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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    Srebrenica: la vérité oubliée qui ne plaît pas

        CrisesDroit international
     
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    Radovan Karadzic

     

     

    Crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide, parmi les 10 chefs d’accusation retenus contre Radovan Karadzic !

    A 70 ans, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie a été condamné au Tribunal de la Haye à 40 ans de prison.

    Karadzic a notamment été reconnu comme responsable pour le génocide de Srebrenica. Le verdict a été rendu 24 mars 2016, date anniversaire de l’intervention de l’Otan en ex-Yougoslavie…

     

    Radovan Karadzic ne se reconnaît pas coupable. Dans les années 1990, il dirigeait les Serbes de Bosnie-Herzégovine.

    La région peuplée de Bosniaques, Serbes et de Croates a été l’une des plus vulnérables parmi les républiques de l’ex-Yougoslavie vouée à l’éclatement.

     

    Entre 1992 et 1995, la guerre en Bosnie a emporté plus de 100.000 vies. Le nombre de déplacés a atteint 2,2 millions.

    Aujourd’hui la Bosnie-Herzégovine est divisée en trois parties, chacune d’entre elles a sa propre version de ces événements tragiques, y compris du massacre de Srebrenica.

    Mais pour l’Occident il n’y a qu’une seule « vérité » digne de son attention. Elle leur paraît tellement crédible qu’ils y croient sans même vérifier les faits.L’une des étapes finales de cette guerre Srebrenica est pour la communauté internationale un symbole d’une cruauté exceptionnelle envers les musulmans…

    Mais peu sont ceux qui se souviennent de 91 pour cent des Serbes exterminés comme peu sont ceux qui cherchent des preuves de la fiabilité de la version musulmane. Cette histoire n’existe tout simplement pas pour les juges européens…

    Ce qui explique que le Tribunal de la Haye ne condamne pour des faits de cette guerre civile que des Serbes.

    En s’exprimant sur le sort de , le député et Membre de la commission des affaires étrangères Thierry Mariani a déploré que la justice ne se fasse actuellement que dans un sens unique:

    « C’est une décision très dure mais la guerre en ex —Yougoslavie a été dramatique, tragique, les massacres de population ne sont pas admissibles. Après ce que je regrette c’est qu’on condamne les massacres dans un seul sens. Je pense quand on regarde ce qui s’est passé, les massacres, malheureusement, se sont déroulés dans les deux camps…

    S’il est avéré qu’il (Radovan Karadzic, ndlr) est responsable de certains massacres, il serait aussi normal que ceux qui ont été dans l’autre camp responsables des massacres soient aussi condamnés.

    Le problème, c’est que l’histoire est souvent écrite par les vainqueurs ».

    Radovan Karadzic
    © REUTERS/ ROBIN VAN LONKHUIJSEN/POOL
     
    On oublie souvent que la population serbe subissait au début des années 1990 très régulièrement des agressions de la part des musulmans en Bosnie-Herzégovine.
     
    Pour repousser les troupes des Bosniaques musulmans et prévenir ainsi des attaques éventuelles contre les régions peuplées de Serbes, l’armée du général Ratko Mladic a lancé le 6 juillet 1995 une offensive à Srebrenica en passant par 43 villages musulmans où personne n’a été tué et où aucun bâtiment n’a été endommagé.

    Fait curieux: une fois entrés en ville, les militaires serbes ont procédé à l’évacuation des civils en les transportant en bus hors de la ville. Depuis on l’évoque plus en Occident.
     
    Le président de la République serbe de Bosnie Milorad Dodik se dit ne pas être surpris par le verdict du Tribunal de la Haye pour Karadzic:« Le Tribunal de La Haye, compte tenu des condamnations précédentes, n’a jamais été un endroit où la justice règne. La majorité de Serbes dont je fais partie ne considère pas le verdict contre Karadzic comme un exemple d’un travail juridique bien fait ou d’une quête de la vérité.
     
    Compte tenu du fait qu’en Bosnie-Herzégovine personne n’a été condamné pour les crimes contre les Serbes, on peut donc dire à bon droit qu’il n’y a aucune justice pour les victimes serbes et l’histoire qui est en train de s’écrire au Tribunal de La Haye est absolument unilatérale.
     
    Ce verdict ne contribuera pas à la réconciliation des populations en Bosnie-Herzégovine. Naser Orić (ancien commandant bosniaque musulman) est en liberté à Sarajevo alors qu’il y a des preuves de ce qu’il a commis des crimes pendant la guerre.
     
    Et cela montre que nous avons affaire à une justice sélective ».

     

     

    Alors que Srebrenica est déjà inscrite dans l’histoire par la communauté internationale comme le lieu du génocide des musulmans, que sait-on en réalité de cette tragédie? Plus de 8000 morts.

    Un chiffre qui provient des sources toujours indéfinies ce qui remet en question la « version officielle » des événements, selon Elena Gouskova, directrice du Centre d’étude des crises balkaniques de l’Institut du slavisme de l’Académie des sciences de Russie.

    L’institut organise régulièrement des conférences internationales qui rassemblent des scientifiques et des experts menant des recherches sur le massacre de Srebrenica.

    Les témoignages d’une trentaine de spécialistes de différents pays (juristes, historiens, démographes, anatomo-pathologistes…) ont révélé des contradictions flagrantes dans la version officielle sur le génocide de la population musulmane à Srebrenica. Un tableau tout à fait autre a commencé à se dessiner après l’analyse et la comparaison des chiffres de victimes.

    Qui plus est, les experts qui avaient l’accès aux restes des victimes du « génocide » présumé, ont fait des révélations surprenantes. Le nombre de personne inhumées suite à ces évènements ne fait qu’augmenter d’une année sur l’autre. N’est-ce pas un miracle?

    En 2003-2006, parmi 2442 corps des victimes du génocide de 1995 enregistrées, les spécialistes en ont retrouvé 914 qui participaient à l’élection en 1996. Certains avaient péri avant 1995, d’autres sont morts dans leurs lits. On en déduit que des cadavres de musulmans morts à d’autres endroits et à d’autres moments y ont été transportés.

    L’analyse des bilans médico-légaux faite par les experts du Tribunal de la Haye a démontré que dans 92,4 pour cent des cas la cause de la mort n’avait pas été officiellement définie.
    Parmi plusieurs journalistes présents en juillet 1995 en Bosnie-Herzégovine, il n’en est resté aucun qui avait vu ce génocide présumé de ses propres yeux.
     

    Nikola Mirkovic, auteur du livre Martyre du Kosovo, estime que la vérité sur les évènements à Srebrenica est cachée:

    « Aujourd’hui tout le monde en parle sans savoir ce qui est dedans. Peu de gens savent que quand les inspecteurs du Tribunal pénal international sont arrivés sur place, ils n’ont trouvé +que+ 2000 morts.

     

    Des organisations payées ou pilotées par des pays membres de l’Otan ont commencé à trouver plus de morts.

    Et même parmi les musulmans le chiffre n’est pas le même. Vous avez des documents officiels de musulmans de Bosnie qui parlent de 4000 morts…

     

    J’ai relevé un commentaire intéressant d’une personne qui est un musulman de Bosnie Ibran Mustafic, membre du Comité d’organisation pour le souvenir de Srebrenica, qui dit, lui, que plus de 500 musulmans de Srebrenica ont été tués par des guerres intestines entre musulmans.

    Et il dit aujourd’hui que le véritable manipulateur des chiffres de Srebrenica est Amor Mašović, président de la Commission de recherche des personnes disparues de la Fédération de Bosnie-Herzégovine.

     

    Il y a des intérêts financiers maintenant qui supplantent la réalité historique pour essayer de gonfler le chiffre. Vous avez même des personnes sur place qui vivent du mémorial… »

    Les preuves de la falsification des faits quant au génocide à Srebrenica peuvent être trouvées dans les déclarations des responsables politiques de l’époque.

    Ce même Ibran Mustafic, à l’époque fondateur d’une aile du Parti de l’action démocratique, accordait le 14 juillet 1996 une interview révélatrice à l’hebdomadaire Slobodna Bosna (« La Bosnie libre »). Il y déclarait que « l’enclave de Srebrenica […] a été délibérément sacrifiée », et que « la présidence de Bosnie-Herzégovine et l’état-major ont été directement mêlés à ces intrigues ».

    Le but était de provoquer les forces serbes pour qu’elles attaquent une zone démilitarisée.

    Une provocation réussie qui a entraîné une campagne de l’OTAN quelques ans plus tard dont les victimes ne sont jamais mentionnées par les tribunaux, d’après Nikola Mirkovic:

     

    « Pour moi c’est un procès politique. C’est un procès où vous avez ceux qui ont fait une guerre illégale, qui ont bombardé illégalement ou à tort une partie des belligérants des années 90 dans les Balkans et qui cherchent à se justifier aujourd’hui.

    Ce sont les pays membres de l’Otan qui ont bombardé massivement les Serbes dans l’ex-Yougoslavie, qui ont créé ce tribunal et qui jugent des personnes qu’ils sont eux-mêmes bombardées.

     

    On ne peut pas être juges et parties sachant que dans ce même tribunal vous n’avez quasiment que des Serbes qui sont condamnés. Ça n’a pas de sens. Vous avez des crimes commis par l’Otan, bombardements de l’Otan sur les quartiers résidentiels avec plus de 500 civils tués.

    Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de membres de l’Otan jugés dans ce tribunal?

     

    Cela prouve que c’est un tribunal politique qui ne va que dans un sens et qui sert à raconter l’histoire que l’Otan souhaite raconter sur la Yougoslavie. Je pense que c’est une vision très cynique ».

     

    Radovan Karadzic est le plus haut responsable à être jugé par le Tribunal pour des crimes présumés commis pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic durant son procès.

    Par le procès contre Karadzic on espère tourner сette triste page dans l’histoire des Balkans.

    Mais en effaçant les mauvais souvenirs, on ne réussira pas à faire oublier la vérité qui ne plaît pas à la communauté internationale.

     

    Victoria Issaïeva

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    Syrie – La victoire de Palmyre change le discours occidental

    DésinformationI
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    syrie palmyre

    La libération de Palmyre est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Bien que l’armée arabe syrienne et ses alliés aient auparavant  remporté des succès militaires, la publicité autour de la sécurisation des célèbres ruines romaines de Palmyre est d’une valeur bien supérieure à toutes les victoires antérieures.

    Elle va mettre fin en partie aux récits mensongers du conflit.

    Le gouvernement syrien n’est plus « le régime d’Assad » et l’armée arabe syrienne n’est plus appelée les « forces d’Assad ».

    Ban Ki Moon, le chef de l’Organisation des Nations Unies, a félicité le gouvernement syrien de son succès:

    Dans une conférence de presse  en Jordanie, Ban a dit qu’il se sentait « encouragé » par le fait que le site du patrimoine mondial de l’UNESCO n’était plus aux mains des extrémistes et que le gouvernement syrien « soit maintenant en mesure de préserver et de protéger ce patrimoine culturel commun de l’humanité ».

    Les équipements de guerre électroniques russes capables de brouiller les signaux électromagnétiques autour de Palmyre ont joué un grand rôle dans sa libération. L’État islamique a miné les ruines avec des engins explosifs improvisés, mais n’a pas réussi à les faire exploser à distance.

    Le mythe selon lequel les gouvernements syrien et russe sont de mèche avec l’Etat islamique, répandu par divers propagandistes ainsi que par les gouvernements britannique et étasunien, ne tient plus.

    Mais on continue à lire d’autres mensonges :

    Une discussion sur la façon dont Palmyre était tombé en premier lieu a été recouverte par les célébrations. Lorsque l’État islamique a capturé la ville en mai, les djihadistes ont rencontré peu de résistance de la part des troupes syriennes.

    A l’époque, les habitants ont dit que les officiers et les miliciens s’étaient enfuis dans les vergers en dehors de la ville, laissant les conscrits et les habitants seuls avec l’ennemi.

    Cette description de la bataille n’a aucun sens.

    L’offensive de l’Etat islamique qui lui a permis de prendre Palmyre a pris treize jours, du 13 au 26 mai 2015. Il y a eu des combats intenses et plusieurs contre-offensives de l’armée syrienne au cours de ces journées.

    Après que l’Etat islamique ait finalement capturé la ville, l’armée syrienne s’est immédiatement préparée pour une opération plus importante pour reprendre la ville. Elle a été lancée avec succès en juillet 2015, mais, par manque de soutien aérien, les gains réalisés ont à nouveau été perdus, une semaine plus tard.

    Pendant tous les combats autour de Palmyre de l’année 2015,  l’armée de l’air des Etats-Unis, qui prétendait combattre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, n’est pas du tout intervenue.

    ISIS était libre de se ravitailler à travers le désert ouvert de l’est de la Syrie.

    Si l’État islamique a réussi à prendre Palmyre, c’est uniquement parce que les forces du gouvernement syrien devaient faire face, au même moment, à une très grande attaque d’Al-Qaïda et des forces djihadistes mercenaires de la CIA, dans le gouvernorat d’Idlib. `

    L’armée syrienne a été obligée de retirer des troupes de Palmyre pour défendre Idlib et Latakia et les forces laissées derrière n’étaient plus assez nombreuses pour repousser l’attaque de l’État islamique.

    L’attaque sur Idlib, pour laquelle la CIA a permis à ses forces de procuration de coopérer directement avec Al-Qaïda, a été soutenue par la guerre électronique de la Turquie qui a perturbé les communications militaires syriennes.

    Cette attaque où s’est illustrée la collaboration entre les djihadistes et les services secrets turcs et américains a décidé la Russie et l’Iran à d’intervenir dans le conflit avec leurs propres forces.

    Pour ces deux pays, la ligne rouge avait été franchie.

    Ils se sont donc mis à laminer tous les « rebelles » qui représentaient un danger immédiat pour le gouvernement syrien.

    Après que la Turquie ait pris en embuscade un jet russe, toutes les forces « rebelles » soutenues par la Turquie sont devenus des cibles prioritaires. Lorsque le succès de des offensives à grande échelle à Latakia et autour d’Alep a été confirmé, la Russie a imposé un cessez-le feu aux forces soutenues par les Etats-Unis et au gouvernement syrien. 

    Ce cessez-le feu a libéré les forces syriennes, iraniennes et russes nécessaires pour reprendre Palmyre.

    De là, l’attaque va progresser vers Deir Ezzor, à l’est, et ensuite vers Raqqa.

    La victoire de Palmyre est la plus grande défaite de l’État islamique à ce jour. Cela pose un problème à l’administration Obama:

    Washington a essayé de prétendre que la bataille contre l’État islamique était le projet des États-Unis et de ses alliés, tout en accusant Moscou d’attaquer les rebelles « modérés » au lieu des extrémistes. Palmyre semble personnifier une toute autre réalité.

    Des félicitations, bien que toujours chargées de l’obligatoire rhétorique anti-Assad, arriventmaintenant d’horizons inattendus, comme le maire conservateur de Londres:

    Je ne peux pas cacher ma joie à la nouvelle que Palmyre est reprise et que l’armée syrienne a vraiment repris le contrôle de tout le site de l’Unesco.

     Les ruines ont peut-être été minées, mais les terroristes sont en fuite. Alors je dis Hourra ! Bravo ! Continuez comme ça !

    Je me joins à lui.

    Moon of Alabama | 28 mars 2016

     

     

    Article original: Moon of Alabama

    Traduction : Dominique Muselet

    Source: http://arretsurinfo.ch/syrie-la-victoire-de-palmyre-change-le-discours-occidental/


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    « Syrie: le grand aveuglement ».

    Le reportage que les grands médias ne veulent pas que vous voyiez

     Médias   Syrie
     
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    N’a pas un œil sur la Syrie qui veut – Analyse d’Un Œil sur la Planète du 18/02/2016

    La diffusion par France 2 d’un numéro de l’émission « Un Œil sur la Planète », le 18 février 2016, n’en finit pas de déclencher des réactions (ou encore ici).« D’où nous vient donc cette légère impression de nous être fait avoir ? », se demande-t-on en référence à une autre polémique audiovisuelle récente.

     Intitulé « le Grand aveuglement », ce magazine à l’apparence classique, avec ses successions de reportages et d’interviews, ambitionnait de remettre en perspective le positionnement – ou ici « l’aveuglement » – occidental, et plus particulièrement français, quant à la nature réelle des rebelles syriens opposés au régime de Bachar Al-Assad depuis cinq ans.
     

    L’intention était louable tant la diplomatie française s’est parfois laissée aveugler et a fait preuve de lâcheté et d’incohérence dans ses choix, au point que l’on peut douter de l’existence même d’une réelle stratégie sur le dossier syrien.

    Toutefois, nous avons été nombreux à déplorer que ce qui se présentait comme une dénonciation du caractère jihadiste de certains groupes rebelles, se soit transformé en séquence de propagande épousant les arguments, discours et délires du régime de Damas.

    Au-delà de la légitime émotion de voir ainsi la télévision publique se fourvoyer au service de la propagande d’une des dictatures les plus sanguinaires de la planète, une analyse plus approfondie de l’émission montre une volonté – assez éloignée du sujet principal – de faire passer sur nos écrans un message plus sournois et à bien des égards « subliminal ».

    Nous sommes en présence d’un cas d’école de propagande et de manipulation médiatique, frisant avec une véritable opération psychologique, n’hésitant pas à prendre l’apparence d’un pamphlet politique et militant, loin des canons professionnels du journalisme.

    1. Présentation de l’émission

    L’émission d’1h25 consiste en une succession de sujets, liés entre eux par un commentaire qui porte les messages principaux. La structure est la suivante :

    • L’introduction s’installe avec des premiers contacts en Grèce avec des réfugiés syriens, donnant lieu à un moment prometteur lorsqu’un réfugié annonce (01’08 ») « on cherche juste la liberté« . Malheureusement ce propos qui aurait pu être une critique du régime restera sans suite.
    • « La passion du jihad » (18′) : Reportage impressionnant tourné à Alep au sein d’une milice rebelle jihadiste. Une première confusion apparaît pour qui sait se repérer dans l’échiquier complexe des groupes armés.
    • On présente ainsi un chef rebelle, du nom de Toufiq Shihab al-Din, fondateur de la brigade islamiste Nur Al-Din Al-Zinqi. Ce groupe s’est fait remarquer après avoir participé à la constitution d’une faction rassemblant diverses brigades de même obédience : le Jeish al-Mujahidin.
    • C’est cette faction qui a chassé l’Etat islamique de la province d’Alep en janvier 2014. Mais par la suite, le reportage affirme suivre le groupe Ansar Al-Aqida, les « Partisan de la Foi » (8’40 »), un groupe authentiquement jihadiste, sans lien – si ce n’est géographique – avec le groupe cité plus haut et mené par Toufiq Shihab Al-Din. Une première confusion, somme toute déjà problématique.
    • Interview d’Adeline Chenon Ramlat (7’26 ») : Il s’agit d’une bloggeuse, ancienne journaliste au Monde, qui a vécu quelques années en Syrie avant la guerre, et qui est devenue une des figures de proue des soutiens francophones au régime syrien.
    • La défense de Bachar Al-Assad et de ses alliés (Russie et Iran) et la critique des Occidentaux prend chez elle un ton passionnel, reposant sur une vision idéalisée d’une Syrie « mythique » d’avant 2011.
    • « L’engrenage infernal » (32’34 ») : C’est le gros morceau de l’émission, qui cherche à décrire le déroulement des événements depuis 2011, mélangeant habilement des faits réels, des éléments peu connus et des mensonges.
    • On trouve dans cette partie des interventions de Ma’an Aqel, Alain Chouet, Khaled Sid Mohand, Frédéric Pichon, Georges Malbrunot, Burhan Ghalioun et Randa Kassis. Notons un morceau de bravoure : la journaliste en charge de la présentation de l’ensemble de cette émission, Samah Soula, étant intervenue lors d’une conférence de presse de Staffan de Mistura, le représentant de l’ONU, à Genève en janvier 2016 (à partir de 59’45 »).
    • « Les dessous d’un conflit » (6’22 ») : Cette partie est la plus contestable, puisqu’elle prétend présenter les « raisons cachées moins avouables » (1h01’25 ») du conflit, à savoir les ressources énergétiques. Est mis au centre du développement la compétition entre le Golfe et l’Iran au sujet de la construction d’un gazoduc en Syrie.
    • Pour faire court, nous sommes là en présence d’un des arguments majeurs du régime de Damas visant à attester d’un complot international dont l’objectif serait de s’accaparer les ressources ou le positionnement stratégique de la Syrie. Une théorie qui ne tient pas la route puisque s’agissant du projet de gazoduc Iran-Irak-Syrie annoncé en juillet 2011, la réalité du projet est fortement remise en cause. Interviennent dans cette partie de l’émission : David Amsellem, Alain Juillet et Rob Taylor.
    • Cette partie très contestable mériterait à elle seule de longs développements tant les faits y sont biaisés et manipulés. Je ne résiste pas au plaisir de partager ici les premières secondes : images de camions citernes en flamme dans le désert avec une musique dramatique et le commentaire suivant « c’est la cible privilégiée des avions russes et de ceux de la coalition… »(1h01’45 »).
    • Des déformations aussi grossières des faits qui transforment l’exercice d’analyse de cette émission, indigne du service public, en épreuve pour la courtoisie et la tempérance de tout esprit censé[i].
    • « La vie et rien d’autre » (8’35) : Dans le droit fil du précédent, ce reportage s’ouvre sur l’accroche suivante (1h09’04 ») : « Alors comment les Syriens font-ils pour tenir le coup ou pour survivre ? Comment la vie s’organise malgré tout ? Nos équipes se sont rendues en différents points du territoire syrien pour aller à leur rencontre… » Les « différents points du territoire syrien » se résument toutefois à Damas (3’42 ») et Alep (3’25 »), la partie contrôlée par les rebelles d’Alep ayant droit à 40 secondes.
    • On se limite donc aux deux plus grandes villes du pays, 82,9% du temps étant consacré aux zones tenues par le régime. Il est très probable que la partie la plus importante, tournée à Damas, l’ait été sous un étroit encadrement du régime, ce que la voix-off n’évoque pas. Les lieux visités – notamment une échoppe vendant divers objet (chopes, pin’s…) à l’effigie de Bachar Al-Assad, de Hassan Nasrallah (seule apparition du Hezbollah durant toute la durée de l’émission), le tournage dans une école, l’apparition des mêmes « témoins » (le prof de français), tout rappelle les méthodes habituelles d’un tournage sous supervision des services d’une dictature.
    • Le déséquilibre est total. Il permet de compenser les effets d’un commentaire en apparence objectif. Il aura fallu 1h1 minutes et 34 secondes d’émission pour entendre :  » pour reprendre ces quartiers perdus il y a parfois des années, l’armée syrienne ne fait pas dans le détail. Les zones rebelles d’Alep sont régulièrement pilonnées par les hélicoptères et avions du pouvoir…« .
    • On voit même fugacement les célèbres casques blancs, sauveteurs syriens (1h16’45 »). Cette partie se clôt sur « l’arme de la faim », avec des images de Madaya et l’évocation de toutes les enclaves encerclées et affamées par les belligérants, mis ici dos à dos.
    • Conclusion de l’émission auprès de réfugiés syriens (6’50 ») : Il s’agit ici d’une série d’interviews menés directement par Samah Soula auprès de réfugiés en Grèce et cherchant à franchir les frontières européennes.

    Cette construction n’est pas uniquement destinée à répondre à la question posée au début de l’émission – à savoir le rapport, « l’aveuglement » des Occidentaux avec la rébellion – mais bien à préparer les téléspectateurs à intégrer un message subtilement dissimulé dans tout le fil des reportages.

    Le dosage est efficace : On commence par des images « chocs » et rares, qui permettent d’asseoir la crédibilité de la suite du propos.

    Puis vient l’invitée principale, sur laquelle nous reviendrons, qui porte de nombreuses affirmations, destinées à valoriser le régime en défendant une Syrie « idéalisée », et à décrédibiliser la sincérité de l’engagement des rebelles, présentés comme se vendant au plus offrant.

    La partie essentielle suit un format très classique, alternant interventions d’experts, de témoins et d’acteurs, images d’archives, discours officiels et même documents inédits.

    Comme cela a été relevé, la présentation des faits est biaisée, parfois à l’extrême, mais l’objectif est surtout d’installer une « réalité » favorable à la diffusion d’un message plus conséquent que les concepteurs de cette émission veulent faire passer.

    La partie suivante, sur les « raisons cachées moins avouables » du conflit (les ressources énergétiques), n’a aucune justification si l’on s’en tient au sujet de l’émission (liens Occident/France – rébellion). L’idée que la guerre civile syrienne serait un conflit post-colonial motivé par une géopolitique simpliste et réduite à une mono-dimension « énergétique » nerésiste pas à l’épreuve des faits. Il ne s’agit que d’une dimension d’un conflit que l’émission a cherché à simplifier à l’extrême, adoptant un point de vue souvent déterministe.

    Le jeu des tensions régionales (Golfe/Iran, chiites/wahhabites…) a disparu, tout comme les ambitions des puissances voisines (Turquie, Israël, Arabie Saoudite et Iran) et les intérêts russes en Syrie, qui sont soigneusement passés sous silence.

