche de sortie de crise poursuivent patiemment leurs efforts… mais sans la France.

    Sous l’égide de Moscou et Téhéran, le premier mécanisme se cantonne aux questions militaires : consolidation du cessez-le-feu instauré après la reconquête d’Alep en décembre 2016 ; échanges de prisonniers et amnistie des rebelles qui acceptent de déposer les armes.

    A Genève, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie – Staffan de Mistura – poursuit avec opiniâtreté et intelligence la mission diplomatique la plus difficile du monde : mettre en musique la feuille de route de Genève-II, à savoir proposer une nouvelle constitution et un gouvernement de transition afin d’organiser des élections législatives et présidentielles sous contrôle international.

    « A Genève, nous encourageons le gouvernement syrien et l’opposition à négocier sous l’égide des Nations unies », explique Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, « à Astana, il s’agit de garantir un cessez-le-feu solide, première étape pour la mise en œuvre d’un processus politique.

     

    En Syrie, il n’y a pas de solution militaire ». Et pour renouer avec un esprit de Genève susceptible de ramener la paix en Syrie et dans la région, les négociateurs réexaminent trois exemples de paix historiques.

     

    Le premier : les accords de Taëf de 1989 – 1990, qui mirent fin aux quinze années de la guerre civile du Liban (1975 – 1990) a été acheté et financé de bout en bout par l’Arabie saoudite afin de diminuer l’influence des communautés chrétiennes au profit de la population sunnite.

    Il est difficilement superposable au contexte syrien où sont confrontées de multiples entités : une majorité de Sunnites aux Chi’ites/Alaouites, ainsi qu’à une grande partie des Chrétiens et des Druzes ; les Turques aux Kurdes ; les Palestiniens pro-régime aux anti-régime, sans compter les différentes armées privées qui prennent parti en fonction d’intérêts essentiellement économiques et financiers.

    Le deuxième nous ramène à la paix, conclue par les accords de Dayton aux Etats-Unis le 21 novembre 1995, entérinée à Paris le 14 décembre.

    Elle accouche d’un monstre constitutionnel pour la Bosnie, qui comprend – en sus de l’importante communauté serbe – une forte communauté croate, laquelle a longtemps fait le coup de feu contre les Musulmans de la région. L’accord prévoit en effet la création d’un Etat « musulman » en Bosnie sur les territoires où les Bosniaques résident, mais qui est contraint d’entrer dans une fédération croato-bosniaque avec le nouvel Etat indépendant de Croatie. Il prévoit aussi la création d’une région autonome serbe sur le nouveau territoire de l’Etat, dont les mécanismes de fonctionnement sont d’une incroyable complexité. Plus de vingt ans après, cet accord reste un casse-tête qui paralyse tout développement socio-économique et qui rend ce dernier totalement dépendant des aides massives de l’Union européenne, laquelle joue un très grand rôle dans la gestion de la Bosnie.

    Une fois le démantèlement des principaux territoires yougoslaves achevé, la « communauté internationale » s’est attaquée à la « question du Kosovo », berceau de la nation serbe, mais peuplé majoritairement d’Albanais.

     

    Ces derniers sont alors encouragés à prendre les armes et aidés de diverses façons, y compris par des bombardements massifs de l’OTAN en 1999 sur ce territoire et la capitale serbe – Belgrade – pour obliger l’armée serbe à se retirer. Cette campagne amène le président Milosevic à accepter l’indépendance de la province du Kosovo, qui sera définitivement arrachée à la Serbie en 2008.

    Financé par les contribuables européens, le micro-Etat du Kosovo s’adonne, depuis son indépendance, au trafic d’armes, d’êtres humains, de drogues et d’organes humains en toute impunité.

    Il est devenu aujourd’hui l’une des plaques tournantes des terroristes européens recrutés par la Qaïda et l’organisation « Etat islamique » avec la même impunité. Bien-sûr, les Américains cherchent à s’inspirer des accords de Dayton pour la Syrie, tant ils rêvent d’y imposer la même balkanisation réalisée en ex-Yougoslavie, afin d’imposer une partition de la Syrie en quatre ou cinq micro-Etats, autant de nouveaux Kosovo sous leur tutelle et celles de Riyad et de Tel-Aviv !

     

    Une troisième paix intéresse les négociateurs de Genève : celle que le président Abdelaziz Bouteflika a réussi à mettre en œuvre en Algérie après la décennie sanglante (1988 – 1998) ayant causé plus de 200 000 victimes.

     

    Cette politique dite de Concorde nationale s’est d’abord attachée – comme le processus d’Astana – à l’instauration d’un cessez-le-feu et d’une amnistie générale pour tous ceux qui acceptaient de rendre les armes.

     

    Sont venus ensuite différentes réformes constitutionnelles afin d’inclure les groupes rebelles désarmés à la vie politique nationale.

    Même si ce processus est loin d’être achevé, même s’il a généré impunités et nombres d’injustices criantes, il est parvenu néanmoins à ramener la paix civile après une longue guerre meurtrière.

    En s’inspirant, peu ou prou, de ces trois paix historiques, le processus de Genève se poursuit envers et contre tout dans un contexte où les Etats-Unis continuent à empêcher le retour des grands investisseurs occidentaux en Iran malgré l’accord signé à Vienne (14 juillet 2015) sur le dossier nucléaire.

    Cette continuation des sanctions économiques par d’autres moyens pèse lourdement sur la prochaine élection présidentielle qui oppose le président sortant Rohani au candidat conservateur Ebrahim Raissi, proche du Guide de la révolution l’ayatollah Ali Khamenei.

    Là encore, Donald Trump préfère se ranger aux côtés de l’indéfectible allié israélien – Benyamin Netanyahou – en adoptant de nouvelles sanctions contre l’Iran plutôt que d’œuvrer à la recherche d’une nouvelle stabilité régionale en accompagnant une réelle levée des sanctions contre ce pays clef du Moyen-Orient !

    Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson vient de déclarer, le plus solennellement du monde, que « l’Iran demeure l’un des principaux pays qui parraine le terrorisme ».

     

    Comme son homologue français Jean-Marc Ayrault, il produira lui aussi certainement bientôt des preuves irréfutables des services spéciaux pour accréditer ses affirmations dont on ne situe pourtant ni les acteurs, ni les endroits, ni les intérêts…

    Quoiqu’il en soit, cette régression – qui était prévisible – réjouit aussi l’Arabie saoudite. Le 19 avril dernier, la première visite à Riyad de James Mattis, le secrétaire américain à la Défense a donné lieu à une série de déclarations anti-iraniennes, qui a réjoui les oligarques de la dictature wahhabite engagée dans une compétition stratégique et confessionnelle avec leur grand voisin chi’ite. «`

    Ainsi, on est revenu à la ligne diplomatique traditionnelle des Républicains américains, basée sur un axe Riyad-Washington, avec l’appui de Tel-Aviv », constate un diplomate européen en poste dans le Golfe.

     

    « Les huit années du mandat d’Obama avaient laissé un vide que l’Iran et la Russie ont mis à profit », a laissé entendre James Mattis, l’ancien patron du géant pétrolier Exxon-Mobil sachant parfaitement quel langage tenir à ses vieux partenaires d’affaires !

    A la mi-mars, lors de sa venue à la Maison blanche, le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman avait trouvé – lui-aussi – les mots qu’il faut pour la nouvelle administration Trump, évoquant la possibilité d’injecter quelques 200 milliards de dollars (186 milliards d’euros), dans l’économie américaine, notamment dans le secteur des infrastructures.

     

    Et pour sceller ce nouveau pacte (d’affaires) du Quincy, le président américain – qui déteste pourtant voyager – devrait se rendre en Arabie saoudite d’ici la fin du mois de mai prochain.

    Plus que jamais, avec Donald Trump, il faut tout changer pour que rien ne change… parce que le plus important – au-delà de la guerre et de la paix -, c’est, d’abord et avant tout, la poursuite du business…

     

     

    Richard Labévière
    24 avril 2017

    1Le Monde du vendredi 21 avril 2017.

    Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 24-04-2017

     

     

    COMMENTAIRE

     

    DahoolLe 28 mai 2017 à 11h05
     
     

    Bonjour

    Quelques remarques,

    “Par conséquent, la diplomatie française est sortie des écrans radars et s’est exclue tant du processus d’Astana que de celui de Genève.”
    Quand je pense que l’on dit que FH a réussi sur le plan international…


    La France est aussi audible qu’un mime.

    Le Kosovo est un sujet qui n’est pas abordé dans les médias, on comprend pourquoi. Nous avons en Europe un état qui promeut une idéologie extrémiste et on laisse faire.

    C’est comme ce village en Europe de l’est (?), à ciel ouvert, la culture de cannabis y est florissante, un peu comme les champs de maïs dans ma région et on laisse faire. Les extrémistes ukrainiens, on laisse faire. Les parades waffen SS dans certains pays, on laisse faire.

    L’Iran qui ne nous emmerde pas, ça, on laisse pas faire. La Syrie qui ne nous emmerdait pas, on laisse pas faire…

    Nos élites dirigeantes n’ont pas la même boussole que nous, c’est pourquoi ça grince, ils utilisent les médias pour que ça ne craque pas, en évitant les sujets qui fâchent.

    Que va faire Trump de la plainte des familles de victimes du 11/09 contre l’AS ? Après avoir vendu pour près de 300 milliards de contrats et soutenir les saoud et Israël contre l’Iran dit “terroriste”, je le vois bien, une fois de plus, renoncer à ses déclarations d’avant élection.


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    dimanche 28 mai 2017

    Attaque de Manchester : le MI5 savait «qu’Abedi préparait un attentat au Royaume-Uni»

    Le même schéma se répète encore et encore, que ce soit en France ou ailleurs en Europe.

     

    A chaque fois, les terroristes sont connus et même le plus souvent surveillés par les services de renseignement et on nous annonce un soi-disant râté dans l'évaluation du risque.

     

    Quand cela arrive une fois, peut-être, quand ça arrive deux fois, c'est de l'incompétence. Mais lorsque c'est quasiment systématique, comment penser que cela n'est pas voulu? Fawkes 

    Il s’avère que les services de renseignement britanniques, communément appelés MI5, avaient été informés par le FBI sur le «dossier d’Abedi», l’attaquant de Manchester, et ce depuis janvier dernier.

    Cependant, pour une raison qui reste à préciser, l’enquête a été reléguée au second plan.

     

    Manchester

    Les services de renseignement britanniques ont été mis en garde dès janvier dernier que Salman Abedi planifiait une attaque en Grande-Bretagne, relate le Daily Mail, citant une source au sein des services de sécurité du pays.
     
    D'après la source, le FBI aurait informé le MI5 du fait que Salman Abedi faisait partie d'une cellule nord-africaine du groupe Daech visant à perpétrer sous peu une attaque contre une cible politique importante au Royaume-Uni.
     
    Il est à noter que ces informations proviennent principalement d'une enquête américaine sur l'activité d'Abedi et ses liens présumés avec des groupes terroristes en Libye.
     
    À en croire le journal The Mail on Sunday, en 2016, les services de renseignement américains l'avaient déjà mis sur une liste de terroristes, utilisée en l'occurrence par la CIA en vue d'identifier des suspects clés.
     
    Ainsi, cette allégation choquante, poursuit le Daily Mail, augmente encore davantage la pression sur le MI5 afin que le Security Service révèle à quel moment et de quelle façon il a pris connaissance d'Abedi et pourquoi les agents britanniques ont décidé par la suite que le jeune homme ne constituait pas une menace importante pour la sécurité du Royaume-Uni.
     
    « Au début de 2017, le FBI a informé le MI5 qu'Abedi faisait partie d'un gang de terroristes nord-africain basé à Manchester, qui était à la recherche d'une cible politique dans le pays », a indiqué la source au Mail on Sunday.
     
    « Les renseignements ciblés proviennent de l'interception de ses communications par les agents fédéraux américains, qui enquêtaient sur Abedi depuis le milieu de l'année 2016, et d'informations récupérées en Libye, où sa famille était liée à des groupes terroristes (…).
     
    Suite à ces renseignements, Abedi et d'autres membres du gang ont été surveillés par le MI5. On pensait alors qu'Abedi projetait d'assassiner une personnalité politique », a indiqué la source.
     
     
    Et de conclure: « Cependant, il n'a rien résulté de cette enquête et hélas, le suspect a été relégué au second plan ».
     
    Sources : Sputnik - Fawkesnews
     

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    Posté par Flick Flackà -

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    Dombass Archives

    La guerre à Donetsk, trois ans après !

     

     

    Christelle Néant ♦

     L’Ukraine poursuit l’escalade dans le Donbass et enlise le processus diplomatique

    En ce triste anniversaire du 26 mai, les nouvelles du Donbass sur le front militaire comme sur le front diplomatique, sont loin d’être positives.

    Trois ans après l’arrivée de la guerre à Donetsk (le 26 mai 2014 avaient lieu les premiers combats touchant la capitale), l’Ukraine poursuit dans sa logique de résoudre le conflit avec la population du Donbass par la force.

    Le bilan de la semaine énoncé par Edouard Bassourine, le commandant en second du commandement opérationnel de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD), n’est pas pour rassurer sur l’évolution du conflit dans un futur proche.

    Si le nombre de violations totales du cessez-le-feu hebdomadaires a augmenté de seulement 16 % pour atteindre 374 violations (dont 58 durant les dernières 24 heures), le nombre de bombardements quant à lui a plus que doublé par rapport à la semaine précédente avec 4 456 obus d’artillerie, de mortier, de char d’assaut, et de roquettes de lance-roquettes multiples tirés par l’armée ukrainienne sur le territoire de la RPD.

    Ce chiffre n’inclut pas toutes les roquettes de petit calibre, les munitions de lance-grenade, et autres tirs d’armes légères, dont le nombre est au moins équivalent à celui des armes lourdes (et plus souvent égal au double du nombre de tirs lourds).

    Ces chiffres atteignent le même niveau que les pics qui avaient été observés en décembre 2016, un mois à peine avant l’escalade brutale qui avait eu lieu entre fin janvier et début février 2017, et qui avait vu le nombre de bombardements lourds hebdomadaire dépasser les 8 000 tirs.

    Ces bombardements qui ont touché 31 localités de la république ont tué quatre soldats et blessé 12 personnes dont huit civils et endommagé 61 habitations dont 16 rien que durant les dernières 24 heures. Des tirs corrigés à l’aide de drones (pourtant interdits par les accords de Minsk), dont certains de fabrication américaine, qui sont venus s’écraser sur les positions de l’armée de la RPD.

    Les provocations se multiplient aussi, après le tir du 13 mai 2017 dirigé contre Avdeyevka et mené de manière évidente depuis la localité de Vodyanoye aux mains de Secteur Droit, d’autres tirs semblables ont frappé Avdeyevka, toujours dans le même but : accuser la RPD d’avoir tiré délibérément sur des civils innocents.

    Et pendant que l’OTAN conditionne l’amélioration des relations avec la Russie à l’arrêt de son soutien au Donbass (autant dire qu’il gèlera en enfer avant que ça arrive), Kiev continue de saboter la mise en œuvre des accords de Minsk tout en clamant sur tous les toits (surtout ceux des médias occidentaux) vouloir que ces accords soient appliqués.

