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LA TRIBUNE D' UN HOMME LIBRE, REVUE DE PRESSE NON-CONFORMISTE

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    jeudi 26 novembre 2015

    Un militaire israélien capturé au sein des forces de Daesh #POURQUOI ISRAEL ?

    Il n'était absolument pas supposé que cela arrive. Il paraît qu'un militaire israélien au grade de colonel a été « pris la main dans le sac ».
     
     Je veux dire par là, capturé par des soldats de l'armée irakienne au milieu d'une horde du soi-disant EI - ou État islamique ou ISIS ou ISIL ou DAESH, selon vos préférences en matière de qualificatifs terroristes. 
     
     
    Interrogé par le renseignement irakien, il a apparemment avoué un tas de choses sur le rôle de soutien à l'EI de l'armée israélienne de Netanyahu. 
     
     

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    Fin octobre, citant un officier supérieur du renseignement irakien, une agence de presse iranienne a signalé la capture d'un colonel de l'armée israélienne.
     
    Nommé Yusi Oulen Shahak, il serait lié au Bataillon Golani de l'EI opérant sur le front de Salahuddin en Irak.
     
    Lors d'une déclaration semi-officielle à l'agence de presse iranienne Fars, un commandant de l'armée irakienne a déclaré, « La sécurité et les forces populaires ont capturé un colonel israélien. »
     
    Il a ajouté que le colonel de Tsahal « participait aux opérations terroristes du groupe Takfiri de l'EI. » Il a dit, que le colonel, arrêté avec un certain nombre de terroristes de l'EI, a donné des détails : « Son nom est Yusi Oulen Shahak, il a le grade de colonel dans la Brigade Golani ... et a le matricule militaire Re34356578765az231434. » 

    Pourquoi Israël ? 

    Depuis le 30 septembre, début du très efficace bombardement des Russes sur des cibles sélectionnées en Syrie, des détails sur le rôle extrêmement déloyal, non seulement de Washington, mais aussi de la Turquie, membre de l'OTAN sous la présidence de M. Erdogan, du Qatar et d'autres pays, sont apparus pour la première fois au grand jour. 

    Il devient de plus en plus évident qu'au moins une faction du régime Obama joue en coulisses un rôle très louche de soutien à l'EI afin d'accélérer le renversement du Président syrien Bachar al Assad, et d'ouvrir la voie à ce qui sera inévitablement un chaos et une destruction à la libyenne, qui, par comparaison, fera de l'actuelle crise des réfugiés syriens en Europe un simple apéritif. 

    La « faction pro-EI » de Washington inclut les fameux néocons centrés autour du général David Petraeus, ancien patron déshonoré de la CIA et bourreau du déferlement en Irak. Elle comprend aussi le général John R. Allen, qui depuis septembre 2014, servait l'envoyé présidentiel spécial d'Obama auprès de la Coalition internationale qui vise à contrer l'EI, et, jusqu'à sa démission en février 2013, la Secrétaire d'État Hillary Clinton

    Chose significative, le général John Allen, promoteur assidu d'une zone d'exclusion aérienne à l'intérieur de la Syrie le long de la frontière de la Turquie, qui est refusée par le président Obama, a été relevé de son poste le 23 octobre 2015. C'était peu après que le lancement des frappes russes de grande efficacité en Syrie sur les sites terroristes de l'EI et du Front Al Nusra d'Al-Qaïda, ait entièrement bouleversé la donne de la situation géopolitique en Syrie et dans l'ensemble du Moyen-Orient. 

    Rapport de l'ONU citant Israël 

    Il est bien établi que le Likoud de Netanyahu et l'armée israélienne travaillent en étroite collaboration avec les néocons, prédateurs des guerres de Washington, comme cela a été le cas dans l'opposition véhémente du premier ministre Benjamin Netanyahu à l'accord nucléaire entre Obama et l'Iran.
    Le Hezbollah, groupe d'activistes islamistes chiites basé au Liban et soutenu par l'Iran, est considéré comme l'ennemi juré d'Israël.
     
    Le Hezbollah s'est battu énergiquement aux côtés de l'armée syrienne contre l'EI en Syrie.
     
    Comme Poutine et le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov l'ont souligné à plusieurs reprises depuis septembre 2014, moment où le général Allen a pris la responsabilité des opérations, loin de détruire l'EI en Syrie, sa stratégie de « bombardements », lui a permis d'élargir considérablement son contrôle territorial dans le pays. Il devient clair à présent que c'était précisément l'intention d'Allen et de la faction guerrière à Washington. 

    Au moins depuis 2013, l'armée israélienne bombarde aussi ouvertement ce qu'elle prétend être des cibles du Hezbollah à l'intérieur de la Syrie. 
     
     
    En fait, l'enquête a révélé qu'Israël frappe des formations du Hezbollah qui combattent vaillamment l'EI et les autres terroristes.
     De factoIsraël aide réellement l'EI, à la manière de la longue année de bombardement « anti-EI » du général John Allen. 

    Qu'une faction du Pentagone ait travaillé secrètement en coulisses à former, armer et financer ce qu'on appelle aujourd'hui l'EI en Syrie, est de fait désormais un dossier non dissimulé. En août 2012, un document classé « Secret » du Pentagone, levé du sceau du secret plus tard sous la pression de l'ONG US Judicial Watch, détaillait précisément l'apparition en Irak de ce qui allait devenir l'État islamique, encore affilié à Al-Qaïda à l'époque. 

    Le document du Pentagone expliquait : « ... il y a la possibilité d'établir dans l'est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), une Principauté salafiste déclarée ou non, et c'est exactement ce que veulent les puissances soutenant l'opposition à Assad, afin d'isoler le régime syrien, qui est considéré comme le fond stratégique de l'expansion chiite (Irak et Iran). » En 2012, les puissances soutenant l'opposition incluaient le Qatar, la Turquie, la Saoudie, les USA et, en coulisses, Israël de Netanyahou. 

    Cette création d'une « Principauté salafiste dans l'est de la Syrie, » aujourd'hui territoire de l'EI, était précisément le programme visant à détruire Assad de Petraeus, du général Allen et des autres à Washington. C'est ce qui a mis le régime Obama à couteaux tirés avec la Russie, la Chine et l'Iran, à cause de son exigence bizarre à vouloir qu'Assad parte d'abord, avant que puisse être détruit l'EI.
     
    Le jeu étant désormais non dissimulé, le monde voit la duplicité de Washington qui soutient ce que les Russes appellent avec justesse les « terroristes modérés » contre un Assad dûment élu. Qu'Israël soit aussi au milieu du nid de rats des forces d'opposition terroristes en Syrie, a été confirmé dans un rapport récent de l'ONU. 

    Ce que le rapport ne mentionne pas, c'est pourquoi l'armée israélienne a un intérêt aussi passionné envers la Syrie, et en particulier pour le plateau du Golan. 


    Pourquoi Israël veut se débarrasser d'Assad 

    En décembre 2014, le journal israélien Jerusalem Post a rapporté les conclusions d'un rapport largement ignoré, et politiquement explosif, qui détaille les observations de l'ONU concernant la collaboration de l'armée israélienne avec des combattants terroristes de l'EI.
     
    En poste depuis 1974 le long de la frontière du plateau du Golan entre la Syrie et Israël, la Force des Nations Unies chargée d'observer le dégagement (la FNUOD) a révélé qu'Israël travaille sur le plateau du Golan en étroite collaboration avec les terroristes de l'opposition syrienne, dont le Front Al Nusra d'Al-Qaïda et l'EI, et « sont restés en contact étroit au cours des 18 derniers mois. » Le rapport a été soumis au Conseil de Sécurité des Nations unies. Aux USA et à l'Ouest, les grands médias ont enterré ces conclusions explosives. 

    Les documents de l'ONU montrent que l'armée israéliennes a désormais depuis mai 2013 des contacts réguliers avec des membres du soi-disant État islamique. 
     
    L'armée israélienne a déclaré que c'est seulement pour des soins médicaux aux civils, mais la tromperie a été éventée quand les observateurs de la FNUOD ont identifié des contacts directs entre les forces de Tsahal et des activistes de l'EI, des soins médicaux aux combattants de l'EI étant aussi inclus.
     
    Les observations ont même concerné le transfert de deux caisses au contenu indéterminé de l'armée israélienne aux forces de l'EI. En outre, le rapport de l'ONU a identifié ce que les Syriens qualifient de « point de passage des forces entre Israël et l'EI », un sujet d'inquiétude pour la FNUOD, dont a été saisi le Conseil de Sécurité des Nations Unies. 

    La FNUOD a été créée en mai 1974 par la Résolution n° 350 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à la suite des tensions de la Guerre du Kippour d'octobre 1973 entre la Syrie et Israël. Elle a établi entre Israël et le plateau syrien du Golan, une zone tampon administrée et policée par la FNUOD à la place des autorités syriennes.
     
     
    Aucune force militaire autre que la FNUOD n'est autorisée à l'intérieur. Aujourd'hui, elle compte 1200 observateurs. 

    Depuis 2013 et l'escalade des attaques israéliennes sur les hauteurs syriennes du Golan, au prétexte de poursuivre des « terroristes du Hezbollah », pour la première fois depuis 1974, la FNUOD a elle-même fait l'objet de grandes attaques terroristes de l'EI ou du Front Al Nusra d'Al-Qaïda, d'enlèvements, de meurtres, de vol d'armes, munitions, véhicules et autres possessions de l'ONU, et de pillage et destruction des installations.
     
     
    Quelqu'un ne veut évidemment pas que la FNUOD reste à faire la police sur le plateau du Golan. 

    Israël et le pétrole des hauteurs du Golan 

    Lors de sa rencontre du 9 novembre avec le président Barack Obama à la Maison Blanche, le premier ministre israélien Netanyahu lui a demandé de reconsidérer le fait que, depuis la guerre des Six-Jours de 1967 entre Israël et les pays arabes, Israël occupe illégalement une partie importante du plateau du Golan.
    Netanyahu a demandé apparemment sans succès à Obama de soutenir officiellement l'annexion du Golan occupé illégalement par Israël, au prétexte que l'absence de gouvernement syrien en état de marche « permet de repenser différemment » le futur statut de cette région importante stratégiquement. 

    Netanyahu n'a bien sûr pas abordé de façon honnête le pourquoi de l'absence de gouvernement syrien en état de marche, dont sont responsables l'armée israélienne et d'autres forces par leur soutien à l'EI et au Front Al Nusra d'Al-Qaïda. 

    En 2013, quand la FNUOD a commencé à fournir des preuves de contacts croissants entre l'armée israélienne, l'EI et Al-Qaïda le long du plateau du Golan, une compagnie pétrolière peu connue de Newark dans le New Jersey, Genie Energy, et une filiale israélienne, Afek Oil & Gas, ont commencé à emménager sur le plateau du Golan avec la permission du régime Netanyahu pour rechercher du pétrole.
    Cette même année, des ingénieurs militaires israéliens ont remis en état la clôture frontalière de quarante-cinq miles avec la Syrie, la remplaçant par une barricade d'acier avec des barbelés, des détecteurs de contact et de mouvement, des caméras infrarouges et des radars au sol, la rendant équivalente au mur construit par Israël en Cisjordanie

    Chose assez intéressante, le 8 octobre, Yuval Bartov, géologue en chef de Afek Oil & Gas, filiale israélienne de Genie Energy, a déclaré sur le Canal 2 de la télévision israélienne que son entreprise a découvert un gisement pétrolier de première importance sur le plateau du Golan : « Nous avons découvert une strate pétrolifère de 350 mètres d'épaisseur dans les hauteurs au sud du Golan. En moyenne, dans le monde entier, les strates font 20 à 30 mètres d'épaisseur, celle-ci est 10 fois plus grande. Nous parlons donc de quantités importantes. » Comme je l'ai mentionné dans un article précédent, le Conseil consultatif international de Genie Energy comporte des noms célèbres, comme Dick Cheney, ancien patron de la CIA, l'infâme néocon James Woolsey, Jacob Lord Rothschild et d'autres

    Aucune personne sensée en possession de tous ses moyens ne suggérera naturellement qu'il puisse y avoir un lien entre les relations militaires d'Israël avec l'EI et les autres terroristes anti-Assad en Syrie, en particulier sur le plateau du Golan, et la découverte en ce même lieu de pétrole parGenie Energy, et avec la dernière demande de Netanyahu à Obama, de « repenser » le Golan. Cela sentirait trop la « théorie du complot » et toute personne raisonnable sait bien qu'il n'y a jamais de conspirations, juste des coïncidences.
     
    À moins que ? En fait, pour paraphraser les mots immortels de Brad Pitt dans la scène finale du brillant film de Tarantino, Inglorious Basterds, il semble que ce vieux Netanyahu et ses copains suceurs de queue de l'armée israélienne et du Mossad, ont simplement tous été pris la main dans le sac d'une affaire extrêmement louche en Syrie.

    Commentaire : Le soutien de l'Axe du mal à Daesh est, chaque jour, de plus en plus apparent.
     
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    Source et Posté par Nadmiiizà

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    Source : Le Monde, 24.11.2015

    Un dessin affiché à Bordeaux montre un djihadiste demandant : “Tu connais le Coran ?”. L’autre lui répondant : “Le quoi ?” JEAN-PIERRE MULLER / AFP

    Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam

    La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder.

     

    Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte.

    Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970.

    Il n’y a pas de troisième, quatrième ou énième génération de djihadistes. Depuis 1996, nous sommes confrontés à un phénomène très stable : la radicalisation de deux catégories de jeunes Français, à savoir des « deuxième génération » musulmans et des convertis « de souche ».

    Le problème essentiel pour la France n’est donc pas le califat du désert syrien, qui s’évaporera tôt ou tard comme un vieux mirage devenu cauchemar, le problème, c’est la révolte de ces jeunes. Et la vraie question est de savoir ce que représentent ces jeunes, s’ils sont l’avant-garde d’une guerre à venir ou au contraire les ratés d’un borborygme de l’Histoire.

     

     

    Quelques milliers sur plusieurs millions

    Deux lectures aujourd’hui dominent la scène et structurent les débats télévisés ou les pages opinions des journaux : en gros, l’explication culturaliste et l’explication tiers-mondiste. La première met en avant la récurrente et lancinante guerre des civilisations : la révolte de jeunes musulmans montre à quel point l’islam ne peut s’intégrer, du moins tant qu’une réforme théologique n’aura pas radié du Coran l’appel au djihad.

    La seconde évoque avec constance la souffrance postcoloniale, l’identification des jeunes à la cause palestinienne, leur rejet des interventions occidentales au Moyen-Orient et leur exclusion d’une société française raciste et islamophobe ; bref, la vieille antienne : tant qu’on n’aura pas résolu le conflit israélo-palestinien, nous connaîtrons la révolte.

    Mais les deux explications butent sur le même problème : si les causes de la radicalisation étaient structurelles, alors pourquoi ne touche-t-elle qu’une frange minime et très circonscrite de ceux qui peuvent se dire musulmans en France ? Quelques milliers sur plusieurs millions.

    Car ces jeunes radicaux sont identifiés ! Tous les terroristes qui sont passés à l’action avaient leur fameuse fiche « S ». Je n’entre pas ici dans la question de la prévention, je remarque simplement que l’information est là et accessible. Alors regardons qui ils sont et essayons d’en tirer des conclusions.

     

     

    Islamisation de la radicalité

    Presque tous les djihadistes français appartiennent à deux catégories très précises : ils sont soit des « deuxième génération », nés ou venus enfants en France, soit des convertis (dont le nombre augmente avec le temps, mais qui constituaient déjà 25 % des radicaux à la fin des années 1990).

    Ce qui veut dire que, parmi les radicaux, il n’y a guère de « première génération » (même immigré récent), mais surtout pas de « troisième génération ».

    Or cette dernière catégorie existe et s’accroît : les immigrés marocains des années 1970 sont grands-pères et on ne trouve pas leurs petits-enfants parmi les terroristes.

    Et pourquoi des convertis qui n’ont jamais souffert du racisme veulent-ils brusquement venger l’humiliation subie par les musulmans ? Surtout que beaucoup de convertis viennent des campagnes françaises, comme Maxime Hauchard, et ont peu de raisons de s’identifier à une communauté musulmane qui n’a pour eux qu’une existence virtuelle.

    Bref, ce n’est pas la « révolte de l’islam » ou celle des « musulmans », mais un problème précis concernant deux catégories de jeunes, originaires de l’immigration en majorité, mais aussi Français « de souche ».

    Il ne s’agit pas de la radicalisation de l’islam, mais de l’islamisation de la radicalité.

    Qu’y a-t-il de commun entre les « deuxième génération » et les convertis ? Il s’agit d’abord d’une révolte générationnelle : les deux rompent avec leurs parents, ou plus exactement avec ce que leurs parents représentent en termes de culture et de religion.

    Les « deuxième génération » n’adhèrent jamais à l’islam de leurs parents, ils ne représentent jamais une tradition qui se révolterait contre l’occidentalisation. Ils sont occidentalisés, ils parlent mieux le français que leurs parents. Tous ont partagé la culture « jeune » de leur génération, ils ont bu de l’alcool, fumé du shit, dragué les filles en boîte de nuit. Une grande partie d’entre eux a fait un passage en prison.

    Et puis un beau matin, ils se sont (re)convertis, en choisissant l’islam salafiste, c’est-à-dire un islam qui rejette le concept de culture, un islam de la norme qui leur permet de se reconstruire tout seuls.

    Car ils ne veulent ni de la culture de leurs parents ni d’une culture « occidentale », devenues symboles de leur haine de soi.

    La clé de la révolte, c’est d’abord l’absence de transmission d’une religion insérée culturellement.

    C’est un problème qui ne concerne ni les « première génération », porteurs de l’islam culturel du pays d’origine, mais qui n’ont pas su le transmettre, ni les « troisième génération », qui parlent français avec leurs parents et ont grâce à eux une familiarité avec les modes d’expression de l’islam dans la société française : même si cela peut être conflictuel, c’est « dicible ». Si on trouve beaucoup moins de Turcs que de Maghrébins dans les mouvements radicaux, c’est sans doute que, pour les Turcs, la transition a pu être assurée, car l’Etat turc a pris en charge la transmission en envoyant instituteurs et imams (ce qui pose d’autres problèmes, mais permet d’esquiver l’adhésion au salafisme et à la violence).

     

    Lire la suite sur : Le Monde, 24.11.2015

     

     


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    27 novembre 2015
    Генсек НАТО Йенс Столтенберг
    Après avoir abattu le bombardier russe SU 24, la Turquie s'est immédiatement tournée vers l'OTAN et les Etats Unis, comme si elle avait été victime et non agresseur.
     
    Certes, la protection a été accordée, mais en faisant comprendre que ça n'irait pas plus loin que des paroles.
    Dans le même temps, la Russie dispose des systèmes de défense anti-aérien S 400 en Syrie tout en se disant prête au dialogue. 
     

     

     

    L'attaque de l'avion de guerre russe en Syrie par la Turquie ne fait pas l'unanimité. Des voix s'élèvent pour souligner que l'action de la Turquie n'est pas fondée, précipitée.
     
    Même l'OTAN n' a pas réussi à obtenir l'unanimité.
    Certes, la Turquie n'a pas été condamnée pour son acte, mais il lui a été demandé de ne pas surenchérir et de désamorcer le conflit avec la Russie.

     

     

     
    La position américaine reste la plus radicale. Le Président Obama, hier, lors de la conférence de presse avec le Président français, répondant aux questions des journalistes, affirme que la Turquie a le droit de défendre son espace aérien et son intégrité territoriale, comme si la Russie était l'ennemi dans la région. D'ailleurs Obama d'insister que les frappes russes provoquent beaucoup de problèmes dans la région.
     
     
    Quant au porte-parole du Département d'état , il annonce que les terroristes turkmènes à la frontière entre la Syrie et la Turquie, soutenus justement par la Turquie contre Assad, qui ont tirés sur les pilotes russes catapultés, avaient le droit de se défendre lorsqu'ils sont attaqués. A la question de savoir comment des pilotes éjectés et désarmés pouvaient présenter un quelconque danger, il n'y a pas eu de précision. 
     
    Malgré cela, lors de leur conversation, les Présidents turc et américain ont "convenu" qu'il fallait désamorcer la situation. Autrement dit, les Etats Unis ne soutiendraient pas plus avant une escalade du conflit à l'initiative de la Turquie, allant jusqu'à préciser que de tels évènements ne devraient pas se reproduire.
     
    Pour sa part, la Russie en a tiré les premières leçons.
    Sur le plan civil, l'importation de viande et autres produits turcs est interrompue au 1er décembre, il est conseillé aux agences de voyages de suspendre la vente de tours en Turquie.
     
    Sur le plan militaire, le ministère de la défense a suspendu hier la coopération militaire avec la Turquie mais a annoncé ce matin que les contacts étaient repris avec les membres de la coalition, notamment les Etats Unis et la Turquie. 
     
    Dans le même temps, la Russie met en place un système de défense anti-aérien et anti-missiles S 400 sur la base militaire de Hmeimim en Syrie.
     
    Par ailleurs, les bombardiers russes voleront désormais sous la protection des chasseurs.
    Ces mesures de sécurité devraient dissuader toute nouvelle tentative turque, d'autant plus que les systèmes radars syriens sur cette base militaire avaient remarqués hier l'incursion, à l'inverse des allégations turques, de ces chasseurs turcs dans l'espace aérien syrien. 
     
    Dans ce contexte tendu, la Russie envoie son ambassadeur en France ouvrir une porte diplomatique en affirmant qu'elle est toujours prête à coopérer avec tous ceux qui veulent lutter contre l'état islamique, même la Turquie si elle le veut.
     
    Cette coopération pouvant prendre plusieurs formes, de l'échange d'informations à un commandement unifié.
     
    Le conflit est donc formellement désamorcé.
     
    Et la Turquie en ressort affaiblie. Reste à voir ce qu'il en sera de la coordination de la lutte contre le terrorisme en Syrie, les intérêts des parties en place semblent être réellement trop divergents.
     
     
     source     www.citoyens-et-francais.f

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    Source : lavoiedelepee, Colonel , 26-11-2015

    Je faisais partie de ceux qui estimaient que l’engagement de la France contre l’Etat islamique en septembre 2014 n’était non seulement pas nécessaire mais qu’il était même dangereux.
     
     
    L’EI existait sous ce nom depuis 2006 avec comme matrice l’organisation d’Abou Moussab al-Zarquaoui créée en 2003 après l’invasion de l’Irak par les Américains et leurs alliés. L’Etat islamique faisait alors régner la terreur dans Bagdad et dans de nombreuses provinces du pays.
     
    L’Irak menaçait de s’effondrer, entraînant l’ensemble de la région dans le trouble. A cette époque, la France, qui avait refusé de participer à la coalition, n’envisageait en aucune façon de faire la guerre à cette organisation. L’Etat islamique en Irak ne faisait guère la une des journaux et nos dirigeants ne l’évoquaient jamais.
     
     
    Partis en guerre avec une grosse fleur sur un petit fusil
     
    En 2014, les mêmes qui se taisaient à l’époque sont soudainement devenus horrifiés par ces « égorgeurs de Daesh », dont on semblait alors découvrir l’existence. Il est vrai qu’à la suite d’une politique du gouvernement de Bagdad assez proche de celle de Damas, l’Etat islamique, qui avait bien failli mourir, renaissait de ses cendres et obtenaient des succès spectaculaires face aux d’autres mouvements rebelles syriens et surtout face à une armée irakienne devenue instrument à la fois faible et oppresseur au service d’un pouvoir chiite corrompu. Il est vrai que, à la fois des autres milices locales, et reprenant le principe des exécutions filmés de Zarquaoui avec des moyens plus sophistiqués, l’EI filmait l’odieux pour l’« édification des masses » et la terreur des ennemis. Il est vrai enfin que l’EI s’en prenait aussi à des citoyens américains obligeant le Président des Etats-Unis à réagir.
     
    Celui-ci organisait alors une nouvelle coalition et engageait l’opération militaire, non pas sur des critères d’efficacité mais selon sa marge de manœuvre politique interne.
    Cette opération reposait alors sur des fondements faibles.
     
    Le premier était que l’idée que l’Irak était encore un véritable Etat disposant d’une véritable armée qu’il suffirait d’aider par des conseils et un peu d’équipements, pour venir à bout d’un groupe de bandits. La réalité est que cet Etat, hormis les unités de protection rapprochée du pouvoir, ne faisait pas confiance à cette armée créée par les Américains et s’appuyait surtout sur les milices des partis chiites.
     
    Ces milices sont aptes à défendre Bagdad et les provinces du sud mais, malgré l’aide iranienne, peu capables de reprendre le terrain perdu sur le Tigre et l’Euphrate et elles sont surtout peu légitimes à l’occuper. Quant à reconstituer une « nouvelle nouvelle » armée irakienne sous l’égide américaine, on ne voit pas très bien ce qu’elle aurait de plus qui lui permettrait de survivre plus longtemps que les deux précédentes.
     
    Lorsqu’au mois d’août 2014, changeant d’alliance (les Kurdes, si sympathiques, ont quand même facilité la prise de Mossoul par l’EI et en ont profité pour s’emparer du pétrole de Kirkouk), l’EI s’est attaquée au Kurdistan irakien, la coalition a trouvé un autre allié local, militairement plus efficace mais tout aussi peu légitime à agir dans les provinces sunnites.
     
    Restait alors les frappes aériennes, second fondement faible. Des frappes peuvent s’effectuer en appui rapproché de troupes au sol ou seules sur l’ensemble du dispositif ennemi.
     
    Un premier problème vient du fait que les frappes de la coalition américaine ne sont réalisées, hormis quelques drones armés, que par des bombardiers ou des chasseurs-bombardiers. La raison de cette restriction vient d’abord du peu de risques de ce mode opératoire pour les hommes engagés, eu égard aux moyens antiaériens limités des organisations rebelles. La raison principale est cependant qu’à partir du moment où l’US Army n’est pas engagée (y compris avec des hélicoptères d’attaque), cela n’est pas vraiment considéré comme une guerre pour les Etats-Unis et ne justifie donc pas d’un vote du Congrès.
     
    Or, des bombardiers ou des chasseurs-bombardiers ne sont pas forcément les moyens les plus efficients pour appuyer les troupes au sol.
    Ces moyens lourds, coûteux et donc rares, sont plus indiqués pour frapper des cibles importantes et peu mobiles que des cibles petites et multiples sur la ligne de contact.
     
    Les drones armés et surtout les hélicoptères ou les avions spécialisés dans l’appui, par leur capacité à rester longtemps sur un zone et à mitrailler sont bien plus efficaces pour cela, comme l’avait prouvé le changement survenu à l’été 2011 avec l’intervention du groupement d’hélicoptères français en Libye.
     
    Bien entendu, l’emploi de ces nouveaux moyens est plus risqué.
     
    Lorsqu’il s’agit de frapper sur l’ensemble du système de l’ennemi, on peut espérer l’amener à négocier ou au moins à modifier son comportement, comme après les campagnes israéliennes contre le Hezbollah et le Hamas ou celle des Américains contre l’armée du Mahdi à Sadr-City en 2008.
     
    On ne peut pas espérer le détruire par ce seul moyen car cela n’est jamais arrivé. On n’a même jamais réussi à approcher vraiment de cette destruction, surtout face à des organisations armées qui savent parfaitement tirer parti du milieu humain et/ou physique pour se protéger.
     
     
    A moyen terme, ces mêmes campagnes aériennes par leur impact sur la population locale, souvent habilement instrumentalisé, ont plutôt contribué au renforcement des organisations qu’elles visaient.
     
    Par raisonnement inductif (une série de mêmes causes produisant toujours les mêmes effets) on pouvait donc facilement prédire que cette opération serait assez stérile. Les raisonnements inductifs peuvent être mis en défaut par des phénomènes de rupture, nous y reviendrons, mais pour l’instant tout ce passe comme prévu.
     
     
    Les 8 300 frappes aériennes de la Coalition ont permis d’aider les troupes irakiennes et surtout les Kurdes irakiens ou syriens à obtenir quelques succès locaux.
     
    Elles ont permis d’exercer une pression forte et de détruire plusieurs milliers d’objectifs matériels et de tuer des milliers de combattants (au coût moyen de 200 000 euros chacun). Il n’y a pourtant là, au bout de quatorze mois de guerre, rien de décisif.
     
     
    L’EI occupe de fait tout l’espace géographique qu’il pouvait occuper dans l’espace sunnite syro-irakien et la campagne fait, comme d’habitude, aussi office de sergent-recruteur.
     
    C’est dans ce contexte politique et militaire que la France, redevenue pleinement atlantiste, a découvert cette fois l’existence de l’Etat islamique et décidé de lui déclarer la guerre en rejoignant cette fois la nouvelle coalition dirigée par les Américains.
     
    On y est donc allé avec nos équipes de conseillers sur le terrain et nos douze avions de combat, parfois renforcés de l’aviation embarquée du Charles de Gaulle, tous remarquablement professionnels mais évidemment sans aucun espoir d’obtenir le moindre résultat vraiment important.
     
    A ce jour après quatorze mois de guerre (car, rappelons-le, il s’agit évidemment d’une guerre à partir du moment où il y a affrontement politique violent), la France a réalisé 300 frappes soit environ 4 % du total de la coalition au sein d’une opération, on l’a vu, globalement peu décisive.
     
    Si on en croit les chiffres du Pentagone, on peut donc estimer que nous avons tué entre 400  et 600 combattants ennemis, soit environ 1 % du total des effectifs armés, sachant que ces hommes ont pu être remplacés.
     
    Très clairement, l’intention annoncée de détruire Daesh n’était pas très sérieuse mais on se vantait d’être le deuxième contributeur de la coalition et de « peser». Au bout d’un an, on s’empressait de frapper aussi en Syrie pour pouvoir parler avec plus de force, croyait-on, à l’Assemblée générale de Nations-Unies.
     
    Nous étions partis en guerre la fleur au fusil, grosse fleur et petit fusil.
     
    Il est toujours délicat de jouer les gros bras quand on n’a plus de bras et il est singulier de constater que notre si ferme ministre des affaires étrangères est le même qui, vingt-cinq plus tôt, réclamait de toucher les « dividendes de la paix », autrement dit de réduire l’effort de défense, et même globalement de sécurité, pour faire quelques économies de court terme.
     
     
    On l’a dit et il ne faut pas cesser de le répéter, si on avait simplement poursuivi le même effort qu’en 1990 (qui n’était pas jugé écrasant à l’époque, autant que je me souvienne), c’est très exactement 37,4 milliards d’euros qui seraient dépensés en plus chaque année pour nos forces armées, nos forces de police et de gendarmerie, le renseignement intérieur et extérieur, les prisons, la justice et la diplomatie.
     
     
    Quelque chose me dit que les choses ne seraient pas tout à fait ce qu’elles sont, que notre sécurité intérieure serait peut-être mieux assurée et qu’au front nous aurions un peu plus de moyens pour peser non pas au sein de la coalition mais sur l’ennemi.
     
    On avait sans doute oublié, car ce n’était plus arrivé depuis longtemps (raisonnement stratégique inductif), que cet ennemi peut aussi ne pas se laisser faire et frapper à son tour durement ceux qui le frappent y compris sur le sol métropolitain et y compris en utilisant des traîtres. En termes d’effets stratégiques, l’Etat islamique, qui, il faut le rappeler, n’avait tué aucun Français avant que nous lui déclarions la guerre, est pour l’instant, gagnant.
     