     

    Un exemple précis du biais des informations : la Syrie a bien rejeté l’offre du gazoduc du Qatar, mais le commentaire se garde de préciser les raisons de ce refus, qui aurait pu s’avérer avantageux pour Damas : la décision a été prise dans l’unique but de préserver les intérêts de ses alliés russes et iraniens.

    De plus, ce refus date de 2009, soit plus de deux ans avant les premières manifestations, ce que l’émission ne prend pas la peine de préciser.…

    Enfin, la fin de l’émission insiste sur des images émotionnelles, afin de toucher l’affect, avec des gros plans sur les visages d’enfants syriens foulant une Europe qu’ils espèrent plus apaisée que la Syrie.

    C’est à l’issue de cette partie que Samah Soula nous délivre une partie essentielle du message que l’émission compte en fin de compte diffuser.

    2. Les méthodes employées durant l’émission

    Plutôt que de nous lancer dans une contradiction détaillée des éléments avancés par l’émission au service d’une certaine forme de propagande, il nous a semblé plus intéressant de dévoiler les méthodes employées pour rendre cet argumentaire le moins visible possible. Pour cela, l’émission s’appuie sur 4 outils majeurs :

    • Un choix d’intervenants exclusivement orienté vers le message à faire passer :

    Dans une émission de ce type, le choix des intervenants repose souvent sur des mises en contact successives, « en chaîne ». Les intervenants recommandés étant souvent de la même orientation ou école, il est du devoir du journaliste de multiplier les contacts, de diversifier ses sources, afin de présenter un reportage offrant la plus grande objectivité possible par l’apport de la contradiction.

    On constate toutefois rapidement que les intervenants choisis sont tous connus pour défendre une version similaire des événements syriens :

    Une « propagandiste affirmée » de la cause de Damas : Adeline Chenon Ramlat, qui soutient publiquement les frappes aériennes russes en Syrie, qui à ses yeux « sauvent des vies humaines ».

    A aucun moment, le commentaire ne précise le soutien total et passionné de cette intervenante vis-à-vis du régime de Damas. Avec un minimum de recul, on se rend compte facilement que son discours se limite à des généralités, voire des rumeurs sans aucun fondement.

    Une interview qui recèle de poncifs, à l’image de celui cherchant à vanter une Syrie laïque, sans nuance, aucune ; celui tendant à imposer une dichotomie entre une rébellion qui ne peut être « modérée » car armée – les anciens résistants français, eux même qualifiés de terroristes à l’époque apprécieront – et une opposition extérieure déconnectée de la réalité, oubliant ainsi volontairement les milliers d’activistes pacifiques détenus ou tués par le régime.

    L’imprécision de la devise utilisée pour verser des « salaires » prétendument payés (€ ? $ ? Livre syrienne ? ce n’est pas pareil) (26’03 ») suffit à disqualifier l’ensemble[ii].

    Pourtant, l’émission lui consacre une séquence importante, bien paradoxale au vu de la pertinence des propos tenus. Séquence plus longue même que celle consacrée aux réfugiés syriens fuyant la guerre en fin d’émission.

    Ensuite des intervenants présentés comme des experts, en apparence plus légitimes, mais en réalité propageant une vision similaire des événements : nous citerons ici Alain Chouet (6 interventions pour environ 2’08 »), Georges Malbrunot (5/ environ 1’40 »), Alain Juillet (1 pour environ 45 »).

    Chacun de ces intervenants mériteraient de longs développements pour démontrer à quel point la teneur de leurs propos se rapproche de la rhétorique du régime syrien. Certains, à l’image d’Alain Chouet continuent par ailleurs à plaquer des grilles de lecture dépassées, voyant la main des Frères musulmans derrière tous les événements qui contrarient le régime syrien.

    Pourquoi aucun autre intervenant n’a été convié pour modérer, apporter la contradiction à ces discours unanimement défavorables à la révolte du peuple syrien et à la rébellion qui a suivi ? Ce ne sont pas les intervenants pertinents qui manquent !

    Citons par exemple Pierre-Jean Luizard, Jean-Pierre Filiu, Myriam Benraad ou Thomas Pierret, pour ne citer que des francophones.

    Leur discours serait pourtant en mesure d’apporter aux téléspectateurs une vision plus scientifique de la complexité syrienne.

    Viennent ensuite d’autres intervenants, tenant plus du registre universitaire, mais dont les propos sont mis au service du message global que l’émission cherche à transmettre : Frédéric Pichon (4/environ 1’01 »), David Amsellem (3/ environ 1’12 ») et Rob Taylor ((1 pour 30′).

    Le premier est parfaitement dans le sujet « officiel » et annoncé de l’émission, même si là encore il aurait été judicieux d’apporter des points de vue différents sur une vision épousant complètement le discours du régime, y compris dans ses raccourcis propagandistes : en présentant par exemple les manifestations de 2011 comme un phénomène rural et péri-urbain contre les « classes moyennes » des villes (ce qui est faux, les grandes villes, y compris alaouites ayant connu dès mars-avril 2011 des manifestations violemment réprimées).

    Pour le deuxième, spécialiste du grand jeu pétrolier en Israël, il semble plus victime de sa spécialisation, qui lui enlève toute vision d’ensemble sur la complexité du conflit, qui ne peut être réduite à une histoire de gazoduc.

    Enfin le dernier, officier de l’US Army, traite des relations israélo-américaines, ce qui est fort éloigné de la question de la rébellion syrienne.

    Enfin, nous avons les témoinset les acteurs : Ma’an Aqel, Khaled Sid Mohand, Burhan Ghalioun et Randa Kassis. Il s’agit des interventions les plus intéressantes, car issues de personnes ayant directement vécu les événements, qu’il s’agisse du soulèvement populaire du printemps 2011 comme de l’influence grandissante des islamistes (salafistes ou Frères musulmans) au sein du CNS (premier organe d’opposition syrienne à apparaître en 2011).

    La véracité d’un témoignage direct étant difficile à contredire, ces interventions permettent au téléspectateur d’effleurer une possible responsabilité du régime de Bachar Al-Assad dans le déchaînement de violence. Ma’an Aqel précise ainsi que les revendications initiales étaient pacifiques et légitimes (29’53 »), qu’il n’y avait pas d’armes (29’58 »).

    Khaled Sid Mohand tient lui des propos très durs envers le régime : « ce qui est à l’origine de la révolte… de la révolution syrienne, c’est pas tant le peuple que la paranoïa du régime… » (32’19 »).

    Nous verrons que par un habile montage, les concepteurs de l’émission vont chercher à enlever tout impact à ces témoignages, comme le journaliste l’a indiqué dans un message posté sur son compte Facebook :

    Post de Khaled Sid Mohand suite à la diffusion de l'émission

    Post de Khaled Sid Mohand suite à la diffusion de l’émission

    • La contextualisation défaillante ou biaisée d’informations réelles ou inédites :

    Tout l’art du propagandiste est, plutôt que de mentir ouvertement, de biaiser les faits ou de les sortir de leur contexte. La contextualisation orientée des informations permet ainsi de les relativiser, ou de les « retourner » en faveur du discours défendu. Les exemples sont très nombreux  :

    – Durant toute l’émission est entretenue la confusion entre islamiste et jihadiste. Tout combattant pratiquant l’islam sunnite, et criant pendant les combats « Allah Akbar » n’est pas nécessairement un jihadiste dont le projet idéologique réside dans l’imposition d’un régime totalitaire fondé sur la Charia.

    Dans l’énorme diversité des groupes rebelles, il existe ainsi entre les unités ouvertement démocrates (qui sont rares) et l’EI, toute une gradation de « nuances ».

     

    Certains groupes jihadistes défendant une idéologie identique à celle de l’EI s’opposent à ce dernier pour des questions de personnalités.

    D’autres groupes professant un islam sunnite plus ou moins rigoriste, rejettent quant à eux le projet totalitaire défendu par les jihadistes, tout en défendant une vision confessionnelle.

    Affirmer qu’ils composent un bloc homogène relève soit de la mauvaise foi, soit d’une vision essentialiste du monde qui n’a rien à lui envier.

    Par exemple, dès le début, en assimilant des groupes sunnites islamistes à d’autres jihadistes, l’émission créée un amalgame alors que les réalités du terrain montrent que les différences sont réelles : lorsque le leader du groupe Nur al-Din al-Zinqi affirme vouloir un « Etat islamique » en Syrie, ce n’est certainement pas le même que celui de l’EI, qu’il a contribué à chasser de sa ville, ou celui des jihadistes que son groupe n’a pas rejoint.

    Nuance que l’émission n’a pas saisi, ou n’a pas voulu saisir.

    Cela est également perceptible à l’évocation du « drapeau du groupe Etat islamique » (11′) situé à l’entrée du quartier général du groupe Ansar al-Aqida. Ce drapeau n’est toutefois pas l’attribut du seul groupe EI.

    Il est utilisé dans un processus d’appropriation de l’histoire islamiquepar le groupe djihadiste, mais ne lui est en rien propre.

    Il remontrait au VIIIe siècle, ayant pour une partie des islamistes une symbolique importante : il comporte la shahada– la profession de foi islamique – et le sceau supposé du prophète.

    Et c’est bien pour cette symbolique que l’EI l’utilise.

    – Lorsque l’émission annonce que le régime fait libérer les détenus jihadistes ou islamistes, elle prétend que c’est « pour calmer la révolte » (33’38 »).

    En réalité l’amnistie de mars 2011 a remis en liberté les détenus les plus radicalisés, rassemblés à la prison de Sednayya, et elle a permis au régime « d’islamiser » la révolte qu’il ne parvenait pas à juguler, malgré une répression féroce, à peine évoquée.

    Ce que réclamaient avant tout les manifestants, c’était la libération des activistes civils, qu’ils n’obtiendront pas.

    C’est donc dans une politique délibérée de laisser le chaos s’instaurer que Damas a libéré ces détenus, contribuant à la confessionnalisation de la révolte et à sa « jihadisation ».

    – L’émission insiste également à plusieurs reprises sur le tribut payé par les forces de sécurité syrienne, en diffusant un film amateur montrant un massacre de policiers à Hama (34’30 »).

    L’idée est de montrer que dès le début la rébellion est violente. Or, le déséquilibre entre le temps consacré aux pertes du régime et celui consacré aux crimes du régime est énorme : très peu d’images des exactions et crimes commis par les forces pro-Assad (les massacres tels que ceux de Houla (articles détaillant ce massacre : 1,2,3,4), Treimseh, Qoueïq… sont passés sous silence).

    En près d’une heure et demi d’émission, le commentaire réalise même la performance de ne pas même prononcer les noms de chabiha ou de moukhabarat, milices de volontaires pro-régime destinés à réprimer les manifestations et services de sécurité, qui continuent encore aujourd’hui leurs exactions : enlèvements, viols et tortures (au passage les salaires dans ces groupes sont très attractifs et participent au problème de recrutement de l’armée et des unités d’autodéfense – autre point « aveugle » de l’intervention d’Adeline Chenon Ramlat).

    – L’émission insiste sur les revendications confessionnelles des premiers manifestants, telle que celle d’autoriser le port du niqab pour les enseignantes (30’18 »), en oubliant de préciser que le régime l’avait interdit en juillet 2010 (soit seulement 9 mois avant le début des manifestations), privant les enseignantes concernées de tout travail.

     

    Le reportage oublie également de préciser que, dès le 6 avril 2011, Damas cède sur cette revendication, cherchant à accentuer le poids des revendications confessionnelles sur celles portées par la majorité des manifestants, réclamant leur liberté et leur dignité.

    Aux premiers est accordée la satisfaction des exigences, renforçant leur poids, et aux seconds est imposée une répression généralisée.

    – La mise en parallèle des manifestations contre le régime syrien avec celles en faveur de Bachar Al-Assad est également problématique.

    Là encore, le régime a joué dès mars 2011 sur la confessionnalisation des tensions, et sur le complot étranger – Bachar Al-Assad dénonce un complot étranger dès le 30 mars devant l’Assemblée du Peuple.

    La réalité est que tout le pays est coupé en deux dès le printemps 2011, les manifestations d’opposants ne se limitant pas à Dera’a mais s’étendant à tout le pays, y compris les régions alaouites comme Lattaquié (ci-dessous, manifestation du 25 mars 2011) ou Tartous.

    Ce fut par exemple le cas lors du « grand vendredi » du 22 avril 2011, qui voit des manifestations monstres réprimées dans le sang.

    – Ce n’est pas toujours le manque ou les erreurs de contextualisation qui surprennent mais également l’absence de faits avérés, passés sous silence afin de permettre le développement sans encombre du message diffus tout au long de l’émission. Ainsi, rien n’est dit concernant les liens ambigus entre le régime de Damas et les mouvements jihadistes avant le début de la révolte.

    Si la Syrie se présente et est présentée durant l’émission comme un pays laïc – ce qui est factuellement faux : qui irait prétendre que son principal allié régional, le Hezbollah, est un mouvement laïc ? –, cela ne l’a jamais privé d’offrir protection, logistique et couverture à de nombreux jihadistes désireux de combattre en Irak ou au Liban.

    Le mouvement d’Abou Musab al-Zarqawi, qui n’était à l’époque de l’invasion américaine qu’un groupe jihadiste parmi tant d’autre et deviendra l’Etat islamique à la faveur du récent conflit, disposait ainsi d’un soutien de Damas, Abu Ghadiya, responsable de la logistique du mouvement, ayant séjourné librement à Damas avant d’être tué lors d’un raid américain au nord-est de l’Irak le 28 octobre 2008. Ce n’est ici qu’un exemple.

    Un très grand nombre des jihadistes étrangers ayant rejoint l’insurrection anti-américaine en Irak sont passés par le sol syrien, la plupart du temps au vu et au su des services de renseignement de Bachar Al-Assad.

    – Evoquer la révolte syrienne à partir de 2011 impose nécessairement d’aborder la crise économique qui frappe le pays et qui a provoqué d’importants déplacements de population dus à la sécheresse et à la chute de la production agricole. Forcés de quitter leurs terres à l’Est du pays, les Syriens appauvris se regroupent autour des grandes métropoles, dont Dara’a.

    Les liens sociaux qui les unissaient face aux difficultés (tribus, famille, quartiers) se sont distendus, remplacés peu à peu par une pratique religieuse productrice de nouveaux liens sociaux.

    C’est dans ce contexte économique et social précaire que les manifestations se multiplient. Dès le 26 janvier 2011, à Hassaké, un jeune syrien s’immole par le feu.

    Les manifestations sporadiques et spontanées se multiplient dans tout le pays, comme au Souq Hamadiyya à Damas, le 17 février. Lorsque débutent les événements de Dera’a le 6 mars 2011, la situation est donc explosive. Des éclairages qui auraient été judicieux mais qu’on ne trouvera pas dans cette émission…

    – Traiter de la radicalisation des groupes de la rébellion[iii], comme de l’afflux de combattants étrangers, passe de manière indispensable par l’examen des relations de solidarité tribale qui existent pour une partie de la population syrienne (y compris dans les grandes villes du fait de l’exode rural).

    Les frontières tracées à travers le désert entre les différents pays ne tiennent aucun compte des réalités humaines et sociologiques. Les tribus présentes dans le sud du pays, à Dera’a, disposent ainsi d’un fort contingent en Jordanie et en Arabie Saoudite.

    Là où la propagande du régime ne voit qu’un complot et des opérations de déstabilisation organisées par les Etats hostiles, la fameuse « main de l’étranger », il n’y a souvent au début que des réactions de solidarité tribale, les jeunes saoudiens, jordaniens ou irakiens venant aider financièrement ou par les armes leurs cousins syriens massacrés par les troupes du régime.

    – Le fait que les groupes jihadistes supplantent les groupes rebelles modérés n’a pas ou peu à voir avec la question des salaires – un kamikaze ne se soucie guère de savoir s’il va toucher 200 ou 1200 euros/dollars pour son opération suicide ou par l’obtention du martyre tant espéré par certains.

    Il s’agit d’un phénomène lié à trois facteurs : la popularité au combat des jihadistes – motivation, organisation, discipline, efficacité –, la corruption de certains groupes rebelles et surtout l’inaction occidentale face aux bombardements aériens. L’absence de réaction suite à l’attaque à l’arme chimique de la Ghouta orientale le 21 août 2013 marque ainsi un tournant qui va affaiblir la rébellion au profit des groupes plus extrémistes.

    Là encore, le commentaire n’en fera pas état alors que ce tournant de 2013 est essentiel pour traiter sérieusement de la rébellion syrienne.

    – Enfin, l’émission insiste sur les désertions de soldats syriens qui intègrent la rébellion et leur médiatisation (35’13 »), mais rien n’est dit sur les raisons de ces désertions, essentiellement motivées par les ordres criminels de répression aveugle donnés par le régime à ses troupes.

    Ces raisons sont pourtant documentées dès 2012 par des études de terrain. En ce qui concerne les conditions financières de certains ralliements, elles sont bien en deçà des chiffres annoncés.

    De plus, la rébellion et le régime se livrent à une véritable surenchère, Damas augmentant par exemple trois fois les soldes depuis 2011. Et comment ne pas évoquer les salaires que proposent les différentes milices pro-gouvernementales et les « conditions de travail » plus avantageuse : armement, localisation dans la région d’origine, blanc-seing sur les exactions…

    Si beaucoup d’informations sont exactes mais mal contextualisées, l’émission comporte aussi son lot d’informations fausses.

    • La diffusion d’informations erronées :

    Là encore, le nombre d’informations fausses est important, nous citerons :

    – Les salaires faramineux annoncés pour les combattants jihadistes par Adeline Chenon Ramlat.

    – La nature laïque de la Syrie alors même que le régime a fait des tensions confessionnelles permanentes un outil justifiant sa domination, au motif de préserver l’ordre et la sécurité.

    – Le slogan « les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau » (24′) soit disant proféré durant les premières manifestations, n’est – jusqu’à preuve du contraire – qu’une invention du régime, destinée à diaboliser des manifestations qui l’ont déstabilisé justement par leur nature citoyenne et pacifique.

    – L’annonce qui prétend que les 15 jeunes arrêtés et torturés par le régime à Dera’a – à l’origine de l’explosion de colère de la population – avaient « incendié une guérite de police » (28’29 »), alors que leur seul « crime » est d’avoir peint un slogan anti-régime sur un mur.

    – Le massacre de Hama de 1982, qui serait dû à la mort de 300 soldats et policiers, tués par les Frères musulmans, provoquant une réaction du régime qui aurait conduit à la disparition de « 5000 islamistes » (32’35 »). En réalité ce massacre marque le point final d’une guerre civile de quatre ans entre le régime et les Frères musulmans, dont l’appartenance est interdite sous peine de condamnation à mort en vertu de la loi n° 49 de 1980.

    Outre le fait que l’insurrection de Hama soit le fait d’une dissidence des Frères musulmans – l’Avant-garde combattante–, le bilan de la répression s’élèverait au moins au double du chiffre annoncé.

    Et la majorité des victimes ne seraient en rien des « islamistes » mais tout simplement des civils. Il suffit de se référer aux quelques images disponibles pour se rendre compte qu’il s’agissait – déjà – d’une politique de punition collective.

    – Les missiles antichars Milan de fabrication française n’ont en rien été livrés directement à la rébellion par la France.

    De nombreux pays du Moyen-Orient en sont équipés depuis les années 1970, y compris la Syrie et le Liban. Ces armes filmées en possession des rebelles sont la conséquence des captures de stocks de l’armée syrienne (voir ici, ici et ici).

    – L’attaque de la Ghouta orientale à l’arme chimique : le reportage affirme que le rapport de l’ONU n’établit aucune responsabilité des bombardements au gaz (54’22 ») sans préciser que les Russes s’étaient opposés à ce que la mission d’enquête de l’ONU se prononce justement sur cette question des responsabilités, pour ne se consacrer qu’à établir la réalité d’une attaque dont Moscou et Damas contestaient alors la véracité.

    – Toujours sur l’attaque au gaz de la Ghouta orientale, l’émission fait grand cas d’un rapport du M.I.T. (54’25 ») qui « démontre scientifiquement » que les tirs viennent de positions rebelles (qui se seraient donc tirés sur eux-mêmes au gaz).

     

    Ce rapport diligenté par les Russes et réalisé par Richard Lloyd et Theodor Postol s’est basé sur une carte des positions erronées et un rayon d’action réduit de 20% des roquettes Volcano utilisées (voir ici et ici).

    – Georges Malbrunot affirme qu’un enquêteur de l’ONU à Damas aurait conclu que l’attaque au gaz de Khan-Assal aurait été perpétrée par al-Nosra (53’16 »).

    La consultation des rapports d’enquête de l’ONU contredit cette affirmation.

    • Un montage biaisé mettant en valeur les éléments du message

    C’est l’outil le plus fin pour orienter le public à tirer les conclusions que l’on veut qu’il tire. Il s’agit là de travailler sur le montage, qu’il s’agisse de la répartition des temps consacrés aux informations, de leur ordonnancement et de leurs enchaînements.

    Là encore quelques exemples suffisent à réaliser la profondeur du biais des concepteurs de cette émission :

    – Lorsque Khaled Sid Mohamed affirme que la guerre est causée par la paranoïa du régime, l’émission, sans transition (32’32 »), comme pour l’excuser d’être paranoïaque, présente sa propre version du massacre de Hama de 1982, simple opération de répression liée aux actions des islamistes de l’époque. Khaled Sid Mohand dénonce lui-même le montage que l’émission a réalisé autour de ses propos.

    – L’émission enchaîne ensuite sur le discours de Bachar Al-Assad, dénonçant un complot étranger ; viennent ensuite les crimes commis par les rebelles contre les policiers, vidéos à l’appui.

    La répression terrible du régime, avec disparitions, torture de masse à une échelle quasi-industrielle, viols, et assassinats est complètement passée sous silence. En revanche le commentaire insiste sur la radicalisation et l’infiltration par les jihadistes des groupes rebelles.

    – Le montage de l’émission est ensuite plus curieux, puisqu’il mélange les sanctions occidentales, la révolte armée, les manifestations pro-Assad, puis les critiques du CNS.

    Bref rien ne décrit l’évolution sur le terrain, pourtant très mouvante, entre répression violente et soulèvements armés.

    – Lorsque le commentaire en termine pour l’année 2011, le discours se limite à « les atrocités se multiplient » (45’14 »), en précisant bien que cela concerne le côté gouvernemental comme le camp des rebelles « qui n’hésitent plus à filmer… » Pourtant les vidéos des exactions de l’armée sont nombreuses et décisives dans l’alimentation des soulèvements : par exemple celle de l’imam Oussama al-Rifai, attaqué par les moukhabarat dans sa mosquée de Kfar Sousseh, à Damas ; la vidéo présentant le corps torturé et émasculé de Hamza al-Khatib

    – Pour l’année 2012, l’émission met en parallèle l’ascendant des jihadistes, le soutien occidental et les exactions, toujours du côté rebelle – avec la séquence montrant un rebelle mutilant le corps d’un soldat pour en sortir un organe et mordre dedans (acte horrible et d’ailleurs désavoué par la rébellion).

    Aucune séquence équivalente du côté du régime, alors que les vidéos de crimes, de décapitations et de tortures sont tout aussi fréquentes et disponibles sur la toile (et celles-là ne sont aucunement désavouées par le régime ou ses alliés). Le montage, et la répartition des images, laisse clairement penser, au-delà d’un commentaire de pure forme, que les crimes sont l’œuvre des seuls rebelles, évidemment soutenus et armés par la France.

    – Il faut attendre la 55ème minutes (54’54 ») pour voir aborder la question des tortures commises en masse par le régime et les méthodes de l’armée syrienne dénoncées par les opposants.

    Contrairement aux exactions de la rébellion, le commentaire prend ses distances avec ces crimes, puisqu’il s’agit de « dénonciations » par les rebelles et non de descriptions factuelles du commentateur lui-même.

    – Alors que le bombardement de zones civiles est abordé, le montage donne lieu à un basculement étonnant : les Occidentaux exigent le départ de Bachar Al-Assad, et les Russes et Iraniens refusent de le lâcher, estimant « que c’est au peuple syrien de choisir son président » (55’45 »). Une telle présentation donne ainsi toute légitimité à la position des Russes, malgré les images terribles diffusées juste avant.

    – Le montage a tendance à présenter la Russie comme l’acteur rationnel et modéré face à des Occidentaux obstinés. Le commentaire oppose le soutien russe qui sauve le régime syrien à l’acharnement occidental à le faire tomber « qui transforme le conflit syrien en bourbier international » (58’25 »). Il est curieux que l’on fasse abstraction non seulement de l’engagement iranien, mais aussi des frappes aveugles russes.

    – Sur sa partie « énergétique », l’émission procède à un glissement : partant de la Syrie pour évoluer vers le Golan et Israël, elle arrive dans la conclusion de ce reportage à faire peser le risque de basculement à une « guerre mondiale ».

    – La partie sur la vie quotidienne présente des populations pacifiques dans les zones contrôlées par le régime, et haineuses dans la seule région rebelle présentée (1h17’01 »).

    – Enfin, l’émission ne pouvait passer sous silence les enclaves assiégées et affamées. Après avoir brièvement évoqué Madaya, le commentaire renvoie à nouveau dos à dos les deux camps, « les insurgés eux aussi » encerclent et affament. Il ne précisera pas que ces derniers n’ont pas d’aviation à leur disposition pour y parachuter des vivres et que ce n’est qu’au prix des lentes mobilisations des sociétés civiles que l’aide alimentaire parvient – parfois – dans les localités qu’ils tiennent.