    Car à regarder la liste des dernières exigences en date côté ukrainien pour que ces accords soient appliqués, il faut vraiment être stupide ou de mauvaise foi pour croire qu’ils vont l’être :

    – la révocation du décret du président russe sur la reconnaissance des documents d’identité produits par les républiques de Donetsk et Lougansk (cette mesure étant valable jusqu’à la résolution pacifique du conflit pour des raisons humanitaires il n’y a aucune chance ou presque pour que cela arrive),

    – la révocation des décisions sur l’établissement des frontières d’état par les deux républiques (ça aussi l’Ukraine peut toujours rêver),

    – l’abolition de la mise sous tutelle d’état des usines qui étaient sous juridiction ukrainienne (tant que le blocus commercial total du Donbass est appliqué, l’Ukraine peut faire une croix dessus),

    – la renonciation de l’utilisation du rouble russe comme monnaie légale (là aussi tant que le blocus économique total du Donbass est appliqué, cela n’arrivera pas, car il n’y a plus assez de hryvnias en circulation ici),

    – le retour du contrôle des portions de frontières commune entre les républiques et la fédération de Russie à l’Ukraine (ce point est prévu à la fin des accords de Minsk quand TOUT LE RESTE aura été mis en œuvre).

    Rien qu’en regardant le dernier point on se rend bien compte que cette histoire c’est le serpent qui se mord la queue, l’Ukraine demandant d’appliquer avant tout le reste un point qui est prévu à la fin du processus de Minsk quand tout le reste aura été mis en œuvre…

    Autant dire que cela ne sera jamais mis en œuvre.

    Pendant ce temps, un des points des accords de Minsk, l’échange des prisonniers au format « tous contre tous» piétine lui aussi.

    Sur ce point là aussi l’Ukraine traîne des pieds et sabote le processus, essayant de ne pas rendre certains prisonniers sous des prétextes plus ou moins bidons.

    Et surtout, ce qui inquiète les autorités de la RPD, c’est qu’aucune information n’est disponible pour 77 des noms que la RPD a réclamés. Daria Morozova, la médiatrice aux droits de l’homme de la RPD s’inquiète de leur sort et craint qu’ils ne soient tout simplement morts.

    Une crainte justifiée, quand on regarde la dérive continue de l’Ukraine vers une dictature sauce néo-nazie. Pendant que les activistes anti-Maïdan sont condamnés à six ans de prison fermes pour avoir simplement participé à des manifestations contre les nouvelles autorités ukrainiennes, comme Iouri Apoukhtine, certains députés ukrainiens proposent de s’inspirer de la politique linguistique de l’Allemagne Nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale (on a les références qu’on peut hein), alors que d’autres proposent très sérieusement de frapper les élèves qui parleraient russe à l’école…

    Les accords de Minsk sont cliniquement morts, le Donbass ne pourra jamais retourner sous le giron d’un état ukrainien où ce genre de dérives graves n’est pas l’exception mais la règle.

    Trois ans après que la guerre soit arrivée à Donetsk, il est temps que les dirigeants américains et européens cessent la ventilation artificielle qui maintient l’Ukraine en vie sur le papier, et lui permet de continuer à faire des morts dans le Donbass…

    Source    https://metamag.fr/2017/06/04


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    La réalisation de la Grande Albanie commence en juin


    Le 16 mai 2017 – Source   inserbia.info

    Le portail Internet russe renommé Izvestia.ru avertit qu’après les élections anticipées du 11 juin, les nationalistes extrêmes rejoindront les autorités de Pristina et commenceront le processus de création d’une « Grande Albanie », et que le criminel de guerre Ramush Haradinaj obtiendra l’une des fonctions les plus importantes dans le nouveau gouvernement.

     

    Le portail russe souligne que les sondages préélectoraux ont prédit une victoire du mouvement nationaliste extrême « auto-détermination », qui s’engage ouvertement à organiser un référendum sur l’unification du Kosovo et de l’Albanie.

    Comme les analystes le prédisent, selon Izvestia, Ramush Haradinaj, criminel de guerre et chef de l’Alliance pour l’avenir du Kosovo, peut jouer un rôle important dans le nouveau gouvernement.

    Izvestia a déclaré que la menace d’une « Grande Albanie »était l’un des principaux sujets de discussions entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue serbe Aleksandar Vucic le 15 mai à Pékin.

    Le portail russe explique que le parti « auto-détermination » est l’un des favoris pour gagner les premières élections au Kosovo, notant que le programme politique du parti contient un appel direct à l’unification du Kosovo avec l’Albanie et un référendum sur la question.

    « Si les prévisions électorales sont correctes, notre parti gagnera les élections et nous déciderons de qui sera le nouveau Premier ministre. Notre principal candidat est l’ancien président du mouvement Albin Kurti », a déclaré le chef du service de presse du mouvement « auto-détermination ».

    Les experts croient, écrit Izvestia, qu’après les élections, le gouvernement à Pristina sera formé par un nationaliste radical dont la politique de création d’une « Grande Albanie » est soutenue par l’Occident, qui vise à affaiblir la position des pays de la région qui veulent mener une politique étrangère indépendante.

    Cela se réfère principalement à la Serbie, qui refuse de rejoindre l’OTAN et qui coopère étroitement avec la Russie dans les domaines politique, économique et militaire.

    Le portail russe affirme que l’un des candidats au nouveau gouvernement du Kosovo est Ramush Haradinaj, que le tribunal de la ville française de Colmar a relâché en avril de cette année, rejetant la demande d’extradition en Serbie pour des crimes de guerre contre des Serbes au Kosovo et en Metohija.

    « La chute du gouvernement d’Isa Mustafa ne peut être expliquée que d’une seule manière, par la pression américaine sur les Albanais du Kosovo pour accélérer la mise en œuvre de la ‘Grande Albanie’.

    Le retour éventuel du criminel de guerre Ramush Haradinaj en politique signifie des plans agressifs des Albanais du Kosovo en relation avec la Serbie et la Macédoine », a déclaré dans un entretien avec le directeur du Centre balkanique pour la coopération internationale des Izvestia, Viktor Kolbanovski.

    L’analyste politique serbe et le chef de la diaspora serbe dans la région, Dragan Stanojevic voit également un lien entre la libération de Ramush Haradinaj et les élections anticipées au Kosovo.

    « Haradinaj est un criminel de guerre, ainsi que l’avocat bien connu de l’idée d’une ‘Grande Albanie’. Placer ces personnes à des postes de direction dans le gouvernement du Kosovo est l’annonce du début d’un conflit.

    Après tout, le chef de la communauté albanaise dans la vallée de Presevo a déjà annoncé que ces zones fusionneront avec les autorités au Kosovo », a déclaré Stanojevic.

    Il est important de noter, écrit le portail russe, que la crise politique au Kosovo suit le renforcement général des sentiments nationalistes de la population albanaise.

    Dans une interview avec le chercheur des Izvestia de l’Institut d’études slovènes, Piotr Iskenderov souligne qu’au début de janvier, des dirigeants de partis albanais se sont rassemblés à Tirana venant de tous les Balkans et ont adopté la « plateforme de Tirana » qui traite des droits des Albanais en Macédoine et dans d’autres pays des Balkans.

    Izvestia conclut que le projet de « Grande Albanie » conduira à la croissance du sentiment nationaliste dans les Balkans, qui sera le début d’une « nouvelle crise yougoslave » :

    « L’Occident appuie Tirana, Pristina et la minorité albanaise dans la région, ce qui pourrait entraîner le début d’une nouvelle confrontation qui pourrait devenir un conflit armé. »

    Liens

    Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

     

     

    RAPPEL

    Les principales religions en Albanie sont l'Islam et le christianisme. Cependant, les Albanais sont avant tout un peuple nationaliste

    Le nombre de musulmans est variable autour des 40 %, alors que l'Église orthodoxe d'Albanie regroupe environ 20 % de la population et l'Église catholique romaine environ 10 % selon une enquête qui date de l'occupation italienne durant la 2e guerre mondiale2.

    Une étude récente, mais aussi sujette à caution évoque 38 % de musulmans, 35 % de chrétiens, le reste étant athée.

    Seulement beaucoup d'albanais se considèrent comme musulmans ou comme chrétiens seulement par leurs origines s'ils ont un nom de famille musulman ou chrétien ou s'ils viennent d'une région à majorité musulmane ou chrétienne mais très peu pratiquent leur religion.