     
    Section Dassault
     
    Nous voici donc maintenant coincés entre un humiliant retrait à la manière de la fuite de Beyrouth en 1984 et une extension du domaine de la lutte, avec des moyens militaires à la fois réduits par notre politique de défense et dispersés dans les rues des villes de France, les sables du Sahara et ceux du Levant, sans parler de déploiements toujours en cours de stabilisation et d’interposition.
     
    A force d’être partout on n’est vraiment nulle part.
     
    On reste tactiquement forts car nos soldats sont bons mais stratégiquement faibles car, visiblement, les décideurs qui les emploient et les déploient le sont moins.
     
    Le repli humiliant, je ne veux même pas l’évoquer tant les conséquences en seraient désastreuses. Cela n’est pas sérieusement envisagé pour l’instant, le désir de vengeance est encore trop fort et le coût de l’engagement militaire encore trop faible, et on notera le progrès en la matière par rapport aux « années Mitterand », la honte de ma génération de soldats.
     
    Ne reste que l’hypothèse de la victoire et là les choses sont complexes.
     
    Sur le front intérieur, la sécurité de l’arrière, les choses bougent. Espérons qu’on ira jusqu’au bout des réformes nécessaires et qu’on élimera enfin les sources de collaboration avec l’ennemi. N’étant pas spécialiste de sécurité intérieure, je n’en dirai pas plus.
     
    Sur la ligne de front, les options sont limitées.
     
    La première, que l’on peut baptiser « bombarder et espérer », consiste à simplement augmenter les doses de frappes, dans un premier temps à titre de représailles et pour montrer à tous sa détermination à poursuivre le combat, et à long terme en espérant sortir de l’induction et provoquer enfin une rupture stratégique.
     
     
    Ces ruptures, à la manière d’une avalanche, sont le résultat de dynamiques souvent peu visibles (ou plutôt peu vues). L’apparition de la guérilla sunnite en 2003, la résistance de Falloujah, la révolte mahdiste, la diffusion des images des exactions d’Abou Ghraïb, l’effondrement des forces de sécurité irakiennes créés par le département d’Etat (tout ça au cours du désastreux mois d’avril 2004), l’extension exponentielle de la guerre civile à partir de février 2006, l’échec de la sécurisation de Bagdad, la découverte que le sud afghan était tenu par les Talibans lors de l’engagement de l’ISAF à l’été 2006, voilà autant de ruptures stratégiques survenues depuis le début de la « guerre contre le terrorisme » et toutes négatives pour les forces coalisées.
     
     
    Hormis la capture de Saddam Hussein, en décembre 2003, une seule rupture a vraiment été positive : le retournement des groupes rebelles sunnites (le mouvement du réveil-Sahwa), qui, à la fin de 2006, ont finalement décidé de s’allier aux Américains pour en finir avec l’Etat islamique.
     
     
    Cet exemple est à retenir pour la suite.
     
    L’espoir est donc que la campagne indirecte affaiblisse suffisamment l’Etat islamique et renforce suffisamment ses ennemis pour obtenir un changement radical des rapports des forces.
    On peut décider pour cela d’augmenter le nombre de frappes, mais au risque de la pénurie de cibles (et de munitions).
    On peut surtout élargir la panoplie de nos moyens à notre disposition pour faire mal, autrement dit et pour revenir aux effets complémentaires évoqués plus haut, engager des hélicoptères d’attaque et même des forces de raids, spéciales ou d’infanterie légère, depuis la Jordanie, l’Irak, le Kurdistan irakien ou syrien.
     
    Cela implique bien sûr de faire prendre des risques à nos soldats mais dans cette guerre où, en quatorze mois, 100 % des pertes françaises sont civiles, on peut peut-être l’envisager. Quand on ne veut pas de pertes, on ne lance pas d’opérations militaires.
     
    Quand on veut gagner, on prend des risques. Des soldats tomberont mais l’Etat islamique souffrira beaucoup plus qu’il ne le fait actuellement.
     
    Bien entendu, si les Russes décident de s’engager vraiment contre l’EI et si les Américains élargissent aussi, ne serait-ce qu’un peu, le spectre de leurs moyens (c’est déjà le cas avec l’engagement d’avions d’attaque A-10 et quelques raids de forces spéciales), les effets seront multipliés.
     
    On peut espérer pour le coup rendre l’ennemi plus vulnérable à nos alliés locaux que l’on peut aussi renforcer. On a vu les limites des forces kurdes et surtout des milices chiites.
     
     
    Pour vaincre vraiment Daesh, comme en 2007, nous avons besoin des Arabes sunnites et c’est avec eux, je crois, que nous devons surtout faire alliance.
     
     
     
    World War S
     
    Reprenons les débats en cours. Pour certains, tous les groupes rebelles arabes sunnites présents en Syrie sont désormais tous radicaux, salafistes, frèristes ou djihadistes, et donc tous ennemis, actuels ou potentiels de la France. Il faut donc, selon eux, s’accorder sur la ligne de Bachar el-Assad et de la Russie considérant que ce sont tous des « terroristes » à combattre.
     
    Il convient de rappeler les fortes limites opérationnelles de cette vision. Outre que Bachar el-Assad a fortement aidé au développement de l’Etat islamique en Irak lors de la présence américaine, il a également largement aidé à les groupes djihadistes lors de la guerre civile, libérant notamment en 2011 tous les extrémistes présents dans ses prisons, comme par exemple Abou Moussab al-Souri, le théoricien de l’Administration de la sauvagerie. L’Etat islamique a, comme les Kurdes du Parti démocratique mais dans une moindre mesure, constitué un excellent allié de revers combattant bien plus les groupes rebelles syriens que le régime de Damas, dont il ne faut pas oublier qu’il reste de loin la plus grande organisation terroriste actuelle.
     
    Il convient de rappeler aussi que dans le combat des puissances occidentales et d’Israël depuis quinze ans contre les organisations armées de tout le grand Moyen-Orient, du Hezbollah au réseau Haqqani en passant par l’armée du Mahdi ou les brigades de la révolution de 1920, ces mêmes puissances militaires (au moins 80 %du budget militaire mondial) n’ont pas réussi à en détruire une seule. Le seul cas de réussite est justement l’étouffement de…l’Etat islamique lorsque les Américains ont cessé de voir dans les rebelles sunnites en face d’eux un simple conglomérat de terroristes et considérés qu’ils pouvaient avoir des raisons de combattre, telles que le nationalisme ou la défense de leurs droits dans un nouveau système qui les excluait, voire les opprimait.
     
     
     
    C’est ce double changement de vision politique (et un gros effort sur soi), de la part des Américains et des rebelles vis-à-vis des Américains (devenus adversaires plus respectables, et plus lucratifs, que les djihadistes), qui a permis le déblocage de la situation et sauvé, in extremis, les Américains d’un repli piteux.
     
    Donc quand François Fillon dit devant l’Assemblée qu’il ne faut pas s’ajouter des ennemis, il a raison. On s’est déjà ajouté l’Etat islamique alors que nous combattions déjà AQMI et al-Mourabitoune au Sahel. Il n’est pas forcément utile d’y ajouter Ahrar al-Sham, Liwa al-Islam ou Liwa al-Tawhid, sachant encore une fois que nous n’avons pas les moyens, sauf mobilisation générale, de vaincre une seule de ces organisations par forcément sympathiques mais qui n’ont qu’un agenda local.
     
    Nous verrons si ce n’est plus le cas. En attendant, ces groupes combattent aussi Daesh.
     
    Je ne parle pas ici du Front sud ou des Forces démocratiques syriennes, car, malgré l’action des monarchies du Golfe et ce qu’on peut en dire, il y a encore beaucoup de gens avec qui s’entendre sans se trahir à condition de prendre (vraiment) quelques risques avec eux.
     
    Les groupes rebelles sunnites et même l’Etat islamique ne sont pas nées de rien (ou d’une pulsion soudaine de détruire le monde) et ne subsistent pas sur rien. T
     
     
    ant que la population arabe sunnite d’Irak et de Syrie, avec la sympathie de celle des autres pays, se sentira, non sans de bonnes raisons, opprimée par les régimes de Damas et de Bagdad et bombardée par le reste du monde, la rébellion subsistera et parmi elle une tendance djihadiste forte…car justement forte. `
     
     
    L’EI avec ses délires et son intransigeance n’est pas forcément apprécié mais il a su convaincre des tribus, des mouvements et des individus qu’il était un bon protecteur dans cette « guerre mondiale contre les Sunnites » et même un administrateur honnête dans un océan de corruption.
     
     
    Bombarder l’Etat islamique, tenter de l’étouffer économiquement (mais deux-tiers de ses ressources sont locales) c’est bien mais s’attaquer aux causes de sa force, c’est encore mieux.
     
    Pendant la guerre du Rif, Abd el-Krim a été vaincu par la France par la conjonction d’une forte pression militaire (100 000 soldats déployés avec des moyens puissants) et d’une diplomatie locale visant à déconstruire les allégeances autour de lui.
     
    Dans la guerre en cours, on attend toujours ce qui est proposé aux Arabes sunnites. C’est pourtant certainement plus efficace que d’ajouter une croisade (les avions russes sont paraît-il bénis par les popes, ce qui doit faire le bonheur des communicants de l’EI) à un conflit régional entre l’axe chiite et les Arabes sunnites.
     
     
    Dépassons donc un peu le cubisme stratégique avec ses blocs de « il faut » (« s’allier aux Russes », « une coalition internationale », « une intervention au sol », « intensifier les frappes », « détruire le trafic de pétrole », etc.) par un peu de pointillisme s’appuyant sur la connaissance de la politique locale et des moyens de jouer dessus avec nos instruments de puissance.
     
    On a l’impression que les guerres en Afghanistan et en Irak ne nous ont rien appris.
     
    Au bilan, en excluant l’hypothèse que nous convaincrons le monde entier de nous suivre sur les rives du Tigre et de l’Euphrate (nous ne sommes pas les Américains), deux options me paraissent réalistes pour la France :
     
    Continuer les frappes aériennes en espérant une rupture dont nous ne serons que très indirectement les initiateurs et qui nous sera favorable.
     
     
    Si cette fracture ne nous est pas favorable ou s’il ne se passe rien de nouveau, la posture sera suffisamment légère pour pouvoir se désengager après un délai décent et en disant que nous avons suffisamment puni l’ennemi.
     
    Engager la division aéroterrestre prévue par le Livre blanc en périphérie de l’Etat islamique, y mener une guerre de corsaires en diversifiant les moyens d’attaque et faire de la diplomatie locale, sans sous-traiter aux monarchies du Golfe.
     
     
    Appuyer au mieux les forces locales, en particulier les Arabes sunnites quitte à les intégrer dans des Légions arabes à encadrement français qui iront planter les drapeaux à Raqqa et Deir ez-Zor, voire à Mossoul. En 2007, pour 10 % du prix de la campagne aérienne en cours, les Américains avaient engagé 120 000 « fils de l’Irak », à 80 % sunnite, et les avaient intégrés dans leurs rangs en particulier à Bagdad. Ils ont alors gagné contre l’Etat islamique.
     
    Dans tous les cas, l’effort s’exercera sur la durée, il impliquera une profonde réflexion (et action) sur l’évolution politique de la région. Ses conséquences sur la société française seront sans doute aussi considérables.
     
     
    On ne pourra échapper à une remontée en puissance des moyens de l’Etat.
     
    C’est toute une idéologie et une gestion des ressources du pays à repenser, au profit de la sécurité, au détriment de l’ouverture, au profit de l’action régalienne au détriment d’une action sociale qui faudra, au moins, mieux gérer.
     
     
    La guerre contre le djihadisme marque probablement la fin d’une forme de mondialisation pour la France.
     
     
     
     
     
    Source : lavoiedelepee, 26-11-2015

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    Source : Libération, 25-11-2015

    Un Rafale sur une base militaire du Golfe, le 17 novembre. Photo Karim Sahib. AFP

    Pour Dominique de Villepin, accepter la guerre, en France comme au Moyen-Orient, c’est accepter la fuite en avant.

    Alors que Daech cherche méthodiquement à créer les conditions d’un conflit généralisé, répondre par les armes équivaut à éteindre un incendie au lance-flammes.

    Je refuse de vivre dans le monde que veulent nous imposer les terroristes. C’est pourquoi je veux que nous nous donnions les moyens de décider nous-mêmes de notre avenir, forts du courage et de l’exemple de tant de nos compatriotes à l’occasion des attentats de Paris et Saint-Denis.

    La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables. Quelle est, en effet, la stratégie de Daech ? Elle est double et il faut savoir la prendre au sérieux pour la combattre.

    Premièrement, les hommes de Daech cherchent à susciter la guerre civile en France et en Europe, à monter les populations contre les musulmans, français, immigrés ou réfugiés.

    C’est ce qu’ils visaient en attaquant Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. C’est ce qu’ils confirment par la violence aveugle et sauvage du 13 novembre.

    En nous lançant à corps perdu dans la restriction des libertés individuelles ou dans la suspicion généralisée envers l’islam à travers une laïcité de combat traquant barbes et voiles, nous leur donnerions le choix des armes.

    Notre force, c’est notre Etat de droit et c’est la fidélité à nos principes, c’est l’équilibre et la mesure, en utilisant avec fermeté tous les moyens d’enquête et de poursuite de notre Etat, en mobilisant ses forces de sécurité et de défense.

    Qu’il faille des mesures exceptionnelles pour faire face à l’urgence, je le crois. Mais méfions-nous de l’état d’urgence permanent et de la surenchère sécuritaire qui, je le crains, va dominer notre vie politique pour plusieurs années.

    On voudra toujours plus de fermeté vis-à-vis des étrangers et on n’obtiendra que le ressentiment.

    On voudra, de façon préventive, une lutte de plus en plus dure contre la délinquance, notamment dans les banlieues, et on obtiendra la criminalisation d’une frange de la société et l’incitation à la radicalisation.

    On voudra le contrôle accru de l’expression des religions et on n’obtiendra que la radicalisation de l’islam des caves. Bref, nous serons un pas plus proche de la guerre civile. Et nous aurons renié les libertés mêmes que les terroristes ont voulu attaquer.

    Deuxièmement, Daech cherche méthodiquement à créer les conditions de la guerre généralisée au Moyen Orient. Regardons les mois écoulés. L’organisation cessait de progresser en Irak et en Syrie. En quête d’un appel d’air, elle a multiplié les attentats hors de sa zone de contrôle.

     

    En Tunisie, pour fragiliser la transition démocratique, entraîner la répression et la récession, marginaliser un islam politique qui n’est pas son allié ; en Egypte, pour durcir la persécution de tous les opposants au régime et les pousser davantage vers le jihadisme et pour entraîner la Russie plus avant dans l’engagement au sol avec les forces de Bachar al-Assad ; au Liban, pour déstabiliser un pays fragilisé par plus d’un million de réfugiés syriens ; en France, enfin, pour susciter une alliance militaire tout-sauf-Daech qui unirait les forces du régime syrien, de l’Iran, des Occidentaux dans une lutte qui nourrirait le sentiment victimaire des populations sunnites.

     

    Dans quel but ?

     

    La chute des régimes politiquement fragilisés, comme l’Arabie Saoudite, avec en ligne de mire la conquête symbolique des lieux saints. Daech place ses pions méthodiquement et les meilleurs ne sont pas dans le territoire qu’il s’est taillé, ils se trouvent dans l’expansion du conflit vers l’Afrique sahélienne où l’organisation noue des liens avec les islamistes locaux, vers le Caucase et l’Asie centrale et vers l’Asie du Sud-Est, notamment au Bangladesh. Regardons aussi la stratégie de Daech au Proche-Orient, où il se prépare peu à peu à agir à Gaza et en Cisjordanie, pour usurper la cause palestinienne, l’un des plus puissants vecteurs de ressentiment parmi les populations musulmanes.

    Dans ce contexte, répondre à l’attaque par la guerre, c’est éteindre un incendie au lance-flammes. Après vingt ans d’échec des opérations de paix des Nations unies, après dix ans d’interventions militaires occidentales désastreuses, la clé, c’est d’inventer une nouvelle forme d’intervention de paix, articulant d’une façon inédite outils militaires et instruments diplomatiques, au service d’objectifs précis avec des moyens de coordination efficaces. Rien de tout cela n’existe aujourd’hui.

    Soyons lucides aussi sur la solitude de la France en dépit des protestations de solidarité. Les Européens ne s’engagent que du bout des lèvres de peur d’être ciblés à leur tour, les Américains ne rêvent que de désengagement ; la Russie a ses propres objectifs, parmi lesquels Daech n’est pas forcément la priorité ; la Turquie joue sur plusieurs tableaux, comme les Etats du Golfe et l’Iran. Sabre au clair et seuls sur le champ de bataille, quelles seront nos marges de manœuvre ?

    Dire que la solution est politique, cela ne signifie pas que la lutte ne doive pas être sans merci. Cela veut dire qu’elle doit être efficace. Les militaires sont les premiers à le dire : une guerre sans stratégie politique, c’est au mieux un coup d’épée dans l’eau. Il faut au contraire une lutte chirurgicale, appuyée par des frappes aériennes ciblées et avant toute éventualité d’un engagement de troupes régionales au sol, pour couper les canaux alimentant les trois flux qui maintiennent en vie l’Etat islamique : l’argent, les idées et les hommes.

    L’argent en s’attaquant en priorité aux transferts financiers par la coopération bancaire et fiscale, aux ressources propres en frappant les puits de pétrole à leurs mains et les intermédiaires qui vivent, dans la région, du trafic d’armes, d’antiquités, d’êtres humains. Pour tout cela, les frappes militaires peuvent être utiles, mais ne seront pas suffisantes.

    Couper les canaux diffusant l’idéologie jihadiste, c’est agir sur la propagande en mettant tous les moyens nécessaires pour agir contre le cyberjihad, contre la circulation de vidéos qui donnent à certains jeunes en mal d’autorité, d’idéal et d’aventure l’image d’un héros certes négatif, mais total, à la fois bourreau et martyr, victime absolue et terreur de ceux qui l’avaient méprisé.

    Couper l’alimentation en hommes, en sécurisant la frontière syrienne, pour étouffer les territoires de Daech notamment aux abords de la Turquie, où s’est créé un grand no man’s land, et y créer une zone humanitaire internationale permettrait à la fois de réguler les flux de réfugiés, d’y améliorer les conditions de vie et de surveiller entrées et sorties sérieusement. S’attaquer au recrutement, cela signifie, dans notre propre pays, prévenir la contagion en identifiant les parcours menant à la dérive islamiste, en luttant contre les prêcheurs de haine, mais aussi en assainissant le terreau de rejet, de discrimination et de pauvreté que constituent certaines de nos banlieues.

     

    Et cela passe par un grand travail de justice et d’unité nationale, recoudre ensemble les territoires et rapprocher les hommes, d’abord par l’école.

    Dans les prisons également, le travail de prévention, d’identification et de déradicalisation est immense.

    Cela signifie également empêcher la contagion dans les opinions sunnites en ne donnant pas le spectacle d’une alliance antisunnite et en appuyant les Etats du Golfe quelles que soient nos réserves légitimes. Le vide du pouvoir y serait aujourd’hui pire que tout. Imaginons, avec les fortunes qui y sont accumulées, ce que serait une Arabie transformée en nouvelle Libye au nom du changement de régime.

    Tout cela suppose une coordination des politiques de renseignement et judiciaires. Cela nécessite une diplomatie qui n’a pas pour but de négocier avec l’Etat islamique – qui le souhaiterait ? – mais de créer une légitimité internationale et une action collective.

    Aujourd’hui, les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies sont des victimes directes du terrorisme islamiste. Souvenons-nous du 11 Septembre et de Londres, mais aussi de Beslan et de Kunming.

    Aujourd’hui, plus des deux tiers de l’humanité sont des cibles avérées du terrorisme islamiste, en Inde, en Amérique du Nord, en Asie, en Asie du Sud-Est. Pourtant, où est la stratégie mondiale ? Où est la communauté internationale ?

    Une résolution aux Nations unies ne suffira pas. Il faut parler à Moscou, mais aussi à Pékin. L’Occident seul n’aura pas les moyens de dire non au terrorisme.

    Il faut forcer la main aux Etats de la région pour qu’ils dépassent rancœurs et arrière-pensées et qu’ils organisent un équilibre régional et une architecture de sécurité permanente, comme l’a fait la conférence d’Helsinki en 1975 dans l’Europe de la guerre froide.

    C’est vrai avant tout pour l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui s’affrontent par satellites interposés dans toutes les guerres de la région, en Syrie comme au Yémen. C’est vrai aussi pour la Turquie, rétive à se ranger dans le même camp que les combattants kurdes.

     

    Accepter la guerre, c’est accepter la fuite en avant. Il faut bien tirer les leçons de l’expérience. Le 11 septembre 2001, nous étions tous derrière une Amérique frappée au cœur.

     

    L’administration Bush a alors choisi dans les premières heures le mot d’ordre de la guerre au terrorisme parce qu’elle donnait l’illusion de la riposte. Ils se sont ainsi enlisés en Afghanistan puis jetés dans l’aventure de l’Irak en 2003. Ils ont largement affaibli Al-Qaeda, mais au prix de la naissance de Daech, qui unit d’anciens combattants d’Al-Qaeda à d’anciens officiers baasistes, sur fond d’humiliation des populations sunnites d’Irak.

    Ce n’est pas seulement une page d’histoire, mais aussi un avertissement pour la France. Ayons la force de ne pas commettre les erreurs qui élargiront encore davantage le cercle de l’horreur.

    Dominique de Villepin Ancien ministre des Affaires étrangères et ex-Premier ministre

    Source : Libération, 25-11-2015


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    Mosquée al-Azhar, l'université des égorgeurs, du terrorisme et de la taquiya

    L'Université des terroristes et des égorgeurs: 

     
    Créée en 972 de l'ère chrétienne, la mosquée al-Azhar est la plus prestigieuse des universités du monde sunnite.
    Même les universités de la Mecque et de Médine, implantées pourtant dans les deux "lieux saints de l'islam", n'atteignent pas la notoriété d'al-Azhar.
     
     
    Les plus grands islamologues et ulémas musulmans sont diplômés de cette école. 
     
    L'affiche ci-dessous, éditée par le Hamas, nous montre quelques uns des personnages "historiques" diplômés de cette université: 
     


    • Hassan al-Banna, co-fondateur des Frères musulmans. Pas besoin de le présenter, juste rappeler qu'il est un de ceux qui attribuent au coran un rôle hégémonique: pour lui, l'islam englobe tous les domaines, qu'ils soient individuels, collectifs, privés ou publics. Son petit-fils, Tariq Ramadan, est lui aussi diplômé d'al-Azhar.

     

    • Cheikh Yassine, partisan du djihad total contre les juifs, "jusqu'à leur éradication".
    • Cofondateur du Hamas, ce mouvement dont l'activité préférée est de tirer des missiles et des roquettes sur les civils israéliens. Il est également le père des attaques-suicides contre les civils israéliens. Avant d'être tué par Tsahal, il appelait les Palestiniens au djihad: "Les dirigeants du Hamas veulent être des martyrs et n'ont pas peur de la mort".

     

    • Abdullah Azzam, activiste et prédicateur palestinien. Un des conspirateurs de l'attentat du World Trade Center de 1993. Pour lui, "La première obligation après la foi, c'est le djihad". Il est considéré comme le père spirituel de ben Laden. Dans ses incitations au djihad, il mettait en avant les récompenses promises par Allah au martyr: l'absolution de tous ses péchés, la permission d'emmener au paradis d'Allah 60 membres de sa famille et la récompense suprême, les 72 vierges.
    • Pour lui, le djihad est une obligation pour chaque musulman, "jusqu'à ce que toutes les autres terres musulmanes soient libérées de l'occupation : nous attendent ainsi la Palestine, les Philippines, le Cachemire, le Liban, le Tchad, l'Érythrée, la Birmanie, etc".
    • Izz al-Din al-Qassam, un des pères de la résistance palestinienne."Héros" précurseur du terrorisme palestinien, il a laissé son nom à la branche armée du Hamas: les "Brigades Izz al-Ddin al-Qassam". Les roquettes tirées depuis Gaza sur les villages du sud d'Israël portent également son nom.

     

     

    D'autres "grandes célébrités" sorties d'al-Azhar: 

     

    • Youssef al-Qaradawi: star médiatique du monde musulman et protégé par "notre ami" l'émir du Qatar [1], il est le plus influent imam du sunnisme.
    • Connu pour son antisémitisme et ses appels au djihad, il a justifié le recours aux attentats suicides contre Israël. Il a déclaré, en explication du verset "bats ta femme" (4:34): "[...] il lui est permis de la battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d'éviter le visage ou d'autres parties sensibles.
    • En aucun cas il ne pourra user d'une canne ou d'aucun autre instrument pouvant causer de la douleur ou la blesser".
    • À propos des homosexuels, il a dit qu'il est "nécessaire d'épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu'à la perte de l'humanité".

     

    • Omar Bakri Muhammad, imam "radical", un des leaders du mouvement djihadiste britannique jusquà son bannissement de Grande-Bretagne. Pour lui, les auteurs du 11 septembre 2001 sont "magnifiques". Il sévit aujourd'hui au Liban.
    • Omar Abdel Rahman "le cheikh aveugle", chef spirituel de l'organisation terroriste Gamaa al-Islamiya. Purge une peine à perpétuité dans un pénitencier des États-Unis. Ami d'Abdallah Azzam.
    • Salah Khalaf, co-fondateur avec Yasser Arafat du Fatah et chef de l'organisation Septembre Noir.

     

     
    Voila ce que cette école réputée a produit de "meilleur". Des personnes qui ont apporté au monde non pas ce qu'on attend généralement d'une grande école: des savants, des philosophes, des écrivains, des médecins.
    Tout le contraire: des gens qui n'ont laissé derrière eux que la culture de la mort, du sacrifice et de la désolation, comme le fait l'islam depuis 14 siècles.
     
    Ces tristes personnages ont semé la haine contre les non-musulmans, notamment contre juifs et chrétiens, ils ont apporté avec eux la culture du sang et de la mort, l'endoctrinement qui pousse au meurtre, la haine de la vie et l'amour de la mort.
     
    C'est tout ce que la plus grande des écoles de l'islam a été capable de produire. Et d'aucuns voudraient nous faire croire que l'islam n'est pas la cause de tous les massacres, de toutes les tueries que ceux-là même qui les commettent font aux cris de "Allahu akbar"?
     
    Al-Azhar est considérée comme la voix qui fait autorité dans le monde musulman. Et vous allez encore penser qu'il peut y avoir un "islam modéré"? 
     

    L'université de la taqiya

     
     
    Il est naturel que l'actuel dirigeant d'al-Azhar soit aussi le champion de  la taqiya. Après les attentats de Paris, le "savant" le plus écouté du monde musulman, qui fait autorité auprès du milliard et demi de sunnites, a fait comme tout ce beau monde qui s'est précipité sur les micros de tous les médias pour claironner la rengaine "l'islam-ce-n'est-pas-ça" en disant qu'il faut "dissocier l'islam des attaques terroristes".Seulement, il est trahi par toutes ses déclarations antérieures, parmi lesquelles celles-ci:

    1° Al-Azhar: les tueurs du pilote [de l'armée d'Assad] doivent être "tués, crucifiés, ou amputés bras et jambe opposés"
     
    La punition est mentionnée ainsi dans le coran. Mais la condamnation de cet acte ne porte pas sur le fait qu'un homme ait été tué de manière horrible mais sur la manière: plusieurs hadiths mentionnent que seul Allah peut punir par le feu [2].
     
    Donc, ce ne sont pas du tout des motivations humanitaires dictées par le dogme amour-paix-tolérance, mais uniquement une question de respect de ce dogme: il y a des manières halal de tuer et d'autres non halal... et ce qui est condamné est la manière non halal.


    2° Al Azhar favorise l'assassinat des chrétiens et des infidèles

    Al Azhar continue d'encourager l'hostilité et l'agressivité envers les chrétiens et incite même à les assassiner. Dans une brochure qu'elle a édité et qu'elle diffuse gratuitement, on peut y lire à la fin de chaque page cette phrase: "Quiconque n'est pas croyant [quiconque est infidèle], coupez-lui la tête".



    L'imam d'al-Azhar critique "l'ingérence" du pape qui a demandé aux dirigeants de l'Égypte de mettre fin à la persécution des chrétiens


    Pour lui, dénoncer les crimes de l'islam est une "ingérence dans les affaires intérieures" de son pays. C'est une manière de dire que l'assassinat de chrétiens par des musulmans est légitime et que personne ne peut l'empêcher ou simplement le critiquer. 



    4° Al-Azhar distribue gratuitement une brochure destinée à discréditer le christianismeavec le message "religion de l'échec"

    Un livre rempli d'attaques directes contre le christianisme en général et les coptes égyptiens en particulier, et dans lequel le christianisme est considéré comme une "religion qui a échoué", alors que l'islam est salué comme la seule vraie religion, la religion supérieure, la religion de vérité.



    5° Le cheikh d'Al-Azhar justifie l'antisémitisme sur la base du coran

    Il n'a pas de mal à justifier cet antisémitisme, puisque le coran est rempli de versets haineux envers les juifs, qui sont comparés à plusieurs reprises à des singes. Des dizaines (des centaines?) de hadiths demandent aux musulmans de les éradiquer de la surface de la Terre [3].


    6° Al Azhar refuse de dénoncer l'État islamique comme "non-islamique"
     
    Pour la bonne raison que l'État islamique est le plus islamique de tous les États musulmans sunnites. Les autres, les 57 pays membres de l'OCI, se tiennent (provisoirement, espèrent-ils) en retrait car ils savent qu'ils n'ont pas encore les moyens de s'imposer par la force. Mahomet leur a dit de faire le dos rond tant qu'ils ne sont pas en position de supériorité [4]
     
     
      

    Après avoir demandé pourquoi al-Azhar, qui a l'habitude de dénoncer les penseurs laïcs comme non étant non islamiques, refuse de dénoncer l'État islamique comme non islamique, Cheikh Nasr, diplômé d'al-Azhar, a déclaré:
     
    "Il ne peut pas [condamner l'État islamique comme non islamique]. L'État islamique est un sous-produit des programmes de al-Azhar.
    Alors al-Azhar peut-il se dénoncer lui-même comme non-islamique? Al-Azhar dit qu'il doit y avoir un Califat [mondial] et que c'est une obligation pour le monde musulman [d'établir ce Califat].
    Al-Azhar enseigne que la loi sur l'apostasie est de tuer l'apostat.
    Al-Azhar est hostile envers les minorités religieuses et enseigne qu'on ne doit pas construire d'églises, etc. Al-Azhar soutient l'instauration de la jizya [impôt de soumission, de capitation, payé par les dhimmis].
    Al-Azhar enseigne aux gens comment pratiquer la lapidation. Alors est-ce que al-Azhar peut se dénoncer comme non-islamique?"
     
    Question: est-ce que l'enseignement prodigué par les imams de France (et d'Europe) est le même que celui de la plus prestigieuse université sunnite, donc contraire aux valeurs et aux lois européennes? La réponse est: Oui, il ne peut pas en être autrement. 
     

    Voila pourquoi il faudra s'attendre à d'autres attentats, aussi sauvages ou plus, aussi mortels ou plus, partout en Occident.
     
    Conséquence logique du laxisme des dirigeants, qui ont laissé se multiplier les fabriques de terroristes que sont les mosquées. 
     