    On constate ainsi que ces divers outils permettent aux concepteurs de l’émission de fausser complètement la perception de la situation syrienne. Mais dans quel but ?

    3. Le véritable message de cette émission

    Le thème annoncé de l’émission était de dénoncer les erreurs et l’aveuglement des dirigeants occidentaux, et notamment français, dans leur soutien à une rébellion qui serait en réalité criminelle et fondamentalement jihadiste.

    Dans l’absolu, la position occidentale, mélange d’imprudence et d’atermoiements peut prêter à la critique. Toutefois, plusieurs éléments de l’émission ne cadrent pas avec cette intention :

    – L’insistance pour écarter toute critique de la Russie. Les seuls bombardements aériens évoqués à l’encontre des civils étant ceux des hélicoptères et avions du régime syrien.

    La Russie reste présentée tout le long de l’émission comme un pays « responsable », soutenant seul le régime face aux jihadistes armés avec beaucoup de « légèreté » et « d’aveuglement » par les Occidentaux.

    – Le renvoi systématique des horreurs de la guerre dans les deux camps, sans peser les responsabilités réciproques.

    Avec une insistance particulière sur les crimes et la barbarie, les questions de Samah Soula en fin d’émission ramènent constamment les réfugiés sur ce « tous pareils« .

    – La référence permanente à une extension du conflit. Le commentaire, comme les questions de Samah Soula, font plusieurs fois référence à une « guerre mondiale » ou à un risque d’embrassement, comme lorsque qu’est évoqué le risque de redécoupage des frontières, à l’initiative d’Israël, pour l’accaparement du pétrole du Golan occupé.

    – La référence récurrente à une Syrie rêvée et mythique, celle « d’avant« . Il suffit de lire La Coquille de Mustafa Khalifé pour constater à quel point la Syrie de certains ne ressemble pas à celle que la plupart des Syriens ont vécu.


    Il en ressort que l’émission ne cherche pas réellement à critiquer le soutien diplomatique et matériel français aux rebelles syriens. En revanche, le message caché plus ou moins habilement tout au long de l’émission se révèle à l’aune de ces éléments mis ensemble :

    • Il faut impérativement mettre fin à la guerre en Syrie, pour faire cesser le flot des réfugiés qui déstabilise l’Europe et supprimer tout risque d’embrasement, soit du fait du redécoupage des frontières ou à cause du pétrole (et/ou Israël).
    • Et le seul moyen de mettre fin rapidement à cette guerre, c’est de soutenir la Russie, et de maintenir Bachar Al-Assad au pouvoir, la dictature de Damas n’étant ni pire, ni meilleur que des rebelles qui sont de toutes façons jihadistes/islamistes et barbares.

    La conclusion finale de Samah Soula est éloquente : en mettant fin à cette guerre (donc en défendant la dictature de Bachar Al-Assad si l’on a bien suivi), c’est son identité et sa liberté que l’Europe sauvera (sic).

     

    Conclusion : un cas d’école de propagande télévisuelle et contre-exemple remarquable de journalisme

    Cette émission n’aurait pu être qu’une émission à des fins de propagande, comme il y en a souvent.

    Mais en analysant sa structure, le choix des intervenants, les commentaires des images et leur montage, on découvre qu’elle recèle un message qui dépasse son but informatif déclaré. Un message qui se voudrait presque « subliminal », progressivement énoncé par touches successives tout au long de ces 85 minutes avec, il faut l’admettre, une cohérence et une efficacité remarquable.

    C’est avant tout cela que nous souhaitions dénoncer, en espérant qu’à l’occasion de ce long billet, les lecteurs auront découvert toute la complexité de la situation syrienne, qui ne se satisfait ni des visions binaires ou intéressées, ni des explications simples et univoques.

    Enfin, il nous est impossible de ne pas évoquer lorsque l’on parle de la Syrie sur France2, la mort de Gilles Jacquier, journaliste de talent de la chaîne.

    Le fait que sa mémoire ne soit pas une seule fois évoquée, si ce n’est dans le générique final, achève de rendre ce magazine inacceptable sur cette grande chaîne publique.

    Mise à jour le 23/02/2016 à 16h suite aux remarques d’un lecteur : la question du drapeau de l’Etat islamique sur le QG du groupe Ansar al-Aqida ; la propagation du faux-slogan « les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau » par Adeline Chenon Ramlat


    [i] En réalité, jusqu’au moins de novembre 2015, les convois de camions citernes transportant le pétrole vers la Turquie n’ont été la cible « privilégiée » ni des frappes russes (d’abord dirigées contre les installations, y compris civiles comme les hôpitaux, écoles ou boulangeries, des provinces rebelles), ni des frappes de la coalition (cherchant d’abord à détruire les forces armées de l’EI).

    [ii] Au-delà du caractère délirant d’un salaire à priori mensuel (la précision n’est pas apportée mais un salaire est mensuel en France depuis 1978, et les concepteurs de l’émission ne peuvent l’ignorer) à 1200 $ pour un combattant de l’EI « avec les avantages en nature » (sûrement une fine allusion aux esclaves sexuelles ?), l’émission oublie la réalité des mouvements clandestins dans un pays en plein soulèvement : La fonction principale de Jean Moulin, héros de la résistance, a été de distribuer en France occupée des « enveloppes » aux différents mouvements afin de les fédérer.

    [iii] Le lien entre structure tribal et sensibilité au radicalisme islamique sont connus, voir par exemple des études déjà anciennes qui identifiaient la Syrie comme un pays très sensible à ces phénomène.

    Source: http://syrie.blog.lemonde.fr/2016/02/23/na-pas-un-oeil-sur-la-syrie-qui-veut-analyse-de-d-un-oeil-sur-la-planete-du-18022016/

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     – 

    La répression du régime, les dizaines de milliers de Syriens morts sous la torture, les bombardements incessants des forces du pouvoir en place et de ses alliés russes, étaient absents du narratif du reportage de France 2, le 18 février.

    Le reportage Syrie, le grand aveuglement, diffusé par France 2, le 18 février, se calquait presque mot pour mot sur le récit du conflit soutenu par le pouvoir de Damas. Sa diffusion sur le service public interroge notre tendance à faire des conflits internationaux les seuls miroirs de nos propres peurs et obsessions.

    L’émission Un oeil sur la planète diffusée ce jeudi 18 février sur France 2, vivement critiquée pour son parti-pris pro-régime syrien, est en réalité à l’image d’un certain débat public actuel, qui lit de nombreux conflits à l’étranger à travers un prisme tronqué, foncièrement islamophobe et occidentalo-centré.

    La Syrie, depuis le début du soulèvement populaire en mars 2011, se trouve aux prises avec une double narration : D’une part, celle qui veut garder au centre les civils syriens et leurs aspirations à la paix, à la justice et à la liberté ; d’autre part, celle qui entend gommer ces derniers au profit d’une lecture « géopolitique » et régionale. Les uns veulent mettre en avant l’état des droits humains en Syrie et la volonté d’une grande partie des Syriens à s’affranchir du joug des Assad ; les autres tiennent surtout à rappeler qu’aucun conflit n’existe par lui-même, sans faire le jeu par ailleurs d’autres intérêts et d’autres enjeux géostratégiques. Pour tout commentateur avisé de la question syrienne, il y a donc à tenir ensemble cette double préoccupation : d’une part celle de la réalité des civils syriens, d’autre part celle des intérêts régionaux et internationaux qui interfèrent avec la révolte citoyenne syrienne et avec la répression à laquelle elle fait face.

    Ce qui se passe en Syrie serait le fruit d’une « conspiration »

    Le régime syrien a, depuis le début du conflit en 2011, su particulièrement bien surfer sur ce schisme narratif, et a tenu particulièrement à exploiter le second volet, dont il a très vite senti qu’il pouvait l’exonérer d’une large part de sa responsabilité dans les violences en cours.

    Ainsi, c’est en réalité notre propension à lire les conflits au Moyen-Orient comme étant le seul résultat des politiques occidentales d’une part et des mouvements islamistes d’autre part, que Bachar El Assad a particulièrement exploité.

    Un récit centré sur ces 2 éléments narratifs a donc pris place rapidement au sein de la propagande de Damas, et a pu trouver ici un large écho : ce qui se passe en Syrie serait le fruit d’une  » conspiration  » (dans une version plus « soft » d’une « opération de déstabilisation ») fomentée par l’Europe et les Etats-Unis en alliance ou en soutien aux filières de l’Islam radical dans la région.

    Ce que ce récit gomme, efface, annihile est double. A la fois, il raye de la carte les citoyens syriens en tant que sujets politiques, soutenant la thèse qu’ils seraient réduits à n’être que les objets des « grandes puissances », faisant peu de cas de leurs luttes et de leurs aspirations.

    Et dans le même temps, faisant mine de mettre le projecteur sur les « ingérences » et les « interventions étrangères » il dissimule le fait que les ingérences de loin les plus meurtrières sont celles qui sont venues soutenir le régime syrien dans son opération de répression.

    Ainsi, les interventions russe, iranienne, tout comme celle du Hezbollah sont à peine évoquées ou présentées comme « amies » et « inoffensives », alors que ce sont elles qui ont fait le plus de victimes civiles.

    Tout se passe comme si les seules dérives des groupes opposés au régime en place, parmi lesquels se trouvent certains groupes islamistes ou djihadistes, suffisaient à soutenir la matrice de l’ensemble des événements syriens.

    La répression en cours, l’une des plus violentes de notre époque, un détail

    Ce jeudi soir, ce qui a été diffusé dans l’émission Un oeil sur la planète se calquait presque mot pour mot sur ce récit soutenu par le pouvoir de Damas. La répression du régime, les dizaines de milliers de Syriens morts sous la torture, les bombardements incessants des forces du pouvoir en place et de ses alliés russes, étaient absents du narratif du reportage.

    Tout comme la réalité des citoyens syriens aspirant à la liberté, leur combat, leurs espoirs, leur parole, tous ces éléments passant, pour France 2, pour des éléments de décor ou de second plan. Non seulement les faits présentés étaient partiels, mais pire encore, tout était présenté comme si la révolte syrienne était inexistante, comme si la répression en cours – l’une des plus violentes de notre époque – était un détail.

    Si une telle émission, digne des chaines publiques syriennes ou russes, peut aujourd’hui être diffusée sans faire (trop) de scandale, nous avons à nous interroger sur ce qui dans le débat public permet un rapport aux faits aussi tronqué. Sur notre tendance presque obsessionnelle à faire des conflits internationaux les seuls miroirs de nos propres peurs et obsessions.

    Sur notre incapacité à entendre, comprendre et soutenir les mouvements sociaux extra-occidentaux, dès que nous n’en sommes pas nous-mêmes les initiateurs. Sur notre islamophobie galopante qui lit tout sous le prisme de notre peur de l’Islam des Musulmans. Sur notre occidentalo-centrisme borgne, incapable de lire des mouvements politiques qui nous sont étrangers, méconnaissant les réalités qui se trouvent en dehors de notre champ de vision – que souvent nos politiques ont pourtant contribué à aggraver.

    Sur notre propension à « croire » un régime et ses soutiens, tout en déniant aux citoyens syriens le plus simple droit d’expression et de contestation. Nous avons à nous interroger sur la manière dont une dictature répressive a pu faire de nous de tels « crédules », tant sur le plan citoyen que politique, pendant qu’elle se rendait coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

    Tout conflit demande des nuances, de l’expertise, une vérification constante des faits, et également un curseur éthique, embrassant la question de la dignité et des droits humains. Ce que Un oeil sur la planète a diffusé ce jeudi était problématique à tous ces égards.

    Le devoir d’information du service public semble avoir été mis en péril par une entreprise de propagande et de déni.

    Sans préjuger de ce qui a conduit à une telle méprise, espérons que le tir soit prochainement corrigé. Et que la prise de conscience de l’ensemble des réalités syriennes ne soit pas trop tardive, tandis que ce drame politique et humanitaire n’en finit pas de se creuser…

    Par Marie Peltier, historienne de formation, est chercheuse et chargée de projets interculturels à Bruxelles. Elle est l’auteur de plusieurs articles et études sur le rapport à la mémoire et l’importation des conflits internationaux dans le débat public, s’agissant notamment de la question du pacifisme et du conflit syrien.

    Source: http://www.lexpress.fr/actualite/syrie-quand-france-2-se-fait-le-porte-voix-de-damas_1766051.html

    ***

    Un reportage à rebrousse-poil diffusé par France 2 : Syrie, le grand aveuglement

    par Pierrick Tillet

    Histoire de parfaire nos idées sur le conflit syrien, je vous conseille un remarquable reportage présentée par France 2 le 18 février 2016 dans le cadre de l’émission Un Œil sur la planète, et intitulé Syrie, le grand aveuglement.

    Tout comme l’émission sur la situation en Ukraine réalisée pour Canal + par Paul Moreira, tout comme les reportages de Robert Fisk pour The Independent, ou de Benoît Collombat et Jacques Monnin pour France Inter. le propre de l’enquête-terrain diffusée par Un Œil sur la planète est d’infirmer à peu près toutes les fables à dormir debout débitées à l’envi par la propagande mainstream et relayées sans précaution par une meute des gogos plus ou moins bien intentionnés.

    On y découvre pour commencer un document étonnant sur la vie au quotidien de rebelles tout ce qu’il y a de moins “modérés” et dont le QG est installé dans une école d’Alep (tiens, tiens, n’est-ce pas cette école que la propagande occidentale accusa les Russes d’avoir bombardée ?).

    On y assiste à la stupéfiante soirée d’adieu d’un kamikaze en partance pour son ultime “mission”.

    Quand on combat en Syrie, on est payé

    On y découvre le témoignage d’Adeline Chenon-Ramlat, ancienne envoyée spéciale du quotidien Le Monde en Syrie où elle demeura huit ans, Pour Adeline Chenon-Ramlat, la logique qui préside à la guerre civile en cours et à la multiplication des factions dites “rebelles” n’a plus rien à voir avec un idéal, fût-il religieux :

    « On n’est plus dans une logique d’idéal, mais dans une logique qui est malheureusement financière. Autant de factions, autant de capacité de salaire. Aujourd’hui, quand on combat en Syrie, on est payé. Dans cette guerre, tout le monde est payé. »

    Qui pour financer les combattants ? Adeline Chenon-Ramlat cite l’Arabie saoudite, les États-Unis, la Turquie, la France… L’ex journaliste du Monde avoue même que parmi ses propres voisins, plusieurs changèrent de factions en fonction de l’importance du salaire proposé.

    Les opposants modérés ne réclamaient pas le départ de Bachar al-Assad

    Au début, l’opposition politique modérée a existé, précise le journaliste syrien d’opposition Maen Akel. Son but était pacifiste et elle ne réclamait en rien la chute du régime.

    Mais pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement français (DGSE), cette opposition modérée fut rapidement infiltrée par les Frères musulmans qui, eux, voulaient la tête de Bachar al-Assad, mais sans vouloir entendre parler non plus de démocratie.

    La brutalité de la répression menée par le régime en place contre ces opposants beaucoup moins pacifistes que les premiers précipita le pays dans la violence et la guerre civile. À la violence du régime répliqua la violence de l’opposition islamiste. Le film d’un Œil pour la planète dévoile un document terrifiant sur le massacre de dizaine de policiers du régime par le camp d’en face.

    Le camp occidental met les pieds dans le mauvais plat, choisit les mauvais chevaux

    En 2011, l’Occident intervint dans le conflit. Comme il l’avait fait pour le libyen Khadafi, le président Sarkozy se mit à traiter de pestiféré infréquentable ce Bachar al-Assad qu’il avait pourtant invité à assister au défilé militaire français du 14 juillet 2008.

    Les médias occidentaux mainstream  en rajoutaient, citant les manifestations anti-régimes dans les régions les plus défavorisées du pays, mais “oubliant” les défilés monstres qui avaient lieu en faveur d’Assad à Damas et dans d’autres grandes villes.

    Le Quai d’Orsay refusa d’écouter son ambassadeur Éric Chevalier qui tentait de l’alerter sur la solidité du régime en place et le noyautage de la rébellion par les Frères musulmans,

    Pire encore, fraîchement élu, François Hollande prit la décision de livrer des armes létales aux rebelles.

    « Nous avons commencé [à livrer des armes] quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres » (François Hollande).

     

    La certitude des imbéciles n’a d’égal que leur aveuglement, comme le prouve le document ci-dessous :

    Syrie_missile_francais_Milan_m

    Un rebelle islamiste devant un stock de missiles anti-chars français Milan.

    Les enjeux colossaux d’un bourbier

    Tout était fin prêt pour que les choses dégénèrent. Et elles dégénérèrent. En 2014, Daesh s’invitait dans ce bal infernal. Le conflit débordait les frontières syriennes et touchait des pays occidentaux comme la France où les attentats du 13 novembre 2015 furent revendiqués par l’État islamique.

    Un bourbier auquel il est d’autant plus difficile d’échapper qu’il recèle des éléments cachés, moins avouables, comme l’explique la journaliste de France 2, Samah Soula, dans la dernière partie du reportage : « La Syrie occupe une place stratégique sur la route de l’énergie.

    Et quand il y a du gaz et du pétrole, les enjeux et les appétits sont colossaux. »

    Voilà, si vous voulez vraiment comprendre ce qui se passe réellement dans ce coin ravagé par la bêtise et l’avidité humaine, je vous invite vivement à regarder l’intégralité de cette émission.

    Faut-il préciser que le reportage d’Un Œil sur la planète fut bien évidemment aussitôt décrié par les bonimenteurs incorrigibles du microcosme médiatique : « Syrie : quand “Un Œil sur la planète” se fait le porte-voix de Damas » (L’Express)

     

    Source:  Le monde du Yéti

    URL:http://arretsurinfo.ch/syrie-le-grand-aveuglement-le-reportage-que-les-grands-medias-ne-veulent-pas-que-vous-voyez/


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    Published On: Wed, Mar 30th, 2016
     
     
     

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    BREIZATAO – ETREBROADEL (30/03/2016)

    La tension monte de plus en plus fortement entre les USA et la Russie d’une part et la Turquie sous direction islamiste de l’autre.

    De nombreux signaux indiquent que Washington et Moscou, après s’être entendus sur la Syrie, veulent se débarrasser du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont les projets expansionnistes sont désormais considérés comme un obstacle.

    L’émancipation kurde se précise

    Parmi ces signaux, le soutien russo-américain aux Kurdes de Syrie. Un appui violemment dénoncé par le président turc qui considère qu’il s’agit d’un appui indirect aux kurdes du PKK de Turquie, celui-ci étant lié aux “Unités de Protection du Peuple”, une organisation sœur agissant au Kurdistan syrien.

    Les Kurdes de Syrie, situés au nord tout le long de la frontière turque, sont armés et conseillés par les Russes et les Américains (source). Ces derniers les considèrent, depuis la défaite de l’État Islamique à Kobané, comme des alliés incontournables face aux djihadistes.

    A contrario, le gouvernement islamiste turc soutient, au moins logistiquement, l’État Islamique dans sa lutte contre les Kurdes et contre Bashar al Assad.

    En Irak, le Kurdistan autonome est considéré comme une force indispensable pour vaincre l’État Islamique. Lui aussi reçoit l’aide des Américains, des Européens et des Russes (source).

    Sur le plan diplomatique, les Russes ont reconnu officiellement les Kurdes de Syrie comme un entité indépendante de Damas (voir ici).

    Plus encore, depuis quelques temps, le Kurdistan syrien a entrepris d’établir son autonomie formelle, sur le modèle du Kurdistan irakien (source).

    En parallèle, le président Masoud Barzani du Kurdistan irakien a annoncé un référendum d’autodétermination avant octobre (source).

    Dans les deux cas, il est difficile de croire à un hasard de calendrier. Impossible pour les Kurdes de Syrie et d’Irak de prendre de telles initiatives sans avoir reçu des encouragements de la part de la Russie et d’Israël et, d’une façon ou d’une autre, un consentement au moins passif des États-Unis.

    L’échec de la stratégie turque

    Recep Tayyip Erdogan et son parti, l’AKP, forment la seule organisation des Frères Musulmans actuellement à la tête d’un état musulman. En 2011 lors des “Printemps arabes”, la Secrétaire d’État Hillary Clinton – liée à cette confrérie islamiste – avait soutenu les efforts d’Erdogan en Syrie, en Égypte, en Tunisie et en Libye afin d’y installer des partis liés à cette organisation.

    Cinq ans plus tard, le président américain, Barack Obama, est parvenu à un accord avec l’Iran et la Russie sur une aire de répartition des influences respectives. Les USA ont abandonné l’idée de prendre le contrôle de la Syrie tandis que la Libye a implosé. L’armée égyptienne a repris le pouvoir et entamé la destruction des Frères Musulmans comme force politique.

    Pire encore pour Ankara, l’intervention de la Russie en Syrie a stabilisé le pays, infligeant une défaite majeure à la Turquie pour qui le renversement de Bachar al Assad était un but stratégique. La destruction du SU-24 russe par des miliciens turcs, en novembre dernier,  a déclenché une réorientation des priorités de Moscou qui entend désormais utiliser Arméniens et Kurdes contre la Turquie.

    En somme, les projets de restauration de l’Empire Ottoman nourris par Erdogan se sont transformés en guerre défensive sur le sol turc. Avec la question kurde, la Turquie joue ni plus ni moins que sa survie en tant que puissance régionale.

    Les intérêts américains et turcs divergent désormais totalement : d’un côté la Turquie islamiste lutte pour préserver son intégrité territoriale, de l’autre les USA perçoivent cette dernière comme un obstacle majeure à la conclusion d’un accord de paix avec la Russie et l’Iran.

    Rumeurs de coup d’état

    Le gouvernement américain semble envisager une solution radicale au problème posé par Erdogan, ce dernier ne semblant visiblement pas disposé à “rentrer dans le rang”.

    La presse états-unienne diffuse depuis quelques jours des articles “opportuns” sur la possibilité d’un coup d’état contre le président islamiste.

    Ainsi, dans le magazine Newsweek paraît un texte de Michael Rubin (voir ici) pour l’American Enterprise Institute, un puissant groupe de réflexion proche du Parti Républicain (voir ici).

    Rubin écrit :

    Erdogan cherchait depuis longtemps à casser les reins de l’armée turque. Pendant la première décennie de son règne, les USA et l’Union Européenne le soutenait. Mais c’était avant que jusqu’aux soutiens étrangers les plus déterminés d’Erdogan ne reconnaissent la profondeur de sa descente dans la folie et l’autocratie. Donc si l’armée turque bouge pour sortir Erdogan et mettre son entourage derrière les barreaux, pourrait-elle s’en sortir sans dommage ?

    Dans le domaine de l’analyse bien plus que dans celui de l’opinion, la réponse est oui. A ce stade de la campagne électorale [américaine, NDLR], il est douteux que l’administration Obama ferait plus que dénigrer n’importe quels meneurs de coup d’état, surtout s’ils entreprennent une restauration sans ambiguité de la démocratie.

    Et propose un processus à l’armée turque pour détruire l’AKP islamiste susceptible de recevoir l’appui des opinions publiques européenne et américaine :

    Les chefs du coup d’état pourraient faire taire les critiques des avocats européens et américains des droits de l’homme en libérant immédiatement tous les journalistes et universitaires, puis en redonnant les journaux et télévisions saisies à leurs légitimes propriétaires. L’appartenance de la Turquie à l’Otan n’est pas de nature à empêcher une telle action : pas plus la Turquie que la Grèce n’ont perdu leur adhésion lors des coups précédents. Si une nouvelle direction s’engageait sincèrement en faveur des Kurdes de Turquie, les Kurdes pourraient rejoindre ce processus.

    L’opinion publique européenne ni l’opinion publique américaine n’auraient de sympathie pour l’exécution d’Erdogan, son fils et son neveu, ou ses conseillers clefs comme Egemen Bağış et Cüneyd Zapsu, mais accepteraient un procès pour corruption et une longue détention… Une fois sorti de son palais, il pourrait se retrouver très seul… comme Saddam Hussein à son propre procès.

    Cet article – qui constitue une menace en bonne et due forme – a été suivi de l’annonce du retrait intégral des familles de militaires américains du territoire Turc. De la même façon, Israël a demandé à ses ressortissants de quitter immédiatement le pays (source).

    Les explications officielles sont liées aux “menaces” d’attaques terroristes menées par l’Etat Islamique. D’autres y voient, au minimum, un accroissement des tensions avec le gouvernement turc. Quoiqu’il en soit, la presse officielle russe était très enthousiaste à la lecture de l’article qu’elle a immédiatement relayé (voir ici).

    Confrontation entre Obama et le gouvernement turc

    Furieux de l’évolution de la diplomatie américaine, le gouvernement turc lance désormais des campagnes incendiaires contre le président américain.

    Dernier rebondissement, l’arrestation par le gouvernement US d’un homme d’affaires turco-iranien lié au financement occulte de l’AKP, le parti islamiste turc au pouvoir.