    Wikipédia


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    7 juin 2017

    armée syrienne

    Le ministère syrien des Affaires étrangères a appelé la coalition internationale dirigée par les États-Unis à arrêter de porter des frappes aériennes contre les positions des forces gouvernementales.

    Ainsi, selon Damas, en frappant les troupes pro-Assad, la coalition renforce le terrorisme.

    En frappant les troupes syriennes pro-gouvernementales, la coalition internationale dirigée par les États-Unis participe de fait aux activités terroristes et viole le droit international, la Charte des Nations unies et la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui réaffirme la souveraineté de la Syrie sur son territoire, selon le message officiel du ministère syrien des Affaires étrangères.

     

    « La Syrie met en garde la coalition internationale illégitime dirigée par les États-Unis contre le danger et les conséquences d'une escalade et demande aux autorités américaines et aux pays de la coalition d'arrêter ces horribles attaques qui ne mènent à rien en pratique sauf au renforcement de Daech », indique la déclaration du ministère syrien, citée par l'agence SANA.

    Les forces progouvernementales syriennes ont été la cible d'une frappe de la coalition dirigée par Washington. Il s'agit de la deuxième frappe effectuée dans les environs d'Al-Tanf depuis le 18 mai.

    La frappe a visé plus de 60 soldats, un char, deux pièces d'artillerie, une arme antiaérienne et des véhicules de soutien.

    Le bombardement aurait fait deux morts et 15 blessés parmi les militaires syriens.

    Les militaires de la coalition se trouvent à Al-Tanf depuis plusieurs mois. Selon les autorités américaines, ils forment les Syriens à la lutte contre le groupe terroriste Daech.

    La coalition affirme qu'elle n'a pas l'intention de proclamer la guerre à Damas, mais se dit prête à se défendre contre les forces progouvernementales et l'armée du pays.

    Les pays-garants du cessez-le-feu en Syrie, à savoir l'Iran, la Russie et la Turquie ont convenu de créer des zones de sécurité situées sur l'ensemble du territoire de la province d'Idlib, dans certaines parties des provinces de Lattaquié, de Hama, d'Alep, dans plusieurs régions au nord de Homs, dans la Ghouta-orientale ainsi que dans le sud de la Syrie (provinces de Deraa et de Quneitra).

     
     ET AUSSI

     

    F-16 Les frappes de la coalition dirigée par les États-Unis sur la Syrie ne resteront pas impunies, préviennent le Hezbollah et Téhéran, deux alliés de Damas qui promettent de riposter si nécessaire en frappant les positions de l'armée américaine.

    L'état-major opérationnel des alliés de la Syrie, qui regroupe le mouvement chiite libanais Hezbollah et la République islamique d'Iran, a annoncé sa volonté de riposter si nécessaire aux bombardements sur la Syrie de la coalition internationale en frappant les positions des militaires américains.

    « Le sang des fils de la Syrie, de l'Armée arabe syrienne et de ses alliés n'est pas bon marché et l'éventualité de frapper leurs positions [celles des États-Unis, ndlr] en Syrie et dans ses alentours est possible à toute heure si nécessaire, compte tenu de l'existence de lance-missiles et d'autres installations militaires », a annoncé l'état-major dans une déclaration.

    Et de qualifier les actions de la coalition d'« agression lâche » et de preuve d'« hypocrisie des États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme ».

    Les alliés de Damas ont expliqué l'absence de toute riposte jusqu'à présent par leur « maîtrise de soi », tout en soulignant qu'ils ne tarderaient pas à agir si Washington « brûlaient les lignes rouges ».

    Mardi, la coalition internationale menée par les États-Unis a effectué des frappes sur les forces progouvernementales syriennes à At-Tanf, dans le sud du pays, tuant deux militaires.

    Washington a expliqué le bombardement par la « menace que les soldats et leurs matériels de combat représentaient pour la coalition et leurs partenaires ».

    Une frappe similaire sur les forces progouvernementales avait par ailleurs déjà eu lieu le 18 mai dernier.

    Commentant ces frappes, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a pointé que vraisemblablement la coalition avait visé les forces qui cherchaient à empêcher Daech de détruire deux ponts reliant la Syrie et l'Irak.

     

    Le vice-chef de la diplomatie Sergueï Riabkov a pour sa part pointé qu'il s'agissait d'une violation du droit international.

    source


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    Syrie Forces Speciales Francaises

    La France en Syrie : deux poids, deux mesures

     

    Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

     

    La présence de forces spéciales françaises en Syrie n’était qu’un secret de « Polichinelle », du moins pour les experts. Pourtant, elle avait toujours été niée.

    A Métamag nous avons été dans  les premiers à discrètement le révéler entre les lignes dès le début du conflit.

    Métamag l’avait fait discrètement afin de ne pas être traité de complotistes mais tous nos articles sur le conflit syrien ont distillé ces informations.

    Aussi, les propos tenus par la ministre des Armées, Sylvie Goulard, qui sont officiellement une « première », nous ont réconfortés face à tous ceux qui nous accusaient de mensonges.

    Interrogée, à l’antenne d’Europe1, le 26 mai 2017, sur la présence de troupes françaises au sol en Syrie, Sylvie Goulard a d’abord réfuté la présence de telles troupes  sur le sol syrien.

     

    Puis, a-t-elle dit, « une chose est d’engager des forces spéciales qui font des opérations ponctuelles, une autre chose est d’envoyer des forces d’une manière massive. »

    Et d’ajouter : « Mais la France prend toute sa part à la coalition internationale », dirigée par les États-Unis contre l’État islamique.  C’est donc fait.

    Reste peut-être maintenant à avouer et dire ouvertement ce que faisaient exactement nos forces spéciales, en particulier à Alep.

    Et c’est peut-être là que le bât blesse. . L’armée française a t-elle eu les mains propres en Syrie ?

    Contrairement à toutes les opérations militaires françaises comme celles du Rwanda où elle a régulièrement été accusée par la grande presse de complicité contre l’humanité, on aura noté le silence total des médias  sur de possibles exactions commises en Syrie ?

    Silence radio, censure de toute information.

     

    Deux poids, deux mesures ? C’est qu’il s’agissait en Syrie – et il s’agit toujours – de renverser et d’éliminer Assad pour construire le Grand Moyen Orient qui fera de Jérusalem enfin la capitale d’Israël.

    Illustration :forces spéciales françaises en Syrie.

     

    https://metamag.fr/2017/06/07


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    Djihad 2.0 : le prochain cauchemar en préparation


    Par Pepe Escobar –   Sputnik News via entelekheia.fr

    Armée nationale albanaise, une organisation paramilitaire classée groupe terroriste

     

    Commençons par les 28 dirigeants de l’UE en discussion sur les Balkans occidentales au cours d’un sommet récent, et blâmant – qui d’autre – l’« agression russe » dans l’arrière-cour de l’UE.

    Passons à un procureur monténégrin rageant a propos d’« agents de l’État russe » qui auraient tenté un coup d’État au cours des élections de 2016 pour empêcher le pays de rejoindre l’OTAN.


    Et passons aux avertissements du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker selon lesquels la rhétorique anti-UE de Donald Trump peut mener à une guerre dans les Balkans.

    Avec sa condescendance habituelle, Juncker maintient que « si vous les laissez à eux-mêmes – la Bosnie et l’Herzégovine, la République serbe de Bosnie, la Macédoine, l’Albanie, tous ces pays – nous aurons une autre guerre ».

    Les Balkans peuvent être au bord de l’explosion – encore une fois. Mais avec un changement ; contrairement à 1999, l’OTAN ne pourra pas bombarder une Belgrade sans défense pendant 78 jours.

    Une nouvelle génération de missiles russes est là pour l’en empêcher.