    ************************
     
    [1] L'émir du Qatar, grand ami de la France, que ce soit sous Sarkozy comme sous Hollande. Avec les Saoudiens, il est le principal bailleur de fond du terrorisme international. Dernier paradoxe: propriétaire du club de foot PSG, dont les joueurs ont adopté des maillots portant l'inscription "Je suis Paris". 
    Lire aussi mes posts de juin 2013:
     
     
    [2] Selon plusieurs hadiths, "il ne convient à personne de punir en utilisant le feu , si ce n’est le seigneur du Feu [Allah]". Ce qui, par extrapolation, a conduits certains autres "savants" musulmans à décréter des fatwas comme celle interdisant de tuer les moustiques avec "des appareils électriques qui brûlent".
     
     
    [3] Par exemple, ce hadith unanimement reconnu par les "savants" islamiques comme authentique : 
    Le messager d'Allah a dit: "Le jour ne se lèvera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs, au point que le juif se cachera derrière les rochers et les arbres. Les rochers et les arbres diront alors: «Ô musulman! Voici derrière moi un juif, viens le tuer». Sauf un arbre épineux de Jérusalem nommé gharqad. C'est en effet un arbre appartenant aux juifs".
     
     
    [4] Exégèse du verset 3:28 par at-Tabari ("Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d'Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d'eux"): "Si vous êtes sous l'autorité de non-musulmans et craignez pour vous-mêmes, conduisez-vous avec une apparence de loyauté envers eux, par la parole, tout en conservant votre hostilité à leur égard par devers vous […]. Allah interdit aux croyants de se montrer amical ou intime avec les infidèles, sauf si les infidèles les dominent. Dans ce cas précis, qu'ils se comportent amicalement avec eux tout en préservant leur religion".
     
    À l'inverse, quand les musulmans sont en état de supériorité, le coran est catégorique: "Ne faiblissez donc pas et n'appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts, qu'Allah est avec vous, et qu'il ne vous frustrera jamais [du mérite] de vos oeuvres" (47:35). 
     


    Source et Publication:  apostat-kabyle.blog

    26/11/2015

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    Qui connaît Albert Séverin Roche, héros d’entre les héros ?
    À l'heure où la France a plus que jamais besoin de ses soldats pour la protéger, il serait temps que son peuple les honore et aillent chercher, dans son histoire, le véritable sens des mots.
     
    Entrepreneur
     
    Le PSG du Qatar

    Le 27 novembre 1918, le maréchal Foch présentait au pays son libérateur, le premier soldat de France, Albert Séverin Roche. 97 ans plus tard, qui connaît son histoire ou tout simplement son nom ?

     

    À Paris, il y a des places Dalida et Claude-François, un jardin Mandela…

     

    Nos élites aiment bien honorer les artistes, les grands noms étrangers, mais rarement nos héros sans grade.

    Albert est de ceux-là. Petit et chétif, il fut considéré comme inapte au combat lors de la grande mobilisation, mais malgré cela, il s’engagea volontairement en 1914, l’année de ses 19 ans.

    D’incroyables histoires de bravoure jalonneront ses quatre années de front, pendant lesquelles il capturera 1.180 soldats allemands, sera blessé à 9 reprises et apprendra l’anglais, l’allemand et l’arabe auprès de ses compagnons de tranchée.

     

    Eh oui, il fut un temps, pas si lointain, où Français de souche et musulmans se battaient côte à côte pour la sauvegarde de la France éternelle.

    Un de ses plus improbables faits d’armes fut lors d’une mission de reconnaissance, où il sera capturé avec son lieutenant qui venait de prendre une balle.

    Pendant son interrogatoire, il réussira à tuer ses geôliers, à prendre leurs armes, à capturer 40 Allemands et, au passage, à récupérer son lieutenant pour rentrer avec lui sur le dos.

    Alors qu’il ne reçut jamais la moindre médaille durant la guerre, lorsque le maréchal Foch apprit son histoire (il était une légende dans les tranchées), il lui décerna tous les honneurs et le titre de premier soldat de France.

     

     

    Lorsqu’il rentra chez lui en 1925, après avoir notamment rencontré le roi d’Angleterre, il deviendra d’abord cantonnier avant d’être affecté à la brigade des pompiers locaux.

    Il trouvera l’amour et découvrira le bonheur d’être père, une vie simple pour un homme d’exception.

    Il mourra à l’aube de la débâcle, en 1939, à l’âge de 44 ans, fauché à la descente du bus par la voiture de l’ancien président de la Troisième République Émile Loubet.

    Les amateurs de comics reconnaîtront sans doute l’histoire de Captain America, figure mythique de la culture américaine.

    Normal : de l’autre côté de l’Atlantique, ils se sont inspirés de son histoire pour créer le symbole de l’Amérique combative et patriote ; chez nous, il est un illustre inconnu.

    Albert Séverin Roche, homme dont il est difficile d’imaginer condition plus modeste, héros d’entre les héros, n’a pas une rue en France à son nom, juste un petit buste en bronze dans son village natal.

    Les médias utilisent fréquemment le mot « courage » pour qualifier nos politiciens. « Christiane Taubira : forte et courageuse », titrait Marie-Claire. Je les emmerde ! Le courage, le vrai, a un nom.

     

    Un nom que nos politicards cherchent à nous faire oublier pour ne pas souffrir de la comparaison.

    À l’heure où la France a plus que jamais besoin de ses soldats pour la protéger, il serait temps que son peuple les honore et aillent chercher, dans son histoire, le véritable sens des mots.

     
    Bd Voltaire

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    Nous continuons à vous donner différents regards sur la crise syrienne, qui ne sont pas forcément convergents…

    À vous de vous faire votre opinion…

    Source : geopolitique-geostrategie, jean-bernard-pinatel 20-11-2015

    Général (2S) Jean-Bernard PINATEL

    Paris, le 16 novembre 2015

    J’étais à Damas vendredi soir avec une importante délégation française composée notamment de cinq députés courageux et de quelques représentants non moins courageux de la « société civile », tous concernés par la situation de la Syrie aux avant-postes de la guerre contre « l’état islamique », quand est tombée la cascade de nouvelles tragiques nous parvenant de Paris où « Daech » venait de déclencher une suite d’attentats terroristes sans précédent contre la France et le peuple français.

    Cette attaque terroriste, nous savions tous qu’elle aurait lieu mais nous n’en connaissions bien sûr ni l’heure ni le lieu, ni la forme ni l’ampleur qu’elle prendrait.

    Le lendemain matin, la délégation française qui était arrivée en Syrie le mercredi précédent afin de s’informer sur le terrain de la situation, notamment celle des minorités chrétiennes, a été reçue dans un climat de grande franchise par le Président Bachar El Assad en personne.

    Avec gravité et simplicité, celui-ci nous a présenté ses condoléances à l’intention des familles éprouvées et du peuple français ; il nous a dit aussi que nul n’était mieux placé que lui pour comprendre le drame que constituaient ces attaques faisant tant de victimes innocentes, tant la Syrie est en effet elle-même confrontée depuis cinq ans à des tragédies quotidiennes de cette nature.

    Ce voyage en Syrie nous aura permis de rencontrer la quasi-totalité des autorités religieuses, du grand Mufti de Syrie au représentant du Patriarche syriaque-orthodoxe en passant par le Cheikh Hekmat Al Hajri, chef spirituel des Druzes de Syrie, mais aussi des autorités politiques du pays, du président du Conseil du Peuple syrien (l’équivalent de notre Assemblée nationale) au Président de la République arabe syrienne, en passant par un ou deux ministres ainsi que de nombreux députés, appartenant à toutes les confessions.

    Il nous aura aussi permis de rencontrer de nombreux représentants de la société civile (dont de nombreux chrétiens), le président et les membres de la Chambre de commerce syrienne, des dirigeants de sociétés, des médecins et chirurgiens, le directeur des musées de Syrie…etc.

    Enfin, nous aurons effectué trois visites très particulières :

    – Celle du village martyr de Maaloula, à 60 kilomètres au nord-est de Damas, où les habitants chrétiens ont été attaqués, violentés, chassés par les hordes sauvages du groupe islamiste Al Nosra qui en ont pris le contrôle de longs mois durant, de septembre 2013 à avril 2014, tuant, assassinant, pillant, brûlant, enlevant même des religieuses mais aussi des jeunes chrétiens (Trois d’entre eux, s’ils sont toujours en vie, sont toujours aujourd’hui entre leurs mains). Ce que j’ai vu à Maaloula, les graves dommages causés aux très anciens monastères de Saint Serge – Saint Bacchus et de Sainte Thècle, les icônes volées ou bien dégradées par haine du christianisme, les souffrances infligées aux habitants par ces nouveaux barbares …m’a rappelé étrangement ce que j’ai moi-même vu au Kosovo et Métochie en 1999 où l’UCK persécutait les moines et moniales orthodoxes et brûlaient leurs monastères et leurs églises, tuait, enlevait, torturait les civils serbes, cherchant obstinément à faire du passé table rase.

    Réaliser, comme nous l’ont rappelé les chrétiens rencontrés sur place, que ce fameux groupe islamiste Al-Nosra n’est autre que celui que le gouvernement français a choisi de soutenir en lui fournissant armes et munitions a de quoi susciter quelques interrogations très fortes !

    Comment avons-nous pu, nous la France, nous fourvoyer de cette sorte ? Au nom de quelle cause, au nom de quel principe avons-nous pu ainsi aider ces barbares, ces terroristes qui s’en prennent aux populations innocentes, de préférence d’ailleurs quand elles sont chrétiennes ?

    Il faudra bien que des réponses claires soient données un jour.

    Pour la vérité de l’Histoire et l’Honneur de la France.

    Puis, nous avons visité l’hôpital militaire de Tichrine à Damas. Le plus grand hôpital militaire du pays. Nous y avons vu de nombreux blessés, rescapés des rudes combats que mène l’armée syrienne contre les bandes islamistes, qu’elles se revendiquent d’Al-Nosra ou de Daech, peu importe d’ailleurs, car comment en effet faire la différence « entre bonnet vert et vert bonnet » ?

    Nous y avons vu ces jeunes conscrits syriens dont certains sont dans leur cinquième année de service, marqués dans leur chair, devenus infirmes pour certains, mais tous frappés dans leurs âmes et dans leurs esprits par les horreurs auxquelles ils ont été confrontés.

    Nous y avons vu aussi le bien triste résultat de l’embargo pratiqué sur les médicaments et autres matériels médicaux indispensables au diagnostic et traitement des blessés de guerre…
    Enfin nous nous sommes rendus à l’hôpital français de Damas, l’hôpital Saint Louis, dirigé par une jeune religieuse libanaise à la Foi rayonnante, sœur Lamia, et servi par une équipe exceptionnelle de médecins, de religieuses, d’infirmières et de personnel de soutien.

    Cet hôpital est situé à quelques centaines de mètres du réduit islamiste du quartier de Jobar. Il en reçoit régulièrement son quota d’obus. Mais surtout, dans une ambiance de tension extrême, d’où la conscience du danger n’est jamais absente, il fait un travail extraordinaire, avec de quasi bénévoles, dans un état de grand dénuement en médicaments et produits de première nécessité…Il sauve, traite, soigne, en particulier des enfants, de toutes confessions.

    Mais il faut reconnaître que les enfants chrétiens sont particulièrement nombreux parmi eux. Il faut dire qu’Al-Nosra les vise tout particulièrement, comme ce jeudi dernier 12 novembre où une attaque à la bombe est déclenchée contre un bus scolaire transportant des écoliers quittant leur école. Bilan : 27 enfants morts ou blessés, estropiés à vie, ayant qui perdu deux jambes, qui perdu un œil, du fait des attaques terroristes de ces barbares… mais qui donc cela intéresse-t-il ailleurs qu’en Syrie ?

    En remettant en perspective cette visite de quelques jours en Syrie, confrontés à la réalité de sa situation mais aussi de la nôtre aujourd’hui en France, il ressort clairement quelques enseignements élémentaires :

    – d’abord que notre politique étrangère, anti-syrienne et antirusse, totalement inféodée aux Etats-Unis et à l’Union Européenne son fidèle vassal, est totalement à revoir. C’est dans le nord de la Syrie et de l’Irak que se situe aujourd’hui « l’empire du Mal ». C’est donc là que nous devons frapper : à la source.

    Mais jusqu’à présent notre obstination à vouloir frapper Daech (d’ailleurs assez timidement lorsqu’on compte le nombre d’interventions sur un an de notre aviation de chasse : moins de 260, pas même une par jour !) tout en soutenant activement Al-Nosra afin de faire chuter à tout prix le régime syrien, a surtout souligné notre grande incohérence!

    – Les Russes depuis le début de leur intervention récente, parce qu’ils sont déterminés et qu’ils y mettent les moyens (40 sorties/ jour en moyenne), mais aussi parce que leur aviation agit en coordination avec les troupes au sol, celles de l’armée syrienne et celles de ses alliés iraniens et du Hezbollah, ont une efficacité de très loin supérieure.

    Les faits sont là :

    – En un an d’intervention alliée en Syrie et en Irak, Daech a continué à progresser et à s’étendre inexorablement.
    – Seule l’intervention russe, en trente jours, a enfin fait reculer pour la première fois les barbares.

    Il serait donc temps d’en tirer les leçons et de se décider à rejoindre les Russes et d’apporter sans états d’âme un soutien franc et entier à l’Etat syrien dans sa lutte contre le cancer islamiste.

    Certes cela nécessitera un certain courage : celui de modifier sensiblement nos alliances en commençant par mettre de la distance entre les monarchies pétrolières du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, fermes soutiens des terroristes et nous. Et en osant dénoncer le double jeu de la Turquie d’Erdogan auquel Daech doit tant.

    Il serait temps de constituer une seule et même coalition sincère et unie contre l’islamisme, cette forme moderne des grandes invasions barbares.

    Ensuite, et tous nos interlocuteurs nous l’ont demandé instamment.

    Il s’agit de mettre un terme, par tous les moyens, aux flux migratoires, qui en submergeant l’Europe, vident la Syrie et l’Irak. Pour cela, il faut bien évidemment éradiquer Daech, afin de ramener la paix et la concorde dans les régions que le califat a dévastées ces dernières années. Mais il faut aussi simultanément fermer nos frontières, refuser le principe même des immigrés clandestins et cesser de vouloir à tout prix en faire des « réfugiés politiques ». Cela nous a été demandé avec insistance par ces responsables conscients des grands troubles que ne manqueront pas de créer le laxisme et les atermoiements actuels. [...]

    En Syrie comme en France, le combat est même : il s’agit du combat sans merci que livrent les nouveaux barbares au monde civilisé pour le détruire et imposer leur loi infâme. La Syrie de Bachar El Assad n’est certainement pas parfaite. Mais la France de François Hollande l’est-elle seulement ?

    L’ennemi est commun, il est un et un seul. Son nom peut changer mais il s’agit du fondamentalisme wahhabite, que j’ai déjà personnellement vu à l’œuvre sur le sol européen au Kosovo il y a quinze ans et qui continue d’y prospérer sous l’œil bienveillant des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

    Il est temps d’ouvrir les yeux, de prendre conscience des graves dangers qui menacent les générations à venir. Celles de nos enfants et de nos petits-enfants. Un sursaut est encore possible.

    Comme l’a écrit récemment Philippe de Villiers, « il n’y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent ».

    Je souhaite que le sacrifice de tous ces morts et blessés innocents, de Beyrouth, de Damas ou de Paris, ne soit pas vain. Je souhaite qu’il permette une prise de conscience amenant nos dirigeants à un sursaut salutaire, pour la défense de notre civilisation, de nos libertés, sans laquelle la vie ne vaut rien.

    Source : à lire en entier sur geopolitique-geostrategiejean-bernard-pinatel 20-11-2015

     

     
    Source:    http://www.les-crises.fr/

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    Un bel article de fond…

    Source : courrierintarnational, 18-03-2015

    Cette grande enquête publiée dans The Atlantic offre un éclairage sans précédent sur les objectifs et les fondements idéologiques de Daech.

    Soutenant la thèse selon laquelle l’organisation se définit essentiellement par sa lecture littérale du Coran, elle a suscité de nombreuses réactions.

    En voici, en exclusivité, l’essentiel.

    Qu’est-ce que l’Etat islamique [EI, Daech en arabe] ? D’où vient cette organisation et quelles sont ses intentions ? La simplicité de ces questions peut être trompeuse, et rares sont les dirigeants occidentaux qui connaissent les réponses. En décembre 2014, The New York Times a publié des remarques confidentielles du général Michael K. Nagata, commandant des opérations spéciales pour les Etats-Unis au Moyen-Orient, qui admettait être encore très loin de comprendre l’attrait exercé par l’Etat islamique. “Nous ne comprenons pas cette idéologie.”

    L’organisation s’est emparée de Mossoul, en Irak, en juin 2014 et règne déjà sur une zone plus vaste que le Royaume-Uni. A sa tête depuis mai 2010, Abou Bakr Al-Baghdadi est monté le 5 juillet 2014 à la chaire de la Grande Mosquée Al-Nour, à Mossoul, en se présentant comme le premier calife depuis des générations. Il s’en est suivi un afflux mondial de djihadistes, d’une rapidité et dans des proportions sans précédent.

    Nos lacunes sur l’EI sont d’une certaine façon compréhensibles : l’organisation a fondé un royaume isolé et peu de gens en sont revenus. Abou Bakr Al-Baghdadi ne s’est exprimé qu’une seule fois devant une caméra. Mais son discours ainsi que d’innombrables vidéos et brochures de propagande de l’EI sont accessibles sur Internet et les sympathisants du califat se sont donné beaucoup de mal pour faire connaître leur projet.

    Nous avons mal compris la nature de l’EI pour deux raisons. Tout d’abord, nous avons tendance à appliquer la logique d’Al-Qaida à une organisation qui l’a clairement éclipsé. Les sympathisants de l’EI avec qui j’ai discuté font toujours référence à Oussama Ben Laden sous le titre honorifique de “cheikh Oussama”, mais le djihadisme a évolué depuis l’âge d’or d’Al-Qaida (de 1998 à 2003) et nombreux sont les djihadistes qui méprisent les priorités et les dirigeants actuels de l’organisation.

    Oussama Ben Laden considérait le terrorisme comme un prologue au califat, qu’il ne pensait pas connaître de son vivant. Son organisation était informelle, constituée d’un réseau diffus de cellules autonomes. L’EI, au contraire, a besoin d’un territoire pour asseoir sa légitimité, ainsi que d’une structure hiérarchisée pour y régner.

    En second lieu, nous avons été induits en erreur à cause d’une campagne bien intentionnée mais de mauvaise foi visant à nier la nature religieuse médiévale de l’EI. Peter Bergen, qui a produit la première interview avec Ben Laden en 1997, a intitulé son premier ouvrage Guerre sainte, multinationale [éd. Gallimard, 2002], notamment pour affirmer que le leader d’Al-Qaida était un produit du monde laïc moderne.

    Ben Laden a organisé la terreur sous la forme d’une entreprise comptant des franchises. Il exigeait des concessions politiques précises, comme le retrait des troupes américaines d’Arabie Saoudite. Le dernier jour de sa vie, Mohamed Atta [l’un des responsables des attentats du 11 septembre 2001] a fait des courses à Walmart et dîné à Pizza Hut.

     

    Mahomet à la lettre

    Il est tentant de reprendre cette observation – les djihadistes sont issus du monde laïc moderne, avec des préoccupations politiques de leur temps, mais déguisés avec des habits religieux – pour l’appliquer à l’EI. Pourtant, beaucoup de ses actions paraissent insensées si on ne les envisage pas à la lumière d’une détermination sincère à faire revenir la civilisation à un régime juridique du VIIesiècle et à faire advenir, à terme, l’apocalypse.

    La vérité est que l’EI est islamique. Très islamique. Certes, le mouvement a attiré des psychopathes et des gens en quête d’aventures, souvent issus des populations défavorisées du Moyen-Orient et d’Europe. Mais la religion que prêchent les plus fervents partisans de l’EI est issue d’interprétations cohérentes et même instruites de l’islam.

    Presque chaque grande décision ou loi proclamée par l’EI obéit à ce qu’il appelle la “méthodologie prophétique”, qui implique de suivre la prophétie et l’exemple de Mahomet à la lettre. Les musulmans peuvent rejeter l’EI, comme le fait l’écrasante majorité d’entre eux. Néanmoins, prétendre que ce n’est pas une organisation religieuse millénariste dont la théologie doit être comprise pour être combattue a déjà conduit les Etats-Unis à sous-estimer l’organisation et à soutenir des plans mal pensés pour la contrer.

    Nous devons apprendre à mieux connaître la généalogie intellectuelle de l’EI si nous voulons réagir non pas de façon à le rendre plus fort, mais plutôt de façon à faire qu’il s’immole lui-même dans un excès de zèle.

     

    I. Dévotion

    En novembre 2014, l’EI a diffusé une vidéo de promotion retraçant ses origines jusqu’à Ben Laden. Le film mentionnait Abou Moussab Al-Zarqaoui, le violent dirigeant d’Al-Qaida en Irak de 2003 jusqu’à sa mort, en 2006, faisant de lui un mentor plus direct. Il citait également deux autres chefs de guérillas ayant précédé Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife. Aucune mention en revanche du successeur de Ben Laden et dirigeant actuel d’Al-Qaida, le chirurgien ophtalmologiste égyptien Ayman Al-Zawahiri.

    Al-Zawahiri n’a pas fait allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi et il est de plus en plus haï par ses confrères djihadistes. Son isolement est renforcé par son manque de charisme. Mais la rupture entre Al-Qaida et l’EI est amorcée depuis longtemps.

    Une autre figure importante est aujourd’hui en disgrâce : Abu Muhammad Al-Maqdisi, un religieux jordanien de 55 ans qui est l’un des grands architectes intellectuels d’Al-Qaida. Sur presque toutes les questions de doctrine, Al-Maqdisi et l’EI sont d’accord. Ils sont étroitement liés à l’aile djihadiste d’une branche du sunnisme appelée le salafisme, d’après l’expression arabe al salaf al salih, “les pieux devanciers”. Ces “devanciers” sont le Prophète lui-même et ses premiers disciples, que les salafistes honorent et imitent.

    Al-Maqdisi a été le mentor d’Al-Zarqaoui, qui est allé en Irak avec ses conseils en tête. Avec le temps, l’élève a toutefois surpassé son maître, qui a fini par le critiquer. Leur contentieux concernait le penchant d’Al-Zarqaoui pour les spectacles sanglants – et, d’un point de vue doctrinaire, sa haine des musulmans non salafistes, qui allait jusqu’à les excommunier et les exécuter.

    Dans l’islam, le takfîr, ou excommunication, est une pratique dangereuse d’un point de vue théologique. Si l’accusateur a tort, alors il est lui-même apostat car il s’est rendu coupable d’une fausse accusation – un acte puni de mort. Et pourtant, Abou Moussab Al-Zarqaoui a imprudemment allongé la liste des comportements pouvant rendre les musulmans infidèles.

    Abou Bakr Al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique dans une capture d’écran d’une vidéo diffusée le 5 juillet 2014 et tournée à la mosquée de Mossul, en Irak, quelques jours auparavant, le 29 juin – AL-FURQAN MEDIA/HO/AFP

    Abu Muhammad Al-Maqdisi a écrit à son ancien élève qu’il devait se montrer prudent et ne pas “émettre de larges proclamations de takfîr” ou “déclarer des personnes coupables d’apostasie en raison de leurs péchés”. La distinction entre apostat et pécheur est un des désaccords fondamentaux entre Al-Qaida et l’EI.

    Nier la sainteté du Coran ou les prophéties de Mahomet relève clairement de l’apostasie. Mais Abou Moussab Al-Zarqaoui et l’organisation qu’il a créée estiment que de nombreux actes peuvent justifier d’exclure un musulman de l’islam, comme vendre de l’alcool et des drogues, porter des vêtements occidentaux, se raser la barbe ou encore voter lors d’une élection.

    Etre chiite est aussi un motif d’exclusion, car l’EI estime que le chiisme est une innovation, or innover par rapport au Coran revient à nier sa perfection initiale. Ainsi quelque 200 millions de chiites sont menacés de mort. Il en va de même pour les chefs d’Etat de tous les pays musulmans, qui ont élevé le droit des hommes au-dessus de la charia en se présentant à des élections ou en appliquant des lois qui ne viennent pas de Dieu.

    Conformément à sa doctrine sur l’excommunication, l’EI s’engage à purifier le monde en exterminant de larges groupes de personnes. Les publications sur les réseaux sociaux laissent penser que les exécutions individuelles se déroulent plus ou moins en continu et que des exécutions de masse sont organisées à quelques semaines d’intervalle. Les “apostats” musulmans sont les victimes les plus nombreuses. Il semble en revanche que les chrétiens qui ne résistent pas au nouveau pouvoir échappent à l’exécution automatique. Abou Bakr Al-Baghdadi les laisse vivre tant qu’ils paient un impôt spécial, appelé jizya, et qu’ils se soumettent.

     

    Retour à un islam “ancien”

    Des siècles se sont écoulés depuis la fin des guerres de religion en Europe. Depuis, les hommes ont cessé de mourir en masse pour d’obscurs différends théologiques. C’est peut-être pour cette raison que les Occidentaux ont accueilli la théologie et les pratiques de l’EI avec tant d’incrédulité et un tel déni.

    De nombreuses organisations musulmanes traditionnelles sont même allées jusqu’à affirmer que l’EI était “contraire à l’islam”. Toutefois, les musulmans qui emploient cette expression sont souvent “embarrassés et politiquement corrects, avec une vision naïve de leur religion” qui néglige “ce qu’elle a impliqué, historiquement et juridiquement”, suggère Bernard Haykel, chercheur de Princeton d’origine libanaise et expert de premier plan sur la théologie de l’EI.

    Tous les universitaires à qui j’ai posé des questions sur l’idéologie de l’EI m’ont renvoyé vers Bernard Haykel. Selon ce dernier, les rangs de l’EI sont profondément imprégnés d’ardeur religieuse. Les citations du Coran sont omniprésentes. Pour lui, l’argument selon lequel l’EI a déformé les textes de l’islam est grotesque et on ne peut le soutenir que par ignorance volontaire. “Les gens veulent absoudre l’islam, explique-t-il, d’où le mantra affirmant que ‘l’islam est une religion pacifique’. Comme s’il existait un ‘islam’! Ce qui compte, c’est ce que font les musulmans et comment ils interprètent leurs textes. Les membres de l’EI ont la même légitimité que n’importe qui d’autre.”
    Tous les musulmans reconnaissent que les premières conquêtes de Mahomet ont été chaotiques et que les lois de la guerre transmises par le Coran et les récits sur le règne du Prophète étaient adaptées à une époque troublée et violente. Bernard Haykel estime que les combattants de l’EI représentent un authentique retour à un islam ancien et qu’ils reproduisent fidèlement ses pratiques guerrières. Cela englobe un certain nombre de pratiques que les musulmans modernes préfèrent ne pas reconnaître comme faisant partie intégrante de leurs textes sacrés.

    “L’esclavage, la crucifixion et les décapitations ne sont pas des éléments que des [djihadistes] fous sélectionneraient dans la tradition médiévale”, affirme Bernard Haykel. Les combattants de l’EI sont “en plein dans la tradition médiévale et ils la transposent dans son intégralité à l’époque contemporaine”.

    Le Coran précise que la crucifixion est l’une des seules sanctions permises contre les ennemis de l’islam. La taxe imposée aux chrétiens est clairement légitimée par la sourate At-Tawbah, neuvième chapitre du Coran, qui intime aux musulmans de combattre les chrétiens et les juifs “jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [la taxe] de leurs propres mains, après s’être humiliés”.

    Lorsque l’EI a commencé à réduire des gens en esclavage, même certains de ses sympathisants ont renâclé. Néanmoins, le califat a continué à pratiquer l’asservissement et la crucifixion. “Nous conquerrons votre Rome, briserons vos croix et asservirons vos femmes, a promis Mohamed Al-Adnani, porte-parole de l’EI, dans l’un des messages qu’il a adressés à l’Occident. Si nous n’y parvenons pas, nos enfants et nos petits-enfants y parviendront. Et ils vendront vos fils sur le marché aux esclaves.”

     

    II. Territoire

    En novembre 2014, je me suis rendu en Australie pour rencontrer Musa Cerantonio, un trentenaire identifié comme l’une des deux plus importantes “nouvelles autorités spirituelles” guidant les étrangers pour qu’ils rejoignent l’EI. Pendant trois ans, il a été télévangéliste sur Iqraa TV, au Caire, mais il est parti quand la chaîne a contesté ses appels fréquents à la création d’un califat. Maintenant, il prêche sur Facebook et Twitter.

    Musa Cerantonio, un homme grand et avenant à l’air studieux, raconte qu’il blêmit à la vue des vidéos de décapitations. Il déteste voir la violence, même si les sympathisants de l’EI sont contraints de la soutenir. Il a une barbe broussailleuse qui rappelle certains fans du Seigneur des anneaux, et son obsession pour l’idéologie apocalyptique de l’islam m’était familière.

    En juin 2014, Musa Cerantonio et son épouse ont tenté d’émigrer – il n’a pas précisé où (“Il est illégal de partir en Syrie”, précise-t-il méfiant) – mais ils ont été arrêtés en route, aux Philippines, et expulsés vers l’Australie. En Australie, chercher à rejoindre l’EI ou se rendre sur son territoire est une infraction ; le gouvernement a donc confisqué le passeport de Musa Cerantonio. Jusqu’à présent, toutefois, il est libre. C’est un idéologue sans affiliation officielle, mais dont la parole fait autorité auprès des autres djihadistes pour ce qui touche à la doctrine de l’EI.

    Nous nous sommes donné rendez-vous pour déjeuner à Footscray, une banlieue multiculturelle très peuplée de Melbourne. Musa Cerantonio a grandi là, dans une famille italo-irlandaise.

    Musa Cerantonio, prédicateur de l’Etat islamique – Capture d’écran de YouTube

    Il me raconte sa joie lorsque Abou Bakr Al-Baghdadi a été déclaré calife, le 29 juin 2014, ainsi que l’attraction que l’Irak et la Syrie ont commencé à exercer sur lui et ses amis. “J’étais dans un hôtel [aux Philippines] et j’ai vu la déclaration à la télévision. J’étais ébahi et je me disais ‘Qu’est-ce que je fais coincé dans cette foutue chambre ?’”

    Le dernier califat historique est l’Empire ottoman, qui a connu son âge d’or au XVIe siècle, avant de subir un long déclin jusqu’à sa disparition en 1924. Mais Musa Cerantonio, comme de nombreux sympathisants de l’EI, met en doute la légitimité de ce califat, car il n’appliquait pas intégralement la loi islamique, qui requiert lapidation, esclavage et amputations, et parce que ses califes ne descendaient pas de la tribu du Prophète, les Quraychites.

    Abou Bakr Al-Baghdadi a longuement insisté sur l’importance du califat dans le sermon qu’il a prononcé à Mossoul. Il a expliqué que faire renaître l’institution du califat – qui n’a existé que de nom pendant environ mille ans – était une obligation commune. Lui et ses fidèles s’étaient “empressés de déclarer le califat et de nommer un imam” à sa tête, a-t-il déclaré. “C’est le devoir des musulmans, un devoir qui a été négligé pendant des siècles… Les musulmans commettent un péché en l’oubliant et ils doivent constamment chercher à l’établir.”

    Comme Oussama Ben Laden avant lui, Abou Bakr Al-Baghdadi s’exprime avec emphase, utilisant de nombreuses allusions coraniques et en affichant une grande maîtrise de la rhétorique classique. Mais contrairement à Ben Laden et aux faux califes de l’Empire ottoman, il est Quraychite.