    Zamman France (source) :

    Le site du ministère de la Justice américain a indiqué que le Turco-iranien Reza Zarrab et les Iraniens Camelia Jamshidy et Hossein Najafzadeh avaient été mis en examen pour violation de l’embargo américain sur l’Iran sur la période allant de 2010 à 2015. Le premier, arrêté samedi 19 mars à son arrivée à Miami, a été présenté au tribunal fédéral de la ville et écroué. Les deux autres sont pour l’heure en liberté.

    Reza Zarrab est particulièrement connu des Turcs. L’homme d’affaires de 33 ans avait en effet été arrêté et détenu durant deux mois après le lancement, en décembre 2013, des opérations de corruption touchant quatre ministres du gouvernement de Tayyip Erdogan, aujourd’hui président de la République. Celui-ci s’était tiré d’embarras en clamant qu’une «structure parallèle », dirigée par l’imam Fethullah Gülen, voulait le renverser.

    La presse gouvernementale accuse la Maison Blanche de comploter contre le président turc avec l’aide de Fethullah Gülen, un islamiste turc dissident réfugié aux USA.

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    Tout aussi opportunes, les révélations de la presse britannique ces derniers jours (voir ici). Elle rapporte les propos du roi Abdallah de Jordanie à des parlementaires américains selon lesquels Erdogan soutient l’islamisme radical au Proche-Orient et expédie des terroristes en Europe. Ces révélations ont été publiées immédiatement après les attentats de Bruxelles.

    Le président turc, en visite à partir de mercredi 30 mars  aux USA, a d’ores et déjà été prévenu de la fraîcheur de l’accueil qui lui sera réservé. Le président américain a refusé de le rencontrer alors que l’inauguration conjointe de la plus grande mosquée des USA était prévue (source).

     

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    Le capitaine Barril: « J’ai la preuve de qui a tué Litvinenko, ce n’est pas la Russie »

        France
     
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    france barril

    On ne présente plus le capitaine Barril, qui fut au cœur de toutes les opérations secrètes menées par la France à une certaine époque.

    Parce qu’il a parlé un jour, les foudres du ciel lui sont tombées sur la tête à maintes reprises, parfois avec l’aide et la complicité des médias.  RI

    ***

    Un ancien fonctionnaire français qui a occupé des postes importants dans la sécurité intérieure et le contre-terrorisme vient de faire une déclaration spectaculaire en annonçant qu’il détient des documents prouvant qu’Alexandre Litvinenko, l’espion russe qui est mort d’un empoisonnement au polonium, a été tué par les services spéciaux américains et britanniques.

    Dans une longue interview qui sera publiée bientôt, il va plus loin, en disant que l’assassinat de Litvinenko était une opération des services spéciaux conçue pour diffamer la Russie et Vladimir Poutine, à laquelle le fameux oligarque russe Boris Berezovsky a participé, et a été tué lui-même par le MI6 quand il est devenu gênant. Il dit même qu’il connaît le nom de code de l’opération: « Beluga ».

    Oped News, lundi 27 Mars :

    Opération Beluga: Un complot anglo-américain pour discréditer Poutine et déstabiliser la Fédération de Russie

    Le célèbre expert en sécurité français Paul Barril vient de lâcher une bombe : l’existence de l’Opération Beluga, une opération secrète du système de renseignement occidental destinée à saper la Russie et ses dirigeants.

    Est-ce la cause d’une grande partie de la rhétorique de menaces, devenue maintenant réciproque, entre les Etats-Unis et la Russie?

    Barril a révélé l’Opération Beluga dans une récente interview avec l’homme d’affaires suisse Pascal Najadi au sujet de la mort d’Alexander Litvinenko en 2006.

    Litvinenko était connu comme un ancien espion dont beaucoup (en Occident : NDT) croient qu’il a été assassiné avec du polonium radioactif sur les ordres de Vladimir Poutine.

    Najadi dit que l’entrevue parle de la révélation selon laquelle Litvinenko aurait été effectivement tué par « un Italien qui aurait administré le mortel polonium 210 « .

    Encore plus étonnant, il affirme que l’opération a été réalisée sous les auspices des États-Unis et au Royaume-Uni.

    Dans mes livres, The Phony Litvinenko Murder et Litvinenko Murder Case Solved, j’ai écrit au sujet d’une connexion italienne. Mais je ne peux pas confirmer que Barril parle de la même personne.

    Les allégations de Barril devraient être prises au sérieux.

    C’est un personnage de renom du renseignement français, connu en France comme le  « Superflic ».

    Aux yeux du public français, il est une sorte de combinaison d’Eliot Ness, James Bond, et William Bratton.

    Pendant de nombreuses années, il a été le commandant en second du GIGN, la légendaire unité d’élite française des forces spéciales, placé en tête du classement  » de badass » des forces spéciales dans le monde, et a occupé d’autres postes de haut rang dans la sécurité intérieure en France.

    Depuis qu’il a quitté les services gouvernementaux, il s’est occupé de questions de sécurité comme entrepreneur privé pour les chefs d’Etat du Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique.

    Il a été au centre de plusieurs controverses au fil des ans, et est un auteur très connu. Il ne fait aucun doute qu’il a accès à des renseignements au niveau de l’Etat qui lui donnerait une certaine perspective de cette affaire.

    Dans l’interview, Barril affirme que Berezovsky a travaillé en étroite collaboration avec le MI6 et la CIA pour discréditer la Russie et Poutine, et que des sommes importantes de ces organismes sont passées par les mains de Berezovsky à destination de personnes participant à ces efforts.

    Barril dit Litvinenko a été l’un des porteurs de valises de Berezovsky, pour porter les fonds aux destinataire.

    Extrait de l’interview:

    bomb

    «La Russie n’a rien à voir avec (l’assassinat de Litvinenko). L’affaire a été fabriquée depuis le début.

    Le Polonium a été choisi comme poison parce que, en raison de sa production en Russie, il impliquerait la Russie.

    L’objectif de l’ensemble de l’opération était de discréditer le président Poutine et le FSB.

    Cela a été fait parce que la Russie bloque les intérêts américains dans le monde entier, en particulier en Syrie.

    Ce fut une tentative d’affaiblir l’emprise de Poutine sur le pouvoir, de déstabiliser la Russie « . 

    Dans l’interview, Barril mentionne celui qui s’affiche ouvertement comme l’ennemi de Poutine, le financier William Browder, comme étant en étroite collaboration avec Berezovsky dans les efforts de discréditation.

    Il affirme aussi qu’il est sûr que Berezovsky a été assassiné par ses commanditaires des services secrets après que ceux-ci aient réalisé qu’il se comportait de façon erratique et qu’il fallait le réduire au silence avant qu’il n’aille tout balancer.

    Enfin, il dit qu’il mettra ses preuves à la disposition d’une enquête publique sur l’affaire si elle est menée par une personne crédible.

    Il suggère Carla del Ponte comme un bon choix pour le faire, parce qu’il est convaincu qu’elle n’est pas sous le contrôle de la CIA.

    Les allégations de Barril ne manqueront pas de soulever d’autres questions autour de l’assassinat de Litvinenko en 2006, qui a à nouveau fait la une des journaux en Janvier 2016, quand une enquête publique menée au Royaume-Uni dans cette affaire n’a pas réussi à rendre un verdict concluant.

    Le cas date d’il y a 10 ans, mais suscite toujours un très large intérêt du public en raison des ingrédients de mort mystérieuse sur fond d’espionnage : barbouzerie d’espions – contre-espions,  empoisonnements radioactifs, accusations (qui ont été définitivement démystifiées) selon lesquelles Poutine lui-même aurait «probablement» ordonné l’assassinat, discothèques minables, un oligarque en disgrâce qui finit mort mystérieusement dans sa salle de bains, veuves éplorées mises en vedette, d’absurdes « show » de procès politisés, grandes postures de politiciens, et bien plus encore.

    Un auteur accompli dans le domaine des assassinats mystérieux aurait du mal à écrire quelque chose d’aussi surréaliste.

    Ricky Twisdale | 29 mars 2016

    Traduction Avic – Réseau International

    Article original: http://russia-insider.com/en/politics/bombshell-french-counter-terror-boss-i-have-proof-who-killed-litvinenko-it-wasnt-russia

    Source: http://reseauinternational.net/bombe-le-capitaine-barril-ancien-commandant-du-gign-jai-la-preuve-de-qui-a-tue-litvinenko-ce-nest-pas-la-russie/



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    LES SEIGNEURS DE LA GUERRE

    « L’Honneur est-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus d’abandonner des populations qui allaient être massacrées à cause de nous ? J’ai choisi selon ma conscience.

    J’ai accepté de tout perdre, et j’ai tout perdu. (…) Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié »

    (Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc - « L’aventure et l’espérance »)



    … 22 Avril 1961

    Une agitation anormale prenait naissance. On signalait des mouvements imprévus des véhicules de groupes de transport. Il était une heure du matin et les légionnaires du 1er REP, commandés par le Commandant, Elie Denoix de Saint-Marc, fonçaient sur Alger.


    Pouvait-on vivre chargés de honte? La France s’enfonçait dans les égouts, la France n’existait plus. A son secours volaient les légionnaires, prêts à verser leur sang si la légion le leur demandait, marchant de leurs pas d’éternité vers la vie, vers la mort, fidèles à eux-mêmes, aux pierres tombales qui jonchaient leur route, fidèles à l’honneur.

    Au même moment, d’autres « Seigneurs de la guerre » investissaient les grandes villes d’Algérie : le 1er Régiment Etranger de Cavalerie du Colonel de la Chapelle, le 5ème Régiment Etranger d’Infanterie du Commandant Camelin, le 2ème Régiment Etranger de Parachutistes entraîné par ses capitaines et le Commandant Cabiro, dès lors que son chef, le Colonel Darmuzai s’était lâchement désisté, les 14ème et 18ème Régiments de Chasseurs Parachutistes des Colonels Lecomte et Masselot, le groupement des commandos de parachutistes du Commandant Robin, les commandos de l’air du Lieutenant-Colonel Emery… Les fleurons de la 10ème et de la 25ème Division de Parachutistes.


    Et puis d’autres unités se rallient au mouvement : le 27ème Dragons du Colonel Puga, le 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens, le 1er Régiment d’Infanterie de Marine du Commandant Lousteau, le 6ème RPIMA du Lieutenant-Colonel Balbin et le 8ème RPIMA du Colonel Lenoir, le 94ème RI du Colonel Parizot, le 1er RCP du Colonel Plassard, le 9ème RCP du Colonel Bréchignac…

    A noter aussi le ralliement immédiat des harkis du Commandant Guizien, basés à Edgar-Quinet, village situé au pied de l’Aurès. Au lendemain du cessez-le-feu, ils paieront très cher leur fidélité : Un millier de ces supplétifs, avec femmes et enfants, seront massacrés dans des conditions effroyables…


    Néanmoins quelque chose avait filtré du projet. Il n’est pas de secret que puissent garder tant d’hommes en marche vers leur mystérieux rendez-vous. De confuses alertes chuchotées de bouche à oreille avaient couru d’un bout à l’autre de l’Algérie, affolant par l’imminence d’un événement qu’ils pressentaient, de « courageux » officiers qui s’étaient ainsi rués dans l’une de ces échappatoires qui leur permettrait, plus tard, de pouvoir se disculper tant auprès des vaincus que des vainqueurs : Ils s’étaient fait mettre en permission pour éluder le choix et des quatre coins d’Algérie, des chefs étaient partis pour ne pas être présents quand se lèveraient les aurores difficiles…

    Pourtant, des années durant, sur les tombes des officiers tués au combat, ces mêmes chefs avaient limité leur oraison funèbre à un serment prêté sur les cercueils drapés de tricolore : « Nous n’abandonnerons jamais l’Algérie ! ». Qu’en était-il aujourd’hui ?

    Fallait-il dans ce cas employer la force? C’est dans de tels moments que bascule le destin des hommes… et c’est à ce moment-là que bascula celui de l’Algérie française…
    Parce que la fraction de l’armée qui s’était révoltée refusait de mener le même combat que celui du FLN, la bataille allait être perdue. Parce que les généraux (notamment le général Challe), avaient eu la naïveté de croire qu’une révolution se faisait sans effusion de sang et pouvait se gagner uniquement avec le cœur et de nobles sentiments, ils allaient entraîner avec eux dans leur perte les meilleurs soldats que la France ait jamais eus… et tout un peuple crédule et soumis.

    A l’évidence, ils négligèrent les recommandations d’un célèbre révolutionnaire : Fidel Castro, dont la doctrine était la suivante : « Pour faire une révolution, il vaut mieux un chef méchant que plusieurs chefs gentils ».

    25 Avril 1961

    Le général Challe prend la décision de mettre fin au soulèvement et de se livrer au bon vouloir de Paris. Ce faisant, il va consacrer la défaite des plus belles unités, livrer 20 ans de sacrifices et d’expérience. Ce qu’il remet à l’état gaulliste, c’est la force morale d’une armée qui retrouvait le goût de vaincre, c’est tout un capital jeune et révolutionnaire qu’elle avait amassé avec tant de souffrance pour la nation.


    … Et ce fut la fin… Les camions défilèrent un à un avec leur chargement de généraux, de colonels, de paras et de légionnaires. Les hommes chantaient une rengaine d’Edith Piaf : « Non, rien de rien… Non, je ne regrette rien »…
    Ainsi durant quatre jours et cinq nuits, des hommes valeureux avaient tenté de sauver l’Algérie. Son corps se vidait de son sang, tout sombrait.

    Leur dignité imposait de se conduire en Seigneurs, même s’ils étaient chargés de tout le désespoir du monde. Ne rien regretter ? Si ! D’avoir perdu. Et des camions qui roulaient maintenant dans la nuit profonde, toujours ce chant qui s’élevait encore plus vibrant :
    « Non, rien de rien
    Non, je ne regrette rien… »
    Je ne regrette rien ! Ce cri allait désormais devenir l’hymne de ceux qui avaient osé et qui avaient tout sacrifié… sauf leur honneur.

    C’étaient des hommes vaincus –provisoirement-, courageux et généreux qui connaissaient l’adversité. Les légionnaires se souvenaient pour la plupart de leurs combats pour la liberté en Pologne ou en Hongrie, pour d’autres, ceux des rizières du Tonkin, pour d’autres encore, de ceux de That-Khé, Dong-Khé, Cao-Bang, Diên Biên Phu qui furent les tombeaux d’unités prestigieuses telles que les 2ème et 3ème Régiments Etrangers et du 1er BEP -Bataillon Etranger de Parachutistes-, celui-là même dont les légionnaires du 1er REP étaient les fiers héritiers…
    Les appelés des 14ème, 18ème RCP et des commandos, trop jeunes pour avoir connu tant de gloire, demeuraient traumatisés par ces visions apocalyptiques qui les hantaient et qui représentaient ces visages lacérés où les yeux manquaient, ces nez et ces lèvres tranchés, ces gorges béantes, ces corps mutilés, ces alignements de femmes et d’enfants éventrés, la tête fracassée, le sexe tailladé.

    Mais tous à ce moment ignoraient le désespoir et savaient que demain la lumière brillerait à nouveau.

    C’étaient des révoltés à la conscience pure, des soldats fidèles, des Hommes… des vrais !


    Quel contraste étonnant cependant entre ces Seigneurs de la guerre que l’on montrait aujourd’hui du doigt sous le vocable fallacieux de « mercenaires » et de « factieux », ces soldats-loups à la démarche souple de félins accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, soldats perdus dont l’uniforme collait comme une peau de bête, acceptant le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil, dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants… et ces hommes flasques qui entonnaient de plus belle leurs incantations à la quille !…


    Au lendemain de la reddition des généraux, le général de Gaulle s’empressa d’épurer l’armée française. L’occasion était trop belle d’en finir avec les contestataires trop fidèles à leur idéal et à leur parole. C’est ainsi, qu’outre les centaines d’arrestations opérées dans les milieux militaires, policiers et civils, les régiments qui avaient constitué le « fer de lance » du putsch : 1er REP, 14ème et 18ème RCP, Groupement des commandos Parachutistes et Commandos de l’air, allaient être dissous. Le 2ème RPIMA quant à lui, allait être expulsé de ses cantonnements. Dissoutes également, la 10ème et la 25ème Division de Parachutistes.

    Ne pouvant éliminer toutes les unités compromises sous peine de réduire à néant la force opérationnelle, seul leur encadrement serait sanctionné…
    C’est ainsi qu’au cantonnement du 1er REP, l’ordre vint, sec et cruel. Le régiment était aux arrêts ! Tous les officiers de cette prestigieuse unité devaient sur le champ se constituer prisonniers. Beaucoup de légionnaires refusaient de s’incliner ; ils voulaient livrer un ultime baroud d’honneur.

    Leur « Camerone » à eux, ils le souhaitaient, ils le désiraient. Mais toute résistance devenait désormais inutile. Leur sacrifice aurait été vain, l’Etat était trop puissant, la France entière était contre eux, elle les avait reniés et l’Algérie était d’ores et déjà condamnée.

    Les blindés de la gendarmerie mobile cernaient le cantonnement, prêts à leur donner l’assaut. La flotte était là à quelques encablures, ses canons pointés vers eux. Allons ! Il faut céder. C’en est fini du 1er REP…


    La population européenne tout entière se dirigea vers le camp de Zéralda où les légionnaires étaient cantonnés. Elle voulait dire adieu à « son » régiment, le saluer une dernière fois, lui dire encore et toujours : Merci ! Merci à « leurs » légionnaires. Les commerçants baissaient leurs rideaux, les jeunes filles portaient des brassées de fleurs. A eux, les portes du camp s’ouvrirent. Les journalistes furent interdits. « Vous ne verrez pas pleurer les légionnaires ! » leur lança un officier.

    Même les cinéastes du service cinématographique des armées furent refoulés. Pas question de filmer la mort du REP!


    Le silence se fit. Une ultime et bouleversante cérémonie aux couleurs, réunit autour du grand mât blanc, la population et ces valeureux baroudeurs, jeunes d’Algérie et vétérans d’Indochine.
    Soudain, de la foule en larmes, surgit une petite fille. Tel un ange de blanc vêtu, elle s’avança vers les rangs des légionnaires, une feuille à la main.

    D’une voix douce et faible elle en fit la lecture. C’était l’ultime hommage du petit peuple de Zéralda à « ses » enfants en reconnaissance de leurs sacrifices, leur courage et leur fidélité. Puis elle éleva sa petite main jusqu’à sa bouche et dans un geste empreint d’une infinie tendresse, leur adressa un baiser. A ce moment, les applaudissements crépitèrent et une pluie de pétales de rose tournoya dans les airs.


    Gagnés par l’émotion et la rancœur, des légionnaires parachutistes, le visage tendu, les yeux rougis, sortirent des rangs, ôtèrent leurs décorations couvertes d’étoiles, de palmes et de gloire et les jetèrent devant eux. L’assistance regardait avec une sorte d’effroi ces médailles qui jonchaient le sol. Des femmes les ramassaient et en les embrassant, les rendaient aux paras : « Si, si, reprenez-les ! » Des officiers pleuraient.


    Puis ce fut l’embarquement dans les camions. Certains criaient : « De Gaulle au poteau ! », d’autres « Algérie française quand même ! ». Sur leurs joues, des larmes coulaient. D’autres s’efforçaient de sourire à la foule venue en masse pour les saluer et qui s’époumonait à hurler sur leur passage : « Vive la légion ! », tandis qu’à la vue des képis blancs, les gendarmes mobiles s’effaçaient.
    La colonne traversa la petite ville où les Européens qui n’avaient pu se rendre au camp couraient sur les trottoirs, leur lançant un ultime adieu. Des mains jetaient des fleurs sous les roues des camions.
    Un à un, les lourds véhicules passèrent au milieu des cris, des larmes, des baisers envoyés à la volée. Alors, de la colonne, couvrant le grondement des moteurs, 1200 légionnaires, partagés entre la colère et le chagrin, entonnèrent un refrain aux lentes cadences, pathétique, triste, entrecoupé de sanglots :
    « Non, rien de rien,
    Non, je ne regrette rien… »
    Le convoi du 1er REP roulait sur un tapis de roses, de lilas et de pensées. Voie triomphale et triste. Et sous les baisers, les acclamations, les larmes et les fleurs, il disparut dans un dernier nuage de poussière, convoi de mariniers halé par une complainte grave, emportant avec lui les plus folles espérances…
    Pauvre régiment ! Si glorieux ! Que triste est ton sort aujourd’hui ! Et dans son sillage se traînait déjà, lamentablement, le fantôme déguenillé de l’Algérie française…


    Et tandis que les légionnaires roulaient vers leur destin, d’autres hommes, d’autres « Seigneurs de la guerre », braves et courageux, parachutistes et commandos des unités putschistes dissoutes assistaient, la rage au cœur, à l’amené du drapeau, de ce même drapeau qu’ils avaient eux aussi défendu au prix du sang dans les rizières d’Indochine et sur les pentes des djebels. La 10ème et la 25ème Division de Parachutistes avaient fini d’exister !…

    19 Mars 1962

    … Puis le « cessez- le- feu » fut proclamé. L’ennemi d’hier devint l’interlocuteur privilégié de l’état français… et ce fut la fin.
    Une nouvelle fois le drapeau tricolore fut amené. Une nouvelle fois l’armée française plia bagages poursuivie par les regards de douleur et de mépris et les cris de tous ceux qu’elle abandonnait. Le génocide des harkis commençait…
    Dans le bled –comme en Indochine- les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont, là, des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…


    Et c’est de cette façon que mourut l’Algérie française… dans la honte, les larmes et le sang… Oui, c’était bien la fin!… la fin d’un monde… la fin d’une génération de soldats… la fin d’une épopée… la fin d’un mythe… la fin d’une race d’hommes… de vrais… celle des Seigneurs de la guerre !


    Et si ces hommes avaient choisi de se battre jusqu’au bout, s’ils avaient vomi le renoncement, c’était encore pour une certaine idée qu’ils se faisaient de la France, c’était pour l’Algérie française leur seul idéal, c’était pour le sacrifice de leurs camarades qu’ils ne voulaient pas vain, c’était pour ces milliers de musulmans qui avaient uni leur destin au leur, c’était pour ces « petits Français de là-bas » qui étaient les seuls à les comprendre et à les aimer et c’était aussi parce qu’ils avaient choisi de se fondre dans un grand corps aux réflexes collectifs, noués dans la somme des renoncements individuels et que par ce chemin, ils atteignaient à une hautaine dimension de la liberté.
    Mais le peuple d’Algérie, lui, n’exprimera jamais assez sa gratitude à ces « soldats perdus », à tous ceux qui, par sentiment profond, ont risqué leur vie, ont abandonné leurs uniformes, ont sacrifié leur carrière, ont été séparés de leurs familles –parfois durant de longues années- ont connu la prison, l’exil, le sarcasme de leurs vainqueurs et de ceux qui n’avaient pas osé, des lâches, des poltrons et des traîtres pour être restés fidèles à leurs serments et à leur idéal.
    Le temps passera, l’oubli viendra, les légendes fleuriront, mais jamais assez l’Histoire ne mesurera la grandeur de leur sacrifice.

    José CASTANO
    e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

    « J’ai choisi la discipline, mais choisissant la discipline, j’ai également choisi avec mes concitoyens et la nation française, la honte d’un abandon, et pour ceux qui, n’ayant pas supporté cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira peut-être que leur crime est moins grand que le nôtre » (Général De Pouilly)

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    Concernant l’histoire du 22 avril 1961, il appartiendra aux historiens de l’écrire, un jour, avec honnêteté et clairvoyance. Avant toute chose, ils devront établir une liste des colonels et des généraux permissionnaires. Ils découvriront alors que ce « putsch » ne fut rien d’autre, en réalité, que l’épreuve de force entre une élite qui s’engagea, qui jeta tout dans l’aventure jusqu’aux soldes, jusqu’au prestige hérité du passé, jusqu’à la vie… et un troupeau qui éluda l’engagement et l’abandonna aux sergents, parce qu’il avait depuis longtemps choisi entre l’auge et le sacrifice à une idée.
    La politique et l’histoire offrent à chaque instant le spectacle de retournements qui, quelques mois, quelques jours, quelques heures auparavant avaient encore paru incroyables. Il semble que le cœur des hommes et leurs intérêts rivalisent d’inconséquence et nourrissent le même goût pour l’imprévu et pour l’imprévisible. La logique et la raison ne s’emparent de leur imagination que pour mettre un semblant d’apparence d’ordre et de nécessité dans le foisonnement de leurs scrupules, de leur indécision, de leurs regrets et de leur versatilité. J.C

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    Conférence sur : « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

    - De l’Indochine à l’Algérie, la Légion étrangère au combat
    - L’Odyssée et la fin tragique du 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie.

    « De l’Indochine à l’Algérie, le conférencier évoque le vécu, l’héroïsme et les sacrifices de ces légionnaires, Fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé. Ces soldats-loups à la démarche souple de félins, accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, acceptaient le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil et dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants.