    La tragédie de 1999 dans les Balkans avait été essentiellement lancée par des faux massacres au Kosovo organisés par le BND – le service des renseignements allemand – avec des Albanais locaux et des agents provocateurs du BND, qui tiraient des coups de feu des deux côtés pour lancer une guerre destinée à démembrer la Yougoslavie.

     

    Tous les yeux sur l’Albanie

    Ce qui transparaît de la conjoncture actuelle géopolitique est encore plus sale.

    Les habituels feront comme d’habitude : blâmer la Russie sans se donner la peine de présenter la moindre preuve d’une quelconque mauvaise action russe.

    Laissons un spécialiste, le Dr Olsi Jazexhi, directeur du Free Media Institute à Tirana, en Albanie, nous guider.

     

    En décembre 2016, John Brennan, de la CIA, est allé en Albanie et y a édicté un fatwa de « guerre contre la Russie » – notamment en Macédoine.

     

    Comme l’explique le Dr Jazexhi, après le départ de Brennan, Edi Rama, le premier ministre de la Macédoine et un bon ami de George Soros, a réuni tous les partis politiques albanais de Macédoine et leur a ordonné de soutenir Zoran Zaev contre Nikola Gruevski. Gruevski est considéré comme pro-russe et anti-OTAN, alors que Zaev lèche les bottes de Soros.

     

    En conséquence, Gruevski a été boycotté par les Albanais et Zaev a eu leur soutien pour former un gouvernement.

    La promesse de Zaev aux Albanais était que la Macédoine allait adopter l’albanais comme langue officielle et créer un troisième État à demi albanais dans les Balkans.

    Les Macédoniens se refusent à cette idée, mais Tirana et Edi Rama sont en train de monter les partis politiques albanais contre Gruevski.

     

    Le but final est l’accès de la Macédoine à l’OTAN.

    Pendant ce temps, au Kosovo – essentiellement une escroquerie narco-mafieuse qui se prend pour un État et qui héberge Camp Bondsteel, la plus grande base militaire américaine à l’étranger de la planète – Hashim Thaci, le président ex-membre de l’Armée de Libération du Kosovo, bâtit « une armée pour le Kosovo ».

    La finalité en est d’intégrer le Kosovo à l’OTAN, même si la Serbie rejette cette idée pour son ancienne province autonome.

     

    Jazexhi détaille aussi la façon dont« en Albanie, nous avons deux organisations terroristes majeures protégées par les Américains et les Européens ».

    La première est celle qu’Ankara décrit comme l’organisation terroriste de Fetullah Gulen (FETO), supposément instrumentalisée par les renseignements allemands :

    « La Turquie proteste contre l’accueil fait au FETO par l’Albanie, mais les USA le gardent pour éventuellement l’utiliser contre Erdogan ».

    Le deuxième est le Mojahedin-e Khalq (Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, MKO) qui se bat contre Téhéran : « L’Albanie est en passe de devenir le centre du MKO. John Bolton était récemment à Tirana, avec d’autres sympathisants internationaux du MKO. Ils préparent des attaques conte l’Iran et réclament un changement de régime. »

    Maryam Rajavi, du MKO, a également visité Tirana, où elle a développé des plans pour« renverser les ayatollahs d’Iran ».

    La question-clé, comme le souligne Jazexhi, est que « après avoir transformé les Balkans en centre de recrutement pour Daech pendant la guerre de Syrie, les Américains sont dorénavant en train de transformer l’Albanie en plateforme pour un djihad 2.0 ».

     

    Ce qui se passe aujourd’hui est donc une répétition de « la même erreur faite par les Albanais du Kosovo, qui ont lié leur avenir à 100% au Camp Bondsteel et seraient instantanément ré-envahis par la Serbie si l’OTAN ou les USA décidaient de s’en aller »  (ce qui se produira inévitablement un jour ou l’autre).

     

    Pendant ce temps, l’Union européenne et les USA, qui veulent dé-radicaliser les wahhabites d’Europe, se taisent sur les djihadistes iraniens.

     

    L’ennemi « invisible »

    Ainsi, la pièce-clé du puzzle est la configuration de l’Albanie en centre de djihad 2.0 – contre les slaves de Macédoine, contre Téhéran, et aussi contre Ankara.

    Rien d’étonnant si le conseiller en chef du gouvernement albanais, jusqu’à ces derniers mois, était un certain Tony Blair.

    Mais ensuite, c’est l’ennemi « invisible » qui compte.

    En mars dernier, le président de la Serbie, Tomislav Nikolic, est allé à Pékin pour sa dernière visite officielle avant les élections du 2 avril. Le président chinois Xi Jinping a souligné que la coopération économique avec la Serbie – et plus généralement avec les Balkans – est une priorité pour la Chine.

    C’est certain. En 2014, Pékin a créé un fonds appelé à investir 10 milliards d’euros en Europe centrale et de l’est. L’année dernière, China Everbright a acheté l’aéroport de Tirana, en Albanie.

    La banque d’exportation et d’importation de Chine finance la construction d’autoroutes en Macédoine et dans le Monténégro.

    En Serbie, la corporation China Road and Bridge a construit le pont Pupin sur le Danube à Belgrade, pour une somme de 170 millions d’euros – c’est le « pont de l’amitié sino-serbe ». Il a été inauguré en 2014, et financé à 85% par un prêt de la banque d’exportation et d’importation de Chine.

    Et la cerise sur gâteau du développement d’infrastructures est la voie ferroviaire à haute vitesse de plus de mille kilomètres et 2,89 milliards de dollars entre Athènes et Budapest, via la Macédoine et Belgrade.

    L’UE a tiré la sonnette d’alarme à propos du tronçon (de 1,8 millions de dollars) Budapest-Belgrade, et enquête pour savoir si la section hongroise enfreint les règles strictes de l’UE selon lesquelles les appels d’offres publics sont obligatoires pour les grands chantiers de transport.

    La légendaire arrogance de l’Occident sous-entend aussi que la Chine ne peut en aucun cas être capable de construire des voies ferrées à haute vitesse aussi bien, sinon mieux – et pour moins cher – que l’Europe.

    Il se trouve que Budapest-Belgrade est le tronçon crucial de la route express terre-mer que Pékin s’était engagée à construire en 2014 avec la Hongrie, la Serbie et la Macédoine.

     

    En Europe du sud-est, c’est l’étape centrale de la nouvelle Route de la soie, aujourd’hui dénommée Initiative Belt and Road ; un couloir commercial entre le port du Pirée sur la Méditerranée – en partie possédé par la compagnie China Ocean Shipping depuis 2010 – jusqu’en Europe centrale.

    La raison officielle de la présence de l’OTAN dans les Balkans est « le combat contre la menace du terrorisme ». Selon le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, « J’ai récemment visité la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo, et je suis encouragé par leurs efforts contre la menace de combattants étrangers ».

     

    Les « combattants étrangers » se trouvent précisément chez eux, non seulement au Kosovo mais bientôt en Albanie, la capitale du djihad 2.0. Après tout, l’OTAN excelle dans la création de « menaces » essentielles à la justification de son existence.

     

    Le djihad 2.0 peut bien être dirigé contre les slaves de Macédoine, contre l’Iran et contre la Turquie.

    Sans même parler du ventre mou de la Russie.

    L’angle invisible est qu’il peut toujours être déployé pour mettre à mal la dynamique de l’intégration de l’Europe du sud-est comme plateforme de la nouvelle Route de la soie.

     

    Pepe Escobar

    Traduction entelekheia.fr

    source:   http://lesakerfrancophone.fr/


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    Israël – Daech : la lune de miel entre les deux États criminels continue

     
     

    On savait déjà que de nombreux combattants blessés en Syrie sont transportés et soignés dans l’État juif qui occupe illégalement la Palestine.

    En effet depuis 4 ans, cet État criminel prend en charge les blessés arrivant à sa frontière depuis la Syrie, qu’ils soient civils ou combattants, pourvu qu’ils soient opposés à Bachar el-Assad.