    Le califat, m’a expliqué Musa Cerantonio, n’est pas uniquement une entité politique mais également un véhicule du salut. La propagande de l’EI relaie régulièrement les serments de bay’a (allégeance) des autres organisations djihadistes. Musa Cerantonio m’a cité un proverbe attribué au Prophète selon lequel mourir sans avoir fait vœu d’allégeance revient à mourir jahil (ignorant) et donc à “mourir hors de la foi”.

    Pour être calife, il faut remplir les conditions précisées par le droit sunnite : être un homme musulman adulte descendant de Quraych, manifester une probité morale, une intégrité physique et mentale, et faire preuve de ’amr, c’est-à-dire d’autorité. Ce dernier critère, selon Musa Cerantonio, est le plus difficile à remplir, et il exige que le calife ait un territoire sur lequel faire régner la loi islamique.

    Après le sermon d’Abou Bakr Al-Baghdadi, les djihadistes ont commencé à affluer quotidiennement en Syrie, plus motivés que jamais. Jürgen Todenhöfer, auteur allemand et ancienne figure politique qui s’est rendu dans les territoires contrôlés par l’EI en décembre 2014, a déclaré avoir vu affluer, en deux jours seulement, 100 combattants au poste de recrutement installé sur la frontière turque.

    A Londres, une semaine qui a précédé mon déjeuner avec Musa Cerantonio, j’ai rencontré trois anciens membres d’un groupe islamiste interdit appelé Al-Muhajiroun (Les émigrés) : Anjem Choudary, Abu Baraa et Abdul Muhid. Tous trois souhaitaient émigrer pour rejoindre l’EI, mais les autorités ont confisqué leurs passeports. Comme Musa Cerantonio, ils considéraient le califat comme le seul gouvernement légitime. Dans nos entretiens, leur principal objectif était de m’expliquer ce que représente l’EI et en quoi sa politique reflète la loi de Dieu.

    Anjem Choudary, 48 ans, est l’ancien chef du groupe. Il apparaît souvent dans les émissions d’information sur le câble car il est l’une des seules personnes que les producteurs peuvent inviter en étant assurés qu’il défendra l’EI avec véhémence – jusqu’à ce qu’on coupe son micro. Au Royaume-Uni, il a une réputation de détestable fanfaron, mais lui et ses disciples croient sincèrement en l’EI et ils diffusent sa doctrine. Anjem Choudary et consorts sont très présents sur les fils Twitter des habitants des territoires contrôlés par l’EI et Abu Baraa gère une chaîne YouTube pour répondre aux questions sur la charia.

    Depuis septembre 2014, les autorités mènent une enquête sur ces trois hommes, qui sont soupçonnés d’apologie du terrorisme. En raison de cette enquête, ils ont dû me rencontrer un par un : toute communication entre eux aurait enfreint les termes de leur liberté conditionnelle. Anjem Choudary m’a donné rendez-vous dans une confiserie de la banlieue d’Ilford, à l’est de Londres.

    Logement gratuit pour tous

    Avant le califat, “environ 85 % de la charia n’était pas appliquée, m’explique-t-il. Ces lois étaient en suspens jusqu’à ce que nous ayons un khilafa [un califat], et c’est maintenant le cas”. Sans califat, par exemple, il n’y a pas d’obligation d’amputer les mains des voleurs pris en flagrant délit. Avec l’établissement d’un califat, cette loi ainsi que toute une jurisprudence reprennent soudain vie. En théorie, tous les musulmans sont obligés d’émigrer vers le territoire où le calife applique ces lois.

    Anjem Choudary affirme que la charia est mal comprise en raison de son application incomplète par des régimes comme l’Arabie Saoudite, qui décapite les meurtriers et ampute les mains des voleurs.

    “Le problème, explique-t-il, c’est que des pays comme l’Arabie Saoudite appliquent uniquement le code pénal et ne mettent pas en œuvre la justice socio-économique de la charia. Et ils ne font qu’engendrer de la haine pour la loi islamique.”

    Cet ensemble de mesures, selon lui, inclut la gratuité pour tous du logement, de la nourriture et des vêtements, même si tout le monde a bien sûr le droit de travailler pour s’enrichir.

    Abdul Muhid, 32 ans, a prolongé cette réflexion. Il portait une élégante tenue moudjahidine lorsque je l’ai retrouvé dans un restaurant local : barbe broussailleuse, chapeau afghan et portefeuille porté dans ce qui ressemblait à un étui de revolver à l’épaule. Il avait à cœur d’aborder la question des aides sociales. L’EI applique peut-être des sanctions médiévales contre les crimes moraux, mais son programme d’aides sociales est, du moins à certains égards, suffisamment progressiste pour plaire à des commentateurs de gauche. Les soins de santé, affirme-t-il, sont gratuits. Fournir des aides sociales n’était pas selon lui un choix politique, mais une obligation en vertu de la loi de Dieu.

    III. L’apocalypse

    Tous les musulmans reconnaissent que Dieu est le seul à savoir de quoi sera fait l’avenir. Ils s’accordent aussi à dire qu’il nous en a offert un aperçu dans le Coran et les récits du Prophète. L’EI s’écarte cependant de presque tous les autres mouvements djihadistes actuels car il pense être le personnage central des textes sacrés.

    Oussama Ben Laden mentionnait rarement l’apocalypse et, quand c’était le cas, il semblait partir du principe qu’il serait mort depuis longtemps quand le glorieux châtiment divin se produirait enfin. “Ben Laden et Al-Zawahiri sont issus de familles sunnites appartenant à l’élite, qui méprisent ces spéculations et les voient comme une préoccupation des masses”, affirme Will McCants, qui travaille pour la Brookings Institution et écrit un livre sur la pensée apocalyptique de l’EI.

    Pendant les dernières années de l’occupation américaine en Irak, les fondateurs directs de l’EI voyaient, au contraire, de nombreux signes de la fin des temps. Ils s’attendaient à l’arrivée sous un an du Mahdi, la figure messianique destinée à conduire les musulmans vers la victoire avant la fin du monde.

    Pour certains croyants – ceux qui rêvent de batailles épiques entre le bien et le mal – les visions de massacres apocalyptiques répondent à un profond besoin psychologique. Parmi les sympathisants de l’EI que j’ai rencontrés, c’est Musa Cerantonio, l’Australien, qui a exprimé le plus grand intérêt pour l’apocalypse. Certains aspects de cette prédiction lui sont propres et n’ont pas encore le statut de doctrine. D’autres éléments viennent de sources sunnites traditionnelles et apparaissent partout dans la propagande de l’EI. Il s’agit notamment de la croyance qu’il n’y aura que 12 califes légitimes (Abou Bakr Al-Baghdadi étant le huitième), que les armées de Rome se rassembleront pour affronter les armées de l’islam dans le nord de la Syrie et que la grande bataille finale de l’islam contre un anti-messie se déroulera à Jérusalem après une dernière période de conquête islamique.

    La bataille de Dabiq

    L’EI accorde une importance cruciale à la ville syrienne de Dabiq, près d’Alep. Il a nommé son magazine de propagande d’après elle et il a organisé de folles célébrations après avoir conquis (non sans mal) les plaines de Dabiq, qui sont inutiles d’un point de vue stratégique. C’est ici, aurait déclaré le Prophète, que les armées de Rome installeront leur camp. Les armées de l’islam les y affronteront et Dabiq sera pour Rome l’équivalent de Waterloo.

    Les propagandistes de l’EI se pâment à cette idée et sous-entendent constamment que cet événement se produira sous peu. Le magazine de l’EI cite Abou Moussab Al-Zarqaoui, qui aurait déclaré : “L’étincelle a été allumée ici, en Irak, et sa chaleur continuera de s’intensifier jusqu’à brûler les armées des croisés à Dabiq.” Maintenant qu’il s’est emparé de Dabiq, l’EI y attend l’arrivée d’une armée ennemie, dont la défaite déclenchera le compte à rebours précédant l’apocalypse. “Nous enterrons le premier croisé américain à Dabiq et nous attendons avec impatience l’arrivée du reste de vos armées”, a proclamé un bourreau masqué dans une vidéo de novembre 2014 montrant la tête tranchée de Peter Kassig, travailleur humanitaire qui était retenu en otage depuis 2013.

    Après la bataille de Dabiq, explique Musa Cerantonio, le califat s’agrandira et ses armées pilleront Istanbul. Certains pensent qu’il se lancera ensuite à la conquête de la Terre entière, mais Musa Cerantonio estime qu’il ne dépassera jamais le Bosphore. Dajjal, un antimessie de la littérature musulmane apocalyptique, arrivera de la région du Khorasan, à l’est de l’Iran, et tuera un grand nombre des combattants du califat jusqu’à ce qu’il n’en reste que 5 000, piégés à Jérusalem. Alors que Dajjal se préparera à les éliminer, Jésus – le deuxième Prophète le plus vénéré dans l’islam – reviendra sur Terre, transpercera Dajjal d’une lance et conduira les musulmans jusqu’à la victoire.

    Selon cette théorie, même les revers essuyés par l’EI n’ont pas d’importance. Dieu a de toute façon ordonné d’avance la quasi-destruction de son peuple.

    IV. La lutte

    A Londres, Anjem Choudary et ses étudiants m’ont décrit en détail la façon dont l’EI doit mener sa politique étrangère maintenant qu’il est a fondé un califat. Il a déjà entrepris le “djihad offensif”, conformément à la charia, soit l’expansion par la force dans des pays qui ne sont pas gouvernés par des musulmans. “Jusqu’à présent, nous ne faisions que nous défendre”, déclare Anjem Choudary. Sans califat, le djihad offensif est un concept inapplicable. En revanche, faire la guerre pour agrandir le califat est un devoir crucial du calife.

    Abu Baraa, confrère d’Anjem Choudary, m’a expliqué que la loi islamique n’autorisait des traités de paix temporaires que durant une décennie. De la même manière, accepter des frontières est anathème, comme l’a déclaré le Prophète et comme le répètent les vidéos de propagande de l’EI. Si le calife consent à une paix à plus long terme ou à une frontière permanente, il sera dans l’erreur. Les traités de paix temporaires sont renouvelables, mais ils ne peuvent s’appliquer à tous les ennemis en même temps : le calife doit mener le djihad au moins une fois par an.

    Anjem Choudary s’adressant à des manifestants musulmans regroupés devant l’ambassade des Etats-Unis à Londres le 14 septembre 2012. Ils protestaient contre un film prétendument insultant pour la foi musulmane – Leon Neal/AFP

    Il faut insister sur le fait que l’EI pourrait être paralysé par son radicalisme. Le système international moderne, né de la paix de Westphalie, en 1648, repose sur la disposition de chaque Etat à reconnaître des frontières, même à contrecœur. D’autres organisations islamistes, comme les Frères musulmans et le Hamas, ont succombé aux flatteries de la démocratie et à la perspective d’une invitation au sein de la communauté des nations. Pour l’EI, ce n’est pas envisageable : ce serait une apostasie.

    Les Etats-Unis et leurs alliés ont réagi contre l’EI tardivement et avec stupéfaction. Les ambitions de l’organisation et les grandes lignes de sa stratégie étaient manifestes dans ses déclarations et sur les réseaux sociaux dès 2011, quand l’EIn’était qu’un mouvement parmi les nombreux groupes terroristes présents en Syrie et en Irak. En 2011, Abou Bakr Al-Baghdadi s’était déjà qualifié de “commandeur des croyants”, un titre habituellement réservé aux califes.

    Si nous avions identifié les intentions de l’EI plus tôt et compris que le vide politique en Syrie et en Irak lui donnerait tout l’espace nécessaire pour les mettre en œuvre, nous aurions au minimum poussé l’Irak à renforcer sa frontière avec la Syrie et à négocier des accords avec sa population sunnite. Et pourtant, début 2014, Barack Obama a déclaré au New Yorker qu’il voyait l’EI comme un partenaire plus faible d’Al-Qaida. “Si une équipe de basketteurs junior enfile des maillots de la NBA, ça ne fait pas d’eux Kobe Bryant”, a-t-il ironisé.

    Les dessous de l’exécution de Peter Kassig

    Notre incapacité à comprendre la rupture entre l’EI et Al-Qaida, ainsi que les différences cruciales qui les séparent, a entraîné de dangereuses décisions. A l’automne 2014, le gouvernement américain a accepté un plan désespéré pour sauver l’otage Peter Kassig. Ce plan requérait l’interaction de figures fondatrices de l’EI et d’Al-Qaida.

    L’objectif était qu’Abu Muhammad Al-Maqdisi, mentor d’Al-Zarqaoui et haute figure d’Al-Qaida, contacte Turki Al-Binali, principal idéologue de l’EI et ancien étudiant d’Al-Maqdisi. Les deux hommes s’étaient brouillés car ce dernier avait critiqué l’EI. L’érudit jordanien avait déjà appelé l’EI à se montrer clément envers le Britannique Alan Henning. En décembre 2014, The Guardian a révélé que le gouvernement américain, en utilisant un intermédiaire, avait demandé à Al-Maqdisi d’intervenir auprès de l’EI en faveur de l’otage Peter Kassig.

    Al-Maqdisi vivait librement en Jordanie, mais il lui était interdit de communiquer avec des terroristes à l’étranger et il était étroitement surveillé. Quand la Jordanie a autorisé les Etats-Unis à organiser une rencontre avec Turki Al-Binali, le Jordanien a acheté un téléphone avec de l’argent américain et il a pu correspondre à son aise avec son ancien étudiant pendant quelques jours avant que le gouvernement jordanien ne mette un terme à la conversation et ne se serve de ce prétexte pour l’incarcérer. Quelques jours plus tard, la tête tranchée de Peter Kassig est apparue dans une vidéo filmée à Dabiq.

    Intentions génocidaires

    La mort du travailleur humanitaire était une tragédie, mais le succès du plan des Etats-Unis aurait été une catastrophe. La réconciliation d’Abu Muhammad Al-Maqdisi avec Turki Al-Binali aurait réduit le fossé entre les deux plus importantes organisations djihadistes au monde. Il est possible que la Maison-Blanche ait seulement voulu faire parler Turki Al-Binali pour obtenir des renseignements ou pour l’assassiner. De multiples tentatives visant à obtenir une réponse du FBI à ce sujet sont restées infructueuses. Quoi qu’il en soit, vouloir rabibocher les deux principaux ennemis terroristes des Etats-Unis révèle un manque de discernement lamentable.

    Punis de notre indifférence initiale, nous attaquons maintenant l’EI sur le champ de bataille en soutenant Kurdes et Irakiens, ainsi qu’au moyen de frappes aériennes régulières. Certains observateurs ont appelé à une intensification de la riposte, parmi lesquels plusieurs porte-parole de la droite interventionniste qui se sont exprimés en faveur du déploiement de dizaines de milliers de soldats américains.

    Ces appels ne doivent pas être rejetés précipitamment : une organisation qui ne cache pas ses intentions génocidaires se trouve à deux pas de ses victimes potentielles et commet quotidiennement des atrocités sur le territoire qui est déjà sous son contrôle. En outre, si l’EI perd son emprise sur les territoires syrien et irakien, il cessera d’être un califat. Celui-ci ne pourra plus être au cœur de sa propagande, ce qui fera disparaître le supposé devoir religieux d’émigrer pour le servir. Et pourtant, les risques d’une escalade de la violence sont considérables. Une invasion représenterait une grande victoire pour la propagande des djihadistes du monde entier, qui pensent tous que les Etats-Unis veulent s’embarquer dans une croisade des temps modernes pour tuer les musulmans. A quoi s’ajoute notre maladresse lors de nos précédentes tentatives d’occupation. La montée de l’EI, après tout, n’a été possible que parce que notre occupation [de l’Irak] a ouvert un espace pour Zarqaoui et ses successeurs.

    Etant donné tout ce que nous savons sur l’EI, continuer de le saigner peu à peu au moyen de frappes aériennes et de batailles par alliés interposés semble la moins mauvaise solution. Le coût humanitaire de l’EI est élevé, mais la menace qu’il représente pour les Etats-Unis est limitée. Le noyau d’Al-Qaida fait figure d’exception parmi les organisations djihadistes en raison de son intérêt pour “l’ennemi lointain” (l’Occident). Les principales préoccupations de la majorité des organisations djihadistes concernent des questions plus proches de chez eux. C’est particulièrement vrai pour l’EI. Abou Bakr Al-Baghdadi a demandé à ses agents saoudiens de “régler la question des rafida [chiites] d’abord, puis des Al-Sulul [sympathisants sunnites de la monarchie saoudienne], avant de s’attaquer aux croisés et à leurs bases”.

    Les combattants étrangers (ainsi que leurs femmes et leurs enfants) se rendent dans le califat avec un aller simple : ils veulent vivre selon la véritable charia et nombre d’entre eux cherchent à devenir des martyrs.

    Quelques “loups solitaires” soutenant l’EI ont attaqué des cibles occidentales et d’autres attentats se produiront. Toutefois, la plupart des agresseurs se sont avérés des amateurs frustrés, incapables d’émigrer vers le califat. Même si l’EI se réjouit de ces attentats, notamment dans sa propagande, il n’a planifié ni financé aucun d’entre eux. (L’attaque contre Charlie Hebdo à Paris était principalement une opération d’Al-Qaida.)

    S’il est contenu, il est probable que l’EI cause lui-même sa chute. Il n’est allié à aucun autre pays et son idéologie garantit que cela ne changera pas. Les terres qu’il contrôle, certes vastes, sont pour l’essentiel inhabitées et arides. A mesure qu’il stagnera ou que son territoire rétrécira lentement, sa prétention d’être le moteur de la volonté de Dieu et l’agent de l’apocalypse perdra de sa valeur. A mesure qu’augmenteront les informations sur la misère qui y règne, les autres mouvements islamistes radicaux seront discrédités : personne n’a jamais cherché à ce point à appliquer strictement la charia en faisant appel à la violence. Voilà à quoi cela ressemble.

    V. Dissuasion

    Il serait facile d’évoquer, concernant l’EI, un “problème avec l’islam”. La religion autorise de nombreuses interprétations et les sympathisants de l’EI sont moralement responsables de celle qu’ils ont choisie. Et pourtant, en faire une institution contraire à l’islam peut être contreproductif, notamment si ceux qui entendent ce message ont lu les textes sacrés et vu que de nombreuses pratiques du califat y sont clairement décrites.

    Les musulmans peuvent affirmer que l’esclavage n’est plus légitime aujourd’hui, et que la crucifixion est condamnable à ce stade de l’Histoire. Nombre d’entre eux tiennent précisément ce discours. En revanche, ils ne peuvent condamner l’esclavage et la crucifixion dans l’absolu sans contredire le Coran et l’exemple donné par le Prophète.

    L’idéologie de l’EI exerce un attrait puissant sur une certaine population. Les hypocrisies et les incohérences de la vie s’évanouissent face à elle. Musa Cerantonio et les salafistes que j’ai rencontrés à Londres sont incollables : aucune de mes questions ne les a pris de court. Volubiles, ils m’ont exposé leurs idées – et même de manière convaincante si l’on accepte leurs postulats. Juger celles-ci contraires à l’islam revient selon moi à les inviter à un débat qu’ils gagneraient.

    Les non-musulmans ne peuvent dicter aux musulmans la manière correcte de pratiquer leur religion. Mais les musulmans ont lancé ce débat depuis longtemps dans leurs rangs. Il existe une autre branche de l’islam qui offre une solution radicale à l’EI : elle est tout aussi intransigeante, mais aboutit à des conclusions opposées.

    “Ce n’est pas mon califat”

    Abou Bakr Al-Baghdadi est salafiste. Le terme “salafiste” est devenu péjoratif, notamment parce que de véritables criminels ont lancé des batailles au nom de cette école de pensée. Mais la plupart de ses partisans ne sont pas djihadistes et ils adhèrent généralement à des mouvances religieuses qui rejettent l’EI. Ils sont déterminés, comme le note Bernard Haykel, à agrandir le Dar Al-Islam, la terre de l’Islam, y compris au moyen de pratiques monstrueuses comme l’esclavage et l’amputation – mais pas tout de suite. Leur priorité est la purification personnelle et l’observance religieuse. Pour eux, tout ce qui menace ces objectifs est interdit, comme provoquer une guerre ou des troubles risquant de perturber les vies, la prière et les études.

    Image issue du site djihadiste Welayat Salahuddin et montrant des membres du l’Etat islamique dans un véhicule volé aux forces de sécurité iraquiennes, le 14 juin 2014 dans la province de Salah ad-Din, province natale de Saddam Hussein – Welayat Salahuddin/HO/AFP

    A l’automne 2014, je suis allé à Philadelphie dans la mosquée dirigée par Breton Pocius, 28 ans, un imam salafiste qui se fait appeler Abdullah. Il s’est converti au début des années 2000 après avoir été élevé dans une famille polonaise catholique à Chicago. Tout comme Musa Cerantonio, il parle comme un livre et montre une grande familiarité avec les textes anciens.

    Lorsque Abou Bakr Al-Baghdadi a fait son apparition, Breton Pocius a adopté le slogan “Ce n’est pas mon califat”. “L’époque du Prophète était baignée de sang, m’a-t-il expliqué, et il savait que les pires conditions de vie pour n’importe quel peuple étaient le chaos, notamment pour l’umma [communauté musulmane].” Pour cette raison, poursuit Breton Pocius, le bon choix pour les salafistes n’est pas de semer la discorde en créant des factions et en réduisant les autres musulmans à des apostats.

    Au contraire, Breton Pocius pense – comme une majorité de salafistes – que les musulmans devraient se retirer de la vie politique. Ces salafistes “quiétistes”, comme ils sont qualifiés, sont d’accord avec l’EI pour affirmer que la loi de Dieu est la seule valable. Ils rejettent aussi les pratiques comme les élections et la création de partis politiques. Toutefois, la haine du Coran pour la discorde et le chaos signifie pour eux qu’ils doivent se soumettre à quasiment n’importe quel dirigeant, même si certains sont manifestement pécheurs.                   “Le Prophète a dit : tant que le dirigeant ne s’abandonne pas clairement au kufr [mécréance], obéissez-lui”, m’a expliqué Breton Pocius.Et tous les “livres de principes” classiques mettent en garde contre les troubles sociaux. Vivre sans prêter serment, affirme Breton Pocius, rend effectivement ignorant ou ignare. Mais la bay’a n’implique pas de faire allégeance à un calife, et certainement pas à Abou Bakr Al-Baghdadi. Cela signifie, dans une perspective plus large, adhérer à un contrat social religieux et s’engager pour une société de musulmans, qu’elle soit dirigée ou non par un calife.Breton Pocius ressent beaucoup d’amertume contre les Etats-Unis à cause de la façon dont il y est traité – “moins qu’un citoyen”, selon ses termes (il affirme que le gouvernement a payé des espions pour infiltrer sa mosquée et a harcelé sa mère à son travail pour savoir s’il était un terroriste). Pourtant son salafisme quiétiste est un antidote islamique au djihadisme selon la méthode d’Abou Bakr Al-Baghdadi.Les dirigeants occidentaux devraient sans doute s’abstenir de donner leur avis sur les débats théologiques islamiques. Barack Obama lui-même a presque tenu les propos d’un mécréant lorsqu’il a affirmé [l’an dernier] que l’EI n’[était] “pas islamique”. Je soupçonne que la plupart des musulmans ont apprécié l’intention du président américain : il était à leurs côtés contre Abou Bakr Al-Baghdadi et les chauvins non musulmans qui cherchent à les impliquer dans les crimes de l’EI. La majorité des musulmans ne sont toutefois pas susceptibles de rejoindre le djihad. Ceux qui le sont auront vu leurs suspicions confirmées : les Etats-Unis mentent sur la religion pour servir leurs intérêts.

    Ne pas sous-estimer l’attrait de l’organisation

    Dans le cadre limité de sa théologie, l’EI bourdonne d’énergie et même de créativité. En dehors de ce cadre, il pourrait difficilement être plus austère et silencieux : sa vision de la vie est faite d’obéissance, d’ordre et de soumission au destin. Dans la conversation, Musa Cerantonio et Anjem Choudary sont capables de passer de la question des massacres et des tortures à une discussion sur les vertus du café vietnamien et des pâtisseries sirupeuses – affichant un intérêt identique pour les deux. J’ai pu apprécier leur compagnie, en tant qu’exercice intellectuel et avec mauvaise conscience, mais seulement jusqu’à un certain point.

    Lorsqu’il a fait la critique de Mein Kampf, en mars 1940, George Orwell a confessé qu’il n’avait “jamais été capable de détester Hitler”. Quelque chose chez lui percevait l’image d’un outsider, même si ses objectifs étaient lâches ou détestables.

    Le fascisme, poursuivait George Orwell, est “psychologiquement bien plus solide que n’importe quelle conception hédoniste de la vie. […] Le socialisme et même le capitalisme, à contrecœur, ont affirmé au peuple : ‘Je peux vous offrir du bon temps.’ De son côté, Hitler a déclaré : ‘Je vous propose la lutte, le danger et la mort’, à la suite de quoi une nation tout entière s’est jetée à ses pieds. […] Nous ne devons pas sous-estimer son attrait émotionnel.”

    Dans le cas de l’EI, il ne faut pas non plus sous-estimer son attrait religieux ou intellectuel. Le fait que l’EI tienne pour un dogme la réalisation imminente d’une prophétie nous indique au moins la trempe de notre ennemi. Les outils idéologiques peuvent convaincre certains candidats à la conversion que son message est erroné. Les outils militaires peuvent limiter les horreurs que l’EIcommet. Mais sur une organisation aussi imperméable à la persuasion, il n’y a pas d’autres mesures susceptibles d’avoir un impact. Même si elle ne dure pas jusqu’à la fin des temps, la guerre risque d’être longue.

    Les coulisses de l’article “Ce que veut vraiment l’Etat islamique”

    C’est en août 2014 que Graeme Wood a commencé à travailler sur son grand article paru en une de The Atlantic sous le titre “Ce que veut vraiment l’Etat islamique”. “C’était devenu presque un cliché de dire que [l’Etat islamique] est un mouvement laïc qui utilise l’islam”, explique-t-il à Courrier international. Pourtant, à mesure qu’il lisait davantage sur Daech et sa propagande, le mouvement lui semblait bien plus informé que ce qu’il imaginait. C’est ce qui l’a poussé à rechercher “ce qui fondait sa prétention d’être islamique” et quelle était son interprétation de l’islam.

    Interrogé sur les nombreuses critiques qu’a suscitées l’article – et en particulier la formule selon laquelle “l’Etat islamique est très islamique” – Graeme Wood déclare qu’il “s’attendait aux critiques”, mais qu’il “ne s’attendait pas à ce qu’elles soient, pour beaucoup, aussi détachées des faits relatifs à l’Etat islamique”. Il déplore que beaucoup des réactions “ne s’intéressent pas à l’article lui-même (…) mais à la question de savoir si l’EI est la meilleure représentation de l’islam, une question qui ne m’intéresse pas du tout”.

    AUTEUR

    Graeme Wood

    Graeme Wood est un contributeur régulier du mensuel The Atlantic, ainsi que des magazines  américains The New Republic et Pacific Standard. 

    Il enseigne également la science politique à l’université de Yale, dans le Connecticut. Il a étudié pendant 15 ans les langues du monde musulman (arabe, persan, turc) et a vécu et travaillé au Moyen-Orient de 2002 à 2006.

    Source : courrierintarnational, 18-03-2015


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     Débat. 

    Non, l’Etat islamique n’est pas “très islamique”

    Par Gabriel Hassan

    Source : courrierinternational, 17-03-2015

    La une de The Atlantic de mars 2015. Monstage Courrier international

    Daech est-il “très islamique” ? Cette formule de l’enquête approfondie de The Atlantic “Ce que veut vraiment l’Etat islamique” a suscité une foule de critiques, notant que le mouvement fait une lecture tronquée des textes et que les motivations religieuses sont secondaires pour ses partisans.

    C’est “l’article de politique étrangère dont tout le monde parle cette semaine, et c’est mérité”, écrivait un chroniqueur du New York Times le 18 février à propos de l’article en une de The Atlantic, “Ce que veut vraiment l’Etat islamique” [publié en mars 2015]. 

    Dès sa parution, le grand article de Graeme Wood sur les objectifs et l’idéologie de Daech a déclenché une avalanche de réactions. Jusqu’en Grande-Bretagne où le New Statesman a publié en une, le 6 mars, une longue réponse à la formule de The Atlantic : “l’Etat islamique est islamique. Très islamique.”

     

    C’est peu dire que cette phrase – répondant elle-même à une déclaration de Barack Obama selon laquelle l’Etat islamique ne serait “pas islamique” – a fait polémique aux Etats-Unis. De nombreux commentateurs se sont élevés contre l’idée que la vision de l’Etat islamique (EI) serait “issue d’interprétations cohérentes et même instruites de l’islam”, comme l’écrit Graeme Wood.

    “Hérésie”

    Il y a un biais flagrant dans le fait d’ignorer les très nombreux religieux érudits du monde musulman dont les conclusions théologiques sont diamétralement opposées au révisionnisme radical de l’Etat islamique”, dénonce le journaliste Murtaza Hussain sur le site The Intercept. Et de citer la “Lettre à Al-Baghdadi”, le calife auto-proclamé, où “des érudits musulmans de premier plan du monde entier ont condamné les actions de l’EI sur des bases purement théologiques, comme une hérésie.”

    Le magazine The Atlantic lui-même a publié sur son site l’opinion d’un professeur d’études religieuses, Caner K. Dagli, sous le titre L’islam bidon de l’Etat islamique. “Ce que les autres musulmans disent depuis le début, c’est que l’EI ne prend pas les textes au sérieux”, explique-t-il.

    “Pendant des siècles, juristes et théologiens (…) ont mis au point des méthodes rationnelles et systématiques pour passer au crible les hadith [le recueil des actes et paroles du Prophète et de ses compagnons], qui sont souvent difficiles à comprendre ou paraissent contradictoires sur un même sujet. Ils ont rangé et classé ces textes selon leur degré de fiabilité (…). Mais l’EI ne procède pas de cette façon. Ses membres cherchent des bribes de texte qui soutiennent leur vision, prétendent que ces fragments sont fiables même s’ils ne le sont pas, et négligent tout ce qui va dans le sens contraire (…).”

    Quant à l’idée que les combattants de l’EI manifestent un sérieux inhabituel en matière de religion et aux nombreuses références “aux débats juridiques et théologiques” dans les discours, l’universitaire souligne qu’il y a “une grande différence entre quelqu’un qui ‘émaille’ son discours d’images religieuses (…) et quelqu’un qui a vraiment étudié et compris les difficultés et nuances d’une immense tradition textuelle”.

    Des novices

    La réponse la plus complète à l’article de Graeme Wood est celle du journaliste Mehdi Hasan à la une du New Statesman. Celui-ci a interrogé toute une série d’experts sur les mécanismes de radicalisation, la théologie, les enquêtes d’opinion.

    Marc Sageman, un psychiatre et ancien agent de la CIA au Pakistan, estime que “la religion joue un rôle certes, mais de justification” dans le parcours des terroristes. “Ce ne sont pas les plus religieux qui vont [combattre]”, remarque-t-il. “Les combattants occidentaux, en particulier, ont souvent redécouvert l’islam à l’adolescence, ou comme convertis.” Mehdi Hasan poursuit en citant un rapport des renseignements britanniques obtenu par The Guardian en 2008 :

    “Loin d’être des religieux zélés, beaucoup des terroristes ne pratiquent pas régulièrement. Un grand nombre d’entre eux manquent de culture religieuse et pourraient (…) être considérés comme des novices. (…) Une identité religieuse bien établie protège en réalité contre la radicalisation violente.”