    Ces hommes, « soldats pour mourir », constituaient le plus beau régiment du mode ; jalousés, admirés et vénérés parce qu’ils étaient capables de mourir avec panache en criant : « Vive la Légion ! »
    … Puis il y eut le 22 avril 1961 et le soulèvement des meilleures unités combattantes dont le 1er REP était le « fer de lance »… sa dissolution et celle des plus belles unités parachutistes… l’émouvant adieu de la population de Zéralda à « leurs » légionnaires… le « cessez-le-feu » et la fin tragique de l’Algérie française… Le génocide des harkis commençait. »

     



    Cette conférence, organisée par le Cercle algérianiste de NÎMES, sera donnée par José CASTANO, Samedi 9 Avril 2016, à 10h, dans les salons de l’Hôtel VATEL - 140, Rue VATEL – 30000 NÎMES - Entrée gratuite –
    Un repas (facultatif) sur place est prévu à l’issue de la conférence. (inscription obligatoire).
    Pour tout renseignement : Adolphe AKENINE – Tel. 06.18.39.13.91
    Courriel : akenine.eco@orange.fr

    Et aussi :

    Organisée par le Cercle algérianiste de TOULOUSE, le Samedi 16 Avril 2016, à 15h30, au CEFANOM, 1, rue des Pénitents blancs – 31000 TOULOUSE - Entrée gratuite –
    Un repas (facultatif) est prévu à 12h au restaurant La Gourmandine, 17, Place Victor Hugo – Toulouse (inscription obligatoire).
    Pour tout renseignement : Hervé CORTES Tel. 05.61.15.45.98 ou 06.40.38.69.06
    Courriel : cortes.famille@wanadoo.fr


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    Ce soldat russe est l’anti-Merah

    1 Avril 2016, 05:32am

    Publié par Thomas Joly

    À Palmyre, un officier russe des forces spéciales, encerclé sans espoir de fuite par les terroristes, a ordonné à l’aviation russe de bombarder sa propre position, emportant de ce fait ses assaillants dans la tombe.

     

    On peut le dire sans prendre trop de risques : ce type est un héros.

    Le genre de héros qu’on ne voit d’habitude que dans les films américains, celui qui allume sa dernière cigarette avec un Zippo qui fait « cling », fixe l’horizon et murmure « Rendez-vous en enfer » avant d’appuyer sur le bouton qui fait tout péter.

    Sauf que là, c’est vrai. Pas de violons, pas de « punch line », pas de ralenti ; juste un jeune homme à qui la vie tendait les bras, dans sa dernière action de soldat.

    C’est la première chose qui attire l’attention.

    La bravoure est une réalité et non, comme on pourrait le croire, une licence poétique d’Hollywood ou une relique du Moyen Âge.

    Nous parlons ici de la vraie bravoure, pas celle qu’il fallut à l’athlète Bruce Jenner pour changer de sexe.

    Deuxième chose : la Russie, avec son imposant cortège, la grand-messe et le retentissement médiatique qu’a eu la mort de cet officier, offre un intéressant contraste avec la France, où la mort de nos soldats, baladés dans tous les coins les plus dangereux de la planète, est tout juste digne d’un encart dans les journaux.

    Alors certes, nous n’avons comme seule source que les médias russes, et ceux-ci sont peut-être enclins à romancer ou enjoliver l’histoire.

    Mais, à l’inverse, si on s’en tient à la presse française, on croirait qu’aucun acte de bravoure, dans l’armée de notre beau pays, ne vaut qu’on lui consacre plus de dix lignes. 

    Dernière chose, la plus importante, comme il se doit : nous avons maintenant l’exemple de ce qu’est mener une guerre sérieuse contre le terrorisme.

    Les terroristes ont maintenant un ennemi, un véritable ennemi qui, lui aussi, compte dans ses rangs des soldats prêts à tuer et à mourir, voire à mourir s’ils peuvent tuer plus.

    Il y a maintenant deux visages à cette guerre. Nous avions Mohammed Merah, celui dont le sourire malsain était sur tous les écrans après ses meurtres.

    Nous avons maintenant Alexandre Prokhorenko (Александра Прохоренко), dont les photos qui circulent montrent un jeune homme droit, fort et fier.

    Face au braqueur d’épiceries presque analphabète dont la gloire suprême a été de tuer des innocents par haine du pays qui l’avait vu naître se dresse, maintenant, la silhouette d’un garçon de 25 ans qui, seul sur une terre étrangère, a sacrifié tout le temps qui lui restait à vivre à l’honneur de son drapeau.

     

    Charles Rouvier

    Source : http://www.bvoltaire.fr


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    Moscou -

    L’état-major russe a affirmé que les terroristes de Daech avaient planté des mines et des engins explosifs dans une superficie dépassant les 180 Hectares à Palmyre avant qu’ils prennent la fuite en direction du désert.

     

    Dans des déclarations retransmises par le site web de « Russia Today », le chef des opérations au sein de l’état-major russe, le général Sergueï Roudskoï, a qualifié de « difficile » la mission de déminage de Palmyre, soulignant que des experts russes en déminage étaient arrivés en Syrie pour participer au déminage de la ville.

    Le responsable militaire russe a indiqué que les terroristes avaient planté de grandes quantités d’engins explosifs, soulignant que les experts utiliseront des robots pour désamorcer les engins dans les zones les plus dangereuses.

    Roudskoï a insisté sur l’importance stratégique de la ville de Palmyre en raison de sa position géographique qui lie les différentes régions en Syrie, dont Damas, Homs, Hama, Alep, Raqqa, Deir Ezzor et les gisements du pétrole et du gaz.

    Et Roudskoï de poursuivre : “La libération de la ville de Palmyre a entravé les capacités des groupes terroristes de se redéployer et d’acheminer les renforts entre le nord et le sud de la Syrie, ainsi que de défendre leurs positions dans la périphérie de Damas et d’Alep”

    Il a ajouté que des conseillers militaires russes avaient pris part directement à la planification de l’opération de la sécurisation de Palmyre, indiquant que les avions de combat russes avaient fait, pendant les 7 et 27 mars, 500 sorties environ dans la périphérie de Palmyre et porté plus de 2000 frappes aux positions des terroristes de Daech, ce qui a causé la destruction de leurs QG et de leurs canons.

    Et Roudskoï d’ajouter : « Au début du mois en cours, plus de 4000 terroristes se positionnaient dans la périphérie de Palmyre, en plus de 25 chars et blindés, de 20 canons, de 40 mortiers et de 100 lance-missiles télécommandés anti-chars ».

    Il a fait noter que plus de 50 véhicules 4×4 dotés d’armes lourdes et qui appartenaient aux terroristes étaient dans la périphérie de la ville archéologique, ainsi que plus de 10 camions conduits par des terroristes-suicides.

     

    Il a affirmé que les raids russes n’avaient pas causé de dégâts dans les antiquités de Palmyre.

     

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    Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

     
     
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    syrie manpads

    Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme.

    Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique.

    Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

    Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ».

    On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie.

    Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit:  sur le champ de bataille.

     

    Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets.

    Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

    Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep.

    Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra).

    Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

    Vidéo

    Les rebelles « modérés » d’aujourd’hui ont aussi lancé des attaques d’artillerie improvisées contre le quartier Sheikh Maqsoud, à dominante kurde, dans la partie de la ville d’Alep tenue par le gouvernement.

    Au moins 17 civils ont été tués et plus de 50 ont été blessés.

    L’opposition « modérée » en Syrie qui reçoit le soutien officiel des Etats-Unis ne veut pas prendre ses distances vis à vis à al-Qaïda:

    « Nous ne sommes absolument pas d’accord avec Jabhat Al-Nusra. Nous ne voulons pas de l’idéologie de Jabhat Al Nusra s en Syrie, ni maintenant, ni à l’avenir.

    Mais nous avons besoin de combattants qui se battent avec nous contre le régime », a déclaré Zakaria Malahefji, un officier politique de Fastaqim Kama Umrit, une coalition de groupes rebelles de la ville d’Alep.

    « Les membres de Jabhat Al Nusra sont nos frères », a déclaré Hajj Bakri, un chef rebelle de Hama. « On n’a pas de problème avec eux. »

    «Notre relation avec Jabhat Al-Nusra est bonne et nous collaborons avec Jabhat Al-Nusra dans les opérations militaires et pour assurer la sécurité », a déclaré Abou Zeid, un commandant d’Ahrar Al Sham, une milice salafiste pure et dure d’Akrad, dans les montagnes du nord-ouest de la Syrie. Ahrar Al Sham, qui est une des plus puissantes factions rebelles de la guerre, est l’allié individuel le plus important d’Al Nusra.

    Tout comme l’État islamique, Al-Qaïda en Syrie ne faisait pas partie de l’accord de cessez-le feu. Les Etats-Unis considèrent officiellement al-Qaïda en Syrie comme une entité terroriste et ennemie.

    Al-Qaïda n’a aucun intérêt à voir la paix s’installer et le groupe fait donc de son mieux pour la saboter.

    Au cours des dernières semaines, il a réussi à convaincre les « modérés » de se joindreà lui pour reprendre les combats:

    Confronté à une cessation des hostilités sous médiation internationale qui menace d’éroder de façon irréversible son influence, dès  la mi-mars, Al-Nusra a entamé une série de pourparlers à l’intérieur de la Syrie pour convaincre les groupes d’opposition de reprendre leur lutte contre le régime.

    Les dernières 48 heures de progrès de l’opposition au sud d’Alep sont le signe qu’Al-Qaïda a réussi à saper le processus politique et à revenir à une situation qui se prête mieux à sa stratégie de long terme en Syrie.

    Samedi, plusieurs groupes rebelles « modérés » soutenus par les États-Unis se sont joints à al-Qaïda dans une attaque contre la ville de Tal Eis, dans la campagne au sud d’Alep, qui est tenue le gouvernement :

    Le cessez-le-feu partiel en Syrie semblait se déliter samedi avec de violents combats entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition, y compris les membres du Front Al-Nusra affilié à Al-Qaïda, aux abords d’Alep, la deuxième plus grande ville du pays,  et d’autres endroits du nord du pays.

    Au moins 25 combattants pro-gouvernement et 16 de l’opposition sont morts dans des affrontements au sud d’Alep, où le Front Nusra et les milices rebelles ont capturé un village surplombant une route importante, a déclaré à Associated Press un groupe de suivi basé en Grande-Bretagne.

    Un certain nombre de groupes – dont certains font officiellement partie de l’accord de cessez-le-feu – ont reconnu, sur les médias sociaux, qu’ils étaient en train de se battre contre les forces gouvernementales.

    L’Armée de l’Islam, dont le coordinateur politique dirige la délégation de l’opposition pendant l’interruption des pourparlers de paix à Genève, a annoncé qu’elle avait tué 20 soldats du gouvernement dans des combats à l’extérieur de Damas, vendredi.

    Elle a annoncé samedi, qu’elle se battait aussi dans la campagne au sud d’Alep, bien qu’on ne pense que le groupe y ait un contingent important.

    Il est donc clair que les rebelles « modérés » ont rompu le cessez-le feu et coopèrent pleinement et ouvertement avec al-Qaïda.

    À moins que les sponsors de l’opposition ne parviennent à enrêner immédiatement leurs troupes par procuration, il y aura bientôt à nouveau une guerre générale en Syrie.

    Le gouvernement syrien et ses alliés sont en train de mobiliser plus de forces pour reprendre les zones perdues au sud d’Alep.

    Pour la première fois, des « conseillers » de l’armée iranienne régulière (pas la Garde révolutionnaire) prendront part aux combats.

    La force aérienne russe est susceptible de réintroduire en Syrie une partie du contingent qu’elle avait retiré.

    Le camp russe avait convenu avec les Etats-Unis d’arrêter les combats et de suivre la voie politique par le biais des négociations à Genève.

    Cette décision a été prise contre la volonté du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens. Ils auraient préféré libérer au moins la ville d’Alep de toutes les forces de l’opposition avant toute négociation.

    Mais même si le cessez-le-feu se rompt maintenant, ce que les Russes ont fait aura été très utile.

    Cela a montré que les Russes étaient capables de faire respecter un cessez-le-feu par leurs alliés quand ils s’engagent à le faire.

    Cela a également montré que le camp américain, soit n’est pas capable, soit n’a pas envie de faire respecter un cessez-le-feu auquel il s‘est engagé, et, qu’au contraire, il le viole en réarmant ses mandataires pour de nouveaux combats.

    La future campagne du gouvernement syrien, sera probablement, avec le plein appui de ses alliés, plus intensive que sa dernière offensive.

    Cette attaque avait provoqué la dispersion des rebelles, ils étaient vaincus et faisaient retraite dans plusieurs endroits quand leur fuite a été stoppée par l’accord de cessez-le-feu.

    La prochaine attaque sera plus intense et ne s’arrêtera pas avant que  l’opposition ne soit hors de combat.

    Aujourd’hui, l’armée syrienne a publié une déclaration demandant à tous les civils de quitter les zones tenues par l’opposition dans les 48 heures.

     

    La nouvelle campagne « donnera une bonne leçon » à Al-Qaïda et ses partisans, assure-t-elle.

    Moon of Alabama | 4 avril 2015

    Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/04/syria-as-rebels-break-ceasefire-army-gathers-for-new-campaign.html

    Traduction : Dominique Muselet

    Source:http://arretsurinfo.ch/syrie-les-rebelles-rompent-le-cessez-le-feu-et-larmee-prepare-une-nouvelle-campagne/


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    Des forces spéciales Turques en Syrie

    Publié par wikistrike.com sur 8 Avril 2016, 11:31am

     

    Catégories : #Politique internationale

    Des forces spéciales Turques en Syrie

    Une centaine de membres des forces spéciales turques ont pénétré sur le territoire syrien en franchissant un poste de contrôle dans la province d’Idleb, a confié à Sputnik une source au sein de la milice kurde (Unités de protection du peuple, YPG).

    Auparavant, dans une interview exclusive à Sputnik, le président syrien Bachar el-Assad avait souligné que la Turquie "soutenait et armait les terroristes de Daech":

     

    "Il (Erdogan, ndlr) soutient directement les terroristes. Il leur permet de se déplacer sur le territoire turc, d'effectuer des manœuvres avec leurs chars. (…)

    Il achète le pétrole volé par Daech, tout en effectuant des tirs d'artillerie pour aider les terroristes contre l'armée syrienne quand cette dernière progresse.

    Il envoie des combattants turcs pour se battre en Syrie, et cela continue.

    L'attaque contre l'avion russe dans le ciel syrien est également une agression contre la Syrie, car l'avion a été abattu dans son espace aérien souverain".

    Et d'ajouter: "L'armée turque, qui n'est pas turque — c'est seulement l'armée d'Erdogan — se bat aujourd'hui en Syrie.

    Ce sont des terroristes et quand nous les frappons en Syrie, cela conduit directement à la défaite d'Erdogan.

    Notre réponse doit être avant tout à l'intérieur du pays et après cela, je pense que nous pourrons vaincre le terrorisme.

    Le peuple turc n'est pas contre la Syrie, il n'est pas hostile.

    Nos relations seront bonnes si Erdogan ne s'ingère pas.".

    Le 27 mars, au terme d'une offensive de 20 jours, l'armée syrienne appuyée par l'aviation russe a chassé les djihadistes de Palmyre, située dans la province centrale de Homs.

    La Syrie est le théâtre d'un conflit armé depuis mars 2011.

     

    Selon les dernières informations des Nations unies, les hostilités ont fait plus de 220.000 morts.

    Les troupes gouvernementales combattent les groupes terroristes, dont les plus dangereux sont Daech et le Front al-Nosra.

    La Russie et les États-Unis ont convenu d'un cessez-le-feu en Syrie à compter du 27 février à minuit.

    Les frappes contre Daech, le Front al-Nosra et d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu se poursuivent néanmoins.

     

    Source  http://www.wikistrike.com/2016/04/


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    Bataille du sud d’Alep: les bérets verts iraniens débarquent.

    Bataille du sud d’Alep: les bérets verts iraniens débarquent.

    Des médias iraniens ont fait état qu’une force spéciale iranienne est arrivée mardi soir dans la localité de Hader dans la province sud d’Alep, où s’amoncellent les forces gouvernementales syriennes et les  forces alliées en préparation à une offensive décisive qui devrait mettre fin à la présence de la branche d’Al-Qaïda le front al-Nosra et Cie dans cette région.

    berets_verts_HaderSelon le site électronique de l’agence « Machrek » proche des Gardiens de la Révolution de la République islamique d’Iran, les bérets verts du contingent-65 des forces terrestres de l’armée iranienne ont été dépêchés en Syrie, à la demande du président syrien Bachar al-Assad .

    Ils doivent prendre part à l’assaut qui se prépare pour s’emparer des régions qui séparent les frontières de la province d’Alep de celle d’Idleb.

    Dans une déclaration accordée à l’agence iranienne Tasnim, le vice-commandant du commandement de coordination des forces terrestres iraniennes le général Ali Arasteh a indiqué : « l’armée iranienne a dépêché des consultants et des experts militaires des forces terrestres de la brigade-65 ».

     

    Les avions russes en action

    Hmeimim

     

    Toujours sur ce front, où il est également question de l’arrivée de nouveaux renforts des milices, les avions russes sont entrés en action, en bombardant les positions du Front al-Nosra, a rapporté le Centre russe pour la réconciliation en Syrie qui opère sur la base aérienne de Hmeimim, dans la province de Lattaquié.

    Comprenant 61 officiers russes, ce centre a pour mission de superviser les accords de cessez-le-feu avec les chefs des groupuscules armés syriens,  de veiller au respect de la trêve et d’assurer le transfert de l’aide humanitaire à la population civile syrienne.

    Dans l’un de ses rapports il a rendu compte du fait qu’un groupe de plus de 90 personnes appartenant au Front al-Nosra est arrivé dans le quartier d’Achrafia (Alep) depuis le village de Bchantara.

    « Ce qui se passe illustre la préparation éventuelle d’une attaque terroriste à grande échelle », communique le Centre russe.

    Les raids russes ont permis de briser une offensive qui était sur le point d’être lancée, a indiqué Sputnik.

     

    Bombardement des quartiers

    alep_bombardement

    Entre-temps, le Nosra a intensifié ses bombardements contre des positions militaires et des régions résidentielles. Selon Sputnik, les localités Braïj-er-Rikh et Handarat ont été violemment touchées. Au cours des dernières 24 heures, les miliciens ont tiré cinq coups de mortiers depuis la ville occupée de Mukheim Handrat.

    Soutenus par trois chars et 20 véhicules dotés de mitrailleuses lourdes, ils ont attaqué depuis les districts d’Achrafia et d’Ash-Chababi de la ville d’Alep les positions des Unités kurdes de protection du peuple (YPG) dans le quartier aleppin de Cheikh Maksoud.

    En résultat, 18 civils (y compris des enfants) ainsi que 11 membres des YPG ont été tués et 36 hommes ont été blessés, rapporte le centre russe pour la réconciliation.

     

    Le pilote de l’avion abattu

    pilote_avion_eis

    Retour à l’avion militaire syrien abattu mardi dernier dans la région al-Eis à cheval entre les deux provinces Alep et Idleb, c’est finalement Ahrar al-Cham, la milice alliée du front al-Nosra qui l’a revendiqué.

    La milice wahhabite a également rendu publics les aveux du pilote syrien qui conduisait l’appareil et qui a été enlevé, lorsqu’il est arrivé en parachute dans la région où ils se trouvent. Il a indiqué entre autre avoir exécuté deux attaques avant que son avion ne soit touché par un missile.

    Selon l’agence syrienne Sana, qui a reconnu que l’armée a perdu un avion, des efforts sont déployés pour obtenir la libération du pilote, qui serait le commandant de l’escadrille 677 de la brigade-50 de l’armée arabe syrienne.

     

    Disparition de 300 employés

    usine_ciment

    Dans la province de Damas, 300 employés d’une cimenterie sont portés disparus depuis lundi après une attaque de la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique-EI) à al-Dmeir, une localité à 40 km au nord-est de Damas, ont affirmé des habitants.

    « Nous avons perdu contact avec 300 ouvriers de la cimenterie Badia depuis lundi et nous ne savons pas où ils sont », a affirmé un cadre administratif de l’entreprise à l’AFP, tandis que des familles ont indiqué craindre leur enlèvement par Daesh.

    Selon une source de sécurité citée par l’agence Sputnik, les miliciens takfiristes ont échoué cette semaine à s’emparer de l’aéroport militaire et de la centrale électrique Techrine lors d’une offensive contre al-Dmeir qui se trouve à 40 km au nord-est de Damas. Après avoir subi d’importantes pertes, ils se sont retirés vers la montagne Tel-Dakoua.

    Ce jeudi, il est question de  violents combats qui opposent l’armée à Daesh dans cette zone, située dans le Qalamoune oriental.

    source: http://french.almanar.com.lb/adetails.php?eid=296305&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1


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    Source:   Apostat Kabyle AK

     Le djihad, pour dominer le monde

    Messieurs et Mesdames les bien-pensants, je suis désolé de vous contredire: l'islam n'est pas une religion de paix, d'amour et de tolérance, l'islam est une secte dédiée à la guerre (djihad civilisationnel), à la haine et au totalitarisme. 
     
     

    I L'obligation du djihad pour tous les musulmans

    "La guerre sainte est une partie intégrante de l'islam". 
     
    Dans une vidéo sortie peu après les attentats de Bruxelles, l' État islamique avait rappelé à tous les musulmans leur impératif devoir de djihad: 
     
    "Chaque musulman qui est bien conscient de l'histoire de l'islam sait que la guerre sainte contre les infidèles est une partie intégrante [indéfectible] de l'islam". 
     
    Ce qui veut dire que chaque musulman doit se comporter en moudjahid (traduit en français par le mot "djihadiste") et prendre les armes contre les kouffar (mécréants) . L'État islamique ne fait que reprendre ce qui a été la position des plus grands savants et philosophes de l'islam, que ce soit ibn Hicham, al-Qurtubi, Tabari, Ibn al-Qayyim (surnommé "le savant du coeur"), ibn Ishaq, Bukhari, ibn Kathir et tous les autres grands ulémas (savants de l'islam) sans exception [1] .
     
    L'imam ibn Hajar a écrit entre autres un recueil de hadiths se rapportant spécifiquement à la jurisprudence islamique [le fiqh].
    Dans ce livre intitulé "Boulough al-Maram min Adillat al-Ahkam" ("Accomplissement de l'Objectif Selon les Preuves des Ordonnances"), il aborde lui aussi l'obligation du djihad pour tous les musulmans: 
     
    "Le djihad est obligatoire pour chaque croyant en tous les temps, tant qu’il mène une vie islamique. [...] La guerre sainte islamique est le plus sérieux combat pour propager l’islam". 
     
    Dans les notes qu'il a placées à la fin du même livre, il réaffirme l'obligation qu'ont tous les musulmans de faire le djihad: 
     
    "Le djihad est applicable en tous temps, quelquefois physiquement, quelquefois en dépensant de l’argent et quelquefois par le verbe. L’homme qui n’exerce aucun [de ces djihads] est considéré comme hypocrite. 
     
    On doit participer physiquement au djihad armé si on en a la chance.
    Autrement, on doit au moins lui témoigner une sincère intention. Celui qui ne lui accorde pas la moindre intention et ne cherche pas à y participer, est hypocrite". 
     
    Ce qui équivaut à une condamnation au feu éternel, comme l'affirme le verset 145 de la sourate 4: 
     
    "Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur". 
     
    Le savant Ahmad ibn Naqib al Misri affirme dans "Reliance du Voyageur: Un manuel classique de la Loi Sacrée islamique": 
     
    "Le djihad signifie la guerre contre les non-musulmans, et il est étymologiquement dérivé du mot mujahada, qui signifie la guerre pour établir la religion". 

    Ce qui constitue un démenti formel à l'allégation des apologistes de l'islam qui nous serinent que le mot djihad se traduit en français par "effort". A moins qu'ils ne veulent parler de l'effort dans le maniement du Sseif, le sabre islamique? 
     
    De même, Avicenne écrit dans "Kitab al-Sifa" livre 10 chapitre 5: 
     
    "Le djihad est classé parmi les actes les plus bénéfiques, non seulement pour l'âme, mais pour les avantages qu'il procure, par les biens que tu as soustrait à tes ennemis". 
     
    Confirmation que le djihad est synonyme de guerre contre les mécréants, et qu'outre les récompenses futures au paradis d'Allah, le djihadiste en récolte les fruits terrestres par le butin. 
     
    Il ajoute, parlant des mécréants:
     
    "Leurs propriétés et leurs femmes doivent être déclarées comme butin". 
     
    L’imam Muhammad ibn Ahmad al Sarakhsi (surnommé "le soleil des imams") déclare quant à lui dans "Fathul Qadir " volume 5 page 191: 
     
    "Le djihad est un commandement d'Allah, il est obligatoire. Toute personne qui nie le djihad est un mécréant et un peuple qui doute de l'obligation du djihad est un peuple égaré". 
     
    C'est pour cette raison qu'on parle de "djihad fi sabil Allah" ("guerre sainte dans le sentier d'Allah" ou "pour la cause d'Allah"). Parmi les 164 versets qui traitent du sujet, la terminologie "djihad fi sabil Allah" est employée 26 fois, le mot "qital" utilisé dans le contexte de "combat pour la cause d'Allah " apparaît 79 fois. 
     
    On pourrait continuer longtemps à citer les grands philosophes musulmans. Ils en arrivent tous aux mêmes conclusions: 
    - Le djihad est le chemin le plus court pour aller au paradis d'Allah. 
    - Aucune action n’équivaut à l'acte de djihad. 
    - Le djihad est un devoir qui s'impose à tous les musulmans, il doit contribuer à asseoir la domination finale de l'islam, par tous les moyens. 
     