    On apprend maintenant par un journal israélien l’ampleur du phénomène : il s’agirait de plus de 3 000 personnes, dont 25% de femmes et d’enfants, à avoir été pris en charge par les services médicaux israéliens. 

    Soit 75 % d’hommes c’est-à-dire près de 2 000 individus dont vraisemblablement une grande majorité de jihadistes et islamo-terroristes d’Al-Qaeda, Al-Nosra et autre État Islamique, ces « égorgeurs modérés », soutenus par la coalition américano-saoudienne.

    Les blessés les plus sérieux sont d’abord pris en charge par les médecins de l’armée sioniste d’occupation, avant d’être transférés dans des hôpitaux, certains étant même transférés par hélicoptère.

    Il va sans dire, les soins sont totalement gratuits et anonymes ! Le capitaine Aviad Camisa, vice-chef de l’unité médicale de la 210e division Bashan, confirme : « Nous donnons les soins les plus rapides et les meilleurs avec l’équipement le plus avancé, mais parfois nous ne pouvons rien faire. Je les traite comme si je soignais n’importe quel citoyen israélien ou soldat israélien », a-t-il ajouté, en précisant qu’il avait personnellement soigné des centaines de « Syriens », sans toutefois rencontrer de patients touchés par des armes chimiques.

    Une fois soignés, civils et combattants sont renvoyés, dans leurs foyers pour les uns, sur la ligne de front contre l’armée syrienne légitime pour les autres.

     

    L’État d’Israël et l’État Islamique, la lune de miel

    Mais au sein des groupes islamo-terroristes, c’est avec Daech que les relations sont le plus empreintes de confiance et de respect réciproque en ce moment !

    Des indiscrétions d’un ancien ministre de la Défense de l’État sioniste nous apprennent qu’il y a eu des cas où l’État islamique « s’est excusé » d’avoir frappé par inadvertance des forces de l’armée israélienne ! Rien que ça !

    Moshe Ya’alon a glissé ses commentaires sur les « excuses de Daesh » en référence à un incident qui a eu lieu en novembre dernier dans la partie du plateau du Golan occupée par Israël.

    Des soldats israéliens avaient essuyé des tirs d’armes automatiques et d’obus de mortier de combattants de la « Brigade des martyrs de Yarmouk », liée à l’organisation terroriste État Islamique.

    Tsahal a répliqué par des tirs, puis l’aviation israélienne a mené des raids et tué les quatre individus à l’origine de l’attaque.

    Et Daesh s’était excusé auprès de Tsahal.

    « Il y a eu un cas récemment où Daesh a ouvert le feu sur l’armée israélienne et s’est excusé »

    La pseudo position de neutralité défendue par Israël sur la question syrienne n’est bien sûr qu’une poudre qui n’aveugle que les yeux de ceux qui veulent bien y croire.

    Et les propos de l’ancien ministre permettent même de confirmer l’existence d’une ligne de communication entre le groupe terroriste et l’État criminel…

    On peut ainsi imaginer le degré de proximité, voir même d’imbrication, que suppose cet acte de contrition formulé par les égorgeurs de masse d’Al-Baghdadi auprès de l’État juif, par des canaux de communication bilatéraux, pour avoir frappé ses forces ou atteint ses intérêts…

     

    Israël complice des terroristes qui agissent sur le territoire syrien

    Et on le sait, l’aide de l’État sioniste d’occupation aux forces islamo-terroristes va plus loin que de soigner quelques blessés.

    Le président syrien a d’ailleurs plusieurs fois alerté que dans ce conflit, les terroristes se battaient aux côtés d’Israël : « S’ils ne font pas partie de l’armée régulière israélienne, ils se battent pour Israël. L’État juif s’emploie à aider ces terroristes partout où l’armée syrienne avance ».

    Des attaques sous une forme ou une autre qui font le jeu des groupes jihadistes et freinent l’avancée de l’armée syrienne face aux terroristes.

    Par ses frappes aériennes et ses bombardements, l’État juif continue de cibler les positions des troupes de Bachar el-Assad et celles de ses alliés comme les forces iraniennes.

    Et  surtout le Hezbollah qui est la véritable épine proche-orientale dans la sandale israélienne : la principale et quasi seule organisation capable de tenir tête, y compris militairement, à l’État sioniste dans la région !

    Rappelons qu’en 2015, les Nations-Unies s’étaient déjà émues et interrogées au sujet des échanges quasi quotidiens d’informations, d’hommes et de matériels se déroulant près du Golan entre les jihadistes d’Al-Nosra (affilié alors à Al-Qaeda) et l’État d’Israël.

    À cause de l’appui d’Israël aux islamistes, les casques bleus avaient été contraints d’évacuer la zone ne pouvant plus dés lors surveiller les actions criminelles de l’entité juive.

    De même l’armée syrienne avait été contrainte d’abandonner de larges pans du territoire dans cette zone de tensions entre la Syrie, Israël mais également le Liban.

    On comprend mieux pourquoi l’Entité sioniste n’a jamais été une cible prioritaire des islamo-terroristes d’Al-Qaeda ou de l’État Islamique…

     

    About Pierre Olivier     http://www.jeune-nation.com/geopolitique


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    Arabie-saoudite versus Qatar : quand le Tigre critique les griffes du Chaton…

     

    June 13, 2017

     
     

    Alexandre del Valle revient sur l’ubuesque crise qui oppose le Qatar à l’Arabie-saoudite et ses alliés émiratis, bahreinis et égyptiens dans un triple contexte de Fitna chiites-sunnites, de guerre Arabie sunnite/Iran et de désinformation américano-saoudienne pour faire croire que les Saoud-wahhabites pressés par Trump combattent un totalitarisme islamiste qu’ils ont créé…

    L’occasion est aussi de justifier-pérenniser le cynique Pacte de Quincy qui unit Riyad et Washington depuis 1945, une alliance « contra-civilisationnelle » et funeste qui a contribué à répandre partout dans le monde musulman et en Occident le venin du salafisme.

     

     

     

     Jeu de dupes et désinformation planétaire

     

    Rappelons les faits : en réaction aux propos de l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani [1] ont accusé Doha de « trahison » puis l’ont puni (boycott, fermeture des liaisons aériennes, suppression des relations diplomatiques, etc).

     

    En rompant avec le Qatar, l’Arabie saoudite fait d’une pierre deux coups :

    - elle se fait passer pour un allié fiable dans la lutte antiterroriste et anti-islamiste – ce qui est en soi ubuesque et digne d’une l’intox soviétique;

    - et elle envoie un message au Qatar afin de le contraindre à rompre avec l’Iran et les Frères musulmans.

    En fait, on reproche non pas au Qatar de soutenir en soi des terroristes, puisque les Saoudiens les battent de très loin dans ce sport, mais de soutenir certains terroristes frères musulmans actifs en Egypte et à Gaza [2].

    Preuve que l’on ne reproche pas à Doha son appui à Da’esh ou Al-Qaïda mais simplement les ennemis des Saoudiens et de leurs alliés, le Qatar, bien que sunnite-wahhabite comme les Saoudiens, est accusé d’entretenir de trop bons rapports avec l’Iran et donc l’Axe chiite (Hezbollah inclus), qui est, aujourd’hui, avec les Kurdes, le pôle le plus engagé dans la lutte contre l’islamisme jihadiste de Da’esh et d’Al-Qaïda.

    Mais peu importe le réel, les mots sont essentiels, et le public berné est censé retenir de cette affaire que Riyad combat les islamistes soutenus par le Qatar, et l’opération de « com » est réussie, l’essentiel pour Trump étant de renforcer un front anti-chiite et de satisfaire l’Egypte, ses alliés du Golfe et Israël qui combattent plus les Frères musulmans et l’axe chiite pro-iranien, leur ennemi principal, que les salafistes-jihadistes jugés moins existentiellement dangereux pour le moment.