    Mehdi Hasan met aussi en avant l’alliance “au cœur de l’Etat islamique” entre les islamistes violents d’Abu Bakr Al-Baghdadi et les restes du régime ba’athiste laïc de Saddam Hussein. “Si l’EI est un culte religieux apocalyptique, comme le pensent Wood et d’autres, pourquoi le représentant de Baghdadi en Irak, Abu Muslim Al-Afari Al-Turkmani, était-il un ancien officier de haut rang des forces spéciales de Saddam Hussein ?

    Guidés par la colère

    Le journaliste interroge aussi un théologien de renom de l’université Cambridge, Abdal Hakim Murad, ainsi que David Kenner du magazine américain Foreign Policy, qui insistent sur le rôle de l’occupation américaine en Irak dans la naissance de l’EI. Le premier explique ainsi : “les racines de l’EI se trouvent dans la rage contre (…) l’occupation de l’Irak à partir de 2003. Avant cette date, l’extrémisme salafiste existait à peine en Syrie et en Irak, même si les mosquées étaient remplies (…). Des hommes en colère, qui ont souvent souffert dans les geôles américaines, se sont emparés de l’interprétation la plus étroite et la plus violente qu’ils pouvaient trouver de leur religion.

    Et dans un reportage récent à Zarqa en Jordanie, “un des foyers de radicalisme les plus connus du pays”, le journaliste David Kenner raconte sa conversation avec un groupe de jeunes supporters de l’EI.

    “Aucun d’eux n’avait l’air particulièrement religieux. (…) Pas une fois la conversation n’a porté sur des questions de foi, et aucun n’a bougé de son siège quand l’appel à la prière a résonné. Ils semblaient guidés par la colère au sujet d’humiliations en tout genre, plus que par une exégèse détaillée des textes religieux.”

    Le débat continue

    Interrogé par Courrier international sur les réactions qu’a suscitées son article, Graeme Wood déplore que beaucoup des critiques “ne s’intéressent pas à l’article lui-même (…) mais à la question de savoir si l’EI est la meilleure représentation de l’islam, une question qui ne m’intéresse pas du tout”. Il rappelait également dans un tweet une phrase de l’article souvent ignorée : “Les musulmans peuvent rejeter l’EI, comme le fait l’écrasante majorité d’entre eux.

    Le débat se poursuit : dans son numéro du 13 mars [2015], The New Statesman a publié une “réponse à la réponse” de Mehdi Hasan, signée du journaliste Tom Holland, qui écrit que “l’Etat islamique est fondé sur les textes sacrés musulmans”.

    Gabriel Hassan
     
    Source : courrierinternational, 17-03-2015

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    On cherche aussi des volontaires pour retranscrire par écrit de l’audio, ainsi que des pros de la vidéo insérer des sous-titres – merci d’avance de nous contacter.

    Voici comme d’habitude un appel à l’entraide.

    Comme d’habitude, il faudrait que des volontaires m’aident à traduire rapidement différents textes, en collaborant via Framapad.

    Merci aux participants, votre aide est vraiment précieuse !

    L’idée est de traduire par blocs ET de vérifier et améliorer la traduction déjà réalisée par les autres, pour avoir un beau résultat (c’est pour ça d’ailleurs que je ne reprends pas souvent des traductions externes, elles sont souvent de piètre qualité).

    Le premier texte est ici

    Le 2e texte est ici

    Le 3e texte est ici

    Le 4e texte est ici

    Le 5e texte est ici

    Le 6e texte est ici

    Le 7e texte est ici

    Le 8e texte est ici

    Le 9e texte est ici

    Le 10e texte est ici

     

    Une réponse à [Entraide] Traduction anglais 28/11 – MOBILISATION SVP

     

    Olivier Berruyer

    P.S. Enfin, n’hésitez pas à réaliser un don pour soutenir l’association animant le site (nous finançons aussi un stagiaire…)

    Pensez également à adhérerà l’association si vous souhaitez soutenir notre action (cotisation gratuite). Merci !

    1. http://www.les-crises.fr/entraide-traduction-anglais-2/
       

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    Nous sommes en guerre
    PUBLIÉ PAR PATRICK BLOCH LE 29 NOVEMBRE 2015
      Nous sommes en guerre, et donc c’est à l’armée d’assurer ces taches. A l’été 2012 et alors qu’il ne s’agissait « que » de règlement de compte entre voyous, la sénatrice-maire des 15èmeet 16ème arrondissements de Marseille, Mme Samia GHALI, avait  souhaité le recours de l’armée dans les quartiers nord de Marseille pour y ramener l’ordre et le calme.
    Fin de non recevoir du gouvernement. Aujourd’hui, l’armée patrouille dans les grandes villes. Il faut qu’elle entreprenne ce que la police, faute de moyens et de directives hiérarchiques, n’a pas pu faire jusqu’à présent.

    Mais il faut plus.

    L’école, à défaut du service militaire, doit redevenir le véritable ciment de la nation et moyen de promotion sociale, le lieu de l’apprentissage de la langue française, des valeurs de la République française où l’éducation civique aurait à nouveau un sens.

    Mais il faut plus.

    Les mosquées de France doivent désormais accueillir des imams formés en France et non plus au Maroc ou en Arabie Saoudite, ces derniers devront prêcher et enseigner en français comme cela est le cas pour les autres religions et les autres lieux de cultes.

    Cesser de commercer avec ceux qui financent les terroristes

    Mais il faut plus. Cesser de commercer avec ceux qui financent les terroristes. Cesser d’accepter que les clubs de sport, les chaines de télévision, les grands hôtels, les grandes compétitions équestres soient achetés par le Qatar. Refuser de subventionner nous-mêmes le matériel de guerre que nous leur vendons !

    La real politique doit aussi avoir ses limites. La lâcheté aussi

    La suppression de l’aide médicale d’État, des pensions de retraite attribuées à des immigrés qui viennent en France au-delà de l’âge de la retraite et qui n’ont jamais travaillé ni cotisé en France, des allocations données dans le cadre d’un regroupement familial qui se base sur des épouses multiples ou des enfants dont le lien familial direct est plus qu’incertain, des allocations sociales pour les parents d’enfants mineurs délinquants sont quelques mesures possibles pour contrebalancer, même symboliquement, la cessation de certaines recettes fiscales.

    La Grande-Bretagne en applique déjà certaines sans pour autant être devenue un pays fasciste.

     

    L’accueil de l’étranger au désir sincère de rejoindre la patrie des droits de l’homme doit rester une constante française sous réserve que ce dernier souhaite réellement s’intégrer et participer à la construction de la France comme l’ont fait tant d’immigrés avant lui.

    En finir avec la bien-pensance et la perversion du langage

    Pour que la France et toutes ses composantes retrouve leurs valeurs, leur position, leur éclat et leur rôle, il faut avoir le courage de dire ce que l’on pense et penser ce que l’on dit, en finir avec la bien-pensance et la perversion du langage.

    La déclaration de Winston Churchill prononcée devant la Chambre des Communes le 13 mai 1940 résonne à nos oreilles avec une actualité inquiétante, mais c’est aussi à ce prix que nous retrouverons notre liberté et notre fierté.

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Patrick Bloch pour Dreuz.info.


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    Terrorisme international et Turquie : conférence de presse de Vladimir Poutine et François Hollande

     


    26 novembre 2015 – Moscou

     

    Source : http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/50792

     

    Traduction : Salah Lamrani (Sayed Hasan)

     

     

    Vladimir Poutine, Président de la Russie : Mesdames et Messieurs, bonsoir.


    Nous venons de mener des négociations substantielles avec le Président français, qui ont été tenues de manière constructive et basées sur une relation de confiance. Naturellement, nous avons consacré la plus grande attention à la question de la lutte conjointe contre le terrorisme international.


    L’attaque barbare contre l’avion russe au-dessus de la péninsule du Sinaï, les horribles événements à Paris et les attaques terroristes au Liban, au Nigeria et au Mali ont causé un grand nombre de victimes, dont des centaines de citoyens russes et français. C’est là notre tragédie commune et nous restons unis dans notre engagement à trouver les coupables et à les traduire en justice.

     

     

     


    Nous avons déjà intensifié l’opération des forces armées russes contre les terroristes en Syrie. Nos actions militaires sont efficaces : les militants du soi-disant « Etat Islamique » et d’autres groupes radicaux subissent de lourdes pertes. Nous avons perturbé les mécanismes de fonctionnement des extrémistes, endommagé leur infrastructure militaire et miné considérablement leur base financière. Je me réfère en premier lieu au commerce illicite de pétrole, qui génère d’immenses profits pour les terroristes et leurs soutiens.


    Ceux qui appliquent des doubles standards dans leurs relations avec les terroristes, les utilisant pour atteindre leurs propres objectifs politiques et s’engageant dans des activités commerciales illicites avec eux, jouent avec le feu. L’histoire montre que tôt ou tard, de telles actions se retournent contre ceux qui encouragent les criminels.


    La Russie et la France savent ce que signifie l’action dans un esprit d’alliance ; nous nous sommes unis plusieurs fois tout au long de notre histoire. Aujourd’hui, nous avons convenu d’intensifier nos efforts communs pour la lutte antiterroriste, d’améliorer l’échange d’informations opérationnelles dans la lutte contre le terrorisme et d’établir un travail constructif entre nos experts militaires afin d’éviter tous incidents, concentrant nos efforts afin de s’assurer que notre travail dans la lutte contre le terrorisme soit plus efficace, et évitant les frappes contre les territoires et les forces armées qui combattent elles-mêmes les terroristes.

     

    M. Hollande et moi-même considérons ce genre de coopération comme une contribution concrète et pratique à la formation d’une large coalition anti-terroriste, un large front anti-terroriste sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies. Je souligne que le nombre de nations qui rejoignent cette initiative est croissant.


    Nous sommes convaincus que l’éradication du terrorisme en Syrie créera les conditions nécessaires pour parvenir à un règlement final et à long terme de la crise syrienne. Nous avons convenu de continuer à travailler ensemble très activement dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie et d’agir en faveur de la réalisation de tous les accords conclus au sein de ce groupe, d’abord et avant tout en ce qui concerne les délais et les paramètres pour la tenue d’un dialogue intra-syrien.


    Dans les pourparlers d’aujourd’hui, nous ne pouvions pas ignorer la situation en Ukraine ; dans ce contexte, nous avons discuté des perspectives de coopération dans le Format Normandie. Nous allons continuer à insister sur la mise en œuvre de toutes les clauses des accords de Minsk du 12 février.


    En conclusion, je tiens à remercier Monsieur le Président et tous ses collègues français pour ce dialogue ouvert et constructif. Nous avons convenu de poursuivre notre discussion à Paris dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique.


    Merci pour votre attention.


    François Hollande, Président de la France : Mesdames, Messieurs,

     

    J’avais souhaité rencontré le Président Poutine dans le cadre de l’initiative diplomatique, politique que j’ai prise au lendemain des terribles attentats qui ont frappé Paris.

     

    Je veux d’abord remercier le Président Poutine et le peuple russe pour les marques d’amitié, de sympathie et de solidarité à l’égard des familles des victimes et à l’égard également du peuple français.

     

    Pour ce qui me concerne, j’ai une fois encore dit au Président Poutine notre soutien après l’attentat dont la Russie a été également victime avec cet avion abattu en plein ciel égyptien et qui a fait plus de 224 morts.

     

    Nous sommes donc tous concernés par le terrorisme. Le terrorisme peut frapper partout, nous devons donc agir et c’est le sens de ce que nous devons traduire de notre rencontre, agir.

     

    Le Conseil de sécurité, la semaine dernière, a adopté une résolution à l’unanimité pour que les États du monde puissent prendre les mesures nécessaires pour coordonner leur action en vue de mettre un terme aux actes terroristes et notamment de Daech. Nous nous inscrivons dans ce processus et c’est finalement la première réalité de la coalition large que la France souhaite voir se constituer, coalition du monde entier contre le terrorisme.

     

     

     

     

    Ce consensus est nécessaire mais il n’est pas suffisant. Nous devons prendre aussi nos responsabilités. C’est ce que fait la France en frappant les centres opérationnels et les lieux d’entraînement de Daech, en bombardant les sites pétroliers exploités par ce groupe terroriste qui se finance à travers la contrebande du pétrole, nous le savons.

     

    La France a intensifié ses actions grâce à la présence du porte-avions Charles-de-Gaulle au plus près et nous allons encore accroître notre soutien aux groupes qui, sur le terrain en Syrie, se battent en première ligne pour libérer les zones occupées par Daech.

     

    Éradiquer Daech, cela veut dire aussi – et nous en convenons avec le Président Poutine – traiter le mal à la racine. Depuis 2011, le chaos qui sévit en Syrie a fait près de 300 000 victimes, des millions de réfugiés. Aussi nous voulons que les discussions de Vienne puissent ouvrir une solution politique. Il y a des conditions pour aboutir à une issue et donc je considère qu’il faut respecter les principes suivants si l’on veut assurer une transition politique : les pouvoirs exécutifs doivent être confiés à un gouvernement d’union indépendant pour le temps de la transition ; cette transition doit aboutir à une Constitution, des élections comportant toutes les communautés, ainsi que les membres de la diaspora.

     

    Pour ce qui concerne la France, il est clair que Bachar n’a pas sa place dans l’avenir de la Syrie. Mais j’ai la conviction que la Russie peut jouer un grand rôle dans le processus que je viens de décrire. J’ai indiqué au Président Poutine que la France souhaitait travailler avec la Russie au service d’un objectif clair, simple, combattre Daech et les groupes terroristes et eux seuls.

     

    C’est pourquoi notre entretien a été utile. Nous nous sommes accordés, le Président Poutine et moi-même, sur trois points essentiels : premièrement, nous allons augmenter les échanges d’informations et de renseignements de toute nature et notamment entre nos forces. Les frappes contre Daech seront intensifiées et feront l’objet d’une coordination pour augmenter leur efficacité et notamment sur le transport du pétrole. Troisièmement – et le Président Poutine vient d’insister aussi là-dessus –, les forces luttant contre Daech et les groupes terroristes ne doivent pas être visées par nos actions, nous devons aller frapper les groupes terroristes et Daech.

     

     

     

     

    Je veux également souligner que l’Europe se mobilise également dans ce combat contre le terrorisme. J’avais demandé que les ministres de la Défense de tous les pays européens puissent prendre des dispositions en fonction des traités et aussi bien le Royaume-Uni, par la voix de David Cameron quand il est venu à Paris, qu’Angela Merkel encore aujourd’hui viennent de prendre ou d’annoncer des décisions importantes.

     

    Nous avons aussi, avec le Président Poutine, échangé sur un autre sujet, la crise qui se prolonge à l’Est de l’Ukraine. Une crise sur laquelle d’ailleurs nous échangeons régulièrement, nous travaillons dans le cadre du Format Normandie. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés sur ce sujet, c’était à Paris avec la Chancelière Merkel et le Président Porochenko.

     

    J’ajoute d’ailleurs que dans cette réunion de Paris, le Président Poutine et moi-même avions déjà abordé la question de la Syrie et appelé à une coordination. Aujourd’hui, elle est renforcée. La priorité que nous donnons à l’action contre le terrorisme et notamment en Syrie ne change en rien la détermination qui est celle de la France de trouver une solution pour un règlement politique à l’Est de l’Ukraine et nous avons là aussi un cadre simple, un objectif lisible, nous devons mettre pleinement en œuvre les mesures qui sont dans l’Accord de Minsk.

     

    Voilà pourquoi je voulais venir ici, à Moscou, pour rencontrer le Président Poutine. Je le recevrai lundi pour la Conférence sur le climat qui est aussi un grand enjeu pour la planète mais l’urgence et la nécessité de lutter contre le terrorisme exigeaient que je sois ici présent à Moscou.


    Question (journaliste français) : Bonsoir. Une question pour M. Poutine. Monsieur le Président, êtes- vous d’accord sur le fait que le maintien de M. Assad en fonction entrave la réalisation de vos objectifs communs ? Etes-vous parvenu à un accord déterminant quels groupes doivent et ne doivent pas être la cible de frappes aériennes ?


    Vladimir Poutine : Je crois que le sort du Président de la Syrie doit rester entièrement entre les mains du peuple syrien.


    En outre, nous convenons tous qu’il est impossible de lutter avec succès contre le terrorisme en Syrie sans opérations au sol, et il n’existe pas de forces aujourd’hui qui peuvent mener des opérations terrestres dans la lutte contre Daech, Jabhat al-Nusra et les autres organisations terroristes en dehors de l’armée gouvernementale syrienne.


    À cet égard, je pense que l’armée du Président Assad et lui-même sont nos alliés naturels dans la lutte contre le terrorisme. Il peut y avoir d’autres forces sur le terrain qui parlent de leur volonté de lutter contre le terrorisme. Nous essayons actuellement d’établir des liens avec elles, nous l’avons déjà fait avec certaines d’entre eux, et comme je l’ai dit de nombreuses fois, nous serons prêts à soutenir leurs efforts dans la lutte contre Daech et les autres organisations terroristes, comme nous soutenons l’armée d’Assad.


    Nous avons convenu – et je pense que c’est là une partie très importante de nos accords avec Monsieur le Président aujourd’hui – que, tout comme nous le faisons avec certains autres pays de la région, nous allons échanger des informations sur les territoires qui sont occupés par des groupes d’opposition sains plutôt que par des terroristes, et nous éviterons d’y mener des frappes aériennes. Nous allons également échanger des informations lorsque nous – la France et la Russie – sommes absolument sûrs que certains territoires sont occupés par des organisations terroristes, et nous coordonnerons nos efforts dans ces zones.


    Question (journaliste russe) : Je voudrais poser une question au Président de la Russie. Monsieur le Président, nous évoquons actuellement une coalition de grande envergure et à cet égard, je voudrais poser une question à propos de la place particulière de la Turquie dans cette histoire. Aujourd’hui, par exemple, l’armée russe a signalé qu’elle a intensifié ses frappes sur le quadrant syrien où l’avion russe a été abattu.


    Dans le même temps, les médias turcs accusent pratiquement la Russie d’avoir bombardé un convoi humanitaire. Dans ce contexte, avez-vous évoqué la Turquie lors de votre entretien avec François Hollande ? Et que pouvez-vous dire quant au rôle de la Turquie dans toute cette histoire et dans nos relations avec ce pays ?


    Vladimir Poutine : Comme vous le savez, la Turquie est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. La France est également membre de l’OTAN, et nous comprenons donc la position de la France dans cette situation. Mais Monsieur le Président a exprimé ses condoléances suite à la mort de nos militaires, et nous lui en sommes reconnaissants.


    Quant au territoire que vous avez mentionné, où nos militaires sont morts, en effet, les forces armées syriennes ont utilisé les lance-roquettes multiples que nous leur avons fournis récemment, dans des actions coordonnées avec notre Armée de l’Air, et les frappes dans cette zone ont été intensifiées tout de suite après que nous ayons reçu des informations crédibles selon lesquelles l’un de nos militaires avait été tué, et nous avons ainsi été en mesure de sauver le second. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Telle est la manière de procéder.


    À cet égard, je tiens à faire un commentaire sur ce que nous entendons au sujet de certaines tribus proches de la Turquie, les Turkmènes, et ainsi de suite. Tout d’abord, une question se pose : qu’est-ce que les représentants d’organisations terroristes turques, qui se montrent à la caméra et postent leurs images partout sur Internet, font sur ces territoires ?


    Deuxièmement, qu’est-ce que des ressortissants de la Fédération de Russie, que nous recherchons pour leurs crimes et qui sont clairement classés comme des terroristes internationaux, font sur ce territoire ? Nos militaires œuvraient dans ce quadrant pour empêcher le retour possible de ces personnes sur le territoire de la Russie pour y commettre des crimes ; ils accomplissaient leurs devoirs envers leur patrie, envers la Russie, directement. Directement ! Je repose la question : que font ces personnes là-bas ? Nous considérons qu’il est tout à fait justifié d’intensifier les efforts de notre aviation dans ces territoires et d’y soutenir l’intensification des efforts déployés par les forces syriennes.


    Quant au bombardement d’un convoi humanitaire, pour autant que je sache, l’organisation humanitaire à laquelle les autorités turques font référence a déjà déclaré qu’aucun de ses convois et représentants n’étaient présents dans cette zone au moment des faits. S’il y avait effectivement une sorte de convoi à cet endroit, il n’était certainement pas pacifique. S’il y avait un quelconque « convoi », alors je suppose que conformément au droit international, il lui était nécessaire de déclarer de quel type de convoi il s’agissait, où il se dirigeait et ce qu’il faisait. Et si rien de tout cela n’a été fait, alors nous soupçonnons que ce convoi ne transportait pas une cargaison purement humanitaire. C’est là un nouvel élément de preuve de la complicité dont bénéficient les terroristes internationaux.


    Question (journaliste français) : Bonsoir. Ma question s’adresse aux deux Présidents. Monsieur Poutine, pourquoi avez-vous déployé les systèmes de roquettes multiples S-400 ? Monsieur Hollande, ce déploiement des S-400 est-il compatible avec les efforts de la coalition internationale ?


    Vladimir Poutine : Le S-400 n’est pas un système de lance-roquettes multiples, mais un système de missiles anti-aériens. Nous ne disposions pas de ces systèmes en Syrie parce que notre aviation opère à des hauteurs que la main criminelle des terroristes ne peut pas atteindre. Ils ne possèdent pas la technologie militaire adéquate qui serait capable d’abattre des avions à une hauteur de plus de trois ou quatre mille mètres. Il ne nous était jamais venu à l’idée que nous pourrions être frappés par un pays que nous considérions notre allié.

     

     

     


    Après tout, nos avions, volant à une hauteur de cinq à six mille mètres, n’étaient aucunement protégés ; ils n’étaient pas protégés contre d’éventuelles attaques par des avions de chasse. Si nous avions ne serait-ce que pensé que cela pouvait être possible, alors en premier lieu, nous y aurions depuis longtemps établi des systèmes de défense pour protéger nos avions contre d’éventuelles attaques.


    En outre, il existe d’autres formes de technologies et de protections militaires, par exemple, les chasseurs d’escorte, ou au moins des moyens techniques de défense contre les attaques de missiles, notamment des défenses thermiques. Les experts savent comment cela peut être mis en place.


    Je le répète, nous n’avons rien fait de tout cela parce que nous considérions la Turquie comme un Etat ami et ne nous attendions tout simplement pas à une attaque de la part de ce pays. Voilà précisément pourquoi nous considérons ce qui est arrivé comme un coup de poignard dans le dos.


    Nous avons maintenant vu que cela est possible ; nous avons perdu des soldats là-bas. Nous sommes obligés d’assurer la sécurité de nos avions. Nous avons donc déployé un système S-400 moderne. Il fonctionne sur une longue distance et c’est l’un des systèmes du genre les plus efficaces au monde.


    Mais nous ne nous limiterons pas à cela. Si nécessaire, nous allons compléter l’activité de nos chasseurs par des avions de combat et d’autres moyens, y compris la guerre électronique. Il y a effectivement beaucoup de systèmes de protection, et nous allons maintenant les déployer et les utiliser.


    Cela ne contredit en rien ce que nous faisons avec la coalition dirigée par les Etats-Unis. Nous échangeons des informations avec elle, mais nous sommes très préoccupés par la nature des échanges et les résultats de notre travail commun.


    Considérez donc ceci : nous avons averti nos partenaires américains à l’avance quant aux zones où nos pilotes allaient opérer, à quelle altitude, etc. Les Américains, qui dirigent la coalition qui comprend la Turquie, connaissaient le lieu et l’heure des vols. Et c’est précisément là et à ce moment que nous avons été frappés.


    Je vous demande donc : pourquoi avons-nous fourni cette information aux Américains ? Soit ils ne peuvent pas contrôler ce que leurs alliés font, soit ils répandent ces informations à gauche et à droite, sans en comprendre les conséquences. Naturellement, nous aurons besoin d’avoir des consultations sérieuses avec nos partenaires sur cette question. Mais le système de défense aérienne n’est en aucune façon dirigé contre nos partenaires, avec qui nous combattons les terroristes en Syrie.


    François Hollande : Je veux revenir sur l’incident de mardi, qui a conduit à la destruction d’un chasseur russe par l’aviation turque. Parce que c’est un incident grave et parce qu’il est évidemment regrettable. J’en ai parlé au Président Erdogan, j’en ai parlé au Président Poutine. Il est essentiel dans cette zone et dans cette période d’éviter tout risque et tout nouvel incident et de prévenir toute escalade.

     

    Le seul objectif que nous devons tous avoir, c’est la lutte contre Daech et la neutralisation des terroristes. Il n’y a pas d’autre objectif. Nous devons donc en tirer les conclusions. Renforcer la coordination entre les différents pays, afin que les forces qui sont présentes, les avions qui peuvent frapper, ne puissent pas rentrer dans un malentendu, une collision, un incident. Il faut éviter que cela puisse se reproduire. D’où l’initiative que j’ai prise, qu’il puisse y avoir cette coordination et cette coopération, avec le but que je viens d’indiquer.

     

    Enfin, dans ce dont nous avons convenu avec le Président Poutine, c’est un point très important : de ne frapper que les terroristes, que Daech et les groupes djihadistes et de ne pas frapper les forces et les groupes qui luttent contre le terrorisme. Nous allons échanger nos informations là-dessus, ce qui peut être frappé et ce qui ne doit pas être frappé.

     

    Donc, double effort de coordination, c’est d’éviter qu’il puisse y avoir des incidents entre tous les pays qui luttent en Syrie contre le terrorisme. Deuxièmement, que nous puissions avoir des cibles que chacun peut comprendre.

     

     

     


    Question (journaliste russe) : Vous avez parlé de la nécessité d’organiser une large coalition. Est-ce le genre de coalition dont vous avez parlé lors de votre intervention à l’ONU, ou est-ce que la concurrence entre les coalitions va se poursuivre ? Si la concurrence continue, nous aurons à nous interroger sur l’efficacité que peuvent avoir de telles coalitions, en particulier après l’incident avec l’avion russe. Ou bien envisagez-vous une nouvelle coalition commune, et si oui, est-il possible qu’une telle coalition puisse en venir à agir dans d’autres pays également sous la menace de Daech, et pas seulement en Syrie ?


    Pour en revenir à l’incident avec l’avion russe, il y a quelques heures, le Président turc a déclaré dans une interview que si la force aérienne turque avait su que l’avion était russe, elle n’aurait pas agi comme elle l’a fait. Il a également déclaré que les forces turques détruisent toutes les cargaisons de pétrole de Daech qu’elles saisissent, et que si la Russie a d’autres informations et peut prouver le contraire, le Président est prêt à démissionner. Je voudrais entendre vos commentaires sur ces déclarations.


    Vladimir Poutine : En ce qui concerne la coalition, le Président Hollande et moi avons discuté de cette question aujourd’hui. Nous respectons la coalition menée par les États-Unis et nous sommes prêts à travailler avec cette coalition. Nous pensons qu’il serait préférable d’établir une coalition unifiée et commune. Cela rendrait plus simple et plus facile, et, je pense, plus efficace la coordination de nos efforts communs dans cette situation. Mais si nos partenaires ne sont pas prêts à cela... En fait, c’est de cela que j’ai parlé à l’ONU. Mais si nos partenaires ne sont pas prêts à cela, très bien, nous sommes prêts à travailler dans d’autres formats, dans tout format que nos partenaires trouveraient acceptable. Nous sommes prêts à coopérer avec la coalition menée par les Etats-Unis.

    Mais bien sûr, des incidents tels que la destruction de notre avion et la mort de nos militaires – le pilote, et un marine qui tentait de sauver ses frères d’armes – sont totalement inacceptables. Notre position est que cela ne doit pas se reproduire. Sans cela, nous n’avons aucun besoin d’une telle coopération, avec quiconque, toute coalition ou tout pays.


    J’ai discuté de tout cela en détail avec le Président de la France. Nous avons convenu de travailler ensemble au cours de la période à venir, en format bilatéral, et avec la coalition menée par les Etats-Unis en général.


    La question est de délimiter les territoires qui sont des cibles pour les frappes et ceux où il vaut mieux éviter de lancer des frappes, l’échange d’informations sur ces questions et d’autres, et de coordonner l’action dans les zones de combat.


    Quant à la question du pétrole et l’affirmation selon laquelle il est détruit sur le territoire turc, au sommet du G20, qui a justement eu lieu en Turquie, à Antalya, j’ai montré une photographie (je m’étais déjà exprimé publiquement sur ce point) prises par nos pilotes à une hauteur de 5000 mètres. Les véhicules qui transportent du pétrole constituaient une longue file qui disparaissait à l’horizon. Cela ressemble à un pipeline vivant. Ce sont des fournitures de pétrole à l’échelle industrielle venant de parties de la Syrie maintenant entre les mains des terroristes. Ce pétrole provient de ces régions, et non pas d’autres endroits. Nous voyons depuis nos avions où ces véhicules se dirigent. Ils se dirigent vers la Turquie, jour et nuit. Je peux imaginer que peut-être, les plus hauts dirigeants de la Turquie ne sont pas au courant de cette situation. C’est difficile à croire, mais théoriquement, ce serait possible.


    Cela ne signifie pas que les autorités turques ne doivent pas tenter de mettre fin à ce commerce illégal. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution spéciale qui interdit l’achat direct de pétrole aux terroristes, parce que ces barils sont remplis non seulement de pétrole, mais aussi du sang de nos citoyens, et parce que les terroristes utilisent l’argent de ce commerce pour acheter des armes et des munitions et mener des attaques sanglantes comme celles contre notre avion dans le Sinaï, les attentats à Paris et dans d’autres villes et pays.


    Si les autorités turques détruisent ce pétrole, pourquoi ne voyons-nous pas de fumée provenant des incendies ? Permettez-moi de dire encore une fois que cela est de l’approvisionnement en pétrole à une échelle industrielle. Il faudrait construire des installations spéciales entières pour détruire de telles quantités de pétrole. Rien de tel ne se déroule. Si les plus hauts dirigeants de la Turquie ne sont pas au courant de la situation, qu’ils ouvrent leurs yeux sur celle-ci dès maintenant.


    Je serais prêt à croire que de la corruption et d’obscurs contrats en sous-main pourraient être impliqués. Qu’ils fassent la lumière sur tout ce qui se passe là-bas. Mais il n’y a absolument aucun doute que le pétrole se dirige vers la Turquie. Nous voyons cela depuis nos avions. Nous voyons que des véhicules chargés s’y dirigent dans un flux constant et en reviennent vides. Ces véhicules sont chargés en Syrie, en territoire contrôlé par les terroristes, ils vont en Turquie puis retournent en Syrie vides. Nous le voyons tous les jours.


    En ce qui concerne la question de savoir si oui ou non le Président turc devrait démissionner, cela ne nous concerne aucunement, mais c’est l’affaire du peuple turc. Nous ne nous sommes jamais immiscés dans les affaires internes des autres et nous ne le ferons pas maintenant. Mais c’est bien dommage de perdre le niveau des relations bilatérales sans précédent que nous avons développées avec la Turquie au cours de ces dernières années. Nous avions vraiment atteint un très haut niveau de relations et nous considérions la Turquie non seulement comme notre voisin, mais aussi comme un pays ami et pratiquement comme un allié. Il est très triste de voir tout cela détruit de la sorte, avec brutalité et insouciance.