    Preuve qu'il ne faut pas croire les discours mensongers des musulmans "modérés" et de leurs apologistes qui tentent d'expliquer en termes spirituels la "religion d'amour et de paix". Ils ne font que tromper délibérément leur auditoire sur ce qu'est vraiment ce dogme et sur sa finalité, à savoir une guerre permanente contre les mécréants, jusqu'à la soumission de toute l'humanité.
    Les récits de la vie de Mahomet portent d'ailleurs le nom significatif de "maghazi" (récits de guerre) qu'on retrouve dans le titre du plus important des ouvrages écrit par l'historien al-Waqidi: Kitab al-Maghazi
     
    S'il fallait d'autres preuves que le djihad est avant tout une guerre de conquête et d'expansion pour imposer l'islam à toute l'humanité, on peut mentionner le tafsir (l'exégèse) du verset 5:35.
    À première vue, le verset en lui-même peut paraître anodin, il ne s'agit que de "lutter" pour la cause d'Allah, et, après tout, on peut lutter de manière pacifique, avec les paroles et avec les idées. Les apologistes de l'islam disent aussi "avec le coeur". Voici le verset: 

    "Ô les croyants! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de lui et luttez pour sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent!

    Seulement, si l'islam éprouvait du pacifisme ou de la compassion envers d'autres humains que les musulmans, cela se saurait. Mahomet n'avait de clémence que pour les soumis à Allah.
    Ce que les grands ulémas savaient parfaitement, c'est pourquoi ils sont tous arrivés à la même conclusion qu'ibn Kathir dans l'interprétation de ce verset: 

    "Et luttez pour sa cause, peut-être serez-vous de ceux qui réussissent signifie: Allah ordonne de combattre pour sa cause les incrédules, les polythéistes et ceux qui se sont détournés de la voie droite, en promettant à ses serviteurs qui exécutent ses ordres la réussite et le bonheur permanent dans la vie future [...] ". 
     
    Nota: "ceux qui se sont écartés de la voie droite" sont les juifs et les chrétiens.

    Le corollaire de cette obligation de djihad est que le moudjahid qui meurt au combat "fi sabil Allah" accède directement au paradis d'Allah. Ibn al-Qayyim écrit à ce propos dans "Zad al-Maad": 

    "Le martyr tombé au cours d'une bataille n'a pas besoin qu'on lui fasse la salat Janaza (la prière funéraire) car le messager d'Allah n'a pas fait cette prière pour les martyrs tombés à Ouhoud" (bataille perdue par Mahomet et ses partisans, contre les Mecquois, revanche de la bataille de Badr). 

    Sans inclure les versets qui traitent des récompenses promises aux djihadistes, des mentions génériques de "victoire" et des avertissements de Mahomet contre ceux qui sont réticents au djihad, on retrouve ce mot djihad - ou ses occurrences et expressions équivalentes comme "lutte dans le sentier d'Allah", verset 19 de la sourate 9 ou comme "Partez en expédition par détachements ou en masse", verset 71 de la sourate 4 - dans 164 versets du coran.
    Rien que dans la sourate 9, on retrouve vingt-quatre fois ce mot ou ses équivalents ("Élancez-vous dans le sentier d'Allah").
     
    Ces versets parlent explicitement et très directement d'expéditions militaires, de combat, de razzias, de pillages, de captifs et captives de guerre et de butin. Ils font directement référence à l'obligation de "lutter dans le chemin d'Allah".
    Le djihad est aussi sanctifié, il ouvre en grand les portes du paradis d'Allah aux combattants de l'islam, "à la première goutte de sang versé". Il est à la fois un devoir et une occasion de gagner les faveurs d'Allah, également un moyen de s'enrichir, à l'exemple de Mahomet et de ses compagnons qui se sont enrichis avec les ghazawat (razzias).
    D'ailleurs, toute une sourate détaille la manière de s'octroyer le butin par la saisie des biens des non-musulmans qui n'acceptent pas la soumission à l'islam: terres, bétail, objets de valeur et denrées de toutes sortes, mais aussi femmes et jeunes filles, la plupart du temps violées, puis vendues par la suite aux marchés aux esclaves. La sourate est très logiquement dénommée "le Butin".
    Outre que le djihad permet l'accès direct au paradis d'Allah, le thème de la récompense terrestre par le butin est abordé à plusieurs reprises dans d'autres versets, par exemple les versets 26 et 27 de la sourate "Les Coalisés": 

    "Et Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté l'effroi dans leurs coeurs; un groupe d'entre eux vous tuiez, et un groupe vous faisiez prisonniers. Et Il vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n'aviez point foulée". 
     
    Le djihad s'impose à tous les musulmans et il ouvre les portes du paradis d'Allah. Le moudjahid - djihadiste - est sanctifié, il est au-dessus des autres croyants et a une place particulière dans le paradis d'Allah: 

    "Et qu'avez-vous à ne pas dépenser dans le chemin d'Allah, alors que c'est à Allah que revient l'héritage des cieux et de la terre? On ne peut comparer cependant celui d'entre vous qui a donné ses biens et combattu avant la conquête... ces derniers sont plus hauts en hiérarchie que ceux qui ont dépensé et ont combattu après.
    Or, à chacun, Allah a promis la plus belle récompense, et Allah est Grand-Connaisseur de ce que vous faites" (sourate Le Fer, verset 10). 
     
    Seuls sont dispensés de djihad les impotents et les infirmes, comme le précise ce verset: 
     
    "Nul grief n'est à faire à l'aveugle, ni au boiteux ni au malade" (sourate La Victoire Éclatante, verset 17). 

     

    II Différents types de djihad 

    Il y a deux types de djihad contre les mécréants: le djihad offensif et le djihad défensif. 
     
    a) Le jihad offensif 
    Ou djihad militaire, ou encore djihad de propagation. Les musulmans lancent une offensive dans le but de propager l'islam. Si cette attaque est contre des mécréants qui n'ont pas encore reçu le message de l'islam, les musulmans doivent les appeler à l'islam avant de commencer l'attaque.
    Pour l'islam, les chrétiens et les juifs ont reçu le message de l'islam, il suffit donc simplement de le leur rappeler. 
     
    Pour chrétiens et juifs, s'ils rejettent la voie qui leur est proposée (la conversion), ils devront se soumettre aux musulmans et accepter le statut de dhimmitude en s'humiliant et payer la djizya et le kharaj
    Refuser de se soumettre au paiement de ces impôts équivaut à un acte de déclaration de guerre de leur part [2]. On peut en déduire que le musulman ne déclare jamais la guerre! On vous le disait bien: "islam, religion de paix"! 
     
    Pour les adeptes de religions non monothéistes et ceux qui n'ont pas de religion, le fait de rejeter cet appel signifie leur condamnation à mort. 
     
    Selon le grand théologien Ibn Taymiyya (qui avait parmi ses disciples les imams ibn Kathir et ibn Qayyam), le djihad offensif est "Fardh kifayah", c'est-à-dire une ordonnance obligatoire délivrée par Allah qui s'impose à toute la Oumma islamyya, à la communauté musulmane dans son ensemble: 

    "Le djihad est obligatoire dans deux cas: d'abord quand il est effectué sur notre propre initiative et ensuite quand il est lancé comme une défense.
     
    Dans le premier cas, si nous prenons l'initiative, le djihad est de type Fard kifayah, c'est-à-dire un devoir tel que s'il est accompli par un nombre suffisant des musulmans, les autres manqueront à cet engagement et la récompense est à ceux qui l'auront accompli [...] Allah n'a permis à personne d'abandonner le djihad [...]
    Allah a distingué deux catégories de musulmans: la catégorie de ceux qui ont participé au djihad et la catégorie de ceux qui voulaient rentrer chez eux et ne pas participer au djihad". 
     
    Cette ordonnance qui s'impose à la communauté - à la Oumma - ne sera considérée accomplie que lorsque l'ensemble de l'humanité aura été soumise à l'islam, soit par la conversion, soit pour les juifs et les chrétiens qui refusent l'islam, par l'acceptation du contrat de dhimmitude (état d'esclavage).
    Le terme "contrat" peut faire penser à une convention entre deux parties, mais dans le cas présent, l'accord n'engage que le non-musulman, juif ou chrétien, obligé de se soumettre s'il ne veut pas être mis à mort. 
     
    Donc l'unique condition pour laquelle les musulmans stoppent la guerre sainte est la soumission de toute l'humanité. Un groupe de musulmans peut s'acquitter seul de cette obligation, l'obligation est ainsi levée pour tous les autres.
     
    Mais si aucun musulman ne fait rien dans ce sens, l'ensemble de la Oumma sera considérée comme pécheresse et son accès au paradis d'Allah compromis. 
     
    Un recueil de fatwas édité au Pakistan et intitulé "Fatawa Shami" donne des précisions sur les modalités: 

    "On exige du chef des musulmans qu’il expédie l'armée régulièrement une fois ou deux fois par an vers les pays des mécréants. C'est également le devoir de tous les musulmans d’aider l’imam dans cette noble cause. Si l'imam n'envoie pas d’armée, alors il sera considéré comme pécheur"
     
    On peut en déduire que si l'islam n'envoie pas ses armées, c'est juste un problème de moyens. 
     
    L'exemple de djihad offensif vient de Mahomet. La majorité du djihad qu'il a eu à entreprendre entrait dans la catégorie du djihad offensif, du djihad de conquête. Que ce soit les ghazawat (razzias) ou les grandes batailles qu'il a eu à livrer, comme la bataille de Badr en l'an 624 ou la conquête de la Mecque en l'an 630. 
     
    b) Le djihad défensif 
    Situation dans laquelle les mécréants attaquent les musulmans, les forçant ainsi à adopter une position de défense. C'est une des obligations les plus importantes pour les musulmans. Ce djihad est considéré "Fardh ayn" (ordonnance obligatoire pour chaque musulman, à titre individuel). Là encore, les conditions d'entrer en djihad sont bien définies et détaillées: 
     
    - Quand les mécréants attaquent un pays ou une ville appartenant aux musulmans ou prennent les commandes d'un pays musulman. 
    - Quand les mécréants prennent des captifs musulmans. 
    - Quand une femme musulmane est retenue par les mécréants. Lui rendre la liberté est impératif: elle pourrait être victime d'abus sexuels de la part de ses ravisseurs et c'est une image intolérable pour l'islam. Pour cette raison, sa libération devient un "Fardh kifaya", une ordonnance obligatoire pour l'ensemble de la communauté musulmane. 
    - Quand le chef des musulmans ordonne d’aller au djihad. 
    - Quand les mécréants et les musulmans se font face sur le champ de bataille et que la bataille a lieu. 
     
    Le Fardh ayn exige que chaque personne, quel que soit son âge, doit entrer en djihad "au point que le fils s’élancera sans la permission de son père, l'épouse sans la permission de son mari, le débiteur sans la permission du créancier".

    Le djihad devient Fardh ayn en premier pour les musulmans se trouvant dans le secteur attaqué. Si les musulmans ne sont pas en nombre suffisant ou s'ils n'accomplissent pas ce djihad, alors il est obligatoire pour tous les musulmans des villes ou des campagnes proches. S’ils ne sont toujours pas en nombre suffisant, alors il sera Fardh ayn aux proches pays jusqu'à ce que le Fardh s'étende à l'ensemble de la communauté. 
     
    A propos du djihad défensif, l’imam ibn Taymiyya écrit: 

    "Le djihad défensif signifie combattre pour défendre notre religion et notre honneur, c'est l'obligation la plus importante. Il n'y a aucune obligation considérée plus nécessaire d’être appliquée que le combat contre un ennemi qui a attaqué pour corrompre notre monde et notre au-delà. Il n'y a aucune condition pour ce djihad, même pas la nécessité d’un voyage ou des problèmes de santé. Chaque musulman doit affronter l'ennemi selon ces capacités". 
     
    Comme on peut le constater, on est loin de la vision du djihad qu'on essaie de nous faire avaler: une sorte de "djihad soft" qui consisterait d'abord en "un effort intérieur" ou un "combat afin de s'améliorer ou d'améliorer la société" ou autres impostures de type "djihad du coeur et de l'âme, djihad de la langue et djihad de la main".
     
    Même si ces concepts existent, le djihad est avant tout un djihad de conquête et de guerre d'expansion. On en trouve de multiples preuves dans le coran, des preuves irréfutables, ainsi que dans toute la littérature islamique.
     
    Seuls les moyens manquent actuellement aux musulmans pour mettre en oeuvre ce combat de manière collective, ils se contentent donc d'activer de temps en temps quelques membres de leurs cellules dormantes. 
    "Djihad contre le savoir"
     

    III Tactique musulmane en matière de djihad civilisationnel (guerre civilisationnelle) 

    Les exemples historiques nous renseignent assez sur le sujet: la taqyya (mensonge utile) a été utilisée dès le début des conquêtes de l'après-Mahomet, principalement pour diviser l'ennemi ou pour le tromper sur les réelles intentions des musulmans. Cette arme idéologique a été utilisée aussi bien contre les mécréants que contre les dissidents qualifiés de "sectes égarées" par les musulmans orthodoxes. 
     
    La tactique favorite des musulmans est ce que Daniel Pipes a défini comme "tactique de triangulation trompeuse" qui consiste à convaincre l'ennemi que le djihad n'est pas dirigé contre lui mais contre un autre ennemi. 
    L'autre tactique favorite des musulmans est de tout nier en bloc: il n'y a pas de djihad du tout, l'islam appelle au pacifisme et non à la guerre. Tactique qui fonctionne parfaitement avec les naïfs Occidentaux.
     
    Ces tactiques sont encore utilisées aujourd'hui. Pourtant, tous les apologistes de l'islam, qu'ils soient musulmans ou non, nous disent la même chose: "Il n'y a pas djihad contre l'Occident" comme auparavant ils nous avaient dit que "le djihad est juste un effort intérieur" et que "l'islam est religion de paix". 
     
    Tous les faits les contredisent: partout dans le monde, les peuples qui sont tombés dans ces pièges sont aujourd'hui soumis à l'islam, c'est-à-dire qu'ils ont été forcés à la conversion ou sont devenus des citoyens de seconde zone dans leur pays, comme par exemple les coptes égyptiens ou les yézidis irakiens et toutes les autres communautés chrétiennes du monde islamique. 


    IV Le djihad dans le coran 

    Le djihad est un des sujets centraux du coran. Il y a consensus des ulémas pour admettre qu’aucune autre action n’a été particulièrement détaillée comme le djihad.
     
    Le sujet est traité dans de nombreuses sourates et des sourates entières expliquent les principes régissant le djihad, ses "vertus" et ses "bienfaits" ainsi que les récompenses accordées au moudjahid. Plusieurs versets avertissent ceux qui refusent le djihad, les menaçant du feu éternel.
     
    Les sourates "Le Butin", "La Vache", "Les Femmes", "La Table Servie" sont parmi les plus longues du coran, ce sont principalement celles qui traitent du sujet.
     
    C'est dans la sourate 9 "Le Désaveu", dénommée aussi "Le Repentir") qu'on trouve les versets du sabre (ayat as-Sseif):
     
     
    • "Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs là où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat [la prière] et acquittent la Zalat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux" (verset 9:5).
    • "Ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux; l'Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination!" (verset 9:73). 


    Dans la sourate "Le Combat" (dénommée aussi "Mouhammad"), on trouve les versets non équivoques "Frappez-les au cou" (47:4) et "Ne faiblissez-pas, n'appelez pas à la paix alors que vous êtes les supérieurs" (47:35), ce dernier ayant été traduit de manière particulièrement malhonnête (taqyya oblige) par Mohammed Hamidullah en "Ne faiblissez donc pas, mais appelez à la paix, alors que vous avez le dessus" dans son livre "L'initiation à l'islam", en totale contradiction avec sa propre traduction du coran. 
     
    Dans la sourate "Le Butin", le verset 8 constitue un des nombreux appels au djihad. La fin de ce verset est une des formules les plus répétées par les musulmans, formule qui est récitée notamment lors des cérémonies funéraires ("À Allah nous appartenons et à lui nous retournerons").
    On a attribué à cette formule le nom d'"istijra". Le verset complet: 

    "Ô vous qui croyez! Répondez à Allah et au messager lorsqu'il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie, et sachez qu'Allah s'interpose entre l'homme et son coeur, et que c'est vers lui que vous serez rassemblés". 

    On ne peut évidemment pas citer tous les versets qui appellent au djihad, en voici quelques-uns:
    • "Donc, si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu'ils se souviennent" (sourate Le Butin, verset 57). 
    • "Combattez dans le sentier d'Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n'aime pas les transgresseurs!" (sourate La Vache, verset 190). 
    • "Le combat vous a été prescrit alors qu'il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas" (sourate La Vache, verset 216) . 
    • "Et luttez pour Allah avec tout l'effort qu'Il mérite. C'est Lui qui vous a élus; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés "musulmans" avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens" (sourate Le Pèlerinage, verset 78). 
    • "Ô vous qui croyez! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu'ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu'Allah est avec les pieux" ( sourate Le Désaveu, verset 123). 
    • "Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du paradis. Ils combattent dans le sentier d'Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C'est une promesse authentique qu'Il a prise sur Lui-même dans la thora, l'évangile et le coran. Et qui est plus fidèle qu'Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l'échange que vous avez fait : Et c'est là le très grand succès" ( sourate Le Désaveu, verset 111). 
    • "Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense" (sourate Les Femmes, verset 74). 
    • "Et qu'avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent: Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de ta part un allié, et assigne-nous de ta part un secoureur"(sourate Les Femmes, verset 75). 
    • "Les croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés de Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible" (sourate Les Femmes, verset 76). 
    • "Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi-même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition" (sourate Les Femmes, verset 84). 
    • "Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d'Allah. Ceux-là sont les véridiques" (sourate Les Appartements, verset 15). 
    • "La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays.Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment" (La Table Servie, verset 33). [3] 
    • "Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah" (sourate Le Butin, verset 39). 
    Une remarque: les exhortations à la guerre sainte datent pour la plupart de l'après-Hégire, (période dite "médinoise", après l'an 622). Ces injonctions d'Allah abrogent ainsi les quelques versets un peu moins guerriers de la période dite "mecquoise", l'avant-Hégire. 

     

    V Le djihad dans les hadiths (la tradition) 

    Extraits: 
     
    a) Les récompenses du moudjihid, octroyées en plus des plaisirs charnels procurés par les 72 houries et les éphèbes éternellement jeunes:
    "Le moudjahid a certes auprès d'Allah six [sic! Il y en a sept!] récompenses: 
     
    - il lui sera pardonné dès que coulent les première gouttes de son sang; 
    - il verra sa place au paradis d'Allah; 
    - il portera la parure de la foi; 
    - les souffrances du tombeau lui seront épargnées; 
    - il sera à l'abri de la grande épouvante le jour de la Résurrection; 
    - on posera sur sa tête le diadème de la dignité où chaque rubis est préférable à la vie ici bas et tout ce qu'elle contient. 
    - il intercédera pour 70 personne de sa famille" ( Musnad Ahmad). 
     
    b) Accès au paradis compromis
    "Selon Abou Houreira, le prophète a fait le djihad et l'a ordonné, il a dit: Quiconque meurt sans faire le djihad ni y penser, mourra en hypocrite" (Sahih Muslim). 
     
    c) Aucune action ne peut concurrencer le djihad:
    "Selon Abou Houreira, un homme vint voir le messager d’Allah et lui dit: «Montre-moi une oeuvre qui équivaut le djihad (en récompense)» Le messager d’Allah lui dit: «Je n’en trouve pas de pareil.»
     
    Puis il lui demanda: «Dès que le moudjahid part pour le djihad, peux-tu entrer dans ta mosquée et faire la prière sans interruption et jeûner sans jamais rompre ton jeûne?» L'homme s’exclama: «Qui pourrait endurer cela»?" (Sahih Bukhari, Kitab al Djihad "Livre du Djihad" ). 
     
    d) Le djihad est plus important que les cinq piliers de l'islam
    "Abou Houreira a dit: J’ai entendu le prophète dire: J’aimerais être tué dans le combat puis être rappelé à la vie et être tué encore puis encore être appelé à la vie et encore être tué (dans le combat fi sabillilah)" ( Sahih Bukhari, Kitab al Djihad ). 
     
    e) Heureux le martyr qui demande à mourir une deuxième fois
    "Anas ben Malik a dit : J’ai entendu le prophète dire: Aucun serviteur qui a fait du bien, puis est mort et est entré au paradis ne demandera à retourner sur terre comme s'il possédait toute la terre sauf le martyr parce qu’il connait la récompense du martyr, il serait heureux de revenir sur terre et de mourir une deuxième fois" ( Sahih Bukhari). 

    f) Pas de répit avant l'islamisation de toute l'humanité
    "L’envoyé d'Allah a dit: J’ai reçu l’ordre de combattre les mécréants jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a d’autre divinité qu'Allah et que Mahomet est l’envoyé d'Allah. S’ils l'attestent, leur sang et leurs biens seront préservés à moins qu’ils ne soient coupables, et Allah réglera leur compte" (Sahih rapporté par Bukhari et par Muslim). 
     

    VI Mythe du djihad spirituel 

    Parmi les dizaines de grands exégètes du coran, seuls trois d'entre eux disent que le djihad est purement spirituel. Il s'agit de Moheïddine ibn Arabi, Ahmad bin Umar Najmuddin Kubra et abu Mohammed Ruzbehan-i Bakli, trois ulémas soufis qui, d'une part, étaient influencés par le monachisme chrétien des "Pères du désert" (donc relativement loin de l'islam orthodoxe) et, d'autre part, étaient tous trois pratiquement inconnus des musulmans eux-même avant les recherches faites par les orientalistes du XIXème siècle . 
     
    Tous les autres ulémas sont d'accord pour dire et écrire que le djihad est avant tout militaire et guerrier. Tous affirment également que le djihad doit durer jusqu'à ce que l'ensemble de l'humanité ait été asservie à l'islam, ce qui est en accord avec les versets 2:193 et 8:39: 

    "Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah seul". 
     
    La position de ces savants est très claire: ils définissent le djihad comme une guerre sainte, une guerre légitime à mener contre tous ceux qui refusent de se soumettre à l’islam, et cette guerre est toujours d’actualité. C'est ce que tous les imams enseignent dans toutes les écoles coraniques, en Orient comme en Occident. 
     
    Seuls les "idiots utiles", principalement politicards et journaleux, semblent (ou feignent de?) l'ignorer. 
     
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    Lire aussi 
     



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    [1] C'est pour cette raison que l'Université islamique al Azhar du Caire, la plus haute autorité du monde musulman et principale institution religieuse de l'islam sunnite, refuse de dénoncer l'État islamique comme "non-islamique". 
    Le docteur Ahmed al-Tayeb, l'imam et Grand Cheikh d'al Azhar (et donc avant tout l'autorité suprême pour toutes les affaires islamiques) a de nouveau expliqué pourquoi al-Azhar ne peut pas faire une déclaration officielle dénonçant l'État islamique comme étant dans la mécréance: 

    Al Azhar ne peut pas accuser tout [musulman] d'être un mécréant aussi longtemps qu'il croit en Allah et au Jour dernier, même s'il commet toutes les atrocités" , ajoutant: "Je ne peux pas dénoncer l'État islamique comme non islamique, mais je peux dire qu'ils causent la corruption sur la terre.
    L'État islamique est d'avis que les [musulmans] qui commettent de grands péchés sont des mécréants et peuvent être tués.
     
    Ainsi, si je les dénonce comme non-islamique, je tombe dans le même [piège], je deviens mécréant". 
     
    Le porte-parole d'al Azhar, le docteur Abbas Shouman, est du même avis mais s'en tire par une pirouette mensongère: 
    "En tant qu'entité officielle, Al Azhar n'a jamais dans toute son histoire proclamé une personne ou une organisation non-islamique [...] par conséquent, Al Azhar ne jugera pas l'État islamique ou son islam comme non islamiques"
     
    [Nota: son affirmation "jamais dans son histoire" est fausse, puisque al-Azhar a, dans des fatwas, dénoncé des dissidents islamiques comme étant non musulmans].

    Un autre grand imam d'al Azhar s'est prononcé sur ce sujet, Cheikh Muhammad Abdullah Nasr.
     
    Il a déclaré: 
    "[Al Azhar] ne peut pas condamner l'Etat islamique comme étant non-islamique. L'État islamique est un sous-produit des programmes d'Al Azhar.
    Alors, Al Azhar peut-elle se dénoncer comme non-islamique?
    Al Azhar dit qu'il doit y avoir un califat et que c'est une obligation pour l'ensemble de la Oumma de chercher à l'établir.
    Al Azhar enseigne la loi qui demande de tuer l'apostat. Al Azhar est hostile envers les minorités religieuses et enseigne des choses comme l'interdiction de construire des églises [en terre musulmane], etc.
    Al Azhar soutient l'instauration de la jizya [impôt de capitation que doivent acquitter les chrétiens et les juifs sous domination islamique].
    Al Azhar enseigne aux gens la lapidation. Alors, Al Azhar peut-elle se dénoncer comme non-islamique? " 
     

    [2] À propos du sort réservé aux ennemis de l'islam, lire "Sami Aldeeb: interdire l’islam jusqu’à sa réforme, ou l’encadrer strictement".
     