     

    Rien de nouveau sous le soleil

     

    Ces querelles entre frères wahhabites qatari et saoudien en désaccord sur l’Iran et les Frères musulmans sont loin d’être nouvelles.

    On se rappelle d’une précédente crise survenue entre l’émirat qatari et ses partenaires du Golfe en 2014, après que le Qatar ait exaspéré nombre de pays arabes par son soutien aux rebelles du « Printemps arabe », notamment les partis et combattants frères-musulmans (via Al-Jazira, basée à Doha, les gazo-dollars et les armes).

    Ces rebelles avaient déstabilisé plusieurs pays et menacé les intérêts de la monarchie saoudienne, des Emirats et de l’armée égyptienne, d’où le coup d’Etat du maréchal Al-Sissi contre le frère-musulman pro-qatari Mohamed Morsi en 2013.

     

    Cette fois-ci, la crise est plus grave et plus globale encore car elle est à replacer dans un double contexte :

    - 1/ celui de la guerre économico-politico-religieuse qui oppose l’Arabie saoudite à l'Iran (camp sunnite vs axe chiite)

    - 2/ puis celui de la nouvelle stratégie pro-saoudienne, anti-iranienne et anti-terroriste de Donald Trump, qui s’est rendu récemment en Arabie en apportant son clair soutien à l’Axe pro-saoud-sunnite, à la fois hostile à Téhéran et aux Frères musulmans, ceci en rupture avec la politique de Barak Obama qui s’était rapproché de l’Iran au grand dam de Riyad.

     

    La venue récente de Trump en Saoudie - très populaire en Arabie saoudite pour cette raison et fort de ses propos de campagne très hostiles à l’Iran et aux accords sur le nucléaires conclus sous Obama - a contribué à déclencher cette crise qui couvait déjà, sachant que le nouveau président américain, conscient que son soutien aux Saoud-wahhabite déconcerte rait son propre camp, a assorti son appui d’une demande expresse aux Saoudiens et à leurs alliés de faire plus pour combattre l’islamisme radical, le terrorisme et son financement.

     

    A cet égard, les attentats islamistes commis en Occident ces derniers mois ont une fois de plus relancé le débat sur le soutien problématique de l’Arabie saoudite à  de nombreux groupes islamistes radicaux et en général à la mouvance salafiste mondiale.

     

    Adepte des "deals" fondés sur les rapports de forces et d’un pragmatisme dépourvu amoral s’accommodant de dictatures "alliées", Trump a témoigné un énorme respect, presqu’exagéré, envers l’Arabie saoudite, pays-phare du totalitarisme islamiste sunnite  qui a été présenté par lui comme le nouveau centre, avec les Emirats et l’Egypte du Maréchal Al-Sissi, d’un axe anti-terroriste mondial adepte d’un islam « modéré »...

    Certes, on croit rêver, mais ce jeu de mensonges et de dupes repose sur des intérêts économico-stratégiques qui pèsent bien plus lourds, pour les stratèges états-uniens et trumpistes, que les quelques « dommages collatéraux » que sont les attentats jihadistes commis par des jeunes fanatisés dont l’idéologie salafiste doit tout au wahhabisme.

    Rappelons seulement que dans le cadre de la promotion de cette forme la plus extrême, totalitaire, obscurantiste, raciste et misogyne de l’islam sunnite, qui a littéralement défiguré le monde musulman depuis qu’elle contrôle les lieux saints de l’islam, l’Arabie saoudite et sa Ligue islamique mondiale, qui a pignon sur rue dans nos propres démocraties, ont dépensé depuis les années 1970 plus de 75 milliards de dollars.

    Certes, cette promotion du salafisme n’est pas ouvertement terroriste et est souvent assortie, dans sa version « institutionnelle », d’une condamnation de la barbarie de Da’esh ou AL-Qaida, mais elle légitime une vision du monde bédouine, haineuse envers les « mécréants », sanguinaire et totalitaire dont s’inspire le salafisme-jihadiste. Rappelons enfin qu’Al-Qaïda est historiquement une « joint-venture » pakistano-saoudienne et que les services secrets d’Arabie saoudite ont financé et armé de nombreux groupes jihadistes depuis la guerre d’Afghanistan contre l’Armée rouge jusqu’aux guerres en Irak, en Syrie ou au Mali.

     

    Contradiction, schizophrénie géopolitique ou double-triple jeu ?

     

    Ainsi, à ceux qui disent que l’alliance scellée entre l’Arabie, les Emirats, l’Egypte et l’Amérique à Riyad [3], est une alliance contradictoire [4], il faut répondre que l’adage « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » est particulièrement vérifiable au Moyen-Orient.

    Il est vrai que l’étrange « Travel Ban » de Trump, qui a consisté à bannir les réfugiés et ressortissants de plusieurs pays musulmans pour se « protéger de l’islamisme terroriste » tout en en exonérant le Pakistan, le Qatar ou l’Arabie saoudite, a de quoi faire sourire ou s’arracher les cheveux.

    D’une manière générale, prétendre combattre l’extrémisme islamiste depuis le centre mondial salafiste qu’est l’Arabie saoudite, est une véritable imposture intellectuelle et stratégique qui ne peut duper que les plus ignorants des électeurs de Trump ou autres « idiots-utiles » occidentaux.

    Toutefois, Donald Trump est probablement plus cynique que dupe dans cette affaire car il a clairement « responsabilisé » ses alliés wahhabites obscurantistes en les appelant à lutter plus efficacement contre le terrorisme et le financement de l’islamisme radical.

    En fin de compte, ce que l’on reproche réellement aux Qataris c’est de fragiliser les dictatures arabes en place par le soutien aux Frères musulmans, dont le Hamas pro-iranien, et aux rebelles tous-azimuts depuis le printemps arabe.

     

    Une formidable opération de désinformation planétaire et d’hypocrisie géopolitique

     

    L’Arabie saoudite fait d’une pierre trois coups :

    - se dédouaner en dénonçant le Qatar ;

    - renforcer le pôle anti-iranien soutenu par les Etats-Unis de Trump ;

    - discréditer les forces qui menacent sa dictature totalitaire.

    Ne soyons pas dupes, l’Arabie saoudite [5] a très peur que ses alliés américains et anglais, ne lui demandent des comptes et ne la démasquent, comme en 2001, dans son persistant double jeu [6].

    La rupture très médiatisée avec le Qatar arrive donc à point nommé pour faire croire aux alliés américains et au monde que le « gardien des Lieux saints » et du wahhabisme-salafiste aurait « changé », qu’il serait même devenu le fer de lance de cette offensive diplomatique «anti-terroriste» et contre l’islam politique en général.

     

    Le train qui en cache un autre

     

    Dénoncer les Frères musulmans pour apparaître anti-islamiste est une escroquerie intellectuelle de la part de Riyad, car chacun sait que les Frères musulmans, longtemps réfugiés en Arabie lorsqu’ils étaient combattus sous Nasser en Egypte, ont été aidés financièrement et appuyés géopolitiquement et idéologiquement par l’Arabie saoudite de façon officielle, y compris via la Ligue islamique mondiale, ceci partout dans le monde.

    En réalité, la rupture date des années 1990, depuis que les Frères musulmans - modèle islamiste sunnite le plus subversif -, ont commencé à représenter une menace politique en Arabie saoudite.

    Les Frères ont certes une matrice religieuse-doctrinale commune (salafiyya) avec les wahhabites, mais ils diffèrent en ce sens qu’ils sont moins obsessionnellement anti-chiites, plus populaires plus libres, plus favorables aux élections et surtout hostiles au pouvoir monarchique pro-américain en place dans la péninsule entièrement sécurisée par les armées occidentales.

    L’Arabie saoudite veut donc à la fois plaire aux alliés anglo-américains-occidentaux, et surtout régler ses comptes avec un pays qui appuie une organisation séditieuse sur son territoire.

     

    Le principe du « bouc émissaire - épouvantail »

     

    La crise Arabie-Qatar relève ainsi de la plus formidable opération de désinformation et de manipulation diplomatico-médiatique mondiale de l’histoire de la lutte anti-terroriste depuis des décennies.