     

     

     


    François Hollande : Si le Président Poutine m’y autorise, je voudrais répondre à la question qui lui était adressée, en donnant le point de vue français. Il y a une coalition qui existe déjà et depuis plusieurs mois, la France y participe. Son domaine d’action était l’Irak. Avec le gouvernement irakien, il était très important de pouvoir lui donner l’appui nécessaire pour lutter contre l’organisation Daech et le terrorisme qui hélas, ensanglante ce pays, l’Irak.

     

    Cette coalition ensuite s’est élargie géographiquement vers la Syrie. La France intervient en Syrie, en lien avec cette coalition. J’en ai décidé au mois de septembre dernier, d’abord par des vols de reconnaissance, puis maintenant des frappes. Au nom d’une légitime défense qui était effectivement bien établie, puisque nous savons que les terroristes qui ont frappé Paris et la ville de Saint-Denis ont été entrainés et hélas, préparés à faire leurs sinistres attentats de Raqqa, c’est-à-dire de Syrie.

     

    Nous voulons maintenant qu’il y ait une coordination. Elle est vraiment nécessaire. Elle est indispensable. D’abord, pour éviter des incidents, mais surtout pour être efficace pour frapper Daech, le terrorisme. Cette coordination doit être une coopération, les échanges d’informations, de renseignements, le choix des cibles, tout cela nous permet d’agir.

     

    Les Nations Unies, par cette résolution du Conseil de sécurité, ont appelé à cet engagement. Je salue donc les pays européens qui ont pris aussi leurs responsabilités.

     

    Si nous voulons être efficaces, c’est le deuxième point que je veux aborder, il faut frapper Daech là où il y a des centres d’entrainement, où il y a l’organisation de cette armée terroriste. Mais il faut frapper aussi ses sources d’approvisionnement, ses recettes, notamment le pétrole. S’il y a un point sur lequel nous devons nous coordonner, c’est bien pour frapper là où ses camions, en grand nombre, viennent s’approvisionner pour ensuite écouler le pétrole à qui veut l’acheter et donner ainsi des ressources à Daech.

     

    Donc, je peux vous donner cette information, nous allons continuer à frapper ces véhicules et ces lieux d’exploration ou d’exploitation en l’occurrence des ressources pétrolières qui en définitive servent à Daech de source de financement.

     

    Enfin, je l’ai également affirmé, nous devons appuyer des groupes qui, localement, peuvent permettre la reconquête. Pour nous, la France, avec les pays de la coalition, nous allons favoriser ces groupes, pour qu’ils puissent agir contre Daech. C’est toujours le même objectif : agir contre Daech, détruire cette organisation terroriste.


    Vladimir Poutine : Quant à l’idée que l’aviation turque n’aurait pas reconnu notre avion, cela est tout simplement impossible. C’est hors de question. Nos avions ont des marques d’identification très distinctes. C’était évidemment notre avions et celui de personne d’autre.


    Par ailleurs, permettez-moi de dire encore une fois que conformément à nos accords avec les Américains, nous avons toujours donné des informations préalables sur les opérations de nos avions, sur les formations, zones et horaires. Nous considérons que cette coalition est effective, et la Turquie, en tant que membre de cette coalition, aurait dû savoir que des avions russes opéraient à cet endroit à ce moment. De quels autres avions aurait-il pu s’agir ? Qu’auraient-ils fait s’ils avaient découvert que c’était un avion américain ? Auraient-ils tiré sur un avion américain ?

     

    Ce ne sont que des propos absurdes, une tentative de se trouver des excuses. Il est déplorable de voir qu’au lieu de mener une enquête approfondie sur la situation et de prendre des mesures pour faire en sorte que de telles choses ne se reproduisent jamais, nous entendions d’eux ces explications et déclarations confuses, au point qu’ils n’estiment pas même devoir présenter des excuses.

    Eh bien, ce n’est pas notre choix, mais le choix de la Turquie.

     

     

     

     Merci Sayed Hasan

     

    Voir également :

     

     

    Vladimir Poutine sur l'avion russe abattu : la Turquie veut mettre l'OTAN au service de Daech

     

    Terrorisme : message de Vladimir Poutine à Daech et François Hollande (VOSTFR)

     

    Attaques terroristes à Paris : après l’émotion, dénonçons TOUS les coupables


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    29 novembre 2015
    Un journal turc balance que Turquie et Etat Islamique sont de grands amis

    Cette traduction est issue des publications du quotidien Cumhuriyet.

     

    Cette presse, qui fait l’objet de menaces et de censure, parce qu’elle met souvent le doigt où ça fait mal, a vu son directeur récompensé la semaine dernière par Journalistes sans frontières, à la fois en soutien contre les agressions et menaces dont il fut victime, et leur acharnement à mettre en lumière la politique trouble du gouvernement AKP avec Daech à ses frontières.

    Et ce n’est pourtant qu’un organe de presse dit « progressiste ». C’est ce journal qui publia les preuves de trafics frontaliers de camions entre la Turquie et Daech, entre autres.

    Rappelons que les attentats de Suruç, Diyarbakır, Ankara, qui sont attribués à Daech par le gouvernement AKP dont les enquêtes comportent de gros points d’interrogations, n’ont jamais pourtant fait l’objet de « revendications ».

    Et c’est, aux dires de la diplomatie française, le « meilleur allié antiterroriste » dans la région.

    Même si ce genre de « témoignage » est à prendre avec prudence, émanant d’un « profil » particulier, il recoupe cependant des réalités qui questionnent sur le soit disant « renseignement » français, entre autres, et le tapis rouge toujours déroulé à la Turquie, au lendemain des massacres de Paris.

    Une fois de plus, c’est avec ce « témoignage », un pavé lancé dans les fenêtres du Palais.

    - La rédaction de Nuit et Jour-

     


     

    İlhan Tanır, journaliste, avait rencontré Said en Syrie, il y a quatre ans. Cet homme rencontré à partir de « solides recommandations », lui a servi de « fixeur », de guide et d’intermédiaire pour ses reportages en Syrie.

     

    İlhan Tanır présente Said comme un homme d’une soixantaine d’années :

    « Un syrien qui a vécu de longues années dans des pays occidentaux. Il s’était exilé à 20 ans, en 1970, n’avait pas trouvé ce qu’il cherchait dans les études, et avait “travaillé” pendant trois ans dans un autre pays européen comme légionnaire. Ensuite, il avait déménagé dans un troisième pays et fait du commerce. Said, était revenu en 2011 à Antakya, en Turquie, il avait fondé une unité armée lors de la transformation de la rébellion en combat armé à Al Bab, et son unité avait déclaré son attachement à l’Armée Libre syrienne. »

    Le journaliste souligne que quand il l’avait rencontré, il ne faisait pas le ramadan et qu’il avait de sérieux soucis avec sa foi religieuse :

    « À l’époque de notre rencontre, il cherchait à la fois de l’aide logistique et financière pour son unité, et servait d’intermédiaire pour les journalistes qui voulaient accéder en Syrie. Il m’avait fait entrer en Syrie avec une journaliste américaine qui m’accompagnait, et nous avait accueilli dans une maison d’hôte, convenablement et en sécurité. Deux ans plus tard j’ai appris qu’il avait rejoint Daech. »

    Said, convaincu par les dirigeants était devenu le chef des renseignements de Daech à Al Bab. Il a « travaillé » en 2014 et 2015, pendant 11 mois, dans cette branche très puissante de Daech dit-il, İlhan Tanır :

    « Said, comme il l’exprime, avait accepté la proposition de Daech, à cause des soucis financiers et parce qu’il n’arrivait pas à trouver un groupe syrien plus influent. Mais pour entamer ce travail pour lequel il avait été convaincu, il a fallu qu’il prenne des “cours de Charia” pendant deux semaines. Ensuite, 8 mois plus tard, il a décidé de quitter l’organisation, pour mésentente avec les dirigeants. La mise en place de son plan de fuite a pris des mois. Finalement, le mois dernier (octobre 2015) ils pu s’enfuir et fonder de nouveau sa propre unité. Cette unité combat plutôt les forces d’Assad, mais se bat aussi de temps en temps contre Daech. Said affirme que pour cette unité, il cherche à nouveau des fonds, et a eu pour cela des entretiens avec la Turquie, ainsi que plus d’un pays occidental. Said, coopère étroitement avec les pays occidentaux, et donne de l’aide logistique pour faciliter la fuite des soldats et dirigeants qui planifient de quitter Daech. »

    Lire la suite de l’article sur nuitetjour.xyz

    source


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    Le criminologue Xavier Raufer pose ici des questions très pertinentes sur Daech.

    L’article étant très long, vous pouvez le télécharger ici en pdf pour impression.

    Je profite pour livrer une anecdote sur un djihadiste qu’il a racontée récemment, et qui me semble très pertinente :

    J’ai pu voir récemment un mail : c’était une lettre d’un garçon qui combat en Syrie, à sa fiancée. Il disait :

    Ma chère X, tu sais, je, mon seul rêve est de rentrer en France, et t’épouser devant Dieu mais en attendant je suis obligé, fī sabīl allāh (dans la voie de Dieu ) de combattre, etc. En attendant j’ai pensé que ça te ferait plaisir de, que je t’envoie une photo souvenir.

    Alors, le mail déroule et apparait la photo, qui montre le garçon en question avec une tête décapitée dans chaque main, le sang qui coule encore.

    Et c’est ça la pensée d’amour qu’ils envoient à leur fiancée…

    Ce sont des gens dont on peut se demander si la religion n’est pas un pur prétexte à assouvir une fureur sanguinaire en eux, qui aujourd’hui s’exprime comme ça et qui à un autre moment se serait exprimée autrement. Ce sont des cinglés.

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    L’État islamique, objet terroriste non identifié

    Source : Xavier Raufer, en octobre 2015.

    SANS conflits majeurs mais proche du chaos et toujours entre deux violences, notre monde actuel est dès 1938 pré-vu par Carl Schmitt – avec quelle impressionnante prescience. Voici ce dont le juriste voyait à terme l’inévitable avènement : “une guerre globale largement asymétrique, soustraite à tout contrôle et toute limitation juridique, dans laquelle une grande puissance néo-impériale ne se déploie pas tant, ni seulement, contre des Etats particuliers, que contre des organisations de “partisans globaux” (Kosmospartisanen) qui opèrent à l’échelle mondiale en usant des moyens et en poursuivant les objectifs de la guerre civile”[1] .

    D’emblée, l’auteur souligne que toutes les informations figurant dans cette étude sont vérifiées, vérifiables et disponibles. L’originalité de l’exercice tient aux étonnements et questionnements qu’on trouve ici – mais quasiment nulle part ailleurs, médias et politiciens étant hypnotisés par les égorgements et autres actes iconoclastes, au point d’oublier tout le reste.

    A l’œuvre aujourd’hui – dans quel fracas médiatique – l’entité de “partisans globaux”, au choix nommée “Etat islamique” (ci-après E. I.), “Etat islamique en Irak et au Levant”, ISIS, ISIL “Daech” ou “les Takfiri”. Cette étude vise à montrer que, si nous subissons au quotidien les récits des horreurs perpétrées par cette entité ; si l’on nous menace de l’irruption en Europe de milliers de ses sanguinaires moujahidine et qu’on nous gave de chiffres effarants sur son arsenal et la taille de ses “armées” – nul n’aborde jamais l’essentiel : qu’est-ce que “l’Etat islamique” ? Quelle est sa nature ? Son essence ?

    Début septembre 2015 encore, Le Figaro s’inquiète : “Un an de bombardement n’a pas ébranlé l’Etat islamique”… “En échec face à Daech, les Occidentaux s’interrogent sur leur stratégie”. Qu’est-ce donc alors que cet inébranlable EI, qui affronte le monde entier ? Et pourquoi les Occidentaux s’interrogent-ils sur leur propre stratégie, et non sur ce qu’est ce désormais formidable ennemi, dont nul ne savait même le nom voici trois ans, hormis de rares experts ?

    Tentons d’y voir clair et comparons l’E.I. au Hezbollah. Ce qu’est le Hezbollah est enfantin à décrire : entité paramilitaire, ou milice chi’ite du Liban, à fort tropisme terroriste ; équipée, entraînée et manipulée par les forces spéciales de la République islamique d’Iran. Deux lignes : on sait l’essentiel. Or ainsi définir l’E.I. est impossible car, allons droit au but, l’E.I. ne va pas de soi : c’est ce que nous établirons ici.

    Etonnons-nous d’abord de ce que nul, apparemment, ne remarque :

    L’E. I. est-il un “groupe terroriste” ?

    Non : nul groupe terroriste présent ou passé n’a jamais possédé plus de chars d’assaut que l’armée française ; en outre, depuis que l’E.I. sévit en Irak, on compte dans ce pays moins d’attentats terroristes qu’auparavant. Sur le terrain enfin, les succès de l’E. I sont clairement de nature militaire et non terroriste.

    Note OB : Il est en effet bien possible que Daech ait récupéré beaucoup de chars des armées Irakienne et Syrienne. Rappelons que la France n’a que 250 chars Leclerc, contre environ 2 500 chars à l’armée irakienne et 4 700 à l’armée syrienne (avant la guerre).

    Qui plus est, l’E.I. opère au Moyen-Orient et s’il y a bien une règle sans exception dans la région, c’est que toute entité terroriste un peu durable y devient fatalement l’acteur d’un terrorisme d’Etat. Cette règle prédomine depuis cinquante ans – Abou Nidal (Fatah-Conseil révolutionnaire), Syrie puis Libye ; Ahmed Jibril (FPLPCommandement général), Syrie ; l’Asala, Syrie ; le Hezbollah lui-même (Iran), en sont la convaincante démonstration.

    Mais alors, quel marionnettiste pour l’E. I. ? Au cours de l’année 2014, les pétromonarchies de la péninsule arabe et la Turquie ont soudain changé de protégés sur le champ de bataille Irak-Syrie pour aujourd’hui soutenir divers rejetons régionaux d’al-Qaida : Jabhat al-Nosra (al-Qaida en Syrie) et “al-Qaida dans la péninsule arabe” ; les premiers combattent l’armée de Bachar al-Assad allié de Téhéran, et le Hezbollah ; les seconds, les Houthis du Yémen, issus eux aussi de la constellation chi’ite. Ainsi tout est clair – sauf de savoir qui entretient l’E.I depuis que les principaux acteurs sunnites régionaux ont changé leur fusil d’épaule.

    L’E. I. est-il une guérilla ?

    Encore moins ; contrairement aux règles les plus éprouvées de la “petite guerre”, l’E.I. ne se replie pas après l’attaque, mais s’enracine, contrôle durablement des territoires ; affronte des armées régulières. A notre connaissance, cette stratégie est sans précédent.

    L’E. I. se veut un “califat”

    Etrange, car toutes les références coraniques sunnites sérieuses affirment qu’un califat, c’est obligatoirement un territoire physique. Impossible d’imaginer un califat spirituel, clandestin, numérique ou métaphysique. Or l’allégeance se faisant indissociablement califat et au calife, si le territoire de l’Etat islamique est conquis par quelque ennemi, tous ces liens d’allégeance sont dissous : sur le champ, l’E. I. tombe en poussière – comme Dracula à la fin d’un film de la Hammer.

    L’E. I. prône-t-il une forme extrême de l’islam sunnite ?

    Là, énorme mystère – dans une affaire qui n’en manque pas. Dans l’islam sunnite, l’autorité suprême est al-Azhar, mosquée du Caire, centre d’enseignement spirituel et doctrinal tout ensemble. Modèle de prudence et de pondération, al-Azhar condamne par exemple “le terrorisme” en général, islamique ou autre, dans un flou étudié et de loin. En 2010, le secrétaire général du Conseil de la recherche islamique d’al-Azhar s’est ainsi borné à certifier la savante fatwa (600 pages) du Dr. Muhammad Tahir ulQadri (soufi pakistanais) qui rejette le terrorisme comme anti-islamique, voilà tout.

    Mais jamais al-Azhar – la mosquée, voire l’un de ses dirigeants à titre individuel – ne prononce de nom, ne désigne une organisation. Sur Oussama ben Laden par exemple, ou al-Qaïda : silence, même après le 11 septembre 2001.

    En décembre 2014 encore, al-Azhar refuse de qualifier l’E. I. de “groupe apostat” – sentence de mort qu’elle n’a jamais prononcée depuis sa fondation. Mais en février 2015, revirement brutal : le “cheikh al-Azhar”, chef suprême de l’institution, tonne contre l’E. I., ces “oppresseurs et corrompus qui combattent Dieu” et appelle à “crucifier et démembrer les terroristes d’ISIS”.

    Pourquoi cette condamnation d’une terrible violence, comme – insistons – nul à al-Azhar n’en a jamais prononcée depuis que l’institution existe ? Malgré des questions précises et bien des lectures, l’auteur est sans réponse sur ce point pourtant crucial [2] .

    Les Etats-Unis et l’E.I.

    Comme “grande puissance néo-impériale” (dans la définition de Carl Schmitt) les Etats-Unis sont sans doute les plus concernés au monde par l’Etat islamique ; pas les plus menacés, mais à coup sûr ceux dont le reste du monde attend une stratégie, une riposte – une contre-offensive.

    Or sur l’Etat islamique, les Etats-Unis pataugent conceptuellement [3] . En décembre 2014, le major-général Michael Nagata, commandant les forces US au Moyen Orient dit de l’E. I. : “On ne comprend même pas le concept”. En septembre 2014, le président Obama, premier récipiendaire de toute la production du renseignement US, avait qualifié l’E.I. d’”équipe de réserve d’al-Qaïda” [4] – ce qui est une bourde grossière.

    De mars à août 2015, les deux revues les plus brillantes et sérieuses des Etats-Unis The New York Review of Books et The Atlantic, publient trois études sur l’E.I.[5]. On y trouve tout : longuement “le salafisme pour les nuls”, le jihadisme gore, le programme de l’E. I., tout ce que la propagande-épouvantail de cette entité dit d’elle-même ; les coutumes sociales ou sexuelles de l’E. I. – ah mon Dieu ! Ils veulent restaurer l’esclavage… ses combattants étrangers ! De la fascination ; du petit bout de la lorgnette.

    Rien dans ces articles ne reflète le moindre étonnement. Nulle part, un mot sur l’autonomie de décision de l’E. I. Pas un soupçon. Rien ne fait tiquer ces (pourtant excellents) auteurs, pour qui l’E.I. va de soi, n’est qu’un groupe comme un autre. Ces articles prennent l’E. I. au sérieux : ce qu’il dit de lui est la réalité ; on ne critique pas, on ne questionne pas.

    Ce qu’est l’Etat islamique, a quoi sert-il et qui sert-il ? D’où vient-il vraiment ? Quelles sont ses intentions réelles ? Rien. Nous reviendrons en détail sur tout cela mais d’emblée, une étrangeté, énorme, que nul ne relève, dans la littérature sur l’Etat islamique.

    Abu Bakr al-Bagdadi n’est pas le premier chef de l’E.I. à porter ce nom de guerre. Le précédent se nomme Abu Omar al-Bagdadi, de son vrai nom Hamid Daoud Muhammad Khalil al-Zawi (1947-2010). Naguère, général de brigade dans la fort laïque police de Saddam Hussein. Tiens : curieux parcours pour un émir salafiste – gardons cela en mémoire.

    Or quand abu Omar al-Bagdadi est éliminé près de Tikrit en avril 2010, la presse de Bagdad (qui sait de quoi elle parle…) qualifie unanimement ce qu’on appelle alors “l’Etat islamique en Irak” de “groupuscule”.

    Trois ans plus tard (2013) le “groupuscule” de traine-savates armés de kalachnikovs devient “Dawla al-Islamiyya fi’il Iraq wa’l Sham” (Etat islamique en Irak et en Syrie). Début 2014 (et désormais désavoué par al-Qaïda) il conquiert, sur ses centaines de tanks renforcés d’une efficace artillerie lourde, le tiers nord de l’Irak – plus de 150 000 km2 . Le ci-devant “groupuscule” est alors – selon des experts militaires – “capable d’encercler ou d’isoler les unités ennemies, de désorganiser les états-majors et l’approvisionnement ennemi”. Il sait “monter des attaques coordonnées et simultanées” et ses capacités anti-aériennes sont “sérieuses” (hélicoptères abattus en vol). Le “groupuscule” dispose d’une stratégie élaborée des lacs et barrages (crucial pour un pays désertique) d’unités de canonnières sur les fleuves et de drones en quantité.

    Les chaînes de commandement de l’ex-groupuscule sont “efficaces”, tout comme ses commandos et son renseignement (infiltration, recrutement, pénétrations, assassinats et attentats). Il dispose de stocks énormes d’armes et de munitions.

    Or depuis dix ans en Irak, vingt ans en Afghanistan, la “grande puissance néoimpériale” échoue à constituer, même un semblant d’armée nationale crédible… Insistons : par quel miracle ? Comment expliquer la brutale mutation du “groupuscule” en ravageuse armée de conquête ?

    Que sait-on vraiment sur L’E.I ?

    Abu Musab al-Zarqawi, jihadi hors-normes

    Commençons par le fondateur officiel et chef de l’Etat islamique (2003-juin 2006) “abu Musab al-Zarqawi”, encore présenté (et loué) comme tel par de récentes (printemps 2015) vidéos de propagande de l’E. I.

    Il s’agit de Ahmad Fadhil Nazzal, al-Khalayleh (nom de son clan, dans la tribu des Bani Hassan). Il se dit “abu Musab” en référence à Musab bin Omar, compagnon du Prophète et “al-Zarqawi”, pour la ville jordanienne de Zarqa, ou Zarka, où il est né.

    Al-Zarqawi est tout, sauf un chevalier blanc du salafisme. Plutôt un paumé, un errant à la Lee Harvey Oswald : vendeur dans une video-store du fin fond de la Jordanie, voyou tatoué et toxicomane. Dans la décennie 1990, sa famille le fait désintoxiquer (purification et prière) par des salafistes. Le succès dépasse les espérances familiales car vers 1999, le jeune Ahmad Fadhil fonde un groupuscule jihadi, nommé (comme bien d’autres) “Jama’at al-Tawhid wa’l jihad” (association pour le monothéisme et la guerre sainte) ; en fait, une micro-secte mortifère.

    Traînant déjà une réputation d’agent provocateur ou d’assassin à gages, le désormais “Abu Musab al-Zarqawi” part pour l’Afghanistan avec sa troupe. De 2001 à 2003, époque cruciale, son itinéraire international est bien repéré : nous verrons plus bas, rayon étrangetés, qu’il est même franchement étonnant.

    En 2003, Zarqawi et ses hommes s’installent finalement en Irak, où il crée l’année suivante (2004) “Tanzim Qaedat al-Jihad fi Bilad al-Rafidayn” (al-Qaïda en Irak). D’emblée Zarqawi s’appuie sur les réseaux baathistes et soufi [6] , qui l’aident et l’équipent ; notamment ceux du général Izzat al-Douri, un fidèle de Saddam Hussein. Là encore, de bizarres fréquentations pour un salafiste : des laïcs… des soufi…

    Les atrocités prennent alors (décapitations face caméra, etc.) un tel éclat médiatique, qu’abu-Musab finit par être désavoué et maudit par son clan jordanien (al-Khalayleh) et sa tribu (Bani Hassan). Juin 2006 : al-Zarqawi est tué par une frappe aérienne américaine, près de Baquba (Irak). Lui succède alors un tandem : chef militaire (un Egyptien) abu Hamza al-Muhajer, aussi surnommé abu Ayoub alMasri ; chef politique, abu Omar al Baghdadi, déjà cité plus haut. Tous deux sont tués en avril 2010 près de Tikrit (Irak) lors d’une opération militaire. Un mois plus tard, leur successeur est connu : c’est abu Bakr al-Baghadi, toujours en poste.

    Le curieux état-major de l’E.I.

    Retour aux fondamentaux : dès la fin de la décennie 1990, le groupe salafiste-jihadi conçu et dirigé par al-Zarqawi se veut un parangon du rigorisme sunnite. Il est lancé dans une lutte à mort contre les pires ennemis du sunnisme intégriste : les laïcs et nationalistes (à la Saddam Hussein, ou à la al-Sisi) et les chi’ites, que les salafistes tiennent pour une hérésie proto-chrétienne corrompant l’islam vrai. L’objectif final autoproclamé de l’E. I. est d’établir par le jihad un califat couvrant à terme la planète, où vivraient tous les musulmans du monde, dans l’observance de la charia.

    Voilà la théorie ; ce qu’affiche la propagande de l’E. I. Or à chaque pas, et déjà plusieurs fois dans ce texte, l’observateur butte sur de fort concrètes contradictions. Le président Mao dit jadis “la théorie se vérifie par la pratique” ; eh bien, avec l’Etat islamique, pas du tout. A tout bout de champ, la théorie et la pratique se contrarient – quand elles ne s’excluent tout simplement pas.

    Considérons le commandement et l’encadrement de l’E. I. : souvent issus du camp de prisonniers américains de Bucca [7] , nombre des chefs de l’E.I sont, non des jihadis formés en Afghanistan ou ailleurs, mais des officiers de l’armée (laïque et multiconfessionnelle, chi’ites, sunnites, chrétiens…) de Saddam. Selon des sources recoupées, quatre membres du conseil militaire de l’E.I., sept des “gouverneurs” de ses douze “provinces” ; son “ministre des finances”, sont passés par Bucca.

    Plus largement, on trouve comme cadres de l’E. I. de cent à cent-soixante officiers de l’armée de Saddam, en charge du renseignement, des arsenaux et des “programmes spéciaux” (armes chimiques, etc.).

    Jusqu’en août 2015 [8] , le N° 2 de l’E.I., chef de son conseil militaire et architecte de sa stratégie est Fadel al-Ayali, dit “Abu Mutazz”, ex-major du SR militaire de Saddam, service peu enclin à se laisser infiltrer par des taupes salafistes…

    Le n°3 de l’E. I est “abu Ali al-Anbari”, (nom inconnu), ex-baathiste et général-major de l’armée de Saddam, en charge des opérations militaires en Syrie.

    Autre personnage important dans l’”armée” de l’E. I., l’ex-colonel de l’armée de Saddam Taha Taher al-Ani. Durant les débuts chaotiques de l’occupation américaine, il s’est emparé d’énormes quantités d’armes et de munitions, ensuite dévolues à l’E. I.

    Dans ces états-majors et cet encadrement, mais où sont les islamistes “canal historique” ? Apparemment, nulle part. Curieux pour un “califat” ultra-sunnite.

    Une accumulation d’inquiétantes étrangetés…

    Théorie et pratique : voyons maintenant ce qu’a concrètement fait l’E. I. en Irak, puis en Syrie et quelles ont été les conséquences réelles de ses propres actions.

    Irak : que fait concrètement l’E. I.

    N’oublions pas ceci : certes en majorité chi’ites, les Irakiens sont d’abord des Arabes, en majorité resté fidèles à l’Irak de Saddam durant la longue et meurtrière guerre Irak-Iran. Sentimentalement, spirituellement, ces Arabes révèrent sans doute le chi’isme perse et ses lieux saints, Qom, Mashhad ; mais politiquement, Téhéran leur pèse ; ils sont plutôt réticents au côté “aide fraternelle” de l’Iran, qui sent parfois trop celle de l’Union soviétique à la Pologne, dans la décennie 1980… C’est dans cette ambiance que l’autorité politique suprême des chi’ites irakiens, l’ayatollah Muhammad Bakr al-Hakim, chef du Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak, rentre de son exil iranien et réintègre la ville sainte chi’ite de Najaf. On l’attendait vent debout contre l’occupation américaine, or le voilà au contraire conciliant, prêt même à une coopération limitée avec l’occupant.

    Suivons maintenant al-Zarqawi, arrivé en Irak début 2003. Son premier acte de terreur vise justement Muhammad Bakr al-Hakim, pulvérisé avec une centaine de ses fidèles dans l’explosion d’une gigantesque bombe à Najaf, en août 2003. L’attentat est revendiqué par Zarqawi mais plusieurs experts signalent une action des unités spéciales des Pasdaran iraniens, sous couverture jihadie.

    Pire encore en février 2006 : un énorme attentat détruit presque (dôme effondré, etc.) la mosquée de Samarra, où sont inhumés deux des 12 imams saints des chi’ites : Ali al-Naqi (10e imam) et Hassan al-Askari (11e).

    Cette dernière provocation et tuerie de Zarqawi (il y en a eu bien d’autres en 2004 et 2005) déclenche une féroce guerre civile entre sunnites et chi’ites ; des milliers de fidèles des deux communautés sont assassinés dans les jours suivants. Ce qui a pour effet de jeter les Arabes chi’ites irakiens dans les bras de l’Iran ; ils doivent désormais mendier aide et protection au “grand frère” ; voilà in fine l’Irak devenu un vassal de Téhéran. Dès lors chez lui à Bagdad, le général iranien Qassim Suleimani y a voix au chapitre et rang de proconsul.[9]

    Notons enfin que, de 2007 à 2009, le rouleau compresseur du surge américain déferle sur l’Irak : 170 000 GI’s au combat ; un budget de 100 milliards de dollars par an. Un sursaut militaire notamment destiné à anéantir l’Etat islamique, après la liquidation de son chef, en 2006. Or – autre miracle – l’E.I passe entre les gouttes du surge et traverse les années 2010 et 2011 sans dommage majeur. Fin 2011, l’armée US quitte l’Irak ; la dernière unité opérationnelle a quitté le pays le 18 décembre.

    Syrie : que fait concrètement l’E. I.

    La guerre civile syrienne commence à bas bruit au printemps 2011, par l’apparition au grand jour d’une “Armée syrienne libre” qui lance des opérations visant à la doter de “zones libérées”. Puis apparaît une branche syrienne d’al-Qaïda, du nom de Jabhat al-Nosra.

    Venues de la province irakienne d’al-Anbar, de premières unités de l’Etat islamique en Irak traversent fin 2011 la “frontière” de la Syrie. Pour rejoindre à la coalition antiBachar al-Assad ? Rappel : “alaouite”, ce dernier est un allié durable de l’Iran chi’ite, bête noire des salafistes. Tout au contraire : à peine en Syrie, l’E.I attaque l’Armée syrienne libre et Jabhat al-Nosra avec son usuelle sauvagerie, égorgeant leurs chefs, massacrant leurs miliciens refusant l’allégeance au califat et occupant leurs positions ; ce, sous de fumeux prétextes religieux.

    Comme naguère en Irak, le comportement de l’E.I est tel qu’en comparaison, Bachar devient présentable. Sur les talons de l’E.I, voilà le général iranien Suleimani en Syrie ; peu après, des miliciens chi’ites, Hezbollah en tête, volent par milliers au secours du régime syrien. Impavide, l’E.I. poursuit son jihad-gore jusqu’en 2014 au nord de la Syrie ; cette fois, les milices kurdes entrent en guerre contre la rébellion syrienne, soulageant d’autant le régime de Damas.

    En Février 2014, à Alep, Abu Khaled al-Suri, chef de la coalition pro-al-Qaïda en Syrie (Ahrar al-Cham + Jabhat al-Nosra) est victime d’un attentat-suicide fomenté par l’E.I. La sanglante guerre opposant les deux entités islamistes a déjà fait des milliers de morts. Temps pendant lequel l’armée du régime syrien, repliée sur la “Syrie utile”, compte les points.

    Ainsi de suite jusqu’à ce jour : en août 2015, al-Nosra fuit le nord de la Syrie, suite à une vague d’attentats-suicide de l’E. I. (40 morts). Début septembre encore, l’E.I. combat d’autres rebelles, pro-américains, en périphérie de Damas.