    [3] Extrait du - très long - "tafsir" (exégèse) de ce verset fait pas ibn Kathir, à propos des châtiments à infliger "à ceux qui font la guerre contre Allah" : 
     
    "Pour ceux qui font la guerre contre Allah et contre son prophète, Allah montre leur sort et leur rétribution[...]. al-Hassan al-Bari et Ikrima ont dit que le verset précité fut révélé à propos des polythéistes. Mais la sanction qui y est mentionnée s’applique aussi au musulman s’il commet un crime ou jette la discorde ou lutte contre Allah et contre son prophète qu’à la fin il rejoint les polythéistes pour être un des leurs. [...]. Allah a laissé le choix à son messager: les tuer ou leur couper une main et un pied en sens inverse (par exemple une main droite et un pied gauche ou vice-versa). 
    Dans une autre version, Anas ajouta: «Je vis un homme d’entre eux mâcher le sable sous l’effet de la soif jusqu’à mourir. Et à cette occasion ce verset fut révélé: «Ceux qui sont en lutte ouverte contre Allah et son Prophète....» 
    D’autres versions ont été racontées qui donnent tous le même sens. Mais on peut en déduire que le prophète - qu’Allah le bénisse et le salue- avait tué des hommes d'entre eux, les a crucifiés et leur a crevés les yeux. [...] 
    Les ulémas ont tiré argument du verset que la lutte contre ces agresseurs peut avoir lieu dans les endroits habités comme sur les routes. [...] 
    Au sujet de la mise à mort, ou la crucifixion, ou la coupure des mains et pieds ou du bannissement, ibn Abbas a dit: «Celui qui porte les armes contre les musulmans ou effraye les voyageurs et qu’on réussit à l’appréhender, l’imam aura le choix de lui appliquer la peine qu’il juge convenable». [...] Et toujours d’après ibn Abbas, il a dit au sujet des détrousseurs de la route: 
    - S’ils tuent et volent l'argent: ils seront tués et crucifiés. S’ils tuent sans voler, ils seront tués sans crucifixion. S’ils volent l’argent sans tuer: on leur coupera les mains et pieds en sens inverse. S’ils effrayent les passagers sans voler: on les bannira. Quant à la crucifixion les opinions sont controversées: Le coupable sera-t-il crucifié vivant et laissé jusqu’à ce qu’il meure de faim et de soif? Ou on le tuera à l’aide d’une lance ou d’une arme similaire? Ou bien on le tuera et on le crucifiera après afin qu’il servira comme une leçon aux autres?
     
    Toute la "philosophie" et tout l'humanisme de l'islam résumés par ibn Kathir. 


    09/04/2016
    Source et Publication:    apostat-kabyle.blog4ever.com

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    bernard_lugan

    Connaître le jihadisme africain pour mieux le combattre, par Bernard Lugan

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    08/04/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Nous publions ci-dessous l’éditorial de Bernard Lugan dans le n° 76 de sa revue L’Afrique réelle.

    Ce numéro, daté d’avril 2016, est consacré au djihadisme en Afrique.

    Le jihadisme contemporain est l’héritier politique, doctrinal et spirituel, à la fois des Frères musulmans et du wahhabisme.

    Les premiers sont au pouvoir en Turquie, le second l’est en Arabie saoudite et au Qatar.

    Depuis qu’ils ont été renversés par l’armée égyptienne, les Frères musulmans ne contrôlent plus en Afrique du Nord que la ville libyenne de Misrata d’où ils entretiennent le chaos avec l’appui de la Turquie.

    Quant aux wahhabites, ils sont à la manœuvre au sud du Sahara.

    Quatre mouvements jihadistes mènent des actions terroristes sur le continent africain. Il s’agit des Shabaab en Somalie, de Boko Haram dans le nord du Nigeria, de Daesh-Etat islamique (EI) dans une partie de la Libye et d’Al-Qaïda qui fédère plusieurs groupes opérant au Maghreb, au Sahara, au Sahel et jusqu’en Côte d’Ivoire.

    Les Shabaab somaliens et Boko Haram sont ancrés sur des revendications locales ou régionales. Leurs possibilités d’extension sont donc limitées. 

    Il n’en est pas de même d’Al-Qaïda (Aqmi), et de Daesh qui ont montré de remarquables facultés d’adaptation à divers terrains.

    Daesh qui, il y a quelques mois a semblé menaçant en Libye, n’a guère progressé depuis. Sa puissance en Irak et en Syrie reposait sur une opposition chiites-sunnites qui n’existe pas en Libye où l’organisation se heurte aux profondes identités tribales.
    Pendant que Daesh occupait l’avant-scène, Al-Qaïda-Aqmi refaisait ses forces et redéfinissait sa stratégie en s’efforçant de ne pas trop s’en prendre directement aux membres de la Umma, tout en se greffant avec opportunisme sur des revendications locales.

    Si le mouvement a un objectif mondial, il tient en effet compte des aspirations des populations qu’il tente de rallier, qu’il s’agisse des Touareg ou de certaines fractions du monde peul.

     

    Sur le terrain, face à cette entreprise de subversion à grande échelle, la France est militairement seule. Le dispositif Barkhane ayant rendu les espaces nordistes du Mali et du Niger de plus en plus hostiles aux terroristes , ces derniers ont décidé d’opérer plus au sud, à l’abri de la toile wahhabite tissée par l’Arabie saoudite et par le Qatar[1].

    La tentation est donc grande chez certains décideurs civils français, de redéployer Barkhane vers le sud.


    L’erreur serait grande car, détourner nos forces en les faisant basculer sur des positions plus sudistes ferait le jeu des jihadistes qui attendent de nous voir relâcher notre étau sur les zones limitrophes de la Libye et de l’Algérie.

    De plus, cette bascule d’effort ne serait pas suffisamment significative pour interdire des actions terroristes ponctuelles par des groupes jihadistes au sein desquels les Peul semblent jouer un rôle croissant[2] .

    Enfin, comment prétendre lutter contre le jihadisme menaçant les équilibres africains sans dénoncer son support idéologique qui est le wahhabisme, la religion d’Etat de l’Arabie saoudite et du Qatar ?

    Or, la France socialiste est de plus en plus liée à ces deux monarchies…

    Bernard Lugan

    [1] Voir mon communiqué en date du 20 janvier 2016 intitulé « La critique de Barkhane procède d’une erreur d’analyse ».


    [2] L’attaque de Ouagadougou le 16 janvier 2016 a été menée par le FLM (Front de libération du Macina), un mouvement peul. Sur les trois terroristes identifiés de Grand Bassam, deux étaient Peul d’après leurs noms, Hamza al-Fulani et Rahman al-Fulani.


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    Les talibans afghans annoncent le début de leur "offensive de printemps"


     

    Les talibans afghans, que plusieurs pays tentent de faire asseoir à la table des négociations avec Kaboul, ont annoncé mardi le début de leur « offensive de printemps ».

    Les insurgés ont annoncé dans un communiqué leur intention de « lancer des attaques de grande envergure contre des positions ennemies dans tout le pays ».

    Ils ont baptisé cette offensive « Opération Omari », en l’honneur du mollah Omar, le fondateur du mouvement taliban dont la mort a été annoncée à l’été dernier.

    L’offensive de printemps des talibans donne habituellement le coup d’envoi de la « saison des combats » en Afghanistan, après une trêve hivernale.

    Mais cet hiver, les combats se sont poursuivis à travers tout le pays.

    Les talibans ont notamment annoncé des opérations « menées par des martyrs contre des fiefs ennemis », c’est-à-dire des attentats-suicides, tactique à laquelle ils ont souvent recours, généralement contre la police et l’armée afghanes qu’ils considèrent comme des « larbins » des troupes étrangères déployées en Afghanistan.

    Lundi, 12 recrues de l’armée ont péri dans un attentat-suicide revendiqué par les talibans dans l’Est.

    Mais les islamistes, qui mènent une sanglante insurrection depuis la chute de leur régime en 2001, comptent aussi s’attaquer aux 13.000 soldats de l’Otan afin de les « démoraliser et de les forcer à quitter (leur) pays », ainsi qu’ils l’expliquent dans leur communiqué et mis en ligne sur l’internet.

     

    http://www.bvoltaire.fr/breves/les


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    Toujours plus d'armes: le plan US pour assurer la paix en Syrie

    Publié par wikistrike.com sur 14 Avril 2016, 06:18am

     

    Catégories : #Politique internationale

    Toujours plus d'armes: le plan US pour assurer la paix en Syrie

    Le plan B américain en Syrie, prévoyant de fournir des armements aux forces de l'opposition, fait beaucoup jaser à peine paru sur les pages du Wall Street Journal.

    Visiblement, Washington a du mal à comprendre le terme de "paix", s'accordent les commentateurs dans n entretien à Sputnik.

    La CIA et ses partenaires régionaux ont établi un plan d'action applicable en cas d'échec de la trêve en Syrie.

    Ce "plan B" prévoit la fourniture de systèmes d'armement capables de détruire les avions et les positions d'artillerie du régime syrien.

     

    Entre-temps, la CIA a prétendument garanti à ses alliés que les armes ne seraient livrées qu'en cas de rupture de la trêve et du règlement politique (le plan A) et de reprise des hostilités.

    A la demande de Sputnik, le porte-parole de la CIA a refusé de commenter cesujet.Mais pourquoi cette initiative émerge-t-elle maintenant, lorsque la trêve est déjà en vigueur depuis longtemps?

    François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine (UPR), aide Sputnik à trouver la réponse.

    "Il faudrait que ce plan qui avait été conclu entre M. Kerry et M. Lavrov soit appliqué de bonne foi", estime M. Asselineau.

    "Mais s'il est appliqué de mauvaise foi par l'une des parties qui menace en permanence de changer de registre ou qui continue d'ailleurs, parce qu'en fait les livraisons d'armements n'ont jamais cessé, les livraisons d'armements et de financements venant notamment des pays proches des Etats-Unis dans la région n'ont jamais cessé.

    Pour assurer la paix…".

    Normalement, ce que devraient faire les différentes parties prenantes, c'est de retirer leurs troupes, retirer leurs soldats, retirer leurs conseillers, couper les sources de financement et d'approvisionnement en armes, c'est-à-dire en fait, respecter la Charte des Nations unies, poursuit-il.

    "Je rappelle que, suivant la Charte des Nations Unies, un Etat n'a pas le droit d'intervenir militairement dans un autre Etat même pour soutenir une rébellion, ça s'appelle du terrorisme".

    Ainsi, le problème de fond auquel on est confronté, c'est que la Charte des Nations Unies n'est plus appliquée de bonne foi ou même appliquée en général.

    En cela, mettre en préalable le départ de Bachar el-Assad n'était pas une démarche sage, maintient M. Asselineau.

    "Je trouve ça assez extraordinaire qu'on discute du sort d'un dirigeant d'un pays qui n'est peut-être pas un régime extrêmement démocratique mais il y a beaucoup d'autres régimes dans la région à commencer par celui de l'Arabie saoudite, à continuer par celui du Qatar qui sont beaucoup moins démocratiques que celui de Bachar el-Assad", explique-t-il.

    "Donc moi je trouve que mettre en préalable le départ de Bachar el-Assad, je pense que ce n'est pas une bonne chose".

    Selon Jean Lassalle, vice-président du MoDem, candidat à l'élection présidentielle de 2017, les Américains ne comprennent pratiquement jamais la marche du monde, ils ne le ressentent pas.

    Par ce plan B, ils veulent de nouveau aider l'opposition à Bachar el-Assad. Mais ce dernier, n'étant certainement pas une lumière de pureté, est quand même en place.En définitive son régime a fait quand même preuve d'une certaine résistance et même d'une résistance certaine.

    S'il s'agissait d'un régime désavoué par 90% de la population, il n'aurait pas résisté.

    Ce qui suggère qu'il y a un pourcentage significatif de la population syrienne qui en fait a soutenu le gouvernement légal et tout ce qui, de toute façon, ira vers la normalisation de la situation.

    "Les Américains, ils sont jaloux parce que les Russes ont obtenu des résultats", résume M. Lassalle.

    Oui, il y a déjà assez de problèmes au Proche-Orient sans encore en rajouter plus.

     

    Mais rien n'empêchera ces Américains d'assouvir leur désir de succès… même aux dépens de nouveaux problèmes et victimes.

     

    Lu ici  


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  • 04/14/16--01:20: LA LIBYE FACE AU CHAOS .....
  • 14 avril 2016

    Excellente nouvelle, d’abord pour la Libye bien sûr, mais également pour l’Europe qui, si cela se réalise rapidement et l’on peut y croire enfin, verra s’épuiser l’arrivée massive de « migrants » en provenance de ce pays, le plus proche de nos cotes.

    Le nouveau premier ministre libyen, l’homme d’affaires Fayez El Sarraj, ne manque pas de courage.

    Il y a une douzaine de jours, contre toute attente, il a pris la décision, malgré les grands risques courus, d’installer son gouvernement à Tripoli.

    Il est vrai, dans les quartiers de la base navale de la capitale libyenne, et sous la protection dissuasive et à portée des canons de quelques bateaux de guerre ancrés dans le port.

    Sa tactique est sur le point de réussir.

    Dans cette partie ouest de la Libye, où plusieurs milices armées exercent leur loi par la force et la terreur depuis 2011, date de la chute de Mouammar El Gueddafi, la puissante coalition des milices Fajr Libya (Aube de libye) a annoncé qu’elle se ralliait à Fayez El Sarraj :

    « Nous vous informons que nous cessons d’exercer nos fonctions exécutives, présidentielles et ministérielles, et cela afin de mettre un point final à l’effusion de sang et à éviter une éventuelle partition du pays. »

    L’accord interlibyen conclu, en décembre 2015, sous l’égide de l’ONU est donc sur le point de devenir réalité.

    A l’heure actuelle seul Khalifa Ghweil, chef du gouvernement, non reconnu, de Tripoli, fait encore de la résistance, mais cela pourrait ne pas durer car sont prises très au sérieux les menaces de la communauté internationale à l’encontre des trois responsables qui s’opposent encore au gouvernement d’union nationale : Khalifa Ghweil, déjà nommé mais qui ne demande qu’à être « blanchi », avant de se rallier, Aguila Saleh, président du parlement de Tobrouk et Nouri Abou Sahmein, chef du parlement de Tripoli.

    De forts appuis ont permis la prise du pouvoir par Fayed El Sarraj, qui tient désormais les cordons de la bourse. Tout d’abord le gouverneur de la Banque centrale libyenne et ensuite le PDG de la Compagnie pétrolière publique libyenne.

    L’argent et les armes étant les nerfs de la guerre et se trouvant entre les mains de Fayed El Sarraj, les autorités non reconnues par l’ONU ont préféré mettre un terme aux retournements de veste et aux marchandages, monnaie courante dans ces pays, et ne pas poursuivre un combat perdu d’avance, avec des caisses vides.

    Le refus systématique de se rallier faisait le jeu des groupes terroristes DAECH qui contrôle déjà une partie importante de la côte libyenne.

    Ont fortement contribué à obtenir ces ralliements les interventions convaincantes de la Tunisie et de l’Algérie, deux pays dont l’intérêt vital réside dans une solution politique qui ramène la paix dans cette Libye déchirée depuis cinq années.

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.


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    Published On: Sun, Apr 3rd, 2016
     
     

    Haut-Karabakh : La Turquie islamiste engage la guerre contre l’Arménie chrétienne

     
     

    BREIZATAO – ETREBROADEL (03/04/2016) Déjà lancée dans une confrontation tous azimuts contre les Kurdes de Turquie et de Syrie, le gouvernement islamiste turc a décidé d’attaquer l’Arménie chrétienne, une alliée de la Russie.

    L’offensive néo-ottomane s’accentue

    Le président islamiste turc, Recep Tayyip Erdogan, venait récemment d’exprimer dans un discours à l’académie militaire turque l’espace que son gouvernement considérait comme devant constituer sa zone d’influence directe (source) :

    “Nous n’avons pas le droit d’être indifférents aux géographies avec lesquelles nous avons des liens affectifs. Par exemple, nous ne pouvons pas détourner le regard des Balkans, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Caucase. Nous ne pouvons pas négliger nos frères et sœurs d’Asie Centrale, qui est notre patrie, tout comme d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, dont les cœurs battent avec les nôtres. Nous, ensemble, devrions être à la hauteur de cette responsabilité, que l’histoire nous confie.”

    Le Chef de l’État Turc pointait du doigt à cette occasion trois éléments de l’impérialisme néo-ottoman renaissant : l’islamité sunnite, l’ethno-nationalisme turcophone et la géographie.

    Cette déclaration, adressée à l’armée turque, signifie que l’approche militaire est désormais privilégiée par Ankara pour remplir ce que Recep Tayyip Erdogan qualifie de “mission historique”.

    Balkans, Ukraine, Syrie

    L’activisme turc agit dans toutes les directions, sur différents plans. Ankara a ainsi noué un partenariat sécuritaire avec Kiev, tourné contre la Russie. Dans le même temps, la Turquie tente de se faire le porte-parole des Tatars de Crimée afin d’en faire un levier contre la présence russe.

    En Roumanie, jadis occupée les Turcs, le gouvernement islamiste ente de faire construire une gigantesque mosquée dans la capitale, Bucarest (voir ici). Il s’agit, ni plus ni moins, que de revendiquer formellement la suzeraineté sur ce pays.

    Plus récemment, ce sont cependant les plans expansionnistes turcs en Syrie qui ont attiré l’attention. Il s’agissait pour la Turquie de réviser à son avantage la carte du Moyen-Orient en détruisant le résultat des accords franco-britanniques de Sykes-Picot. Ceux-ci avaient abouti à la création d’états nouveaux dans la région sur les ruines des provinces de l’empire ottoman.

    L’action de l’État Islamique vise des objectifs similaires, recherchant le démantèlement de l’Irak et de la Syrie.

    L’intervention russe a brisé la stratégie turque en Syrie. Ankara ne peut plus ravitailler les djihadistes ni soutenir les rebelles islamistes du nord du pays. Pour la Turquie, la perspective de la conquête d’Alep – un but essentiel – comme celle du renversement de Bachar Al Assad, se sont envolées avec les opérations aériennes russes qui ont détruit les lignes d’approvisionnement turques vers la Syrie.

    La Turquie ouvre un nouveau front islamique dans le Caucase

    Ne pouvant plus, dans l’immédiat, bousculer la Russie ni l’Iran chiite en Syrie, il semble que la Turquie ait décidé d’agir militairement dans le Sud du Caucase, une zone sur laquelle Ankara revendique une influence directe comme l’a réaffirmé récemment Erdogan.

    L’Arménie, un état chrétien coincé entre la Turquie et l’Azerbaïdjan, a du faire face à une attaque militaire des troupes azerbaïdjanaises sur la zone du Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan est un pays musulman proche de la Turquie qui revendique le Haut-Karabakh, un territoire à majorité arménienne.

    Depuis samedi, des heurts violents ont éclaté entre les troupes arméniennes et azerbaïjanaises, faisant des dizaines de morts de part et d’autres.

    La réaction officielle du gouvernement turc est sans ambiguïté (source) :

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé samedi son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, pour lui présenter ses condoléances pour les soldats morts en martyrs contre les forces arméniennes le long de la frontière.

    Le langage utilisé est limpide : le terme “martyrs” renvoie à la phraséologie islamiste relative à la guerre sainte contre des non-musulmans. Au surplus, le soutien d’Ankara à l’Azerbaïdjan suppose un encouragement à poursuivre les opérations armées contre l’Arménie dont le Haut-Karabakh est présenté par le gouvernement turc comme un territoire “occupé”.

    Le représentant de l’Azerbaïdjan en Russie, encouragé par la Turquie dans une escalade militaire, a menacé Moscou de recourir à la force pour solder le problème du Haut-Karabakh (source).

    L’Arménie, qui est liée à la Russie par une alliance militaire, devient pour Ankara un moyen de faire monter la pression sur le Kremlin afin qu’il change de position en Syrie. Mais aussi de demeurer un acteur central de la géopolitique du monde sunnite sur la scène internationale.

    Au surplus, créer un front islamique entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan permettrait de créer un foyer de déstabilisation musulman au plus près de la partie russe du Caucase et d’y attirer des djihadistes de cette région, tchtéchènes notamment.

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    Published On: Mon, Apr 4th, 2016
     
     

    Haut-Karabakh : Les troupes musulmanes azerbaïdjanaises massacrent des vieillards arméniens   (Photos)

     

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    BREIZATAO – ETREBROADEL (04/04/2016) Samedi 3 avril, le photographe Hakob Poghosyan, qui travaille pour le site Hetq.am, a pu aller jusqu’à Talyche, village arménien où se sont également “rendus“ des soldats azerbaïdjanais.

    Cette localité se trouve à quelques kilomètres de la frontière de l’Artsakh avec l’Azerbaïdjan.

    Le photographe a publié des clichés montrant les atrocités auxquelles se livrent les troupes musulmanes d’Azerbaïdjana.

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    Les agresseurs ont notamment pénétré dans la maison de Valera Khalapian et de sa femme Razumela. Ils ont été retrouvés sauvagement assassinés, oreilles coupées.

    L’agression du Haut-Karabakh arménien par les troupes azerbaïdjanaises est activement soutenue par le gouvernement islamiste turc.

    (Source : Les Nouvelles d’Arménie)

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    Rashid Khalidi : « Les frontières du Moyen-Orient sont brûlantes »

    Crises
     
     

     

    Rashid Khalidi

    Au-delà des « frontières artificielles » du Moyen-Orient, voulues par les puissances impériales, Daech pourrait-il réussir là où le panarabisme a échoué ?

     

    Entretien avec Rashid Khalidi, successeur d’Edward Saïd. 

    Cent ans tout juste après les accords secrets Sykes-Picot, au moyen desquels les puissances impériales ont redessiné la carte du Moyen-Orient sur les décombres de l’Empire ottoman, la question des frontières a rarement été aussi brûlante dans la région.

    L’organisation de l’État islamique met en scène, dans sa propagande, la destruction de la ligne de démarcation entre l’Irak et la Syrie, deux États qui pourraient bien disparaître dans leurs limites et compositions actuelles. Les Kurdes, déjà largement autonomes en Irak et en Syrie, aspirent de plus en plus ouvertement à un État-nation, inacceptable pour la Turquie. Certains jugent que la lutte contre Daech passera inévitablement par la reconnaissance d’une entité autonome pour les sunnites d’Irak. Quelques rêveurs espèrent encore une confédération des peuples arabes aujourd’hui désunis, bien que celle-ci supposerait une démocratisation profonde d’États rongés par l’autoritarisme et le clientélisme. Quant à la perspective d’un État palestinien viable, elle a rarement paru aussi lointaine…

    L’historien américain d’origine palestinienne Rashid Khalidi observe le Moyen-Orient avec le savoir de l’historien et l’inquiétude lucide d’un homme situé entre plusieurs cultures, dans un moment où les adeptes d’une « guerre des civilisations » entre Orient et Occident ne cessent de gagner du terrain. 

    Il dirige le département d’histoire de l’université Columbia et est le titulaire de la chaire créée pour Edward Saïd en études arabes modernes. Il est notamment l’auteur dePalestine, histoire d’un État introuvable (Actes Sud, 2007), de L’Empire aveuglé. Les États-Unis et le Moyen-Orient (Actes Sud, 2004) et de L’Identité palestinienne (La Fabrique, 2003). Il était, lundi 14 mars, au MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille, pour le cycle de conférences Pensées du Monde, consacré cette année à « l’avenir des frontières », dont Mediapart est partenaire.

    syrie daesh Image de propagande de Daech montrant la destruction de la frontière Sykes-Picot par un bulldozerImage de propagande de Daech montrant la destruction de la frontière Sykes-Picot par un bulldozer

    Quelles sont les conséquences présentes de la manière dont les frontières du Moyen-Orient ont été découpées pendant la Première Guerre mondiale, à l’heure où l’organisation État islamique a axé une partie de sa propagande sur la disparition de ces « frontières artificielles » ?

    Rashid Khalidi. Daech a transformé les accords secrets signés voilà un siècle, en 1916, par le Britannique Mark Sykes et le Français François Georges-Picot, en une question politique brûlante et contemporaine, comme on l’a vu dans plusieurs vidéos où l’État islamique mettait en scène la destruction de postes frontaliers entre la Syrie et l’Irak, une démarcation issue de ces accords.


    Mais au-delà de l’actualité, liée à l’action de Daech, de cette question des frontières, le fait que les contours des pays du Moyen-Orient aient été créés par des décisions prises par des puissances impériales hante le monde arabe depuis un siècle.

    D’autant plus que les exemples de l’Iran ou de la Turquie, qui ont réussi à construire de puissants États nations en résistant aux volontés impérialistes de diviser leurs territoires – puisque la Grande-Bretagne avait promis aux Arméniens et aux Kurdes un État autonome pendant la Première Guerre mondiale – agit, en creux, comme un rappel constant de la division et de la faiblesse des Arabes.