    Grâce à cette crise, Riyad, qui a promis tant de contrats à Trump, espère que les Etats-Unis, les opinions occidentales et Theresa May [7] renonceront à dénoncer son triple jeu:

    - aide aux jihadistes anti-occidentaux ;

    - promotion du salafisme mais lutte contre les FM ;

    - et alliance avec les pays de l’OTAN  et participations massives dans l’ économie anglo-saxonne et occidentale.

     

    Du côté des Etats-Unis du cynique « dealer » Trump, l’idée est que cette intox d’un Riyad qui combat l’extrémisme permette de faire passer la pilule dans l’opinion occidentale et de dévier son attention vers les seuls épouvantails-expiatoires qatari et iranien, accusés d’être les seuls « vrais » soutiens des terroristes via le Hamas et le Hezbollah et autres combattants en Syrie.

     

    Accusations-miroirs et contre-messages : « ne faites pas ce que je fais » !

     

    L’Arabie saoudite continue à promouvoir son modèle salafiste-wahhabite partout dans le monde afin d’asseoir son emprise sur l’ensemble du monde musulman - devenu de plus en plus fanatique sous son influence depuis plus de 50 ans - puis de renforcer l’axe anti-iranien et anti-chiite.

    Dans cette guerre par interposition, les plus violents foyers d’affrontement sont la Syrie, le Yémen, et l’Irak, où Riyad soutient le gros des effectifs combattants anti-chiites et salafistes ou sunnites, aux côtés des Occidentaux, de la Turquie et même de l’allié-ennemi qatari...

    Dans le cadre de sa guerre contre les rebelles chiites-salafistes au Yémen, l’Arabie saoudite a épargné à plusieurs reprises des zones tenues par Al-Qaïda (« l’ennemi sunnite de mon ennemi chiite est momentanément mon ami »…).

    Si l’Arabie accuse le Qatar de soutenir les FM, Hamas compris, elle ne se gêne pas pour soutenir ces mêmes FM face aux chiites du Yémen ! (« Ne faites pas ce que je fais »…)

     

    Des alliances pas si paradoxales qu’il n’y paraît

     

    Quant à l’alliance Arabie Saoudite - Egypte - Emirats, elle s’explique, à défaut de paraître idéologiquement cohérente.

    Abdelfattah al-Sissi, président égyptien, est au centre de la lutte contre les FM avec les Emirats arabes - qui coopèrent depuis plusieurs années déjà, notamment en Libye.

    Il y a une position commune des Emirats, de l’Arabie et de l’Egypte pour contrer la subversion « islamo-démocratique » des Frères. Rien de nouveau là-dedans.

     

    Certes, certains Etats anti-Frères sont plus cohérents et sérieux que d’autres dans cette guerre idéologico-sécuritaire (notamment les EAU, le général Haftar en Libye, et l’Egypte d'al-Sissi).

     

    L’Arabie est un « Etat schizophrène » par nature, et ceci depuis sa naissance même. Un Etat où la main « modéré » anti-terroriste des Saoud ignore la main fanatique-wahhabite institutionnelle du pouvoir théocratique de la secte des Al-Sheikh qui est un Etat dans l’Etat et promeut le totalitarisme islamiste en toute légalité avec des moyens budgétaires quasiment hors contrôle.

    Cet Etat bicéphal n’est pas un vrai Etat au sens occidental mais plutôt une polyarchie clanico-sectaire fondée sur une alliance cynique entre une tribu pro-occidentale, les Saoud-soudairi, et la secte des Wahhabites-Al-Sheikh.

     

    Même si certains Al-Saoud et Saoud-soudairi comme Salmane voulaient réellement lutter contre le totalitarisme islamiste, il ne pourraient le faire car le pouvoir politique saoudien n'a pas le droit le pouvoir théocratique des dignitaires wahhabites, créateur, précurseurs, parrains idéologiques, et bras institutionnels et financiers du totalitarisme islamiste sunnite. 

     

    En guise de conclusion 

     

    La crise avec la Qatar ne durera pas. Elle est grave, mais comme celle de 2014, elle se soldera par des professions de foi « modérées » de Doha, par l’expulsion de militants et leaders fréristes actuellement soutenu par le Qatar, par un arrêt de l’aide au Hamas, aux Frères musulmans, par un refroidissement avec Téhéran.

    Bref, Doha devra rentrer dans le rang, ayant trop besoin de ses voisins et de liaisons aériennes directes pour nourrir sa population composée à 90 % d’expatriés.

    Par ailleurs, son modèle économique et social ne lui permettra pas de résister longtemps à ses voisins et « alliés » sunnites, membres comme lui du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

     

    Le but réel des Saoudiens, qui se veulent les leaders de l’axe sunnite face à l’axe chiite-iranien, des Egyptiens, en guerre totale contre la confrérie de l’ex-président Morsi, et des EAU, qui n’ont jamais digéré l’indépendance du Qatar qui aurait dû faire partie des EAU, est de contraindre Doha à ne plus s’immiscer dans les affaires des autres.

     

    L’ordre intimé aux dirigeants qataris de faire profil bas. S’ils ne veulent pas être brisés par plus forts qu’eux, ils doivent et vont finir par comprendre que leurs réserves gigantesques de gaz ne font pas de ce pays de 200 000 habitants une vraie puissance.

    Le « soft power » qatari, symbolisé par le PSG, Al-Jazeera, la Coupe du monde de Football en 2022, ou le soutien aux Frères musulmans et aux révolutions arabes contre les régimes en place, a touché à ses limites extrêmes.

     

    Leur mégalomanie géopolitique s’est retournée contre eux. Et leur punition permettra au grand-frère wahhabite saoudien de se refaire une virginité anti-islamiste à bon compte.

     

    ***

     

    [1] Qui a défendu un dialogue avec Téhéran puis justifié l’action du Hamas et le Hezbollah, financés par l’Iran chiite, bête-noire de l’Arabie saoudite, cette dernière et ses alliés émiratis, bahreinis et égyptiens, qui en veulent aussi depuis des années à l’émirat qatari de soutenir leurs ennemis frères musulmans et d’avoir appuyé les révolutions arabes.

     

    [2] Et d’une manière générale la Confrérie des Frères musulmans, bêtes-noires des Saoudiens, des Emiratis et de l’Egypte, non pas en raison de leur idéologie sunnite-islamiste, mais parce que la Confrérie inspire les seuls partis politiques islamistes « démocratiques » capables de mobiliser les masses et de gagner des élections, donc de renverser les dictatures militaires ou tribalo-monarchistes en place dans le monde arabe et qui ont été très secouées par les révolutions arabes, elles-mêmes récupérées par les Frères musulmans.

     

    [3] (où les dirigeants de ces pays se sont engagés à « combattre l’extrémisme islamiste »)

     

    [4] entre des Saoud-wahhabites promoteurs du salafisme et une Egypte de Sissi qui combat l’islamisme radical et soutient le nationaliste Haftar en Libye contre les islamistes

     

    [5] qui fut à de nombreuses reprises dénoncée comme l’Etat le plus impliqué dans la promotion de l’idéologie islamiste-sunnite radicale dans le monde et même dans le soutien direct ou indirect à moult groupes terroristes et combattants depuis l’Afghanistan et le 11 septembre 2001 jusqu’à aujourd’hui.

     

    [6] , comme on l’avait vu en réaction aux attentats du 11 septembre 2001 après que l’on ait découvert que 14 des 19 terroristes du World Trade Center étaient des Saoudiens dont au moins deux aidés directement par des organismes islamiques para-étatiques saoudiens.

     

    [7] (qui avait refusé d’ouvrir un dossier compromettant contre les Saoudiens), très remontée depuis les attentats de Londres, Westminster et Manchester,

     

    Source:    https://www.alexandredelvalle.com/single-post/2017/06/13


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