    De 2003 à ce jour, d’abu Musab al-Zarqawi à Abu Bakr al-Bagdadi, tels sont les opérations de l’Etat islamique en Irak et en Syrie et leurs conséquences concrètes.

    Deux points encore :

    • Imaginons un individu ou un Etat haïssant férocement le sunnisme extrémiste salafi-jihadi. Imaginons encore que ce “salafophobe” dispose de moyens immenses et d’opérateurs fort habiles. Pour disqualifier ou tuer le salafisme, pour horrifier la planète – musulmans inclus dans leur quasi-totalité – que pourrait-il rêver de mieux que l’E. I., son tintamarre médiatique, ses égorgements, ses bûchers, ses viols d’esclaves, ses dynamitages ? L’E.I. retourné au néant, qui osera encore se dire salafiste dans le demi-siècle qui vient?

    • Au Moyen-Orient, la “grande puissance néo-impériale” avait deux projets, lui permettant, s’ils se réalisaient, de sortir du funeste piège des années-Bush :

    - Syrie, créer une armée d’opposition “modérée” à Bachar al-Assad, prélude à un changement de régime à Damas,

    - Irak : créer une alliance politique sunnites + chi’ites dépassant la guerre confessionnelle et gouvernant ensemble le pays.

    Et voici notre question directrice : qui a totalement anéanti ces deux projets – aujourd’hui franchement risibles – si ce n’est l’Etat islamique ? Et quelle est alors la seule option laissée à la Maison Blanche d’Obama, pour tenter de restaurer un semblant d’ordre régional ? Ne serait-ce pas d’emprunter le chemin de Téhéran ?

    Les sournoises (et constantes) pratiques de la République islamique d’Iran

    Bref retour en arrière pour – encore – une énorme étrangeté : lors de l’offensive américaine en Afghanistan (dès le 8 octobre 2001) les moujahidineétrangers fuient ce pays, la plupart vers le Pakistan. Pas al-Zarqawi, installé à Herat, ville-frontière de l’Iran, grouillante d’agents de tout type, où sa troupe de fanatiques se forme aux 9 techniques du terrorisme. Suite à l’assaut américain, le salafiste Zarqawi se réfugie… en Iran (qui est pour lui, rappelons-le, le pays des ” apostats chi’ites”), où il demeure au minimum plusieurs mois.

    Zarqawi rentre alors en Jordanie, où les services antiterroristes le traquent ; il se réfugie alors (2002-2003)… dans la Syrie de Bachar al-Assad, aux mains d’hérétiques pire encore, les “Alaouites”. Là, dit un récit fort documenté, il est “hébergé et muni de faux papiers”. Par qui ? Pourquoi ? En échange de quoi ? A ce jour, cette question sur cet incroyable (soyons gentil…) mélange des genres, n’a pas étonné les analystes officiels, ni les journalistes.

    Mais la République islamique d’Iran, là-dedans quel jeu joue-t-elle ? A ce niveau de réflexion, bornons-nous à exposer deux troublants précédents :

    - Lors des attentats de Paris en 1985-86 (13 morts, 300 blessés), le terroriste en chef Fouad Ali Saleh, tunisien parfaitement sunnite, avait été recruté et formé par des opérateurs des services spéciaux iraniens.

    - Dans la décennie 1990, les services spéciaux militaires turcs suscitent un “Hezbollah turc”, en fait un groupuscule kurde de Turquie, pour assassiner les cadres du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Or ensuite, les services spéciaux iraniens “kidnappent” ce Hezbollah de Turquie, en volent le contrôle aux services turcs, et des années durant, l’utilisent pour éliminer des opposants au régime de Téhéran, en Turquie ou alentours. L’affaire fit grand bruit en Turquie ; il y eut des procès, maints documents existent là-dessus ; eux aussi accessibles.

    Conclusion (d’étape)

    Que savons nous maintenant ? Sur quoi ont débouché les étonnements et questionnements ci-dessus énoncés ? Sur ceci :

    - La nature, l’essence de l’Etat islamique est indéniablement celle d’une armée mercenaire. L’E. I. n’est ni une rébellion, ni une guérilla – encore moins une entité terroriste.

    - Mais est-on mercenaire à son propre service ? Non bien sûr : les Gardes suisses servent le roi de France et ainsi de suite. D’où cette question, à vrai dire la seule : au service de qui est aujourd’hui l’E. I. ?

    Répondre à cette question, remonter la suite des “influences” subies par les divers Abu successifs à la tête de l’E. I., c’est tout simplement comprendre le présent et l’avenir du terrorisme islamiste – au Moyen-Orient, mais d’abord et surtout en Europe. Question qui, selon nous, n’est pas totalement futile… ■

    Annexe 1

    La pénible “identification” d’al-Bagdadi, deuxième du nom

    Durant l’été 2015, le ministère américain des finances (Department of the Treasury) a émis (ou mis à jour) une fiche sur Abu Bakr al-Bagdadi, dans le cadre des mesures d’identification des personnes susceptibles de faire circuler de l’argent criminel et/ou terroriste. Ce qui donne ceci :

    AL-BADRI, Dr Ibrahim ‘Awwad Ibrahim Ali, AKA (Also Known As) AL-BAGHDADI, abu Bakr al-Husayni – AL-QURAISHI [10], Abu Bakr al-Baghdadi al-Husayni – AL SAMARRA’I, Dr Ibrahim ‘Awwad Ibrahim – AL SAMARRA’I, Dr Ibrahim ‘Awwad Ibrahim al-Badri – ABU BAKR AL-BAGHDADI – “ABU DU’A, etc.

    Avec toutes les combinaisons possibles, la fiche comporte 48 lignes pour la seule “identification” de l’intéressé, dans un joyeux cafouillis entre nom de guerre (alBaghdadi, celui qui est originaire de Bagdad ; al Samarrai, de la ville de Samarra, etc.), nom de tribu (al-Quraishi, tribu du Prophète Mahomet), nom clanique (al-Badri, al-Husayni, etc.). *

    Sources de l’étude

    Sur de tels sujets, les médias français ont peu d’intérêt puisqu’hélas, ils copient trop souvent les médias anglo-américains, 48h à une semaine plus tard. Dans nos médias d’information, l’auteur a ainsi rarement trouvé des enquêtes ou analyses françaises, originales ou savantes.

    ————–

    AFP – 5/09/15 “Syrie : 47 morts dans des combats entre le groupe EI et des rebelles dans le nord”

    AFP – 31/08/15 “Des combats entre l’Etat islamique et des rebelles à Damas”

    AFP – 30/08/15 “Un des principaux commandants de Boko Haram arrêté”

    Reuters – 21/08/15 “La Maison-Blanche confirme la mort du N°2 de l’Etat islamique”

    New York Review of Books – 13/08/2015 “The mystery of ISIS”

    Reuters – 10/08/15 “Al-Nosra se retire du nord de la Syrie”

    Press-TV (Iran) – 9/08/2015 “Saddam-era officers dominate high ranks of ISIL: report”

    New York Times International – 1/08/15 “Saudi Arabia’s new sunni alliance”

    New York Times International – 11/07/15 “No end in sight: a memoir of Iraq”

    New York Review of Books – 9/07/2015 “The rule of Boko Haram”

    US Government – Department of the Treasury – July 2015 – “Identification (??!) of Abu Bakr al-Baghdadi”

    New York Review of Books – 9/06/2015 “Inside the Islamic state”

    New York Times – 8/06/2015 – “A raid on ISIS yelds a trove of intelligence”

    New York Review of Books – (Ahmed Rashid’s Blog) – June 2015 “Why we need alQaeda”

    Laurent Touchard (non publié) – 20/05/2015 “Organisation tactique et méthode de combat de l’Etat islamique”

    La vie des Idées – 17/03/2015 “Aux origines de l’Etat islamique”

    APF Analysis – 9/03/2015 – Asia Pacific Foundation – Nigeria: Boko Haram pledge of allegiance to Daesh”

    The Atlantic – March 2015 “What is the Islamic State?”

    al-Arabiya News – 4/02/2015 “Al-Azhar calls for killing, crucifixion of ISIS terrorists”

    US Army – Complex operational environment and threat integration directorate (CTID) – TRADOC G-2 Intelligence support activity (TRISA) – November 2014 – “Threat tactics report: Islamic state of Iraq and the Levant (ISIL)”

    Plus une cinquantaine d’articles détaillés et d’études publiés sur ISIL de 2013 à 2015, notamment dans : al-Jazeera – BBC News – Bloomberg – CNN – CTC-Sentinel, West Point combating terrorism center – Deutsche Welle – the Guardian – Iraqi News – Jane’s Defence Weekly – NBC News – Reuters – Slate – the Telegraph – Time – the Washington Post, etc.

     

    *** Notes ***
    1 Carl Schmitt “Guerre discriminatoire et logique des grands espaces”, Krisis, 2011.

     

    2 Le prétexte était alors la vidéo d’un pilote jordanien brûlé vif, mais l’E.I. avait fait bien pire dix fois auparavant, sans qu’al-Azhar ne s’émeuve.

    3 Nominalement aussi. Voir l’annexe 1, “La pénible “identification” d’al-Bagdadi, deuxième du nom”.

    4 Précisément de “Jayvee team of al-Qaïda”. En argot sportif Junior Varsity team = équipe B.

    5 Voir in fine les sources de l’étude.

    6 Ceux de l’ancienne et puissante confrérie des Naqshbandi, entrée en guerre contre l’occupation américaine.

    7 Camp militaire, sis non loin de la ville irakienne d’Umm Qasr. Là, des années durant, l’armée d’occupation américaine a entretenu (involontairement, espérons-le) une superbe “couveuse à terroristes”.

    8 Il semble avoir été tué près de Mossoul, au nord de l’Irak, par une attaque de drone, le 18 août 2015. Cf. sources de l’étude, 21/08/15, Reuters.

    9 Le général Suleimani est le chef de la “Force Qods”, unité des Gardiens de la révolution iraniens en charge des opérations spéciales en Syrie, au Liban et en Irak.

    10 “al-Bagdadi” se prétend aussi “al-Quraishi” car le sunnisme fondamentaliste édicte que le calife doit toujours provenir de la tribu du Prophète Mahomet.

     Source et publication:    http://www.les-crises.fr/
     

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    lundi 30 novembre 2015

    [ ARMEE SYRIENNE ] Les chars russes T-90 arrivent en Syrie

    La 4ème division mécanisée de l’armée syrienne a récemment déployé ses chars T-90 de pointe nouvellement arrivés sur le front d’Alep Sud pour la première fois afin de poursuivre leur poussée vers les villes de Kafraya et Al-Fou’aa.

    Le char russe T-90 offre à l’armée syrienne plusieurs caractéristiques que leurs chars T-55 et T-72 n’ont pas, y compris un canon 2A46M 125; un moteur V-12 piston à quatre temps; et surtout, l’EER Kontakt-5 (blindage réactif).

     

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    Une grande partie de la réussite de l’Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie provient de leur missile antichar TOW fabriqué par les USA ; cependant, avec le Kontakt-5 ERA, les chars T-90 devraient être assez forts pour supporter l’impact du missile TOW.

    L’armée syrienne, les Forces de défense nationale (NDF) et les combattants du Hezbollah ont intensifié leurs opérations conjointes contre les terroristes de l’EI dans la province d’Alep, spécialement après le 30 septembre quand la force aérienne russe a lancé ses frappes aériennes massives contre les miliciens dans ce pays en crise…

     

    Source :- FNA Russian T-90 Tanks Arrive in Syria’s Aleppo to Join Army’s Combat on Terrorists

    Source:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/11/les-chars-russes-t-90-arrivent-en-syrie-pour-combattre-les-terroristes-de-l-ei-dans-la-region-d-alep

     
    Posté par Nadmiiiz

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    AL-NOSRA, LE CURIEUX « ALLIÉ » DE MM. HOLLANDE ET FABIUS (par l’Imprécateur)

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    Mais qui est Al-Nosra, l’allié que Fabius et Hollande ont choisi pour la France dans sa lutte pour tuer Bachar el-Assad et faire un « printemps arabe » syrien, c’est-à-dire donner le pouvoir aux islamistes locaux ?

     

    Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, appelé en Europe Al-Nosra, signifie « Front pour la victoire des Gens du Sham« .

    Le Sham, c’est la région qui borde la Méditerranée orientale et correspond en gros à l’ancien Levant : Syrie, Liban, Palestine et Israël.

    C’est un groupe armé de musulmans sunnites-salafistes qui mène le djihad pour reconquérir la région et en chasser, ou en exterminer, toutes les autres composantes religieuses qui refuseraient la soumission à leur islam rigoriste. Il est affilié depuis son origine à Al-Qaïda. Il a une base arrière au Liban, mais son implantation principale se trouve dans le Nord-Ouest syrien avec les villes d’Alep et Homs.

    Depuis novembre 2013, il a pris le nom de Al-Qaïda fi Biladu ash-Sham, « al-Qaïda au pays du Sham » qui inclut en plus du Levant le Sud de la Turquie, ce qui ne plait pas du tout à Erdogan !

    Grâce à l’appui en argent et en armes de la France et des États-Unis, il est devenu l’un des plus importants groupes rebelles et terroristes de la guerre civile.

    Cet appui, il l’a obtenu en faisant croire à Obama et Hollande, fraîchement arrivés au pouvoir en 2012 en toute ignorance du Moyen-Orient et de l’islam, qu’il représentait une opposition islamique modérée à Bachar el-Assad, « bourreau de son peuple« , ce qui est aussi exact que les arguments avancés pour tuer Saddam Hussein accusé de détenir des « armes de destruction massive » et Muhammad Kadhafi accusé de vouloir faire « un bain de sang  à Benghazi« .

    Dans les deux cas, il y avait eu au départ la CIA et Al-Qaïda pour financer et armer les rebelles.

    al Nosra drapeau

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    Le drapeau d’Al-Nosra-Al-Qaïda en haut, est souvent confondu dans les photos de djihadistes présentées par la presse avec celui de l’Etat Islamique reconnaissable à son cercle blanc.

    Al-Nosra a commencé à se constituer en force armée et politique peu après l’amnistie accordée en janvier 2011 par Bachar El-Assad à la quasi-totalité des djihadistes syriens à qui il avait infligé peu avant une sévère correction. Bachar, arrivé au pouvoir en 2000, était encore un peu naïf à la manière socialiste (il est socialiste en tant que chef du parti socialiste syrien, le Baas), et croyait, comme Valls avec les terroristes français de retour de Syrie, que pardonner aux intégristes qui avaient tenté de le renverser lui vaudrait la reconnaissance des sunnites syriens devenus majoritaires dans ce pays du vivre-ensemble laïc multiconfessionnel et multiethnique.

    La loi du Talion n’étant pas un euphémisme chez les sunnites, nombre des amnistiés rêvaient d’une vengeance féroce et ils en trouvèrent l’opportunité avec la venue à mi-juin 2011 d’une équipe de l’EtatIslamique en Irak qui leur proposa argent, hommes et armes.

    Ils se mirent d’accord et furent rejoints par des vétérans syriens qui s’étaient battus en Irak sous la bannière de l’E.I.I. qui était alors une filiale d’Al-Qaïda en Irak, financée par nos alliés et amis l’Arabie Saoudite et le Qatar.

    Pour faire simple : l’Arabie Saoudite, islam sunnite de rite intégriste wahhabite, engendreAl Qaïda, qui après son succès du 11 septembre 2001 engendre Etat Islamiqueen Irak.E.I.I, qui conquiert le Nord de l’Irak.

     

    Pour conquérir la Syrie, E.I.I. engendre Al Nosra, islam sunnite et salafiste.

     

    Vous suivez ? Mais une fois la Syrie partiellement conquise et E.I.I. rebaptisé État Islamique en Irak et en Syrie (ISIL, acronyme arabe « Da’esh »), abrégé enÉtat Islamique, E.I. parce qu’il se voit conquérir le monde, Al Nosrah préfère son grand-père Al Quaïda à son père E.I.

    C’est à dire que, après avoir été provisoirement l’allié de son papa l’État Islamique d’Irak, au point que la fusion des deux groupes terroristes avait été annoncée, Al-Nosra s’en sépara pour redevenir, en 2013, la filiale locale syrienne de son grand-père, Al-Qaïda.

    À l’ONU, depuis 2014, Al-Nosra est sur la liste de la résolution 1267 des organisations terroristes rattachées à Al-Qaïda. Cela n’émeut pas le moins du monde Hollande et Fabius qui voient toujours Al-Nosra comme un bande de copains « qui font du bon boulot » (dixit Fabius).

    Avec une telle ignorance des réalités et un tel aveuglement, ils ne faut pas être surpris qu’ils se soient laissé rouler avec autant de facilité par ces gentils musulmans qui mitraillent, égorgent et gazent avec modération, et ne découvrent qu’aujourd’hui 10 500 djihadistes potentiellement dangereux dans les 20 000 fiches des services français de renseignement.

    Parenthèse pour dénoncer un fantasme très répandu à gauche où l’on dit que le salafisme n’est pas du tout le sabre de l’islam mais une ascèse, une discipline de l’esprit visant à la perfection islamique.

    À C dans l’air, récemment, Roland Cayrol, dit La Voix de son maîtreen raison de son évidente allégeance à Hollande, soutenait encore que c’était une erreur de croire le salafisme dangereux.

     

    Le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tarek Obrouk, peut soutenir le contraire, et à C dans l’air, Mohamed Sifaoui réclamer l’expulsion des imams salafistes et la fermeture de leurs mosquées en raison de leur extrême dangerosité, rien n’y fait, il y a encore des gens de gauche pour croire que le salafisme serait un islam « modéré ».

    On ne peut pas forcer à boire un âne qui n’a pas soif !

    Pour l’islam soufi, que l’on ne connaît en France (et encore !) que par les derviches tourneurs, le djihad est uniquement une ascèse.

    Ils sont pacifistes, accueillent volontiers chrétiens et juifs et participent, s’ils y sont invités, à des messes ou au shabbat.images-2

    Le plus connus des soufis sont ceux de l’orde mevlevi.

     

     

    Ils tournent sur eux-mêmes en musique jusqu’à atteindre une sorte de transe et d’extase, le « samâ », qui signifie « l’écoute », celle des deux « shayhs », des maîtres spirituels.

     

    L’un est le pendant du pape, mais il forme son successeurs de son vivant, il y en a donc toujours deux.

    En 2007, ils ont tenu à rencontrer le pape Jean-Paul II.

    Pour l’islam chiite (Iran principalement) 10 % des musulmans dans le monde, il y a deux formes de djihad : le djihad guerrier qui recommande l’extermination de ceux qui offensent Allah, ils l’appellent « petitdjihad » avec un certain mépris, mais peuvent le pratiquer si nécessaire, et le « granddjihad » qui est ascétique, mais avec moins de rigueur et de profondeur que le djihad soufi.

    Pour l’islam sunnite, le djihad ascétique n’est pas absent mais il n’est que très peu pratiqué, le seul vrai djihad est le djihad guerrier violent, le salafisme.

    Le problème, c’est qu’en France nous avons 95 % de sunnites (80 % dans le monde) et très peu de chiites, essentiellement des Marocains, qu’ils soient alaouites comme le roi Hassan II, hanbalites ou malékites.

     

    C’est pourquoi, de la Somalie (milices salafistes Al Shabaab) à l’Algérie (Groupes Islamistes Armés), de la Syrie (E.I., Al Qaïda et Al Nosra) à la France (salafisme diffus) le djihad salafiste est à plus de 95 % violent.

    Mais revenons à notre « allié » Al Nosra. En mars 2013, le Los Angeles Times révèle que, selon le Département d’État, il est impossible de distinguer le Front Al-Nosra d’Al-Qaïda. Furieux, Le Monde, le quotidien du PS, bondit : « plusieurs témoignages recueillis dans le nord de la Syrie laissent penser que Jabhat Al-Nosra est un groupe très majoritairement syrien, autour de 80 %, sans lien organique avec Al Qaïda« .

     

    Comme disait Michel Charasse « si l’on veut ignorer ce qui se passe réellement dans le monde, il faut lire Le Monde« .

     

    Mathieu Guidère, professeur d’islamologie réputé, bondit à son tour pour contredire Le Monde en déclarant en avril 2013 que les djihadistes étrangers sont « désormais majoritaires aux deux tiers par rapport aux Syriens » au sein d’Al-Nosra.

    Il ajoute que ces étrangers ont modifié la mission initiale du Front al-Nosra, qui était de faire tomber le régime alaouite de Bachar el Assad, accusé par les sunnites de massacrer les musulmans salafistes, autrefois très minoritaires en Syrie, mais que le gouvernement socialiste français appelle « le peuple syrien« .

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    Ce qu’ils veulent maintenant, c’est renverser El Assad pour prendre le pouvoir et instaurer la charia dans ce pays encore laïc, multiconfessionnel et multiethnique dans les parties de la Syrie toujours contrôlées par le pouvoir légal de Bachar, les seules où l’on trouve encore des chrétiens, des druzes, des chiites, des coptes, des araméens, etc.

    Abou Bakr al-Baghdadi, le calife d’E.I. a révélé (9 avril 2013) le parrainage du Front Al-Nosra par son organisation, caché jusqu’ici « pour des raisons stratégiques et de sécurité » selon lui, et déclaré que c’est lui qui avait choisi le chef actuel d’Al-Nosra. Et c’est là que ledit chef, Al-Joulani, le trahit et annonce rallier Al-Qaïda !

    En représailles, Al-Baghdadi organise des attentats multiples et meurtriers à Alep et Homs, qui tuent des milliers de civils et que l’on attribue à l’époque à Bachar El-Assad.

    En France, les pieds nickelés acceptent sans vérification cette version. En même temps, Al-Joulani rallie aussi le groupe Jayish al islam et intègre avec lui le Front islamique qui a des ramifications internationales et ferraille contre tout ce qui n’est pas musulman sunnite intégriste.

    Le 30 mai 2013, les autorités turques annoncent l’arrestation de 12 terroristes d’Al-Nosra en possession de grosses quantités de gaz sarin qu’ils faisaient entrer en Syrie.

    La presse française et le Quai d’Orsay, toujours aussi bien informés, annoncent que Bachar El-Assad va bombarder son peuple au gaz !

    Les SR français auraient pu dire la vérité, mais il faut savoir qu’il est très dangereux pour une carrière de fonctionnaire de dire des choses qui pourraient désillusionner Hollande, Valls, Fabius et la presse romancière de gauche.

     

    Quant à la presse, encore plus servile, elle a ramené des « preuves » données par Al-Qaïda, notamment à deux journalistes de Paris-Match. Ce n’est que récemment que des « rebelles » à Bachar El-Assad ont été pris en flagrant délit d’utilisation d’armes chimiques

    En novembre 2013, Al-Qaïda annonce qu’Al-Nosra est bien la seule organisation terroriste qui représente Al-Qaïda en Syrie.

    D’où l’actuelle partie de billard à trois bandes principales : l’armée nationale syrienne de Bachar el Assad – Al-Qaïda-Al-Nosra – l’Etat islamique, chacun se battant contre les deux autres.

     À ces trois -là, il faut ajouter quelques efflorescences marginales telles que les Turkmènes antikurdes, les Kurdes anti-E.I., le Hezbollah anti-Al Qaïda, les Peshmergas iraniens anti-sunnites, les brigades Jund al-Aqsa, Jaish al-Sunna, Liwa al-Haqq, Ajnad al-Sham et Faynad dal-Sham qui sont anti-tout-le-monde mais se laissent acheter par le plus offrant, sans oublier les soi-disant « modérés » comme le mouvement Hazm, et l’Armée Syrienne Libre-anti Bachar qui revendent les armes que leur donne la France à Al-Qaïda ou à l’E.I. suivant la meilleure offre…

     

    On trouve les djihadistes français en Syrie principalement chez E.I. et Al-Nosra.

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    Bref, on comprend que les intellects non formés à appréhender, comprendre et analyser des situations complexes soient perdus et, comme Fabius et Hollande, se promènent là-dedans comme « Oui-Oui chez les terroristes« .  

    Des Syriens déguisés en moutons modérés leur avaient dit que Bachar était le grand méchant loup, ils l’ont cru.

    Ont-ils compris avec le 13 novembre qu’ils se sont fait rouler ?

    C’est l’énigme dont nous connaitrons la solution dans les prochaines semaines, si Hollande tient ses promesses de féroce implacablitude.

    L’Imprécateur

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    2 décembre 2015

    SOURCE  La réponse ferme et rapide de Moscou change pour toujours le grand échiquier. Incapable d’arracher des assurances fermes à ses partenaires atlantistes de Washington, le Français a paru vaciller.   Cela a-t-il poussé Hollande vers Poutine ?

    Les événements se sont enchaînés très rapidement après qu’un chasseur F16 turc ait abattu un bombardier russe Su-24 au-dessus du territoire syrien, à proximité de la frontière turque.


    Cet acte a été qualifié de « coup de poignard dans le dos » des Turcs par le Président russe Vladimir Poutine. (...)

    Pour les Russes, il semble que la ligne rouge ait été franchie et qu’ils ne toléreront aucune agression contre leurs forces sans conséquences et représailles graves.

    Pour prouver que les actes valent mieux que les paroles, des avions russes ont férocement pilonné la région syrienne où se trouvait ce groupe de terroristes particulier, et des systèmes réputés de défense antiaérienne S400 ont été immédiatement déployés sur la base aérienne russe de Khmeimim, près de la ville syrienne de Lattaquié.


    Ce système a immédiatement modifié l’équilibre des forces dans la région, car sa portée de tir dépasse le territoire syrien.

    Inutile de dire que d’autres retombées ont été décidées par les autorités russes, par exemple, un embargo économique, allant des importations de volaille et accords gaziers, au tourisme.

    Pourquoi donc Recep Tayyip Erdoğan a-t-il pris cette décision ? Une raison pourrait être la crainte de l’alliance russo-iranienne, qui a été rendue publique à Téhéran seulement un jour avant que le bombardier russe ne soit abattu.


    Une autre pourrait être que les Russes ont détruit environ 1000 camions citernes pour le transport de pétrole et une raffinerie de pétrole de l’EI, une grande source de pétrole bon marché pour la Turquie, et aussi pour la famille Erdoğan, d’après certaines sources.

    Ou bien la Turquie voulait peut-être se venger pour son avion F4 abattu au-dessus de la Syrie par l’armée arabe syrienne il y a trois ans.

    Quelle qu’en soit la raison, il semble que les Turcs regrettent ce qu’ils ont fait car leurs dernières déclarations officielles sont devenues plus contrites, mais pas suffisamment, et Moscou n’acceptera rien de moins que des excuses franches.

    Mais ce qui est plus important, c’est que les Turcs ont annoncé officiellement que leurs avions de chasse aérienne ne patrouilleront plus sur la frontière syrienne. Ils craignent manifestement de les voir abattus par le S400.

    Les Turcs n’ont pas non plus évalué un autre paramètre avant de décider d’abattre le bombardier russe. Après le carnage à Paris, la France semble revenir sur le droit chemin avec ses bonnes relations avec la Russie.

    Il y a seulement quelques mois, ils s’opposaient dans une polémique diplomatique sur l’affaire des Mistral et des sanctions économiques imposées à la Russie.

    Mais après la tragédie de Paris, essayant de se rattraper, François Hollande rejoint la guerre contre les Islamistes et oublie même la rhétorique anti-Assad.

    La Turquie a aussi essuyé une réaction glaciale de la part de ses alliés. Le soutien de l’OTAN à la Turquie est vraiment allé jusqu’au bout, car l’alliance de l’Atlantique Nord a déjà montré de la réticence à se battre du côté turc dans l’éventualité d’une guerre russo-turque, et il y a à peine deux mois, l’OTAN a ôté de Turquie quelques écumoires Patriot.


    Dans le même temps, le Royaume-Uni a remanié d’importante manière sa position et projette à présent de combattre énergiquement les Islamistes.

    Cela pourrait avoir quelque chose à voir avec la récente visite de David Cameron en Chine, où il a signé un certain nombre de grands accords commerciaux avec l’empire asiatique émergent.

    La vraie question est, les USA ont-ils d’autres chats à fouetter, et peut-être, uniquement pour assister à ce qui va se passer sans s’engager davantage dans les événements, vont-ils laisser la Turquie affronter la Russie ?
    (...)
    Quelles qu’en soient les raisons, pour leurs actions, les Turcs sont sur le point de faire face à de graves conséquences.

    Les événements s’enchaînent de façon linéaire, dans un seul sens : les Turcs ne peuvent pas revenir sur ce qu’ils ont fait, et les réactions russes, aussi sûrement que celles dont nous avons parlé plus haut, ont changé à jamais le jeu géopolitique.


    Si tel était le but de l’OTAN, alors il a peut-être réussi – mais du coup, les Russes ont liberté d’action, et sont désormais maîtres du jeu.

    Fort Russ, Stevan Gajic
    Original : fortruss.blogspot.com/2015/11/no-more-mr-nice-guy-moscows-firm-and.html
    Traduction Petrus Lombard


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    Source :  Consortiumnews.com, le 19/11/2015

    Exclusif : De nombreux récits fantaisistes élaborés par Washington à propos de la Russie et de la Syrie sont devenus si embrouillés qu’ils sont devenus dangereux pour la lutte contre le terrorisme sunnite et peuvent présenter une menace pour l’avenir de la planète, un péril examiné par Robert Parry.

    Par Robert Parry

    On pourrait se représenter Washington en visualisant une bulle géante, qui servirait de serre pour faire pousser une « pensée de groupe » génétiquement modifiée.

    La plupart des habitants de cette bulle vénèrent cette création, pour eux glorieuse et sans reproche ; mais certains dissidents remarquent l’étrangeté et la dangerosité de ces produits. Ces critiques sont toutefois exclus de la bulle, laissant derrière eux un consensus encore plus fort.

    Ce processus pourrait presque paraître comique, comme le sont les guerriers sur canapé qui répètent ce-que-tout-le-monde-sait-bien pour démontrer qu’il faut toujours plus de guerres et de conflits.

    Mais les États-Unis sont le pays le plus puissant au monde, et cette « pensée de groupe » fallacieuse répand le chaos et la mort tout autour du globe.

    Le président Barack Obama s’entretient avec ses conseillers à la sécurité nationale dans la salle de crise de la Maison Blanche, le 7 août 2014. (Official White House Photo by Pete Souza)

    Il se trouve même des candidats aux élections présidentielles, principalement chez les Républicains mais parmi lesquels on compte également l’ancienne secrétaire d’état Hillary Clinton, qui se livrent à une surenchère belliciste, considérant que l’invasion de la Syrie est vraiment le moindre que l’on puisse entreprendre, certains se voyant même descendre quelques avions de combat russes.

    Même si le président Barack Obama accueille les propositions les plus extrêmes de mauvaise grâce, il reste en phase avec la « pensée de groupe » en réclamant toujours le « changement de régime » en Syrie (le président Bachar el-Assad « doit partir »), en autorisant l’envoi d’armes sophistiquées aux djihadistes sunnites (dont la livraison de missiles anti-char TOW à Ahrar al-Sham, groupe djihadiste fondé par des vétérans d’Al-Qaïda et combattant aux côtés du front al-Nosra d’Al-Qaïda) et en permettant à son équipe d’insulter le président russe Vladimir Poutine (ainsi le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, dénigrant l’attitude de Vladimir Poutine qui était assis les jambes écartées lors d’un entretien au Kremlin avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou).

    Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’entretenant avec le président Vladimir Poutine à Moscou, le 21 septembre 2015)

    Il n’est pas surprenant, j’imagine, que la désapprobation pincée d’Earnest de ce que l’on qualifie ordinairement de « virilité affichée » ne fut pas appliquée à Netanyahou qui avait adopté la même posture lors de sa rencontre avec Poutine le 21 septembre et également lors d’une rencontre la semaine dernière avec Obama, lequel – il faut le noter – s’était assis les jambes convenablement croisées.

    Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’entretenant avec le président Barack Obama à la Maison Blanche, le 9 novembre 2015. (Photo credit: Raphael Ahren/Times of Israel)

    Ce mélange de parler cru, d’insultes grossières et de soutien inconsidéré aux djihadistes affiliés à Al-Qaïda (« nos gars »), est devenu semble-t-il de rigueurà Washington, où domine toujours en politique étrangère l’idéologie des néoconservateurs, qui avaient établi dès 1996 l’objectif du « changement de régime » en Irak, en Syrie et en Iran et qui n’ont pas dévié depuis. [Voir sur Consortiumnews.com : « Comment les néoconservateurs ont déstabilisé l'Europe»]

    Mise en forme des récits

    Malgré la catastrophique guerre d’Irak – laquelle s’appuyait sur le mensonge à propos des armes de destruction massive présenté par les néoconservateurs, avec la complicité d’une « pensée de groupe » atone – les néoconservateurs ont conservé leur influence, principalement grâce à l’alliance avec les « interventionnistes de gauche » et grâce à leur domination conjointe sur les plus grands cercles de réflexion de Washington, de l’American Enterprise Institute à la Brookings Institution et sur les médias dominants américains, le Washington Post et le New York Times inclus.

    Grâce à cette assise, les néoconservateurs ont pu continuer à façonner les récits à Washington, sans considération pour la réalité des faits. Ainsi, un éditorial du Post de ce mardi a déclaré de nouveau que les « atrocités » commises par Assad incluaient l’utilisation d’armes chimiques, en référence à l’affirmation à présent largement discréditée selon laquelle les forces d’Assad étaient responsables d’une attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas le 21 août 2013.

    Après cette attaque, le département d’état américain s’était empressé d’accuser les troupes d’Assad, conduisant le secrétaire d’état John Kerry à menacer l’armée syrienne de frappes en représailles. Mais le renseignement américain avait refusé d’avaliser ces conclusions hâtives, ce qui contribua à la volte-face de dernière minute du président Obama, qui suspendit la campagne de bombardement, et accepta l’assistance de Poutine pour négocier l’abandon par Assad de ses armes chimiques (quoiqu’Assad ait toujours nié toute implication dans cette attaque au gaz sarin).

    En conséquence de quoi le casus belli bricolé pour bombarder la Syrie s’est délité. Lorsque davantage d’éléments se sont fait jour, il est devenu de plus en plus évident que cette attaque au gaz sarin était une provocation des djihadistes sunnites, peut-être aidés par le renseignement turc, pour induire les États-Unis en erreur et les pousser à détruire l’appareil militaire d’Assad, et paver ainsi la voie d’une victoire sunnite.

    Nous savons à présent que le front al-Nosra d’Al-Qaïda, ainsi que l’excroissance connue sous le nom d’État Islamique (aussi connu sous le nom d’ISIS, ISIL, ou encore Daech), auraient été les principaux bénéficiaires d’une telle attaque de la part des États-Unis. Mais le gouvernement Obama n’est jamais revenu officiellement sur ces allégations infondées à propos du gaz sarin, laissant ainsi des organes de presse irresponsables tels que le Washington Post persister dans cette « pensée de groupe » pourtant dépassée.

    Le même éditorial du Post a accusé Assad d’utiliser des « barils d’explosifs » contre les rebelles sunnites qui cherchent à renverser son gouvernement laïc, perçu comme le protecteur des minorités en Syrie – dont les chrétiens, les alaouites et les chiites – qui risqueraient un génocide si les extrémistes sunnites venaient à l’emporter.

    Bien que la thématique des « barils d’explosifs » soit devenue le refrain préféré des néoconservateurs comme des organisations de gauche des « Droits de l’Homme », il reste encore à établir en quoi des engins explosifs largués par hélicoptère seraient plus inhumains que le volume massifs d’obus labellisés « choc et effroi », dont des bombes de 250 kg, utilisées par l’armée américaine dans tout le Moyen-Orient, et qui ne tuent pas seulement les combattant visés mais également des civils innocents.

    Il n’en reste pas moins que le tout-Washington accepte ce refrain des « barils d’explosifs » comme un argument pertinent justifiant le déclenchement de bombardements aériens massifs contre les cibles gouvernementales syriennes, quand bien même de telles attaques ouvriraient le chemin aux alliés et aux différentes ramifications d’Al-Qaïda pour le contrôle de Damas, et déclencheraient une crise humanitaire pire encore. [Voir sur consortiumnews.com : "La thématique ridicule d'Obama des « barils d'explosifs »"]

    Les nœuds des récits mensongers

    Il est devenu impossible à Washington de se dépêtrer de tous les récits mensongers tissés par les néoconservateurs et les faucons de gauche en renfort de leurs différentes stratégies de « changement de régime ». De plus, il ne reste à l’intérieur de la bulle que peu de gens susceptibles de reconnaître le caractère mensonger de ces récits.

    Ainsi donc, il ne reste au peuple américain que les médias d’information mainstream, répétant sans cesse des scénarios qui sont soit complètement faux, soit grandement exagérés. Nous entendons par exemple répéter sans cesse que les Russes sont intervenus dans le conflit syrien en promettant de ne s’attaquer qu’à l’ÉI, mais n’ont pas tenu leur parole en attaquant le front al-Nosra d’Al-Qaïda et « nos gars » des forces djihadistes sunnites armés par l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et la CIA.

    Et bien que l’on entende ce conte partout à Washington, personne pour véritablement citer Poutine, ou bien quelqu’un de haut placé en Russie ayant promis de n’attaquer que l’ÉI. Dans toutes les citations que j’ai lues, les Russes parlent d’attaquer les « terroristes », ce qui inclut l’ÉI, mais ne se limite pas à eux.

    A moins que le tout-Washington ne considère plus Al-Qaïda comme une organisation terroriste – un ballon d’essai que certains néoconservateurs ont pu lancer– alors le récit sur un mensonge de la part de Poutine n’a aucun sens, même si les importants-savent-que-c’est-vrai, dont le secrétaire à la Défense d’Obama d’obédience néoconservatrice, Ashton Carter.

    Les gros bonnets des médias et de la politique aux États-Unis raillent également la proposition russo-iranienne de stabiliser la Syrie en premier lieu, et de laisser ensuite le peuple syrien décider par lui-même de la façon dont il sera gouverné, par le biais d’élections avec la présence d’observateurs internationaux.

    Bon, vous allez me dire, quel est le problème de laisser les Syriens voter et choisir eux-mêmes leurs dirigeants ? Mais enfin, cela montre que vous êtes tout simplement un apologiste des Russes et des Iraniens, et que vous n’avez pas votre place dans la bulle. Non, la bonne réponse, c’est « Assad doit partir ! » quoique le peuple syrien puisse en penser par ailleurs.

    Ou bien, comme les sarcastiques éditorialistes du Washington Post ont pu l’écrire mardi, « M. Poutine a dépêché comme convenu son ministre des affaires étrangères, le week-end dernier, [pour assister] aux pourparlers de Vienne concernant un règlement politique [de la crise] syrienne. Mais Moscou et Téhéran continuent à avancer des propositions pour laisser au pouvoir M. Assad pour encore 18 mois ou plus, pendant qu’en théorie une nouvelle constitution serait rédigée et des élections organisées. On a même rejeté une proposition des États-Unis d’exclure M. Assad d’éventuelles élections, selon des diplomates iraniens. »

    En d’autres termes, le gouvernement américain ne veut pas laisser au peuple syrien la possibilité de décider si Assad doit être ou non chassé du pouvoir, une posture étrange et contradictoire, puisque le président Obama ne cesse d’insister sur le fait que le peuple syrien dans sa grande majorité détesterait Assad. Si c’est effectivement le cas, que ne laisse-t-on des élections libres-et-impartiales le prouver ? Ou bien Obama est-il à ce point captivé par l’insistance des néoconservateurs sur le « changement de régime » dans les pays figurant sur la « liste noire » d’Israël qu’il ne veut pas laisser aux Syriens la moindre chance d’y faire obstacle ?

    La réalité ligotée

    Mais la vérité et la réalité dans le tout-Washington se retrouve désormais comme Gulliver ligoté par les Lilliputiens. Il y a un tel enchevêtrement de mensonges et de déformations qu’il est devenu impossible pour le bon sens de se frayer un chemin.

    Un autre élément majeur dans la crise washingtonienne des faux récits concerne la diabolisation de la Russie et de Poutine, un processus qui remonte de fait à 2013, lorsque Poutine a aidé Obama à contrecarrer le rêve des néoconservateurs de bombarder la Syrie, et a aggravé l’insulte en l’aidant également à contraindre l’Iran à encadrer son programme nucléaire, ce qui a enrayé un autre rêve néoconservateur de bombarder l’Iran à qui mieux-mieux.

    Il est devenu tout à fait clair aux yeux des néoconservateurs que cette collaboration entre les deux présidents pourrait même amener à ce que les deux pays fassent pression de concert sur Israël pour conclure un accord de paix avec les Palestiniens, une éventualité qui frapperait quasiment au cœur la pensée néoconservatrice, laquelle a pendant les deux dernières décennies favorisé les tentatives de « changement de régime » dans les pays voisins pour isoler et réduire à rien le Hezbollah libanais et les militants palestiniens, laissant à Israël toute latitude pour faire ce que bon lui semblait.

    En conséquence, cette relation Obama-Poutine devait être dynamitée, et le point d’impact a été l’Ukraine, aux frontières de la Russie. Les faux récits du tout-Washington à propos de la crise ukrainienne constituent maintenant le cœur de l’effort des néoconservateurs et des faucons de gauche pour empêcher toute coordination sérieuse entre Obama et Poutine pour contrer l’ÉI ainsi qu’Al-Qaïda en Syrie et en Irak.

    Au sein de la bulle du tout-Washington, il est d’usage de parler de la crise ukrainienne comme d’un cas ordinaire d’« agression » russe contre l’Ukraine, dont une « invasion » de la Crimée.

    Si vous vous appuyiez sur ce que le New York Times, le Washington Post ou les principales chaînes qui répètent ce que les grands journaux disent, vous ne pourriez pas savoir qu’il y a eu un coup d’état en février 2014 qui a renversé le gouvernement élu de Victor Ianoukovitch, alors même qu’il avait accepté un compromis de l’Union Européenne aux termes duquel il abandonnait une bonne partie de ses pouvoirs et la tenue d’élections anticipées.

    Au lieu de laisser cet accord suivre son chemin, des ultranationalistes [d'extrême]-droite, dont des néo-nazis infiltrés parmi les protestataires de Maïdan, ont pris le contrôle des immeubles gouvernementaux à Kiev, le 22 février 2014, poussant Ianoukovitch et d’autres chefs politiques à fuir pour sauver leur vie.

    Dans les coulisses, des diplomates américains, comme la néoconservatrice Victoria Nuland, secrétaire d’état adjointe aux affaires européennes, ont participé à l’élaboration de ce coup d’état, et ont fêté la victoire des leaders choisis par Nuland, dont le premier ministre choisi après le coup d’état, Arseni Iatseniouk, dont elle parlait dans des communications téléphoniques antérieures de la façon suivante : « C’est Iats qu’il nous faut ».

    Victoria Nuland

    La secrétaire d’état adjointe aux affaires européennes, Victoria Nuland, qui a travaillé en faveur du coup d’état en Ukraine et a participé au choix des leaders post-putsch.

    Vous ne sauriez pas davantage que le peuple de Crimée avait massivement voté pour le président Ianoukovitch, et, après le coup d’état, avait [tout aussi] massivement voté pour sortir de l’état ukrainien en déliquescence et rejoindre la Russie.

    Les grands médias américains ont distordu la réalité en parlant d’une « invasion » de la Russie, quand bien même il se serait agi de plus étrange des « invasions » de tous les temps ; pas de photo de troupes russes débarquant sur les plages, ni de parachutistes fondant du ciel. Ce que le Post comme le Times ont consciencieusement ignoré, c’est que les troupes russes étaient déjà présentes en Crimée, en raison d’un accord de stationnement de la flotte russe à Sébastopol. Ils n’ont eu nul besion d’« envahir ».

    Et le référendum en Crimée donnant un taux d’approbation de 96% pour la réunification avec la Russie, bien que hâtivement mis en place, n’a pas été le « simulacre » décrié par les médias mainstream. En effet, le résultata été confirmé par divers sondages, effectués ultérieurement par des agences occidentales.

    Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à la foule le 9 mai 2014, lors des célébrations du 69e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, et du 70e anniversaire de la libération de la cité portuaire de Sébastopol des nazis.

    L’affaire du MH-17

    La diabolisation de Poutine a atteint de nouveaux sommets le 17 juillet 2014, après que le vol 17 de la Malaysia Airlines ait été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine, tuant les 298 passagers à bord. Bien que des preuves consistantes ainsi que la logique fassent porter la responsabilité sur l’armée ukrainienne, Washington, dans sa hâte à établir un jugement, a fait porter la faute de ce tir de missile sur les rebelles d’origine russe, ainsi que sur Poutine, pour leur avoir soi-disant fourni un puissant système de missiles anti-aérien Buk.

    Ce récit biscornu s’est souvent appuyé sur la répétition du fait, non pertinent, que les Buks sont de fabrication russe, ce qui a été utilisé pour impliquer Moscou, mais n’avait aucun sens puisque l’armée ukrainienne possédait également des missiles Buk. La vraie question était de savoir qui avait tiré les missiles, et non où ils avaient été fabriqués.

    Mais les éditeurs du Post, du Times et du reste des médias conventionnels pensent que vous êtes stupides, etcontinuent donc de mettre l’accent sur la fabrication russe des Buks. Le point le plus marquant est que les renseignements américains, avec tous leurs satellites et autres capacités, étaient incapables – avant comme après que l’avion ait été abattu – de trouver des preuves que les Russes avaient donné des Buks aux rebelles.

    Puisque les missiles Buk font 16 pieds de long (5 mètres) et sont transportés par des camions qui se déplacent lentement, il est difficile de croire que les renseignements américains ne les aient pas repérés, étant donné l’intense surveillance alors mise en place au-dessus de l’est ukrainien.

    Un scénario plus probable à propos de la destruction du vol MH-17, serait que l’Ukraine avait déplacé de nombreuses batteries de missiles Buk aux frontières, certainement par peur d’une attaque aérienne russe, et que les opérateurs étaient sur les nerfs après qu’un avion militaire ukrainien ait été abattu le long de la frontière le 16 juillet 2014 par un missile aérien, vraisemblablement tiré par un avion russe.

    Cependant, après avoir rédigé dans la hâte un document accusant Moscou cinq jours après la tragédie, le gouvernement américain a refusé de fournir la moindre preuve ou le moindre renseignement qui puisse aider à identifier celui qui avait tiré le missile et abattu le MH-17.

    Malgré ce notable échec du gouvernement américain à coopérer au sujet de l’enquête, les médias conventionnels américains n’ont rien trouvé de suspect concernant ce chien qui n’aboyait pas [référence à A. Conan Doyle, Le chien des Baskerville, NdT], mais continuaient à citer l’affaire du MH-17 comme une raison supplémentaire de mépriser Poutine.

    Si l’on veut mesurer à quel point les faits sont inversés, sur le thème tout-est-de-la-faute-de-Poutine, on peut lire « l’analyse» rédigée par Steven Erlanger et Peter Baker dans le New York Times de ce jeudi, lorsque tous les « désaccords fondamentaux » entre Obama et Poutine ont été imputés à Poutine.

    « Ce qui les divise, ce sont l’annexion russe de la Crimée et son ingérence dans l’est ukrainien, les efforts de Moscou pour diaboliser Washington et miner la confiance dans l’engagement de l’OTAN à la défense collective, et le soutien du Kremlin au président syrien Bachar el-Assad, » selon Erlanger et Baker.

    Aider l’ÉI

    Cet enchevêtrement de faux récits achoppe à présent sur la perspective d’une alliance américano-franco-russo-iranienne pour combattre l’État Islamique, Al-Qaïda et les autres forces djihadistes sunnites qui cherchent à renverser le gouvernement laïque de Syrie.

    Le néoconservateur Washington Post, notamment, a été particulièrement fielleux au sujet d’une collaboration potentielle, laquelle – alors qu’elle constituerait la meilleure chance de résoudre enfin l’horrible conflit syrien – torpillerait la vision à long-terme des néoconservateurs consistant à imposer un « changement de régime » en Syrie.

    Dans des éditoriaux, les rédacteurs néoconservateurs du Post ont également affiché un manque criant d’empathie pour les 224 touristes russes et membres d’équipage tués dans ce qui semble avoir été une explosion terroriste d’un avion affrété au-dessus du Sinaï, en Égypte.

    Le 7 novembre, plutôt que d’exprimer leur solidarité, les éditorialistes du Post ont ridiculisé Poutine et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, car ils ne se sont pas précipités pour établir qu’il s’agissait un acte terroriste, mais ont plutôt insisté sur le fait qu’il fallait d’abord analyser les preuves. Le Post s’est aussi moqué des deux dirigeants pour avoir échoué à vaincre les terroristes.

    Ou, comme les rédacteurs du Post l’ont exprimé : « Alors que M. Poutine suspendait les vols russes le [6 novembre], son porte-parole insistait encore sur le fait qu’il n’y avait pas de raison de conclure qu’il y avait eu acte de terrorisme. … Pendant que les gouvernements occidentaux se souciaient de protéger leurs citoyens, les régimes de Sissi et Poutine mettaient l’accent sur leur propre protection… »

    « Les deux dirigeants se sont vendus comme des guerriers combattant courageusement l’État Islamique et ses filières ; ils utilisent tous deux ce combat comme prétexte pour d’autres fins, telles que réprimer des opposants pacifiques à l’intérieur de leurs frontières, et détourner l’attention du déclin de leur niveau de vie. Sur le terrain, ils échouent l’un comme l’autre. »

    Étant donné le déferlement de sympathie que les États-Unis ont reçu après les attaques du 11 septembre et les condoléances qui ont inondé la France la semaine passée, il est difficile d’imaginer une réaction plus impolie face à une attaque terroriste majeure contre des Russes innocents.

    En ce qui concerne l’hésitation des Russes, plus tôt ce mois-ci, à dresser un constat en hâte, cela pourrait avoir été en partie un vœu pieux, mais ce n’est certainement pas une inspiration diabolique que d’attendre des preuves solides avant d’émettre un jugement. Même les rédacteurs du Post ont admis que des diplomates américains avaient noté, au jour du 7 novembre, qu’il n’y avait « pas de preuve permettant de conclure que l’avion avait été bombardé. »

    Mais le Post ne pouvait attendre de faire le lien entre l’attaque terroriste et « l’aventure syrienne de M. Poutine », et espérait que cela « pourrait » infliger à Poutine une « cruelle blessure politique. » Les rédacteurs du Post ont également surenchéri en affirmant gratuitement que les diplomates russes « [niaient] encore la preuve accablante selon laquelle un missile anti-aérien russe [avait] descendu l’avion de ligne malaisien au-dessus de l’Ukraine l’an dernier. » (Là encore, c’est une tentative de duper les lecteurs du Post en faisant référence à « un missile anti-aérien russe. »)

    Le Post semble particulièrement réjoui à l’idée du rôle [que joue] l’armement américain dans la mort de soldats syriens et iraniens. Jeudi, selon le Post, « Les troupes syriennes et iraniennes ont perdu un grand nombre de chars et de véhicules blindés fournis par la Russie par le fait des missiles américains TOW utilisés par les rebelles. En échouant à opérer des gains territoriaux d’importance, la mission russe semble vouée à l’impasse, voire à la défaite en l’absence d’un sauvetage diplomatique. »

    La surenchère

    La détermination des néoconservateurs à diaboliser Poutine est montée d’un cran, leur obsession à renverser les gouvernements du Moyen-Orient s’inscrit aujourd’hui dans une stratégie pour déstabiliser la Russie et forcer le changement de régime à Moscou, établissant les bases d’une confrontation nucléaire à grande échelle qui pourrait provoquer l’extinction de la vie sur Terre.

    A en croire la rhétorique de la majorité des candidats républicains et de la favorite démocrate Hillary Clinton, il n’est pas difficile de s’imaginer comment les agressions verbales pourraient se matérialiser et mener à la catastrophe. [Voir, par exemple, l'analyse par Philip Giraldi de la rhétorique de la "guerre avec la Russie" qui innonde la campagne électorale et le cercle des dirigeants de Washington.]

    Essai nucléaire dans le Nevada le 18 avril 1953.

    Il semble à l’heure actuelle vain – voire naïf – de croire en des moyens de percer les différentes “idées reçues” et la bulle qui les soutient. Mais opposer un contre-argumentaire aux faux récits est possible si certains candidats reconnaissent qu’un électorat informé est une condition nécessaire à la pratique de la démocratie.

    Pour renforcer le pouvoir des citoyens sur les faits, il est nécessaire de dépasser les clivages traditionnels et les barrières idéologiques. Qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre, les Américains ne veulent pas être considérés comme des moutons que l’on mène à coup de propagande, de “communication stratégique” ou de n’importe quel euphémisme qui désigne la manipulation.

    Un candidat pourrait donc faire ce qui est juste et pertinent en demandant la publication d’autant de renseignements des services américains que possible afin de trancher le nœud gordien de ces récits fallacieux. Par exemple, il est plus que nécessaire de déclassifier les 28 pages du rapport de la commission d’enquête du congrès sur le 11 septembre concernant un supposé soutien saoudien aux terroristes.

    Et si ces informations embarrassent certains de nos “alliés” – comme l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie – qu’il en soit ainsi. Si l’image d’un président s’en voit ternie, qu’il en soit ainsi. Les élections américaines sont affaiblies, sinon rendues insignifiantes lorsque l’électorat n’est pas informé.

    Un candidat à la présidentielle pourrait aussi faire pression sur Obama pour divulguer les informations dont dispose le renseignement américain sur d’autres fondements majeurs de faux récits, comme les conclusions de la CIA concernant l’attaque au gaz sarin du 21 août 2013, ou bien la destruction du vol MH-17 du 17 juillet 2014.

    Le schéma classique du gouvernement américain mettant à profit des tragédies pour prendre l’ascendant dans une “guerre de l’information” contre un “ennemi”, puis redevenant silencieux une fois que des éléments concrets sont disponibles, est une menace directe contre la démocratie américaine et – au regard de l’arsenal nucléaire russe – contre la planète dans son ensemble.

    Des secrets légitimes, comme des sources ou des méthodes, peuvent être protégés sans pour autant servir de prétexte à cacher des faits qui ne s’inscrivent pas dans le discours de propagande, et ensuite utilisés pour attiser le bellicisme insensé de l’opinion publique.

    Toutefois, à cet instant de la campagne présidentielle, aucun candidat n’a fait de la transparence une réelle problématique.

    Et après les manipulations de la guerre d’Irak – et la perspective d’autres guerres fondées sur des informations déformées ou partiales en Syrie, ainsi qu’une potentielle confrontation avec la Russie – il me semble que le peuple américain répondrait positivement si quelqu’un s’adressait à lui avec le respect que méritent les citoyens d’une république démocratique.

    Source : Consortiumnews.com, le 19/11/2015

    Source et Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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    Roger Holeindre surnommé affectueusement " Popeye " a quitté le Front National il y a quelques années pour rejoindre le « Parti de la France » de Carl Lang.

    Un vrai baroudeur ( Indo, Algérie, … ) avec un placard de décorations "comme ça" mais qui, bizarrement, ne s' est jamais vu attribuer la Légion d' Honneur … alors que tant de tafioles l’ arborent fièrement ... !

    Marc A.

    PS :
    il a écris un superbe pavé dont le titre est "Ça suffit ". Outrageusement politiquement incorrect ! C Q F D

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    LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE

    Monsieur le Premier Ministre,

    J’ai attendu avec patience la fin des trois jours de deuil national pour vous envoyer cette lettre, car je ne voulais pas vous donner l’occasion de m’insulter, comme vous avez l’habitude de le faire depuis des mois, en accusant les français de droite de ne pas aimer leur pays.

    Si comme la totalité de mes amis, je suis pour l’ UNION SACREE face aux tueurs islamistes, je crois n’avoir aucune obligation d’obtempérer à vos ordres, car vous faites partie des hommes du gouvernement qui sont responsables de la situation désastreuse dans laquelle se trouve notre pays.

    En effet, c’est votre politique laxiste, sectaire, et antichrétienne qui a fait des enfants de France des APATRIDES, non seulement ceux venus de l’immigration, mais aussi ceux nés ici, de parents et de grands-parents “ Français de souche ” … terme qui ne vous plait pas.

    Faisant suite aux décisions suicidaires de M. Sarkozy, vous avez, avec entrain, continué à démolir l’armée française, et à vendre ses biens … tout en lui demandant de plus en plus d’efforts … pour en arriver à déclarer la guerre à un ennemi … que vous n’avez même pas le courage de nommer sciemment.

    « Pas d’amalgame ! » dites-vous en ne prenant d’ailleurs que des demi-mesures, car les annonces ronflantes du Président de la République quant au renforcement de nos armées, de la police, de la douane, etc… ne sera en fait réalisable que dans les mois, voir les années qui viennent.

    D’après vous, notre pays, endetté à hauteur de 2 000 milliards d’euros, peut encore accueillir tous les “ faux réfugiés politiques ” qui passent nos frontières sans problème… puisqu’il parait (sic) que l’on ne peut les arrêter, avec, bien sûr, en plus, un contingent de futurs terroristes que drive l’ État Islamique, super organisé … financièrement … politiquement … et,
    surtout, en matière de propagande, c’est-à-dire la guerre psychologique à laquelle la gauche ne croit pas, sauf quand il s’agit d’abrutir les Français.

    Jamais, en effet, les médias n’ont été autant à la botte d’un pouvoir qui n’hésite pas à déclarer fausses, des déclarations officielles … à tronquer des phrases.
    L’affaire Morano étant un récent exemple frappant.

    De même était-il nécessaire, sinon pour des raisons purement électorales, d’annoncer urbi et orbi… de possibles attaques chimiques et bactériologiques…
    Si nos ennemis n’y avaient pas songé… les voilà avertis !
    N’importe quel récipient abandonné dans un recoin de rue, ou dans un transport en commun… sèmera aussitôt la panique.
    Il suffira qu’un abruti crie… Attaque chimique !… Attaque chimique !… pour… cent fois plus qu’à la République, la foule se carapate et déclenche un sauve-qui-peut général… en abandonnant ses pancartes… “Même pas peur !”

    Est-il aussi nécessaire … qu’au moment où l’on parle d’armer les polices municipales et de permettre aux policiers nationaux de porter leurs armes hors service … qu’un préfet en exercice vienne à la télé, à plusieurs reprises, déclarer que lors de l’intervention en Seine-Saint-Denis, les forces de l’ordre ont utilisé contre 8 terroristes … 5000 cartouches …
    On croit rêver !
    Ancien instructeur guérilla-anti-guérilla … je peux affirmer que cela est aberrent, et que si demain, comme cela est possible, nous sommes confrontés à une vraie guerre, il faudra faire suivre nos troupes à pieds par des camions de munitions.

    Je suis étonné aussi de ne jamais entendre notre Président “ Normal ” remercier nos généraux … qui malgré tous les problèmes … logistiques … financiers … matériels … humains … qui leur tombent sur la tête, réussissent le tour de force de maintenir une armée, digne, fière, motivée.
    Il est vrai (mieux vaut en rire) que le Chef des armées c’est le Président de la République, qui compte bien sûr, sur ce genre de bobard pour gagner les élections à venir.

    Il est étonnant de ne jamais entendre dire … que les principaux responsables de l’état d’esprit dans lequel était en train de sombrer la France, est en tout premier lieu, le million de fonctionnaires de l’Éducation nationale, chiffre que les socialistes veulent encore augmenter … alors qu’en plus … les effectifs de cette entreprise de démolition de la patrie, constamment en crise … en restructuration … fournissent chaque année un nombre incroyable d’analphabètes … de gosses ne sachant ni lire, ni écrire, et même dans les banlieues des gosses inassimilés … haïssant la France.

    Je pense que pour trouver un peu d’argent pour renforcer notre armée, il faudrait, simplement, déjà, supprimer 50 % des détachés syndicaux à plein temps de cette Éduction … dite “ nationale ”… ce qui représenterait … dix régiments d’infanterie, au minimum.

    Je ne sais pas si vous avez remarqué, Monsieur le Premier Ministre, que la réaction populaire à ces incroyables tueries, identiques à celles que pratiquait le FLN en Algérie, a été digne, patriotique, et a révélé que le peuple de France ne veut pas aller où vous essayez de l’entraîner.

    Vous, en janvier, prenant les choses en main avec vos stipendiés des médias, vous en êtes arrivé avec vos “ charloteries ” à expliquer que les foules qui étaient descendues dans les rues de nos villes … étaient là pour dire “ non ” à l’ islamophobie …
    Il faut quand même le faire !

    Aujourd’hui, le peuple de France s’est nettement prononcé pour un véritable sursaut national, et je suis certain qu’il a étonné le monde, par sa tenue digne et fière, prouvant ainsi qu’il n’est en rien Charlie !

    Le Président de la République et vous-même … pensez surtout à une seule chose … :
    Comment vous servir de l’état d’urgence pour combattre la vraie droite de notre pays, que bien sûr, vous classez avec l’aide des médias à votre botte … à l’extrême droite.
    Celle-ci, d’ailleurs, profiterait des problèmes de notre pays … oubliant que lesdits problèmes n’existent que de votre fait, ayant par des racontars éhontés, réussit à faire croire … que la France était un pays raciste … ce qui est totalement faux, quoi qu’en dise Mme Taubira, indépendantiste Guyanaise, dont le programme électoral, que j’ai lu ne comporte pas une seule fois le mot “ France ”.

    Déjà, au nom de la soi-disant laïcité, les catholiques de France sont jetés aux chiens.

    Pour complaire à un islam qui n’est en rien pacifiste et tolérant, vous exigez … que nos racines chrétiennes se fassent de plus en plus discrètes.
    J’ ai de nombreux, de très nombreux amis de couleur.
    Bizarrement, ces amis aiment la France et la respectent.
    J’ ai longuement servi dans l’armée coloniale …
    Je n’y ai jamais vu le racisme que vous prétendez combattre, allant jusqu’ à jeter dans le tonneau des Danaïdes de nos finances, 80 millions d’euros pour un musée de l’esclavage en Guadeloupe, alors que cet argent aurait été mieux employé pour construire dans les Dom-Tom, des écoles hôtelières, des écoles agricoles, et en métropole, dans les quartiers que
    vous avez abandonnés hier aux “ grands frères ” (sic), des troupes scouts prônant, non pas les valeurs faisandées de votre République, mais celles de la France deux fois millénaire.

    Voilà, Monsieur le Premier Ministre, ce que je voulais vous dire au nom de tous ces gosses de vingt ans que j’ai vu tomber pour la France … avec honneur … courage … loyauté et même, très souvent … une certaine gouaille … à la française !

    Veuillez croire, Monsieur le Premier Ministre, à mon incroyable consternation.

    Roger HOLEINDRE
    Président du Cercle National des Combattants, Ancien Député.

    Le dernier Journal du Cercle National des Combattants vient de paraître !

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    cncombattants.org|Par Michel VERGER
     

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