    Le mépris pour la volonté des peuples se trouvant dans ce qui était alors l’Empire ottoman n’a pas seulement nourri l’hostilité nationaliste vis-à-vis des puissances impériales, mais aussi la défiance vis-à-vis des élites arabes séduites par les modèles britannique ou français de démocratie libérale, que ce soitdans le cadre d’une République ou d’une monarchie parlementaire.

    Pour la majorité des peuples arabes, la violence du démantèlement de l’Empire ottoman, accompli en fonction des intérêts économiques et des rivalités des puissances impériales, a été considérée comme l’échec des élites arabes libérales et comme une disqualification du modèle démocratique. Cette faillite des idées libérales, couplée à l’hypocrisie de puissances impériales faisant de la devise « liberté, égalité, fraternité » un symbole, tout en se comportant à l’inverse dans le monde arabe, a nourri l’installation, après la Seconde Guerre mondiale, de régimes militaires et autoritaires dans la plupart des pays arabes, après une série de coups d’État, notamment avec le parti Baas en Irak et en Syrie.

    La manière dont Daech attaque aujourd’hui les frontières « artificielles » et « impérialistes » du Moyen-Orient est-elle similaire à la dénonciation de ces mêmes frontières véhiculée par les nassériens égyptiens, ou les baasistes d’Irak ou de Syrie, après la Seconde Guerre mondiale ?

    La rhétorique n’est pas identique, même si le carburant de l’humiliation est fondamental dans les deux cas. Même quand Daech développe des arguments anti-impérialistes contre les frontières actuelles, ils neviennent pas du nationalisme arabe tel qu’il a été développé par les nassériens ou les baasistes.

    En dépit de l’existence, entre 1958 et 1961, d’une République arabe unie faite de l’union entre la Syrie et l’Égypte, les nationalistes arabes n’ont pas réussi à abolir les frontières.

    En particulier parce que si la règle du « diviser pour mieux régner » a bien été appliquée par les puissances étrangères, plusieurs divisions du monde arabe préexistaient, de longue date, aux accords Sykes-Picot.

    carte-du-de-coupage-du-moyen-orient-suivant-les-accords-sykes-picotCarte du découpage du Moyen-Orient suivant les accords Sykes-Picot

    Daech peut facilement moquer ces nationalistes qui n’ont pas réussi à unifier le monde arabe et affirme vouloir, et pouvoir, effacer les frontières sur une base religieuse.

    Mais en dépit de cet objectif affiché, il agit avec un pragmatisme inédit que ne possédaient pas Al-Qaïda ou les talibans.

    Comme historien, je suis saisi de voir à quel point Daech constitue une alchimie très étrange entre des idées baasistes et des idées islamistes, ou qui utilisent l’islam.

    Les gens qui dirigent l’organisation État islamique sont d’anciens cadres de l’Irak de Saddam Hussein que l’idiotie des décisions américaines, après l’intervention de 2003, a jetés dans les bras des extrémistes. Ces gens savent parfaitement gérer un État, avec férocité et brutalité, mais aussi avec efficacité. Ils sont donc soucieux des frontières, même s’ils sont également pris dans des rhétoriques religieuses, voire apocalyptiques.
    Cette convergence entre l’idéologie djihadiste et le baasisme, un mouvement à l’origine séculier, date d’avant l’apparition de l’organisation de l’État islamique. Le régime irakien baasiste, affaibli par les mouvements d’opposition, sunnites ou chiites, a choisi, sur le tard et en réponse, de s’islamiser. Il avait symboliquement changé son drapeau pour y intégrer des références religieuses, en dépit de son histoire laïque.

    Les traumatismes successifs de la guerre avec l’Iran, de la guerre du Golfe, puis de l’occupation américaine après 2003, ont facilité des évolutions profondes de la société et permis ce type de retournements.
    Comme historien, je constate que, même si Daech prétend revenir à un islam d’il y a plusieurs siècles, ses membres ne cessent de faire ce qu’ils prétendent rejeter, à savoir des « innovations », des « hérésies », qu’on désigne en arabe par le terme de bid’ah. Rien, dans leur prétendu « État islamique », ne ressemble à ce qui a existé dans d’autres États islamiques à travers l’histoire.

    La manière dont ils décapitent les gens au nom du Coran montre non seulement qu’ils sont ignorants du texte sacré, mais aussi qu’ils ne sont pas seulement les enfants d’un certain islamisme ou d’un certain baasisme, mais aussi, voire surtout, les enfants du XXIe siècle, capables d’allier la modernité technologique des réseaux sociaux à une propagande de violence, d’horreur et de brutalité qu’on avait déjà pu voir sous le nazisme.


    Aux États-Unis, nous avons depuis longtemps des personnes fascinées par les images et les propos ultraviolents. Mais il y en a aussi beaucoup au Moyen-Orient, qui se recrutent au sein de ces populations brutalisées par des années de guerre, qui s’avèrent particulièrement réceptives à cette propagande que nous ne faisons que renforcer lorsque nos armées bombardent des populations civiles.


    Il faut avoir été bombardé, comme cela m’est arrivé à Beyrouth en 1982, pour comprendre ce que cela provoque sur les esprits et les corps. Depuis 1975 et la guerre du Liban, il y a eu l’Irak, et maintenant la Syrie. Bien sûr, il existe des problèmes endogènes aux sociétés arabes, mais les différentes ingérences etoccupations n’ont fait que les aggraver. Al-Qaïda est un produit de la guerre en Afghanistan, et Daech celui de la guerre en Irak.

    Comme historien, jugez-vous que le Moyen-Orient du début du XXIe siècle pourrait jouer le rôle des Balkans au début du XXe, et constituer l’étincelle d’un conflit mondial généralisé, notamment si l’Irak et la Syrie s’effondraient encore plus ?

    C’est une possibilité. Un nouveau président à la Maison Blanche, les Iraniens, les Turcs, les Saoudiens ou l’État islamique ont les moyens de déclencher un conflit incontrôlable.

    Mais si l’étincelle de la Première Guerre mondiale a été allumée dans les Balkans, ce sont les grandes puissances qui ont eu, ensuite, la responsabilité de faire la guerre. Aujourd’hui, les grandes puissances ont la responsabilité de vendre des armes et de ne jamais braquer l’Arabie saoudite, dont l’idéologie wahhabite s’est répandue grâce à l’argent du pétrole et constitue le coeur du problème.
    Cette haine intolérable envers les chiites, et toutes les autres minorités, est devenue une forme d’orthodoxie sunnite explosive.

    Notamment car les chiites, que ce soit en Iran ou ailleurs, ne sont pas dénués de puissance. Et que l’Arabie saoudite, qui est une théocratie pétrolière, ne possède pas la légitimité populaire qu’a la République islamique d’Iran, même si beaucoup d’Iraniens revendiquent davantage de liberté et de démocratie.

    La guerre par procuration que se livrent les Iraniens et les Saoudiens, au Yémen, en Libye ou en Syrie, peut changer d’échelle et de degré, si les puissances occidentales laissent l’idéologie wahhabite s’accroître encore, parce que l’Arabie saoudite est un client auquel on n’ose rien dire.

    Pensez-vous que les frontières du Moyen-Orient décidées pendant la Première Guerre mondiale pourraient disparaître ou se transformer ?

    Je suis historien et non futurologue, mais je ne suis pas sûr que ces frontières vont s’effacer. Ces frontières sont désormais là depuis un siècle, et de telles lignes, artificielles à l’origine, ont pris de la consistance. L’Irak et la Syrie sont devenus des États-nations, même si on peut envisager aussi leur effondrement et leur démantèlement.

    En outre, de telles frontières fixées par les puissances impériales de l’époque existent partout dans le monde, en Asie, en Afrique, et pas seulement dans le monde arabe. Or, je constate qu’à part au Soudan, dans les Balkans et dans l’ancienne Union soviétique, ces lignes dessinées après la Première Guerre mondiale n’ont pas été modifiées. Bien sûr, des changements sur les frontières du Moyen-Orient sont envisageables, notamment du fait des revendications kurdes, des pressions subies par certaines minorités, des guerres civiles en Irak ou en Syrie. Mais en tant qu’historien, je constate qu’il est difficile de modifier des frontières qui existent depuis cent ans.

    On voit bien que les Kurdes d’Irak pourront difficilement réintégrer un État irakien centralisé, et que les Kurdes de Syrie ont obtenu une autonomie de fait. Le futur du Moyen-Orient ne passe-t-il pas par des entités territoriales plus autonomes et réduites, peut-être davantage susceptibles de mettre un frein aux spirales de violences communautaires ou religieuses auxquelles on assiste, notamment en Irak et en Syrie ?

    Il me semble effectivement impossible d’intégrer les Kurdes d’Irak à un État unitaire. Même chose pour les Kurdes de Syrie. Mais il me paraît aujourd’hui également impossible d’acter la fin certaine des entités irakienne ou syrienne. Une autonomie croissante de certains territoires est sans doute inévitable, mais cela peut s’envisager sans effondrement des pays qui existent actuellement. Il y a un an, on estimait le régime de Damas voué à une défaite historique ; aujourd’hui, alors que la guerre dure depuis cinq ans, ce n’est plus le cas. L’histoire doit laisser sa place aux changements conjoncturels de configuration.

    Et à quelles conditions un projet, inverse, d’une confédération arabe élargie serait-il envisageable ?

    Cette idée me paraît impossible tant que les peuples arabes auront des gouvernements qui ne représentent pas leurs aspirations. Même s’il existe quelques exceptions, avec des formes de représentativité au Liban, au Maroc, ou en Tunisie bien sûr, la plupart des régimes des pays arabes sont des dictatures qui foulent au pied la volonté des peuples et gèrent les biens de la société pour leur compte personnel, familial ou dynastique. Une union accrue du monde arabe ne saurait se faire sans démocratisation. Mais il faut rappeler que cette situation bénéficie à d’autres, hors du monde arabe. Ces familles régnantes qui vivent sur le dos de leur société achètent à Paris, Londres ou New York des banques, des bâtiments, des institutions, des chaires d’université, des armes… Dans quel état seraient des grandes compagnies comme Airbus ou Boeing sans les achats massifs des compagnies du Golfe ? Dans quel état seraient les industries d’armement américaines ou européennes sans les conflits du Moyen-Orient ? L’Occident n’a aucun intérêt à voir émerger une grande entité confédérale démocratique dans le monde arabe.

    Compte tenu de ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient, comment regardez-vous la situation de la Palestine ?

    De façon très pénible et comme un symbole supplémentaire de la désunion des Arabes. La puissance actuelle d’Israël fait partie du problème, mais l’essence de celui-ci réside dans le fait que le mouvement national palestinien se trouve dans une période de recul. Les Palestiniens et les Arabes sont dans une situation de faiblesse et de division depuis la Première Guerre mondiale, alors qu’Israël, adossé aux États-Unis, n’a jamais été aussi puissant militairement et politiquement et a presque complètement absorbé la Cisjordanie .
    Toutefois, le projet du Grand Israël, de plus en plus raciste et expansionniste, auquel nous assistons, n’existait pas comme tel en 1967. Or, ce projet est de plus en plus difficile à soutenir, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Ce tournant explique les crispations autour de la campagne BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions). Dans le pays où je vis et enseigne, je constate qu’Israël ne cesse de perdre du soutien, chez les jeunes, dans les universités, parmi les syndicats ou les églises… Tout cela n’existait pas il y a encore vingt ans, et le virage à droite pris par Israël renforce son isolement.

    Pourquoi la cause palestinienne a-t-elle reculé dans le monde arabe ? Peut-on imaginer que laPalestine soit intégrée à un projet de monde arabe redécoupé sur d’autres bases et dans d’autres frontières ?

    Les guerres incessantes expliquent le recul de la cause palestinienne. Depuis 1975, avec le Liban, puis ensuite avec l’Irak et la Syrie, la guerre ne s’est jamais éteinte au Moyen-Orient. Comment voulez-vous, avec toutes ces guerres civiles, que les gens pensent à la Palestine ? En outre, si les peuples arabes ont soutenu les Palestiniens, les régimes arabes ne les ont jamais vraiment appuyés et, depuis la déclaration Balfour de 1917, ont toujours composé avec la volonté des grandes puissances qui voulaient un État juif en Palestine.
    Quant à l’idée d’intégrer la Palestine à une nouvelle entité arabe, elle me semble lointaine. Comment intégrer les Palestiniens dans le chaos syrien ou le système confessionnel qui régit le Liban ? L’histoire montre toutefois que tout est envisageable et que les transformations peuvent être rapides. Pendant la Première Guerre mondiale, les puissances impériales occupaient surtout les côtes du Moyen-Orient, au Liban ou en Palestine, et l’Assemblée de Damas représentait un vaste territoire arabe relativement unifié qui couvrait une surface allant bien au-delà de la Syrie actuelle. Mais les accords signés par Mark Sykes et François Georges-Picot, liés eux-mêmes à l’expansion du chemin de fer pour l’exploitation des ressources de la région, ont bouleversé tout cet équilibre. En dépit de leur caractère étonnamment durable, ils ne sont toutefois pas gravés dans le marbre pour l’éternité.

    Entretien conduit par Joseph Confavreux pour Mediapart

    Publié le 23 mars 2016

    Source: ISM

     


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    Ca se gâte en Syrie

    Etats-UnisRussieSyrieTurquie
     
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    Un mois après le vrai-faux retrait russe et six semaines après la trêve qui avait étonnamment plutôt bien fonctionné, les choses semblent dégénérer à nouveau en Syrie.

    Erdogan a-t-il lâché Daech pour Al Qaeda ?

    La prise d’al-Raï à la frontière syro-turque par les « rebelles » syriens sur l’EI avec l’aide de l’artillerie turque est peut-être un tournant dans la politique du sultan, marquant sa rupture définitive avec le bébé daéchique qu’il a nourri au sein pendant tant d’années.

    Qui sont donc ces fameux rebelles que les canons ottomans ont aidés ?

    Al Qaeda et ses affiliés, tout simplement…

    Erdogan a utilisé Daech jusqu’à la corde. Il semble désormais jeter son encombrant allié pour s’appuyer sur plus « présentable » afin d’empêcher la réalisation de son cauchemar : la jonction entre les deux parties kurdes le long de la frontière turque et la fermeture de ce fameux corridor entre Azaz et Jarablus dont nous parlons depuis des mois.

    Certes, Al Nosra (la branche locale d’Al Qaeda) et Ahrar al-Cham n’ont pas grand chose à envier à l’Etat Islamique, mais les chancelleries et médias occidentaux les appellent « rebelles modérés » depuis des années, alors pourquoi se gêner ?

    On comprend en tout cas mieux pourquoi Ankara a retiré Al Nosra de sa liste des organisations terroristes il y a dix jours…

    Schizophrénie irrémédiable des Américains ?

    Washington et toutes ses agences continuent d’envoyer des signaux plus que contradictoires, ce qui n’est guère étonnant vu qu’elles se tirent dans les pattes.

    Alors que, dans un rare accès de franchise, Kerry loue le rôle constructif des Russes en Syrie, la CIA a livré 3 000 tonnes d’armes à Al Qaeda & Co ces dernières semaines et menace même de livrer des armes anti-aériennes à ses chers terroristes modérés si les pourparlers de paix échouent.

    A se demander qui dirige vraiment les Etats-Unis… En 2012, Obama avait réussi à mettre son vétoà un plan visant à renverser Assad.

    Résiste-t-il toujours autant à sa surpuissante agence de renseignement ? Pour ajouter à la confusion, le Congrès US pourrait remettre en cause le soutien aux YPG syriennes, pourtant principal candidat du Pentagone.

    Hezbollah vs Al Qaeda

    Les combats redoublent dans la région d’Alep où Al Nosra a déployé 10 000 combattants.

    Les copains d’Erdogan ont pour l’occasion abandonné plusieurs autres fronts, de toute façon gelés en raison de la trêve (erreur des Russes ?)

    La lutte est acharnée entre le Hezbollah et Al Qaeda autour de la position stratégique d’Al-Eis, au confluent des provinces d’Alep et d’Idlib, la dernière tenue par la rébellion.

    Début avril, les djihadistes avaient pris le village et les nombreuses tentatives des forces loyalistes pour le reprendre ont, depuis, échoué.

    Cette grossière violation du cessez-le-feu, qui ne concernait de toute façon pas Al Nosra, a peut-être entraîné la décision du régime et de ses alliés de lancer enfin la grande offensive pour encercler la grande ville du nord.

    Un centre d’opérations a été installé en ce sens, comprenant des représentants russes, syriens, iraniens et du Hezbollah, tandis que le commandant de l’opération a déjà été nommé.

    14 Avril 2016 – Observatus geopoliticus

    Source: http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

     

    ET AUSSI

     

     

    Les Américains livrent d'énormes quantités d'armes à Al-Quaida

    Publié par wikistrike.com sur 15 Avril 2016, 07:23am

    Catégories : #Politique internationale

    Les Américains livrent d'énormes quantités d'armes à Al-Quaida

    Selon Jane’s, une agence d’information militaire britannique, deux appels d’offre ont repéré un site internet tenu par le gouvernement américain www.fbo (Federal Business Opportunities), recherchant des sociétés de fret maritime pour transporter du matériel explosif à partir de Constanta en Roumanie pour le port d’Aqaba en Jordanie, au profit de la Navy’s Military Sealift Command, une unité de la marine étatsunienne.

     

    «Les marchandises listées sur le document comprennent des fusils AK-47, des mitraillettes PKM, des mitrailleuses DShK, des lances missiles RPG-7 et des armes anti-tank guidées 9K111M», explique Jane’s.

    L’appel d’offre a été lancé en novembre 2015. Un bateau chargé de presque une tonne d’armes [ZeroHedge parle 1000 tonnes, NdT] et de munitions a quitté le port roumain de Constanta en décembre.

    Il a navigué jusqu’à Agalar en Turquie, un port militaire, puis a rejoint Aqaba en Jordanie.

    Un autre bateau chargé de plus de deux tonnes d’armes et de munitions est parti fin mars, a suivi la même route et a été aperçu pour la dernière fois sur son chemin pour Aqaba le 4 avril dernier.

    Selon Zero Hedge, une telle cargaison équivaut à des millions de fusils, de mitrailleuses et de lances-missiles et aussi à des milliers d’armes neuves et légères et des centaines de nouveaux missiles anti-tanks.

    Ni la Turquie ni la Jordanie n’utilisent de telles armes, conçues du temps de l’URSS.

    Cela veut dire que ces armes sont destinées à la Syrie où, comme cela a déjà été rapporté pendant des années par de multiples sources indépendantes, la moitié atterrira directement dans les mains d’Al-Qaida, qui opère en Syrie sous le nom de Jabhat al-Nusra.

    Traduit par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone.

     

    Source   http://www.wikistrike.com/2016/04/


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    Syrie. Voyage au coeur du pays de Bachar (7) : à Damas la vie continue…

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    Depuis 5 ans le conflit syrien est au cœur de l’actualité. Pour en parler, la plupart des médias se contentent de reprendre les dépêches de l’Agence France presse, qui s’appuient sur les communiqués de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine très controversée. 

    Alors pour tenter de comprendre la réalité, trois membres  de la rédaction de Breizh-info ont séjourné en Syrie, où ils se sont rendus avec le concours de l’association de solidarité France – Syrie (contact : syrianafrance@gmail.com).

    Ce voyage d’une semaine s’est entièrement déroulé dans la partie du pays sous contrôle du gouvernement légal.

    De Damas à Lattaquié, notre équipe est allée à la rencontre de la population : combattants, victimes de guerre, déplacés, chrétiens, musulmans, religieux,  mères de famille, enfants, universitaires, industriels, artisans, commerçants, agriculteurs…

    Sans préjugés ni tabous, récit d’un voyage dans un pays en guerre. 

    La rédaction

    A Damas la vie continue…

    Le soleil brille sur Damas quand nous entamons une promenade dans le quartier chrétien de la vieille ville où se trouve notre hôtel. Appelé Mahallat al-Nasârâ,  on y trouve les principaux lieux de culte de toutes les confessions. Il  comporte aussi de multiples petits magasins pittoresques dans les rues Bab Touma et Bab Sharqui.

    Nous nous retrouvons dans la maison du restaurateur chez qui nous avions diné le premier soir du voyage. Il tenait à nous montrer sa maison qui a  subit de graves dégâts au cœur d’un quartier particulièrement visé par les tirs de mortier des islamistes. Il nous présente une icône qui a pu être retirée intacte des décombres. Un  « miracle » à ses yeux.

    Après avoir quitté nos hôtes et visité la cathédrale melkite Al Zeitoun nous rejoignons la porte de Barb Shaqui pour prendre  des taxis afin rejoindre dans le centre de Damas une exposition textile des manufacturiers d’Alep. En cette fin de matinée, le centre de la ville est très embouteillé. On ne se croirait pas dans la capitale d’un pays en guerre !

    L’exposition  se tient dans un grand hôtel, au sein d’un quartier d’affaires d’aspect  moderne et occidental qui ne contraste pas cependant avec les vestiges du passé.

    Accueillis par la Chambre de commerce de Damas, plusieurs dizaines d’entreprises rapatriées d’Alep suite à l’occupation et à la destruction d’une grande partie de la ville y présentent leurs productions textiles dans le domaine de l’habillement.

    Ces entreprises comptaient des centaines de salariés. Ecrasées  par les bombardements des islamistes, leurs machines ont été volées pour  être revendues aux Turcs. Elles se sont réimplantées dans la banlieue de Damas avec les « moyens du bord », creusant des puits pour s’approvisionner en eau, construisant des éoliennes pour l’électricité.

    Superbe exemple du courage de ces entrepreneurs syriens et de leurs employés. Les productions présentées n’ont rien à envier par leur qualité et leur modernité à la confection vendue en Europe. Les vêtements d’enfants sont particulièrement  remarquables.

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    Après cette visite, nous entamons une longue promenade à pied qui nous mènera jusqu’au Musée national.

    Construit en 1936 sous le Protectorat français, celui-ci abritait de riches collections archéologiques qui ont été  mises en lieu sûr du fait des bombardements.

    Nous devrons donc nous contenter d’une flânerie dans les jardins où sont exposés de nombreux vestiges de  l’antiquité romaine.

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    Au détour des allées, nous croisons un groupe de femmes soldats portant un petit voile. Souriantes, elles se laissent volontiers photographier.

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    Très proche du musée, nous admirons la mosquée turque La Takiya construite vers le milieu du XVIème siècle par le sultan Soliman le Magnifique.

    Autour de la mosquée on peut voir de nombreuses boutiques et ateliers d’artisans dont certains tissent encore les célèbres étoffes damasquinées devant nos yeux. A l’entrée d’un centre d’art palestinien, la peinture d’une fillette attire l’attention (photo).

    Dans son regard, toute la détresse d’un interminable conflit.

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    Avant d’arriver aux souks nous passons par la gare du Hedjaz, ancienne gare ferroviaire de Damas devenue monument historique, le grand hall est particulièrement remarquable.

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    Nous pénétrons ensuite dans le  Souk al Hamidiyé qui est un marché couvert mélangeant les traditions orientales et l’industrie moderne grâce à son toit métallique en forme d’arche.

    Séparés par des colonnes doriques issues de la Damas antique, les échoppes vendent des vêtements pour femmes, de la marqueterie, de la maroquinerie et des gadgets pour touristes.

    Damas 9

    Damas 10

    Parallèlement au souk principal se trouve le souk al Goumrouk qui rassemble, dans un dédale de galerie, les robes de soirées, maquillages et sous-vêtements féminins les plus extravagants.

    Les épices et fruits secs se trouvent en peu plus loin, dans le souk al Bzouriya, en direction de la mosquée des Omeyyades. Nous ne ressentons aucun sentiment d’insécurité dans l’immense foule qui se presse dans les allées.

    Pas question bien sûr de ne pas faire une halte dans l’établissement du célèbre glacier Bakdache pour goûter ses fameuses crèmes glacées artisanales.

    Nous quittons les souks en franchissant un mur qui contient le fronton du temple de Zeus, il débouche sur l’esplanade faisant face à la grande mosquée.

    Sortie du souk face à la grande mosquéeyrie mars 2016 227

    Damas, fronton du temple de Zeus

    L’édifice le plus célèbre de Damas  fut construit par le calife omeyyade Al Walid entre 705 et 715 sur un temple romain dédié à Jupiter transformé en église au IVème siècle.

    La mosquée occupe l’immense aire délimitée dans l’antiquité par l’enceinte sacrée du temple païen. L’espace de la cour est monumental.

    Après nous être déchaussés nous visitons l’immense salle de prières (136m de long) partagée en 3 nefs par 2 rangées de colonnes corinthiennes.

    On y trouve un édifice surmonté d’une coupole qui contiendrait la tête de Saint Jean Baptiste qui est aussi vénéré comme prophète par les musulmans.

    Hommes et femmes peuvent prier ensemble dans la mosquée.

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    Après un dernier repas, nous reprenons la route pour l’aéroport de Beyrouth. Quelques heures de vol plus tard, nous retrouvons la France… Un autre monde.

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    FIN

    Précédemment :

    Un pays en guerre
    De Seydnaya à Maaloula, aux sources des chrétiens d’Orient
    Homs, ville martyre
    A Hama, ville sunnite, le calme règne


    Sur le front
    De Lattaquié au monastère de Qara

     Crédit photos : Breizh-info.com ( mention obligatoire)
    [cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine


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